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Travail de Fin d’Etude pour l’Obtention du Diplôme D’Ingénieur Agronome Option : Horticulture 43ème Promotion

Durabilité des exploitations maraîchères en zone urbaine et périurbaine de la ville de Meknès (projet Surfood). Présenté par :

RHAIDOUR Mohamed Devant le jury :

M. MOKHTARI Mimoun

IAV Hassan II, Agadir

M. AIT OUBAHOU Ahmed

IAV Hassan II, Agadir

Rapporteur Rapporteur

M. DUGUE Patrick

CIRAD

Rapporteur

M. DE BON Hubert

CIRAD

Rapporteur

M.BOUHIDA Mohamed

IAV Hassan II, Agadir

Président

M. El FADL Abdelatif

IAV Hassan II, Agadir

Examinateur

Octobre 2013 Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II-Complexe Horticole d’Agadir–B.P : 18/S–Agadir, Maroc. Tél : 212 528 240155 / 24 10 06 Fax : 212 528 24 22 43 E-mail : administration@iavcha.ac.ma


Dédicaces A mes très chers Parents Aucun mot ne pourra exprimer mon amour, ma gratitude et ma reconnaissance. Je vous remercie pour les sacrifices consentis pour mon éducation et pour l’amour avec lequel vous m’avez entouré. A mes sœurs Qu’ils trouvent ici un hommage pour leur affection, soutien et sacrifice, ainsi que mon grand attachement à notre fraternité. A mes neveux Hicham, Abderrahim, Ali, Mehdi, Abderrahmane, A mes petites nièces Hiba, Sara, Ikram, A toute la famille Rhaidour En témoignage de mon respect et de mon attachement A mes ami(e)s et collègues A mon ami d’enfance Said, mes collègues et mes ami(e)s d’étude avec vous j’ai passé de bons moments inoubliables.

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Remerciements Au terme de ce travail, je tiens à remercier tous les enseignants de l’institut agronomique et vétérinaire Hassan II pour la formation que j’ai acquis durant ces cinq ans. J’aimerais remercier vivement mes encadrants Monsieur MOKHTARI MIMOUN et Monsieur AIT OUBAHOU AHMED de m’avoir permis de travailler sur un thème nouveau et pour la confiance qu’ils ont placé en moi. Je tiens aussi tout particulièrement à remercier Monsieur PATRICK DUGUÉ pour m’avoir aidé à surmonter les contraintes administratives et financières durant toute la période du stage. Le sacrifice de son temps pour pouvoir réussir ce travail. Mes vifs remerciements à Monsieur HUBERT DE BON, pour son encadrement et ces précieux conseils qu’il m’a prodigué tout au long de ce travail. Aussi pour son accueil pendant mon séjour à Montpellier. Mes sincères remerciements pour les professeurs du département science humain à l’ENA de Meknès : Monsieur ABDELLAOUI pour m’avoir donné l’opportunité de travailler dans son bureau, pour Monsieur MOHAMED ELAMRANI pour ces précieux conseils et ces explications. Aussi pour Monsieur DRISS MATALLAH lauréat de l’ENA pour son aide et m’avoir facilité l’intégration à l’ENA de Meknès. Je témoigne également une profonde reconnaissance à Madame LAURE HAON pour m’avoir facilité toutes les démarches administratives durant ce travail. Merci également à monsieur ABDO BASRI de l’association « Nord Plaisance » et Monsieur NOURDINE ALAOUI pour m’avoir aidé à rencontrer les agriculteurs de Ouisslane. A tous les autres agriculteurs qui ont accepté de participer à l’enquête. Merci à tous les étudiants de l’ENA de Meknès pour m’avoir accueilli et facilité l’intégration durant toute la période de ce travail.

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Résumé L’augmentation du taux d’urbanisation au niveau mondial a mis en évidence une compétition entre la ville et l’agriculture pour l’utilisation des ressources naturelles. Cette interaction menace la sécurité alimentaire des grandes agglomérations. Meknès est une ville située au centre du Maroc qui situe sur la plaine du Saïss, l’une des plus fertiles plaines du Maroc. Elle comptait 618 000 habitants en 2008. L'urbanisation de Meknès se fait principalement au détriment des terres agricoles. La stratégie nationale en matière de logement est l’une des moteurs de cette urbanisation : « ville sans bidonvilles » contribue à un ‘‘boom’’ immobilier et à l’accroissement de la pression urbaine sur le foncier agricole. Cela a pour conséquence de perturber la durabilité des exploitations maraîchères urbaines et périurbaines. En effet, d’une part, ces cultures peuvent facilement être abandonnées et le foncier cédé pour les projets d’urbanisation. D’autre part, ces produits frais sont très importants dans l’alimentation de la ville, et il peut être importé à partir d’autres régions. Ce travail s’intègre dans le projet Surfood (Sustainable Urban Food Systems). Surfood est un programme en construction fédérant une quinzaine d'unités de recherche de Montpellier (CIRAD, universités) travaillant sur les systèmes alimentaires urbains durables. L’objet de ce travail vise à décrire les exploitations maraîchères autour de Meknès et d’évaluer la durabilité de ces exploitations à travers l’analyse des différents indicateurs environnementaux, économiques et sociaux de la durabilité. La méthodologie de travail consiste à réaliser des enquêtes dans les exploitations maraîchères des zones urbaines (oued Ouisslane et oued Boufekrane) et de la zone périurbaine (Seba ayoun). Au total une trentaine d’exploitations ont été enquêtées. Les résultats ont montré que le système de production maraicher urbain est de type traditionnel basé sur l’utilisation des animaux de trait et la valorisation des eaux des cours d’eau qui traversent la ville (oued Boufekrane et oued Ouisslane) ou l’utilisation des eaux usées non traitées de la ville. Dans la plupart des cas, l’exploitant n’est pas le propriétaire du foncier. Mais on y trouve une diversité des cultures maraîchères. En zone périurbaine, le système repose sur l’intensification ; il est bien équipé avec une utilisation des ressources d’eau souterraines. L’analyse de la composante environnementale montre pour la zone périurbaine une utilisation non raisonnée des intrants et l’eau avec des effets négatifs sur la nappe phréatique de Seba ayoun (un taux élevé de nitrate supérieur au seuil de 50mg/l). Dans la zone urbaine de Boufekrane, on constate une augmentation de l’utilisation des eaux usées brutes. Pour la composante économique, on a une situation économique insatisfaisante (Les gains ne sont pas assez suffisants pour répondre aux exigences de la vie) et non stable pour la plupart des exploitations urbaines et périurbaines. Pour la composante sociale, dans les trois zones d’études, on a un seul projet unique pour le maintien du maraichage dans la zone d’oued Ouisslane. Ce projet consiste à produire des produits frais maraîchers en agriculture biologique. Mots clés : durabilité, maraichage, urbain, périurbain, Surfood, Meknès.

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Abstract The increase in the rate of urbanization in the world showed a competition between town and agriculture for the use of natural resources. This interaction threatens food security in urban area. Meknes is a city located in the center of Morocco: on the plain of Sais, one of the most fertile plains of Morocco. It had 618 000 inhabitants in 2008. The urbanization of Meknes is mainly at the expense of agricultural land. The national strategy for housing is one of the engines of this urbanization; ÂŤ city without slumsÂť contributes to a '' boom '' real and increasing urban pressure on agricultural land. This has the effect of disrupting the sustainability of urban and suburban vegetable farms. Indeed, these crops can easily be abandoned and the land sold for urbanization projects. On the other hand, these costs are very important products in the diet of the city, and it can be imported from other regions. This work is integrated into the Surfood (Sustainable Urban Food Systems) project which is a program Surfood construction federating fifteen research units at CIRAD in Montpellier on sustainable urban food systems. The purpose of this work is to describe the vegetable farms around Meknes and assess the sustainability of these operations across the different environmental, economic and social indicators sustainability analysis. The working methodology is to conduct field surveys in vegetable farms in urban areas (oued Ouisslane and oued Boufkrane) and vegetable farms in the suburban area (Seba ayoun). In total thirty farms were investigated. The obtained results showed that the production system urban truck farming is traditional based on the use of draft animals and recovery of water from rivers that cross the city (oued Boufekrane and oued Ouisslane ) or use untreated sewage from the city. In most cases, the operator is not the owner of the land . But there are a variety of vegetables. In suburban areas, the system relies on increasing and is well equipped with use of groundwater resources. The analysis of the environmental component to the suburban area shows a non rational use of inputs and water with negative effects on groundwater Seba ayoun (high levels of nitrate above the threshold of 50 mg / l). In the urban area oued Boufekrane, there is an increase in the use of raw sewage. For the economic component was unsatisfactory economic situation (gains are not sufficient enough to meet the demands of life), unstable for most urban and suburban farms. For the social component in the three study areas was one single project for the maintenance of gardening in oued Ouisslane area. This project is to produce fresh organic vegetable farming.

Keywords: sustainability, gardening, urban, suburban, Surfood, Meknes

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Sommaire

Remerciements ........................................................................................................................... 2 Résumé ....................................................................................................................................... 3 Abstract ...................................................................................................................................... 4 Introduction : ............................................................................................................................ 11 Partie I : Problématique et contexte d’étude ............................................................................ 12 I.

La sécurité alimentaire des villes: ................................................................................. 12

II. L’agriculture urbaine et périurbaine :............................................................................ 14 1)

Définition ................................................................................................................... 14

2)

Histoire de l’agriculture urbaine et périurbaine :....................................................... 14

3)

L’agriculture urbaine et périurbaine dans la ville de Meknès : ................................. 15

III.

L’interaction ville-agriculture : ................................................................................. 16

1)

Des interactions négatives ......................................................................................... 17

2)

Des interactions positives .......................................................................................... 17

IV.

La durabilité de l’agriculture urbaine et périurbaine: ............................................... 18

V. Présentation de province de Meknès : ........................................................................... 18 1)

Découpage administratif : ......................................................................................... 18

2)

Population de la zone de Meknès: ............................................................................. 18

3)

Répartition de la superficie de la zone de Meknès : ................................................. 19

4)

Statut juridique des terres de la zone de Meknès : ................................................... 19

5)

Typologie des exploitations agricoles de la zone de Meknès :.................................. 19

6)

Production végétale : ................................................................................................. 20

7)

Ressources en eau ...................................................................................................... 20

8)

Utilisation des eaux mixtes en milieu urbain et périurbain ....................................... 21

9)

Construction de la station d’épuration à Meknès pour le traitement des eaux usées : ………………………………………………………………………………………22

VI.

Présentation du programme Surfood : ....................................................................... 22

VII.

Problématique et objectif du travail : ...................................................................... 24

VIII. Hypothèses du travail: .............................................................................................. 24 Partie II : Matériel et méthodes ................................................................................................ 26 I.

Choix de la zone d’étude : ............................................................................................. 26

II. Choix du maraîchage :................................................................................................... 27 III.

Visite de terrain et repérage des espaces et produits : ............................................... 27 5


IV.

Enquêtes et collectes des données : ........................................................................... 27

V. Critères de la durabilité : ............................................................................................... 28 VI.

Echantillonnage ......................................................................................................... 28

VII.

Analyses des données : .............................................................................................. 28

1)

Dépouillement ........................................................................................................... 28

2)

L’analyse descriptive ................................................................................................. 28

3)

Analyse de contenu .................................................................................................... 29

4)

Analyse statistique : ................................................................................................... 29

VIII. Les contraintes du travail :......................................................................................... 29 Partie III : Résultats et discussion ............................................................................................ 30 IX.

Description générale des exploitations ...................................................................... 30

1)

Le foncier :................................................................................................................ 30

2)

La surface : ................................................................................................................ 31

3)

L’irrigation : .............................................................................................................. 32

4)

Les équipements : ...................................................................................................... 34

5)

La main d’œuvre :...................................................................................................... 35

6)

L’élevage : ................................................................................................................. 37

X. Analyse des critères de durabilité dans les trois zones d’étude : .................................. 38 1)

Critères d’agro-écologies :......................................................................................... 38

2)

Critères agro-économiques : ...................................................................................... 48

3)

Critères agro-sociaux : ............................................................................................... 54

XI.

Analyse des hypothèses de travail : ........................................................................... 59

XII. Synthèse des critères de la durabilité et suggestions pour améliorer le maraichage urbain et périurbain :............................................................................................................. 61 Conclusion :.............................................................................................................................. 63 Annexes .................................................................................................................................... 67

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Liste des figures : Figure 1: Evolution des disponibilités alimentaires et du nombre de personnes sous-alimentées dans le monde (FAO-STAT, 2010). .................................................................................................................. 13 Figure 2: Les différents types de statut foncier des 11exploitations enquêtées dans la zone urbaine d’Ouisslane ............................................................................................................................................ 30 Figure 3 : Les différents types de statut foncier dans 6 exploitations enquêtées la zone urbaine De Boufekrane ............................................................................................................................................ 30 Figure 4: Les différents types de statut foncier 14 exploitations enquêtées dans la zone périurbaine de Seba ayoun ............................................................................................................................................ 31 Figure 5: Les différents types des sources d’eau d’irrigation utilisées par les 11 exploitations enquêtées dans la zone urbaine d’oued Ouisslane. ................................................................................ 33 Figure 6: Les différents types des sources d’eau d’irrigation utilisées par les 6 exploitations enquêtées dans la zone urbaine d’oued Boufekrane............................................................................................... 33 Figure 7: Nombre des agriculteurs qui utilisent le gravitaire et ceux qui utilisent le système localisé dans la zone périurbaine de Seba Ayoun............................................................................................... 34 Figure 8: La moyenne de l’UTH familiale par exploitation enquêtée dans la zone d’Ouisslane, Boufekrane et Seba ayoun ..................................................................................................................... 36 Figure 9: Représentation de la superficie totale occupée par les différentes espèces maraîchères cultivées dans les exploitations enquêtées dans la zone urbaine oued Ouisslane.................................. 38 Figure 10 : Représentation de la superficie totale occupée par les différentes espèces maraîchères cultivées dans les exploitations enquêtées dans la zone urbaine Oued Boufekrane. ............................. 39 Figure 11 : Représentation de la superficie totale occupée par les différentes espèces maraîchères cultivées dans les exploitations enquêtées dans la zone périurbaine Seba ayoun ................................. 40 Figure 12 : Représentation du cycle des cultures dans la zone urbaine oued Ouisslane ...................... 42 Figure 13: Variation du bilan d'azote par rapport au pourcentage de la superficie occupée par la culture de pomme de terre ................................................................................................................................. 46 Figure 14 : Répartition des agriculteurs selon le combustible utilisé dans l’irrigation ........................ 48 Figure 15: Les marge brute d'un hectare de maraichage dans la zone périurbaine Seba ayoun ........... 49 Figure 16 : Répartition des exploitations selon la marge des bénéfices des activités de maraichage par actif par an pour tout l’échantillon par rapport au SMIG annuel. ........................................................ 54

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Liste des tableaux : Tableau 1 : Spéculations de l’agriculture urbaine dans la ville de Meknès........................................... 16 Tableau 2 : Atouts et contraintes du voisinage urbain, ......................................................................... 17 Tableau 3 : Répartition de la population de la zone de Meknès ............................................................ 19 Tableau 4: Répartition de la superficie agricole à Meknès. .................................................................. 19 Tableau 5: Statut juridique des terres agricole à Meknès ...................................................................... 19 Tableau 6 : Typologie des exploitations agricoles ................................................................................ 20 Tableau 7 : Les déférents assolements et productions végétales de la zone de Meknès : (moyennes des campagnes agricole 2002-2007) ............................................................................................................ 20 Tableau 8: Parts relatives des eaux usées brutes et des eaux mixtes dans l’irrigation à Meknès .......... 21 Tableau 9 : Les différents indices des critères de la durabilité analysés dans ce document .................. 28 Tableau 10 : Nombre des exploitations enquêtées selon les zones d’étude. ......................................... 28 Tableau 11 : Représentation des différentes superficies des exploitations enquêtées dans les trois zones d’études : ..................................................................................................................................... 32 Tableau 12: Nombre des exploitations enquêtées équipé par zone d’étude ......................................... 35 Tableau 13 : Cout de la main d’œuvre dans les différentes zones d’étude .......................................... 36 Tableau 14:Nombre des exploitants enquêtés qui pratique l’élevage des bovins et des ovins dans les zones d’études à Meknès ....................................................................................................................... 37 Tableau 15: Répartition des exploitants de la zone urbaine oued Ouisslane selon les cultures qui partagent le foncier avec maraichage .................................................................................................. 40 Tableau 16 : Répartition des exploitants de la zone périurbaine Boufekrane selon les cultures associées au maraichage ........................................................................................................................ 41 Tableau 17: Les types des rotations dominantes à Ouisslane................................................................ 42 Tableau 18 : Les trois rotations principales dans la zone périurbaine de Seba ayoun (Meknès) .......... 43 Tableau 19 : Teneur en azote des fumiers en fonction de la source animale en pourcentage de matière sèche ...................................................................................................................................................... 45 Tableau 20 : Les moyennes de bilan d’azote pour les zones d’études. ................................................. 45 Tableau 21 : Les IFT des cultures urbaines et périurbaines .................................................................. 47 Tableau 22 : Consommation d’énergie fossile selon les cultures dans la zone périurbaine de Seba ayoun ..................................................................................................................................................... 48 Tableau 23 : Marge brute pour 1ha de culture maraîchère dans les trois zones d’études ..................... 49 Tableau 24 : Les marges brutes selon les cultures maraichères cultivées durant la période (avril 2012avril 2013) ............................................................................................................................................. 50 Tableau 25 : Les moyennes des marges de bénéfices pour un hectare de cardon par rapport à un hectare des cultures maraîchères diversifiées. ....................................................................................... 51 Tableau 26 : Rendements moyens des cultures maraichères par hectare pour les 11 exploitations enquêtés dans la zone urbaine Ouisslane............................................................................................... 51 Tableau 27 : Comparaison de la marge brute à l’hectare par système de rotation. ............................. 52 Tableau 28 : Les marges brutes des différents types de la rotation de la zone périurbaine Seba ayoun : ............................................................................................................................................................... 52 Tableau 29 : Effet de la ville sur les exploitations de trois zones d’études. ......................................... 56 Tableau 30 : Synthèse des critères retenus de la durabilité: ................................................................. 61

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Liste des annexes Annexe 1: localisation des trois zones d’étude dans la ville de Meknès …..………….......67 Annexe 2 : tableau de la synthèse des superficies maraîchères développées (ha) par an pour chaque producteur………………………………………………………………………….68 Annexe 3 : tableau de synthèse pour les intrants pour chaque zone……………………….69 Annexe 4 : les exportations d’azote pour les espèces maraîchères………………………...71 Annexe 5 : référence pour l’émission de CO2 par les types des carburants……………..74 Annexe 6 : Exemple de calcule du bilan d’azote pour une exploitation…………………..74 Annexe 7 : Exemples de calcule du résultat économique pour l’exploitant 21……………75 Annexe 8 : Définition des termes des statuts juridiques des terres………………………...76 Annexe 9 : Photos prises durant les enquêtes…………………………………………..…..77 Annexe 10 : la fiche d’enquête……………………………………………………………...81

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Liste des abréviations CERD

: Centre des Etudes et des Recherches Démographiques

CIRAD

: Centre International de la Recherche Agronomique pour le Développement

CT

: Centre de Travaux

DPA Meknès : Direction Provinciale de l'Agriculture de Meknès DRAMT

: Direction Régionale de l'Agriculture Meknès-Tafilalet

FAO

: Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture

FIVIMS

: Food Insecurity and Vulnerability Information and Mapping Systems

HCP

: Haut commissariat au plan du Maroc

IFT

: indice de fréquence de traitement

ONU

: Organisation des Nations Unies

PIB

: Produit intérieur brut

RADEM

: Régie Autonome de Distribution d'Eau et d'Electricité de Meknès

RGA

: recensement général de l’agriculture

RGPH

: recensement général de la population et de l'habitat

SAU

: Surface agricole utile

SURFOOD : Sustainable Urban Food Systems UTH

: unité de travail humain

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Introduction

Introduction : En 2005, la population de la planète vivant dans les villes a dépassé celle vivant en milieu rural. L’urbanisation va continuer à se poursuivre dans les prochaines décennies afin de garantir à cette population une alimentation saine, à des prix abordables. L’agriculture et la chaîne de distribution alimentaire devront progresser pour proposer des systèmes d’approvisionnement durables. Ce sont les villes du monde en développement, où les taux de pauvreté urbaine dépassent souvent 50 pour cent, qui posent le problème majeur d’insécurité alimentaire (FAO 2002). « L'horticulture urbaine et périurbaine aide les villes des pays en développement à relever ces défis. D'une part, elle améliore l'approvisionnement des urbains en produits frais et nourrissants tout au long de l'année. Elle permet d'autre part aux ménages pauvres des villes d'accéder économiquement à des produits alimentaires grâce aux économies sur les dépenses alimentaires réalisées par la production de fruits et légumes ou bien grâce aux produits de la vente » (FAO 2013). Le Maroc comme beaucoup d’autres pays émergents, a connu une augmentation rapide du taux d’urbanisation ces dernières années. En effet, sa population urbaine qui n'excédait pas 3,4 millions en 1960, a déjà quintuplé en 44 ans, atteignant près de 16,5 millions selon le recensement de 2004. Le taux d’urbanisation est passé de 29 % à 55 % pendant la même période. Bien qu’on assiste à une multiplication des petites et moyennes villes durant les quarante dernières années, l’espace urbain marocain demeure dominé par les grandes villes (de plus de 100 000 habitants) en abritant près de 67 % de la population urbaine marocaine. C’est ainsi que suite au mouvement naturel, au mouvement migratoire ainsi qu’à la reclassification de nombreuses localités du rural dans l’urbain, la population urbaine continuera d’augmenter. Elle franchirait le cap de 26 millions dès 2024 pour atteindre 32,5 millions vers 2060. Globalement, durant le siècle allant de 1960 à 2060, la population urbaine du Maroc serait donc multipliée par 10. Le taux d’urbanisation qui était de 29,2% en 1960 s’établirait alors à 71,6% selon ces projections (CERD, 2005). Le Maroc, soucieux d'assurer sa sécurité alimentaire à la faveur notamment d'une gestion efficiente de ses ressources en eau, a adapté sa stratégie agricole à travers plusieurs initiatives (MAP 2012). L’Agriculture urbaine et périurbaine est un nouveau concept qui commence à devenir important au Maroc à l’instar du programme Agriculture urbaine à Casablanca (UAC) qui a démarré en 2005. Ce programme entre dans le cadre d’un projet développé par la coopération allemande dans 9 grandes villes du monde dont Casablanca. Ce projet s'inscrit dans le cadre du programme de recherche de mégapoles "Recherche pour le développement durable des mégapoles de demain - Structures optimisées au climat et efficientes en énergie dans les centres de croissance urbaine". Cependant en ce qui concerne l’agriculture, les résultats sont négatifs car les décideurs n’ont pas préservé les zones agricoles dans et autour de la ville. Cette présente étude met en perspective les relations entre la sécurité alimentaire et la durabilité des exploitations urbaines et périurbaines dans et autour de la ville de Meknès. Elle s’intègre dans le cadre du projet SURFOOD (Sustainable urbain food systems). L’objet de ce travail vise à décrire les exploitations maraîchères urbaines et périurbaines de la ville de Meknès et d’analyser les différents indices de la durabilité de ces exploitations à partir des enquêtes de terrain en relation avec la ville. Pour cela, on étudiera des facteurs en liens avec la ville comme la proximité des marchés urbains, les externalités négatives de la ville sur le maraîchage, ainsi que des facteurs propres aux exploitations maraichères comme l’utilisation des ressources (eau, terres) et des intrants (pesticides, engrais…) 11


Partie I : Problématique et contexte d’étude

Partie I : Problématique et contexte d’étude I.

