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: : Vo l u m e X L : : N u m é r o I I : : D é c e m b r e 2 0 1 2 : : B o i s - d e - B o u l o g n e d e p u i s 1 9 7 4 : : in f o m a n e @ a g e . b d e b . q c . c a : :

j o u r n a l é t u di a n t d e

© Pamela Boudreau, rivière des Mille-Îles

J’aime les chats  À LIRE EN PAGE 2 // podium

Science et technologie Enthousiasmé par les sciences, la t echnologie et tout ce qui en découle? Télépor t ation, jeu x vidéos et geek s, la sec tion renaî t de ses cendres!  PLU S D E D É TA I L S p a ge 1 3 // S c i e n c e e t te c h n o l o g i e

Vivons-nous une seconde guerre froide?

L’avenir de l’Europe passe par l’Union

Beaucoup de frictions surviennent dans le monde, ces dernières se concentrant surtout au Moyen-Orient ces temps-ci. Pour nous en parler, Fady Zadah nous en parle de long en large en y ajoutant plusieurs éléments dont les médias classiques ne discutent pas toujours dans leur entièreté.

Beaucoup de frictions, il est certain, mais puisque les pays d’Europe sont à proximité, cela ne peut que les toucher de près ou de loin. Avec la situation de la Grèce, l’Europe est encore plus directement touchée. Étienne Gendron expose la situation de l’Union européenne.

 À LIRE page 5 // Monde et société

 À LIRE page 5 // Monde et société

Comment j’ai survécu au 21 décembre La fin du monde, ça approche. Chronique d’une combattante.  À LIRE page 19 // Divertissement GABRIEL NADEAU-DUBOIS RECONNU COUPABLE

SK YFALL, BOND NE MEURT JAMAIS James

Bond,

l’un

des

espions

plus

populaires du monde. Vous êtes certainement

vous en pourrez être à jour sur la situation de

tous au courant du nouvel épisode de la série,

l’ex co-porte-parole de la CLASSE.

Skyfall. Gabriel Houle se chargera d’en faire la critique.

 PLUS DE DÉTAILS page 3 // Vie étudiante

© Émily Racette, chat de Noël

les

Grâce à notre journaliste Lysanne Pauzé,

 PLUS DE DÉTAILS page 11 // Ar ts & spectacle


2

décembre

Sec t ion

2012

p o di u m

Journal l’I nfomane

Éditorial

Le journal étudiant de Bois-de-Boulogne depuis 1974

J’aime les chats

Parce que rien n'est noir ou blanc infomane@age.bdeb.qc.ca 10555, avenue de Bois-de-Boulogne local S-258, pavillon Ignace-Bourget Montréal (Québec) H4N 1L4 Tél. : 514.332.3000 poste 7585 Fax. : 514.332.9579

ÊÊL'équipe COORDINATION GÉNÉRALE Etienne Tremblay COORDONNATRICE AUX FINANCES Lysanne Pauzé COORDONNATRICE AUX RESSOURCES HUMAINES Jaslyn Jean Baptiste COORDONNATRICE À L’INTERNE Pamela Boudreau COORDONNATRICE AUX COMMUNICATIONS Justine Daigneault-Demers RÉDACTION EN CHEF Etienne Tremblay CHEFS DE PUPITRE Antoine Macia (sciences et technologies) Jaslyn Jean Baptiste (arts et spectacles) Pamela Boudreau (vie étudiante) ÉQUIPE DE LA RÉVISION Etienne Tremblay Lysanne Pauzé Samantha Fosado Pamela Boudreau ÉQUIPE DE LA CONCEPTION Etienne Tremblay Justine Daigneault-Demers Pamela Boudreau JOURNALISTES Antoine Macia Aude Forcione-Lambert Étienne Gendron Etienne Tremblay Émily Racette Fady Zadah Gabriel Houle Jaslyn Jean Baptiste Justine Daigneault-Demers Lysanne Pauzé Mathieu Verschelden Pamela Boudreau PHOTOGRAPHES Émily Racette José Mendoza Pamela Boudreau RECHERCHISTES Jérémi Guérin Gabriel Houle INFORMATIQUE Aude Forcione-Lambert Daniel Sami Kamal Chafik Ce journal est imprimé sur du papier certifié FSC®.

