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INÉDIT:

CubaBallet et son

AU GRAND PALAIS

JUSTE DEBOUT N°13 bimestriel gratuit juin - juillet 2007

•EXCLUSIF DANS LES COULISSES D’UN CABARET•


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Éditorial

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ésormais c’est le bureau de l’identité républicaine qui traitera les affaires de la culture Hip Hop. Plus de trente ans d’existence, et décidément, ce n’est pas dans les cinq ans à venir qu’on verra la reconnaissance de ce courant culturel en tant que tel. Le gouvernement Sarkozy a pourtant paraît-il relever les manches pour en savoir plus sur ce qu’il se trame en matière de Hip Hop. Autant dire que toute une génération d’artistes est placée sous surveillance. Alors que les médias, eux, poursuivent la politique de l’autruche envers le Hip Hop et continuent de l’ignorer. Bref, le nouveau chef de l’État nous a promis de favoriser l’emploi culturel, de rendre la création plus ambitieuse et dynamique, un enseignement culturel et artistique plus exigeant, la gratuité dans les musées nationaux, nous verrons ce qu’il adviendra… La période des stages d’été commence, bonnes vacances à tous.

JUSTE DEBOUT MAGAZINE 30 rue du docteur Potain 75019 PARIS Tél. : 01 42 06 51 50 www.juste-debout.com DIFFUSION NATIONALE DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Pascal Gilbert pascal@juste-debout.com RÉDACTRICE EN CHEF : ShéyeN Gamboa sheyen@juste-debout.com sheyen.gamboa@wanadoo.fr

CHEF DE LA RÉDACTION Bruce “Ykanji” Sone bruce@juste-debout.com bruceykanji@hotmail.com GRAPHISTE Nanou nanou@juste-debout.com PUBLICITÉ Contact, tél. 06 11 83 79 30 ou Tél. 06 62 50 93 74 ONT ÉCRIT DANS CE NUMÉRO : Shéyen, Mia Ma, Lysbeth, Bruce CREDIT PHOTO Photos de couverture Jacques Moatti, Tiphanie Doucet, Phillipe lecœur

SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Rozenn Gouvernec SECRÉTAIRE GÉNÉRALE Joëlle Tanguy Joelle@juste-debout.com IMPRESSION Imprimerie de Champagne ZI Les Franchises 52 200 Langres Dépôt légal à parution ISSN : 1772-189X


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Sommaire

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Shopping : Plages & Cocotiers Agenda : News FlashBack : Bust a move IV Coup de Projecteur : Ballet National de Cuba Zoom : LAGENCE Exclusif : Bobin’o A ne pas manquer : Coup de Gueule : Une Danse dans l’histoire : Salsa Gros Plan : Pascal Couillaud Style du mois : Kuduro Clubbing : Quai de Seine

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Dancing Shop

BY SHÉYEN

SUR LA PLAGE ABANDONNÉE… Glamour, sportif, ou pratique, voici un dancing shop spécial plage pour tous les étés et toutes les bourses. Sortez couvert de la tête aux pieds !

HOMME 1• Tongs Homme, HAVAIANAS Alomana, 22¤, tel lecteurs : 01 44 84 91 12 2• Tongs pratique Stash, REEF, Cachette incorporée à la semelle pour papiers, clés, carte de crédit, 55¤, www.reef.com 3• Drap de bain « trajectoire de balle », CARRE BLANC pour Roland Garros, 60¤, 102 X 178, tel Lecteurs : 01 47 43 51 91 4• Caleçon de bain modèle flag, KANABEACH, 25¤ 5• Solaires Fly Boy, ADIDAS, 249¤ 6• Short Hawaï blanc et bleu, PULL-IN, 75 ¤ 7• Sac small Week ender, ONITSUKA, 65¤, 8• Chapeau de soleil Hendrika, AIGLE, 25¤

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FEMME 1• Solaires Palermo Bleu, ADIDAS, 149¤ 2• Corniche Pastedred Solaires Édition Limitée, SPY OPTIC, 125¤ 3• Sac Lobster, KANABEACH, 45¤ 4• Bikini Léopard et rouge, KANABEACH, 60¤ 5• Slave culotte et triangle, PULL-IN, 25 et 25¤ 6• Boardshort femme rouge et ours, KANABEACH, 49¤ 7• Tongs femme rayées marron, HAVAIANAS, 26¤ 8• Chaussures plates, POETIC LICENSE, 61¤, en vente sur le site de vente de chaussures en ligne www.spartoo.com 9• Talons compensés Gacana, GIOSEPPO, 35 ¤ , tel lecteurs : 01 55 80 70 53 10• Sac Maruba, GIOSEPPO, 22 ¤ 11• Serviette du joueur édition 2007, CARRE BLANC pour Roland Garros, 37¤, 70 x 105 cm, existe en version drap de bain.

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News MONSTRES SACRÉS : Sylvie Guillem & Akram Khan Les 19, 20, 22, 23 juin à 22h les nuits de Fourvière (69) nous proposent de retrouver les deux monstres sacrés Sylvie Guillem et Akram Khan. Rencontre de deux artistes qui ont connu une célébrité très précoce, Monstres Sacrés est un spectacle cosmopolite. L’étoile française et le danseur-chorégraphe anglais sont condamnés à se surpasser. Également au programme des Nuits : Danses, Musiques et masques de Bali : les aventures du Prince Rama et la nuit du flamenco Sevilla, Compania Maria Pagès. Plein Tarif : 29 ¤ / Tarif Jeunes : 26 ¤ www.nuitsdefourviere.org/ Réservation 04 72 32 00 00

SALSA’N JAZZ, MODERN’ : Stage d’été en Tunisie Danser au soleil à un tarif tout à fait attractif, c’est possible. Stage de danse à Hammamet du 2 au 9/09/07. 30H de cours de danse : modern'jazz, salsa'n jazz, hip hop, danse africaine avec Dominique Lesdema, JeanClaude Marignale, Assaï Samba. Forfait tout compris 750 euros infoline : 06 85 82 57 93 ou 06 17 78 68 61contact@sobanova.com, www.sobanova.com

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BATTLE FÉMININ Just 4 ladies

URBAIN : DVD Dance Delight Le voilà enfin disponible le DVD de l’événement qui a renouvelé la scène chorégraphique Hip Hop à La Cigale en octobre dernier. De belles images, un montage efficace qui ne trahit pas la danse, voilà un DVD pour mieux comprendre la scène Hip Hop française. Révélations et confirmations de talents, des compagnies des quatre coins de France sont venus offrir le meilleur d’ellesmêmes dans une ambiance de feu. Un événement qui a stimulé la création. DVD disponible sur le site Internet www.style2ouf.com au prix de 15¤ hors frais d’envoi.

Le samedi 30 juin prochain aura lieu la quatrième édition du battle pop/lock/break/house/Hip Hop 100% féminin au Gymnase des Roulants à Cergy dès 14H. 12 allée des petits pains 95800 Cergy RER A direction Cergy St Christophe ou A15 sortie 11. Infoline et inscriptions : 06 23 42 14 66 ou 06 62 06 99 65 ou tmaskot@hotmail.com

DANSE CLASSIQUE: Stage à lyon L’Académie de Ballet Nini Theilade organise un stage de Classique, Caractère, Baroque, Répertoire et Pas de Deux, du 16 au 21 juillet au Conservatoire National Supérieur de Danse de Lyon. Les professeurs de renommée internationale représentent différentes « Écoles » emblématiques : Française, Cecchetti, Bournonville, Vaganova avec Françoise Legrée, Florence Clerc, Yannick Stephant, de l’Opéra de Paris, Caroline Llorca du Konservatoir de Munich, Thomas Enckell du CNSMD de Lyon, Juan Giuliano. Stage ouvert : enfants, adultes, amateurs, pré-professionnels, professionnels. Rens. : 04 78 30 56 86 www.academie-ballet.fr.


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CONTEMPORAIN Montpellier Danse 2007

EN BREF

Du 23 juin au 7 juillet, l’internationalement reconnu Montpellier Danse s’inscrit dans une dynamique de développement de l’art chorégraphique. Cette nouvelle édition du festival illustre la diversité créative de la danse contemporaine, depuis l’hommage rendu aux œuvres de Dominique Bagouet jusqu’à la nouvelle création de Mathilde Monnier, en passant par un tour d’horizon des chorégraphes de la région. Montpellier Danse reste également le rendez-vous incontournable des chorégraphes du monde entier. Ainsi viendront de San Francisco, New York, Johannesburg, Lisbonne, Vienne ou Düsseldorf, les chorégraphes les plus en vue du moment, mais également ceux qui investiront pour la première fois les nombreux lieux du festival. www.montpellierdanse.com Rés. : 0800 600 740 gratuit

MULTI DANSES Ça danse pour moi

DANSE ORIENTALE TRADITIONNELLE

stage d’été dans la Drôme, avec Saïda Naït-Bouda, 9 au 13 juillet 2007 Dispensé dans le cadre exceptionnel du Dodécadome de la Ferme de Beaumerousse, ce stage s'adresse à celles, et ceux, qui cherchent à développer leur créativité au travers des danses arabes et berbères. Rapport à l’espace et intériorité du mouvement le matin, technique de la danse et construction d’une chorégraphie l’après-midi. Stage : 350 euros, pension complète. Tél : 01 40 33 02 06 ou 06 63 44 08 40, www.lautredanse.com, info@lautredanse.com

