Page 301

supplice dont cette histoire fait mention ; il avait même tant ri, qu’un instant il avait senti son arête qui lui remontait au gosier. Depuis cette lecture, il n’avait pu ni manger ni dormir, tant il était impatient de faire l’épreuve de ce genre de mort sur l’un de ses sujets. Pierrot n’étant pas mort, l’occasion était des plus belles. À l’instant même, et par ses ordres, un tonneau est amené au château, hérissé à l’intérieur de pointes d’acier fines comme des aiguilles, et transporté au sommet d’une haute montagne située aux portes de la ville. Dans le même temps, Pierrot était extrait de sa prison, conduit au haut de la montagne, et là, le bourreau, le prenant par la main, le priait le plus poliment du monde d’entrer dans l’intérieur du tonneau. – Il entrera, il n’entrera pas ! criait le populaire, qui était accouru en foule pour assister à cette représentation extraordinaire. Pierrot entra. Quand tout fut prêt, le prince Azor, du haut de l’estrade où il était assis, donna le signal, et le bourreau poussa du pied le tonneau sur la pente de la montagne. À la vue de cette avalanche humaine qui roulait sur elle-même avec une rapidité effrayante, bondissait de 301

Dumas-Berthe  

La bouillie de la comtesse Berthe et autres contes BeQ Alexandre Dumas La bouillie de la comtesse Berthe La Bibliothèque électronique du Qué...