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DEVELOPPEMENT NUMERIQUE DES ESPACES RURAUX PEUT-ON TRANSFORMER UN PROBLEME EN RESSOURCE TERRITORIALE ? J EAN -PIERRE JAMBES U NIVERSITE DE P AU ET DES P AYS DE L ’A DOUR Le gouvernement français a récemment rappelé ses priorités en matière de développement de solutions d’accès performantes à l’Internet. Près de 2 milliards d’euros seront consacrés au déploiement des infrastructures très haut débit afin de tenir l’objectif d’une couverture totale du territoire en 2025. Le grand emprunt français, récemment renommé « investissements d’avenir », cible ainsi, en première étape, une première vague de financement de 53,1 millions d’aides affectée à 14 projets, dont la moitié concerne des territoires en zone blanche. Saint-Lô Maurienne, Issoire, Chevry-Cossigny, Aumont-Aubrac, Sallanches (…), ces opérations, lancées sous maîtrise d’ouvrage de collectivités territoriales ou d’opérateurs, serviraient à définir les conditions de déploiement et les technologies fibre optique pour les zones les moins denses du territoire national. Implicitement, l’expérimentation française dans le domaine des solutions Très Haut Débit donne ainsi la priorité aux infrastructures. Le modèle retenu consiste à subventionner les réseaux en laissant « le marché » faire son affaire des services. Ce choix peut sembler logique, tout au moins en regard de la rationalité qui préside aux décisions publiques dans ces domaines. Il s’inscrit notamment dans le droit fil de la loi française, en particulier de l’article 1425.1 du Code Général des Collectivités Territoriales. Il correspond également à la tradition aménagiste française en matière d’infrastructures et aux compétences des personnes publiques concernées. C’est d’ailleurs cette voie qui anime l’essentiel des projets de Réseaux d’Initiative Publique lancés en France. Plus de 20 d’entre-deux intègrent une composante fibre optique à destination des particuliers (Ftth 1 notamment). Autant de « bonnes raisons » par conséquent pour avancer ainsi. Les expériences étudiées depuis plusieurs années révèlent pourtant les limites, parfois même les impasses, de cette approche à dominantes infrastructure et marché : modèle juridico-financier difficile à inventer pour les zones peu denses ; absence d’opérateurs nationaux comme ceux utilisés pour la plupart des autres réseaux, électrique par exemple ; logiques de construction des réseaux contestées… Blogs et forums fourmillent de réactions, de prises de positions ou d’idées qui attestent du décalage entre la réalité des chantiers de déploiement, en particulier en zones peu denses, et l’ampleur des attentes. Parallèlement, dans les zones urbaines cette fois, les performances commerciales des réseaux très haut débit demeurent encore médiocres. Toutes solutions cumulées2, environ 6 millions de foyers français peuvent aujourd’hui se raccorder à une solution optique. Or, moins de 400.000 ont décidé de souscrire à une offre 3 . Selon un article de Réseaux Telecoms du 10 juin 20104, les abonnés au haut débit ne seraient pas intéressés par la fibre. « Le réseau DSL est excellent et personne ne voit l’intérêt de basculer sur la fibre ». Une étude réalisée en 2009 par Free auprès de ses abonnés indiquait que 76% d’entre eux refuseraient de se désabonner pour basculer sur la fibre d’Orange, même si l’opérateur historique affichait un tarif du très haut débit similaire à celui de Free pour le DSL. Ces 1 2

Ftth : Fiber To The Home.

Ftth, Fttb (building / fibre en pied immeuble et remontée en cuivre), Fttla (dernier amplificateur – solution type Numericable)… 3 http://www.clubparlementairedunumerique.fr/actualite-secteur/septembre-2010/169-deploiement-des-reseauxfibre-ou-en-est-la-france4 http://www.reseaux-telecoms.net/actualites/lire-tres-haut-debit-les-francais-pas-convaincus-22145-page-1.html

