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29 novembre au 17 janvier 2013 // VOLUME 57, NUMÉRO 06

www.journalinteret.com L’INTÉRÊT - HEC MONTRÉAL

LE JOURNAL DES ÉTUDIANTS DE HEC MONTRÉAL

HEC Montréal p.12

Ces gens qui vous veulent du bien

L’INTÉRÊT POLITIQUE// p.05

palestine : un statut à l’onu? Depuis des mois, la question de l’adhésion de la palestine à l’ONU se pose... Explications.

L’INTÉRÊT CULTUREL// p.15

L’INTÉRÊT SPORTIF// p.19

apologie de l’infidélité Au Québec, nous sommes la province championne dans l’art des parties de jambes en l’air à tendance « risquées »

fiction : lnh, lockout de la saison 2012-2013 Il a été décidé d’un commun accord d’annuler la saison 2012-2013 : qui sont les perdants?


Édito//

SOMMAIRE

Une session à l’intérêt ELYES BEN M’RAD elyes.ben-mrad@hec.ca CHRISTOPHE COLARD christophe.colard@hec.ca

Septembre, je romps mon régime pantouflard longuement perfectionné pendant ces mois d’été pour me conformer au rythme militaire imposé par HEC. L’Intérêt est de retour après m’avoir propulsé de façon quasi despotique à la tête de sa rédaction. N’en déplaise à Martin qui ne s’est pas présenté. Pour la première parution, on parle d’assos. Pour la première parution, je décide d’exprimer mon amour des femmes. Amour visiblement incompris... La semaine suivante, première réunion de l’Intérêt. Je découvre les nouvelles têtes de l’asso. Et elles sont nombreuses grâce au travail de notre propagandiste en chef. Entre temps, Paul, grand cru douzillacois de la cuvée 2012, se préoccupe de rhabiller le journal. Il fait « fret » aux HEC! Octobre, on me propose Wikipédia comme Une. Après m’être fait avoir plusieurs fois par des infos erronées issues de ce site web, une enquête s’impose! L’équipe est chargée d’une investigation minutieuse de l’encyclopédie en ligne, tandis que notre directrice s’interroge encore sur l’utilité de ce site. Heureusement, notre présidente est là pour lui expliquer. Novembre, Daye, chef de la rubrique politique, est toujours persuadé que la Guinée sera la première puissance mondiale en 2050. Il daigne toutefois se pencher sur les élections du futur Tiers-Monde américain. Pendant ce temps, la présidente essaie désespérément d’intégrer le bro-code. La clé c’est la moustache. (Encore un effort!)

Au cours de la semaine suivante, l’Intérêt organise son 4@7 sous le thème de Barbie et Ken. Cela fait le bonheur d’Anthony, qui se munit de son plus beau costume à paillette pour attirer les jeunes éphèbes. Tout ceci, animé par notre Selim national, qui s’accoutre de son marcel préféré aux couleurs de l’oncle Sam. Selim ignore les propositions indécentes des barbies déchainées pour nous fournir un son d’excellente qualité. La semaine suivante je titube toujours après cette cuite mémorable au 4@7, et la nouvelle parution doit être ENCORE préparée. Coop «  toujours d’avant garde » et employés des HEC qui nous entourent voilà notre sujet. Après trois ans de sandwichs à la salade de poulet, de cabarets et d’inflation galopante, il fallait lui rendre hommage. Oui, la Coop nous nourrit, mais nous voulions vous montrer qui sont ces personnes qui nous veulent du bien! Les journalistes se sentent véritablement investis d’une mission, je les regarde s’activer autour du sujet et me dit que finalement le journal tiendra le coup sans moi. Pour la même occasion, on organise des élections. La nouvelle rédactrice en chef sera Sarah. Après avoir mené un combat acharné pour nous ramener des pubs qui finance ce beau journal, elle est propulsée à la tête de la rédaction. Je profite alors de cet espace pour vous souhaiter à tous une excellente continuation dans cette association qui m’a tout donné. Le journal sera certainement moins bien qu’avec moi, mais bon c’est la vie...

Voilà, pour moi ce fut une session mémorable alors essayez de faire Le chef de la rubrique techno a encore explosé son forfait internet en de même pour la prochaine! regardant les derniers épisodes de Glee. Fidèle aux principes de son idole, Kim Dotcom, la parution sera téléchargeable en ligne. Oui on Elyophe*, l’arabe de Bref s’interroge sur nos habitudes sur le web, et non nous ne parlerons pas des sessions streaming pornos que certains s’octroient entre deux *Contraction d’Elyes le bellâtre Tunisien et de Christophe le sosie cours. officiel de « Bref » au Canada

L’intérêt affaires

- Louis Vaillancourt, planificateur stratégique - Le Monde parallèle du Trading

L’intérêt politique

p.03 p.04

- Ils se sont fait remarquer ces derniers jours - Un économiste à la tête des états-unis - The unholy path to a dis-United Kingdom

p.06 p.07 p.08

L’INTÉRÊT techno

p.09

L’INTÉRÊT étudiant

- Claude Monette : dernière ronde, dernier round - Coop : en quête de « capital de sympathie » - 23000$ amassés! / chronique de l’aine hachée

p.12 p.13 p.14

L’INTÉRÊT Culturel

p.15

L’INTÉRÊT développement durable

p.18

L’intérêt sportif

- Fiction : LNH, Lockout de la saison 2012-2013

p.19

CRÉDITS Journal L’Intérêt HEC Montréal 3000, chemin de la Côte-Sainte-Catherine, Local RJ-718, Montréal, (Québec), H3T 2A7 | tél. : 514 340-6105 Comité exécutif Présidente : Mathilde Mur | VP Interne : Anthony Rahib | VP Externe : Catherine Lavery | VP Ventes : Sarah Taki | Webmestre : Simon Grandjacques | Illustrateur : Melki Melgarejo | Graphistes : Antoine Delacressonnière (antoine@lestudiodu3eme.com) Comité Rédactionnel

Directrice : Annabelle Gauriat | Rédacteurs en chef : Elyes Ben M’rad / Christophe Colard | Chef de pupitre-Politique : Daye Diallo | Chef de pupitre-Affaires  internationales : Arthur Maillard | Chef de pupitre-Culture : Bouchoucha Selim | Chef de pupitre-Sport : Marc Jullien | Chef de pupitre-Techno : Jean Thomas Delespierre | Chef de pupitre-Vie étudiante : Martin Loutrel | Correctrice : Julie Salomon, Marion Chassefeyre | Photographe : Andréa Monguilod (Andy-2012)

Journalistes : Daye Diallo, Arthur Maillard, Selim Bouchoucha, Marc Jullien, Jean Thomas Delespierre, Marc Lachapelle, Martin Loutrel, Fatema Belasri, Anne Chabert, Éloi Charpentier, Elyes Ben M’Rad, Christophe Colard, Morad Jeldi, Cédric Livet, Catherine Lavery, Mathilde Mur, Anthony Rahib, Aurélie Suberchicot, Sarah Taki, Annabelle Gauriat, Paul Mariuzzo-Raynaud, Flavien Iszurin, Violaine Rollin, Alexia Desbordes, Sebastian Keita, Arthur Voegel

Contributeurs : Antoine De Saporta, Maryse Boulos, Daniel Belanger, Véronique Charland

Imprimeur : Hebdo Litho | Distributeur : Chad Ronalds Pour la publicité ou la rédaction : redaction.interet@hec.ca L’Intérêt est le journal des étudiants de HEC Montréal et il est publié par l’AEHEC. Il est membre de la Presse universitaire canadienne et du University-Wire. L’Intérêt est un journal d’opinion et, à ce titre, n’est pas tenu de présenter des articles neutres et impartiaux. Le contenu de ce journal est indépendant de la direction de HEC Montréal et des associations étudiantes. Les textes n’engagent que l’auteur et ne reflètent en aucun cas l’opinion de l’École, de l’AEHEC ou des autres collaborateurs du journal. Le matériel contenu dans L’Intérêt peut être reproduit avec mention de la source. Nous avons adopté dans ces pages la majeure partie des rectifications orthographiques recommandées par l’Académie française.

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L’INTÉRÊT AFFAIRES//

Discussion avec... Louis Vaillancourt, planificateur stratégique. À la rencontre d’un professionnel pour mieux comprendre les réalités du métier. Trois tablettes «   Etch a marianne bonnet veronique charland sketch », soit les marianne.bonnet@hec.ca petites tablettes veronique.charland@hec.ca avec lesquelles on dessine des gribouillis grâce à deux roulettes, sont disposées devant un canapé gris. Étant un ramassis de bricoles produisant une luminosité plutôt accueillante, la création artistique qui sert de lustre près de la porte d’entrée attire notre curiosité. C’est dans cet original hall d’entrée que l’on nous a accueillies le jeudi 25 octobre vers 9 h 15. Habillé d’un jeans et d’un veston noir, Louis Vaillancourt nous reçoit avec le sourire. Après les poignées de main, Louis nous présente les lieux hors du commun de l’agence DentsuBos. Installés dans une ancienne usine où l’on produisait les poupées Bout’Chou, les différents départements ont su s’organiser selon une ambiance de création. Placés selon les équipes de projet, les employés ont chacun leur bureau structuré et décoré selon leur style de vie. En quelques minutes de visite, on sentait déjà l’atmosphère détendue chez DenstuBos. Un aménagement formel avec une grande table de verre, des chaises en cuir et un grand écran nous est alors présenté comme étant la salle « jaune », soit l’une des salles de réunion. Celle-ci étant notre dernier arrêt, nous y avons passé le reste de l’entrevue et ainsi nous avons eu la chance de mieux connaitre Louis Vaillancourt. Expérience personnelle Entre 1999 et 2002, Louis Vaillancourt fait un B.A.A. en commerce électronique à HEC Montréal. Lors de sa 3e année, il participe à la relève publicitaire avec le professeur Pierre Balloffet. Après deux ans passés sur le marché du travail, il cherche à reprendre les études et à se replacer dans le monde de la publicité, soit sa passion depuis le secondaire  5. En 2004, tout en travaillant chez Publicis dans le domaine des médias et de la planification médias, il entreprend un DESS en communication marketing à HEC Montréal. « Le DESS est un atout! », nous dit-il. Celui-ci crée une ouverture dans le domaine des médias et de la planification, apporte une vision globale du marketing et bâtit un bon réseau. Le DESS se compare à une expérience entre cinq et dix ans condensés en deux ans. C’est en juillet 2005 que Louis est contacté par Christophe

