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DIRECTION DE L’AGRAL

Février 2012| 3

Sommaire Mot de l’Agral MARYSE GENDRON, ÉTUDIANTE EN AGRONOMIE ET DIRECTRICE GÉNÉRALE DE L’AGRAL

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our voyager, il suffit d’ouvrir son garde-manger...

Édition février 2012 Mot de l’Agral Chronique de l’OAQ Où s’en va notre passé? Fini le SAACrifice….place au banquet Info Via agro-écologie Facebook diantre! Voyage sous les tropiques Le carrefour de la Coopération: la croisée des chemins du monde L’ingénieur alimentaire à l’international La cuisine canadienne: des recettes traditionnelles; des ingrédients internationaux Les meilleurs trucs pour faire carrière à l’international enfin révélés! Le premier colloque étudiant en développement international Être dans la peau de P. Gauthier

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L’Agral THÉ Nom latin : Camellia sinensis Principaux pays producteurs : Chine, Inde, Sri Lanka et Kenya Le théier est un arbuste qui vient d’ExtrêmeOrient. Ses feuilles sont généralement encore cueillies à la main. Les feuilles les plus jeunes fournissent un thé plus goûteux et recherché. En plantation, cet arbuste est taillé de façon à ce qu’il ne dépasse pas un mètre pour faciliter la récolte.

RIZ Noms latins : Oryza sativa L., originaire de l’Asie, et Oryza glaberrima Steud., originaire de l’Afrique de l’Ouest Principaux pays producteurs : Chine, Inde et Indonésie. La riziculture irriguée est le mode de production le plus utilisé : le niveau d’eau dans les rizières est contrôlé à l’aide de digues et de canaux d’irrigation. Deux méthodes sont utilisées pour implanter une culture de riz : le semis direct ou le repiquage de plantules.

BANANE Nom latin : Musa x paradisiaca Le bananier cultivé est une espèce hybride qui provient du croisement entre deux espèces : Musa acuminata et Musa balbisiana. Malgré sa taille parfois impressionnante, le bananier n’est pas un arbre, mais bien une plante herbacée. De plus, cette plante ne possède pas de tige, mais bien des feuilles qui prennent naissance sur une tige souterraine.

Journal des étudiants de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation Local 0116, Pavillon Paul-Comtois 2425 rue de l’Agriculture, Québec (Qc) G1V 0A6 Tél : (418) 656-2131 poste 3565 Fax : (418) 656-2610 agral@fsaa.ulaval.ca Directrice générale : Maryse Gendron Rédacteur en chef : Maxim Lavoie Chef de pupitre : Anne-Sophie Dumas Directeur de production : Pierre-Olivier Romain Secrétaire : Myriam Côté

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MOT DE L’AGRAL

4 | Le journal l’Agral

OLIVE

SUCRE

Nom latin : Olea europaea L. subsp. europaea

Nom latin : Saccharum sp. Ce sont les plantes les plus cultivées dans le monde. La canne à sucre est une graminée qui peut atteindre 2,5 à 6 mètres de hauteur. On la cultive pour sa tige. L’implantation d’une culture de canne à sucre se fait par bouturage : on coupe des portions de tige de plantes saines et on les enterre dans un sillon.

ARACHIDE Nom latin : Arachis hypogaea Principaux pays producteurs : Chine et Inde. L’arachide est une plante annuelle qui mesure entre 20 et 90 centimètres de hauteur. L’ovaire est inséré sur le gynophore; après la fécondation, cette structure s’allonge et se courbe vers le sol. Le fruit se développe donc à une profondeur de 3 à 5 centimètres dans le sol.

L’olivier est un arbre qu’on retrouve dans les régions méditerranéennes. L’olive immature est de couleur verte; elle devient noire à maturité. Bien que l’arbre soit résistant à la sécheresse, les plantations sont souvent irriguées, ce qui accélère la croissance et régularise les rendements.


Février 2012| 5

En 2012, le monde vient à vous! ORDRE DES AGRONOMES DU QUÉBEC

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ous les jours, les agronomes contribuent à façonner la chaîne alimentaire de manière durable et optimale. Ceci, dans le but d’assurer à la population un accès à une alimentation saine et de qualité. Qu’ils agissent à titre de conseillers agricoles ou de vulgarisateurs scientifiques, qu’ils participent au développement de programmes ou de politiques visant l’amélioration de la production, la mise en marché, la transformation ou la distribution des aliments, les agronomes contribuent quotidiennement à nourrir le monde. Bientôt, vous serez ceux qui apporteront votre contribution professionnelle au grand défi que représente « nourrir le monde ». Cet enjeu de taille appelle une préparation en conséquence et surtout le développement d’une vision commune ou ouverte. C’est là l’un des objectifs du congrès mondial des agronomes 2012 qui se tiendra, pour la première fois en Amérique du Nord, à Québec, en septembre prochain. L’effet papillon Selon les projections, la population mondiale devrait atteindre 9 milliards d’êtres humains en 2050. À l’échelle planétaire, les conséquences seront énormes : l’augmentation de la concurrence pour l’utilisation des terres cultivables, les changements climatiques, l’accès à l’eau, la demande accrue pour les biocarburants et les atteintes à la biodiversité n’en sont que quelques exemples. Chez nous comme ailleurs, chaque geste posé a des conséquences. C’est comme l’effet papillon! Aussi, tout ce qui touche l’aliment entraîne son lot d’effets tant sur la santé, l’économie, le développement de la société que sur l’environnement, etc. Des exemples? De notre côté de la planète : La hausse du prix des intrants (tels que les carburants, les engrais, l’équipement, dont nos modes de production sont de plus en plus dépendants) génère une augmentation du coût des produits... Cette augmentation accentue la difficulté d’accès aux aliments frais et sains pour les tranches les plus démunies de notre population, qui accentue à son tour la prévalence des problèmes de santé;

Les préoccupations des consommateurs pour la provenance et le mode de production des aliments entraînent l’expansion de créneaux (biologique, équitable...) qui accentue à la fois l’iniquité d’accès et les pressions sur l’ensemble des acteurs de la chaîne de production. ... et de leur côté de la planète La volatilité des prix des produits alimentaires mondiaux a des conséquences sur la sécurité alimentaire des populations les plus vulnérables, dans la mesure où elle porte atteinte au pouvoir d’achat et au revenu des ménages. La faible productivité des exploitations agricoles due, d’une part, au manque de moyens de production et, d’autre part, au manque de transfert de connaissances pénalise le développement de certaines populations ou alors les maintient dans un état de servitude. L’augmentation de la concurrence pour l’accès aux terres et à l’eau ou des problèmes exacerbés par les phénomènes météorologiques entraîne des conflits dont les populations font les frais. Comme agronome, il est nécessaire d’ouvrir ses connaissances sur ces enjeux pour mieux contribuer à la progression de l’agriculture d’ici, bien comprendre l’agriculture d’ailleurs et arriver à développer les interrelations optimales entre les deux. Un congrès mondial permet un contact direct avec ces enjeux, expliqués par des conférenciers venus des 4 coins de la planète, au bénéfice des professionnels d’ici et d’ailleurs. Vous bénéficiez donc d’une chance inouïe, et ce, au début de votre carrière, alors profitez-en! Le congrès mondial des agronomes vous propose une occasion unique d’échanger avec des agronomes, des décideurs, des professionnels et des étudiants du monde entier sur ces divers enjeux et défis et aussi, surtout, sur les solutions. Prenez part à ce rassemblement de confrères et enrichissez votre vision... ouvrez cette porte sur le monde en vous inscrivant!