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informations recoupent celles observées sur les réseaux en exploitation depuis plusieurs années, celui de Pau Pyrénées par exemple, où le nombre d’abonnés fibre optique stagne malgré la qualité des infrastructures publiques déployées. Les particuliers résidant en zones denses estimeraient n’avoir pas encore aujourd’hui de vraies bonnes raisons, versus un vrai service différenciant, de passer du cuivre à la lumière. Entre des zones rurales en demande, mais orphelines de politique nationale, des espaces urbains cibles naturelles des premiers réseaux optiques mais dont les abonnés s’avèrent encore peu intéressés, et des grands opérateurs encore largement concentrés sur l’exploitation de leurs « mines cuivre », le développement numérique se cherche en cultivant les paradoxes. Pareille situation interroge. Comment et où véritablement lancer le très haut débit en France ? Avec les options actuellement retenues, quel sera le rythme de déploiement de solutions performantes d’accès à l’Internet pour les zones peu denses ? Pourquoi ce qui a été possible dans les autres réseaux, notamment le recours à un système national de péréquation, s’avère toujours en attente dans le cas d’infrastructures de télécommunications pourtant chaque jour davantage synonymes de services d’intérêt public? Les interrogations restent nombreuses ; elles pourraient laisser augurer de sombres perspectives en matière d’aménagement numérique des territoires ruraux. Face à une telle situation, les réactions ou les prises de position sont légions. Les unes s’organisent sur un mode revendicatif ; elles réclament les moyens d’une vraie solidarité numérique nationale. Les autres expérimentent au quotidien, souvent avec succès, des solutions juridiques et organisationnelles alternatives. PME, centres d’affaire ou de télétravail, associations de développement numérique, petits et moyens fournisseurs d’accès Internet (…), les territoires ruraux français fourmillent d’initiatives. Bien entendu, ces projets restent limités; ils s’inscrivent encore le plus souvent dans l’ordre de l’expérience, parfois même de l’utopie. Ils esquissent toutefois des principes alternatifs et révèlent l’intérêt de favoriser, aussi, les organisations locales. Zones blanches mais territoires actifs : pareille dialectique nous replonge ainsi aux origines du développement local, aux sources de ces processus organisés dans la proximité en réaction aux dysfonctionnements du « marché » par des groupes particulièrement féconds. Le cas des actions organisées sous l’impulsion de la Jeunesse Agricole Chrétienne, aux tournants des années 1960, constitue l’un des exemples les plus intéressants de ce type de réactions productrices. Projets, organisations, filières ou processus, bien des piliers de l’économie rurale « d’aujourd’hui » ne trouvent-ils pas quelques-unes de leurs racines dans ces mouvements? L’étude des quarante dernières années semble le démontrer. En ce qui concerne la situation numérique actuelle des territoires ruraux, l’hypothèse que nous formulons se réclame de cette épistémologie du développement local. Les expériences, les projets et les travaux réalisés dans ce domaine laissent en effet à penser que la quasi déshérence numérique dans laquelle restent tenues bien des campagnes de notre pays peut parfois constituer un puissant socle de développement territorial. La volonté de dépasser une situation problème produirait, au titre de cette hypothèse, à la fois de « nouvelles adhérences » et de nouvelles ressources territoriales. Par « nouvelles adhérences », nous désignons les liens qui se créent entre des « entrepreneurs du numérique», au sens large, et des territoires ruraux numériquement enclavés pour lesquels lesdits entrepreneurs se transforment en véritables acteurs locaux. Les exemples de ces cas de figure s’avèrent nombreux. Selon des modalités d’actions différentes, Laurent Caplat et son entreprise5 installée dans un village de Lozère, Xavier de Mazenod promoteur du télétravail, Pierre Ygrié animateur du webdugevaudan, Olivier Zablocki qui en appelle à une autre logique de construction des solutions réseaux, ou

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L’agence BM Services connue via le portail de E commerce bienmanger.com

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Bernard Garrigues défenseur des « sections de commune6 » comprises comme des lieux naturels de déploiement d’infrastructures de télécommunication neutres, font partie de cette longue liste de défricheurs. Leurs intuitions, leurs projets ou leurs réalisations confirment l’existence de solutions pour des territoires ruraux parfois pourtant considérés comme autant d’impuissantes victimes expiatoires d’un marché de l’accès à Internet obnubilé par les zones denses. Ces initiatives locales expérimentent des solutions, en adaptent quand elles n’apparaissent pas d’évidence, produisent de l’organisation, ouvrent les champs des possibles et consolident les capacités des sociétés locales à négocier et à agir. Elles créent en ce sens, par leurs réactions comme par leurs actions face à une situation d’enclavement numérique jugées inacceptable, de véritables ressources territoriales dont l’intérêt dépasse d’ailleurs le seul domaine des infrastructures de télécommunication. C’est parce que c’était difficile que ces acteurs locaux ont décidé d’agir ; c’est de cette difficulté originelle que naissent ce que nous nommons ces « initiatives ressources», certes quantitativement modestes mais dont la créativité semble pouvoir jouer un rôle d’entraînement. C’est l’étude de telles « initiatives ressources » qui est ici examinée. Les travaux réalisés à ce sujet s’organisent, d’un point de vue méthodologique, sur une base associant un volet « expérimentations », notamment à travers la direction technique de projets de développement numérique territorial7, et un dispositif d’enquêtes, d’entretiens ou d’échanges avec un panel d’acteurs numériques français publics et privés 8 . La partie expérimentale a permis à la fois d’entrouvrir les boites noires de la complexité des processus de prises de décision politique et de mieux appréhender les dimensions financières, juridiques ou techniques inhérentes à ces opérations. Le volet entretiens et construction de réseaux d’échanges donne les moyens d’enrichir cette plate-forme de travail initiale en la confrontant aux idées, aux propositions et aux inventions de partenaires. Expérimentations, dispositifs d’enquêtes et réseaux d’échanges, ces instruments offrent un prisme complémentaire pour analyser les politiques actuelles en matière d’aménagement numérique national sous l’angle du développement local et des moyens d’actions ou de négociations des territoires ruraux. Dans une première étape, il paraît tout d’abord nécessaire de rappeler les principaux termes de l’équation aménagement numérique de notre pays et quelques-unes des positions autour desquelles ces politiques se construisent. Une seconde étape, bâtie sur la base d’études de terrain et d’entretiens, vise ensuite à confronter les principes directeurs de la politique d’aménagement numérique nationale à la réalité des initiatives locales.

