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‘ R AMB Ó’

P i n t u r a s d e Ma n u e l J u l a r


‘ RAMBÓ’

L e c a hi e r Ri m b a ud Pinturas de Manuel Jular


El f ilo de l a l ocura

Rimbaud caminó por el borde de la locura, se internó en los terrenos más sombríos de la propia humanidad

para ser escuchado. Se desangró en su obra y sólo contaba con diecinueve años cuando dejó de escribir. Se perdió en los infiernos, se abrazó a una realidad rugosa y cruel para desgarrarse el alma. Quizás porque el dolor era muy

fuerte; quizás porque en su propia perdición, quería liberarse de tanto sentir, de esa búsqueda de nuevas flores, nue-

vos astros, nuevas carnes, nuevas lenguas que, tal vez, nunca supo haber alcanzado. Murió en Francia, el 10 de noviembre de 1891. Tenía 37 años. Su obra y su vida aún siguen sacudiéndonos.

Karina Sacerdote

Tomado en su web

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Arti, Arthur, Arturito, Rimbe, Rambe, Rambó. “mademoiselle Rimbaut,” o Abdo Rimbo. ¡Monsieur... Rimbaud? ¡Se crucificó! ¡Ché, Mallea! ¿Viste? ¡Qué cosa!

M an ue l Jula r (2009)


UNE SAISON EN ENFER UNA TEMPORADA EN (EL) INFIERNO DE ARTHUR RIMBAUD PINTURAS DE MANUEL JULAR


UNE SAISON EN ENFER UNA TEMPORADA EN(EL) INFIERNO DE ARTHUR RIMBAUD


‘R AM BÓ’

LE CAHIER RIMBAUD PI N TU R A S D E M AN U E L J U L A R


Une Saison en enfer

J

adis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s'ouvraient tous les coeurs, où tous les vins coulaient. Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. –Et je l'ai trouvée amère. –Et je l'ai injuriée. Je me suis armé contre la justice. Je me suis enfui. O sorcières, ô misère, ô haine, c'est à vous que mon trésor a été confié! Je parvins à faire s'évanouir dans mon esprit toute l'espérance humaine. Sur toute joie pour l'étrangler j'ai fait le bond sourd de la bête féroce. J'ai appelé les bourreaux pour, en périssant, mordre la crosse de leurs fusils. J'ai appelé les fléaux, pour m'étouffer avec le sable, le sang. Le malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l'air du crime. Et j'ai joué de bons tours à la folie. Et le printemps m'a apporté l'affreux rire de l'idiot. Or, tout dernièrement m'étant trouvé sur le point de faire le dernier couac ! j'ai songé à rechercher la clef du festin ancien, où je reprendrais peut-être appétit. La charité est cette clef. –Cette inspiration prouve que j'ai rêvé ! "Tu resteras hyène, etc..., "se récrie le démon qui me couronna de si aimables pavots. "Gagne la mort avec tous tes appétits, et ton égoïsme et tous les péchés capitaux. "

Una Temporada en(el) infierno

A

ntaño, si mal no recuerdo, mi vida era un festín donde se abrían todos los corazones, donde todos los vinos corrían. Una noche, senté a la Belleza en mis rodillas. –Y la hallé amarga. –Y la injurié. Me armé contra la justicia. Huí. ¡Oh brujas, oh miseria, oh odio! ¡A vosotros fue confiado mi tesoro! Conseguí desvanecer en mi espíritu toda esperanza humana. Contra toda alegría, para estrangularla, di el salto sigiloso del animal feroz. Llamé a los verdugos para, mientras perecía, morder las culatas de sus fusiles. Llamé a las plagas para ahogarme en la arena, la sangre. La desgracia fue mi dios. Me tendí en el fango. Me he secado con el aire del crimen. Y le he jugado malas pasadas a la locura. Y la primavera me trajo la risa horrenda del idiota. Ahora bien, recientemente, habiendo estado a punto de estirar la pata, se me ocurrió buscar la llave del antiguo festín, donde habría tal vez de recobrar el apetito. Esa llave es la caridad. –¡Esa inspiración demuestra que he soñado! "Seguirás siendo una hiena, etc.", exclama el demonio que me coronó de tan amables adormideras. "Gana la muerte con todos tus apetitos, y tu egoísmo y todos los pecados capitales."

Arthur Rimbaud 8


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Une Saison en enfer

Una Temporada en(el) infierno

Ah ! j'en ai trop pris: –Mais, cher Satan, je vous en conjure, une prunelle moins irritée ! et en attendant les quelques petites lâchetés en retard, vous qui aimez dans l'écrivain l'absence des facultés descriptives ou instructives, je vous détache ces quelques hideux feuillets de mon carnet de damné.

¡Ah! Ya he tenido bastante: –Pero, querido Satanás, se lo suplico, ¡menos irritación en su mirada! Y mientras llegan las pequeñas cobardías rezagadas, para usted que aprecia en el escritor la carencia de facultades descriptivas o instructivas, arranco unas cuantas hojas repelentes de mi cuaderno de condenado.

Mauvais sang J'ai de mes ancêtres gaulois l'oeil bleu blanc, la cervelle étroite, et la maladresse dans la lutte. Je trouve mon habillement aussi barbare que le leur. Mais je ne beurre pas ma chevelure. Les Gaulois étaient les écorcheurs de bêtes, les brûleurs d'herbes les plus ineptes de leur temps. D'eux, j'ai: l'idolâtrie et l'amour du sacrilège; –oh! tous les vices, colère, luxure, –magnifique, la luxure; –surtout mensonge et paresse. J'ai horreur de tous les métiers. Maîtres et ouvriers, tous paysans, ignobles. La main à plume vaut la main à charrue. –Quel siècle à mains! –Je n'aurai jamais ma main. Après, la domesticité mène trop loin. L'honnêteté de la mendicité me navre. Les criminels dégoûtent comme des châtrés: moi, je suis intact, et ça m'est égal. Mais! qui a fait ma langue perfide tellement, qu'elle ait guidé et sauvegardé jusqu'ici ma paresse? Sans me servir pour vivre même de mon corps, et plus oisif que le crapaud, j'ai vécu partout. Pas une famille d'Europe que je ne connaisse. -J'entends des familles comme la mienne, qui tiennent tout de la déclaration des Droits de l'Homme. –J'ai connu chaque fils de famille !

Mala sangre Tengo de mis antepasados galos el ojo azul pálido, el cerebro estrecho y la torpeza en la lucha. Hallo mi vestimenta tan bárbara como la suya. Pero yo no engraso mi cabellera. Los galos eran los desolladores de animales, los quemadores de hierba más ineptos de su época. De ellos tengo: la idolatría y el amor al sacrilegio; –¡oh! todos los vicios, cólera, lujuria –magnífica, la lujuria; –sobre todo, mentira y pereza. Aborrezco todos los oficios. Patronos y obreros, todos palurdos, innobles. La mano de pluma vale igual que la mano de arado. –¡Qué siglo de manos! –Yo nunca tendré mi mano. Luego, la domesticidad lleva demasiado lejos. La honradez de la mendicidad me aflige. Los criminales repugnan como castrados: yo estoy intacto, y me da lo mismo. Pero, ¿quién me hizo tan pérfida la lengua, que ha guiado y protegido hasta aquí mi pereza? Sin servirme para vivir ni siquiera del cuerpo, y más ocioso que el sapo, he vivido por todas partes. No hay familia de Europa que yo no conozca. –Me refiero a familias como la mía, que se lo deben todo a la Declaración de Derechos del Hombre. –¡He conocido a todos los niños bien!

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Si j'avais des antécédents à un point quelconque de l'histoire de France! Mais non, rien. Il m'est bien évident que j'ai toujours été race inférieure. Je ne puis comprendre la révolte. Ma race ne se souleva jamais que pour piller: tels les loups à la bête qu'ils n'ont pas tuée. Je me rappelle l'histoire de la France fille aînée de l'église. J'aurais fait, manant, le voyage de terre sainte; j'ai dans la tête des routes dans les plaines souabes, des vues de Byzance, des remparts de Solyme; le culte de Marie, l'attendrissement sur le crucifié s'éveillent en moi parmi mille féeries profanes. –Je suis assis, lépreux, sur les pots cassés et les orties, au pied d'un mur rongé par le soleil. –Plus tard, reître, j'aurais bivaqué sous les nuits d'Allemagne. Ah! encore: je danse le sabbat dans une rouge clairière, avec des vieilles et des enfants. Je ne me souviens pas plus loin que cette terre-ci et le christianisme. Je n'en finirais pas de me revoir dans ce passé. Mais toujours seul; sans famille; même, quelle langue parlais-je. Je ne me vois jamais dans les conseils du Christ; ni dans les conseils des Seigneurs, –représentants du Christ. Qu'étais-je au siècle dernier: je ne me retrouve qu'aujourd'hui. Plus de vagabonds, plus de guerres vagues. La race inférieure a tout couvert –le peuple, comme on dit, la raison; la nation et la science. Oh! la science! On a tout repris. Pour le corps et pour l'âme, –le viatique, –on a la médecine et la philosophie, –les remèdes de bonnes femmes et les chansons populaires arrangés. Et les divertissements des princes et les jeux qu'ils interdisaient! Géographie, cosmographie, mécanique, chimie !... La science, la nouvelle noblesse! Le progrès. Le monde marche! Pourquoi ne tournerait-il pas? C'est la vision des nombres. Nous allons à l'Esprit. C'est très-certain, c'est oracle, ce que je dis. Je comprends, et

¡Si tuviese yo antecedentes en un punto cualquiera de la historia de Francia! Pero no, nada. Es evidentísimo que siempre he sido de raza inferior. No puedo comprender la rebeldía. Mi raza nunca se levantó más que para saquear: como los lobos con la presa que aun no remataron. Recuerdo la historia de la Francia hija primogénita de la Iglesia. Yo habría hecho, villano, el viaje a tierra santa; tengo en la cabeza caminos por las llanuras suabas, vistas de Bizancio, murallas de Solima; el culto a María, la ternura por el crucificado, se despiertan en mí entre mil hechicerías profanas. –Estoy sentado, leproso, entre las vasijas rotas y las ortigas, al pie de un muro desconchado por el sol.–Más tarde, reitre, habría vivaqueado bajo las noches de Alemania. ¡Ah! Algo más: danzo el aquelarre en un rojo calvero, con viejas y con niños. No recuerdo más allá de esta tierra y el cristianismo. Nunca dejaré de verme en ese pasado. Pero siempre solo, sin familia; incluso ¿qué lengua hablaba? No me imagino nunca en los consejos de Cristo; ni en los consejos de los señores, –representantes de Cristo. ¿Qué era yo en el siglo pasado? Sólo hoy vuelvo a encontrarme. No más vagabundos, no más guerras vagas. La raza inferior lo ha llenado todo –el pueblo, como lo llaman– ; la razón, la nación y la ciencia. ¡Oh la ciencia! Se ha retomado todo. Para el cuerpo y para el alma, –el viático, –tenemos la medicina y la filosofía, –los remedios caseros y las canciones populares arregladas. ¡Y las diversiones de los príncipes, y los juegos que ellos prohibían! ¡Geografía, Cosmografía, Mecánica, Química!… ¡La Ciencia, la nueva nobleza! El progreso. ¡El mundo avanza! ¿Por qué no va a dar vueltas? Es la visión de los números. Vamos hacia el Espíritu. Es muy cierto, es un oráculo, lo que os digo. Comprendo y,

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Une Saison en enfer

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ne sachant m'expliquer sans paroles païennes, je voudrais me taire.

como no sé explicarme sin palabras paganas, querría callarme.

Le sang païen revient! L'Esprit est proche, pourquoi Christ ne m'aide-t-il pas, en donnant à mon âme noblesse et liberté. Hélas! l'évangile a passé! l'évangile! L'évangile. J'attends Dieu avec gourmandise. Je suis de race inférieure de toute éternité. Me voici sur la plage armoricaine. Que les villes s'allument dans le soir. Ma journée est faite; je quitte l'Europe. L'air marin brûlera mes poumons; les climats perdus me tanneront. Nager, broyer l'herbe, chasser, fumer surtout; boire des liqueurs fortes comme du métal bouillant, –comme faisaient ces chers ancêtres autour des feux. Je reviendrai, avec des membres de fer, la peau sombre, l'oeil furieux: sur mon masque, on me jugera d'une race forte. J'aurai de l'or: je serai oisif et brutal. Les femmes soignent ces féroces infirmes retour des pays chauds. Je serai mêlé aux affaires politiques. Sauvé. Maintenant, je suis maudit, j'ai horreur de la patrie. Le meilleur, c'est un sommeil bien ivre, sur la grève.

¡Vuelve la sangre pagana! El Espíritu está cerca: ¿por qué no me ayuda Cristo, dando a mi alma nobleza y libertad? ¡Ay! ¡El Evangelio pasó! ¡El Evangelio! El Evangelio. Estoy esperando a Dios con glotonería. Soy de raza inferior desde la eternidad. Aquí estoy en la playa armoricana. Que las ciudades se iluminen al atardecer. Mi jornada está acabada; dejo Europa. El aire del mar me quemará los pulmones, los climas remotos me curtirán. Nadar, desmenuzar la hierba, cazar, sobre todo fumar; beber licores fuertes como metal hirviendo, –como hacían los queridos antepasados alrededor de las fogatas. Volveré, con miembros de hierro, con la piel oscura, la mirada enfurecida: por mi máscara, me juzgarán de una raza fuerte. Tendré oro: seré ocioso y brutal. Las mujeres cuidan de estos feroces enfermos cuando regresan de los países cálidos. Me mezclaré en asuntos políticos. Salvado. Ahora estoy maldito, tengo horror a la patria. Lo mejor es un sueño completamente borracho, en la playa.

On ne part pas. –Reprenons les chemins d'ici, chargé de mon vice, le vice qui a poussé ses racines de souffrance à mon côté, dès l'âge de raison –qui monte au ciel, me bat, me renverse, me traîne. La dernière innocence et la dernière timidité. C'est dit. Ne pas porter au monde mes dégoûts et mes trahisons. Allons! La marche, le fardeau, le désert, l'ennui et la colère. A qui me louer? Quelle bête faut-il adorer? Quelle

Todavía no hay partida. –Reanudemos los caminos de aquí, cargado de mi vicio, el vicio que ha hundido sus raíces de sufrimiento a mi lado, desde el uso de razón –que sube al cielo, me golpea, me derriba, me arrastra. La última inocencia y la última timidez. Está dicho. No llevar al mundo ni mis repugnancias ni mis traiciones. ¡Adelante! La marcha, la carga, el desierto, el hastío y la cólera. ¿A quién alquilarme? ¿Qué bestia hay que adorar?

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sainte image attaque-t-on? Quels coeurs briserai-je? Quel mensonge dois-je tenir? –Dans quel sang marcher? Plutôt, se garder de la justice. –La vie dure, l'abrutissement simple, –soulever, le poing desséché, le couvercle du cercueil, s'asseoir, s'étouffer. Ainsi point de vieillesse, ni de dangers: la terreur n'est pas française. –Ah! je suis tellement délaissé que j'offre à n'importe quelle divine image des élans vers la perfection. O mon abnégation, ô ma charité merveilleuse! icibas, pourtant! De profundis Domine, suis-je bête!

¿Qué imagen santa se ataca? ¿Qué corazones quebraré? ¿Qué mentira debo sostener? –¿Qué sangre pisotear? Mejor, guardarse de la justicia. –La vida dura, el embrutecimiento simple –, levantar, con el puño descarnado, la tapa del ataúd, incorporarse, asfixiarse. Así, ninguna vejez, ningún peligro: el terror no es francés. ¡Ah! Estoy tan desesperado, que a cualquier imagen divina ofrezco impulsos hacia la perfección. ¡Oh mi abnegación, oh mi caridad maravillosa! ¡Aquí abajo, no obstante! De profundis, Domine, ¡seré tonto!

