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Michka Mélo s ne

En résidence du 25 au 27 mars et du 14 au 22 avril 2015

e n n e è y o oc t iC p e ro Notre époque se caractérise par le fait s d h t que l’être humain a acquis une puissance ie n o V l’A d’influence géologique sur le fonctionnement de la d e Biosphère, notamment sur la façon dont la matière circule à l’échelle planétaire. Les activités humaines perturbent les cycles t i e biogéophysiques r de So la planète. Le changement climatique en est l’exemple le plus marquant.

Cette force de frappe sur le système Terre, qui serait principalement due aux conséquences du mode de vie occidental, a le pouvoir de perturber irrémédiablement l’équilibre géologique sur lequel l’histoire de l’espèce humaine s’est construite. Certains chercheurs, au premier rang desquels Paul Crutzen, appellent cette période l’Anthropocène, une nouvelle période géologique qui succéderaient à l’Holocène, une période géologique particulièrement stable climatiquement, stabilité qui a été la base de la prospérité de l’humanité. De nombreux scientifiques, chercheurs, et autres anthropocénologues proposent d’utiliser cette force de frappe pour réguler les variables géologiques à l’échelle globale, sous le contrôle (ou non) d’un système de gouvernance mondiale performant encore à développer. Pourquoi ne pas profiter des techniques qui nous permettent d’agir sur le système Terre ? Nous pourrions ainsi devenir les gardiens de la vie sur Terre, « sauver la planète » par notre science et notre technique. Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz appellent ce scénario le scénario du « Bon Anthropocène ». De quels moyens techniques ces chercheurs disposentils ? Ils invoquent, entre autres, les outils de la géoingénierie, permettant la modificationclimatique à grande échelle, pour effectuer cette régulation.

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Michka Mélo est membre de Fo.am, un laboratoire culturel invitant chacun à faire émerger son propre monde. Bio-ingénieur de formation, il s'intéresse depuis quelques années aux alternatives concrètes redonnant à chacun la liberté de sortir des circuits de production et de consommation qui nous ont fait entrer dans l'Anthropocène. Il a par ailleurs contribué au développement de technologies pour une société autonome, comme un capteur de température électronique que chacun peut produire dans un laboratoire ouvert avec des ingrédients alimentaires.

Ici, nous proposerons une autre voie. Nous sommes nombreux à considérer que cette force de frappe géologique est plus dangereuse qu’émancipatrice pour l’intérêt général de la population mondiale, car elle concentre le pouvoir d’influence sur nos conditions de vie en un très petit nombre de mains. Celles qui disposent du savoir, des moyens techniques et des moyens financiers pour mettre en oeuvre cette régulation géologique mondiale. Nous nous efforcerons, dans le cadre ce projet, à montrer les nombreuses voies de sortie de l’Anthropocène esquissées par des collectifs citoyens à travers la planète. Prônant directement ou indirectement un renoncement conscient à cette force de frappe, ces collectifs construisent des initiatives simples, abordables, souvent répliquables, qui permettent à tout un chacun de se désinvestir progressivement des rouages qui nous ont mené à développer cette puissance géologique. Vous et moi pouvons décider, demain, de leur emboîter le pas.

1) Le jardin forêt des Fraternités Ouvrières La forêt nourricière des Fraternités Ouvrières, situé à Mouscron, en Belgique, recense près de 6’000 espèces, dont 3’000 végétales, sur 1’500 mètres carrés. « Le seul problème que nous avons, c’est de réussir à tout manger » dit Gilbert Cardon, qui a initié ce jardin un peu particulier il y a quarante ans.

2) Tripalium Tripalium est une association formant à l’auto-construction de petites éoliennes de type Peagott. Cette association organise des stages d’auto-construction d’éoliennes chez des citoyens souhaitant en installer une. Le stage permet ainsi à des volontaires d’être formés pardes membres expérimentés de l’association, et de venir d’élargir l’équipe de formateurs pour diffuser le savoir-faire plus loin.

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3) Freecycle Freecycle est un site internet permettant à chacun de diffuser une annonce présentant des objets dont il souhaite se séparer en les donnant gratuitement.