L’aménagement numérique du territoire national aujourd’hui Par-delà les discours récents, la politique de l’Etat français en matière d’aménagement numérique se cherche encore une véritable réalité. Seules en fait à ce jour, les initiatives des collectivités territoriales proposent, au cas par cas, des solutions opérationnelles pour déployer des réseaux haut et très haut débit. Depuis de nombreuses années, affermages, concessions, partenariats public-privé fondent ces projets dans le respect de la loi, notamment de l’article 1415 du Code Général des Collectivités Territoriales.

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La section de commune est définie par les articles L2411-1 À L2412-1 du Code Général des Collectivités Territoriales et les articles réglementaires correspondants. « Constitue une section de commune toute partie d’une commune possédant à titre permanent et exclusif des biens et des droits distincts de ceux de la commune ». 7 Direction technique de 1999 à 2009 d’un des premiers projets français de déploiement de solutions très haut débit fibre optique, l’opération Pau Broadband Country lancée par la Communauté d’Agglomération Pau Pyrénées. 8 Une partie de ces échanges est partagée dans le blog créé à cet effet ; un blog dédié au développement numérique territorial : http://numericuss.com.

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Au niveau national, les débats n’ont pris que récemment une tournure plus précise. Il a fallu attendre le rapport commandé par la DATAR aux cabinets Tactis et Seban, rapport publié en 2010, pour affiner les questions budgétaires. La somme de 15 à 30 milliards d’euros représente désormais un ordre de grandeur communément accepté pour raccorder la quasi majorité des français à des solutions larges bandes. Selon les auteurs, on retrouverait d’ailleurs, dans cette estimation, les enveloppes budgétaires, en euros constants, mobilisées voici plusieurs décennies pour la construction, par exemple, des infrastructures de distribution électrique. Comme c’est le cas pour tous les réseaux, le rapport DATAR rappelle le coût important du raccordement des « derniers » abonnés, les plus éloignés des infrastructures de télécommunications. Le budget nécessaire pour atteindre un taux de couverture de 80% de la population en fibre optique à l’abonné se monterait ainsi à environ 15 milliards d’euros, dont 6 seraient issus de financements publics. Mais pour atteindre un taux de couverture de 100%, le montant des investissements totaux double ; la part des « aides » publiques culminant alors à 15 milliards d’euros. Bien entendu, ce coût du « dernier mètre » impacte particulièrement les résidents ruraux. Cet argument, rationnel en regard des logiques qui président aux modes traditionnels de construction des réseaux, de tous les réseaux d’ailleurs, s’avère toutefois âprement discuté par les défenseurs des initiatives ressources évoquées précédemment. Nous y reviendrons ; leurs propositions ne manquent pas d’intérêt et ne sont pas sans rappeler des formes de mutualisation de moyens, de type CUMA, coopératives ou associations syndicales par exemple, souvent bien connues du monde rural. Afin de participer à l’aménagement numérique du territoire, notamment en consolidant les nombreux projets des collectivités territoriales, les annonces actuelles du Gouvernement portent sur une promesse d’engagement de 2 milliards d’euros. Il s’agit notamment, via des partenariats avec des opérateurs privés, de jouer un effet levier. La gestion de ces fonds est confiée à la Caisse des Dépôts et Consignation qui interviendra en subventions, en avances remboursables, en financements en fonds propres ou en quasi fonds propres sur une logique d'investisseur avisé. Ce montage paraît sans doute adapté aux espaces urbains sur lesquels des perspectives de rentabilité existent. Son efficacité paraît toutefois sujette à caution pour l’ensemble des autres espaces. C’est en tout cas l’observation de nombreuses collectivités territoriales. L'Assemblée des Départements de France (ADF) a ainsi adopté, le 9 décembre 2010, une motion qui conteste la philosophie et l'économie générale du Plan Très Haut Débit gouvernemental. Elle demande que l'Etat investisse au minimum 15 milliards d'euros sur 15 ans pour le déploiement du très haut débit fixe et mobile. L'ADF affirme que la politique du gouvernement, qui consiste à subordonner le développement des infrastructures aux opérateurs privés, est néfaste car seulement guidée par la rentabilité et non par l'intérêt général. Elle réclame également que les collectivités territoriales puissent désormais être considérées comme des opérateurs au même titre que les opérateurs privés. Elle estime en outre que les deux milliards de l’ex « grand emprunt » dédié à l'aménagement numérique du territoire ne garantissent pas un développement du très haut débit à long terme. L’Association des Maires Ruraux de France (AMRF) partage ce type de positions. Elle préconise une solution de financement via la TVA. Il s’agirait de réserver à l’aménagement numérique des territoires peu denses une part des recettes de la hausse de TVA sur les offres triple play. Dans un communiqué de presse, l’association rappelle que “cette idée a fait l’objet d’un amendement au projet de loi de finances pour 2011 qui a été rejeté lors du vote du Sénat”. Elle entend toutefois peser de tout son poids pour que la mesure soit présentée de nouveau devant l’Assemblée Nationale. Le sénateur Hervé Maurey, auteur en 2010 d’un rapport sur les modalités de financement du déploiement du très haut débit, suggère, pour sa part, l’instauration de plusieurs taxes dont une sur les abonnements Internet et téléphonie mobile. Cette mesure permettrait selon lui

