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– J’ai l’honneur d’annoncer à Votre Majesté, dit-il, qu’un pêcheur du lac vient d’apporter au palais un magnifique turbot pesant plus de deux cents livres. – C’est bien, seigneur Pierrot, repartit la reine ; vous le ferez mettre au bleu, et vous le placerez ce soir sur la table devant le roi. Vous savez qu’il en est friand. Pierrot salua et sortit. La reine se précipita de nouveau sur son balcon, mais le petit oiseau avait disparu. De son côté, le roi rentrait dans son cabinet, dans un état impossible à décrire. – Seigneur Alberti, dit-il, je sais tout ; mais, de par ma couronne, ils mourront tous deux ! Empoisonner une si belle pièce, un turbot qui pèse deux cents livres, quelle horreur ! Faites venir sur l’heure tous les chimistes de la capitale, de ceux-là qu’on appelle les princes de la science, et qu’on m’apporte le poisson. Lorsque les chimistes, au nombre de vingt, furent réunis dans le cabinet : – Messieurs, leur dit le roi, veuillez procéder à l’analyse de ce turbot qui est devant vous, et déterminer la nature du poison qu’il renferme. – Ce turbot est empoisonné ? demandèrent-ils tout d’une voix. – Oui, messieurs, ce turbot est empoisonné.

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Dumas-Berthe  

La bouillie de la comtesse Berthe et autres contes BeQ Alexandre Dumas La bouillie de la comtesse Berthe La Bibliothèque électronique du Qué...

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