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15 novembre au 29 novembre 2012 // VOLUME 57, NUMÉRO 05

www.journalinteret.com L’INTÉRÊT - HEC MONTRÉAL

LE JOURNAL DES ÉTUDIANTS DE HEC MONTRÉAL

VOUS AVEZ déjà REGARDÉ 72 minutes de l’intérêt aujourd’hui Merci d’attendre 54 minutes ou cliquez ici pour profiter d’un usage illimité de l’intérêt P.08

00:72 L’INTÉRÊT ÉTUDIANT// p.05

Un québécois perdu dans paris : épisode 2 Plongée avec lui en plein coeur de la capitale Française.

L’INTÉRÊT sportif// p.15

L’INTÉRÊT DURABLE// p.14

L’impact dynamite la mls Bilan de cette première saison dans l’élite du soccer.

Le projet d’agriculture urbaine à HEC Montréal Découvrez l’histoire derrière ce projet innovateur.


Édito//

christophe colard

SOMMAIRE

<div> ANALPHABÈTES DE LA PROGRAMMATION </div>

christophe.colard@hec.ca

Enfants de la génération Windows 95, nous n’avons aucun souci pour utiliser un ordinateur. La ligne « compétences informatiques » de notre CV ferait surement rêver nos grands-parents pour la majorité desquels le concept même d’une fenêtre (informatique) est obscur. Effectivement, nous savons utiliser Word, Excel et PowerPoint. Ce qui pourrait apparaitre comme amplement suffisant. La programmation est réservée aux geeks, auxquels nous n’avons d’ailleurs aucune envie de ressembler. Il faut bien avouer que le stéréotype du boutonneux asocial ne fait pas rêver. Les quelques bribes de cours que nous avons pu avoir au cours de notre scolarité auront fini de nous convaincre qu’apprendre le code est beaucoup trop fastidieux pour en valoir la chandelle.

nécessite au moins un site internet pour se faire connaitre, voire des programmes plus avancés pour la logistique du quotidien. Et ceux-ci nécessitent bien souvent une véritable personnalisation pour être au plus près des besoins de l’entreprise et de ses clients. Engager un développeur dans un projet de start-up n’est pas une mince affaire. Plusieurs blogueurs et journalistes vous le diront : on ne trouve pas un « technical co-founder , on le mérite ». En effet, aussi excellentissime votre idée soit-elle, les développeurs ne vont pas perdre leur temps pour vos beaux yeux si vous n’avez pas fait vos preuves. Et comme le dit Alexey Komissarouk dans un article pour Techcrunch, leur offrir 50 % de votre compagnie risque plus de les faire fuir qu’autre chose, car 50 % de rien n’est pas très attractif. Même si cela n’est pas suffisant en soi, avoir quelques connaissances en programmation vous permettra de gagner un peu de leur respect.

Les meilleurs d’entre nous sauront utiliser des logiciels plus avancés comme Photoshop ou encore Guitar Pro. L’avènement des interfaces graphiques, qui ont transformé les ordinateurs d’antan de calculatrices géantes en interfaces attrayantes, s’est révélé être une véritable révolution qui a permis la démocratisation de l’informatique.

Non, les étudiants en gestion n’ont pas vocation à être des informaticiens. Mais sans aucune notion en langage informatique, comment ferez-vous comprendre aux programmeurs qui vous épauleront les besoins de votre entreprise? Comment évaluerezvous la qualité des solutions qu’ils vous proposeront? Avant d’engager un CTO pour s’occuper de toutes ces questions, il faudra Et pourtant, quel que soit notre métier, savoir coder nous serait bien que votre entreprise ait déjà fait la preuve de sa rentabilité. utile. Créer un site internet ou encore programmer une macro Excel en VBA sont des tâches qui, avec un peu de pratique, sont accessibles De plus, ne pas avoir d’expérience dans le domaine de l’informatique au commun des mortels. Certes, Wordpress permet de créer un site nous rend vulnérables. Si votre développeur part avec le code de internet sans avoir de connaissances pointues en HTML et Excel inclut la start-up grâce à l’idée que vous lui avez donnée, vous vous de nombreuses fonctions qui permettent généralement de se passer retrouverez bien malin. Alors, à quand des cours d’HTML, de CSS, de de macros complémentaires. Mais nous passons complètement à côté Flash et de C++ à HEC? Sans devenir des spécialistes, un minimum du potentiel de nos machines et notre créativité est limitée par les de connaissance est un bagage indispensable. Nous apprenons programmes que nous utilisons. bien les mathématiques sans devenir des mathématiciens! Ne pas connaitre les principaux rouages de l’informatique nous Nous sommes des analphabètes de la programmation. empêche de comprendre l’essence même des logiciels que nous utilisons.

ERRATUM :

En tant qu’étudiants en gestion, est-il normal que les développeurs Une erreur s’est glissée dans la dernière parution. L’auteur de nous parlent chinois? Nombre d’entre nous rêvent de monter un jour l’article « Le réseau social E-180 ouvre se classe » n’était pas Selim ou l’autre leur compagnie. La majorité des entreprises qui se lancent Bouchoucha mais Paul Mariuzzo-Raynaud. Veuillez nous en excuser. 02 // 15 novembre au 29 novembre 2012 // VOLUME 57, NUMÉRO 05

L’INTÉRÊT politique

p.03

L’intérêt étudiant

p.05

L’intérêt Affaires

p.06

L’intérêt techno

- Peer-to-peer et culture libre - Mega relance le débat sur les droits d’auteurs - Internet nous rend-il moralement plus mauvais? - Future Shop : l’enfer de la rue ste-catherine

p.07 p.08 p.09 p.10

L’intérêt Culturel

- Aide-moi Chloé, je n’ai plus rien à lire p.11 - Le langage primitif / Rap US, retour aux sources? p.12 - Juste pour rire? / Movember p.13

L’INTÉRÊT Développement durable

- Le projet d’agriculture urbaine à HEC montréal

L’intérêt sportif

- L’impact dynamite la MLS/ Carabins

p.14 p.15

CRÉDITS Journal L’Intérêt HEC Montréal 3000, chemin de la Côte-Sainte-Catherine, Local RJ-718, Montréal, (Québec), H3T 2A7 | tél. : 514 340-6105 Comité exécutif Présidente : Mathilde Mur | VP Interne : Anthony Rahib | VP Externe : Catherine Lavery | VP Ventes : Sarah Taki | Webmestre : Simon Grandjacques | Illustrateur : Melki Melgarejo | Graphiste : Antoine Delacressonnière (antoine@lestudiodu3eme.com) Comité Rédactionnel

Directrice : Annabelle Gauriat | Rédacteurs en chef : Elyes Ben M’rad / Christophe Colard | Chef de pupitre-Politique : Daye Diallo | Chef de pupitre-Affaires  internationales : Arthur Maillard | Chef de pupitre-Culture : Bouchoucha Selim | Chef de pupitre-Sport : Marc Jullien | Chef de pupitre-Techno : Jean Thomas Delespierre | Chef de pupitre-Vie étudiante : Martin Loutrel | Correctrice : Julie Salomon, Marion Chassefeyre | Photographe : Andréa Monguilod (Andy-2012)

Journalistes : Daye Diallo, Arthur Maillard, Selim Bouchoucha, Marc Jullien, Jean Thomas Delespierre, Marc Lachapelle, Martin Loutrel, Fatema Belasri, Anne Chabert, Éloi Charpentier, Elyes Ben M’Rad, Christophe Colard, Morad Jeldi, Cédric Livet, Catherine Lavery, Mathilde Mur, Anthony Rahib, Aurélie Suberchicot, Sarah Taki, Annabelle Gauriat, Paul Mariuzzo-Raynaud, Flavien Iszurin, Violaine Rollin, Alexia Desbordes, Sebastian Keita, Arthur Voegel

Contributeurs : Antoine De Saporta, Maryse Boulos, Daniel Belanger, Véronique Charland

Imprimeur : Hebdo Litho | Distributeur : Chad Ronalds Pour la publicité ou la rédaction : redaction.interet@hec.ca L’Intérêt est le journal des étudiants de HEC Montréal et il est publié par l’AEHEC. Il est membre de la Presse universitaire canadienne et du University-Wire. L’Intérêt est un journal d’opinion et, à ce titre, n’est pas tenu de présenter des articles neutres et impartiaux. Le contenu de ce journal est indépendant de la direction de HEC Montréal et des associations étudiantes. Les textes n’engagent que l’auteur et ne reflètent en aucun cas l’opinion de l’École, de l’AEHEC ou des autres collaborateurs du journal. Le matériel contenu dans L’Intérêt peut être reproduit avec mention de la source. Nous avons adopté dans ces pages la majeure partie des rectifications orthographiques recommandées par l’Académie française.

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L’INTÉRÊT POLITIQUE//

Ils se sont faits remarquer ces derniers jours Alpha Daye Diallo

alpha-daye.diallo@hec.ca

Le top 5 politique du mois vous avait manqué? Il est de retour. Qu’on y soit indifférent, qu’ils nous énervent, qu’ils nous fassent rire ou pleurer, les politiciens ne manquent pas de remplir nos chroniques médiatiques.

