Issuu on Google+

Série des Contes du Miroir 1_ La Fée et les Dauphins 2_Les Lolitas Bleues 3_ Le Grand Choix du Mâle « Moderne »

1


2


La FĂŠe et les dauphins

3


4


La Fée et les dauphins

Il était une fois une gentille fée qui se reposait sur un rocher émergeant à peine de la mer environnante. Elle avait visité l’océan qui couvrait toute la surface de sa planète. Elle avait rencontré beaucoup d’autres fées, et quelquesunes étaient devenues des amies sincères. Elle avait aussi beaucoup dansé dans le ciel avec les jeunes fées de son âge, rasant les flots de l’immensité liquide en joyeuses escadrilles. Elles s’amusaient follement à virevolter au ras de l’eau, poursuivies par les jeunes dauphins qui faisaient des efforts 5


désespérés pour se joindre à elles, effectuant des bonds incroyables qui les faisaient rire à pleine gorge. Elles étaient toutes amoureuses des jeunes dauphins, alors qu’elles ne connaissaient absolument rien d’eux, déclarant seulement qu’ils étaient trop beaux. Les jeunes dauphins étaient tous attirés par les superbes fées, alors qu’ils ne connaissaient absolument rien d’elles, déclarant seulement qu’elles étaient trop belles. Notre jeune fée, qui s’appelait Lyne, finit par se lasser de ces jeux stupides qui n’étaient pas une solution valable pour les rencontrer et les voir de près. Elle se posa sur ce rocher isolé, bien loin des autres fées. Elle se sentait fatiguée et ses ailes transparentes ne voulaient plus la porter. Ici, loin de la fête sans but et sans fin des autres fées, elle réfléchit profondément au moyen de communiquer avec les dauphins. Dans les airs, c’était impossible, les dauphins finissaient toujours par retomber. Dans l’eau, le danger était immense, car si ses ailes se mouillaient, elle ne pourrait plus s’envoler. Une situation désespérée, apparemment.

6


Lyne se remémora tout ce qu’elle avait vu au cours de ses nombreux voyages autour du monde, mais n’y décela pas d’idée nouvelle qui y serait cachée. Un feu intérieur la brûlait lentement, il fallait qu’elle trouve une idée pour rencontrer un beau jeune dauphin de son âge. Lyne regarda attentivement son rocher et tout ce qu’elle pouvait deviner dans l’eau transparente, autour du rocher. Elle ramassa dans l’eau quelques beaux coquillages échoués là, à portée de main. Elle ouvrit l’un d’eux, plat et grand comme sa main. Il était vide d’habitant, et alors elle vit un éclair. Le soleil s’y reflétait, elle s’y mira pour la première fois, et elle eut un léger sourire un peu triste. Elle referma le coquillage et s’endormit. 7


Ce qu’elle ne savait pas, c’est que dans son monde, les coquillages sont très différents de ceux qu’on trouve communément dans les autres mondes. Lorsqu’elle ouvrit son coquillage, le lendemain, elle vit se détacher une fine pellicule nacrée qui avait absorbé son image de la veille. L’image était parfaite, et rien ne pouvait la faire disparaître, même en essayant de la gratter. La fine pellicule nacrée immortalisait Lyne, qui la conserva précieusement. Elle répéta l’opération à la même heure que la veille, au moment où le soleil se couchait. Elle obtint ainsi des dizaines de précieuses images. En étudiant un autre coquillage en forme de très grand bigorneau, l’effet fut tout différent. Pas d’image, ce qui la déçut vivement, et elle s’en plaint à haute voix, tout en reposant le coquillage sur un rocher. Le lendemain, elle remit le coquillage dans l’eau, et passa à autre chose. En jetant un regard vers le bigorneau, elle vit de toutes petites bulles qui s’en échappaient et remontaient pour éclater en surface. Intriguée, elle se pencha, puis mis sa tête dans l’eau, pour mieux le voir. 8


