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facilement prendre aux apparences du courage comme il se laissait prendre aux apparences de l’esprit et de la vertu. Le baron Wilbold vint donc habiter le château du comte Osmond et de la comtesse Berthe, amenant avec lui une charmante petite fille au berceau, qu’on appelait Hilda. Le premier soin du régisseur actuel fut de mettre son nouveau seigneur au courant des revenus et des charges attachés à la propriété ; au nombre des charges était la bouillie au miel, dont l’usage avait tant bien que mal subsisté jusque-là. Or, comme le régisseur dit au baron que ses prédécesseurs attachaient une grande importance à cette institution, et que lui-même croyait fermement que la bénédiction du Seigneur était attachée à cette coutume, Wilbold non seulement ne fit aucune observation contraire, mais encore donna l’ordre que, tous les 1er mai, la cérémonie eût lieu avec toute son antique solennité. Plusieurs années s’écoulèrent, et le baron donnait chaque année une si copieuse et si bonne bouillie, que les paysans, en faveur de cette obéissance aux commandements de la comtesse Berthe, lui passaient tous ses autres défauts, et ses autres défauts étaient nombreux. Il y a plus : quelques autres seigneurs, soit par bonté, soit par calcul, adoptèrent l’usage du château 37

Dumas-Berthe  

La bouillie de la comtesse Berthe et autres contes BeQ Alexandre Dumas La bouillie de la comtesse Berthe La Bibliothèque électronique du Qué...

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