Etienne Tremblay Oui oui, vous avez bien lu: j’aime les chats. Pourquoi est-ce que je l’énonce si fièrement? Principalement, c’est parce qu’une amie adore les chats et qu’elle serait très heureuse de voir cette affirmation de l’un de mes goûts personnels (qui n’est pas si vraie que cela soit dit en passant). Par contre, je peux aussi m’en vanter puisque j’en ai le droit. Droit... que je n’irai pas faire défendre par un avocat, bien entendu, puisque ça ne vaudrait pas la peine. Tout le monde, ou presque, s’accorde à permettre aux gens de s’exprimer lorsqu’il s’agit de si petites broutilles. Des droits, il en existe une tonne, alors il n’y a pas de raison de mettre l’accent sur l’un d’eux... excepté si l’on fait référence aux constitutions des états, quant au plan juridique, ou aux droits de l’Homme, si nous avons davantage une vision humaniste ou sociale. Droits de l’Homme (et de la femme, pour nos chères lectrices!), ça fait déjà sonner plus de cloches que si l’on parle de médias, d’expression et de chats, non? (Sans offense, chers amis de la SPCA) Que ces droits soient très importants dans la société, c’est une chose. Par contre, il n’est pas dit qu’une nouvelle génération, la nôtre, doive nécessairement approuver tout ce que les générations précédentes ont mises en place. Par exemple, notons les générations des années 70 qui ont voulu changer le monde et les systèmes dans lesquels ils vivaient. Je ne dirai pas que ces faits sont à écarter et que nous devons toujours nous conformer, ce qui serait faux puisque le monde dans lequel nous vivons est en constante évolution. Toutefois, cette valeur d’expression en particulier demeure à travers les générations, à travers les décennies et depuis les révolutions anti-monarchiques de l’Europe, une notion très importante. C’est à cause d’elle que nous voyons encore aujourd’hui des gens écrire dans différents médias (ce journal par exemple), mais ce n’est pas tout. Parmi ces formes d’expression, notons uniquement les choix musicaux ou vestimentaires des adolescents qui, peu importe l’année en question, va toujours permettre aux jeunes de s’exprimer. Pour les plus vieux, divers autres possibilités feront valoir leurs choix et leur personnalité. Dernièrement, plus près de nous, c’était de sortir dans la rue qui était à la mode pour pouvoir s’exprimer. En quoi sortir dans la rue peut nous permettre de nous exprimer? Pour les plus extrêmistes, le discours en vigueur était que lorsque le gouvernement est injuste, il n’y a plus d’autres manières de faire changer les choses et de se faire entendre que de sortir dans la rue. Pour les moins extrêmistes, la grève n’était qu’une façon de plus de se faire entendre suite aux autres moyens utilisés. Que nous soyons d’accord ou pas avec ces affirmations, de très nombreux étudiants sont sortis dans les rues au printemps dernier. Pourtant, malgré cette importance des libertés fondamentales, de nombreuses personnes négligent celles-ci, ne les reconnaissent pas ou ne les respectent tout simplement pas. En fait, je

