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DOSSIER DE CANDIDATURE Biennale Internationale Design Saint-Etienne 2013 L’empathie ou l’expérience de l’autre

Juliana Gotilla et Lola Diard en résidence à La Cartonnerie

PROJET: MURS EN JEU


SOMMAIRE Introduction

Comment intervenir en tant que concepteur sur des espaces partagés?

1 Espaces publics en jeu Une méthodologie de projet en acte

- La Cartonnerie, un lieu de résidence initiateur de pratiques - Une designer, une architecte, un projet commun Juliana Gotilla, architecte/artiste Projet témoin : Les interventions urbaines. Propositions pour de nouvelles situations dans le quartier de Pinheiros, São Paulo Lola Diard, designer Projet témoin : NO STOP, conception et prototypage de dispositif acoustique pour espaces publics transitoires

2 Murs en jeu projet réalisé à La Cartonnerie Été 2012 - La démarche - De la surface à l’espace - Une volonté de diffuser ces protocoles dans le quartier

3 Murs en jeu, la suite

projet pour la Biennale Internationnale de Design 2013 - Le cadre du projet - En écho, des projets référants - Calendrier prévisionnel - Budget prévisionnel


Introduction

Comment intervenir en tant que concepteur sur des espaces partagés?

Nous sommes deux jeunes concepteurs, l’une architecte venue de loin, l’autre designer ancrée dans la région Rhône-Alpes. Réunies cette année au sein du Master Espace Public - Design Architecture et Pratiques mené en synergie par l’ENSASE, l’ESADSE et la faculté Jean Monnet, nous nous interrogeons sur l’interaction entre les méthodes de conception et les pratiques urbaines. Nous avons ainsi mené un travail d’investigation et de projet sur la ville de Saint-Etienne, ville laboratoire de cette recherche. Croisant ainsi des protocoles d’analyse du territoire et de ses usages avec des projets d’intervention sur l’espace public nous avons peu à peu découvert la ville de Saint-Etienne dans ses spécificités, des plus évidentes au plus secrètes. Étant deux concepteurs qui s’intéressent à l’espace public et à ses enjeux démocratiques, la notion d’empathie est au coeur de nos préoccupations, c’est pourquoi nous souhaitons nous inscrire dans la dynamique de cette Biennale Internationale 2013. En effet, se mettre à la place de l’usager, le caractériser, le comprendre est essentiel à tout projet d’intervention urbaine, qu’elle soit de l’ordre de l’aménagement ou de la performance. L’espace public constitue un lieu d’échanges, de rencontre entre des individualités qui se croisent et évoluent à des temporalités diverses. En tant que concepteur intervenir sur ce type de territoire implique de tenir compte à la fois des besoins individuels et des enjeux communs. C’est pourquoi par le biais d’imersion dans ces espaces et de rencontre avec la population, nous inventons des manières d’être à la ville, des matérialités urbaines qui favorisent des intérractions, des cohabitations. Efféctuant actuellement un stage au sein de l’association Carton Plein, nous mettons en acte ces pratiques à La Cartonnerie, un espace public temporaire. Nous expérimentons ainsi des protocoles de co-conception et de chantier partcipatif qui nous permettent de faire évoluer cet espace en fonction de ses usagers et que nous aimerions diffuser dans la ville afin que la dynamique de La Cartonnerie ne demeure pas entre ses murs. Nous vous soumettons un projet s’inscrivant dans la continuité de cette démarche en partenariat avec l’association Carton Plein et La Cité du Design.


Espaces publics en jeu

La Cartonnerie, un lieu de résidence initiateur de pratiques

Photographies Carton Plein

Une méthodologie de projet en acte

Depuis le printemps 2011, l’association Carton Plein réfléchit avec ses partenaires à la transformation du site de la Cartonnerie en terrain de jeu. Cette expérience basée sur une approche pluridisciplinaire et immersive a été l’occasion de mener une réflexion à l’échelle de la ville et au-delà, sur la question du jeu, mais aussi sur le processus même de conception des espaces publics. Ce travail est développé avec le laboratoire Hors les murs de l’École d’architecture, la Cité du design, le Master espace public, l’École d’art et de design, le BTS Design de produit lycée Honoré d’Urfé, l’EPASE et les écoles maternelles Vittonne et Montaud. Nous participons activement à cette méthodologie de travail sur l’espace public par le prisme du jeu, ce qui nous a amené à expériementer in situ des dispositifs qui initient de nouvelles pratiques.


Espaces publics en jeu LOLA DIARD, Française, 25 ans.

JULIANA GOTILLA, Bresilienne, 29 ans. Architecte et graphiste independant, a été Diplômée d’Architecture et d’Urbanisme en 2008 FAUUSP, São Paulo, Brésil. Cofondateur de Rapadura (studio graphique & interventions urbaines.