Aniara Rodado

Artiste, chercheuse et chorégraphe à l’Unité de recherche DatAData de l’ENSBA de Lyon, unité consacrée au questionnement théorique et pratique dans la volonté de répondre aux enjeux éthiques et esthétiques soulevés par les cultures numériques. Elle est aussi artiste résidente au LADyHx (Laboratoire de mécanique des fluides) de l’École Polytechnique de Paris-Saclay, pour la création d’une nouvelle pièce chorégraphique autour de la question de l’anthropocène.

En résidence du 26 janvier au 6 février et du 17 au 22 avril 2015. Le manifeste du monte verità MIX Manifesto Antropofago / Oswald de Andrade 1928 Un manifeste Hacker / McEnzie Wark 2006

On dit que les plantes viennent te chercher et que par ces temps de catastrophes et d’excès humains elles ne tournent pas autour du pot, elles t’appellent et en quelque sorte te montrent le chemin à suivre. Heureusement, car j’en peux plus d’être guidée que par les humains, moi comprise.

Extraits

Depuis un certains temps, dans mon travail chorégraphique, je me demande comment faire pour toucher le corps des spectateurs qui assistent à nos pièces, sans leur faire sentir qu’ils doivent répondre, sans les appeler par leur nom et sans devoir faire appel à des ordres ou d’autres gestes directs et dialectiques.

« Nous sommes des aberrations de la nature au sens biologique du mainframe, unissez-vous. Socialement. Economiquement. Philosophiquement. » « Le Monde a un terrible besoin de changement () » « Seul m’intéresse ce qui n’est pas mien. Bug dans le code source. Internet n’appartient à aucune nation. »

Je sens que la co-présence, l’interactivité et l’immersion sont des clefs pour que cela arrive, mais je suis fatiguée de constater que ces concepts sont inévitablement associés au sens de la vue, en laissant de côté d’autres vecteurs sensoriels. Je suis aussi souvent lasse que, lorsque je dis travailler avec des technologies, l’on ne pense qu’à des logiciels et de l’électronique ou des laboratoires avec des microscopes et que, lorsque je parle danse ou chorégraphie, on se limite à les associer à la représentation scénique et au corps humain.

« Nous connaissons l’Histoire et nous savons que c’est une morte rampante après la vie » « Jamais nous nous définissons par la technologie que nous possédons. Nous vivons sous un droit somnambule. Nous avons fait naitre des virus, des mind-probes. »

Voici quelques unes des raisons pour lesquelles j’ai un jour couché par écrit une idée dans laquelle l’immersion pourrait être favorisée par des plantes et les technologies à utiliser seraient la distillation ou d’autres systèmes pour les transformer. Je souhaitais que les plantes aient un rôle important dans l’interactivité 2, afin d’essayer de placer ce concept au-delà du dialogue narcissique rempli de simulations, dans lequel nous nous engageons si souvent avec des machines qui répondent peu ou prou comme nous l’attendons lors qu’elles sont programmées.

« Ames analogiques/numérisées, nous n’avons jamais admis la naissance de la logique parmi nous » « Contre le monde qui grandit si lentement. Le tout forme le Système, un ensemble de règles propagées par les médias. Personne ne peut nous contrôler. L’individu victime du Système. Nous ne faisons pas partie de ces masses. » « Les nôtres sont les vôtres. Les vôtres sont les nôtres. Les nôtres sont les vôtres. Les vôtres sont les nôtres. » “La Société nie notre façon de penser, une société qui vie, pense et respire d’une et d’une seule manière, un cliché. Attendons mieux de notre génération que celle qui nous précèdent. Sans Napoléon. Sans César. » « Contre l’oppression et la censure, utiliser les outils de la société pour témoigner contre elle, pour documenter et rapporter ses tendances auto-destructives. » « Non seulement l’information « veut être libre », mais elle a une tendance naturelle et inévitable à devenir libre. Le réseau homme/machine est la victoire de l’information. » « Le gens ont peur de la nouveauté et de l’inconnu, ils préfèrent l’ancien, le connu et les vérités vérifiées. Ils sont effrayés des apports du changement. Ils craignent de perdre ce qu’ils ont. » « Le système est aberrant. »