URBAIN Danse Hip hop tanz Le festival franco-allemand emmène le processus de la création Hip Hop Danse Hip Hop Tanz en ballade en Seine St Denis du 27 mai au 6 juillet à travers 7 villes, en s’arrêtant au CND de Pantin : des stages de danse, des projections vidéo, le battle de l'association VNR, mais aussi plus de dix compagnies, les excellents Soul Seachers, l’immanquable Salah, la cie Uzumé, Ange Koué, Choréam, Medhi Slimani et bien d'autres encore... Infos, Réservations : 01 40 10 28 06, moovaktion@wanadoo.fr, www.moovnaktion.org

Ne manquez pas le festival Ça danse Pour Moi, du 15 au 17 juin sur le bateau Nix Nox à Paris 13è, port de la Gare rive gauche, comprendre l’esprits des danses, leurs styles, leurs univers et surtout s’initier à tout. Cours de danse le jour et mise en pratique la nuit, apéro musical, transats, barbecue, Djs, concerts, démonstrations performance, feux d’artifices etc… Avec Salsa, Bharata Natyam, Hip Hop, Danse Africaine, House dance, Pole Dancing… gratuit sur invitation pour certains horaires, et de 4 à 15¤, pass festival 25¤, infos www.myspace.com/ cadansepourmoi

• FESTIVAL DE DANSE contemporaine à la Fenice (IT) Dans le cadre de la Biennale de Venise, cette édition rendra hommage à la chorégraphe Pina Baush qui y recevra un Lion d'Or pour l'ensemble de sa carrière. Renseignements : +(00-39) 041 521 87 11, du 14 au 30 juin, Rés. on line, www.labiennale.org • RÉSULTATS B.O.T.Y France, quatre crews ont été sélectionnées pour les demi-finales devant un public très réactif : Smockémon, Légiteam Obstruxion, Figure 2 Style, Sans Limites (Ile de la Réunion). Figure 2 style /Sans Limites, vainqueur Figure 2 Style, Smockémon / Légiteam Obstruxion, battle polémique dont L.O. sortira vainqueur. Finale mitigée entre Figure de Style et L.O. Ces derniers seront élus par le Jury et iront représenter la France au Championnat International de B.boying en Allemagne en octobre prochain. • ENGLISH NATIONAL BALLET à Versailles, le célèbre ballet le Lac Des Cygnes dans le plus prestigieux des châteaux les 26, 27, et 28 juillet à 20H30 autour du bassin Neptune. Ce ballet sera ici magnifié par les décors extérieurs, les acrobates et jongleurs qui ne dérogeront pas à l’essence de ce chef d’œuvre. De 85 à 35¤, infos et réservations 01 30 83 78 89 www.chateauversailles-spectacles.fr • BATTLE À TROYES, le samedi 16 juin, 1vs1 libre 16 places, 1vs1 étudiant: on cherche surtout des danseurs en études : 16 places également + surprise finale pour les 2 gagnants des 1vs1, Price Money: prévu à 100¤ chacun (modifiable), Jury :BBoy Salim (Subskillz) , BBoy Flo (FDC, UK) , Bgirl Marie, DJ Luigi. Inscriptions : 06.62.18.06.78, • FLAMENCO À NICE, Du 29 juin au 1er juillet - (Danses traditionnelles), formation pour adultes, pour débutants, intermédiaires ou avancés, avec Mari Carmen Mesa. Organisation : Aire Flamenco, Rés. : aireflamenco@wanadoo.fr, www.perso.wanadoo.fr/aireflamenco, Infos : 04.93.71.25.54

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Flashback BUST A MOVE IV, LEÇON D’HUMILITÉ Le 5 mai dernier, Montréal a accueilli la 4e édition du « Bust A Move Battle », la rencontre de danse debout Hip Hop la plus prisée du Canada. C’est le premier événement du printemps après un long hiver. La petite, mais néanmoins active, communauté de danseurs sera de la partie. C’est l’événement le plus attendu des danseurs debout du pays… Reportage live from Montréal. PAR LYBETH GOMIS PHOTOS : DR

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8h30 boulevard St Laurent, j’arrive en même temps que Tony Mc Gregor, l’un des jurés de la compétition. Nous pénétrons dans le Club Soda, une des salles de concerts les plus appréciées en ville. En attendant que la technique se cale, qu’Alexandra « Spicey » Lande briefe ses équipes, tour d’horizon sur la scène locale représentée aujourd’hui par la formation « Lock Unity », une collaboration de plusieurs danseurs actifs de la scène locking à Montréal. Boomboh et Trick Lock sont les plus disponibles. Ce soir, ils sont performers avec « Lock Unity », mais aussi danseurs catégorie Locking (ils ont participé au Juste Debout 2007 à Paris). La seule fille de l’assemblée Funky Miko s’échauffe sur le côté en attendant son partenaire Sash’U. « Les danseuses à Montréal sont surtout des lockeuses, si je ne compte pas les b-girls. Ce soir sur six équipes de Lockers, je crois qu’il y a trois filles », nous dit-elle. Plutôt positif quand on sait que les filles sont sous-représentées dans

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la danse Hip Hop. Quoiqu’il en soit, elles ne sont pas moins actives à en croire les activités de Alex « Spicey », l’organisatrice de l’événement qui m’annonce d’emblée qu’elle n’a que sept minutes à m’accorder. Sept parce qu’elle doit faire le filage avec son groupe, gérer la technique, l’arrivée des DJ’s et du MC, sans oublier les danseurs inscrits. En vraie working girl de la danse, elle a lâché son job pour se consacrer pleinement à sa passion « Ce n’est pas évident d’en vivre ici. Avec Unkut, j’organise ou je coordonne des événements liés à la danse de rue et je donne des cours. Il y a une scène, mais elle n’est pas aussi grande qu’à Paris. Ce soir, on attend un peu plus de 500 personnes. Ça commence vraiment à prendre forme », m’annonce-t-elle. À peine le temps de répondre qu’on l’appelle sur scène. Le Club ouvre enfin ses portes. Les danseurs arrivent peu à peu et confirment leurs inscriptions. Le jury


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encourager des amis danseurs et le reste pour l’amour de la danse… Now it’s time to battle ! Dr Step, le maître de cérémonie tout de noir vêtu, lance quelques vannes avant de déclarer la session ouverte. Lui, c’est un Eddy Murphy from Haïti, marrant comme jamais, le roi du second degré qui n’a pas peur du ridicule.

Bust A Move Montréal prouve que battle ne veut pas forcément dire combat !

C’est parti pour quatre heures de danse : Locking, Hip Hop, Popping et House. Un seul regret, les juges ne feront pas de démo, pas le temps. Sans transition, on accueille les danseurs. Comme toujours certains sortent du lot dès leur premier passage. Les premiers passages m’annoncent déjà qu’il va falloir suivre de près Trick Lock & Boomboh, les lockers, qui montrent une harmonie presque parfaite et sont techniquement à la hauteur. Côté Hip Hop, Sara & Fara, plus connues sous le nom de XXL, ont du souci à se faire face à 2 Marvelous, un duo tout droit sortis des 90’s férus de Hype jusqu’au costume à pois et de New Jack Swing ! Du côté du Jury, c’est Budda Strech qui ne tient pas en place comme s’il voulait lui aussi participer. Le Popping reste la catégorie de la compétition la plus ouverte. Pas de favoris, mais le niveau est élevé. Enfin en house, place à la féminité, la ravissante Neneh laisse toute la salle en émoi par sa grâce et ses « skills ». Énergique et musicale, la finale lui tend les bras et ce n’est pas Marvin Baptiste de Montréal ni même Tony Mc Gregor, les juges, qui me contrediront.

revient de sa session fast-food. On est au complet. L’ambiance est tout ce qu’il y a de plus joviale. Tout le monde s’embrasse, échange, danse. Une vraie communauté à l’échelle familiale. « Ici on n’est pas dans l’esprit battle. On se connaît tous donc il n’y a aucune animosité. Personne ne cherche à écraser l’autre. Ce soir, ils vont juste donner le meilleur… », confirme Boot Camp Pat, chorégraphe et Jury Locking de la soirée. Bust A Move Montréal prouve que battle ne veut pas forcément dire « fight ». On a rarement vu dans le Avant d’appeler les danseurs sur scène, les DJ’s Frank monde de la street-dance autant d’échanges positifs Bld et Static nous balancent quelques morceaux de G- que sur cette scène. Ici on danse pour soi, pour le pubFunk et de Hip Hop, histoire de réchauffer la salle. lic, la musique et avec passion. C’est peut-être l’esprit Dans le public, certains sont venus en famille tout à fait des Montréalais qui transpire sur scène. Le conflit ? par hasard. « Je ne savais même pas que ça existait ! », Pourquoi faire ? C’est tellement mieux quand on est me lance une mère de famille. La curiosité les a fait tous ensemble. Paris devrait-il immigrer à Montréal rentrer et ils ont l’air d’apprécier. D’autres sont venus pour quelques cours sur l’ego ?

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Coup de projecteur E DE CUBA L A N IO T A N T LE BALLE

DU BALLET AU GRAND PALAIS,

QUE

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VIVA CUBA !

