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Volume 40, numéro 2 - octobre 2008

100 %

GÉOGRAPHIE

ÉDITION ENVIRONNEMENT Erratum : François Gervais directeur général de l’Agral a bêtement supprimé le courriel contenant le texte ci-dessous. Il était supposé paraître dans l’édition de septembre. Je pense ici faire amende honorable. Un paiement unique en alternative à l’ASRA, une approche cohérente

UNE SAAC VERTE!

P.8

Le saule rieur (Salix viminalis) : une alternative ou une innovation?

P.21

Le saule est une plante comme les autres ou plutôt, devrais-je dire, était une plante comme les autres… Il sort grand champion de plusieurs catégories que vous allez voir dans l’article ci-joint. Cette plante est une grande source d’inspiration au niveau du développement durable.

En février dernier, lors du dépôt du rapport de la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois (CAAAQ), le Programme d’assurance stabilisation du revenu agricole (ASRA) fut passablement malmené. À un point tel que la Commission recommandait alors le remplacement de ce dernier par un régime de paiement unique à l’entreprise agricole. De plus, en réponse aux recommandations de la CAAAQ, le gouvernement du Québec explicitait en mars une nouvelle vision pour l’agriculture et l’agroalimentaire québécois. Ainsi, afin de répondre aux critiques faites envers l’ASRA et puisqu’une vision nouvelle venait d’être annoncée, un comité de révision fut mis sur pied afin de redéfinir ce programme d’assurance. Sachant que le comité en question débutera d’ici quelques semaines son travail de redéfinition, il apparaît pertinent de se demander si la solution préconisée par la CAAAQ permet de résoudre les problèmes de l’ASRA, tout en étant cohérente avec les nouvelles orientations que le MAPAQ veut donner à l’agriculture québécoise.

Le saule rieur est un arbuste de la famille des salicacées, sous le genre des saules. Les points que nous allons aborder sur les diverses fonctionnalités du saule… (suite p.11)

La principale critique veut que l’ASRA soit souvent décriée comme n’étant pas un programme universel. En effet, elle ne couvre pas l’ensemble des productions… (suite p.18)

HOMMAGE À L'ÂNE : UN ANIMAL SOUS-ESTIMÉ

QUI EST PAUL COMTOIS?

P.23

CHRONIQUE HOCKEY

P.29

PROCHAINE DATE DE TOMBÉE 3 NOVEMBRE, THÈME INTERNATIONAL


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François Gervais, directeur général

Vous l’attendiez avec impatience, le nouvel Agral qui intégrerait foresterie dans ses pages. Eh bien, détrompez-vous, ce n’est pas pour cette fois non plus, le trou noir du Comtois m’ayant encore volé du temps, rapetissant la trame temporelle, contractant l’espace-temps. Ce qui m’a empêché de faire de la publicité quant aux nouvelles possibilités offertes aux membres de la FFG. J’annonce cependant, en primeur, qu’en plus de foresterie, le représentant de géographie s’est montré intéressé à participer au projet, intégrant du coup les étudiants qu’il représentait. Nous voilà donc avec un Agral qui pourra, dès la prochaine version (et c’est vrai cette fois), publier les textes provenant de ces deux groupements étudiants. Et à ceux qui pourraient se dire : « Sapristi, encore plus de monde? Ça ne va pas nous enterrer? » Pour être franc, le dévoué directeur général de votre journal multifacultaire préféré n’a pas l’impression qu’il y a péril en la demeure. L’intégration de ces groupes étudiants (rappelons que la FFG en général est également invitée à participer, nous sommes un journal multi-facultaire et non seulement destiné aux étudiants) qui n’avaient pas de journal bien à eux me semble une excellente idée. Les enjeux qui nous concernent et qui nous tomberont sur la tête d’ici quelques années ne sont pas simples et requièrent une coopération, une entraide, un réseau de contacts et des connaissances qui ne relèvent assurément pas seulement des cours qu’on donne à la FSAA. Rappelez-vous vos cours portant sur la systémique et sur les problèmes complexes. Dans cet ordre d’idée, notre Agral ne fait qu’offrir une possibilité d’expression à des gens qui n’ont pas nécessairement le nombre d’étudiants requis pour soutenir un journal complet qui serait de la prestance de l’Agral (parce que l’Agral, il est génial). Également, notons que le projet en est à sa première tentative, nous aviserons en temps et lieux s’il y a à redire sur cet agrandissement. Et puis, après tout, qui ne risque rien n’a rien. Sautons du coq-à-l’âne et abordons le sujet qui nous était proposé cette fois-ci : l’environnement. Devenu un passeport pour quiconque désire

ÉDITION OCTOBRE 2008 Mot de l'Agral Mot du doyen Chronique de l'OAQ Éditorial DOSSIER ENVIRONNEMENT Une SAAC verte! Vos ordures demandées Le saule rieur (Salix viminalis) : une alternative ou une innovation? Faire notre part pour les algues bleues La chronique du BIC...« Parlons-en »

SOmmAIRe

Mot de l’Agral

Chronique 40e : Agent informateur Un paiement unique en alternative à l'ASRA, une approche cohérente? Hommage à l'âne : un animal sousestimé Qui est Paul Comtois? Un nouveau cours au Comtois? Le paradis perdu: découvrir l'Île d'Orléans l'automne L'Berger et ses moutons Chronique socioculturelle Zone Ludique Les Marie-Nades Chronique hockey Le courrier de la Rousse

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marquer des points dans l’esprit collectif, être un vert, un écolo, un « composteux » , un « laveux-de-pot-de-yogourt-qu’onn’envoie-pas-au-reclyclage-quand-c’est-sale-parce-que-ça-serecycle-pas-quand-c’est-sale » , être conscientisé écologiquement, dis-je, s’avère un atout pour quiconque veut faire sa marque dans l’industrie, le commerce, la politique, les mouvements sociaux, les causes à défendre, etc. Certains centres commerciaux ont des slogans qui frôlent même des paradoxes comme « La mode est au vert! Achetez vert! ». Allons donc! Ce n’est pas du dernier modèle de soulier dont on parle. Il ne s’agit pas de récupérer pour son compte une cause qui est « à la mode », il ne s’agit pas d’instrumentaliser une réelle nécessité et une volonté populaire pour se faire élire, pour vendre, pour faire parler de soi. Mais je vous laisse, chers collaborateurs, remettre les pendules à l’heure en ce qui concerne les enjeux sérieux de notre superbe planète bleue. Je vais, de mon côté, aller finir mon sac de croustilles en buvant du soda dans un verre en styromousse en me disant que je devrais peut-être aller voir de quoi ont l’air les nouveaux rabais de la promotion « Un arbre planté à chaque achat d’un VUS », parce que moi, j’aime ça jouer dans le trafic.

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Mot du doyen

www.mapaq.gouv.qc.ca www.mddep.gouv.qc.ca

Jean-Paul Laforest, doyen de la FSAA En 1987, la Commission mondiale sur l’environnement et le développement, présidée par Mme Gro Harlem Brundtland, publiait un rapport intitulé Notre avenir à tous, mieux connu sous le nom de Rapport Brundtland. Ce rapport présentait et définissait le concept de « développement durable » (sustainable development, en anglais) comme suit : « Le développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins du présent, sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». Le développement durable fait maintenant partie de notre vocabulaire courant et donne lieu à l’élaboration et l’adoption de politiques de développement durable aux échelles nationale, provinciale, municipale et même plus locales. Par exemple, l’Université Laval élabore présentement ce qui sera probablement la première politique de développement durable pour une université québécoise. L’Université Laval avait d’ailleurs été aussi la première université du Québec à se doter, en 1994, d’une politique environnementale. Dans la perception de la grande majorité des citoyens, développement durable et protection de l’environnement sont presque des synonymes. Ce n’est pourtant pas vraiment le cas, le concept de développement durable ne portant que partiellement sur l’aspect environnemental. En effet, le développement durable est un concept qui repose sur une définition de schémas viables conciliant trois aspects des activités humaines : les aspects économiques, sociaux et environnementaux. Plusieurs considèrent que la situation actuelle intenable, des pays industrialisés, origine d’un débalancement de ces trois aspects, en faveur des aspects économiques. D’emblée, il serait logique, en lien avec le concept, de vouloir mettre en place une situation d’équité dans les préoccupations apportées à chacun des aspects. Toutefois, le développement durable ne doit pas être vu comme un état statique d’équilibre entre les trois aspects, mais comme un processus en constante évolu-

tion permettant d’assurer des choix et orientations qui sont aussi cohérents pour le présent que pour le futur. Dans le cadre de cette évolution dynamique, il est alors possible d’expliquer que, pour le moment et pour compenser l’emphase qui avait été mise sur l’aspect économique, un accent doit être mis sur les aspects environnementaux et sociaux. Cependant, le concept de développement durable suppose aussi qu’il ne faudrait pas que les aspects environnementaux en viennent à masquer les aspects économiques ou sociaux. On ne ferait alors que remplacer certains types de problèmes par d’autres types de problèmes, auxquels devront faire face les générations futures. Le développement durable, c’est la recherche d’un équilibre qui n’est pas nécessairement évident à atteindre, d’autant plus qu’il est dynamique dans le temps. Le gouvernement du Québec adoptait le 13 avril 2006, la Loi sur le développement durable. Cette loi vise l’ensemble de la fonction publique, incluant évidemment le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), le ministère de la Santé et des Services Sociaux (MSSS), ainsi que le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), qui nous touchent peutêtre de plus près. Dans la loi, on retrouve 16 principes de développement durable, notamment « santé et qualité de vie », « efficacité économique », « précaution » et « pollueur payeur », pour n’en citer que quelques-uns. Chaque ministère et organisme gouvernemental doit élaborer un plan d’action et présenter des rapports d’activités pour indiquer les moyens retenus pour atteindre les objectifs de la stratégie gouvernementale de développement et faire part de l’état d’avancement des travaux visant à l’atteinte de ces objectifs. Le MAPAQ n’a pas encore présenté de plan d’action en regard du développement durable, mais devrait le faire sous peu (pour le moment, le printemps 2009 est visé). Néanmoins, plusieurs politiques et programmes du MAPAQ découlent directement des préoccupations gouvernementales pour le développement durable. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la Loi sur le développement durable et autres informations pertinentes aux sites suivants : www.mddep.gouv.qc.ca/developpement/ loi.htm

Comme mentionné précédemment, l’Université Laval désire concrétiser l’importance qu’elle accorde au développement durable par une Politique de développement durable. En ce moment, les consultations par rapport à un premier document présenté par la direction de l’Université vont bon train. Elle devrait être adoptée incessamment. Pour le moment, les objectifs de la Politique sont, en gros (adapté de la version du 30 mai 2008 du document institutionnel de consultation) : D’assurer la cohérence et l’efficacité des actions institutionnelles mises en place en matière de développement durable; De susciter, auprès des membres de la communauté universitaire, une adhésion envers les valeurs du développement durable; De solliciter l’esprit créatif des membres de la communauté universitaire afin qu’il se traduise par des réalisations durables dans les diverses activités de l’Université; D’apporter une contribution aux solutions des problématiques de développement durable de la société; De guider l’Université dans ses choix d’actions pour la réalisation de sa stratégie de développement durable. Les axes d’intervention qui ont été ciblés sont : L’intégration du développement durable dans les orientations institutionnelles; L’engagement collectif et individuel des membres de l’Université en matière de développement durable; La prise en compte des enjeux sociaux du développement durable dans les opérations de l’Université; La prise en compte des enjeux économiques du développement durable dans les opérations de l’Université; La prise en compte des enjeux environnementaux du développement durable dans les opérations de l’Université. Il est possible que des modifications soient apportées à certains des éléments mentionnés précédemment, suite aux consultations. Néanmoins, les changements devraient être relativement mineurs et les objectifs et axes maintenus tels quels, à peu de choses près. L’adoption de cette politique sera suivie d’un plan d’action, accompagné d’indicateurs de performances et de mécanismes de reddition de comptes. Une belle première universitaire en perspective.