Projet de diplôme : NO STOP Conception de dispositifs acoustiques pour espaces publics transitoires.

Projet de diplôme : Les interventions urbaines. Propositions pour de nouvelles situations dans le quartier de Pinheiros, São Paulo

Designer concepteur textile et d’espace indépendante a été diplômée d’un DSAA Textile/Matériaux/Surfaces au Pôle Design La Martinière-Diderot à Lyon en 2011. Partenariat avec l’entreprise Marmonier pour le prototypage d’un dispositif acoustique.

Aborde la conception urbaine par le prisme des matériaux et leur influence sur notre perception de la ville et conçoit ainsi les espaces publics comme un matériau à sculpter, une opportunité d’inciter les individus à se rencontrer, à échanger.

Dans son travail a l’interet de contribuer à des installations urbaines s’appuyant sur l’architecture et l’Art contemporain, et ainsi générer des expériences de vie collective et des moments de rencontre importants.

Master Espace Public, Architecture/Design/Pratiques

Analyse et mise en place de projets d’aménagement d’espaces publics en équipe pluridiciplinaire sur la thématique de la métropole contemporaine.

CARTON PLEIN

Stage de trois mois consistant à expérimenter des dispositifs interractifs sur le site de La Cartonnerie.

PROJET MURS EN JEU


Murs en jeu De la surface à l’espace

Au sein de l’association Carton Plein nous nous sommes interessées à la manière dont les murs intérragissent avec les pratiques. Problématique que nous avions traité sous la forme d’une marche urbaine dans le quartier Chateaucreux, territoire en plein renouvellement urbain. La façade et plus générallement la surface murale est l’un des déterminants majeurs du paysage urbain, elle est ce qui s’offre à nous de manière immédiate, elle est le visage de la ville. Elle délimite la fin du bâti et le début de l’espace public, l’intérieur et l’extérieur. Elle se définit par son statut intermédiaire de peau, enveloppe à la fois receptive et communicative. À travers elle la sphère publique et privée s’expriment, se rencontrent. Le mur, de par son statut de frontière, met en tension la notion d’altérité. En effet la frontière sépare, elle divise, elle exclut l’autre en délimitant des territoires indépendants. Néanmoins elle peut s’avérer être une zone de rencontre entre deux individualités, du moins une opportunité d’échange.

Photographies de murs quartier Chateaucreux

Le mur ne résulte pas des pratiques qu’il renferme mais il les conditionne. Il est determinée afin de confiner l’espace du foyer, de l’intime dans un environnement urbain illimité, commun. Si un territoire est défini par la qualité de ses limites, alors la frontière construite est le moyen d’expression des conventions d’usage de ce territoire. Dans la pratique, la projection de l’espace oscille constamment entre la production de relations culturelles, sociales et fonctionnelles, c’est pourquoi le mur est un reflet de la place donnée à l’altérité dans la ville. En tant que frontière autonome il est à la fois espace vécu et espace de représentation


Murs en jeu De la surface à l’espace


Murs en jeu La démarche

Projet réalisé à La Cartonnerie Été 2012

Aprés une prise de contact avec le site, les habitants, l’association Carton Plein, nous avons défini comme enjeu pincipal de notre mission à la Cartonnerie de consolider les relations entre le site de la Cartonnerie et les habitants, autrement dit de développer des moyens de médiation afin de responsabiliser ces derniers. Dans l’optique d’ un éventuel détachement de l’association CARTON PLEIN par rapport au site, il nous semblait primordial de penser ce «relai» dans le temps. La cartonnerie devant trouver des moyens d’évoluer de manière de plus en plus autonome, à nous d’inventer des mediums qui permettent de rendre le site plus intérractif et les habitants moins passifs. Pour se faire nous avons décidé d’intervenir sur les murs qui cernent l’espace, le délimitent afin de faire du mur un espace non seulement d’expression mais de programmation/gestion collective. Nous avons ainsi développé des processus d’actions à réactions que nous menons et analysons simultanément. Nous avons alors recueilli des témoignages par le biais de la parole, de l’écrit, du déssin auprés de toutes sortes d’usagers, des enfants aprés l’école aux retraités derrière leurs fenêtres.Ressentis, désirs, décéptions, que nous avons retranscrits sur ces mêmes murs tout en expérimentant sur place des moyens de lui redonner vie. Nous avons considéré le mur comme une surface sensible, qui influe sur l’espace et les pratiques et vice versa. Un espace intermédiaire, en entre-deux.

