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Et, toute fille de roi et de reine qu’elle était, elle resta chez les sept nains, fit leur ménage et tint tout en ordre. Le matin, les nains partaient pour la montagne, où ils cherchaient leur minerai d’or, d’argent et de cuivre. Le soir, ils revenaient et trouvaient leur repas servi. Tout le long du jour, la jeune fille restait donc seule, et il y avait peu de matins où les nains, qui l’aimaient comme leur enfant, ne lui dissent en la quittant : – Ne laisse entrer personne, Blanche de Neige ; défie-toi de ta belle-mère ; un jour ou l’autre, elle apprendra que tu es vivante et te poursuivra jusqu’ici. Et, en effet, la reine, croyant être débarrassée de Blanche de Neige, était restée deux ans, à peu près, sans consulter son miroir. Et, pendant ces deux ans, l’enfant, devenant jeune fille et embellissant chaque jour, était restée bien tranquille et, disons plus, bien heureuse chez les nains. Mais enfin, un jour la reine fut prise d’une vague inquiétude, se plaça devant son miroir et dit : – Petit miroir pendu au mur, quelle est la plus belle de tout le pays ? Et le miroir répondit : – Belle reine, tu es la plus belle dans toutes les villes 195

Dumas-Berthe  

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