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la salsa,tional t e e r c u s à e es, la cantrnadition classique du Ballet Na r a ig c s le a y À Cuba, il mais il existe également la se Étés de la Dan

e édition des m iè is o tr a L . rand Palais, o d’Alicia Alons idence exceptionnelle au G ière fois m s lui offre une ré 3 août prochain. Pour la pre sa première ra u du 16 juillet a erture, la verrière accueille onal de Cuba ati uv o ré depuis sa ue. Le Ballet N asion pour iq h p ra g ré o h c cc manifestation elle et Don Quichotte. L’o s plus is e y présentera G notre projecteur sur l’une d r nous de place gnies du monde. Acion ! pa grandes comTO MOATTI S : JACQUES PAR SHÉYEN P

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l est 8h dans la moiteur cubaine. À 7636 Km du Grand Palais, sur la plus grande île des Caraïbes, l’une des plus prestigieuses compagnies de ballet au monde se met à la barre. Anette, Sadaise, Romel et les autres se préparent pour trois semaines exceptionnelles de résidence parisienne. Alicia Alonso, 86 ans, à la tête de la compagnie, repense une dernière fois aux détails de ses chorégraphies qui ont fait sa renommée. EXCEPTIONNELLE GISELLE Cette légende vivante de la danse mondiale, et « ballerina assoluta », en tant que chorégraphe, transcende

le ballet Giselle, lui permettant d’atteindre une nouvelle dimension poétique. Ainsi à l’acte I, Alicia Alonso, pendant la pantomime de la mère de Giselle annonçant sa crainte de voir sa fille se transformer en Wili, fait apparaître un spectre au fond de la scène. Élément fantastique prémonitoire de ce qu’il va se passer à l’acte II. Ce ballet tient une place toute particulière dans le répertoire du Ballet national de Cuba. L’histoire de Giselle sur l’île commence avant même la création de la compagnie en 1948. Le 2 novembre 1943, avec le Ballet Theater, Alicia Alonso incarne

LOCATION www.fnac.com, www.lesetesdeladanse.com, 0892 687 100, Carrefour, Printemps, Virgin, Galeries Lafayette, Auchan, et sur place au Grand Palais, avenue Winston Churchill Paris 8e, à partir du 16 juillet de 14h30 à 21h. Giselle et Don Quichotte de 23 à 63¤, Portes ouvertes de 5 à 9¤, Expo accès libre pour les spectateurs de Giselle et Don Quichotte sinon 6¤, Films de 6 à 8, 50¤. Accès M° Champs Élysées Clémenceau ou Franklin Roosevelt. Rens. 01 42 68 22 14 ou info@lesetesdeladanse.com

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le rôle-titre au Metropolitan Opera de New York. Plus qu’une soirée mémorable, ce spectacle marque le début d’une interprétation de référence, notamment au IIe acte où la petite paysanne trahie, devient un esprit de l’audelà, une « âme de la danse ». Alicia donne alors une impression d’immatérialité. En 1966, le Grand Prix de la Ville de Paris lui est attribué pour sa version de Giselle et pour son interprétation

personnelle du rôle-titre, lors du 4e Festival de Danse au théâtre des Champs Élysées. La version de Giselle d’Alicia est entrée depuis au répertoire de nombreuses compagnies à travers le monde, telles que l’Opéra de Paris. BALLERINA ASSOLUTA La vie d’Alicia est toute tracée depuis l’âge de dix ans, âge auquel elle entre à l’école de danse ProArte Musical à La Havane. À 15 ans, elle s’envole pour New York, vivre son rêve et étudier à la School of American Ballet. Elle fait ses début en 1938 à Broadway et rejoint un an plus tard l’American Ballet Caravan, futur New York City Ballet. En 1941, elle entre dès sa fondation à l’ABT. C’est le début d’une grande carrière internationale. Elle travaille avec Michel Fokine, Georges Balanchine, Bronislava Nijinska, Jérome Robbins, Agnes de Mille… À l’époque, on dit d’elle qu’elle est exceptionnelle, à la

fois poète délicate et technicienne hors pair. TÉMOIGNAGE HISPANIQUE ET TRADITION CLASSIQUE Toujours son île au fond du cœur, en 1948, désireuse de développer l’Art dans son pays, elle fonde à La Havane le Ballet Alicia Alonso. En 1957, Alicia Alonso est invitée à danser en Union Soviétique. Ne pouvant danser sur les scènes de son pays à cause de la révolution,

“ „ La vie d’Alicia est toute tracée depuis l’âge de dix ans

Alicia Alonso part aux Etats-Unis avec les danseurs les plus prometteurs afin qu’ils ne perdent pas leur niveau. En 1959, elle reçoit enfin l’appui financier officiel du nouveau dirigeant de son pays, soit Fidel Castro. Sa compagnie devient ainsi le Ballet national de Cuba. Aux yeux de la danse inter-

ERTES PORTES OUV

MATINÉES Dimanche 22, mercredi 25, dimanche 29 et jeudi 2 août à 18H, ne manquez pas les « portes ouvertes » proposées à des tarifs très préférentiels, qui permettront au public d’assister au cours mais également à des démonstrations données par les plus jeunes danseurs de la compagnie qui interpréteront une sélection des grands pas de deux du répertoire classique.

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nationale, il est à la fois untémoignage authentique de la culture hispano-américaine et dépositaire de la tradition chorégraphique classique la plus pure. EMBARGO SUR LA DANSE En 1960 se déroule le premier Festival de la Danse de La Havane, à l’initiative d’Alicia. Les plus célèbres compagnies y sont invitées comme le Bolchoi ou le Kirov. L’embargo américain, dont est victime Cuba depuis 1962, empêche même la circulation du programme du Festival sur le territoire américain. En effet, il représente un document de la culture cubaine au même titre qu'un film vidéo sur une des soirées de ce festival. Alicia a été invitée à l'anniversaire de l'American Ballet Theater dont elle a fait partie. Avec cette invitation exceptionnelle, les autorités américaines ont été obligées de lui donner le visa. Pendant de nombreuses années, le public américain n’avait donc même pas l’autorisation d’assister au festival. Cependant les choses semblent

s’améliorer ces dernières années. Depuis 1974, le festival a lieu tous les deux ans. La prochaine édition aura lieu en octobre 2008.

DANZA RÉVOLUCION En 1964, des danseurs cubains participent pour la première fois aux concours internationaux de danse contribuant à la reconnais-

EN SAVOIR + AUTOUR DES ÉTÉS DE LA DANSE À Cuba, tout le monde aime la danse et aime danser. La salsa en est l’expression la plus populaire (voire notre rubrique L’Histoire d’une danse page 28 de ce numéro). C’est donc au « Cubana nache » dans une ambiance « café de La Havane » spécialement recréée au Grand Palais que, chaque soir, après les spectacles, artistes, spectateurs et amis, se donneront rendez-vous pour « vivre » une nuit cubaine jusque très tard dans la nuit, au son des meilleurs musiques en sirotant un verre et en s’initiant à cette danse si sensuelle avec les Djs et professeur se salsa El Cubano et Jean-Claude Sither.

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témoigne d'un des plus beaux styles classiques connus. La compagnie alterne grands classiques et les créations de chorégraphes cubains. En 1970, la compagnie obtient le Grand prix de la Ville de Paris au VIIIe festival de danse. L’ÉCOLE CUBAINE Alicia et Fernando, son mari, se tournent vers la pédagogie et fondent, en 1961, l’École nationale de danse classique, Alejo Carpentier. Ils souhaitent créer un style classique cubain, qui serait une synthèse de l’école russe, l’école italienne, l’école anglaise et danoise. La révolution cubaine et Fidel Castro favorisent le développement de cet enseignement sur tout le territoire cubain. Véritable pépinière de talents, chaque année, le nombre de danseurs diplômés à Cuba est très important et les grands prix internationaux se multiplient. L’école cubaine a formé de nombreux danseurs qui évoluent aujourd’hui

sance de l’Ecole cubaine, Mirta Pia et Josefina Mendez obtiennent des médailles au prestigieux Concours de Varna puis Loipa Araujo remporte la médaille d’or en 1965. Lorsqu'en 1966 le Festival international de Danse de Paris invite pour la première fois le Ballet de Cuba, c’est une révolution ! En effet, le pays de Fidel Castro possède, une des meilleures compagnies de danse classique au monde. Non seulement la troupe recèle de solistes exceptionnels, mais elle

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“ „ L’école cubaine a de nombreux danseurs qui évoluent dans les grandes compagnies

dans les plus grandes compagnies internationales comme le San Francisco Ballet, American Ballet Theater, Royal Ballet, Washington Ballet, Cincinnati Ballet, etc. Parmi les plus célèbres danseurs issus de cette école, Carlos Acosta, Jose Manuel Carreno, Maximiliano Guerra, Loipa Araujo, Joan Boada, Lorna Feijoo… Cette école est particulièrement reconnue pour les capacités athlétiques, danses héroïques, manifestées par les danseurs-hommes. L’école cubaine a de belles années devant elle. Pendant que de jeunes talents se forment au soleil, au Grand Palais à Paris, Jacques Rouveyrollis met en lumière spécialement la scène de près de 400m2 et les gradins pouvant accueillir plus de 3000 spectateurs. Un rendez-vous d’histoire, de talents et de danse, à déguster sans modération.

+ EN SAVOIR EXPOSITION ART PLASTIQUE Les réfrigérateurs aux formes arrondies si caractéristique des années 50, ont été qualifiés par Fidel Castro il y a quelques années de « monstres dévoreurs d’énergie ». Lors de sa campagne pour l’économie d’énergie, ces frigos furent peu à peu mis à l’écart. Un artiste cubain qui ne pouvait se résoudre à la disparition de ces appareils, symboles culturels forts dans l’histoire de Cuba, a eu l’idée, en 2005, d’en récupérer une cinquantaine et de les partager avec d’autres artistes pour les transformer en œuvres d’art. L’exposition a traversé l’Atlantique pour se rendre à l’ARCO de Madrid, en février 2007, avant de rejoindre Paris, au Grand Palais, dans le cadre des Étés de la Danse.