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Mise en scène de bullestÊmoignages La Cartonnerie

Murs en jeu


Murs en jeu Fort de ces expérimentations nous avons mis en place un chantier participatif qui consiste à peindre avec les usagers du site sur l’ensemble des murs de La Cartonnerie des modules graphiques qui incitent une nouvelle appropriation des espaces. Sans dresser aucune barrière on recrée des frontières qui sectorisent le site tout en restant souple et en laissant la part belle à l’improvisation. Par le biais du mur on a défini ainsi un espace canin, des espaces dédiés à des activités sportives à inventer ( un terrain de foot de travers, des pistes de courses qui grimpent sur le mur), des prémices de jeux à recomposer ( marelles fragmentées, cibles disséminées) mais aussi un système de panneaux d’information comme une grille de journal à compléter ou encore des bulles horaires qui font écho au train qui passe régulièrement sur les arches.

12H18 FIRMINY

13H15 LA RICAMARIE

15H27 BELLEVUE

Toujours dans un double processus d’action/ observation, ce chantier va ainsi permetrre de tester l’appropriation de l’espace mural par les habitants de manière à réfléchir ensuite à une action plus durable.


Peinture du murret crĂŠe une fenĂŞtre sur le site La Cartonnerie

Murs en jeu


Murs en jeu

Une volonté de diffuser ces protocoles dans la ville

Traiter de la surface pour impacter sur l’espace n’est pas une problématique propre à l’espace de La Cartonnerie. En effet, dans la quartier environnant d’autres surfaces murales nous semblent propices à ce genre d’interventions. Invisibles, neutres, sans qualité, les murs Stephanois portent en eux les ambiguités du renouvellement urbain que la ville met en oeuvre. À Saint-Etienne, la ville porte les stigmates de son histoire ouvrière, que ce soit à travers l’architecture, son relief ou la présence de non-lieux. Ces non-lieux, ou espaces à l’abandon constituent à la fois une mémoire d’un passé ouvrier fort et des espaces de liberté car sans fonction pré-determinée. Aujourd’hui c’est la cohabitation de ces typologies d’espaces avec de nouveaux aménagements qui constitue l’identité de la ville. Toutefois, la volonté d’embellir la ville de SaintEtienne pour la rendre plus attractive pourrait tendre à masquer toute trace de cette identité spécifique. C’est pourquoi il est nécéssaire d’être attentif à respecter l’hétéroclité architecturale de ce territoire de manière à ne pas basculer dans le générique des villes cartes postales. Ces interventions «architecmurales» auraient ainsi un double enjeu : le premier serait de créer un parcours qui révèle la richesse de ces espaces libres, le second de mettre en adéquation ces bouts de ville avec les pratiques et besoins d’un quartier.


Murs en jeu, la suite Le cadre du projet

Projet pour La Biennale Internationnale de Design 2013

Le projet s’ancre au sein de l’opération PARCOURS DE JEUX initié par Carton Plein à l’occasion de la Biennale du Design 2013 et plus spécifiquement dans le cadre du projet de recherche empathiCITY. Nous menerions alors ce projet en parallèle d’une autre équipe de designers : Laure Bertoni et Sebastien Philibert, avec qui nous serions en contact pour faire en sorte que nos interventions se répondent sans jamais se répéter. Ils travailleront en effet sur des objets initiatieurs de jeux alors que nous interviendrons sur des surfaces qui génerent des rencontres entre habitants/passants. Que ce soit entre voisins, parents, automobilistes, l’enjeu de nos interventions murales sera de créer des moments d’intérractions, de contact. Les interventions se situeraient dans un périmètre entre La Cité du Design et La Cartonnerie de part et d’autre de la voie férrée, ce qui permettrait également de mettre en valeur les arches. D’autre part le projet se déroulerait de Septembre 2012 à Mars 2013 en trois phases : - une phase d’immersion, d’observation des connexions ou manque de connexion entre uasgers et d’affichage de cette matière sensible ainsi que de collecte de matériaux auprés des habitants du quartier et entreprises locales. - une phase de fabrication et d’installation in situ qui crée des moments intérractifs - une phase de restitution sous forme de livret ou video Le projet se scindera en 3 interventions principales + 1 intervention avec Laure Bertoni et Sebastien Philibert sur le parvis de l’école Montaud. En partenariat avec Carton Plein, nous avons projeté que nous pourrions effectuer une résidence à la Cartonnerie, de façon à être au coeur des espaces étudiés, profiter des locaux ainsi que des ressources documentaires et des conseils de l’équipe.