5ème : On ne s’attendait plus à le revoir dans ce top 5, mais le Cavalière a trouvé le moyen de se rappeler à notre bon – mauvais — souvenir. Cette fois, la justice italienne n’en a pas après ce qu’il se passe dans ses sousvêtements, mais plutôt avec la transparence de ses poches. Silvio Berlusconi vient d’écoper d’une condamnation à quatre ans de prison pour fraude fiscale. Au lieu de faire profil bas, ce roublard de la politique s’est décidé à revenir dans l’arène publique pour mener sa « guerre sainte » contre la « dictature » des magistrats qui oppriment le peuple transalpin. Rien que ça! Le papi de la politique ferait bien mieux de reconnaitre humblement ses fautes et de laisser l’Italie se reconstruire des années Berlusconi qui ont contribué à sa mauvaise santé économique actuelle. 4ème : Au pays des Tsars, il n’est jamais bon d’aller à l’encontre des volontés du locataire principal du Kremlin. Pourtant, c’est ce que vient de faire Dmitri Medvedev, premier ministre de cette même Russie. Déclarant que la condamnation à deux ans de réclusion de certains membres des Pussy Riot était « inutile et sévère », son compère et président, Vladimir Poutine, trouvait lui le jugement « très correct ». À quel jeu joue ce tandem? Sont-ils vraiment en désaccord où tentent-ils de créer un mirage de démocratie en exposant des idées divergentes sur la scène publique? Sacrée Russie, il y sera toujours très difficile de bien analyser les signaux politiques. 3ème : Pour une fois, les dirigeants chinois doivent être bien contents de se faire voler la vedette par les Américains. À être submergés par les nouvelles sur les élections U.S, on oublie souvent que l’autre grande puissance, la deuxième au monde, a elle aussi élu – comme à son habitude de manière fort peu

démocratique — de nouveaux hommes à sa tête. Le Congrès du Parti communiste chinois est l’un des rares évènements à avoir accédé à notre classement non pas parce qu’on en a beaucoup entendu parler, mais plutôt parce qu’on en a très peu entendu parler. Pourtant, ces dernières années, les Chinois nous avaient habitués à un faste entourant tous leurs grands évènements. Cette fois, ce fut plutôt une série de mesures toutes plus ubuesques les unes que les autres qui ont accompagné cette messe. Paranoïa sécuritaire, silence radio, discrétion et série de lois restreignant les libertés ont été le lot du congrès version 2012. 2ème : Au moment de clore cet article, même si les résultats n’étaient pas encore connus, on peut dire que les élections américaines étaient parmi les sujets les plus abordés ces six derniers mois. Selon certains, six milliards de dollars ont été dépensés pour l’ensemble de la saison électorale. Si les candidats n’ont pas réussi à nous faire rêver comme en 2008, ces élections auront au moins eu le mérite – cet argent n’aurait-il pas mieux servi ailleurs? – de rentrer dans le livre des records au plan financier. 1er : Il y a deux ans, quand le magazine Maclean’s a créé la polémique en affirmant que le Québec était la province la plus corrompue du Canada, ce n’est pas le bonhomme Carnaval qui aurait dû illustrer cet article, mais une photo de notre maire émérite, Gérald Tremblay, en symbole de la ville de Montréal. Plus la commission Charbonneau progresse, plus on se rend compte de l’ampleur de la corruption au sein de notre hôtel de ville. Le maire Tremblay est-il innocent? Était-il au courant des agissements de ses subordonnés? La réponse viendra surement tout au long du déroulement de la commission.

Four more Years ARTHUR VOEGEL

arthur.voegel@hec.ca

Obama est réélu à la tête des États-Unis d’Amérique. Finalement, la course aux swing states ne fut pas aussi épique qu’annoncée. À l’heure où je vous écris, le président sortant devrait même remporter le vote populaire d’une très courte tête. Cependant, la chambre des représentants est à majorité républicaine et le pays est plus divisé que jamais, la tâche d’Obama sera donc extrêmement complexe. Ouverture Son discours de victoire revêtait alors une importance toute particulière. Le Président se devait de rassembler bien au-delà de son électorat. On peut dire que cela est réussi. En effet, loin de se considérer comme le seul maitre à bord, il a promis de consulter son ancien rival, Mitt Romney, au cours des prochaines semaines. Cela permettra peut-être de rassurer quelque peu les électeurs républicains. Certes, Obama ne renoncera pas à « l’Obamacare », mais il n’aura pas d’autre solution que d’accepter certaines concessions sur son programme. « We are the United States of America » Au-delà de cet aspect, le locataire de la Maison-Blanche a su utiliser la fibre patriotique avec brio. Rien de plus efficace pour réunifier le pays. Quel citoyen américain ne s’est pas senti fier de l’être à la fin de son discours? Moi-même, brave citoyen français, j’ai souhaité le devenir. Qui n’est pas enthousiasmé par le charisme, la prestance, la classe du président réélu? Un orateur comme Obama peut l’espace d’un discours ressouder une nation, ce qui n’est malheureusement pas le cas partout dans le monde. Et maintenant? Comme la plupart des non-Américains sur cette planète, je suis soulagé par l’issue du vote. Soulagé sur un point, la diplomatie jouera encore un rôle primordial au Moyen-Orient, la guerre attendra. Pour le reste, mon simple rôle d’observateur extérieur ne me permet pas de juger les impacts sur la politique intérieure américaine. Une seule certitude, en raison de l’évolution démographique, le parti républicain devra rapidement trouver une stratégie pour conquérir le vote des minorités sous peine de ne jamais revoir le bureau ovale. VOLUME 57, NUMÉRO 05 // 15 novembre au 29 novembre 2012 // 03


L’INTÉRÊT POLITIQUE//

Un débat contreversé sur l’homoparentalité la société française s’interroge charlotte parriaux

charlotte.parriaux@hec.ca

Les questions du mariage et de l’adoption chez les homosexuels font actuellement débat en France en vue d’un projet de loi. La photo suivante a fait grand bruit : deux jeunes femmes s’embrassent lors d’une manifestation anti mariage homosexuel à Marseille. Elle témoigne d’un clivage entre un besoin de reconnaissance des uns et une opposition à une certaine « déviance » des autres. La question de l’adoption par des couples homosexuels déchaine les passions. Un couple homosexuel est-il apte à éduquer un enfant? Les opposants revendiquent une vision biologique de la famille : un père, une mère, un enfant (soit la famille PME). L’argument étant qu’un enfant a besoin d’une complémentarité féminine et masculine pour se construire, s’identifier et s’épanouir. Ne serait-ce pas hypocrite de se limiter à cette forme de famille traditionnelle?

offrir un cadre approprié au développement de l’enfant. Les enfants de parents homosexuels manquent-ils de repères pour être équilibrés? Les capacités éducatives d’un couple gay seraientelles en deçà de celles d’un couple hétérosexuel? L’American Psychological Association, la Child League of America et l’American Academy of Pediatrics reconnaissent que les enfants nés de parents La famille a connu de nombreuses transformations : union libre, homosexuels connaissent un développement semblable aux enfants famille monoparentale, famille recomposée... La question des re- nés de parents hétérosexuels. pères est peu étudiée. Un beau-père peut élever les enfants d’un foyer recomposé. Il est fréquent qu’une femme soit le seul modèle L’argument du bien-être de l’enfant évoqué par les opposants se d’identification pour son enfant. On imagine très bien également un voit limiter face aux conclusions de diverses études : Wainwright, enfant élevé par sa tante et sa grand-mère dans le cadre d’un décès. Russell et Patterson (USA, 2004), Golombok et al. (Angleterre, 2003), L’équilibre est-il respecté dans ce cas-ci? La filiation parent – enfant Chan, Raboy et Patterson (USA,1998), et Brewaeys et al. (Belgique, s’opère de la même façon dans une adoption par le couple hétéro- 1997). Quelles sont les principales conclusions de ces travaux? sexuel qu’homosexuel. La sexualité des parents n’altère en rien ce Ces enfants n’ont pas de problèmes de genre et la plupart de ces lien de filiation reconnu par l’adoption. enfants sont hétérosexuels à l’adolescence. Il faut rappeler que L’autre argument majeur évoqué par les opposants est la nécessité la plupart des individus homosexuels sont nés de parents hétéropour l’enfant de connaitre ses origines. Dans l’adoption, peu importe sexuels. Une différenciation entre inné et l’acquis s’opère! la sexualité des parents, les origines sont inconnues. Les psychiatres préconisent d’être totalement honnête avec les enfants. Leur De plus, ces études montrent que l’éducation donnée aux enfants origine ne doit pas être un tabou, mais une réalité. Il est difficile de couples gay est plus libre et ouverte sans pour autant être perd’évaluer le nombre de familles homoparentales actuellement. missive. On note que les filles sont plus masculines, téméraires et Imaginez un scénario classique. Une femme élève son enfant (conçu affirmées; les garçons moins agressifs et plus studieux. De la même avec Monsieur Y) avec sa compagne X depuis des années. L’absence manière, aucune différence n’est trouvée dans la manière de raide cadre légal prive l’enfant et le ménage d’une stabilité financière sonner, d’apprendre et de travailler. Les aspects psychologiques et émotionnels sont comparables ainsi que le rapport aux autres. Ces et d’une reconnaissance. Le statut de l’enfant a été oublié. On suspecte le couple homosexuel de ne pas conclusions ont été réaffirmées par l’American Academy of Pedia04 // 15 novembre au 29 novembre 2012 // VOLUME 57, NUMÉRO 05

trics en 2010. L’étude de Golombok de 2003 montre que la stabilité psychique et le sentiment de sécurité sont plus forts chez les enfants issus de couples homosexuels qu’une famille monoparentale. La sécurité matérielle et économique est plus renforcée quand il y a une union stable (mariage, PACS, union civile). La multiplication des études vient combler un manque d’information certain. L’Approche psychologique et comportementale des enfants vivant en milieu parental de Stéphane Nadaud nous dit : « il s’avère que globalement leurs comportements ne varient pas fondamentalement de ceux de la population générale. » Cette question des comportements différents élucidée, pourquoi ne pas légiférer? Faire évoluer la société en prenant en compte les arguments de chacun est un point clé. Pouvons-nous mettre sur le même plan l’adoption par les homosexuels avec l’avortement des femmes? De telles révolutions bousculent les esprits, changent nos mentalités et ouvrent le débat. Au Québec, l’adoption est possible depuis 2002. Cependant, il reste encore du chemin à parcourir pour que la population accepte les familles homoparentales à part entière. Les parents de même sont toujours perçus comme différents et moins capables d’offrir un cadre éducatif approprié. La loi est un premier pas, mais pas une fin en-soi. L’évolution des mœurs prend du temps. Ainsi, la France va-t-elle franchir ce pas ou se contenter d’une vision de famille biologique?


L’INTÉRÊT ÉTUDIANT//

UN QUÉBÉCOIS...