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Zoom LAGENCE DANCEFLOOR, TENDANCE PRO ! Dans cet endroit niché à la frontière de Montreuil et de Saint-Mandé, on vient pour se perfectionner et passer des casting, histoire d'être fin prêt à affronter le marché de la danse côté « mainstream ». Zoom. PAR MIA MA PHOTOS : DR

C

'est à partir de sa propre expérience de danseuse-chorégraphe que Zak a décidé de créer Lagence Dancefloor, agence pour danseurs spécialisés Hip Hop. Malgré une carrière bien remplie, la jolie brunette aurait aimé trouver une structure compétente qui puisse l'accompagner dans ses périodes de creux. La trentenaire originaire de Nice regrette aussi la dictature des critères physiques dans ce milieu. " En créant Lagence, j'ai voulu redonner sa chance à tous les talents ", explique l'énergique entrepreneuse. Avec son sens commercial et sa connaissance des sociétés de production, l’ex-chorégraphe exerce son métier d'agent pour danseurs avec passion, ténacité et audace. " C'est à nous, danseurs, de faire bouger les choses. L'appétit vient en mangeant : si on amène un talent à un éventuel client sans qu'il nous le demande, on suscite son envie et on lui apporte une idée qu'il n'a pas eu. Il y a du travail pour les danseurs, il faut juste y penser ", affirme Zak. Pour cela, elle et son associé Kamel démarchent sans cesse pour anticiper les besoins ou trouver l'annonce rare : " On essaie de dégoter des plans qui ne sont pas sur le marché et qui ne sont pas affichés partout ". Une fois l'annonce trou-

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vée, ils puisent dans leurs fichiers de danseurs, qui, pour en faire partie, doivent fournir un CV et une vidéo démo. Les danseurs ont aussi le choix de s'inscrire en ligne sur le site de l'agence. " Nous fonctionnons comme une ANPE ", constate la jeune directrice. Le soir, l'agence pour l'emploi fait office d'école de danse Hip Hop: " Ce n'est pas une école de formation, mais de perfectionnement ! Ce sont des cours de style où l'on vient se tenir au courant des dernières tendances ", explique Zak. Les danseurs s’y croisent, les infos circulent et les réseaux des uns se cousent à ceux des autres, s'ajoutant à ceux des artistes venant répéter la journée. Alors n’hésitez pas, tendez l'oreille, c'est à Lagence Dancefloor que ça se passe...

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Exclusif dans les coulisses de Bobin’o

PLUMES, PAILLETTES ET HIP HOP Ils sont jeunes, ils sont beaux, certains garçons viennent de la danse Hip Hop et se retrouvent pour un an sur la scène du cabaret nouvelle génération du Bobin’O à Paris. Juste Debout Magazine a suivi les apprentis du CFA Danse Chant Comédie dans les coulisses de leur premier spectacle grand public, sur une idée de Gérard Louvin. Exclusif. PAR SHEYEN PHOTOS : TIPHANIE DOUCET ET YUTHIS CHETTY

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9h15, le Bobin’O nouvelle formule ouvre ses portes. Lumières bleutées, mobilier en cuir blanc, aucun doute, ici, c’est un cabaret tendance lounge. L’accueil chaleureux et pailleté de Paola, le travesti, et de Laure et Carla les jolies danseuses nous annonce la couleur du spectacle : sexy et chic. Pour ces deux dernières, la journée est loin d’être terminée. Tout a commencé à 11h30 par les cours de danse classique et jazz puis par la préparation de leur diplôme d’État au CFA Danse Chant Comédie.… « Après les cours, on enchaîne au Bobin’O, explique Laure, on se maquille, se coiffe, s’habille, pour commencer le service à 19H15 jusqu’à 21H30, heure à laquelle

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on passe en coulisses pour se préparer à monter sur scène ! » Quinze des 40 danseurs et artistes sont issus de la formation de l’AID et vivent donc chaque jour cette course effrénée. Ils ont entre 18 et 25 ans. « Le CFA nous permet de finir nos études, ajoute Carla, de travailler et de passer notre diplôme d’artiste danseur en même temps. C’est un rythme à prendre ! » DANS LES STARTING BLOCKS Au pied du grand escalier, un bain de sourires nous enveloppe. La salle de restaurant, au bord de l’immense scène, se remplit progressivement. Une pêche d’enfer règne chez les serveurs. L’apéritif est ponctué par des numéros d’humour et de prestidigitation. 21h30, les serveurs pètent les plombs, jettent leur tablier et se mettent à danser


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Publi-reportage

l’accueil et le spectacle, on doit courir mettre notre base pour la perruque, les faux cils, se remaquiller, s’habiller pour le premier tableau… Après c’est le rush jusqu’à 23h30. Mais, chaque soir, c’est différent et la scène toujours jouissive. » entre les tables. Parmi eux, le souriant Malik, ancien des Funky Ladies des Mureaux, et le musclé Tristan, du groupe Phénomène de Cergy. « Ce n’est pas notre univers, mais c’est un spectacle varié, affirme Tristan entre deux plateaux. On danse essentiellement les passages Hip Hop et l’on n’a pas encore eu la chance de montrer ce de quoi nous étions capable en jazz par exemple, dommage ! Je travaille le tableau classique du cygne parallèlement et j’ai découvert les portés. Il faut une vraie complicité avec la danseuse. Je trouve ça très intéressant… J’y vais, on n’a que 20 minutes pour s’échauffer. »

On n’avait jamais vu un cabaret aussi dansé !

Pendant ce temps, dans les coulisses, c’est le rush pour les jeunes danseuses. « C’est le moment le plus stressant de cette journée, s’écrient Laure et Carla, entre la fin de

JAZZ, CLASSIQUE, HIP HOP, FLAMENCO… « Que le spectacle commence ! » annonce Kova Réa, le meneur de revue, lui aussi un ancien de l’AID. Plus de 20 tableaux vont s’enchaîner tous plus surprenants les uns que les autres, entre l’entrée et le dessert. À côté des tours de chant et du sexy cabaret classique, on n’avait jamais vu un cabaret aussi « dansé ». Hip Hop, jazz, classique, claquettes, afro… « Ce n’est pas difficile de se mettre au classique, annonce Tristan, c’est une question de volonté. C’est très différent du Hip Hop certes, mais il faut aimer la danse et la musique. C’est mon cas. » Alors que pour Malik, l’adaptation aux autres danses n’a pas été aussi simple. « Ça a été dur pour mon corps. Le travail est très différent. C’est une autre façon d’aborder son corps, mais ça m’a beaucoup apporté. De plus, je n’avais jamais mis de collant ! » Huit chorégraphes, dont Stéphane Loras et MaryLaure Philippon, ont entouré le metteur en scène Nicole Chirpaz. « Je tenais à avoir des tableaux vraiment rythmés et variés, affirme-t-elle. L’esprit du spectacle c’est que ce soit une fête pour le public, sans prétention. C’est une vue nouvelle du cabaret, loin de la revue traditionnelle. On a organisé un casting et choisi des personnalités, des professionnels polyvalents qui encadrent les jeunes apprentis du CFA. » JUSTE DEBOUT MAGAZINE•21


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Exclusif favori est celui du black bottom, affirme en chœur Carla et Laure. Le cabaret est une richesse, parce que ça développe beaucoup de facultés au niveau de la comédie. En plus, on ne montre pas nos seins ! »

LE ROI DE LA FÊTE PARISIENNE Le spectacle consacre 20 minutes à un hommage à Jean-Marie Rivière du Paradis Latin, grand nom du cabaret et de la fête parisienne. Il a été le premier a donner la chance à des jeunes artistes d’intégrer un spectacle professionnel. Kova Réa fait partie de ses découvertes. JeanMarie l’a mis sur scène à 16 ans alors qu’il n’avait pas encore fini sa formation. « Je n’étais pas pour, se souvient Nicole, mais il le trouvait tellement talentueux qu’il ne voulait pas attendre. » Gérard Louvin a assisté à un premier spectacle en l’honneur de Jean-Marie, il y a deux ans à l’Opéra Comique. « J’avais mis sur scène plus de cent élèves de l’AID, ajoute la directrice. Gérard a été stupéfait par l’énergie qui se dégageait de ce spectacle. Il m’a demandé de relever le défi lorsqu’il a signé pour le nouveau Bobin’O. J’ai accepté. » Fini donc les clichés des cabarets parisiens, Bobin’O nous entraîne à la découverte de ses jeunes artistes aux talents multiples qui rendent le spectacle interactif. En tout, plus de quarante artistes se succèdent sur scène, français, russes, espagnols, cubains… « C’est ma première vraie expérience de troupe, ajoute Malik, et j’adore ça. » Tableaux Joséphine Baker, french cancan, classique, tango électrique, flamenco, toutes les couleurs de la fête s’y retrouvent. « Notre tableau 22•JUSTE DEBOUT MAGAZINE

2H30 EXTINCTION DES FEUX À CERGY 23h30, le spectacle s’achève sous une pluie de confettis. Pour ceux qui le souhaitent la soirée continue au club Bobin’O, mais pour nos jeunes danseurs, il est temps de revenir à la réalité et de rentrer décompresser. « Après la scène, précise Carla essoufflée, le meilleur moment de la journée c’est quand je suis dans mon lit ! Mais c’est un bel élan artistique… Après Bobin’O, j’espère m’envoler pour New York et y rencontrer des compagnies… Je n’avais jamais envisagé le cabaret,

Au casting, on a choisi des personnalités »

NICOLE CHIRPAZ METTEUR EN SCÈNE.

mais maintenant que je l’ai découvert, je me dis pourquoi pas ! » Pour Tristan, l’heure du repos n’est pas avant 2h30, heure de son arrivée dans la lointaine Cergy ! « Le cabaret est une belle expérience. À la suite de ça, je partirai danser au Portugal, où j’ai déjà des propositions… » En dépit du manque de repos, les jeunes restent enthousiastes. Mission accomplie pour Madame la directrice.

