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Printemps 2013

Le journal "on the road again"

Prix re lib

1 an après... Mon principal ennemi, c'était la finance.

L'actu dessinée de Djedje

Avant il était "socialiste", mais ça... c'était avant !

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Accords Etat­MEDEF

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- LA - Les - Les VICE -

guerre au Mali pour les nuls Fro n te x SORTIe CINE DU PRINTEMPS Loi Fiorasio

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l u t t es l oc a l es Les coquinages culturels

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billets

- La

d'h umeur

La BD de

Les rumeurs et autres racaileries...


Édito

Racaillous et racaillettes qui lisez encore ce bon vieux journal, merci d'en être encore et d'être patients ! Certes Racailles sort peu, avant tout parce ça demande beaucoup de temps et beaucoup de travail. Mais on est encore là, prêts à foutre le souk et tout le monde est cor-da. Si vous voulez prendre d'assaut la parole publique (et au passage les médias traditionnels de désinformation) ; si vous avez des choses à exprimer avec virulence et passion ; si vous voulez faire “comme Médiapart” ; si vous considérez que l'objectifdes médias est d'incarner un contre-pouvoir plutôt que servilement accompagner les dominants... nos bras sont grands ouverts pour vous accueillir dans notre équipe de foufous ! Faire un journal, c'est hyper grisant, et si nous étions plus nombreux, nous pourrions faire un peuplus d'investigation locale par exemple... Et puis faire un journal, ça s'apprend sur le tas ! Foutaises que les écoles de journalisme qui moulent à la pensée dominante pour produire de l'info par kilos au gré d'une “actu” commanditée et buzifiée, nourissant une opinion publique fanstasmée plutôt que de questionner des idées alternatives ! Bref, si vous avez la patate, des idées à faire germer et de la créativité à partager, rejoignez-nous ! Avec une ligne éditoriale comme la nôtre, il y a du tafen ce moment ! Beaucoup de choses à critiquer, à démonter, à contester, à analyser, à défendre, et aussi à proposer : les nombreuses “affaires” qui gangrènent l'Etat ; les actionnaires et chefs d'entreprises omnipotents qui contrôlent le destin de la France et du monde et sacrifient à la fois planète, hommes et femmes pour assouvir leur insassabiable appétit d'argent ; le fossé entre riches et pauvres de plus en plus accentué par la démission de l'Etat face aux intérêts de la finance ; les richesses et ressources du Sud pillés sans cesse ; d'éternelles guerres coloniales rejetant l'Autre derrière murs et frontières ; et bien sûr les pandas qui meurent! La résistance, bien vivante, doit maintenant se muer en changement radical de nos sociétés, nos institutions, nos modes de vie et nos rapports à l'autre. Nous avons pleuré la mort de Stéphane Hessel, mais son esprit de combat contre l'injustice sera toujours présent. Nous avons trinqué à la mort de Thatcher, qu'elle brûle en enfer dans les hauts-fourneaux qu'elle a fait fermer ! Et qu'elle emporte avec elle toutce qu'elle incarnaitd'injustice sociale, d'égoïsme, d'esprit individualiste et pionnier, et j'en passe ! Surce, bonne lecture de vot' p'tittorchonlocal ! Jacques Espère en Dieu & YvesTrès Hard

Pournous contacter: red-racailles@no-log.org Site web : www.racailles.info

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La rédaction.

L'actu dessinée


de Djedje

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Rumeurs et autres Racailleries...

• Mouvement social :

Grève des porteurs du sercueil de Thatcher : "we want our monney back" • Retraite :

Cahuzac se retire de la vie politique : reste à ouvrir une agence UBS à l'ile de Ré • Modernité :

Frigide Barjot peut faire l'amour avec deux doigts, Rigide Fardot n'a pas peur du fist. • Manif pour tous :

Le petit Jésus, premier né par GPA ? • Ephéméride :

..

Après le Printemps Français, il y a souvent le vélodrome d'hiver • Télé­réalité :

Un ràté avec une cocotte-minute de Top Chef a fait 3 morts à Boston. • Terrorisme:

Comme Poutine, Obama ira-t-il "buter les tchetchenes jusque dans les chiottes" ?

(Suite page 12)


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LE MEDEF

Destruction du droit du travail du syndicalisme de lutte Qu'elle a bien commencécette année sociale ! Un mois après son arrivée à la place de François Chérèque à la tête de la CFDT, Laurent Berger a enfiléson plus beau costume [orange], a remis de l'encre dans le stylo à signatures (il faut dire qu'il sert beaucoup) et a rejointle cercle de la traîtrise sociale réuni autour du MEDEF. Etcela n'a pas loupé, avec la CFTC et la CFE-CGC, un accord a été trouvé le 11 janvier dernier « au service de la compétitivité des entreprises et de la sécurisation de l’emploi », véritable aval anticipé aux réformes structurelles du marché du travail, identiques à celles imposées par la Banque centrale européenne, la Commission européenne et le FMIdans le Sud de l’Europe. Tout y est : baisse des salaires en cas de menace sur l’emploi, prédominance de l’accord d’entreprise sur l’accord de branche et sur la loi, facilitation des mobilités forcées et des licenciements. Rarement un accord national interprofessionnel (AI) aura entériné autant de reculs pour les salariés. Décryptage.

Baisse des salaires et mobilité forcée L’accord signé par le MEDEF et les trois syndicats minoritaires (38,7 % cumulés aux dernières élections prud’homales) confirme la possibilité, déjà adoptée sous l'ère Sarkozy, d’accords d’entreprise dits de « maintien dans l’emploi » avec une baisse des salaires en cas de « graves difficultés conjoncturelles ». Les salariés qui refuseraient la baisse de leur salaire seraient licenciés pour « motif personnel », exonérant ainsi l’entreprise de toute obligation de reclassement. De même, tout salarié qui refuserait un changement de poste ou une mutation géographique pourra être licencié pour « motifpersonnel » dès lors que l’entreprise a signé unaccordsurlamobilité. L'accord par branche supérieur au code du travail La « sécurisation des licenciements » tant souhaitée par le MEDEF se traduit aussi dans l’accord par une réduction des délais de contestation des plans sociaux et des licenciements, ainsi que par une priorité donnée à la conciliation aux prud'hommes avec des indemnités minimes dont l’acceptation par le salarié interditensuite toute poursuite judiciaire. Plus profondément encore, l’accord dynamite toute la législation sur les plans sociaux : un accord d’entreprise peut prévoir une procédure totalement différente de celle définie par la loi ; et ne parvient pas à obtenir la signature des syndicats, l’employeur peut déposer son plan social à l’Inspection du travail, laquelle doit motiver un éventuel refus dans un délai de 2 à 4 mois. De fait, le contrat de travail ne pourra plus résister à l’accord collectif, même si ce dernier est moins favorable au salarié. L’inversion de la hiérarchie des normes et la destruction du principe de faveurse poursuivent.

Contestation et recours impossibles Les délais de contestation sont drastiquement raccourcis : 3 mois pour contester l’accord ou l’homologation (12 mois actuellement), 12 mois pour un salarié contestant son licenciement (5 ans actuellement). Tout est fait pour éviter que le juge judiciaire s’en mêle, pour « sécuriser les relations de travail » comme le dit le MEDEF la main sur le cœur. Cerise sur le gâteau, l’article 26 limite l’accès

au juge prud’homal : instauration d’un délai de 2 ans maximum pour une réclamation portant sur l’exécution ou la rupture du contrat de travail (sauf discrimination) et de 3 ans pour une demande de salaire en cours d’exécution du contrat (contre 5 ans actuellement). Enfin, les prérogatives des comités d’entreprises sont réduites par diverses dispositions. Un délai de 3 mois supplémentaire est accordé aux employeurs pour organiser l’élection des délégués du personnel et des membres du comité d’entreprise une fois atteint l’effectif déclenchant l’obligation, ainsi qu’un délai


FAIT L A LOI

« Sécurisation de l'emploi » : au syndicalisme de pute

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temps partiel. Quant aux droits rechargeables pour les chômeurs, la discussion concrète se fera avec la renégociation de la convention UNEDIC, sans « aggraver le déséquilibre financier du régime d’assurance chômage ». Traduction : ce qui sera donné àcertains chômeurs seraenlevé àd’autres. Impossible d'apprécier quelque avancée vu le prix à payer en contrepartie ! Une fois encore le patronat a joué le coup de la carotte pour nos syndicats les plus frileux. A moins que cela ne se fasse de bon cœur... Qu'elle est belle ma conquête sociale ! Le service après-vente de la CFDT ferait presque passer les acquis du Front Populaire pour quelques mesurettes comparées àleur« avancée historique ».