Jeux d’Ancrages Cité du design 11 -- École d’Art et Design 2 Rue Corneille 2 - Rue du docteur Remy Annino École publique de Montaud 33 -- Rue Corneille 4 Boulevard Augustin Thierry / Rue Charles de Gaulle 4 - Boulevard Jules Janin Rue Bourgneuf / Rue Marengo 55 -- Boulevard Augustin Thierry/ Rue Charles de Gaulle Jeux d’Ancrages 6 Square Vittone 6 - Boulevard Augustin Thierry Rue Jules Ledin 77 -- Rue Bourgneuf/Rue Marengo 8 Boulevard Alfred Musset 8 - Rue Bourgneuf Rue Etienne Étienne Boisson Dolet 99 -- Rue 10 -- Rue Rue Jules d’Arcole / Rue du Coin 10 Ledin 11 -- Rue ParcPierre Couriot 11 Barallon 12 - Boulevard Alfred Musset 13 - Boulevard Fredo Krumnow La Cartonnerie

Mursen enjeu jeu, la suite Murs 3 Parcours de jeu Jeux d’Ancrages

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La Car 2

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6 Cité du design 11 -- École d’Art et Design Rue Corneille 22 -- Rue du docteur Remy Annino 3 École publique de Montaud 7 3 - Rue Corneille 8 Boulevard Augustin Thierry / Rue Charles de Gaulle 44 -- Boulevard Jules Janin 5 Rue Bourgneuf / Rue Marengo 5 - Boulevard Augustin Thierry/ Rue Charles de Gaulle Square Vittone 66 -- Boulevard Augustin Thierry 9 Rue Jules Ledin 77 -- Rue Bourgneuf/Rue Marengo Boulevard Alfred Musset 10 88 -- Rue Bourgneuf École Montaud Cité du Design Rue Etienne Étienne Boisson Dolet 99 -- Rue 10 -- Rue Rue Jules d’Arcole / Rue du Coin 11 10 Ledin 11 Parc Couriot 11 - Rue Pierre Barallon 12 - Boulevard Alfred Musset 13 - Boulevard Fredo Krumnow 1

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Gare Le Clapier

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Gare L

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Gare Le Clapier

voie ferroviaire voie de tram


En écho, des projets référants

Nous nous inscrivons dans une démarche qui croise le graphisme avec une approche interventioniste en lien avec les habitants.

Play and Rewind/ Urban volleyball field. Siena, Italia

... 2006 Cologne (Allemagne) OSA + KunstWerk

Cliostraat

Black and white X-Ray Budapest (Hungary) collective Merge Invisible

Comme le démontre Candy Chang au travers de ses interventions nottament à La Nouvelle orléans, l’expréssion graphique permet de créer des intérractions avec les gens, agir in situ permet de renouer un dialogiue parfois difficile entre les usager et «ceux qui font la ville». D’autre part en utilisant des matériaux pauvres, peinture/bois/polistirène, l’intervention dans l’espace reste légère, elle accompagne la vie du site de manière fluide.

Happy Disasters, 2006 Michael Dotson

Before I die, 2011 New Orleans (USA) Candy Chang

Luz nas Vielas, 2012 Vila Brâsilandia (favela) São Paulo (Brasil) BoaMistura

Murs en jeu, la suite


Cercle et suite d’éclats, 2009 Vecorin (France) Felice Varini

“Where there’s a need for an object I draw one.”, 2008 London LOOKTHERE!

Wocher - Panorama, 2008 Kunstmuseum Thun Renate Buser

«estonoesunsolar» Zaragoza (Spain) Patrizia di Monte et Ignacio Gravalos Lacambra

Untitled, 2007 Lodz & Wroclaw Krystian TRUTH Czaplicki

... Israel Jan Vormann

... 2007 Cordoba El TOno & Nuria

Tiamat, 2009 Berlin Zasd


Murs en jeu, la suite Calendrier prévisionnel

CHOIX DES 3 LIEUX IMMERSION GLOBALE SUR L’ENSEMBLE DU PARCOURS

PHASE 1

MISE EN ACTE DES INSTALLATIONS PROPRES ÀCHAQUE SITE DE MANIÈRE CHRONOLOGIQUE MICRO-INTERVENTIONS SUR LE PARCOURS

PHASE 2

À PENSER EN CORRÉLATION AVEC LAURE BERTONI ET SEBASTIEN PHILIBERT

PHASE 3

2012 SEPT LIEU A IMMERSION

IMMERSION : Ballades urbaines, choix du parcours Rencontre avec les habitants Recueil de témoignages et d’affichage de cette matière sensible Collecte de matériaux auprés des habitants du quartier et entreprises locales. FABRICATION/ ISTALLATION IN SITU : Conception des installations en fonction des lieux, témoignages et matériaux colléctés. Fabrication sur place ou dans les locaux de La Cartonnerie Installation in situ RESTITUTION : Conception d’affiches ou de livrets à distribuer lors de la Biennale

2013 OCT LIEU B

NOV

DEC

JAN

FEV

MARS

LIEU C CONCEPTION

RESTITUTION

LIEU A

INSTALLATION

LIEU B INSTALLATION

LIEU C

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INSTALLATION


Dossier Murs en jeu