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QALORS QUE LE TAUX DE CHÔMAGE DES JEUNES PROGRESSE

35% des offres d’emploi non pourvues

LIRE L’ARTICLE DE ZHOR HADJAM EN PAGE 7

LE QUOTIDIEN INDÉPENDANT - Mercredi 30 octobre 2013

ÉDITION DU CENTRE

N°7009 - Vingt-quatrième année - Prix : Algérie : 15 DA. France : 1 €. USA : 2,15 $. ISSN : 1111-0333 - http:/ /www.elwatan.com

La justice américaine s’intéresse à l’affaire Sonatrach QLa justice américaine a été destinataire d’un rapport détaillé de l’enquête interne effectuée par Saipem, filiale du géant pétrolier italien ENI, sur ses activités en Algérie. LIRE L’ARTICLE DE SALIMA TLEMÇANI EN PAGE 3

LES SYNDICATS AFRICAINS APPUIENT LA CAUSE SAHRAOUIE

APRÈS LES PROPOS DE KARIM DJOUDI

LA BANQUE D’ALGÉRIE SE JUSTIFIE

PHOTO : SAMI K.

Q C’est une sorte d’Eucoco africain que le Congrès des travailleurs nigérians a réuni, hier à Abuja, pour apporter son soutien à la cause sahraouie QSociété civile, comités de soutien et associations venus des quatre coins de l’Afrique ont joint leurs voix pour dire «stop» à l’occupation marocaine de la RASD. LIRE L’ARTICLE DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL À ABUJA HASSAN MOALI EN PAGE 11

AHMED BENBITOUR

Quel avenir pour l’économie algérienne ?

PHOTO : APS

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n dépit de la volatilité des cours de change des principales devises, le taux de change effectif réel du dinar est aujourd’hui encore apprécié par rapport à son niveau d’équilibre.» C’est en ces termes que la Banque d’Algérie (BA) a réagi, hier, aux déclarations du ministre des Finances,

Karim Djoudi, qui évoquait, lundi dernier à l’APN, une dépréciation d’environ 10% du dinar par rapport à l’euro, opérée depuis le mois de juin du fait, a-t-il expliqué, d’un différentiel d’inflation entre l’Algérie et le reste du monde. (Suite page 4) Akli Rezouali

ALGÉRIE-MAROC

LAMAMRA DÉNONCE DES DÉCLARATIONS «INADMISSIBLES ET IRRESPONSABLES» RETROUVEZ VOTRE SUPPLÉMENT ÉTUDIANT EN PAGES 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19 ET 20

POINT DE VUE

QLe message adressé par le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, à la Conférence africaine de solidarité avec la cause sahraouie qui se tient dans la capitale nigériane, a fait des vagues au royaume alaouite. LIRE L’ARTICLE DE HACEN OUALI EN PAGE 5

L’ancien chef de gouvernement, Ahmed Benbitour, vient de dresser un constat sans appel sur l’évolution dangereuse de la situation économique du pays. Arguments chiffrés à l’appui, il met à nu les tares de notre économie en sériant les faiblesses et les ratages enregistrés depuis le début des années 2000. Z LIRE EN PAGE 2

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CONFÉRENCE D’ABUJA (NIGERIA)


El Watan - M er cr e di 3 0 o c t obr e 2 0 1 3 - 4

L’ACTUALITÉ KAMAL BENKOUSSA. Expert en économie

APRÈS LES PROPOS DE KARIM DJOUDI SUR LE DINAR

«La dévaluation, symptôme d’une inflation non maîtrisée»

La Banque d’Algérie se justifie

PHOTO : B. SOUHIL

Expert en économie, Kamal Benkoussa estime que la dévaluation du dinar est symptomatique d’une «inflation non maîtrisée et insoutenable» en raison du niveau élevé des dépenses du gouvernement.

A

Suite de la page 1

insi, dans une note d’information parvenue hier à notre rédaction, la Banque d’Algérie indique que les cours du dinar vis-à-vis du dollar, tel qu’observé ces derniers mois sur le marché interbancaire des changes, «sont en deçà des taux formés antérieurement». Pour ce qui est de l’euro, est-il précisé dans la même note, les cours observés sur le marché local «sont légèrement dépréciés en contexte de forte appréciation de l’euro par rapport au dollar». Retraçant l’évolution des cours du dinar par rapport à l’euro et au dollar, de 2009 à 2012, la BA souligne que la valeur de la monnaie nationale a évolué entre 91,1308 et 109,0478 DA pour un euro au cours de l’année 2009, entre 91,0519 et 105,3513 DA puis entre 98,3373 et 106, 5322

