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l’écho d’une voix adorée. – Au large ! lui cria Cœur-d’Or, qui mit sa lance en arrêt : on ne passe pas ! Force fut à Pierrot de se retirer ; il descendit alors dans les jardins du palais, et embrassa tendrement le bûcheron et sa femme, qui lui remirent, les larmes aux yeux, un panier rempli jusqu’à l’anse de provisions de bouche de toutes sortes. – Bonne chance, monsieur l’ambassadeur, lui cria le seigneur Renardino, qui épiait son départ, accoudé sur une fenêtre du palais ; mille compliments de ma part au prince Azor. – Je n’y manquerai pas, monsieur le grand ministre, répondit Pierrot, qui ne voulut pas avoir le dernier mot avec un seigneur si poli, et, tournant les talons, il se mit bravement en route le panier au bras. Pas n’est besoin de vous dire, mes chers enfants, les haltes nombreuses qu’il fit tout le long du chemin ; chaque fois qu’il rencontrait un vert tapis de gazon, il s’asseyait à la manière orientale, étendait devant lui une petite nappe blanche comme neige, déposait sur cette nappe un énorme pâté de mine fort appétissante, qu’il flanquait de deux bouteilles de vin de Hongrie, puis il mangeait et buvait à même du meilleur de son cœur, si bien qu’à moitié route, ses provisions étaient épuisées 294

Dumas-Berthe  

La bouillie de la comtesse Berthe et autres contes BeQ Alexandre Dumas La bouillie de la comtesse Berthe La Bibliothèque électronique du Qué...

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