De l'accord à la loi (ou de la CFDT au PS...aïe!) Cet accord ne fera pas reculer la précarité, ni le chômage, ne créera pas d’emplois et fera régresser un peu plus les droits des salariés à commencer par les plus précaires d’entre eux, les femmes en particulier. Il apparaît éminemment scandaleux que l'accord ait été repris dans la loi alors même qu’il est signé par des organisations ne représentant qu’une minorité de syndicats et de salariés. Il a pourtant été copié-collé par le gouvernement, bien content que ses volontés de destruction du droit du travail soient préparées et portées sur un plateau par des syndicats. Présenté en « Conseil des Sinistres » début mars, le projet de loi a été adopté par le Parlement au mois d'avril. Mais plus globalement cet accord et la loi qui en découle représentent d'ores et déjà un échec total et dramatique pour l'ensemble de la société. A l'heure du sacrifice des peuples européens sur l'autel du capitalisme et sa finance généralisée en politique, l'austérité perpétuelle est devenue la règle et aucune politique menée par des gouvernements de droite ou dits de gauche ne pose les bases de rupture. Depuis 2010 la seule zone euro a connu plus de... 40 plans de rigueur sans qu'aucune courbe ne s'inverse, audehors de celle des profits des plus riches. Mais tout ceci est comme toujours pour notre bien. Cela manque peut-être juste de pédagogie... Vivement la En guise de contreparties, l’accord prévoit prochaine bataille des retraites ! d’un an pour respecter la totalité des obligations liées essentiellement un renchérissement limité des CDD au dépassement des seuils d’effectif de 11 et de 50 de très courte durée (moins d’un mois), la salariés. Uncomble ! généralisation de la complémentaire santé pour les Igmack Iave et Lique salariés des PME (renvoyée à la négociation de branche voire, en cas d’échec, à 2016 avec la Les miettes de couverture d’un panierde soins limité, le toutfinancé l'acceptation à moitié par les salariés) et une majoration de 10% pour les heures complémentaires des salariés à


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FRANCE

La guerre au Mali pour les nuls

Alors que l'ONU commence à évoquer une intervention pour prendre le relai des troupes françaises au Mali, revenons sur cette “intervention” avec cette analyse proposée par notre rédacteur XX début février. La guerre au Mali, de cela j'avais l'intention de parler avant de voir un flot d'informations déversé dans les assiettes de l'opinion publique à ce sujet... En fait, beaucoup de choses ont déjà été dites sur ce sujet, on peut même dire que presque tout a été dit. Les plus vives critiques ont été émises mais elle sont noyées dans la masse d'informations quotidiennes et surtout, elles sont écrasées par la majorité médiatique. Comment ça, la majorité médiatique ?

Oui, il y a bien une majorité médiatique ! Ces médias qui font beaucoup dans le factuel, qui racontent les évènements en reprenant des dépêches de l'AFP1 quasi telles-quelles, souvent reprises sur des voies officielles, racontant les versions du conflit rapportées par l'état major de l'armée française ou directement par les ministères concernés (défense ou affaires étrangères)...bref, en tenant le discours de la majorité ! Mais quid des analyses, du traitement critique de l'information, d'un traitement équitable et sans prise de parti ?

Ces médias dominants semblent instituer une véritable propagande d'Etat sans forcément s'en rendre compte d'ailleurs. Car leur vision du conflit est complètement unilatérale, ce dernier est présenté uniquement du côté français, “l'axe du bien” partant en guerre contre le terrorisme ! Une fable bien rodée pour émoustiller le bellicisme de nos concitoyens et faire accepter l'horreur de la guerre.

Oui, l'horreur de la guerre, voilà encore un pléonasme ! Fi au

21ème siècle des guerres propres et autres conneries de ce genre. Une guerre est par définition horrible, barbare, primitive et ne trouve aucune justification raisonnable. Une guerre est un échec de civilisation, une incapacité de communication et une résolution ultime d'un conflit marquant la puissance inégalable de la stupidité de l'agresseur. En effet, il n'est capable de résoudre ce conflit d'aucune autre manière

que par la violence, le meurtre, l'assassinat de masse, la destruction, la capture, l'incendie, le pillage, l'humiliation et toutes autres horreurs forcément inhérentes à l'état de guerre. Mais alors, le lecteur me rétorque : mais qui est l'agresseur dans cette histoire ? Et le contradicteur : ne faut-il pas faire la guerre à l'agresseur pour qu'il arrête ses agressions ? Quel que soit l'agresseur, on le sait maintenant, l'ingérence d'une puissance étrangère dans les affaires d'un autre Etat n'est d'une part, rarement dénuée d'intérêts économiques et n'a d'autre part, aucune légitimité politique. En effet, de quel droit la France peut-elle choisir la destinée des

touaregs du Mali ? Comment peut-on se défendre d'une politique colonisatrice d'un côté et faire obstruction à la volonté d'autodétermination d'un peuple situé dans un autre continent avec lequel la France n'a aucune frontière en commun si ce n'est la frontière économique entretenue avec une ancienne colonie française ? En effet, le néocolonialisme français transpire à grosses gouttes dans cette histoire.

Tout comme la France a mis en place un gouvernement à sa solde en Côte d'Ivoire il y a peu2, elle souhaite entretenir un gouvernement fantoche, en partie sous


A

sa coupe, au Mali. La rapidité avec laquelle le gouvernement malien a été contesté et déposé au début de la sécession de l'Azawad (partie du Sahel Malien revendiquée par les Touaregs) prouve bien son illégitimité et le manque de reconnaissance de celui-ci. Seules la France et d'autres puissances occidentales ont dénoncé ce coup d'Etat. Les mêmes ont dénoncé la volonté de sécession de l'Azawad au Nord (Etat qui s'est proclamé autonome il y a un an) soutenus par d'autres gouvernements d'Afrique de l'Ouest également sous la coupe d'anciennes puissances coloniales (la CEDEAO3 dirigée justement par le président de Côte d'Ivoire Ouattarra évoqué ci-dessus et mis en place par la France). Non, on devrait d'ailleurs plutôt dire d'actuelles puissances coloniales ! Car le but inavoué de la France dans cette opération est bien de garder (ou de reprendre) le contrôle sur un Sahel riche en différents minerais ou combustibles fossiles. En effet dans le pays voisin, le Niger, est extraite la majeure partie de l'uranium utilisé comme combustible dans les centrales nucléaires françaises. Vous savez, la fameuse “énergie du futur” ! Cette énergie soi-disant illimitée (nécessitant un combustible très limité sur la planète et situé dans des contrées fort éloignées de la nôtre). Cette énergie permettant “l'indépendance énergétique de la France” (bien qu'elle soit complètement dépendante des importations d'uranium du Niger). Cette énergie propre ne produisant pas de CO2 (alors qu'elle en produit énormément lors de son extraction et lors de son acheminement vers la France, ce qui n'est jamais inclus dans les calculs officiels) et non nocive (alors qu'elle tue à petit feu des centaines de mineurs africains extrayant notre combustible, à nous français, pour faire tourner nos putains de centrales de merde !) Vous allez penser en me lisant : “oui mais le Niger c'est pas le Mali, alors pourquoi parler de l'uranium du Niger ?” Parce que dans ces énormes étendues que sont le Sahel et le Sahara, les frontières sont extrêmement perméables. Elle existent sur les cartes géographiques, mais dans la réalité rien ne les matérialise réellement ! D'autant plus que le peuple touareg est en grande partie nomade et le territoire qu'il revendique ne tient pas compte des frontières héritées de la colonisation. Si on s'intéresse au conflit malien, la première chose à faire est de prendre une carte pour savoir où çela se situe exactement et analyser un peu la situation géopolitique...

