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République Dominicaine Claude Hervé-Bazin


Sport et détente

SOMMAIRE 3 Cap sur les cocotiers 7 Scènes du passé 15 Tout voir

52 Les achats 54 A table 56 Les sports 59 Le côté pratique 64 Index

Intermède Un peu de culture Carte dépliante République Dominicaine Santo Domingo Santo Domingo, vieille ville Puerto Plata Pays du cigare

Saveur des Antilles

Santo Domingo Côte sud Côte des Cocotiers Sud-ouest Santiago et l’intérieur du pays 39 Côte atlantique 44 Nord-ouest 47 Péninsule de Samaná

Traditions et folklore

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C AP SUR LES COCOT IER S Caraïbes: le nom, assigné par Christophe Colomb, exerce une fascination sans partage depuis la découverte de ces îles mythiques. Dans ce seul mot se bousculent pêle-mêle des images d’îles luxuriantes, de plages vierges, de mers paradisiaques et d’aventures lointaines. Colons, prêtres, corsaires, pirates, boucaniers, flibustiers… les XVIIe et XVIIIe siècles ont livré les histoires fabuleuses de ces hommes partis à la découverte du Nouveau-Monde. A l’aube du Nouveau-Monde L’une des plus grosses perles du chapelet antillais, l’«île espagnole» (Hispaniola), découverte par Colomb en décembre 1492 lors de son premier voyage, est aussi l’une des plus fascinantes. Conquise par la force, elle a livré dans le sang, celui de l’esclavage comme celui du métissage, une histoire et une culture fécondes. Dans la majesté et le charme de l’architecture de Santo Domingo, première cité européenne des Amériques, dans les croyances et la gaieté de son peuple, vibre la force conjuguée de l’héritage espagnol et de l’apport africain. La République Dominicaine, riche de sa diversité, mêle aujourd’hui avec enthousiasme, sur fond de sommets inattendus et de vallées fertiles, des monuments vieux de cinq siècles et des plages

de rêve. Plus du quart de ses 1600 km de côtes, baignées par les eaux tièdes de l’Atlantique au nord et par celles de la mer des Caraïbes au sud, s’ornent de liserés de sable doré ou blanc, qui en ont fait la destination touristique numéro un des Caraïbes. Les troubles politiques du passé sont désormais oubliés, et le pays, engagé dans la démocratie et la modernisation, s’ouvre enfin pleinement au tourisme. Leçon de géographie Séduit par la beauté d’Hispaniola, le navigateur la décrivit comme «la plus belle terre que les yeux puissent voir». Deuxième île des Antilles par la taille, elle s’intercale entre Cuba et la Jamaïque à l’ouest, et Porto Rico à l’est – dont elle n’est séparée que par le canal de Mona.


Rainer Hackenberg Rainer Hackenberg

Le Palacio Nacional, siège du gouvernement. | Les champs de tabac s’étendent à perte de vue.

deux ans plus tard par l’éviction des armées espagnoles. Une fois encore, les divisions amènent le chaos. En 1869, Báez, à nouveau au pouvoir, demande l’annexion du pays par les EtatsUnis – qui s’y refusent. Quelques années plus tard, le général Ulises Heureaux parvient à son tour à la présidence. Il instaure une dictature marquée par le déclin économique. Il sera assassiné en 1899. S’ensuit une période très instable, couronnée en 1916 par l’intervention militaire des Etats-Unis –

opération largement motivée par la menace d’une réforme agraire contraire à leurs intérêts économiques. Depuis sa création 70 ans plus tôt, le pays avait déjà connu, à cette date, 28 coups d’Etat et 32 changements de gouvernement… En 1924, les troupes américaines évacuent finalement les lieux. L’épisode Trujillo C’est alors qu’intervient la première élection libre de l’histoire de la République Dominicaine: Horacio Vázquez devient président. Légitimité de courte durée, puisque, dès 1930, un nouveau coup d’Etat porte au pouvoir le général Rafael Leónidas Trujillo, chef de la Garde nationale. Ce dernier, s’appuyant sur l’armée, institue une dictature particulièrement répressive, de type oligarchique, au sein de laquelle sa famille et ses amis occuperont les postes les plus importants. Terreur, torture et absence de libertés deviennent le lot quotidien de la population. Mégalomane, instaurateur d’un véritable culte de la personnalité, le «Bienfaiteur de la patrie» rebaptise Santo Domingo de son nom: Ciudad Trujillo. Nationaliste et xénophobe, il fait massacrer en 1937 entre 10000 et 20000 immigrés haïtiens «pour blanchir la race». D’abord soutenu par les Etats-Unis en raison de sa politique économique, qui leur est favorable, et de son anti-