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Avenir et boule de cristal Chronique de l’OAQ

En ce mois de l’Halloween, sorcières et fantômes sillonnent les rues. La diseuse de bonne aventure a sorti sa boule de cristal dans laquelle se lit l’avenir des étudiants de la FSAA. Dans quelques années tout ce qui suit pourrait devenir « votre » réalité. Futurs membres de l’OAQ, cet article est pour vous.

de section (il existe 11 sections régionales de l’OAQ, qui toutes ont un conseil administratif composé d’environ 6 à 11 agronomes), soit en participant aux activités préparées pour les membres, soit en faisant partie du conseil de section. Les sections régionales ont la responsabilité d’organiser des activités qui répondent aux besoins immédiats de leurs membres. Par Membres actifs de l’OAQ exemple, elles peuvent organiser des Pour accomplir la mission de l’OAQ, séances d’information, tels que des soit de protéger le public, zombies et dîners-causeries, des conférences sur momies ne sont d’aucun secours. Ce des sujets d’intérêt commun, des sont les agronomes qui sont mis à visites d’entreprises reliées de près contribution. Si vous aimez vous imou de loin à l’agriculture, etc. Aussi, pliquer dans les activités universitaires ce sont les et para-universitaires, vous pourrez sections qui faire de même à l’OAQ. Plusieurs agrocontribuent le nomes bénévoles y sont en effet actifs plus à maintenir pour plusieurs bonnes raisons. les liens entre les membres d’une Être membre, c’est plus que le monmême région en tant à payer pour la cotisation annuelle, c’est organisant des activila possibilité de participer de façon active tés à caractère plus aux activités réservées exclusivement aux social, comme par agronomes et de participer à différents co- exemple la partie de mités. Vous voulez contribuer à faire une golf annuelle et les soirées vins-fromages. différence dans votre monde professionnel? Ces activités permettent aux agronomes Pas besoin d’avoir accumulé plud’une même région de mieux se Vous poursieurs années d’expérience, jeunes et connaître, d’échanger et de former riez être moins jeunes se côtoient par le biais un réseau de contact intéressant. ici de différents comités qui se réunissent de Ensuite, en acfaçon régulière Pourquoi pas quérant plus Ou encore ou occasionnelle d’expérience ici? ici? pour discuter sur des sujets des orientaparticuliers, tions les de Y a de la Vous pourPourquoi pas Vous préférez la place riez être là? ici? ici

On est bien ici

ici

Ici c’est le meilleur emploi du monde

Ça va bientôt être libre ici

profession tout comme des enjeux du monde de l’agroalimentaire. Discuter pour discuter? Non! Les comités de l’OAQ sont mis en place pour conseiller les administrateurs à propos des décisions à prendre qui affecteront tous les agronomes. Où se retrouvent les agronomes bénévoles dans la structure de l’OAQ? Tout d’abord, les nouveaux agronomes peuvent s’impliquer au sein de leur conseil

Ça vous plairait ici?

Ici c’est génial

C’est libre ici

agronomes peuvent faire partie de comités ad hoc portant sur des sujets précis. Les comités ad hoc ne sont pas permanents au sein de l’OAQ, mais sont plutôt mis sur pied à des fins spécifiques et sont souvent dissolus une fois leur tâche complétée. Les sujets scientifiques ou d’actualité vous intéressent? Vous garderez donc l’œil ouvert pour avoir la chance de participer à un comité ad hoc tel que celui qui organisera un colloque sur les OGM à l’automne prochain, ou encore l’un

des comités des conférences reliées aux congrès annuels de l’Ordre. Les pratiques agroenvironnementales vous tiennent particulièrement à cœur? Un comité ad hoc comme celui sur les pratiques agronomiques en fertilisation organique vous interpellera peut-être. Ce sont les communications qui vous passionnent? Pourquoi ne pas faire partie du comité ad hoc des communications? Il y en a pour tous les goûts! Les interventions des agronomes qui participent à ces comités font en sorte que l’OAQ évolue et peut se faire entendre sur des sujets chauds de l’actualité.

Ou encore, selon votre expérience, les comités plus permanents de l’OAQ pourraient attirer votre attention : le comité d’inspection professionnelle, le comité de discipline, le comité de formation des agronomes, ceux de l’admission, des équivalences et de la formation continue, etc. La liste est longue et les intérêts diversifiés! Tous les comités de l’Ordre ont des rôles spécifiques et œuvrent à la valorisation de la profession, à la surveillance et au développement d’outils pour aider les membres et futurs membres dans l’exercice de leurs fonctions. Qui sait? Si le poste de présidente ou de président de votre conseil de section régional viendrait à se retrouver dans votre C.V., vous feriez aussi partie du conseil d’administration de l’Ordre et peut-être aussi du comité exécutif. Et… à quand la présidence de l’OAQ?? En visitant le site Web de l’OAQ à l’adresse www.oaq.qc.ca (sous l’onglet : L’Ordre) vous trouverez plus d’information sur la structure de l’Ordre des agronomes du Québec et les règlements qui le régissent. Vous y verrez ce que l’avenir pourrait vous réserver au sein de votre futur ordre professionnel!

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ÉDITORIAL Sauvons les abeilles! Marc-Antoine Beaulieu, étudiant en agronomie et rédacteur en chef pour l’Agral « Si l'abeille venait à disparaître de la surface du globe, l'homme n'aurait plus que cinq années à vivre ». Cette citation frappante est attribuée à Albert Einstein. À première vue, il semble farfelu de croire que la survie de l’humanité passe par celle des abeilles, mais détrompez-vous! Cet insecte, de l’ordre des hyménoptères, contribue grandement à remplir notre assiette. L’abeille domestique (Apis mellifera) butine de fleur en fleur en quête de sa pitance, le pollen et le nectar. Le nectar sert à produire le miel. Une partie du pollen accu-

mulé sur ses pattes va servir à féconder d’autres fleurs permettant ainsi le développement d’un fruit. D’ailleurs, ce pollinisateur joue un rôle majeur dans le maintien de la diversité génétique. En tout, 75 % des fruits et des légumes cultivés dans le monde bénéficient de la pollinisation par les animaux, principalement des insectes. Or, les populations mondiales de pollinisateurs sont en déclin partout dans le monde. Les abeilles domestiques ne font pas exception. Au Québec, l’apiculture est un secteur souvent négligé à tort en raison des faibles revenus générés par rapport à d’autres productions, surtout animales et céréalières. En plus de la production de miel, les apiculteurs québécois louent

leurs ruches aux producteurs de petits fruits et aux propriétaires de vergers. Ces cultures dépendent de la pollinisation et seules les abeilles domestiques peuvent assumer ce rôle sur des superficies aussi importantes. Si le déclin des colonies d’abeilles s’accentue dans les prochaines années, il est possible de s’attendre à une baisse de la production de fruits. Or, beaucoup d’autres végétaux dépendent de la pollinisation par les insectes pour fructifier. Le rôle des abeilles est essentiel pour garantir la sécurité alimentaire mondiale. Si rien n’est entrepris prochainement pour remédier à cette situation, il faudra prévoir débourser plus pour se procurer un volume de nourriture moindre. Bien sûr, l’agriculture ne s’effondrera pas advenant la disparition massive des pollinisateurs. Il est néanmoins possible de prévoir une baisse importante de l’offre alimentaire mondiale pouvant conduire à des pénuries, voire des famines, dans plusieurs pays. Les premières régions touchées seront celles où la souveraineté alimentaire n’est pas acquise, comme au Canada. Ce mal dont les abeilles souffrent est encore peu compris. Les scientifiques le nomment le Syndrome de l’effondrement des colonies d’abeilles (de l’anglais Colony collapse disorder). Cette expression assez imprécise montre à quel point la méconnaissance du problème est flagrante. Pourtant, il est majeur. Le taux de

mortalité augmente continuellement depuis le milieu des années 1980. Plusieurs hypothèses ont été émises pour tenter d’expliquer ce phénomène. Parmi celles-ci, les pesticides, les parasites, les conditions météorologiques, la culture d’organismes génétiquement modifiés (OGM) et le stress associé au déplacement des ruches d’un champ à l’autre sont les plus plausibles. Or, comme peu d’études ont été menées sur le sujet, il devient difficile d’établir des liens de causes à effets. Néanmoins, il semble évident que le problème s’explique par un ensemble de facteurs. Force est d’admettre que les abeilles représentent un indicateur de l’état de l’environnement dans lequel nous vivons. En ce qui a trait à la volonté politique, il faut dire que l’environnement n’est pas un sujet prioritaire. La crise économique qui sévit aux États-Unis est préoccupante, mais les questions environnementales doivent être considérées avec plus d’attention. Les élections fédérales viennent d’avoir lieu. Pendant la campagne électorale, le mot environnement n’a pas été prononcé très souvent. Il est vrai qu’il n’est pas à l’avantage de Stephen Harper de s’avancer sur ce sujet. D’ailleurs, un économiste de formation, tel Harper, apposant des chiffres tous azimuts n’est pas à même de saisir l’importance de ces enjeux cruciaux pour garantir un avenir aux générations futures. Pourtant, la communauté scientifique sonne l’alarme. Alors, qu’attendent les politiciens pour débloquer des fonds afin de comprendre ce phénomène?

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Une SAAC verte!

Valérie Goulet Beaulieu, étudiante en sciences et technologies des aliments et assistante aux communications SAAC 2009 L’environnement, quel thème d’actualité! Certains prennent la chose très au sérieux, d’autres, de manière plus légère. Les inquiétudes fusent de tous les côtés : réchauffement planétaire, OGM, algues bleues, grippe aviaire... mais où donc s’arrête la notion d’environnement? Que faitesvous pour le préserver? Doit-on vraiment s’en faire? Et si c’était ça, l’évolution? Eh non, mon texte ne sera pas à saveur philoanthropothéologique, quoique cela m’apparaîtrait quand même sympathique. Il traitera plutôt des différents gestes, aussi petits soient-ils, qu’il est possible de poser afin de donner quelques années de vie de plus à notre planète.

fonction « recto-verso » de notre imprimante, si âgée soit-elle. Si, par malheur, nous imprimons seulement au recto et que, par double malheur, nous ne désirons plus de cette impression, alors la feuille se retrouve dans le bac « papier brouillon ». Le fonctionnement du bac « papier brouillon » est fort simple. En effet, ce bac regroupe une multitude de feuilles volantes, impri-

jours possible de se tourner vers l’autobus, quoique beaucoup moins convivial. Dans la même branche des « petits gestes », je cite l’impression de notre pochette promotionnelle sur du papier recyclé et l’utilisation de vaisselle réutilisable lors du méchoui (vs vaisselle à utilisation unique).