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FRIC

Et là, ce qui nous frappe, c'est la forme des pays et le dessin des frontières. Complètement inique ! D'abord on voit beaucoup de frontières rectilignes, tracées à la règle par les colons, sans respecter les ethnies, les peuples, voire les frontières naturelles. C'est le cas du Mali dessiné, comme son voisin le Niger, en forme de sablier avec leurs capitales dans la partie Sud, respectivement Bamako et Niamey, un rétrécissement au centre où passe le fleuve Niger qui correspond grosso modo à la frontière entre le Sahel et l'Afrique Noire, et d'autre part les parties hautes du sablier, vastes contrées n'ayant géographiquement, culturellement, socialement RIEN à voir avec le Sud. Même si on ne connait pas grand chose sur l'Afrique, on se dit qu'il y a un truc qui cloche : pourquoi les colons, avant la décolonisation, ont-ils délimité des pays sans respecter ni les peuples, ni les ethnies, ni les frontières naturelles qui les composent ? Mais pour garder le contrôle dessus, pardi ! Pour donner, à nous occidentaux et surtout aux peuples concernés, l'illusion de la réalité de leur indépendance et de leur autodétermination. Mais quelle est la réalité de l'autodétermination des Touaregs, lesquels ont contesté ces frontières dès l'accession à l'indépendance du Mali en 1960 en entrant en rebellion pour, déjà, réclamer l'indépendance de l'Azawad, et n'ont cessé de le faire au cours des 50 dernières années ?

Le colonialisme est toujours là, plus important que jamais, bien plus féroce et perfide qu'auparavant car il est masqué. Les véritables détenteurs des richesses minières et économiques de ces régions ne sont pas ses habitants, ce sont des grosses multinationales aussi puissantes que des Etats, tels les groupes français Bolloré ou Areva, faisant et défaisant des régimes à la poursuite de leurs intérêts soutenus par les Etats où ils sont implantés. Ici, on peut clairement dire que la présence de troupes françaises dans le Sahel va permettre de sécuriser l'extraction d'uranium faite par Areva et protéger les routes commerciales détenues par Bolloré. Mais aussi, favoriser l'implantation de nouvelles infrastructures françaises de pillage organisé car l'uranium et la bauxite vont bientôt jouer les premiers rôles dans l'exploitation minière au Mali aux côtés de l'or selon un document publié par la Direction nationale des Mines et de la Géologie du Mali, document paru très récemment ! Sans compter les ressources en pétrole de la Mauritanie voisine ou en Algérie méridionale où la société Total est particulièrement bien implantée. On le voit, les intérêts économiques sont pléthoriques pour la France. Prête à investir

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FRANCE A FRIC

énormément en période de crise car le coût de ce déploiement est faramineux : plusieurs centaines de millions d'euros. Au moment où l'on nous sermonne sans arrêt au sujet de la réduction des dépenses publiques, où l'on nous promet “du sang et des larmes”, où l'on nous parle de réduction de salaires, de réduction de fonctionnaires, d'augmentation d'impôts, de travailler plus longtemps, plus vieux, notre pays part en guerre ! Une guerre au service du CAC 40 voulant assurer ses rentes. Une guerre au service de groupes économiques ne payant quasiment aucune taxe en France, éxonérés d'impôts, gagnant d'année en année plus d'argentque jamais. Bref une guerre injustifiable, avec tout ce qu'elle traîne comme intérêts économiques morbides, de corruption, de pots de vin, de cynisme et de machiavelisme, le tout justifié par des motifs “humanitaires”, par la lutte contre le terrorisme. Il faut bien trouver un mensonge à donner en pâture à l'opinionpublique enguise de propagande ! “Oui mais, vous voyez les otages français au Sahel....”

Oui mais, qu'estce qu'ils foutentlà-bas ces otages ?! Si on cherche un peu, on voit tout de suite que ce ne sontpas des touristes : Par exemple, Philippe Verdon, barbouze ayant écumé l'Afrique - Madagascar, les Comores et le Sud-Soudan - déjà enlevé et libéré par la DGSE, n'a riend'unsimple touriste enclaquettes. Autre exemple, Serge Lazarevic, ex-militaire reconverti dans la sécurité. En 1999 en Serbie, son nom est apparu dans une procédure judiciaire ouverte après une tentative d'assassinat contre Slobodan Milosevic. Serge Lazarevic se serait rendu au Mali pour étudier la faisabilité d'un projet de construction de cimenterie à Hombori, ville où il a été enlevé avec Philippe Verdon. Le 16 septembre 2010 sept personnes ont été enlevées parAqmi4 dans le nord du Niger àArlit, un site d'extraction d'uranium : un cadre du groupe nucléaire français Areva et son épouse, tous deux Français, cinq employés de Satom (une filiale BTP du groupe Vinci) trois Français, un Togolais et un Malgache. Après le rapt, leurs ravisseurs les ont emmenés dans le désertmalien. Le 24 février2011, la Française, le Togolais et le Malgache ont été relâchés. Mais les quatre autres Français sonttoujours otages. Bref, un ramassis de colons sans scrupules qui ne s'assiérontcertainementpas àladroite duChrist. Personnellement, je n'enverrai pas le moindre petit pétardclaque-doigtpourlalibérationde ces gens-là. En ce qui concerne les terroristes qui les ont enlevés il faudrait, avant de vouloir tous les exterminer, comme l'a dit notre5 Président (on peut se moquer de Poutine après ça... ) savoir pourquoi ils terrorisent, quels sont leurs motifs, pourquoi s'en prennent-ils à la France. Méthode logique pour moi et la plupart des gens civilisés mais apparement pas pour les énarques technocrates qui nous gouvernent! Depuis 12 ans qu'on nous bassine avec le terrorisme islamiste, il faudrait arrêter de nous prendre pour des imbéciles, beaucoup ontcompris que la “lutte contre le terrorisme” génère du terrorisme ! En effet, les racines du terrorisme ne sont pas à chercher dans tel ou tel précepte

religieux ou dans un soi-disant conflit de civilisation, créé de toutes pièces, qui arrange bien les puissances occidentales pour faire leurs affaires mais plutôt dans l'impérialisme et le pillage économique générant frustrations, pauvreté, sentiment justifié d'être dépossédé et exploité par des étrangers. Paradoxalement, cette soi-disant guerre au terrorisme exposera certainement plus la France aux attaques terroristes ; on peut rappeler les attentats à Londres et à Madrid pendant que les armées des pays respectifs faisaient la guerre au terrorisme enAfghanistan. Cela, notre gouvernement le sait très bien, ainssi ce machiavelisme sert parfaitement le discours antiterroriste. Les résistants français à l'occupant nazi étaient qualifiés de terroristes autant par l'administration vichyste que par l'occupant allemand, pourtant leur lutte nous semble aujourd'hui légitime. Comme quoi la justification permanente du terrorisme est un excellent prétexte pour que la France puisse interveniretdéfendre ses intérêts. Il est donc indispensable de connaître les véritables motifs de cette guerre et de ne pas avaler candidement les raisons invoquées et présentées dans ce qu'il y a lieu d'appeler une véritable propagande d'Etat. Ce texte n'a pas la prétention de faire toute la vérité mais d'apporter un éclairage sur les cheminements possibles, et plus que probables, qui ont mené au déclenchement de cette guerre. La vérité peutêtre autre que celle qu'onnous assène.