Encore tout enfant, j'admirais le forçat intraitable sur qui se referme toujours le bagne; je visitais les auberges et les garnis qu'il aurait sacrés par son séjour; je voyais avec son idée le ciel bleu et le travail fleuri de la campagne; je flairais sa fatalité dans les villes. Il avait plus de force qu'un saint, plus de bon sens qu'un voyageur –et lui, lui seul! pour témoin de sa gloire et de sa raison. Sur les routes, par les nuits d'hiver, sans gîte, sans habits, sans pain, une voix étreignait mon coeur gelé: "Faiblesse ou force: te voilà, c'est la force. Tu ne sais ni où tu vas ni pourquoi tu vas, entre partout, réponds à tout. On ne te tuera pas plus que si tu étais cadavre." Au matin j'avais le regard si perdu et la contenance si morte, que ceux que j'ai rencontrés ne m'ont peut-être pas vu. Dans les villes la boue m'apparaissait soudainement rouge et noire, comme une glace quand la lampe circule dans la chambre voisine, comme un trésor dans la forêt! Bonne chance, criais-je, et je voyais une mer de flammes et de fu-

Ya desde muy niño admiraba al forzado irreductible tras el cual se cierra siempre la prisión; visitaba los albergues y los alojamientos que el hubiera consagrado con su estancia; veía con su idea el cielo azul y el trabajo florido del campo, husmeaba su fatalidad en las ciudades. Tenía más fuerza que un santo, más sentido común que un viajero –y él ¡él solo! era testigo de su gloria y de su razón. Por los caminos, en las noches de invierno, sin cobijo, sin ropa, sin pan, una voz me atenazaba el corazón helado: "Debilidad o fuerza; héte aquí: es la fuerza. No sabes ni adónde vas, ni por qué vas; entra en todas partes, contesta a todo. No te matarán más que si fueras cadáver". Por la mañana, tenía la mirada tan perdida y la compostura tan muerta, que quienes he encontrado quizá no me han visto. En las ciudades el fango se me aparecía súbitamente rojo y negro, como un espejo cuando la lámpara circula por la habitación vecina, ¡como un tesoro en el bosque! Buena suerte, gritaba yo, y veía un mar de llamas y de humo en el

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mée au ciel; et, à gauche, à droite, toutes les richesses flambant comme un milliard de tonnerres. Mais l'orgie et la camaraderie des femmes m'étaient interdites. Pas même un compagnon. Je me voyais devant une foule exaspérée, en face du peloton d'exécution, pleurant du malheur qu'ils n'aient pu comprendre, et pardonnant! – Comme Jeanne d'Arc! –"Prêtres, professeurs, maîtres, vous vous trompez en me livrant à la justice. Je n'ai jamais été de ce peuple-ci; je n'ai jamais été chrétien; je suis de la race qui chantait dans le supplice; je ne comprends pas les lois; je n'ai pas le sens moral, je suis une brute: vous vous trompez... " Oui, j'ai les yeux fermés à votre lumière. Je suis une bête, un nègre. Mais je puis être sauvé. Vous êtes de faux nègres, vous maniaques, féroces, avares. Marchand, tu es nègre; magistrat, tu es nègre; général, tu es nègre; empereur, vieille démangeaison, tu es nègre: tu as bu d'une liqueur non taxée, de la fabrique de Satan. –Ce peuple est inspiré par la fièvre et le cancer. Infirmes et vieillards sont tellement respectables qu'ils demandent à être bouillis. –Le plus malin est de quitter ce continent, où la folie rôde pour pourvoir d'otages ces misérables. J'entre au vrai royaume des enfants de Cham. Connais-je encore la nature? me connais-je? –Plus de mots. J'ensevelis les morts dans mon ventre. Cris, tambour, danse, danse, danse, danse! Je ne vois même pas l'heure où, les blancs débarquant, je tomberai au néant. Faim, soif, cris, danse, danse, danse, danse!

cielo; y, a izquierda, a derecha, todas las riquezas, llameando como millones de truenos. Pero la orgía y la camaradería de las mujeres me estaban prohibidas. Ni siquiera un compañero. Me veía ante una multitud exasperada, frente al pelotón de ejecución, llorando la desgracia de que no hubieran podido comprender, y perdonando. –¡Igual que Juana de Arco! –"Sacerdotes, profesores, maestros, os equivocáis al entregarme a la justicia. Yo nunca formé parte de este pueblo, yo nunca fui cristiano; soy de la raza que cantaba en el suplicio; no comprendo las leyes; no tengo sentido moral, soy un bruto, os equivocáis…" Sí, tengo los ojos cerrados a vuestra luz. Soy una alimaña, un negro. Pero puedo seré salvado. Vosotros sois falsos negros, vosotros maniáticos, feroces, avaros. Mercader, tu eres negro; juez, tu eres negro; general, tu eres negro; emperador, vieja comezón, tu eres negro: has bebido un licor libre de impuestos, de la fábrica de Satanás. –Este pueblo está inspirado por la fiebre y el cáncer. Los tullidos y los viejos son tan respetables, que solicitan ser hervidos. –Lo más astuto es abandonar este continente donde la locura ronda al acecho, para proveer de rehenes a estos miserables. Entro en el verdadero reino de los hijos de Cam. ¿Conozco todavía la naturaleza? ¿Me conozco? Basta de palabras. Sepulto a losmuertos en mi vientre. ¡Gritos, tambor, danza, danza, danza, danza! Ni siquiera veo la hora en que, al desembarcar los blancos, caeré en la nada. Hambre, sed, gritos, danza, danza, danza, ¡danza!

Les blancs débarquent. Le canon! Il faut se soumettre au baptême, s'habiller, travailler. J'ai reçu au coeur le coup de grâce. Ah! je ne l'avais pas prévu!

Los blancos desembarcan. ¡El cañón! Hay que someterse al bautismo, vestirse, trabajar. He recibido en el corazón el golpe de gracia. ¡Ah! ¡No lo tenía previsto!

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Una Temporada en(el) infierno

Je n'ai point fait le mal. Les jours vont m'être légers, le repentir va m'être épargné. Je n'aurai pas eu les tourments de l'âme presque morte au bien, où remonte la lumière sévère comme les cierges funéraires. Le sort du fils de famille, cercueil prématuré couvert de limpides larmes. Sans doute la débauche est bête, le vice est bête; il faut jeter la pourriture à l'écart. Mais l'horloge ne sera pas arrivée à ne plus sonner que l'heure de la pure douleur! Vais-je être enlevé comme un enfant, pour jouer au paradis dans l'oubli de tout le malheur! Vite! est-il d'autres vies? –Le sommeil dans la richesse est impossible. La richesse a toujours été bien public. L'amour divin seul octroie les clefs de la science. Je vois que la nature n'est qu'un spectacle de bonté. Adieu chimères, idéals, erreurs. Le chant raisonnable des anges s'élève du navire sauveur: c'est l'amour divin. –Deux amours! je puis mourir de l'amour terrestre, mourir de dévouement. J'ai laissé des âmes dont la peine s'accroîtra de mon départ! Vous me choisissez parmi les naufragés; ceux qui restent sont-ils pas mes amis? Sauvez-les! La raison m'est née. Le monde est bon. Je bénirai la vie. J'aimerai mes frères. Ce ne sont plus des promesses d'enfance. Ni l'espoir d'échapper à la vieillesse et à la mort. Dieu fait ma force, et je loue Dieu.

No he hecho mal alguno. Los días van a serme leves, se me ahorrará el arrepentimiento. No habré conocido los tormentos del alma casi muerta para el bien, donde se alza la luz tan severa como los cirios funerarios. El destino del niño bien: ataúd prematuro, cubierto de límpidas lágrimas. Sin duda que el desenfreno es tonto, que el vicio es tonto; es preciso arrojar la podredumbre aparte. ¡Pero el reloj no habrá llegado a no dar ya sino la hora del puro dolor! ¿Van a secuestrarme, como a un niño, para jugar en el paraíso, olvidado de toda desgracia? ¡Rápido! ¿Hay otras vidas? –Dormir en la riqueza es imposible. La riqueza siempre ha sido bien público. Sólo el amor divino otorga las llaves de la ciencia. Veo que la naturaleza no es sino un espectáculo de bondad. Adiós, quimeras, ideales, errores. El canto razonable de los ángeles se alza desde el navío salvador; es el amor divino. –¡Dos amores! Puedo morir de amor terrenal, morir de entrega. ¡He dejado almas cuyo dolor aumentará con mi partida! Me escogéis entre los náufragos; quienes se quedan, ¿no son acaso amigos míos? ¡Salvadlos! La razón me ha nacido. El mundo es bueno. Bendeciré la vida. Amaré a mis hermanos. Ya no son promesas infantiles. Ni la esperanza de eludir la vejez y la muerte. Dios es mi fuerza, y yo alabo a Dios.

L'ennui n'est plus l'amour. Les rages, les débauches, la folie, dont je sais tous les élans et les désastres, –tout mon fardeau est déposé. Apprécions sans vertige l'étendue de mon innocence. Je ne serais plus capable de demander le réconfort d'une bastonnade. Je ne me crois pas embarqué pour une noce avec Jésus-Christ pour beau-père.

El aburrimiento ya no es mi amor. Las rabias, los desenfrenos, la locura, cuyos impulsos todos, cuyos desastres conozco, –toda mi carga está depositada. Valoremos sin vértigo el alcance de mi inocencia. Ya no sería capaz de solicitar el consuelo de un apaleamiento. No me creo embarcado hacia una boda con Jesucristo como suegro.

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Une Saison en enfer

Una Temporada en(el) infierno

Je ne suis pas prisonnier de ma raison. J'ai dit: Dieu. Je veux la liberté dans le salut: comment la poursuivre? Les goûts frivoles m'ont quitté. Plus besoin de dévouement ni d'amour divin. Je ne regrette pas le siècle des moeurs sensibles. Chacun a sa raison, mépris et charité: je retiens ma place au sommet de cette angélique échelle de bon sens. Quant au bonheur établi, domestique ou non... non, je ne peux pas. Je suis trop dissipé, trop faible. La vie fleurit par le travail, vieille vérité: moi, ma vie n'est pas assez pesante, elle s'envole et flotte loin au-dessus de l'action, ce cher point du monde. Comme je deviens vieille fille, à manquer du courage d'aimer la mort! Si Dieu m'accordait le calme céleste, aérien, la prière, –comme les anciens saints. –Les saints! des forts! les anachorètes, des artistes comme il n'en faut plus! Farce continuelle! Mon innocence ferait pleurer. La vie est la farce à mener par tous.

No soy prisionero de mi razón. He dicho: Dios. Quiero la libertad dentro de la salvación: ¿cómo alcanzarla? Los gustos frívolos me han abandonado. Ya no hay necesidad de entrega ni de amor divino. No añoro el siglo de los corazones sensibles. Cada cual tiene su razón, desprecio y caridad: yo conservo mi lugar en lo alto de la angélica escala del sentido común. En cuanto a la felicidad establecida, doméstica o no… no, no la quiero. Estoy demasiado disperso, demasiado débil. La vida florece por el trabajo, vieja verdad; pero mi vida no pesa lo bastante, se eleva y flota muy por encima de la acción, ese querido lugar del mundo. ¡Qué solterona me estoy volviendo, por falta de valor para amar a la muerte! Si Dios me concediera la calma celestial, aérea, la plegaria, –como a los antiguos santos. –¡Los santos! ¡Fuertes! ¡Los anacoretas! ¡Unos artistas como ya no hacen falta! ¡Farsa continua! Mi inocencia me haría llorar. La vida es la farsa a sostener entre todos.

Assez! Voici la punition. –En marche! Ah! les poumons brûlent, les tempes grondent! la nuit roule dans mes yeux, par ce soleil! le coeur... les membres... Où va-t-on? au combat? Je suis faible! les autres avancent. Les outils, les armes... le temps!... Feu! feu sur moi! Là! ou je me rends. –Lâches! –Je me tue! Je me jette aux pieds des chevaux! Ah!... –Je m'y habituerai. Ce serait la vie française, le sentier de l'honneur!

¡Basta! Llega el castigo. –¡Adelante! ¡Ah! ¡Los pulmones arden, las sienes braman! ¡La noche me da vueltas en los ojos, con ese sol! El corazón… Los miembros… ¿A dónde vamos? ¿Al combate? ¡Soy débil! Los demás avanzan. Las herramientas, las armas… ¡el tiempo!… ¡Fuego! ¡Fuego contra mí! ¡Aquí! O me rindo. –¡Cobardes! –¡Me mato! ¡Me arrojo a los cascos de los caballos! ¡Ah!… –Ya me acostumbraré. ¡Sería la vida francesa, el sendero del honor!

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Une Saison en enfer

Nuit de l'enfer J'ai avalé une fameuse gorgée de poison. –Trois fois béni soit le conseil qui m'est arrivé! –Les entrailles me brûlent. La violence du venin tord mes membres, me rend difforme, me terrasse. Je meurs de soif, j'étouffe, je ne puis crier. C'est l'enfer, l'éternelle peine! Voyez comme le feu se relève! Je brûle comme il faut. Va, démon! J'avais entrevu la conversion au bien et au bonheur, le salut. Puis-je décrire la vision, l'air de l'enfer ne soufre pas les hymnes! C'était des millions de créatures charmantes, un suave concert spirituel, la force et la paix, les nobles ambitions, que sais-je? Les nobles ambitions! Et c'est encore la vie! –Si la damnation est éternelle! Un homme qui veut se mutiler est bien damné, n'est-ce pas? Je me crois en enfer, donc j'y suis. C'est l'exécution du catéchisme. Je suis esclave de mon baptême. Parents, vous avez fait mon malheur et vous avez fait le vôtre. Pauvre innocent! –L'enfer ne peut attaquer les païens. –C'est la vie encore! Plus tard, les délices de la damnation seront plus profondes. Un crime, vite, que je tombe au néant, de par la loi humaine. Tais-toi, mais tais-toi!... C'est la honte, le reproche, ici: Satan qui dit que le feu est ignoble, que ma colère est affreusement sotte. –Assez!... Des erreurs qu'on me souffle, magies, parfums, faux, musiques puériles. –Et dire que je tiens la vérité, que je vois la justice: j'ai un jugement sain et arrêté, je suis prêt pour la perfection... Orgueil. –La peau de ma tête

Una Temporada en(el) infierno

Noche del Infierno He tomado un enorme trago de veneno. –¡Bendito sea tres veces el consejo que me llegó! – Las entrañas me arden. La violencia del veneno retuerce mis miembros, me vuelve deforme, me arroja al suelo. Me muero de sed, me ahogo, no puedo gritar. ¡Es el infierno, la pena eterna! ¡Ved cómo se reavivan las llamas! ¡Ardo como es debido! ¡Venga, demonio! Había entrevisto la conversión al bien y a la felicidad, la salvación. Podía describir la visión, ¡pero el aire del infierno no soporta los himnos! Eran millones de criaturas encantadoras, un suave concierto espiritual, la fuerza y la paz, las nobles acciones, ¿qué sé yo? ¡Las nobles ambiciones! ¡Y esto sigue siendo la vida! –¡Si la condenación es eterna! Todo hombre que desee mutilarse está ya condenado, ¿verdad? Me creo en el infierno, luego estoy en el infierno. Es la ejecución del catecismo. Soy esclavo de mi bautismo. Padres, habéis hecho mi desgracia y la vuestra. ¡Pobre inocente! –El infierno no puede atacar a los paganos. –¡Sigue siendo la vida! Más tarde, las delicias de la condenación serán más profundas. Un crimen, rápido, que caiga yo en la nada, según la ley humana. ¡Calla, cállate de una vez!… Éste es lugar de vergüenza, de reproche: Satanás diciendo que el fuego es innoble, que mi cólera es espantosamente tonta. –¡Basta!… Errores que alguien me sopla, magia, perfumes falsos, músicas pueriles. –Y decir que poseo la verdad, que veo la justicia: tengo un juicio sano y firme, estoy listo para la perfección… Orgullo. –Se me

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se dessèche. Pitié! Seigneur, j'ai peur. J'ai soif, si soif! Ah! l'enfance, l'herbe, la pluie, le lac sur les pierres, le clair de lune quand le clocher sonnait douze... le diable est au clocher, à cette heure. Marie! Sainte-Vierge!... –Horreur de ma bêtise. Là-bas, ne sont-ce pas des âmes honnêtes, qui me veulent du bien... Venez... J'ai un oreiller sur la bouche, elles ne m'entendent pas, ce sont des fantômes. Puis, jamais personne ne pense à autrui. Qu'on n'approche pas. Je sens le roussi, c'est certain. Les hallucinations sont innombrables. C'est bien ce que j'ai toujours eu: plus de foi en l'histoire, l'oubli des principes. Je m'en tairai: poètes et visionnaires seraient jaloux. Je suis mille fois le plus riche, soyons avare comme la mer.

reseca la piel del cráneo. ¡Piedad! Señor, tengo miedo. Tengo sed, ¡tanta sed! ¡Ah! La niñez, la hierba, la lluvia, el lago sobre las piedras, el claro de luna cuando el campanario daba las doce… El diablo está en el campanario, a tal hora. ¡María! ¡Virgen Santa!… –Horror de mi estupidez. Allá lejos, ¿no hay almas honestas que me quieren bien?... Venid... Tengo una almohada sobre la boca y ellas no me oyen, son fantasmas. Además, nadie piensa nunca en los otros. Que nadie se acerque. Huelo a chamusquina, eso es seguro. Las alucinaciones son innumerables. Es lo que siempre he tenido: ninguna fe en la historia, el olvido de los principios. Me lo callaré: poetas y visionarios estarían celosos. Yo soy mil veces más rico, seamos avaros como el mar.