La sécurité alimentaire des villes:

La sécurité alimentaire est assurée quand toutes les personnes, en tout temps, ont économiquement, socialement et physiquement accès à une alimentation suffisante, sûre et nutritive qui satisfait leurs besoins nutritionnels et leurs préférences alimentaires pour leur permettre de mener une vie active et saine (World Food Summit, 1996). L'insécurité alimentaire peut être due à l'insuffisance de la disponibilité alimentaire, à l'insuffisance du pouvoir d'achat, à des problèmes de distribution ou à une consommation alimentaire non adéquate au niveau familial. L'insécurité alimentaire peut être chronique, saisonnière ou temporaire. L’accessibilité à une alimentation saine et en quantité suffisante devient un enjeu majeur pour les grandes villes partout dans le monde. Au moins deux raisons peuvent être avancées. Tout d’abord, des quantités importantes d’aliments impliquant des surfaces agricoles non négligeables doivent être importées chaque jour pour nourrir les grandes agglomérations. En effet, pour nourrir des agglomérations d’au moins 10 millions d’habitants, comme Tokyo, São Paulo, Mexico ou la Région Île-de-France, environ 6 000 tonnes de nourriture doivent être importées chaque jour (FAO, 1998). Selon les calculs, un français a besoin en moyenne d'environ 0,18 hectares de culture et 0,12 hectares de prairie permanente pour se nourrir. Autrement dit, 3 millions d'hectares de terre agricole seraient nécessaires pour nourrir 11 millions de Franciliens, soit 6 fois la surface agricole utilisée en Île-de-France. Ensuite, en favorisant l’exclusion sociale et spatiale, l’urbanisation peut s’accompagner également d’une exclusion « nutritionnelle », c'est-à-dire d’accès insuffisant à une alimentation satisfaisante, permettant d’atteindre un état nutritionnel favorable à la santé. En effet, les zones concentrant des ménages aux revenus modestes au sein des grandes villes des pays riches concernent une partie non négligeable de la population. Dans les pays en développement, cela peut atteindre des proportions plus importantes. On estime qu’un tiers environ de la population urbaine mondiale réside dans ce que l’on qualifie « un bidonville » Le nombre d’agglomérations avec plus d’un million d’habitants a plus que doublé entre 1950 et 2007, passant de 181 à 414 agglomérations. Aujourd’hui, environ 1/6 du PIB mondial est localisé dans 25 villes (New-York et Tokyo représentent 4 % du PIB mondial) (Bricas et al. ,2011). Ce mouvement d’urbanisation se poursuivra dans les prochaines décennies. Toutefois, cette agglomération prend des formes différentes selon les continents. Dans les pays riches, si le taux d’urbanisation est élevé et stagne, on assiste à un mouvement d’extension spatiale des villes et de leur banlieue au détriment des terres agricoles. Selon les données disponibles de la FAO, l’Union européenne a perdu 30 millions d’hectares de surfaces agricoles entre 1961 et 2003, ce qui représente une perte nette annuelle de 770 000 hectares par an. En revanche, si les pays d’Afrique et d’Asie sont relativement moins urbanisés (la Chine et l’Inde accueillent tout de même environ 25 % des citadins de la planète). Ces pays connaissent des évolutions de taux d’urbanisation très élevées. Le poids de la population urbaine dans la population totale en Afrique et Asie a été multiplié par 2,7 entre 1950 et 2007 (Poitereau et Coulon, 2009).Sur 12


Partie I : Problématique et contexte d’étude

cette même période, le poids de la population urbaine en Afrique a augmenté à un rythme de 4,3 % par an en moyenne. Autre exemple venu d’Asie, Dhaka au Bangladesh, avec une population d’environ 9 millions d’habitants, croît à un taux annuel de 5 %, ce qui signifie 1 300 personnes supplémentaires par jour (Bricas et al., 2011). La figure 1 représente l’évolution des disponibilités alimentaires et du nombre de personnes sous-alimentées dans le monde. On remarque que même si la disponibilité des aliments a augmenté durant les quarantes ans précédents, le nombre de personnes sous alimentées a connu une augmentation (un sixième de la population mondiale) ce qui reflète une situation de perturbation de la sécurité alimentaire au niveau mondial.

Figure 1: Evolution des disponibilités alimentaires et du nombre de personnes sousalimentées dans le monde (FAO-STAT, 2010). Selon un rapport (FAO, 2012), de nombreuses villes africaines ne sont pas en phase avec la demande croissante de nourriture qui accompagne l'expansion démographique en milieu urbaine. Plus de la moitié des citadins vivent dans des bidonvilles en Afrique, jusqu'à 200 millions de personnes survivent avec moins de 2 dollars par jour, et les enfants pauvres des villes sont autant que les enfants ruraux pauvres susceptibles d'être atteints de malnutrition chronique. Le Programme de la FAO pour l'horticulture urbaine et périurbaine aide les villes à assurer, tout au long de l'année et à un coût abordable, un approvisionnement constant de produits frais qui répondent aux besoins nutritionnels des populations. Ce faisant, il vise à améliorer la culture maraîchère en général dans un rayon de 30 kilomètres du centre-ville. La FAO appuie également les mesures aidant les ménages à faible revenu en milieu urbain à 'cultiver en propre' en vue d'améliorer la qualité de leur alimentation, d'économiser de l'argent pour couvrir d'autres besoins, et de tirer des revenus de la vente des excédents de leur production Le Maroc, comme de nombreux autres pays arabes, subventionne largement des produits alimentaires de base. « Les enjeux de la sécurité alimentaire dans la région 13


Partie I : Problématique et contexte d’étude

méditerranéenne résident dans le maintien d'un équilibre entre le libre jeu des forces du marché et une approche plus réglementée axée sur des objectifs nutritionnels ainsi qu’entre l'augmentation de la productivité et la durabilité environnementale » (Padilla et al., 2005). L’agriculture urbaine et périurbaine :

II.

1) Définition L'agriculture urbaine, se réfère à de petites superficies (par exemple, terrains vacants, jardins, vergers, balcons, récipients divers) utilisées en ville pour cultiver quelques plantes et élever de petits animaux et des vaches laitières pour une consommation personnelle ou des ventes de proximité. Par agriculture périurbaine, nous entendons des unités agricoles proches de la ville qui gèrent des exploitations intensives commerciales ou semi-commerciales en pratiquant l'horticulture (légumes et autres cultures), l'élevage de volailles et d'autres animaux, pour la production de lait et d'œufs. L'agriculture urbaine et périurbaine est pratiquée dans le monde entier à l'intérieur des limites administratives des villes ou aux alentours de celles-ci. Elle permet d'obtenir des produits provenant de l'agriculture, de l'élevage, de la pêche et de la foresterie. Elle comprend également les produits forestiers autres que le bois, ainsi que les fonctions écologiques de l'agriculture, de la pêche et de la foresterie. Souvent, de multiples systèmes d'exploitation agricole et horticole existent déjà dans les villes et à proximité (FAO, 1999). Selon la FAO (2005), l'agriculture urbaine et périurbaine est pratiquée par environ 700 millions de citadins dans le monde (environ une personne sur 4 citadins), et si la tendance se poursuit, en 2030, la presque totalité de la croissance de la population se fera dans les villes des pays émergents et environ 60 % des habitants de ces pays seront des urbains. 2)

Histoire de l’agriculture urbaine et périurbaine :

L'histoire de l'agriculture urbaine et périurbaine (AUP) est ancienne et plus récemment, relativement liée au processus colonial, puisque certaines catégories de la population immigrée à fort pouvoir d'achat ont introduit de nouveaux comportements alimentaires (Moustier et Pages, 1997). Des ceintures vertes destinées à fournir des produits frais ont alors été créées pour répondre à ces besoins nouveaux. Cette forme d'agriculture est souvent moderne. Elle a été favorisée par des investisseurs locaux (commerçants, fonctionnaires, hommes d'affaires, etc.) (Centrès, 1995). Elle est particulièrement adaptée à certains produits (notamment: légumes et lait).

Depuis le début des années 1970, l'agriculture urbaine et périurbaine fait en outre l'objet d'un nombre croissant d'interventions par le biais d'agences internationales d'aide au développement. L'importance qui lui est accordée reflète l'évolution des politiques et des programmes en matière de développement international. Ainsi, au cours de cette décennie, l'agriculture urbaine a été considérée principalement sous l'angle de son apport à la sécurité alimentaire des populations des pays moins développés. A l'époque, l'aide internationale au 14


Partie I : Problématique et contexte d’étude

développement était dirigée en grande partie vers la satisfaction des besoins humains fondamentaux (Labrecque, 1997 ; Young, 1993). Au cours des années 1980, le potentiel de l'agriculture urbaine pour la création d'emplois a davantage retenu l'attention. Le paradigme dominant au sein des agences de développement était d'ailleurs celui de la création d'activités génératrices de revenus (Labrecque, 1997). L'agriculture urbaine s'est ensuite vue assigner un rôle de protection et de régénération de l'environnement alors que le développement durable prenait sa place dans l'ordre du jour de l'agenda international. L'agriculture urbaine et périurbaine n'est toutefois pas circonscrite aux seules régions du Sud. Les habitants des pays du Nord s'y adonnent aussi. Pour ceux et celles qui cultivent un lopin à la maison ou dans un jardin communautaire, il ne s'agit pas, selon Henning (1997), d'assurer leur survie et celle de leur famille, mais plutôt de combler les besoins que l'agriculture industrialisée ne peut pas satisfaire. Ainsi, le plaisir de récolter des légumes qu'on a semé soi-même ou de cueillir une salade fraîche au moment de préparer un repas motiverait certains jardiniers. Chez d'autres, produire des aliments sains et sans intrants chimiques ou réutiliser des déchets organiques compostés, contribuant ainsi à la récupération de l'énergie et à la protection de l'environnement, prendrait une importance particulière (Nguegang, 2003, Nguengang et al., 2005). 3) L’agriculture urbaine et périurbaine dans la ville de Meknès : Meknès est une ville qui était réputée par sa richesse agricole et par son caractère de ville-jardin, ou ville-verger. Elle devait cette renommée à une agriculture prospère qui remplissait une double fonction : d’abord alimenter la ville en produits alimentaires que l’état des échanges ville-campagnes, désarticulé et discontinu, n’arrivait pas toujours à assurer, ensuite servir d’espaces récréatifs pour la population citadine, qui avait l’habitude de les fréquenter dans le cadre des Nzaha (sorties hebdomadaires et récréatives). L’agriculture urbaine se trouve fortement dépendante des eaux claires des sources tantôt mélangées aux eaux usées réutilisées, cette situation comporte de grandes variations d’une vallée à une autre : celle de vallée Bouisshak constitue, à cet égard, un cas extrême puisque les eaux usées brutes représentent 96 % des eaux utilisées pour l’irrigation. Dans le périurbain, les puits et forages assurent une grande partie de l’irrigation. L’importance de cette activité découle de ses multiples retombés économiques, sociales et environnementales. En effet, cette agriculture urbaine, caractérisée par une taille moyenne des exploitations, ne manque pas d’atouts lui permettant d’être viable et compétitive. En dépit de l’utilisation de facteurs de production traditionnels tels que les animaux de trait imposés par la topographie et l’exiguïté des exploitations, les cultures sont moins intensives et les rendements faibles. Par ailleurs, et grâce à la proximité des marchés, les conditions d’écoulement sont optimales. Du point de vue des spéculations pratiquées, on relève la prédominance des céréales qui occupent 77 % de la surface agricole utile (SAU) localisés pour l’essentiel dans les municipalités périphériques de Toulal et Ouisslane, mais les plantations fruitières et, dans une moindre mesure, les cultures maraîchères n’en sont pas moins importantes avec respectivement 27,7 % et 13,2 % de la SAU (voir Tableau 1). 15


Partie I : Problématique et contexte d’étude

L’existence de cultures en sous-étages des cultures fruitières explique le taux d’intensification élevé constaté surtout dans les communes Al Ismaïlia et Al Mechouar. Par ailleurs, l’activité d’élevage n’est pas totalement absente dans cet espace agricole particulier puisqu’on compte, dans les municipalités, des effectifs de 1 338 bovins de race croisée et 3 356 ovins. Ces spéculations diversifiées alimentent directement et régulièrement et en quantités importantes, les différents marchés informels (souikas) qui foisonnent dans la ville, sans passer forcément par le marché de gros de fruits et légumes. L’agriculture urbaine et périurbaine couvre une superficie totale de 31 897 ha dont 3 557 ha au sein même du périmètre urbain. Sur cette superficie totale, 3 387 ha sont irrigués dont 913 en milieu urbain (Abdouh et al., 2004). Tableau 1 : Spéculations de l’agriculture urbaine dans la ville de Meknès. Spéculations Céréales Légumineuses Jachère Cultures oléagineuses Cultures industrielles Cultures fourragères Plantations fruitières Cultures maraîchères

S.A.U. (ha) 1 998 57 343 99 0 197 718 291

Total 2 594 Source : Recensement général agricole, 1996, DPA, Meknès. III.

% 77,0 2,2 13,2 3,8 0 7,6 27,7 11,2 -

L’interaction ville-agriculture :

En milieu urbain et périurbain, la terre devient un enjeu monétaire car elle peut accueillir des bâtiments ou des équipements lucratifs. En milieu urbain, l’achat d’une parcelle pour la construction de logements qui seront loués est généralement plus rentable que l’exploitation du même terrain à des fins agricoles. Le coût du terrain est ainsi dissocié de la rentabilité de l’activité agricole (Olanrewaju et al., 2004). Selon Moustier et Pagès (1997) « La concurrence pour le foncier entre usages agricoles et non agricoles affecte tous les types de terrain, car même les terrains marécageux peuvent être drainés en vue d’être construits, et la bonne terre agricole peut avoir favorisé le développement d’infrastructures de desserte, qui attirent l’immobilier ». D’après Van Den Berg (1984), la conversion de la terre agricole en terre urbaine en périphérie des villes africaines est irrémédiable et procède par étapes : à l’agriculture rurale, de rente ou d’autoconsommation, succèdent différents types de maraîchage ; le maraîchage est suivi de la « jachère sociale » (social fallow), c’est-à dire d’une situation dans laquelle une utilisation du foncier disparaît bien avant que la suivante ne la remplace ; la jachère sociale conduit à la construction. Le maraîchage périurbain est donc considéré par Van Den Berg (1984) comme un mode transitoire d’utilisation du foncier. La concurrence entre eau d’irrigation et eau potable est surtout marquée en zone sahélienne, comme l’illustre le cas de Dakar. Malgré la diversité et l’abondance des différentes ressources hydriques utilisées, l’approvisionnement de Dakar reste actuellement caractérisé par un important déficit de l’ordre de 100 000 m3 par jour en Période de pointe 16


Partie I : Problématique et contexte d’étude

(Mbaye et al., 1999). Cette situation résulte du déficit pluviométrique et de l’accroissement de la population. 1) Des interactions négatives a) La pollution Les pollutions non agricoles en ville correspondent aux pollutions liées aux activités industrielles, aux égouts et aux déchets domestiques. Ces pollutions affectent l’air, l’eau et le sol. Elles sont responsables des concentrations en métaux lourds et en agents microbiologiques pathogènes. Les déchets de plastiques et les débris de verre dans les déchets domestiques et industriels sont également des facteurs de nuisance. Les pollutions agricoles sont liées aux apports d’engrais (concentration de nitrates), aux pesticides, aux déchets et effluents d’élevage qui peuvent affecter la qualité de l’eau de la nappe, de l’eau de surface et même des sols. b) Les prédations et les nuisances Le vol des produits ou des bêtes sur les parcelles est un problème couramment cité par les agriculteurs urbains. La divagation des animaux peut occasionner des dégâts sur les parcelles cultivées. Les élevages urbains peuvent provoquer des nuisances : fumier, odeurs, bruits,… etc. La proximité de bas-fonds cultivés est parfois considérée par les citadins comme source d’insalubrité et de maladie (comme le paludisme) (Lee-Smith, 2013). 2) Des interactions positives Les interactions positives entre la ville et l’agriculture sont développées dans la partie sur les impacts de l’agriculture urbaine. En ce qui concerne l’effet positif de la ville sur l’agriculture, on peut citer la proximité du marché et ses opportunités commerciales, mais aussi un accès plus facile aux services de crédit, aux intrants et à la vulgarisation (Olanrewaju et al., 2004). Tableau 2 : Atouts et contraintes du voisinage urbain, Production Commercialisation Atouts Flux d’intrants et savoir-faire Proximité du marché Accès aux intrants Faible coût de transport Accès aux déchets urbains Accès à l’information commerciale Diversité de savoir-faire Relation de confiance Diversité des sources de revenus et de capital (fonctionnaires, commerçants, expatriés…) Accès à l’appui technique Contraintes Risques de production Risques de commercialisation Accès précaire au foncier Comme les autres types du Manque de reconnaissance maraichage on a un Caractère institutionnelle périssable et instable de l’offre Pollution du sol, l’air et l’eau Forte élasticité de la demande Menaces sur la fertilité des sols Risques sanitaires Pression phytosanitaire Entreprises dispersées (Moustier et David ,1997)

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Partie I : Problématique et contexte d’étude

La durabilité de l’agriculture urbaine et périurbaine:

IV.

En 1988, le groupe consultatif pour la recherche agricole internationale considère que «l’agriculture durable consiste à gérer de manière efficace les ressources utilisables pour l’agriculture dans le but de satisfaire les besoins changeants de l’être humain, tout en veillant au maintien, voire à l’amélioration de la qualité de l’environnement ainsi qu’à la préservation des ressources naturelles ». En 1990, HARWOOD définit l’agriculture durable comme « une agriculture capable d’évoluer indéfiniment vers une plus grande utilité pour l’homme, vers une meilleure efficacité de l’emploi des ressources et vers un équilibre avec le milieu qui soit bénéfique à la fois pour l’homme et pour la plupart des autres espèces ». Aujourd’hui, l’agriculture durable est communément admise d’après la définition de Francis et Youngberg (1990) telle « une agriculture écologiquement saine, économiquement viable, socialement juste et humaine ». La durabilité au sens économique fait référence à la capacité de l’exploitation à être rentable et à se reproduire au fil du temps. La durabilité au sens écologique fait référence à la préservation des ressources naturelles de base utilisées par l’exploitation ou affectées par les ressources agricoles (Robin, 2000). Et pour la composante sociale c’est la relation de l’exploitation et les acteurs sociaux qui l’entourent (Zahm et al., 2005). L’application du concept de développement durable à l’agriculture amène selon Zahm (2005) à établir des indicateurs combinant les trois dimensions suivantes :  Systémique : par l’appréhension globale des aspects économiques, environnementaux ou sociaux,  Temporelle et spatiale : en évaluant les effets susceptibles de se manifester dans la durée et dans l’espace, un système apparemment équilibré pouvant générer des déséquilibres à terme ou localement, V.

Présentation de province de Meknès : 1) Découpage administratif : Cercles : 03 Communes rurales : 17. Municipalités : 06 Caïdats et annexes : 09 (DRMT, 1996)

2) Population de la zone de Meknès: En général, on constate un pourcentage de la population urbaine qui est très élevé, cela montre que la région a connue un taux d’urbanisation relativement élevé. Cela peut justifier par un exode rural d’où le pourcentage faible de la population rurale.

