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Qui ne peux opposer au mal que ta faiblesse, Et qui t’es endormi ce soir dans ta tristesse Ainsi que l’oiseau dans son chant. Ici-bas, cette nuit, tu dormiras encore ; Mais à l’heure où demain se lèvera l’aurore, T’arrachant pour jamais à cette dure loi, À ma voix descendu de la sphère éternelle, Un ange radieux te prendra sur son aile Et t’apportera près de moi. Et, à ces mots, le fantôme de l’aïeule, car c’était lui, se pencha sur le berceau et embrassa son petit-fils avec une tendresse suprême. L’enfant s’était endormi le sourire sur les lèvres et les joues rosées ; mais le premier rayon du matin, en glissant à travers les vitraux de la fenêtre, le trouvèrent pâle et froid comme un cadavre. Le lendemain, il fut descendu dans le caveau de la famille, et enterré près de l’aïeule. Mais, rassurez-vous, mes chers petits enfants, le pauvre Hermann n’était pas mort : la nuit suivante, l’aïeule se leva de nouveau, et, le prenant dans ses bras, 35

Dumas-Berthe  

La bouillie de la comtesse Berthe et autres contes BeQ Alexandre Dumas La bouillie de la comtesse Berthe La Bibliothèque électronique du Qué...

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