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Pays du Golfe Koweït · Bahreïn · Qatar Emirats Arabes Unis · Oman Arabie Saoudite · Yémen


Art de la fauconnerie

3 Cap sur les pays du Golfe Que voir 5 13 27 35 71 103 115

Koweït Bahreïn Qatar Emirats Arabes Unis Oman Arabie Saoudite Yémen

Peuple hospitalier

136 Index

Traditions et coutumes

131 Coutumes locales

50 80 87 91

Intermèdes La folie des grandeurs Places fortes à gogo A chacun sa mode L’eau, c’est la vie…

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Cartes et plans Koweït Bahreïn Qatar Abou Dhabi Dubaï, centre-ville Oman Mascate Yémen Carte dépliante Les pays du Golfe Emirats Arabes Unis Dubaï

Architecture religieuse

SOMMAIRE


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C AP SUR LES PAYS DU GOLFE L’étendue d’eau stratégique qui sépare les Etats arabes de l’Iran est une mer relativement jeune, créée il y a environ 4 millions d’années. La largeur du Golfe varie entre 55 et 340 km et il s’étend sur près de 990 km de sa naissance dans le delta du Shatt al-Arab, dans le sud de l’Irak, à son embouchure dans le détroit d’Ormuz. Totalisant une population d’environ 38 millions d’âmes, les Etats arabes de la côte occidentale du Golfe comprennent: le Koweït, Bahreïn, le Qatar, Oman, les Emirats Arabes Unis (EAU) et l’Arabie Saoudite – à la pointe sud de la péninsule Arabique, le Yémen compte quant à lui quelque 20 millions d’habitants. Alors que l’Arabie Saoudite n’accorde que depuis peu des visas touristiques, et à des groupes uniquement, les autres Etats du Golfe connaissent un afflux de visiteurs. Ces dernières années, tourisme et industrie des loisirs sont devenus une composante notable du produit national brut, historiquement basé sur l’une des réserves de pétrole et de gaz les plus vastes de la planète. De décembre à mars, le climat varie grandement entre le Koweït, situé à la tête du Golfe et Oman, au bord de la mer d’Arabie. A cette période, les températures peuvent tomber à 0°C du-

rant la nuit, mais dans le Golfe méridional les journées sont assez chaudes pour se baigner, tandis que le climat le plus agréable est celui de la province du Dhofar, au sud d’Oman. L’été – la basse saison touristique – est torride, avec des températures entre 40–48°C de juin à août. La chaleur sèche de l’intérieur est plus supportable que l’humidité côtière, très éprouvante, bien que tout – hôtels, bureaux, boutiques et voitures – soit climatisé. La meilleure période pour visiter le Golfe va de novembre à mars, avec des jours ensoleillés, entrecoupés parfois de violentes précipitations. Les étrangers visitant les Etats du Golfe apprécient avant tout la majesté des paysages désertiques, mais aussi les sites archéologiques, les installations sportives haut de gamme, en particulier à Dubaï, les excellentes occasions de shopping, la sécurité exemplaire et le climat hivernal doux.


UN PEU D’HISTOIRE Les origines Un texte sumérien, l’épopée de Gilgamesh, fait référence à Dilmun (paradis), identifiée aujourd’hui comme étant Bahreïn. (Gilgamesh, roi semi-mythique, aurait vécu vers 2600 av. J.-C.) Le village de Saar, le temple de Barbar, les fondations du fort et des tumulus de Bahreïn datent de cette époque. VIIIe siècle av. J.-C.–VIe siècle apr. J.-C. Vers 640 av. J.-C., les Perses conquièrent l’île. Elle entrera dans l’Empire babylonien 40 ans plus tard. Au IVe siècle av. J.-C., deux navires d’Alexandre le Grand atteignent Bahreïn. Quelques siècles plus tard, Pline écrit que l’île est renommée pour l’abondance de ses perles. Au IVe siècle, Chahpour II, le souverain sassanide de Perse, annexe l’île. VIIe–XIVe siècle Vers 630, le souverain se convertit à l’islam, et nombre de ses sujets avec lui. Au IXe siècle, Bahreïn, alors dépendante du califat abbasside, devient un centre d’obédience qarmathe (une secte chiite radicale). En 1058, un résident bahreïni, Abil-Bahloul, conduit la révolte contre les qarmates et se proclame prince, mais il est rapidement chassé par Yahya bin Abbas, souverain de l’Etat voisin de Qatif. XVe–XVIIe siècle Conquise en 1487 par Oman, l’île est libérée par les Portugais. Au XVIIe siècle, elle passe sous domination persane. XVIIIe–XIXe siècle Ahmed al-Fateh prend Bahreïn en 1782 et établit la dynastie des Al-Khalifa. En 1861, un traité de paix et d’amitié perpétuelles est signé avec la Grande-Bretagne. L’arrivée au pouvoir de Cheik Isa bin Ali en 1869 inaugure une période de stabilité et de prospérité. XXe siècle à nos jours Les premiers gisements de pétrole sont découverts dans les années 1930. Le pays déclare son indépendance en 1971. Il signe un nouveau traité d’amitié avec l’Angleterre et devient membre de l’ONU. Cheik Isa bin Salman al-Khalifa règne de 1961 à 1999. Son fils aîné, Cheik Hamad, lui succède. En 2002, le pays devient un royaume et le droit de vote est accordé aux femmes. En 2006, Bahreïn et le Qatar signent un accord pour la construction d’un pont – le plus long du monde (45 km) – reliant les deux Etats; les travaux doivent débuter en 2009.