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Partie I : Problématique et contexte d’étude

Tableau 3 : répartition de la population de la zone de Meknès Population Urbaine Province de Meknès pourcentage

Nombre d’agriculteurs

Population Rurale

563 468

139 895

80%

20%

19 860 3% (RGPH 2004)

3) Répartition de la superficie de la zone de Meknès : La région de Meknès est parmi les régions prometteuses pour l’agriculture au Maroc. 84% de la superficie est agricole. On constate que plus que 90% des superficies agricoles sont non irriguées. Tableau 4: répartition de la superficie agricole à Meknès. SAU (Ha) Meknès

149 500

Nombre exploitants

Nombre de parcelles

15 860

79 343

Superficie irriguée (Ha)

Superficie non irriguée (Ha) 11 500 138 000 (DRAMT, 1996)

4) Statut juridique des terres de la zone de Meknès : D'après le tableau 8, la majorité des terres sont des propriétés personnelles et les domaines de l’Etat. Les autres types de statut juridique représentent moins de 20% (voire annexe 8 pour l’explication des différents termes). Tableau 5: Statut juridique des terres agricole à Meknès

Meknès Pourcentage

Melk et assimilé 102 700 69%

Collectif

Habous

16 139 11%

5 293 3%

Guich

Domaine de l’Etat 5 970 19 398 4% 13% (DRAMT, 1996)

5) Typologie des exploitations agricoles de la zone de Meknès : Selon le tableau 6, Les petites exploitations qui ont une superficie inférieure à 5 ha ont un pourcentage élevé dans la répartition des exploitations de la région (11 705 exploitations). Mais en termes de superficie, elles couvrent une surface de 40 514 hectares. Par contre les grandes exploitations (la taille de l’exploitation est supérieure à 50 hectares) ont un pourcentage faible dans la répartition des exploitations de la région (206 exploitations). Mais en termes de superficie, elles couvrent une surface équivalente à celle des petites exploitations

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Partie I : Problématique et contexte d’étude

Tableau 6 : Typologie des exploitations agricoles Taille en hectares <5 5-10 10-20 20-50 >50 Total

Nombre d’exploitants 11 705 2 252 1 269 428 206 15 860

Superficie en hectares 40 514 23 920 25 415 19 136 40 515 149 500 (DRAMT, 1996)

6) Production végétale : D’après le tableau 7 les cultures qui dominent la région en termes de superficie sont les céréales, les légumineuses, l’olivier et les oléagineux. Mais en termes de production, le maraichage a une part très importante. La région de Meknès est aussi une région de culture des arbres fruitiers. Mais lorsque on effectuer une visite au DPA de Meknès (mars 2013), ils ont dit que « ces dernières années la culture des rosacées a connu un mouvement vers des zones plus élevées dû au réchauffement climatique et à l’apparition de maladies de quarantaine (le feu bactérien)». Cela veut dire que ces statistiques risquent d’être changer pour les rosacées dans les prochaines années. Tableau 7 : les déférents assolements et productions végétales de la zone de Meknès : (moyennes des campagnes agricole 2002-2007) Tournesol Maraichage Fourrages Légumineuses Céréales Vignes Amandier Pommier Palmier Olivier Autres

Occupation du sol (ha) 10 000 8 180 8 000 21 000 74 000 2 000 1 500 260 0 25 000 740

Production moyennes (t) 9 600 150 700 40 000 15 780 102 770 12 600 4 730 6760 0 30 230 15 240 (DRAMT, enquêtes 2002-2007)

7) Ressources en eau Les eaux superficielles sont constituées par les oueds et les sources. Les oueds qui traversent la ville ou qui coulent dans son proche arrière-pays font partie du bassin versant du Rdom, un affluent du Sebou. Le bassin versant du Beht couvre une superficie totale de 1 100 km2 dont 310 sur le plateau de Meknès. Le plus important de ces oueds est l’oued Boufekrane, aussi bien en raison de son débit (310 l/s en étiage) que de son déploiement au cœur de la ville. Les deux autres oueds, Ouisslane à l’est et Bouishak à l’ouest de la ville, drainent des débits d’étiage moins importants avec respectivement 210 l/s et 40 l/s. 20


Partie I : Problématique et contexte d’étude

D’autres sources sont localisées dans l’arrière-pays dont certaines, les plus importantes, sont exploitées par la RADEM pour l’alimentation de la ville en eau potable. Ces sources fournissent un débit d’exploitation variant entre 915 l/s et 800 l/s. Si on ne considère que les trois oueds qui traversent le périmètre urbain, le débit de l’eau claire (non polluée) disponible actuellement atteint 690 l/s. En période d’étiage, ce volume pourrait assurer, théoriquement, l’irrigation de 700 ha environ (Abdouh et al., 2004). Selon plusieurs témoignages concordants, les débits de ces oueds ont considérablement baissé par rapport à leur niveau d’il y a quelques décades. Cette raréfaction des eaux superficielles résulte de la conjugaison de plusieurs facteurs, parmi lesquels l’intensification de l’exploitation de la ressource en amont de la ville, surtout pour les besoins de l’agriculture, la réduction des eaux au niveau des résurgences et des sources induite par la sécheresse chronique qui touche le pays, et enfin la détérioration, voire l’obstruction des conduites et canalisations qui acheminaient traditionnellement l’eau vers Meknès (Abdouh et al., 2004) Les eaux souterraines du plateau de Meknès se subdivisent en deux nappes : • Les eaux de la nappe phréatique peu profondes (entre 10 et 30 m) : elles sont fluctuantes d’une année à l’autre en fonction des précipitations enregistrées. Bien que relativement pauvre, cette nappe est soumise à une surexploitation qui provoque souvent des problèmes de recharge. •Les eaux de la nappe profonde alimentée par la nappe phréatique du MoyenAtlas karstique, lui-même abondamment arrosé par les pluies et la neige. L’apport total de cette nappe sur le plateau de Meknès est estimé à 2 m3/s et constitue, par conséquent, la principale richesse hydraulique du plateau de Meknès (Abdouh et al., 2004). 8) Utilisation des eaux mixtes en milieu urbain et périurbain La sécheresse récurrente et les irrégularités des précipitations inhérentes au climat méditerranéen, conjuguées au désir légitime d’augmenter les rendements, expliquent le recours croissant à l’irrigation aussi bien dans l’arrière-pays de Meknès qu’au sein-même de son périmètre urbain. Sur un autre plan, la rareté croissante de l’eau, l’exacerbation de la concurrence pour son usage et enfin la disponibilité et la gratuité des eaux usées rejetées par le réseau d’assainissement liquide de la ville ont conduit les agriculteurs à utiliser ces eaux brutes ou mélangées aux eaux claires des sources pour satisfaire les besoins liés à l’irrigation. Si le débit total des eaux claires dans les trois vallées à l’intérieur du périmètre urbain en période d’étiage (environ 6 90 l/s) irrigue une superficie estimée à 700 ha, l’addition des eaux usées permet de doubler cette surface, puisque le débit total qui en résulte est en mesure d’irriguer une superficie comprise entre 1 400 et 1 800 ha (Abdouh et al., Avril 2004). Tableau 8: Parts relatives des eaux usées brutes et des eaux mixtes dans l’irrigation à Meknès Bassins des oueds Eaux usées brutes en % Eaux mixtes en %

Oued Boufekrane

Oued Ouisslane

Oued Bouisshak

5

62

96

95

38

4 (Abdouh et al., Avril 2004)

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Partie I : Problématique et contexte d’étude

La part relative des eaux usées brutes, déjà consistante dans l’irrigation de l’agriculture urbaine et périurbaine, a tendance à croître sous les effets conjugués de la raréfaction des eaux claires arrivant jusqu’au périmètre urbain, de l’augmentation inexorable des débits des eaux usées brutes rejetées, et probablement aussi de l’accroissement des besoins en eau de cette agriculture. L’état extrême du bassin de Bouisshak, irrigué presque exclusivement par des eaux usées brutes, risque de se généraliser à terme aux autres bassins, si aucune mesure n’est adoptée pour freiner ou atténuer cette tendance dans les effets sont néfastes à la santé des citoyens. 9) Construction de la station d’épuration à Meknès pour le traitement des eaux usées : Face à ce diagnostic alarmant les autorités de Meknès ont commencé à réagir en construisant une station d’épuration (STEP) en aval des 3 oueds qui traversent la ville. Mais à ce jour la STEP n’est pas fonctionnelle et seulement une partie des eaux usées de la ville y est convoyé par des canalisations et le reste est toujours envoyé dans les oueds. Par ailleurs les maraichers en particulier ceux de la vallée de l’oued Bouissak détournent en grande quantité les eaux usées à partir des canalisations dans la mesure où la source de l’oued a un débit limité surtout en été. Dans les deux autres vallées les eaux des oueds sont mélangés à des eaux usées (tableau 8) mais cela n’empêche les contaminations de productions maraichères par des polluants et des microorganismes dangereux pour la santé des consommateurs. Les autorités n’ont jamais pris des mesures d’interdiction de l’usage des eaux de ces oueds car elles font vivres des centaines de familles. Toutefois les producteurs prévoient que cette interdiction va être promulguée et appliquée surtout lorsque la STEP sera fonctionnelle et le réseau de canalisations d’eaux usées complétées et sécurisées (c’est-à-dire surveillé afin d’empêcher certains maraichers de détourner ces eaux). Il est prévu en plus de ces infrastructures que les eaux traitées sortant de la STEP puissent être utilisées pour l’agriculture mais cela se fera en aval de la ville, dans un nouveau périmètre non encore aménagé sans garantie pour les maraichers des 3 vallées de disposer de terres dans ce cadre. Plus globalement au niveau de la plaine du Sais qui intègre la ville de Meknès et à moyen et long termes, le déséquilibre entre capacités de production de l’eau à partir des ressources locales et besoins de consommation continuera de se creuser. Par ailleurs, l’hypothèse d’un recours à des ressources hydrauliques plus ou moins lointaines (haut Sebou) semble peu réaliste eu égard aux investissements lourds qu’elle implique. VI.

Présentation du programme Surfood :

Surfood (Sustainable Urban Food Systems) est un programme qui a démarré en 2013 et qui est encore en construction fédérant une quinzaine d'unités de recherche de Montpellier sur les systèmes alimentaires urbains durables.

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Partie I : Problématique et contexte d’étude

Le programme propose de coordonner et d’animer des recherches existantes et nouvelles sur l’évolution de l’alimentation des villes au regard des enjeux de la durabilité. Par durable, on entend à la fois respectueux de l'environnement et valorisant la biodiversité, nutritionnellement sûrs et sains, culturellement acceptables, économiquement équitables et accessibles. Les systèmes alimentaires durables s'appuient sur un secteur économique créateur d'emplois, valorisant la diversité des savoirs et savoir-faire des sociétés et résilients face aux instabilités croissantes. L’urbanisation de la population mondiale s’est accompagnée d’une série de processus lourds d’implications pour la durabilité des systèmes alimentaires. Elle a notamment favorisé la généralisation d’un modèle agroindustriel aux conséquences souvent néfastes pour l’environnement, la santé et le bien-être, ou encore l’emploi. Mais dans le même temps, la ville offre des opportunités qui maintiennent une diversité alimentaire et génèrent des innovations (circuits courts, agriculture urbaine, nouvelles formes de restauration, etc.). De plus, elle permet une gestion qui pourrait être optimisée des ressources, des infrastructures et du recyclage des déchets. Le projet repose sur deux hypothèses : • La région urbaine peut être une échelle pertinente pour la gouvernance de systèmes alimentaires durables. • La valorisation des diversités à toutes les échelles d’un système alimentaire (production, transformation, distribution, consommation, recyclage des extrants) au travers de combinaisons et d’agencements variés peut être un facteur de résilience. Le projet est provisoirement structuré en sept axes de recherche : 1. Flux et cycles : comment réduire le gaspillage alimentaire et mieux recycler les déchets urbains ? 2. Circuits d'approvisionnement et de distribution: quelles combinaisons pour des systèmes alimentaires urbains durables ? 3. Territoires et agriculteurs : comment affirmer le rôle alimentaire de l’agriculture urbaine ? 4. Sécurisation alimentaire : comment lutter en ville contre la précarisation alimentaire ? 5. Citadins: comment les mobiliser autour de pratiques alimentaires plus durables ? 6. Biodiversité et nutrition : comment le maintien d’une agro biodiversité peut-elle concourir à une meilleure santé nutritionnelle ? 7. Gouvernance alimentaire urbaine : comment mettre en politique des projets de systèmes alimentaires urbains durables ?

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Partie I : Problématique et contexte d’étude

VII.

Problématique et objectif du travail :

L’objet de ce travail vise à décrire les exploitations maraîchères dans et autour de Meknès et d’évaluer la durabilité de ces exploitations à partir d’une enquête de terrain systémique. Différents indicateurs de la durabilité sont intégrés dans l’enquête. D’une part ceux qui sont liés à la ville et d’autre part, les indicateurs liés à l’utilisation des ressources (eau, terres) et des intrants (pesticides, engrais). La performance de l’exploitation peut être évaluée en fonction de sa durabilité. Pour cela, on pose certaines questions : -

VIII.

Quelle est l’effet de la ville (les marchés et les relations de proximité) sur les systèmes de production maraichers dans la zone urbaine et périurbaine de Meknès ? Quels sont les organismes sociaux auxquels l’exploitation adhère ? Comment évaluer les activités maraîchères de l’agriculteur et quel est le sort du maraichage dans ses projets d’avenir ? Comment ces exploitations utilisent-elles les ressources naturelles et comment les pratiques liées à ces usages contribuent à la durabilité de ces exploitations ? Quelle est la rentabilité économique des cultures maraîchères dans ces exploitations et quelle est l’importance de l’agriculture dans le revenu de la famille des exploitants ? Quelle est l’importance la main d’œuvre familiale dans la production maraîchère et comment apprécier sa part dans la recette économique du maraichage par rapport aux autres domaines du travail ? Hypothèses du travail:

 L’effet de la ville sur les exploitations maraîchères des zones urbaines (oued

Boufekrane et oued Ouisslane) et périurbaine (Seba ayoun) : L’effet de la ville Meknès sur les exploitations décroit depuis le centre vers la périphérie (depuis oued Boufekrane à travers oued Ouisslane jusqu’à la commune urbaine de Seba ayoun). En effet, les exploitants des zones urbaines (oued Boufekrane et oued Ouisslane) sont très dépendants de la ville de Meknès. Ils cultivent moins de 1 ha comprenant plusieurs petites parcelles et parfois avec des cultures en terrasses. La production maraîchère faible permet aux exploitants de faire une commercialisation directe sur les marchés locaux. En plus, les exploitations des zones urbaines sont très exposés au développement de l’urbanisation. Les exploitations de la zone périurbaine (Seba ayoun) sont dépendantes de la ville pour l’acquisition des produits et matériels agricole d’une part et le transport d’une autre part. Mais pour la commercialisation de leur production, les exploitants de cette zone travaillent avec les grossistes.  L’importance du maraichage dans le revenu de la famille des exploitants des zones

urbaines (oued Boufekrane et oued Ouisslane) et périurbaine (Seba ayoun) : En général, l’importance de l’agriculture dans les revenus de la famille dépend de la situation de l’exploitation par rapport à la ville et aussi la taille de l’exploitation. En général, dans les zones urbaines, les agriculteurs ont d’autres sources de revenu liées à la ville. Et de 24


Partie I : Problématique et contexte d’étude

plus on s’éloigne du centre ville vers la zone Seba ayoun, les exploitants sont très dépendants de l’agriculture qui devient la source principale ou unique des revenus pour ces familles. Pour le maraichage, on estime qu’il consiste la grande part des revenus à coté des céréales dans la zone périurbaine Seba ayoun. Vu le système agricole intensifié, les revenus du maraichage sont plus importants. Pour les zones urbaines le maraichage est en équilibre avec l’élevage et d’autres activités non agricoles.  Le système de production : Le système de production maraîcher est influencé par :     

La situation géographique par rapport à la ville La superficie agricole utile La source d’eau et le type d’irrigation Les reliefs Des habitudes culturelles qui sont transmises de père en fils.

Pour l’hypothèse : « le système de la production change en passant des exploitations urbaines aux exploitations périurbaines ». En effet, on estime que le système maraîcher dans les zones urbaines est très diversifié. Les exploitants cherchent à étaler les périodes de la production pour avoir une source de revenu continue sauf en hiver. Comme les superficies cultivées sont petites, les quantités des intrants sont très faibles. On parle essentiellement de l’apport du fumier organique. Pour la source d’eau d’irrigation, les exploitants valorisent l’eau claire des cours d’eau qui traverse la ville (oued Ouisslane et oued Boufekrane) captée par une séguia. On note aussi l’utilisation des eaux usées brute dans quelques exploitations urbaines. Pour cultiver les terres en pente les agriculteurs adoptent les cultures en terrasse. Les travaux de labour se font à l’aide des animaux de trait. Pour la zone périurbaine, le système de production est amélioré ; le système de production est intensifié : les apports d’intrants sont élevés et les rendements importants. La source principale d’eau d’irrigation est la nappe phréatique ainsi que l’eau de l’oued Jdida.  Les acteurs sociaux qui s’activent dans les zones d’étude : Vu que la zone périurbaine de Seba ayoun est une zone important de point de vu production du maraichage à l’échelle de la région, on ne pense qu’un nombre important d’organismes professionnels (associations, coopératifs) s’activent dans cette zone. Pendant nos premières visites dans cette zone on a constaté la présence de plusieurs coopératives de l’ancienne réforme agraire. Ces coopératifs qui ont comme rôle Controller l’exploitation des terres agricoles après la colonisation. Mais ces coopératifs sont devenues moins fonctionnelles après la nouvelle réforme agraire qui a permet aux adhérents de ces coopératifs de partager ces terres et devenir des vrais propriétaires (ils peuvent vendre ou louer leur terres). En zone urbaine vu l’ignorance de l’importance de ce type d’agriculture au niveau local (par les organismes professionnels pour l’agriculture) la chance de trouver des organismes professionnels dans cette zone est moins importante. 25


Partie II : Matériel et méthodes

Partie II : Matériel et méthodes I.

Choix de la zone d’étude :

Meknès est une ville qui était réputée par sa richesse agricole et par son caractère de ville-jardin, ou ville-verger. Cette ville a connu ces dernières années (depuis 2006) un mouvement d’urbanisation hautement significatif. En effet, les investissements dans l'habitat et le BTP (Bâtiment et travaux publics) sont passés de 351,5 millions de DH en 2006 à plus de 3,6 milliards de DH en 2007. La production de logements totalise ainsi, au niveau régional quelque 8 555 logements alors que le parc logement en milieu urbain se chiffre à 210 773 logements à fin décembre 2007 pour 259 187 ménages d'après les chiffres de l'observatoire de l'habitat. La ville s'étend vers l'Est grâce au lancement par Al Omrane Meknès d'un projet de grande envergure «Riad Ouislane» et vers l'ouest suite à la réalisation du projet de «Riad Toulal» (Bami, 2008). D’où le choix de la zone d’Ouisslane, parce que c’est une zone d’interaction entre agriculture urbaine et l’investissement en immobilier. Pour notre étude, on a focalisé sur la zone entre Ouisslane et Plaisance. Et plus particulièrement les exploitations installées dans la vallée de l’Oued Ouisslane, pouvant utiliser les eaux de ce cours d’eau (via des séguias) pour l’irrigation de cette zone encore épargnée de l’urbanisation. On a travaillé aussi sur la zone urbaine d’Oued Boufekrane. Ce cours d’eau traverse la ville de Meknès, le long duquel, on trouve des exploitations d’agriculture urbaine. La raison de choisir cette zone c’est que d’abord c’est une zone verte où la construction est interdite, mais il y’a d’autre menaces de la durabilité du maraichage dans cette zone : les eaux usées brutes, la pollution, les vols…. La troisième zone d’étude, c’est la ville de Seba Ayoun situé à 15 Km à l'Est de la ville de Meknès. Couvrant une superficie de près de 950 ha dont la moitié seulement est ouverte à l’urbanisation, alors que l’autre moitié est dédiée à l’agriculture. Seba Ayoun, la ville « des sept sources » est située au cœur d’un territoire à grand potentiel hydrique. En plus de ses sources, la ville est irriguée par trois oueds (Oued Bougnaou, Oued Jdida et Oued Tizguite). L’économie de la ville semble largement ancrée sur l’arrière-pays agricole. De par l’importance de la surface agricole utile dans la municipalité (5 576 ha dont près de mille hectares sont irrigués). La population de la municipalité de Seba Ayoun est passée de 15 575 hab. en 1994 à 21 513 hab. en 2004. C’est aussi une zone d’intensification du maraichage en zone périurbaine pour deux cultures essentiellement : l’oignon et la pomme de terre. Ce système agricole a un effet sur la situation économique et environnementale de l’exploitation. (Voire l’annexe 1)

26


Partie II : Matériel et méthodes II.

Choix du maraîchage :

Les cycles courts des cultures maraîchères (de 1 à 4 mois) sont adaptés au caractère précaire des activités en milieu urbain et à l’insuffisance des ressources financières de certaines populations urbaines. Les exigences variables en capital et en expertise de ces productions les rendent accessibles à des populations aux ressources diverses. De plus, Les légumes sont adaptés à l’alimentation en milieu urbain, où ils permettent de diversifier les régimes alimentaires. Les faibles exigences en capital de départ du commerce de légumes frais rendent ce genre de production important dans la sécurité alimentaire de la ville. L’importance relative des flux de l’agriculture urbaine et de l’agriculture rurale diffère selon les saisons. C’est un aspect fondamental qui doit être pris en compte pour assurer l’approvisionnement régulier des consommateurs en jouant sur les complémentarités entre ces deux types d’agriculture. Et sans oublier, que ce genre d’aliments est le plus consommé au Maroc. III.

Visite de terrain et repérage des espaces et produits :

Une première série de visites de terrain a permis de préciser la nature des systèmes maraîchers et de se familiariser avec le terrain. Cette première phase a consisté :  à rencontrer les différents établissements d’appui agricole (sous Centre des Travaux Seba ayoun, CT Ain Taoujtate, CT Ouisslane, et DRA et DPA de Meknès) ;  A faire des visites de terrain pour rencontrer des agricultures selon le transept Ouisslane Seba ayoun et les exploitations d’oued Boufkrane. Ces visites exploratoires ont été mises à profit pour identifier les différentes situations de maraichage qui ont servi de base pour le choix des lieux d’enquêtes. IV.

Enquêtes et collectes des données :

Pour les enquêtes auprès des producteurs, un guide d’entretien a été construit autour de neuf points (voire annexe 10):  – – – – –       

Description d’exploitation : la taille des exploitations ; les régimes fonciers ; La diversité culturale. mode d’irrigation La main d’œuvre (salarierale et familiale) Importance du maraîchage dans le revenu de la famille des exploitants Place du maraîchage dans le système d’activités : identification des autres activités du producteur et place de l’activité de maraîchage. Techniques de production : données sur les systèmes de culture maraîchère (itinéraire techniques, rotation, diversités des cultures). Gestion des intrants et utilisation d’eau. Résultats économiques : basés essentiellement sur les années précédentes Relations ville-exploitation : stratégies des maraîchers face à l’avancée de la ville. Adhérer aux Acteurs sociaux 27


Partie II : Matériel et méthodes  V.

Place du maraichage dans les projets familiaux d’avenir pour l’exploitation. Critères de la durabilité :

Dans ce travail on a utilisé huit indices de la durabilité (tableau 9). Le travail avec des petits agriculteurs qui sont en général, plus âgés et avec un niveau d’étude inférieur nous a limités aux indices de durabilité les plus importants. Cela a nécessité dans plusieurs cas deux visites à l’exploitation pour essayer de récupérer le maximum des informations. Tableau 9 : les différents indices des critères de la durabilité analysés dans ce document Agro environnementale Diversité culturale

Agro économique Viabilité économique des cultures maraîchères.