DA pour un euro sur les années 2010 et 2011 et, enfin, entre 99,6138 et 107,0015 DA pour un euro au titre de l’année 2012. Par rapport au dollar américain, ajoute le document de la BA, les cours du dinar ont évolué entre 73,8092 et 82,0954 DA durant l’exercice écoulé. Aussi, est-il expliqué à la lumière de ces tendances observées, l’évolution récente du cours du dinar vis-à-vis de l’euro et du dollar américain «est corrélée, dans une large mesure, au taux euro/ dollar en contexte de volatilité financière accrue». Tout en assurant que l’économie nationale reste à l’abri de la volatilité des flux des capitaux affectant certaines économies émergentes en 2013, la Banque centrale admet néanmoins que la valeur externe de la monnaie nationale subit effectivement, dans une certaine mesure, «l’effet de la volatilité des marchés de change

liée aux risques pesant sur les perspectives à court terme de l’économie mondiale». Ceci étant, rassure la même institution, le niveau élevé des réserves officielles de change et celui historiquement bas de la dette extérieure «témoignent clairement de la viabilité financière extérieure» de l’Algérie «en dépit de la poursuite de la progression des importations». La BA, qui a tenu à rappeler que la politique de taux de change qu’elle poursuit depuis la seconde moitié des années 1990 a pour objectif ultime «la stabilisation du taux de change effectif réel du dinar à son niveau d’équilibre de moyen terme», défend en fin de compte sa bonne gestion du taux de change de la monnaie nationale, tout en assurant que celle-ci contribue aujourd’hui à «la résilience de l’économie nationale face à d’éventuels chocs externes». A. R.

des Finances l’explique en faisant référence au différentiel d’inflation de notre économie avec le reste du monde, principalement l’Europe et les EtatsUnis. Pour faire simple, si notre taux d’inflation est de 8% alors qu’en Europe il est de 3%, dans le cadre de la PPAR, la valeur du dinar par rapport à l’euro devrait se déprécier de 5% (3%-8%= -5%) et inversement. Sachant qu’aujourd’hui, le taux d’inflation aux Etats-Unis et en Europe est en moyenne de 1,3%, une dépréciation technique de 9% du cours du dinar par rapport au dollar et à l’euro signifierait que l’inflation en Algérie, à fin septembre 2013, ne serait pas de 4,15% comme indiqué par l’ONS, mais plutôt d’environ 10%. Quelles conséquences aura l’inflation sur le pouvoir d’achat des Algériens ? Nos importations s’élèvent à plus de 50 milliards de dollars par an. L’impact de cette dépréciation du dinar est double. D’une part, nos importations augmenteront en valeur sans pour autant baisser en volume. En effet, l’Algérie a besoin d’importer pour compenser une faible production locale. D’autre part, la hausse en dinars du prix des produits importés et subventionnés par l’Etat sera un coût supplémentaire sur le budget 2013. Au final, l’Etat creusera encore un peu plus son déficit budgétaire en «subventionnant» davantage nos importations alors que le pouvoir d’achat des Algériens continuera à se dégrader chaque jour un peu plus. C’est le résultat de l’absence d’une réelle vision de développement pour notre pays. En effet, nous gérons le court terme alors qu’il faudrait enfin élaborer une politique économique à long terme. Vision qui combine des mesures microéconomiques pour développer notre offre en diversifiant notre économie et des mesures macroéconomiques avec des politiques budgétaire et monétaire qui apportent plus de stabilité et de compétitivité à notre économie. Nous pourrions ainsi avoir une croissance soutenue tout en maîtrisant notre inflation. S. T.

Entretien réalisé par Salima Tlemçani Quelle interprétation faites-vous de la dévaluation du dinar décidée par la Banque d’Algérie ? Le ministre des Finances a expliqué devant l’APN qu’il s’agissait d’une dépréciation et non d’une dévaluation du dinar. Il a en effet justifié cette dépréciation en invoquant le principe de «parité de pouvoir d’achat relative» (PPAR) qui est une relation de parité des prix des biens échangeables. Cependant, d’une part, cette relation ne peut être invoquée qu’à moyen et long termes, d’autre part, nous n’avons pas un régime de change flottant. Le dinar a bel et bien été dévalué, même si on a aussi l’effet de l’inflation qui érode le pouvoir d’achat du dinar. Cet ajustement technique est, à mon sens, symptomatique d’une inflation non maîtrisée et insoutenable en Algérie. D’après les chiffres de l’Office national des statistiques (ONS), la viande blanche, pour ne citer que cet exemple, a augmenté de plus de 30% en 2012. Cette inflation est la conséquence du niveau élevé des dépenses du gouvernement en l’absence d’une politique de l’offre et d’une politique de stérilisation de nos surplus en devises de la Banque d’Algérie, totalement inexistante. Y a-t-il une relation entre l’inflation et la valeur du dinar ? Oui, il existe une relation entre l’inflation de la valeur du dinar et, d’ailleurs, le ministre