...perdu dans Paris maxime charbonneau

maxime.2.charbonneau@hec.ca

Tous les mois, Maxime nous raconte son échange à Paris, dans la prestigieuse université de Sciences-Po. Plongée avec lui en plein coeur de la capitale Française. Dans quelques jours, ça fera malheureusement trois mois que je suis à Paris... Je dis « malheureusement » simplement parce qu’il ne m’en reste que deux. Partir en échange est une des meilleures expériences que j’aie vécues jusqu’à maintenant et je ne veux juste pas revenir. Je n’ai pas arrêté de visiter ce que Paris avait à offrir depuis que je vous ai conté mon arrivée dans cette ville. Hier même, j’étais au musée de l’Orangerie pour voir les Nymphéas de Monet. Ensuite, au lieu de prendre le métro à la place de la Concorde où se situe l’obélisque qui donne vue sur l’Arc de triomphe, j’ai préféré marcher au travers du jardin des Tuileries et du Louvre pour me rendre au centre George-Pompidou et voir la statue de Zidane qui donne un coup de boule à Materazzi. Seize pieds de haut. C’est n’importe quoi, mais j’adore. Grâce à Martin Loutrel, journaliste pour L’Intérêt et un des piliers de la Bacchanale, j’ai pu me trouver un logement qui ne me coute presque rien. Avec l’argent que je réussis à épargner, j’en profite pour voyager puisque tout est proche en Europe. Jusqu’à présent, j’ai visité Saint-Malo, le mont St-Michel, Barcelone et j’ai passé la semaine de relâche à marcher le long des canaux à Amsterdam. Je compte aller bientôt à Berlin et j’espère voir Plekanec et Jagr jouer à Prague en décembre.

épisode 2

était ambassadeur au Moyen-Orient, un qui était cadre pour la DGSE (l’équivalent français de la CIA) et qui travaille à la Cour des comptes, un qui était économiste en chef à la Banque Mondiale, et un dernier qui connait sa matière sur le bout des doigts et qui a un nom bad ass : M. Coeurdacier.

Ce que j’apprécie aussi de l’université, c’est la quantité de conférenciers auxquels on a accès. Dans mes cours, quelques journalistes sont venus faire part de leur expertise. Un directeur d’un projet de la Banque Mondiale nous a expliqué comment il a dirigé des ONG pour améliorer l’accès à l’alimentation et l’économie locale au Bénin. Ce matin, le Dr Hanning, ex-président de la Bundesnachrichtendienst (l’équivalent allemand de la CIA), nous a parlé pendant plus d’une heure sur les différents enjeux auxquels

il a fait face. J’ai porté une attention particulière lorsqu’il nous a raconté son point de vue sur l’affaire « Curveball » de la guerre en Irak. Sciences Po nous permet aussi d’accéder à des conférenciers qui viennent de partout dans le monde et qui ne sont pas nécessairement en lien avec nos cours. C’est d’ailleurs grâce à l’université que j’ai pu assister à la première conférence en France de Pauline Marois en tant que Première ministre. Pour être franc, c’était quand même différent des articles que j’ai lus sur internet par la suite.

La caricature de Melki

Ce qui est génial dans le programme d’échange, ce sont les rencontres qu’on fait et les souvenirs que l’on crée. En plus des Français, j’ai rencontré des Allemands, Autrichiens, Anglais, Américains, Néerlandais, Espagnols, Chinois et un Nigérien. Chacun a une expérience remarquable et une histoire captivante à raconter. Pour ma part, je suis complètement tombé sous le charme d’une Française et j’ai passé des moments inoubliables avec elle. Parmi plusieurs, je me rappellerai toujours du moment passé avec elle dans les jardins du musée Rodin où j’avais dans le même champ de vision le Penseur, le dôme des Invalides, la Tour Eiffel et un coucher de soleil magnifique. Mine de rien, j’étudie aussi. Et Sciences Po sait me garder occupé avec tous les travaux, toutes les présentations orales et les examens. Pour tous ceux qui peuvent faire leur maitrise ou partir en échange là-bas, allez-y. La qualité des cours est incroyable et l’université a beaucoup à offrir. Ce qui est surtout impressionnant, c’est le parcours et l’expérience de nos professeurs, peu importe le domaine. À titre d’exemple, simplement selon les cours que je suis, j’ai un professeur qui est économiste en chef au Ministère de la Défense, un autre qui VOLUME 57, NUMÉRO 05 // 15 novembre au 29 novembre 2012 // 05


L’INTÉRÊT AFFAIRES// arthur maillard

arthur.maillard@hec.ca

THE MEGA...

RACE

Le mythe megaupload ressuscite en janvier, selon son créateur Kim DotCom. Nous allons pouvoir reprendre les choses sérieuses et nous replonger sans retenue dans les films et les séries qui viennent récompenser les efforts de nos journées harassantes. d’affaires tel qu’elles peuvent survivre malgré le téléchargement illégal. Ne nous étonnons plus de voir et revoir toujours les mêmes scénarios, à l’image du dernier James Bond dans lequel le personnage de Javier Bardem, dont la Nous vivons une époque pour le moins curieuse. Notre pouvoir prestation est particulièrement remarquable, d’achat atteint un niveau qui nous permet de vivre dans un confort Il y a encore quelques décennies, l’arrivée dans un foyer d’un s’apparente très étrangement au personnage matériel que les générations précédentes n’ont pas connu. L’essor réfrigérateur ou d’une machine à laver suscitait l’émerveillement du joker dans Batman the dark knight, pour ne citer que cet exemple. des nouvelles technologies participe de cet accroissement du niveau et l’enthousiasme de chacun. Ces biens nous semblent, à l’heure de vie, mais a modifié en profondeur notre vision des choses. Nous actuelle, banals, voire vétustes, bien qu’indispensables. Aujourd’hui La prolifération des sites comme méga a amené les autorités de sommes passés de l’accès à tout au droit à tout. La course échevelée notre intérêt porte sur des produits, des vidéos, des œuvres n’ayant nombreux pays à s’attaquer à ce problème. Guerre vaine comme à l’illimité est omniprésente dans notre quotidien. Du forfait de notre que quelques jours ou quelques heures. La nouveauté est gage de nous pouvons le constater. On s’oriente petit à petit vers un système cellulaire à l’espace sur notre disque dur en passant par le buffet plaisir, de bonheur, d’évolution positive. Il faut être pour le progrès forfaitaire octroyant des films ou musiques en quantité illimitée. Se à volonté. Toujours plus. Comme si le plaisir ne résidait plus que afin de mieux se départir de ce que nous possédons déjà pour pose alors la question du prix d’une œuvre. Question très complexe dans la quantité. Habitués à cet environnement, car nourris par la acheter encore plus et rejoindre dans un aveuglement panurgique qui implique de se mettre à la place du consommateur et surtout de corne d’abondance dès notre plus jeune âge, ce privilège matériel, le troupeau des consommateurs. Si le progrès est si bénéfique : à l’artiste. En tant que consommateur, l’idée de payer dix euros par quand l’abandon de la fourchette et du couteau? À quand un repas mois pour accéder à toutes sortes de films ou de musiques semble aujourd’hui, nous semble dû. concentré en une pilule dont le choix de la voie d’administration particulièrement réjouissante. Mais mettons nous à la place d’un dépendrait des préférences de chacun? artiste qui aura passé cinq ans pour faire son film, de la phase d’écriture à la postproduction, qui, après avoir pris de nombreux SOLUTION DISPONIBLE SUR : Le désir se meurt et est supplanté par des envies risques verra son œuvre réduite à quelques centimes à la vente par L’INTÉRÊT - HEC MONTRÉAL artificielles concoctées par la fabrique des rêves qui consommateur, que lui reste-t-il? s’adresse au consommateur alpha, bêta... surtout bêta. La mécanique est bien huilée et dispense Une œuvre dont les efforts et le temps de travail sont notables son enseignement hypnopédique à des personnes peut-elle se réduire à une somme infinitésimale? N’est-ce pas un bien souvent ignorantes sinon consentantes. Il est message qui tend à déprécier la valeur de l’effort, à dévaloriser toute peu étonnant de voir autant de personnes blasées, production puisque réduite à quelques sous? Certains avancent désabusées qui ont perdu l’envie, le désir d’être, de l’argument légitime de l’exportation. Il est vrai qu’aujourd’hui un faire, de devenir quelqu’un. Les quelques révolutions grand nombre de films et de musiques s’adressent à plusieurs pays sociétales finissent par servir la fameuse fabrique. et touchent ainsi un éventail plus large de consommateurs. Mais que On pense à la lutte des féministes qui, parce qu’elles penser d’un artiste dont le travail représente la quintessence de sa sont instrumentalisées, transforme finalement les ville, de sa région, de son pays? Son œuvre s’adresse à nombre moins femmes en armée de réserve du capitalisme. Les élevé de personnes sans être pour autant dépourvue de génie dans marginaux ne sont guère aimés, car ils impliquent certains cas. Parce que cet artiste est animé par une identité qui lui que l’on invente une nouvelle façon de les séduire, est propre il limiterait ses revenus à cause d’un marché qui prônerait tout un processus coûteux à revoir. davantage des œuvres destinées au plus grand nombre? En agissant de la sorte, on favoriserait la production d’œuvres abêtissantes et Comment justement favoriser l’arrivée d’artistes, on programmerait la mort certaine des identités, des racines qui de films, d’œuvres en général, qui sortent du façonnent tout un chacun. mainstream si l’on ne rétribue pas leurs efforts? À télécharger via méga ou d’autres plateformes on tue Le retour de méga va engendrer, à terme, de nouvelles façons de à petit feu l’œuvre des personnes qui s’inscrivent commercialiser les œuvres, un choix devra être fait. Reste à savoir en marge du système. Seul le travail des individus si nous pourrons influer sur celui-ci ou si nous serons à l’image de rattachés à de grosses sociétés de production l’hidalgo de Cervantes... subsiste, car ces sociétés génèrent un chiffre Mais ce qui réjouit le plus grand nombre pourrait bien susciter quelques questions qui méritent d’être évoquées.

sudoku - MOYEN /

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L’INTÉRÊT TECHNO// paul mariuzzo-raynaud

paul.mariuzzo-raynaud@hec.ca

PEER-TO-PEER et CULTURE LIBRE : une utopie postcapitaliste?

Les pratiques « co- » ont la côte, comme si après 30 ans d’apologie de la concurrence, on redécouvrait les joies de la coopération. Mais plus qu’un simple phénomène de mode, nombreux sont les mouvements à s’interroger sur la place du collectif dans la société. C’était en tout cas l’objectif affiché par « l’école des communs » vendredi 2 novembre lors d’une conférence organisée en collaboration avec le Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES) duquel font partie plusieurs professeurs de HEC.

