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Les suppléments du quotidien

Revanches Union Bordeaux-Bègles - Toulon SA M E D I 1 2 AV R I L - 1 5 h e u re s

Supplément gratuit au journal du jeudi 10 avril 2014. Ne peut être vendu séparément


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Bordeaux-Bègles -Sup_330 Toulon, samedi 15 heures

Derniers rounds AVANT-MATCH NICOLAS LE GARDIEN

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videmment, ça fait bizarre. Après 11 matchs, soit presqu’un tour complet du Top 14, à engranger des points ; après 5 victoires consécutives égalant la plus longue série de la saison (par le Stade Français) ; l’uppercut encaissé à Oyonnax a sonné l’Union BordeauxBègles. Elle savait que cela pouvait arriver mais l’absence de ce petit point de bonus qui l’aurait maintenu sur son chemin quasi-idéal et son manque de mordant l’ont renvoyé dans les cordes. KO, les Girondins ? Évidemment pas encore. Le pied de nez du règlement dans leur égalité avec Toulouse et le Stade Français - un minichampionnat où il manque un résultat - les repoussant toujours hors de ce Top 6 dont ils rêvent sans y avoir jamais mis les pieds, les (re) voilà donc avant les trois derniers rounds dans la position qu’ils ont toujours connue : celle de celui qu’on n’attend pas et qui doit prouver. Celle qu’ils préfèrent, aussi. Il n’y a pas de hasard : comme la défaite dans l’Ain a fini par sanctionner des prestations solides mais sur un fil depuis début mars, le final, tête contre tête ou presque et à cinq (Racing, Castres, Toulouse, UBB, Stade Français) pour deux places, laissera debout ceux à qui il reste le plus de ressources. Les plus costauds, en fait. Puisque, depuis le début de l’ère d’Ibanez à Moga, Grenoble est un aiguillon dans le vestiaire, ses hommes ont une nouvelle chance de prouver qu’ils ont quelque chose en plus que les Isérois, qui deux ans de suite viennent de jeter l’éponge au moment même où ils semblaient toucher leur Graal. Il y a des raisons d’y croire : il faudra être très fort pour rebondir contre un Toulon qui a fait une démonstration de ses muscles et de sa vitesse contre le Leinster. Mais les stars ont déjà payé pour savoir qu’il faut être bien préparé pour prendre Chaban-Delmas un aprèsmidi de quitte ou double. Celui-là l’est. Et s’ils réussissent ce coup-là, Matthew Clarkin et ses coéquipiers reviendront au centre du ring.

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L’UBB, « une petite finale » pour s’ouvrir une grande L’enjeu. La disette comptable à Oyonnax, pour la première fois depuis le 1er novembre à... Toulon (3117), a fortement rétréci la marge de manœuvre. Dix points sur les trois derniers matchs (réception du RCT, déplacement au Stade Français la semaine prochaine, venue de Biarritz le 3 mai) semblent nécessaires pour atteindre la 6e place . Remporter les deux rencontres restant au stade Chaban-Delmas est indispensable, et sans doute suffisant pour terminer 7e et disputer “au pire” un barrage de qualification à la prochaine Coupe d’Europe face au 7e anglais (actuellement les London Wasps). « Toulon, c’est notre petite finale » dit l’entraîneur des arrières Régis Sonnes. Pour s’en ouvrir une grande, le 3 mai face au BO. Le profil du moment. Depuis début mars, les matchs de l’UBB se ressemblent : malgré quelques à coups (notamment sur les mêlées importantes à Oyonnax), la conquête reste solide, les initiatives sont là. Mais avec un manque d’efficacité, entre mauls moins récom-

pensés et plus attendus, fautes techniques et/ou mauvais choix. Fébrilité ? C’est passé d’un souffle à Bayonne, sans frayeur contre Perpignan. Ça a cassé à Oyonnax, où l’UBB a cette fois perdu la bataille physique, et aussi Jean-Baptiste Poux, un leader, avant une rencontre où la mêlée sera une des clés pour tuer dans l’œuf le rouleaucompresseur toulonnais. Mais il ne faut pas noircir non plus : l’UBB a gagné 5 de ses 6 dernières rencontres. Pas qu’un hasatd.