ne donnerai pas d’avis sur cette question puisque chaque personne ne respectant pas les droits de la personne peut avoir une raison très personnelle. Je pourrais sembler, heureusement ou malheureusement, m’éviter ce déplaisir vu que dans un monde aussi moderne que le nôtre, où l’information circule à toute vitesse grâce aux nouvelles technologies, de telles abhérations «ne se font pas». Du moins, elles ne se font pas officiellement. Par contre, l’argent menant désormais le monde, il est très facile de faire pression sur un individu ou un groupe grâce à des subventions. Pour prouver mes propos, ne parlons que du gouvernement canadien, qui, dans le domaine des arts et de la culture, distribue des subventions uniquement aux organismes propageant l’idéologie favorite du parti au pouvoir. Il ne faut pas croire que de telles histoires à faire frissonner n’arrivent qu’aux autres. Tout dernièrement, votre journal étudiant, l’Infomane, a eu des problèmes. Alors qu’il tient principalement son financement de l’Association générale des étudiants (AGE), cette dernière a presque fait faillite. Tous les comités ont donc dû abaisser leurs dépenses. Pour ceux d’entre vous qui ne seraient pas au courant, l’AGE est un organisme dont le rôle est d’animer le milieu étudiant, de défendre les divers étudiants et de représenter tous ceux-ci. Lors de chaque session, chaque étudiant donne donc à cet organisme environ 26$. En fait, s’il n’envoie pas une lettre à l’AGE pour signaler qu’il désire ne plus être membre pour les sessions à venir, tout étudiant est réputé membre de l’AGE et pourra donc bénéficier des services de cette organisation. Au sein même de l’AGE, divers regroupements se forment, la plupart du temps sous la forme de comités étudiants. Le but de ces comités est principalement d’animer le milieu et regrouper les étudiants selon des intérêts communs. Sans oublier les coupures budgétaires et des rumeurs d’anihilation du journal, le conseil exécutif a récemment entâmé des démarches de mise sous tutelle concernant le journal lors de l’une de leurs réunions. Ceci signifierait en fait la perte totale de l’indépendance du journal et que tout ce qui est fait par ce dernier devrait être vérifié par le conseil exécutif ou certains délégués de celui-ci. Est-il nécessaire de vous affirmer que l’équipe de l’Infomane a unanimement décidé qu’elle allait survivre, continuer son oeuvre et continuer de s’exprimer librement en évitant au maximum cette censure contrevenant à nos droits?

VOUS SOUHAITEZ RÉAGIR À CET ÉDITORIAL? VOUS VOULEZ NOUS FAIRE PARVENIR VOTRE OPINION? ÉCRIVEZ-NOUS! infomane@age.bdeb.qc.ca


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©Émily Racette, affiche dans le Bistro à St-Paul

Gabriel Nadeau-Dubois reconnu coupable d’outrage au tribunal Lysanne Pauzé Gabriel Nadeau-Dubois, nous le connaissons tous. Il a été le porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) pendant le conflit étudiant du printemps dernier. Il a représenté plusieurs dizaines de milliers d’étudiants pendant les longues semaines de la grève étudiante pendant laquelle le gouvernement Charest parlait plutôt de boycott, ne voulant pas reconnaitre le droit de grève aux étudiants. Plus le conflit trainait, plus les tribunaux ont été impliqués dans le conflit. Certains étudiants ont demandé des injonctions pour pouvoir retourner en classe malgré les votes de grèves démocratiques ayant eu lieu dans leurs propres établissements. L’histoire de Gabriel Nadeau-Dubois se complique lorsque Jean-François Morasse, étudiant en arts plastiques à l’Université Laval, obtient une injonction pour pouvoir retourner en classe. Déjà, on proteste contre la judiciarisation du conflit, qui est due, selon plusieurs, à la longueur de celui-ci. Notons que Jean Charest, alors premier ministre, a refusé d’adresser la parole à quelque représentant étudiant que ce soit pendant dix semaines. Jean-François Morasse obtient donc son injonction le 12 avril dernier. Les étudiants ne sont donc pas supposés faire de piquets de grève devant les locaux de ses cours malgré le vote de grève qui avait eu lieu à l’université. Le porte-parole de la CLASSE déclare donc ceci : « Donc nous, on trouve ça tout à fait légitime là que les gens prennent les moyens nécessaires pour faire respecter le vote de grève et si ça prend des lignes de piquetage, on croit