?

trois mois et 80 personnes d’une douzaine de pays sans aucun capital financier pour conceptualiser et produire une voiture de sport à seulement 24 000 $, constructible sur un modèle lego et produite localement, à la demande. Le délai d’une entreprise traditionnelle est lui de cinq ans.

des communs, et c’est là que rien ne permet de dire que le futur sera meilleur. Entre capitalisme nétarchique sur le modèle de Facebook, le capitalisme distribué comme la monnaie numérique Bitcoin et un monde des biens communs globaux, il n’y a qu’un pas et rien ne laisse penser que tout ira pour le mieux.

Vers un monde des communs Pour donner un cadre théorique à son intuition et passer de l’analyse micro à macro, Bauwens redessine les frontières entre les trois grandes catégories d’acteurs de la société : les entreprises, l’État et la société civile. Dans le modèle actuel, la valeur de ce monde est créée au sein des entreprises privées, tandis que l’État gère les effets néfastes du marché. Quant à la société civile, on la cantonne dans un rôle marginal, définie par des catégories négatives comme « non-lucratif » ou « non-gouvernementale ». Les activités citoyennes, « c’est ce que l’on fait en arrivant chez soi le soir, une fois bien Sous le thème « Le P2P, la culture libre et le mouvement mondial des fatigué » ironise Bauwens. communs », deux spécialistes internationaux de la question, Michel Bauwens, fondateur de la Fondation P2P, et Lionel Maurel, auteur du Placée dans la nouvelle logique des communs, c’est une révolution blogue S.I.Lex, se sont tour à tour exprimés sur ce qu’ils considèrent hiérarchique qui s’opère alors. En effet, la société civile devient être un bouleversement profond du mode de fonctionnement de l’acteur principal de l’équation, car c’est elle qui construit le monde sur la base d’une mise en commun des connaissances (Wikipédia), notre société. de design (Wikispeed), etc. Les entreprises ne sont plus orientées vers le profit, mais vers le soutien de cette société civile. L’État et De Wikipédia à Wikispeed Usant de la comparaison historique, M.  Bauwens nous offre une quelques associations financières permettent alors de financer la analyse marxiste de l’actualité et anticipe le basculement inévitable société civile. Plus de méchants rentiers capitalistes, tout le monde dans un nouveau rapport de production. Après le féodalisme et le s’aime et veut partager. Amen. capitalisme viendrait donc « le monde des communs », expression L’avènement du capitalisme nétarchique « évitant » la confusion avec le terme communisme. Un brin utopiste et « déjà vu »? Ça se pourrait, seulement s’il Il faut dire qu’au-delà de quelques principes voisins entre le monde n’existait pas de preuves actuelles de ce mouvement de fond dans des communs et le communisme, le conférencier nous dépeint un la réorientation des classes dirigeantes. Aujourd’hui, ceux qu’on futur loin des chars soviétiques et du régime chinois. La lutte des appelle les capitalistes « nétarchiques » opèrent cette transition en classes n’est plus celle du travail contre le capital, mais elle prend investissant dans les plateformes de commun comme Facebook. désormais racine au sein même des détenteurs de capitaux : faut- Parallèlement, un chômage de masse s’installe même dans les pays il se battre pour ses idées et brevets, à l’image d’Apple, ou bien développés (lien article d’Arthur Maillard). Bauwens rappelle alors s’adonner aux joies du partage et de la « co » mania (co-création, co- que même dans les économies qui semblent bien fonctionner en ce moment, de plus en plus de personnes travaillent selon une logique design, covoiturage...)? coopérative et partagée. Ainsi, 50  % des nouveaux produits de Bauwens lui penche clairement pour la deuxième solution et nous Procter&Gamble sont réalisés par co-design, co-création... livre un exemple édifiant. Le fabricant de voitures modulables et open-source Wikispeed a fait le pari de construire un modèle À ce niveau, Bauwens trace quatre voies possibles dans le monde innovant sur la base des pratiques Peer-to-Peer. Ainsi, il aura fallu

Retour au principe de réalité Dans cette fibre moins optimiste, le second intervenant, Lionel Morel, se reconnait davantage lorsqu’il étudie les réalisations concrètes du monde des communs. SOPA, ACTA, Hadopi, l’arsenal législatif de répression du P2P prend de l’ampleur aujourd’hui, poussé par les lobbies des ayants droit et grands distributeurs. Et même si certains artistes – Gwen Seemel, Dan Bull, Nina Paley — voient aujourd’hui l’intérêt du partage sur la logique de propriété privée, nous semblons encore loin d’avoir intégré les principes de mise en commun. Preuve en est, sur les six milliards de photos publiées sur Flickr, seules 240 millions sont en licence Creative Commons, soit 3,6 % du site. Derrière ces données mitigées, Morel en revient au principe de réalité et recense les entreprises politiques misant sur cette idée du commun. En Europe, le Parti Pirate se développe tranquillement tandis que l’idée d’un système de licence globale pour rémunérer les artistes fait son chemin. En payant un forfait additionnel aux fournisseurs internet, tout le monde pourrait avoir accès aux biens culturels tandis que les créateurs seraient rémunérés sur la base de l’usage de leurs œuvres. Cela pose cependant la question de l’économie de l’attention : le risque majeur d’une uniformisation des gouts porte préjudice à nos petits artistes qui n’ont pas toutes les armes marketing de certains. Bref, la réflexion sur un nouveau type de société prend forme sur les bases des technologies numériques et de la structure décentralisée. S’il reste encore difficile d’imaginer un monde des communs dans un futur immédiat, voilà un débat qui mérite réflexion à l’heure où le capitalisme semble être dans une crise durable. Et une chance pour chacun d’accéder au génie collectif humain, à condition d’avoir du réseau...

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L’INTÉRÊT TECHNO// MATTHIEU FLÉCHER

matthieu.flecher@hec.ca

Mega relance le débat sur les droits d’auteurs L’ancien propriétaire de Megaupload vient d’annoncer son retour avec une nouvelle plateforme de téléchargement, reste à savoir quel pays sera d’accord pour l’héberger.

C’est le 19 janvier 2013 — un an jour pour jour après son arrestation par le FBI — que Kim Dotcom devrait lancer sa nouvelle plateforme de téléchargement appelée « Mega » en référence à Megaupload fermé depuis dix mois pour « violation des droits d’auteurs ». Ce dernier était le site le plus consulté du web avec 50 millions de visiteurs par jour, dont chacun d’entre eux pouvait stocker ses propres fichiers et les distribuer librement sur des forums. Dernièrement, ce projet a été mis entre parenthèses par l’annonce du ministre gabonais de la Communication et de l’Économie numérique qui refuse que Mega utilise comme nom de domaine celui du Gabon afin d’éviter tout conflit d’intérêts dans des violations de droits d’auteurs ou autres. Mega se veut nouveau dans sa façon de contourner les diverses lois sur les droits d’auteurs. Premièrement, la nouvelle plateforme propose un système original afin d’éviter toutes poursuites où seuls les utilisateurs postant leurs fichiers auraient l’exclusivité de les distribuer par le biais d’une « clé » de décryptage qu’eux seuls possèderaient. Ce système aurait donc pour avantage — en théorie — d’éviter à Mega toute implication pour diffusion illégale de médias ou autres, car le chiffrement de chaque fichier ne permet pas aux administrateurs du nouveau site de connaitre son contenu. Pendant l’absence du site phare du téléchargement en ligne les internautes ne se sont pas morfondus très longtemps. Car les différents sites de streaming ont sauté sur l’occasion et nous avons pu observer la multiplication de ces derniers. Les utilisateurs ont bien compris qu’il était beaucoup plus facile de pouvoir regarder instantanément un film ou une série sans pour autant attendre son téléchargement comme le proposait Megaupload. Ces sites de streaming — illégaux et gratuits — tirent leur popularité actuellement par le fait qu’ils proposent les derniers films et séries à peine diffusés dans leur pays d’origine. Tous ces derniers rebondissements relancent de plus en plus fort le débat sur les droits d’auteurs et de diffusion. Quelques propositions commencent à faire surface pour lutter efficacement envers le téléchargement direct et le streaming. C’est ce que le second acte de la loi française Hadopi veut en élargissant sa lutte contre le Peer-to-Peer au téléchargement direct et au streaming. Cependant il est très difficile de lutter contre ces derniers qui sont très éphémères et ayant leur nom de domaine ainsi que leurs serveurs basés dans des pays ou de telles lois n’existent pas. Il y a tout de même quelques propositions plausibles qui pourraient être appliquées dans un futur proche comme le déréférencement par Google de tels sites.

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En attendant de réelles mesures envers le téléchargement et le streaming, Kim Dotcom ne devrait pas se reposer sur ses lauriers, car des poursuites sont toujours engagées contre lui et une demande EKE_pub_10.375x2.7.pdf 1 12-10-22 11:34 d’extradition est en cours afin qu’il soit jugé aux États-Unis.

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L’INTÉRÊT TECHNO//

Internet nous rend-il moralement plus mauvais? jean-thomas delespierre jean-thomas.delespierre@hec.ca

Vous dormez paisiblement. À votre réveil, vous réalisez qu’une personne s’est introduite chez vous sans votre permission et est repartie avec certaines de vos affaires personnelles de valeur. Est-ce mal? L’écrasante majorité répondra « oui c’est mal, c’est du vol ».

Vous êtes un étudiant un peu fauché, vous vous ennuyez un lundi soir. Vous décidez de regarder une série. Votre coloc vous a conseillé un site de streaming gratuit : c’est tout naturellement que vous regardez les derniers épisodes disponibles de votre série favorite. Est-ce mal? Par rapport à la question précédente, les réponses seront beaucoup plus nuancées.

« Plus nous utilisons internet, moins nous arrivons à distinguer le bien du mal. »

Pourtant dans les deux cas il s’agit de vol. Les personnes ayant produit les films et séries ont un droit de propriété sur elles. Lorsque vous regardez un film ou une série sans contrepartie financière, vous les volez. Pourtant la plupart des « pirates » que nous sommes ne se considèrent pas comme faisant une mauvaise action. Il y a toujours une bonne explication expliquant le téléchargement / visionnement illégal de contenu vidéo :

mais pas de l’AppleStore. Si je veux regarder Spiderman, je peux le faire à partir d’Itunes mais pas de Netflix. Il n’existe pas de solution globale pour mes films et séries qui soit totalement satisfaisante. C’est donc plus pratique pour moi de télécharger illégalement du contenu multimédia.

