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de Wistgaw, et fondèrent aussi, pour l’anniversaire de leur fête ou pour celle de leur naissance, des bouillies plus ou moins sucrées. Mais au nombre de ces seigneurs, il en était un que non seulement le bon exemple ne gagna point, mais encore qui empêchait les autres de le donner ou de le suivre. Cet homme, qui était un des amis les plus intimes du baron, un de ses convives les plus assidus, un de ses conseillers les plus influents, se nommait le chevalier Hans de Warburg.

Le chevalier Hans de Warburg Le chevalier Hans de Warburg était, au physique, une espèce de géant de six pieds deux pouces, d’une force colossale, toujours armé d’un côté d’une grande épée, qu’à chaque geste de menace qu’il faisait, il frappait sur sa cuisse ; et d’un poignard qu’il tirait à chaque moment par manière d’accompagnement à ses paroles. Au moral, c’était l’homme le plus poltron que la terre ait jamais porté ; et quand les oies de son domaine couraient après lui en sifflant, il se sauvait comme si le diable était à ses trousses. Or, nous l’avons dit, non seulement le chevalier Hans n’avait pas adopté l’usage de la bouillie, mais encore il l’avait empêché de s’étendre chez plusieurs de 38

Dumas-Berthe  

La bouillie de la comtesse Berthe et autres contes BeQ Alexandre Dumas La bouillie de la comtesse Berthe La Bibliothèque électronique du Qué...

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