est primordiale pour un stratège puisqu’il est amené à travailler pour des entreprises œuvrant dans plusieurs industries différentes. Louis affirme que pour être un bon stratège, la compréhension de tous les départements en publicité et des interactions entre ceux-ci est importante. Le planificateur stratégique est l’intermédiaire entre le serviceconseil et la création, il doit donc avoir une idée précise de leur rôle et de leurs responsabilités. Une amie lui a dit : « Un bon stratège, c’est quelqu’un que l’on aime voir et apostropher dans le corridor ». Finalement, avec les nombreux documents et les nombreuses études à consulter, il est important de savoir résumer et vulgariser les Mayen, anciennement Directeur média chez Bos, pour faire partie informations importantes afin de faciliter la communication avec du département de stratégie dans le projet de fondation des tous les membres de l’équipe. départements de recherche médias et de planification stratégique. Ce fut pour lui une opportunité extraordinaire, sans compter qu’il a Avantages du métier participé au projet tout en continuant son DESS. Louis Vaillancourt aime la polyvalence du métier, car il touche autant à la créativité qu’à la stratégie, et ce, à travers une grande diversité Poste de planificateur stratégique Le premier rôle d’un stratège est de catalyser les informations, donc de projets. Que ce soit dans l’industrie du vin, des banques, de de rassembler toutes les informations internes et externes utiles l’alimentaire ou des engrais, il est toujours stimulé et motivé par de pour leur donner un sens lors de la conception du plan stratégique. nouveaux projets tous différents les uns des autres. Il adore son rôle Pour se faire, il doit lire plusieurs études de marché et études de central dans l’agence ; il se considère ainsi comme étant ami avec consommateurs. « J’ai toujours adoré lire. Plus jeune, j’étais un tout le monde. Il se trouve également chanceux d’éviter le stress nerd! » nous dévoile-t-il. Louis s’informe sur différents domaines et du contact avec les clients, ceci étant la responsabilité du serviceentreprises afin d’avoir une idée précise de la position de son client conseil. et du produit à promouvoir. Les connaissances acquises dans les lectures l’aident à écrire le plan de communication. Puis, il cherche Recommandations à exciter la création afin de trouver un insight qui représentera la À tous ceux qui souhaiteraient devenir planificateur stratégique, Louis Vaillancourt leur rappelle l’importance d’avoir une grande marque. Louis Vaillancourt nous prévient que pour être stratège, aucune culture générale. Il faudra aussi faire preuve de patience. En général, formation n’est requise. C’est le parcours et l’expérience de la le poste de stratège n’est pas une porte d’entrée dans l’agence personne qui lui apporteront les connaissances requises pour être de publicité, mais plutôt une finalité. Il suggère de s’orienter vers un bon planificateur stratégique.En général, ce sont des personnes des postes connexes en publicité et communication tels que le ayant travaillé en service-conseil ou en conception-rédaction qui poste de planificateur médias ou au service-conseil pour acquérir sont promues comme stratège grâce à leur bagage d’expérience de l’expérience avant de possiblement atteindre le poste convoité. pertinente. Pour exceller dans le métier, la personne doit absolument Louis Vaillancourt enseignera le nouveau cours de spécialisation avoir une grande curiosité naturelle, une ouverture sur une multitude « Marketing, médias et sociétés » (3-113-12) à l’hiver 2013. En de sujets et une envie de s’enrichir jour après jour. La culture générale espérant que vous ferez partie de cette expérience enrichissante. VOLUME 57, NUMÉRO 06 // 29 novembre au 18 janvier 2013 // 03


L’INTÉRÊT AFFAIRES//

le monde parallèle du trading arthur maillard

arthur.maillard@hec.ca

banques traders

L’actualité depuis quelques années est riche en affaires révélatrices de la folie de certains traders. À l’image de la « baleine de Londres  », trader de la banque américaine JP Morgan Chase qui a accumulé des pertes s’établissant à plus de 6 milliards de dollars. Citons aussi l’affaire Kerviel en France qui, suite à une position de 50 milliards d’euros, a engendré une perte de 4,9 milliards d’euros pour la banque concernée. Plus récemment, un trader de la banque suisse UBS à Londres a été jugé coupable d’une fraude ayant coûté 2,3 milliards de dollars. Le monde de la finance a atteint un tel niveau de déconnexion avec l’économie réelle qu’il fait l’objet de questions de réglementation des deux côtés de l’Atlantique. D’un côté, on observe ceux qui défendent l’idée que ce genre de pratique répond à un besoin économique et s’inscrivent dans une logique libérale. Ces derniers considèrent que les contraintes réglementaires viennent entraver une forme de liberté d’entreprise et préfèrent laisser jouer les forces du marché et de libre concurrence. Les autres s’attachent à une conception réaliste de la finance et tiennent à soumettre ce monde aux forces et aux modes de fonctionnement des entreprises produisant des biens et des services non financiers. Ils prônent donc l’instauration de règles. Sujet épineux puisque dès lors qu’il s’agit de fixer une limite se pose la question de la légitimité de ceux qui la mettent en place. Sempiternelle question de la liberté de chacun. Attardons-nous davantage sur une pratique qui représente particulièrement bien cette dichotomie existante entre ce monde parallèle et l’économie réelle : le trading haute fréquence (THF). Le THF consiste à exécuter à grande vitesse des transactions financières faites par des algorithmes informatiques. Le temps calculé peut s’exprimer dans bien des cas en microsecondes! Ce type de trading crée des opérateurs virtuels qui effectuent des opérations qui ne sont pas le fait de choix et de décisions humaines. Les volumes d’opérations sont à l’évidence particulièrement conséquents afin de rentabiliser la mise en place des équipements onéreux. Plus de la moitié des transactions financières sont traitées par des mécanismes de THF. Parmi les accusations portant sur cette pratique on trouve celle 04 // 29 novembre au 17 janvier 2013 // VOLUME 57, NUMÉRO 06

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de la manipulation de cours. Les logiciels utilisés déploieraient des stratégies de leurre afin de provoquer des réactions chez les autres intervenants. Cet argument est toutefois difficile à valider en raison de la structure opaque du THF et du manque de données exploitables. De plus, l’étude des risques du THF nécessiterait l’analyse de millions d’opérations portant sur des centaines de milliards de dollars passées dans des temps de plus en plus réduits.

Rappelons l’épisode qui a eu lieu le 6 mai 2010 à Wall Street : un flash krach s’est produit en quelques minutes sans aucune raison économique, faisant perdre mille points à la Bourse de New York. Les origines de cet incident furent attribuées au THF qui aurait amplifié les effets de la vente de contrats, dont la quantité atteignait des proportions extraordinaires, par une grande firme de fonds mutuel. Une histoire dont la brièveté ne saurait empêcher la réflexion.

Un dernier élément pour nourrir notre méditation sur le sujet : en juillet 2011, le temps moyen de détention d’une action américaine Les régulateurs sont engagés dans une course de vitesse pour était estimé à 22 secondes... encadrer ces logiciels ultrasophistiqués dont les effets sont encore méconnus. La SEC, le gendarme américain des marchés financiers, a avoué son retard en embauchant récemment une équipe de traders pour la former sur le THF. L’évolution de la technologie dans le monde de la finance a un rythme tellement soutenu qu’elle permet de semer les autorités régulatrices. Il apparaît évident qu’un jour ces dernières combleront leur retard pour enfin comprendre les enjeux de ces mécanismes, mais à quel prix?

La caricature de Melki


L’INTÉRÊT POLITIQUE//

PALESTINE : un statut à l’onu? Au Moyen-Orient, depuis des mois, la question de l’adhésion de la Palestine à l’ONU se pose. En effet, les pressions américaines et issahoud maherzi raéliennes (notamment Sahoud.maherzi@hec.ca l’hypothèse de sanctions financières) ont maintenu pendant un moment le doute sur la demande des autorités palestiniennes quant à leur adhésion en tant qu’État observateur au Conseil des Nations Unies.

affirmant que la Palestine ira à l’ONU « en novembre 2012, pas en 2013 ni en 2014 ». Ainsi, le 29 novembre 2012, la Palestine fera sa demande en tant qu’État non membre des Nations Unies. Trois jours après cette déclaration, le 14 novembre, des raids israéliens ont été responsables de la mort du chef de l’aile militaire du Hamas, Ahmad Jabbari et de huit autres civils.

Depuis, le bilan s’est élevé dimanche 18, journée la plus meurtrière avec de nombreux tués : trois morts du coté israélien et soixantequinze du coté palestinien dont une majorité conséquente de femmes et d’enfants en bas âge. Les autorités palestiniennes ont demandé au Conseil de sécurité de l’ONU d’agir afin de mettre fin à l’opération militaire israélienne. De l’autre côté de la ligne verte, Shimon Peres, président israélien, s’est plaint lors d’une conversation téléphonique avec Barack Obama, que « les femmes et les enfants ne peuvent pas dormir en paix la nuit ». Cette situation critique continue de s’envenimer à l’heure où cet article est écrit, et les affrontements Le doute a été dissipé le 11 novembre, date anniversaire de la mort sont encore en progression dans la bande de Gaza. du leader historique palestinien Yasser Arafat. Mahmoud Abbas, président palestinien, s’est adressé à son peuple en cette occasion La demande qui sera émise le 29 novembre n’est pas la première

arthur voegel

et marque une seconde tentative en deux ans après celle du 23 septembre 2011 qui fut un échec pour les autorités palestiniennes. En effet, malgré une majorité de nations favorables à cette adhésion, les États-Unis, principal allié d’Israël, avaient émis leur véto. La demande actuelle semble réservée au même échec puisque celle-ci a été confrontée à l’opposition du président récemment réélu des ÉtatsUnis : Barack Obama. La persistance des autorités palestiniennes à l’encontre de cette adhésion est significative puisqu’elle représente selon Mahmoud Abbas, « la seule voie pour faire face à l’assaut de la colonisation et sauver la solution à deux États ». De même, le président palestinien affirme avoir subi des pressions ces derniers jours de la part de « plusieurs parties » et annonce clairement qu’il ne renoncera pas à cette « juste demande ». Par ailleurs, l’adhésion à l’ONU serait un moyen direct pour les autorités palestiniennes de faire entendre leur voix et leurs revendications sans médiation, ce qui augmenterait de façon importante l’audience accordée aux autorités palestiniennes ; chose qui ne semble pas plaire aux autorités israéliennes qui menacent, par le biais du ministre des Affaires étrangères, d’une « très forte réaction ».

Et si la médecine à deux vitesses était la solution?

arthur.voegel@hec.ca

Quelle magnifique utopie qu’un système de santé universel! Au départ, l’idée peut sembler louable, juste et même primordiale pour une société moderne. Cependant, cela est-il vraiment réalisable? Pour le ministre de la Santé, Réjean Hébert, l’accès aux soins doit être le même pour chaque citoyen.Mais cette position ne serait-elle pas seulement politique? N’ignore-t-elle pas la base des principes économiques et ses réalités? La réponse est bien évidemment positive. Au sein de cet article, j’expliquerai en quoi un système de santé à deux vitesses est souhaitable au risque d’être catégorisé comme un capitaliste impitoyable. Manque de médecins : un problème majeur On entend souvent parler des urgences québécoises surchargées. Ce n’est pas un mythe, mais bien une réalité : il arrive fréquemment d’attendre pendant une dizaine d’heures avant de voir un médecin. Le problème se pose également lorsque l’on doit être opéré ou bien passer un simple examen. Les listes d’attente sont interminables et se comptent en mois. Économiquement, cela peut être expliqué par

la gratuité : il est possible de se rendre aux urgences pour un simple ongle cassé sans rien payer, pourquoi s’en priver? On retrouve ainsi trop de cas mineurs dans les salles d’attente qui contribuent grandement à l’achalandage. Cependant, comme il n’est pas question de remettre en cause la gratuité, ces comportements existeront toujours. Alors, il est indispensable de garder et d’attirer les meilleurs médecins au sein de la province pour subvenir à toutes les demandes. Comment faire?

Le privé à la rescousse du public Le Québec ne peut pas malheureusement pas se servir de son système de santé publique pour faire venir ou même conserver les meilleurs praticiens. En effet, dans certains hôpitaux, spécialistes et chirurgiens disposent d’un temps libre incroyable en raison de la mauvaise gestion de ces établissements. Durant ce temps libre, ils ne peuvent ni gagner leur vie, ni exercer leur passion. Le secteur privé peut alors venir à la rescousse. En permettant aux médecins de changer leur statut (public/privé) plusieurs fois par année, le Québec a peut-être la solution. Dans les cliniques, les docteurs peuvent combler leurs heures libres et ainsi augmenter leur salaire de façon non négligeable. Et soyons honnêtes, les médecins sont comme vous et moi, l’argent est à leurs yeux un argument non négligeable. Ici, personne n’y perd vraiment : les médecins améliorent leur rémunération et la province garde ses médecins. Alors non, M. le ministre, il n’est pas inacceptable que des gens aient accès plus rapidement aux soins santé grâce à leur carte de crédit. C’est même primordial à la survie de votre système. Certes, cela peut sembler éthiquement incorrect, mais c’est le prix à payer pour maintenir la qualité des soins au Québec.

