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– Sire, il ne s’agit pas de moi, mais de vous, dit Renardino d’un ton mystérieux ; de grands malheurs vous menacent... Le roi devint pâle, il se rappelait la prédiction du petit poisson rouge, qui commençait précisément par ces mots. – Qu’y a-t-il donc ? fit-il. – Il y a, reprit Renardino, que Pierrot, votre grand ministre, conspire contre vous ; il y a qu’il doit venir ce soir à huit heures dans ce cabinet, sous le prétexte de vous entretenir, comme à l’accoutumée, des affaires du royaume, mais en réalité pour vous étrangler. – M’étrangler ! s’écria le machinalement la main à son cou.

roi,

qui

porta

– Vous étrangler net, répéta Renardino en saccadant ses mots ; mais rassurez-vous, je viens vous sauver. Confiez-moi pour aujourd’hui seulement la garde du palais, et quoi qu’il arrive, quelque bruit que vous entendiez ce soir dans l’antichambre de votre cabinet, n’ouvrez la porte pour tout au monde. – Je m’en garderai bien, répondit le roi. Une heure après, le seigneur Renardino et le grand officier des gardes du roi se promenaient dans les jardins du palais, et causaient entre eux à voix basse.

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Dumas-Berthe  

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