Rotation culturale

Agro sociale les organismes professionnels Place du maraichage dans la planification des agriculteurs

Utilisation d’eau et des intrants

Les conditions pour la continuité dans le domaine maraichage : Effet de la ville Meknès sur les différentes zones d’étude

VI.

Echantillonnage

Le manque d’une base de données officielle pour chaque zone d’études nous empêche de choisir un échantillonnage représentatif. Le choix de nombre des exploitations choisies pour chaque zone d’une façon arbitraire. Tableau 10 : nombre des exploitations enquêtées selon les zones d’étude.

Zone Oued Ouisslane Oued Boufekrane Seba ayoun VII.

Type de zone urbaine urbaine périurbaine

Nombre d’exploitations 11 6 14

Analyses des données :

1) Dépouillement Il s’agit d’une pré-analyse qui consiste à organiser les informations recueillies. Cette organisation se base sur le rassemblement des données dans un tableau remplie directement à partir des fiches d’enquêtes. Ce tableau portant les variables horizontaux et les individus verticaux. Une telle étape représente le point de départ de toutes les analyses. 2) L’analyse descriptive Cette étape est indispensable pour l’exploitation des données quantitatives recueillies par le questionnaire permettant ainsi de répondre à nos questions de recherche. Cette analyse est faite grâce au logiciel Excel. Pour pouvoir trouver des données sous forme de tableau ou de 28


Partie II : Matériel et méthodes graphes, des étapes sont indispensables : la saisie de la matrice brute sur Excel pour le questionnaire, organisation selon les objectifs de recherche, codage et création de variables. 3) Analyse de contenu Vu l’existence de l’information qualitative contenue dans les questions adressées à nos interlocuteurs, nous avons procédé à l’analyse du contenu. Cette dernière est la plus adaptée à ce type de variable. Cette analyse consiste à regrouper les différentes réponses qui peuvent comporter un certain nombre de modalités. Afin de déterminer les fréquences et les pourcentages relatifs aux différentes variables ou réponses retenues, nous avons procédé à un tri à plat après avoir saisi nos données sur logiciel Excel. 4) Analyse statistique : Faire des analyses de variances et comparaison des moyennes entre les trois zones (logiciel Minitab) pour faire l’interprétation de certaines données. VIII.

Les contraintes du travail :

Comme toute recherche, notre travail connaît des limites et contraintes à savoir :  Limite spatiale : Etant donné l’étendue de notre zone d’étude et compte tenu de la contrainte de transport, on a enquêté avec les agriculteurs qui on a la facilité d’accéder aux leurs champs.  Limite temporaire : compte tenu du temps qui nous est imparti, nous nous sommes limités à 30 agriculteurs réparties entre les trois zones études (oued Boufekrane, oued Ouisslane, et Seba ayoun).  Limite des donnés administratives : Notre travail aurait pu gagner plus de valeur si on a une base des données officielles pour pouvoir faire un échantillonnage représentatif.  Limites dû questionnaire : durant notre travail, on a essayé d’avoir le maximum des informations possibles. On a testé plusieurs fois notre questionnaire pour éviter les répétitions. Pour les indicateurs de la durabilité : on a gardé les indicateurs les plus importants. Mais, on s’est avéré que pour avoir des informations précises et vu que les agriculteurs ont des autres obligations. On a opté de faire 2 visites pour chaque exploitants et de visiter 2 exploitants par jour (1 le matin et 1 le soir).

29


Partie III : Résultats et discussion

Partie III : Résultats et discussion IX.

Description générale des exploitations

1) Le foncier : Dans la zone urbaine d’Ouisslane, les exploitations sont en général de petits champs sur les pentes du cours d’eau «oued Ouisslane ». Dans les zones où la pente est très forte, les exploitations sont installées sur des terrasses. Parfois, les exploitants utilisent ces terrasses en prairie. Dans cette zone d’étude, les exploitants ne sont pas les vrais propriétaires du foncier. Le foncier appartient souvent à des propriétaires qui ont des activités autres que l’agriculture. Pour garder ces jardins « verts en culture et entretenus» ou veiller sur ces terrains, ils les louent ou travaillent avec des métayers. La figure 2 montre les différents types de statut foncier dans la zone urbaine. A Ouisslane, on constate que l’association du type métayage est le cas le plus fréquent.

9% Habous

36%

Métayage Location

55%

Figure 2: les différents types de statut foncier des 11exploitations enquêtées dans la zone urbaine d’Ouisslane Pour les exploitations dans la vallée de l’oued Boufkrane, dans la zone urbaine, on observe un profil semblable à celui de la zone d’Ouisslane, des petits jardins alignés le long du cours d’eau « oued Boufkrane » et des jardins en terrasses. Les statuts fonciers, selon la figure 3, sont variables avec en majorité la forme Melk (propriété privée).

16% 50%

Habous 17%

17%

Métayage Location Melk

Figure 3 : les différents types de statut foncier dans 6 exploitations enquêtées la zone urbaine De Boufekrane

30


Partie III : Résultats et discussion Dans la zone périurbaine de Seba ayoun, les exploitations sont de plus grandes dimensions que dans les zones urbaines d’Ouisslane et Boufekrane. On ne trouve pas les contraintes des reliefs et les parcelles sont facilement accessibles. La forme dominante du statut foncier est la propriété familiale (Melk) (La figure 4).

7%

7% Métayage Location Melk

86%

Figure 4: les différents types de statut foncier 14 exploitations enquêtées dans la zone périurbaine de Seba ayoun

2)

La surface : Les exploitations de la zone urbaine d’Oued Boufkrane sont les plus petites avec une superficie moyenne de 1,08 ha. En comparant la superficie moyenne et la superficie moyenne occupée par les cultures maraîchères, on constate que les cultures maraîchères représentent 70% de la superficie totale des exploitations dans la zone Boufkrane. Dans la zone Ouisslane, les cultures maraîchères occupent 48% de la superficie totale et 26% dans la zone périurbaine Seba ayoun. Les superficies des exploitations de la zone urbaine d’Ouisslane sont plus importantes que celles de la zone urbaine de Boufkrane avec une superficie moyenne par exploitation de 3,32ha. Cela est dû à ce que les exploitants sont associés en métayage avec plusieurs personnes, dont les parcelles peuvent être localisées dans des sites différentes. Pour les exploitations de la zone périurbaine de Seba ayoun présentent des superficies supérieures à celles des zones urbaines, en moyenne de 9,78ha (tableau 11).

31


Partie III : Résultats et discussion Tableau 11 : représentation des différentes superficies des exploitations enquêtées dans les trois zones d’études : Superficie moyenne (ha)

Superficie minimale (ha)

Superficie maximale (ha)

Superficie moyenne du maraichage (ha)

Les exploitations enquêtées de zone oued Ouisslane

3,32

1

16

1,6

Les exploitations enquêtées de zone oued Boufekrane

1,08

0,5

1,75

0,76

Les exploitations enquêtées de zone Seba ayoun

9,78

1,5

65

2,52

L’irrigation : Les agriculteurs de la zone urbaine d’Ouisslane utilisent en général le système d’irrigation gravitaire par Séguia. La Séguia est un canal d’irrigation ouvert alimenté par le cours d’eau Oued Ouisslane ou les sources d’eau superficielle de la zone (Ain Keneb, Ain Moulay Saïd). L’organisation de l’irrigation se fait selon des noubas (tour d’eau). Cette réglementation est mise en œuvre par le Jmaa : ensemble des agriculteurs qui ont un droit d’eau de la Séguia. Ces agriculteurs s’occupent aussi du nettoyage et l’entretien de la Seguia chaque année. Pendant l’été et les années de sécheresse, le débit des séguias diminuent fortement, pénalisant les agriculteurs qui en dépendent. Cette contrainte est accentuée par le fait que la plupart des cultures maraîchères se cultivent d’avril à septembre. Cependant, quelques agriculteurs font un pompage complémentaire à partir de la nappe phréatique en dehors des jours du tour d’eau. De plus, certains agriculteurs utilisent les eaux usées de la cimenterie d’Ouisslane pour l’irrigation. Les eaux de l’Oued Ouisslane se mélangent avec les eaux usées des unités industrielles et des pépinières installées en amont. La figure 5 représente les différents types de source d’eau dans la zone urbaine d’Ouisslane. 3)

32


Partie III : Résultats et discussion 7 6 5 Nombre des exploitation

4 3 2 1 0 Saguia des sources

saguia de Oued Ouisslane

nappe phréatique

eaux usées

Figure 5: les différents types des sources d’eau d’irrigation utilisées par les 11 exploitations enquêtées dans la zone urbaine d’oued Ouisslane.

Dans la zone urbaine de Boufekrane, l’organisation de l’irrigation est très proche de celle de la zone d’Ouisslane. Cependant, l’utilisation des eaux usées brutes de la ville de Meknès est plus importante que dans la zone d’Ouisslane. En effet, les agriculteurs cultivent ces terrains entre avril et fin août, alors que le débit d’eau du séguia d’Oued Boufekrane diminue dans les mois les plus chauds. Mais, il reste en général un débit acceptable pour l’irrigation. La figure 6 représente les différentes sources d’eau dans la zone de Boufekrane. La source d’eau principale pour l’irrigation est l’Oued Boufekrane, mais l’utilisation des eaux usées est aussi très fréquente.

5

4

3 Nombre des exploitation

2

1

0 saguia de Oued Boufkrane

eaux usées

Figure 6: les différents types des sources d’eau d’irrigation utilisées par les 6 exploitations enquêtées dans la zone urbaine d’oued Boufekrane.

33


Partie III : Résultats et discussion Pour la zone périurbaine du Seba ayoun, l’irrigation est liée à l’utilisation des eaux des nappes phréatiques. L’eau d’irrigation est puisée par un groupe motopompe. La profondeur moyenne des puits est 26 m. Le système de distribution est gravitaire. Mais, on constate un mouvement de conversion vers le système d’irrigation localisé, en profitant des offres de subvention de l’état. Selon les agriculteurs «ce système leur permet de diminuer la main d’œuvre et le temps nécessaire pour l’irrigation. Il est plus adapté à la culture de la pomme de terre qu’à la culture d’oignon ». Mais, il existe quelque agriculteurs qui produisent l’oignon en goute à goute et qui réalisent des bons rendements par rapports aux gravitaires (parce que la densité de plantation est plus élevés lorsque on utilise le goute à goute) La figure 7 représente, le nombre des agriculteurs qui utilisent le gravitaire et ceux qui utilisent le système localisé parmi les exploitants enquêtés. 9 8 7 6 Nombre des exploitations

5 4 3 2 1 0 gravitaire

localisé

Figure 7: Nombre des agriculteurs qui utilisent le gravitaire et ceux qui utilisent le système localisé dans la zone périurbaine de Seba Ayoun

Tous les agriculteurs confirment que l’eau d’irrigation est de bonne qualité et n’a pas un effet négatif direct sur les cultures. Cependant, des effets négatifs indirects sont déclarés dans la zone d’Ouisslane. Selon quelques agriculteurs « l’eau d’irrigation est la source d’infection des sols par les courtilières ». Mais, techniquement cela est plus d’être vrai parce que la totalité de son cycle de vie se passe sous sol. 4) Les équipements : Dans les zones urbaines (Ouisslane et Boufekrane), les exploitations sont en général moins équipées. Cela est du au système de production qui reste très traditionnel. A Ouisslane, le labour se fait essentiellement avec la traction animale. Selon les agriculteurs de cette zone, la non-utilisation du tracteur motorisé est liée à la difficulté d’accès des engins agricoles (pente, chemin étroit), la taille des parcelles et la situation financière très faible des agriculteurs. On constate une solidarité entre les agriculteurs pour l’utilisation des équipements agricoles. Les exploitants s’échangent les équipements entre eux pour remédier à l’insuffisance d’équipements (sans avoir payé la prestation). Pour le transport des produits vers le lieu de vente, les agriculteurs de la zone d’Ouisslane recourent à la location des 34


Partie III : Résultats et discussion véhicules de transport (Pick-up). La situation de l’autre zone urbaine Oued Boufekrane est semblable à celle de la zone d’Oued Ouisslane. Mais, les agriculteurs n’ont pas accès aux engins de labour, ni aux véhicules de transport pour des raisons d’accessibilité et de taille des parcelles ; ils profitent de la proximité des marchés, et transportent leurs produits par les mulets aux marchés de la ville. Cependant, dans la plupart des cas, les exploitants vendent leurs récoltes sur pied (ou au champ) aux grossistes. Il y a des différences importantes d’équipement entre les trois zones. Les exploitations de la zone périurbaine de Seba Ayoun sont plus équipées que celles de la zone urbaine. Le système intensifié des cultures et les surface plus importantes, demandent l’utilisation des machines agricoles dont celles de pompage des eaux souterraines pour assurer une bonne efficacité du travail. Mais les agriculteurs n’ont pas les moyens d’assurer tous les équipements nécessaires, ils recourent à la prestation pour quelques activités (labour et transports). En général, les agriculteurs de Seba Ayoun cherchent à vendre les produits sur pied ou au bord du champ ; dans les cas contraire, ils utilisent un véhicule pour transporter leurs produits au marché de gros de Meknès. Le tableau 12 montre Nombre des exploitations enquêtées équipé dans les zones urbaines Oued Ouisslane et Oued Boufekrane et dans la zone périurbaine Seba ayoun. On constate une différence entre les trois zones. Avec un avantage de la zone périurbaine en termes d’équipement des exploitations. Tableau 12: Nombre des exploitations enquêtées équipé par zone d’étude

Equipements/ Localisation

Ouisslane

Boufekrane

Seba Ayoun

Nombre total des exploitations enquêtées Nombre des exploitations équipées par le matériel de traitement phytosanitaire

11

6

14

6

4

10

Nombre des exploitations équipées par la motopompe Nombre des exploitations équipées par un Tracteur et ses équipements

1

0

14

0

0

5

La main d’œuvre : La main d’œuvre est un des éléments de base pris en compte dans la production agricole des trois zone d’étude, le recours à la main d’œuvre salariée est plus fréquente dans la zone périurbaine Seba ayoun que les deux zones urbaines Ouisslane et Boufekrane. En général, on observe un recours à la main d’œuvre saisonnière ; par contre, la main d’œuvre salariée permanente est peu fréquente. Le coût de la main d’œuvre varie selon les saisons : par exemple dans les mois chauds, la main d’œuvre devient plus chère. On a aussi une augmentation du prix de la main d’œuvre dans les jours de fête et pendant le mois du ramadan. Le tableau 13 montre le cout de la main d’œuvre dans les différentes zones d’étude. On constate dans la zone d’oued Boufekrane le cout de la main d’œuvre est moins cher par 5)

35


Partie III : Résultats et discussion rapport aux autres zones d’étude parce que dans ces zones, les surfaces cultivées sont faible, et dans la plus part les travaux se termine dans le champ avant qu’on attient une journée de travail (moins de 8 heures) mais on paye l’ouvrier la totalité de la journée. Tableau 13 : cout de la main d’œuvre dans les différentes zones d’étude Cout de la main d’œuvre Zone d’étude oued Ouisslane Zone d’étude oued Boufekrane

Zone d’étude Seba ayoun

homme femme homme femme Plantation d’oignon (travail à la tâche) Buttage de pomme de terre (par les animaux de traits) homme femme

80 (Dh/jour) 60 (Dh/jour) 70 (Dh/jour) 50 (Dh/jour) 7000- 8500 (Dh/Ha) 250 (Dh/jour) 80 (Dh/jour) 70 (Dh/jour)

La difficulté de trouver de la main d’œuvre est plus grande en zone périurbaine qu’en zone urbaine. Selon les agriculteurs de Seba ayoun, la main d’œuvre devient rare dans certaines périodes critiques : période de plantation, période de récolte, le mois de Ramadan,…. Elle devient très chère : parfois il est nécessaire de se déplacer vers d’autres zones pour embaucher de la main d’œuvre avec dans certains cas une main d’œuvre non qualifiée. Selon la figure 8, l’utilisation de main d’œuvre familiale est plus grande dans la zone périurbaine de Seba ayoun et la zone urbaine de Ouisslane. La faible utilisation de la main d’œuvre familiale dans la zone de Boufekrane est due à ce que la plupart des agriculteurs habitent dans des quartiers loin des exploitations alors pour éviter les charges de déplacement les agriculteurs n’utilisent pas la main d’œuvre familiale. 5

4

UTH familiale / exploitation

3

2

1

0 Ouisslane

Boufkrane

Seba ayoun

Figure 8: la moyenne de l’UTH familiale par exploitation enquêtée dans la zone d’Ouisslane, Boufekrane et Seba ayoun

36


Partie III : Résultats et discussion L’élevage : Dans les trois zones d’étude, on observe des agriculteurs associant le maraîchage et les activités d’élevage. Dans la zone urbaine d’Oued Ouisslane, l’élevage est classé parmi les activités principales. Tous les exploitants enquêtés pratiquent l’élevage (100%). L’élevage est une source importante de revenu agricole. L’intérêt de l’élevage pour les agriculteurs qui ont une production importante du lait dans cette zone, est le revenu obtenu dans les périodes critiques quand la production maraîchère devient médiocre (les mois les plus froids). De plus, l’élevage est une source de fertilisation organique utilisée par l’agriculteur. 6)

Il y a différents types d’alimentation du bétail. Pour l’élevage des bovins l’alimentation se fait selon l’importance des effectifs. Si l’effectif est grand, l’agriculteur produit des cultures fourragères pour alimenter le bétail. Si l’effectif est moins important, il alimente les bovins par des mauvaises herbes, des résidus de culture et le pâturage dans les jachères de la zone d’Ouisslane. Pour les ovins, on pratique essentiellement la pâture complété par des cultures fourragères si l’effectif du bétail est important. Pour la zone urbaine d’Oued Boufekrane, l’activité d’élevage est moins importante pour des raisons d’organisation car la plupart des agriculteurs loge dans des quartiers urbains loin des exploitations. Les exploitants qui pratiquent cette activité sont ceux qui habitent près des exploitations et construisent les étables à coté de leur habitation. Pour la zone périurbaine Seba ayoun, les raisons de pratiquer l’élevage sont multiples. Si l’exploitant considère cette activité comme principale, alors il occupe une partie important du foncier pour produire de l’alimentation pour le bétail. Pour d’autres, l’élevage est considéré comme un secours en cas de mauvaise saison pour les cultures maraîchères. Le tableau 14 montre le nombre d’éleveurs par zone d’études et la répartition des effectifs moyens. On que constate la zone urbaine Oued Ouisslane est plus avantagé dans ce type d’activité. Tableau 14:Nombre des exploitants enquêtés qui pratique l’élevage des bovins et des ovins dans les zones d’études à Meknès Nombre d’exploitants enquêtés

Nombre d’éleveurs bovins % du total

Nombre d’éleveurs ovin % du total

moyenne des bovins par éleveurs

moyenne des ovins par éleveurs

la zone urbaine d’Oued Ouisslane

11

10

4

4

33

La zone urbaine d’Oued Boufekrane La zone périurbaine Seba ayoun Total

6

2

2

2

4

14

9

3

3

23

31

21

11

37


Partie III : Résultats et discussion Analyse des critères de durabilité dans les trois zones d’étude :

X. 1)

Critères d’agro-écologies :

a)

Diversité culturale : diversité des cultures maraîchères :

Dans cette partie, on s’intéresse à l’étude de la diversité des espèces maraîchères cultivées dans les trois zones d’étude et de comparer le degré de diversité entre ces zones. On va comparer le nombre d’espèces cultivés avec le degré de son importance en se référant à la surface cultivées (voire annexe 2). Pour la zone urbaine oued Ouisslane, on constate huit espèces maraîchères cultivées avec dominance de quatre cultures : cardon, courgette, fève et persil (figure 9). Le cardon est une culture pluriannuelle (3 à 5 ans), il est récolté sous forme de bottes de côtes durant une bonne partie de l’année. La courgette est une espèce cultivée à partir du mois d’avril en été. La fève est une culture d’hiver cultivée en pluvial avec ou sans irrigation de complément et dont les gousses sont récoltées et consommées fraîche en vert à partir du mois d’avril et mai. Le persil est cultivé dans les périodes chaudes comme dans les périodes froides. 5 4,5 4 3,5 superficie 3 totale 2,5 enquêtée 2 1,5 1 0,5 0

les espèces maraîchères

Figure 9: représentation de la superficie totale occupée par les différentes espèces maraîchères cultivées dans les exploitations enquêtées dans la zone urbaine oued Ouisslane

Dans la zone urbaine oued Boufekrane, quatre espèces sont cultivées dont les principales sont: la laitue, le radis et la betterave rouge (figure10). Selon les producteurs, on peut les cultiver toute l’année. Mais en saison froide, les cycles de culture deviennent très longs et la consommation de ces légumes diminue. Aussi, pour cette raison, les exploitants ne cultivent pas ces terres pendant la saison froide. Les exploitants expliquent ces choix de culture pour différentes raisons : ces cultures s’adaptent bien à cette zone, elles ont un cycle relativement court, elles étaient déjà cultivées par nos anciens. Mais, techniquement, la tolérance de ces cultures à la salinité et au pH des eaux usées sont deux raisons du choix de ces cultures dans cette zone. 38


Partie III : Résultats et discussion

1,6 1,4 1,2

superficie totale enquêtée

1 0,8 0,6 0,4 0,2 0 cardon

radis

laitue

bettrave rouge

les espèces maraîchères

Figure 10 : représentation de la superficie totale occupée par les différentes espèces maraîchères cultivées dans les exploitations enquêtées dans la zone urbaine Oued Boufekrane.