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L’INTÉRÊT POLITIQUE// Alpha Daye Diallo

alpha-daye.diallo@hec.ca

Ils se sont faits remarquer ces derniers jours

Qu’on y soit indifférent, qu’ils nous énervent, qu’ils nous fassent rire ou pleurer, les politiciens ne manquent pas de remplir nos chroniques médiatiques. 5ème : Si le mot zumaville ne vous dit pas grand-chose, c’est le vocable à la mode en ce moment en Afrique du Sud. En effet, Jacob Zuma, président en exercice de la nation arc en ciel, est au centre d’une polémique politico-financière. La presse vient de révéler que ce dernier, avec l’argent du contribuable, a décidé de rénover sa résidence privée et d’y rajouter des souterrains, une clinique et un héliport! Rien que ça. Sachant que l’Afrique du Sud, est parmi les pays les plus inégalitaires du monde, le budget de l’État ne serait il pas mieux utilisé dans des programmes sociaux? Il est sidérant de voir certaines dérives des successeurs de Mandela. 4ème : Sur les rives calmes du Nil un prochain pharaon porté sur la religion est il en train de naître? Mohamed Morsi, l’actuel président égyptien, ne rate pas une occasion pour faire parler de lui et asseoir son influence. Principal négociateur au plus fort de la récente crise israélo-palestinienne, il vient de limoger le procureur général de son pays s’arrogeant plus de pouvoirs au passage. Les Égyptiens devraient veiller sur les acquis de leur révolution au risque de voir leur pays passer d’une dictature militaire à une tyrannie religieuse. 3ème : Cette histoire ne se passe pas au fin fond du Turkménistan ou d’une quelconque république bananière mais bien en France, pays des lumières et de Montesquieu. Cette histoire c’est celle de l’UMP, principal parti de droite français, en pleine déconfiture. Depuis quelques jours on a eu droit à une

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véritable tragicomédie autour de l’élection de son futur leader. De l’omission - volontaire? - de milliers de voix, aux deux prétendants qui se déclarent vainqueur sans oublier les attaques diffamatrices, l’UMP a fait preuve d’un amateurisme digne d’une dictature. En attendant la suite des événements, l’unité du parti, bien compromise, doit sûrement attiser les envies au centre et à l’extrême droite de l’échiquier politique français.

sudoku - difficile /

SOLUTION DISPONIBLE SUR : L’INTÉRÊT - HEC MONTRÉAL

9 5 2 7 5 7 3 4 2 3 4 6 2 8 4 3 2 8 4 5 2 6 8 9 7 6 5 9 3 6 4 7 8 5 7 1 3

2ème : De semaines en semaines, la commission Charbonneau reste l’un des sujets les plus abordés et les plus discutés au Québec. Pour certains, cette commission est le phare de la justice dans un monde de corruption tandis que pour d’autres, elle est celle qui a sonné le glas de leur carrière politique. Force est de constater qu’elle aura au moins eu le mérite de porter dans la sphère publique le débat sur l’importance de la corruption à l’intérieur de notre société. Maintenant, en citoyens avertis, il est peu probable que les futures administrations municipales au Québec puissent autant bénéficier d’enveloppes brunes sans attiser les sanctions de leurs administrés.

Un futur paisible est il possible entre ces deux belligérants? Oui sans aucun doute. Les massacres, de part et d’autre, doivent cesser. Mais pour que ce vœu pieux se réalise, il faudrait passer des doléances aux actes. Au regard de l’histoire, la communauté étrangère ou, du moins, les grands États qui peuvent influencer les positions des deux parties devraient faire pression et mettre – une bonne fois pour toute - Israéliens et Palestiniens devant leurs responsabilités dans le but 1er : Une guerre, une de plus, Israéliens et de trouver une paix durable. Gazaouis s’affrontent encore dans une débauche d’acier, de roquettes et d’avions de combat. Triste de voir l’histoire se répéter encore et encore dans cette région du monde sous le regard voyeuriste de tous les médias.


L’INTÉRÊT POLITIQUE//

Un économiste à la tête des États-Unis

Nate Silver versus le monde La vapeur des élections américaines à peine sebastian.keita@hec.ca libérée de la lourdeur de ses canons, un autre de Chicago fait son entrée dans les annales de l’Histoire. Après le président Obama, c’est bien le nom de Nate Silver qu’il faudra garder en mémoire. sebastian keita

L’Université de Chicago et celle de Londres à son dossier, il reçoit son baccalauréat en économie. Depuis : conseiller en économie, statisticien, sabermétricien, psephologue, et tout récemment écrivain ; il s’aventure dans l’histoire des chiffres. Chiffres qui expliquent, chiffres qui prédisent, chiffres qui font l’histoire. PECOTA 2002 -2003 À peine sorti des bancs de l’école, Nate Silver développe PECOTA, ce dernier étant l’acronyme pour Player Empirical Comparison and Optimization Test Algorithm. C’est un système de prévision sabermétrique pour la Ligue majeure de Baseball. Il prévoit non seulement les performances d’un joueur de baseball sous diverses statistiques, mais aussi les valeurs marchandes des joueurs. La logique et la méthodologie étant connues, mais la formule du système a toujours été gardée prioritaire. FIVE THIRTY EIGHT 2008 – AUJOURD’HUI S’inspirant du système PECOTA, légèrement remodelé pour tenir compte du monde différent qu’il s’adonne d’analyser, FiveThirtyEight. com prend son envol en mars 2008. Il faut dire que son nom vient des 538 Grands Électeurs du collège électoral américain alloués suite à l’élection présidentielle américaine. La magie FIVE THIRTY EIGHT Le secret de la méthode Nate Silver se tient dans la pondération des sondages. À la base même de cette dernière est le classement des sondeurs par la précision, le poids de leurs sondages ainsi que des estimations électorales basées sur les données démographiques et les schémas de votes antérieurs. Le mécanisme précis n’étant pas connu, il se targue d’être la cible de nombreuses questions. Le résultat des résultats FIVE THIRTY EIGHT fait non seulement la projection des résultats d’après les électeurs du collège américain, il essaie de prédire le pourcentage du suffrage universel reçu part chaque candidat, mais aussi les résultats des élections du Congrès et du Sénat américain. 2008 – Élection présidentielle Son premier grand test arriva lors de l’élection présidentielle en 2008, où Obama fut le vainqueur. En 2008, le système de Nate Silver,

obtint une prédiction correcte sur 49 des 50 États américains, ayant pour seules projections erronées l’État de l’Indiana et celle du 2e district du Nebraska. Pour ce qui est du Sénat, il a obtenu un score parfait en ayant toutes les projections justes.

33 sénateurs. Plus surprenant, il avait prédit une victoire en termes de suffrage universel de 50,8 vs 48.3  % en faveur du président américain. Pour l’instant, n’étant pas toujours fini, est de 51 vs 48 %. Très juste en effet!

2010 – Élection de mi-mandat Dans les élections de mi-mandat en 2010, le modèle permit de prédire correctement la victoire de 34 des 36 membres du Sénat américain. Plus impressionnant encore, son modèle fut l’un des rares à prédire les 54 des 62 sièges remportés par les républicains au Congrès américain. Il est à noter que les résultats aux élections du Congrès américain sont très durs à prévoir, car ils ne suivent pas nécessairement une logique que le Collège américain ou le Sénat américain suivent. Raffiner le modèle fut plus difficile dans ce cas à cause de l’ajustement de plusieurs variables. Dans le cas du Congrès, c’était notamment dû à la lutte de pouvoir entre les républicains et les démocrates quant à la recoupe électorale, dans beaucoup d’États américains il aurait fallu que trois fois plus de gens votent pour un candidat démocrate pour qu’il soit élu.

Silver gagne l’or À l’aide de son calme légendaire et de sa détermination à se tenir loin du sensationnalisme recherchée par les autres médias, il a su prédire de façon très juste les résultats grâce à une sélection prudente des variables, nombreuses étant économiques, et une judicieuse utilisation de la pondération.

2012 – Élection présidentielle Les dernières élections présidentielles furent la vraie affirmation de Nate Silver. Critiqué de toute part, républicain comme démocrate, et dans un climat où les cotes d’écoute menaient à un resserrement artificiel des sondages  ; il fut l’élément de raison dans l’océan de la déraison. Une prédiction à 100 % juste au niveau du Collège électoral américain, il prédit notamment correctement l’Ohio, la Virginie et même la Floride. Ce dernier fut prédit malgré la plupart des sondages qui allaient dans l’autre sens. Il avait prédit la réélection certaine d’Obama avec une probabilité de 92  % la journée avant l’élection. Cette même soirée, il avait prédit correctement l’élection de 31 des

Nate Silver versus le monde Parti d’un système de prédiction développé pour le sport à une adaptation subséquente pour les élections américaines, Nate Silver a mis son nom en jeu et il savoure sa victoire. En 2009, il fut nommé l’un des 100 hommes les plus influents au monde par le Time magazine. Ayant notamment collaboré avec le président américain en 2008 sous l’ombre d’une entente de confidentialité, il sera une force majeure pour tous les stratèges dans l’avenir, démocrates comme républicains. Les conséquences d’un tel système de cotation pourraient notamment avoir un impact majeur sur les élections de 2016 ; l’argent étant mieux distribué sur le terrain par les deux camps. L’élection de mi-mandat de 2014 Nate Silver prédit déjà que la chambre de congrès n’ira pas au camp démocrate en 2014. Selon ses estimations, il sera impossible aux démocrates de reprendre les 17 sièges nécessaires pour la majorité au congrès. Le livre du vainqueur Son livre intitulé The Signal and the Noise : Why So Many Predictions Fail-but Some Don’t fait déjà de nombreuses vagues et il est grandement conseillé pour tout passionné d’économie, de statistiques, de politique, mais aussi de parcours extraordinaires.

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L’INTÉRÊT POLITIQUE//

Britain faces harsh challenges ahead to keep its unity

The unholy path to a dis-United Kingdom flavien iszurin flavien.iszurin@hec.ca

The Edinburgh Agreement of October 15th paves the way to a possible independence of Scotland by the end of 2014. In Northern Ireland, violence reappeared in the headlines after the murder of a prison officer by the IRA. Wales remains a loyal nation but its first minister Carwyn Jones highlighted that Britain’s questions about its European identity crisis were only playing in favour of United Kingdom breakup supporters. United Kingdom integrity is a debate that never ceased to be tackled throughout the 20th and the 21st century. After the independence of Ireland in 1923, the status quo resulted in decades of violence in Northern Ireland. The peace process only really started in the 1990’s and yet is not completed. In Scotland, the final act of the drama will end up in a referendum in autumn 2014 on whether Scotland will become independent. The outcome of this vote could be crucial for Europe, but also for Canada, as a majority of “Yes” could reactivate Quebec sovereignty movement. Devolution (not enough) to avoid split? In the 1990’s, Westminster (the British Parliament) and regional authorities began talks to gradually transfer jurisdictions into regions’ hands. This led to the creation of a Parliament in Scotland, and an Assembly in Northern Ireland and Wales. For instance, most of the administration issues of an independent country fall into the competence of Hollyrood (the Scottish Parliament) except foreign policy, immigration and defence. However, Tony Blair, who was the main stakeholder in this process, yet remains doubtful about the consequences of this political evolution. In his biography released in 2010, he stated that he was never a passionate devolutionist. It was a dangerous game to play and we could never be sure where nationalist sentiment ends and separatist sentiment begins. A casual but representative example was in 1990, during the Rugby V-Nations match between Scotland and England; “Flower of Scotland” was played as the Scottish national anthem instead of “God save the Queen” for the first time. It did not pacify relations but 08 // 29 novembre au 17 janvier 2013 // VOLUME 57, NUMÉRO 06