Ah ça! l'horloge de la vie s'est arrêtée tout à l'heure. Je ne suis plus au monde. –La théologie est sérieuse, l'enfer est certainement en bas –et le ciel en haut. –Extase, cauchemar, sommeil dans un nid de flammes. Que de malices dans l'attention dans la campagne... Satan, Ferdinand, court avec les graines sauvages... Jésus marche sur les ronces purpurines, sans les courber... Jésus marchait sur les eaux irritées. La lanterne nous le montra debout, blanc et des tresses brunes, au flanc d'une vague d'émeraude... Je vais dévoiler tous les mystères: mystères religieux ou naturels, mort, naissance, avenir, passé, cosmogonie, néant. Je suis maître en fantasmagories. Écoutez!... J'ai tous les talents! –Il n'y a personne ici et il y a quelqu'un: je ne voudrais pas répandre mon trésor. –Veut-on des chants nègres, des danses de houris? Veut-on que je dispa-

¡Qué cosas! El reloj de la vida se acaba de parar. Ya no estoy en el mundo. –La teología es seria, el infierno está ciertamente abajo –y el cielo arriba. –Éxtasis, pesadilla, dormir en un nido de llamas. Cuánta maldad para atender el campo… Satanás, Pateta, corre con las semillas silvestres… Jesús camina sobre las zarzas purpúreas, sin inclinarlas… Jesús andaba sobre las aguas. La linterna nos lo mostró de pie, blanco y con greñas oscuras, en el flanco de una ola de esmeralda… Voy a desvelar todos los misterios: misterios religiosos o naturales, muerte, nacimiento, porvenir, pasado, cosmogonía, nada. Soy maestro en fantasmagorías. ¡Escuchad!… ¡Tengo todos los talentos! –No hay nadie aquí, y hay alguien: no querría divulgar mi tesoro. ¿Alguien desea cánticos negros, danzas de huríes? ¿Alguien desea que desapa-

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raisse, que je plonge à la recherche de l'anneau? Veut-on? Je ferai de l'or, des remèdes. Fiez-vous donc à moi, la foi soulage, guide, guérit. Tous, venez, –même les petits enfants, –que je vous console, qu'on répande pour vous son coeur, –le coeur merveilleux! –Pauvres hommes, travailleurs! Je ne demande pas de prières; avec votre confiance seulement, je serai heureux. –Et pensons à moi. Ceci me fait peu regretter le monde. J'ai de la chance de ne pas souffrir plus. Ma vie ne fut que folies douces, c'est regrettable. Bah! faisons toutes les grimaces imaginables. Décidément, nous sommes hors du monde. Plus aucun son. Mon tact a disparu. Ah! mon château, ma Saxe, mon bois de saules. Les soirs, les matins, les nuits, les jours... Suisje las! Je devrais avoir mon enfer pour la colère, mon enfer pour l'orgueil, –et l'enfer de la caresse; un concert d'enfers. Je meurs de lassitude. C'est le tombeau, je m'en vais aux vers, horreur de l'horreur! Satan, farceur, tu veux me dissoudre, avec tes charmes. Je réclame. Je réclame! un coup de fourche, une goutte de feu. Ah! remonter à la vie! Jeter les yeux sur nos difformités. Et ce poison, ce baiser mille fois maudit! Ma faiblesse, la cruauté du monde! Mon dieu, pitié, cachezmoi, je me tiens trop mal! –Je suis caché et je ne le suis pas. C'est le feu qui se relève avec son damné.

rezca, que me zambulla en busca del anillo? ¿Alguien quiere? Haré, con el oro, remedios. Confiad, pues, en mí: la fe conforta, guía, cura. Venid todos, –hasta los niños, –para que yo os consuele, para que se prodigue en vosotros su corazón, ¡el corazón maravilloso! ¡Pobres hombres, trabajadores! No pido oraciones; solamente con vuestra confianza seré feliz. –Y pensemos en mí. Todo esto me hace añorar poco el mundo. Tengo la suerte de no sufrir más. Mi vida no fue más que suaves locuras, es lamentable. ¡Bah! Hagamos todas las muecas imaginables. Decididamente, estamos fuera del mundo. Ningún sonido. Mi tacto desapareció. ¡Ah! mi castillo, mi Sajonia, mi bosque de sauces. Las tardes, las mañanas, las noches, los días... ¡Estoy cansado! Yo debería tener mi infierno para la cólera, mi infierno por el orgullo, –y el infierno de la caricia; un concierto de infiernos. Me muero de cansancio. Es la tumba, voy hacia los gusanos, ¡horror de los horrores! Satanás, farsante, quieres disolverme con tus hechizos. Yo reclamo. ¡Yo reclamo un golpe de tridente, una gota de fuego! ¡Ah! ¡Subir de nuevo a la vida! Poner los ojos en nuestras deformidades. Y ese veneno, ¡ese beso mil veces maldito! ¡Mi flaqueza, la crueldad del mundo! ¡Dios mío, piedad, ocultadme, me siento demasiado mal! –Estoy escondido y no lo estoy. Es el fuego que se reanima con su penado.

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DÉLIRES I Vierge folle

DELIRIOS I Virgen necia

L'Epoux infernal

El Esposo Infernal

Ecoutons la confession d'un compagnon d'enfer: "O divin Epoux, mon Seigneur, ne refusez pas la confession de la plus triste de vos servantes. Je suis perdue. Je suis soûle. Je suis impure. Quelle vie! "Pardon, divin Seigneur, pardon! Ah! pardon! Que de larmes! Et que de larmes encore plus tard, j'espère! "Plus tard, je connaîtrai le divin Epoux! Je suis née soumise à Lui. –L'autre peut me battre maintenant! "A présent, je suis au fond du monde! O mes amies!... non, pas mes amies... Jamais délires ni tortures semblables... Est-ce bête! "Ah! je souffre, je crie. Je souffre vraiment. Tout pourtant m'est permis, chargée du mépris des plus méprisables coeurs. "Enfin, faisons cette confidence, quitte à la répéter vingt autres fois, –aussi morne, aussi insignifiante! "Je suis esclave de l'époux infernal, celui qui a perdu les vierges folles. C'est bien ce démon-là. Ce n'est pas un spectre, ce n'est pas un fantôme. Mais moi qui ai perdu la sagesse, qui suis damnée et morte au monde, –on ne me tuera pas! –Comment vous le décrire! Je ne sais même plus parler. Je suis en deuil, je pleure, j'ai peur. Un peu de fraîcheur, Seigneur, si vous voulez, si vous voulez bien! "Je suis veuve... –J'étais veuve... –mais oui, j'ai été bien sérieuse jadis, et je ne suis pas née pour devenir squelette!... –Lui était presque un enfant... Ses délicatesses mystérieuses m'avaient séduite. J'ai oublié tout mon devoir humain pour le suivre. Quelle vie! La vraie vie est absente. Nous ne sommes pas au monde. Je sais où il va, il

Oigamos la confesión de un compañero de infierno. "Oh divino Esposo, Dueño mío, no rechaces la confesión de la más triste de tus siervas. Estoy perdida. Estoy borracha. Estoy impura. ¡Qué vida! "Perdón, divino Señor, ¡perdón! ¡Ah! ¡Perdón! ¡Cuantas lágrimas! ¡Y cuantas lágrimas aún, más adelante, espero! "Más adelante ¡conoceré al divino Esposo! Nací sometida a Él. –¡Ya puede pegarme el otro ahora! »¡Ahora, estoy en el fondo del mundo! ¡Oh amigas mías!… no, no amigas mías… Nunca delirios ni torturas semejantes… ¡Qué tontería! »¡Ah! yo sufro, grito. Sufro en verdad. Sin embargo, todo me está permitido, cargada con el desprecio de los más despreciables corazones. »En fin, hagamos esta confidencia, aunque haya de repetírsela veinte veces más, ¡igualmente sombría, igualmente insignificante! "Soy esclava del Esposo infernal, aquel que perdió a las vírgenes necias. Es precisamente ese demonio. No es un espectro, no es un fantasma. Pero a mí, que he perdido la prudencia, que estoy condenada y muerta para el mundo, – ¡nadie me matará!–¿Cómo describíroslo? Ya ni siquiera sé hablar. Estoy de duelo, lloro, tengo miedo. Un poco de frescor, señor, si no te importa, ¡si te parece bien! "Soy viuda… –Era viuda… –Sí, sí, antaño era muy seria, ¡y no nací para convertirme en esqueleto!… –Él era casi un niño… Me habían seducido sus misteriosas delicadezas. Olvidé todas mis obligaciones humanas para seguirlo. ¡Qué vida! La auténtica vida está ausente. No estamos en el

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le faut. Et souvent il s'emporte contre moi, moi, la pauvre âme. Le Démon! –c'est un Démon, vous savez, ce n'est pas un homme. "Il dit: "Je n'aime pas les femmes. L'amour est à réinventer, on le sait. Elles ne peuvent plus que vouloir une position assurée. La position gagnée, coeur et beauté sont mis de côté: il ne reste que froid dédain, l'aliment du mariage, aujourd'hui. Ou bien je vois des femmes, avec les signes du bonheur, dont, moi, j'aurai pu faire de bonnes camarades, dévorées tout d'abord par des brutes sensibles comme des bûchers... " "Je l'écoute faisant de l'infamie une gloire, de la cruauté un charme. "Je suis de race lointaine: mes pères étaient Scandinaves: il se perçaient les côtes, buvaient leur sang. –Je me ferai des entailles partout le corps, je me tatouerai, je veux devenir hideux comme un Mongol: tu verras, je hurlerai dans les rues. Je veux devenir bien fou de rage. Ne me montre jamais de bijoux, je ramperais et me tordrais sur le tapis. Ma richesse, je la voudrais tachée de sang partout. Jamais je ne travaillerai... " Plusieurs nuits, son démon me saisissant, nous nous roulions, je luttais avec lui! –Les nuits, souvent, ivre, il se poste dans des rues ou dans des maisons, pour m'épouvanter mortellement. –"On me coupera vraiment le cou; ce sera dégoûtant." Oh! ces jours où il veut marcher avec l'air du crime! "Parfois il parle, en une façon de patois attendri, de la mort qui fait repentir, des malheureux qui existent certainement, des travaux pénibles, des départs qui déchirent les coeurs. Dans les bouges où nous nous enivrions, il pleurait en considérant ceux qui nous entouraient, bétail de la misère. Il relevait les ivrognes dans les rues noires. Il avait la pitié d'une mère méchante pour les petits enfants. –Il s'en allait avec des gentillesses de petite fille au catéchisme. –Il feignait d'être éclairé sur tout, commerce, art, médecine. – Je le suivais, il le faut!".

mundo. Voy adonde él va, así ha de ser. Y a menudo se enfada conmigo, conmigo, pobre almita. ¡El demonio! –Es un demonio, sabéis, no es un hombre. "Dice: "No me gustan las mujeres. Hay que volver a inventar el amor, ya se sabe. Las mujeres ya no alcanzan a desear más que una situación segura. Conseguida esta situación, el corazón y la belleza se dejan de lado; no queda sino frío desdén, alimento del matrimonio, hoy en día. O bien veo mujeres con las señales de la dicha; de ellas habría podido hacer buenas camaradas, devoradas desde el principio por brutos sensibles como fogatas ..." "Yo le oigo cómo hace de la infamia gloria, de la crueldad encanto. "Soy de raza lejana: mis antepasados eran escandinavos: se perforaban las costillas, se bebían su propia sangre. –Yo me haré cortaduras por todo el cuerpo, me tatuaré, quedaré más repugnante que un mongol; ya verás, aullaré por las calles. Quiero volverme loco de rabia. Nunca me enseñes joyas, o me arrastraré y me revolcaré por las alfombras. Mi riqueza la querría manchada de sangre, por todas partes. Jamás trabajaré…" Muchas noches, poseyendome su demonio, ambos rodábamos por el suelo, ¡yo luchaba con él! –Por las noches, ebrio a menudo, se embosca en las calles o en las casas, para espantarme mortalmente. –"Me cortarán de veras el cuello; será asqueroso." ¡Oh! ¡Esos días en que gusta de andar con un aire de crimen! "A veces habla, en una especie de jerga enternecida, de la muerte que obliga a arrepentirse, de los desdichados que ciertamente existen, de los trabajos fatigosos, de las separaciones que desgarran el corazón. En los tugurios donde nos emborrachábamos, lloraba al considerar a quienes nos rodeaban, rebaño de la miseria. Levantaba del suelo a los borrachos, en las calles negras. Sentía por los niños la compasión de una mala madre. –Se marchaba con ternuras de niña de catequesis. –Fingía estar al corriente de todo: comercio, arte, medicina. –Yo lo seguía, ¡así ha de ser!

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Je voyais tout le décor dont, en esprit, il s'entourait; vêtements, draps, meubles: je lui prêtais des armes, une autre figure. Je voyais tout ce qui le touchait, comme il aurait voulu le créer pour lui. Quand il me semblait avoir l'esprit inerte, je le suivais, moi, dans des actions étranges et compliquées, loin, bonnes ou mauvaises: j'étais sûre de ne jamais entrer dans son monde. à côté de son cher corps endormi, que d'heures des nuits j'ai veillé, cherchant pourquoi il voulait tant s'évader de la réalité. Jamais homme n'eût pareil voeu. Je reconnaissais, –sans craindre pour lui, –qu'il pouvait être un sérieux danger dans société. –Il a peut-être des secrets pour changer la vie? Non, il ne fait qu'en chercher, me répliquais-je. Enfin sa charité est ensorcelée, et j'en suis la prisonnière. Aucune autre âme n'aurait assez de force, –force de désespoir! –pour la supporter, –pour être protégée et aimée par lui. D'ailleurs, je ne me le figurais pas avec une autre âme: on voit son Ange, jamais l'Ange d'un autre, –je crois. J'étais dans son âme comme dans un palais qu'on a vidé pour ne pas voir une personne si peu noble que vous: voilà tout. Hélas! je dépendais bien de lui. Mais que voulait-il avec mon existence terne et lâche? Il ne me rendait pas meilleure, s'il ne me faisait pas mourir! Tristement dépitée, je lui dis quelquefois: "Je te comprends." Il haussait les épaules. "Ainsi, mon chagrin se renouvelant sans cesse, et me trouvant plus égarée à ses yeux, –comme à tous les yeux qui auraient voulu me fixer, si je n'eusse été condamnée pour jamais à l'oubli de tous! –j'avais de plus en plus faim de sa bonté. Avec ses baisers et ses étreintes amies, c'était bien un ciel, un sombre ciel, où j'entrais, et où j'aurais voulu être laissée, pauvre, sourde, muette, aveugle. Déjà j'en prenais l'habitude. Je nous voyais comme deux bons enfants, libres de se promener dans le Paradis de tristesse. Nous nous accordions. Bien émus, nous travaillions ensemble. Mais, après une pénétrante caresse, il disait: "Comme ça te paraîtra drôle, quand je n'y serai plus, ce par quoi tu as passé. Quand tu n'auras

"Veía todo el decorado de que, en imaginación, se rodeaba: vestiduras, paños, muebles; yo le prestaba armas, otro rostro. Veía todo aquello que lo emocionaba, tal como él habría querido crearlo para sí. Cuando me parecía tener el espíritu inerte, lo seguía, yo, en actos extraños y complicados, lejos, buenos o malos; estaba segura de jamás penetrar en su mundo. Junto a su amado cuerpo dormido, cuántas horas nocturnas he velado, preguntándome por qué desearía tanto evadirse de la realidad. Nunca hombre alguno formuló un voto semejante. Yo admitía, –sin temer por él, –que podía suponer un serio peligro para la sociedad. –¿Tiene quizá secretos para cambiar la vida? No, tan sólo está buscándolos, me replicaba yo. Por último, su caridad está embrujada, y yo soy su prisionera. Ninguna otra alma tendría fuerza bastante –¡fuerza de desesperación! –para soportarla –para ser protegida y amada por él. Por otra parte, no me lo figuraba con otra alma: se ve su Ángel propio, nunca el Ángel ajeno, –me parece. Yo estaba en su alma como en un palacio que se ha abandonado para no ver una persona tan poco noble como nosotros: eso es todo. ¡Ay! Dependía mucho de él. Pero ¿qué quería él de mi existencia apagada y cobarde? ¡No me hacía mejor, no haciéndome morir! Tristemente despechada, le dije a veces: "Te comprendo". Y él se encogía de hombros. "Así, renovándose sin cesar mi pena, y hallándome más extraviada a mis ojos, –como a todos los ojos que habrían querido mirarme, si no hubiese sido condenada para siempre al olvido de todos, –tenía cada vez más hambre de su bondad. Con sus besos y sus abrazos amistosos, era en verdad un cielo, un cielo lóbrego, donde entraba, y donde habría querido ser abandonada, pobre, sorda, muda, ciega. Ya empezaba a acostumbrarme. Nos veía a ambos, como dos niños buenos, libres de pasearse por el Paraíso de la Tristeza. Nos poníamos de acuerdo. Muy emocionados, trabajábamos juntos. Pero, tras una penetrante caricia, él decía: "Qué divertido te parecerá, cuando yo ya no esté, esto por lo que has pasado. Cuando ya

