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ses voisins sur lesquels il avait quelque influence. Mais ce ne fut pas le tout ; enchanté de ses réussites en ce genre, il entreprit de faire renoncer Wilbold à cet antique et respectable usage. « Pardieu, lui disait-il, mon cher Wilbold, il faut convenir que tu es bien bon de dépenser ton argent à repaître un tas de fainéants qui se moquent de toi avant même qu’ils aient digéré le repas que tu leur donnes. – Mon cher Hans, répondait Wilbold, j’ai pensé, crois-le bien, plus d’une fois à ce que tu dis là ; car, quoique ce repas ne se représente qu’une fois par an, il ne laisse pas que de coûter à lui seul autant que cinquante repas ordinaires. Mais, que veux-tu, c’est une fondation à laquelle, dit-on, est attaché le bonheur de la maison. – Et qui te conte ces balivernes, mon cher Wilbold ? ton vieil intendant, n’est-ce pas ? Je comprends ; comme il grappille au moins dix écus d’or sur ton festin, il a intérêt que le festin se perpétue. – Et puis, dit le baron, il y a encore autre chose. – Qu’y a-t-il ? – Il y a les menaces de la comtesse. – De quelle comtesse ? – De la comtesse Berthe. 39

Dumas-Berthe  

La bouillie de la comtesse Berthe et autres contes BeQ Alexandre Dumas La bouillie de la comtesse Berthe La Bibliothèque électronique du Qué...