L’objectif ultime de cet article étant la promotion de la SAAC (Semaine de l’agriculture, de l’alimentation et de la consommation, domiciliée au 0114 du Comtois), j’ai sondé mes différents collègues « saac-iens » afin de savoir ce qu’ils faisaient pour l’environnement dans le cadre de leurs fonctions à la SAAC. Quelle ne fut pas ma joie de réaliser que, tous, à la SAAC, sont préoccupés par les questions environnementales. Tout d’abord, nous valorisons le recyclage, tant au bureau qu’au salon. J’en conviens, cela n’a rien d’exceptionnel ou d’innovateur (eh oui, l’innovation est le thème de la SAAC de cette année!). Par contre, là où l’innovation se fait sentir (entremêlée d’une grande motivation), c’est dans le fait que ExpoCité (au Centre de foires, là où aura lieu le salon les 16, 17 et 18 janvier prochains) ne dispose d’aucune installation pour le recyclage! Alors, la méthode est simple, nous rapportons tous les sacs de recyclage à l’Université afin qu’ils soient dirigés vers des industries de recyclage. Avouez que ça a un petit je-ne-sais-quoi qui fait chaud au cœur! Attendez, ne vous emportez pas trop rapidement, d’autres initiatives complètement saugrenues suivront. Dans un grand souci de réduire la quantité de papier utilisé, nous utilisons allégrement la

mées au recto seulement, auxquelles nous donnons une deuxième vie. Chaque petite feuille aura la chance d’être utilisée à son plein potentiel, c’est-à-dire des deux côtés! Le verso d’une feuille brouillon possède de nombreuses fonctions, notamment pour la prise de notes lors des réunions ou tout simplement pour griffonner en parlant au téléphone. Autre petit geste, mais combien apprécié, tant de la part de l’environnement que des étudiants : le système de navette-covoiturage pour se rendre au salon en janvier! Encore ici, le principe est simple. Partant du fait qu’une voiture possède en moyenne quatre espaces pour les passagers, il semble tout à fait naturel de remplir chaque espace par un être humain. Si tous les espaces sont pris, alors il est tou-

Au salon, côté jardin, plusieurs matériaux sont réutilisés d’année en année, notamment les pots pour les plantes et les cassettes multicellules (la STA-ienne en moi se demande ce qu’est une cassette multicellule... merci à mes amis d’agro qui sauront m’éclairer... je vous en apprendrai plus sur le tween en échange...). De plus, notre équipe technique réutilise les clous et les planches de bois. J’ai même entendu dire que lorsque les clous étaient trop croches pour être réutilisés, ceux-ci se retrouvaient au « vieux fer » (i.e. chez un ferrailleur). L’utilisation est vraiment maximale... Trêve d’écriture environnementale, laissez-moi vous mettre en haleine au sujet de la prochaine activité de la SAAC, le Saloon de la SAAC, qui aura lieu le 20 novembre prochain et qui remplacera le traditionnel Cabaret. Voici trois indices : 1. taureau 2. lasso 3. plaisir. Avez-vous une idée de l’activité? Venez nous voir au 0114 pour en savoir plus... Et qui sait, par la même occasion, peut-être serez-vous tenté de vous inscrire pour participer à un kiosque lors du salon!

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Vos ordures demandées Kévin Richard, étudiant en agroéconomie

Quand on vous parle d’une usine munie d’un digesteur anaérobique, cela vous dit quelque chose? Eh bien, une usine de compostage de la région de Québec commencera bientôt à composter des restes de table. Une réalisation au coût de 35 millions de dollars permettra de transformer vos déchets en énergie. Ces technologies qui transforment des pro-

C’est 30 à 50 % de nos déchets qui sont compostables.

duits en énergie sont de plus en plus nombreuses. Que se soit avec des couches souillées, des résidus de bois ou du fumier, utiliser des restes de table pour produire de l'énergie n'est pas un projet farfelu. Quand ces déchets sont recueillis et transformés, à l'aide d'un digesteur, ils génèrent du compost qui donne du méthane (gaz naturel). Celui-ci est ensuite brûlé et transformé en énergie, ce qui produit environ 80 % moins de gaz à effet de serre que la décomposition. Car encore aujourd’hui, même si l’on retrouve des collectes de matières recyclables

et compostables dans les villes, plus de 50 % des gens n’ont pas le souci d’y participer. Donc, dans un banal sac d’ordures, le tiers est composé de déchets de table. Voilà qui regorge d’un potentiel d’énergie certain! Bien entendu, l’idéal serait qu’il n’y ait pas de résidus compostables dans nos poubelles, mais pour le moment, il s’agit là d’une solution intéressante. Et croyezmoi, ce ne sera pas demain que nous ne produirons plus de déchets dans notre société de consommation.

Bourse La Terre de chez nous pour étudiants-journalistes de l’Agral Montant (au choix du récipiendaire) : 1) 500 $ + stage d’une ou 2 semaines à La Terre de chez nous; 1 abonnement d’un an à La Terre de chez nous. 2) 700 $ (sans stage); 1 abonnement d’un an à La Terre de chez nous. Conditions d’admissibilité : - être étudiant au baccalauréat à la FSAA. Critères: publication d’un article spécialisé dans le domaine de l’agriculture dont le sujet bien cerné intéressera un large public (vulgarisation); 500 à 2000 mots. Un comité sélectionnera les meilleurs articles des 6 premiers numéros de l’AGRAL (septembre 2008 à février 2009) et les soumettra au donateur qui déterminera le récipiendaire. Cette bourse sera remise, par le donateur, à la cérémonie de remise des bourses d’excellence et d’implication qui aura lieu le 3 avril 2009. L’Agral, journal des étudiantes et étudiants en agriculture, alimentation, consommation, foresterie et géographie

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Le saule rieur (Salix viminalis) : une alternative ou une innovation? Par Jessy Caron, étudiant en agronomie Le saule est une plante comme les autres ou plutôt, devrais-je dire, était une plante comme les autres… Il sort grand champion de plusieurs catégories que vous allez voir dans l’article ci-joint. Cette plante est une grande source d’inspiration au niveau du développement durable. Le saule rieur est un arbuste de la famille des salicacées, sous le genre des saules. Les points que nous allons aborder sur les diverses fonctionnalités du saule traiteront de ses propriétés en tant que : - Mur végétal et antibruit -Décontaminant des métaux lourds présents dans le sol - Producteur d’électricité - Producteur de bois - Capteur de CO2

La recette gagnante se résume ainsi : au niveau de la préparation, on prévoit environ 3 jours à 4 hommes pour construire un mur végétal de 30 m de long ayant des capacités insonores. Tout d’abord, on utilise des tiges de saule de 4 m de longueur. On effectue une première rangée de plantation en insérant des tiges d’un mètre dans le sol. Ensuite, on remplit le centre avec de la terre afin de créer une barrière physique. La terre est un très bon isolant. On recouvre l’autre côté avec des tiges semblables au premier bord. Quatre mois plus tard, les résultats sont concluants. On a débuté avec des tiges nues et on se retrouve avec une masse racinaire importante et une pousse annuelle d’environ 2 m. Les racines permettent aux saules d’être fixés bien en place et permettent aussi à la structure d’être stable; autrement dit, de stabiliser la butte de terre centrale qui joue le rôle insonorisant.

Photo : Jessy Caron

Les murs végétaux et antibruits Le long des autoroutes, il y a énormément de trafic automobile. C’est pourquoi l’installation de murs bétonnés et cimentés est extrêmement utilisée aux abords des routes afin de limiter l’exposition à tous ces bruits de moteurs, de crissement de pneus, etc. Ces structures de béton sont assez froides, tant au niveau des matériaux qu’au niveau esthétique. À SaintDe plus en plus, Bruno-de-Montarville, nous verrons de ces la route 116 a fait l’exmurs border nos périmentation d’une Le saule est une plante très malléable, autoroutes car les toute nouvelle appro- qui se tresse bien afin de donner un de- expériences effecsign quelconque selon l’aspect ou la tuées à Saint-Bruno che : un mur végétal forme du jardin emprunté antibruit de 30 m de sont concluantes. long. Et quand on parle de végétation, on Depuis, on ne cesse d’en construire, princine parle pas de n’importe quoi. On a un palement dans la région de Montréal. On certain standard de qualité recherché tel peut d’ailleurs en apercevoir dans les arronque la résistance aux hivers québécois (ma dissements de Boisbriand et de Laval. Cette foi très nordiques en ce qui concerne le approche est totalement écologique et se Québec avec des précipitations de plus de traduit comme étant une innovation verte 550 cm de neige à l’hiver 2007-2008), la dans le domaine de l’ingénierie, au niveau croissance rapide et vigoureuse et le déve- des infrastructures urbaines. Voilà un bel loppement d’un système radiculaire intense. exemple de prise de conscience grandissante Et parmi tous ces critères, on a trouvé une chez les écologistes du XXIe siècle. variété qui semble être à la hauteur de toutes les attentes: le Salix viminalis, alias saule Il est à noter que, depuis mai 2005, un mur rieur, sort grand champion. Pour la caracté- végétal de 115 mètres de long borde le bouristique antibruit, le tout se joue au niveau levard Pie IX. Ce mur longe une partie du de la construction. On n’a pas simplement terrain du Jardin botanique de Montréal. Il planté une rangée de saule comme ça, au démontre à tous ses visiteurs qu’il est possihasard, le long de l’autoroute… ble d’avoir un mur végétal intéressant aux

allures naturelles en milieu urbain et résistant non seulement à la pollution et à la contamination des sols, mais aussi aux graffitis. Décontamination des sols Plusieurs sites sont pollués, et ce, en majeure partie à cause des êtres humains. Ne serait-il pas normal que ceux-ci fassent des efforts considérables quant à la décontamination de ces derniers? Il existe plusieurs types de pollution. On peut parler de pollution sonore, odorante ou visuelle… Dans ce cas-ci, on parle d’un certain type de pollution chimique. Invisible à l’œil nu, mais pouvant cependant présenter certains symptômes précurseurs, cette pollution se traduit par une contamination des sols par la présence de métaux lourds. On peut régler ce problème grâce à deux techniques totalement à l’opposé l’une de l’autre. La première semble être la plus utilisée par tous et chacun pour une seule raison : elle est rapide et profitable pour certaines entreprises, mais pas plus écologique pour autant. À l’aide de machinerie, on excave une certaine quantité de sol pour ensuite aller le déverser dans un site d’enfouissement. On remplit par la suite avec du matériel non contaminé, soit un « top soil » en vrac. N’est-ce pas là une approche totalement irraisonnée pour la régénération d’un sol que l’on veut acceptable sans engendrer plusieurs impacts négatifs au niveau de l’environnement? En plus d’enfouir ce sol constitué en partie de métaux lourds, on pollue l’atmosphère en transportant le sol contaminé pour ensuite transporter le nouveau sol à l’aide de camions qui consomment de l’essence, essence qui provient elle-même de citernes qui ont pollué pour arriver à destination, etc. De plus, ce sol contaminé ira contaminer un autre site, sur la même planète. C'est-à-dire qu’au lieu de régler le problème, on l’a mis de côté pour quelques années et ce sera aux nouvelles générations de s’arranger avec. Ne serait-il pas plus simple d’opter pour la solution numéro deux? L’implantation de végétaux afin de décontaminer les sols gavés de métaux lourds pourrait entre autres régler les problèmes ci-dessus par une absorption de ces métaux dans les tissus végétaux des

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saules, pour ensuite être brûlés. Il y a une différence entre l’enfouissement de quelques grammes de cendre et quelques tonnes de matériel… Bref, on redonne à la terre ce qu’on lui doit, pas les problèmes qu’on lui a créés. Mais, il y a une raison pour laquelle ce procédé soi-disant intelligent et totalement responsable de l’impact environnemental n’est pas souvent utilisé par les gros fonctionnaires de l’industrie. Un site prend entre 15 et 20 ans à se décontaminer. Imaginez la perte économique engendrée pour les propriétaires d’entreprise. Et ce n’est pas tout, l’utilisation de machinerie et de main-d’œuvre fait rouler l’économie. Quand on dit qu’économie ne rime pas avec environnement… Pourtant, l’utilisation de végétaux pour décontaminer les anciens sites pollués aux métaux lourds est une manière simple, efficace et abordable de régénérer le sol. La surexploitation des milieux par les multiples industries insensibles à l’environnement et leur insouciance écologique ont eu de graves répercussions avec les années et c’est de nos jours que nous nous y attardons le plus. Bref, c’est nous qui payons le prix pour leur connerie, et le lourd fardeau. Regardez la dette du Canada, vous allez comprendre. Une évaluation avant et après a démontré que le Salix peut absorber de 10 à 100 fois la quantité de plomb, de zinc et de nickel qu’une plante herbacée, telle la moutarde, peut le faire. On ne parle pas ici d’une vivace, mais bien d’un arbuste, ce qui en fait une petite usine végétale de décontamination grandement suffisante en raison de la grosseur de son système vasculaire. Le saule subit présentement des tests de décontamination sur les berges du canal Lachine, à Montréal. Ce sol a été contaminé par une ancienne usine qui apparemment, semble n’avoir laissé aucune trace… Mais pour l’environnement, c’est

une toute une autre histoire. Ensuite, une fois la croissance terminée, on brûle ces arbustes pour retourner à la terre ce qui lui appartient (carbone). Il existe plusieurs autres types de végétaux utilisés pour la décontamination. Ceux-ci sont cependant utilisés pour les milieux humides. On parle ici principalement de Phragmites australis, de Typha latifolia, d’Iris versicolor et de Lemna minor. La production d’électricité Ici, au Québec, on peut jouir de nos ressources naturelles par notre autosuffisance électrique. Avec les cours d’eau, on a inondé certains endroits pour créer, à l’aide d’une rivière, un débit important qui, en faisant tourner des turbines, produit de l’électricité. On appelle cela de l’hydroélectricité. Cette façon de faire détruit plusieurs écosystèmes en inondant des milieux naturels. On limite ainsi les habitats naturels de la faune indigène pour des animaux tels que les reptiles, les amphibiens, les oiseaux, les mammifères… Les barrages hydroélectriques sont également des installations extrêmement coûteuses. Voici une méthode née en Suède, mais qui est en train de gagner l’Europe entière, étant

donné que les cours d’eau à fort débit ne sont pas aussi abondants qu’ici, au Québec. On opte plutôt pour une méthode de fabrication de l’électricité nécessitant moins de frais et générant moins de pollution et moins de destruction des milieux naturels.