Dès lors pourquoi payer pour du contenu vidéo ludique à regarder sur mon ordinateur? Je ne paye pas pour tout le reste, je ne vais pas payer pour mes séries et films. Voilà en substance le raisonnement que nous faisons tous inconsciemment.

De plus lorsque nous sommes en train de télécharger nous Ces arguments ne sont que de sommes la plupart du temps seuls devant médiocres justifications à notre conduite de notre ordinateur. Cette solitude rend plus facilement acceptable voleur. Le fait est que télécharger du contenu de de pirater du contenu. « Je ne suis qu’un anonyme parmi des manière illégale s’apparente de moins en moins millions, mon action n’aura pas répercussion sur le reste du à une conduite moralement répréhensible. monde ».

Entre nous, nous parlons librement des dernières séries ou films que L’anonymat que procure internet est une carapace protectrice qui nous avons téléchargés. Il est sous-entendu que ces téléchargements nous déresponsabilise devant notre conduite, que nous savons — D’une part d’un point de vue purement sont illégaux. Pourtant ces comportements ne choquent personne. pourtant au fond de nous, répréhensible. économique l’explication est toute trouvée Alors qu’il est toujours moralement répréhensible de parler de la Si je ne pouvais pas accéder gratuitement à ce contenu je ne le dernière banque que l’on a dévalisée, il est beaucoup plus accepté Oui internet nous rend moralement plus consommerais pas. Jamais je ne dépenserais autant de parler de la dernière combine pour obtenir ses films et séries mauvais. d’argent en films / séries si je devais payer préférées sans mettre la main au portefeuille. Le piratage vidéo ludique en est l’exemple le plus frappant. Faut-il pour. Donc pour les entreprises qui s’en inquiéter? Je ne pense pas. Internet est un outil, au même produisent ces contenus, il n’y a pas Depuis une dizaine d’années, il y a eu un glissement titre que la science. La science est à la fois l’outil qui a permis de manque à gagner. Je ne fais de moral à mettre en corrélation avec l’utilisation de guérir des millions de gens atteints de maladie et d’en tuer mal à personne. d’internet. Plus nous utilisons internet, moins des millions d’autres grâce au perfectionnement des armements nous arrivons à distinguer le bien du mal. militaires. — D’autre part je ne consomme que du Avec internet nous avons accès Internet est à la fois ce merveilleux outil qui permet aux hommes contenu mainstream. à des milliers de données de mieux communiquer entre eux, mais aussi cet outil qui pousse C’est-à-dire que ce que je gratuitement. les hommes à pécher en volant autrui. pirate ce sont des hits et des La connaissance est gratuite et accessible blockbusters. Les artistes à à tous grâce à Wikipédia. La musique est Depuis l’aube de l’humanité, les hommes sont partagés entre l’origine de ces contenus ont fournie gratuitement avec les clips grâce le bien et le mal, internet n’est que le symptôme de ce combat déjà gagné beaucoup d’argent. à YouTube. Plus besoin du facteur et des permanent, pas la cause. En téléchargeant illégalement coûteux timbres, le courriel et leurs œuvres, je ne les prive que les services mails gratuits ont d’un petit revenu marginal, ils remplacé les lettres. Acheter n’ont pas besoin de moi pour vivre un journal? Pourquoi faire? Les correctement. Je ne fais de mal à nouvelles sont obtenues plus personne. rapidement sans dépenser le 100% Montréalais, Depuis 1991 moindre sou sur internet. — Enfin si je télécharge Snowdon illégalement c’est parce Avec internet 5002 Chemin Queen Mary qu’il n’y pas de solutions nous sommes légales pertinentes. conditionnés à avoir Commandez 14 fois avec nous et recevrez $15 de rabais sur votre 15iem commande Si je veux payer pour regarder Kill ce que nous cherchons Commandez En Ligne LivraisonàGratuite Bill je peux le faire à partir de NetFlix gratuitement. l'achat de 15$ et +

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L’INTÉRÊT TECHNO//

FUTURE SHOP L’ENFER DE LA RUE SAINTE-CATHERINE Sur le banc des accumarc jullien sés : Future Shop, la marc.jullien@hec.ca plus grosse chaine de magasins d’électronique au Canada, avec près de 150 magasins. On parle là d’un très gros joueur, le Zinedine Zidane de l’arnaque : plein d’adresse et de finesse, ils savent vous avoir avec style, calme et élégance... Mise en situation Après trois ans de bons et loyaux services, je décide d’investir dans un nouvel ordinateur, car mon Toshiba est proche du décès. Je vais donc à Future Shop avec l’intention d’acheter un PC Ultrabook. Le vendeur me parait sympathique et me conseille fortement de prendre une garantie tous risques trois ans me disant qu’elle fonctionne à l’international, « elle coute cher, mais elle couvre tout ». Il me propose même un petit rabais de 50  $ sur l’ordinateur pour définitivement me convaincre. Étonné de voir 100  $ supplémentaires sur la facture, il me répond que ce sont les frais pour l’installation de Windows et ose me dire qu’il s’agit d’un service complexe et donc de venir chercher mon PC dans 2 h 30, 3 h. Une fois mon ordinateur prêt à l’emploi, je vais chez un ami, informaticien dans l’âme, lui montrer la bête! Le début de la fin Déçu, je me rends compte que ces guignols se sont trompés de modèle. J’apprends ensuite par mon ami que l’installation de Windows peut être faite soi-même, car il est déjà préinstallé sur l’ordinateur. Il suffit de suivre les instructions pour l’installer (cliquer la plupart du temps sur « suivant » et choisir quelques options du style « langue : français », date et heure). Je parle maintenant par expérience, cela prend dix minutes. Mais le pire reste l’histoire de mon ami. Ce dernier a déjà fait affaire à maintes reprises avec ces marchands de tapis. Découverte d’un lourd passé : les affaires non classées Mon ami avait lui aussi pris la garantie trois 010 // 15 novembre au 29 novembre 2012 // VOLUME 57, NUMÉRO 05

qui est un « service » donc non remboursable. Je suis ensuite allé à La Source qui m’a vendu un ordinateur simi- laire à un meilleur prix. Ils m’ont proposé une garantie supplémentaire de trois ans (celle d’un an est toujours incluse à Future Shop également) que j’ai refusé et le vendeur n’a pas insisté. Ne croyez pas que j’ai des actions chez eux, mais le service est simplement plus sérieux. Ici, on ne me propose pas d’installer WinAlors que lors de l’achat, le vendeur lui avait certifié qu’on lui prête- dows et pour cause il s’agit bel et bien d’une installation bidon que j’ai rait un ordinateur dans ce cas, on lui dit maintenant que c’est impos- effectuée en dix minutes. sible, mais qu’il peut en acheter un qui lui sera ensuite remboursé quand il récupèrera son ordinateur. Pas encore convaincu? La petite histoire bonus... Finalement, le problème technique n’a pas été Mon colocataire a pris son forfait téléphonique chez Fido et a choisi résolu et il doit payer 40 $ pour récupérer un comme intermédiaire Future Shop... mauvaise idée! Le vendeur lui avait ordinateur qui ne marche toujours pas cor- garanti qu’il pouvait arrêter son forfait en tout temps (utile pendant les rectement (frais d’envoi, de gestion, etc.) périodes où il n’est pas au Canada soit les 4 mois de l’été) alors qu’en et l’ordinateur « emprunté » ne peut pas réalité, il ne peut pas le baisser d’un centime, car c’est un forfait avec être remboursé. Mon ami, que l’on peut smartphone! Tellement habitué à dire ce que vous voulez entendre, le maintenant surnommer le pigeon, peut alors au vendeur vous arnaque même si l’argent ira au final à Fido, la honte... mieux obtenir un avoir équivalent à 50 % de la valeur Dans un pays aussi développé que le Canada, je dois avouer que je ne initiale du PC qui était censé lui être prêté. True Story. m’attendais pas à un tel niveau de magouilles et d’incompétence. Les vendeurs sont plus préparés à vous escroquer plutôt qu’à réellement vous conseiller. Leurs connaissances sont d’ailleurs la plupart du temps assez limitées même dans leur rayon. ans « assurance tous risques » à près de 300 $ et a en fait dû payer pour les réparations : elle ne prenait pas en charge un simple problème technique (soi-disant car il y avait une pièce manquante dans l’ordinateur qu’il n’avait jamais ouvert). Ne le sachant pas encore, son PC est alors confisqué trois semaines pour se refaire une beauté. En attendant, être étudiant sans ordinateur c’est une autoroute vers l’UQAM...

Conseils : Comment ne pas passer pour un pigeon? C’est simple : ne pas aller à Future Shop. Si je ne vous ai pas convaincu, allez voir les différents avis sur internet concernant ce « magasin ». Je déconseille les garanties, surtout bien sûr celles de Future Shop : mieux vaut être seul que mal accompagné! Elles coutent cher et les vendeurs jouent surtout sur la peur, car un ordinateur représente un gros investissement. De plus, une garantie d’un an avec le fournisseur est systématiquement offerte et ensuite la valeur du PC diminue et sa performance également, avec ou sans réparation. Bien sûr, ne vous faites pas installer Windows lors de l’achat (mais si vous n’allez pas à Future Shop, personne n’aura le culot de vous le proposer). Comme dit précédemment, un enfant de huit ans peut le faire et vous économiserez 10 $/minute.

Le dénouement Pour finir mon histoire, je suis retourné au magasin le lendemain. Deux possibilités s’offraient à moi : me faire rembourser ou avoir le bon ordinateur et négocier un bon prix. Étant obligé d’admettre leur erreur de débutant et après négociations, je refuse leur rabais minable de 25 $ et me fais entièrement rembourser Pour finir, je généralise, car ce genre de choses sont arrivées à plusieurs excepté les 100  $ pour l’installation de Windows de mes amis et moi-même, mais tous les vendeurs ne sont bien sûr pas des escrocs. Cependant, c’est arrivé trop de fois pour que je puisse encore croire à des coïncidences. Le plus important est de se renseigner avant l’achat : regardez les avis sur internet pour les boutiques et les produits et faites attention à ne pas croire tout ce que les vendeurs peuvent promettre...


