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Le pain de munition et l’eau claire Mais aux premiers rayons du jour le charme s’évanouit. Dominik sauta en has de son lit, et d’autant plus furieux, qu’il ne pouvait se dissimuler la terreur qu’il avait éprouvée, il ordonna qu’on fît venir les sentinelles qui, à minuit, étaient de garde dans les corridors et aux portes. Les malheureux arrivèrent tout tremblants, car, au moment où minuit allait sonner, ils s’étaient sentis pris par un invincible sommeil, et quelque temps après ils s’étaient réveillés sans pouvoir calculer pendant combien de temps ils avaient dormi. Mais heureusement s’étant rencontrés à la porte, ils convinrent entre eux qu’ils avaient fait bonne garde ; et comme ils étaient parfaitement éveillés quand on était venu les relever de faction, ils espérèrent que personne ne s’était aperçu de leur oubli de la discipline. En effet, à toutes les interrogations de leur général, ils répondirent qu’ils ne savaient pas de quelle femme il voulait parler, et qu’ils n’avaient rien vu ; mais alors l’intendant, qui assistait à l’interrogatoire, déclara à Dominik que ce n’était pas une femme, mais une ombre qui était venue le visiter, et que cette ombre était celle de la comtesse Berthe. Dominik fronça le sourcil ; mais cependant, frappé de ce que lui disait Fritz, il demeura 23

Dumas-Berthe  

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