Pour la zone périurbaine Seba ayoun, le système de culture est très intensif et spécifique de la pomme de terre et l’oignon. La plaine du Saïss est parmi les zones leader de production de l’oignon du Maroc. Le climat de la zone permet la production des semences de l’oignon et aussi de faire le stockage des bulbes. Le stockage est fait d’une manière traditionnelle. Plus, on s’approche des zones les plus froides (zone de la montagne vers Elhajeb) les pertes en termes de quantités stockées diminuent. Mais en général, les pertes restent encore importantes même dans ces zones. Les variétés cultivées sont le Rouge de Doukkala et le Jaune de Valence. La pomme de terre est cultivée en saison et en arrièresaison (septembre à Décembre). Cette zone s’est spécialisée depuis plusieurs générations, probablement depuis la période coloniale. Des essais d’introduction d’autres cultures ont été faites dans la région comme : le melon, le poivron et l’ail. Trois espèces (3) légumières sont cultivées dans la zone périurbaine Seba ayoun. Une partie importante des agriculteurs commence à adopter la culture de la carotte.

39


Partie III : Résultats et discussion 20 18 16

superficie totale enquêtée

14 12 10 8 6 4 2 0 oignon

pomme de terre carotte les espèces maraîchères

Figure 11 : représentation de la superficie totale occupée par les différentes espèces maraîchères cultivées dans les exploitations enquêtées dans la zone périurbaine Seba ayoun

En conclusion pour la diversité des espèces maraichères, on constate que les deux zones urbaines présentent plus d’espèces maraîchères cultivées que la zone périurbaine. Cela aura probablement un effet sur l’utilisation des intrants (engrais et pesticides) dans les trois zones d’études ainsi que sur les rotations pratiquées dans chaque zone. Diversité des cultures partageant le foncier avec les cultures maraichères : Dans la zone urbaine oued Ouisslane, d’après le tableau 15, plusieurs cultures partagent le foncier avec les cultures maraîchères. En première lieux ce sont les arbres fruitiers et les cultures fourragères. Pour les arbres fruitiers, les cultures intercalaires se font généralement entre les arbres d’olivier mais non pour les autres espèces fruitières. Cela est dû probablement au rendement faible de l’olivier. La plupart des autres cultures se font en rotation avec les cultures maraîchères. Tableau 15: répartition des exploitants de la zone urbaine oued Ouisslane selon les cultures qui partagent le foncier avec maraichage

Maraichage + Arbres fruitières (olivier, et rosacées) 5

Cultures fourragères

Maïs

Luzerne ou bersim

Céréales

5

3

3

1

Dans la zone urbaine oued Boufekrane, il y a peu de cultures qui sont associées aux cultures maraîchères. En général, ce ne sont que quelques arbres fruitiers pour l’autoconsommation.

40


Partie III : Résultats et discussion Dans la zone périurbaine Seba ayoun, la culture de céréales est en rotation avec les cultures de la pomme de terre et l’oignon. Les autres cultures sont destinées essentiellement à l’alimentation du bétail. Elles peuvent être ou non en rotation avec les cultures maraichères. Tableau 16 : répartition des exploitants de la zone périurbaine Boufekrane selon les cultures associées au maraichage

Maraichage + Céréales (blé dur et tendre)

Culture fourragères

Maïs

10

3

1

b) Reconstitution des types de rotations dominantes dans les trois zones : La reconstitution des rotations dominantes pour chaque zone d’étude est une donnée importante pour évaluer la durabilité la durabilité agro-écologique des zones. On va essayer de mettre en relation avec la partie diversité des cultures et la rotation des cultures. A Ouisslane, il y a : -

Une culture maraîchère pluriannuelle comme le cardon Une culture d’hiver suivie par une ou deux cultures d’été avec des périodes de jachère nue. La rotation temporelle est essentiellement imposée par le climat et est identique pour tous les exploitants d’oued Ouisslane. Mais la rotation spatiale n’est pas homogène pour tous les agriculteurs. Le même enchainement des activités peut se répéter sur la même parcelle.

41


Partie III : Résultats et discussion

Cultures d’hiver culture fourragères, fève, céréales jachére,

courgette, Maïs,

radis, persil, laitue, Jachére,

persil radis tomate laitue

Cultures d’été

Figure 12 : représentation du cycle des cultures dans la zone urbaine oued Ouisslane

La culture maraîchère dans les mois les plus froids se limite à la culture de fève. Les deuxièmes cultures d’été sont à cycle court. La répartition temporelle des cultures est homogène et se répète dans la plupart des cas enquêtés. Les rotations typiques sont De deux types Tableau 17: les types des rotations dominantes à Ouisslane

Septembre Type 1

Fève ou culture fourragère ou jachère

Type 2

Fève ou culture fourragère ou jachère

Avril

Août Maïs ou tomate

Courgette

Persil ou radis ou laitue

Dans la zone urbaine oued Boufekrane, le système de rotation dominant est le suivant : -

-

l’activité agricole commence en avril avec la hausse des températures, l’agriculteur partage la superficie qu’il va cultiver (en général la surface exploitée est bien inférieure à la surface totale) en trois parties : 1. la betterave rouge, avec un cycle relativement long de 3 mois est cultivée après un seul semis direct. 2. La laitue et le radis sont produits par des cultures échelonnées, entre 2 et 3, selon la demande du marché. Pour l’hiver, la plupart des agriculteurs laisse le foncier en jachère.

42


Partie III : Résultats et discussion -

Vu les surfaces qui sont relativement faibles, la répartition spatiale des cultures d’une année à l’autre est non maitrisable par les agriculteurs.

Dans la zone périurbaine Seba ayoun, il existe trois types de rotation principaux présentés dans le tableau suivant : Tableau 18 : les trois rotations principales dans la zone périurbaine de Seba ayoun (Meknès)

Culture 1 Type1 Type2 Type3

Culture 2

Culture 3

Oignon (4mois) Jachère (2-3mois) Céréale (8mois) Céréale (8mois) Pomme de terre (4mois) Oignon (4mois) Pomme terre (4mois) Oignon (4mois)

Nombre de fois observé 3 6 3

Le premier type de rotation est adopté par les agriculteurs qui ont abandonné la pomme de terre. La période jachère peut être considérée la période entre la récolte de la céréale (fin mai) jusqu’à la plantation de l’oignon d’année suivant (avril). On cultive les céréales dans la parcelle où on a récolté l’oignon pour valoriser le reliquat de la fertilisation minérale de l’oignon. Les céréales en général dans la zone de Seba ayoun sont conduites en Bour (sans irrigation) et sans fertilisation. Le deuxième type de rotation de la zone périurbaine commence par la culture de pomme de terre, culture la plus exigeante, à laquelle on apporte des amendements organiques et des engrais minéraux. Elle est suivie de l’oignon, un peu moins exigeant, auquel on apporte des engrais minéraux. La rotation se termine avec la culture des céréales (blé dur et tendre). Le troisième type de rotation est lié essentiellement à des agriculteurs qui ont un système d’irrigation localisé. En général, ce système n’équipe qu’une partie du foncier. La pomme de terre est cultivée en rotation avec l’oignon dans la partie irriguée alors que les céréales sont cultivées dans les parties non irriguées. Contrairement aux agriculteurs des zones urbaines les agriculteurs de la zone périurbaine Seba ayoun utilisent la rotation spatiale : les parcelles sont cultivées en se référant aux cultures précédentes. Les rotations de culture sont bien fixées dans la zone périurbaine. Dans les deux zones urbaines, la petite taille des parcelles et une plus grande diversité des cultures sont deux éléments qui conduisent les producteurs à mettre en place des rotations plus orientées vers les demandes du marché. Bilan d’eau irrigation: L’évaluation du bilan d’utilisation l’eau pour l’irrigation est un des indicateurs importants pour la durabilité des exploitations maraîchères la zone de Meknès. Plusieurs contraintes techniques nous ont empêchées d’évaluer l’utilisation d’eau dans les trois zones. Pour les zones urbaines : le système d’irrigation par le Séguia ne permet pas de mesurer, ni d’estimer dans le cadre d’un stage de façon suffisamment précise l’utilisation de l’eau pour l’irrigation. L’irrigation se fait selon le tour d’eau, et la durée d’irrigation se fait selon le débit du Séguia qui change selon les saisons. Le principe de ce type d’irrigation est d’apporter suffisamment une grande quantité d’eau pour que la culture puisse attendre le tour d’eau suivant. En général, il y a une irrigation par semaine. c)

43


Partie III : Résultats et discussion On pense que la problématique majeure à approfondir est l’évolution de l’utilisation des eaux usées dans cette zone et son effet sur le sol. En effet, la majorité des exploitants ont affirmé observer une diminution de la fertilité du sol et ont lié cela à l’utilisation des eaux usées. Si l’on connait bien les impacts négatifs de l’usage des eaux usées sur la qualité sanitaire des légumes (infestation par des œufs d’helminthes et maladies intestinales, transmission des fièvres typhoïdes) l’évolution de la fertilité des sols dans ces conditions d’irrigation n’a pas été étudiée (stockage possible de métaux lourds, de parasites, de polluants chimiques) Pour la zone périurbaine de Seba ayoun, la contrainte majeure à la collecte de données précises est que les agriculteurs utilisent souvent un matériel de pompage ancien. Il est difficile de récupérer les données techniques de ce matériel (les indices qui peut être sur la pompe sont effacés). De plus, les agriculteurs n’ont pas d’information précise sur le débit de pompage d’eau d’irrigation. Cependant, on a constaté que les utilisations du système d’irrigation localisé se basaient sur le même raisonnement que pour le gravitaire. On fait une seule apport durant une semaine. Pour la plupart des agriculteurs, l’utilité du système d’irrigation localisé est la diminution de la main d’œuvre. D’une manière globale, les agriculteurs de la zone de Meknès ne sont pas inquiets d’une limitation de l’usage de l’eau. La profondeur moyenne de la nappe phréatique est de l’ordre de 25m, pour les exploitants enquêtés, ce qui n’est pas le cas dans d’autre région agricole au Maroc où on trouve les nappes phréatiques sont plus profondes. De plus, la pluviosité annuelle est relativement importante avec plus de 500 mm/an. d) Bilan d’azote : Cette étape consiste à comparer le bilan d’azote pour les trois zones d’étude. Nous avons calculé les apports de l’azote sous forme de nitrates pour les cultures. Puis, on a fait une estimation des exportations de chaque culture (quantités des nitrates exporter en organes récoltés) d’après les données bibliographiques. Enfin, on fait la différence entre les apports et l’export des nitrates pour chaque culture pour savoir la quantité des nitrates qui reste dans le sol (voir annexe 4 et annexe 6). Dans les zones urbaines, la plus grande part de l’azote utilisée est de source organique (fumier) associée à des apports d’azote minéral. Mais dans la zone périurbaine Seba Ayoun, les deux types de source d’azote sont observés en quantité similaire. Pour faire la comparaison des trois zones, on a calculé le bilan d’azoté pour toutes les cultures maraîchères pour chaque exploitation. On a pris en compte aussi les apports d’azote (azote nitrique) pour l’eau d’irrigation en moyenne 50 mg/l pour les nappes phréatiques de Seba ayoun et, 100 mg/l pour les eaux usées brute (On divise la valeur par 4,43 ; par exemple 50 mg/l de NO3 est équivalent à 11,4 mg/l de N-NO3). On a rapporté le bilan d’azote à une unité de surface homogène (1ha). Les pertes d'azote par dénitrification, volatilisation, immobilisation et lessivage ne sont pas prises en compte dans le bilan. Pour le fumier, le tableau 19 montre les teneurs en azote des fumiers en fonction de la source animale en pourcentage de la matière sèche. On a considéré un pourcentage de matière sèche moyen du fumier de 45% pour tous les types du fumier

44


Partie III : Résultats et discussion Tableau 19 : Teneur en azote des fumiers en fonction de la source animale en pourcentage de matière sèche

Source de fumier

Teneur en azote en % de matière sèche

Bovin Ovin

2,1 2,6 (Saidi, 1999)

L’analyse statistique de la variance du bilan d’azote entre les trois zones a donné des résultats significatifs entre les trois zones. Les moyennes ne sont pas significativement différentes entre la zone urbaine oued Boufekrane et la zone périurbaine Seba ayoun. Cela est dû à des apports d’azote (minéral et organique) et des taux des nitrates dans les eaux des nappes phréatiques qui sont élevées dans la zone périurbaine, et dans la zone urbaine Boufekrane, des apports élevés de fumier et l’utilisation des eaux usées. Mais si on compare statistiquement l’ensemble des deux zones : urbaines et la zone périurbaine, on observe une différence non significative entre les deux zones. Tableau 20 : les moyennes de bilan d’azote pour les zones d’études.

Zone urbaine oued Ouisslane

Moyenne pour les trois zones (kg de N/ha) 79 a

Moyenne pour les deux zones (kg de N/ha) 117 c

Zone urbaine oued Boufekrane Zone périurbaine Seba ayoun

186 b 165 b

165 c

Les variations du bilan d’azote entre les exploitations de la zone périurbaine Seba Ayoun sont en partie liées à la surface cultivée en pomme de terre. En effet, les agriculteurs apportent beaucoup du fumier pour la pomme de terre. Selon la figure 13, On constate que le bilan d’azote augmente avec la superficie de l’exploitation occupée par la culture de pomme de terre, culture qui reçoit la fumure animale lorsqu’elle est disponible.

45


Partie III : Résultats et discussion

bilan d'azote kG/Ha

600,00 500,00 400,00 y = 245,46x + 70,308 R² = 0,4449

300,00 200,00 100,00 0%

20%

40%

60%

80%

100%

Pourcentage de la culture de pomme de terre par rapport à la surface total du maraichage cultivées

Figure 13: variation du bilan d'azote par rapport au pourcentage de la superficie occupée par la culture de pomme de terre

Les analyses des eaux des nappes phréatiques de la zone de Saïss ont montré un excès de teneurs de nitrate dans quelques zones de Meknès (Saidi, 1999). Pour la zone urbaine oued Ouisslane, la teneur en nitrate par litre pour les eaux de la nappe phréatique varie entre 50 jusqu’à plus de 100 mg/l. Ces eaux sont qualifiées mauvaise à très mauvaise qualité. Pour la zone périurbaine de Seba Ayoun, la teneur en nitrate par un litre des eaux de la nappe phréatique varie entre 25 et 100 mg/l, la qualité d’eau est donc de moyenne à mauvaise. Ces teneurs élevées en nitrates peuvent avoir un effet négatif sur la durabilité de l’agriculture dans ces zones. On pourrait limiter l’utilisation d’azote ou interdire la production agricole dans ces zones. On constate aussi que la totalité des exploitations, le bilan d’azote est positif cela veut dire que l’apport de l’azote est supérieure aux exportations des exploitations. Cela est dù que les rendements sont faibles dans les zones urbaines et une utilisation d’azote minéral et organique abusif dans la zone périurbaine. e) Utilisation des pesticides : Pour évaluer l’usage des pesticides. On va calculer l’indice de fréquence de traitement (IFT).

IFT parcelle = DA DH

X

surface traitée surface parcellaire

)

DA : Dose Appliquée (g/l) DH : Dose Homologuée (g/l) Cet indicateur correspond au nombre de doses homologuées appliquées sur une parcelle pendant une campagne culturale. En conséquence, l’IFT reflète l’intensité d’utilisation des produits phytosanitaires, autrement dit la « pression phytosanitaire » exercée sur la parcelle et sur l’environnement, ainsi que la dépendance des agriculteurs vis-à-vis de ces produits. 46


Partie III : Résultats et discussion En comparant les moyennes des IFT pour les trois zones d’étude on constate que la zone périurbaine Seba ayoun a un indice de fréquence de traitement très élevé (6,55) par rapport aux deux zones urbaines (oued Ouisslane : 0,2 et oued Boufekrane : 0,54). Cela veut dire que la pression phytosanitaire est plus élevée dans la zone périurbaine Seba ayoun. On a constaté que certains agriculteurs utilisent quelques matières actives à des doses supérieures à la dose homologuée. On peut aussi lier cela à la faible diversité culturale qui est faible dans cette zone entraînant une pression des maladies et ravageurs. Tableau 21 : les IFT des cultures urbaines et périurbaines

zone périurbaine

zone urbaine

Culture

IFT moyen / ha

Oignon Pomme de terre Carotte Cardon Courgette Fève Persil Radis Laitue Tomate Betterave rouge

3,71 3,79 0 0,6 0,45 0 0,5 2,1 2,7 1,64 4,28

Pour les IFT des cultures maraîchères, on n’a pas d’IFT de référence régionale ou nationale pour les comparer avec ceux que nous avons calculés. Le tableau 21 montre les indices de fréquence de traitement moyens pour les cultures urbaines et périurbaines. En ce qui concerne les matières actives utilisés dans les trois zones on constate qu’il y a une large gamme des produits phytosanitaires utilisés (insecticides, fongicides et herbicides). Dans la zone périurbaine on utilise comme herbicide pour l’oignon l’oxyfluorfène et pour la pomme de terre le paraquat. On utilise aussi beaucoup de mancozébe et manèbe comme fongicide, ainsi que le métalaxyl. Dans les zones urbaines, on constate l’utilisation de beaucoup d’insecticides (chlorpyriphos-éthyl, et deltaméthrine) liée probablement à la présence importante des ravageurs (exemple : courtilière à Oued Ouisslane et la Casside à oued Boufekrane). f)

Bilan du carburant :

Dans les zones urbaines, le système d’exploitation traditionnel dominant entraine une utilisation du carburant pour les activités agricole nulle. Le labour se fait avec des outils traditionnels avec la traction attelée. Le système d’irrigation séguia est gravitaire qui ne consomme pas de carburant. Dans la zone de l’oued Ouisslane, on peut considérer que la seule activité consommant de l’énergie fossile directement est le transport des produits au marché de la ville. Dans la zone de l’oued Boufekrane, la proximité des marchés de la ville conduit les exploitants à transporter les produits à l’aide des animaux de trait ou des mobylettes. 47


Partie III : Résultats et discussion Pour la zone périurbaine Seba ayoun, plusieurs activités de l’itinéraire technique de la production maraîchère utilisent directement de l’énergie fossile. Pour le labour, la moyenne du carburant (gasoil) consommé d’un hectare (tous les types de labour) est de l’ordre de 42 l/ha. Cela correspond à 111 Kg de CO2. Pour l’irrigation, une grande partie des agriculteurs utilisent le gasoil combustible. Cependant, 21% des exploitants se sont convertis à l’utilisation du gaz (butane) parce qu’il est subventionné par l’état (figure 14) (voire annexe 3).

gaz 21%

gasoil 79%

Figure 14 : répartition des agriculteurs selon le combustible utilisé dans l’irrigation

En général, les agriculteurs qui utilisent le gaz comme combustible sont ceux qui ont profité de la subvention d’état pour l’installation du système localisé ; ils ont aussi bénéficié d’aide pour la mise en place du système motopompe. L’activité d’irrigation est l’activité la plus consommatrice d’énergie fossile. Pour l’irrigation d’un hectare de culture maraîchère, on a une moyenne de consommation gaz de l’ordre de 560 kg de butane ou de 429 l de gasoil équivalent d’émissions de 1702 kg de CO2 pour l’utilisation du gaz du butane et 1145 kg de CO2 pour l’utilisation du gasoil (voire annexe 5). Pour les cultures maraîchères de la zone périurbaine le tableau 22 montre différente consommation par les cultures périurbaine. Tableau 22 : consommation d’énergie fossile selon les cultures dans la zone périurbaine de Seba ayoun

Culture Oignon Pomme de terre

Rendement moyen T/ha 50 33

Irrigation Gaz (kg/ha) Gasoil (l/ha) 742,5 578,5 500,5 375,9

2) Critères agro-économiques : La totalité des agriculteurs enquêtés ont lié la continuité des activités de la production maraîchères à la situation économique. Cela est lié aussi à l’importance des revenus maraîchers par rapports aux autres revenus agricoles ou non agricoles. a) Marge brute par rapport à la surface agricole : Dans cette partie on va essayer de comparer les revenus d’un hectare de maraichage dans les trois zones d’étude. Le tableau 23 montre les moyennes des marges brutes pour un 48


Partie III : Résultats et discussion hectare de culture maraîchère dans les trois zones d’étude concernant la période (Avril 2012 jusqu’à avril 2013). On a calculé la marge brute pour chaque culture : c’est la différence entre le résultat économique de la culture après la récolte et les charges notées durant le cycle de cette culture (voire Annexe 7). On a cumulé les marges brutes de toutes les cultures puis divisé par la superficie de maraichage de chaque exploitation. On constate que la moyenne de la zone urbaine oued Boufekrane est supérieure aux moyennes des zones urbaine et périurbaine. Tableau 23 : marge brute pour 1ha de culture maraîchère dans les trois zones d’études

Marge brute moyenne (ha/Dh) 4 682

Zone urbaine oued Ouisslane Zone urbaine oued Boufekrane Zone périurbaine Seba ayoun

12 925 4 064

Mais dans la zone périurbaine contrairement aux zones urbaines où tous les résultats sont positifs. De plus, il y a des variations extrêmes en termes de marge brute par hectare. Cela nous pousse à comparer les résultats économiques par rapport aux cultures et aux rotations adoptés dans les zones d’étude. 50000 m a e r n g e D H b / r h u a t e

40000 30000 20000 10000 0 -10000

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

12

13

14

-20000 -30000 -40000 -50000 Exploitation

Figure 15: les marges brutes d'un hectare de maraichage dans la zone périurbaine Seba ayoun

b) Marge brute par rapport aux cultures:  Zone périurbaine Seba ayoun : Dans cette partie on va comparer les résultats économiques moyens par rapports à un hectare des cultures maraichages. On va s’intéresser aux cultures dominantes (pomme de terre et oignon) et on va comparer les trois situations possibles entre ces trois cultures: 49


Partie III : Résultats et discussion Tableau 24 : les marges brutes selon les cultures maraichères cultivées durant la période (avril 2012avril 2013)

Marge brute moyenne par ha (Dh) Pour les exploitants qui cultivent de l’oignon Pour les exploitants qui cultivent la pomme de terre Pour les exploitants qui associent la pomme de terre et l’oignon

7 679 -15 088 13 389

Si on compare les deux cultures : pomme de terre et oignon, on constate la moyenne pour un hectare de culture d’oignon est plus rentable qu’un hectare de pomme de terre (tableau 24). Selon quelques agriculteurs de la zone périurbaine « pour l’oignon, on gagne ou on a un résultat nul, on perd rarement». C’est le constat des agriculteurs. D’une façon technique, on peut lier ces résultats au fait que : le prix d’achat des semences de pomme de terre (les tubercules) est trés élevé que celui des semences de l’oignon : le prix d’achat des tubercules se situe aux alentours de 13 Dh/kg pour un besoin de 3 à 4 tonnes de semences pour un hectare de la culture. Pour l’oignon, on utilise en moyenne de 10 kg de semences pour un hectare à un prix moyen de 100 Dh/kg. De plus, la culture de pomme de terre exige plus d’intrants plus que celle de l’oignon et des opérations supplémentaires comme le buttage avec animaux de trait. Par ailleurs, lorsque les prix dans les marchés sont bas, il est possible de stocker les bulbes d’oignon. Par contre pour la pomme de terre, on fait dans la majorité des cas la vente sur le champ. La pomme de terre n’est produite qu’en saison ou arrière-saison, dans de nombreuses régions entrainant une chute momentanée des prix. L’oignon de la plaine Saïss aussi peut subir une concurrence par l’oignon des autres régions mais on constate que la plupart des oignons présents dans le marché de gros de la ville de Meknès sont des productions locales. Durant les entretiens, la majorité des agriculteurs de la zone périurbaine Seba ayoun se sont plaints d’une succession de crise durant les trois dernières années pour les cultures maraichères. Cela aura sûrement un effet sur la durabilité des cultures maraîchères dans cette zone. Durant les enquêtes, on a constaté différentes type d’initiative pour changer la situation. Certains exploitants ont tenté de changer les cultures d’oignon et la pomme de terre par d’autres cultures maraîchères (exemple : culture du melon, l’ail et du poivron) ou culture pérenne (pêcher et prunier), ainsi que des pépinières pour la production des plants des arbres fruitières.  Pour la zone urbaine oued Ouisslane : Dans la zone urbaine oued Ouisslane, on constate deux types d’exploitation du foncier soit par des cultures annuelles, soit par des cultures pluriannuelles comme le cardon. On va comparer ces deux types de culture à l’échelle d’un hectare sur la base des marges de bénéfice réalisé durant la période (avril 2012 à avril 2013). Le tableau 25 montre les moyennes des marges bénéficiaires pour un hectare du cardon et un hectare des cultures maraîchères diversifié. 50


Partie III : Résultats et discussion Tableau 25 : les moyennes des marges de bénéfices pour un hectare de cardon par rapport à un hectare des cultures maraîchères diversifiées.