only emphasized their Scottish proud against the English. A Scottish imbroglio Let’s now talk about the Edinburgh Agreement in itself. On October 15th, David Cameron, British Prime Minister, and Alex Salmond, first minister of Scotland signed a 30-clauses deal in which the Scottish government will be able to stage a referendum by the end of 2014, giving guaranty that London now explicitly allows a nation to become independent if a majority claims it. Opinions polls currently show that, if the Scottish people backs the incumbent nationalist party (the SNP, Scottish National Party, ruled by Alex Salmond), on the other hand the idea of independence seems to be rejected by 54 to 65% of the population. These figures cannot be considered as reassuring either because, for instance, they were nearly the same a few months before the referendum of October 1995 in Quebec, to finally end up with a result of 50,5% in favour of the “No”. Laws, rights and judgment: a Canadian affair Quebec nationalists will seek to keep a sharp eye on the Scottish situation and will be looking to point out any legal regulation that could be adopted in Canada in their favour. For this special issue, Canada is bound by the Clarity Act, which, as for the Edinburgh Agreement, recognizes the democratic right of an entity to split from the rest of the country. What differs, and may be politically used by QC sovereignists, are the following points: the statement of the

question will be fully decided by the Scottish Parliament, and only checked in a consultative way by an independent commission along with a European commission. In Canada, the Federal Parliament can decide not to recognize the outcome of the referendum and judge afterwards that the statement of the question was not clear enough. Then, the required majority is not clearly established by the Clarity Act, so it all depends on the judgment of the Supreme Court to recognize that the majority reached is sufficient, in case the “Yes” wins. In Scotland, London stated that a “Yes” majority would be recognized starting from 50%+1 vote. What about the other nations? Wales was historically the closest nation to England and a recent poll from the BBC showed that only 7% of the population would back the idea of independence. Nevertheless, debates about the need for Britons to stay or not inside the E.U., spread by far-right parties such as UKIP, could play in favour of regionalism all across the U.K., according to Carwyn Jones, Wales first minister, in his speech at the LSE two weeks ago. In Northern Ireland, situation seemed to be stabilized since 2006 and the re-establishment of the Assembly in Belfast. However, violence occurred again last September that revealed deep problems that could not be so easily scrubbed away. On November 1st, a police officer was killed by a Republican faction (allegedly belonging to the IRA), marking the first political murder of the faction since nearly 20 years. Politicians from the Democratic Union and the Sinn Fein try to communicate together to avoid provocations from any side, but it is clear there is still a long way before real pacification. Politicians from Westminster have now to understand how important the next 2 years will be, for the integrity of the UK, but also for the future of all nations concerned by a strong regional issue and the population should be able to fairly judge whether regional politicians are really acting for their interest by promoting independence.


L’INTÉRÊT TECHNO//

et si le futur

des investissements publicitaires se trouvait dans les jeux vidéo? D’après une étude de PricewaterhouseCoomartin schlesinger (ludos committere) pers de septembre martin.schlesinger@hec.ca 2012, le montant des info@ludos.ca investissements publicitaires mondiaux devrait croître de 11,2 % dans le secteur des jeux vidéo pour la période 2012-2016. Il atteint la deuxième position, derrière la publicité sur internet (15,9  %) et devant la télévision (6,6 %). Quand on sait que cette croissance est portée par le digital et que le marché mondial du jeu vidéo en ligne va dépasser celui sur console et PC en 2013, l’industrie des jeux vidéo se révèle être un secteur très prometteur pour la publicité. Mais il y a plus encore... Aujourd’hui, le jeu vidéo est un divertissement de masse. Pour preuve, les ventes du jeu de soccer FIFA 13 en Angleterre qui dépassent les 4,5 millions en cinq jours ou encore la croissance du chiffre d’affaires qui dépasse celui du cinéma et de la musique. Pour un professionnel du marketing, cela représente donc des opportunités formidables. Étudions par exemple le cas d’un pays comme la France. D’après une étude parue au mois d’octobre avant la Paris Games Week, un Français sur deux joue aux jeux vidéo, soit 27 millions d’individus, et la moyenne du temps de jeu est supérieure à 4 h 30 par semaine. De plus, l’étude se termine en émettant un point très intéressant : la multiplication des nouveaux supports favorise le recrutement des joueurs occasionnels qui sont séduits par la facilité d’accès aux jeux (App Store, Google Play, etc.)

connectés à internet permet à la publicité de s’adapter en temps réel. Par exemple, en 2008, le candidat Barack Obama s’affichait dans le jeu vidéo de course de voiture Burnout Paradise, mais uniquement aux utilisateurs américains. Il est donc possible pour l’annonceur de cibler selon de nombreux critères, géographiques et/ou sociologiques. Toutefois, plusieurs éléments peuvent limiter cette pratique. D’une part, cette méthode n’est possible que pour les jeux qui se déroulent dans un univers qui se veut réaliste. D’autre part, le doute est possible concernant la réceptivité du joueur lorsque la publicité n’est qu’un élément du décor et ne fait pas partie intégrante de l’intrigue. Une seconde solution est l’advergame, c’est-à-dire lorsqu’une marque finance le développement d’un jeu qui ne sera qu’un simple support publicitaire. Ces dernières années, le fait que le profil du joueur ait changé et que celui-ci puisse s’affranchir des supports traditionnels pour jouer offre de nouvelles perspectives à cette pratique.

En faisant la synthèse de toutes ces informations, nous pouvons nous apercevoir que le jeu vidéo est un support de communication, de recrutement, mais aussi d’attraction très performant. Si on pousse la réflexion plus loin, on s’aperçoit que le jeu vidéo n’a presque rien à envier à la puissance que la télévision offre aux marques : un vaste panel d’individus facilement segmentable, un Les applications pour téléphones intelligents, les navigateurs temps moyen élevé consacré à ce média et un moment de détente. web ou même les réseaux sociaux comme Facebook sont faciles d’accès pour les marques. Par exemple, la marque automobile Pour répondre à cette tendance, plusieurs solutions déjà existan- Volkswagen a lancé le site internet « The GTI project » qui permet à tes s’offrent aux marques. La première est le placement de pro- l’internaute de piloter un véhicule de la marque puis de comparer duit, soit la publicité in game. Bien que cette pratique date de son score. longtemps dans le secteur, elle demeure l’une des plus efficaces et pertinentes. Le fait que tous les supports soient aujourd’hui Cette pratique pour un annonceur est intéressante dans la mesure

où elle contrôle la création et l’univers du jeu et où elle crée des contacts privilégiés avec sa cible grâce à un engagement affectif élevé. Enfin, le jeu vidéo peut être un support pour diffuser de la publicité de manière classique, avant ou pendant une phase de chargement par exemple. Cette pratique s’avère pertinente pour les tablettes ou les téléphones intelligents. De plus, d’après une étude de 2011, la majorité des joueurs (tout profil confondu) accepte la diffusion de publicités en échange de la gratuité du jeu, en particulier si elles correspondent à son univers et n’interrompent pas le processus du jeu. Ainsi, le secteur du jeu vidéo apparait comme un domaine très prometteur pour le secteur publicitaire, mais aussi gagnant/gagnant pour les deux parties. Pour les éditeurs, ce revenu supplémentaire permet d’amortir en partie les couts de développement. Pour les annonceurs, cela représente une opportunité de toucher et cibler un large panel d’individus. À l’avenir, les annonceurs et les éditeurs vont collaborer plus étroitement. Les éditeurs doivent réfléchir davantage en amont à comment intégrer une marque dans le jeu, tandis que celles-ci doivent prendre conscience de la qualité de ces procédés et éventuellement repenser l’allocation de leurs budgets publicitaires.

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L’INTÉRÊT TECHNO//

la caméra la plus laide du monde Première caméra « 4D » L’année 1982 fut sebastian keita immortalisée par sebastian.keita@hec.ca la sortie du film Blade Runner. Film largement oublié depuis, il regorge d’idées d’un futurisme hallucinant. Véritable encyclopédie avant son temps, il dépeint notamment les joies des gratte-ciels triangulaires qui s’élèvent dans les cieux et des voitures volantes. Une scène particulière capte l’attention de l’imaginaire. Harrison Ford manipule de façon bien particulière une photo grâce à la machine d’analyse de photo Esper. Il agrandit certes la photo, mais il a surtout le plaisir de la regarder dans toutes ses perspectives. Difficile à comprendre, reprenons alors! De façon plus concrète, vous prenez une photo de vous-même ainsi que de votre chien. Vous regardez bien droit dans l’objectif de la caméra, mais votre chien possède le réflexe de regarder ailleurs, surtout pour éviter la laideur d’un tel bidule. Vous rentrez chez vous et vous vous apercevez que sur aucune des photos votre chien ne regarde droit dans l’objectif. Fichu eh bien non! La Lytro vous permettrait de changer de perspectives après les faits. Sans reprendre la photo, vous pourriez focaliser sur la face de votre chien ou bien sur ce qu’il regardait éventuellement. Un chat peut-être. Ce phénomène s’appelle le changement du rendu de perspectives. La Lytro arrive à cette prouesse technique d’une manière assez ingénieuse. Elle arrive à capter l’information 4D du champ lumineux qu’elle perçoit. Cette information peut être ultérieurement utilisée pour changer la focalisation dans l’image. La technologie n’est certes pas encore au point et il peut y avoir discussion sur ce qu’est une capture 4D du champ lumineux, mais l’avenir se trace.

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aussi à l’Université Stanford par un ��tudiant du nom de Ren Ng. Elle est sortie effectivement le 15 novembre 2012, juste à temps pour la période des fêtes. D’une laideur assurée, ressemblant notamment à une boîte d’allumettes, elle possède le don de vous envoyer pour l’instant d’une frustration, vers l’avenir dépeint dans Blade Runner. Pourtant, le mot frustration décrit bien les premiers commentaires des utilisateurs. Sa résolution maximale de 1,2 mégapixel représente adéquatement le côté négatif de l’équation. À 399 $, elle n’est pas donnée et disqualifie à peu près tous les acheteurs potentiels. L’humiliation anticipée due à sa forme, elle fait pourtant rêver par son potentiel. D’ici dix ans et une reprise par les grands de l’industrie, elle chamboulera le monde de la photographie.

La technologie en tant que telle n’est pas nouvelle ; Gabriel Lippmann a proposé le premier concept technologique en 1908. Il faut attendre 1992 pour le premier prototype d’un premier appareil plénoptique. En 2004, le premier changement de perspective d’une image démontré par une équipe de l’Université Stanford fait jaser. En 2010, Raytrix, une compagnie allemande, offre le premier modèle commercial pour Pour l’instant, évitez surtout de la donner industriels. Après plusieurs innovations subséquentes, nous voici en cadeau à Noël ; l’incompréhension reliée à son au premier modèle commercial destiné aux particuliers, développé aspect prototypique, sa laideur et son prix, vous serez détesté sous plusieurs perspectives. 010 // 29 novembre au 17 janvier 2013 // VOLUME 57, NUMÉRO 06


L’INTÉRÊT TECHNO// guillaume legoy

guillaume.legoy@hec.ca

sommet

international du jeu de montréal : vers un avenir « free-to-play ».

Le Sommet international du Jeu de Montréal (MIGS) est un évènement trouvant ses racines en 2004 et destiné à favoriser la rencontre et l’interaction entre les 8000 professionnels du secteur du jeu vidéo québécois. Montréal est la ville idéale pour organiser cet évènement, tant la créativité et l’expertise dans la création de jeux vidéo y sont présentes. C’est d’ailleurs ce que nous confirme Harold Chaput, game designer chez Bioware, concernant la présence de son entreprise à Montréal : « Montréal possède un environnement créatif stimulant et exceptionnel qui a poussé Bioware à installer des bureaux ici, car on ne retrouve pas la même ambiance à Edmonton, où nous avons des studios de création ». (Bioware est une compagnie réputée ayant sorti récemment le MMORPG (Massive Multiplayer Online Role Play Game) Star Wars : The Old Republic.) Le MIGS est ainsi devenu en quelques années le rendez-vous incontournable pour l’ensemble des designers, développeurs et autres professionnels du secteur. Se déroulant sur deux jours, cet évènement propose une soixantaine de conférences tenues par des grands noms de l’industrie tels Tim Sweeney, fondateur d’Epic Games, et portant sur différents thèmes comme le design, les nouvelles technologies ou encore l’économie.

développement des plateformes virtuelles a en effet permis une transition dans l’utilisation des canaux de distribution. L’AppleStore, l’Android Market, Steam, etc. sont autant de plateformes virtuelles qui feront que les jeux s’achèteront désormais en ligne et plus dans les centres de distribution classiques.