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communisme farouche, le tyran – devenu trop voyant – est peu à peu lâché. Le 30 mai 1961, il est assassiné lors d’un guet-apens. Il était l’un des hommes les plus riches du monde. Retour à la démocratie Trujillo mort, les conservateurs, sous l’égide de Joaquín Balaguer, l’un de ses anciens bras droits, s’opposent aux réformateurs de Juan Bosch. Ce dernier est élu et renversé, provoquant en 1965 un soulèvement massif des classes populaires. Profitant de l’anarchie générale, les marines américains interviennent à nouveau, soucieux de préserver le pays d’une révolution semblable à celle que vient de connaître Cuba.

Trujillo toujours. A 30 km à l’ouest de la capitale, San Cristóbal fut élevé en 1939 au rang de «ville méritante» par le général Rafael Leónidas Trujillo. Effectivement, c’est ici que le dictateur naquit en 1891… Les nostalgiques du passé se rendent en pèlerinage sur la tombe du «Bienfaiteur de la patrie», à l’église San Cristóbal, puis, accessoirement, ils vont jeter un coup d’œil au Castillo del Cerro ainsi qu’à la Casa de Caoba, deux anciennes propriétés de Trujillo – aujourd’hui en ruine.

En 1966, au terme d’élections truquées, Balaguer accède à la présidence. Autocrate, il parvient à conserver le pouvoir jusqu’en 1978. Son successeur, Antonio Guzmán, du PRD (parti révolutionnaire), tente de mener une politique de retour aux libertés civiles. Il se suicide toutefois en 1982, lorsqu’il apprend la corruption de membres importants de son cabinet. Salvador Jorge Blanco, aussi du PRD, lui succède; mis en cause dans une affaire de pots-de-vin, et affaibli par la chute des cours du sucre sur le marché international, il est remplacé en 1986 par Joaquín Balaguer! Il se maintiendra au pouvoir en 1990, puis en 1994 – pour un mandat de deux ans. Alors qu’un rapport international dénonçait l’exploitation d’une main-d’œuvre enfantine d’origine haïtienne dans les champs de canne à sucre, le président décide l’expulsion d’un demi-million de travailleurs clandestins. Aveugle, il cède son siège en 1996 à Leonel Antonio Fernández Reyna, du PLD (parti libéral démocrate). En août 2000, Rafael Hipólito Mejía du PRD lui succède, mais Fernández reprend le pouvoir en 2004 et remporte un second mandat en 2008. En toile de fond, le monde agricole reste dominé par une oligarchie de grands propriétaires, qui sont 160 à contrôler plus de 22% des terres cultivables.


Rainer Hackenberg

fotolia.com/Elisseeva

Dominican Republic Ministry Of Tourism

Côte sud L’est de la République Dominicaine est traditionnellement le fief des grands éleveurs et des planteurs de canne à sucre. Depuis une vingtaine d’années, la région s’est découvert, grâce à ses plages de sable clair, une vocation touristique. D’immenses complexes hôteliers ont vu le jour, véritables enclaves autonomes surgies au milieu de jardins tropicaux et dotées de tout ce dont le visiteur peut rêver: confort, piscine, plage privée, infrastructures pour sports nautiques, etc.

Boca Chica A une demi-heure de Santo Domingo et à quelques minutes seulement de l’aéroport international Las Américas, cet ancien village de pêcheurs est devenu une station balnéaire très populaire, tant auprès des étrangers que des Dominicains. La plage, longue de 5 km et protégée par un récif de corail, est baignée par des eaux aux reflets turquoise. Les installations pour les sports nautiques sont excellentes. On peut pratiquer la plongée, louer équipement et bateau, et même organiser une partie de pêche. Le soir, Boca Chica, très animée, vibre au son du merengue dispensé par les Cocotiers, sable doré, eaux bleues limpides, tout invite à la détente et à la baignade. | La fierté de la pêche.