Moyenne de marges bénéficiaires (Dh/ha/an)

1ha de culture de cardon

4 621 a

1ha des cultures maraîchères

4 546 a

L’analyse statistique montre que les deux moyennes ne sont pas significativement différentes. Cela veut dire qu’on a la même marge des bénéfices pour les deux types de conduite. On peut justifier ces résultats par le fait que le cardon est une culture qui s’adapte mieux aux conditions de la plaine du Saïss. D’ailleurs c’est parmi les zones leader de production de cette culture. On peut noter aussi que la culture de cardon n’est pas une culture très exigeante en matière d’intrants et main d’œuvre par rapports aux autres cultures des zones urbaines, même si les rendements en général sont faibles. Tableau 26 : Rendements moyens des cultures maraichères par hectare pour les 11 exploitations enquêtés dans la zone urbaine Ouisslane

Culture Cardon Courgette Oignon Radis Persil Laitue Tomate Fève

Rendement (T/ha) 7 4 20 1,54 2,26 5 ,3 5 0,6

On constate que le rendement d’oignon dans la zone urbaine d’oued Ouisslane a un rendement plus faible par rapport à la zone périurbaine Seba ayoun, cela peut s’expliquer que dans la zone urbaine on ne fait pas des apports des apports des intrants à la culture d’oignon (engrais et pesticides).  Pour la zone urbaine oued Boufekrane : Le nombre des agriculteurs qui font des cultures d’hiver sont devenus moins nombreux. Malheureusement, pour les agriculteurs enquêtés, il n’y avait pas ceux qui cultivent les cultures d’hiver, selon ces agriculteurs « les cultures d’hiver, contrairement aux cultures d’été, ont un cycle plus long et les prix sont plus faibles car ces aliments sont consommés d’avantage en été ». En effet, les mêmes cultures de l’été peuvent être cultivées durant les mois froids (radis, laitue et betterave rouge).

51


Partie III : Résultats et discussion c) Marge brute par rapport aux systèmes des rotations:  pour la zone urbaine oued Ouisslane : On a calculé les marges brutes des cultures maraîchères en éliminant la marge brute de la culture du cardon pour avoir les marges brutes des autres cultures maraîchères. On a séparé les systèmes des rotations à deux cultures de ceux à trois cultures et comparer ces deux systèmes. Le système à trois cultures apparait plus rentable que le système à deux cultures. Tableau 27 : comparaison de la marge brute à l’hectare par système de rotation.

Système de rotation à 2 cultures Système de rotation à 3 cultures

Marge brute par hectare (DH) 1 958 3 380

Le système à trois cultures comporte en général des cultures à un cycle court (courgette, laitue, persil…) à partir de semis souvent mis en place avec des semences sélectionnées. Par contre dans le système à deux cultures, la culture d’été est la tomate de plein champ, faite avec des plants non greffés. Pour les deux cas (2 ou 3 cultures), les cultures de saison donnent des rendements faibles à Ouisslane. Mais lorsqu’on cumule deux cultures d’été la rentabilité augmente.  Pour la zone périurbaine Seba ayoun : On va essayer de comparer les trois types des rotations (voir tableau 28) sur la base de la rentabilité économique. Tableau 28 : les marges brutes des différents types de la rotation de la zone périurbaine Seba ayoun :

Type 1(oignon jachère céréale) Type 2 (pomme de terre oignon céréale) Type 3 (pomme de terre oignon)

Marge brute par hectare de rotation par an (DH) 7 992 179 10 635

On peut justifier le fait que le troisième type de rotation a une marge brute supérieure aux autres types de rotation. Ce troisième système est adopté par les agriculteurs avec système d’irrigation localisée. Dans ce type de conduite, les densités de plantation sont élevées et les rendements sont plus élevés que dans les systèmes gravitaires. De plus, les charges diminuent (main d’œuvre, carburant). Le deuxième type de rotation est dominant dans la zone périurbaine. Le système d’irrigation adopté y est gravitaire : les charges augmentent et les rendements sont inférieurs aux rendements du système localisé. Pour le premier type de rotation, on a une culture maraîchère par an. La rentabilité est diminuée par rapports au troisième type de la rotation. Sa rentabilité est supérieure à celle du deuxième type parce que la majorité de ces agriculteurs sont des exploitants qui adoptent le système d’irrigation localisé.

52


Partie III : Résultats et discussion  Pour la zone urbaine oued Boufekrane : Pour la zone urbaine oued Boufekrane, la rentabilité selon les types des rotations n’est pas étudiée car un seul type de rotation est observée: culture d’été puis la jachère pendant les mois les plus froids. d) La marge brute par rapport aux actifs familiaux : Les activités économiques de chaque exploitation vont être évaluées par rapport aux actifs familiaux. Elles seront comparées au Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG: Décret (n° 2.11.247 du 1er juillet 2011) publié au Bulletin officiel n° 5959 du 11 juillet 2011). L’idée est que si les marges brutes des activités de l’exploitation sont inférieures au salaire donné dans les autres activités de la zone urbaine, il se pourrait que l’agriculteur abandonne les activités agricoles. Comme le maraichage a été considéré comme la principale source de revenus par la majorité des exploitants, on considérera que son effet est le plus déterminant.  Pour la zone urbaine: Pour les deux zones urbaines, toutes les exploitations donnent des marges brutes des bénéfices inférieures au SMIG. La moyenne par actif par an pour les zones urbaines est de l’ordre de 4 151 Dh. Cela peut être très déterminant pour les exploitants de la zone urbaine oued Ouisslane parce que l’activité principale (ou unique) est l’agriculture. C’est pour cela qu’ils associent au maraichage l’activité d’élevage pour augmenter les bénéfices. Les exploitants de la zone urbaine Oued Boufekrane ont une double activité annuelle. Ils travaillent dans d’autres secteurs durant la période froide septembre- mars (SMIG de 6 mois) : l’abandon du maraichage serait moins problématique pour eux. Ces résultats peuvent être expliqués par le fait que les rentabilités des activités maraîchères sont faibles dans cette zone à cause des superficies modestes des exploitations en plus dans la zone urbaine oued Ouisslane on a constaté dans la partie main d’œuvre que les agriculteurs emploie beaucoup de la main d’œuvre familiale. Vu que la plupart des agriculteurs, ont un logement proche des exploitations. En plus on a constaté un type de solidarité et de coopération entre les agriculteurs de cette zone.  Pour la zone périurbaine : Pour la zone périurbaine Seba ayoun, la majorité des exploitations a une marge brute des activités de maraichage par actif par an inférieure au SMIG annuel avec une moyenne de l’ordre de 16 583 Dh /actif/an. Ce résultat est obtenu bien que le système de culture soit intensif et les superficies relativement grandes. Cela explique que les exploitants ont accumulé plusieurs années de crises et il y’a une grande hétérogénéité entre la situation des exploitations.

53


Partie III : Résultats et discussion supérieur au SMIG 14%

inférieur au SMIG 86%

Figure 16 : répartition des exploitations selon la marge des bénéfices des activités de maraichage par actif par an pour tout l’échantillon par rapport au SMIG annuel.

3) Critères agro-sociaux : a) Les organismes professionnels, la formation et l’information des maraichers :  Pour les zones urbaines : Dans les deux zones urbaines oued Ouisslane et oued Boufekrane, on peut admettre que administrativement les exploitations sont liées à des organismes d’appui : les sous-centres de travail CT). En réalité, il y a un manque de collaboration entre les exploitations agricoles et les sous- CT. Par exemple, le sous CT de Dkhissa justifie cette situation par le fait qu’il encadre des exploitations qui profitent des programmes nationaux (exemples : installation du goutte-à-goutte, plantation d’olivier…) alors que les agriculteurs de ces zones ne sont pas inclus dans ces programmes. Par ailleurs les maraichers de ces zones irriguent avec des eaux de mauvaise qualité ce qui normalement devrait être interdit. Les techniciens des CT considèrent qu’ils n’ont pas à conseiller ce type de producteurs qui selon ces techniciens ce genre des cultures va finir par disparaitre. Cependant, dans la zone urbaine oued Ouisslane, une association a vu le jour : l’Association Nord Plaisance de Développement et de la Protection de l’Environnement MEKNES. Son objectif est le développement social et économique des agriculteurs d’oued Ouisslane. Le développement social vise à assurer les infrastructures essentielles (ex : électricité), et par rapport au côté économique, à travers la valorisation de leurs activités agricoles par la production biologique. L’association a l’objectif d’installer une production agro écologique basée sur la confiance, la collaboration et la solidarité producteurconsommateur sans recours à la certification. Elle essaie de convaincre et d’engager avec eux un grand nombre d’agriculteurs dans ce projet. Pour ce faire, des journées portes ouvertes ont été organisées pour présenter l’association, le projet et engager avec eux un maximum des clients dans la ville de Meknès. Le système de la commercialisation proposé est celui du panier bio. Parmi les contraintes qui se posent à ce projet, les agriculteurs de cette zone attendent surtout de l’association en première lieu l’installation d’électricité. Cependant, la majorité d’entre eux sont analphabètes et ne sont pas encore convaincus de convertir leur système de production hérité de leurs ancêtres. De plus la plupart ne sont pas propriétaires

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Partie III : Résultats et discussion du foncier. L’association essaye de profiter des expériences des autres associations qui sont active dans d’autres villes (swanitiqa de Rabat et les Jardins de Dar Bouazza Casablanca).  Dans la zone périurbaine Seba ayoun : Dans la zone périurbaine Seba ayoun, l’organisme professionnel qui intervient dans cette zone est le sous-centre de travail de Seba ayoun. Cet organisme d’appui du ministère de l’agriculture est en lien direct avec les agriculteurs de cette zone. On note aussi la présence des coopératives de réforme agraire. Ces coopératives sont devenues moins fonctionnelles depuis la libération du foncier via la loi de la main levée (2005). Mais, ces derniers temps, on constate que les coopératives commencent à s’activer pour l’amélioration et le développement de leurs adhérents agriculteurs, à l’instar de la coopérative Al Alouia qui a comme projet l’appui à la plantation des arbres fruitiers (pêcher et prunier) pour ses agriculteurs. Mais on a une absence d’organisme professionnel pour le développement du secteur maraichage bien que cette zone soit connue pour la production maraichage. Parmi les contraintes pour la production du maraîchage dans cette zone, on peut citer l’utilisation de semences et plants certifié de pomme de terre et d’oignon ainsi que le stockage de l’oignon car les agriculteurs utilisent le stockage traditionnel qui entraîne des grands pourcentages de perte. Cependant, la contrainte majeure est la commercialisation des produits récoltés avec une place prépondérante des intermédiaires. Toutes ces contraintes peuvent être surmontées si les coopératives s’attaquent à ces difficultés. Actuellement tout le dispositif de conseil agricole et les subventions à la production sont orientés par le Plan Maroc Vert. Pour la plaine du Saiss, ce plan privilégie les cultures pérennes (fruitiers et olivier) sans prendre en compte le maraichage pourtant bien implanté dans cette région. Ce choix s’explique, selon le spécialiste maraichage de la DRA de Meknès, par le fait que l’on ne peut pas subventionner des productions qui n’ont une garantie de pérennité. Lorsque le PMV subventionne une centaine d’ha de plantation de pêchers on fait l’hypothèse que cet investissement sera valorisé par les bénéficiaires pendant plusieurs décennies. Le verger par définition est pérenne ce qui limite le départ du producteur bénéficiaire. Par contre le maraichage regroupe des cultures annuelles et la mobilité du producteur est possible ainsi que l’abandon de l’activité d’une année à l’autre. De plus la DRA hésite a subventionner une filière en crise du fait des surproductions des deux cultures majeures : l’oignon et la pomme de terre. Le conseil étant lié aux projets mis en place dans le cadre du PMV, les maraichers ne peuvent pas espérer un appui technique pour le moment de la part des services publics b)

Effet de la ville Meknès sur les différentes zones d’étude :

Les principales interactions entre la ville et l’agriculture urbaine et périurbaine sont résumés dans le tableau 29 selon les agriculteurs enquêtés dans les trois zones d’études.

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Partie III : Résultats et discussion

Tableau 29 : effet de la ville sur les exploitations de trois zones d’études. Zone urbaine oued Ouisslane (ville de Meknès)

Zone urbaine oued Boufekrane (ville de Meknès)

Zone périurbaine Seba ayoun (ville de Meknès et Seba ayoun)

Contraintes  Pollution des eaux par la cimenterie d’Ouisslane et les unités industrielles qui se sont installées en amont du cours d’eau oued Ouisslane.  Manque d’ouvriers qualifiés  Pollutions des champs (déchets solides de la ville)  Pollution des eaux par des rejets d’eaux usées non canalisés ou détournés par les producteurs  Problème des vols Par rapport à la ville de Meknès :  Pas de contraintes car suffisamment éloignée Pour la ville Seba ayoun :  le vol des produits maraîchers mais rares  pollution (déchets solides)  le dérangement par les gens de l’état (ex: polices) : (ils demandent aux exploitations les légumes).  Prix élevé du foncier agricole qui limitent les transactions en faveur du maraichage

Avantages  La proximité des lieux de ventes et d’achats et les établissements publics (hôpitaux, écoles…) 

La proximité des marchés, lieux d'achat des produits agricoles et les établissements publics (école…)

achats et réparation des grands matériels procédures administrations (exemple: autorisation faire un forage) marché de gros

   

proximité des établissements publics achats des intrants source de main d’œuvre

On constate que l’effet de la ville selon les agriculteurs change selon la situation de l’exploitation. L’urbanisation n’est pas considérée par les agriculteurs comme ayant un effet négatif. Cela peut être expliqué par le fait que dans la zone urbaine oued Ouisslane, la plupart des agriculteurs ne sont pas des propriétaires du foncier, donc ils ont conscience qu’ils seront contraints un jour ou l’autre d’abandonner leurs activités agricoles. De plus, les terrains sont en pente rendant la construction sur ces terrains difficile. Enfin, la zone urbaine oued Boufekrane est une zone déclarée verte protégée de l’urbanisation par la municipalité. Mais, la plupart des agriculteurs de la zone périurbaine Seba ayoun considèrent la ville comme une solution à la mauvaise situation économique des exploitants.

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Partie III : Résultats et discussion c) Les conditions pour la continuité dans le domaine maraichage : Cette partie reprend les conditions avancées par les exploitants enquêtés pour assurer la continuité de production des cultures maraichères. Les réponses ont été regroupées en deux catégories : les conditions économiques et les conditions sociales.  Dans la zone urbaine : Dans la zone urbaine oued Ouisslane, les agriculteurs pensent que la continuité du maraichage est liée à certaines conditions, en premier lieu l’installation des infrastructures en commençant par l’électricité. Ils souhaitent que l'association Nord Plaisance puisse aider les agriculteurs à avoir accès à l’électricité. Elle doit aussi s’impliquer dans la commercialisation des produits récoltés. Les conditions économiques se résument en trois grands besoins :  Partie matériel : Améliorer le matériel du travail (en première lieu le tracteur, et Seguia en béton)  Partie aide : Aide directe surtout dans les années de crise  Partie commercialisation : Résoudre le problème des intermédiaires La plupart des agriculteurs ont déclaré que c’est à l’Etat de mettre en place ce soutien, mais sans donner d’indication sur les modes d’interventions. Les autres pensent que ce doit être parmi les missions de l’association. Les réponses des agriculteurs de la zone urbaine oued Boufekrane sont semblables à celles des agriculteurs de la zone urbaine oued Ouisslane. La condition la plus répétée est le besoin d’une coopérative qui s’implique dans cette zone.  Pour la zone périurbaine : Pour le coté social, les conditions de la poursuite des cultures ont été rassemblées en deux grands besoins :  Le besoin d’un organisme d’appui : les agriculteurs ont besoin d’un organisme d’appui (conseil agricole) qui se focalise sur le maraichage pour assurer le suivi technique des exploitants.  Des coopératives : elles pourraient assurer les achats des plants et des semences, et des autres intrants ; pour certains agriculteurs, elles doivent aussi intervenir dans l’élevage. Comme dans les zones urbaines, la réalisation de ces conditions doit être assurée par l’Etat. Si on analyse toutes ces conditions réclamées par les agriculteurs, on constate qu’elles ne sont pas très déterminantes par rapport à la durabilité des cultures maraichères dans les trois zones d’étude. Elles concernent toutes les activités agricoles. Dans les trois zones d’étude, les agriculteurs ont déclaré que « l’état » joue un rôle très important dans la durabilité de l’agriculture en générale dans ces zones. Cela peut être dû que les agriculteurs se souviennent «de l’époque où l’état intervenait d’une manière directe ». Cela aussi peut s’expliquer par le manque de confiance des agriculteurs envers la nouvelle association de la 57


Partie III : Résultats et discussion zone urbaine oued Ouisslane. Dans la zone de périurbaine Seba ayoun, certains agriculteurs ignorent l’existence des subventions pour l’acquisition de certain matériel agricole, et l’installation du système d’irrigation localisé. Cela peut correspondre à la demande des agriculteurs d’un conseil agricole. On sait qu’il y a un sous-centre des travaux dédié à cette zone, mais il se peut que l’effectif des employés soit insuffisant pour une zone agricole comme Seba ayoun. Mais, les agriculteurs hésitent souvent à consulter un organisme d’appui, alors qu’ils se déplacent pour tout ce qui est lié à l’administration. La circulation des informations ce fait d’une manière relationnelle. d) Place du maraîchage dans les stratégies des agriculteurs : Dans cette partie on va analyser la partie liée aux projets d’avenir pour les exploitants en relation avec la durabilité du système maraichage.  Dans les zones urbaines : Dans les zones urbaines pendant les enquêtes, on a constaté que les agriculteurs ne sont pas satisfait par leurs activités agricoles ; ils pensent que la « vraie agriculture » est faite dans les zones périurbaines et rurales, dans les plaines disposant de ressources en eau souterraine accessibles (Seba ayoun, Bouderbala...). Cela peut expliquer qu’une grande catégorie des agriculteurs pense à se délocaliser vers des zones périurbaines. Au cas où ils disposent des capitaux pour investir dans l’irrigation ou de la confiance d’associés qui pourraient les apporter. Par exemple à Seba Ayoun le statut d’associé se développe : l’agriculteur apporte son savoir-faire, sa capacité de gestion et le propriétaire de la terre apporte les capitaux pour investir et acheter les intrants de la campagne agricole. Les bénéfices obtenus sur la terre sont partagées entre les deux associés. Ces propriétaires terriens sont soit de vieux agriculteurs en retraite, soit des héritiers qui sont partis en ville soit des néoagriculteurs qui a acquis des terres mais dont l’activité principale demeure localisée en ville. Cette forme d’association est le seul moyen actuellement pour un agriculteur sans ou avec peu de capitaux et sans terre de créer une nouvelle unité de production tant le prix de la terre est élevé autour de Meknès. Mais là encore les investisseurs préfèrent s’orienter vers l’arboriculture dans la mesure où ils disposent des capitaux nécessaires (il est moins couteux d’investir pour la production maraichère) De plus, dans la zone urbaine oued Ouisslane, ce genre de planification peut être lié au fait que la totalité des exploitants ne sont pas des propriétaires de leurs terrains. La plupart d’entre eux sont liés aux propriétaires avec des contrats informels et oraux (métayage) ; même si la plupart travaillent dans cette zone depuis longtemps (plus de 10 ans) ils peuvent être exclus à n’importe moment. Cela implique que la poursuite du maraichage dans cette zone est liée aux vrais propriétaires. On peut en déduire que les agriculteurs de cette zone sont limités par le temps et l’espace pour continuer à cultiver les produits maraichers. On peut dire aussi qu’ils ont une volonté de changer le système de production maraichage en passant d’un système maraichage plus diversifié à un système spécialisé (zone périurbaine). Les agriculteurs ont montré aussi volontés sérieuses de quitter le domaine d’agriculture en général, et passer à un autre domaine de travail, notamment les plus jeunes d’entre eux. Dans la zone urbaine oued Boufekrane, on a les mêmes visions à long terme que dans la zone 58


Partie III : Résultats et discussion urbaine oued Ouisslane. Mais, la particularité de cette zone est que les agriculteurs veulent continuer dans ces zones et dans le maraichage. Ces agriculteurs sont de la catégorie qui cultive leurs propres terrains.  Dans la zone périurbaine Seba ayoun : Dans cette zone on peut organiser les réponses suivant trois types de stratégie : -

Conversion du maraîchage en cultures fruitières pérennes, Renforcement du maraîchage par des changements techniques et d’organisation et diversification de la production, Déplacement de la zone de production

Dans cette zone, on a une multitude de stratégies qui affectent la durabilité du maraichage. Certaines stratégies peuvent améliorer la durabilité des exploitations maraichage dans cette zone comme le cas du changement le combustible utilisé : passer du gasoil au gaz naturel et la conversion vers le système d’irrigation localisé D’autres planifications peuvent changer le destin du maraichage dans cette zone. 1) Une part importante des agriculteurs ont l’intention de se convertir vers les arbres fruitiers (pêcher et prunier) ou la vigne. Car selon eux, la rentabilité du maraîchage est faible ou nulle, bien que certains d’entre eux aient une bonne rentabilité économique. Cela peut être expliqué par un mouvement global de des exploitations de cette zone et des voisines, d’une conversion des systèmes de production vers les cultures pérennes. Les agriculteurs estiment que le système des cultures pérenne est plus rentable que le système des cultures maraichères. 2) D’autres agriculteurs cherchent d’autre terrains à cultiver dans d’autres zones, dans le cas des agriculteurs qui ont le foncier en commun avec les autres membres de la famille. C’est une stratégie d’anticipation de la diminution de leur superficie agricole en cas de partage d’héritage. XI.