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d’abonder le Fonds d’Aménagement Numérique du Territoire (FANT) à hauteur de 660 millions d’euros par an pendant 15 ans en complément des deux milliards d’euros prévus par le grand emprunt. La somme annoncée est de 0,75 euro par abonnement. Cette proposition reste aujourd’hui lettre morte, notamment dans la loi de finance 2011. Les arguments et les préconisations précédentes reposent ainsi la question des moyens réellement engagés par l’Etat en faveur d’une politique de solidarité numérique nationale. Les récentes décisions du Gouvernement ne disent en effet rien des modalités de péréquation sans lesquelles, pour les associations d’élus, il paraît difficile de s’inscrire dans la durée. Elles demeurent également silencieuses sur les solutions juridiques qui permettraient d’utiliser les infrastructures existantes, notamment celle de l’opérateur historique. Il en est de même sur le lancement de politiques de soutien aux services en ligne, notamment d’intérêt public. Services à la personne, solutions « habitat intelligent », platesformes éducatives au sens large (…), les discussions financières et techniques sur l’aménagement numérique occultent bien trop souvent ce volet pourtant clé. Autant de préalables sans lesquels le devenir numérique des zones peu denses reste mystérieux et l’intérêt des expérimentations en cours très largement discutable. Le financement de la solidarité numérique, via un système de péréquation par exemple, demeure encore donc en chantier. Cette question s’avère pourtant au coeur de la construction de tous les autres réseaux. Le rapport DATAR (2010) propose à ce sujet un comparatif des solutions de péréquation utilisées en France. Electricité, gaz, autoroutes, Poste, Eau (…), les auteurs rappellent que la péréquation géographique a été largement la règle. Schématiquement, elle utilise les recettes tirées des zones denses, supposées rentables, pour financer le déploiement des infrastructures ou des services dans des secteurs peu denses. Les décisions prises pour soutenir le déploiement des réseaux électriques, solutions bien connues des communes françaises, illustrent l’une des pistes possibles. Les concessionnaires de ces réseaux sont soumis à un prélèvement proportionnel au nombre de kilowatts/heure fournis. Ces prélèvements viennent abonder les Fonds d’Amortissement des Charges de l’Electricité (FACE) dont les recettes financent ensuite la couverture rurale. Directement liée à la question budgétaire, les possibilités d’utilisation des infrastructures existantes, en particulier celles de l’opérateur télécommunications historique, restent également mal définies. Une très grande partie des fourreaux de France Telecom s’avère en effet propriété des collectivités territoriales. Schématiquement, ceux datant d’avant 1996 ont été financés en totalité ou en grande partie par les collectivités locales. Ceux posés ultérieurement ont eux aussi fréquemment bénéficiés de l’intervention publique des collectivités territoriales. Or, les possibilités d’occupation de ces fourreaux butent sur de nombreux problèmes. Inventaire des infrastructures existantes tenu quasi secret, modalités juridiques de remise à la disposition des collectivités peu opérantes ou à préciser, le flou reste la règle. Cosignataire d’une proposition de loi relative au service public local du très haut débit9, le sénateur Gérard Bailly estime par exemple que la législation doit évoluer. Il réclame une transparence complète et veut savoir ce qui existe et ce que l’on peut en faire. Si l’on considère à la fois les possibilités d’utiliser les infrastructures existantes, les solutions de mutualisation de réseaux entre plusieurs opérateurs qui permettent de réduire significativement les coûts de génie civil10 et les solutions avérées de déploiement de fibre optique en aérien sur des lignes électriques basse tension, les potentialités de déploiement du Très Haut Débit en zones rurales se dévoilent en fait sous un jour beaucoup moins sombre que celui parfois présenté. Techniquement, ces projets ne posent pas problème. Commercialement, les expériences réalisées montrent l’appétence des consommateurs 9

http://www.senat.fr/rap/l03-021/l03-0210.html

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Le budget Génie civil représente entre 50 et 80% du coût total de déploiement des réseaux Très Haut Débit.