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plus mes bras sous ton cou, ni mon coeur pour t'y reposer, ni cette bouche sur tes yeux. Parce qu'il faudra que je m'en aille, très-loin, un jour. Puis il faut que j'en aide d'autres: c'est mon devoir. Quoique ce ne soit guère ragoûtant..., chère âme... " Tout de suite je me pressentais, lui parti, en proie au vertige, précipitée dans l'ombre la plus affreuse: la mort. Je lui faisais promettre qu'il ne me lâcherait pas. Il l'a faite vingt fois, cette promesse d'amant. C'était aussi frivole que moi lui disant: "Je te comprends." "Ah! je n'ai jamais été jalouse de lui. Il ne me quittera pas, je crois. Que devenir? Il n'a pas une connaissance; il ne travaillera jamais. Il veut vivre somnambule. Seules, sa bonté et sa charité lui donneraient-elles droit dans le monde réel? Par instants, j'oublie la pitié où je suis tombée: lui me rendra forte, nous voyagerons, nous chasserons dans les déserts, nous dormirons sur les pavés des villes inconnues, sans soins, sans peines. Ou je me réveillerai, et les lois et les moeurs auront changé, –grâce à son pouvoir magique, –le monde, en restant le même, me laissera à mes désirs, joies, nonchalances. Oh! la vie d'aventures qui existe dans les livres des enfants, pour me récompenser, j'ai tant souffert, me la donneras-tu? Il ne peut pas. J'ignore son idéal. Il m'a dit avoir des regrets, des espoirs: cela ne doit pas me regarder. Parle-t-il à Dieu? Peutêtre devrais-je m'adresser à Dieu. Je suis au plus profond de l'abîme, et je ne sais plus prier. "S'il m'expliquait ses tristesses, les comprendrai-je plus que ses railleries? Il m'attaque, il passe des heures à me faire honte de tout ce qui m'a pu toucher au monde, et s'indigne si je pleure. "–Tu vois cet élégant jeune homme, entrant dans la belle et calme maison: il s'appelle Duval, Dufour, Armand, Maurice, que sais-je? Une femme s'est dévouée à aimer ce méchant idiot: elle est morte, c'est certes une sainte au ciel, à présent. Tu me feras mourir comme il a fait mourir cette femme. C'est notre sort à nous, coeurs charitables... " Hélas! Il avait

no tengas mis brazos bajo tu cuello, ni mi corazón para descansar en él, ni esta boca sobre tus ojos. Porque un día tendré que irme, muy lejos. Pues es menester que ayude a otros: es mi deber. Aunque no resulte muy apetecible…, alma querida…" De inmediato yo me representaba, habiéndose marchado él, presa del vértigo, precipitada en la sombra más espantable: en la muerte. Y le hacía prometer que no me abandonaría. Veinte veces hizo, tal promesa de amante. Era tan frívolo como yo cuando le decía: "Te comprendo." "Ah, jamás he tenido celos de él. Creo que no ha de abandonarme. ¿Qué haría? No conoce a nadie, jamás trabajará. Quiere vivir sonámbulo. Su bondad y su caridad, por sí solas, ¿le darán derechos en el mundo real? A ratos, olvido la piedad en que he caído: él me hará fuerte, viajaremos, cazaremos en los desiertos, dormiremos en las calles empedradas de ciudades desconocidas, sin cuidados, sin sufrimientos. O me despertaré, y las leyes y las costumbres habrán cambiado –gracias a su poder mágico, –el mundo, siendo el mismo, me dejará con mis deseos, mis alegrías, mis despreocupaciones. ¡Oh! La vida aventurera que existe en los libros infantiles, ¿me la regalarás tú en recompensa porque he sufrido tanto? El no puede. Ignoro su ideal. Me ha dicho que tiene pesares, esperanzas: cosas que al parecer no me conciernen. ¿Es a Dios a quien habla? Tal vez debería yo dirigirme a Dios. Estoy en lo más profundo del abismo, y ya no sé rezar." “Si él me explicara sus tristezas, ¿las comprendería yo mejor que sus burlas? Me ataca, pasa horas avergonzándome con todo lo que ha podido conmoverme en el mundo; y se indigna si lloro. "¿Ves a ese joven elegante que entra en una bella y tranquila casa? Se llama Duval, Dufour, Armando, Mauricio, qué sé yo. Una mujer se consagró a amar a ese idiota malvado: ahora está muerta, es sin duda una santa del cielo. Tú me harás morir como él hizo morir a esa mujer. Tal es el destino de nosotros, corazones caritativos…" ¡Ay! Había días en

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des jours où tous les hommes agissant lui paraissaient les jouets de délires grotesques: il riait affreusement, longtemps. –Puis, il reprenait ses manières de jeune mère, de soeur aimée. S'il était moins sauvage, nous serions sauvés! Mais sa douceur aussi est mortelle. Je lui suis soumise. –Ah! je suis folle! "Un jour peut-être il disparaîtra merveilleusement; mais il faut que je sache, s'il doit remonter à un ciel, que je voie un peu l'assomption de mon petit ami!" Drôle de ménage!

que todos los hombres, actuando, le parecían juguetes de grotescos delirios: reía espantosamente, largo rato. –Luego volvía a sus maneras de madre joven, de hermana amada. Si fuera menos salvaje, ¡estaríamos salvados! Mas también su dulzura es mortal. Le estoy sometida. –¡Ah! ¡Estoy loca! "Un día tal vez él desaparezca maravillosamente; pero tengo que saberlo, si ha de subir a un cielo, ¡quiero ver un poco la asunción de mi amiguito!" ¡Vaya pareja!

DÉLIRES II

DELIRIOS II

Alchimie du verbe

Alquimia del verbo

A moi. L'histoire d'une de mes folies. Depuis longtemps je me vantais de posséder tous les paysages possibles, et trouvais dérisoires les célébrités de la peinture et de la poésie moderne. J'aimais les peintures idiotes, dessus des portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires; la littérature démodée, latin d'église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l'enfance, opéras vieux, refrains niais, rhythmes naïfs. Je rêvais croisades, voyages de découvertes dont on n'a pas de relations, républiques sans histoires, guerres de religion étouffées, révolutions de meurs, déplacements de ra-

A mí. La historia de una de mis locuras. Desde hacía largo tiempo, me jactaba de poseer todos los paisajes posibles, y encontraba irrisorias las celebridades de la pintura y de la poesía moderna. Me gustaban las pinturas idiotas, dinteles historiados, decoraciones, telas de saltimbanquis, carteles, estampas populares; la literatura anticuada, latín de iglesia, libros eróticos sin ortografía, novelas de nuestras abuelas, cuentos de hadas, libritos para niños, óperas viejas, canciones bobas, ritmos ingenuos. Soñaba cruzadas, viajes de descubrimientos de los que no hay relatos, repúblicas sin historia, guerras de religión sofocadas, revoluciones de costumbres, desplazamientos de razas

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ces et de continents: je croyais à tous les enchantements. J'inventai la couleur des voyelles! –A noir, E blanc, I rouge, O bleu, U vert. –Je réglai la forme et le mouvement de chaque consonne, et, avec des rhythmes instinctifs, je me flattai d'inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l'autre, à tous les sens. Je réservais la traduction. Ce fut d'abord une étude. J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable, je fixais des vertiges.

y de continentes: creía en todos los encantamientos. ¡Inventé el color de las vocales! –A, negra; E, blanca; I, roja; O, azul; U, verde. –Reglamenté la forma y el movimiento de cada consonante y, con ritmos instintivos, me precié de inventar un verbo poético accesible, cualquier día, a todos los sentidos. Me reservaba la traducción. Fue al principio un estudio. Yo escribía silencios, noches, anotaba lo inexpresable. Fijaba vértigos.

Loin des oiseaux, des troupeaux, des villageoises, Que buvais-je, à genoux dans cette bruyère Entourée de tendres bois de noisetiers, Dans un brouillard d'après-midi tiède et vert?

Lejos de los pájaros, de los rebaños, de las aldeanas, ¿qué bebía yo, de rodillas en aquella maleza rodeada de tiernos bosques de avellanos, en una neblina de tarde tibia y verde?

Que pouvais-je boire dans cette jeune Oise, -Ormeaux sans voix, gazon sans fleurs, ciel couvert!Boire à ces gourdes jaunes, loin de ma case Chérie! Quelque liqueur d'or qui fait suer.

¿Qué podía beber, en este joven Oise, –¡olmos sin voz, césped sin flores, cielo cubierto! ¿Beber de los odres amarillos, lejos de mi choza querida? Algún áureo licor que hace sudar.

Je faisais une louche enseigne d'auberge, Un orage vint chasser le ciel. Au soir L'eau des bois se perdait sur les sables vierges, Le vent de Dieu jetait des glaçons aux mares;

Yo era un equívoco cartel de una taberna. Una tempestad vino a borrar el cielo. En la tarde agua del bosque se perdía en arenas vírgenes, El viento de Dios arrojaba carámbanos en las charcas;

Pleurant, je voyais de l'or –et ne pus boire. -

llorando, veía oro –y no pude beber.–

A quatre heures du matin, l'été, Le sommeil d'amour dure encore. Sous les bocages s'évapore L'odeur du soir fêté.

A las cuatro de la mañana, en verano, el dormir del amor dura aún. Bajo los sotos se evapora el olor de la noche festejada.

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Là-bas, dans leur vaste chantier Au soleil des Hespérides, Déjà s'agitent –en bras de chemise Les Charpentiers.

Allá, en su vasto astillero, al sol de las Hespérides, ya se agitan –en mangas de camisa – los Carpinteros.

Dans leurs Déserts de mousse, tranquilles, Ils préparent les lambris précieux Où la ville Peindra de faux cieux.

En sus Desiertos de musgo, tranquilos, preparan los artesonados preciosos donde la ciudad pintará falsos cielos.

O, pour ces Ouvriers charmants Sujets d'un roi de Babylone, Vénus! quitte un instant les Amants Dont l'âme est en couronne.

Para los admirables obreros vasallos de un rey de Babilonia, ¡Venus, deja un momento a los Amantes cuyo alma es tu corona!

O Reine des Bergers, Porte aux travailleurs l'eau-de-vie, Que leurs forces soient en paix En attendant le bain dans la mer à midi.

¡Oh Reina de los Pastores! Lleva a los trabajadores el aguardiente, que apacigüe sus fuerzas en espera del baño de mar a mediodía.

La vieillerie poétique avait une bonne part dans mon alchimie du verbe. Je m'habituai à l'hallucination simple: je voyais trèsfranchement une mosquée à la place d'une usine, une école de tambours faite par des anges, des calèches sur les routes du ciel, un salon au fond d'un lac; les monstres, les mystères; un titre de vaudeville dressait des épouvantes devant moi! Puis j'expliquai mes sophismes magiques avec l'hallucination des mots! Je finis par trouver sacré le désordre de mon esprit. J'étais oisif, en proie à une lourde fièvre: j'enviais la félicité des bêtes, –les chenilles, qui représentent l'innocence des

La antigualla poética tenía gran importancia en mi alquimia del verbo. Me acostumbré a la alucinación simple: Yo veía muy claramente una mezquita en lugar de una fábrica, una escuela de tambores instalada por los ángeles, calesas en los caminos del cielo, un salón en el fondo de un lago; monstruos, misterios; un título de vodevil erguía espantos ante mí. ¡Después explicaba mis sofismas mágicos con la alucinación de las palabras! Acabé por encontrar sagrado el desorden de mi espíritu. Estaba ocioso, presa de pesada fiebre: envidiaba la felicidad de los animales, –las orugas, que representan la ino-

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limbes, le sommeil de la virginité! Mon caractère s'aigrissait. Je disais adieu au monde dans d'espèces de romances:

cencia de los limbos, los topos, ¡el sueño de la virginidad! Se me agriaba el carácter. Decía adiós al mundo en una especie de romances:

Chanson de la plus haute tour

Canción desde la torre más alta

Qu'il vienne, qu'il vienne, Le temps dont on s'éprenne.

Que venga ya, que venga el tiempo que enamore.

J'ai tant fait patience Qu'à jamais j'oublie. Craintes et souffrances Aux cieux sont parties. Et la soif malsaine Obscurcit mes veines.

Tuve tanta paciencia, que para siempre olvido; miradas y sufrimientos al cielo se marcharon. Y la sed malsana oscureció mis venas.

Qu'il vienne, qu'il vienne, Le temps dont on s'éprenne.

Que venga ya, que venga el tiempo que enamore.

Telle la prairie A l'oubli livrée, Grandie et fleurie D'encens et d'ivraies, Au bourdon farouche Des sales mouches.

Igual la pradera al olvido entregada, creciendo y florecida de incienso y de cizañas, ante el feroz zumbido de las sucias moscas.

Qu'il vienne, qu'il vienne, Le temps dont on s'éprenne.

Que venga ya, que venga el tiempo que enamore.

Arthur Rimbaud 44


Une Saison en enfer

Una Temporada en (el) infierno

FAIM

HAMBRE

Si j'ai du goût, ce n'est guère Que pour la terre et les pierres. Je déjeune toujours d'air, De roc, de charbon, de fer.

Si tengo apetito es sólo de la tierra y a las piedras. Yo siempre almuerzo aire, roca, carbones, hierro.

Mes faims, tournez. Paissez, faims, Le pré des sons. Attirez le gai venin Des liserons.

Hambres mías, girad. Pasad, hambres, del prado de los sonidos. Atraed el alegre veneno de los lirios.

Mangez les cailloux qu'on brise, Les vieilles pierres d'églises; Les galets des vieux déluges, Pains semés dans les vallées grises.

Comeos los guijarros que se rompen, las viejas piedras de iglesia; los cantos rodados de los viejos diluvios, panes sembrados en los valles grises.

Le loup criait sous les feuilles En crachant les belles plumes De son repas de volailles: Comme lui je me consume.

El lobo aullaba entre el follaje escupiendo las bellas plumas de su yantar de volátiles: como él yo consumo.

Les salades, les fruits N'attendent que la cueillette; Mais l'araignée de la haie Ne mange que des violettes.

Las ensaladas, las frutas sólo aguardan la cosecha; pero la araña del seto no come más que violetas.

Que je dorme! Que je bouille Aux autels de Salomon. Le bouillon court sur la rouille Et se mêle au Cédron.

¡Que duerma ya! Que borbotee en los altares de Salomón. el herbor fluye sobre la herrumbre, y se mezcla con el Cedrón.

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Une Saison en enfer

Una Temporada en (el) infierno

Enfin, ô bonheur, ô raison, j'écartai du ciel l'azur, qui est du noir, et je vécus, étincelle d'or de la lumière nature. De joie, je prenais une expression bouffonne et égarée au possible:

Por último, oh felicidad, oh razón, separé del cielo el azur, que es negro, y viví, centella dorada de la luz natural. En mi alegría, adopté la expresione más bufa y extraviada que pude hallar.

Elle est retrouvée! Quoi? L'éternité C'est la mer mêlée Au soleil.

¡Ha sido encontrada! -¿ Qué? -La eternidad. Es la mar fundida con el sol.

Mon âme éternelle, Observe ton voeu Malgré la nuit seule Et le jour en feu.

Eterna alma mía, observa tu voto a pesar de la noche sola y del día en llamas.

Donc tu te dégages Des humains suffrages, Des communs élans! Tu votes selon...

¡Así, pues, te desprendes de los humanos sufragios, de los comunes impulsos! Vuelas según…

–Jamais l'espérance. Pas d'orietur. Science et patience, Le supplice est sûr.

–Ninguna esperanza, nada aparecerá. Ciencia y paciencia, el suplicio es seguro.

Plus de lendemain, Braises de satin, Votre ardeur Est le devoir.

Ya no hay mañana, brasas de satén, vuestro ardor es el deber.

Elle est retrouvée ! –Quoi? -L'éternité. C'est la mer mêlée Au soleil.

¡Ha sido encontrada! –¿Qué? –La eternidad. Es la mar fundida con el sol.

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Une Saison en enfer

Una Temporada en (el) infierno

Je devins un opéra fabuleux: je vis que tous les êtres ont une fatalité de bonheur: l'action n'est pas la vie, mais une façon de gâcher quelque force, un énervement. La morale est la faiblesse de la cervelle. A chaque être, plusieurs autres vies me semblaient dues. Ce monsieur ne sait ce qu'il fait: il est un ange. Cette famille est une nichée de chiens. Devant plusieurs hommes, je causai tout haut avec un moment d'une de leurs autres vies. –Ainsi, j'ai aimé un porc. Aucun des sophismes de la folie, –la folie qu'on enferme, –n'a été oublié par moi: je pourrai les redire tous, je tiens le système. Ma santé fut menacée. La terreur venait. Je tombais dans des sommeils de plusieurs jours, et, levé, je continuais les rêves les plus tristes. J'étais mûr pour le trépas, et par une route de dangers ma faiblesse me menait aux confins du monde et de la Cimmérie, patrie de l'ombre et des tourbillons. Je dus voyager, distraire les enchantements assemblés sur mon cerveau. Sur la mer, que j'aimais comme si elle eût dû me laver d'une souillure, je voyais se lever la croix consolatrice. J'avais été damné par l'arc-en-ciel. Le Bonheur était ma fatalité, mon remords, mon ver: ma vie serait toujours trop immense pour être dévouée à la force et à la beauté. Le Bonheur! Sa dent, douce à la mort, m'avertissait au chant du coq, -ad matutinum, au Christus venit, –dans les plus sombres villes:

Me convertí en una ópera fabulosa: vi que todos los seres tienen una fatalidad de dicha: la acción no es la vida, sino una manera de echar a perder cierta fuerza: un enervamiento. La moral es la debilidad del cerebro. Me parecía que a cada ser le eran debidas otras vidas. Ese señor no sabe lo que hace: es un ángel. Esta familia es una camada de perros. Ante muchos hombres, hablaba yo en voz alta con un momento de alguna de sus otras vidas. – Así, amé a un cerdo. Ninguno de los sofismas de la locura, –la locura de atar– fue olvidado por mí; podría repetirlos todos; tengo el sistema. Mi salud fue amenazada. Me invadía el terror. Caía en sopores de varios días, y una vez levantado, continuaba con los sueños más tristes. Estaba maduro para la muerte, y por una ruta de peligros, mi debilidad me conducía hacia los confines del mundo y de la Cimeria, patria de la sombra y los torbellinos. Tuve que viajar, distraer los hechizos congregados sobre mi cerebro. De la mar, que amaba como si ella hubiera debido lavarme de alguna inmundicia, veía elevarse la cruz consoladora. Había sido condenado por el arco iris. La dicha era mi fatalidad, mi remordimiento, mi gusano: mi vida sería siempre demasiado inmensa para consagrarla a la belleza y a la fuerza. ¡La felicidad! Su diente, suave en la muerte, me avisaba al cantar el gallo, –ad matutinum, en el Christus venit, –en las ciudades más sombrías:

O saisons, ô châteaux! Quelle âme est sans défauts?

¡Oh estaciones, oh castillos! ¿Qué alma no tiene defecto!

J'ai fait la magique étude Du bonheur, qu'aucun n'élude.

He hecho el mágico estudio de la felicidad, que nadie elude.

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Una Temporada en (el) infierno

Salut à lui, chaque fois Que chante le coq gaulois.

Salud a ti, cada vez que canta el gallo galo.

Ah! je n'aurai plus d'envie: Il s'est chargé de ma vie.

¡Ah! No tendré más envidia: se ha hecho cargo de mi vida.

Ce charme a pris âme et corps Et dispersé les efforts.

Este hechizo ha tomado alma y cuerpo, y dispersado los esfuerzos.