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Chthulucène

En 1926, Howard Phillips Lovecraft, écrivain décide d’écrire une nouvelle histoire, qui sera nommée The Call of Cthulhu. Dans cette nouvelle, il narre l’histoire d’un curieux phénomène : des personnes apparamment réceptives (artistes, etc.) se mettent à rêver de paysages étranges, et d’un dieu mystérieux et maléfique. Cthulhu est arrivé sur la planète Terre il y a des milliers d’années, et était alors adoré par des peuples de créatures repoussantes et dégénérées. Il a été banni du système de Xoth par les « Dieux Très Anciens ». À présent, il est exilé au cœur du Pacifique Sud, dans une cité sous-marine appelée R’lyeh. Là, enfermé dans son tombeau condamné, il attend dans un état de profonde léthargie le moment où il pourra à nouveau prendre le contrôle de la planète.

Robertina Šebjanic

Robertina est une artiste et facilitatrice culturelle basée à Ljubljana, en Slovénie. Dans sa pratique, elle s'intéresse au champ des sciences humaines et des sciences naturelles dans le contexte de systèmes vivants, d'installations et de performances audiovisuelles. Elle est membre du BioTehnaLab, du HacteriaLab et du Theremidi orchestra.

Maja Smrekar

Elle est diplômée du Département Sculpture de l’Académie des Beaux-Arts de Ljubljana. Elle a réalisé des projets au sein desquels elle a exploré notamment les phénomènes fréquentiels du biofeedback.

En résidence du 14 au 23 avril 2015.

Carole Thibaud

Du film documentaire à l'installation, de la pellicule à la programmation informatique, le travail de Carole Thibaud est une exploration de l’image à travers ses multiples supports et applications.Membre de plusieurs associations nantaises Mire, Makiz’art, PiNG) son parcours est marqué par de nombreuses collaborations. Que ce soit en tant que technicienne ou en tant que vidéaste ou cinéaste, cette soif de rencontre lui permettra d'être invitée à participer à divers projets collectifs et ainsi d'être confrontée à de nombreux univers. Quasi quotidiennement, elle saisit sur pellicules des bribes de ses errances et contemplations, collectant ainsi les images, formant une mémoire argentique, fragile et fragmentée. La pellicule est grattée, griffée, rongée par les chimies. Les paysages se diluent, se liquéfient comme les souvenirs s'estompent, jusqu'à ce que le film casse.

En résidence le 18 juin puis du 24 au 03 juillet.

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Re-Sources En résidence du 9 au 15 mars 2015.

Etape 1 :

Etape 2 :

lire le livre

Maria Ptqk est bio-artiste, chercheuse, curatrice. Elle a travaillé sur différents formats d’exposition, curation, production. Elle aborde les questions de bio-brevets, de propriété intellectuelle, de citizen science et du féminisme dans une pratique du workshop participatif. Laurent Malys est un artiste multimédia membre de la coopérative Artéfacts et de l’association PiNG. Docteur en sciences de l’ingénieur et chercheur mais aussi bidouilleur et musicien, il développe des projets variés qui vont du web à la performance audiovisuelle – en passant par l’installation et la fabrication d’objet – et qui se situent à l’interface entre l’art, les sciences et techniques et la culture libre et DIY

Etape 4 :

CONSTRUIRE les connexions entre les references LITT' RAIRES OU SCIENTIFIQUES ET LES MOTS CL' S