CÔTE SUD 27

nombreuses boîtes de nuit et les bars. Le week-end, elle est envahie par des milliers d’habitants de la capitale venus se divertir. Juan Dolio Au-delà de Boca Chica, la côte caraïbe, essentiellement rocheuse, est ponctuée de stations balnéaires. Les hôtels sont en passe de coloniser Guayacanes, ancien village de pêcheurs. A Juan Dolio, créé de toutes pièces au bord d’une longue plage de sable clair baignée par une eau peu profonde, les infrastructures pour les sports nautiques, le golf, le casino et la piste de kart se partagent la clientèle de plusieurs grands complexes touristiques. On s’y adonne à la planche à voile, à la plongée, à la pêche en haute mer. San Pedro de Macorís Au cœur d’une importante région sucrière, la ville est connue à travers le pays pour son université et son équipe de base-ball – sport devenu une véritable passion locale. Elle fut fondée en 1820 par des immigrants fuyant l’invasion haïtienne. Nombre de ces colons étaient des planteurs de canne à sucre, qui entreprirent de cultiver les terres situées au sud-est de leur ville d’adoption. La récolte était confiée à des ouvriers noirs originaires des îles Vierges, dont le parler anglais est parfois encore pratiqué par les gens âgés. Au

début du XXe siècle, quand le cours du sucre flamba sur le marché international, San Pedro connut une période d’opulence. C’est alors qu’y fut installé le premier téléphone de l’île. L’endroit s’enorgueillit de quelques beaux édifices, témoins des années fastes, telle l’église San Pedro Apóstol, de style gothique anglais, dont le clocher est visible de partout et permet aux visiteurs de s’orienter, ou l’étonnante caserne des pompiers, aux murs d’un rouge criant. La Romana – Casa de Campo Fondée au XVIe siècle, la plus grande agglomération du sud-est s’entoure de champs de canne à perte de vue. Dans les années 1970, lorsque le cours du sucre chuta brusquement, la compagnie Gulf & Western, propriétaire de

Les trois plus belles îles. Au large des côtes méridionales, la Isla Saona et ses cahutes de pêcheurs s’alanguissent au pied des cocotiers. Face à la péninsule de Samaná, les palmiers de Cayo Levantado foisonnent autour de deux plages de sable blanc. Si ce paradis vous semble encore trop fréquenté, mettez les voiles vers le minuscule Cayo Arena, qui flotte solitaire au large de la côte atlantique.


hemis.fr/Gardel

Fleurs de tabac, dans la vallĂŠe de Cibao, non loin de Santiago.


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Santiago et l’intérieur du pays Le cœur de la République Dominicaine, dominé par les sommets de la Cordillère centrale, est traversé par trois chaînes entrecoupées de vallées fertiles. Dans l’une de celles-ci, la dépression de Cibao, prospèrent le tabac, la canne à sucre, le café et le cacao – produits qu’on retrouve en tête des exportations.

Cette vallée se situe aux abords de Santiago, premier centre industriel et deuxième ville du pays. On rencontre de surcroît, près du río Camú, un grand nombre de rizières. D’abord exploitée aux temps coloniaux pour la richesse de ses gisements aurifères, la région s’est vite imposée ensuite comme le grenier de l’île. Eparpillées sur les pentes des montagnes, quelques stations d’altitude changent agréablement du littoral et de ses plages. Santiago En 1495, une forteresse fut fondée dans la vallée de Cibao pour protéger les mines d’or du secteur. Quelques années plus tard, un groupe de 30 gentilshommes, membres de la confrérie de SaintJacques, y établit une colonie: Santiago de los Treinta Caballeros. Détruite par un séisme en 1562, celle-ci fut reconstruite quelques kilomètres plus loin, sur

son emplacement actuel. Sa situation, au centre d’une riche région agricole, aux portes de la côte septentrionale et sur la route de Santo Domingo, en fit rapidement un grand centre commercial. En 1857, peu après la guerre d’indépendance, la cité fut même pour un temps élevée au rang de capitale du pays. Aujourd’hui, malgré l’importance de la canne à sucre, du café et de l’élevage, l’industrie reine aux alentours demeure celle du tabac haut de gamme. Cigares, rhum, carnaval et merengue – dont Santiago soutient être le berceau – ont établi la réputation de l’art de vivre local. Parque Duarte

