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elle alla le porter au roi des Cobolds, qui était un petit génie très brave et très instruit, lequel habitait une grande caverne qui s’étendait jusque sous le Rhin, et qui, sur la recommandation de la comtesse Berthe, voulut bien se charger de son éducation.

Wilbold de Eisenfeld La joie de la marâtre fut grande en voyant mourir le seul héritier de la famille Rosemberg, mais Dieu la trompa dans ses espérances ; elle n’eut ni fils ni fille, et elle mourut elle-même au bout de trois ans. Waldemar lui survécut de trois ou quatre années encore, et fut tué dans une chasse ; les uns disaient par un sanglier qu’il avait blessé, les autres disaient par un paysan qu’il avait fait battre de verges. Le château de Wistgaw et les propriétés environnantes tombèrent alors en possession d’un parent éloigné nommé Wilbold de Eisenfeld. Celui-là n’était point un méchant homme, c’était bien pis que cela ; c’était un de ces hommes insoucieux de leur âme, qui ne sont ni bons ni mauvais, qui font le bien et le mal sans amour ni haine, écoutant seulement ce qu’on leur dit, et près duquel le dernier qui parle a toujours raison. Brave, du reste, et estimant la bravoure, mais se laissant 36

Dumas-Berthe  

La bouillie de la comtesse Berthe et autres contes BeQ Alexandre Dumas La bouillie de la comtesse Berthe La Bibliothèque électronique du Qué...

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