L’inconnue. Coup de pieds aux fesses nécessaire pour se relancer ou coup sur la tête ? On saura samedi comment l’UBB, qui a peutêtre payé mentalement la succession de matchs décisifs, a digéré le revers dans l’Ain. Elle a pris l’air au Cap Ferret, est retournée dans sa bulle, s’est resserrée en relativisant. On saura samedi, pour une quatrième rencontre consécutive, si l’ossature a l’énergie nécessaire pour tenir l’intensité. L’homme en forme. Bon contre Perpignan, en vue à Oyonnax par

L’UBB a péché dans la continuité à Oyonnax. PHOTO PQR

son activité et bien sûr le contre en touche, Hugh Chalmers enchaîne les matchs à un niveau qui l’a rendu incontournable cette saison. Bis samedi ?

Les hommes à suivre. On attend toujours beaucoup d’eux et, sur ces grands rendez-vous, ils

n’ont jamais déçu : pas forcément à leurs aises lors des dernières rencontres, les leaders “historiques” devront prendre le jeu à leur compte samedi. Ce sera également vrai pour Pierre Bernard, qui devrait retrouver sa place de titulaire à l’ouverture. N.L.G.

Les Toulonnais se sont mis en configuration printemps celone pour affronter une USAP le couteau sous la gorge et recevront pour terminer le Stade Français en quête de qualification la semaine avant la demi-finale de H-Cup. Il leur faudra gagner une fois à l’extérieur.

Frédéric Michalak devrait débuter. À l’ouverture ?

L’enjeu. Le succès (32-28) sur Toulouse il y a quinze jours permet, sauf improbable catastrophe (aucune victoiresurlestroisderniersmatchs) aux Toulonnais d’apercevoir sans soucis une place dans les 6 premiers et, au pire, un barrage à domicile (le Racing, 5e, est à 5 points). Mais le RCT, 2e avec le même nombre de points

PHOTO AFP

(65) que Clermont (3e), préfèrerait bien sûr décrocher une place dans les deux premiers qui lui ouvrirait directement la porte des demi-finales. Pour cela, la bataille sera rude avecMontpellier(66points)etl’ASM. Et le calendrier des Varois n’est pas si simple: après Chaban-Delmas, ils visiteront le stade Olympique de Bar-

Le profil du moment. Le champion d’Europe monte en puissance depuis deux mois : six victoires lors des sept derniers matchs, pour un revers 22-16 à Clermont où les hommes de Bernard Laporte avaient laissé une grosse impression dans le jeu. La démonstration de force contre le Leinsterdimancheenquartdefinale de H-Cup montre que Toulon touchesonpleinrégimephysiquement comme dans l’alternance. L’inconnue. Sauf contre-pied, le staff renouvellera son XV samedi avec les remplaçants du quart de HCup (Castrogiovani, Mermoz, Bruni, Claassens, Habana...) et les non-retenus (Michalak, Palisson, Tuisova, Wulff...) Sur le papier, cela fait autant - voire plus - peur, surtout que tous

ceux-là joueront une partie de leur placepourlesmatchsdécisifs.Ilreste à voir si la force collective est la même, et deux postes offrent moins de solution du fait des blessés (Williams, Botha, Sheridan) : deuxièmeligne(oùRossouwdevrait enchaîner) et pilier gauche (où l’exBiarrot Menini devrait débuter pour la première fois).

L’hommeenforme.Auteur d’un match éclatant contre Toulouse, Frédéric Michalak n’a pas joué contre le Leinster. Jonny Wilkinson touché face aux Irlandais, il devrait débuter à l’ouverture. Pour confirmer et s’imposer. L’homme à suivre. Titulaire à deux reprises cette saison dont… la première contre l’UBB (31-17), l’ailier aux 53 essais avec les Springboks Brian Habana, victime d’une déchirure à la cuisse en décembre, n’a pas joué depuis son retour dans le groupe. Il devrait le faire, samedi. N.L.G.


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LE MATCH

Infirmerie

Écart

Côté UBB, outre Bruce Reihana (en reprise) et Poutasi Luafutu

(déchirure), le coup dur est venu de la blessure à l’épaule de Jean-Baptiste Poux, éloigné des terrains au moins un mois. Le centre Félix Le Bourhis est opérationnel et l’incertitude reste pour Nicolas Sanchez. Au RCT, Jonny Wilkinson, touché en H-Cup, sera absent, comme Chris Masoe et Andrew Sheridan. Bakkies Botha et Ali Williams restent trop justes.