Comme disait Jean Jaurès peu avant son assassinat en 1914 “on ne fait pas la guerre pour arrêter la guerre”. Diable qu'il eutraison... otes : 1.Agence France Presse. 2. En 2010, la France est intervenu militairement en Côte d'Ivoire pour soutenir Alassane Ouattarra dans son accession au pouvoir face à Laurent Gbagbo qui ne soutenait plus suffisament à son goût les intérêts économiques français. 3. Communauté Economique Des Etats d'Afrique de l'Ouest. 4.Al QaïdaauMaghreb Islamique. 5. Lors d'une conférence de presse, le président Russe a déclaré vouloir « buter les terroristes jusque dans les chiottes ». XX

Pour aller plus loin, relisez “Au Mali si tu savais”paru dans Racailles n°64


EUROPE FORTERESSE

Frontex :brasarmédelaxénophobie del'Union

Une vidéo de l'armée. Un camion rempli de militaires arrive à toute vitesse sur une route rocailleuse de montagne. Pas de doute, nous sommes sur un terrain de guerre. Le camion s'arrête, des hommes lourdement armés, casques lourds et camouflage, descendent et se mettent à couvert observant le terrain dans la lunette de leurs fusils. Soudain, le visage de l'ennemi armé apparaît, l'air rude, déterminé et sans pitié. Mais il ne s'agit en fait que d'un visage imprimé surun vieux t-shirt porté par un homme exténué, la démarche hésitante, le visage marqué par la peur et la fatigue. C'est un « simple » migrant. Ils sont cinq, munis de sacs de fortune pour toute une vie. S'affiche alors le message : « L’Europe est en guerre contre un ennemi qu'elle s'invente. Loin de nos regards, contre une prétendue "invasion" de migrants, l'Union européenne investit des millions d'euros dans un dispositif quasi militaire : FROTEX. Démesuré, opaque, dangereux ». L'image ne laisse pas indifférent. Elle résume surtout à elle seule la folie des autorités européennes et nos pays membres afin de contrer et empêcher les phénomènes migratoires, quitte à faire des milliers de morts aux frontières et piétiner le droit international. C'est contre cela qu'a été lancée fin mars une campagne baptisée FRONTEXIT (Frontex–exit) dont la vidéo fait la promotion. Elle est l’œuvre de 21 associations, des chercheurs et des individus issus de la société civile du Nord comme duSud.. C'est quoi Frontex ? Depuis maintenant plus d’une quinzaine d'années, les politiques migratoires européennes sont presque exclusivement sécuritaires : délivrance ultrarestrictive des visas ; construction de murs et de clôtures ; contrôle militarisé des frontières, des mers, des zones de transit ; sous-traitance du contrôle migratoire à des États peu démocratiques (comme la Libye d'hier ou les dictatures africaines) ; lois toujours plus restrictives au séjour... L’acteur clé de ces politiques de fermeture, c’est Frontex, agence européenne conçue pour la gestion de la coopération aux frontières extérieures de l’UE. Créée en 2004 et basée à Varsovie, l’agence a un rôle majeur. En témoignent son budget annuel multiplié par 6 en 5 ans (19M € en 2006 ; 118M € en 2011), les moyens militaires mis à sa disposition par les États, et une autonomie grandissante. Frontex signe des accords avec des pays tiers, organise des vols de retour conjoints (12 en 2007, 39 en 2010 avec un coût unitaire de 100 000 à 300 000 €). Depuis 2011, l'agence peut également échanger des données personnelles avec l’agence européenne policière Europol et prendre l'initiative des opérations terrestres etmaritimes. Selon les chiffres 2010, elle possède des bateaux et frégates (115), des avions (21), des hélicoptères (25) et près de 500 équipements de contrôle (caméras infrarouges et thermiques, radars, détecteurs de CO² et de battements cardiaques,...). Frontex développe actuellement un système de portiques biométriques généralisés d'ici 2015 à

chaque frontière aéroportuaire et prévoit le déploiementde drones etde satellites. Et pourtant… ...la part des migrations internationales a très peu augmenté ces 50 dernières années (environ 85% des déplacements de population se faisant entre les pays du Sud). Sans oublier que de nombreux textes internationaux protègent les migrants contre toute violation de leurs droits fondamentaux, notamment le droit d’asile et le droit pour chacun de quitter tout pays, y compris le sien (articles 13 et 14 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme). De plus en plus les témoignages font pourtant état du non respect de ces textes, notamment par le refoulement en pleine mer. La règle numéro un est désormais d'empêcher les migrants d'atteindre le sol européen et donc de pouvoir demander leur accession au séjour, pire, à l'asile. Qui a ainsi vu les « hordes » de syriens arriver chez nous « vivre des allocs dont les bons Français n'ont même plus le droit » comme le font croire Marine Le Pen ou Manuel Valls ? Personne, étant donné qu'ils sont réfugiés dans les pays limitrophes au leur, et qu'on les empêche de venir. Il en fut de même durant les révolutions arabes auMaghreb. Frontières­cimetières Face à cela les migrants prennent de plus en plus de risques au péril de leur vie. L'ONG United tente depuis 1988 de constituer la base de données « Europe forteresse » comptabilisant les morts aux frontières. Et les chiffres parlent d'eux-même : plus de 14000 morts aux frontières de l'Europe depuis

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cette date ainsi que 4500 au large des Comores (tentant le passage vers le département français de Mayotte). Avec Frontex, l’Europe déploie donc des moyens disproportionnés pour combattre un ennemi qui n’en est pas un. Le tout sans aucune transparence. Peu de gens en ont d’ailleurs entendu parler… Quelles garanties l’agence présente-t-elle en terme de respect des droits des migrants ? Et qui est responsable en cas d’atteinte aux droits fondamentaux lors des opérations ? L’agence, l’État où se déroule l’opération ou encore l’État dont relèvent les gardes-frontières impliqués ? Autant de questions majeures que soulève la campagne Frontexit. Une campagne majeure pour les droits des migrants L’objectif de Frontexit est double : informer un large public sur les dérives auxquelles donnent lieu les opérations de Frontex en terme de droits humains et dénoncer ces dérives auprès des représentants politiques directement impliqués. Plus concrètement, à travers des actions d’investigation, de contentieux, de sensibilisation et d’interpellation politique, il estdemandé : • la transparence sur les mandats, les responsabilités etles actions de Frontex ; • la suspension des activités de l’agence identifiées comme contraires aux droits humains ; • l’annulation du règlement créant l’agence Frontex, s’il est démontré que son mandat est incompatible avec le respectdes droits fondamentaux. Aretrouversur: www.frontexit.org


LES LIAISONS D

Marine

Jean足Fra


Dangereuses

anรงois

Frigide


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Rumeurs et autres Racailleries... • Au pays du matin calme :

Pour Kim Jong Un, l'ami du petit déjeuner, l'ami chic-Corée. • Nucléaire :

Areva au Japon, radiations moximales ! •Tube de l'été :

François Hollande c'est comme le reggae, c'est mou, c'est chiant et ça fait pas bouger ! • Philosophie :

Allo ?! Tu lis Racailles et t'écoutes même pas Racailles radio ? C'est comme j'te dis tu lis Racailles et t'es sobre. Nan mais allo quoi ! • Santé :

Grève de la faim à Guantanamo : les détenus ne veulent plus danser le Guantan' Style ! Obama fera-t-il le Thatcher Style ? • Homophilie :

Notre rédac favorable au mariage pour tous... Racailles, un journal qui a des couilles au cul ! • 2014 :