Et elle entendit de manière très nette une phrase, la sienne, celle de la veille, qui se répétait sans cesse. Elle décida de chercher alentour d’autres grands bigorneaux et elle raconta ainsi tous ses soucis, tous ses espoirs, pendant plusieurs semaines. Elle eut un éclair de lucidité, un soir, en regardant une troupe de dauphins qui s’éloignaient au loin, en rangs serrés, formant une sorte de vague vivante. Mais aucun de ces dauphins n’était venu la voir sur son rocher. Lyne pleura toute la nuit, mais n’abandonna pas tout espoir. Communiquer avec les dauphins, c’était peut-être possible, en utilisant ses images et ses messages. Lyne avait toujours sur elle une très longue pelote de fils d’araignée, pour réparer ses ailes, lorsque c’était nécessaire. Elle en tira une vingtaine de longs tronçons, dans le dessein d’en faire des lignes de pêche. Elle utilisa des petits morceaux de liège qui flottaient alentour, au gré des courants, et elle s’en servit de bouchons pour ses lignes. Dix lignes furent lestées par un caillou reposant sur le fond, et une image fut placée à mi-longueur, avec un bouchon teint en rose luminescent en surface. 9


Dix autres furent équipées avec un message, et avec un bouchon teint en vert luminescent. Lyne fit un effort énorme pour s’envoler et placer chacune de ces lignes en rayons de cercle autour du rocher, à une distance de cent mètres environ. Elle pouvait ainsi surveiller les mouvements des bouchons, et voir si des dauphins s’intéressaient à elle et à ses histoires. Elle se réveillait parfois la nuit pour observer les petites luminosités roses et vertes des bouchons qui dansaient lentement à la surface. Deux mois s’écoulèrent, et elle eut plusieurs visites de jeunes dauphins, presque chaque semaine. La plupart d’entre eux venaient à courte distance de son rocher, sortaient la tête hors de l’eau, lui faisaient des petits signes amicaux, en hochant la tête, puis repartaient en faisant des sauts, mais revenaient rarement, ou alors très épisodiquement. Il y en eut trois qui s’intéressèrent de plus près à la jeune fée. Dont le dernier, bien plus que tous les autres. Leur tactique d’approche consistait à arriver à vitesse moyenne, et à se laisser échouer sur la partie du rocher qui plongeait lentement dans l’eau. Comme il n’y avait qu’une place sur cette partie en légère pente, ils ne risquaient pas une concurrence de proximité. 10


Lyne avait trouvé la solution, elle connaissait maintenant beaucoup mieux les dauphins, et ne désespérait pas de trouver l’âme sœur qui resterait pour toujours à ses côtés, sur son rocher. Le problème, c’était l’incompatibilité physiologique entre les fées et les dauphins. Lorsqu’un ami dauphin commençait à trop se dessécher sur le rocher, il disait qu’il devait aller faire un tour pour ne pas mourir. Ce n’était pas qu’il s’ennuyait, non, pas du tout, et il regrettait d’ailleurs de devoir partir, mais il partait. Lyne pensait qu’il reviendrait au bout de quelques minutes, mais il ne revenait pas, ou alors sans prévenir. Une fois même, l’un des trois dauphins revint alors que la place unique sur le rocher était déjà occupée. Il ne revint plus jamais, ou en tout cas, il restait suffisamment loin pour que Lyne ne puisse le voir. Comme Lyne continuait à mettre de nouveaux bigorneaux messagers sur ses lignes, il pleurait peut-être à distance en les écoutant. Le pire, c’étaient les nouvelles images, qui scintillaient dans l’eau claire, en tournant lentement autour de la ligne, avec les reflets lumineux du soleil filtré par les légères ondulations de la surface.

11


Le dernier ami en date avait choisi d’arriver au crépuscule, car il pouvait ainsi rester jusqu’à l’aurore, protégé de l’assèchement de sa peau par l’humidité bienfaisante des ténèbres et les petites attentions de la fée. En effet, Lyne recueillait de l’eau dans ses paumes placées en forme de coupe, pour faire durer le rêve, et entre ses mains caressantes, le dauphin reprenait vie. Lyne aurait pu ainsi rester la vie entière, avec son dauphin de passage, passant ses longues périodes d’absence à créer de nouveaux bigorneaux qui désespéraient tous les autres dauphins postulants, ce qui lui rendait l’absence de son chéri encore plus difficile à vivre, car la mer ne riait plus de leurs sauts. Mais il se passa alors un drame qui bouleversa tout le secteur. Un jour, un très vieux grand dauphin, blanchi par le grand âge, nageant toujours en profondeur, vint bourlinguer lentement dans cette zone et découvrit les images, qu’il vit miroiter de loin. Sa vue faiblissante l’obligea à s’approcher de trop près, tant pour voir les images que pour écouter les messages. Il n’avait jamais rencontré de fée au cours de sa longue vie, et il étudia tout, regardant et écoutant, de plus en plus près.