On parle ici d’une culture soucieuse du développement durable à l’aide de végétaux. La méthode est de faire croître des tiges de saule pour ensuite les brûler afin de produire de l’électricité. On peut appeler cette électricité de la bioénergie, car elle est le résultat d’une approche totalement écologique. En Europe, on pourra désormais accrocher une étiquette verte sur tous les produits qui consomment de la bioénergie. On cultive le saule en champ et on le coupe l’hiver à tous les trois ou quatre ans, dépendamment de sa vigueur. Grâce à la rotation des cultures, on peut se permettre d’avoir à chaque année des terres à exploiter. Le printemps suivant, les bourgeons débourrent et les plants repartent en force en raison de la vigueur de leur système racinaire déjà implanté. Sembleraitil que de plus en plus de pays européens optent pour cette méthode, car elle est prometteuse dans un avenir rapproché. L’utilisation de son bois La construction d’outils, de meubles et de maisons est majoritairement réalisée en bois. Pourquoi? Sa dureté, la facilité avec laquelle on peut le manipuler, de la matière première à la matière finie, son côté naturel ou rustique, etc… Il dégage une certaine odeur, une odeur de fraîcheur. On l’affectionne aussi car il est vivant. Il nous représente par sa force et sa beauté. Cependant, au rythme auquel notre société évolue et à la manière dont nos gouvernements ont traité dans le passé avec nos voisins du sud, on peut voir nos forêts dégringoler à vue d’oeil. Lorsque l’on compare la vitesse à laquelle nous exploitons comparativement à la vitesse à laquelle elles croissent… On peut apercevoir une déforestation imminente dans un avenir rapproché. Pourtant, les industries s’efforcent tant bien que mal de replanter, mais nous n’aurons plus jamais exactement ce qu’elles nous ont volé. Le cycle naturel des forêts est brisé. Il faudra du temps avant que le cycle des forêts se réimplante… S’il en a l’occasion, bien sûr. Il faudra une solution pour apaiser ce problème imminent, du moins des alternatives. C’est pourquoi Michel Labrecque, chercheur au Jardin botanique de

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Montréal, tente de démontrer que le saule pourrait subvenir à nos besoins. En fait, le genre Salix, ou saule, est une essence d’arbre, voire d’arbuste, à croissance extrêmement rapide. Je ne vous parle pas de vous construire une maison en saule. Mais certains matériaux entrent dans la fabrication d’une maison comme le bois pressé servant à la fabrication de panneaux de particules « MDF » ainsi que les moulures de plafond et les cadres de porte. La composition du bois qui est utilisé dans la fabrication de ces choses peut varier. Les tests effectués en laboratoire ont démontré que l’on pouvait aller jusqu’à 100 % saule pour une solidité et une durabilité accrues. Mais les fabricants désirent ne prendre aucune chance et en utilisent qu’à 70 %. Imaginons que 70 % de tous les panneaux d’armoires et de toutes les moulures en particules pressées sont composés de saule. Ce saule a en plus les propriétés d’être renouvelable et accessible très rapidement. L’efficacité en champ a démontré que, sans fertilisant ni herbicide, on obtenait des rendements en moyenne de 17 tonnes de matière sèche à l’hectare. À la deuxième année, on y a ajouté des boues usées d’usines d’épuration à titre de fertili-

sant. Surprise, d’une pierre deux coups! On augmente le ratio à plus de 20 tonnes/ hectare et on libère les municipalités d’une source importante de déchets. Donc, l’économie en bois d’œuvre réalisée peut servir à la fabrication de chaises, de tables, de manches à balais… De plus, il sera plus abordable aux industries qui fabriquent le bois, donc cela ne pourra qu’avoir des répercussions positives, tant pour l’industrie que pour le consommateur. On régénère ainsi la biomasse plus facilement sur la planète terre, ce qui nous amène à transformer d’autant plus de CO2 en oxygène. Transformation du dioxyde de carbone en oxygène, un processus compliqué? Tout d’abord, il faut savoir que tous les végétaux captent le CO2 afin de produire de l’oxygène. La raison est simple, c’est le processus de la photosynthèse. Donc, le saule est un important capteur de CO2. Il peut régénérer à lui seul dix tonnes de CO2 à l’hectare par année. C’est, pour ainsi dire, qu’il est très résistant en milieu urbain, le long des routes tout particulièrement, car il agit activement sur la régénération d’oxygène par rapport aux sources importantes de contaminants à base de CO2. Les résul-

tats sont grandement encourageants quant à sa versatilité et à ses aptitudes environnementales.

Bibliographie Entretien téléphonique avec Michel Labrecque, responsable du projet au Jardin botanique de Montréal et Institut de recherche en biologie végétale du Jardin botanique de Montréal 514-872-1862 Sources: guidemateriaux.toutfaire.fr/images/Bppd03.jpg www2.ville.montreal.qc.ca/jardin/act_scien/flash/ murs_vegetalises.htm#suivi2005 www.buckingham-nurseries.co.uk/acatalog/ images/plants/10335.jpg www.alliginwillows.co.uk/shelter.jpg

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Faire notre part pour les algues bleues Kévin Richard, étudiant en agroéconomie

Les algues bleues, connues sous le nom scientifique de cyanobactéries, sont des algues qui flottent à la surface des plans d’eau. Évidemment, le Québec n’est pas épargné. Elles se retrouvent dans notre richesse naturelle : l’eau. Ces algues se forment dans les eaux peu profondes, calmes ou stagnantes. Elles sont formées de cellules qui peuvent contenir des toxines bactériennes. Celles-ci ont le potentiel d’attaquer certains organes de notre corps, alors que d’autres irritent la peau. Le problème, c’est qu’elles prolifèrent rapidement en présence d’éléments nutritifs comme le phosphore et l’azote. Ces matières proviennent principalement de détergents et de fertilisants. Nous mettons souvent le blâme sur les agriculteurs. Il est vrai qu’ils contribuent en partie à cette prolifération, mais de plus en plus d’alternatives s’offrent à eux pour réduire les risques. Outre les producteurs agricoles, chaque citoyen favorise cette prolifération des algues bleues avec l’utilisation de détergents domestiques.

Afin d’éviter les problèmes que l’on connaît présentement, nous devrions faire notre part en adoptant des produits ménagers sans phosphate ou qui en contiennent peu. Voici, à titre indicatif, la liste des pires savons pour lave-vaisselle avec leur pourcentage de phosphate. Il existe aujourd’hui des gammes de produits biodégradables ou sans phosphore ajouté. Certains articles compor-

tent des certifications garantissant une vitesse de dégradation conforme pour l’environnement. Dans cette optique, il y a un an, la chaîne de pharmacies Jean Coutu a éliminé de ses rayons tous les détergents avec phosphate et elle propose désormais à ses clients divers produits alternatifs.

Les pires savons pour lave-vaisselle

(pourcentage de phosphate en poids) - Shaws Automatic, poudre 6,0 % - Wal-Mart Automatic Dishwashing Detergent Powder, poudre 6,3 % - Cascade PureRinse, poudre 6,4 % - Cascade Action Pac, tablettes 8,0 % - Electra-Sol Tablets, tablettes 8,7 % - Sunlight Tabs, tablettes 8,7 % - Electra-Sol GelPac 8,7 % Source : Greenpeace Canada

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« Parlons-en »

Sophie Boudreau, étudiante en sciences de la consommation et vice-présidente aux communications du BIC Ce mois-ci, l’Agral, avec le thème de l’environnement, oriente nos réflexions vers une consommation différente… C’est pourquoi nous vous proposons une chronique remplie de pistes de réflexion concernant le sujet de l’heure. Le but est bien sûr d’en discuter autour de vous. Ne vous étonnez pas si les informations contenues dans la chronique de ce mois-ci proviennent du livre L’envers de l’assiette. Il regorge d’idées à mijoter pour mettre nos pensées écologiques en appétit. Calculer l’alimentation en kilomètres Selon une étude du Worldwatch Institute, le trajet moyen parcouru par un aliment, du champ à la table, est de 2 500 kilomètres. Cela équivaut à la distance entre Montréal et la ville d’Orlando, en Floride.

Une grande diversité d’aliments pouvant être produits localement sont importés. Les importations sont même souvent moins chères que les produits locaux dans nos épiceries. C’est la loi du « libre » marché. Dans ce système de libre-échange, les coûts environnementaux, comme la pollution des sols, de l’air et de l’eau, de même que les pertes d’emplois et l’exploitation des travailleurs ne sont pas comptabilisés (1). Ce dilemme semble être une piste vers le futur, car nous pouvons aider l’environnement simplement et localement. Aliments du Québec Le logo Aliments du Québec permet aux acheteurs de distinguer les produits du Québec. Il indique que les aliments désignés ont été produits dans la province ou qu’au moins 50 % des coûts de production ont été dépensés ici (2). Voici une possibilité intéressante pour le consommateur soucieux de conserver les saveurs du Québec dans son assiette. Saviez-vous? Un litre d’eau en bouteille coûte plus cher qu’un litre d’essence.