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La phrase points séparaient au classement Toulon,

« ●

Le match de la saison passée,

je crois que c’est loin, très loin dans alors leader, de l’UBB (13e) lorsqu’ils se sont af- l’esprit des joueurs. Ce qu’il leur reste e frontés à la 17 journée la saison en tête, surtout, c’est celui à Oyonnax. passée. Il y a avant la 24e journée samedi, cette fois 7 unités d’écart. Raphaël Ibanez, manager de l’UBB

La marque de l’an passé RETROUVAILLES Le 41-0 du 9 février 2013 avait lancé une fin de saison réussie des... deux équipes. Au moment du remake, les Girondins ne veulent pas (trop) s’en souvenir, les Toulonnais un peu plus vainqueurs girondins) : de l’eau a coulé dans la Rade depuis.

NICOLAS LE GARDIEN n.legardien@sudouest.fr

L

es Girondins superstitieux retiendront peut-être qu’en février 2013, la victoire bordelaise s’était un peu nouée au karting, le mardi précédent, et que celle semaine-ci a débuté en vélo et à la pétanque. Ou que Monsieur Raynal, désigné pour la rencontre de samedi, était déjà l’arbitre du centre, que l’horaire était le même et les caméras de Canal + seront encore présentes. Les autres ne peuvent évidemment pas s’empêcher de s’en souvenir tout court au moment alors que, pour la première fois depuis, Union Bordeaux-Bègles et RC Toulon vont se retrouver au stade Chaban-Delmas. Cette victoire, c’est évidemment le 41-0 de la saison passée - le 9 février 2013 - qui est inscrit dans tous les esprits. Enfin presque. « On les avait battus ? Combien déjà ? » sourit le troisième ligne de l’UBB Hugh Chalmers. Et de reprendre plus sérieusement : « cela fait plus d’un an. On a avancé, eux ont avancé. On regarde l’avenir, pas le passé. »

« Ca n’a rien à voir » Au cours d’une semaine où l’idée est de ne pas se disperser, tout lien est vite enterré à Moga. La référence ne paraît toutefois pas forcément anodine et inutile, que ce soit psychologiquement ou tactiquement. « Il ne peut pas y avoir de comparaison car on a évolué, infirme l’entraîneur des avants Régis Sonnes. En

Blair Connor entre Jean-Charles Orioli, Juan Martin Fernandez Llobe et Bakkies Botha. « On avait gagné les duels » retient Raphaël Ibanez.PHOTO GUILLAUME BONNAUD

terme d’effectif, de contenu, on a un registre plus complet je pense. Ça n’a rien à voir. » Rien à en tirer, vraiment ? « On avait gagné les duels » dit juste le manager Raphaël Ibanez. « On va voir, reprend Régis Sonnes. Ca avait été extraordinaire mais on avait eu de la réussite. Mais ce que je veux

rappeler, c’est qu’au bout de 30 minutes, il y avait seulement 3-0. Il y avait eu un bras de fer difficile avant de se libérer. Et le contexte était différent pour nous, où nous étions en difficulté, comme pour eux. » Au creux de l’hiver, le RCT n’avait en effet pas son visage du printemps et, après dix jours de vacan-

ces pour se régénérer, n’avait repris l’entraînement que trois jours avant. Cette fois, ils arrivent lancés. Et ils ne seront au maximum que 13 (en prenant en compte les blessures) à avoir connu la claque de la saison passée potentiellement sur la feuille de match (contre 16 de leurs

Les supporters sans rancune Il n’est toutefois pas sûr que Bernard Laporte et son staff ne s’en servent pas pour mettre leurs hommes en garde. Et côté supporteurs, en tout cas, l’empreinte n’est pas oubliée. « Cette défaite reste un peu en travers de la gorge, car c’était une dérouillée, même si finalement cela a été un élément fédérateur car les succès qui ont suivi se sont construits dessus, dit Gilles Montal, viceprésident et porte-parole des “Fadas”. Mais il n’y a pas de sentiment de revanche chez les supporteurs : on est aussi des amoureux du rugby, en cela on apprécie le jeu de l’UBB et ce jour-là, elle nous avait été nettement supérieure. » Pour le sportif, l’intéressé voit les choses un peu différemment : « on connaît nos joueurs et on se doute qu’ils auront à cœur d’effacer ce revers. Il y a des échéances à venir mais ce groupe ne l’aura pas oublié. Et surtout on a besoin de ces quatre points pour assurer une place dans les deux premiers et écarter un candidat aux phases finales. » Et s’il devait choisir entre un score identique et une Coupe d’Europe conservée ? « Disons qu’on garderait la H-Cup et une défaite avec le bonus défensif, comme ça tout le monde serait satisfait » s’amuse Gilles Montal. Pas faux.