Manama La capitale de Bahreïn (environ 156 000 habitants) mêle les bâtiments modernes élancés entourés de larges avenues et les ruelles tortueuses sillonnant les bazars. Point de repère, Bab al-Bahreïn est le cœur de la cité. La porte (bab), conçue en 1945 par Sir Charles Belgrave, agent politique anglais dans l’émirat, servait à l’origine aux opérations de douane. Elle abrite aujourd’hui le Conseil du Tourisme, une boutique d’artisanat local, une terrasse de café et l’Office du Tourisme. C’est aussi l’entrée du souk, fascinant labyrinthe de venelles et allées où boutiques et éventaires vendent de tout, des épices et des feuilles de tabac à la hi-fi et aux appareils photo. Un endroit merveilleux où déambuler pour s’imprégner de la couleur locale, des senteurs exotiques et du brouhaha continuel. Les visiteurs se pressent dans le souk de l’or, avenue Cheik Abdullah, un imposant édifice de trois étages en granit flanqué de douzaines de boutiques vendant aussi or, pierres et métaux précieux, qui étincellent sur les éventaires, attirant irrésistiblement le regard. Le Centre culturel (Heritage Centre), une villa sur l’avenue AlKhalifa, fut bâti dans les années 1930 pour abriter le palais de Jus-

istockphoto.com/Lingbeek-van Kranen

Que voir

Gratte-ciel de bureaux du Bahrain Financial Harbour (BFH).

tice. Ses collections sur des sujets aussi divers que les plongeurs de perles, la pêche, la fauconnerie, l’art moderne, la musique ou les armes, valent une visite. Autre quartier idéal pour se balader, Al-Awadiya (quartier de la tour à vent), qui se targue de posséder la plus vaste concentration des traditionnelles tours de ventilation de tout le Golfe. Au début du XXe siècle, les premières résidences commencèrent à fleurir dans les environs, souvent entourées de vastes cours intérieures ombragées de palmiers. Beau-


Les concepteurs visionnaires de Dubaï ont désormais largement dépassé leur premier concept ambitieux, trois immenses îles artificielles faites de sable arraché au fond du Golfe, en forme de palmier, protégées chacune par un arc de terre. Ces Palm Islands, pouvant accueillir des centres commerciaux et de loisirs, des ports de plaisance, 80 hôtels et des milliers de villas furent commencées en 2001, l’achèvement de la troisième étant prévue pour 2014. D’autres projets encore plus spectaculaires sont prévus ou déjà en cours. Un groupe d’îles artificielles appelé «The World» (Le Monde) a été réalisé au large de la côte de Jumeïrah. Vu du ciel, l’ensemble dessine en effet la carte du monde, constituée de 250 à 300 îles séparées par des canaux. Mais le monde ne suffit plus à Dubaï: le Système solaire

et l’Univers sont en chantier. Lorsqu’il sera terminé, le «Burj Dubai», sur Sheikh Zayed Road, sera le plus haut bâtiment du monde, mais il sera rapidement dépassé par Al-Burj, plus à l’ouest, sur le nouveau front de mer de Dubaï en forme de croissant. Autre projet de taille, Dubailand est une cité entière qui est en train de sortir du désert, aux marges de la ville. On y trouve, entre autres, des parcs d’attraction, des équipements sportifs de niveau olympique, un Snow Dome avec pistes de ski, des centres commerciaux et des ensembles résidentiels entourant des répliques grandeur nature de sept «merveilles du monde». Et pour approvisionner les visiteurs de ce paradis artificiel, l’aéroport Al-Maktoum et le port Djebel Ali, prévus pour 2013, seront les plus vastes du monde dans leur genre.