Le transport d’une laitue de la Californie au Québec aura nécessité 36 fois plus d’énergie en combustibles fossiles qu’elle n’en apportera en calories une fois consommée. Une tonne de papier mis au rebut équivaut à 19 arbres. On utilise 27 bouteilles d’eau minérale recyclées pour fabriquer une veste en polaire. Les singes du zoo de Copenhague préfèrent les bananes bios aux bananes conventionnelles. Entre ces deux choix, les gardiens du zoo rapportent que les tapirs et les chimpanzés choisissent systématiquement les bananes bios qu’ils dévorent avec la pelure. Selon Claude Béland, de la Société de promotion Qualité-Québec, si toutes les semaines, chaque famille québécoise remplaçait 20 $ d’achat de biens provenant de l’extérieur par la même valeur en produits québécois, plus de 100 000 emplois pourraient être créés. Selon l’Association de l’industrie de l’aluminium du Québec, l’aluminium se recycle indéfiniment. Chaque kilogramme d’aluminium recyclé permet l’économie de 8 kg de bauxite et de 4 kg de produits chimiques. Ce recyclage permet également d’économiser 95 % de l’énergie nécessaire à la production de métal à partir de matières premières (3). Cap ou pas cap? De choisir des micro-brasseries québécoises pour la prochaine occasion… De demander à ton épicerie d’opter pour des produits, des fruits et légumes québécois… De fréquenter les commerces de quartier et de privilégier les produits fabriqués ici… D’acheter du café et du thé équitable et tant qu’à faire, du sucre équitable… D’acheter des produits en vrac, pour éviter les grosses poubelles vides… D’éviter l’utilisation des verres en styromousse, même pas beaux… De recycler, même lors des partys, fêtes ou vacances, cela peut même être un jeu… D’offrir des cadeaux que vous aurez fabri-

qués avec votre temps et votre amour… D’autres idées pour changer le monde selon le site Internet d’Équiterre : À la rentrée scolaire, acheter le matériel dans les coopératives scolaires. Une belle façon de contribuer à un effort collectif. Congeler les petits fruits de saison cueillis au Québec plutôt que d’acheter des petits fruits qui auront traversé la planète. Organiser une séance de troc de vêtements entre amis ou entre collègues lors des changements de saison. Choisir des vêtements fabriqués par des organisations qui respectent les droits des travailleurs. www.equiterre.org/ equitable/guide-vr.php Plutôt que d’acheter des objets neufs, fréquenter les friperies, les bazars de sports, les antiquaires, les centres de récupération, les surplus de meubles de bureau, les librairies d’occasion, les ventes de garage, etc. Donner les vêtements, meubles, objets, jouets et ordinateurs usagés à des centres pour personnes démunies, organismes pour les personnes immigrantes, services de garde scolaire, etc. Éviter de laisser le moteur tourner au ralenti plus de 10 secondes, même l’hiver. Adresses Internet utiles: Équiterre: www.equiterre.org Protégez-vous: www.protegez-vous.ca Groupe de simplicité volontaire de Québec: www.gsvq.org Le Réseau de protection du consommateur du Québec: www.consommateur.qc.ca Pour suivre l’actualité environnementale Gaïa presse: www.gaiapresse.ca (1) (2) et (3) Les informations ci-dessus sont tirées du livre de Laure Waridel, L’envers de l’assiette, Éditions Écosociété, 2003, 173 p. Note : Le recueil L’envers de l’assiette est disponible pour emprunt au regroupement environnemental Univert Laval (Centre de documentation au local 2235 du pavillon Maurice-Pollack) ou à la bibliothèque JeanCharles-Bonenfant. On vous conseille également le site Internet d’Équiterre pour un complément d’information.

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Agent informateur

Jean-François Ouimet, étudiant en agronomie et collaborateur officiel Lin Sweeney est originaire de Richmond, petite ville située dans la belle région de l’Estrie. Il a terminé son bac en agronomie (concentration sols-plantes à l’époque) en 1977. Il s’est impliqué lui aussi dans l’Agral. Ses talents de dessinateur ont fait de lui un pilier de l’animation visuelle du fameux journal. Il maniait la plume aussi bien pour le dessin que pour l’écriture. Ses talents de communicateur se sont développés suffisamment pour qu’à la fin de ses cours, il reçoive une offre d’emploi de l’attaché de presse du ministre de l’Agriculture du Québec de l’époque.

groupes de femmes ont bénéficié de cours d’entrepreneuriat leur permettant de devenir

Après quelques travaux dans un verger, il obtint un poste au MAPAQ en Estrie comme agent d’information.

De plus, les jeunes agriculteurs d’aujourd’hui sont probablement mieux servis par des organismes conseillers en gestion ou en démarrage d’entreprise que par le passé. Cependant, les jeunes agriculteurs d’aujourd’hui sont de plus en plus en contact avec des réseaux qui n’ont parfois rien à voir avec l’agriculture. Ce phénomène a pour conséquence certaine de lever les barrières entre les différents domaines de l’industrie d’une région donnée tout en permettant une libre circulation des informations indispensables à n’importe quelle entreprise.

Il est intéressant de remarquer qu’à cette époque, il suffisait d’un bac dans un domaine quelconque de l’agroalimentaire pour avoir accès aux postes les plus élevés du ministère de l’Agriculture. Des cours de gestion et de communication n’étaient pas du tout requis pour atteindre des postes aussi prestigieux que celui de sous-ministre. Depuis, il est toujours en poste au même endroit. Aujourd’hui, il est conseiller en relève agricole et en formation. Bien que sa tâche soit sensiblement différente de ce qu’elle était à la fin des années 70, il demeure toujours responsable de la diffusion d’informations au sein du milieu agricole. Les principaux dossiers sous sa responsabilité sont la relève et la formation agricole, l’encadrement de la formation des femmes et l’organisation de la main-d’œuvre agricole. S’il est normal pour nous aujourd’hui de voir un très grand nombre de femmes dans le milieu agricole, il n’en a pas été toujours ainsi. Au début des années 90, des

cultures aux champs. Au cours des quarante dernières années, la taille moyenne des fermes a grandement augmenté. Les gérants de ces entreprises se sont retrouvés graduellement à gérer, non pas de petites fermes familiales, mais des fermes comptant de plus en plus d’employés. Dans la région de Sherbrooke, une compagnie de gestion de main-d’œuvre a été créée (Compagnie des travailleurs agricoles de l’Estrie) afin de décharger plusieurs agriculteurs de cette tâche. Cette compagnie sert d’intermédiaire administratif entre les employés et les agriculteurs.

Finalement, les années ont passé, mais la promotion de l’industrie agricole dans la société tient toujours autant à cœur à M. Sweeney qu’à ses débuts au ministère. plus autonomes dans un milieu qui était traditionnellement réservé aux hommes. Aussi, d’après M. Sweeney, les agriculteurs sont des personnes très polyvalentes qui peuvent effectuer toutes les tâches sur une ferme, des soins aux animaux aux travaux de construction, en passant par le suivi des

Le saviez-vous? Plus de la moitié des entreprises productrices d’arbres de Noël du Québec sont situées en Estrie. Elles sont situées dans une zone stratégique qui permet facilement aux voisins états-uniens de se procurer ces fameux arbres. Source : MAPAQ

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Un paiement unique en alternative à l’ASRA, une approche cohérente? Frédéric Jasmin, étudiant en agroéconomie En février dernier, lors du dépôt du rapport de la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois (CAAAQ), le Programme d’assurance stabilisation du revenu agricole (ASRA) fut passablement malmené. À un point tel que la Commission recommandait alors le remplacement de ce dernier par un régime de paiement unique à l’entreprise agricole. De plus, en réponse aux recommandations de la CAAAQ, le gouvernement du Québec explicitait en mars une nouvelle vision pour l’agriculture et l’agroalimentaire québécois. Ainsi, afin de répondre aux critiques faites envers l’ASRA et puisqu’une vision nouvelle venait d’être annoncée, un comité de révision fut mis sur pied afin de redéfinir ce programme d’assurance. Sachant que le comité en question débutera d’ici quelques semaines son travail de redéfinition, il apparaît pertinent de se demander si la solution préconisée par la CAAAQ permet de résoudre les problèmes de l’ASRA, tout en étant cohérente avec les nouvelles orientations que le MAPAQ veut donner à l’agriculture québécoise. La principale critique veut que l’ASRA soit souvent décriée comme n’étant pas un programme universel. En effet, elle ne couvre pas l’ensemble des productions agricoles et parmi celles étant admissibles, quelques gros producteurs bénéficient bien souvent de proportions importantes de l’aide attribuée aux producteurs. Par exemple, selon les données de la Financière agricole du Québec (FADQ), 8 % des entreprises élevant des bouvillons auraient reçu 63 % des compensations concernant cette production pour l’année 2003. Ainsi, il apparaît à première vue qu’un paiement unique par entreprise soit une solution à cette problématique d’universalité. Mais comment déterminerait-on la valeur de ce paiement unique? Selon la CAAAQ, ce doit être sur la base de la production historique de chaque ferme. Cependant, puisque ce n’est pas l’ensemble des productions qui sont couvertes par l’ASRA, et puisque cette dernière est basée sur les volumes de productions, certaines fermes ont pu se spécialiser, se développer plus aisément que celles n’étant pas couvertes.

De ce point de vue, la mise en place d’un paiement unique sur la base des références de productions historiques ne ferait, en quelque sorte, que cristalliser dans le temps les iniquités reprochées à l’ASRA. On pourrait alors penser que ce problème se résoudrait par une régionalisation de l’aide. C’est-à-dire calculer pour une période de référence l’aide totale attribuée à l’intérieur d’une région donnée et la répartir ensuite entre tous les producteurs de cette région selon divers critères. Bien que séduisante, cette approche ne permet pas de résorber totalement les problèmes d’inégalités. En effet, selon les données de la FADQ, trois régions auraient reçu, en 2006, pas moins de 64 % des compensations de l’ASRA. Certes, la régionalisation des aides ne poserait pas problème à l’intérieur de ces trois régions, mais lèserait d’une certaine façon les producteurs des autres régions.

orientant d’une certaine manière les producteurs vers les productions assurées, favoriserait une spécialisation accrue des entreprises. Ce qui ne serait pas étranger à l’adoption de pratiques plus ou moins discutables quant à leurs effets sur l’environnement. Le paiement unique serait donc, en déliant le soutien de la production, une façon de favoriser de meilleures pratiques culturales telles qu’une rotation plus fréquente des cultures, de plus larges bandes riveraines, etc. Cependant, étant donné que le marché agricole est dominé par quelques denrées seulement, on peut imaginer que même avec le paiement unique, les entreprises auraient encore tendance à se spécialiser dans un nombre réduit de productions. D’autant plus qu’elles ont à faire face à d’importantes contraintes d’innovations technologiques pour demeurer concurrentielles. En revanche, il est entendu que les paiements uniques seraient sujets à l’ écoconditionnalité, c’est-à-dire que le verse-

Un autre problème lié à l’aide versée est celui de la cohérence du paiement unique avec la vision gouvernementale de l’agriculture, qui affirme que les agriculteurs doivent tirer l’essentiel de leurs revenus en provenance du marché. En effet, pour certains agriculteurs, l’aide gouvernementale venant d’un paiement unique, bien que déliée de la production, peut représenter une proportion importante des revenus totaux. Supposons par exemple que l’attribution se fasse sur la base des références historiques. Un producteur ayant implicite- L’ASRA payée en fonction de l’écoment eu des incitatifs à accroître sa pro- conditionnalité des entreprises, afin de duction par le biais de l’ASRA dans des favoriser le développement durable: productions ayant des prix anémiques sur c’est possible? le marché, pourrait se retrouver avec un paiement unique équivalent à une part im- ment de ceux-ci se ferait conditionnelleportante de ses revenus. Par ailleurs, peu ment au respect de certaines normes enviimporte la façon d’attribuer les paiements ronnementales. Mais en pratique, comment uniques, puisque ceux-ci sont découplés de s’assurer du respect de ces éventuelles norla production ayant actuellement cours sur mes à un coût administratif raisonnable? De l’entreprise et, que cette dernière décide de plus, pour une amélioration notable de l’enproduire ou non durant une certaine pé- vironnement, encore faut-il que ces règles riode, elle recevrait toujours son paiement soient restrictives. Ce qui, politiquement unique. En somme, qu’importe la situation, parlant, est loin d’être évident. avec l’arrivée des paiements uniques, certaines entreprises pourraient obtenir une pro- Autre difficulté politique, celle de la nouportion importante de leurs revenus par le velle vision gouvernementale voulant que biais de cette « rente », ce qui est en contra- l’agriculture respecte les principes du dévediction flagrante avec la vision gouverne- loppement durable. Rappelons que cela mentale voulant que les producteurs reçoi- signifie, selon le Rapport Brundtland, la vent l’essentiel de leur revenu par le marché. capacité de répondre aux besoins des géné(Suite page 19) Par ailleurs, selon la CAAAQ, l’ASRA, en