Peut-on créer une dépendance avec un jeu gratuit puis ensuite faire payer le joueur pour qu’il puisse continuer d’en profiter?

Grâce à ces outils, les compagnies proposant des applications pour téléphones intelligents et tablettes peuvent ainsi proposer des jeux gratuits et monétiser ceux-ci une fois que le joueur sera conquis et souhaitera profiter d’une expérience complète, on peut par exemple citer le Farmville produit par Zinga. Cependant, créer un jeu réussi ne se fait pas sans un minimum d’ingrédients. Jesse Glick estime ainsi que pour créer une application profitable, trois étapes sont nécessaires. Tout d’abord une recherche pour déterminer quel type de plateforme sera utilisé. (Facebook, IOS, Android.) Ce choix est important du fait que toutes ne présentent pas les mêmes caractéristiques. Facebook, par exemple, ne propose pas un outil de paiement en ligne direct pour ses applications contrairement aux deux autres.

La deuxième étape consiste à analyser son produit et les joueurs : que veulent les joueurs? Qu’est-ce qui ne fonctionne pas dans notre produit? Quelles sont les opportunités? Comment attirer des joueurs et les retenir? Autant de questions primordiales dans un objectif de création de valeur, d’autant plus qu’il s’agit d’un marché très compétitif dans lequel le taux de rétention est parfois très faible. Finalement la dernière étape consiste dans le design monétaire C’est ce dernier thème qui a particulièrement retenu notre du jeu : quels seront les objets virtuels que nous vendrons et quel attention, car si le MIGS se veut le carrefour des studios présentant en sera le prix, à quel moment du jeu nous proposerons au joueur leurs dernières œuvres et outils technologiques toujours plus d’acheter un item? perfectionnés, cet évènement est également une formidable occasion de définir ce que sera l’industrie du jeu vidéo dans les Bref, ce qui se cache derrière cette méthode est que pour réaliser prochaines années d’un point de vue commercial. Les nombreuses une application profitable, il ne s’agit pas juste de produire un jeu mutations que subit chaque année le secteur font que l’avenir est à visuellement et techniquement beau. La façon dont les créateurs la fois incertain, mais riche en opportunités pour qui saura les saisir. vont ensuite pousser les joueurs à payer un, deux, Et ce n’est pas pour rien que le thème du MIGS en cette année 2012 voire cinq cents est à déterminer et fera qu’un jeu était : « The Future. Unknown. » sera un échec cuisant ou un succès colossal. Quelles sont donc les perspectives d’avenir? À travers les diverses conférences auxquelles nous avons assisté, nous avons noté qu’un sujet revenait fréquemment : l’avènement du modèle d’affaires freeto-play. Une conférence fut d’ailleurs consacrée à ce sujet, présentée par Jesse Glick, directeur de la monétisation chez Sava Transmedia. Il semblerait en effet que l’avenir soit à la distribution de jeux gratuits aux joueurs, qui pourront par la suite profiter d’une expérience complète en payant au fur et à mesure qu’ils jouent. Le

Néanmoins, nous aurions apprécié qu’il soit traité plus en détail de l’aspect éthique de la monétisation d’un jeu : peut-on créer une dépendance avec un jeu gratuit puis ensuite faire payer le joueur pour qu’il puisse continuer d’en profiter? À vous de vous faire votre propre avis...

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L’INTÉRÊT ÉTUDIANT//

dernière ronde,dernier round Merci!

paul mariuzzo-raynaud

Paul.mariuzzo-raynaud@hec.ca

« Si je n’avais pas fait ce travail, je pense que j’aurais été bon à l’opéra! » Qui n’a pas eu l’occasion en effet d’entendre cette voix portante dans l’enceinte de HEC? Un ton ferme et sec, digne de la fonction qu’il incarne, mais sans aucune agressivité réelle malgré l’impression qu’on l’a fâché. « Quand on a grandi dans une fratrie de cinq garçons, il devient naturel de porter la voix pour se faire entendre ». Cette voix, c’est celle de Claude Monette, agent de sécurité en poste à l’entrée secondaire du bâtiment Côte-Sainte-Catherine à partir de 14 h 30, que vous aurez probablement vu déambuler à la bibliothèque ou durant un 4 à 7. Attention à vous si vous fumez trop près des murs ou que vous cachez de la nourriture entre vos livres, car Claude guette! Mais qu’on se le dise, Claude Monette ne se résume pas à une voix portante et à une discipline de fer sur le règlement. C’est surtout et avant tout un homme tourné vers le public étudiant, qui a vu grandir l’institution HEC depuis plusieurs générations, un homme avec un cœur à la bonne place. M. Monette est arrivé en 1976 à HEC, mais ce n’était pas au service de sécurité. Il était alors commis au courrier à l’édifice Decelles, qui avait ouvert six ans plus tôt. Désireux d’être en contact avec le public, il réussit un concours en 1985 qui lui permet d’entrer dans le service d’hôtellerie de l’École. En juin 1997, la Coop reprend le service traiteur et M. Monette intègre alors la sécurité après avoir suivi une formation durant trois ans au collège de Maisonneuve. Il travaille alors cinq ans à Decelles, puis arrive dans son fameux local à l’entrée de CSC en 2002. Il le quittera pour de bon le 22 décembre, après 35 ans de bons et loyaux services.

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lui-là n’est jamais revenu pour le moindre remboursement ni remerciement. Le coéquipier d’une grande équipe Mais pour ce qui est de la reconnaissance, M. Monette peut compter sur des équipes soudées. La première, c’est celle du service de sécurité d’une trentaine de personnes et dirigée par M. Racine depuis trois ans. « Une des trois personnes à m’avoir dit que je faisais un bon travail au cours de ma carrière » rappelle M. Monette. Il faut dire que M. Racine, lui, n’a pas été étonné de la tonalité de voix du bonhomme, ayant travaillé par le plus grand des hasards avec deux autres frères de la famille Monette auparavant. La seconde, c’est l’équipe bénévole du comité social de HEC au sein de laquelle l’agent s’est toujours impliqué. Que ce soit en tant que responsable du domaine « Sport et loisirs », ancien instructeur L’homme aux multiples casquettes Autant le dire, M. Monette, il en a vu passer des étudiants! Des de baseball et de hockey qu’il est. Ou encore lors des récoltes de garçons tout d’abord, puis petit à petit la gent féminine a pris sa fonds pour des familles dans le besoin au moment des fêtes de place au sein de l’École pour représenter aujourd’hui la majorité Noël. du corps étudiant. Des jeunes bien éduqués et polis, un peu moins ces temps-ci. « M. Monette, il est un peu trop sévère », répondra- Ce n’est qu’un au revoir t-on de l’autre côté. Peut-être l’est-il, mais peut-être aussi que Après toutes ces expériences donc, l’homme en uniforme peut afsa fonction l’exige quand notre statut d’étudiant favorise des firmer avoir définitivement intégré la grande famille HEC Montréal, comportements rebelles. Et puis, il serait trivial de ne considérer au point de ne pas vouloir lui dire adieu! En effet, M. Monette a que la fonction de répression du métier d’agent de sécurité. Car bien l’intention de rester impliqué dans l’institution. Sa prochaine derrière la figure autoritaire du personnage, il y a aussi un pilier job? Surveillant d’examen! À part cela, le futur retraité compte de l’information et un agent de prévention. Au cours des trois der- mettre ses 38 nouvelles heures de temps libre à profit pour voyaniers mois, il aura répondu à pas moins de 3000 sollicitations. Et ger. « En Europe ou en Amérique du Sud! » C’est que l’homme est un c’est là sa première motivation dans le travail : il aime être en globe-trotter dans l’âme malgré la petitesse de son local. Et cette contact avec les jeunes! C’est d’ailleurs lui qui est responsable de passion, il la tire également des étudiants qu’il a vus évoluer au cours de sa carrière. Quel plaisir pour lui de suivre les aventures la coopération avec les associations étudiantes. des exilés d’une session en Chine ou au Mexique! Il suffit pour lui Souvent même, il donne de sa propre poche pour permettre aux de lire les chroniques régulières envoyées au journal de l’École... personnes dans le besoin de passer un coup de téléphone ou autre. Certains le lui rendent bien, comme ce père il y a un an, à Alors, dans les prochains jours, plutôt que de garder vos distances qui il avait permis d’appeler en Suisse parce que sa fille était sur avec le baryton de la sécurité par peur de se voir réprimander, le point d’accoucher. Ce dernier est revenu lui annoncer la nou- essayez donc un grand sourire! Avec une simple phrase d’encouvelle de la naissance une semaine plus tard avec une boite de ragement, un remerciement pour le travail accompli au cours de chocolats suisses. D’autres le lui rendent moins bien, comme ce sa carrière. Montrez-lui que nous avons un profond respect pour jeune qui avait perdu son portefeuille et à qui M. Monette avait la personne, quelle que soit la nature de vos relations antérieures. prêté 15 $ le temps de rentrer chez lui et refaire ses papiers. Ce- Vous avez jusqu’au 22 décembre.


L’INTÉRÊT ÉTUDIANT//

entrevue coop : en quête de « capital de sympathie » Q paul mariuzzo-raynaud Paul.mariuzzo-raynaud@hec.ca

Hausse régulière du prix du café, matériel pédagogique pas donné... La façon dont nous percevons la Coop est souvent négative, tel un passage obligatoire à la caisse pour un étudiant fauché qui ne jure que par le P2P et le Tim Hortons. Mais c’est trop vite oublié sa mission, sa gouvernance et ses perspectives d’avenir qui cherchent à la placer comme le premier allié de ses clients. L’Intérêt a rencontré pour vous Daniel Côté, professeur de stratégie, et Julien L’Épicier, étudiant en marketing en 3e année au B.A.A., respectivement président du CA et président de la Coop. Ils nous expliquent les rouages d’une organisation bien plus complexe qu’elle n’en a l’air.

Q

Pourriez-vous nous rappeler quel est le rôle la Coop à HEC Montréal?

Daniel Côté : La Coop s’occupe des activités commerciales que l’École ne peut prendre en charge. Et pour nous, ce qui compte, c’est d’offrir une expérience de vie exceptionnelle aux étudiants. Plus que l’achat d’un livre ou d’un ordinateur, c’est un cadre de vie idéal que nous souhaitons donner aux étudiants sur la durée de leur formation.

R

Alors les étudiants ont connaissance surtout des services de la cafétéria, le service traiteur ou des boutiques, mais ce n’est pas tout! Il faut savoir que la Coop a également en charge des activités « cachées », comme la gestion des licences qui vous permettent d’accéder gratuitement aux cas de Harvard par exemple.

Face à cette inimitié « naturelle », que proposezvous pour redorer votre blason?

D.C. : En effet, nous partons avec le désavantage d’avoir un a priori négatif : la Coop se dresse sur le chemin de l’étudiant, que ce soit pour acheter ses livres ou son lunch. C’est du capital de sympathie dont on a besoin, il faut se rapprocher de l’aspect émotif positif de l’étudiant.