Le centre, agrémenté de vieilles demeures coloniales aux couleurs vives, dégage un indéniable charme provincial. Le Parque Duarte se trouve à deux pas du marché et de la calle del Sol, l’un et l’autre très animés. Avec ses grands arbres et son kiosque victorien, il constitue un véritable havre de paix, rendez-vous de tous les citadins. Prédicateurs, camelots, cireurs et simples curieux s’y pressent jusqu’à la nuit tombée. Du parc, des calèches partent pour des balades à travers la ville. Dominant le flanc sud de l’esplanade, la Catedral de Santiago Apóstol est un bâtiment néo-classique de construction récente (fin XIXe). Surtout connue pour son


64 INDEX Altos de Chavón 28–29 Bahía de las Aguilas 33 Bahoruco 33 Baleines 49 Barahona, péninsule de 33 Base-ball 22 Bayahibe 29 Boca Chica 26–27 Canne à sucre 28 Carnaval 5 Cayo Arena 27, 45 Cayo Levantado 27, 48 Cayo Vigía 47 Cayos de la Ballena 48 Cayos Siete Hermanos 45 Christophe Colomb 25 Cigare 50 Constanza 37 Costa Verde 43 Côte caraïbe 32–33 El Morro 45 Enriquillo, lac 33 Higüey 31 Isla Cabritos 33 Isla Catalina 28 Isla Saona 29 Jarabacoa 37 Jaragua, Parque Nacional 33 Juan Dolio 27 La Isabela 44–45 La Romana-Casa de Campo 27–28 Las Galeras 48 Las Salinas 32 Las Terrenas 48–49 Los Haitises 49 Luperón 44 Manati Park 31 Merengue 50 Monte Cristi 45 Parque Nacional del Este 29 Pico Duarte 37

Direction éditoriale Barbara Ender

Pico Isabel de Torres 40 Playa Bonita 49 Playa Cabarete 43 Playa Dorada 51 Playa Grande 31, 43 Playa de Las Flechas 48 Playa Ríncon 48 Puerto Chiquito 41 Puerto Plata 39–41 Punta Cana 31 Punta Rucia 45 Río Yaque 37 Salto de Aguas Blancas 37 Salto de Bayagate 37 Salto de Jimenoa 37 Samaná 47–48 San Pedro de Macorís 27 San Rafael 33 Sánchez 49 Santiago 35–37 Santo Cerro 36 Santo Domingo 15–25 Alcázar de Colón 19 Atarazana 19 Calle Las Damas 17–18 Casas Reales 18–19 Cathédrale 16 Forteresse de Santo Domingo 16–17 Malecón 23 Parcs 24 Parque Los Tres Ojos 25 Faro a Colón 24 Place de la Culture 22–23 Ville coloniale 15–21 Sierra de Bahoruco, Parque Nacional 33 Sosúa 43 Taïnos 51 Trujillo 13 Valle Nuevo 37 Vaudou 51

Rédaction Chantal Schindler, Agnès Curchod Marie Jampy Concept Karin Palazzolo Mise en pages Matias Jolliet, Luc Malherbe Crédits photographiques p.1: Claude Hervé-Bazin p.2: Dominican Republic Ministry of Tourism (parachute); Rainer Hackenberg (personnes costumées); istockphoto.com/Ersler (noix de coco); /Narvikk (maisons); /Lerich (cigares) Cartographie Elsner & Schichor; JPM Publications, Mathieu Germay Copyright © 2009, 1998 JPM Publications S.A. 12, avenue William-Fraisse, 1006 Lausanne, Suisse Tous droits, en particulier de reproduction, de diffusion et de traduction, réservés. Sans autorisation écrite de l’éditeur, il est interdit de reproduire cet ouvrage, même partiellement, d’en faire des copies ou de le retransmettre par quelque moyen que ce soit, électronique ou mécanique (photocopie, microfilm, enregistrement sonore ou visuel, banque de données ou tout autre système de reproduction ou de transmission). Bien que l’exactitude des informations rassemblées dans ce guide ait été soigneusement vérifiée, ni l’éditeur ni son client ne sauraient assumer la responsabilité d’éventuelles erreurs. Nous examinons volontiers toutes les remarques dont nos lecteurs voudraient bien nous faire part. Printed in Switzerland 13246.01.5915 Weber Benteli/Bienne Edition 2009


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