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aspirons à notre délivrance. Nous avons attiré parmi nous beaucoup de créatures terrestres, mais aucune n’avait un amour assez grand pour se dévouer. Tu nous as délivrés, femme, et ta récompense sera égale au service rendu. Ton fils aime ma fille, je la lui donne pour femme, et un jour il me succédera comme roi. Le méchant magicien ne peut désormais nous nuire, car c’est lui qui reprend ma place, et qui habite sous terre, à cette heure, avec ses enfants, aussi méchants que lui. Quant à toi, femme, tu vas vivre dans ce palais avec nous et nous ne cesserons de te témoigner notre reconnaissance. Mais Madeleine secouant la tête : – Sire roi, dit-elle, je ne suis point habituée à toute cette splendeur et à tout ce luxe ; je vous remercie donc de vos bonnes intentions, mais voulez-vous me rendre heureuse, laissez-moi vivre tout simplement dans le voisinage de mon fils en me donnant à proximité du palais une petite chaumière avec un petit jardin ; que je voie tous les jours mon Joseph, que je me réjouisse de son bonheur, et je serai grandement récompensée. Quant à ce que j’ai fait, je l’ai fait par amour pour mon fils, et si vous avez attendu si longtemps pour être délivrés, c’est que vous n’avez pas songé à vous adresser à une mère.

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Dumas-Berthe  

La bouillie de la comtesse Berthe et autres contes BeQ Alexandre Dumas La bouillie de la comtesse Berthe La Bibliothèque électronique du Qué...