ÉDITORIAL

6 | Le journal l’Agral

Où s'en va notre passé? MAXIM LAVOIE, RÉDACTEUR EN CHEF ET ÉTUDIANT EN AGRONOMIE

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n songeant au thème de la SAAC, Cultivons notre héritage, une légère nostalgie liée aux procédés autrefois utilisés par nos aînés m'a traversé le cœur. Je me suis remémoré quelques événements de mon enfance qui ont été marquants dans ma vie. Plusieurs procédés qui, pour plusieurs jeunes d'aujourd'hui, sont devenus presque inaccessibles malheureusement. Je me rappelle ces matins de fin de semaine quand, ayant dormi chez mes grands-parents, mon grand-père arrivait de la traite des vaches et graissait mes toasts avec du bon beurre qu'il avait lui-même préparé. Un bon beurre gras, pas toujours assez salé, avec un goût parfois… questionnant. Mais quel délice en bouche! Je me rappelle ces hivers froids et rigoureux où je m'en allais dans le bois avec mon père et son père pour bûcher ce qui allait nous chauffer les orteils l'hiver suivant. Comme j'avais froid aux pieds! Mais comme le chocolat chaud était bon en arrivant à la maison et comme la chaleur du foyer était gaie! Le repas remplissait mon estomac vide à s'être dépensé toute la journée. On aurait dit que la nourriture était encore meilleure. Je me souviens de ces printemps si attendus où l'on prenait la motoneige et la traîne et qu'on s'en allait dans le bois pour se faire du bon sirop d'érable. C'était dur, entailler chaque arbre un par un, mettre un sceau par arbre et récolter l'eau d'érable! L'eau d'érable, quel délice en bouche quand tes pieds sont fatigués de te traîner, que tu n'as pas bu depuis des heures et que tu as soif. Bref, une fois l’eau récoltée, ce n'est pas fini! Il faut toute la faire évaporer! Il y en a beaucoup, donc on se dit qu'on va avoir une quantité phénoménale de sirop d'érable! Cela veut dire, pour mon cœur d'enfant, plein de tire sur la neige. Youpi! Tôt le matin, on commence à faire bouillir. Tout l'après-midi, ça bout. C'est bien long cette affaire-là! Et en plus, le volume de sirop chute vraiment beaucoup! Finalement, il faut

attendre la tombée de la nuit pour que ce soit prêt, et que l’on n'obtienne que quelques litres de sirop. Pourtant, la marmite était pleine à ras bord et là, on n'a qu'un fond de sirop! C'est trop injuste d'avoir travaillé si fort pour si peu! Mais comme c'est bon! Je me rappelle aussi cette crème qu'on faisait avec cette bonne vieille écrémeuse difficile à ajuster, dont le système électrique nous lâchait à tout instant et qui nous donnait une crème tellement épaisse qu'on pouvait l'étendre au couteau sur du pain pour se faire des beurrées de crème (par chez moi, une beurrée de crème est simplement de la crème sur du pain et à laquelle on saupoudre de la cassonade). Le beurre m'a appris que dans la vie, il y a parfois des moments moins savoureux qu'il faut apprendre à aimer quand même. Le bois et le sirop d'érable m'ont appris à trimer dur, à me dépenser. Ils m'ont appris que l'effort mis à l'ouvrage est récompensé. Le sirop d'érable, spécialement, m'a appris la patiente et la richesse des petites choses. En effet, d'une quantité incommensurable d'eau d'érable, on n'obtient que quelques gorgées de sirop. Il m'a aussi appris que derrière l'eau, il y a le sucre. Que derrière ce qu'on voit de mal chez une personne, il y a cette bonté qu'il faut extraire. La crème, elle, m'a appris à apprécier ces moments sucrés qui passent souvent trop rapidement, et parfois tellement vite qu'on ne s'aperçoit de ces moments qu'une fois qu'ils sont terminés. Par contre, ce n'est pas parce qu'il n'y a plus de dessert dans notre assiette que le petit goût doux et sucré n'est plus dans notre bouche! Redécouvrir ces merveilles, c'est génial chaque fois. Y repenser, c'est comme si on revivait ces moments. Ces héritages de nos ancêtres devraient être perpétués, tout comme l'est le fameux sucre à la crème de grand-maman dans chaque famille. Ce serait malheureux de perdre tout ça, vous ne croyez pas?


VIE FACULTAIRE

Octobre 2010| 7

Fini le SAACrifice … Place au Banquet!

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ey hop! Une SAAC de plus en poche! On peut enfin recommencer à festoyer et à se livrer à des heures de procrastination et ce, sans se sentir le moindrement coupable. Car, on doit l’admettre, la préparation nécessaire pour ces trois jours tant attendus ne fut pas de tout repos. Chaque année, on se met une énorme pression sur les épaules en souhaitant faire de l’évènement un succès grandissant. Et je vous annonce que l’on peut s’applaudir sans prétention, puisque cette année, plus de 15 000 personnes de la région de Québec sont venues admirer nos kiosques! L’entrée à l’Université pour la session d’hiver a commencé exactement comme un blitz de fin de session; les cernes aux yeux et avec au minimum quatre cafés par jour dans le ventre, les membres de l’équipe de la SAAC étaient prêts à affronter cette fameuse semaine, une bonne dose d’adrénaline dans le sang. Pour commencer, la première étape du montage consistait à faire le transfert, de l’Université à ExpoCité, de tout le matériel nécessaire au montage des deux salles du Salon. Nos muscles gonflés à bloc, nous étions ensuite plus que prêts pour le montage des kiosques. Dès lundi soir, armés de marteaux, casques et caps d’acier, l’équipe de la SAAC ainsi que les nombreux bénévoles ont débuté la confection des kiosques. Chaque journée fut un réel défi; il fallait atteindre les objectifs de construction énoncés par le Roux tout en sachant dealer avec les imprévus du jour. Pendant ce temps, au bureau, nous avions la broue dans le toupet. Notre quotidien se résumait ainsi : répondre aux mêmes questions téléphoniques cinquante fois par jour, faire le messager entre le bureau et ExpoCité, vendre nos flamboyants chandails aux précieux bénévoles, envoyer des courriels de dernière minute… La course à relais s’est poursuivie ainsi jusqu’au vendredi matin 8h30, où l’on entendait encore la scie ronde faire les dernières finitions.

JOANIE LANGLOIS, ÉTUDIANTE EN AGRONOMIE ET AJOINTE AUX COMMUNICATIONS DE LA SAAC À 9h, chacun attendait avec fébrilité l’arrivée des premiers visiteurs... Ou plutôt, redoutait avec un petit rire nerveux l’arrivée de centaines d’enfants déchaînés! Malgré un nombre atteignant presque 1 000 cette année, les enfants des écoles primaires du Québec ont bien été maîtrisés. C’est d’abord grâce aux bénévoles qui se sont portés volontaires pour mettre à profit leur cours de gardiens avertis, ainsi qu’à ceux qui ont été capturés sur le vif pour contrôler les groupes en délire. Ce fut également toute une joie de constater qu’il n’y eût pas de gros bouchons bloquant l’entrée des autres visiteurs. Plusieurs kiosques avaient préparé des activités spéciales pour occuper une poignée de jeunes à la fois, permettant de piquer leur curiosité et d’accroître leur intérêt envers l’agriculture… et tout ça, en facilitant la circulation! Bravo! Enfin, une fois les kiosques et les bénévoles mis à l’épreuve par la journée du vendredi, le reste de la fin de semaine se déroula à merveille. La satisfaction des visiteurs s’est lue sur leurs visages, et plusieurs sont venus directement nous faire des éloges. ÇA, c’est une belle récompense! Puis, inutile de résumer le démontage, puisque grâce à l’efficacité de toute l’équipe accompagnée d’un nombre record de bénévoles, elle se fit en un coup de vent! Bon maintenant, passons aux choses sérieuses. Après tant d’émotions et d’efforts ébranlant une bonne partie du Comtois, nous méritons maintenant de prendre soin de nous. Alors on se fait beau, on arbore nos diadèmes et nos joyaux, car on vous convie cette année à un Banquet ROYAL! Vous êtes donc tous invités, le 15 février 2012, à venir célébrer au coût raisonnable d’environ 25 $! Comme à l’habitude, vous en aurez pour votre argent avec le délicieux menu élaboré par l’équipe de la gastronomie! Ce même soir, le prix du public pour le meilleur kiosque et plusieurs autres prix vous seront dévoilés! C’est donc l’ultime rendez-vous pour terminer la 37e édition de la SAAC en beauté!