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EN SAVOIR + CABARET BOBIN’O Du mardi au dimanche, 14-20 rue de la Gaîté à Paris 14ème, Métro : Gaîté. De la soirée star, champagne et spectacle à 70¤, à 195¤ avec le menu OR. Réservation en ligne sur www.bobino.fr Formation CFA, unique en France, au diplôme d’État, à l’Académie International de Danse, courrier 63 rue Boissière 75116 Paris. Renseignements : 01 45 01 92 06, ou aidanse@wanadoo.fr

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À ne pas manquer

EN JUIN, CE S’RA BIEN OU BIEN ! Au mois de juin, deux festivals mettent en lumière la scène chorégraphique Hip Hop selon des démarches différentes. Rencontre avec les organisateurs de Danse de Breakin Dance Session et Hip Hop Tanz. PAR MIA MA PHOTOS : DR

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epuis huit ans, l’association Moov’n Aktion met en lumière les chorégraphes Hip Hop avec le festival Danse Hip Hop Tanz qui a lieu en Seine Saint-Denis. Questions à Yacine Amblard, associatif impliqué et producteur de terrain. Quelle est la particularité de la programmation 2007 de Danse Hip Hop Tanz ? Cette édition conjugue mieux que jamais le local et l’international. Par la présence de solos, on sent également le désir de mettre en lumière des propos plus personnels qui tiennent à ce choix de vie d’être danseur. Il y a aussi décliné, selon leurs auteurs, des thèmes récurrents au Hip Hop qui donnent ainsi une température sur la place de l’individu dans la société. L’attachement à faire partager avec le plus grand nombre les clefs de l’esthétisme du genre est également toujours présent. Que propose l’association Moov’n Aktion ? Avec Dirk Korell, nous avons créé cette structure dont les statuts sont dédiés au spectacle vivant, et plus particulièrement aux projets des auteurs chorégraphiques Hip Hop. Nous nous reconnaissons comme une structure d'appui qui intervient sur l'aide au montage de projet, à la production, à la diffusion, à la sensibilisation et à la transmission de ces danses. Comment se positionne le festival? Notre festival essaie d'être une étape utile dans la vie des projets. Aussi les échanges préalables avec les auteurs des pièces portent sur leur propos, leurs conditions de création, leur recul vis-à-vis de ce moment de la vie de leur pièce. En fonction des besoins exprimés, nous partageons avec les lieux, le choix des

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projets accueillis. Le festival n'est pas le reflet de notre direction artistique, mais nous mettons en partage des projets dont nous faisons le repérage. Nous échangeons avec les responsables des lieux sur l’utilité d’un accueil du projet, notamment en fonction de l’historique de l’attention de leur public vis-à-vis du genre. Le festival est né en Allemagne, quelle est sa dimension européenne aujourd’hui ? Il a démarré à Berlin en 1997 dans le but de diffuser des oeuvres de danse hip-hop et de mettre en oeuvre, le temps du festival, une rencontre chorégraphique entre des artistes originaires de différents pays d'Europe. Cette première édition s'est bien passée mais n'avait pas vocation à être reconduite. Nous avons proposé d'organiser son retour en France en 1999. En 2002, suite au succès de l’édition précédente, nous avons pris le parti d'annualiser le rendez-vous et d'élargir notre attention à l'Europe. Sans pour autant reconduire de réalisation à l'étranger pour le moment, nous avons plutôt procédé en terme de synergie comme avec le festival JuliDans d'Amsterdam en 2003, au cours duquel on a pu voir une création remarquée lors de Danse Hip Hop Tanz. De manière ponctuelle, des passerelles ont d'ores et déjà pu être créées, plus d'ailleurs au niveau de la circulation des pièces et de leurs auteurs.

Z HIP HOP TAN EN SAVOIR + Tout le mois de juin et jusqu’au 6 juillet en Seine SaintDenis, au CND de Pantin du 6 au 9 juin avec Tribal Song, Yiphun Chinem, Slam Dance Cie, Ange Koué. Infos : 01 40 10 28 06, www.moovnaktion.org


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our la quatrième édition du festival Breakin Session, le public aura le plaisir inédit d’assister à la sélection européenne du Red Bull BC One, le battle de b.boying le plus prestigieux au monde. Questions à Guy Weladji, manager efficace. Comment est née la volonté de créer Breakin Session ? Je souhaitais donner une plus grande visibilité aux compagnies dont je m’occupais. Généralement les compagnies Hip Hop se produisent toujours en périphérie de Paris, ce qui défavorise la venue des programmateurs. Avec Breakin, on leur propose une programmation de danse Hip Hop à la Cigale, une salle parisienne de renom. Depuis que le festival existe, le succès public et professionnel est croissant. L'année dernière il y a eu 1500 personnes sur deux soirs dont une trentaine de professionnels. Concrètement, cela a représenté une vingtaine de dates pour les Wanted Posse et pour Hamalian's. Pourquoi les sélections au Red Bull BC One se font-elles lors des Breakin Dance qui sont un show et non un battle? Elles n’ont lieu que le dernier jour et à cette occasion, la Cigale sera réaménagée : pas de sièges en bas, tous les spectateurs au même niveau, l’arène du Red Bull

sera reconstituée. Toutes les conditions du battle seront réunies. Comment ont été sélectionnés les breakers français qui participeront à cette qualification européenne ? La sélection s'est faîte avec l’équipe du Red Bull, Gewone, le BOTY, le danseur Lamine en tant que conseiller artistique et moi-même. On a choisi six breakers parmi ceux qui se sont le plus fait remarquer ces derniers temps lors des battles nationaux et internationaux. On ne prétend pas que ces danseurs soient les meilleurs, mais ils sont représentatifs de la scène française. La volonté commune était de révéler de nouveaux noms. Il y aura sûrement des polémiques, mais on assume nos choix.

NCE BREAKING DA EN SAVOIR + Les nouvelles créations de Wanted, Hamalian’s, Phase T, Rualité…et Red Bull Bc One France, les 22, 23 et 24 juin à la Cigale : 120 blvd Rochechouart Paris 18è M°Anvers - Infoline : 06 13 39 38 48

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Coup de gueule

ÉGOÏSTE PAR BRUCE YKANJI

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n ces temps climatiques déréglés, et avec l’arrivée de l’été, ce coup de gueule s’adresse à toi, qui te dis écolo, qu’on a mit en garde face à la sécheresse et qui continues à arroser abondement ton jardin, pour que TON herbe reste verte.

Sans t’oublier toi, le directeur artistique de la chanteuse à succès Amel Bent, qui me proposes 200 € brut pour un clip qui va tourner au moins 5000 fois sur différentes chaînes. Alors qu’il y a dix ans, j’étais déjà payé plus, et sans céder mes droits et sans l’inflation qui s’est opérée depuis. Honteux !

Ce coup de gueule est aussi pour toi, qui es soi-disant ouvert d’esprit, qui aimes la culture, mais qui continues de penser que la danse classique et contemporaine sont les seules VRAIES danse. Que la danse africaine, le jazz, le Hip Hop, la salsa, la danse indienne ne sont que des styles, des danses défouloires ou de la gesticulation. Remarque, quand on voit le gouvernement et ses acteurs, on comprend vite que très peu de gens représentent cette diversité d’influences dans le fond. Pourquoi et par qui ces danses seraient-elles reconnues ? En ce qui concerne le jazz, c’est déjà mieux qu’il y a 40 ans, c’est certain, mais pour les autres danses, nous ne pouvons pas attendre autant.

Je dénonce une fois encore une réelle volonté de garder le Hip Hop en bas de l’échelle et de lui donner le minimum de crédit. De se servir, mais de ne jamais le laisser entrer par la grande porte de la Culture. Le théâtre de Suresnes, par exemple, emploie des danseurs Hip Hop une fois par an à moindre coût, environ 50 € par spectacle, brut bien entendu. On leur nomme comme chorégraphes des contemporains, qui eux, tireront les bénéfices plus tard de cette exploitation humaine modernisée. À quand l’inverse ? Un chorégraphe Hip Hop gérant des danseurs contemporains ? Et ne me parlez pas de Sébastien Lefrançois svp ! Nous avons pourtant de beaux exemples de spectacles, où les chorégraphies sont saluées par tous : Jam on the Groove, les différents spectacles de Storm, de FranckIILouise, des Wanted…

Mais aussi à toi qui aimes la danse africaine, le zouk, le ti punch et les « blacks », mais qui a voté Sarkozy, par crainte que ces enfants dans les rues, soi disant cette bande de « racaille », ne deviennent trop nombreux. Dans une France où il y a de la place pour tous, on continue à séparer, à faire peur, et ça marche, la disquette passe ! Et évidemment à toi, le programmateur de théâtre qui, pour respecter ton quota, comme sur TF1 avec ce brillant Roselmack, achètes un spectacle de danse Hip Hop par an et encore, histoire de. Mais qui n’hésite pas à programmer certains spectacles de danse contemporaine obsolètes, sans même les avoir vus, sans âmes, ni vibrations. Heureusement que la nudité attire, il y aura donc sans aucun doute un peu plus de dix personnes dans ta salle. Bravo ! 26•JUSTE DEBOUT MAGAZINE

Mais, c’est aussi aux danseurs de se respecter entre eux. Mais bon, ça, ce n’est pas faute de le répéter dans chaque coup de gueule. Arrêtez de casser les tarifs ! Vous vous tirez une balle dans le pied ! Et quand estce que vous allez penser à créer votre propre dynamisme, vivre libre plutôt que de mourir en esclave ?? Tout est lié, politique et artistique, l’état d’esprit dans lequel la France se trouve commence à ressembler à un paysage monochrome. Ça fait peur. Ce formatage fonctionne trop bien. Je ne reconnais pas ce pays dont j’étais si fier, Liberté, Egalité, Fraternité, où êtes-vous ? Pays des Droits de l’Homme, tu perds de ta dignité.