Analyse des hypothèses de travail : 

L’effet de la ville sur les exploitations maraîchères en zones urbaine et périurbaine :

L’effet de la ville sur les exploitations diminue de la zone urbaine vers la zone périurbaine. En effet les produits maraîchers produits dans les zones urbaines sont pour une grande part consommés dans la ville de Meknès. En général, la commercialisation est de type « circuit court » (un seul intermédiaire) ou directe du producteur au consommateur. Par contre, dans la zone périurbaine, les agriculteurs travaillent avec des grossistes, les produits maraichers pouvant être consommés dans la ville de Meknès ou dans une autre ville du Maroc. Le foncier agricole de la zone urbaine oued Ouisslane est le plus exposé au développement de l’urbanisation, celui des autres zones étudiées est peu influencé par l’urbanisation. Vu la situation géographique de cette zone. On constate beaucoup des chantiers de construction qui sont installé dans cette zone. De plus, l’utilisation des eaux usées brutes pour l’irrigation des cultures maraîchères peut présenter un danger à la fois sur la salubrité des produits récoltés et la durabilité du foncier agricole. Les produits chimiques qui 59


Partie III : Résultats et discussion contient cet eau (détergents, produits organique…) peuvent changer les caractéristiques du sol (pH, Ec...).  Le système de la production maraîchère :

Le système de production dans les zones urbaine est traditionnel (utilisation de animaux de trait et le Seguia pour l’irrigation). Cela est imposé par la situation géographique des exploitations (la pente). Les eaux d’irrigation proviennent des cours d’eau (oued Ouisslane et oued Boufekrane), ainsi que des eaux usées brutes. Dans la zone périurbaine, le système de production est plus motorisé où on utilise des machines agricoles (tracteur, motopompe…) sont utilisées avec une utilisation des eaux de la nappe phréatique. La diversification des espèces maraichères est plus grande dans les zones urbaines que dans la zone périurbaine. Cela est lié à des pratiques agricoles transmises père au fils et aussi au climat dominant dans cette plaine. Déjà, on peut cultiver plusieurs espèces maraîchères dans la plaine de Saïss de saison et d’arrière-saison vu que la zone est continentale. Et économiquement, ce genre de culture connait une concurrence par d’autres régions. Mais dans les zones urbaines, vu les charges qui sont relativement faibles, la marge est importante. On constate aussi que les produits maraîchers plus ils sont périssables plus ils sont cultivés prêt de la ville.  L’importance du maraichage dans le revenu de la famille des exploitants : Le maraichage est une source de revenu très importante. Sa part dans les revenus familiaux varie selon les autres activités agricoles ou non agricole. Dans la zone de Saïss le maraichage est saisonner : ce sont essentiellement des cultures d’été et quelques cultures d’hiver. Dans la zone urbaine oued Boufekrane le revenu du maraîchage est très important, et il est associé à d’autres activités non agricoles. Dans la zone d’Ouisslane, le maraîchage est associé aux autres cultures pérennes et l’élevage. Selon la perception des agriculteurs, leurs activités en maraîchage sont acceptables dans la plupart des cas. Mais dans la zone périurbaine Seba ayoun, on constate une grande hétérogénéité d’une exploitation à l’autre : les rentabilités peuvent être positives ou négatives. Comme dans les zones urbaines, le maraîchage y est associé à d’autres activités agricoles (élevage et arbres fruitières). Actuellement, l’accumulation des années de crise poussent les exploitants vers d’autres cultures maraîchères ou à convertir vers les cultures fruitières pérennes.  Les acteurs sociaux s’impliquant dans les zones d’étude Contrairement, à l’hypothèse de départ, dans la zone périurbaine, il y on a un manque d’organismes professionnels. Les coopératives de la réforme agraire sont devenues moins actives après la distribution des terres. Mais selon les agriculteurs enquêtés, on a besoin des coopératives professionnelles qui peuvent améliorer l’agriculture. Dans les zones urbaines, il y a un manque de collaboration entre les exploitations et les organismes d’appui agricole plus liés à des programmes nationaux qu’à des actions localisées spécifiques. Cependant, dans la zone d’Ouisslane la nouvelle association « Nord Plaisance » peut jouer un rôle très important dans le développement du maraichage dans cette zone, notamment avec son programme de production du maraichage Bio.

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Partie III : Résultats et discussion XII.

Synthèse des critères de la durabilité et suggestions pour améliorer le maraichage urbain et périurbain :

Tableau 30 : synthèse des critères retenus de la durabilité : Composante de la durabilité Agroenvironnementale

Critères retenus

diversité des cultures maraîchères Diversité des cultures partageant le foncier avec les cultures maraichères Application et maitrise des rotations Utilisation des eaux usées brutes Situation Bilan d’azote indice de fréquence de traitement (IFT) Bilan de carburant Agro-économique Marge brute par rapport à la surface agricole brute par rapport aux actifs familiaux Agro-social Les organismes professionnels L’effet négatif de la ville La volonté de continu dans le maraichage  Pour le maraichage urbain :

Ouisslane

Boufekrane

Seba ayoun

4/5 4/5

3/5 1/5

1/5 2/5

3/5

1/5

4/5

2/5 3/5 3/5

1/5 1/5 3/5

4/5 1/5 1/5

5/5 2/5

5/5 4/5

1/5 2/5

1/5

1/5

3/5

3/5 1/5 4/5

1/5 1/5 2/5

2/5 4/5 1/5

On pense que les utilisations des animaux de trait et de la Seguia pour l’irrigation sont bien adaptées à la zone urbaine oued Boufekrane en raison des difficultés d’accès des engins agricoles et aux petites surfaces agricoles. Par contre, on peut installer un canal d’irrigation en béton pour améliorer l’irrigation et empêcher les pertes en eau. Dans la zone urbaine oued Ouisslane, des changements peuvent être apportées vers un système de production maraîcher amélioré. La plupart des exploitations présentent des accès aisés aux engins agricoles. Il semble possible d’installer un système d’irrigation par pompage à partir d’oued Ouisslane ou de la nappe phréatique qui est moins exploitée ainsi qu’une Seguia en béton. Les organismes responsable doivent se mobiliser pour trouver des solutions au problème d’utilisation des eaux usées brutes, soit par le pompage directe à partir du cours d’eau le plus proche (cependant, mais à cause de la pente il y aura un problème d’assurer un bon débit pour l’irrigation), soit à partir des nappes phréatiques. Selon Marcel Kuper (expert en hydraulique, département de génie rural à l’institut agronomique et vétérinaire Hassan 2) (réunion du 17 avril 2013), la région du Saïss est une zone qui risque d’avoir des perturbations en termes de sécurité d’eau surtout dans les parties où on exploite les nappes phréatiques. Mais les enquêtes ont montré que les exploitants n’avaient pas de perception d’un problème d’eau y compris pour les agriculteurs qui se sont convertis en irrigation localisée essentiellement pour diminuer la main d’œuvre. C’est aux organismes d’appui de sensibiliser les agriculteurs sur l’utilisation de l’eau et les intrants. 61


Partie III : Résultats et discussion Pour les pesticides, le Maroc a mise en place une base nationale des produits et les doses homologué. Cependant, la plupart des agriculteurs suivent les indications des détaillants entraînant souvent des doses appliquées qui dépassent les doses homologuées. Mais, pour l’utilisation des engrais, à l’échelle nationale, il n’y a pas de directives concernant l’utilisation des engrais. Les nappes phréatiques de la plaine Saïss sont polluées par les nitrates (plus 50 mg/l). Les sous centres des travaux agricoles doivent intervient pour diminuer l’utilisation abusive des engrais azotés. La diversité culturale dans les zones urbaines est beaucoup plus satisfaisante qu’à la zone périurbaine Seba ayoun. Mais il faut penser aux périodes critiques (hiver et l’automne) où le sol est occupé par quelques cultures (la fève ou culture fourragère). D’autres cultures annuelles, maraichères ou non, plus rentable (exemple du petit pois) peuvent être mises en place. L’expérience du maraîchage bio entamée par l’association « Nord Plaisance » est bien appropriée pour la continuation de la production maraichage. Elle devrait permettre de bien valoriser des produits maraîchers des zones urbaines et motiver les agriculteurs économiquement de continue à produire des produits maraichers. Bien que ce genre des produits est destiné à une niche sociale, ce type de production permet aux exploitations urbaines qui alimentent la ville avec les produits frais, de prendre des précautions pour ne pas perturber la sécurité alimentaire de la ville de Meknès.  Pour la zone périurbaine : La zone de Seba ayoun est une zone où techniquement la continuité des cultures maraichages est assurée : elle est bien équipée et les rendements maraîchers sont corrects. Mais selon plusieurs critères, je pense que la durabilité du maraichage dans cette zone est plus compliquée et non satisfaisante. En effet, on a une diversité culturale faible (pomme de terre et oignon) cela expliquer pression phytosanitaire et l’indices de fréquence de traitement élevée. La rentabilité de ces cultures est en déséquilibre, les agriculteurs ont vécu une succession de mauvaise saison. De plus, il n’y a pas d’utilisation raisonnée de l’eau et des intrants, rendant cette zone écologiquement fragile. L’amélioration du maraichage dans cette zone passe par l’amélioration du stockage de la pomme de terre et l’oignon D’autres cultures maraîchères sont à tester. A l’instar de ce qui a été entrepris avec la culture du melon sous tunnel et la culture de l’ail. Et d’autres cultures qui peut être adaptées à la zone (culture du poireau).

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Conclusion : L’analyse des critères de la durabilité des exploitations maraîchères dans les zones urbaine et périurbaine de la ville de Meknès a mis en évidence une situation instable avec des risques d’abandon surtout dans la zone périurbaine. Cela risque de perturber la sécurité alimentaire de la ville de Meknès et d’influencer d’autres villes qui s’approvisionnent à partir de Meknès (Fez, Rabat et Casablanca). Mais en conclusion, les critères de la durabilité pour les exploitations maraîchères est plus satisfaisants dans la zone urbaine oued Ouisslane par rapports aux autres zones d’études. C’est la zone la plus risquée d’être urbanisée. Ce risque qui peut devenir moins importants après le lancement du projet « panier bio » par l’association nord plaisance. Ce projet qui peut améliorer la situation économique et social pour la plus part des exploitants de cette zone. Ce projet qui reçoit le soutient des autres associations d’agriculture écologique qui sont installé à Rabat et Casablanca. Plusieurs acteurs socio-économiques peuvent intervenir pour la poursuite de la production maraîchère dans cette zone. Mais jusqu'à présent, les collectivités locales et les organismes professionnels n'interviennent pas dans le maintien la production maraîchère au niveau l’agriculture urbaine et périurbaine, sous prétexte que la zone n’est pas une zone de production maraichage. Cela suggère le besoin d’un programme national pour le développement de l’agriculture urbaine et périurbaine notamment dans les programmations des politiques d'urbanisation et de recherche agronomique. Pour la situation des sécurités en termes des produits maraîchers pour les villes du Maroc change d’une ville à une autre. On trouve des villes qui ont des surplus en termes de productions de ce genre des aliments avec des prix bas, et d’autres villes qui connaissent un déficit. Ce qui reflète un déséquilibre en termes de distributions et d’approvisionnement des villes au Maroc. En plus, les prix deviennent élever et la qualité de ces produits diminue avec la distance parcourue par le transport. Les véhicules utilisés pour transporter ces produits ne respectent pas les conditions pour transporter ce genre ce produits périssables (températures et humidité). A Meknès, les éléments qui militent en faveur de la préservation du maraîchage dans l'espace urbain et périurbain renvoient avant tout à la fonction économique et sociale du maraîchage dans cette zone. Une partie importante de la main d’œuvre urbaine travaille dans les exploitations urbaines et périurbaines, sans oublier un nombre important des commerçants et des détaillants qui sont très lié ce domaine. Pour le coté environnemental, une partie des déchets de la ville peut être recyclée dans la production des produits maraîchers sous forme des fertilisants organiques si on installe un programme de compostage des déchets organiques de la ville. En autre, les eaux usées traités par la station de la ville peuvent être utilisé dans l’irrigation des exploitations urbaines et périurbaines qui se situent en aval de la ville. Et enfin ces exploitations améliorent aussi l’espace vert de la ville.

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65


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http://www.dramt-agriculture.net/ https://sites.google.com/site/programmesurfood/

66


Annexes

Annexes Annexe1 : localisation des trois zones d’étude dans la ville de Meknès

Zone urbaine Oued Ouisslane

Zone périurbain de Saba Ayoun

Zone urbaine Oued Boufkrane

67


Annexes

Annexe 2 : tableau de la synthèse des superficies maraîchères développées (ha) par an pour chaque producteur La zone urbaine oued Ouisslane : exploitant

oignon

cardon

courgette

fève

persil

radis

laitue

tomate

0,50

1 2

0,50

1,00

3

1,00

1,00

4

0,50

0,50

1,00

5

1,00

1,00

1,00

6

1,00

0,25

1,00

7

0,25

8

0,25 0,50

9

0,25

0,25 1,00 0,75

0,25 0,25

0,25

0,25

1,00

10 11 Total/ culture

1,00

0,25

0,50

0,33

0,33

0,33

4,00

4,33

3,33

3,08

0,25

0,25

0,75

1,25

1,00

Pour la zone urbaine oued Boufkrane :

exploitant 26 27 28 29 30 31 Total/ culture

cardon 0,25 0,25

0,50

radis 0,25 0,33 0,04 0,13 0,32 0,33 1,40

laitue 0,25 0,33 0,12 0,13 0,12 0,33 1,28

betterave rouge

total

0,25 0,33 0,04 0,12 0,07 0,33 1,14

1,00 1,00 0,45 0,38 0,51 1,00

68


Annexes Pour la zone périurbaine Seba ayoun :

N° d’ordre d’exploitant

oignon

pomme de terre 5,00 2,00 0,75 1,25 1,00

12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 Total/ culture

carotte

total

1,25 1,00 2,00

1,00 1,75

6,00 0,50 1,00 1,00 1,00 2,00 0,75 2,50 17,25

1,00 2,00 14,75

5,00 3,25 0,75 3,25 3,00 1,75 6,00 0,50 1,00 1,00 1,00 2,00 1,75 4,50

2,75

Annexe 3 : tableau de synthèse pour les intrants pour chaque zone Pour la zone Urbaine oued Ouisslane :

exploitant

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11

total SAU maraichage 0,50 1,50 2,00 2,50 4,00 3,00 0,50 0,75 1,00 1,50 1,49

Quantité N apportée 14,175 94,25 181,65 284,9 467,7 137,52 28,35 45,7 263,3 197,15 165,2

Bilan N

carburant gaz

-11,63 88,11 177,12 267,93 435,4 51,03 22,93 38,37 244,04 154,04 103,75

gasoil 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0

0 0 0 0 0 0 0 37,5 0 0 0

carburant labour 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0

69


Annexes Pour la zone urbaine oued Boufkrane :

exploitant

total

1,00 1,00 0,45 0,38 0,51 1,00

26 27 28 29 30 31

Quantité N apportée

Bilan N

carburant gaz

436,2 58,8 220,7 30,1 14,54 105,25

421,3 53,56 206,55 26,28 7,58 100,7

carburant labour

gasoil 0 0 0 0 0 0

0 0 0 0 0 0

0 0 0 0 0 0

Pour la zone périurbaine Seba ayoun :

exploitant

12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25

total

5,00 3,25 0,75 3,25 3,00 1,75 6,00 0,50 1,00 1,00 1,00 2,00 1,75 4,50

Quantité N apportée 703 825,2 107,25 797,8 1618,6 79,8 4458,5 191,8 189,8 200,1 177,6 294,95 431,5 822,65

bilan de N

carburant irrigation gaz

335,0 0 427,6 0 44,7 0 543,8 0 1251,8 158 bouteilles 50,0 0 3303,8 171 bouteilles 121,8 0 84,8 0 98,9 0 104,0 0 129,4 0 348,3 0 390,1 240bouteilles

gasoil 1334 1368 360 2240 0 1440 0 210 324 240 408 430 310 0

carburant labour 215 80,24 43 141,4 129 75,25 216 15,5 43 44 44 86 77 230,625

70


Annexes Annexe 4 : les exportations d’azote pour les espèces maraîchères

Espèce

Organe

rdt t/ha matière fraiche

rdt t/ha matière sèche

N

oignon

total

63

7,11

116

oignon

Bulbes

42

8,25

115

oignon

Bulbes

30

90

oignon

Bulbes

80

140

pomme de terre

tubercules

30

105

pomme de terre tubercules + feuilles

30

225

pomme de terre

tubercules

25

96

pomme de terre

tubercules

1

3,2

pomme de terre pomme de terre pomme de terre

tubercules tubercules tubercules

30 30 25

96 130 120

cardon

feuilles

23,6

3,57

136

cardon

cardes

71,14

5,04

93

cardon

racines

11,18

2,42

39

cardon

total

105,92

11,03

268

Références Anstett, oignon blanc, BTI, 200, 1965 Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Lefebvre Oignon de Mulhouse, Invuflec, 1976, 67-70 Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 AVRDC, Vegetable production training material, 1990 Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Oignon de garde, Moreau et al. 1996, Ctifl Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 USA, tubercules Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 USA, feuilles = restitution? Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Grandeau, tubercules, primeur Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Hébert, ITPT Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Hébert, ITPT Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 AVRDC, Vegetable production training material, 1990 Fertilize uses 1958, Jacob & Uexkull Anstett, Plein blanc inerme Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Anstett, Plein blanc inerme (1 récolte) Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Anstett, Plein blanc inerme (1 récolte) Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Anstett, Plein blanc inerme (1 récolte) Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989

71


Annexes

80 - 100

300

Courgettes

fruits

fève

total

fève

gousses

persil

feuilles

90

255

persil

racines

90

7

persil

total

90

262

persil

feuilles

67

164

persil

racines

67

6

persil

total

67

170

persil

total

10

12 à 22

radis

feuilles

8,42

0,62

28

radis

racines

16,59

0,57

20

radis radis

total total

25,01 12

1,19

48 100

laitue

feuilles

58,5

27,2

108

laitue

racines

2,68

2,6

5

laitue laitue

total feuilles

61,18 56,2

29,8 27,5

113 128

180 3

252

Gauvrit D., 1987 Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Becker Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Gorini F., 1979 Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Anstett, persil ordinaire 2 coupes Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Anstett, persil ordinaire 2 coupes Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Anstett, persil ordinaire 2 coupes Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Anstett, persil frisé 2 coupes Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Anstett, persil frisé 2 coupes Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Anstett, persil frisé 2 coupes Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Gorini F., 1978 Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Anstett, Demi-long d'Orléans 1965 Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Anstett, Demi-long d'Orléans 1965 Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Anstett, Demi-long d'Orléans 1965 Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 AVRDC, Vegetable production training material, 1990 Anstett, Reine de mai, 1962 Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Anstett, Reine de mai, 1962 Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Anstett, Reine de mai, 1962 Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Anstett, Merveille d'hiver, 1962

72


Annexes

laitue

racines

2,06

2,5

5

laitue

total

58,26

30

133

laitue

total

70,7

179

tomate

feuilles + tiges

20

55

tomate

fruits

60

79

tomate tomate

racines total

1 81

2 136

tomate

plante

67

210

tomate

fruits

150

190

tomate

total

217

400

Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Anstett, Merveille d'hiver, 1962 Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Anstett, Merveille d'hiver, 1962 Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Montfavet, INRA, conserve Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Anstett, Moneymaker, plein champ, PHM, 1968 Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Anstett, Moneymaker, plein champ, PHM, 1968 Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Anstett, Moneymaker, plein champ, PHM, 1968 Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Anstett, Moneymaker, plein champ, PHM, 1968 Lefebvre frais, sous serrre, H 63-5, 1970 Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Lefebvre frais, sous serrre, H 63-5, 1970 Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989 Lefebvre frais, sous serrre, H 63-5, 1970 Memento fertilisation des cultures légumières, Ctifl, Paris, 1989

73


Annexes Annexe 5: référence pour l’émission de CO2 par les types des carburants

Type de carburant Butane

Emission du CO2 3,04kg de CO2/ kg

Référence

Gasoil

2,67kg/l

Kemen P.V., 2010, consommation et pollution du carburant agricole, la consommation du gaz carburant en France, BCMA

http://www.ilephysique.net/forum-sujet255646.html

Annexe 6 : Exemple de calcule du bilan d’azote pour une exploitation Exemple d’un exploitant de Seba ayoun (N°13) qui a 2 ha d’oignon et 1,25 ha de la pomme de terre. 1. Calcul d’azote total pour les 3,25ha du maraichage : Quantité 237,5 kg 425,5 kg 162,45 kg 825,45

Total d’azote minéral Totale d’azote organique Apport d’azote par eau d’irrigation Total d’azote 2. Calcule d’exportation Culture Rendement (kg) Oignon 140 Pomme de terre 40 Total d’exportation