Brigitte Le Brethon candidate à Caen (c'est déjà une bonne blague en soi) • Pop :

Cahuzac ira-t-il "tout recommencer à Jersey" ? • Mort joyeuse :

Maggy est partie tchatcher le diable. • Sécurisation de l'emploi :

Hollande, unANI qui vous veut du mal. • Pape François :

"jésuitais un peu et j'ai accepté"

REFORME UNIE

LoiFioraso:

Unnouveaucoupdurpour Geneviève Fioraso est l’actuelle ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. Son parcours laisse on ne peut plus rêveur : dans la région grenobloise, elle était à la fois PDG de Minatec Entreprises (spécialisée dans les nanotechnologies), maire adjointe de Grenoble, membre ou co-présidente de trois Sociétés d’Economies Mixtes publiques-privées liées à « l’innovation technologique » et évidemment à Minatec Entreprises, ou encore membre d’associations loi 1901 dont la plupart sont liées à la facilitation et la coordination des rapports entre secteurs publics et privés. C’est donc une ancienne patronne et une lobbyiste convaincue du rapprochement public-privé qui dirige actuellement ce ministère. Son cabinet ministériel est composé très majoritairement de partisans et artisans de la loi LRU… Vous vous rappelez ?

« Liberté » et « responsabilité » des universités La loi LRU, est la loi qui a rendu «autonomes» financièrement les universités en passant par une diminution considérable de la dotation budgétaire d’État et poussant ces dernières à rechercher d’autres sources de financements, notamment via les entreprises privées ou le mécénat. La loi LRU a également transféré la gestion financière et humaine de la « masse salariale » de l’État aux universités avec en même temps une accentuation des pouvoirs des conseils d’administration et surtout des Président-e-s d’universités, faisant de ces dernier-e-s de vrai-e-s chefs d’entreprises. Cette fameuse loi fait qu’actuellement plus d’un quart des universités françaises sont en déficit budgétaire et plus de la moitié en difficultés financières et qu’elles utilisent leurs salarié-e-s comme variable d’ajustement en supprimant des dizaines et des dizaines de postes - 46 postes pour l’université de Caen entre 2013 et 2014 par exemple provoquant suppressions d’heures de cours, surcharges de TD et dégra-dation des con-ditions de travail et d’études. Cette loi qui pousse les universités, les filières, les centres de recherches et les personnels à la compétition la plus totale et incite à des suppressions ou fusions de filières considérées comme insuffisamment rentables pour l’économie

capitaliste… Non seulement le projet de loi Fioraso ne remet rien en cause de cette foutue LRU mais il accélère et enfonce le clou de la marchandisation de l’enseignementsupérieuretde larecherche. Compétitivité de l'universitéentreprise Ce projet, passé à l’Assemblée Nationale fin mars, préconise notamment la mise en place de « communautés d’universités » dont l’objectif principal est de faire fusionner les universités les unes avec les autres afin de créer de grands pôles régionaux de l’enseignement supérieur sensés être compétitifs sur la scène inter-nationale pas-sant par des fusions de filières et de centres de recherche pour une soi-disant question de « lisibilité ». Mais ce sont bien les étudiant-e-s les plus précaires et les personnels qui vont trinquer. Toute fusion génère des suppressions de postes. Et toute fusion supprime des filières empêchant les étudiant-e-s n’ayant pas les moyens de se déplacer à des centaines de kilomètres de chez eux/elles de s’inscrire dans la filière de leur choix. Dans le même temps, les pouvoirs vont se concentrer dans les mains de l’instance dirigeante du regroupement/fusion d’universités, composée à 50% seulement de membres élu-e-s, les autres étant nommé-e-s et de préférence lié-e-s à l’économie


VERS CYTHERE

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lesuniversités,lespersonnelsetlesétudiant-e-s

Le projet de loi transfère également « l’accréditation des diplômes » directement aux universités et laisse ainsi encore plus de largesse à ces dernières pour concevoir directement leurs propres diplômes, renforçant la régionalisation et la mise en compétition des universités. En parallèle, les UFR (Unité de Formation et de Recherche) vont être supprimées et les universités vont pouvoir créer les composantes qu’elles souhaitent. Rappelons que la nouvelle Licence mise en place à partir de 2012 et finalisée en 2014 introduit les représentant-e-s du « milieu socio-économique régional » dans la conception des enseignements, dans les enseignements et dans les jurys d’examens. Mis bout à bout, tout se tient : les universités créent des diplômes dont les objectifs sont de former une maind’œuvre directementexploitable parle patronatlocal. Professionnalisation des filières De plus, le projet Fioraso prévoit de transformer la Licence en une simple continuité du lycée, reléguant la spécialisation au Master. Cette volonté est à mettre en lien avec la professionnalisation forcée des filières depuis 2007 au moins, où les connaissances fondamentales liées à

une discipline sont petit à petit remplacées par des « compétences » communes à toutes les filières (langues, informatique, projet professionnel, etc) dont l’objectif est bien de faire intégrer des logiques managériales et économiques aux futur-e-s salarié-es/chômeur-euse-s, interchangeables et sans connaissances précises, sur le marché du travail. L’idée ici est également de limiter l’accès à la recherche au plus grand nombre, abordable dorénavant uniquement en Master, niveau pour lequel la sélection sociale est plus importante. Contrairement à ce que disent les gouvernements successifs, ce n’est pas la professionnalisation qui permettra d’enrayer l’échec en Licence mais un plan massif de résorption de la précarité étudiante qui gonfle chaque année, poussant les ¾ des étudiant-e-s à se salarier au cours de l’année, et plus de la moitié pendantl’intégralité de l'année universitaire. Ce projet de loi, dont la tonalité réside principalement dans le rapprochement des universités avec le monde de l’entreprise, va accentuer et accélérer la pénurie budgétaire des universités. Ce processus est celui le plus prisé dans le monde pour justifier à un moment une hausse importante des frais d’inscription, comme en Angleterre, au Chili, au Canada, etc. Déjà en France, les frais d’inscription

augmentent chaque année bien au-delà de l’inflation et de manière croissante de la Licence au Doctorat, l’idée étant bien de limiter les longues études aux étudiant-e-s socialement acceptables et compétitifs… Combien de temps allons-nous laisser faire ? En ce moment même, dans plusieurs universités françaises, des étudiant-e-s et des personnels tentent de se mobiliser contre ce projet de loi et plus largement contre l'assujetion de l’enseignement supérieur et de la recherche au système capitaliste via des assemblées générales et l’auto-organisation. Il est vrai qu’on ne peut compter sur des organisations syndicales comme l’Unef (organe étudiant du PS) pour mobiliser, cette dernière étant favorable à la loi LRU, à la professionnalisation des filières et bien sûr au projet Fioraso. Alors maintenant, partout, mobilisons-nous et lions nos luttes contre la marchandisation des services, la casse du code du travail et l’enrichissement exponentiel de quelques-un-e-s aux dépens de la majorité. Bref, contre le capitalisme ! Seb­Caen


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LUTTES LOCALES

Duron :un cul dans des mules !