R

J.L : Nous cherchons à développer de bonnes relations avec les représentants des étudiants : les associations. Car derrière elles, il y a 100-150 personnes impliquées qui donnent la vibe dans l’École, et s’ils ont une image positive de la Coop, ils vont la communiquer au sein de HEC. On veut mettre en valeur des activités mal connues par les étudiants, comme le restaurant du Cercle qui est un cadre idéal pour organiser des réceptions, ou qui offre de super petits déjeuners à un prix comparable à ceux de chez Cora. On va aussi permettre aux étudiants de boire de la bière pression pour les 4 à 7 d’ici peu! Et puis il ne faut pas oublier que nous sommes une organisation gérée pour les étudiants par les étudiants qui représentent la moitié du Q La Coop fait régulièrement l’objet de critiques Conseil d’Administration. C’est une chance incroyable de découvrir sur les prix de vente pratiqués, qu’il s’agisse une organisation complexe à gérer. Et nous sommes ouverts à l’idée de l’informatique ou de la cafétéria. Qu’avez-vous à de prendre des étudiants en stage pour améliorer nos services. opposer à vos détracteurs? Q Dernières actualités et défis en date? R Julien L’Épicier : En ce qui concerne la cafétéria, il faut Daniel Côté : Nous travaillons à la réorganisation de la comprendre que nous ne sommes pas comparables à une R épicerie, ou un Tim Hortons. Certes, les prix augmentent chaque cafétéria de l’édifice CSC, qui a été mal pensée pour accueillir année, mais cela suit le niveau d’inflation, pas plus de 2 à 3  % un service de restauration. Nous réfléchissons également aux par année. En fait, les étudiants n’ont pas les bonnes lunettes sur moyens de soutenir les associations tout en réduisant nos couts de la chose : on est très compétitifs au niveau des prix par rapport au main-d’œuvre saisonnière. Une des idées allant dans ce sens serait Subway ou à l’UdeM, qui ont des services comparables. de permettre aux membres des associations humanitaires, comme ABC et HumaniTERRE, de travailler pour nous en début de session Daniel Côté : Quant à l’informatique, nos principaux concurrents et de leur verser une part du bénéfice qui servira à leurs actions de sont les grandes surfaces, comme Future Shop. Or les services rendus solidarité. par Future Shop ne sont pas comparables aux nôtres (voir article de Du point de vue de la librairie, nous devons faire face à une réduction l’édition précédente). Quand on achète un de nos ordinateurs, nous du volume d’achats de livres neufs. La multiplication des nouvelles sommes présents au moindre pépin! Difficile d’en dire autant des pratiques, comme l’échange ou la location de livres, nous oblige grands joueurs, qui font leur marge sur les périphériques et qui ne à nous adapter. Nous voulons multiplier les plateformes d’accès suivent pas derrière. aux livres et développer l’interface web de la Coop, toujours dans un esprit de coopération avec les associations étudiantes. Puis il En général, il faut comprendre que la Coop a une relation particulière faut également anticiper l’émergence du livre numérique, qui va avec ses clients, contrairement à ses concurrents. Elle les voit 7 jours révolutionner l’usage du matériel pédagogique. Cela implique pour sur 7, 18 h sur 24, et ceux-ci parlent entre eux. Si je rencontre un nous de penser à un nouveau modèle d’affaires. Nous sommes enfin client qui n’est pas content, je le croise à l’École, il faut que je sois en plein processus de sélection d’un nouveau Directeur général pour remplacer Claude Simard. Nous saurons bientôt de qui il s’agit, capable de le regarder dans les yeux et de lui répondre. sachant que nous cherchons quelqu’un d’expérimenté dans le domaine et prêt à s’investir dans le long terme dans le riche univers de HEC. VOLUME 57, NUMÉRO 06 // 29 novembre au 18 janvier 2013 // 013


L’INTÉRÊT ÉTUDIANT// Merci à tous ceux qui ont contribué à amasser plus de 23 000$ csl legend pour la Fondation de l’Hôpital pour enfants Ste-Justine pendant la Semaine Humanitaire — CSL Legend

csl legend

ARV CLASSIFIED

CCHEC

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BRAVO encore à tous!

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WILLIAM

xavier

morad jeldi

morad.jeldi@hec.ca

L’inquiétante étrangeté d’Holy motors

Mr Oscar, acteur iconoclaste, tour à tour banquier, mendiant, cyber-homme, marginal, père de famille, accordéoniste, tueur et victime, vieillard, homme au foyer, déambule à travers Paris de « rendez-vous » en rendez-vous dans sa limousine blanche. Conduit par Céline, son chauffeur et ange-gardien, Mr Oscar voyage de vie en vie, de scène en scène ; pourtant jamais durant le film on ne verra de caméras ni d’équipes de tournage. Alors qu’il enfile les masques et les costumes un à un, impossible de fonder un début d’histoire ou d’existence puisque tout n’est que mirage et réalité factice.

grand magasin au cœur de Paris, ce joyau passé de l’effervescence parisienne à l’aube d’une nouvelle vie - pour cette scène de retrouvaille courte mais dense empreinte de nostalgie. Pour une fois durant tout le film, les masques tombent, la triste réalité explose au nez des deux acteurs et les brutalise. Pas le temps de s’apitoyer sur son propre sort que Mr Oscar repart déjà jouer un autre rôle, un dernier rôle. Du cimetière du Père Lachaise, aux quais de Seine, en passant par les égouts et les quartiers huppés de Paris, Leos Carax signe un film étrange mais puissant, tourné avec brio. Donnant la réplique à Eva Mendès et Kylie Minogue, Denis Lavant, son acteur fétiche, excelle dans ce rôle condensé aux multiples facettes.

Le temps passe et lui file entre les doigts ; à la fin de la journée, Véritable question ouverte sur le rôle que chacun a à jouer dans sa enfin une trace de sa vie à lui, il rencontre par hasard, une vielle propre vie, ce film est une mise en abyme grandiose qui ne dérape connaissance, peut-être un amour déchu, elle aussi actrice un peu jamais dans le superflu, ni ne tombe dans l’étrangeté inintelligible spéciale. Quel meilleur décor que la Samaritaine désaffectée - ce que seuls des yeux de cinéphiles aguerris peuvent comprendre. 014 // 29 novembre au 17 janvier 2013 // VOLUME 57, NUMÉRO 06


L’INTÉRÊT CULTUREL//

apologie

de l’infidélité « Quoi! Tu veux qu’on se lie à demeurer au premier objet qui nous

prend, qu’on renonce au monde pour lui, et qu’on n’ait plus d’yeux pour personne? La belle chose de vouloir se piquer d’un faux honneur sarah.taki@hec.ca d’être fidèle, de s’ensevelir pour toujours dans une passion, et d’être mort dès sa jeunesse à toutes les autres beautés qui nous peuvent frapper les yeux! »

sarah taki

Ces paroles tirées du célèbre Don Juan de Molière est un parfait condensé de ce que penser ‘’l’infidèle’’. Selon le Larousse, l’infidèle est quelqu’un « qui ne respecte pas un engagement ». Autrement dit, quand on a une blonde ou un chum, on fait l’engagement de ne pas aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Logique? Normal? Des détectives privés Pas forcément pour tout le monde! Si l’on regarde les statistiques au Québec, nous sommes la province championne dans l’art des parties de jambes en l’air à tendance « risquées ». Une personne sur cinq aurait été infidèle et les hommes davantage que les femmes. Il existe même à Montréal une grande agence de filature, Sim Détective, dédiée presque exclusivement aux personnes désirant faire suivre leur (ex) conjoint! La filature des infidèles devient un marché de plus en plus fructueux. Aux États-Unis ou en Australie, on peut désormais trouver de grandes compagnies qui se sont lancées dans l’affaire comme Spousespy ou Berwitness. Une cause de divorce Les statistiques nous révèlent également que la découverte de l’infidélité de l’autre fait augmenter le taux de divorce en flèche : 43 % de divorces après un aveu d’infidélité et 86 % si le conjoint est pris sur le fait selon le rapport Identity Concerns Following a Severe Relational Transgression, publié par une équipe de chercheurs. À cela, rien de surprenant! Mais désormais ce n’est plus LA première cause dans un divorce. L’infidélité a été dépassée par « le fait de ne plus s’aimer. » L’infidélité homosexuelle Cependant, la réaction à une infidélité diffère selon le sexe du cocu, mais aussi celui de l’amant. Une étude menée par des professeurs d’une université texane a permis de constater que les hommes vivent moins bien que les femmes l’infidélité de leur conjointe à moins que celle-ci ne les ait trompés avec... une femme. Les taux de divorce suite à une infidélité homosexuelle sont en effet deux fois moins importants que ceux pour une infidélité hétérosexuelle. En revanche, pour les femmes, qu’elles aient été trompées avec un homme ou une femme, leur réaction reste identique. La désacralisation de la fidélité Si les taux d’infidélité ont augmenté de façon significative dans les sociétés occidentales depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale ont peut s’interroger sur les raisons. L’être humain est-il devenu plus frivole? D’autres hypothèses plus sérieuses sont avancées. Tout d’abord, l’infidélité a été dépénalisée. Ne plus risquer la lapidation (préconisée par la Torah) de se faire couper le nez et violer collectivement (comme chez les Iroquois) ou pour le moins être totalement exclu de la société a pu augmenter le nombre de personnes tentées par une aventure extraconjugale. De plus, les stars de cinéma et les personnages politiques ont leur vie sentimentale et sexuelle exposée au grand jour. Ceci a peut-être en partie permis de « démocratiser » l’infidélité. D’autant plus que ces aventures ultras médiatisées ne se soldent pas forcément par un divorce. La fidélité n’est peut-être pas forcément une vertu, mais elle peut toutefois vous éviter un scénario strauss-kahnien!

Journal, aux (n. masc) Vers une nouvelle définition de l’information

Nous le savons déjà depuis maintenant plus d’un mois, l’hebdomadaire Newsweek arrêtera définitivement sa romain andré publication papier le 31 décembre prochain, avant d’avoir romain.andre@hec.ca pu fêter ses 80 ans. Le quotidien français France Soir avait subi le même sort l’année dernière. Certes, la fin du journal papier avait déjà été annoncée avec l’avènement de la radio publique puis celui de la télévision, mais internet semble porter un coup dont les vieux billets paraissent avoir du mal à se remettre. Alors bien sûr, le World Wide Web permet la diffusion quasi instantanée de l’information, mais celle-ci en est-elle intacte? Avec la vitesse de diffusion de plus en plus rapide où des millions de personnes suivent le déroulement des évènements sur leur ordinateur portable ou leur téléphone intelligent, on a de plus en plus tendance à se contenter de l’information brute, du fait, sans prendre le temps de lire un article, si ce n’est en diagonale. On se contente aisément d’une vidéo amateur filmée avec un portable et postée sur YouTube, pourvu qu’elle nous soit arrivée avant tout article. Chacun semble ressentir le besoin de consommer l’information aussi rapidement qu’elle lui est parvenue. La dépêche se retrouve donc épurée, simplifiée au possible pour n’en garder que le jus, comme une orange qu’on n’aurait pas le temps de manger. La définition elle-même du mot journal qui apparait suite à une recherche Google (Wikipédia) semble être passée à la moulinette minimaliste : « document qui recense par ordre chronologique ou thématique un certain nombre d’évènements pour une période donnée ». La numérisation de l’information est bien entendu une révolution pour le journalisme, comme l’est la liberté d’expression à son arrivée dans un pays, poussant à l’émergence d’une multitude de journaux d’opinion comme lors de la Révolution française ou plus récemment le printemps arabe. C’est surement cela qui m’inquiète le plus, de peur que cette nouvelle révolution n’enlève la prise de position dans le journalisme. Je précise ne pas considérer les nouveaux médias d’information comme absents d’opinions, loin de là. Seulement, à vouloir aller toujours plus vite et être au plus près du renseignement on peut avoir tendance à la relayer sans prendre soit même le temps de la digérer et d’en nourrir une réflexion. Peut-on analyser rationnellement un conflit armé en le suivant heure par heure sans prendre le temps de souffler? Qui peut prétendre avoir du recul en étant si près des évènements? Dans cette nouvelle nature de l’information, prenons le temps de se questionner, ne serait-ce que la demi-heure anciennement consacrée au journal papier. De plus, évitons de donner aux images le crédit que nous donnons aux mots. Le plus ironique est que je suis en retard dans la rédaction de cet article et il ne sera donc probablement publié que sur internet. Mot des rédacteurs en chef : Et bah non!