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LE MATCH EN BREF

À guichets fermés

Domicile

Il n’y aura plus de places à vendre samedi aux guichets du stade Chaban-Delmas : l’ensemble des tickets ont trouvé preneurs et plus de 33 000 places seront occupées. Ce sera la deuxième fois après UBB - Toulouse le 23 mars 2012. Un chiffre qui permettra à l’UBB d’occuper la première place des affluences de Top 14 (18 400 de moyenne) devant... Toulon.

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victoires consécutives à domicile pour l’UBB, 10 victoires consécutives au stade Chaban-Delmas. En 11 déplacements de Top 14, Toulon a gagné deux fois (à Biar-

ritz et Bayonne) et fait un nul (à Montpellier). Elle l’a fait deux fois aussi en H-Cup.

Remobilisation On prend Oyonnax comme un apprentissage de plus. Toulon, c’est du bonus et on a envie de le croquer. Régis Sonnes, entraîneur de l’UBB

« ●

« Quand on est à 80 minutes... » OLIVIER BROUZET Le match, l’Europe, l’évolution du club, Toulon : le responsable du développement de l’UBB fait le tour des sujets NICOLAS LE GARDIEN n.legardien@sudouest.fr

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li Williams - Bakkies Botha, l’attelage de Toulon (1), ça lui rappelle des souvenirs. « J’ai des photos avec Botha, où il était beaucoup moins costaud. Je lui mettais des branlées, s’amuse-t-il. Sérieusement, ce sont des joueurs de légende. Aujourd’hui, le rugby est plus intense, plus entraîné. Quand je vois Aliki (Fakaté) et Jandre (Marais), ce sont aussi des beaux bébés et ils nous apportent. » Olivier Brouzet a lui tourné la page depuis un petit moment - ça fera 10 ans la saison prochaine. Et samedi l’ancien deuxième ligne aura d‘autres chats à fouetter : la venue du RCT sera le nouveau match des records pour l’Union Bordeaux-Bègles, version coulisses. Record de spectateurs (lire ci-dessus), record de prestations partenaires, record de recettes aussi. Forcément un petit succès pour le responsable du développement et

son équipe qui mène l’opération délicate de professionnalisation du club - conservation de l’esprit qui forge l’image (et la réussite) de l’UBB. Est-ce le plus gros match depuis la création de l’Union ? En terme d’organisation, oui. Et dans la position actuelle du club, c’est aussi le plus important : en l’emportant puis en battant Biarritz, on peut espérer nous qualifier et, au pire, on fera un barrage européen. C’est l’idée que tout le monde se gardait derrière la tête depuis le début de saison et on peut l’atteindre. Le contraire serait une déception maintenant ? Forcément. Même si ce n’était pas l’objectif, l’équipe a fait beaucoup d’efforts, une belle saison et ce serait une juste récompense. Ça reste très tôt pour le club, qui n’est en Top 14 que de-

« On sait très bien que si on joue le maintien, 6-7 saisons, c’est plus compliqué. Mais là on est dans une progression éclair et linéaire. » PHOTO STÉPHANE LARTIGUE

puis trois ans, mais on a tous suffisamment d’expérience pour savoir que quand il y a une chance, il faut la saisir absolument. Et la grande qualité de ce groupe, c’est justement de saisir les opportunités. Depuis quatre ans, ils ont toujours répondu présents sur les matchs importants. Sauf samedi dernier (sourire). On est tous déçu, mais est-ce qu’on aurait gagné il y a deux mois à Oyonnax, je n’en suis pas sûr non plus. On n’a pas grillé toutes nos chances. Mais on accueille le champion d’Europe qui est plutôt en forme. Et pour le club en général ? Une qualification serait un trem-

plin, le contraire ne serait pas un coup d’arrêt : l’effectif s’étoffera un peu encore à l’intersaison, il y aura d’autres occasions lors des prochaines saisons. Mais quand a la chance de disputer un tel bonheur sur 80 ou 160 minutes, il faut y aller à fond. Je répète souvent que nous, dans les bureaux, on est tributaire de ce qu’il se passe sur le terrain. On sait très bien que si on joue le maintien, 6-7 saisons, c’est plus compliqué. Mais là on est dans une progression éclair et linéaire. On a la chance d’avoir des joueurs responsables qui nous facilitent les choses. On sait aussi que la saison prochaine sera encore plus difficile, il n’y