8 | Le journal l’Agral

VIE FACULTAIRE

Info Via agro-écologie

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our ceux qui ne connaissent pas Via agro-écologie, je vous la présente en bref. Il s’agit d’une petite association étudiante portant comme nom l’acronyme Via pour Vulgarisation, Information, Action. On dit Via agro -écologie pour spécifier que notre mission porte sur l’agriculture écologique. Un projet récurrent qu’organise Via est le jardin écologique situé sur la ferme campus de l’Université Laval derrière le Jardin Roger-Van Den Hende. Via agro-écologie recrute - Formation du sous-comité pour le Jardin écologique, réunion jeudi 9 février à 12h30 au local de Via 0120 CMT - Préparer et s’occuper des semis dans les serres de l’Université; - Organiser et préparer le jardin pour la saison d’été; - Faire les demandes de subventions et trouver des commanditaires; - Préparer des ateliers de formation pour les participants du jardin; - Être le prestigieux jardinier engagé pour l’été 2012.

LOUIS MÉNARD, ÉTUDIANT EN AGRONOMIE ET RESPONSABLE DU JARDIN DE VIA Que vous ayez une ou dix heures par semaine, nous avons besoin de vous. Sachez que même si vous avez un stage à l’extérieur, vous pouvez aider. Une grande partie du travail doit se faire entre janvier et avril. Pour tous commentaires ou questions concernant le jardin, vous pouvez écrire à jardinvia@yahoo.ca ou venir nous voir au local de Via, le 0120 CMT. Via vend des livres - Guide de fertilisation - Guide de production biologique des grandes cultures - Guide des mauvaises herbes - Petite table de conversion - Mémento de l’agronome - Et plein d’autres, venez nous voir. Nous pouvons prendre des commandes pour les groupes, nous avons des rabais sur les grandes quantités. Via a aussi une belle bibliothèque Nos ouvrages portent autant sur l’agriculture conventionnelle que sur l’agriculture biologique. Vous pourrez trouver (Suite page 10)


OPINION

10 | Le journal l’Agral

Facebook diantre!

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vant même de savoir que le thème du mois traiterait de l'international, je savais quel thème je voulais aborder pour le présent article. Pourtant, la thématique internationale et toute la connotation multiculturelle s'accorde très bien avec ce que je critiquerai traiterai avec plaisir: Facebook. Y-a-t-il machine virtuelle plus postmoderne contemporaine que Facebook? Ça régit une grande partie de la vie d'un trop grand nombre de mes semblables, de 11 à 71 ans. Quand je parle de mes semblables, je parle des étudiants de la FSAA, des jeunes travailleurs, de plus vieux travailleurs, des retraités... en gros le 800 millions d'occidentaux d'occidentalisés qui font merveilleusement partie de ce poulpe social. Cher lecteur, perspicace comme je te connais, je ne doute pas que tu te rends compte que je n'ai pas de Facebook. Peut -être que tu as même essayé de m'ajouter comme ami en lisant ces lignes. Hé! Hé! Hé! Ce bel effort social est en vain. Je n'ai plus de compte Facebook! Certains ont peine à imaginer comment la vie peut suivre son cours si on ne peut pas aller faire son tour sur Facebook le matin, le midi, l'aprèsmidi et le soir. Pourtant, je ne suis pas le seul à pratiquer ce mode de vie. D'autres on fait le pas. Par exemple, dans l'exécutif de l'AGÉTAAC, nous sommes deux et dans VIA agroécologie, nous sommes 2-3-4, dépendamment comment on interprète le « réseau social agro-écologique ». Facebook, c'est le TVA des réseaux sociaux Mais que puis-je donc tant reprocher à Facebook? Avant d'élaborer quelque peu, je tiens à souligner que je ne parle pas à travers mon chapeau, car j'ai fréquenté Facebook pendant trois ans, Mark Zuckerberg peut témoigner! Toujours est-il que ce qui me dérange le plus de Facebook est probablement la perverse dualité exhibitionnisme/voyeurisme que l'utilisateur type vit. Qu'on parle des photos de profil, de party, de voyage vacances à Cuba, ou de la scolarité, des employeurs, du statut émotionnel, on ne fait que s'exposer. Et si seulement cette exposition était faite candidement... Tut tut! Que celui qui n'a jamais vu de playboy ou de playgirl sur Facebook me lance la première pierre. Toute cette vie virtuelle, elle est vécue par des utilisateurs réels qui se compromettent par des statuts les plus insignifiants les uns que les autres. En plus de ces tranches de vies « bidons », d'autres en rajoutent avec des commentaires que d'aucun qualifierait parfois de philosophie à cinq cents. Oh! Je pro-

BERTHIER LESSARD ÉTUDIANT EN AGRONOMIE fite de l'occasion pour clarifier un mot du vocabulaire contemporain : matante. La matante sévit sur Facebook! Il est important de spécifier ici que la matante Facebook peut être à la fois un homme ou une femme, peut avoir 15, 22, 34 ou 55 ans. Tout repose dans l'attitude et l'aptitude à facebooker. Malheureusement, il y a déjà un bout que les matantes ont fait l'invasion de Facebook en parlant de leurs petits chiens, ou en poussant un commentaire sur Occupation Double. Parlant d'Occupation Double et de la Cultures avec un grand C, je reproche à Facebook sa futilité. C'est quand même un problème tout ce temps que tout le monde passe sur Facebook car pendant ce temps-là, les classiques de la littérature prennent la poussière, les conservatoires de musique se vident et la production de macramé tombe en flèche. Je rigole, je rigole, et je ne fais pas beaucoup mieux. Je progresse lentement dans ma lecture Guerre et Paix en version originale russe... Grégaires comme des moutons Pourtant, je reconnais que Facebook peut avoir certaines utilités. C'est vrai que ça peut permettre de retrouver des gens qui autrement seraient introuvables moins trouvables. On peut « j'aimer » toutes sortes de choses. On peut faire des stages de production agricole sur Farmville. Et surtout, on peut vivre notre grégarisme. Mais, Facebook est-il si fondamental que ça? Le courriel existait avant Facebook et on s'en sortait très bien. Le chat Facebook ne remplacera jamais une vraie discussion... Mes statuts de vie, s'ils t'intéressent, je te les dirai! Au plaisir de discuter avec vous... (Suite de la page 8)

des livres comme le guide de production de bovin laitier, le maraîchage biodynamique en passant par la pisciculture. Nous avons aussi quelques périodiques, dont La terre de chez nous. Notez qu’ils sont en consultation sur place seulement. Via a un vermicompost Notre vermicompost pourrait surtout vous intéresser si vous voulez démarrer votre propre vermicompost. Vous n’avez qu’à venir nous voir au local 0120 CMT et nous pourrons vous donner quelques vers. Via offre gratuitement des tisanes Notre gentille jardinière de l’été passé nous a récolté une belle variété de tisanes que vous pourrez venir essayer, une fois de plus au local de Via, le 0120.