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L A FOLIE DES GRANDEUR S


ÉMIRATS ARABES UNIS 51

ses touristiques proposent des croisières en dhow au coucher du soleil (avec dîner possible). Le fond de la Crique forme un vaste lagon peu profond, classé réserve de faune. Des milliers d’oiseaux migrateurs s’y mèlent à un groupe d’un millier de flamants résidents. Dubaï n’a pas usurpé sa réputation de haut lieu du commerce, vous ne tarderez pas à le constater dans les souks de Deira. Il y a partout des affaires à saisir. Faire ses emplettes s’avère encore plus amusant le soir, quand des ruelles mornes se muent en labyrinthes ruisselant de lumière, sillonnés par une foule cosmopolite au milieu des éclats de voix d’un marchandage féroce. Ne soyez donc pas timide, c’est un petit jeu quasi obligatoire ici. Vous explorerez avec un plaisir particulier les venelles du marché aux épices, sans pour cela négliger les souks aux parfums, au cuir, aux vêtements, aux tissus, aux légumes ou au poisson. Le plus fameux de tous est bien sûr le souk de l’or, myriade d’échoppes où le proverbe «Tout ce qui brille…» n’a pas cours, et pour cause! Enfin, pour trouver le meilleur matériel électronique, voyez autour de la place Baniyas, au bout de la rue Al-Sabkha. Heritage House a été édifiée en 1890 pour un riche marchand iranien. Restaurée en 2000, elle a été ouverte au public. Derrière, se

trouve l’école d’Al-Ahmadiya, la plus ancienne de Dubaï (1912), où étudièrent les cheiks. Des dioramas recréent leur quotidien. Du côté de Dubaï, à deux pas du quai où s’arriment les abras, le Vieux Souk, moins animé que les marchés de Deira, ne manque nullement d’ambiance. La Grande Mosquée, restaurée en 1998, compte neuf larges dômes, des dizaines de coupoles plus petites et le plus haut minaret de la ville (70 m). Tout près, le palais du Souverain arbore un toit agrémenté de tours à vent traditionnelles. Mais c’est Bastakiya, quartier situé un peu plus loin le long de la Crique, qui a gardé le cachet authentique du «vieux» Dubaï. Les bâtiments des années 1900–1910 que vous verrez là étaient jadis occupés par des négociants iraniens – originaires de la ville de Bastak. Ouvertes à tous les vents, leurs tours carrées captaient le moindre souffle pour rafraîchir les pièces en dessous. L’air conditionné avant la lettre! Des nattes mouillées pouvaient être tendues dans le courant d’air pour le refroidir par évaporation. Désormais classé, le quartier est aujourd’hui très prisé. Quelques édifices sont ouverts à la visite. Bâti à la fin du XVIIIe siècle, le fort Al-Fahaidi, situé face à la mosquée, protégeait à l’origine la Crique en cas d’invasion. Longtemps palais des souverains et


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La Kaaba, à La Mecque – la «Maison sacrée de Dieu».


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ARABIE SAOUDITE Le royaume d’Arabie Saoudite s’étend sur les quatre cinquièmes de la péninsule Arabique. Il est bordé au nord-ouest par la Jordanie, au nord par l’Irak et le Koweït, à l’est par le golfe Arabo-Persique, Bahreïn, le Qatar, les Emirats Arabes Unis et Oman, au sud par le Yémen et à l’ouest par la mer Rouge. La découverte du pétrole dans les années 1930, son exploitation à grande échelle depuis 1945 par les Américains et la hausse importante du prix de l’or noir, dans les années 1970, ont transformé le pays en le faisant entrer de plain-pied dans la modernité. Avec 25% des réserves mondiales, il est le premier producteur et exportateur de pétrole. Le visiteur est réellement impressionné par la qualité des infrastructures, l’architecture résolument moderniste des édifices publics, le gigantisme des centres commerciaux où l’on trouve toutes les marques internationales, le nombre de limousines sillonnant des avenues larges et rigoureusement dessinées, ainsi que par la diversité des races et des cultures coexistant sur 2 253 000 km2. Sur 27,6 millions d’habitants, le pays compte, en effet, près de 9 millions de travailleurs étrangers, essentiellement asiatiques et arabes.