FAIRE UN ReSUMe DES CHAPITRES, et METTRE DES MOTS CLeS

réveil écologique-3eme révolution industrielle-abstraction de la marchandise-accélérationisme-Adam Smith-agent orange-agriculture-alimentation-allemagne--aluminum--american way of life--ammoniaque--amérique latine--anglocène-anthropocene--anthropocentrisme--anthropocénologues--anti-industrialisme--artivisme--Asie--autoroutes--azote--back to nature socialisme--bien public--biodiversité--biosphere--bois--bombardements--bombe atomique--brute force technologies--Buckminster Fuller--café--capitalisme--capitalisme vert--carbone--cargo cult--changement climatique--charbon--Charles Fourier--chemins de fer--chimie--Chine--choix techniques--circuits de distribution--circumfusa-classes sociales--climat--colonialisme- communisme--conservationisme--consommation irrationelle--consommation ostentatoire--constat écologique--constitution de l- Équateur--convivialité--croissance--crédit--culture du jetable-cybernétique--darwinisme--domination--droits de la nature--droits à poluer--déchets--décroissance--déforestation--délocalisation--déluge--développement durable--eau--efficience énergétique--empire--enclosures--engrais chimiques-environnement--environnementalisme des pauvres--Ernst Haeckel--etats-unis--excréments--expérimentations politiques--extermination des nuisibles--fascisme--financiarisation--folklorisation--force tellurique--Ford--france--front de modernisation--gaz de combat--gaz d- éclairage--gaz à effet de serre--gestion communale--Grande Bretagne--guerre--guerre du Vietnam--guerre froide--géochimie--histoire de l- énergie--histoire environnementale--holocène-humanités environnementales--hybrides--hygiène--hédonisme disciplinaire--hégémonie des techno-sciences--impérialisme--inde--Indice de Développement Humain--indigène--industrialisation--industrialisme--industrie chimique--industries de guerre--innovation technologique--inégalités--Japon--John Stuart Mill--la Grande Accélération--la nature comme altérité--la nature comme objectif militaire--la Terre comme organisme--le grand récit--Lebensreform--libéralisme économique--logement--loisirs--l- environnemment comme sous-système financier--l- humain comme force téllurique

Etape 3 :

ASSIGNER LES MOTS CLES AUX REFERENCES CITEES DANS LE LIVRE

avec le logiciel ZOTERO

Etape 5 : DEFINIR CE PROTOCOLE, OUVRIR LE DEBAT ET REVENIR A L'ETAPE 1 11

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Maria Ptqk, Laurent Malys, Mathieu Gonet et Julien Bellanger ont participé à la démarche « Re-Sources  » à partir des références du livre «  L’événement anthropocène  » de Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz.


HackCop21 En résidence du 26 au 27 février et du 14 au 22 avril 2015.

Vous préparez des Climate Games  en «accompagnement» de  la COP21, la conférence internationale sur le climat en décembre à Paris. De quoi s’agit-il  ? mobilisations lors de la COP21,la conférence des Nations Unies sur le changement climatique, nous nous associons à de nombreux mouvements sociaux qui ont décidé de mettre en lumière et d’agir contre la manipulation et la phagocytation des négociations par le pouvoir des multinationales.  Nous avons décidé de proposer un grand jeu, qui considère à la fois le cyberespace et la rue comme terrains de jeu, dans lequel des équipes vont se former pour élaborer  des actions de désobéissance civile contre le pouvoir des multinationales.  Nous voulons un jeu qui permette d’offrir un éventail d’approches et de tactiques qui dépassent ce qui est souvent présenté comme antagoniste, les actions symboliques contre les actions plus radicales, de blocage par exemple.

Comment vont s’organiser vos Climate Games ? J.J.: Jameson a dit  que “le plus grand problème de la philosophie politique, et plus tard, de la science politique, c’est la formation du groupe”.  Dans l’ère de l’anthropocène, le problème prend une dimension encore plus grande, ça ne se passe plus seulement entre nousmêmes, êtres humains, mais aussi entre nous et les autres, non-humains.

série de hackathons HACKCOP. Nous venons d’en mener deux récemment, un à l’Antiekstudio Vooruit de Gand et un autre au Lieu Unique avec PING et ArtLabo à Nantes. Les suivants auront lieu le mois prochain à Londres  et au Berliner Festpiele à Berlin. L’idée est de rassembler artistes, activistes, gamers, hackers, développeurs, pour créer la  plateforme Climate Games mais aussi pour imaginer des missions, des formes d’actions, proposer une carte de Paris et de sa banlieue où tout le monde pourra inscrire une équipe et recevoir des informations, par exemple sur la localisation de l’équipe bleue  (les flics), de l’équipe grise  (les lobbyistes), etc. Nous sommes très inspirés par Bertolt Brecht qui disait de son travail de théâtre que c’était une façon d’entraîner les gens au plaisir de transformer la réalité. Pour nous, c’est exactement ce que la rencontre de l’art et de l’activisme peut proposer. Le capitalisme monopolise le désir, les fantasmes, et il faut bien constater que la gauche s’est montrée nulle sur ces questions, elle pense toujours que l’information va changer les gens.