Exportation d’azote en (kg) 257,6 140 397,6

3. Calcule du bilan d’azote :

Azote total (kg)

Exportation (kg)

Bilan d’azote (kg)

825,45

397,6

427,85

Bilan d’azote par (kg /ha) 132

74


Annexes Annexe 7 : Exemples de calcule de la marge brute pour l’exploitant N°21 Culture maraîchère : oignon

superficie : 1ha

* Les charges : Activités Pépinière

Labour

Intrants Mains d’œuvre Irrigation Profond Cover crop Traceur

Plantation Intrants

Pesticides Engrais

Irrigation Récolte Stockage

Charge totale (Dh) 310 320 160 400 250 250 7500 325 1450 2100 1670 -

* Résultat économique : Produits brute Charge totale Marge des bénéfices

40 000 Dh 14 735 Dh 25 256 Dh

75


Annexes Annexe 8 : Définition des termes des statuts juridiques des terres : Melk : c’est un mot arabe qui signifie la terre à la propriété personnelle. Collectif: ce sont des terres qui appartiennent aux tribus qui exploitent ces terres d’une manière collective. Ces terres sont régies par le Dahir 27 Avril 1919. Et selon lequel: -

-

Reconnaissance de la propriété de terres collectives aux seules collectivités ethniques ayant la personnalité morale ; Consécration du caractère inaliénable, insaisissable et imprescriptible des terres collectives ; Compétence des seules jmaâs (assemblées de délégués, de notables) en matière de gestion des biens collectifs (y compris les terres), et ce, pour tout ce qui concerne le partage de la terre entre ayants-droit collectivistes (chefs de foyer), la mise en valeur du patrimoine collectif, le retrait de lots, etc ; Octroi d’un simple droit de jouissance au chef de foyer ayant-droit ;

Habous : ce sont des terres de l’Etat. En effet, Le Habous est un acte juridique par lequel une personne, en vue d’être agréable à Dieu, se dépouille d’un ou plusieurs de ses biens, généralement immeubles, et les met hors du commerce, en les affectant à perpétuité à une œuvre pieuse, charitable ou sociale soit d’une manière absolue exclusive de toute restriction (Habous public), soit en réservant la jouissance de ces biens à une ou plusieurs personnes déterminées (Habous de famille) ; à l’extinction des bénéficiaires, le Habous de famille devient Habous public. Guich : les terres au service militaire rendu. Les tribus Guich ont un droit d’exploité ces terres Mais sans avoir le droit acquisition personnelle de ces terres (ils n’ont pas le droit de vendre ou louer ces terres)

76


Annexes Annexe 9 : Photos prises durant les enquêtes

 les champs de la zone urbaine oued Ouisslane

 champs de laitue dans la zone urbaine oued Boufkrane

 parcelle du melon sous tunnel à Seba ayoun

77


Annexes

 utilisation des animaux de trait pour le labour

 utilisation des animaux pour le transport des produits maraîchers aux marchés de la ville dans la zone urbaine oued Boufekrane

 Seguia des eaux usées brutes dans la zone urbaine oued de Boufekrane

78


Annexes

 Parcelle d’oignon irrigué par le gravitaire dans la zone périurbaine Seba ayoun

 Parcelle d’oignon irrigué par le système localisé dans la zone périurbaine Seba ayoun

 Production des semences d’oignon dans la zone périurbaine Seba ayoun

79


Annexes

 Travaux d’aménagement d’une Seguia dans la zone urbaine oued Ouisslane.

 Hétérogénéité de levée de pomme de terre dans un champ à Seba ayoun dû (selon l’agriculteur) à la replantation de cette culture sur la même parcelle durant ces trois dernières années

 Plantation de la laitue dans la zone urbaine oued Boufekrane.

80


Annexes Annexe 10 : la fiche d’enquête Etude des exploitations maraichères de la zone urbaine et périurbaine de Meknès Projets SURFOOD, CIRAD Montpellier, Questionnaire N° :……. Code : ………….

Date :

Prénom NOM de l’enquêté : …………………………………… Statut (CE, fils, gestionnaire) :…………………………………………………………………………………. Téléphone : ……………………………….

Age : ……

Niveau de formation : ……………………

Nombre d’enfants : …………… Localisation de l’exploitation (Douar ou quartier, commune) pensez à la positionner sur une carte ………………………………………………………………………………………………………………… Lieu de résidence du CE : …………………………………….

I.

STRUCTURE DE l’EXPOLOITATION

1.1 Présentation de l’exploitation : Superficie agricole utile (SAU) : ……… ha

En combien de blocs de parcelles : ………………..

Superficie non cultivable (parcours, forêt, pentes par exemple) : ……………….. Superficie de l’exploitation prêté ou louée à un autre en ha : ………………. Statut du foncier cultivé (plusieurs réponses possibles)

    

Statut juridique :

   

Melk. Collectif Location ou métayage

Agriculture familiale Association entre agriculteurs familiaux Association du type Métayage Société privée, entreprise

Habous Guich

Adhérent à une organisation professionnelle fonctionnelle ? OUI /_/ NON:/_/ Si Oui, laquelle (ou lesquelles) et dans quels objectifs ? Le CE envisage-t-il de rejoindre ou de monter prochainement une OP ou une association OUI /_/ NON:/_/ Si Oui dans quel domaine ? Les activités agricoles principales de l’exploitation (à classer selon l’importance du revenu procuré) : 1/

…………………

2/

……………………

3/ ………………………………..

Autres activités, non agricoles, procurant un revenu à la famille (quelles activités ? Où cela se fait-il ? Réalisées par quels actifs familiaux ou personnes à charge le CE, femme, fils,.. ) Les activités non-agricoles (off-farm) vous procurent elles un revenu Supérieur /__/

équivalent /__/ inférieur:/__/

à votre revenu obtenu par l’agriculture

% du revenu agricole dans votre revenu total annuel :

………%

81


Annexes 1.2. Personnes présentes sur votre exploitation (les actifs et les inactifs) a)

Combien de personnes vivent sur l’exploitation (équivalent bouches à nourrir) : …………..

b) Combien de personnes de la famille travaillent sur la ferme (par catégorie personnes) CE :

Frères/cousins/neveux : ……..

Mère ….. Père ………… Autres …………

Fils : …… Epouse …….. Fille …….

Sœurs ………

TOTAL : …………….UTH

c) Combien d’ouvriers permanents sur la ferme : …….. Coût de leur salaire par jour ou par mois ou par an…….. d) Recours à la main d’œuvre temporaire Oui /__/ Non: /___/ si Oui, Est-il difficile de trouver de la main d’œuvre Oui /__/ Non: /___/ A quelle période et pour quels travaux :…………………………. De quelles localités viennent les manœuvres agricoles ? : ………………………….. 1.3 Équipements /Matériels importants (hors irrigation) : matériels

Type

Nombre

Date d’achat

Coût réel payé

% de la subvention

Tracteur avec équipement Matériel de traitement motorisé Matériel de traitement non motorisé Matériel de transport dont pickup Autres ……………………………

Faites-vous recours à des prestataires de service pour les travaux, quels type de travaux : Type de Travaux

Equipement loué

Provenance du prestataire

Coût unitaire (par ha ou par jour)

82


Annexes 1.4 Partie irrigation : Provenance de l’eau (plusieurs réponse possible par exploitation) :

    

Seguia Nom de la source ou Oued : ………………tour d’eau (durée/fréquence): Puits : nombre :

profondeur :

Forage nombre :

profondeur :

Pompage direct dans un oued ou eau de surface Eaux usées (fossé, canalisation) mélangées ou non avec l’eau de source, de l’oued ou de séguia

Qualité d’eau selon le producteur :

  

Mauvaise

Avez-vous déjà réalisé des analyses d’eau ? Oui /__/ Non /__/ si Oui en quelle année …….

Moyen

(si possible faire une photo des résultats même si anciens)

Bonne

Selon votre expérience la qualité de l’eau a-t-elle un impact négatif ou positif sur l’activité agricole et le maraichage en particulier ? Pour le choix des cultures Pour le choix des techniques et matériels Sur le niveau des rendements (en + ou négatif)

Techniques d’irrigation Gravitaire /__/

Goutte à goutte /__/

Aspersion /__/

Matériels d’irrigation (possible d’avoir plusieurs équipements comme pompe et moteur, ne mettre que l’équipement en état de marche) Type

Nombre et type

Date d’achat

Coût

% subvention

Moteur

Pompe

Matériel de la filtration Matériel de fertigation

83


Annexes 1.4 Effectifs des ateliers d’élevage

Espèces et race

Effectif

Destination de la production

Bovin (…………………………….) Ovin (……………………………...) Caprin (……………………………) Gestion du fumier du bétail de l’exploitation (utilisé dans l’exploitation, vendu, donné, abandonné) :…. Si don ou vente, évaluer pour le bilan de N , en % la quantité donnée ou vendue et donc exportée hors exploitation) :………………………………………………………………………………. Si une partie du fumier n’est pas utilisée et donc abandonnée, évaluer cette quantité en % du Total produit : …………………………………………………………………………………….. II. FONCTIOINNEMENT DE L’EXPLOITATION 2.1 Assolement (avril 2012- mars 2013) Culture maraichères

N° parcelle

Superficie (Ha, are ou m²)

Période d’occupation du sol

Type d’irriga tion

Destination de production

Total surface par an

Grandes cultures, cultures fourragères et jachère

Surfaces (ha ou are)

Destination

Total grandes cultures et jachères par an Ne pas oublier les surfaces en jachère, les champs non cultivés pendant toute une année, mis en repos

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Annexes culture pérenne arboriculture vigne

Superficie en ha ou ares Ou nombre d’arbres

Cultures intercalaires

Date de plantation (pour les vergers)

Destination

Total cultures pérennes Surface totale cultivées en 2012/13

2.2 Itinéraire technique des cultures maraichères / légumières : 2.2.1 – culture d’oignon de 2012 : Achat des semences durant l’année d’enquête avril 2012 à mars 2013 : Variété

Quantité achetée en kg *

Coûts**

origine des semences

Dose prévue pour un ha d’oignon repiqué

Production des semences durant le même période avril 2012 à mars 2013 sur une surface de Origine des bulbes

Date de plantation

Date de récolte des semences

Quantité récoltée semence

Couts de production de la semence

Pépinière sur une surface de : …………….. Date de semis

Intrants (quantité et prix)

Travail et prestation (nombre et prix)

Vente éventuelle de plants (revenu en DH)

Le producteur a-t-il en complément acheté des plants oui /__/ Non /__/ Si oui, a qui (localité)………………….. et à quel prix : ………………………………

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Annexes

N° parcelle ……………..et surface : ………. Ha (tableau à remplir pour chaque culture)

Caractéristiques Opérations

type d’intrant

ou

Date

Quantité de

d’interven-

travail en HJ

tion

Quantité d’intrants

Prix de la prestation, ou du travail

Culture précédente Préparation du sol Reprise 1 Reprise 2 Repiquage Désherbage 1 Désherbage 2 Désherbage 3 Autres Opérations culturales (buttage, ..) Fréquence d’Irrigation Fumier Fertilisation (plusieurs possibles)

Ammonitrate DAP Autres

Traitements phytosanitaires (Présence ravageurs ?)

Travail de Récolte Quantité totale Production et rendement

Rendement

Gestion Résidus de culture Culture suivante réalisée ou prévue Commercialisation de la production

stockage Oui l__l Non l__l

Coût du stockage (la main d’œuvre) : ………..

Estimation en % de la perte au stockage:………

86

Prix des des intrants ou carburant


Annexes

Période de vente

Quantité

Prix Unitaire

Produit brut

Charges de commercialisation

Lieu de vente et destination du produit

VI-Relations des activités agricoles avec la ville : 6.1 Avec la ville de Meknès Selon vous quelles sont les contraintes à être agriculteur à côté d’une grande ville (Meknes) Et quelles sont les avantages ? ………………………………………………………………………………………………… 6.2 Avec la ville de Sba Ayoun et les autres villes secondaires Selon vous quelles sont les contraintes à être agriculteur à côté d’une ville comme Sba Ayoun ou Bouderballa ou Ain Taoujtat :……………………………………………………………………….. Et quelles sont les avantages ?.................................................................................................... 6.3 Approvisionnement en intrant et vente des produits Activité

Lieu du Marché (de la transaction vente ou achat)

commentaires

Achat de petits matériels ou équipement Achat de grand matériel Achat des engrais Achat des pesticides Vente ou achat du cheptel Vente des produits récoltés 6.4 Liens avec le foncier 6.4.1 Si vous êtes propriétaire de tout ou partie de vos terres : Avez-vous vendu de la terre ? Oui l__l Non l__l Si Oui, Quand …….. à quels prix : ………… et Pourquoi (ou pourquoi faire avec cet argent) 6.4.2 Si vous n’étés pas propriétaire de vos terres, vous louez, vous êtes métayer ou vous êtes sur du collectif Avez-vous du subir la vente d’une partie des terres que vous cultiviez avant ? Oui l__l Non l__l Si Oui, avez-vous reçu une indemnisation, une compensation ? Sous quelles formes Comment vous vous êtes adaptés à la situation ? 6.4.3 Avez-vous acheté de la terre ? A qui, quand, pourquoi et à quel prix …….. Le prix élevé de la terre aujourd’hui est-il une bonne ou une mauvaise chose pour vous

87


Annexes

VII. Evaluation de la durabilité de votre exploitation 7.1 Quelles sont les conditions nécessaires pour que vous puissiez continuer à cultiver vos terres (Économique, sociale) 7.2 Que pensez-vous de l’évolution de la fertilité de vos terres 7.3 Quelles sont les contraintes d’irrigation observées/rencontrées ces dernières années (quantité, qualité de l’eau en fonction des saisons) : 7.4 Plus globalement comment ont évolué vos activités de productions agricoles 7.4 Quels sont vos projets familiaux, personnels pour les années à venir

88


‫الملخص‬ ‫الملخص‬

‫ا ة ااااااا ة‬ ‫سااااااا نس ة اااااااف ةاااااااادة الم ااااااان لاااااااح اي وااااااا ااااااان ال لااااااااة ااااااا ال ااااااا ال ااااااا‬ ‫الفال اااااة اااااف اسااااامبال ال ااااافا ال د اااااة‪ .‬نااااانن ال لااااااة الااااان ادنااااا البااااا ا ح ل ااااان ‪ .‬نك ااااا ن ااااا ااااا‬ ‫ااااادة لاااااح ال بااااا ‪ .‬ود اااااا ا ااااانا‬ ‫نااااان ال بااااا الفسااااا ‪ ,‬اقاااااس لاااااح سااااال سااااا و نااااا الاااااالف ادي ااااا‬ ‫‪ . 8660‬الم ااااااا لاااااااح نك ااااااا و اااااااف اس سااااااا ااااااا اااااااا‬ ‫ساااااااك ةل ‪ 000666‬ةاااااااا ة اااااااا ا ااااااا‬ ‫اد اضاااااح ال ااااا ل ة ل ا اااااة‪ .‬اإلسااااام اا ة الفف اااااة لاااااح ن ااااا الم ااااا نااااا ااااا ن ااااا ا ااااان ال نو اااااة ‪:‬‬ ‫اااااا اد اضااااااح‬ ‫ااااااف " ا فلااااااث الاااااا ااااااف لااااااح افسااااااس ال اااااان طااااااك ضااااااب‬ ‫نخ اااااا "ناااااان اااااان‬ ‫ال اااااد‬ ‫الفال اااااة‪ .‬نااااانا و كااااا ا وااااات سااااا د ااااا اسااااام ا وة قاااااف الخ ااااا ا لاااااح ال ااااا ال ااااا‬ ‫اااااا (ساااااا ف ) ناااااا الااااااال المخ ااااااح اااااا ل اااااا ل ال ااااااف‬ ‫اااااا ‪ .‬ناااااا الااااااة ناااااا ا ال ااااااف ناااااا ال‬ ‫ان ااااااة يد اااااا لااااااح ال اااااا م الباااااا ا ح لااااااح‬ ‫ال اااااا ‪ .‬ناااااا الااااااة ا اااااا ن ناااااا ا ال ااااااف ناااااا ال م اااااا‬ ‫ال ب ‪.‬‬ ‫"ساااااا لف " ( اساااااام ا وة ال اااااا م الباااااانا ح ل‬ ‫ناااااا ن الن اسااااااة ا اااااان لااااااح ن اااااا‬ ‫ااااانا الد ااااا ال‬ ‫ااااا ن ف اااااة نااااا‬ ‫ةااااا ن لاااااح فاااااف الد ااااا ‪ .‬ا ااااا‬ ‫ااااا‬ ‫اد ااااا دااااا‬ ‫ال ااااااا‬ ‫قاااااااف الخ ااااااا ا اااااااف ننو اااااااة نك ااااااا‬ ‫ااااااا‬ ‫"‪ .‬نااااااانل نااااااانن الن اساااااااة ناااااااف‬ ‫اسااااااام ا وة نااااااا ن ال قاااااااف نااااااا اااااااال ا ااااااا نتطااااااا دسااااااام ا وة ‪ :‬الد ئاااااااح ‪ ,‬ادقم ااااااا‬ ‫ا‬ ‫ام ااااااا ف وقاااااااة لاااااااح اة ااااااا ي ا ااااااا ن ناة اااااااة لاااااااح ال ااااااا ال ااااااا ( ا ااااااافلك ا‬ ‫(سدس ف ) ن ن ف ال ف‬ ‫ال د‬

‫اااااان ) ‪ .‬ناااااا ا‬ ‫اااااح "سااااا ا‬ ‫ااااااا اق ااااااا س‬ ‫ادام ااااااا ح‪.‬‬ ‫وااااااااال )‬ ‫ن ناةح‪.‬‬

‫ا ضاااااا ث ال ماااااا ا ة اااااا م ادةماااااا ل خ اااااا ا لااااااح ال اااااا ال اااااا نااااااف ة اااااا م اق اااااان‬ ‫ا واااااااال ) ا ةاااااا ال اااااا ن‬ ‫الدلاااااا س ن اااااا ن الف واااااا المااااااح ا داااااا ال نو ااااااة ( ا اااااافلك ا‬ ‫و م اااااان اساااااام‬ ‫اااااة"‪ .‬لاااااح‬ ‫ااااا ف وااااا اادااااا ة ااااا م "ال ف اااااة" الااااا ا دقااااا "ال‬ ‫ال اااااام ة ال نو اااااة ناااااس ا ااااا س الااااا‬ ‫اااااا‬ ‫ن ااااااس ال اااااا د ال ااااااامب لااااااال ل لاااااا نااااااف ال لاااااا ال ق قااااااح لااااااال ل‪ .‬لكاااااا د اااااا ا ااااااف ناااااا‬ ‫اااااااة ال ك فاااااااة‪ ,‬ناااااااح ن قاااااااة‬ ‫ااااااا ‪ ,‬و مدااااااا ن ااااااا ال‬ ‫ي ا اااااااث الخ ااااااا ا ا ‪ .‬لاااااااح ال ااااااا ال اااااااد‬ ‫ل ااااا ن ال فل اااااة‪ .‬لاااااح افاااااا ا ااااا ل فناااااة الد ئ اااااة ‪ :‬د ااااا ا ال ااااا ال ااااااد‬ ‫ن لااااا ناااااس اسااااام‬ ‫ل ااااا ن ق ااااا ل ااااافا ال ااااا لة ل فال اااااة يااااا ال ن ااااا ن الااااا ‪ .‬ال اااااح الااااا اة كااااا‬ ‫ااااا وم ااااا سااااام‬ ‫سااااا د ااااا فدقااااا ال ااااا ن ال فل اااااة ل قاااااة سااااادس اااااف نااااا اااااال اي وااااا ا ي ااااا ال مااااا ا ‪ .‬لاااااح ال ااااا‬ ‫ال اااااااا ن ال ااااااااام ة ال نو ااااااااة‪ .‬ل ااااااااادة ل فنااااااااة‬ ‫ا اااااااافلك ا ‪ ,‬د اااااااا اي واااااااا اساااااااام‬ ‫ال اااااااا‬ ‫دقم اااااا وة ام اااااا اااااانم ادساااااامق ا لااااااح ا ااااااس ال ااااااال الاااااا ال ال ن سااااااة‪ .‬لااااااح اد اااااا ااااااث ا اااااا‬ ‫اااااااان ناااااااا اااااااااا امد اااااااا ي ا ااااااااة‬ ‫ال فنااااااااة ادام اااااااا ة ا لااااااااح ال اااااااا ف ل ال ااااااااة افاااااااااان ن اااااااا‬ ‫ادةمااااااا ال د اااااااح ل خ ااااااا ا لاااااااح ن ااااااا ا وااااااااال ‪ .‬نااااااا ا‬ ‫ااااااا‬ ‫الخ ااااااا ا ‪ :‬وم ااااااا ادنااااااا‬ ‫ال امك لح ا ة "ط ال ن"‪.‬‬ ‫ال‬

‫الكلمات المفتاح‪ :‬ي ا ة الخ‬ ‫‪89‬‬

‫ا ‪,‬‬

‫‪ ,‬طد‬

‫‪ ,‬نك‬


‫أطروحة السلك الثالث‬ ‫لنيل شهادة مهندس زراعي‬

‫شعبة ‪ :‬البستنة‬ ‫دفعة ‪43ème :‬‬

‫ا لح ال‬ ‫لح ننو ة‬

‫اسم ا وة قف الخ‬

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‫نك‬ ‫قنم ن ف ل ‪:‬‬

‫محمد غيدور‬ ‫ن م ال ة ال كفةة ن ‪:‬‬ ‫‪ .‬ن ف نخم‬ ‫‪ .‬ا ن اوث ا‬ ‫‪ .‬اود‬ ‫‪ .‬ا و‬ ‫‪ .‬الف‬

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‫اكتوبر ‪2013‬‬ ‫ن ي الدام ة ي و ‪-‬ص‪ /00 .‬ي و ال ب‬‫ن لن ال ا ال ةح ل ا ة الد‬ ‫ن ا ‪ - 212 528 240155 / 24 10 06 :‬ل ي ‪212 528 24 22 43:‬‬ ‫الد ون ادلكم ةح‪administration@iavcha.ac.ma :‬‬


Rapport Rhaidour Mohamed