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19 Dans un autre ordre d’idées, selon la CAAAQ, l’instauration d’un paiement unique à l’entreprise agricole, peu importe le secteur dans lequel l’entreprise œuvre, constituerait un atout pour la relève du fait que les nouveaux producteurs seraient assurés d’un revenu dès les premières années d’exploitation. Par Photo: Joëlle Ouellet contre, puisque le paiement unique Maintenir un tissu social rural sain, encourager la relève, la mul- constitue en queltifonctionnalité de l’agriculture, l’éco-conditionnalité, le déve- que sorte un revenu loppement durable…autant de paramètres à considérer... que l’entreprise rations actuelles sans compromettre la capa- reçoit avec certitude bon an mal an, il y a, cité des générations futures à répondre aux selon plusieurs analystes, risque que le paieleurs. Il apparaît que l’atteinte de cet objectif ment se capitalise à tout le moins partiellede façon probante passe non pas par le ment dans le prix des terres. On répondra conditionnellement des aides, mais plutôt que c’était déjà le cas avec l’ASRA. Cepenpar la sensibilisation des agriculteurs. En dant, on n’est pas sans savoir que celle-ci se effet, le développement durable est une concentre principalement dans trois régions. philosophie dont la compréhension et le Ainsi, avec l’universalisation de l’aide et en respect dépassent de beaucoup une simple instaurant une « permanence » de celle-ci, réglementation. on peut facilement présumer que la capitalisation des paiements uniques dans le prix

des terres serait supérieure à celle découlant de l’ASRA. Il y a aussi, de la part de la CAAAQ et du gouvernement, la volonté de reconnaître la multifonctionnalité de l’agriculture (MFA), c’est-à-dire de reconnaître et de rétribuer le fait que les entreprises agricoles ont des fonctions autres que la production de denrées, mais qui ne sont pas considérées par le marché, tel l’entretien du paysage, le maintien du tissu social en milieu rural, etc. Cependant, lorsque l’on tient compte de la MFA de façon conséquente, on se doit de considérer les externalités tant positives que négatives (par exemple, la pollution), ce qui ne semble pas être le cas dans les visées étatiques actuelles. En somme, cet exposé, bien que superficiel, montre que la recommandation de la CAAAQ voulant la mise en place d’un paiement unique en remplacement de l’ASRA ne permet qu’une résolution partielle des problématiques liées à ce dernier. De plus, on peut se questionner sur la réelle adéquation entre les objectifs des recommandations de la CAAAQ concernant l’après ASRA et le régime de paiement unique. Il en est de même en ce qui concerne ce dernier et la nouvelle vision gouvernementale concernant l’avenir de l’agriculture québécoise.

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Hommage à l’âne : un animal sous-estimé Marc-Antoine Beaulieu, étudiant en agronomie L’âne est l’emblème du journal l’Agral. Il s’agit d’un animal grégaire, intelligent, peu exigeant à nourrir et pouvant vivre une quarantaine d’années. Plusieurs races ont été domestiquées. L’âne commun (Equus asinus) porte une robe généralement grise. Toutefois, le noir, le brun ou le blanc dominent pour certaines races domestiques. C’est le cas de l’âne noir du Berry, l’âne mulassier du Poitou ou l’âne blanc d’Égypte. Par ailleurs, les races sauvages sont de couleurs très variées. Elles vont du gris au brun-sable. Pour l’âne du Tibet, aussi appelé Kiang, sa robe est brun-rouge.

Autrefois, l’âne était utilisé au même titre que le cheval par les paysans les moins fortunés. Il était considéré comme le « cheval du pauvre ». Cependant, il ne mérite pas la réputation qu’on lui a attribuée. Contrairement aux préjugés, l’âne est loin d’être bête et méchant. À preuve, il est utilisé pour divertir des enfants handicapés en raison de sa patience et de l’attention qu’il porte à autrui.

Par comparaison avec le cheval, l’âne est en général plus petit. Il possède des oreilles plus longues. Ses yeux sont plus rapprochés l’un de l’autre comparativement au cheval domestique. De plus, le cri de l’âne est le braiment. Il est possible de l’entendre à environ 15 km.

Au sujet de la reproduction des ânes, le baudet est le nom donné au mâle reproducteur. L’ânesse est en chaleur toutes les quatre semaines à longueur d’année. Après un accouplement fructueux, l’ânesse est gestante entre 12 et 13 mois. L’ânnonage, la mise bas chez l’âne, dure environ 30 minutes. Un seul ânon vient généralement au monde.

S’il est vrai que l’âne est entêté, c’est aussi un animal sensible et doté d’une grande intelligence. Or, il n’exécute pas une tâche incomprise. Cette désobéissance apparente témoigne d’une prudence exacerbée. En montagne, l’âne observe le relief, détermine la stabilité de l’escarpement rocheux et analyse les possibilités de le traverser. Il est même plus sûr que le cheval dans ces conditions. D’ailleurs, l’âne est un animal calme, peu nerveux et docile. Il peut devenir le meilleur ami des randonneurs en transportant leur équipement. Autre avantage, ses besoins alimentaires sont modestes. Puis, l’âne va même s’arrêter de marcher pour attendre une personne éloignée d’un groupe lors d’une promenade.

Fait intéressant, le lait d’ânesse s’apparente beaucoup à celui de la femme. Il est riche en lactose. Puis, il contient une quantité moindre de matières grasses comparativement à celui de la vache. L’Égypte ancienne utilisait le lait d’ânesse à des fins alimentaires et cosmétiques. Il a même déjà été utilisé comme substitut au lait maternel.

L’âne et le cheval peuvent se croiser pour donner naissance à des hybrides. Le croisement entre un étalon et une ânesse donne un bardot, l’hybride mâle, ou une bardine, l’hybride femelle. Puis, lorsqu’une jument et un âne s’accouplent, un mulet ou une mule en résulte. Une des caractéristiques des hybrides est qu’ils sont stériles. Le mulet est l’hybride mâle et la mule est l’équivalent femelle. Le mulet est un animal robuste et L’âne est au mouton ce que le chien est à l’homme: rustique. le meilleur ami

L’âne : gardien des moutons L’augmentation de la prédation dans les troupeaux de moutons représente un problème majeur pour les éleveurs. Étant un animal grégaire, l’âne peut devenir un allié des ovins (moutons). D’ailleurs, l’âne est agressif envers les coyotes, le principal prédateur des moutons. Pour que l’âne intervienne et repousse la bête, il doit développer un lien d’appartenance avec le troupeau. Il faut que l’âne soit le plus jeune possible au moment d’entrer en contact avec les moutons. Pour y parvenir, il est conseillé de faire cohabiter une ânesse et son ânon avec ces derniers. Malgré toutes ses qualités, l’avenir de l’âne n’est pas assuré. Dans plusieurs régions du monde, les cheptels diminuent. Les utilisations traditionnelles de l’âne sont désormais obsolètes. Il reste néanmoins qu’Equus asinus a d’autres atouts beaucoup moins exploités. Cet animal mérite d’être connu par la plupart d’entre nous. Après tout, c’est l’être humain qui l’a domestiqué. Pourquoi ne pas en faire notre meilleur ami?

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Qui est Paul Comtois? Marc-Antoine Beaulieu, étudiant en agronomie Certains d’entre vous se sont déjà posés cette question. En quel honneur le nom du pavillon de la Faculté des sciences, de l’agriculture et de l’alimentation (FSAA) est-il celui de Paul Comtois (1895-1966)? Pour bien comprendre, il faut retracer les grandes étapes de sa vie. Paul Comtois est né le 22 août 1895 à Saint-Thomas-de-Pierreville (aujourd’hui Pierreville). Ce village se trouve dans la municipalité régionale du comté (MRC) de Nicolet-Yamaska situé dans la région administrative du Centre-du-Québec. Ce fils de marchand entreprit des études au collège de Nicolet, puis à l’Université de Montréal. En 1918, il fut stagiaire à l’Institut agricole d’Oka. Il est devenu agronome au courant de la même année. Après plusieurs années passées à exercer sa profession sur la ferme familiale, Paul Comtois s’est porté candidat sous la bannière conservatrice dans le comté de NicoletYamaska lors des élections fédérales de 1930. Il fut défait. Il se représenta lors de l’élection partielle de 1933 dans le même

comté. Il fut à nouveau défait. Pendant les années qui ont suivi, il accepta, entre autres, le poste de chef évaluateur à la Commission

C’est en 1957 que Paul Comtois parvint à être élu député du comté Nicolet-Yamaska à la Chambre des communes. Il intégra le Cabinet des ministres du gouvernement conservateur de Diefenbaker du 7 août 1957 au 5 octobre 1961. Il hérita du ministère des Mines et Relevés techniques. Il fut assermenté lieutenant-gouverneur le 11 octobre 1961. En 1966, un incendie consuma la résidence des lieutenantsgouverneurs située au parc du Bois-de-Coulonge dans l’arrondissement Sillery, à Québec. Paul Comtois y laissa sa vie de façon tragique. Il fut inhumé dans son village natal.

L’institut agricole d’Oka du prêt agricole canadien. Il exerça par la suite les fonctions de gérant général à l’Office du crédit agricole provincial de 1936 à 1957. Il fut notamment maire de SaintThomas-de-Pierreville de 1947 à 1961 et préfet du comté de Yamaska en 1956.

L’Université Laval décida alors de nommer « Paul-Comtois » le nouveau pavillon de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation en l’honneur de l’ex-lieutenant-gouverneur décédé dans des circonstances tragiques. C’est en 1967 que le pavillon Paul-Comtois fut inauguré.

Un nouveau cours au Comtois Pierre-Mathieu Charest, directeur du département de phytologie Département de phytologie OFFRE DE COURS MULTIPLICATION DES VÉGÉTAUX PLG-2302 À la session d’hiver 2009, le Département de phytologie offrira le cours Multiplication des végétaux selon une nouvelle formule avec travaux pratiques. Le cours et les labo-

ratoires aborderont les questions relatives aux semis (arbres, arbustes, fleurs annuelles, stratification, etc.), le bouturage (plantes ligneuses, plantes vertes), la culture in vitro, le greffage et le marcottage aérien. Le cours sera offert à condition d’avoir un minimum de douze inscriptions, à cause des frais inhérents au recrutement des spécialistes et des frais de serres et d’outils. Nous vous invitons à vous inscrire au cours le plus tôt possible. Prenez note aussi que le cours ne sera pas nécessairement offert à l’hiver 2010.

HORAIRE DU COURS Théorie : Lundi de 8 h 30 à 10 h 20 Travaux pratiques : Lundi de 12 h 30 à 14 h 20 (s’il y avait plus de 20 inscriptions, il pourrait y avoir une deuxième séance de travaux pratiques, les lundis de 14 h 30 à 16 h 20).

Pour toute information supplémentaire, communiquez avec le Département de phytologie à l’adresse suivante : Pierre-Mathieu.Charest@fsaa.ulaval.ca

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Le paradis perdu: découvrir l’Île d’Orléans l’automne Marie-Josée Benoît, étudiante en agronomie

énormément la compagnie de l’énorme sac de pommes lors du retour vers l’accueil, où il nous fallait payer. Nous avons ensuite fait la distribution des pommes, que nous avons séparées dans quatre sacs qui risquaient moins de se vider un peu partout dans l’auto.

to », de « hey arrête j’pense que c’est du cassis », de « oh mon dieu arrête, c’est des Highlands, check le gros mâle », de « hey, on dirait que l’arbre a des racines qui poussent en plein milieu ». En bonnes filles d’agro que nous sommes, nous avons pris quelques photos de vaches, de moutons, d’ânes (ah non, c’était des chèvres, disons que de loin ça peut être confondant, même si les ânes au Québec se font relativement rares), de champs de citrouilles, de cassis, etc. Mais aussi de plusieurs autres choses étonnantes, comme une maison qui semblait avoir un toit en paille ou une traverse de vaches (!). Nous avons aussi été béates d’admiration devant les nombreuses maisons canadiennes, toutes plus jolies les unes que les autres avec leur toit de tôle verte ou rouge, leurs volets peints de couleurs éclatantes et leur charme quelque peu rustique qui les ancrent magnifiquement bien au paysage bucolique de l’île d’Orléans.