La rédac' est divisée après que l'un d'entre nous ait pondu cette image de Duron et sa panoplie de casquettes. Satyre, info ou populisme ? Acte militant ou politicien ? On a fait le choix de la publier. Cela faisait longtemps que l'on souhaitait y voir un peu plus clair sur les multiples fonctions (et pas seulement mandats) assurées par le Messie des socialistes locaux. Le constat est obscur, opaque, et pour le moins alambiqué ! On ne sait pas vraiment où son rôle est symbolique et où il agit plus ou moins efficacement. Régulièrement la presse traditionnelle s'essaie à établir des classements divers sur le cumul des mandats (à défaut de voir par la loi - repoussée aux calendes grecques par un jeu politicien - l'effectivité d'une limitation). Et à chaque fois notre poulain made in Normandy est au top : 7ème dans Le Monde (08.10.2009) et plus récemment n°1 dans Le Parisien Magazine (08.02.2013) qui dresse en même temps une

liste [restant incomplète] de 4 mandats et 24 fonctions. De nombreuses fonctions sont certes liées aux mandats, notamment de Maire ou de député ; mais est-ce pour autant une légitimation de cette organisation de la gestion institutionnelle et politique ? Et accepter ou désirer accomplir d'autres tâches est-il compatible avec les mandats en question ? Derrière cela se posent ainsi des questions majeures : la professionnalisation de l'exercice du pouvoir d'élu (les Verts ou les Communistes en sont également experts

voire dépendants) ; l'absence de renouvellement ; le mélange entre ambition personnelle et de recherche de prestige par le pouvoir et surtout la nature même du pouvoir de la « démocratie représentative ». Alors oui, on s'est pris au jeu de la mise en scène de tout cela et quoi qu'on en dise, c'est assez impressionnant ! A qui le tour ?!

CaennecentrifugepasvitepourFabriquer

Après la fermeture du squat-fabrique culturelle La Centrifugeuz au mois de janvier dernier (voir notre dossier complet sur notre blog) les artistes et associations se sont mis autour de la table avec les services culturels de Caen pour tenter de passer à la vitesse supérieure de l'annoncée mais jamais réalisée « CULTURE en capitales ». Des réunions par groupes de travail sont programmées jusqu'au mois de juin. Nous continuons donc àsuivre le dossierde près, de très près ! Parallèlement la Ville a encore montré son soutien aux artistes plasticiens locaux en acquérant par commande publique (204 000 €) « La Caravane », sculpture réalisée par... un artiste néerlandais : Joep van Lieshout ! Installée place Saint-Sauveur non par choix mais par obligation légale (le l % culturel), l’œuvre tentera de pallier le grand vide sans vie qu'est aujourd'hui la place rénovée. A Racailles on n'a rien contre Joep (à part son prénom peut-être) mais n'aurait-il pas été plus judicieux de mettre en application ici encore ce slogan de «CULTURE en capitales » ? On dirait bien que non...

Zig Igmack plays guitare


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Le nucléaire en procès Les antinucléaires en procès

La justice a ses délais que les délais ignorent. Alors que la première instance avait été expédiée en un mois, l'appel du procès des militants antinucléaires du GANVA s'est tenu... 28 mois plus tard. Il faut dire qu'entre temps s'est produite la catastrophe de Fukushima. Mais de quoi parle-t-on ? Rappelez-vous. Le 05 novembre 2010 plusieurs activistes du Groupe d'Actions Non-Violentes Antinucléaires s'étaient enchaînés aux voies de chemin de fer juste avant la gare de Caen, à l'occasion du passage d'un important convoi de déchets nucléaires (le dernier retournant en Allemagne) et en solidarité avec les militants allemands. L'action, bien que spectaculaire et efficace, avait engendré d'importantes blessures aux militants suite à des violences de la part des flics se faisant une joie de ne pas respecter les règles de sécurité pour « délocker » des rails les militants. Condamnés en 2010 à un mois de prison avec sursis et 1€ de dommages et intérêts pour Aréva, les sept militants poursuivis ont fait appel, changeant par la même leur ligne de défense vers une position plus offensive et revendicative. Alors qu'ils avaient plaidé l'état de nécessité face à la dangerosité du train, c'est cette fois la relaxe qui a été plaidée pour une action assumée et jugée comme légitime. Rendu en juin prochain. D'autres procès se sont également déroulés. Les 18 et 20 mars, plusieurs militants comparaissaient en appel suite au rassemblement contre un autre train à côté de Valognes le 23 novembre 2011. Ils avaient été arrêtés « préventivement »,

deux pour transport de matériel de découpage de bois dans une voiture, et un photographe pour port d'un dangereux canif ! Les deux premiers ont été relaxés, le troisième doit payer une amande de 500€. Trois autres militants ont déjà été relaxés lors d'un procès le 9 octobre 2012. La répression intensive sur le terrain et les poursuites du Parquet se prennent une nouvelle claque bien méritée ! D'autres appels doivent encore se tenir, dont le prochain le 31 mai à Caen. Enfin côté THT (lutte contre la ligne Très Haute Tension) d'autres appels se

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sont tenus les 21 et 22 mars suite à des poursuites pour déboulonnage de pylônes en construction. Des amandes symboliques ont été requises. Rendu mi-mai.

A (ré)écouter : Racailles Radio de mars 2013 : www.racailles.info/p/racaillesradio.html

A (re)lire : Racailles numéro spécial nucléaire : http://journal.racailles.free.fr/doc/ pdf/


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LUTTES LOCALES

A peine un an et LéA marche déjà bien !

Et si l'on pouvait avoir sans acheter et donner sans échange. Pas simple de penser ainsi à contre-courant de formes traditionnelles de l'échange, d'autant plus quand le consumérisme tente de gangrener chaque jour un peu plus les espaces de nos vies. Pub, achat, envie, besoin, changement, jeter, acheter, développer, marché, mode, conso, obsolescence... Que ce soit dans nos rues ou par notre « temps de cerveau disponible » nous n'avons parfois plus en tête que l'échange peut aussi être raisonné, libre et non marchand. C'est l'initiative à Lisieux du collectif LéA – Liens, Échanges, Actions – qui souhaite développer ces formes alternatives autour du don, du troc et du prêt perçues comme favorisant le lien social. Au-delà des modèles traditionnels du don et du contre-don analysés dans l'ethnologie moderne (notamment par Marcel Mauss puis Claude Lévi-Strauss) on retrouve l'ambition de zones de gratuité qui évacuent la nécessité d'une réciprocité. Nous avons déjà pu observer de telles initiatives à Caen, par exemple à l'ancien squat politique du Pavillon oir, lors d'actions du Collectif de Réappropriation de l'Espace Public (CREP) ou les nombreuses initiatives solidaires autour du vélo (ex : Vélisol) ; force est de constater que les schémas classiques sont chamboulés au point de créer une incompréhension chez les non-initiés : pourquoi donner sans attendre en retour ?! Il y a parfois de la méfiance comme si la qualité tenait de la valeur marchande donnée à l'objet ou au service, comme si l'acte désintéressé dissimulait une arnaque. Mais non ! On peut donner ou prendre sans être montré du doigt ou taxé de profiteur ! LÉA est ainsi à mi-chemin entre un système d’échanges locaux et une zone de gratuité, il a pour objectifs : - le recyclage et le réemploi gratuit d’objets ;

- l'organisation d’actions autour du thème du non marchand ; - l'échange de savoirs, savoir-faire et de services entre personnes ; - le partage entre tous de temps festifs et de convivialité ; - opposer le modèle de société productiviste, de consommation et ses gaspillages au modèle local alternatif d’organisation des échanges entre les personnes, à construire ensemble. Le collectif a d'ailleurs organisé le 24 mars dernier sa première gratiféria à Lisieux. Tout au long de la journée, environ 250 personnes venant des environs de Lisieux mais aussi de Caen ou l'Aigle, sont venues donner, prendre ou simplement visiter les allées de cette première édition. Tous types d'objets ont pu ainsi retrouver une seconde vie, du bibelot à de la vaisselle, du livre au DVD, vêtements, matériel informatique ou petit électroménager. Passés l'effet de surprise et les interrogations (faut-il ramener des objets pour en prendre ? Combien d'objets par personne ? etc) les participants se sont pris au jeu revenant même parfois une seconde fois. A la fin de la journée, assez peu d'objets sont restés sans preneur. Les vêtements seront donnés au Secours Populaire ; les livres seront triés, listés et constitueront le premier bataillon de passeurs culturels pour une médiathèque sans domicile fixe. Quant aux autres objets, ils seront remis sur les étals lors de la seconde édition (prévue à la fin du printemps). Bien sûr, les objets pris gratuitement au cours de la gratiféria n'ont pas vocation à être revendus ! Le collectif développe ainsi des outils d'échange sur son site internet (petites annonces, fiches de prêt, etc).