L’INTÉRÊT CULTUREL//

AIDE-moi CHLOÉ...

« Je n’ai plus rien à lire » catherine lavery

catherine.lavery@hec.ca

Ah! Laurent, Turned on par un roman? Je te dirais qu’entre eux et les hommes, il y a beaucoup plus de livres que je voudrais consommer que l’inverse.

Je me suis toujours demandée ce que je trouverais si je pouvais espionner certains échanges de messages Facebook. C’est pourquoi, avec cet article, je vous propose d’assouvir vos pulsions de voyeurisme et de vous donner des envies À proprement parler, il s’agit d’une suite d’histoires que d’un roman. soulèvent toujours des questionnements et des réflexions sur le À première vue hétéroclites, ces histoires se rassemblent autour monde dans lequel nous vivons et je crois, encore aujourd’hui, qu’ils littéraires. Voyage au cœur de C&L.* de thèmes communs : Prague et l’histoire tchèque, la politique et sont des vecteurs de changement grandement sous-estimés.

l’appareil communiste, les anges et le diable, la complexité humaine et sa sexualité. Si la profondeur de ce livre est incontestable, il n’en Ah! Laurent, Turned on par un roman? Je te dirais qu’entre eux et les Laurent, 1er novembre 2012 : Je suis très content de t’avoir vu hier Chloé. Je me est pas moins légèrement inconstant. En effet, certains passages hommes, il y a beaucoup plus de livres que je voudrais consommer méritent d’être lus encore et encore, tandis que d’autres sont que l’inverse. demandais : quel est encore le livre dont tu me parlais? quelque peu vides et semblent davantage agir à but de remplissage. Laurent, 15 novembre 2012 : Chloé, 2 novembre 2012 : Un nouveau titre à ajouter sur ma liste. C’est littéralement et littérairement un livre sur le rire et sur l’oubli, Dolce Agonia, c’est le titre du livre. Je t’assure que c’est sous toutes leurs formes. C’est aussi un livre bourré d’intelligence. incroyable. Je sais que tu n’aimes pas les quatrièmes de couverture; J’ai quelque chose à te proposer aussi, si jamais tu as envie d’une Tu aimerais. ce n’est pas un résumé, c’est un avant-gout. p’tite vite, puisque je vois le pouvoir qu’ont les livres sur toi : Contes pour buveurs attardés de Michel Tremblay. Il s’agit d’un recueil Chloé, 11 novembre 2012 : « Quelle espèce! Souvent, à regarder les êtres humains accomplir de nouvelles écrit durant l’adolescence de l’auteur, toutes aussi Kundera, toujours un régal. J’en prends note. leur destinée sur Terre, je me laisse emporter presque au point de délicieuses les unes que les autres. À la fois mystiques et morbides, croire en eux. Ils me donnent l’impression singulière d’être dotés ces contes te hantent longtemps après leur lecture. Commence par En parlant de rire, l’autre jour, on m’a dit que je perdais mon temps à de libre arbitre, d’autonomie, d’une volonté propre... Je sais bien La jeune femme au parapluie, et tu comprendras ce que je veux dire. engloutir mes romans, et que je devrais me concentrer sur le monde que c’est une illusion, une notion saugrenue. Moi seul suis libre! réel, ses enjeux et ses conflits. J’ai ri. J’avais Les âmes grises de Chaque tour et détour de leur destin a été planifié d’avance par mes En passant Chloé, tu as vu la parution de L’Intérêt qui est sorti soins; je connais le but vers lequel ils se dirigent et le chemin qu’ils Philippe Claudel dans les mains. aujourd’hui? Il y a un article qui parle justement du livre de Philippe emprunteront pour y parvenir; je connais leurs effrois et leurs espoirs Claudel. Un petit roman qui débute par la découverte d’un meurtre tragique. les plus secrets, leur constitution génétique, les rouages les plus De cet évènement, on en découvre par la suite l’histoire d’un village intimes de leur conscience... Et pourtant, et pourtant... ils ne cessent Chloé, 16 novembre 2012 : et de ses habitants. Cette poésie propre à Claudel transmet avec de m’étonner. » Oui, je sais, j’ai vu. On dirait qu’on a lu dans mes pensées. justesse toute la complexité des personnages. Alors, la question, Laurent, 6 novembre 2012 : inévitablement, se pose : « Qui aurait pu commettre ce meurtre? », et Peut-on être turned on par un roman? Celui-ci semble remplir la réponse de suivre : toutes les âmes grises. * Les fautes d’orthographe ont été, évidemment, artificiellement tous les critères : je veux le lire. D’ordinaire, je ne lis les quatrièmes corrigées à des fins de publication. Quelles sont les chances de couverture qu’après le roman. Mais je suis ravi que tu m’aies teasé C’est pourquoi, quand on m’a dit de lâcher mes romans, j’ai ri, d’après vous, à travers le cyberespace, de tomber sur un échange avec.Personnellement, je viens de lire une merveille, provenant d’un parce que ce livre m’a appris bien plus sur la nature de l’Homme de messages sans fautes? Exactement... amour que nous avons en commun : Kundera, le livre du rire et que ces livres de société, que toutes ces nouvelles, dont nous sommes bombardés constamment. J’ai ri parce que les bons romans de l’oubli.

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L’INTÉRÊT CULTUREL// VIOLAINE ROLLIN

violaine.rollin@hec.ca

LE LANGAGE PRIMITIF

« Oh tu sais, une mère sent ces choses-là. » Peut-être avez-vous déjà été témoin de la scène suivante. Alors que vous êtes tranquillement assis sur le canapé de Sophie, promue récemment jeune maman, un cri s’élève de la chambre du bébé. Votre amie se précipite vers le berceau et établit un diagnostic rapide : « il a faim le pauvre chou! » Une fois le biberon vidé, Sophie revient vers vous. Un peu plus tard dans l’après-midi, un faible mugissement s’échappe du talkie-walkie sur la table du salon. De nouveau, Sophie se rend vers son rejeton, mais cette fois-ci décide de le ramener à table avec elle. « Il avait envie d’être avec nous », vous dit-elle avec un sourire. Et effectivement, vous constatez que le petit en face de vous piaille et gazouille tout en faisant des bulles avec sa bouche, signes extérieurs d’un contentement certain. Néanmoins, vous restez coi d’admiration face à Sophie. Vous vous demandez bien comment elle a pu deviner que Thomas avait faim et non pas qu’il était tout simplement énervé... À votre incompréhension, la réponse est plutôt décevante... « Oh tu sais, une mère sent ces choses-là. » Avec cette réponse, vous voilà immédiatement repoussé dans le clan des non-initiés. Par conséquent, ne voulant pas admettre une défaite de la rationalité, vous vous dites que c’est une question d’habitude ou alors vous procédez par élimination. S’il pleure, c’est soit qu’il a faim, soit qu’il a sommeil, soit qu’il a trop chaud, soit qu’il a quelque chose qui le gêne, soit qu’il veut de la compagnie. Sinon, il doit être malade. Une classification scientifique des cris de nourrissons Deux médecins, le Dr Lyonel Rossant et la Dr Jacqueline Rossant-Lumbroso expliquent de manière scientifique ce que les parents, eux, apprennent par habitude en écoutant leurs nourrissons. En réalité, bien qu’un nouveau-né ne possède pas encore la capacité de s’exprimer dans un langage articulé, il apprend de manière instinctive à utiliser son cri et ses pleurs pour parvenir à se faire (relativement) comprendre. Cet état d’apprentissage s’étend jusqu’à l’âge de deux mois. Au cours de cette période, l’entourage réagit de manières diverses aux stimuli, la réponse apportée varie. Par conséquent, le bambin va assimiler un comportement à une réponse. Bien sûr, d’autres informations plus visuelles se sont ajoutées au volume, au timbre de la voix et au rythme du souffle pour aider à déchiffrer les besoins du nouveau-né comme l’expression du visage et les gestes. Ainsi, des recherches ont montré que l’on pouvait établir expérimentalement une classification des cris de nourrissons en fonction de leur tonalité, de leur fréquence et de leur intensité. D’ailleurs, le célébrissime cri de faim se remarque de telle sorte : « Le premier son “oin”, peu aigu, dure une seconde. Il est suivi d’un “sifflet inspiratoire” — très bref et plus aigu – et reprend après un instant de repos ». Il existe donc un « langage – bébé ». D’après le monde de la médecine et de la sociologie, l’environnement familial est essentiel quant à l’acquisition du langage. C’est par les sollicitations du milieu que le vocabulaire s’enrichit, que la pensée se développe. Parler est une activité difficile. Au niveau physique, elle requiert une mobilisation intensive de nos muscles faciaux et elle exige une g r a n d e neuromotrice. Parler est devenu quelque chose de naturel pour nous. Or, c’est le produit d’un processus complexe.

RAP US, RETOUR AUX SOURCES?

La tendance serait-elle d’inspiration 90’s ROMAIN ANDRÉ

romain.andre@hec.ca

Le 2 novembre dernier, Dj Jazzy Jeff était présent comme chaque année à Montréal pour une date unique. Rien d’exceptionnel donc, si ce n’est l’affluence à l’entrée du set. Pourquoi autant de monde alors que « the Magnificient » semblait être passé à la trappe danses médias depuis le milieu des années 2000 ? En effet, ce dernier était reconnu alors comme l’un des meilleurs DJ hip-hop des années 90. Il est vrai que bien que personne n’ait jamais douté des compétences du scratch (c’est-à-dire de la technique qui consiste à faire du bruit en mettant la main sur des vinyles), cela faisait un moment que les MC (master of ceremony) préféraient se concentrer sur l’utilisation de morceaux aux consonances électros. Le succès d’anciens groupes n’est d’ailleurs pas un phénomène isolé avec la sortie de titres comme l’Undun des The Roots en 2011, qualifié de chef d’oeuvre, ou encore celle de l’excellent Life Is Good de Nas cet été, référence évidente à Illmatic la bible du hip-hop, et qui s’inscrit également dans un retour à des instrumentales old-school; De même on note la notoriété grandissante des labels indépendants Midwest tels que Concreaturece qui nous permet donc d’affirmer que l’on assiste à un retour en force du rap old-school. Mais pourquoi maintenant ? On peut imputer cela à deux phénomènes. D’un côté, la généralisation du rap dans la musique durant les années 2000. En effet, suite à son explosion médiatique dans les années 90 grâce à des artistes légendaires tels que B.I.G et 2PAC, the Fugees ou encore De La Soul. Le rap s’est peu à peu diffusé dans la culture collective. Il n’est d’ailleurs aujourd’hui plus étonnant de voir certains rapper sur des morceaux de musiques pop, et parfois même inversement. L’autre fait est directement relié aux instrumentales. Comme nous l’avons dit, le hip-hop commercial a de plus en plus pris des teintes électros.

coordination

012 // 15 novembre au 29 novembre 2012 // VOLUME 57, NUMÉRO 05

En effet, avec l’avènement de l’electro house aux États-Unis au cours de la dernière décennie qui va de pair avec l’eurodance, les producteurs ont compris qu’ils pouvaient toucher un plus large public en mélangeant les genres en accord avec la mouvance à l’oeuvre. Mais la cold wave est en totale opposition avec les racines soul, reggae et jazz du genre, il n’est donc pas étonnant qu’artistes et public se soient vite lassés d’une telle mode. Alors, au revoir les synthétiseurs et de nouveau bonjour au MPC 2000, vinyles et DJs. Adieu les auto-tunes et retour aux loops d’Otis Redding et de Charles Wright.En espérant que cette mouvance continue et que les prochaines années soient assez productives pour ne plus avoir à entendre « le rap c’était mieux avant ».