O saisons, ô châteaux!

¡Oh estaciones, oh castillos!

L'heure de sa fuite, hélas! Sera l'heure du trépas.

La hora de su huida, ¡ay! será la de la muerte.

O saisons, ô châteaux!

¡Oh estaciones, oh castillos!

Cela s'est passé. Je sais aujourd'hui saluer la beauté.

Todo eso ha pasado. Hoy sé saludar a la belleza.

L'impossible

Lo imposible

Ah! cette vie de mon enfance, la grande route par tous les temps, sobre surnaturellement, plus désintéressé que le meilleur des mendiants, fier de n'avoir ni pays, ni amis, quelle sottise c'était. –Et je m'en aperçois seulement! –J'ai eu raison de mépriser ces bonshommes qui ne perdraient pas l'occasion d'une caresse, parasites de la propreté et de la santé de nos femmes, aujourd'hui qu'elles sont si peu d'accord avec nous.

¡Ah! La vida de mi infancia, la gran ruta accesible siempre, sobrenaturalmente sobrio, más desinteresado que el mejor de los mendigos, orgulloso de no tener ni país ni amigos, qué tontería era. –¡Y hasta ahora no me he dado cuenta! –He tenido razón de despreciar a esos benditos que no dejarían escapar la oportunidad de una caricia, parásitos de la limpieza y de la salud de nuestras mujeres, hoy que ellas están tan poco de acuerdo con nosotros.

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J'ai eu raison dans tous mes dédains: puisque je m'évade! Je m'évade! Je m'explique. Hier encore, je soupirais: "Ciel! sommes-nous assez de damnés ici-bas! Moi j'ai tant de temps déjà dans leur troupe! Je les connais tous. Nous nous reconnaissons toujours; nous nous dégoûtons. La charité nous est inconnue. Mais nous sommes polis; nos relations avec le monde sont très-convenables." Est-ce étonnant? Le monde! les marchands, les naïfs! –Nous ne sommes pas déshonorés. –Mais les élus, comment nous recevraient-ils? Or il y a des gens hargneux et joyeux, de faux élus, puisqu'il nous faut de l'audace ou de l'humilité pour les aborder. Ce sont les seuls élus. Ce ne sont pas des bénisseurs! M'étant retrouvé deux sous de raison –ça passe vite! –je vos que mes malaises viennent de ne m'être pas figuré que nous sommes à l'Occident. Les marais occidentaux! Non que je croie la lumière altérée, la formé exténuée, le mouvement égaré... Bon! voici que mon esprit veut absolument se charger de tous les développements cruels qu'a subi l'esprit depuis la fin de l'Orient... Il en veut, mon esprit! ...Mes deux sous de raison sont finis! –L'esprit est autorité, il veut que je sois en Occident. Il faudrait le faire taire pour conclure comme je voulais. J'envoyais au diable les palmes des martyrs, les rayons de l'art, l'orgueil des inventeurs, l'ardeur des pillards; je retournais à l'Orient et à la sagesse première et éternelle. -Il paraît que c'est un rêve de paresse grossière! Pourtant, je ne songeais guère au plaisir d'échapper aux souffrances modernes. Je n'avais pas en vue la sagesse bâtarde du Coran. -Mais n'y a-t-il pas un supplice réel en ce que, depuis cette déclaration de la science, le christianisme, l'homme se joue, se prouve les évidences, se gonfle du plaisir de répéter ces preuves, et ne vit que comme cela! Torture

Una Temporada en (el) infierno

He tenido razón en todos mis desdenes: ¡la prueba es que me evado! ¡Me evado! Me explico. Aún ayer, suspiraba: "¡Cielos! ¡No somos demasiados condenados, aquí abajo! ¡Cuánto tiempo llevo ya en su cuadrilla! Los conozco a todos. Nosotros nos reconocemos siempre; nos damos asco. La caridad nos es desconocida. Pero somos corteses: nuestras relaciones con el mundo son muy correctas." ¿Es sorprendente? ¡El mundo, los mercaderes, los necios! –Nosotros no estamos deshonrados. –Pero, ¿cómo nos recibirían los elegidos? Y hay gentes ariscas y alegres, falsos elegidos, puesto que necesitamos audacia o humildad para abordarlos. Son los únicos elegidos. ¡No prodigan sus bendiciones! Habiendo recuperado una pizca de razón –¡poco va a durar! –veo que mis desazones provienen de no haberme figurado antes que estamos en Occidente. ¡Las ciénaga occidentales! No es que yo crea la luz adulterada, la forma agotada, el movimiento extraviado… ¡Bueno! He aquí que mi espíritu desea absolutamente hacerse cargo de todos los desarrollos crueles que ha sufrido el espíritu desde el fin del Oriente… ¡Mi espíritu lo quiere así! ¡Mi pizca de razón se ha acabado! –El espíritu es autoridad, y quiere que yo esté en Occidente. Habría que hacerlo callar para llegar a la conclusión que yo deseaba. Yo mandaba al diablo las palmas de los mártires, los esplendores del arte, el orgullo de los inventores, el ardor de los pillastres; regresaba al Oriente y a la sabiduría primitiva y eterna. –¡Parece que ha sido un sueño de grosera pereza! Sin embargo, no pensaba para nada en el placer de escapar a los sufrimientos modernos. No tenía a la vista la sabiduría bastarda del Corán. ¿Pero no es un suplicio real el que, a partir de esta declaración de la ciencia, el cristianismo, el hombre se engañe, se pruebe las evidencias, se hinche de pla-

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subtile, niaise; source de mes divagations spirituelles. La nature pourrait s'ennuyer, peut-être! M. Prudhomme est né avec le Christ.

cer al repetir esas pruebas y no viva más que de ese modo? Tortura sutil, bobalicona; fuente de mis divagaciones espirituales. ¡La naturaleza podría aburrirse, quizá! El señor Prudhomme ha nacido a la vez que el Cristo.

N'est-ce pas parce que nous cultivons la brume! Nous mangeons la fièvre avec nos légumes aqueux. Et l'ivrognerie! et le tabac! et l'ignorance! et les dévouements! –Tout cela est-il assez loin de la pensée de la sagesse de l'Orient, la patrie primitive? Pourquoi un monde moderne, si de pareils poisons s'inventent! Les gens d'Église diront: C'est compris. Mais vous voulez parler de l'Eden. Rien pour vous dans l'histoire des peuples orientaux. –C'est vrai; c'est à l'Eden que je songeais! Qu'est-ce que c'est pour mon rêve, cette pureté des races antiques! Les philosophes: Le monde n'a pas d'âge. L'humanité se déplace, simplement. Vous êtes en Occident, mais libre d'habiter dans votre Orient, quelque ancien qu'il vous le faille, –et d'y habiter bien. Ne soyez pas un vaincu. Philosophes, vous êtes de votre Occident. Mon esprit, prends garde. Pas de partis de salut violents. Exerce-toi! –Ah! la science ne va pas assez vite pour nous! –Mais je m'aperçois que mon esprit dort. S'il était bien éveillé toujours à partir de ce moment, nous serions bientôt à la vérité, qui peut-être nous entoure avec ses anges pleurant!... –S'il avait été éveillé jusqu'à ce moment-ci, c'est que je n'aurais pas cédé aux instincts délétères, à une époque immémoriale!... –S'il avait toujours été bien éveillé, je voguerais en pleine sagesse!... Ô pureté! Pureté! C'est cette minute d'éveil qui m'a donné la vision de la pureté! –Par l'esprit on va à Dieu! Déchirante infortune!

¡No será porque cultivamos la bruma! Comemos fiebre con nuestras legumbres aguadas. ¡Y con la embriaguez! ¡Y el tabaco! ¡Y la ignorancia! ¡Y las abnegaciones! –¿No queda todo ello bastante alejado del pensamiento de la sabiduría del Oriente, la patria primitiva? ¿Para qué un mundo moderno, si se inventan tales venenos? Las gentes de Iglesia dirán: Comprendido. Pero usted quiere hablar del Edén. No hay nada que para usted en la historia de los pueblos orientales. –Es verdad; ¡pensaba en el Edén! ¡Qué es para mi sueño esa pureza de las razas antiguas! Los filósofos: El mundo no tiene edad. La humanidad se desplaza, simplemente. Está usted en Occidente, pero nada le impide habitar su propio Oriente, tan antiguo como le haga falta, –y habitarlo bien. No se declare vencido. Filósofos, vosotros sois de vuestro Occidente. Espíritu mío, ten cuidado. Sin violentas posturas de salvación. ¡Ejercítate! –¡Ah! ¡La ciencia no va suficientemente de prisa para nosotros! –Pero me doy cuenta de que mi espíritu duerme. Si estuviera siempre muy despierto, a partir de este momento, pronto llegaríamos a la verdad, ¡que acaso nos rodee con sus ángeles llorosos!… –Si se hubiese mantenido despierto hasta ese momento, ¡sería por no haber cedido yo a los instintos deletéreos, en época inmemorial!… Si siempre hubiera estado bien despierto, ¡yo bogaría en plena sabiduría!… ¡Oh pureza, pureza! ¡Este minuto de despertar me ha concedido la visión de la pureza. –¡Por el espíritu hacia Dios! ¡Desgarrador infortunio!

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L'éclair Le travail humain! c'est l'explosion qui éclaire mon abîme de temps en temps. "Rien n'est vanité; à la science, et en avant!" crie l'Ecclésiaste moderne, c'est-à-dire Tout le monde. Et pourtant les cadavres des méchants et des fainéants tombent sur le coeur des autres... Ah! vite, vite un peu; là-bas, par delà la nuit, ces récompenses futures, éternelles... les échapponsnous?... –Qu'y puis-je? Je connais le travail; et la science est trop lente. Que la prière galope et que la lumière gronde... je le vois bien. C'est trop simple, et il fait trop chaud; on se passera de moi. J'ai mon devoir, j'en serai fier à la façon de plusieurs, en le mettant de côté. Ma vie est usée. Allons! feignons, fainéantons, ô pitié! Et nous existerons en nous amusant, en rêvant amours monstres et univers fantastiques, en nous plaignant et en nous querellant les apparences du monde, saltimbanque, mendiant, artiste, bandit, –prêtre! Sur mon lit d'hôpital, l'odeur de l'encens m'est revenue si puissante; gardien des aromates sacrés, confesseur, martyr... Je reconnais là ma sale éducation d'enfance. Puis quoi!... Aller mes vingt ans, si les autres vont vingt ans... Non! non! à présent je me révolte contre la mort! Le travail paraît trop léger à mon orgueil: ma trahison au monde serait un supplice trop court. Au dernier moment, j'attaquerais à droite, à gauche... Alors, –oh! –chère pauvre âme, l'éternité serait-elle pas perdue pour nous!

Una Temporada en (el) infierno

El relámpago ¡El trabajo humano! Es la explosión que ilumina mi abismo de vez en cuando. "Nada es vanidad; ¡hacia la ciencia, y adelante!", grita el Eclesiastés moderno, es decir: Todo el mundo. Y sin embargo los cadáveres de los malvados y de los holgazanes caen sobre el corazón de los demás… ¡Ah! Rápido, un poco de prisa; allí, más allá de la noche, las recompensas futuras, eternas… ¿las evitaremos?… –¿Qué puedo hacer yo? Conozco el trabajo; y la ciencia es demasiado lenta. Que galope la plegaria y que truene la luz… Lo veo bien. Es demasiado sencillo, y hace demasiado calor; se las compondrán sin mí. Tengo un deber, estaré orgulloso de él como muchos hacen, poniéndolo aparte. Mi vida está gastada. ¡Adelante! Finjamos, holgazaneemos, ¡oh piedad! Y existiremos divirtiéndonos, soñando amores monstruosos y universos fantásticos, quejándonos y atacando las apariencias del mundo, saltimbanqui, mendigo, artista, bandido, –¡sacerdote! En mi cama de hospital, el olor a incienso me volvió con tanta intensidad; guardián de los sagrados aromas , confesor, mártir… Reconozco en esto mi sucia educación infantil. ¡Y qué!… Vivir mis veinte años, si los demás los viven… ¡No! ¡No! ¡Ahora me rebelo contra la muerte! El trabajo le parece demasiado ligero a mi orgullo: mi traición al mundo sería un suplicio demasiado corto. En el último momento, atacaría a diestra y siniestra. Entonces, –¡oh! –pobre alma querida, ¡no tendríamos perdida la eternidad!

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Matin N'eus-je pas une fois une jeunesse aimable, héroïque, fabuleuse, à écrire sur des feuilles d'or, –trop de chance! Par quel crime, quelle erreur, ai-je mérité ma faiblesse actuelle? Vous qui prétendez que des bêtes poussent des sanglots de chagrin, que des malades désespèrent, que des morts rêvent mal, tâchez de raconter ma chute et mon sommeil. Moi, je ne puis pas plus m'expliquer que le mendiant avec ses continuels Pater et Ave Maria. Je ne sais plus parler! Pourtant, aujourd'hui, je crois avoir fini la relation de mon enfer. C'était bien l'enfer; l'ancien, celui dont le fils de l'homme ouvrit les portes. Du même désert, à la même nuit, toujours mes yeux las se réveillent à l'étoile d'argent, toujours, sans que s'émeuvent les Rois de la vie, les trois mages, le coeur, l'âme, l'esprit. Quand irons-nous, par delà les grèves et les monts, saluer la naissance du travail nouveau, la sagesse nouvelle, la fuite des tyrans et des démons, la fin de la superstition, adorer –les premiers! –Noël sur la terre! Le chant des cieux, la marche des peuples! Esclaves, ne maudissons pas la vie.

Adieu L'automne, déjà ! –Mais pourquoi regretter un éternel soleil, si nous sommes engagés à la découverte de la clarté divine, –loin des gens qui meurent sur les saisons. L'automne. Notre barque élevée dans les brumes immobiles tourne vers le port de la misère, la cité énorme au ciel taché de feu et de boue. Ah ! les haillons pourris, le

Una Temporada en (el) infierno

Mañana ¿No tuve una vez una juventud amable, heroica, fabulosa, digna de escribirse en hojas de oro? –¡Demasiada suerte! ¿Por qué crimen, por qué error, he merecido mi debilidad actual? Vosotros, que pretendéis que los animales sollocen de pena, que los enfermos se desesperen, que los cadáveres tengan malos sueños, tratad de contar mi caída y mi dormir. Yo ya no logro explicarme mejor que el mendigo con sus contínuos Pater y Ave Maria. ¡Ya no sé hablar! Sin embargo, hoy, creo haber terminado el relato de mi infierno. Era de veras el infierno; el antiguo, aquel cuyas puertas abrió el hijo del hombre. Desde el mismo desierto, en la misma noche, siempre se despiertan mis ojos cansados bajo la estrella de plata, siempre, sin que se conmuevan los Reyes de la vida, los tres magos, el corazón, el alma, el espíritu. ¡Cuándo iremos más allá de las playas y de los montes, a saludar el nacimiento del trabajo nuevo, la sabiduría nueva, la huida de los tiranos y de los demonios, el fin de la superstición, a adorar –¡los primeros! –la Navidad en la tierra! ¡El canto de los cielos, el avance de los pueblos! Esclavos: no maldigamos la vida.

Adiós ¡Otoño ya! –Pero ¿por qué añorar un eterno sol, si estamos comprometidos en el descubrimiento de la claridad divina, –lejos de las gentes que mueren con las estaciones? Otoño. Nuestra barca alzada en las brumas inmóviles vira hacia el puerto de la miseria, la ciudad enorme con el cielo manchado de fuego y de lodo. ¡Ah! ¡Los harapos podridos, el

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pain trempé de pluie, l'ivresse, les mille amours qui m'ont crucifié! Elle ne finira donc point cette goule reine de millions d'âmes et de corps morts et qui seront jugés ! Je me revois la peau rongée par la boue et la peste, des vers plein les cheveux et les aisselles et encore de plus gros vers dans le coeur, étendu parmi des inconnus sans âge, sans sentiment... J'aurais pu y mourir... L'affreuse évocation! J'exècre la misère. Et je redoute l'hiver parce que c'est la saison du comfort ! –Quelquefois je vois au ciel des plages sans fin couvertes de blanches nations en joie. Un grand vaisseau d'or, au-dessus de moi, agite ses pavillons multicolores sous les brises du matin. J'ai créé toutes les fêtes, tous les triomphes, tous les drames. J'ai essayé d'inventer de nouvelles fleurs, de nouveaux astres, de nouvelles chairs, de nouvelles langues. J'ai cru acquérir des pouvoirs surnaturels. Eh bien ! je dois enterrer mon imagination et mes souvenirs! Une belle gloire d'artiste et de conteur emportée ! Moi! moi qui me suis dit mage ou ange, dispensé de toute morale, je suis rendu au sol, avec un devoir à chercher, et la réalité rugueuse à étreindre! Paysan ! Suis-je trompé ? la charité serait-elle soeur de la mort, pour moi? Enfin, je demanderai pardon pour m'être nourri de mensonge. Et allons. Mais pas une main amie! et où puiser le secours ?

pan empapado de lluvia, la embriaguez, los mil amores que me han crucificado! ¡Nunca, pues, acabará este vampiro reina de millones de almas y de cuerpos muertos y que serán juzgados! Me veo de nuevo con la piel roída por el fango y la peste, llenos de gusanos el pelo y las axilas y con gusanos todavía más gruesos en el corazón, tirado entre desconocidos sin edad, sin sentimientos… Habría podido morir allí… ¡Espantosa evocación! Detesto la miseria. ¡Y temo al invierno, porque es la estación del bienestar! –A veces veo, en el cielo, playas sin fin, cubiertas de blancas naciones alegres. Un gran bajel de oro, por encima de mí, agita sus banderolas multicolores por las brisas de la mañana. He creado todas las fiestas, todos los triunfos, todos los dramas. He tratado de inventar nuevas flores, nuevos astros, nuevas carnes, nuevas lenguas. He creído adquirir poderes sobrenaturales. Pues bien, ¡tengo que enterrar mi imaginación y mis recuerdos! ¡Una hermosa gloria de artista y narrador, desvanecidar! ¡Yo! ¡Yo, que me dije mago o ángel, dispensado de toda moral, he sido devuelto al suelo, con un deber por encontrar y con la rugosa realidad por abrazar. ¡Paleto! ¿Estoy engañado? ¿La caridad será, para mí, hermana de la muerte? En fin, pediré perdón por haberme nutrido de mentira. Y vamos. ¡Pero ni una mano amiga! ¿Y dónde conseguir ayuda?

