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bobinette et ouvrit. – En garde, seigneur Alberti, lui dit-il tous bas en désignant de la pointe de son épée l’image menaçant de la glace, qui répétait tous ses mouvements. Encore un conspirateur ! en garde ! Un sourire imperceptible de méchanceté se dessina sur les lèvres minces de Renardino : il crut que le roi était devenu fou. – Sire, rassurez-vous, dit-il, nous sommes seuls. – Comment ? reprit le roi, seuls ! et cet homme de mauvaise mine qui est là devant moi, l’épée à la main ? – Révérence gardée, c’est Votre Majesté. – Cet homme qui a les cheveux tout blancs, les yeux rouges, le nez violet, qui éternue à faire frémir ! – C’est Votre Majesté, vous dis-je, et la preuve, tenez, c’est que vous éternuez encore. En effet, l’ouragan faisait rage dans le cerveau du roi ; il n’y avait plus moyen de s’y méprendre – Ô mon Dieu ! s’écria le pauvre monarque quand la bourrasque fut passée, c’était donc moi ! Quelle figure, quels yeux, quel nez ! Et, lâchant son épée, il se couvrit le visage de ses deux mains. – Seigneur Alberti, reprit-il bientôt d’un ton grave, quoi qu’il arrive désormais, je vous défends 285

Dumas-Berthe  

La bouillie de la comtesse Berthe et autres contes BeQ Alexandre Dumas La bouillie de la comtesse Berthe La Bibliothèque électronique du Qué...

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