aura plus de surprise, plus d’attente. En terme de budget, le curseur monte plus vite que ce qu’avait imaginé Laurent Marti en fin de saison 2011-2012. (il coupe) C’est la réalité du terrain qui le veut. On a besoin pour être performant de joueurs d’expérience. Mais encore une fois, on ne dépasse pas les bornes et on ne dépense pas l’argent qu’on n’a pas. C’est le leitmotiv de Laurent (Marti) et Jean-Paul Geneste (responsable administratif et financier) et c’est normal. On sait que c’est fragile mais on a plus de certitudes qu’hier.


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Le match aller

La stat’

Préparation

Le 1er novembre à Mayol, l’UBB avait tenu tête aux Toulonnais 45 minutes (12-12), jusqu’au carton jaune de Félix Le Bourhis. Ils avaient alors craqué en deux temps : via deux essais (27-12) avant de se rapprocher par Talebula (27-17) et céder dans le final (37-17).

comme le nombre d’essais marqués par Toulon au stade Chaban-Delmas depuis la remontée : le RCT s’était imposé 27-16 le 16 septembre 2011 avec 9 pénalités (7 de Dumora, 2 de Lapeyre) et avait donc perdu 41-0 la saison dernière.

Avoir battu Clermont nous a montré que l’on était capable de battre des équipes de cet acabit : on sait qu’on peut le faire. Emmanuel Saubusse, demi de mêlée de l’UBB

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vraie question pour franchir un palier, désormais, c’est le stade. Elle n’est pas entre nos mains, ça va se jouer dans les deux-trois mois. Comment le voyez-vous ? Que ce soit à Chaban, la direction souhaitée par Laurent (Marti), ou à Bègles, on sera seul. Jusqu’ici, on cogère les matchs à Chaban avec les Girondins et il va falloir le prendre en mains, étoffer nos équipes. Ce n’est pas la même dimension qu’à Moga. On a un an et demi pour s’y préparer. C’est à la fois long et court, mais on a commencé à en parler. Les Girondins, c’est 200 salariés. On n’est pas le même club, il faudra s’adapter. Eux font des choses beaucoup mieux que nous, on s’en inspire. On regarde le fonctionnement ailleurs. C’est excitant. On est dans un projet, on sait qu’il ne s’arrêtera pas demain, qu’il y a beaucoup de grandes choses à vivre. Ca pousse à ne pas s’endormir.

Quels sont les axes pour faire suivre de votre côté ? Offrir le meilleur service au public, aux partenaires. La billetterie est très importante et les Girondins nous aident beaucoup. Après, on essaie constamment d’étoffer l’offre commerciale, de répondre à nos nouveaux partenaires, et on en accueille vraiment beaucoup. On essaie d’être plus présent dans la communication, les réseaux sociaux. On est une dizaine à travailler dans les bureaux dont six salariés, contre trois à la montée. Cela permet de traiter plus de choses, d’aller plus au fond : tout a été très vite, il a fallu travailler dans l’urgence. Il y a eu du gros travail de fait et aujourd’hui, on est dans le détail. La

Toulon, c’est une référence ? Toulon, ça a toujours été très intense (sourire). À mon époque, ça ne faisait pas des passes sautées. Aujourd’hui, bien sûr, cela en est une : c’est une sélection internationale, avec de très bons joueurs à tous les postes. C’est une montagne, mais après une montagne qui fait parler d’elle un peu trop souvent pour de mauvaises raisons, qui ne concernent pas le jeu. Ça ternit son image. Vous avez toujours les frissons avant un tel match ? Évidemment. On a donné beaucoup de nous-mêmes pour ce club, Je vis à fond, de façon intense. Parfois un peu trop certainement. Mais c’est la beauté du sport et ça permet de prolonger un peu la carrière. (1) Absent sur blessures samedi.