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Abonement

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• Vous êtes un particulier et vous souhaitez recevoir le magazine à chaque parution, soit 6 magazines, le montant de votre participation aux frais d’envois sera pour l’année de : 13,26 euros • Vous êtes une association ou une école de danse, et vous souhaitez recevoir des magazines pour mettre à disposition de vos adhérents, élèves stagiaires, le montant de votre participation aux frais d’envois sera pour l’année de : - 23,22 euros pour six expéditions de 10 magazines - 50,70 euros pour six expéditions de 30 magazines - 65,52 euros pour six expéditions de 50 magazines Le règlement par chèque à l’ordre de JUSTE DEBOUT devra être adressé à : JUSTE DEBOUT ��� Joëlle TANGUY, 3 rue de l’Auvergne CONIVES 36800 THENAY Pour toute information complémentaires : joëlle@juste-debout.com ou jotanguy1@yahoo.fr tél : 02.54.24.17.06

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Une danse dans l’histoire la salsa aujourd’hui

HASTA

SIEMPRE

SALSA ! Comme le jazz, la salsa résulte d'un siècle de métissages culturels. Principalement originaire de Cuba, la danse aujourd'hui soixantenaire séduit le monde entier. Voyage à travers l'histoire passionnante de la plus migrante des danses. PAR MIA MA PHOTOS : TIPHANIE DOUCET

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YNCRÉTISME 'histoire de la danse aux quatre temps prend sa source à la fin du 15ème siècle, lorsque le conquistador venu d’Espagne Christophe Colomb, croyant découvrir la route des Indes, débarque aux Bahamas, à Cuba et à Haïti. Après vingt ans de colonisation, les colons commencent la traite des Noirs à partir des côtes de l'Afrique, afin de remplacer les esclaves amérindiens, décimés par la dureté des travaux imposés. Dès qu'ils le peuvent, les esclaves africains crient leur douleur et invoquent leurs esprits protecteurs à travers des cérémonies constituées notamment de chants et de rythmes. S'opposant à toute forme de résistance au christianisme, les Espagnols répriment fortement ces rituels. Pour voiler leur religion, les esclaves africains associent les saints catholiques à leurs propres divinités sous l'entité des Orishas. Ces pratiques spirituelles syncrétiques héritent des rythmes

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des cultes animistes et s'enrichissent de nouveaux instruments de musique, notamment à cordes, introduits par les Espagnols de condition pauvre. C'est dans ce brassage de rythmes et de sonorités que le "son", la musique cubaine à la base de la salsa, tire son origine. DANSES DE SALON A partir du 18ème siècle, des danses de salon venues d'Europe rejoignent la terre des Caraïbes : contredanse française, menuet, rigaudon, quadrille,

C'est à New-York que l'on entend le terme "salsa" pour la première fois

valse... Adaptées aux nouvelles conditions socio-culturelles et géographiques, elles se transforment et se


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"créolisent", contribuant au remplacement de la danse en groupe par la danse en couple. Des éléments de ces danses métisses se retrouvent dans la future salsa : le pas de base avec l'utilisation des quatre temps musicaux et de la danse ouverte dans la contredanse cubaine, la position de la danse fermée et le paseo (qui consiste à déplacer le pas de base en avant et en arrière) dans la danza, la structure chorégraphique du chachacha, de la charanga, du mambo, et bien sûr du son, danse représentative de la couche modeste de la population qui finit par s'imposer dans les salons élégants, porté par son succès populaire immense.

REVOLUCION ! Fidel Castro devient premier ministre de la République de Cuba en 1959. Si ce dernier contribue au développement des danses afro-cubaines à l'intérieur de l'île, les sanctions économiques affaiblissent la présence cubaine sur la scène internationale. Emergent ainsi trois principaux foyers de la salsa : la Colombie, Miami, où immigrent les exilés cubains, et New-York, où vit une importante communauté portoricaine.

engendrer de nouveaux rythmes comme le songo et le mozambique. Plus discrète, la salsa colombienne fait moins parler d'elle mais regorge de talents et d'innovations rythmiques. STILL ALIVE! Quarante ans plus tard, la salsa séduit de l'Amérique entière jusqu'à la lointaine Asie en passant par la vieille Europe. Au même titre que la danse africaine et la danse jazz, elle fait partie des styles qui ont influencé les danses urbaines contemporaines comme le Hip Hop et la house dance. Elle même poursuit son propre métissage, créant des styles dérivés comme la salsa jazz, la salsa Hip Hop ou récemment la salsa ragga, n'en finissant pas d'élargir et de diversifier son public. Signe que nos petits-enfants auront sûrement la chance de se déhancher sur ces rythmes aussi vivants qu'historiques.

C'est d'ailleurs dans la capitale de la côte Est des EtatsUnis que l'on entend le terme "salsa" pour la première fois. Nous sommes dans les années 1960 et les musiciens de jazz flirtent avec les rythmes originaires de Cuba. Depuis une dizaine d'années déjà, les orchestres de salsa viennent remplacer les spectacles de swing et de fox trot, notamment dans le célèbre club newyorkais "Le Palladium". Un designer de la production Fania All Stars décide de donner un nom à cette fusion musicale et de vendre ce nouveau concept. Il choisit le mot "salsa", qui signifie "sauce" en espagnol, pour désigner le style de ces groupes qui font vivre pleinement la musique et lui redonnent du piment. De nombreux artistes afro-latins, majoritairement originaires de Porto Rico, sont ainsi propulsés sur le devant de la scène mondiale. Plus au sud, à Miami, la promotion de la salsa est surtout menée par des Cubains engagés à droite, utilisant cette danse comme le symbole de la libération de leur île de Fidel Castro. Pendant ce temps-là, Cuba continue à salser et à

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Une danse dans l’histoire la salsa

TOUT LE MONDE SE LÈVE POUR

SALSER !

Aujourd'hui, la salsa se danse aux quatre coins du monde, réunissant les générations et les genres. État des lieux d'une danse fédératrice avec Mouaze, salsero visionnaire. PAR MIA MA PHOTOS : THIPHANIE DOUCET.

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uel style de salsa est le plus dansé dans le monde? La cubaine est celle qui séduit le plus de gens. Grâce à la rueda, ce cercle où l'on change constamment de partenaire, le style cubain s'est imposé en France. La portoricaine, qui est arrivée un peu plus tard, fait moins d'adepte, notamment en raison de son exigence de tenue du corps et d'élégance vestimentaire. Enfin, la colombienne est restée très familiale et communautaire. Difficile à apprendre, elle a été peu développée et peu enseignée. Mais ce qui est génial, c'est que ce soit en Corée, en Turquie, au Maroc, en Martinique ou en France, tout le monde danse la salsa de la même manière. Même s'il y a des différences dans les façons de bouger, il est impossible de savoir d'où les gens viennent.

leur donnent l'occasion de parler avec autrui. Dans les clubs classiques, on ne communique pas autant que dans les soirées salsa où l'on danse à deux. Apprendre la salsa, c'est apprendre à connaître son corps, son esprit, et autrui. Cette danse compte donc de plus en plus de pratiquants. Elle réunit un public très métissé en âge, en cultures et origines sociales. Le mélange est énorme. Ce métissage se retrouve-t-il dans l'évolution artistique de la salsa? Oui, la salsa s'est beaucoup ouverte au mélange des genres et à l'interprétation personnelle. C'est une danse libre qui ne présente pas de codifications imposées, mais seulement des bases à respecter. Aujourd'hui, les gens qui la pratiquent choisissent une spécialité : certains mélan-

Apprendre la salsa, c'est apprendre à se connaître soi-même et à connaître autrui !

Il y a dix ans, la salsa a débarqué en France comme une mode, qu'en est-il aujourd'hui? Elle ne s'est pas arrêtée à une mode, car elle apporte bien plus. Aujourd'hui, les gens ont besoin de créer du contact. De plus en plus, ils vont vers des danses qui 30•JUSTE DEBOUT MAGAZINE


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gent leur salsa avec des postures de danse africaine, d'autres avec des attitudes de classiques ou des pas de Hip Hop. Chacun peut se l'approprier. Les puristes ont peur que la salsa, qui est basée sur la compréhension de la musique, perde ses richesses culturelles à force de se mélanger. Je pense qu'elle se transforme sans perdre ses bases et ses racines. Les danseurs évoluent dans leur compréhension et leur écoute de la musique, ce qui enrichit leur danse. Par exemple, les morceaux des années 70 offrent des mélanges musicaux inédits, comme des percussions avec de la guitarre électrique ou du violon. Alors que les salseros de l'époque ne prenaient en compte que la base rythmique classique (bongos, congas, clave), ceux d'aujourd'hui se servent de toutes les sonorités du morceaux et de tout ce qu'ils apprennent dans d'autres styles de danses. Quelle est la visibilité publique de la salsa aujourd'hui? La salsa existe dans les écoles de danse, les clubs et les

congrès internationaux. Il y en a énormément dans l'année. La salsa fonctionne de manière autonome, et même si les pratiquants sont nombreux, peu en vivent. La plupart travaillent en parallèle de leur passion. D'autre part, en France, on peut dire que la salsa n'est pas "rentable" pour les patrons de boîte de nuits : le salsero ne consomme pas beaucoup et vient surtout pour danser. À New-York, dans la communauté latino, on vient pour danser un peu, mais autant que pour boire, discuter et écouter la musique. Pour eux c'est un mode de vie, c'est culturel, et on entend de la salsa partout. Ici, les gens viennent un peu trop pour répéter leurs pas. Comment vois-tu l'avenir de la salsa? Je suis quasiment certain qu'elle aura du succès auprès des prochaines générations car elle peut rassembler toutes sortes de gens. Pas besoin d'être riche, pauvre, gros, maigre, noir ou blanc pour danser la salsa. Pour moi, c'est une très bonne recette pour se sentir bien avec soi-même. La salsa aide à dépasser ses blocages et rapproche les gens.