INTERNATIONAL

12 | Le journal l’Agral

Voyage sous les Tropiques

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ANNE-SOPHIE DUMAS, ÉTUDIANTE EN AGRONOMIE ET CHEF DE PUPITRE

n plein cœur de la forêt tropicale, près des orchidées, des bananiers ou encore des plantes carnivores, il n’est pas rare de rencontrer une herbe géante semiligneuse à la tige creuse cicatrisée par la chute de ses feuilles, pouvant atteindre près de sept mètres et possédant de grandes feuilles très découpées et surtout, abritant de beaux fruits d’aspect très variable. Il s’agit du papayer.

chymopapaïne. Mais à quoi servent celles-ci? La papaïne est utilisée dans le tannage pour assouplir les cuirs et pour attendrir des morceaux de viande trop dure. Elle agit sur les protéines animales en les dissolvant partiellement. La chymopapaïne, quant à elle, est utilisée dans les produits de nettoyage pour les lentilles de contact. Nouvellement, elle a été reconnue pour être utilisée dans les traitements de l’hernie discale.

Le bois de cette herbe est très tendre. Le papayer est dioïque, ce qui signifie que les individus ne sont que mâles ou femelles. Ainsi, pour que l’espèce se reproduise, il doit y avoir au moins un individu de chaque type. Il est à noter que le mâle ne donne jamais de fruits et que ses fleurs sont toujours disposées en longues grappes, comparativement aux fleurs femelles qui sont isolées ou retrouvées en petits groupes. La multiplication du papayer se fait par les graines. Il nécessite beaucoup de chaleur pour bien croître. Il préfère un sol riche, bien perméable et légèrement acide. Un excès d’eau est fatal pour les racines, qui pourrissent aussitôt. Tous les organes du papayer contiennent du latex qui fige au contact de l’air et qui fournit des enzymes : la papaïne et la

D’autres organes du papayer sont utilisés à des fins diverses. Par exemple, au Mexique, les morceaux de viande sont emballés dans les feuilles de papayer avant de les faire cuire, produisant leur attendrissement. De plus, les jeunes feuilles sont consommées comme des légumes. Le latex est directement employé dans la fabrication de la gomme à mâcher.1 Mais à quoi ressemble le fruit et que nous apporte-t-il? Voici un résumé (tableau 1) de la valeur nutritive de la papaye. Elle est verte ou jaune et sa taille varie de 7 à 30 cm. La forme peut être allongée ou arrondie. La peau est fine et la chair jaunâtre à orange est sucrée. De nombreuses graines noires, entourées d’une couche gélatineuse, se retrouvent à l’intérieur du fruit. Les fruits sont très fragiles est supportent mal le transport. La papaye est reconnue pour ses bienfaits. Sa consommation élevée est associée à une diminution du risque de souffrir d’un cancer du sein et du cancer du col de l’utérus. De plus, la papaye fraîche et son jus sont de bonnes sources de caroténoïdes, des antioxydants donnant la couleur orangée et étant précurseurs de la vitamine A. Ce fruit est une source de fibres alimentaires et apporte rapidement, suite à sa consommation, la sensation de satiété, c’est-àdire qu’il aide à satisfaire l’appétit. En plus de tout cela, il est une source de vitamines C, B5, B9, E et de potassium. (Suite page 14)

Photo: http://www.passeportsante.net/fr/Nutrition/EncyclopedieAliments/Fiche.aspx?doc=papaye_


INTERNATIONAL

14 | Le journal l’Agral

(Suite de la page 12)

Le Carrefour de la Coopération : la croisée des chemins du monde

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GENEVIÈVE LAROCHE ET MANAGERS SANS FRONTIÈRES e

anagers sans frontières est fier d’organiser la 7 édition du Carrefour de la Coopération qui aura lieu le mercredi 8 février de 9 h à 16 h 30, au pavillon Alphonse-Desjardins de l’Université Laval, dans le cadre de la Semaine du développement international. Lors de cette journée, 30 organisations œuvrant dans le domaine du développement international seront présentes afin de faire connaître leur travail, offrir des emplois ou des stages et sensibiliser le public aux enjeux de la coopération. Pendant la journée, quatre invités de renom se succèderont afin de partager leur expérience par le biais de conférences sur des thématiques variées. En nouveauté cette année, le Carrefour de la Coopération a intégré à son horaire le colloque « Des stratégies de développement à l’épreuve de la recherche » organisé par la Chaire en développement international de l’Université Laval. De plus, d’autres activités agrémenteront la journée telles une exposition de photos sur Haïti, présentée par l’Agence canadienne de développement international (ACDI), ainsi qu’une prestation musicale offerte par Djembé Québec. Bien sûr, cette journée est rendue possible grâce à la participation depuis trois ans de notre fier partenaire, Développement et Paix, ainsi qu’avec l’appui de nos partenaires solidaires que sont la Chaire en développement international, le Service de placement de l'Université Laval, Développement international Desjardins, le Carrefour de solidarité internationale, CUSO International, et le Partenariat pour les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Toutefois, quelques précautions sont à prendre. La papaye peut modifier la concentration sanguine et le latex qu’elle renferme peut causer des réactions allergiques. Pour conclure, voici quelques idées pour apprêter la papaye: - La papaye peut être mélangée avec du yogourt ou du lait dans le mélangeur; - Elle peut être intégrée à une salade de fruits; - Elle peut être cuite et servie comme des patates douces ou des courges; - Elle peut être trempée dans du chocolat lors d’une fondue; - Les graines peuvent être utilisées dans les vinaigrettes; - Elle peut être mélangée au couscous comme dessert; - Elle peut être introduite dans des rouleaux printaniers avec des fines herbes et du concombre; - Elle peut être mélangée dans des sauces et des salsas; - Elle peut être servie avec du poisson et des fruits de mer.2 Sources : Les images et les informations sont tirées des sites internet suivants : 1 Le papayer : http://tous-les-fruits.com/photos/lrey/ photo-249.html 2 La papaye : http://www.bigbangcereales.fr/Mixcomposez-vos-cereales/Fruit/pa2e3.html

11 h 45 : « 6 années au Tribunal spécial pour la Sierra Leone, l’expérience d’un Juge dans un tribunal international pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité », M. Pierre G. Boutet, Juge SCSL. 13 h : « La gestion des opérations humanitaires en zone de conflits », M. Jocelyn Brousseau, Travailleur humanitaire, Danish Refugee Council (2010-2011 en RCA) et Oxfam (2008-2010 en RDC).

Horaire détaillé 9 h à 16 h (Atrium) : Salon des exposants et Exposition de photos « Là pour Haïti » 11 h à 12 h (Atrium) : Prestation de Djembé Québec 8 h 30 à 16 h 30 (Cercle, 4e étage) : Conférences : 8 h 30 à 11 h : Colloque : « Des stratégies de développement à l’épreuve de la recherche », organisé par la Chaire en développement international.

14 h 15 : « Les Paysans du monde refroidissent la planète. Solidaires, l’avenir est entre nos mains ! », M. Simon Bikay et M. Charles-Eugène Bergeron, Membres de Développement et Paix. 15 h 30 : « Le métier de journaliste à l'étranger : derrière l'image, la réalité », M. Jean-Thomas Léveillé, Journaliste, Radio-Canada.