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Appel A

Nous espérons que les Climate Games seront une passerelle pour les gens qui n’ont jamais mené d’actions directes, qu’ils puissent élargir ce mouvement grandissant pour la justice climatique et  faire en sorte que l’on ne parle pas de transition énergétique sans inclure le mot justice, que l’on cesse de parler d’écologie sans parler du social. La façon dont les humains se dominent entre eux se lit dans la façon dont l’homme domine la nature.

Isabelle Frémeaux : Avec notre projet Climate Games pour les

John Jordan : En amont de Climate Games, nous proposons une

John Jordan est un artiste-activiste, cofondateur de Reclaim the Streets et de l’Armée des clowns. Isabelle Fremeaux fut maître de conférences en Media & Cultural Studies au Birkbeck CollegeUniversity of London pendant dix ans. Sa recherche-action explore l’éducation populaire et les formes créatives de résistance. Ensemble, ils ont fondé le collectif "The Laboratory of Insurrectionary Imagination" qui travaille à fusionner l’imagination de l’art et l’engagement radical de l’activisme, créant de nouvelles formes de désobéissance civile. Depuis un an et demi, ils vivent au sein de la communauté la r.O.n.c.e (Résister. Organiser. Nourrir. Créer. Exister).

Participation

Cette question du groupe, comment collaborer ensemble, c’est aussi le centre de notre travail, comment créer des façons de travailler ensemble, sans domination. Nos ateliers commencent toujours avec cette question : comment un groupe se construit. On travaille beaucoup à créer la confiance entre les gens et à donner des outils de décisions horizontales. Mis en action pendant Occupy et les mouvements des places en Espagne, ces outils existent depuis très longtemps, ce sont des outils de consensus, comment organiser des réunions, des groupes, etc.(…) «On est beaucoup plus créatif quand on prend du plaisir, et on a plus de plaisir quand on dispose d’un éventail d’activités, y compris des activités où très basiquement on court, on rit, on joue, ça fait ressortir une intelligence qui ne ressort pas quand on ne fait appel qu’à la rationalité.»

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Collectif 0R En résidence du 17 au 25 avril 2015.

Martin de Bie , designer plasticien, chercheur et enseignant à l'ENSAD, et Jean-Baptiste Labrune , anthropologue du design et chercheur affilié au Médialab du MIT (Boston) et au Bell Labs (en France), ont travaillé sur des machines, très simples en apparence, reliées à des humains et à des plantes. Martin de Bie et Jean-Baptiste Labrune se considèrent comme des passeurs ; la production du projet n'est alors pas une finalité. Ainsi, la documentation du procédé de fabrication et d'utilisation, permet à tous de poursuivre et/ou recomposer ce travail d'expérimentation.

slow electronics

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Intervenants

Xavier Bailly est ingénieur de recherche au CNRS basé à la Station Biologique de Roscoff, dans le Finistère. Depuis une dizaine d’années, il développe un modèle marin que l’on trouve sur certaines plages de l’Atlantique, un ver plat de couleur verte appelé Symsagittifera roscoffensis qui vit en symbiose avec des algues unicellulaires.. Labo SPEAP de Sciences Po est le premier cursus mêlant les arts et les sciences sociales. L’objectif est de confronter les spécialistes de ces dernières, mais aussi des praticiens du secteur public ou privé, aux caractéristiques et méthodes des formations artistiques et, inversement, d’offrir aux artistes une formation de haut niveau en sciences sociales.

XAVIER BAILLY

ne i z n a F u d t i a Extr COYOTTE

EN CONFERENCE Les animalgues

"Si on devait mettre en équation une symbiose, c’est à dire une association fonctionnelle et permanente entre 2 organismes différents, on pourrait écrire 1 + 1 = 1 … si c’est déconcertant d’un point de vue algébrique ça l’est également d’un point de vue biologique..."

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réalisé au THÉÂTRE DES NEGOCIATIONS, les 29, 30 et 31 mai 2015 où 250 étudiants, artistes et chercheurs se réunissent pour un jeu de rôle grandeur nature. Six mois avant la Conférence Climat (COP21) qui se tient à Paris, ils ouvrent la boîte noire des négociations climatiques et en décortiquent le processus complexe. Le Théâtre des négociations est imaginé par Bruno Latour et le Speap (Programme d’Expérimentation en Arts et Politique) en collaboration avec le Théâtre des Amandiers, et organisé dans le cadre de Make It Work.