Oui, l'heure nouvelle est au moins très-sévère. Car je puis dire que la victoire m'est acquise: les grincements de dents, les sifflements de feu, les soupirs empestés se modèrent. Tous les souvenirs immondes s'effacent. Mes derniers regrets détalent, –des jalousies pour les mendiants, les bri-

Sí, la hora nueva es por lo menos muy exigente. Porque puedo decir que alcancé la victoria: el rechinar de dientes, el chisporroteo del fuego, los suspiros apestados se atenúan. Todos los recuerdos inmundos se desvanecen. Mis últimas añoranzas se difuminan, –celos de los mendigos, de

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gands, les amis de la mort, les arriérés de toutes sortes. – Damnés, si je me vengeais ! Il faut être absolument moderne. Point de cantiques: tenir le pas gagné. Dure nuit ! le sang séché fume sur ma face, et je n'ai rien derrière moi, que cet horrible arbrisseau !... Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d'hommes; mais la vision de la justice est le plaisir de Dieu seul. Cependant c'est la veille. Recevons tous les influx de vigueur et de tendresse réelle. Et à l'aurore, armés d'une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes. Que parlais-je de main amie! Un bel avantage, c'est que je puis rire des vieilles amours mensongères, et frapper de honte ces couples menteurs, –j'ai vu l'enfer des femmes là-bas; –et il me sera loisible de posséder la vérité dans une âme et un corps.

los bribones, de los amigos de la muerte, de los rezagados de toda índole. –Condenados, ¡si yo me vengase! Hay que ser absolutamente moderno. Sin cánticos: mantener el terreno ganado. ¡Dura noche! La sangre seca humea sobre miel rostro, y detrás de mí no tengo sino ese horrible arbolillo… El combate del espíritu es tan brutal como la batalla de los hombres; pero la visión de la justicia es placer exclusivo de Dios. Es, no obstante, la víspera. Acojamos todos los influjos de vigor y de real ternura. Y a la aurora, armados de una ardiente paciencia, entraremos en las espléndidas ciudades. ¡Qué hablaba yo de mano amiga! Es una gran ventaja que pueda reírme de los viejos amores embusteros, y cubrir de vergüenza a esas parejas embaucadoras, –he visto el infierno de las mujeres allá abajo,; –y me será permitido poseer la verdad en un alma y un cuerpo.

Avril-août 1873

Abril–agosto, 1873.

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A prop贸sito/desprop贸sito de

La temporada en infierno de A. R. Varios autores

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A propósito/despropósito de L a t e m p o r a d a e n i n f i e r n o de A. R. Ab so lut a me nt e

ESTE

libro está compuesto con imágenes personalísimas, en mestizaje con otras más objetivas, que proceden de la tradicional manera de retratar a Rimbaud. Es, ni más ni menos, el cuaderno de un pintor, aunque AR está en él, presente y bilingüe, precisamente porque las imágenes de Manuel Jular reflexionan sobre el poeta y su obra. En esta intensa estación en el infierno, o más bien temporada infernal, a mí, Rimbaud se me antoja una suerte de seminarista perdido entre sueños capitales y el peso de la culpa original. Puede que sea esto lo que haya tentado al pintor, que como exalumno marista nunca ha conseguido liberarse del todo de una cierta empatía con “lo trascendente”. Estas líneas quieren explicar por qué (y hasta dónde) el pintor, que anda por los inocentes –inefables– setenta años, se apoya en un exasperante joven alocado, poeta y francés por más señas. Dice Jular que leyó cuando era joven, o sea hace mucho tiempo, este emocionado y emocionante texto de Eduardo Mallea. (H i s t ori a de u n a pa s ió n a rg en t in a ): ... Pasión luego, de Rimbaud. a quién veía anegado de salvaje y sublime arrebato...corriendo por las calles de Charleville...sublevado contra las mentiras instituídas, la conformidad burguesa, el fraude moral de los hombres; me arrastraba ardientemente su aspiración a fundirse con el infinito mediante un acto intrépido de su espíritu sin miedo a que esta intrepidez pudiera significar su propia desaparición de todos los terrenos visibles para el resto de la humanidad, su huída hacia insondables mundos en los que no acababa de perderse... Y por estos o parecidos pagos –¿Te acuerdas de cuando...?– debe ir la cosa esta del Jular, pringado hasta las cachas por el “niñato galo”. –Hay que ser absolutamente moderno.

Varios autores

Es julio de 1873. Este mozalbete de procedencia ruralburguesa, que grita su desesperanza entre la paganidad y el “catolicismo” más cutre; tremendo visionario, rebelde con causa y profundamente gamberro, según alguno de sus contemporáneos (Albert Merat dixit) está a punto de convertirse en un "friki" aventurero. Ha terminado "Une Saison en enfer". Tras editarlo en Bélgica, ha repartido el libro entre sus amigos y conocidos de París. La recepción de los círculos literarios parisinos ha entristecido (o cabreado) a Rimbaud, que de vuelta a la base natal de Charleville, abrasa todos sus papeles manuscritos. Según R a m ó n B u e n a v e n t u r a : Lo indiscutible es que la Operación Autor Respetable termina en fracaso completo. Ello, por supuesto, no implica que dejara de escribir de golpe y hachazo, como han sostenido y siguen sosteniendo algunos. El «mono» de la tinta puede ser tan duro como el de la nieve. En cualquier caso, el asqueado poeta (que apenas cumple la veintena) va a dejar de lado toda literatura no epistolar y cederá el paso a un cínico vagabundo de difícil calificación. Viajero sí, pero de ética tan acomodaticia como excéntrica. De profesor de francés a miembro –posiblemente administrativo o servidor– de un circo, de comerciante a traficante de armas, resultará un testigo excepcional de las ansias coloniales de Francia e Inglaterra.

Camino presentido

Cinco años más tarde (1879) ha cruzado los Alpes (sin elefantes), y tras alistarse en la armada colonial holandesa, desertado en Java. ¿Lo tenía ya pensado, o no pudo resistir el régimen militar? Lo probable es que, una vez más, el sueño romántico de Rimbaud, como otras veces en su vida, no casara con la insoportable realidad: ... ¿A dónde vamos? ¿Al combate? ¡Soy débil! Los demás avanzan. Las herramientas, las armas… ¡el tiempo!… ¡Fuego!

¡Fuego contra mí! ¡Aquí! O me rindo. –¡Cobardes! –¡Me mato! ¡Me arrojo a los cascos de los caballos! ¡Ah!…–Ya me acostumbraré. ¡Sería la vida francesa, el sendero del honor!

En 1880 visitó Egipto y se enganchó a la rueda del trabajo, “moliendo” café desde el Adén, actualmente yemení, hasta Harrar (hoy Etiopía). Aborrezco todos los oficios. Patronos y obreros, todos palurdos, innobles. La mano de pluma vale igual que la mano de arado. – ¡Qué siglo de manos! –Yo nunca tendré mi mano. Luego, la domesticidad lleva demasiado lejos. La honradez de la mendicidad me aflige. Los criminales repugnan como castrados: yo estoy intacto, y me da lo mismo. Una de sus expediciones (mercantiles of course) en Etiopía fue narrada, –¡oh la ciencia!– y publicada por la Sociedad Nacional Geográfica de Francia en 1884. ¡Oh la ciencia! … ¡La Ciencia, la nueva nobleza! El progreso. ¡El mundo avanza! ¿Por qué no va a dar vueltas? Más adelante prueba también fortuna como traficante de armas en distintas expediciones a la Abisinia del Negus Menelik II. Los blancos desembarcan. ¡El cañón! Hay que someterse al bautismo, vestirse, trabajar. He recibido en el corazón el golpe de gracia. ¡Ah! ¡No lo tenía previsto!

Famili a f orever

En medio de tanta África colonizada, el "enfant terrible" Rimbaud sigue en contacto con su familia por medio de lacrimosas cartas, bien que su afán literario ha desaparecido y su principal ambición es ahorrar lo máximo posible, para vivir holgadamente en el suspirado retorno. Volveré, con miembros de hierro, con la piel oscura, la mirada enfurecida: por mi máscara, me juzgarán de una raza fuerte. Tendré oro: seré ocioso y brutal. Las mujeres cuidan de estos feroces enfermos cuando regresan de los países cálidos. Me mezclaré en asuntos políticos. Salvado.

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A propósito/despropósito de L a t e m p o r a d a e n i n f i e r n o de A. R. Mala sangre. La vida es la farsa que todos debemos representar. Y también: "Apreciemos sin vértigo la dimensión de mi inocencia". ¡Maldita inocencia! A pesar de que, la grandeza del profeta, el cristo pagano, Carlomago, el cruzado leproso, la pareja delirante, o el muchacho que pintaba las vocales –pongo por caso–, hayan dado paso a la jactancia soberbia y reticente del “hombre del cinturón de oro” o a la ira orgullosa del colono; si no supiéramos con exactitud la fecha en que Une Saison en enfer está escrita, pensaríamos que es la autobiografía poética de un moribundo escrita en su último hospital de Marsella. ¡Con tan mala leche ha imitado la vida real sus visiones adolescentes!.

El castigo soñado

En febrero de 1891, Rimbaud vendió sus propiedades en Etiopía. Se le había desarrollado un tumor en la rodilla. Su llegada y tratamiento en Marsella no consiguieron evitar la amputación de la pierna derecha. Tras una estancia en la granja de su familia en Roche, regresó a Marsella, donde falleció angustiosamente en el hospital de la Concepción, el 10 de noviembre de 1891. ¡Basta! Llega el castigo. –¡Adelante! ¡Ah! ¡Los pulmones arden, las sienes braman! ¡La noche me da vueltas en los ojos, con ese sol! El corazón… Los miembros… ...Me muero de cansancio. Es la tumba, voy hacia los gusanos, ¡horror de los horrores! Satanás, farsante, quieres disolverme con tus hechizos. Yo reclamo. ¡Yo reclamo un golpe de tridente, una gota de fuego!

"El hombre de suelas de viento. Es inútil perseguirlo. Tal es su velocidad que nadie lo alcanzará jamás. Ni yo lo pude alcanzar mediante el crimen", habla Verlaine . "El hombre de suelas de viento” ha sido alcanzado y va a recibir un tremendo castigo. –"La honestidad de la medicina me llena de dolor". Monstruosamente mutilado, torturado por la atroz dolencia que las drogas no consiguen calmar, la vierge folle de insólita mirada azul, desaparece dejando para el futuro un enigma postrero. ¡Ah! ¡Subir de nuevo a la vida! Poner los

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ojos en nuestras deformidades. Y ese veneno, ¡ese beso mil veces maldito! ¡Mi flaqueza, la crueldad del mundo! ¡Dios mío, piedad, ocultadme, me siento demasiado mal! –Estoy escondido y no lo estoy. Es el fuego que se reanima con su penado.

Bien. La sífilis ha devorado a Rimbaud. Y éste ha muerto sin saber que ya se ha convertido en un poeta inmortal. ¡O no ha querido saberlo!. Porque la otra oveja negra, Verlaine, vuelta al redil interesado de la católica cruz ha escrito en 1884 sobre el expatriado Rimbaud y publicado incluso una selección de los poemas del ”poeta maldito” (¡Maldito poeta!), al que por otra parte cree muerto. Dos años más tarde se publican (sin permiso del autor) los poemas en prosa de las “Iluminaciones”. El malditismo está de moda. El gamberro ausente –tal vez por ello– entusiasma. Hasta el fanatismo.

¿La gra n impo st ura ?

Pero nuestro loco “desalmado” (“Mi superioridad consiste en no tener corazón”) tiene otros "fans" más familiares y uno de estos, su hermana Isabel está completamente dispuesta a defender, hasta la negación de lo evidente, la bondad naturalmente “cristiana” del salvaje poeta viajero ("Digo que es preciso ser vidente mediante un largo, inmenso y sistemático desarreglo de todos los sentidos"). Para ello, primero, confesará, con la ayuda del limosnero capellán de turno, al crucificado – entre dolorosos gemidos y angelical morfina– hermano Arturo. Más tarde, intentará borrarlo como poeta, o mejor dicho, peleará por suprimir todo verso indecente, satánico, etc... De hecho el mismo día de su muerte había salido de una imprenta de mala reputación, una edición de los poemas de Arthur Rimbaud. Reliquaire, título absurdo, cuyo contenido escandaliza, y el libro es retirado. Algún artículo, escasas líneas en el periódico provinciano, ponen en marcha a la cruzada Isabel, que escribe su primera carta en honor de la vida respetabilísima de su hermano.

¿No lo sabíamos? –El pobre desgraciado que acaba de morir junto a ella, no es un réprobo. Es un justo, un santo, un mártir, un elegido.

La glo ria de l m al dit o

Lepelletier –una víbora– autor (cuando Rimbaud llegó por primera vez a París) de una avergonzante nota sobre Verlaine y la «señorita Rimbaut», se apunta la última venganza en el Echo de Paris. Publica esto: La vida de Rimbaud fue tan movida como su ritmo, y tan incoherente como su pensamiento de los días malos. Como contemporáneo fue insoportable. Comía con gula y se comportaba incorrectamente en la mesa. Se mantenía en desdeñoso silencio durante horas, para, de pronto, ponerse a soltar con volubilidad injurias y paradojas. No tenía gracia ninguna. Los timoratos, en su presencia, experimentaban determinadas ansiedades. Uno, al verlo por vez primera, más pensaba en el niño Tropmann que en el Shakespeare pueblerino. No estábamos seguros, al levantarle el horóscopo, hace veinte años, de que no fuera a terminar en la guillotina; pero estábamos convencidos de que su cabeza caería en el cesto infame con un nimbo de gloria alrededor».

Cito no textualmente, pero una vez más, a Ramón Buenaventura: Amor más allá de la muerte, que se dice. De todas formas, estos dimes y diretes sirvieron para que el fiel Verlaine (desreconvertido ya y vuelto al vinazo de toda la vida) pudiera publicar las P o é s i e s C o m p l è t e s de su amigo en 1895. Naturalmente, con la santa oposición de Isabelle Rimbaud, que hizo todo lo posible por evitarlo. Así, Arthur Rimbaud, que murió de penosa muerte a los treinta y siete años y veinte días, cuando llevaba lustros sin escribir un verso, entró para siempre, en la historia de la literatura y del mundo. Cuyos huéspedes de honor no son, todos, tan suaves como algunos lánguidos querrían. I Ma rt a Del gad o de Kle e

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A propósito/despropósito de L a t e m p o r a d a e n i n f i e r n o de A. R. ¿ Rimbau d c o nv erso ?

C ar ta d e Isa bel le R im baud a su ma d re, e l 28 de o ct u br e d e 1891

¡Sea Dios mil veces bendito! El domingo he experimentado la mayor felicidad que me fuera dable en este mundo. Ya no es un pobre desgraciado réprobo quien va a morir junto a mí, sino un justo, un santo, un mártir, un elegido. En el transcurso de la semana pasada los limosneros vinieron a verlo en dos ocasiones; él los recibió bien, pero con tanta fatiga y tanto desánimo, que no se atrevieron a hablarle de la muerte. El sábado por la noche todas las religiosas unieron sus plegarias para que muriera bien. El domingo por la mañana, después de la misa mayor, parecía más tranquilo y con conocimiento pleno: uno de los limosneros regresó y le ofreció confesarse; ¡y él aceptó! Cuando el sacerdote salió, me dijo, mirándome con aspecto turbado, de una manera extraña: «Su hermano cree, hija mía; ¿de qué me hablaba usted? No sólo tiene fe, sino que nunca he visto ninguna mejor». Yo besaba la tierra entre lágrimas y risas. ¡Oh Dios! ¡Qué alegría, a pesar de la muerte! ¿Qué me importan la muerte y la vida, y todo el universo, y toda la felicidad del mundo, ahora que su alma se ha salvado? Señor, endulzad su agonía, ayudadlo a llevar la cruz, tened de nuevo piedad de él, apiadaos, vos que tan bueno sois. ¡Oh sí, tan bueno! ¡Gracias, Dios mío, gracias! Cuando volví junto a él estaba muy emocionado, pero no lloraba; estaba serenamente triste, como nunca lo había visto antes. Me miraba con unos ojos con los que nunca me había mirado. Quiso que me llegara hasta muy cerca de él, y me dijo: «Tú que eres de la misma sangre que yo, ¿tú tienes fe, tú tienes fe?».