INTERNATIONAL

Février 2012| 17

L’ingénieur alimentaire à l’international

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et article a pour objet d’éclaircir deux thèmes directement en lien avec la thématique internationale : l’ingénierie alimentaire et le Mali. Certaines personnes dans mon entourage ont tenté de tirer un lien entre les deux sujets : « Ben c’est évident, tu vas résoudre la crise de la famine en Afrique. » La réponse n’est pas si simple et il est nécessaire de préciser davantage. Je veux tout d’abord exprimer la mission d’un ingénieur alimentaire peu importe son lieu de travail. Le « génie » alimentaire a la responsabilité d’optimiser le procédé de manutention, de transformation et de distribution des aliments. Comment faire plus avec moins tout en gardant le principe de qualité en tête (important dans le secteur alimentaire)? Plusieurs exemples d’applications concrètes seront détaillés plus loin. Dans ce cas-ci, on s’intéresse à la filière de la transformation du karité. Le Mali est un pays continental d’Afrique de l’Ouest enclavé par le Burkina Faso, le Niger, le Sénégal, la Guinée, la Mauritanie, l’Algérie et la Côte d’Ivoire. L’indice du développement humain classe ce pays au 175e rang sur 187. Le salaire moyen annuel est de 680 $ par rapport au salaire canadien de 42 170 $ (statistique publiée en 2009). La langue officielle du pays est le français, sauf que le bambara est plus fréquemment utilisé. Cette ancienne colonie française se démarque par sa diversité culturelle (la population malienne se divise en plus de 13 ethnies) et par son attachement à la tradition. La musique mandingue, l’art des masques bambara, l’habillement traditionnel en bogolan, les mariages du dimanche, la dance rythmée au son du djembé, les cinq prières par jour et le riz gras sont des exemples du patrimoine culturel malien. Ici, ce n’est pas le hockey, c’est le foot. Quand on sort ce n’est pas le techno, c’est le coupé décalé. Entre amis, on remplace la bière par le

FRANCIS BEAUREGARD ÉTUDIANT EN GÉNIE ALIMENTAIRE thé sucré. On mange le repas avec la main droite et je vous laisse deviner ce qu’on fait avec la main gauche. Si un étranger vous salue, vous devez lui engager la conversation même si vous êtes en retard au boulot. Bref, des exemples typiques de la vie quotidienne qui paraissent banales, mais qui nécessitent parfois des sérieuses remises en question… Réalité de l’industrie agroalimentaire et de la filière karité Avec un territoire composé de 65 % de régions désertiques ou semi-désertiques, il est difficile à imaginer que 80 % de la population vit de l’agriculture ou de la pêche et que l’activité industrielle tourne autour de ces secteurs. Les principales sources d’exportation sont le coton (premier producteur au sud du Sahara) et le bétail. Toutefois, les fluctuations importantes du prix du coton dans les dernières années ont forcé la diversification de la production agricole afin d’assurer un développement économique durable. L’attention s’est donc tournée sur un fruit avec un fort potentiel de développement : le karité. Ce fruit est un produit de cueillette et on extrait l’huile à partir de l’amande dans le noyau. Au Mali, le karité est considéré comme étant le premier produit de cueillette. La production nationale oscille entre 45 000 et 50 000 tonnes d’huile par an. Elle représente la première source de revenus pour plusieurs femmes en région. On utilise traditionnellement l’huile dans la préparation des aliments et dans la fabrication des savons ; comme produit thérapeutique (cicatrisant), massage, pommade, éclairage et étanchéité des enduits. Les multinationales chocolatières utilisent le beurre de karité comme substituant au beurre de cacao car ses propriétés physico-chimiques font de lui une excellente graisse végétale. Il est évident qu’aux yeux d’un ingénieur alimentaire, le potentiel de transformation est immense. Mon mandat et les réalisations À la fin de mon cursus universitaire, plusieurs possibilités d’emploi se sont présentées et j’ai dû faire des choix difficiles. Après une courte expérience dans le domaine du génie -conseil, j’ai compris que je n’avais rien à perdre (presque) et (Suite page 18)


18 | Le journal l’Agral que je devais tenter l’expérience internationale. Comme l’adage le dit : « Chaque chose en son temps ». J’ai donc appliqué pour un stage pour un organisme nommé SOCODEVI (Société de coopération et de développement international). Un signe que la vie nous réserve de belles surprises, une opportunité dans la filière du karité au Mali s’est offerte à moi. J’ai donc fait le grand saut avec une idée en tête, soit une nouvelle expérience culturelle. Le mandat qu’on m’a transmis est d’aider les femmes transformatrices de karité à devenir plus productives et d’améliorer les aménagements de deux coopératives (Yiriwaso et Coprokazan). La construction de hangar de barattage, d’un hangar de pesage, l’implantation de la méthode « 5S », l’élaboration d’un outil de traçabilité et la conception de fours améliorés ne sont

que des exemples d’applications concrètes d’ingénierie alimentaire. Rien de très complexe, mais cela peut faire une grande différence dans le quotidien des femmes. Appréciation personnelle d’une expérience à l’étranger L’aspect qui demande le plus d’efforts est définitivement l’adaptation professionnelle. Les troubles gastriques aussi, mais je vous épargne les détails! On met beaucoup d’accent lors des études en ingénierie sur l’apprentissage des aspects techniques relatifs à notre domaine d’étude. Cependant, l’école de la vie nous apprend à travailler avec les besoins de notre client et avec des moyens limités. Lorsqu’en plus on t’oblige à travailler dans une autre langue et avec des femmes analphabètes, on comprend rapidement l’ampleur du défi. La première étape d’un projet viable est de laisser ses préjugés occidentaux de côté et s’efforcer de comprendre la réalité sur le terrain. Le proverbe dit : « La plus belle harmonie naît des différences ». Une fois que les besoins sont cernés, il faut concevoir des outils ou des méthodes qui peuvent satisfaire les exigences des femmes. C’est un processus qui nécessite une communication et une coopération constante. La dimension sociale d’un projet est, selon moi, l’aspect qui prime, au détriment de la productivité. Ici, tout

INTERNATIONAL est une question de relation. Un constat normal lorsqu’on observe que l’état ne réussit pas à faire vivre sa population. Vers qui alors se tourne-t-on naturellement? La famille. On comprend maintenant pourquoi tout est une question de relation… Développement de compétences ou développement humain? Je termine cet article en m’adressant à ceux qui sont déchirés entre une carrière au sein d’une grande entreprise ou une carrière en développement international. Dans mon cas, l’opinion défavorable et les reproches de mon entourage face à mon volte-face de carrière ont remis en doute ma décision. Je les remercie aujourd’hui d’avoir remis en question ma volonté de travailler outre-mer, car je suis parti avec une résolution ferme et des objectifs clairs. Peut-être ai-je passé à côté d’une carrière enrichissante et pleine de défis techniques au Québec? D’un autre côté, certains experts RH expliquent que les futurs ingénieurs doivent disposer d’un QI humain pour mieux gérer leurs projets. C’est à chacun d’établir ses plans de carrière et de suivre son chemin peu importe dans quel pays il te mène…karité au Mali s’est offerte à moi. J’ai donc fait le grand saut avec une idée en tête, soit une nouvelle expérience culturelle. Le mandat qu’on m’a transmis est d’aider les femmes transformatrices de karité à devenir plus productives et d’améliorer les aménagements de deux coopératives (Yiriwaso et Coprokazan). La construction de hangar de barattage, d’un hangar de pesage, l’implantation de la méthode « 5S », l’élaboration d’un outil de traçabilité et la conception de fours améliorés ne sont que des exemples d’applications concrètes d’ingénierie alimentaire. Rien de très complexe, mais cela peut faire une grande différence dans le quotidien des femmes.


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La cuisine canadienne : des recettes traditionnelles; des ingrédients internationaux

