Page 283

jambe ; il allait entrer tout à fait, quand Pierrot, s’élançant hors de sa cachette, vous le pousse de toutes ses forces jusqu’au milieu de l’antichambre, et referme la porte sur lui. Ce fut alors un tumulte effroyable de coups, de cris et de jurements. Les soldats, qui avaient été largement payés, faisaient la chose en conscience. – Au secours ! on m’assassine ! criait Renardino. Sire, ouvrez-moi la porte ; ouvrez-moi la porte, pour l’amour de Dieu ! Mais le roi, qui avait sa consigne, avait mis les verrous, et suait sang et eau pour se fortifier dans son cabinet. C’en était fait de Renardino, si la reine, attirée par le bruit, ne fût accourue en camisole de nuit et son bougeoir à la main. À sa vue, les soldats effrayés s’enfuirent, et le seigneur Alberti, tout éclopé et tout honteux, se sauva dans sa chambre, d’où il put entendre Pierrot, qui chantait en fausset sur l’air que vous savez : Ouvrez-moi la porte, Pour l’amour de Dieu !

283

Dumas-Berthe  

La bouillie de la comtesse Berthe et autres contes BeQ Alexandre Dumas La bouillie de la comtesse Berthe La Bibliothèque électronique du Qué...

Dumas-Berthe  

La bouillie de la comtesse Berthe et autres contes BeQ Alexandre Dumas La bouillie de la comtesse Berthe La Bibliothèque électronique du Qué...

Advertisement