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SUDVENIRS Textes et illustrations Liva Wald


Tout ce passé dans ce beau pays. Celui qui t’as accueilli, celui qui ne me voit plus.


Aux loups de ma vie.


J’ouvrais à peine la bouche, je prennais mon premier souffle et je criais bonjour.


Le premier voulait mes mains, je lui ai donnĂŠ mes deux bras.


C’était le matin. Ce n’est pas moi qui s’en souvient, c’est la trace qui m’a dit ça.


Le deuxième a pris mes jambes, pour se souvenir de ma dèmarche.


Qu’as tu pu sentir dans mon regard, pour ne pas vouloir le regarder plus tard?


Le troisième a pris mes yeux sans me le demander.


Tu étais arrivé en retard, selon l’histoire. Je ne peux pas me souvenir de l’histoire et pourtant, j’en ai tellement des souvenirs d’histoires.


Le quatrième ne voulait rien, il est parti avec mon coeur.


Je me souviens de nos balades en campagne. Des heures qui passaient devant nos yeux, Ă compter les arbres, les oiseaux, les montagnes et les nuages.


Le cinquième aimait danser, il a pris mes hanches et est parti avec mon rythme.


Tout ce passé dans ce beau pays. Celui qui t’as accueilli, celui qui ne m’écoute plus.


Le sixième n’aimait pas parler et après avoir cousu ma bouche plusieurs fois, il a fini par la cacher sous les draps.


Je me souviens qu’il faisait beau d’être assise avec toi, t’écouter bavarder en silence.


Le septième aimait les petites choses, j’en avait que deux, mes oreilles et mon nez.


Je me souviens de où mes cheveux se pendant que tu me mer,au point d’en

ces vacances à la mer, faisaient tresser, faisais goûter aux fruits de tomber malade.


Le huitième me traitait comme une poupée, je me suis laissée arracher les cheveux.


je me souviens de ta poèsie. Cette poèsie qui t’a toujours suivi et qui fait partie de toi, encore aujourd’hui.


Le neuvième était un bébé, il voulait juste allaiter.


J’aimerais que tu te souviennes, que tu me prennes dans tes bras et que tu ne me quitte du regard, cette fois.


Le dixième n’est pas encore là, mais je suis sûre que la tête il me prendra.

Le dixième n’est pas encore là, mais je suis sûre que la tête il me prendra.


FIN


je remercie Anne Quèvy pour sa patiente confiance, les loups pour leur existence et mes rêves pour leurs sens.

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