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ruraux pour ces offres ; les parts de marché fibre optique progressent plus rapidement dans les campagnes que dans les villes. Techniques connues, possible maîtrise des coûts de déploiement, performances commerciales significatives (…), le problème de l’aménagement numérique des campagnes ne serait-il pas au moins autant politique et organisationnel que financier? Politique, car la France reste dans l’attente de décisions fortes, notamment quant à la séparation des activités infrastructures et services de l’opérateur historique. Organisationnel puisque la maîtrise des budgets et des calendriers exige à la fois une véritable consolidation des coopérations et souvent un élargissement des compétences « d’acteurs réseaux locaux » (les syndicats électriques notamment). Sans décisions dans ces domaines, les termes dans lesquels sont actuellement abordées les questions de l’aménagement numérique national paraissent biaisées. Nombre de collectivités territoriales, d’entreprises ou d’associations tentent pourtant depuis plusieurs années de s’organiser. Certaines, par leurs actions, confirment l’existence de solutions opérationnelles. D’autres montrent les limites des présupposés des stratégies aménagistes. Toutes convergent pour esquisser des alternatives. Par-delà la stricte question du développement numérique territorial, cette panoplie de positions et de chantiers révèle ainsi l’efficacité de l’action locale et sa créativité. Quelques-unes de ces initiatives ressources sont examinées ci-dessous.

Des « initiatives ressources » pour le rural. Portraits d’acteurs numériques Les trois portraits proposés plus avant ne revendiquent aucune espèce de représentativité de la population des acteurs numériques ruraux, une population d’ailleurs bien inconnue d’un point de vue statistique. Ils cherchent avant tout à mettre en perspective les problématiques du développement numérique rural, et donc à ne pas accepter, ni refuser, d’emblée les principes de la construction de la politique de l’Etat en matière d’aménagement numérique des territoires. On lira ainsi les idées comme les positions qui suivent comme autant de « bonnes raisons » d’interroger ces politiques. Impact du numérique en matière de relocalisation d’activités en zones rurales, créativité socio-technologique, propositions de transformation des modalités de déploiement des réseaux électroniques, création de nouvelles activités et de nouveaux métiers, tels sont schématiquement les domaines que nous avons choisis d’explorer grâce aux entretiens réalisés avec Laurent CAPLAT, Xavier de MAZENOD et Olivier ZABLOCKI. Laurent CAPLAT dirige l’agence web B.M Services installée en Lozère à La Canourgue, le chef lieu d’un canton d’environ 3.000 habitants situé à une cinquantaine de kilomètres au nord de Millau. Sa société a notamment lancé, voici déjà dix ans, le site de vente en ligne www.bienmanger.com, un site spécialisé dans les produits du terroir. L’entreprise emploie aujourd’hui une trentaine de salariés permanents et une quinzaine en plus dans les périodes de fortes activités. Dans ce village, la présence de l’agence est également synonyme d’une trentaine d’enfants scolarisés. Laurent CAPLAT, chef d’entreprise issu d’une famille lozérienne, a grandi et a développé ses premières activités professionnelles « ailleurs ». Il a choisi La Canourgue, aux hasards de parcours familiaux et amicaux, comme le résultat d’un choix raisonné et comme un défi. Un choix raisonné car la comparaison des coûts d’installation en région parisienne, un des sites initialement envisagés, et en Lozère militait pour cette dernière. Un choix raisonné car il lui semblait plus habile, pour une entreprise spécialisée dans la vente de produits de terroir, d’être elle-même installée dans un « terroir ». Ce chef d’entreprise explique l’importance qu’attachent ses clients à cette proximité. Une localisation rurale, comme le choix de vie qui en découle, ne pouvaient toutefois pas se faire au détriment des outils de travail indispensables à l’entreprise. Agence Web et Ecommerce obligent, au premier rang d’entres eux figuraient bien entendu les aspects liés aux 6