Plus d'infos :

www.liensechangesactions.org

BILLETS Nicolas

L'année a été longue. Cette première année du deuxième mandat, la sixième année au pouvoir du Président des riches, du pantin de la finance et des banquiers, du nain épileptique de populisme. Et il en reste quatre... Je me suis dit ce matin qu'il était déjà l'heure d'un bilan. Bilan des lois, des actions, des apparences aussi. Il nous avait promis « La France Forte », on peut dire que le rouleaucompresseurl'est, fort... Et s'il ne me faut choisir qu'un mot, c'est évidemment celui de « rigueur ». Les travailleurs l'ont vu tout de suite quand le SMIC a été gelé dès les premiers mois, avec derrière l'idée ressassée durant la campagne que le coût du travail est déjà bien top élevé. La première grande étape du quinquénat fut l'affirmation du Traité budgétaire européen et sa folle règle d'or que Sarkozy avait tant peaufiné durant son premier mandat. Le Merkozy n'a rien perdu de sa superbe, nous fûmes rassurés. Mais la rigueur ne brille pas uniquement grâce à ce couple mythique : la Cour des comptes par exemple a offert un rapport accablant préconisant l'économie indispensable de 33 milliards d'euros im-mé-dia-tement. Du pain béni pour un budget... « serré » en donnant l'impression qu'il n'y a pas d'alternative. Dans ce contexte il fallu tout de même rassurer l'opinion. Ainsi la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) tant décriée fut maquillée par un nouveau nom que personne ne pouvait désormais contester : le MAP (Modernisation de l'Administration Publique). Un beau travail de copier-coller. Droite oblige, lorsque l'on demande des « efforts » au peuple, il faut un double effet Kiss Kool. En plus des 33 milliards de trou dans le budget, les entreprises reçurent un cadeau de 20 milliards d'impôts en moins (par 6 points de baisse des cotisations sociales du patronat) et le tout sans contreparties ! De quoi draguer une autre grande dirigeante : Laurence Parisot ! Pourtant on sait que cette politique conduit à l'échec. D'ailleurs si la gauche était arrivée au pouvoir, elle aurait bien sûr plutôt imposé aux entreprises de faire des efforts pour l'emploi, la qualification, les salaires, les conditions de travail, la réduction du temps de travail, les retraites... Cette gauche qui sait bien que la baisse du coût du travail ne sert à rien, à part augmenterles dividendes des actionnaires ! Et ce fut ensuite l'ANI (accord national interprofessionnel) « Médef- CFDT » qui cristallisa le tout dans une loi historiquement catastrophique pour le travail et l'emploi (voir notre article dans ce numéro) avec un démantèlement tellement dément du droit du travail. Il fallut là aussi que Sarkozy change le nom pour que la pilule passe (la compétitivité devenantlasécurisationde l'emploi). Et puis le reste : étrangers, roms, demandeurs d'asile, sans-papiers continuent d'être traqués comme des bêtes, concentrés dans des camps puis expulsés, cette fois par le Eric Besson 2.0, Manuel Valls à son tour ministre « d'ouverture » ; les magouilles, affaires et scandales dignes de Chirac sont de retour par des politiciens de droite aux comptes en Suisse blindés ; les CRS déglinguent les ouvriers dès qu'ils manifestent pour leurs emplois ; la Françafrique se porte toujours à merveille, (probablement parce que


D'HUMEUR

Sarkozy, saison2épisode1

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l'homme africain n'est toujours pas entré dans l'Histoire) ; le maintien du projet de Notre Dame des Landes (malgré l'appel à abandon de J-M Ayrault maire de Nantes lui-même) etc etc. Certes en même temps on a observé que Nico était toujours l'héritier de Jaurès et Blum comme il le braillait en 2007. On a ainsi vu fleurir d'on ne sait où quelques mesures : taxation [limitée]

des plus-values, tentatives de taxe à 75 % pour les riches, retraite à 60 ans [pour certains], création d'emplois dans l’Éducation Nationale, gratuité de la pilule contraceptive, et bien sûr le mariage gay contre les foudres de son propre camp. Autant de mesures uniquement symboliques ayant rassuré la gauche que l'onn'entenddepuis plus. C'estçal'unité nationale ! Or, si l'on regarde où penche la balance, il

Depuis l’élection de M. François Hollande, un débat sociétal s’est engagé en France. Ce débat, vous l’aurez sans doute compris, porte sur la reconnaissance des couples d’un même sexe à pouvoir fonder un foyer par le biais du mariage civil, dit « mariage pour tous ». A cette occasion de nombreux dérapages ont été entendus. Ces sorties, outrancières et insultantes, n’ont été que peu ou mal condamnées. Nous nous souvenons ainsi de l’appel à la manifestation de Renouveau Français : « Derrière le lobby homosexualiste à l’œuvre se cache le lobby pédophile qui pourra agir, si la loi passe, avec beaucoup plus de facilité. ». Mais aussi des mots de Patrick Buisson dans Le Point (29.11.2012) : «L’Empereur romain Caligula, premier adepte du mariage pour tous : il avait épousé son cheval. […]». Ou encore du communiqué de l’Union des Organisations Islamiques de France (14.11.2012) : « Qui pourra délégitimer la zoophilie, la polyandrie au nom du sacro-saintamour ? » Certes des voix se sont élevées ; mais aucune pour dénoncer la discrimination qui touche les membres de notre association. NOUS l’APZF, l’Association des Pédophiles Zoophiles de France, nous nous insurgeons ! Notre associations, qui vise à promouvoirla reconnaissance et l’égalité de droit de la pédo-zoophilie, tient par ce communiqué à faire entendre sa voix : STOP AUX AMALGAMES ! Non la pédophilie-zoophile n’est enaucuncas une forme d’homosexualité ! Nous trouvons choquant d’être comparés à ces gens qui pratiquent leur amour au sein du même genre et de la même espèce. Alors qu’au contraire nous cherchons les différences les plus profondes chez l’autre. Nous ne demandons pas la reconnaissance que veulent les homosexuels. Nous voulons juste l’arrêt de la stigmatisation et de la mise à l’écart. C’est pour

cela que nous appelons tous nos membres et fidèle ami. Car c’est tous ensemble, unis que nous sympathisants à sortir de l’ombre, par des actes gagnerons nos droits. quotidiens et symboliques tels que : décorer sa voiture d’animaux en peluche pendus au rétroviseur ; coller des autocollants de veau ou d’âne ; porter des t-shirt Hello Kitty ; inscrire sur votre portail « L’Association des Attention au chiot » ; ou vous afficher avec votre Pédophiles Zoophile de jeune animal sur Facebook. Mais surtout, de vous France. montrer simplement dans la rue aux côtés de votre

Communiqué del’APZF

n'y a pas de doute : l'injustice est flagrante, permanente, systémique. La politique antisociale absolue. Thatcher a du mourir le cœur apaisé. Et l'autisme du pouvoir total : voyez comment les nombreuses tentatives de ripostes du PS et même de l'extrême gauche foirent. On est vraiment dans un pays de droite. J'aurais dûvoterHollande.