EN SAVOIR + PARIS MAMBO FESTIVAL Retrouvez Mouaze et beaucoup d'autres salseros du 1er au 3 juin prochains au Paris Mambo festival, 3 boulevard de Géry 94 800 Villejuif. Métro Porte d'Italie ou Kremlin-Bicètre www.yambu-and-friends.com

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Gros Plan PASCAL POUR L’AMOUR DE LA SCÈNE. De Glégovski en classique à Redha en jazz, en passant par Peter Goss en moderne ou Koffi Koko en danse africaine, Pascal Couillaud vit la danse du métissage depuis toujours. Après un fulgurant début de carrière avec les Ballets Redha, Pascal Couillaud, se consacre aujourd’hui à l’enseignement de la danse contemporaine, le jury du D.E. jazz et son rêve d’enfant : la chanson. Gros plan sur un artiste dansant à la belle quarantaine. PAR SHEYEN PHOTOS : D.R

En tant que juré, qu’attends-tu d’un danseur qui passe l’E.A.T. ou le D.E.? De l’incompréhensible et de l’indéfinissable, mais qui m’émeut. Ce qui me touche, c’est l’investissement du danseur, sa folie, son intégrité, son intelligence corporelle, une évolution adroite dans l’espace, une vraie réflexion chorégraphique. Aujourd’hui, tu fais passer des examens, mais tu n’es jamais passé par là… Non. Je viens de banlieue, Colombes. En 80, je danse dans les boîtes, quelque chose qui ressemble au Hip Hop et j’adore ça. Je découvre les cours de danse, tard à 18 ans, à la MJC, lors d’un cours jazz. Ce n’est pas trop mon style… Je suis mécanicien à l’époque, et pour ma famille, danseur n’est pas un métier ! Mais j’ai des prédispositions, je quitte donc le cocon familial. Je fréquente pas mal de cours. Je participe à ma première audition. Parmi mille danseurs, je suis pris. En deux ans de danse, et un cours par semaine, j’entre dans les ballets Redha. Insensé pour moi, vu qu’ils sont considérés comme les meilleurs danseurs de Paris, avec ceux de Rick Odums. 32•JUSTE DEBOUT MAGAZINE

Les Ballets Redha ont-t-il été un tournant de ta carrière ? Oui. En 85, je tourne une pub et là, Redha flashe sur moi. Je découvre un chorégraphe fou furieux. Il aurait pu me faire faire n’importe quoi tellement son travail est créatif. Peu importe l’apparence physique, s’il y a du talent, c’est bon pour lui. Dans cette France encore

Aujourd’hui je donne des stages de danse contemporaine, parce que mon corps avait mal.

conservatrice et raciste, il a une vraie conviction. Nous sommes une vraie famille. Tous derrière lui. C’est assez rock’n’roll ! La création Palimpseste, en 87, reste un souvenir inoubliable. Il a déjà un jazz évolué, une façon d’aborder la chorégraphie plus contemporaine que jazz. Avec Redha, et la MJC, je vis les périodes les plus créatives de ma vie.


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ait pour mon énergie, aujourd’hui on me remercie parce que je fais du bien. Mon truc, c’est la psychologie à travers la respiration. Je veux que mes élèves partent avec quelque chose de viscéral, d’organique et d’intellectuel. J’ai déjà assisté à des éclats de sanglots parmi mes élèves ! Aujourd’hui tu chantes sur scène, d’où te vient cette passion ? Chanter était un rêve depuis toujours, alors que je pense être né danseur et comédien. À la fin de l’aventure Redha, j’ai rencontré différents professionnels qui m’ont fait travailler le chant. Depuis, j’ai participé à de nombreux spectacles musicaux, comme la comédie musicale Belle, Belle, Belle… et je suis devenu Pascal Sual.

Qu’est-ce qui a mis fin à cette incroyable aventure en 91 ? Par manque de préparation physique à cause de ma courte formation, mon corps n’était pas prêt à s’entraîner huit heures par jour comme je l’ai fait avec Redha. J’ai souffert. J’ai été opéré et plâtré. J’ai accepté d’être masochiste et je ne le veux plus. Aujourd’hui, lorsque j’ai mal, je sais dire stop et c’est grâce à l’enseignement. Du jazz, tu es devenu contemporain, qu’estce qui s’est passé ? J’ai pansé mes blessures. Aujourd’hui je donne des stages de danse contemporaine, parce que mon corps m’a demandé cette évolution. Il avait mal. Certains veulent encore appeler mes stages modernjazz. En France, il n’est pas évident de te laisser évoluer ! Les gens s’accrochent au Pascal « funky man » afro-hype-jazz que j’étais. Mais, c’est à travers une expression d’inspiration martiale, que je me suis reconstruit. Depuis l’appellation « danse contemporaine », je me sens plus libre de chercher… Que souhaites-tu qu’on retienne de ton enseignement ? J’enseigne depuis 23 ans. On m’a fait confiance tôt, et j’ai dû dire des bêtises. À l’époque, on me remerci-

Tu as également écris un one man show, une autre carte ? J’écris depuis petit. L’hymne à la Bouche est mon premier one man show. Il y a un personnage central et quatre musiciens, contrebasse, batterie, piano, guitare et intrusions soul puisque j’ai une voix grave. Il raconte sa vie, sa crise de la quarantaine, au travers de dix chansons. Il prend le public pour un psy, arrive avec ses valises pleines de passé et repart sans. Je recherche un producteur, avis aux amateurs…

EN SAVOIR + RETROUVEZ PASCAL COUILLAUD en stage de danse contemporaine : Du 25 au 29 juin à 15h30 au Studio Harmonic, 5 passage des Taillandiers Paris 11ème. Métro : Bastille ou Ledru-Rollin Du 25 au 28 août avec l’association Danse Découverte, école Daléas 2 bis rue Louis Chaumontel à Annecy. Renseignements : 04 50 57 08 18 En chansons et en danse : Dans l’un des rôles principaux du spectacle de la tournée de la Française des Jeux et RTL sur les plages de France du 19 juillet au 15 août. www.pascalsual.com, pascalsual@hotmail.com

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Style du mois LE KUDURO, MADE IN ANGOLA Le kuduro est à l'Angola ce que le coupé-décalé est à la côte d'Ivoire et le Mbalax au Sénégal : une carte d'identité nationale. Aujourd'hui, le beat rapide aux accents carribéens fait des adeptes jusque chez nous. Introduction à cette danse rafraîchissante née dans les quartiers de Luanda. PAR MIA MA PHOTOS : D.R En portugais, la langue officielle de ce pays devenu indépendant en 1975, "kuduro" signifie "cul dur". "A force de voir les gens bouger les fesses, on a appelé ça ainsi", raconte Edson, expert de la danse au nom trompeur. Car il ne suffit pas de bien remuer ses fesses pour maîtriser la chose. Créée par la jeunesse angolaise dans les années 1990, le kuduro tire ses racines du bungula, danse traditionnelle : "c'est une danse de marabout à laquelle le kuduro a beaucoup emprunté, au niveau des jeux de jambes et des gestes de mains", explique Edson de son accent angolais, joli mélange de consonances africaines et portugaises. A cette époque, à Luanda, comme dans toutes les capitales du continent, on danse la soukouss dans les discothèques, mais aussi le kizomba*, le zouk love local. "Les jeunes ont commencé à mélanger les danses traditionnelles aux pas qu'ils faisaient dans les clubs dans de petits enchaînements qu'on appelle "esquema*"", se souvient Edson. Danse du peuple, le kuduro grandit d'abord dans la rue, où les danseurs gagnent leurs réputations à coup de phases compétitives. "L'Angola a connu la guerre civile pendant 27 ans après son indépendance. Ça a entraîné beaucoup de chômage. À force de traîner dans la rue, les jeunes ont commencé à danser pour exprimer leur colère. Les quartiers s'affrontaient dans des concours où les groupes voulaient montrer qu'ils étaient les plus chauds. On pouvait alors danser avec des couteaux ou des bâtons de bois, pas pour faire peur, mais pour

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montrer qu'on savait se défendre!", raconte le spécialiste. TECHNIQUES MIXTES Une rage sociale jouée et dansée dont le musicien Tony Amado s'impose comme le chef de file. Avec son premier disque, qui sort en 1996, il marque l'histoire du kuduro avec ses beat détonnants et ses textes vindicatifs. Mélange de rythmes traditionnels et de programmations modernes, la musique angolaise se rapproche d'une house music accélérée. Sur ces cadences cousines de la samba, les kuduristes, les MC's, posent leurs lyrics. Impossible de ne pas se laisser entraîner alors par cette énergie sensuelle et originale. "Pour apprendre le kuduro, il faut se laisser aller complètement dans la musique. Mais il faut aussi connaître les "esquema" : cela peut consister à répéter un pas des

"On peut danser avec des couteaux, pas pour faire peur, mais pour montrer qu'on sait se défendre!"

quatre côtés, ou bien trois fois devant et trois fois derrière ", développe Edson. Comme beaucoup de danses africaines, le kuduro se danse genoux pliés, jambes écartées et buste vers l'avant. Il se caractérise par certaines techniques : isolations du buste et du bassin,


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EN SAVOIR +

KUDURO

jeux d'épaules et de mains, ondulations, passages au sol, sauts, empruntés parfois à la capoeira, originaire de l'Angola, mais aussi au hip hop. " Ce sont surtout les Angolais de l'étranger qui ajoutent des pas de breakdance. Quand ils reviennent au pays, on leur dit qu'ils ne font pas du vrai kuduro car ils ont tendance à trop moderniser ", exprime Edson, qui préfère la manière dont on dansait le kuduro avant: " Les paroles étaient plus pensées, il y avait plus de marimba* (percussion traditionnelle) et moins de sonorités électroniques ", poursuit-il. Edson est l'un des danseurs que le musicien voyageur Frederic Galliano a choisit pour la tournée de concerts de son album "Kuduro Sound System". Après sa rencontre avec les griottes de l'Afrique de l'Ouest et son disque "African Divas", le beatmaker français réunit sur ce second projet africain les meilleurs DJ's de Luanda. Parmi eux, Dog Murras, star du moment et successeur du grand Tony Amado. Avec son tatouage à l'effigie de Che Guevara, il fait danser les jeunes et les vieux, de l'Angola jusqu'en France en passant par le Cap Vert et le Portugal. Lui et les autres kuduristes véhiculent une musique proprement angolaise, riche de métissages innovants, quelque part entre techno, samba, house et reggaetown. À découvrir vite et à danser pendant que c'est encore chaud!