RETOUR DES EXPATRIÉS À TIGUENTOURINE projets en Algérie, n’a affiché aucune intention de se retirer. Le PDG de Sonatrach a également insisté sur le fait que des expatriés sont toujours en activité. Il s’appuie d’ailleurs sur l’exemple du champ de Hassi Messaoud où 34 expatriés sont en poste, parmi lesquels on peut compter des employés de BP et Statoil. Le PDG de Sonatrach indique, dans le même ordre d’idées, que le retour des expatriés sur le site de Tiguentourine n’est qu’une question de jours, précisant que toutes les mesures y afférent ont d’ores et déjà été prises. D’autant que, selon M. Zerguine, la sécurité des installations est garantie par les services de sécurités et les autorités militaires algériennes. Le patron de Sonatrach tord ainsi le cou aux informations faisant état du recours par BP aux services de mercenaires étrangers pour assurer la sécurité des installations, que le responsable a fermement démenti, estimant que seuls les

services de sécurité algériens sont à même de garantir la sécurité et la souveraineté sur le territoire algérien. Avant de préciser que BP peut faire appel à des consultants, ce qui n’est pas interdit, mais il ne s’agit là en aucun cas de mercenaires.

UN CONTRAT DE 668 MILLIONS DE DOLLARS D’ailleurs les partenaires de Sonatrach – Petrofac et Bonatti – ont clairement affiché tout l’intérêt qu’ils portent à l’Algérie et à Sonatrach. Ils ont d’ailleurs qualifié le contrat signé hier avec la compagnie nationale des hydrocarbures de «grande opportunité». Et pour cause, il s’agit d’un contrat EPC de pas moins de 668 millions de dollars, portant sur la réalisation des installations Boosting-Entrée Alrar dans la région de Stah pour un délai de 32 mois. Le groupement Petrofac-Bonatti a été retenu à l’issue d’une compétition sélective en deux étapes : une étape de préqualification

à l’issue de laquelle 13 compagnies ont été retenues ; une étape de sélection au cours de laquelle Petrofac-Bonatti a été retenu sur les 10 offres proposées. La nouvelle installation, qui comprend entre autres des unités de compression et de séparation, devrait permettre à Sonatrach d’améliorer les rendements en gaz liquide, GPL et condensat et de remédier à la baisse de pression sur le gisement en question ; celle-ci devrait ainsi passer de 12 à 75 bars. Selon le vice-président amont, Saïd Sahnoune, la nouvelle installation devrait permettre de maintenir un plateau de production sur 5 ans à un niveau de 24 millions de mètres cubes par jour. C’est la troisième opération du genre. Des interventions similaires ont été menées sur le champ de Hassi R’mel, concerné par deux opérations de ce genre ; une troisième étape est projetée. D’autres interventions sont également prévues à Tiguentourine et In Salah. Melissa Roumadi

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«C’est une question de jours»

a solidité de l’engagement des compagnies pétrolières et des sociétés de services pétroliers ressurgit à chacune des sorties des responsables du secteur. Hier encore, à l’occasion de la signature d’un contrat EPC entre Sonatrach et le groupement Petrofac-Bonatti, le PDG de la compagnie nationale des hydrocarbures s’est une nouvelle fois exprimé sur la question, d’autant que le retrait de Petrofac du projet In Salah Gas, après les attaques de Tiguentourine, avait fait couler beaucoup d’encre. Abdelhamid Zerguine a ainsi assuré que l’engagement de la compagnie de services pétroliers a de tout temps été indéfectible, celle-ci n’ayant jamais quitté l’Algérie. Et d’expliquer que si Petrofac a dû se retirer un temps du projet In Salah Gas, cela fait suite à une décision de retrait de BP et Statoil qui sont les maîtres d’ouvrage sur ce site. Ceci d’autant plus que la firme britannique, engagée sur d’autres


"La dévaluation, symptôme d'une inflation non maîtrisée" - 30 Oct. 2013 - El Watan