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CATHY CLOUTIER, ÉTUDIANTE À LA MAÎTRISE EN ÉTUDES QUÉBÉCOISES HISTOIRE DE L’ENVIRONNEMENT

e temps des fêtes a apporté son lot de repas copieux, de recettes familiales « sacrées » dont les effluves, une fois l’an, éveillent une nostalgie qui transcende les générations. Pourtant, la cuisine canadienne telle qu’on la connait aujourd’hui émerge tardivement au XIXe siècle. Ces plats que l’on croit typiques de la Nouvelle-France sont pour la plupart apparus sur les tables canadiennes, il y a environ 150 ans. De 1534 à 1685 : un métissage franco-amérindien En foulant le Nouveau Monde, Cartier est fasciné par les merveilles qui s’offrent à lui: les arbres fruitiers, les bancs de poissons et les bêtes sauvages. Il écrit : « l’ours est grand comme une vache » et sa chair est « aussi bonne à manger qu’une génisse de deux ans ». Champlain lui succède et est aussi frappé par l’abondance : des forêts épaisses, des terres fertiles comme il en a rarement vu, des animaux qui lui sont étrangers, mais qu’il reconnaît tout de même comme « bons à manger », puisque les Amérindiens en consomment régulièrement. Champlain assiste à la tabagie des Sauvages, un festin où l’on se nourrit « fort salement » de « gibiers en quantité ». Le choc des cultures est évident et bien qu'ils soient réticents, les premiers arrivants en Nouvelle-France sont contraints d’intégrer à leur alimentation des produits que leur offre la colonie. Pour survivre aux hivers rigoureux, les Français se tournent vers les ressources locales qui leur procurent une alimentation bien différente de leurs confrères d’Europe. En effet, le paysan français de l’époque se nourrit principalement de céréales et ne consomme que très peu de viande, en raison du monopole exercé sur la chasse par la noblesse. De son côté, le colon s’alimente de chair de gibiers, de poissons, d’oiseaux et de plantes indigènes. D’ailleurs, le maïs, céréale et culture typiquement amérindienne, fait rapidement son apparition dans les écuelles et les jardins. La sagamité, telle que préparée par les peuples amérindiens, est même servie par les religieuses hospitalières de Montréal. C’est ainsi qu’en 1684, lors d’un voyage d’exploration, La Hontan déclare : « Je souhaiterais une aussi bonne cuisine à toute notre noblesse délabrée de France ».

Si les premiers arrivants en Nouvelle-France s’accommodent bien des aliments locaux, ils ne tarderont pas, dès la fin du XVIIe siècle, à implanter plusieurs éléments du menu français dans celui de la colonie. Déjà, les explorateurs avaient reconnu le potentiel des terres du Nouveau Monde et apportaient leur bétail et leurs semences françaises. Par exemple, dès son voyage de 1608, Champlain plante quelques pommiers de Normandie dans la vallée laurentienne. Évidemment, cela ne suffit pas à combler les besoins des colons, mais suppose une volonté d’importer les coutumes alimentaires françaises dans la colonie. Une connaissance un peu plus poussée de leur nouvel environnement ainsi que l’avancement du défrichage permet aux habitants de la Nouvelle-France de s’adonner à des productions végétale et animale françaises. En l’espace de trois générations, les Canadiens délaissent les traditions alimentaires amérindiennes, le maïs devient une culture marginale destinée à l’alimentation des cheptels et la grande aventure de « la civilisation du blé » est lancée. De 1685 à 1764 : un retour (ou une arrivée) à la française De la fin du XVIIe au début du XVIIIe siècle, le blé, l’avoine, l’orge, le pois, la lentille, la fève, l’asperge, le chou, le céleri, l’échalote, l’oignon et la carotte sont désormais cultivés en sol canadien. La citrouille, pourtant présente dans les champs amérindiens, fait aussi, finalement, son apparition au menu. Le Canadien reste réticent devant la courge et les haricots pendant plusieurs décennies; les « fèves » au lard traditionnelles d’aujourd’hui n’auraient pas fait l’unanimité à l’époque! Il en va de même pour la soupe aux pois : bien que la majorité des censitaires cultivent le pois, il est longtemps réservé à l’alimentation des animaux. Ce n’est qu’au début du XVIIIe siècle qu’on présentera le pois sous forme de potage. L’orignal, le caribou, le chevreuil et l’élan sont consommés, mais on se tourne surtout vers le porc. Le lard salé est un aliment de base à cette période : le porc se conserve en saumure même par temps chaud, contrairement (Suite page 22)


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au bœuf que l’on ne peut abattre que l’hiver. En 1757, Montcalm souligne même la qualité supérieure du lard du Nouveau Monde, engraissé avec de la nourriture domestique. La volaille de basse-cour, dont le bouillon est considéré comme un excellent remède, est surtout réservée pour les occasions, les malades et les femmes en relevailles. C’est l’une des raisons pour lesquelles le Canadien aime davantage le gibier ailé tel que l’outarde, le canard, la bécasse et la tourte. À ce moment, la tourtière est déjà un repas robuste et consistant adapté aux hivers, mais elle est très différente de ce que nous connaissons aujourd’hui. Dans les premiers temps de la colonie, la tourtière est un contenant dans lequel on cuit de l’anguille fumée, puis du lard salé. Plus tard, l’appellation tourtière désigne une pâte dans laquelle on retrouve de la chair de tourte et de la sauce blanche. Dans un même ordre d’idées, le « sipaille » traditionnel que nous connaissons comme un assemblage de différents gibiers, de pomme de terre, d’herbes et de pâte, réfère plutôt au « sea pie », un mets composé de poissons de mer et d’eau douce séparés par de minces couches de pâte.

INTERNATIONAL fois, puisque l’élément de base qui compose de 65 à 80 % de l’alimentation des Canadiens est le pain. Le colon consomme en moyenne un kilogramme de pain par jour qu’il accompagne d’eau, de bouillon et de tranches d’oignon. Le pot-au-feu est un repas populaire à cette époque de la Nouvelle-France, mais contrairement à aujourd’hui, il est majoritairement composé de poissons. On retient tout de même les concombres et les melons amérindiens, qu’on recouvre de sucre et de crème : un dessert recherché.

De 1764 à 1840 : une conquête anglaise Lorsque le Régime français s’écroule, plusieurs ingrédients s’ajoutent à la cuisine canadienne. Le commerce passant aux mains des Britanniques, le marché regorge d’importations anglaises. Plusieurs produits fortement associés à la culture culinaire française sont délaissés, notamment les vins de Bordeaux et d’Espagne, déclassés par le rhum jamaïquain. Les traditions culinaires du pays incorporent désormais un ingrédient important et très présent dans la cuisine canadienne telle que nous la connaissons : la pomme de terre. Jusqu’à cette époque, les Canadiens la boudent à À cette période, des cause de son goût. Les vaches à lait sont préécrits des explorateurs sentes dans la colonie « Lorsque monsieur le Gouverneur et madame la Gouvernante feront l'honneur à quelque et des missionnaires la particulier d'aller manger chez lui, il est à propos que ce soit pour y dîner et non pour et on tente de fabriqualifient tour à tour souper, afin de retrancher par là les longues veilles, les passe-temps dangereux, et les quer du beurre, mais autres suites fâcheuses qui ont coutume d'arriver des festins et des assemblées de nuit. » de racine indigeste, de son utilisation est dans Philippe Aubert de Gaspé, Les Anciens canadiens, 1925 Musée de la civilisation, bi- tubercule impropre à bliothèque du Séminaire de Québec, 648.5 secondaire et synola consommation et de nyme de temps difficiles. On préfère le lard pour la cuisnourriture pour les cochons. En fait, on ne consommait son des aliments. Enfin, les fromages sont importés d’Eula pomme de terre qu’en période de grande famine, au rope et les productions locales sont des recettes typiquemême rang que les bourgeons d’arbres! Enfin, après les ment européennes qu’on sert sous le nom « fromage de tentatives infructueuses de l’intendant Bigot à introduire façon hollande » ou encore « fromage de gruyère ». Au la pomme de terre au menu canadien, le gouverneur rang des importations, on retrouve le sucre et la mélasse James Murray, agronome de formation, parvient si bien à des Antilles françaises, mais aussi beaucoup de fruits : le l’implanter à la tradition culinaire que la consommation citron, l’orange, les figues et aussi l’olive. Selon les invendu pain chute de moitié en moins d’un siècle. Plusieurs taires, l’utilisation de l’huile d’olive n’est pas étrangère à cultures de racines fourragères, que l’on considère aula colonie. On boude d’ailleurs l’huile de tournesol à lajourd’hui comme éléments importants de la cuisine canaquelle on n'a recours que par nécessité. dienne traditionnelle, comme la betterave et le rutabaga, sont aussi implantées au même moment par les BritanMalgré cette variété apparente d’aliments dans la coloniques. nie, la disette demeure possible et elle frappe quelques (Suite page 24)