L’INTÉRÊT CULTUREL//

MOVEMBER

JUSTE POUR RIRE?

Parti d’une mode en Australie en 2003, omer.vincent@hec.ca le Movember est le nom d’une levée de fonds pour la santé des hommes qui rallie maintenant 854 228 hommes récoltant un total de 125 700 000 $. OMER VINCENT

Morad JELDI

morad.jeldi@hec.ca

Quel comportement est l’antithèse du sérieux, le remède de la tristesse, l’ennemi numéro un de l’ennui, l’allié indéfectible de la bonne humeur? J’ai nommé le rire, sujet plus profond qu’il n’y paraît. C’est vrai après tout, pourquoi pouffonsnous de rire devant les farces d’un comique ou les blagues douteuses d’un de nos amis? Qu’est-ce qui déclenche ce spasme joyeux et contagieux? Avant de creuser un peu plus le sujet, remarquons que le rire est quelque chose de proprement humain, aucun autre animal n’est capable de rire. Certes, il est possible d’éclater de rire à propos de situations dans lesquelles les animaux sont les seuls protagonistes, mais on aura décelé dans leur comportement quelque chose d’identifiable à une attitude humaine. Ensuite, le rire est toujours collectif et communicatif comme une onde qui se répand à l’intérieur de différentes sphères. Le rire naît au sein d’un groupe et s’y propage telle une traînée de poudre par l’adhésion, quasi forcée, des sujets. Paradoxalement, bien que le rire soit intimement lié au champ émotionnel - on l’associe sans grande difficulté à la gaieté, la jovialité c’est justement en laissant nos émotions de côté un instant que nous arrivons à ressentir du comique dans une situation. Le rire se nourrit d’indifférence et de neutralité, il anesthésie nos émotions pour affecter directement notre intelligence. Il faut avoir bâillonné sa pitié pour rire d’une personne qui trébuche devant nous...

Contraction des noms « moustache » et « novembre »

Plusieurs se demandent s’ils devraient le faire, si le jeu en vaut la chandelle. Fier porteur de la moustache en ce mois de novembre, je vous dirais que oui. Voici pourquoi. saire. Lorsque nous rions de quelqu’un, nous ne faisons qu’insister sur sa différence avec une normalité écrasante et mécanique. Nous utilisons le rire pour blâmer certaines mœurs sociales, mettre en exergue un vice ou un défaut. D’autres philosophes, comme Hobbes, étaient encore allés plus loin dans cette analyse. Rire de quelqu’un, c’est dénoncer publiquement l’une de ses failles, d’une part en prendre conscience, mais aussi s’en servir pour asseoir une impression momentanée de supériorité et de mépris. Le mot est lâché, le rire serait donc intimement lié au mépris, il devient le grand frère terrible du sourire, plus délicat, plus attentionné et complaisant, mais peut-être tout aussi sournois lorsqu’il est utilisé avec ironie. Relié aux mœurs, c’est alors à la société de définir elle-même ce qui fera rire ou pas puisque le rire gommera poliment ce qui ne sera pas en conformité avec ses propres lois. Le rire a une fonction sociale, un rôle de purgatoire édulcoré, mais bien réel. Bergson s’attelle à confectionner une typologie des comiques possibles : comique de gestes, de formes, de mouvements, de situations, d’actions, de mots, de caractères etc. Chaque procédé développe une autonomie, mais tous viennent, au besoin, s’imbriquer et se compléter entre eux. Tous ces comiques sont autant utilisés comme moyens de défense que comme armes. Par exemple, lors du dernier débat Obama-Romney, on a bien vu Obama se servir du rire de l’auditoire pour susciter le mépris de son adversaire, il pointait ouvertement ses faiblesses et les exposait à la vue de tous. Il y a aussi une perte de contrôle de la part de ce public hilare, un automatisme déclenché instantanément comme un bouton que l’on presse. Le rire, outil de mépris et automatisme, serait donc à proscrire chez le parfait gentleman.

D’ailleurs, rions-nous de cette personne, étalée au sol ou serait-ce en réalité un peu plus complexe que ça? Et si nous riions plutôt d’une situation parce qu’elle vient rompre le déroulement bien huilé, quasi mécanique de nos vies. Rire pour corriger une situation qui n’aurait pas lieu d’être en temps normal, voilà l’origine du rire selon Bergson, philosophe français du 20ème siècle : « Du mécanique plaqué sur du vivant ». Cette définition appelle immédiatement une question subsi- Que faire alors pour ne pas rire? Comment transformer cette puldiaire : qu’est-ce qui nous fait rire? On s’approche alors du cœur du sion venant des profondeurs de notre être en marqueur d’une cersujet, de la racine du mal. Le rire serait devenu un marqueur, l’ins- taine retenue? Peut-être en esquissant un léger sou-rire. trument d’une rupture sociale, le signe qu’une correction est néces-

Au lendemain d’Halloween, le Movember est son contraire. Après avoir fait peur le 31 octobre, il est temps de rire le 1er novembre. En effet, on peut voir le Movember comme un jeu ou le but est d’essayer, d’oser. Il vous permet d’explorer une nouvelle pilosité faciale, tout en supportant une bonne cause. Vous voulez réaffirmer votre masculinité en essayant une moustache de type Hulk Hogan? Allez-y. Vous voulez vous raffiner avant un souper avec la belle-famille avec le style british? Lancez-vous. Oser pour grandir disait l’autre... Et en arrière de ce jeu, il y a un enjeu majeur. En effet, en portant la moustache vous vous ralliez à une cause importante. La rumeur veut que les dons aillent pour le cancer de la prostate. C’est en partie vrai. Les dons sont en fait pour la santé des hommes en général. L’argent est distribué dans plusieurs organismes qui luttent pour différentes causes comme le suicide chez les hommes. On parle d’un taux de suicide masculin quatre fois plus élevé que celui des femmes. De plus, la moustache paiera en dons et en conversations. Le mois de la moustache a en effet engendré plus de 2413 conversations sur la santé masculine. C’est 1.9 milliard de conversations à l’échelle planétaire qui ont commencé à partir d’une simple moustache. On a tendance à associer la moustache à la mode hipster. Je la vois plus comme une affirmation masculine. On pense en effet aux chefs militaires comme Roméo D’Allaire, aux chefs d’État comme Roosevelt ou encore aux révolutionnaires comme Martin Luther King. Loin d’être des hipsters, ils étaient plutôt de grands hommes. Des personnalités qui ont su affirmer fièrement leur virilité à travers leur épaisse moustache. Le mois de novembre est le moment de faire renaitre cette fierté pour une bonne cause. Après le bandeau rose du cancer du sein pour la femme, c’est au tour des moustaches de faire surface. Bon mois de novembre les boys! Pour plus d’informations : www.ex.movember.com VOLUME 57, NUMÉRO 05 // 15 novembre au 29 novembre 2012 // 013


L’INTÉRÊT DÉVELOPPEMENT DURABLE// marc d. lachapelle

marc-d.lachapelle@hec.ca

Le projet d’agriculture urbaine à HEC Montréal L’histoire derrière ce projet innovateur

Agriculture et administration pourraient devenir un mariage possible à HEC Montréal grâce à un projet innovateur qui pourrait voir le jour sur le toit de l’édifice Côte-SainteCatherine.

d’agriculture urbaine, la mise sur pied d’un plan personnalisé et avant-gardiste représente un défi. La Direction du développement durable a donc décidé de développer un plan d’affaires pour exposer les bénéfices et les étapes d’un projet d’agriculture urbaine adapté à sa réalité.

L’arrivée d’Émilie Nollet et la création du plan d’affaires Lors d’une conférence portant sur la permaculture, Émilie Nollet, étudiante au Ph.D., option management, mais alors étudiante à Construction du pavillon Côte-St-Catherine, les la M.Sc., option études organisationnelles, revoit débuts d’un projet mort au feuilleton Lors de la construction du pavillon principal, inauguré en 1996 – c’est-à-dire bien avant la monté de la popularité des questions d’agriculture urbaine – la capacité portante d’une section du toit avait été réalisée, dans une zone près du restaurant Le Cercle, de manière à pouvoir soutenir le poids d’un potager. De plus, de nombreuses zones, notamment dans les cours intérieures du quatrième étage et sur les terrasses de l’école, avaient été conçues pour recevoir de la végétation. En 2000, l’édifice de Côte-Sainte-Catherine a remporté le prix d’architecture institutionnelle, ce qui aurait donné une bonne raison à HEC Montréal de fortifier son avant-gardisme en donnant vie à ses plans de toit vert. Malheureusement, l’idée d’un toit vert est abandonnée pendant une dizaine d’années. Contrairement à ce que la majorité des gens pensent, l’agriculture urbaine dans notre université n’en est pas à ses débuts. En fait, le projet tel que présenté sur le site de la Direction du Développement durable est le fruit d’un heureux hasard, d’idées originales et de nombreuses heures de labeur. Petit regard sur l’histoire derrière le projet d’agriculture urbaine à HEC Montréal.

