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qu’il avait dans le gosier passa. – Je suis sauvé ! s’écria-t-il, je suis sauvé ! Ah ! ah ! l’ami, tu viens de me rendre un très grand service. Eh bien, pour te récompenser, je te laisse libre de choisir le genre de mort qui te sera le plus agréable ; tu vois que je suis bon prince. – Sire, reprit Pierrot, je n’attendais pas moins de votre bonté ; mais Votre Altesse fera mieux de choisir elle-même : je m’en rapporte entièrement à elle. – Ah ! tu veux railler, mon mignon, repartit le prince. Eh bien, m’est avis qu’après t’avoir vu manger de si bon appétit tout à l’heure, il serait curieux maintenant de te voir mourir de faim. Quelque empire que notre héros conservât sur luimême, il ne put s’empêcher de tressaillir à ces paroles. Mourir de faim, se dit-il à lui-même, je n’y avais pas songé. Il allait peut-être se dédire, quand le prince Azor donna l’ordre à ses gardes de l’enfermer dans un des caveaux du château. Ce caveau était, mes chers enfants, une affreuse prison dans laquelle l’air et la lumière ne pénétraient qu’à travers une ouverture fort étroite garnie d’un treillis de fer ; et qui, par sa disposition, ne permettait pas au malheureux prisonnier d’apercevoir le plus petit 297

Dumas-Berthe  

La bouillie de la comtesse Berthe et autres contes BeQ Alexandre Dumas La bouillie de la comtesse Berthe La Bibliothèque électronique du Qué...

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