12


À tel point qu’il ne se rendit pas compte que chaque ligne se prenait dans ses nageoires, et qu’il les entraînait avec lui, transformant les bouchons roses et verts en un petit train que se déplaçait à la surface. Il ne lui vint pas à l’idée de regarder en surface comme le faisaient les jeunes dauphins. Il était simplement heureux de ses découvertes, et il regardait souvent les images, enroulées maintenant autour de son cou. Lorsqu’il eut accroché la dernière image, au cours d’une nuit noire comme l’encre, il sentit que quelque chose l’empêchait de repartir. Ce qui le gênait, ce n’étaient pas les cailloux qu’il déplaçait au fond de la mer, c’était une force presque horizontale qui le forçait à remonter lentement vers la surface. Car pendant ce temps-là, Lyne avait aperçu le petit train des bouchons luminescents qui se déplaçait lentement. Elle avait craint que son chéri ne soit pris dans les lignes, et elle tira, elle tira, mais c’était si lourd, ça résistait, mais ça venait quand même, petit à petit. Lorsqu’il resta seulement quelques mètres de ligne dans l’eau, elle devina une grande masse blanchâtre qui se débattait très mollement, en profondeur, et qui, brusquement, se précipita vers la surface, dans le but de l’admirer. 13


Ça ne pouvait donc pas être le chéri de ses rêves, et elle prit tellement peur qu’elle lâcha toutes les lignes et s’envola le plus loin possible. Lorsque son chéri revint vers le rocher, quelques jours plus tard, il découvrit un grand dauphin blanc mort, desséché sur le rocher, entièrement emmailloté et étouffé dans les lignes, et couvert d’images nacrées et de grands bigorneaux. . . . . . . . Un énorme crabe s’occupait déjà amoureusement de lui….

Fin 14


Interprétation. Cette histoire triste symbolise les méfaits de la drogue dure que constitue la grande toile, qui regorge de photos et de messages intimistes de jeunes femmes contant leurs déboires sentimentaux, dans l’espoir de trouver le consolateur unique qui comblerait leurs rêves d’idéal et de perfection. Malheur à ceux qui se laissent prendre dans ces superbes filets virtuels, qui finiront par les sortir du rêve et les ramener à une réalité bien affligeante. L’amour cérébral virtuel rend fou, et il ne s’éteint jamais, sauf accident malencontreux qui limite ses effets. Seul le crabe en tirera un bénéfice.

15


Épilogue fantastique de l'auteur Une très vieille légende du Grand Nord de la Norvège continue à circuler, le soir à la veillée, chez les Lapons du cercle polaire. Il y a une multitude de fjords dans cette zone inhabitable, et il y en a un en particulier, long de quatre-vingts kilomètres et dont la profondeur dépasse mille mètres. Il est inaccessible depuis la montagne, car il est entouré de sommets immenses, avec des à-pics vertigineux de sept cents mètres, qui plongent directement dans la mer, des deux côtés. Les vieux Lapons disent qu'un jour, le Roi des Dauphins, vénéré de tous les Lapons, est allé mourir au fond de ce fjord, sur le seul rocher émergeant. Personne ne pouvait y accéder par canoë, car le fjord, en un endroit proche de l'océan se rétrécissait à environ quarante mètres de large, et que des courants terribles et des maelstroms mortels y étaient permanents, du fait des mouvements incessants liés aux marées, de très grande amplitude dans cette zone de l'Arctique. Un vieillard connaissant bien les dangers de la région montagneuse environnante avait raconté un jour qu'il avait pu accéder, une seule fois, à l'un de ces à-pics. Alors, dominant la mer de six cents mètres, et de nuit, il avait vu vaguement le rocher, couvert d'une grande peau blanche. 16