conditions d’accès à l’Internet. Le défi consistait donc à trouver ces solutions et, plus encore, à pouvoir les faire évoluer au fur et à mesure de l’augmentation des besoins d’une entreprise passée, en quelques années, d’une poignée de collaborateurs à plus d’une trentaine. Pour résoudre pareille question, Laurent CAPLAT illustre l’une des modalités de réponses parmi les plus observées dans les expériences étudiées en France. Il « représente » le cas de ces entrepreneurs ruraux qui ont décidé de jouer « local» et « réseaux de proximité». Comme si les difficultés d’accès au réseau Web « refaisaient territoire », on remarque en effet de quelles manières, et souvent avec quelle intensité, ces situations problème produisent de l’organisation locale. Associations, expérimentations, inventions, comme cela a été d’ailleurs souvent le cas dans les coopératives ou d’autres formes de groupements agricoles, la gestion du « problème numérique » renforce à la fois les bonnes raisons de « devenir acteur » et les liens entre individus et territoire. Laurent CAPLAT est par exemple l’un des membres fondateurs du « Web du Gévaudan 11 », une association qui entend promouvoir le développement de la Lozère via, l’économie et les services numériques. Les « web du Gevaudan » croient dans le potentiel de ce département d’environ 75.000 habitants. Ils estiment possible d’accueillir entre 20.000 et 30.000 personnes supplémentaires et défendent pour cela une politique de relocalisation économique fondée, notamment, sur le numérique. Laurent CAPLAT démontre à ce sujet de quelles manières l’économie numérique transforme le rapport à l’espace et comment elle élargit les champs des possibles en matière de localisation d’activités et d’emplois. Son entreprise, qui représente un cas observé régulièrement dans les enquêtes que nous avons menées, montre que l’économie numérique offre de nouvelles opportunités pour des espaces ruraux souvent handicapés par leur enclavement relatif. Dans les métiers de l’entreprise de Laurent CAPLAT par exemple, les centres de connaissance se développent en effet aujourd’hui de plus en plus sur l’Internet. Partage de documents, travail collaboratif, visioconférences, échanges électroniques, wiki (…), le Web stimule une autre forme de proximité avec les clients et rend possible des localisations encore baroques voici 5 à 10 ans. Xavier de MAZENOD illustre une autre forme d’adhérence entre le numérique et la socioéconomie rurale. Cet entrepreneur a créé en 2002 à Nanterre la société Adverbe 12 qui prodigue du conseil et de la formation pour le développement des entreprises par Internet. Ses domaines de compétences concernent en particulier la E réputation de ses clients et leur identité en ligne. En 2003, Xavier de MAZENOD a décidé de quitter la région parisienne et a cherché à adapter son métier à sa future localisation. En 2004, grâce aux solutions de télétravail déployées, il s’installe ainsi à Boitron, dans l’Orne à 20 km d’Alençon, où il exerce toujours son métier. Le choix de ce village de 300 habitants est le résultat d’une part de sa relative proximité de Paris, moins de 2 heures, et, d’autre part, de la décision du département de déployer un réseau radio (Wimax) permettant de sortir de l’impasse des vieux modems 56k. Depuis, Xavier de MAZENOD est devenu un véritable militant du télétravail. Il a participé à plusieurs opérations de marketing territorial qui ciblent les candidats au « départ » et anime des réseaux sociaux dédiés. Pour lui, le télétravail constitue l’un des principaux leviers à même d’attirer de l’activité en milieu rural. La France reste en effet largement sousdéveloppée dans ce domaine. Notre pays compte, selon Xavier de MAZENOD, environ 7 et 9% de télétravailleurs. C’est l’un des taux les plus bas des pays de l’OCDE où la moyenne oscille autour de 19%, avec un record de plus de 35% en Finlande. Le potentiel de relocalisation d’actifs ruraux s’avère donc considérable.

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http://websdugevaudan.wordpress.com http://www.adverbe.com

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A partir de son expérience réussie, Xavier de MAZENOD a créé une communauté dédiée au sein du site Internet zevillage.com. Il anime également un réseau de plus de 100 télétravailleurs, souvent ruraux, et participe activement au développement d’une véritable politique d’accueil de ce type d’actifs dans l’Orne. A l’instar des opérations déjà lancées en Limousin, dans le Gers ou dans le Cantal, l’Orne a en effet récemment décidé de construire un réseau de « télécentres » pour lequel celui de Boitron, ouvert en 2010 sous maîtrise d’ouvrage communale, fait office de prototype. Ces espaces tertiaires proposent notamment des solutions d’accès à l’Internet performantes. Pour celui de Boitron par exemple, installé dans une ancienne école aménagée, un marché a été passé avec un opérateur spécialisé13 pour la fourniture d’un lien de 30 Mbps symétriques pour 100 euros par mois. Xavier de MAZENOD, néo-rural télétravailleur, a ainsi pris une place significative dans la société locale. Membre du conseil municipal et du comité des fêtes, partenaire du département et de la région pour soutenir l’accueil de nouveaux actifs télétravailleurs, le cas de cet entrepreneur montre de quelles manières les chantiers d’aménagement numériques ruraux débouchent sur d’autres projets de développement territorial, notamment en renforçant les liens entre des territoires et des citoyens devenant de plus en plus acteurs. Le dernier des entretiens utilisés ici, celui d’Olivier ZABLOCKI, confirme l’observation de Xavier de MAZENOD et l’élargit à des perspectives à la fois sociales, économiques et industrielles. Depuis la naissance de GeoRezo, l’expérience du Collège Régional de Prospective (Poitou-Charentes) et de RadioPhare sur l’île de Ré, Olivier suit, expérimente et travaille le développement numérique dans une logique de contre-pied. Aux méthodes de déploiement des réseaux haut débit depuis ce que l’on pourrait schématiquement nommer les «autoroutes de l’information », ces grandes artères et places de marché qui organisent le Web, Olivier préfère les logiques de construction à partir de la maison. Il fait partie de ceux qui ont inventé la formule du « premier mètre » en lieu et place du redoutable « dernier mètre » séparant le backbone de l’abonné final et sur lequel butent nombre d’opérateurs. Olivier pense en effet que l'on néglige les attentes et les capacités des «gens de base ». Il suggère d’inverser les logiques qui président aux chantiers très haut débit. Il entend travailler d’abord le réseau domestique, celui de la maison, de l’appartement, de la copropriété, pour permettre de mieux exploiter ensuite, au service des habitants, les potentialités des réseaux numériques. Il pense notamment ainsi pouvoir dépasser les limites des seules offres triple play et leur incapacité à créer véritablement de la valeur et de l’emploi. « Puisque « le marché demeure embryonnaire et l’appropriation des services un « mystère14 », puisqu’il n’y aura pas d’habitat intelligent sans désir, consentement et maîtrise de la part des habitants, alors commençons vraiment par le commencement, la maîtrise d’ouvrage des propriétaires ». Olivier ZABLOCKI résume ainsi son projet qui consiste à faire du plus grand nombre de foyers possibles un véritable nœud d’échanges et de services. Pour lancer ce type d’opérations, Olivier travaille au projet de reprise d’une entreprise artisanale rurale, installée au sud de Clermont-Ferrand, dont les compétences s’organiseront à la fois sur toute la chaîne de construction des réseaux numériques et électriques à partir d’une offre complète dédiée « maison interconnectée ». A partir de son implantation rurale, Olivier ZABLOCKI compte déployer ses services en ville. « La stratégie de l'entreprise, c'est bien de se qualifier d’abord sur un territoire rural plus propice à ce type d’innovation pour s'attaquer ensuite à des marchés importants. Ce ne sont pas les villes à la campagne que l'on va mettre mais la campagne à l'assaut des villes ! » Il considère ainsi les télécommunications de nouvelle génération comme un possible produit d'exportation du rural vers l'urbain. Le rural s’avère pour lui synonyme de terre de « mise en culture » et de création de solutions innovantes. En ville, explique-t-il « comme il y a "tout" et comme les opérateurs ne veulent et ne peuvent rien donner, on bricole avec ce "tout" de pauvres 13 14