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L’INTÉRÊT CULTUREL//

le swag, une nouvelle forme du flex?

I

violaine rollin

violaine.rollin@hec.ca « Est-ce que quelqu’un sait ce que veut dire “Swag”? »

À cette question naïve, des cris d’indignation s’élèvent. Mais comment ne pas savoir ce que c’est? Mais bon sang, c’est évident! Très certainement, oui. Mais n’empêche, ça veut dire quoi? « Ben, tu sais, ça veut dire que t’as le

look, le style. Mais c’est pas très raffiné comme mot. » En réalité, c’est un néologisme que l’on

retrouve essentiellement dans les milieux urbains. En gros, quelqu’un qui est swag, c’est quelqu’un qui s’habille bien, qui a l’air sûr de lui, qui se démarque par sa manière d’être. Mais attention, cela doit sembler naturel.

swag

« Swag » n’a pas d’équivalent en langue française. Popularisé dans les années 2010, le terme est en train d’envahir la langue orale.

En fait, « swag » n’a pas d’équivalent en langue française. Popularisé dans les années 2010, le terme est en train d’envahir la langue orale. La prolifération a commencé dans les cours de récréation, sur les blogues d’adolescents et commence désormais à s’étendre à l’ensemble de la société. Mais d’où provient cette expression?

En cherchant un peu sur internet, on s’aperçoit assez rapidement que les racines du mot sont assez controversées et que l’affaire intéresse beaucoup les Emilybebey66 et autres Kevin67856. Par exemple, en début d’année, une rumeur a circulé sur les réseaux sociaux quant à l’étymologie de « swag ». Pour beaucoup de gens, il s’agirait d’un acronyme utilisé à San Francisco pendant les années 60 par des réseaux gais. Simplification de la formule « Secretly We Are Gay », on aurait tagué ce signe sur les murs de la ville comme signe de reconnaissance dans le but d’informer de la tenue d’une rencontre. Mais de manière plus intellectuelle, on ferait remonter l’origine de ce mot à la fameuse pièce de Shakespeare Songe d’une nuit d’été (A Midsummer Night’s Dream) et plus précisément à la scène 1 de l’acte III, au cours de laquelle Puck surprend des individus près du lit de la reine. Le verbe utilisé par le personnage est alors « swagger » qui se voudrait être l’équivalent de « se vanter/faire son beau ». Peu à peu, la langue anglaise utilise ce terme et c’est en 1725 que l’Oxford 016 // 29 novembre au 17 janvier 2013 // VOLUME 57, NUMÉRO 06

Dictionary en propose, pour la mots qu’ils utilisent quand ils parlent. première fois, une définition De la poésie? officielle. Les chanteurs à l’image des poètes bénéficient d’une grande Comment expliquer liberté linguistique dans leur art. En poésie, il n’est pas rare de le succès de ce terme trouver des mots qui n’ont pas de sens pris hors de l’œuvre. dans les années 2000? Par exemple, prenons le fameux « ptyx » du Sonnet en –yx de Selon le site internet Brain, le swag est revenu à la mode grâce Mallarmé. Ici, il y a une pure invention de langage au service au hip-hop américain. En effet, on retrouve des variantes du de l’œuvre. verbe « swagger » dans de nombreuses chansons de la part de Diplo, M.I.A, Jay-Z, Kanye West ou encore Lil’Wayne. Actuellement, « swag » semble être à la mode parmi les chanteurs américains. Dans ce cas, il ne s’agit pas de Par la suite, beaucoup d’artistes vont s’emparer de la formule l’invention d’un terme mais d’un recyclage. On pourrait dire et par conséquent lui donner une résonnance. À cet égard, que même si son origine est inconnue, la chanson lui a accordé notons que Justin Bieber a récemment ajouté à son répertoire une nouvelle vie. une nouvelle chanson : « swag so mean ». Néanmoins, cet aspect créateur de la part des artistes peut Grégaires nous sommes sembler parfois assez comique et n’est pas sans rappeler le À la limite, nous savons tous que « cool » signifie « frais ». Par célèbre sketch de Gad El Maleh sur le « flex » dans L’Autre c’est conséquent, une situation cool est une situation agréable, moi : rafraichissante. « Dans le RnB, les mecs ils inventent des mots. Des mots qu’on Par contre, personne ne sait vraiment ce que veut dire swag. connaissait pas en France. Pour que ça fasse plus (claquement de On en comprend le sens de manière déductive, en fonction du langue), tsé. Les mecs ils sont là, ils commencent la chanson et ils contexte, de la même façon que l’on devine certains mots que font “Moiiii je stoooppe sur moon flex” l’on ne connait pas en anglais ou en espagnol. Néanmoins, — ... Ton flex? Ouais! les chanteurs n’ont pas hésité à s’emparer du terme et à — “Quand je stix ma viiiibes, le dancefloor se breaks et se flux dans l’employer. Ainsi, le mot s’est répandu sans que l’on en sache la viiiibes” exactement la provenance. Que cela soit le retournement d’un — De quoi ça s’agit? C’est une ordonnance? » stigmate de la part de la communauté gaie ou un anglicisme du XVIe siècle revenu à la mode, il est tout de même intéressant de remarquer que personne ne fait vraiment attention aux


L’INTÉRÊT CULTUREL//

L’opéra

joue

en ouverture

Le lieu est chaleureux, morad.jeldi@hec.ca l ’ a m b i a n c e légèrement mondaine, mais apaisante, l’éclairage tamisé, l’Opéra de Montréal a ce quelque chose d’envoutant et de séducteur. La salle Wilfrid-Pelletier appartient à ces lieux saints de la culture internationale, ces lieux où se perpétuent d’année en année les plus grands chefs d’œuvre de l’opéra. Problème, ce trésor court le risque de se fossiliser avec son public. L’opéra a besoin de sang neuf pas uniquement sur scène, mais surtout du côté de son public. La vieille bourgeoisie de Montréal doit accepter de faire un peu de place à un public plus jeune. morad jeldi

Le Comité des Jeunes Associés Place aux jeunes! Tel pourrait être justement le leitmotiv du Comité des Jeunes Associés de l’Opéra de Montréal. Ce comité interne est composé de 14 membres, jeunes et passionnés, ne venant pas nécessairement du milieu des arts, mais du droit, de la finance, etc. Créé il y a trois ans déjà sur le modèle de l’Opéra de New York, ce comité est directement épaulé par la direction de l’Opéra dans sa mission. En réalité, les Jeunes Associés ont plutôt deux objectifs : renouveler l’auditoire de l’Opéra et continuer la quête de fonds privés. Parenthèse informative, l’Opéra de Montréal fonctionne essentiellement comme une entreprise privée : les ventes de billets sont loin de suffire d’où un appel lancé aux grands mécènes (particuliers ou entreprises). Quoi de mieux que de jeunes ambassadeurs impliqués directement dans le monde économique pour partir à la recherche de généreux donateurs? Galas, cocktails, soirées, les Jeunes Associés interconnectent le grand réseau de la sphère économique au monde plus réservé et intimiste de l’opéra. Ces soirées sont aussi l’occasion de convier quelques jeunes à découvrir l’Opéra de Montréal, visites des coulisses, rencontre avec la direction et les artistes sont autant de techniques de séduction. « L’opéra, c’est comme le Scotch whisky, la première gorgée est toujours difficile et ensuite, on adore! » dixit le porte-parole des Jeunes Associés.

Rendre plus populaire une culture élitiste L’initiative des Jeunes Associés de l’Opéra a le mérite de soulever une problématique épineuse : comment rendre l’opéra plus attractif pour les jeunes? Idée reçue ou pas, le seul fait d’assister à une représentation nous conforte dans ce préjugé selon lequel l’opéra est un repère de vieux fortunés. Il est devenu vital d’abaisser l’âge moyen de la salle, la plupart des grands opéras ont compris qu’il en allait de leur survie pour ne pas s’éteindre avec leur public fétiche. La démocratisation de la culture est à l’œuvre un peu partout, l’opéra n’y résiste pas non plus.

luxueuse facétie, mais renoue avec un public plus populaire comme à ses débuts. Plus qu’un problème d’intérêts, l’opéra souffre donc d’une mauvaise image que la direction tente d’abolir. La baisse des tarifs et les efforts de communication portent leurs fruits, mais il reste à franchir, c’est certain, l’obstacle psychologique. L’opéra dans sa totalité ne sera jamais complètement accessible parce que c’est un art à part entière, complexe et profond, un subtil dosage de musique classique, d’art vocal et de théâtre. La démocratisation du public fonctionne, celle du savoir est à revoir : les plus grands opéras sont passés dans la culture populaire, plus la peine de présenter La Traviata de Verdi ou Don Juan de Mozart, mais qui peut se targuer de connaitre les opéras de Meyerbeer ou de JeanPhilippe Rameau? À l’opposé, une démocratisation de l’opéra en une culture de masse lisse et insipide met en péril toutes les subtilités et les richesses de cet art utilisé en argument de vente et objet marketing haut de gamme. Démocratisation ne doit pas rimer avec vulgarisation. L’industrie lyrique, oxymore bourdonnant pour les oreilles, a développé des « opéra show » à la sauce hollywoodienne comme « Mozart, l’opéra rock » pour ne citer que lui.

Pour preuve, la direction de l’Opéra de Montréal a programmé aux côtés des plus grands classiques lyriques, des opéras plus contemporains comme Dead Walking Man de Jake Heggie, un vibrant plaidoyer contre la peine de mort. L’Opéra propose aussi des places étudiantes à un prix réellement abordable cette fois. La démocratisation culturelle est en marche, une marche tortueuse et délicate, car l’accès à la Le véritable défi pour l’opéra d’aujourd’hui est donc de conserver un culture, qui plus est à l’opéra, reste encore restreint. public de connaisseurs et d’aficionados tout en rajeunissant et popularisant ses rangs sans pour autant perdre en qualité. La rencontre L’opéra n’est plus ce bastion imprenable de la haute société, ce lieu des jeunes et de l’opéra n’est donc pas impossible, elle est même où il faut être vu, non, la culture lyrique n’appartient plus à cette souhaitable. Les jeunes seront-ils réceptifs à cet appel du pied?