Yo respondí: «La tengo; otros, más sabios que yo, la han tenido; y ahora estoy segura, porque tengo esta prueba, hela aquí». Y es verdad, ¡hoy tengo la prueba! Me dijo también, con amargura: «Sí, dicen que creen, hacen como si se hubieran convertido, pero es para que lean lo que escriben, es una especulación». Yo dudé un momento,

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y luego le dije: «¡Oh no, ganarían más dinero blasfemando!». Él me seguía mirando con en cielo en los ojos. Quiso darme un beso; luego: «Bien pudiera ser que tuviéramos la misma alma, puesto que somos de la misma sangre. ¿Tú tienes fe?». Y yo repetí: «Sí, tengo fe, hay que tenerla». Entonces él me dijo: «Hay que disponer la habitación, hay que poner orden, porque va a volver con los sacramentos. Ya verás: traerán cirios y encajes; hay que poner paños blancos por todas partes. ¡De manera que estoy muy enfermo!».

Estaba ansioso, pero no desesperado como los demás días, y yo me daba cuenta de que deseaba ardientemente los sacramentos, especialmente la comunión. Desde ese momento ha dejado de blasfemar; llama a Cristo resucitado y reza, sí, reza ¡él! Pero el limosnero no ha podido darle la comunión; en primer lugar, teme que la impresión sea demasiado fuerte; luego, está escupiendo mucho en este momento, y no tolera nada en la boca: hay razón para temer que se produzca una profanación involuntaria. Y él, creyendo que lo ha olvidado, se ha puesto triste, pero sin quejarse. La muerte se acerca a grandes zancadas. Te dije en mi última carta, querida mamá, que se le había hinchado mucho el muñón. Ahora es un cáncer enorme entre la cadera y el vientre, justo en lo alto del hueso; pero el muñón, que estaba sensible y que le dolía tanto, ya casi no le produce molestias.

Arthur no ha tenido ocasión de ver ese mortal tumor; se sorprende de que todo el mundo venga a ver ese pobre muñón en el que ya no nota casi nada; y todos los médicos (habrán venido sus buenos diez desde que yo puse en su conocimiento el terrible mal) se quedan mudos y aterrorizados ante este extraño cáncer. Ahora quienes lo hacen sufrir son su pobre cabeza y el brazo izquierdo. Pero la mayor parte del tiempo está sumido en una especie de letargia que constituye un dormir aparente, durante el cual percibe todos los ruidos con una nitidez singular. Después, por la noche, le ponen una inyección de morfina Despierto, apura su vida en una especie

de ensoñación continua: dice cosas extrañas muy suavemente, con una voz que me encantaría si no me atravesara el corazón. Lo que dice son sueños, — sin embargo, no es ni mucho menos lo mismo que cuando tenía fiebre. Se podría decir, creo, que lo hace adrede.

Mientras murmuraba cosas de esas, la hermanita me dijo en voz baja: «¿Ha vuelto a perder el conocimiento?». Él la oyó, y se puso encarnado; no dijo nada más, pero, cuando se marchó la hermana, me dijo: «Me toman por loco. ¿Crees tú que estoy loco?». No, yo no lo creo: se ha trocado en un ser casi inmaterial, y el pensamiento se le escapa sin querer. A veces pregunta a los médicos si ellos ven las cosas extraordinarias que él percibe, y les habla y les cuenta con suavidad, en términos que yo no sabría reproducir, sus impresiones; los médicos lo miran a los ojos, esos ojos que nunca han aparecido más bellos ni más inteligentes, y se dicen unos a otros:

«¡Es insólito!». Hay, en el caso de Arthur, algo que no comprenden. Por otra parte, la verdad es que los médicos ya casi no vienen, porque él suele llorar cuando les habla, y eso los sacade quicio. Reconoce a todo el mundo. A mí, a veces, me llama Djami pero sé que lo hace porque quiere, porque encaja en el sueño; por lo demás, lo mezcla todo… y con arte. Estamos en Harrar, siempre partiendo hacia Aden, y hay que buscar los camellos, organizar la caravana; anda muy fácilmente con la nueva pierna articulada, damos unas cuantas vueltas de paseo a lomos de hermosas mulas ricamente enjaezadas; después hay que trabajar, llevar las anotaciones, escribir cartas. Rápido, rápido, que nos están esperando; cerremos las maletas; vamos. ¿Por qué lo han dejado dormir? ¿Por qué no lo ayudan a vestirse? ¿Qué van a decir si no llegamos en el día concertado? ¡No volverán a creer en su palabra, perderán toda confianza en él! Y se pone a llorar, lamentando su torpezay mi negligencia: porque yo siempre estoy con él y soy la encargada de cumplir con todos los preparativos. Ya no toma casi ningún alimento, y lo que toma lo hace con extremada repugnancia. Está flaco como un esqueleto, y con la

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A propósito/despropósito de L a t e m p o r a d a e n i n f i e r n o de A. R. piel cadavérica. ¡Y todos sus pobres miembros paralizados, mutilados, muertos a su alrededor! ¡Dios mío, qué lástima tan grande! A propósito de tu carta y de Arthur: no cuentes en absoluto con su dinero. Tras él, y una vez pagados los gastos fúnebres, los viajes, etc., hay que contar con que su dinero irá a parar a otros; estoy absolutamente resuelta a respetar su voluntad, y aunque no haya más que yo en el mundo para cumplirla, el dinero irá a quien a él le parezca. Lo que he hecho por él no ha sido por interés, sino porque es mi hermano y, abandonado por el universo entero, no he querido dejarlo morir solo y sin socorro; pero después de su muerte seré tan fiel como antes, y lo que me haya dicho que haga con su dinero y sus pertenencias, eso será lo que haga exactamente, aunque me duela. Que Dios me ayude, y a ti también, que tenemos gran necesidad del socorro divino… I Isa bel le R im baud © Copyright Ramón Buenaventura, 1985 EDICIONES HIPERIÓN, S.L.

Ramón Buenaventura.

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Ac er ca de la t ra ducc ión

Suscribo este texto de O l i v e r i o G i r o n d o y E n r i q u e M o l i n a (Editorial Argonauta), sobre las dificultades que entraña traducir a “Rimbe”. "No desconocemos la responsabilidad que implica una tarea tan ardua y arriesgada. Pese a la humilde dedicación con que la hemos realizado, es posible que, con demasiada frecuencia, no hayamos encontrado la más valedera solución a los múltiples problemas que ella plantea. Además de los que ofrece cualquier traducción, se añaden, en el caso de Rimbaud, los provocados por la incandescencia y la extrema tensión que de continuo alcanza su poesía. Nacen otros de la riqueza polifónica de sus resonancias y modulaciones, de los relampagueos de su ritmo interior y, mucho más aún, del extraordinario poder de síntesis que logra su estilo, mediante el empleo de las más violentas contracciones y de la supresión de imprescindibles nexos sintácticos; licencias que obedecen a perentorios designios expresivos o responden a una lógica más profunda que la gramatical. Agréguese a todo

esto el uso -y el abuso- de interjecciones, modismos y frases hechas que no siempre poseen una estricta equivalencia en nuestra lengua, y se percibirán las dificultades de trasvasar a ella, o a cualquiera otra, la vertiginosa fuerza de encantamiento de una obra, sobre la que puede afirmarse, sin temor a exagerar, que es una de las más bellas del mundo." Según X i m e n a O r t e g a : Leer un texto traducido es encontrarnos con un "similar" a la obra original; el grado de similitud depende siempre de un oficio y conocimiento riguroso que respete -en lo posible- las raíces de las lenguas con la que se trabaja. En este sentido el castellano es una suma de voces y acentos que deberían olvidarse a la hora de traducir cualquier obra (de otra lengua) extremando los cuidados si se trata de poesía. Puede ser.

Una obvi e dad pa ra n o olvi dar

Buceando en internet en el entorno de Rimbaud encontré una web apasionada por el poeta y en ella este texto clarividente.

Esta página es el homenaje de un viejo poeta, Ramón Buenaventura, al joven poeta Arthur Rimbaud, que nació el 20 de octubre de 1854 y murió el 10 de noviembre de 1891, recién cumplidos los treinta y siete de su edad y habiendo abandonado la literatura quizá cuando toda persona sensata debe abandonarla, es decir en torno a los veinte años. Por muy obvias razones, las mejores páginas dedicadas a Arthur Rimbaud están en lengua francesa. Por razones todavía más obvias, la mejor lectura de Rimbaud siempre será la que se haga en francés. A pesar de que las traducciones aquí incluidas son todas ellas obra mía, tendría yo que estar loco para recomendárselas a quien pueda leer el original. Digo más: si tiene usted un leve conocimiento del francés, insuficiente para la lectura de textos tan elevados, intente al me-

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A propósito/despropósito de L a t e m p o r a d a e n i n f i e r n o de A. R. nos, ayudándose de las traducciones, hacerse una idea del original. Ramón Buenaventura es poeta y traductor de AR. La carta de Isabelle Rimbaud está tomada de su libro A r t h u r R i m b a u d , e s b o z o b i o g r á f i c o , publicado por Editorial Hiperión, S. L. en Madrid en 1985. Este libro de imágenes, o mejor, Manuel Jular y Marta Delgado tienen con Ramón B. una deuda impagable. ht tp ://ri m ba u d.r bu e n ave n tu ra .co m

M ás t ra duct ore s v is it a dos

Xoán Abeleira, Paula Cifuentes, Ramón Buenaventura, Gabriel Celaya, Oliverio Girondo y Enrique Molina. Enrique Diez Canedo. Miguel Casado y Eduardo Moga.

La o pi nió n – e scr i ta– de Ve rl aine

CON

gozo hubimos de conocer a Arthur Rimbaud. Hoy, muchas cosas nos separan, sin que, claro está, haya nunca faltado o disminuido nuestra profunda admiración por su genio y su carácter. En aquella época, relativamente lejana, de nuestra intimidad, Arthur Rimbaud era un niño de dieciséis o diecisiete años, ya por entonces afianzado a todo el caudal poético, que sería menester que el público conociera, y del cual ensayaremos un análisis al tiempo que citemos cuanto nos sea posible. Físicamente era alto, bien conformado, casi atlético; su rostro tenía el óvalo de un ángel desterrado; los despeinados cabellos eran de un color castaño claro y los ojos de un azul pálido inquietante. Como era de las Ardenas, además de un lindo dejo del terruño, pronto perdido, poseía el don de la asimilación rápida, propio de sus paisanos, y esto puede explicar la pronta desecación de su numen (veine) bajo el sol insulso de París (hablemos como nuestros antepasados, cuyo lenguaje directo y pulcro, al fin y a la postre, no estaba tan mal).

Empezaremos por la primera parte de la obra de Arthur Rimbaud, producto de la más tierna adolescencia –¡sublime erupción, maravillosa pubertad!– y luego, examinaremos las diversas evoluciones de este espíritu impetuoso, hasta su literario fin. Abramos aquí un paréntesis y, por si estas líneas caen casualmente bajo su mirada, sepa Arthur Rimbaud que nosotros no juzgamos los móviles de los hombres, y tenga por segura nuestra aprobación (y nuestra negra tristeza también) de su abandono de la poesía, supuesto que este abandono haya sido para él lógico, honesto y necesario, lo cual no dudamos.

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La obra de Rimbaud, remontándose al período de su extrema juventud, es decir, a 1869, 70 y 71, es asaz abundante y formaría un respetable volumen. Se compone

de poemas generalmente cortos, letrillas, sonetos, o composiciones de cuatro, cinco o seis versos. El poeta nunca emplea el pareado heroico (rime plate). Su verso, firmemente encajado, usa de pocos artificios; hay en él pocas cesuras literarias y no encabalga. La selección de palabras es siempre exquisita, a veces pedante adrede. El lenguaje es preciso y permanece claro aun cuando la idea suba de color o el sentido se oscurezca. Las rimas son muy honorables. ........

La Musa (¡vivan nuestros padres!), la Musa, decimos, de Arthur Rimbaud toma todos los tonos, pulsa todas las cuerdas del arpa, rasguea en la guitarra y acaricia el rabel con el más ágil de los arcos. Arthur Rimbaud es zumbón y maligno socarronamente como nadie, cuando le conviene, sin dejar de ser por ello ese gran poeta que es por la gracia de Dios. ........

Si le hubiéramos consultado a él (sépase que ignoramos su dirección, inmensamente vaga, además) probablemente nos hubiera desaconsejado de emprender esta tarea por lo que a él le atañe. ¡Así, se maldijo a sí mismo este Poeta Maldito! Pero la amistad y la devoción literarias que siempre le otorgaremos nos han dictado estas líneas induciéndonos a indiscreción. ¡Peor para él! Tanto mejor –¿no es cierto?– para vosotros. Del tesoro olvidado por su poseedor más que frívolo, no se habrá perdido todo, y si es que cometemos en ello un crimen, entonces felix culpa!

Después de alguna permanencia en París y de diversas peregrinaciones más o menos aterradoras, Rimbaud cambió de rumbo y trabajó (él) en lo ingenuo, y ya en el plano de lo muy sencillo adrede, no usó más que asonancias, palabras vagas, frases infantiles o populares. Así consiguió prodigios de tenuidad, de verdadero matiz débil, de encanto inapreciable, a fuerza de ser delgado y sutil.

¡Ha reaparecido! ¿Qué? La eternidad. Con todos los soles se ha marchado el mar.

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A propósito/despropósito de L a t e m p o r a d a e n i n f i e r n o de A. R. Pero el poeta desaparecía –nos referimos al poeta correcto, en el sentido un poco especial del vocablo. Se convertía en un prosista sorprendente. Un manuscrito cuyo título no recordamos y que contenía extraños misticismos y agudísimos atisbos psicológicos, cayó en unas manos que le extraviaron sin darse cuenta de lo que hacían. U n a t e m p o r a d a e n e l I n f i e r n o , publicada en Bruselas, en 1873, por la casa Poot y C., calle de las Berzas, num. 37, se hundió totalmente en un monstruoso olvido, por no haber preparado el autor el más insignificante bombo. Tenía que hacer más y mejores cosas. Recorrió todos los continentes, todos los océanos, pobre y altivamente (rico, además, si hubiera querido, por su familia y su posición) después de haber escrito, también en prosa, una serie de soberbios trozos con el título de L a s I l u m i n a c i o n e s , creo que para siempre perdidos. Dijo en su Temporada en el Infierno: “Ya he hecho mi jornada. Me voy de Europa. El aire marino quemará mis pulmones; me tostarán los perdidos climas.” Esto está muy bien, y el hombre cumplió su palabra. El hombre que Rimbaud lleva dentro es libre, bien claro está, y ya se lo concedimos al empezar con una reserva legitima que acentuaremos al resumir. Pero en cuanto a este loco poeta, ¿no tuvo razón al aprisionar a esa águila y ponerla en esta jaula, con la presente etiqueta? ¿Y no podríamos, por añadidura, y supererogación (si es que la Literatura ha de ver consumarse semejante pérdida) exclamar con Corbière, su hermano mayor, no el mayor de sus hermanos, irónicamente?, no; ¿melancólicamente?, sí; ¿furiosamente?, ya lo creo; aquellos versos:

El óleo santo se apagó ya, ¿ya se ha apagado el sacristán?

Lo s poe t a s ma ldi to s 2. Ar t h u r R imba u d de P au l Ve rla in e

Tra d. Ma uri ci o Ba ca ri sse (1921)

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Est as p ági nas no es tán co m ple t as

Pero, difícilmente podrían estarlo, si se intenta poner en ellas toda la “información” sobre Rimbaud que, arrastra, reabsorbe, manipula o, simplemente, contempla la obra gráfica de Manuel Jular. Tras haber navegado docenas de páginas impresas y virtuales alrededor de AR, tan ávida como desordenadamente, sólo es posible citar algunos nombres –algunas ideas–, que creo han influído decisivamente en el pintor.

“Ver lo invisible, oír lo inaudible”...”Mediante la poesía llegar a lo desconocido”. Lo ha escrito T o m á s B a r n a , en su artículo RIMBAUD: Un volcán de "Música Atonal" en busca de lo desconocido.

G r a h a m R o b b , en su Rimbaud (Tusquets, 2001), bucea en los márgenes más oscuros de los intensos 37 años de Rimbaud, ("Un verdadero dios de la pubertad", dijo de él Breton). "Durante su trayectoria póstuma como simbolista, surrealista, poeta beat, estudiante revolucionario, letrista de rock, pionero del movimiento gay e inspirado consumidor de drogas, cuatro generaciones vanguardistas han visto en él una salida de emergencia de las convenciones". E n i d S t a r k i e , superbiógrafo de AR en Editorial Siruela. No quiero estractarlo. Ustedes pueden hallarlo a través de la red, por ejemplo tecleando: http://buscador.emol.com/noticias/Enid+St arkie

En Chile, E n r i q u e L a f o u r c a d e , publicó en LOM Ediciones, E l I n e s p e r a d o , que novela los once años de Rimbaud en tierras africanas. Según parece se apoyó en las principales biografías del bardo: Rimbaud (Tusquets, 2000), de Graham Robb; Arthur Rimbaud (Siruela, 2000), de Enid Starkie y Rimbaud en Abisinia (FCE, 1997), de Alain Borer. Para Lafourcade era esencial “estar seguro de la primera parte de su vida, para ‘inventar’ la segunda, cuando ingresa al mundo sombrío, africano, islámico, abjurando de su existencia anterior”.

En el continente negro llevará una vida de nómada, desempeñándose en diversos oficios: obrero en Alejandría; capataz de cantera en Chipre; traficante de marfil, oro, cuero y fusiles en Arabia y África. Ya lo hemos leído en L a S a i s o n e n e n f e r: “¡Tendré oro!”... “He cumplido mi jornada; abandono a Europa. El aire marino quemará mis pulmones; me curtirán los climas perdidos”. Enrique Lafourcade saluda los 150 años del nacimiento del autor francés con esta novela presentando al poeta como un hombre dividido por su pasado al que se le derrumban los sueños. El chileno nos notifica la bixesualidad africana de Abdo Rimbo y casi pone la mano en el fuego por la conversión del poeta. El sabrá por qué lo cree.