Altitudes Telecom - Wibox

Amandine Bruguière responsable du groupe « Habitants Connectés » à la Fondation Internet Nouvelle Génération

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solutions de déploiement dont la médiocrité (aussi bien dans la mise en œuvre que dans le résultat) est l’une des causes du désintérêt des gens. Dans le rural, il n'y a "rien". La page est blanche, toutes les questions peuvent être reformulées. Il est du coup possible d’y faire naître, ainsi que dans les zones moyennement denses où l'on peut avoir également beaucoup de chantiers collectifs, le savoir-faire qui fait partout défaut aujourd'hui. » On imagine sans peine les impacts de ces projets dans le domaine de l’économie, de l’artisanat et des services. Réseaux d’artisans spécialisés, certifications associées, services à la personne, solutions territoires augmentés (…) semblables opérations de développement numérique territorial représenteraient enfin, pour Olivier, un chantier à la mesure des potentialités des réseaux très haut débit.

De la zone blanche aux terroirs numériques ? Laurent CAPLAT, Xavier de MAZENOD et Olivier ZABLOCKI illustrent ainsi le cas de ces défricheurs ruraux ou néo-ruraux qui tentent de transformer des espaces encore en marges de la société de l’information en terroirs numériques. Lieu d’accueil de télétravailleurs ou développement de nouvelles activités aujourd’hui, laboratoires d’expérimentation dédiés aux innovations « réseaux » demain, centres de production plus tard, la gamme de leurs réalisations et de leurs projets parcourt une grande partie du spectre de la socio-économie. Les initiatives examinées montrent ainsi de quelles manières le traitement de la question numérique recrée de l’organisation collective apprenante et participe à la production de cet effet territoire (Jambes, 2001) au cœur des processus de développement local. CAPLAT, De MAZENOD, ZABLOCKI illustrent le cas de ces acteurs du contre-pied. Ces iconoclastes montrent de quelles manières certains territoires ruraux tentent d’inventer, pour résoudre leur situation d’enclavement numérique, une grammaire alternative aux temps encore bien imparfaits de la construction de l’aménagement du territoire national. Les tentatives qui animent les processus étudiés se fondent sur une quasi inversion des logiques traditionnelles. Aux procédures aménagistes organisées à partir de travaux de déploiement des infrastructures depuis les autoroutes de l’information, elles répondent services nécessaires et construction de chemins vicinaux. Plutôt que d’attendre d’improbables offres d’accès à l’internet par les grands opérateurs, elles choisissent de s’auto-organiser ou de jouer la carte d’acteurs alternatifs. Loin de l’image d’espaces ruraux dépourvus de moyens d’actions ou de négociations, ce sont donc de véritables politiques territoriales qui s’esquissent ainsi. Elles se construisent à la fois dans un rapport plus fort entre acteurs et espaces ruraux et dans une logique de consolidation des liens entre espaces ruraux et villes, sur le modèle d’un terroir numérique compris schématiquement comme un espace de mise en culture d’une économie numérique davantage organisée autour des services et des attentes de usagers. Des territoires utilisés comme l’un des moyens d’action, des ressources réseaux pour localiser durablement des activités via des marchés non locaux, cette économie numérique rurale ne reprendrait-elle pas à son compte quelques-uns des fondements de l’économie agricole ? Les études de cas réalisées le laisse à penser aujourd’hui ; leur futur le confirmera, ou pas, demain. Mais, quel que soit leur destin, les projets étudiés confirment la nécessité de revoir, ou tout au moins de diversifier, les objectifs qui président à la construction des politiques nationales d’aménagement numérique du territoire. Les expérimentations sélectionnées par le Gouvernement, présentées comme autant de moyens de préparer le lancement du programme national « très haut débit », ignorent en effet la piste esquissée par ces territoires ruraux. Elles se focalisent sur les aspects financiers. Elles pensent « juridique ». Elles discourent techniques. Mais ne connait-on pas déjà le prix moyen d’un raccordement en techniques traditionnelles en zone rurale ? N’a-t-on pas déjà testé, avec succès d’ailleurs, des solutions alternatives, comme le déploiement en aérien sur support ligne électrique basse tension ? N’est-on pas déjà convaincu de la nécessité de mutualiser les travaux entre opérateurs de réseau différents ? Ne sait-on pas que l’une des clés sera la possibilité de 9