que c’est un moyen tout à fait légitime de le faire.» La suite, la voici : Jean-François Morasse accuse Gabriel Nadeau-Dubois d’outrage au tribunal pour avoir encouragé les étudiants à faire des lignes de piquetage malgré l’injonction qu’il avait obtenue pour pouvoir assister à ses cours. L’affaire est passée devant la Cour supérieure du Québec récemment, où le juge Denis Jacques l’a déclaré coupable. Il risque une amende allant jusqu’à 50 000$ et un an de prison. L’ancien représentant étudiant portera sa cause en appel. Il dit ne pas avoir encouragé ni l’anarchie ni la violence, simplement le droit de faire respecter la décision de la majorité, soit celle d’entrer en grève. De plus, il craint la création d’un précédent, qui pourrait faire craindre aux représentants syndicaux ou aux représentants de toute autre association de se faire accuser alors qu’ils défendent leurs idées. L’avocat de Gabriel Nadeau-Dubois croit pouvoir gagner en appel, car il estime que le juge a fait plusieurs erreurs. Une d’entre elles est que l’injonction a été reçue à Québec et devait être appliquée à Québec, alors que le représentant étudiant se trouvait et agissait principalement à Montréal. Il n’aurait donc pas été informé du contenu exact de l’injonction. Plusieurs points de droit seraient aussi à mentionner et la poursuite n’a, selon lui, pas démontré hors de tout doute que l’intention de l’accusé était spécifiquement d’encourager les étudiants à ne pas respecter l’injonction. La question qu’on peut se poser ici est : à qui la faute? Premièrement, la lenteur d’escargot du gouvernement Charest dans le dossier n’a certainement pas aidé, en plus de ses encouragements à ne pas respecter les décisions prises démocratiquement et l’encouragement à peine voilé à de-

mander des injonctions. Plusieurs disent que Gabriel Nadeau-Dubois mérite une sentence pour ses paroles. Entendons-nous, il parlait au nom de dizaines de milliers d’étudiants en colère. Alors jugez aussi tous les étudiants qui auraient de toute façon fait des piquets de grève devant leur école pour protester contre cette injonction autant que la hausse des frais de scolarité. Et jugez tous ceux qui étaient représentés par la CLASSE, puisque Gabriel Nadeau-Dubois parlait en leur nom. Partagez-leur la sentence de prison : chacun dix minutes de prison et n’en parlons plus. D’autres, encore, mettront la faute sur l’étudiant demandeur de l’injonction, Jean-François Morasse. C’est quand même lui qui a voulu aller contre une décision prise démocratiquement en demandant une injonction pour pouvoir retourner en classe, même s’il aurait probablement été le seul à assister à ses cours. Alors, à qui la faute? Il faut rappeler que le gouvernement Charest a encouragé les étudiants à retourner en classe malgré les votes de grève. Il a enlevé sa légitimité à une décision prise démocratiquement, n’a pas respecté la décision de la majorité. Quand on sait que son gouvernement était majoritaire malgré que moins de 50% des électeurs ayant exercé leur droit de vote aient voté pour lui et que seulement 60% des électeurs se sont rendus aux urnes, on peut se demander si son gouvernement est légitime. Quand on pense qu’un gouvernement élu encourage à ne pas respecter une décision démocratique, il légitimise le mouvement de contestation qui a lieu devant ce même gouvernement. Bravo monsieur Charest. Et merci pour la régression sociale que vous avez tenté d’imposer.


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Du frais à Saint-Paul Etienne Tremblay Lors des premières semaines du mois de novembre, j’avais rendez-vous avec Brian Vickers, gérant du Bistro Saint-Paul, afin de l’interviewer au sujet du service de restauration qui a remplacé le comptoir d’Aramark à Saint-Paul. Selon Brian Vickers, gestionnaire du projet, le but du Bistro est principalement d’offrir une nourriture saine aux étudiants grâce aux différents produits saisonniers du marché. Puisqu’il fait la majorité de sa cuisine devant les étudiants, ceux-ci peuvent savoir exactement ce qu’ils vont avoir dans leur assiette. Pour sa part, il a été engagé en tant que chef et non en tant qu’administrateur quelconque. Il a donc une vision beaucoup plus culinaire de son travail. Lorsque je lui ai demandé quel était son objectif personnel dans ce projet, il m’a répondu simplement qu’il désirait « prouver aux cafétérias que c’est possible de faire une cuisine saine sans demander des prix de fou ». À ce propos, je lui ai fait remarquer que certains étudiants se plaignaient de prix un peu élevés pour un repas en milieu scolaire. À cet effet, il m’a dit qu’il fallait comparer les prix et la qualité des repas avec les divers offres de repas près du Collège. Selon lui, la majorité des commerces à proximité offrent des prix similaires, mais à qualité un peu moins bonne. Il ne se cache pas de devoir retravailler sur les prix, mais au lieu de changer les prix déjà existant, il pense davantage à augmenter les portions ou à offrir de nouveaux choix de sandwichs moins chers. Avec l’inauguration de la Coop BdeB, il y avait quelques questions supplémentaires à poser. En effet, le Bistro se fait gérer par la Coop. C’est donc la Coop qui paie les fournisseurs et qui gèrera les futurs employés. En ce moment, il n’y a pas encore eu de calculs sur la rentabilité du Bistro ou de la Coop. Il n’y a donc pas de prévision quant au fait que les profits de la Coop soient redirigés vers le Bistro, afin de réduire les coûts du Bistro, ou que ce soient au contraire les profits du Bistro qui soient redirigés vers les activités de la Coop. Ces questionnements sont logiques puisque dans une coopérative,

