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ES ESS AIS

« Je leur irai fournir des essais en chair et en os.» (livre III-5) Solo d’une heure (durée modulable) Conçu et interprété par Emilien Gobard, d’après les Essais de Michel de Montaigne

Assistants à la mise en scène : Delphine Biard Hervé Charton


AU

SPECTATEUR

C

’est ici un spectacle de bonne foi, public, je t’avertis dès l’entrée que je ne m’y suis proposé d’autre fin, que de mettre bout à bout mes fantaisies avec celles de Montaigne, de faire l’essai de mes facultés de comédien, de mime, même un peu de chanteur et de danseur, et d’homme en somme. Je veux qu’on m’y voie en ma façon simple, naturelle et ordinaire, en solo et sans décor, changeante non seulement de sept en sept ans, mais de soir en soir. Car c’est moi que je peins. Mes défauts s’y liront au vif, et la forme en sera brute. Ainsi, je suis moi-même la matière de mon spectacle, à toi de voir si le sujet vaut la peine que tu y consacres ton temps.* Adieu donc, Emilien à Paris, juin 2008

*librement adapté de l’avis au lecteur, livre I des essais


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Ce n’est pas un rôle que je joue, « c’est moi, c’est mon essence. » « Me trouvant dépourvu de toute autre matière, je me suis présenté moi-même à moi, pour argument et pour sujet ». En lisant Montaigne, mon projet d’acteur a pris tout son sens : me montrer tel que je suis, sans artifice, pour atteindre l’essence-même du théâtre, « un homme qui se montre le devant et le derrière, debout et couché, et en tous ses naturels plis ». Ce spectacle peut se jouer aujourd’hui comme après une guerre nucléaire, sans rien d’autre qu’un plateau nu avec un homme dessus, tant qu’il y aura de lumière et de public au monde.

« Chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition. » (III, 2) Seul en scène comme Montaigne dans sa librairie, je fais mes propres essais, sans ordre ni prétention. Mais ne crains pas un égotisme étroit et aveugle. Les Essais ont été écrits par un homme politique plongé dans les débats de son temps. Une découverte ou une relecture des Essais nous rappelle que les enjeux de notre vie ne sont pas à chercher dans les richesses, la gloire ou encore les dogmes de la religion, mais bien à l’intérieur de nous, dans notre pensée et nos actions quotidiennes. En parlant de la vieillesse, de la souffrance, de la mort, de l’éducation des enfants, du sexe, de l’amitié ou des pouces, je veux que ce spectacle donne envie de « vivre parmi les vivants. » Car la pensée fluctuante de Montaigne est encore diablement vivante ! Ainsi public, tu constateras l’actualité de cette œuvre de cinq siècles, et verras ce qui au fil du temps, fait qu’un homme reste un homme, quand tout change autour de lui.


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« Une phrase qui pour le lecteur en dit assez, en dit trop pour la scène. » (Etienne Decroux, Paroles sur le mime) Les Essais suivent, sous la forme d’un spectacle, la démarche adoptée par Montaigne dans son livre. C’est un spectacle-patchwork où les réflexions philosophiques et les anecdotes quotidiennes, parfois grivoises, tragiques, souvent drôles, les passages chorégraphiés et mimés ou encore chantés, sont joués tels qu’ils me viennent à chaque représentation. Concrètement, je dis le texte de Montaigne dans le désordre et partiellement, selon le fil de ma pensée, avec la même insolence et le même goût que lui pour les digressions. C’est un monologue littéraire et c’est le spectacle d’un mime. Il n’y a ni décor ni accessoires, mais un mime en dialogue avec le texte des Essais.