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« ●

Ibanez - Laporte : « rien à se prouver » Avec l’un comme sélectionneur, l’autre comme capitaine, Olivier Brouzet a connu un Grand Chelem (en 2002) et une demi-finale de Coupe du Monde (en 2003), quatre ans communs en équipe de France (de 1999 à 2003). L’ancien international a connu Bernard Laporte sélectionneur et découvre aujourd’hui en manager Raphaël Ibanez, ami de très longue date et associé (vignes, stages de rugby) qui l’a rejoint à l’UBB la saison dernière. « Laurent (Marti) voulait quelqu’un de nouveau, il avait une liste et il y avait Raphaël (Ibanez). Évidemment que j’ai appuyé en son sens mais c’est Laurent (Marti) qui a choisi. Il a choisi son staff avec beaucoup d’intelligence, sans doute l’un des plus équilibrés » dit-il. Ce qu’il en pense.

Raphaël Ibanez « à sa place » « Je ne suis pas objectif mais je pense qu’il est à sa place : manager son équipe, manager son staff, avoir un regard large et pas seulement se cantonner un boulot précis : la mêlée, la touche ou la défense. C’est en ayant cette perspective qu’il apporte un peu plus. En un an et demi, il a pris de la bouteille et il a dû changer dans sa relation avec les joueurs. C’est toujours difficile d’arriver dans un groupe qui a connu une montée, quelques moments de galère mais des bons moments aussi. La force d’un manager, c’est d’arriver à transmettre ses orientations et d’avoir un retour sur le terrain, dans les attitudes. Et dans ce sens, il a réussi. Dans la période difficile, la saison dernière, on en a un peu parlé mais il avait suffisamment d’expérience et pouvait s’appuyer sur un

Bernard Laporte et Raphaël Ibanez, après la victoire du Grand Chelem en 2002. PHOTO PHILIPPE TARIS

staff de qualité. Après, on discute de choses et d’autres et je ne manque pas de lui donner mon opinion. »

Bernard Laporte : « du mal avec ses propos » « C’est quelqu’un qui m’a fait confiance et je ne devrais pas le brocarder, mais j’ai du mal avec ses propos. À Oyonnax, quand je vois Nicolas Sanchez sortir une civière et qu’il n’y a pas un carton, j’ai des mots pas tendres, plus durs que les siens même, mais je les garde dans ma tête. Après, il a un message qui passe bien. Il ne m’a jamais fait monter au plafond comme un Jacques Fouroux, par exemple, que j’ai eu la chance de connaître, mais je ne

l’ai eu que comme sélectionneur, et ce n’était pas ce rôle. À ce poste, vous avez des joueurs mûrs et la mission est de retrouver un collectif sur un temps très court et de trouver les solutions pour le match. Et aujourd’hui, sans vouloir minimiser ses qualités, il a une équipe extraordinaire. »

Le match : « opposé dans l’appréhension des choses » « Ils sont opposés dans leur caractère, leur façon d’appréhender les choses. Raphaël n’a rien à prouver à Bernard Laporte et vice-versa. Chacun a ses aspirations, je ne crois pas que Raphaël ait des ambitions démesurées et Bernard Laporte a déjà tout connu. »


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LE MATCH EN BREF

En avion privé Comme l’UBB samedi dernier à Oyonnax (afin de faciliter la récupération), les Toulonnais, en au repos lundi et mardi, feront l’aller-retour en avion privé depuis Hyères. Ils arriveront vendredi soir et repartiront après le match.

Continuité

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Impatient

joueurs de Toulon ont débuté les trois derniers matchs de Toulon

(à Clermont, contre Toulouse et contre le Leinster) : Chiocchi, Burden, Hayman, Suta, Smit, les frères Armitage, Tillous-Bordes. Vingt-et-un joueurs ont été titularisés.

« ●

J’attends qu’on me donne l’opportunité de m’exprimer. Mais il faudra que je saisisse ma chance car sinon, je passerai le reste de la saison sur le banc ! Brian Habana, ailier sud-africain du RC Toulon dans « Var Matin »

Banquet se régale ANALYSE Entraîneur de Libourne, l’expilier du CABBG (2002-2003) et du RC Toulon (2006-2009) voit l’UBB gagner PROPOS RECUEILLIS PAR PATRICK FAVIER p.favier@sudouest.fr