©Émily Racette, plat préparé au Bistro

les profits amassés doivent normalement être renvoyés aux divers membres, le plus souvent sous forme de ristournes. Par rapport à l’ancien mandat du Bistro, la clause concernant le besoin que les produits soient presque exclusivement biologiques ou équitables n’existe plus. La gestion du Bistro tente toujours d’intégrer des éléments biologiques ou équitables, par exemple le café, le jus et le chocolat, mais certains autres éléments ont été délaissés puisqu’ils coûtaient trop cher. Par exemple, les plats principaux ne sont plus du tout biologiques puisque ça coûterait deux fois le prix. Parmi les nouveautés, plusieurs nouveaux sandwichs sont apparus. Entre autres, cinq sandwichs sont présents presque tous les jours, mais les autres sandwichs changent selon la créativité du moment des chefs. Marie-Ève s’est jointe à l’équipe et elle est aussi une chef qui a voyagé dans le monde et dont la cuisine a été inf luencée par ses voyages. Dans les choix des différents plats du jour et des sandwichs, l’une des préoccupations est d’avoir des produits de frais et de saison. En ce moment, l’un des plus gros problèmes est l’organisation des lieux. Dans tous les restaurants, il faut normalement faire la file pour commander, puis faire ensuite une nouvelle file pour attendre son repas. Au Bistro, les divers membres de l’équipe ont tenté de créer une nouvelle technique de prise de commande afin d’avoir une file unique et de prendre les commandes alors que les gens sont déjà dans la file. Selon le gestionnaire, le temps d’attente lors des heures de pointe est d’environ cinq à sept minutes. Dans le futur, les divers projets à court et moyen terme sont d’améliorer les repas chauds, de créer des pâtisseries et des galettes maison sur place ainsi que d’offrir une plus grande variété de prix pour les sandwichs. En ce qui concerne le long terme, il est beaucoup trop tôt pour en discuter. Envie de travailler au Bistro Saint-Paul? Contactez Brian Vickers en lui indiquant vos disponibilités, en lui donnant votre cv et votre horaire de cours à l’adresse brian.vickers@age. bdeb.qc.ca !

Recyclage à BdeB Pamela Boudreau

Depuis l’implantation du projet pilote, les étudiants ont sans doute pu constater l’arrivée d’îlots multimatières au deuxième étage de l’aile B du pavillon Saint-Paul ainsi qu’au Bistro SaintPaul. Ces quatre bacs colorés servent respectivement à recueillir le papier et le carton, le plastique, le verre et le métal, les déchets ultimes ainsi que le compost. Suite à l’introduction de ce projet et l’ouverture du Bistro Saint-Paul, le taux de matière recyclé à Bois-de-Boulogne a connu une hausse. Dans les prochains mois, il est prévu de poursuivre l’aménagement des îlots multimatières au pavillon Saint-Paul, puis au pavillon IgnaceBourget. L’implantation du projet pilote se terminera par l’installation de ces îlots multimatières dans l’aile des résidences. Toutefois, une campagne de sensibilisation auprès des étudiants est envisagée, puisque l’effet escompté n’est pas toujours atteint. Parfois, des déchets se retrouvent dans le bac pour le papier et le carton ou dans celui pour le verre, le plastique et le métal, contaminant ainsi l’ensemble du contenu désormais bon pour la case « déchets ultimes ». Il est fort dommage que les efforts et la conscience verte des uns soit entravée par l’inattention ou la méconnaissance des autres.

