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Joseph s’arrêta, fasciné. Il n’y avait pas moyen de résister à cette voix et à ce regard, qui semblaient unis pour briser toute volonté humaine. Il resta donc immobile, au lieu de fuir. Mais ce n’était point assez ; la fille du roi des taupes voulait non seulement que Joseph ne s’enfuît pas, mais la suivit. Aussi, d’une voix encore plus douce que la première fois : – Viens, dit-elle. Et à ce mot, entraîné comme par une force irrésistible, Joseph s’arracha des bras de sa mère et s’élança dans ceux de la jeune fille. Au même instant, ils disparurent tous deux. Le roi des taupes, à son tour, s’enfonça lentement, empêchant la pauvre mère de suivre son fils. Au reste, la lutte ne fut pas longue. Dès que Joseph eut disparu sous la terre, Madeleine tomba évanouie sur le gazon. Lorsque la pauvre mère revint à elle, le jour commençait de paraître et l’on se levait dans le village. Elle se mit à pleurer et à crier si fort que, quoique la maison fût, comme nous l’avons dit, en avant du village 174

Dumas-Berthe  

La bouillie de la comtesse Berthe et autres contes BeQ Alexandre Dumas La bouillie de la comtesse Berthe La Bibliothèque électronique du Qué...

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