Il était entouré d'une grande ceinture de petites lumières rouges et vertes qui semblaient prier pour le Roi des Dauphins demeuré là. Il n'avait pas vu les fées qui avaient fait cela, mais il savait que c'étaient elles, car ça ne pouvait être que des fées. Cette légende m'a beaucoup marqué, et je vais tenter de me faire descendre par hélicoptère, assis sur un morceau de tronc d'arbre. Ensuite, je m'approcherai de ce rocher, je sauterai le pas entre le tronc et le rocher pour tout comprendre, et peut-être même pourrais-je y rencontrer une fée, si elle daignait se manifester. Comme il me sera impossible de repartir, l'hélicoptère ne pouvant descendre dans ce goulet étroit et plein de tourbillons aériens, il faudra que j'y réfléchisse encore un peu, en étudiant mieux toutes les très vieilles légendes, pour savoir si les fées ont pu aimer des humains, dans un lointain passé, juste avant qu'elles disparaissent, en même temps que les légendes oubliées. Quand je me déciderai, je réglerai toutes mes affaires terrestres pour ne devoir rien à personne, et j'irai mourir là-bas, l'esprit tranquille, et le cœur plein d'espoir, car j'y crois, moi, aux Fées. Je disparaîtrai physiquement, certes, mais plusieurs solutions sont possibles cependant, et je veux rester optimiste.

17


Si la Fée qui habite ces lieux inhospitaliers décide de me rencontrer et veut savoir ce qui m'amène à prendre un risque fatal, j'exprimerai tout l'amour que je lui porte depuis l'éternité des légendes humaines. Comme la Fée a acquis les pouvoirs les plus étendus qu'on puisse imaginer, elle pourra les utiliser en fonction de son choix du moment. Si elle ne me comprend pas, si je n'arrive pas à lui transmettre lentement, très progressivement cette flamme qui m'habite, la Fée pourrait s'effrayer, tout comme elle avait été effrayée par le Roi des Dauphins. En effet, la flamme pourrait être fatale à ses ailes qui risqueraient de se consumer, et un tel amour lui ôterait toute liberté future, ce qu'elle pourrait ne pas tolérer. Dans ce cas, et je pense bien connaître les Fées des Légendes, elle sera amenée à décider de mon sort d'éternel amoureux solitaire, et je suis sûr qu'elle me libérera de mon corps pour faire renaître le Roi des Dauphins, permettant ainsi une amitié éternelle et sans risques pour nous trois.

18


La libĂŠration des Schtroumpfettes Ou

Les Lolitas Bleues

19


20


La révolution en marche… Il s’en est passé des choses chez nos amis les Schtroumpfs, en moins d’une génération, car tout est bouleversé aujourd’hui.

Le méchant Gargamel a inventé une mixture spéciale qu’il conserve dans un grand chaudron, et il y plonge chaque schtroumpfette qui passe à côté de chez lui. Son chat Azrael lui sert de rabatteur, car les schtroumpfettes adorent caresser leur chat, comme chacun le sait.

21


Il expliqua aux gamines qu’il ne fallait plus avoir peur de la bébête qui monte, qui monte et qu’elle étaient maintenant libres, enfin délivrées de la peur d’avoir un bébé qui les empêcheraient de mener la vie de rêve qu’elles méritaient .

Du coup, et très rapidement, les schtroumpfettes se passèrent le mot entre copines et elles plongeaient régulièrement dans le chaudron qui les immunisait pour quelque temps.

22


Du coup, elles se transformèrent en superbes lolitas bleues…

qui affolèrent lez gentils schtroumpfs de leur âge, dont plusieurs se transformèrent, tiens,… donnons un exemple..

23


Dans l’ancien temps, les schtroumpfs étaient des travailleurs acharnés, et construisaient tout de leurs mains, et préparaient même à manger pour toute la famille.

24


Et maintenant, ils ne faisaient plus rien, allant perdre leur temps dans les mêmes universités pour suivre les lolitas bleues dont l’activité principale était de se faire concurrence avec de beaux vêtements, plus courts les uns que les autres, et laissant leur mignon nombril à l’air, histoire de montrer qu’elles n’avaient plus peur du froid, ni de rien d’autre qui pourrait les réchauffer dans cette zone-là. Du coup, les schtroumpfs devinrent un peu inutiles.