AG du 21 novembre Pamela Boudreau

Mercredi le 21 novembre dernier a eu lieu une Assemblée générale des étudiants. Les principaux points abordés furent les suivants: Sommet de l’éducation, Gabriel Nadeau-Dubois ainsi que Suivi du Café. Au cours de cette assemblée, l’Association générale des étudiantes et des étudiants de Boisde-Boulogne a, entre autre, pris position contre la marchandisation de l’éducation et l’économie du savoir. Lors du point concernant l’ancien porteparole de la CLASSE, il fût proposé de verser 1000 $ à Gabriel Nadeau-Dubois pour l’aide juridique, néanmoins après amendement, les étudiants ont votés à majorité pour verser ce 1000 $ aux Fonds de défense légale des arrêté-e-s de l’ASSÉ. D’autre part, une courte présentation de la situation actuelle concernant les négociations pour la réouverture d’un café étudiant autogéré à Bois-de-Boulogne a été faite, suite à laquelle les étudiants présents à l’Assemblée générale ont souhaité noter l’inefficacité des principaux acteurs en jeux dans les négociations. L’Assemblée générale a finalement été levée vers 14 h 20, suite à quoi un petit groupe d’environ 15 personnes s’est déplacé pour prendre place devant les bureaux de l’administration, où ils ont entonné divers slogans durant une dizaine de minutes, réclamant des négociations sérieuses


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Vivons-nous une seconde guerre froide?

©Break Time, gangs de boxe aux couleurs des États-Unis et de l’URSS s’affrontant.

Fady Zadah En observant attentivement l’actualité internationale, que pouvons-nous remarquer? Tensions politiques? Ingérences étrangères? Conflits armés? Même si nos oreilles ne perçoivent pas les sirènes d’alertes à la bombe d’où nous sommes, il n’en est pas moins que le monde se trouve présentement dans une inquiétante période de discorde diplomatique. Les disputes au sujet de l’énergie nucléaire opposant Israël et l’Iran sont entremêlées avec la crise syrienne où l’OTAN, dirigé principalement par les États-Unis, voudrait intervenir si ce n’était du véto onusien de la part des russes et des chinois. En observant en profondeur ces différents enjeux, nous pouvons relever plusieurs symptômes qui pourraient mener à un diagnostic de Guerre froide. Tout d’abord, pour ne pas sombrer dans les amorces semées par les fausses idées, il serait bien de définir ce qu’est une «Guerre froide». Plusieurs croient, à tort, que ce type de conf lit se trouve à n’être rien de plus qu’une forte grogne opposant deux entités gouvernementales. En effet, cette dualité politique ne se fera pas sans blessés et sans morts. Cependant, des affrontements directs entre les principaux belligérants n’auront pas lieu. Ce qu’on appelle des «États satellites» font office de champs de bataille. La fameuse Guerre froide qui succède à la Seconde Guerre mondiale peut nous servir ici d’un parallèle prouvant que l’histoire se répète. À l’époque, le gargantua américain et ses alliés de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) faisaient face au bloc soviétique, formé par le pacte de Varsovie. Le «monde libre», ainsi désigné par les pays atlantistes, était confronté