maîtriser les infrastructures existantes de l’opérateur historique ? A toutes ces questions, la réponse est bien entendu affirmative. On a donc du mal à cerner l’intérêt véritable des expérimentations pour ces sujets. En revanche, a-t-on tenté de réellement soutenir une politique d’innovations services numériques très haut débit ? Cherche-t-on à se préparer au monde interconnecté de demain, celui par exemple des objets communicants, des territoires augmentés, des habitats intelligents ? Sait-on ce que seront les économies de ces mondes numériques et comment notre pays pourrait en tirer profit ? Où sont les terres de mise en culture expérimentale de la socio-économie numérique de demain ? Si ces réponses existent, elles demeurent encore non seulement dissimulées mais surtout oubliées des discours sur le développement numérique nationale. Implicitement, les pistes ouvertes par les défricheurs numériques étudiés suggèrent que les espaces ruraux pourraient être certains de ces territoires laboratoires. Ils tentent donc de mener expériences en campagnes autour d’une économie du service numérique dont les enjeux sont majeurs : compétitivité et croissance, modernisation du service public, généralisation de l'accès à l'information, création et diffusion de nouveaux services dans les domaines de la culture, de l'éducation, de la formation, de la santé ou du développement durable. Selon le gouvernement15, un quart de la croissance mondiale provient déjà du secteur du numérique. Ne faudrait-il alors pas reformuler dans cette direction, le sens des expérimentations de déploiement de réseaux en zones rurales récemment retenues justement par le Gouvernement ?

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http://www.gouvernement.fr/gouvernement/le-developpement-de-l-economie-numerique

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Références bibliographiques ARCEP, Sept 2010, Lʼintervention des collectivités territoriales dans le secteur des communications électroniques, compte rendu des travaux du GRACO (Groupe Echanges entre ARCEP, Collectivités territoriales et opérateurs), Les rapports de lʼARCEP, 92 p. ARCEP, Juillet 2010, Neutralité des réseaux, Les actes du colloque, Les rapports de lʼARCEP, 118 p. BAKIS H. & VIDAL Ph. (2007), « De la négation du territoire au géocyberespace : vers une approche intégrée de la relation entre Espace et TIC », in Claire Brossaud & Bernard Reber (dir.), in Humanités numériques Vol. 1. Nouvelles technologies cognitives et concepts des sciences humaines et sociales, pp. 101-117 CONSEIL ECONOMIQUE, SOCIAL ET ENVIRONNEMENTAL, 2009, Conditions pour le développement numérique des territoires, CES, 114 p. DATAR, janv 2010, Déploiement des réseaux très haut débit sur l’ensemble du territoire national. Rapport d’étude Tactis et Seban Associés, 107 p. DOUEIHI (M.), 2008, La Grande Conversion numérique, La Librairie du XXI e siècle, 271 p. EL FASSY(D.), BALLART (F), Le numérique à la campagne, et si cʼétai simple ? 2010, La tortue Editions, 35 p. LAURENT (G.), 2009, Le dilemmes de lʼéconomie numérique, éd. FYP, 125 p. JAMBES (JP), 2001, Territoires apprenants. Esquisses pour le développement local du XXIè siècle, Lʼharmattan, Paris. JAMBES (JP), 2005, Le lien plus que le lieu. Actions publiques et intelligence territoriale, éd. SET, Pau. La Documentation française, 2007, L'aménagement numérique du territoire, 104 p. PREVELAKIS (G.), 1996, La notion de territoire dans la pensée de Jean Gottmann, revue Géographie et cultures, n°20, pp. 81 - 92. PROULX (S), MASSIT-FOLLEA (F), CONEIN (B.), 1995, Internet, une utopie limitée : Nouvelles régulations, nouvelles solidarités, Les Presses de l’Université de Laval, 355 p. MAUREY (H.), 2010, Réussir le déploiement du très haut débit en France, une nécessité pour la France, rapport au Premier Ministre, Sénat, 108 p. SENGE (P.), 1999, La Danse du Changement, First Editions, Paris. SERRES (M.), 1991, Le tiers instruit, éd. F. Bourin, Paris. VICENTE (J), 2005, Les Espaces de la net-économie : Clusters TIC et aménagement numérique des territoires, Ed Economica, &48 p.

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DEVELOPPEMENT NUMERIQUE DES ESPACES RURAUX