Cependant, cette impression de modernité et de cosmopolitisme reste nuancée par la persistance de mœurs qui surprennent même les visiteurs originaires d’autres pays arabes ou musulmans. On pense, par exemple, à ces femmes voilées, en abaya noires, qui glissent en silence dans les hypermarchés, alors que certaines boutiques ferment leurs portes cinq fois par jour, aux heures des prières, et que des fonctionnaires interrompent leur travail pour aller se recueillir dans la mosquée la plus proche. L’autre face de la médaille, c’est que l’Arabie Saoudite est l’un des pays où le taux de criminalité est le plus faible. La plupart des Saoudiens sont musulmans sunnites et suivent la doctrine wahhabite qui prône des règles de vie très strictes. Les chiites représentent entre 5 et 10% de la population et sont largement représentés dans l’est du pays et à la frontière yéménite.


136 INDEX ARABIE SAOUDITE Djeddah 106–110 La Mecque 110–111 Médine 111 Riyad 105 BAHREÏN Al-Areen 22 Arbre de Vie 21–22 Awali 21 Bani Jamrah 19 Barbar 19 Digue du roi Fahd 19–21 Djebel Dukhan 21 Fort de Bahreïn 19 Janubia 18 Karbabad 19 Manama 15–18 Muharraq 22 Riffa 21 Saar 21 Tumulus 21 ÉMIRATS ARABES UNIS Abou Dhabi 39–43 Ajman 57–58 Al-Aïn 43–47 Dubaï 47–54 Fujaïrah 61–63 Ras al-Khaïmah 59–61 Sharjah 54–57 Umm al-Qaïwain 58–59 Umm an-Nar 43, 44 KOWEÏT Ahmadi 9–10 Al-Qurain 9 Entertainment City 10 Jahra 9 Koweït (Al-Kuwait) 7–9 OMAN Aïn Arzat 97 Al-Bustan 81 Al-Hamra 88 Al-Hazm 85 Ayun 97 Bahla 86–88 Barka 82 Buraïmi, oasis de 89 Dhofar 95–96

Direction éditoriale Barbara Ender

Djebel al-Qara 98–99 Khor Rori 95–96 Mascate 77–79 Matrah 79–81 Mirbat 96 Misfa 88 Mughsail 96 Musandam 92 Nakhl 82–83 Nizwa 85–86 Qalhat 93 Qurayat 92 Qurm 81–82 Ras al-Hadd 93 Rub al-Khali 99 Rustaq 85 Ruwi 81 Salalah 95 Sital 83 Sohar 88 Sour 92–93 Tanuf 88 Taqa 98 Thumrait 97 Ubar 97–99 Wadi Bani Kharus 83 Wadi Ghudun 97 Wadi Hanoun 97 Wahiba, sables de 92 QATAR Al-Khor 29–31 Al-Ruweis 31 Al-Wakrah 31 Al-Zubarah 31 Doha 29 Khor al-Udeid 31–32 YÉMEN Aden 117 Al-Mukalla 125 Hodeïda 120–121 Marib 123–125 Manakha 125 Sanaa 121–123 Say’un 126 Shibam 125 Taïz 117–120 Tarim 126 Wadi Hadramaout 125 Zabid 120

Rédaction Chantal Schindler, Agnès Curchod Conception Karin Palazzolo Mise en pages Luc Malherbe, Matias jolliet Cartographie JPM Publications, Mathieu Germay Crédits photographiques p. 1 Bernard Joliat p. 2 istockphoto.com/Banks (faucon); Neil Perrinjaquet (enfant avec chèvre); istockphoto.com/Bhartia (mains); istockphoto.com/Johnson (mosquée) Copyright © 2009, 1997 JPM Publications S.A. 12, avenue William-Fraisse, 1006 Lausanne, Suisse information@jpmguides.com http://www.jpmguides.com/

Tous droits, en particulier de reproduction, de diffusion et de traduction, réservés. Sans autorisation écrite de l’éditeur, il est interdit de reproduire cet ouvrage, même partiellement, d’en faire des copies ou de le retransmettre par quelque moyen que ce soit, électronique ou mécanique (photocopie, microfilm, enregistrement sonore ou visuel, banque de données ou tout autre système de reproduction ou de transmission). Bien que l’exactitude des informations rassemblées dans ce guide ait été soigneusement vérifiée, ni l’éditeur ni son client ne sauraient assumer la responsabilité d’éventuelles erreurs. Nous examinons volontiers toutes les remarques dont nos lecteurs voudraient bien nous faire part.

Printed in Switzerland 12614.01.4524 Weber Benteli/Bienne Edition 2009


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