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Retenons aussi de cette conquête culinaire qu’en quelques décennies, les Canadiens adoptent une boisson particulièrement adorée des Anglais : le thé. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, avant cette période, les Canadiens se tenaient loin des infusions d’herbes, y ayant surtout recours comme remède. Si le thé ne gagne pas tout de suite le cœur (et les papilles!) des Canadiens, c’est surtout parce que la tradition anglaise accompagne le thé d’une grande quantité de sucre. En effet, les Canadiens n’ont pas vraiment la dent sucrée avant cette époque : l’eau d’érable est exploitée seulement à la fin du XVIIe siècle et est très rarement consommée sous forme de sirop. Elle est plutôt transformée en sucre qui est exporté vers la métropole et sa pharmacopée. Pour les Canadiens, le sucre est associé aux remèdes plus qu’à l’alimentation quotidienne. L’arrivée des Britanniques, qui consomment près de sept kilos par personne annuellement, bouleverse cette coutume. De 1840 à 1967 : les mets canadiens Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, le Québec devient un important producteur laitier et la population porte un intérêt au porc non plus pour son gras, mais pour sa viande fraîche. C’est ainsi qu’en 1840, le premier recueil français de recettes canadiennes paraît sous les éditions Louis Perrault et est tout simplement intitulé La Cuisinière canadienne. Ce livre contient principalement les recettes que nous identifions aujourd’hui comme les plats traditionnels : pâtés divers, ragoût de pattes de cochon et de boulettes. Il s’agit là de « canadianiser » la cuisine.

Les meilleurs trucs pour faire carrière à l’international enfin révélés! GENEVIÈVE LAROCHE CHAIRE EN DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL

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ous pensez à une carrière à l’international ? Le 7 février prochain, à 12h30 et à 15h30 à l’amphithéâtre Hydro-Québec (pavillon Desjardins), Jean-Marc Hachey, auteur du best-seller The BIG Guide to Living and Working Overseas, exposera en détails les stratégies efficaces pour préparer une recherche d’emploi à l’international lors de sa conférence « Faire carrière à l’international ». Apprenez à présenter votre curriculum vitae et à adapter vos compétences afin de répondre aux critères de sélection internationaux. Les mondes de l’humanitaire et du développement n’auront plus de secrets pour vous! C’est un rendez-vous à ne pas manquer, et c’est gratuit! L’évènement est organisé conjointement par la Chaire en DI et le Bureau international de l’Université Laval, et s’inscrit dans le cadre de la Semaine du Développement international (SDI).

Cette volonté n’arrive pas sans crier gare; on introduit la ménagère québécoise à la cuisine du peuple, à une cuisine nationale, au lendemain de l’échec des Rébellions… Au fil des recettes, on concocte la cuisine traditionnelle canadienne telle qu’on la connait aujourd’hui. On incorpore quelques légumes racines, l’oignon est encore présent, mais beaucoup moins que sous le Régime français et on saupoudre de quelques herbes et épices anglaises comme le clou de girofle et la sarriette. On accompagne le tout de quelques éléments de la culture amérindienne : les haricots, le blé d’inde, et la citrouille. En fin de repas, les desserts et le sirop d’érable sont omniprésents, témoins d’une influence anglaise forte. Illustrant la nouvelle réalité agricole du pays, le beurre est désormais omniprésent, déclassant le lard utilisé par les générations précédentes. Au final, il nous paraît évident que l’édification de la tradition culinaire canadienne est récente, empreinte d’un passé multiculturel; d’une rencontre entre les cultures

Le conférencier M. Jean-Marc Hachey. Photo : monemploi.com amérindienne, française et anglaise. Si la présente recherche se termine en 1967, ce n’est pas à tout hasard : l’Expo 67 avec son ouverture sur le monde a sans aucun doute profondément modifié les coutumes culinaires du Québec, incorporant plus que jamais des éléments internationaux.


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Le premier colloque étudiant en développement international GENEVIÈVE LAROCHE CHAIRE EN DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL

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a Chaire en développement international de l’Université Laval, en collaboration avec l’Association des étudiants antillais, est heureuse d’inviter les étudiants, les professeurs et les passionnés du développement de tous horizons à son premier colloque étudiant qui se déroulera les mercredi 8 et jeudi 9 février prochains, de 8 h 30 à 17 h, au pavillon Alphonse-Desjardins de l’Université Laval, dans le cadre de la Semaine du développement international. Sous le thème « Des stratégies à l’épreuve de la recherche », le colloque sera l’occasion d’entendre des étudiants des 2e et 3e cycles et des professeurs partager, dans une perspective interdisciplinaire, leurs projets de recherche et leurs réflexions sur les pratiques actuelles et d’avenir en développement international. Des discussions et échanges seront au menu, de même que la projection d’un reportage réalisé par les étudiants à la maîtrise en journalisme international. Fruit d’une collaboration sans précédent avec Managers sans frontières, le colloque intègrera à son programme les activités et conférences du Carrefour de la Coopération le mercredi 8 février (voir autre article sur le Carrefour de la Coopération pour tous les détails concernant sa programmation).

PROGRAMME PRÉLIMINAIRE Mercredi 8 février – Cercle (4e étage, Pavillon Desjardins) 8 h 30 à 11 h Terres et forêts : comment protéger les ressources? Contribution de l'aménagement écosystémique à la certification des forêts de production permanente à Oshwe en République Démocratique du Congo. - Papy-Claude Bolaluembe (UL) L'éducation environnementale pour une meilleure gestion locale des ressources naturelles? - Daniel-Alexandre Gagnon (UL) Quid de l'achat des terres arables par les multinationales face au droit à l'alimentation des pays en développement! Les populations locales ont-elles eu leur mot à dire? Thierno Souleymane Barry (Sherbrooke) 11 h 30 à 17h Conférences du Carrefour de la Coopération Atrium (Pavillon Desjardins)

L’entrée aux différentes activités du colloque est libre et gratuite. La tenue de l’évènement est rendue possible grâce à l’appui de notre partenaire majeur, l’Association canadienne pour l’étude du développement international (ACÉDI), de nos partenaires engagés que sont le Bureau international de l’Université Laval et la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation de l’Université Laval, de nos partenaires solidaires Managers sans frontières et la Faculté de foresterie, de géomatique et de géographie de l’Université Laval (FFGG) et de nos partenaires globetrotters, Développement international Desjardins et La Coopérative Zone de l’Université Laval. Toute l’information se trouve sur notre site internet (www.chairedi.fsaa.ulaval.ca), sous l’onglet événement.

9 h à 16 h

Salon des exposants Exposition « Là pout Haïti »

11 h à 12 h

Prestation de Djembé par Djembé Québec

Jeudi 9 février – Salles 2326 et 2320, Pavillon Desjardins 8 h 30 à 12 h 8 h 30 à 12 h L’agroforesterie et l’agriculture urbaine : l’avenir de l’agriculture? Agriculture urbaine au Sénégal - Émilie Pinard (UL) L'approche analytique des diverses modalités de reforestation (Suite page 27)


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en savane sur les plateaux de Bateke. - Tolérant Lubalega (UL)

13 h à 17 h Le tourisme : outil de développement durable ?

Appui/conseil en agroforesterie: étude des besoins des paysans de cinq villages de la région de Koulikoro, au Mali. Modibo Sogoba (UL)

Écotourisme au Laos : le cas des éléphants domestiques du district de Hongsa. - Natacha Boisjoly (UQÀM)

L'intégration des savoirs des agriculteurs dans les projets agroforestiers: le cas des haies antiérosives au Burundi. Geneviève Laroche (UL) ONGs et participation pour le développement : quels défis ? Les approches de communication participative en coopération internationale: une étude de cas au Mali. - Marianne Drouin (Sherbrooke) Développement agricole dans le Sud du Rwanda : Étude du processus de participation locale au sein des coopératives. - Pierre-Anne Turmel (Ottawa) Exposer les organisations non-gouvernementales: Démystifier le pouvoir insidieux des bailleurs de fonds. - AnneMarie Duval (UL)

DIVERTISSEMENT

Le tourisme rural communautaire à Isla Chira (Costa Rica): véritable stratégie de développement ou simple mirage? - Jérôme Gandin (UL) Tourisme culturel et développement durable en Haïti: Le cas de Jacmel - Joseph Ronald Dautruche (UL) Projection d’un reportage d’étudiants suivie d’un atelier de discussion 17h Cocktail de clôture et remise du prix pour la meilleure communication.