25


Bien entendu, ce qui devait arriver arriva. Comme les schtroumpfs n’apprenaient plus à travailler de leurs mains, car c’était mal vu à l’Université, ils ne savaient donc pas construire de maisons, et ils n’en avaient même pas envie, car il y avait trop de nombrils à l’air en vadrouille. Les lolitas bleues avaient très rapidement quitté le giron familial, vers les 17 ans, donc ils firent de même, histoire d’être tendance. Ce fut une période appelée l’ère de la jouissance immédiate, sans contrainte, et sans réflexion préalable, et ça dura à peine plus de temps que Rome, vers la fin de son règne. Mériter de vivre en couple, prendre le temps de la réflexion pour être en mesure d’offrir un véritable amour cérébral en sus de l’amour bestial, c’était ringard et bien au-dessus des forces de chacun. Chacun vivait seul dans son taudis individuel, jamais rangé ni nettoyé, se nourrissant de pizzas et de conserves, faisant monter les loyers et les prix, puisque plus personne ne construisait d’habitations, qui auraient dû pourtant doubler en nombre pour accueillir tous ces célibataires. Tous ces individualistes forcenés devinrent très malheureux, se plaignant de n’avoir jamais assez pour se payer le dernier gadget à la mode, ou simplement pour mettre de l’essence dans leur scooter. 26


Tous les trafics imaginables firent leur apparition, savamment organisés par Gargamel, qui rentrait ainsi dans ses fonds pour la production de ses chaudrons, libérateurs de l’espèce Schtroumpf. On trouve encore dans les musées quelques tableaux de la schtroumpfette et du schtroumpf d’avant la révolution dite culturelle.

27


La morale de cette histoire, il n’y en a pas. Laissons les futurs historiens faire leur travail de géopolitique sociétale, dans 30 ans, à la fin de la prochaine. Mais c’est à vous d’écrire l’histoire, maintenant, car elle est en cours de développement, à cause de cette drogue de l’individualisme forcené qui ronge la société, une drogue dont on ne ressentira les effets que lorsqu’il sera un peu tard. 28


Le Grand Choix du Mâle « Moderne » ( !) ou encore

Engagement ou Pénétration

29


De la préhistoire à 1970 L’homme préhistorique n’avait pas trop le choix. L’impératif premier était de trouver de la nourriture, de s’héberger à l’abri des intempéries, et de prévoir ses vieux jours, lorsque ses forces le quitteraient. Les deux premières tâches, se nourrir et s’héberger l’ont habitué aux travaux pénibles, à la chasse et à la cueillette. La troisième était plus délicate, car il ne pouvait espérer beaucoup de soutien de ses congénères s’il parvenait miraculeusement à un âge avancé. Heureusement, il n’était pas seul à avoir ces problèmes, et les femmes étaient encore plus mal loties, à cause de leur enveloppe biologique plus fragile.

Je n’y étais pas, mais je suis persuadé que ce sont les femmes qui étaient les plus demanderesses, pour des raisons évidentes et logiques. 30


Quand l’homme s’enformait après une journée épuisante, fourbu et meurtri, elles en profitaient pour le regarder dormir, assurant d’une certaine façon un rôle naturel de gardienne du feu, qui ne devait en aucun cas s’éteindre. 31


Les temps étaient si durs que l’association durable homme femme fut rapidement confirmée, de façon très ferme, autour de la cellule familiale, car tout ce qui y était étranger constituait un danger potentiel, même de la part de ceux qui vivaient dans la grotte voisine.

. Et les siècles s’écoulèrent, avec leurs lots de tragédies, d’épidémies, de guerres, de catastrophes naturelles, de grands malheurs pour la cellule familiale qui résistait et se renforçait sans cesse, entretenue par les légendes que l’on se racontait le soir autour du feu. On dénombrait encore en 1970 les habitants d’un village en indiquant non pas le nombre de personnes, mais le nombre de « feux », donc le nombre de cellules familiales, élargies aux grands-parents, qui disparaissaient en moyenne à 60 ans dans les régions françaises d’altitude les plus rurales. Il arriva alors le grand bouleversement et l’éclatement. 32