Le restaurant Le Cercle a déjà commencé à pratiquer l’agriculture en bac pour faire pousser quelques fines herbes présentes dans certains de ses mets. Malgré ce bon départ, le potentiel d’agriculture urbaine à HEC Montréal demeure sous-exploité. De nombreuses sections du toit, recouvertes de gravier gris monotone, pourraient recevoir des bacs. Jacques Fortin. Les deux avaient déjà fait connaissance sept mois auparavant lors de la Conférence étudiante de Recherche en Gestion (CERG) portant sur le développement durable, et à laquelle l’étudiante avait demandé à Monsieur Fortin de présider. Intéressée par l’idée de travailler avec le directeur du développement durable dans le contexte d’un projet formateur, Émilie Nollet demande à Jacques Fortin si elle peut participer à un projet sous sa supervision. Étant donné son bagage de géographe, ses capacités dans l’organisation de projets de longue haleine et l’accroissement de son intérêt pour la Début d’une ébauche de l’agriculture urbaine à permaculture, Émilie Nollet se présente comme une candidate idéale HEC Montréal pour la rédaction du projet d’agriculture urbaine à l’École. Bien que d’autres universités aient déjà entrepris des projets Renaissance d’une idée d’un toit vert Il faut attendre une dizaine d’années avant qu’un projet abordant l’idée d’un toit vert refasse surface. Deux étudiants au D.E.S.S. en développement durable décident de participer à un concours où ils soumettent l’idée d’utiliser la rénovation du pavillon Decelles comme tremplin pour créer un toit vert. La Direction du développement durable de l’école s’intéresse au projet et décide de mettre l’idée de l’avant.

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La participation de Ian Choquette Lors d’une formation au Jardin Botanique de Montréal, Émilie Nollet fait la rencontre de Ian Choquette, jardinier à HEC Montréal. Ce dernier se joint à l’équipe de la Direction du développement durable lors des visites de toits verts et de projets d’agriculture urbaine ayant lieu en ville. Il apporte une expertise concrète s’avérant très précieuse lors de la conception du plan d’affaires, et permet d’évaluer le réalisme de certaines options quant aux questions d’entretien et de conditions de croissance. C’est à la fin du printemps 2012 que le plan est finalisé. Le rôle de la Direction du développement durable Comme pour tout projet d’envergure, il faut un certain temps pour mettre le chantier en branle. La Direction du développement a à cœur de mener le projet à terme, et cela lui demande une compétence clé : la patience. Plusieurs parties prenantes doivent être consultées pour la réalisation des projets d’agriculture urbaine proposés dans le plan d’affaires. La Direction doit ainsi obtenir l’appui de la Direction des immeubles, du directeur de l’école, de l’administration du HEC, des étudiants ainsi que du personnel impliqué dans le projet. Le rôle des étudiants de HEC Montréal Quel est notre rôle en tant qu’étudiants dans projet de toit vert et d’agriculture urbaine? Pour tout type de projet de cette ampleur, les étudiants de HEC ont une incidence importante à différents niveaux. D’emblée, nous sommes source de nouvelles idées, la preuve étant que deux étudiants aient ramené à l’avant l’idée de toit vert. Deuxièmement, nous pouvons participer à la mise en œuvre des projets. Il ne s’agit pas d’une tâche prise en charge exclusivement par des gestionnaires de l’école : nous sommes une partie prenante importante, et nos idées combinées à notre dynamisme sont bénéfiques à l’avancement de la créativité à l’École. Finalement, nous avons un pouvoir d’influence important. Que ce soit en participant, en parlant ou même en demandant, l’influence que nous avons pour la réalisation (ou non-réalisation) de projets est sous-estimée. Pour ce qui est du projet de toit vert et d’agriculture urbaine, à nous de choisir notre position : attendre l’avancement du projet ou nous lever en demandant que le projet avance et ne retombe pas encore une fois dans l’oubli. À nous de choisir...


L’INTÉRÊT SPORTIF// clément vaillant

clement.vaillant@hec.ca

L’impact

dynamite la mls!

Le 1er janvier 2012, le onze Montréalais devenait officiellement une franchise de la Major League Soccer (MLS). Alors que la saison régulière s’est clôturée le week-end dernier, il est l’heure de dresser un bilan de cette première saison dans l’élite du soccer nord-américain. Quarante millions de dollars, c’est la somme déboursée par Joey Saputo, propriétaire de l’Impact pour obtenir la 19e franchise de MLS. Une somme colossale! Mais rien n’est trop beau pour l’Impact qui va souffler ses 20 bougies au mois de décembre.

Sur le terrain, le onze montréalais a montré de très belles choses en attaque. L’Impact a d’ailleurs terminé la saison régulière avec la 3e meilleure force offensive de la conférence Est. Mais la défense prend l’eau. Avec une moyenne de 1,6 but encaissé par match, le coach Jesse Marsch devra trouver des solutions pour régler ces problèmes défensifs la saison prochaine. Globalement, l’Impact a réalisé une très bonne première saison. Avec 12 victoires, l’Impact a d’ailleurs failli se qualifier pour les play-offs! À l’issue de la saison régulière, l’Impact pointait finalement à la 7e place de la conférence Est.

La saison du changement Un nouveau stade, le stade Saputo en service depuis 2008, a été conçu spécifiquement pour accueillir la jeune équipe. D’une capacité de 20 000 places, le stade a été bien rempli tout au long de l’année. Et il n’est pas rare que l’Impact joue à guichets fermés. L’ambiance est assurée par les groupes de supporters. Certains d’entre eux ont Saputo, le magicien été créés à l’occasion des débuts du club en MLS. Joey Saputo a réussi à fonder en moins de deux ans une franchise stable. L’homme d’affaires de 47 ans, qui a fait fortune dans Sur le plan sportif, le recrutement a été adapté au jeu physique l’industrie alimentaire, a investi au total plus de 85 millions de pratiqué dans la plus haute ligue de soccer en Amérique du Nord. dollars en trois ans. Mais aujourd’hui, il se retrouve face à un défi : Hassoun Camara, Matteo Ferrari et Davy Arnaud font partie de ces rendre une franchise de soccer rentable au Canada. En 2012, la MLS recrues qui forment le noyau dur de l’équipe. Mais les deux nouvelles génère dix fois moins de revenus que la LNH. S’il réussit son pari, le stars de l’équipe se nomment Marco Di Vaio et Alessandro Nesta, Québécois aura prouvé que le soccer peut s’implanter au Canada. anciens membres de la Squadra Azzurra. Ils conseillent les jeunes et Remplir un stade de 20 000 places dans une ville acquise au hockey apportent une nouvelle vision du jeu à l’équipe. était un véritable défi. Le club de soccer montréalais a donc impressionné sur tous les tableaux pour sa

LES CARABINS

À COURT DE MUNITIONS Nous sommes le marc jullien samedi 3 novembre  : marc.jullien@hec.ca les Carabins affrontent l’Université de Sherbrooke en demi-finale régionale de football. Les Bleus affichent un statut de favori après avoir terrassé Mc Gill 44-0 et battu les Sangs et Or de Laval, tenant du titre, 23-20. Si l’année dernière, avec l’arrivée de nouveaux joueurs, était une année de transition, l’équipe semble cette fois bien rodée et capable d’enfin battre les Verts et Or de Sherbrooke, leurs bourreaux depuis deux ans.

Le CEPSUM ou le moteur gelé Le stade du CEPSUM, d’habitude rempli et bruyant, semblait étrangement calme au début du match : on se serait plus cru au Second Cup qu’à la Maisonnée. Il faut dire que seuls les plus courageux se sont déplacés, et pour cause : payer pour une douche de 4  h dans une chambre froide à deux degrés, on aurait préféré un chocolat chaud aux bières. Cependant, ce match est à élimination directe : l’enjeu est important et le stade est, tout de même, loin d’être vide.

première saison. L’Impact devra désormais se frayer un chemin entre les Canadiens et les Alouettes pour poursuivre son développement. Vers un développement du soccer au Canada Aujourd’hui, trois formations canadiennes évoluent en MLS  : Montréal, Vancouver et Toronto. À l’avenir, ce nombre devrait augmenter. Mais la création de nouvelles franchises MLS au Canada n’est pas pour tout de suite. Don Garber, le président de la Major League Soccer a récemment indiqué qu’il y avait suffisamment d’équipes au Canada pour le moment. Une chose est sure : créer de nouvelles franchises au Canada pourrait représenter une très belle aubaine. Selon un article publié en 2008 dans le magazine Forbes, le Toronto FC a réalisé un bénéfice de 2,1 millions de dollars en 2007, lors de sa première année en MLS. L’Impact a également impressionné en réalisant un record d’affluence pour un match de soccer au Canada avec 60  860 spectateurs au Stade olympique, le 12 mai dernier lors de la rencontre face aux Los Angeles Galaxy de David Beckham. Preuve que le soccer a sa place au pays de la feuille d’érable. Bleus prennent peu à peu l’avantage au score et l’on se dit que la machine est lancée, menant même 24-7 à la fin de cette période.

La sortie de route Malgré le score peu flatteur, les supporters de Sherbrooke faisaient encore beaucoup de bruit à l’image du trompettiste amateur assis derrière moi qui tentait de jouer la musique du stade à chaque arrêt de jeu. Mes voisins désertent alors le stade avec la bâche sur laquelle j’étais assis pour me protéger de la banquette trempée. À l’image de mon jean, les Carabins prennent alors l’eau! Louis Armstrong en arrière-plan redouble d’intensité pour la scène finale et comme dans Un démarrage diesel un vieux film d’action, le héros longtemps mal en point se relève, Surement à cause du froid, les deux équipes mettent du temps à avec quelques coups bien placés retourne totalement la situation et chauffer le moteur et le premier quart temps ressemble plus à une achève l’adversaire par K.O. : 42-24. période de rodage qu’à un réel affrontement. Trois demi-finales régionales d’affilée face à Sherbrooke pour trois Lors du deuxième quart temps et une bonne partie du troisième, les défaites : « C’est un troisième essai raté : CA-RA-BIIIIIIIINS!! » VOLUME 57, NUMÉRO 05 // 15 novembre au 29 novembre 2012 // 015


Photos : AndrĂŠa Monguilod


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