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rois saisons à Toulon contre une à Bègles. Même s’il est Girondin, né à Libourne, dont il entraîne le club, David Banquet reste Toulonnais de cœur, pour des raisons personnelles et sportives. Mais il livre une analyse équilibrée du match de samedi, et chaleureuse pour les deux clubs. « Sud Ouest. » La défaite de l’UBB à Oyonnax enlève-t-elle du piment au match de samedi, l’UBB peut-elle encore accéder au Top 6 ? David Banquet.Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. L’UBB a encore toutes les cartes en main. Il faut gagner deux matchs à domicile, grappiller un ou deux points à l’extérieur. Ce revers pointe-t-il un signe de manque de fraîcheur de l’UBB ? Non, je ne le pense pas. BordeauxBègles est tombé sur une équipe d’Oyonnax qui jouait sa survie. Physiquement, il n’y a pas de souci à

mon avis. Oyonnax ne voulait pas mourir, et a tout donné pour battre l’UBB, comme Toulon et Clermont avant. Peut-être que les joueurs de l’UBB pensaient que ce ne serait pas si difficile, mais c’est une équipe qui sait rebondir, qui rebondira samedi, je ne me fais aucun souci pour eux.

« La pression n’est pas sur l’UBB, elle est sur Toulouse » L’UBB a manqué le point de bons défensif qui lui tendait les bras. La pression de la qualification pour les phases finales explique-t-elle le manque de lucidité ? Il y a eu un manque de lucidité, c’est vrai. L’UBB joue en fin de match une mêlée à 8 contre 6 et tape une pénalité en touche. Au lieu de demander une nouvelle mêlée et d’obtenir une meilleure pénalité. Mais ce n’est pas la première fois, les Béglais sont joueurs, c’est leur état d’esprit, cela fait leur force, il ne faut pas leur reprocher. Ce n’est pas lié à la pres-

David Banquet (ici la saison dernière, lors de la montée de Libourne en Fédérale 2) : « Même si mon cœur est toulonnais, je dirais 25-22 pour l’UBB. » PHOTO STÉPHANE KLEIN

sion donc. Et puis, ils ne doivent pas se mettre la pression, ils n’ont rien à perdre. S’ils se qualifient, c’est du bonheur, s’ils ne le font pas, personne ne leur en voudra. La pression n’est pas sur eux, elle est sur Toulouse. Vous avez vu aussi le match de H Cup de Toulon. Que pensez de cette équipe, parce que ce ne sera pas là même samedi ? C’est certain, Toulon a deux équipes. Ceux qui n’ont pas joué dimanche dernier et seront sur la pelouse samedi voudront se montrer pour être de la demi-finale européenne. Donc même si ce match à Chaban n’est pas essentiel pour Toulon, les joueurs vont

arriver « énervés », ce sera un gros match.

même ! C’est par eux que j’ai eu la place pour aller au match !

Serez-vous toulonnais ou girondin ? J’ai connu le CABBG un an, Toulon trois saisons, j’y ai gagné un titre de champion de France de Pro D2, j’y ai vécu des choses extraordinaires… Mon cœur est Toulonnais, et puis j’ai épousé une Toulonnaise, j’y retourne tous les étés, je discute avec Pierre Mignoni, Bernard Laporte…

Les Toulonnais ont-ils oublié le 41-0 de la saison passée ? Non, je ne le pense pas. Ni Bernard je pense ! C’était une sacrée déculottée ! Si ça se trouve, il y aura même sur le terrain des joueurs qui l’ont connu. Mais bon ce match comporte moins d’enjeu pour Toulon que pour l’UBB. En tout cas, ce sera un beau match, une belle fête, devant 30 000 spectateurs.

Vous gardez beaucoup de contacts là-bas ? Oui bien sûr. Laporte, Mignoni, Allou, le préparateur physique, Orioli, Palisson, Bruni, Chiocci et d’autres, il en reste pas mal quand

Un pronostic ? Même si mon cœur est toulonnais, je dirais 25-22 pour l’UBB, qui pourra garder espoir.


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UBB, à travers les âges SOUVENIRS Au moment où l’UBB rêve de Top 6 pour la première fois de sa jeune existence, petit rappel de ce qu’étaient l’Union et les deux clubs qui le composent il y a 5, 10, 15 et 20 ans.

5 ans

lais joue en Élite 2, est entraîné par Alex Sessac et Roger Sicre, avec Berthe, Pardo, Larrue, les frères Bonhur.