Par la suite, nous sommes parties vers la pointe ouest de l’île, direction Ste-Pétronille (nom qui a suscité bien des Photo: Marie-Êve Giroux fous rires de notre part). Nous avions l’intention d’aller direcUn vendredi après-midi, alors que tement à la chocolaterie, mais le paysage qui Environnement Canada prévoit 60 % de nous a toutes ébahies, nous a retenues. probabilités d’averse, en ayant vu d’autres (en agro, on est faite tough) et n’ayant pas peur de nous mouiller, nous partons cueillir des pommes, direction l’île d’Orléans. Sur le site officiel de cette région touristique, nous apprenons l’existence En bref, nous n’oublierons pas de d’un charmant café-resto-chocolaterie sitôt notre après-midi à l’île d’Orqui nous attire particulièrement. Ainsi, léans, de laquelle nous somme rel’horaire de l’après-midi se résume ainsi : venues à la fois émerveillées, mais cueillette de pommes, visite de la chocoaussi épuisées, telles des gamines laterie puis tourisme. Cela s’avérera un qui se sont amusées et énervées des plus beaux après-midis que nous toute une journée. Nous espérons ayons passé ensemble depuis longtemps, vous avoir communiqué notre noumême pour Marie-Ève que nous avions convaincue, à la dernière minute, de Photo: Véronique Leclerc velle passion pour l’île d’Orléans. Notre prochaine visite sera assurélaisser son travail l’instant d’un aprèsmidi afin de venir avec nous. Nous étions vraiment à la pointe de l’île, le ment celle des chutes Montmorency, dont fleuve n’était qu’à quelques dizaines de mè- nous avons eu une vue magnifique sur le Certaines d’entre nous n’ayant jamais été à tres et une « plage » de boue et de cailloux pont de l’île, en revenant vers Québec. l’île d’Orléans, nous n’avions même pas s’étendait sous nos yeux. Comme des gamiencore traversé le pont que le paysage nous nes, nous nous sommes élancées en criant enchantait déjà. Mentionnons au passage et en courant, comme transformées par que Marie-Josée, qui conduisait, avait relati- l’odeur et la présence de cette étendue vement peur de ce pont, qui lui semblait d’eau. Le vent refroidissait considérabledater d’une époque relativement peu ré- ment l’air et après avoir marché quelques cente. instants, nous nous sommes dirigées vers la chocolaterie, où un café bien mérité nous Notre première escale fut, comme prévue, attendait. Ainsi, après cafés, crèmes brûlées, dans un verger. Endroit charmant, rempli carrés aux dattes et biscottis, nous avons d’arbres majestueux et de pommes, ma foi décidé d’un commun accord qu’il nous falplus que délicieuses. Il faut préciser que lait découvrir le reste de l’île et que l’aprèsVéronique a goûté à au moins une pomme midi était encore jeune. de chaque arbre duquel nous avons cueilli notre récolte, ce qui représente beaucoup de Nous sommes donc parties à l’aventure sur pommes. À quatre, c’est un gros quarante la route ceinturant l’île d’Orléans. Pendant livres de pommes que nous avons récoltées environ deux heures, notre route fut parseparmi les fous rires, les émerveillements et mée de « oh wow! », « c’est vraiment trop le paquet de niaiseries que nous avons fait, beau », « c’est capotant », « à même pas une niaiseries toutes plus absurdes les unes que demi-heure de Québec, c’est débile », mais les autres. Mélissa a eu l’air d’apprécier aussi de « Stop arrête, on prend ça en phoPhoto: Véronique Leclerc L’Agral, journal des étudiantes et étudiants en agriculture, alimentation, consommation, foresterie et géographie

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L’Berger et ses moutons Renaud Trudel, étudiant en agronomie

Dossier environnement Rapport version 3.1.0.5.2 Plan agro-environnemental - Développement des techniques culturales PHASE I : Production animale - Interdiction formelle aux animaux polygastriques de flatuler: le méthane est une source importante de gaz à effet de serre.

PHASE II : Production végétale - Lutte intégrée contre les insectes dévastateurs afin de diminuer l’utilisation de produits chimiques.

PHASE III : Sol - Diminuer la compaction du sol, due à la machinerie, en utilisant des pratiques innovatrices.

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Chronique socioculturelle Jessy Caron, étudiant en agronomie et les seigneuries, le chemin de fer (1808-1908) qui amorce l’éclosion industrielle et finalement, le chemin d’air (1908 à aujourd’hui) qui nous rappelle les communications. Chaque représentation coûtait environ 33 000$ et a attiré environ 600 000 personnes au total. Pour ma part, j’ai assisté à deux représentations et je me deLe Moulin à Image mande enMoulin à image, festivité du 400e de la core pourquoi je n’y suis pas allé ville de Québec plus souvent. Au point de vue poliDésolé de ne pas vous en avoir parlé dans la tique, est-ce que les gens de Quépremière édition de l’Agral de cette année, bec vont soutenir Robert Lepage je viens d’avoir un flash : je ne pouvais pas dans sa dénonciation des coupures passer à côté de ce chef d’œuvre de calibre opérées, dans le domaine de la mondial présenté du 20 juin 2008 au 7 sep- culture, par le gouvernement du tembre 2008. Canada de Stephen Harper? Cette magnifique réalisation signée Robert Lepage et Ex machina fut un chef d’œuvre sur toute la ligne, à un tel point que la société du 400ème aimerait en faire une attraction touristique, du moins pour le 401ème. Cette

Helloween et Gamma Ray, salle Albert rousseau, 18 septembre 2008 Une magnifique alliance de heavymétal allemand régnait sur la vieille capitale ce soir là. Malgré le confinement pour un spectacle de cette catégorie, nous avons quand même passé la soirée debout à sauter devant notre siège. Gamma Ray ouvrit le bal avec des rythmes déchaînés qui donnèrent bonne augure quant à cette soirée. Après un entracte rafraîchissante au bar, nous regagnâmes nos sièges afin d’assister spectacle Le heavy-metal, toujours à la mode musicale, mal- au d’Helloween. Ils gré les ravages de la mode vestimentaire. nous ont épousprojection de 30 mètres par 600 mètres est touflé avec plusieurs chanla plus grande jamais exploitée au monde. sons de leur dernier album Cette mosaïque animée de la ville de Qué- Gambling with the devil et aussi bec nous montre en quatre tranches de cent de Keeper of the seven keys. Ce ans des images et des sons qui sont à cou- groupe, né au début des per le souffle. Cela va comme suit : le che- années 80, continue de nous min d’eau (1608-1708) qui représente l’ex- ravir avec ses mélodies hanploration et la découverte, le chemin de tées, ses rythmes endiablés terre (1708-1808) qui signifie le défrichage et ses vertigineux solos.

Longue vie au groupe qui n’a pas vieilli d’un brin en 30 ans ! La grande virée des couleurs, Mont StAnne du 22 septembre au 08 octobre 2008. Quoi de plus magnifique que de dévaler le Robert Lepage mont St-Anne ou tout autre montagne lors d’une splendide journée automnale. En plus d’y admirer d’innombrables couleurs, c’est l’occasion rêvée pour tout amateur de photo de s’amuser. Les portraits de type carte postale sont fréquents, et ce, sur tous les versants de la montagne. Ce cliché d’où l’on peut contempler à la fois le fleuve StLaurent et l’île d’Orléans donne un très bon résultat malgré le ciel couvert et la pluie qui semblait vouloir tomber. Les couleurs chaudes sont toutefois dominantes dans ce festival de couleurs ! Alors, j’espère que cette petite chronique vous a changé les idées et je vous souhaite un magnifique automne! Profitez-en, nous avons de plus belles journées que l’été dernier.

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Capsule linguistique Si le temps des pommes ne pose pas de problèmes, il en va autrement d’autres expressions pourtant bien concrètes reliées à ces fruits ou à d’autres. En effet, comment diable déterminer si on appose un « s » à la fin des mots ou non, c’est du comptage de pommes ou de pomme? Et le jus de raisins ou bien de raisin? Comment le sait-on? D’après certains ouvrages portant sur la fameuse lettre et sur son utilisation, il suffit de méditer sur l’objet considéré: si on est capable d’en trouver l’origine d’après Le sudoku des gaz à effet de serre son aspect on appose un « s » afin de rendre hommage aux fruits qui sont devenus compote, coulis, marmelade et confiture. Par contre, si devant l’objet considéré, on n’est incapable de déterminer les fruits originaux utilisés, on arrête là toute considération et on laisse tomber le « s La blague : Le problème : Bière exceptionnellement pâle et insipide. L'erreur : Le verre est vide. La solution : Persuadez quelqu'un de vous payer une autre bière. La citation : Les temps contemporains nous montrent une technique qui se déchaîne en échappant à l’humanité qui l’a produite. Edgar Morin Le saviez-vous? L’halloween est célébré dans les pays qui ont un quelconque lien avec l’empire britannique de jadis, celui-là s’étant inspiré des pratiques de ses voisins irlandais et écossais avant de répandre la coutume un peu partout. En France, par contre, en 2006 ont y allait d’un ironique « l’Halloween est mort » dans les grands journaux. Le fameux Trick or Treat étant de moins en moins populaire, malgré une percée dans les années quatre-vingt-dix.

Solutions à la page de la Rousse (Ne trichez pas! On vous surveille…) L’Agral, journal des étudiantes et étudiants en agriculture, alimentation, consommation, foresterie et géographie

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Les Marie-Nades

Marie-Josée Benoit et Marie-Êve Giroux, étudiantes en agronomie Lors d’une soirée entre amis, il peut sembler difficile de déterminer quoi offrir à manger à vos convives. En effet, il vous faut satisfaire tout le monde, sans que ça soit trop cher ni trop compliqué. Il est hors de question d’avoir à cuisiner pendant des heures, alors que les autres se marrent devant un match de hockey enlevant, ou bien devant l’énième élimination d’Occupation double. Encore une fois, remerciez-nous, nous avons la solution pour vous. Pourquoi ne pas vous lancer dans une cuisine mexicaine des plus raffinées avec nos nachos de la mort? Nous pouvons vous assurer que votre soirée sera un succès et que tous en redemanderont. Cela pourrait même devenir votre plat officiel de party, comme c’est le cas pour la gang de 2e année d’agro. Voici ce dont vous aurez besoin pour régaler de 8 à 10 invités.

Préparation 1. Assurez-vous que votre tôle est de la bonne taille pour entrer dans votre four. Les fours d’étudiants, c’est vraiment traître. 2. Faites tomber une partie des oignons (dans la poêle, bien sûr, mais surtout dans un peu de beurre, c’est bien meilleur!) 3. Ajoutez, dans la poêle bien chaude, la viande hachée, puis l’assaisonnement à tacos (assurez-vous de bien suivre le mode d’emploi du fabricant ou allez-y comme vous le sentez – la liberté de choix, c’est essentiel). 4. Place au montage

INGRÉDIENTS 2 sacs de chips style Tostitos 2 lbs de viande hachée (au goût, bœuf, orignal, chevreuil ou un mélange des trois!) Poivrons (d’au moins deux couleurs différentes, pour donner l’impression d’un repas vraiment haut de gamme) coupés en petits cubes (voir astuces des chefs) Olives noires tranchées (au goût) Oignons, hachés ou en rondelles, en fait, comme vous les aimez Jalapeño (au goût) Fromage râpé Un sachet d’assaisonnement à tacos Salsa (piquante, pour une soirée vraiment hot!)