18 BILLET D'HUMEUR Homophobephobe?*

L'homophobie, symbolique ou réelle, révèle labestialité de ceux qui lapratiquent. Ces derniers mois, avec le “débat” (qui en réalité n'existe pas véritablement) sur le mariage homosexuel, le nombre d'agressions visant des personnes homosexuelles s'est accru spectaculairement en France. Ces agressions d'un autre âge sont malheureusement une réalité. Des individus s'attaquent à des inconnu-e-s dans la rue en ayant pour unique prétexte un soupçon d'homosexualité. Quel degré de carence d'empathie humaine peut-on avoir lorsqu'on violente sans vergogne un-e inconnu-e au seul motif de sa sexualité, ce qui n'a strictement aucune implication surlavie oulasanté de l'agresseur? Une fois de plus, il s'agit d'un déficit grave d'humanité car l'agresseur insulte, menace, séquestre, violente et même quelque fois viole ce qui représente dans sa tête le mal absolu, afin de l'humilier pour mieux exorciser sa haine. Il veut donner une leçon aux “malades”, aux “déviant-es”, il veut avoir l'occasion de les mépriser, faute de pouvoir les supprimer puisqu'il sait que la loi ne lui permet pas. La loi ne lui permet pas de violenter non plus, mais il sait que s'il agit vite comme l'éclair, sans préméditation réelle, sur un parfait inconnu, et qu'il disparaît aussi vite dans l'obscurité, les forces de l'ordre s'acharneront bien moins à le démasquer que s'il avaitcommis unhomicide... Il estsoulagé ! Il aapaisé sahaine ! Il aextraitsaviolence ! Il avomi sadiatribe homophobe ! Il afaitune victime ! Il a terrorisé la communauté homosexuelle et ses défenseurs ! Il a montré sa rage à défendre ses “valeurs” et pense appuyersoncombatde cette manière ! Il a martyrisé, humilié et parfois brisé un individu qui n'avait pour seul défaut... et bien, qui n'avait aucun défaut à priori... Il s'agissait peut-être même d'un individu très charmant, humain et chaleureux, contribuantaubonheurde ses frères, qui sait? Mais à cet instant, le sort lui a malheureusement fait tomber dessus une tare de l'humanité, un sale type déviant, fou, et malade, un handicapé cérébral, ne possédant certainement pas assez de neurones miroirs lui permettant d'avoir la capacité d'empathie et de rapports sociaux cordiaux normalement propres à chaque être humain normalement constitué. Vous savez, ce genre de type qui bousille régulièrement le développement harmonieux de l'humanité depuis l'origine de l'Homme ! Ces cerveaux malades qui ne sont pas encore considérés comme tels et qu'on laisse encore s'exprimerlibrement(pourle moment). Ce sont eux les malades, ce sont eux les déviants et non pas leurs victimes innocentes. Oui, l'homophobie est une grave maladie mentale ! Qu'il faut traiter au plus vite. Les méthodes sanitaires radicales qu'on pratiquait en d'autres âges nous dicteraient d'éradiquer cette vermine au plus vite et sans aucune pitié, afin que cette gangrène disparaisse

*quialaphobiedeshomophobes

au plus vite. Par exemple d'appliquer à l'agresseur l'agressivité et la violence qu'il a déployé envers sa victime, afin de ressentir à son tour les tourments qu'il a provoqué. Certes cela soulage de casser de l'homophobe a coups de batte et de leur enfoncer un crucifix dans le fondement de leur foi putride, mais est-ce vraiment sérieux ? Ces méthodes ne sont que la reproduction de celles de ces odieux personnages et les appliquer ne conduirait qu'à créer une extension de haine et de violence qui, comme on le sait, résolvent très rarement les problèmes sociaux. Il faut les traiter pour ce qu'ils sont - des individus malades - etchercherles racines de leurs problèmes. La plupart du temps, ce défaut d'humanité est du à un manque d'affection et d'attention depuis leur plus jeune âge, une carence de caresses, d'amour d'autrui, une inexistence certaine aux yeux de leur entourage pendant très longtemps, créant mal-être, frustration latente, et générant de façon épisodique des pics de violence et de haine intense, couplés à une incapacité d'avoir des rapports sociaux sains et respectueux. Bref, un défaut d'humanité critique méritant une prise en charge rapide ! De telle sorte que ces individus contre-nature puissent être réinsérés normalement dans la société. Des thérapies

comportementales douces doivent être déployées au plus vite envers ces monstres de bestialité. Il est nécessaire de contenir de façon urgente ce problème croissantmettantenpéril notre monde. Alors agissons tous ! Dès que vous rencontrerez un homophobe, n'hésitez pas à le caresser, lui transmettre une affection véritable. Attention, pas une fausse affection hypocrite et sarcastique, non ! Il se braquerait et risquerait de vous tuer. Faites preuve d'une véritable affection empathique ! Vous verrez, il sera surpris... Normal, il ne sait pas ce que c'est ! Mais vous le conduirez d'avantage vers laguérisonde cette manière. Ce texte présente un ton légèrement acrimonieux et caustique pour renverser certains a priori. En effet, il est toujours nécessaire de montrer qui sont les véritables malades ! Et ce renversement, je l'espère, permettra de réaliser d'avantage l'aberration que représentent les discours ou actes liés à l'homophobie ou toutes autres formes de racisme ou exclusion.

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19 COQUINAGES CUL­TURELS

Tiens, il paraît que ça va mal à la Ferme Culturelle du Bessin (FCB). Où ? Vous savez bien, l'ancienne ferme théâtre de Varembert à Esquay sur Seulles... A Racailles, quand on entend une telle rumeur, on a tout de suite l'oeil vif, les oreilles en pointes, prêts à aller fouiner pour savoir qu'est-ce qui s'passe donc... Et bien oui... ça va mal àlaFCB ! Début 2013, en plein milieu de sa 5ème saison, le constat fut radical : il n'y a plus de tunes pour le dernier trimestre et la FCB risque de fermer. Et comme pour tout le secteur associatifet culturel, le diagnostic habituel : « les difficultés économiques

volonté politique est là pour nous soutenir. ous sommes reconnus pour la synergie crée sur le territoire et notre diversité culturelle pluridisciplinaire. Mais rien n'est sauvé pour autant, donc la lutte n'est pas terminée ! ». Il reste

donc à trouver du flouze, de la tune, du fric, du pèze pour repartir du bon pied. Et c'est possible étant donné que la sonnette d'alarme a été tirée avant l'apparition de dettes. En mars il manquait 20 000€ pour finir la saison et péréniser l'activité. Rassurée après un mois de mars critique, Maeva, chargée de développement culturel, précise qu'« il y a une

lueur d'espoir pour les mois à venir. C'est une période majeure de mutation et de réfléxion pour continuer et développer l'activité ». Mais pas de

panique, il ne s'agit pas non plus d'une course à la rentabilité où la FCB vendrait son âme ! « On n'oublie pas que la culture et la gratuité doivent parfois aller de pair, sinon on estmort! ». Alors soutenez-les, allez voir les spectacles, donnez vos fonds de poches/gros billets et signez la pétition de soutien: www.fcb.varembert.co Igmack­Nab

proviennent de baisses des subventions et d'un autofinancement insuffisant pour assurer nos charges de fonctionnement (loyers, salaires,...) »

nous explique Guillaume, membre du collectif d'artistes qui gère etfaitvivre laFCB. Tum'étonnes, de la culture à la campagne... quelle idée farfelue ! Comme si les bouseux avaient besoin d'autre chose que "l'Amour est dans le pré". Un pari jusqu'ici réussi avec une programmation riche et une bonne fréquentation à chaque spectacle. Mais cela ne suffit plus. Conséquence immédiate : il ne reste plus qu'une permanente sur les 3 postes salariés et une programmation de crise est proposée pour avrilmai-juin avec des spectacles pour les enfants et familles chaque dimanche et un festival en préparation. Les recettes sont reversées directement àlaFCB etles artistes se produisentbénévolement. Parallèlement des démarches auprès de tous les financeurs ont été effectuées. Pour Guillaume « la Tiens, une radio sympa qui émet de nouveau sur la bande FM... Bon bah ça y est, Racailles Radio a trouvé où ressus­ citer sur les ondes tous les vendredis à 18h...


La BD de VINCE


Racailles n°66 (printemps 2013)