2009 : tout se met en place Cette année-là, à la fin de la saison 2008-2009, un Laporte quitte l’UBB, formée deux ans plus. Il s’agit de Patrick, qui a attiré Laurent Marti à la présidence l’année précédente. Au printemps 2009, Vincent Etcheto (Boucau-Tarnos) est annoncé pour la saison suivante aux côtés de Frédéric Garcia, et Marc Delpoux le rejoindra, en provenance de Calvisano. Cette annéelà, l’UBB, en Pro D2, perd à domicile le 14 mars contre Tarbes (12-27) et abandonne ses chances de jouer la montée. Mais joue les trouble-fête contre Pau, Agen et La Rochelle, les fortes têtes de la promo. L’UBB montera au terme de la saison 2010-2011, après un sprint final éblouissant. Dans l’équipe : Lagarde, Machenaud, Vermis, Marlu, Ferrères, Chalmers, Jackson, Sourgens…

10 ans 2004 : l’heure de sauver les meubles Cette année-là, le Club Athlétique Bordeaux-Bègles Gironde vit ses dernières heures. Rétrogradé en Pro D2 la saison précédente, il s’apprête à descendre en Fédérale 1, coincé en queue de classement et acculé au dépôt de bilan par 600 000 euros de dette. À la présidence, Robert Dubernet de Garros bataille sur les ruines de l’équipe Kevin Venkiah, Rafik Khalifa, quittés par Bernard Magrez. Une période marquée par cette scène culte où son ami Gérard Depardieu insulte Noël Mamère, qui refuse de la saluer. Le 3 avril, Christophe Reigt entraîne, entre autres, Clarkin, Lavie, Ni-

20 ans 1994 : au temps du Groupe A

Guy Accocceberry et le CABBG, battus en quarts de finale par Bourgoin

nard, Rieger, Verling, Mamy, Hubert, Loubsens. L’équipe joue à Musard contre Toulon un match de survie, mais l’ambiance est au deuil. L’Union naîtra en juin 2006. Cette année-là, le Stade Bordelais est lui-aussi en Pro D2, mais bien installé. Patrick Vergé entraîne notamment Agard, Blancard, Andreu, Torregarray. Il terminera 5e du classement en 2004-2005.

15 ans 1999 : Top 16 et Élite 2 Cette année-là, Bègles se régale dans le Top 16, dans l’une des quatre poules de quatre formées au printemps pour désigner les huit quarts de finaliste. Bègles-Bordeaux se qualifie devant Castres, Perpignan et Dax mais tombe en quart en mai, 8-14 devant Bourgoin. Sous les ordres de Philippe Berbizier, Mac Donald, Reigt, Teychouères, Accocceberry, Conchy, Brouzet, Loppy, Berthozat, De Rougemont et Collazo, entre autres. Cette année-là le Stade Borde-

Cette année-là, l’élite joue encore en groupe A. 32 équipes en 8 poules de 4. Le CABB se qualifie au premier rang pour le Top 16 mais est devancé dans sa poule de quatre par Toulouse et Narbonne, qualifiées pour les quarts. Des play-offs mal commencés à Narbonne, chez Codorniou, avec une défaite de 18 points et une 3e ligne, pointfort du club, décimée. Christian Lanta entraîne Alibert, Labat, Conchy, Garcia, Etcheto. Berthozat, Clamens. Le Stade Bordelais, 5e de la poule de 8, joue le maintien en groupe A, juste derrière Toulon, joue le maintien dans la coupe Moga. Lors de la 1ere journée, Vincent Moscato est expulsé pour un coup de poing violent. Reigt, Gimbert, entre autres, sont entraînés par Jean Trillo et Bernard Laporte.

25 ans

En 1989, William Teychouères et le SBUC en 2e division. PHOTO M. L.

En 1994, Vincent Moscato jouait au SBUC. Avec Bernard Laporte et Jean Trillo comme entraîneurs. PHOTO MICHEL LACROIX

1989 : le rugby à deux étages Cette année-là, le CABB joue en première division et se qualifie tout juste dans l’une des quatre poules de 8 équipes, où l’on voit Bergerac, Cognac, Villeneuve-sur-Lot, Boucau-Tarnos, mais pas le Stade Bordelais. En 8e de finale aller-retour, l’équipe d’Yves Appriou, avec Delage, Berthozat, Courtiols, Soulé, Clamens, Geneste, Sessac, Moscato, est corrigée par Toulouse. Le Stade Bordelais de Bernard Junc, avec Vidal, Teychouères, Perry, Roziers, évolue en 2e division. Patrick Favier

Le 3 avril 2004, Matthew Clarkin affrontait Toulon avec le CABBG en Pro D2. La descente sera financière. PHOTO L.THEILLET


Rugby - Ubb - Toulon  

Supplément au journal Sud Ouest (Edition Gironde) du 10 avril 2014

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