FANZINE

FANZINE FANZINE FANZINE FANZINE FANZINE

Fanzine réalisé gràce aux traces semées par les participants de 0CAMP, mise en forme par Fanny Giraudeau et Julien Bellanger Plus d'infos sur www.artlabo.org et sur www.pingbase.net 0

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Paula Pin En résidence du 9 au 22 juin 2015.

Paula Pin est artiste-chercheuse diplômée des écoles d’Arts de Barcelone et Sao Paulo. Elle attache une grande importance à la notion d'autonomie et a participé à un projet de décontamination du fleuve de Calafou au sud de Barcelone, qui s'est concrétisé par la création d'un biolab. Son travail parcourt les champs de la vidéo abstraite au circuit-bending, en passant par les recherches aux frontières de la biologie, de l’art et du queer. Les plantes, les micro-organismes, les énergies alternatives, la question du laboratoire l’ont ouvert et forcé à penser son corps sous un nouvel angle, intégré au sens d’un réseau complexe d’interactions, brouillant les pistes entre machines, animaux, plante et ouvrant d’autres horizons pour l’art et la performance.

Le travail effectué par Paula Pin pendant sa résidence est le prolongement d'un travail plus global . Elle a travaillé sur la conception d'une broyeuse / extrudeuse qui permet de recycler les déchets plastiques. Suite à un workshop qui a eu lieu au Hangar à Barcelone, elle a également réalisé un spéculum sur imprimante 3D, l'objectif étant de proposer un kit sanitaire DIY à des femmes éloignées ou exclues du système de santé...

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Christophe Bonneuil

Christophe Bonneuil est historien au Cnrs, Centre Alexandre Koyré (Ehess-Cnrs-MNHN). Il s’intéresse aux transformations des relations entre nature, science et société du XIXe siècle à aujourd’hui. Il a notamment publié « Gènes, pouvoirs et profits » (2009, avec F. Thomas), « Une autre Histoire des ‘Trente Glorieuses' » (2013, avec C. Pessis et S. Topçu) et « L’événement Anthropocène. La Terre, l’histoire et nous » (2013, avec J-B. Fressoz). Il dirige la collection « Anthropocène », espace interdisciplinaire sur les enjeux écologiques globaux, aux éditions du Seuil.

" (...) Plutôt qu’un seul récit universaliste du match de « l’espèce humaine (ou du capitalisme) contre le système Terre  », plutôt qu’une hégémonie du global, de la  mobilité et d’un regard dé-terrestré sur la Terre, la crise écologique n’appelle-telle pas au contraire à une réhabilitation du lieu et des liens  ? N’appelle t-elle pas chacun à habiter et parler de quelque part  ? D’avoir une Zone à Défendre  ? De plus, que l’on sépare une nature-extérieure de la société ou que l’on nie cette séparation au nom d’une cyber-nature-culture-hybride (comme dans le 2e récit et la tartalacrème qu’est devenue la critique de la coupure nature/culture), on reste finalement enfermé dans le même espace ontologique. Le perspectivisme amérindien, par contre, offre un exemple d’habiter le monde qui attribue aux différents êtres un statut réflexif de personne analogue aux humains (d’ailleurs au commencement des temps il n’y avait que des humains –  et peut-être des tortues de mer  – avant que n’en dérive la diversité des êtres), mais aussi une altérité (de chaque espèce d’être par rapport à chaque autre plutôt qu’un dualisme nature/culture), un agir et un point de vue propre sur le monde qui devient alors un plurivers. On sort ainsi, si l’on suit Viveiros de Castro, de l’alternative infernale entre altérité-séparation et constructivisme-sans-altérité qui hante et enferme l’imaginaire écologique occidental, celui des «  hommes sans monde  ». S’ouvrent alors d'autres perspectives, d’autres récits mobilisateurs sur les problèmes écologiques planétaires." > Extrait prochain MCD num 79

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Fanzine 0CAMP - draft  

De janvier à juin 2015, l'association PiNG anime un laboratoire ouvert Art / Science / Technologie / Société au lieu unique à Nantes. Des c...

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