La Société Moderne En quelques décennies, tout bascula, trop vite certainement, au point de déboussoler les éléments génétiques profonds dans l’ADN, pourtant transmis par le subconscient collectif. Le besoin de travailler, et celui de se réaliser en tant qu’être humain, avec un objectif personnel digne d’une espèce évoluée s’évanouirent en moins de 25 ans. La cellule familiale est devenue une gêne constante pour l’épanouissement de la jouissance immédiate, et les jeunes gens s’élancent « enfin » libres dans la société de plus en plus tôt. Ils savent tout d’avance sur tout, et ils n’ont besoin de personne avant de tenter de s’exprimer dans tous les domaines. De toute façon, les parents sont largués, ils ne comprennent rien à rien, et ils se planquent devant la télévision ou derrière le journal pour cacher leur honte, qui est (ou devrait être) profonde. Le résultat est fantastique, surréaliste et glauque. Les femmes sont libérées, et c’est un grand bienfait pour elles, elles n’ont qu’à décider elles-mêmes, puisque maintenant, c’est la femme qui choisit et qui propose la chose. L’homme est censé pouvoir décider de sa réponse, mais il est gêné par le peu de temps qu’on lui donne pour se décider. Toutes les relations hommes femmes se sont inversées. 33


Engagement ou pénétration Il y a dans l’être humain deux éléments clés qui s’opposent. L’inné, qui est le côté bestial hérité de milliers de générations conservant une foule de gènes humains très proches de ceux du bonobo, qui est le cousin le plus proche, primate bien connu pour ses dizaines de copulations journalières en famille. L’acquis, s’il existe (voir le contre-exemple de l’enfant-loup des Indes), qui fera de lui un être supérieur aux autres espèces animales, ce qu’on appelle un être pensant, quoi ! Quelqu’un qui réfléchit avant d’agir, en utilisant ses capacités cérébrales sans équivalent, analysant instantanément les avantages et inconvénients d’un comportement parmi plusieurs possibilités, en face d’un évènement imprévu ou nouveau. Quelqu’un qui est capable de prévoir à long terme, puisque l’essentiel de la survie immédiate est assuré d’une manière ou d’une autre, quelqu’un qui n’a plus qu’à se préoccuper de son véritable rôle sur la planète. À condition que l’acquis puisse être mémorisé, et sur une durée suffisante. L’homme est le seul animal qui naisse avec un cerveau non définitif. Il lui faudra attendre 19 ou 21 ans pour que son 34


cerveau ait mis en place toutes ses possibilités cognitives et de mémorisation. Lâcher dans la société adulte des petits non formés sans accompagnement parental est quelque chose qu’aucun autre animal ne fait. Pour en venir aux deux mots du titre, engagement et pénétration, en général, ces deux mots sont perçus immédiatement sur le plan sexuel/bestial dans l’ordre d’apparition naturel dans l’acte. On engage la chose, puis on pénètre l’autre chose. Chose, terme général, car il peut correspondre dans les faits à plusieurs interprétations, histoire d’être tendance et multi capable de. Par contre, si on leur donne leur définition la plus aboutie, celle qui résulte d’une littérature millénaire, l’engagement, c’est une affaire cérébrale, et l’on peut parler alors d’amour cérébral, dans la durée, préalable à l’amour bestial. D’un engagement profond et réfléchi, d’un amour cérébral sincère résultera une pénétration de ce qui est la chose la plus difficile à pénétrer qui soit au monde, pour former l’osmose et la fusion complète avec l’élu(e) de son cœur.

35


Aujourd’hui, on a droit à tout ça, et il reste utile de choisir, mais en s’engageant, quand même !

L’amour cérébral est la béquille indispensable à l’amour bestial/physique

36


37


A ne pas lire, c’est trop ringard, comme les parents quoi !

Choisissez ce que vous voulez, après mûre réflexion, et surtout ne mélangez pas les genres, sous prétexte que ça n’a rien à voir. Restez constant, et assumez-vous vous-même pour mieux aimer l’autre, ainsi vous ne vous détesterez pas vers les 45 ans. Si l’on n’est pas capable de prendre ses responsabilités à 21 ans, c’est que l’on n’est pas tout à fait fini, une sorte de grand fœtus pas mûr et qui ne mûrira plus, peut-être sans pourrir pour autant.. La jouissance immédiate est la drogue la plus dure qu’ait inventé la nature, aidée en cela par la société actuelle qui permet tout, sans risque apparent, mais attention aux dommages collatéraux, on passe le restant de sa vie à ne pas pouvoir les réparer, et malheureusement, on vit de plus en plus longtemps.

38


Série des Contes du Miroir