*Comprendre: Kizomba : Le Kizomba est un genre musical originaire d'Afrique lusophone. Il est particulièrement écouté et dansé en Angola, Guinée-Bissau, Mozambique, Sao Tomé-etPrincipe, le Cap-Vert. Il serait dérivé du Zemba, terme signifiant « danse » chez les populations noires riveraines du Zambèze, lui-même à l'origine possible de la samba. Esquema : terme portugais (prononcer Chkiemp) désignant des enchaînements de pas, ou chorégraphies, effectués en groupe. Marimba: mélange de balafon africain et d'instruments précolombiens. Il prend sa forme la plus sophistiquée au Guatemala. Ecouter: Tony Amado Angolano abre o olho Dog Murras Blue Angolano Frederic Galliano Kuduro Sound System Cliquer: • Dog Murras www.murraspower.com • Kuduro Sound System www.myspace.com/festival100angola • Edson djtecas.hi5.com concert de frederic galliano et kuduro sound system, le 1er juin, au : NOUVEAU CASINO Soirées kuduro au : STARTER, Centre Commercial ART DE VIVRE 78630 ORGEVAL, lestarter@hotmail.fr BATEAU ALIZEE Port de la Rapée 75012 PARIS

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Clubbing QUAI DE SEINE DANSER À LA BELLE ÉTOILE Qui y a-t-il de plus romantique que de convier sa belle à un tango au clair de lune ? Tango ? et pourquoi pas une danse bretonne, un rock, une capoeira, une samba, une salsa… ? Tout est possible sur le Quai St Bernard de Paris de juin à fin septembre ! Un rendez-vous immanquable pour les amoureux de la Danse avec un grand D. TEXTE : SHÉYEN PHOTOS : MIA MA, DR. "Les quais ? C’est fabuleux : On attend leur retour tous les ans avec la même impatience ! ” s’écrie Stéphanie, salsera depuis quatre ans. Dans l’est parisien, au pied de l’Institut du Monde Arabe, dans les arènes du jardin Tino Rossi du Quai St Bernard, depuis 1986 c’est une véritable institution qui renaît chaque année avec les beaux jours. Les aficionados de différents styles de danse s’y retrouvent pour partager la Danse avec la Seine pour seul témoin. Mais pas besoin d’avoir un grand niveau pour profiter de ces fêtes de la danse, les soirées de week-end débutent par un cours quel que soit le style de danse. Les touristes y prennent même parfois un cours à l’improviste ! Alors tous les déhanchements sont permis dans la chaleur des arènes. Quelques grammes de concentration, un petit échauffement et toutes les danses sont à vous. Le son du Dj Live résonne dans l’amphithéâtre des Salseros, alors que la musique live des Bretons vient se mêler au son rock du compartiment lindy hop. Les plus avancés prennent des forces le temps d’un pique-nique, en attendant la soirée qui débutera avec la tombée de la nuit. Une ambiance déjà chaleureuse et conviviale s’est installée. Les bateaux-mouches défilent sur la Seine et c’est toujours avec des applaudissements que les danseurs sont salués depuis les flots. Mais tout n’a pas toujours été aussi simple. Tout a commencé lorsque les clubs ont fermé leurs portes pendant la période d’été 86. Les danseurs de rock se retrouvent à la rue ou plutôt sur le quai St Bernard.

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L’emplacement est idéal et semble avoir été conçu pour la danse. Chaque été, les rockers sont rejoints par de nouvelles tribus de danseurs, les tangueros, puis les salseros, les capoeiristes… Un nouvel événement gratuit semble avoir vu le jour en toute impunité. La musique en plein air, elle, ne fait pas l’unanimité ! Les riverains du quais d’en face envoient les forces de l’ordre et ça aurait pu être la fin d’une belle aventure. C’était sans compter l’organisation des représentants de chaque danses. Ils montent Paris Danse en Seine et rencontrent la Mairie de Paris. Les discussions ne sont

Les aficionados de danse s’y retrouvent pour partager la Danse avec la Seine pour seul témoin.

pas toujours simples, mais l’initiative plaît et finit par s’imposer officiellement en quelques années. Tolérance puis officialisation en deux mois renouvelables ! La danse a gagné la bataille. Ne manquez pas ces soirées riches en styles et en culture. Danses folkloriques et traditionnelles, Rock swing lindy hop, Salsa Cubaine, Portoricaine, Colombienne, New Yorkaise, de Los Angeles, Capoeira, Samba Forro, Tango argentin, Danses israéliennes, Danse guinguette et de salon… Rendez-vous tous les soirs


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jusqu’au 30 septembre, de 21h à 00h. Les samedis et dimanches à partir de 17h. En juillet août, certaines soirées de week-end sont prolongées jusqu’à l’aube. Des cours gratuits d’initiation sont donnés tous les soirs entre 18h et 21h. Attention, les soirs de pluie, pas de danse : pensez à vérifier la météo. Pour tout savoir sur les associations, se cultiver sur les danses, et surtout connaître le calendrier des soirées. www.danseavecnous.com tango-eric quais.site.voila.fr www.parisdansesenseine.fr etc.

Y’ALLER SQUARE TINO ROSSI : quai saint-bernard, Paris 5e. Le port Saint-Bernard débute au pied de l’Institut du Monde Arabe, sous le pont de Sully. M° Jussieu ou Gare d’Austerlitz. Bus n ° 24 et 63, arrêt Université Paris VI ; n° 67 et 89, arrêt Institut du monde arabe ; n° 86 et 87, arrêt Saint-Germain/Cardinal Lemoine.


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Principaux points de distribution de JUSTE DEBOUT MAGAZINE CENTRES DE DANSE :

BOUTIQUES :

• Centre de danse du marais ( bureau d’acceuil) 41 rue du temple 75004 Paris • Studio Harmonic 5 passage Taillandiers 75011 Paris • Studio l’agence rue de la folie regnault 75011 Paris • l’agence dancefloor rue valmy, M° saint mandé • Centre international de danse jazz 54 rue de clichy 75009 Paris • Studio Bleu 7 rue des petites écuries 75010 Paris • Peter Goss 7 rue des petites écuries 75010 Paris • Gymnase Caillaux 3 rue caillaux 75013 Paris • Smoking et brillantine 13 rue Guyton de morveau 75013 Paris • Centre de danse Alesia 119 AV Jean Jaures 75019 Paris • Centre georges Momboy 90 rue ménilmontant 75020 Paris • Studio Kim Kam 64 rue Orfilla 75020 Paris • Centre des amandiers 110 rue des amandiers 75020 Paris • La roulotte à vapeur 3 rue des vignoles 75020 Paris • Ecole de Tango 3 Rue des vignoles 75020 Paris • L’atelier 10 rue du cygne 75001 Paris • Centre dance center 36 rue Rivay 92300 levallois-perret • Feeling Dance studio 42 rue des sept arpents 93500 Pantin • Centre de danse du Galion 282 AV du general Leclerc 93600 Aulnay sous bois • Mpt Victor jara 2 AV des pyramides 77400 Champs sur marne • Ecole de danse de lagny sur marne 28 rue Fort du bois 77400 Lagny sur marne • MJC de Noisiel • L’A.I.D 63 Rue Boissière 75116 Paris • Cité véron 4 bis cité veron 75018 Paris

• Fnac : Chatelet, saint lazard, Noisy le grand, Parly 2 • Sancha 52 Rue de clichy 75009 Paris • Magasin danse classic Rue de clichy (à côté du Casino de Paris) • Sniper 27 AV de Clichy 75017 Paris • Ekivok 6 Rue du Cygne 75001 Paris • Ekirock 61 Rue saint denis 75001 Paris • Ruffnec 89 rue saint-denis 75001 Paris • Com 8 17 rue du Cygne 75001 Paris • Urban Music 22 Rue Pierre lescot 75001 Paris • Astoria (à côté d’urban Music) 75001 Paris • Xuly bët 1 rue Pierre lescot 75001 Paris • Banga 75001 Paris • Dia place de la fontaine 75001 Paris • Atractiv Forum des hall 75001 Paris • L’A.I.D

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CLUBS : • Gibus 18 rue du Faubourg du temple 75011 Paris • La coupole 102 Bd Montparnasse • Le djoon 22 Bd Vincent auriol 75013 Paris • Wag 83 AV de Wagram 75008 paris

LIEUX CULTURELS : * lors de diffèrentes manifestations suivant le calendrier ( voir rubrique News/Agenda)

PROVINCE : Renseignez-vous auprés de votre centre de danse Ou Abonnez vous !!!


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Juste debout magazine - n°13