Un ingénieur pourrait être requis pour s’assurer de la solidité des tours mortelles de nachos qui seront créées. Il suffit alors d’alterner (mais ce n’est qu’une suggestion) chips, viande, salsa, légumes, fromage, jusqu’à ce qu’on manque d’ingrédients et/ou que la tour menace sérieusement de s’effondrer. L’important est de terminer les supers nachos de la mort par une grosse quantité de fromage. On peut aussi demander l’aide de l’artiste du groupe afin de s’assurer d’un bel esthétisme. Il y a par contre un hic : s’il y a un ingénieur, il pourrait y avoir des conflits.

5. Mettez votre création au four à 350 °C pendant 15 à 25 minutes, selon la hauteur de votre tour de Pise de nachos, et terminez à BROIL pour que le tout soit bien doré. N’oubliez pas, quand c’est doré, c’est OK. Lorsque le four est en position BROIL, bien surveiller pour éviter que le tout ne brûle et que votre soirée incroyable ne se finisse en cendres… Ne pas mettre le four à BROIL si le fromage touche à l’élément chauffant, car nous ne pouvons pas assurer que votre plat sera un succès. 6. Réquisitionnez l’homme fort du groupe pour sortir les tôles du four. Ou prenez le moins fort…s’il échappe votre création, ce sera plus facile de lui faire payer… Enfin, partagez avec vos amis! Nous ne sommes pas responsables des indigestions dues à une prise alimentaire trop élevée de super nachos de la mort. Puisque nos supers nachos de la mort constituent un plat relativement relevé, la sangria s’avère une excellente façon de se désaltérer tout en permettant de passer une agréable soirée. (À suivre)

CETTE RECETTE PEUT CRÉER UNE DÉPENDANCE! ASTUCES DES CHEFS Mettez du papier d’aluminium au fond des tôles, vous pourrez ainsi passer le reste de la soirée à boire de la bière (ou de la sangria) plutôt qu’à frotter. Prévoyez-en plus que moins… Déléguez les tâches au plus grand nombre de personnes possibles. Ainsi, elles se sentiront impliquées et seront fières de leur œuvre d’art. Elles chialeront donc moins sur le temps que ça prend pour faire le souper, et l’harmonie régnera dans la cuisine de l’hôte. Surtout, ne brimez pas la motivation de ceux qui veulent mettre la main aux super nachos de la mort. Si la personne juge que les poivrons doivent être coupés au nanomètre près, et que ça vous agresse, prenez une gorgée de bière (ou de sangria), et relaxez. Les supers nachos de la mort sont un plat 100% antistress. Prenez vos super nachos de la mort en photo et dédiez leur un album…Ils deviendront vos meilleurs amis! L’Agral, journal des étudiantes et étudiants en agriculture, alimentation, consommation, foresterie et géographie

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CHRONIQUE HOCKEY J’ai appelé Bob Charles Ouellet et Mathieu Bisson, étudiants en agronomie

Courrier du cœur : notre amour pour le CH

hockey, qui semble avoir amélioré son coup de patin durant la saison estivale. Pour sa part, Saku « the french man » Koivu s’est remis de sa blessure au pied et dit qu’il parlera français aux arbitres. Il est prêt pour le début de la saison! Alex « the flower » Kovalev a délaissé quelque peu le hockey pour le monde du show business. Après une brève apparition à Tout le monde en parle, le prince du stade nous a ébloui,torse nu sur la page couverture du magazine La semaine. À la défensive, Andrei « j’ai eu des séries pitoyables mais deux semaines après j’étais le meilleur joueur russe au Championnat du monde » Markov sera encore une fois la pierre angulaire de l’avantage numérique du Canadien. Section cerbère, Carey « la poker face » Price fera face à un grand défi. En plus d’être le premier gardien de l’équipe, il devra apprendre à communiquer ses émotions à la gente féminine, lui qui ne semble pas très bavard.

C’est le début de la saison 2008-2009 de la Ligue nationale de hockey. Eh oui, cette magnifique période de l’année où l’on doit planifier notre étude en fonction des soirées de hockey! En plus, nos glorieux fêtent leur 100e anniversaire, ce qui nous donne le droit Lorsque Carey Price est en forme, de rêver. Quoi de mieux que d’espérer ga- Voici maintenant le temps de vous présengner une 25e coupe Stanley en cette saison ter nos prédictions pour la saison 2008rien ne peut l’arrêter . qui sera mémorable sans aucun doute. Nous 2009 des Canadiens. Il a tout pour passer à l’histoire croyons que les partisans s’attendent à beaucoup des champions défendant Charles Mathieu Bob Gainey le trophée Prince de Galles, car er er 1 1er Rang dans la division 1 tout le monde s’entend pour dire que l’équipe s’est améliorée Rang dans la conférence 1e 3e 1er durant l’été. Tout d’abord, nous sommes heureux d’accueillir 6e 1er Rang NHL 3e dans nos rangs un Québécois de souche : Alex Tanguay. Patrice « Wood breaker » Meilleur pointeur CH Kovalev Tanguay Tanguay aura pour mission de Brisebois remplacer non le moindre M. Météo, alias Michael « la paPatrice « Wood breaker » Meilleur pointeur NHL Crosby Malkin tate » Ryder qui a gardé un imBrisebois pressionnant différentiel de -21 Montréal ou Phoenix (si deux saisons auparavant. De Meilleur équipe NHL Detroit Red Wings Detroit Red Wings Gretzky revient au jeu) plus, un autre Tchèque se joint à l’équipe. Il s’agit de Robert Lundqvist Huet Marc Denis « le pad » Lang. Spécialiste des Meilleur gardien (% efficacité) mises en jeu, ce centre droitier est un atout idéal, car en plus d’être talen- Pour conclure, nous vous souhaitons une « Hockeyment » vôtre. tueux, il peut s’imposer physiquement. Fina- bonne saison de hockey! Charles « f*ck leafs » Ouellet, Mathieu « Cock lement, notre ami Bob Gainey, qui d’ailleurs nous téléphone régulièrement pour nous Si vous avez des questions ou des commen- titsyn » Bisson et Bob « Robert » Gainey demander conseil, a mis sous contrat Geor- taires sur le Canadien, veuillez écrire vos N.B. Personnellement, nos chaises ges « la ballerine » Laraque qui aura comme obscénités à : de patio sont déjà en place sur la rôle de protéger Maxime « la grand gueule » hawkeye764764@hotmail.com et je comSainte-Catherine et nous attendons muniquerai personnellement avec Bob pour Lapierre. notre défilé. plus de détails. N’hésitez surtout pas, car si Prochaine chronique : nos rivaux Du côté des vétérans, nous avons remarqué l’on reçoit plusieurs courriels, nous vous de section! (C’est à ne pas manune nette amélioration de la part de Guil- accorderons une section lors de notre proquer!) laume Latendresse, dit le Michael Phelps du chain article. L’Agral, journal des étudiantes et étudiants en agriculture, alimentation, consommation, foresterie et géographie

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Le courrier de la Rousse Véronique Leclerc, étudiante en agronomie Chère Rousse, Je viens de commencer ma quatrième et dernière année en tant qu’étudiant au Comtois. Cela fait donc quatre ans que je tente, et ce, en vain malheureusement, de démystifier les filles de la FSAA. Malgré tous mes efforts pour me trouver une blonde au Comtois, c’est toujours le vide. Ce n’est pas faute d’essayer. J’ai beau me pointer à toutes les Baraks, aller à tous les bières et saucisses, tous les vins et fromages, participer à toutes les activités et finir toutes les soirées possibles et imaginables au Pub avec les gens du Comtois, ça ne fonctionne pas!

C’est vrai que si tu tentes quelque chose avec une fille du Comtois, on le saura fort probablement toutes. Mais quand même, ça ne fait pas de nous des monstres!

Il faut dire que les gars du Comtois ne donnent pas leur place non plus lorsqu’il est question de petit clan. Si on s’organise des soirées de filles, c’est juste parce que Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour séduire? vous faites des soirées de gars. Bon OK, vous finissez saouler et y cruiser toutes les filles de la Je suis, encore et toujours, tout seul. Pourtant, je toujours par venir nous trouver, mais ça… place, mais contrairement à mon prédécessuis un bon gars dévoué, gentil, quoiqu’un peu gêné, Il y a même une confrérie « O'Keefe » au seur, je doute que cette méthode soit la plus valeureuse de toutes. Ça dépend toujours de mais qui aime vraiment la vie. Alors, comment sein de la Faculté! ce que tu recherches! C’est à toi d’y voir. faire pour trouver la mienne? Il faut dire que les filles du Comtois sont comme une meute, et qu’elles Si tu veux rencontrer ton âme sœur au Après tout, c’est vrai que les Baraks sont semblent parfois si difficiles à approcher. Ai-je Comtois, il y a tout plein de manières d’y souvent le théâtre de nombreux rapproencore une chance? Aide-moi, je suis désespéré… arriver. chements. Un quatrième tanné d’être célibataire D’abord, ce qu’il te faut c’est peut-être simplement un peu plus de Autre façon, dans Cher gars, visibilité. Il faut te faire l’optique où tu trouvoir! En passant, mon- ves que les filles du Ta situation n’est pas aussi trer tes fesses n’est Comtois forment désespérée qu’elle semble peut-être pas la solu- une petite clique, eh l’être. Il y a fort probabletion. Sache que quel- bien tu peux toument un paquet de filles qu’un a déjà essayé jours tenter de te dans la même situation avant toi et que ça n’a rapprocher de l’une d’entre elles d’une maque toi au Comtois et je pas vraiment fonction- nière plus subtile et plus respectueuse. Nosuis convaincue qu’elles né, il est toujours céli- tre superbe cafétéria est toujours remplie de seraient heureuses de faire bataire lui aussi. Mais ça filles travaillant seules à leur table et ne deta connaissance. Quelle peut toujours être di- mandant qu’à être dérangées. C’est peut-être fille ne rêve pas d’un gars vertissant. Monter sur là l’occasion rêvée. gentil, qui aime la vie. Ne un stage, déguisé en t’inquiète pas non plus Hulk, ce n’est peut-être Si ça ne suffit pas, eh bien tu dois peut-être revoir tes propres exigences, peut-être est-ce parce que tu es un peu Les filles du Comtois ne sont pas l’idéal non plus. toi qui es trop difficile. Sache que les plus gêné, il y a plein de filles pas une meute, elles ont simque ça fait craquer les plement des tatouages fémi- Deuxième méthode, tu belles choses sont parfois les plus improbamecs un peu timides, il nistes...ce n’est pas la même peux trouver quelque bles et celles que l’on attend le moins. Reste faut juste ne pas trop l’être chose de cute, un peu ouvert, on ne sait jamais ce que nous réserve chose. non plus. kitsch, légèrement mar- la vie. ginal et qui t’es vraiment propre, du genre C’est vrai que les filles du Comtois peuvent venir à l’école en trottinette. C’est banal, je La Rousse parfois sembler difficiles d’approche, mais te l’accorde, mais tu pourrais être surpris de détrompe-toi, c’est tout faux. On est sim- voir le nombre de filles qui trouve ça telle- Je suis toujours à la recherche de textes pour plement très potineuses, et vraiment solidai- ment charmant. C’est le genre de truc qui le courrier de la Rousse alors vous pouvez res les unes des autres. C’est sûr qu’on se dit rend les filles complètement gagas. L’idée me faire parvenir vos lettres de détresse par tout, ou à peu près, qu’on est souvent ré- de la trottinette étant déjà exploitée, il te courriel à l’adresse suivante : unies, qu’on se fait des soirées de filles un faudra faire preuve de créativité si tu optes agral@fsaa.ulaval.ca, à l’attention de la Rousse. Je me ferai un plaisir de répondre à peu pitounes et qu’on excelle quand il est pour cette méthode. tous vos questionnements existentiels. temps de juger les hommes. Mais ça ne veut pas dire pour autant qu’on est une meute. Bien sûr, tu peux fréquenter les Baraks, t’y

Réponse : Biodiversité

L’Agral, journal des étudiantes et étudiants en agriculture, alimentation, consommation, foresterie et géographie

Volume 40, numéro 2



Octobre 2008