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MONTAIGNE et LES ESSAIS Lui, Michel de Montaigne (1533-1592)

Le 28 février 1571, Montaigne se retire dans sa librairie, une tour à l’écart du reste de sa maison, pour se consacrer à sa liberté. Mais il sera bien souvent appelé à quitter « ces douces retraites paternelles. » Car Michel de Montaigne était un homme d’action, entreprenant de grands voyages en Europe pour soigner ses calculs rénaux, élu deux fois à la mairie de Bordeaux et chargé à plusieurs reprises de missions de conciliation entre la Ligue des Catholiques et les Protestants d’Henri de Navarre (le futur Henri IV). Toutefois Montaigne tient toujours sa conscience à l’écart des remous de la société humaine. Il n’est ni homme politique, ni écrivain ou philosophe. Il se définit avant tout comme un homme dont le seul but en écrivant est de se faire connaître à ses proches et à l’humanité.

Les Essais En 1572, il « entreprend son livre parce qu’il pense au peu de temps qui lui reste avant sa mort » . Les Essais sont publiés en trois livres entre 1580 et 1595. Ils lui apportent une certaine notoriété dans le lectorat de son temps et le milieu humaniste. 107 chapitres traitent aussi bien des divers aspects de la guerre, que de la tristesse, du mensonge, des destriers, des pets ou de l’impuissance, mais encore du goût de Montaigne pour les livres et les femmes ou de son amitié inoubliable avec Etienne de la Boétie. Au fil des ans, ses Essais, de plus en plus longs, deviennent aussi de plus en plus personnels. Il les retravaillera toujours. Montaigne s’y décrit dans le détail, ses habitudes, sa jeunesse : il n’a jamais rien su faire en danse, mais il était plutôt bon comédien dans les spectacles de son collège.


LE TROUPEAU et MOI Moi, Emilien Gobard (1981- )

Le Troupeau dans le Crâne (2006- )

Je découvre le mime à 12 ans, au début de ma formation de danseur au Jeune Ballet Janine Stanlowa. Je suis aujourd’hui diplômé de l’école de mime Ella Jaroszewicz, dont je suis l’assistant depuis 2007, et j’enseigne cette discipline à des jeunes et des professionnels. En tant que mime j’ai créé un spectacle solo, L’Homme de Rien, encore en tournée, dont je présente des extraits lors des soirées Cabaret de la Cartoucherie. Je tourne (Bernard Billois, Claire Arrigoni) et coache des compagnies. Je suis également comédien pour la télévision (P. Bérenger, D. Guillo, D. Amar, C. Lamotte), le cinéma (L. Ferreira Barbosa, Fabienne Roumet), la radio (Myron Meerson), et le théâtre (les Echappés, le TiersThéâtre).

Depuis janvier 2006, sous la direction de Delphine Biard, Hervé Charton et Emilien Gobard, le Troupeau regroupe une quinzaine d’artistes de la scène et propose des spectacles allant du mime au texte contemporain en passant par le jeune public. L’enseignement est au cœur du Troupeau ; il organise différents cours et ateliers, pour un public professionnel ou scolaire.

Dans Le Théâtre des Animaux d’Henri Michaux, le troupeau dans le crâne est ce qui reste alors que le théâtre s’en va. Nous voulons rester. Sans sacrifier l’effort intellectuel et esthétique, nous voulons rire, émouvoir, forger des images, raconter des histoires. Nous travaillons, nous vivons sur scène pour parler simplement d’hommes à hommes, pour partager l’époque. Nous cherchons un art riant et social, qui emporte le public et nous élève. Avec toujours l’envie de faire de ce théâtre notre maison, un havre.


Fiche technique

Contact administration / Relations publiques

Le Troupeau dans le Crâne 19 rue Oberkampf - 75011 - Paris

Tél : 01 43 57 34 68 Port : 06 10 79 24 15 toupeaudanslecrane@free.fr http://troupeaudanslecrane.free.fr

Réalisation graphique : Julien Collin ( jul1col1@free.fr)

Pour obéir à la pensée de Montaigne, nous ferons avec ce que vous avez. Possible en toutes circonstances, nous contacter.


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