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L’INTÉRÊT DÉVELOPPEMENT DURABLE//

Et si on devenait des consomm’acteurs? ba-ba du commerce équitable jeanne voiry

UFC : Georges St-Pierre en patron Après un an d’absence à cause d’une blessure au mayse.boulos@hec.ca genou, Georges St-Pierre faisait son grand retour à la compétition en affrontant samedi 17 novembre le tenant du titre de sa catégorie, l’Américain Carlos Condit.

maryse boulos

C’est avec le soutien de tout le public que l’athlète québécois, ancien tenant du titre, a combattu ce soir-là au Centre Bell. Cependant, il n’est jamais facile de revenir à la compétition et encore moins face à un tel adversaire... Pour ceux qui ne seraient pas familiers avec l’UFC, il s’agit d’un sport de combat où tout est permis : une sorte de catch sans trucage. Pour certains, ces sportifs sont les gladiateurs des temps modernes, pour d’autres, ce sont des malades mentaux réglant leur compte à l’ancienne. En résumé, la boxe est à côté un sport de lâches, âmes sensibles s’abstenir... Alors que l’on pouvait s’attendre à ce que l’intelligence ne soit pas un facteur influant sur la rencontre — surtout après quelques coups en pleine tête —, la tactique a pourtant eu un aspect primordial dans ce combat. Le québécois a su prendre le dessus sur son adversaire en cherchant constamment à bien placer ses coups et à le contrôler en le mettant au sol. Je parle ici d’intelligence de jeu... on est bien d’accord que, rien que pour faire ce sport, Georges St-Pierre se rapproche plus de Lincoln Burrows que de Michael Scofield. Physiquement aussi, et heureusement, car il a ainsi pu finir les cinq rounds et gagner sur la décision finale des arbitres, à l’unanimité. Enfin, quand je parlais de ressemblance avec Lincoln Burrows, je parlais bien sûr de sa tête avant le combat, car ici le mot victoire signifie simplement avoir perdu un peu moins de sang que l’autre... Mon moment préféré reste la fin du combat, quand les deux adversaires se prennent dans les bras alors qu’ils n’auraient pas hésité à se mettre KO quelques secondes auparavant... Bref, vous l’avez compris, je penche plus pour la thèse des malades mentaux que pour celle des gladiateurs, après le combat, les deux hommes sont d’ailleurs directement allés se faire soigner... 018 // 29 novembre au 17 janvier 2013 // VOLUME 57, NUMÉRO 06

jeanne.voiry@hec.ca

C’est toujours le consommateur qui paie les campagnes de publicité, les profits énormes engrangés par les multinationales de la grande distribution.

Du bio à l’éthique, en passant par l’équitable et son contraire, qu’en est-il vraiment des produits que nous consommons? Regard sur le commerce équitable à l’aide de l’essai du Français Christian Jacquiau : Les coulisses du commerce équitable, mensonges et vérités sur un petit business qui monte, 2006.

faut ensuite redistribuer aux paysans et associer à la gestion du fonctionnement de l’entreprise. Où est donc passée la hausse merveilleuse des revenus du petit paysan permise par la consommation du Nord? Dans la poche de Max Havelaar qui exige des redevances pour l’apposition de son label et des honoraires aux coopératives et par la grande distribution qui exige de grandes marges. Les intermédiaires censés être supprimés dans le principe du commerce équitable changent seulement de forme avec Max Havelaar. De plus, la multinationale n’est pas soumise à un contrôle externe indépendant puisqu’il existe des liens étroits entre Max Havelaar et FLO-cert (organisme chargé de contrôler et de certifier la pratique du commerce équitable). Enfin, que dire du partenariat entre Max Havelaar et les grands groupes comme McDonald, Accor, Starbuck qui mettent en place des méthodes de travail et d’exploitation inéquitables et dont l’utilisation de produits équitables renvoie plus à un coup de pub qu’à une démarche sincère? Car oui, consommer équitable, ça fait bien!

Le commerce équitable c’est quoi au juste? Au-delà du cliché bobo et bien-pensant du consommateur consciencieux, le commerce équitable est un principe qui prône l’assurance d’une juste rémunération du travail des producteurs et des artisans, la garantie du respect des droits fondamentaux des personnes (refus de l’exploitation, de l’esclavage), l’instauration de relations durables entre partenaires économiques et la préservation de l’environnement. Or, ce principe est mis en place Pourquoi consommer équitable? de différentes manières par les organisations qui s’occupent Les produits équitables, biologiques, respectueux de l’environnement du commerce équitable. Petit tour d’horizon des pratiques renvoient souvent à des produits plus chers et plus difficiles à trouver. Oui, mais voilà, consommer c’est choisir, qu’on le veuille subversives de ce commerce florissant. ou non. Choisir toujours les produits en rabais, les produits moins Le mythe Max Havelaar ou comment emballer chers à la qualité douteuse c’est économiser de l’argent certes, mais au profit de qui? Au profit des géants de la grande distribution qui de l’inéquitable dans de l’équitable. Les produits labellisés Max Havelaar ont tout l’air de partir d’une déterminent le cout de vente des produits et le prix d’achat imposé bonne intention : aider le petit paysan du Sud en augmentant au consommateur. ses revenus en supprimant les multiples intermédiaires entre le produit et le consommateur et en le payant un peu plus cher, Finalement, c’est toujours le consommateur qui paie les campagnes et donc réduire les inégalités en faisant ses courses et changer de publicité, les profits énormes engrangés par les multinationales le monde avec son caddie. Bref, la multinationale qui se charge de la grande distribution. Et aux petits producteurs, il ne reste que de mettre en relation les producteurs du Sud et les acheteurs des miettes. Alors, consommer équitable OUI, dans des magasins du Nord pratique un commerce équitable qui n’a d’équitable spécialisés avec le maximum de transparence dans le fonctionnement que le nom. En effet, après calculs, les coopératives du Sud du commerce équitable et bien sûr, dans la limite de nos moyens. qui travaillent pour Max Havelaar ne reçoivent quatre euros de Alors oui, consommer c’est agir, et ça commence dès maintenant. plus par mois grâce à la filière commerce équitable. Gain qu’il Pourquoi ne pas commencer par un paquet de café équitable?


L’INTÉRÊT SPORTIF// Clément vaillant

clement.vaillant@hec.ca

FICTION : LNH,

Lockout de la saison 2012-2013

toute ressemblance s avec des personne ns ou des situatio t existantes ne saurai être que fortuite.

Alors que les nouvelles discussions entamées il y a deux semaines semblaient aller dans le bon sens, il a été décidé d’un commun accord, d’annuler la saison 2012-2013. Un coup dur pour les partisans. Focus sur les conséquences d’une telle décision.

partisans regrettaient cette décision et s’inquiétaient de l’avenir. Mais l’espoir de (re)voir Crosby, Giroux, Ovechkin et cie sur les glaces nord-américaines était immense.

« We don’t care about hockey » Ce matin, la Ligue a peut-être tout simplement rompu une alliance. Ce pacte qui existe entre équipes et partisans, celui qui, au-delà de la LNH est le fondement du sport collectif, et même de la socialisation par le sport. Ce matin, la Ligue a déçu des milliers — que dis-je — des millions de fans, qui rêvaient cette année encore de voir leur équipe soulever la fameuse Coupe Stanley. Cette crise de popularité pourrait être plus C’est un véritable drame que vit l’Amérique du Nord en ce jeudi 29 grave encore... Aujourd’hui les partisans risquent de tourner le dos à novembre 2012. Après 75 jours de lockout, et plus de 300 parties la discipline et de s’intéresser à d’autres sports, comme le soccer en annulées, aucun accord n’a été trouvé entre la Ligue et les joueurs. plein développement avec la Major League of Soccer (MLS). Ce qui devait ne (pas) arriver arriva, et les chaines de télévision ont interrompu leur programme aux alentours de 10 heures pour Cela reviendrait à détruire tous les efforts réalisés ces deux dernières retransmettre la déclaration du commissaire de la Ligue nationale, décennies pour populariser la Ligue nationale. La désormais célèbre vidéo de Janne Makkonen « Together We Can » (http://www. Garry Bettman. youtube.com/watch?v=EWQs3O_IDas) avait galvanisé plus d’un Depuis le siège de la Ligue nationale à Manhattan, il a exprimé sa million d’internautes. Elle faisait revivre profonde tristesse : « Je regrette ce qui se passe, mais dans l’état les différentes émotions ressenties par un actuel des choses cette décision était inévitable. C’est un mauvais partisan de hockey : de l’état de grâce à la jour pour le hockey » a-t-il précisé devant les caméras. En 18 ans colère. Ce soir, la colère pourrait être terrible, de gouvernance, Gary Bettman aura connu deux lockouts. Ce soir, et l’on craint des débordements, notamment certains partisans demandent sa démission. Son manque de à Vancouver, ou de violentes émeutes ont conciliation est aujourd’hui pointé du doigt. De toute manière, il eu lieu en 2010 après la finale perdue face aux Bruins de Boston. À Montréal, les faudra trouver un responsable dans cette affaire... autorités ont appelé la population à rester Et pourquoi pas l’Association des Joueurs de la Ligue nationale de calme. Le quotidien La   Presse indique sur hockey (AJLNH). Donald Fehr, le président du syndicat des joueurs son site internet qu’une unité spéciale sera de la LNH s’est, de son côté, contenté de réaffirmer sa frustration « à prête à intervenir en cas de rassemblement propos du manque d’écoute de M. Bettman ». Présentement, cette impromptu. D’un point de vue sportif, cette décision décision replonge le hockey professionnel dans une grave crise. est catastrophique. Le lockout entraine un Une crise économique, tout d’abord... Les revenus de la LNH avaient déséquilibre des ligues. En Amérique du Nord, atteint des sommets l’an dernier. Avec plus de 3,3 milliards de c’est surtout l’antichambre de la LNH qui pâtit dollars, un nouveau record avait été battu. Ce soir, les deux camps de cette grève saisonnière, l’American Hockey sont perdants. Sans recettes publicitaires ni billetterie, ni droits TV, League (AHL). Cette ligue constitue la réserve la NHL et l’AJLNH vont se partager des miettes de pain. Et ce ne sont des franchises de la Ligue nationale. C’est en pas les ventes de produits dérivés qui vont faire les comptes, surtout effet en AHL que se révèlent les talents de en période de lockout. Pour rappel, le conflit porte principalement sur demain. Cependant, en période de Lockout, bon nombre de NHLeurs le partage des revenus entre franchises et joueur. Ce désaccord n’est ne souhaitent pas déménager, et décident d’évoluer avec l’équipe pas nouveau, et la sphère hockey pensait que le lockout de 2004- réserve. C’est le cas de Jeff Skinner, Adam Larsson et Jordan Eberle 2005 avait fait évoluer les mentalités. Il n’en est rien, et aujourd’hui, pour ne citer qu’eux. Ce qui a pour effet d’élever la concurrence et de la LNH se retrouve une nouvelle fois dans une situation conflictuelle. gonfler les effectifs. Ainsi, les jeunes joueurs talentueux, cherchant L’annulation de la Classique hivernale annoncée le 2 novembre à briller en AHL devant les recruteurs pour décrocher un contrat NHL, dernier avait bousculé la communauté. Sur les réseaux sociaux, les

disposent de moins de temps de jeu. On peut donc dire que ce lockout aura des répercussions sur le niveau des recrues dans les prochaines années, qui auront moins d’expérience. Ce phénomène n’est malheureusement pas quantifiable, mais c’est une constante dans ces ligues au niveau relevé... Plus étonnant encore, ce lockout aura des répercussions en Europe, ou bon nombre de joueurs ont migré, notamment en Allemagne (DEL), Suisse (LNA) et Russie (KHL). Les effectifs de début de saison sont totalement bouleversés. Ce qui peut entrainer dans certains cas un chamboulement dans la hiérarchie. Ainsi, un club qui joue habituellement en haut du classement, et qui n’a pas réussi à faire venir un joueur de NHL peut se retrouver en mauvaise posture, et inversement. Le lockout risque donc de fausser la donne en Europe.

Ce matin, la Ligue a peut-être tout simplement rompu une alliance. Ce pacte qui existe entre équipes et partisans, celui qui, au-delà de la LNH est le fondement du sport collectif, et même de la socialisation par le sport.

Les supporters vivaient dans l’incertitude, maintenant leur sort est jeté. Ils devront maintenant patienter près d’une année pour revoir la meilleure ligue au monde en action. Le 29 novembre est à jamais gravé dans les mémoires. Pour la seconde fois en huit ans, la Coupe Stanley portera donc l’inscription « Canceled Season ». Affaire à suivre ce soir... Nous espérons tous que ce scénario restera fiction. VOLUME 57, NUMÉRO 06 // 29 novembre au 18 janvier 2013 // 019


Mais cet espace aurait aussi pu être le vôtre. Annoncez avec nous en 2013. C’est vrai qu’on aurait aussi pu mettre le logo ici.


Journal-Interet-V57-n06