A lgu nas pe rla s f ina le s de des ig ua l per fume (propi as y a je na s )

"Yo digo que hay que ser vidente, hacerse vidente por medio de un inmenso y razonado desarreglo de todos los sentidos", entregándose a "todas las formas de amor, sufrimiento y locura". A. Rimbaud al poeta P au l De me n y.

Su madre al profesor, G e o r g e s I z a m b a r d , después de leer “Rimbo” Los miserables, de Victor Hugo: “Usted sabe, señor profesor, que hay que tener mucho cuidado al elegir los libros que uno pone al alcance de los niños".

Rimbaud, hombre de negocios, (Carta del 4 de mayo de 1881), desde Harar, donde parece que contrajo la sífilis: "En cuanto a mí, cuento con abandonar próximamente esta ciudad para ir a comerciar en lo desconocido. Hay un gran lago a algunas jornadas y está en el país del marfil; voy a intentar llegar allí. Aunque el país debe ser hostil".

Carta del 14 de abril de 1885: "Sufro de fiebre gástrica y no puedo digerir casi nada. Se vive horriblemente mal aquí. En fin, llevo la vida más atroz del mundo".

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A propósito/despropósito de L a t e m p o r a d a e n i n f i e r n o de A. R. Carta del 23 de agosto de 1887: “Estoy excesivamente cansado. Ahora no tengo empleo. Me asusta perder lo poco que tengo. Figuraos que llevo continuamente al cinto dieciséis mil y pico francos de oro; pesa unos ocho kilos y me provoca disentería. Sin embargo, no puedo ir a Europa, por muchas razones; primero, porque me moriría en invierno; luego, porque estoy demasiado acostumbrado a la vida errabunda y gratuita; por último, porque carezco de posición”.

Un año más tarde. Carta del 4 de agosto de 1888: “Me aburro mucho, siempre; nunca he conocido a nadie que se aburriera tanto como yo. Y, luego, ¿no es miserable esta existencia sin familia, sin ocupación intelectual, perdido entre negros cuya suerte querría uno mejorar, mientras ellos no se dedican más que a sacarte todo lo que pueden y a hacer que no haya manera de resolver ningún asunto a breve plazo? Obligado a farfullar en sus jergas, a comer sus sucias comidas, a padecer mil fastidios originados en su pereza, su traición, su estupidez. Y lo más triste no es eso, sino el temor a irse uno embruteciendo, por culpa del aislamiento y la lejanía de toda sociedad inteligente…“

Carta a su madre (1890): "Nadie en Adén puede decir algo malo de mí. Al contrario. Soy conocido como el benefactor de todos en este país desde hace una década".

Según H e n r y M i l l e r : "A.R. dirigió sus pasos a África para transformarse en todo cuanto había profetizado".

P a u l C l a u d e l , posiblemente tras un exceso de cristofagia, llamó a Rimbaud "un místico en estado salvaje".

J a c q u e s R i v i è r e : "Escribir no fue jamás para Rimbaud otra cosa que un medio; un medio para desembarazarse de su alma, de proyectar fuera de sí el mal maravilloso que lo aquejaba"

E m i l C i o r a n : "Si Rimbaud sobrevive a las fluctuaciones de la moda, se lo debe a la

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gratuidad de su crueldad, a su cirugía demoníaca, a la generosidad de su hiel. Lo que le permite a una obra durar, lo que le impide envejecer es su ferocidad"

cluso tenía intención de casarse con ella… También se dice que tuvo varios hijos con una mujer indígena. Pero lo cierto es que no se puede atribuir absoluta veracidad a ninguna declaración, porque los testigos fueron localizados años después de la muerte de Rimbaud, ya con la leyenda en marcha.

Do s op i ni o n e s bi p o l ar e s sobre h eterosex ualid ad af r i ca n a

Una “guin da” mi nima li st a

R o g e r M u n i e r : "No es un ser, es un impulso: el tránsito aparecido-desaparecido de un impulso puro"

Para E n r i q u e L a f o u r c a d e : Rambó quiso formar una familia. Enamorado, enamoró a una abisinia, de nombre Brisa o Mahadmi, soñadora compulsiva de desgracias, a la que perseguían insomnios tribales amenazadores Abdo Rimbo (como llamaban a Rimbaud en Etiopía) intentó “civilizarla”, enseñándole francés y modales europeos. Tras vivir tres años con ella, la expulsó de casa, dándole algún dinero para que regresara a su tribu.

Hacia el final de su existencia le surge el “respetable” deseo de casarse. En agosto de 1890, le comunica a su madre: "¿Podría llegar a casarme donde ustedes para la próxima primavera? (...) ¿Creen que pueda encontrar a alguien que consienta en seguirme en este viaje?". ¡Vaya por Dios!

Para R a m ó n B u e n a v e n t u r a : Sobre las mujeres en la vida africana de Rimbaud hay toda clase de chismes y opiniones. Alguien afirma que se mantenía en estado de perfecta castidad; pero esta opinión se contradice con el único dato existente: el testimonio de una francesa que trabajaba también para los Bardey y que solía pasar las tardes de los domingos en casa de Rimbaud. Según ella, con Arthur vivía una mujer alta, delgada y guapa, de tez clara, que vestía a la europea y que hablaba muy mal el francés, aunque era de religión católica. No consta que fuera la misma persona de que Rimbaud habla en su carta al periodista italiano Franzoj, porque la testigo afirma que Arthur la trataba bien y que in-

Jean Nicolas Arthur Rimbaud (Charleville, 20 de octubre de 1854 – Marsella, 10 de noviembre de 1891) fue un poeta francés, al que adscriben – E l l o s , l o s q u e h a c e n e s a s c o s a s – unas veces al movimiento simbolista, junto a Mallarmé, y otras al decadentista, junto a Verlaine. Siendo todavía un niño, uno de sus profesores, D e s d o u e t s dirá de él esta perogrullada tan francesa: «Nada banal germina dentro de esta cabeza. Será un genio del Mal o un genio del Bien»

La his t oria int e rmin ab le

Estas notas se tienen que acabar, porque la información sobre Rimbaud tiene cientos de frentes abiertos y este libro –lo repetimos– es el cuaderno de un pintor, Manuel Jular, aunque no deje de ser el libro del poeta maldito. http://www.arthur-rimbaud.es/ http://rimbaud-arthur.fr/ http://rimbaud.rbuenaventura.com/

Si quieren entrar más a fondo en el vertiginoso océano de A.R tecleen en el ordenador una de esas tres direcciones (es sólo un ejemplo) o escriban en un buscador la a rt h u r ri m b a u d– fascinante invocación –a y naufraguen en los pantanos marinos, naveguen los ríos impasibles. Allí encontrarán las desbordadas culpas de lo pagano, las torturas proféticas de la videncia inasequible, o la crueldad casi circense de la mística. Así lo ha hecho, para “ejecutar” este cuaderno de grabados, este pintor, suyo que lo es...

M a n u e l J u l a r (2009)

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A propósito/despropósito de L a t e m p o r a d a e n i n f i e r n o de A. R. T RE S MOSC AS SO B RE U NA PÁ GI NA

“No tengo nada que decir. Sólo mostrar” (Walter Benjamin)

Así arrancó nuestro bailecito de una sola noche en aquella Discoteca del Infierno. Ante Su Majestad Satánica (Satanic Majestic Respect, cantaban los Stones). Bailando dentro del círculo mágico, la pista de las ilusiones y las renuncias.

I En aquel tiempo nos alimentábamos con la papilla de los significados, untos del mensaje, blefa del adolescente (“poblad el cielo de semen y de estrellas”, escribió uno de nosotros). Hundirse hasta ese fondo, sólo él, sólo unos pocos como él (y qué bien lo comprendíamos, incluso nosotros, los untados por la mierda de las imposibilidades, cómo a nosotros mismos nos venían las moscas mensajeras, el Señor de las Moscas nos enviaba otras moscas diferentes de las que envió al abuelo Machado). Sólo algún otro como él, entre la mugre de las trincheras, en la Gran Guerra, iba escribiendo cristales del sentido: “Sería posible calzar el guante derecho en la mano izquierda si cupiera darle la vuelta en el espacio cuatridimensional”. (Ludwig Wittgenstein, Tractatus Logico-Philosophicus. 6.3611). (Yo no dominaré nunca mi mano). Nosotros, en el infierno doméstico de las repeticiones, en el corro escolar, cantábamos: Kanchatka, Corea, Malaka, Indostán. Y después, voces inexplicables: costan píribi, costan píribi. Nuestra pista se expandía con los giros de los bailarines: era el bosque de Bocèliande, donde el mago Merlín se volvió loco. Y nos entregábamos a la melancolía, canción dulce de otro mundo (Géza Csáth). “Él, por la noche, -en Java- trepaba a los árboles y dormía sobre el tupido ramaje, como un mono. El concierto nocturno de misteriosas gargantas y picos de animales era ensordecedor. Así se imaginaba la música del futuro, un barullo átono, una cacofonía de sonidos, destemplados y a la vez de una dulzura fascinante”. (Henning Boëtius, Corazón robado).

Varios autores

II Son moscas del vinagre. Esta especie y el hombre comparten el mismo código genético. (Estoy sentado, leproso, sobre los cacharros rotos y las ortigas, al pie de un muro roído por el sol… el zumbido feroz de las sucias moscas). En la pista se hacen más confusas las voces, las luces, los colores que desprenden nuestras bebidas: pipermín con ginebra. (Bebiste un licor libre de impuestos, en la fábrica de Satán). Anfetas y humo y después, todas las dudas: Estoy escondido y no lo estoy. Dormir en un nido de llamas. Y, con todo, aspirábamos a ciertas formas de idealidad, queríamos vivir sonámbulos, como él. (Por eso cultivamos bruma. Comemos fiebre con nuestras acuosas legumbres. Y las borracheras, y el tabaco, y la ignorancia, y la abnegación). “Panorámica de la ciudad de Interzonas. En el Mercado de la Ciudad está el café de Reunión. Un lugar donde el pasado desconocido y el futuro que se anuncia confluyen en una vibración silenciosa… (William Burroughs, El almuerzo desnudo). (…hoy creo haber terminado la crónica de mi infierno). De nuestro verano ya sólo queda una mosca. III (Di s co te ca Ga rd en , Le ó n, 1 9 7 2 Di s co t ec a Ad e lp h i , H u l l , I ng l a t er ra , 2 00 2 ) El tiempo que era nuevo volvió amargos sus líquidos: licores con mucho azúcar los bailarines de la madrugada en la pista con zapatos bicolores qué antigua queda aquella alegría

olores y risas confusas en nuestros umbrales.

M ORIR E N UN W Á TE R D E T Á NG ER *

“Ya sé, ya sé que Rimbaud te sube los testículos a los ojos y los ojos los olvidas siempre que puedes allá en tierras de la India o en los ovarios de alguna lejana y hermosa mujer”. (Antonio Beneyto) Infierno, el de Dante. El de Arthur, más bien dante y tomante, húmedo, lúbrico… Como las aceras de Bruselas o las tabernas londinenses. ¡CULPABLE!, culpable es la palabra. Culpable de dar y tomar: Pas de deux. COUPABLE! En francés. ¿Capable? Visionario, el pintor capa el artículo de esta Temporada en infierno. Un ratito, la puntita nada más, en avernos de sexo y pólvora. Dando, dándose con el cilicio, apartándose para que el crucifijo no les cruja. La madre que lo parió bramando de palidez (¡Oh, Santos!), y él pintando en las iglesias los bramidos de su madre de mirada azul. La mujer de Verlaine barritando y su madre, la suegra de Verlaine, con su cerbatana fálica. ¡Ah! La literatura, poniéndonosla dura (la vida). Me hago cruces, me escurro de colores, me la machaco (la vida) en una pensión barata. El mono de la tinta, el perro negro que te lame el cráneo. Hachís y absenta. Afterpunk en los tiempos de Carracuca ¡Ah! La Ciencia, la ficción: el mundo girando. África, Asia…Verlaine rezando a las cuatro esquinitas que tienen tus canas. O, “Rimbodito de mi vida, tú eres niño como yo, por eso te quiero tanto y te la chupo con pudor”. ¿El payaso velazqueño que yo veo eres tú, o soy yo en el escaparate de mi vuelta? Vuelta al mundo o del revés, qué jodido anciano muchacho que todo lo ves. Vm10

* (Este título es un verso prestado por mi amado Leopoldo María Panero)

Il de fo nso Ro dr íguez

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Las imรกgenes relacionadas con Rimbaud y Verlaine utilizadas por Manuel Jular en sus pinturas han sido descargadas de la web ht tp ://ri mba ud-a rthur.f r/ dedicada al 150 aniversario del poeta de Roche/Charleville.

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Ma nu el J ul ar S a nt am a rta

ha nacido en León en febrero de 1939.

O b ra s v a r i a s

Exposiciones colec tivas

1956. Arte universitario. Madrid Exaltación de los Valores Leoneses. León 1957. Exaltación de los Valores Leoneses. León 1958. Antológica de Pintores Leoneses. Casa de León. Madrid Concurso Nacional de Pintura. Madrid 1959. Concurso Nacional de Pintura. Madrid Exaltación de los Valores Leoneses. León 1960. Exaltación de los Valores Leoneses. León 1961. Con Alejandro Vargas. Sala de la Diputación Provincial. León 1962. Certamen de Navidad. Palma de Mallorca 1963. Salón de Otoño. León 1964. Salón de Otoño. León 1965. Salón de Otoño. León 1966. Exposición “Lo que pasa en España”. Comunales de Bolonia y Milán 1969. Exaltación de los Valores Leoneses. León. Medalla de oro y Primer Premio 1970. Varios pintores. Sala Pelaires. Palma de Mallorca 1971. I Bienal “Provincia de León”. León Exposición “Todos somos Picasso”. Galería Machado. Madrid 1973. Colectiva inauguración de la Sala Bernesga. León II Bienal “Provincia de León”. León 1974. Exposición-Homenaje a Manuel Millares. Sala Provincia. León 1975. Club Cultural y de Amigos de la Naturaleza. León VIII Premio Caja de Ahorros y Monte de Piedad de León. Primer Premio 1986. Artistas Plásticos en el Bimilenario de Astorga. Astorga VII Bienal “Provincia de León”. León 1987. II Muestra Plástica “San Juan Ortega”. Colegio de Arquitectos Técnicos. León 1988. “Volumen”. Escultores Leoneses. Salón de las Artes Pallarés. León 1992. “C.C.A.N.”, un quinto de centenario”. Salón de las Artes Pallarés. León 1994. “Reencuentro”. Sala Provincia. León 2009. “10 años”. Galería Ármaga. León

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Murales, altorrelieves y esculturas en diferentes edificios públicos y privados

E diciones

Carpeta de litografías “Viva Picasso”. (1974) Carpeta-libro “Trece de los llamados Arcanos Mayores encolado para Gloria y Aviso de un magistrado”. (1987)

O tras actividades gráficas

E x p o s i c i o ne s i n d i v i d u a l e s

1962. Galería Costa. Palma de Mallorca 1964. Sala Altamira. Gijón Sala de la Diputación Provincial. León 1965. Sala de la Caja de Ahorros de León. León Sala Altamira. Gijón 1968. Ateneo de Salamanca. Salamanca 1970. Galería Tassili. Oviedo 1972. Sala Provincia. León Sala Jacobo. Valladolid Galería Naharro. Zaragoza 1975. Librería-Galería Antonio Machado. Segovia 1978. Sala de la Obra Cultural de la Caja de Ahorros de León. León 1987. Sala de la Biblioteca Pública del Estado. León Sala de la Caja de Ahorros Provincial. Valladolid 1989. Sala de la Casa de León. Madrid 1990. “Proyecto 1991”. Galería Centro Arte. León 1992. Galería Zero. Murcia 1995. Galería Centro Arte. León 2000. Sala Lucio Muñoz. Junta de Castilla y León 2004. Galería “Detrás del Rollo”. Murcia 2005. Con Juan Carlos Uriarte. “Our Way” (A nuestra manera). Patio del Palacio de los Guzmanes Sala del Viejo Ayuntamiento. León 2007. “Preguntas/Respuestas”. Galería Ármaga. León

1956/57.

Dibujos, portadas, comics en “RC”, revista del Colegio Mayor Reyes Católicos. Valladolid

1957/58.

Dibujante en Publicidad Arce & Potti. Madrid

1958.

Funda con Eduardo Rodríguez Velasco la agencia de servicios generales de publicidad Rodríguez & Jular de León

1962. 1965. 1962. 1978. 1978. 1980/82.

Dibuja para Publicidad Aries de Palma de Mallorca Dibuja humor en el periódico “Proa”, de León Dibuja humor en “Diario de León”. Dibujos, comics en el diario “Mundo Obrero” Dibuja Museo Imaginario en el periódico “Pueblo”, de Madrid Diseñador maquetista de la revista de cine “Casablanca”

1985.

Funda con Jaime Ara el taller free-lance Grafismo y diseño

Desde 1990 hasta 2004 fué Director de Arte en el Grupo NUEVO LUNES (editor del semanario económico EL NUEVO LUNES y de la revista de información general EL SIGLO DE EUROPA)

E n l a re d

http://www.jular.net http://www.sinespatula.blogspot.com/ http://www.loscuadernosdejular.blogspot.com/


Oisive jeunesse A tout asservie Par de´licatesse Jai perdu ma vie...

A. R.


"RAMBÓ"