CHRONIQUE HOCKEY

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Être dans la peau de P. Gauthier

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NICOLAS SIGMEN, GUILLAUME BESSETTE ET ALEXIS WARIDEL ÉTUDIANTS EN AGRONOMIE

i! Oi! Bien le bonjour à vous tous, fervents amateurs des Canadiens/Nordiques (que voulez-vous, il faut s’arranger pour rejoindre le plus de monde possible). Comme vous le savez tous, dernièrement, de nombreuses personnes ont osé pointer du doigt le vénérable Pierre Gauthier afin d’expliquer les déboires des Canadiens de Montréal. Plusieurs réclament même sa tête servie sur un plateau d’argent. À nous de répondre : Minute papillon! Le travail de directeur général n’est pas de tout repos et afin de vous le prouver, nous allons nous mettre à sa place en simulant une saison à NHL 2012, sous le mode Deviens directeur général. Il nous sera alors possible d’évaluer les performances de M. Gauthier à ce jour ainsi que les possibilités futures pour l’équipe. Tout d’abord, après 6 défaites lors des 7 premiers matchs, nous avons abordé les Coyotes afin de mettre la main sur Nokelainen. Après avoir proposé le même échange que celui de Gauthier, voici leur réponse : « Petteri Nokelainen est quasiment au top de son potentiel. Ce n’est donc pas le moment pour Phoenix de s’en séparer. Merci quand même pour l’offre. » Fait intéressant à noter, même en simulant, Andrei Markov se blesse, et ce, plus d’une fois même! Ensuite, nous avons voulu échanger Spacek en Caroline pour Kaberle lors de la date réelle, c’est-à-dire le 9 décembre, alors que notre équipe montre une fiche de 12-14-3. Encore une fois, l’échange nous a été refusé et voici le commentaire du DG adverse : « Je ne suis pas arrivé là où j’en suis avec la Caroline en passant des accords fantaisistes de ce genre-là et ce n’est pas maintenant que je vais commencer. » Par contre, puisque nous voulons être fidèles à la réalité, nous avons forcé l’échange en donnant plein de choix au repêchage. Par la suite, en date du 13 janvier, nous devions

échanger le meneur de l’équipe au niveau des buts (14) et des passes (24), le fameux nain Mike Cammalleri. La fiche de l’équipe est de 19-20-4, bon pour le 12e rang de la conférence. Comme on dit, jamais deux sans trois. Nous avons dû nous butter à un autre échec pour l’obtention de Rene Bourque avec comme réponse : « Franchement, si vous étiez directeur général de Calgary, vous accepteriez une offre pareille? Pas si vous êtes sains d’esprit. Allons, l’échange n’est pas équitable et vous le savez. » Donc, en résumé, les échanges effectués par P. Gauthier en date d’aujourd’hui sont vraiment des choix de premier plan afin d’améliorer l’équipe. À maintes et maintes reprises, il a su crosser les autres DG de la ligue grâce à son charme incroyable. C’est pourquoi nous vénérons cet homme fantastique. Mais ce n’est pas tout, la saison n’est pas encore terminée. Il est maintenant temps pour vos experts élites de la chronique de hockey de montrer le chemin à suivre à M. Gauthier afin de mettre sur pieds l’équipe parfaite. Notre premier move est de réclamer le joueur que St-Louis a mis au ballottage, Jamie Langenbrunner. Cette acquisition permettra de faire renaître Gomez et Gionta et ainsi recréer les belles années des Devils. Par ailleurs, il nous a été possible de dénicher une vraie mine d’or. Il est primordial de contacter Pierre afin de lui dire de mettre tous ces efforts sur le cas Getzlaf. En effet, il nous a été possible d’acquérir ce joueur élite contre un choix de 1re ronde en 2013 et Andrei Markov, blessé. Leur réponse à notre offre a été des plus surprenante : « Je ne vais pas pinailler1 sur une transaction pareil. Anaheim vous remercie donc et accepte votre proposition. » Malheureusement, malgré tous ces efforts, le Canadien (3028-5) ne fait pas partie des 8 meilleures équipes de la Conférence Est une fois la date limite des échanges arrivée (11e). Il est donc nécessaire de faire des changements chez les joueurs. Puisque l’équipe a un grave besoin de bœuf, nous avons mis la main sur le meilleur joueur pour faire le gros devant un filet : Dustin Byfuglien. Puisque Winnipeg était dur en affaires, nous avons dû lui céder Weber ainsi que nos choix de 1re ronde en 2015, 2016 et 2017. De toute façon le repêchage ne veut rien dire, c’est trop aléatoire. Par la suite, il faut rappeler Louis Leblanc des mineurs afin de donner à ce dernier sa chance de devenir l’Alexandre Daigle des temps modernes. (Suite page 30)


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C’est ainsi que le reste de la saison fut simulé. Le résultat final fut frappant. Une fiche de 42-34-6 a été bon pour la huitième place ce qui permit à l’équipe d’accéder aux séries d’après saison. Suite à cet exploit, nous avons reçu un message du propriétaire (Jeff Molson) disant que 42 victoires dans une saison, c’est inespéré. Malheureusement pour nous, les Canadiens se sont faits battre à pleine couture par les Islanders de New-York, avec leur joueur étoile : Nicolas Sigmen. Et oui, il a oublié d’enlever le personnage qu’il avait créé avec 99 d’overall. Alors en conclusion, cet exercice nous a amenés à prouver que tout n’est pas perdu pour le bleu-blanc-rouge. Il y a encore de l’espoir de gagner la coupe puisque dans la vraie vie, Nicolas Sigmen est vraiment moins bon au hockey (-99 d’overall)! Finalement, il est maintenant temps de terminer en beauté avec le moment que vous attendez tous impatiemment… les sports étranges. En effet, ce mois-ci, la vedette revient à un sport pratiqué depuis des millénaires, en particulier dans des pubs irlandais. Vous l’aurez deviné, il s’agit bien sûr du fameux lancer du nain. En effet, contrairement au domino, ce sport peut être pratiqué par n’importe qui et les règlements sont très simples. L’athlète qui projette son nain le plus loin remporte la partie. Voici d’ailleurs quelques-unes des règles de base.

CHRONIQUE HOCKEY Les équipements requis consistent en un matelas (doux et propre), un harnais avec une poignée (afin de faciliter le lancer) et un nain volontaire. - Si le nain est lancé à travers une vitre ou une porte en verre, il doit porter des gants et un masque adaptés. - Si le nain est lancé la nuit, il doit être enduit de peinture phosphorescente afin de clairement voir le point d’atterrissage. - Si le nain émet un cri, que ce soit en plein vol ou à l’atterrissage, le lancer sera disqualifié. - Si le nain est lancé dans un puits, les organisateurs doivent veiller à ce que celui-ci soit sec et qu’il y ait une couche d’au moins trois pouces de feuilles dans le fond. - Il est strictement interdit dans la littérature ou la publicité traitant du lancer des nains de faire référence à ceux-ci comme étant des personnes d’une croissance limitée ou petit peuple. Cependant, il est triste de constater qu’encore plusieurs états des États-Unis continuent d’interdire ce sport. De nombreux athlètes nains avides de sensations fortes attendent le jour où leur sport sera accepté à sa juste valeur.



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