aux États communistes en Eurasie, mais les deux grands colosses restaient les États-Unis, représentant le capitalisme, et l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS), déléguée du communisme. Ainsi, bien que le monde entier fut entredéchiré, reste que le conf lit opposait principalement deux entités bien définies. De nos jours, nous pouvons observer cet antagonisme à la fois semblable et distinct. Du côté occidental, le simple fait que l’OTAN existe toujours malgré la dissolution du bloc communiste en plus de la notion de «monde libre» encore utilisée par les États-Unis prouvent la présence d’une inf luence capitaliste forte. Du côté de l’Orient, la situation a légèrement changé. Autrefois, l’imposante Union Soviétique avait le monopole de la résistance face aux «méchants capitalistes». Aujourd’hui, l’opposition à la primauté atlantiste n’est pas concentrée, mais morcelée en trois composantes politiques : la Russie, descendante de l’URSS, la Chine, principale gardienne mondiale du communisme, et l’Iran, grande figure de combativité anti-américaine. Or, ces pays ne sont pas formellement liés comme à l’époque du pacte de Varsovie. Cette triade d’Asie consolide implicitement ce front par le biais de plusieurs évènements marquants à l’échelle mondiale au sein de pays satellites. Bien sûr, l’alliance atlantiste, bien qu’explicitement unie, en fera de même. Antérieurement, la Guerre froide avait été reçue par plusieurs hôtes comme l’Allemagne avec le Mur de Berlin, l’Égypte avec le Canal de Suez, Cuba avec la Crise des missiles, le MoyenOrient avec la Guerre du Kippour ainsi que les Guerres du Vietnam, d’Afghanistan et de Corée. De nos jours, l’enjeu se joue toujours sur plusieurs régions du monde, notamment avec l’impasse sur la possession de l’énergie nucléaire opposant principalement Israël à

l’Iran. Sachant que Téhéran est fermement antiIsraël, Tel-Aviv, grande ville d’Israël, souhaite à tout prix arrêter les ambitions iraniennes, qui, selon des rapports de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique, songe à militariser son industrie nucléaire. Israël, ayant plus de 150 têtes nucléaires à son actif, ne souhaite pas que son ennemi s’égalise par rapport à elle. Ce conf lit dure depuis déjà quelques années et le sujet a d’ailleurs été ramené le 27 septembre dernier aux points du jour des Nations Unies où le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, déclare « […] rien ne peut compromettre davantage notre avenir que l’armement nucléaire des Iraniens […] Pour comprendre ce que le monde serait avec l’Iran dotée d’armement nucléaire, essayez d’imaginer le monde avec Al-Qaïda dotée d’armement nucléaire.» Quelques jours après avoir désigné l’Iran comme le «régime terroriste le plus dangereux du monde», Netanyahu s’attire les foudres du président iranien Mahmoud Ahmadinedjab qui qualifie d’«insultant» et d’«enfantin» le dessin typique de bombe que le premier ministre israélien avait présenté à l’audience de l’ONU comme graphique démontrant l’enrichissement d’uranium en Iran. Il affirme même que «ce dessin est approprié au niveau de cet homme.» Cette récrimination se transforme assez abruptement en menaces réciproques de plus en plus violentes. Aidé maintes fois au cours de son histoire par les États-Unis et l’Angleterre, Israël a toujours supporté les intérêts occidentaux et soutient l’OTAN dans ses activités. Les incessantes menaces militaires iraniennes, notamment le déploiement d’avions de guerre en haut du détroit d’Ormuz lors du passage d’un convoi pétrolier américain, inquiètent donc aussi les alliés de l’État juif comme les ÉtatsUnis, qui, lors de la campagne


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présidentielle de 2012, ont vu plusieurs fois l’enjeu iranien revenir dans les débats. Bien qu’Obama soit plus favorable à un dialogue avec son homologue iranien, il reste que la volonté des États-Unis d’arrêter le programme iranien persiste peu importe le parti politique. Ayant amélioré ses relations avec Moscou ces dernières années, Téhéran prévoit aussi bénéficier de renforts russes en cas d’attaque extérieure. De plus, l’Iran n’écarte pas la possibilité de frapper le poste avancé de l’OTAN qu’est Israël. Cet enjeu énergétique pourrait facilement mener au début d’un grand conf lit qui ne ferait qu’alourdir le bilan des morts dans la région du MoyenOrient. Un autre enjeu qui se rajoute au tableau des inquiétudes par rapport à l’Iran serait le plan du bouclier antimissile instrumenté par l’OTAN et dirigé par les Américains. Ce projet servant à protéger l’Europe de possibles missiles dirigés par Téhéran, Moscou, elle, pense plutôt qu’il s’agit d’une façon de compromettre le processus de dissuasion nucléaire russe. On peut comparer cette tension américano-russe avec la fameuse Crise des missiles à Cuba en octobre 1962 où chaque bloc avait un pays qui lui servait de poste avancé en cas d’attaque et où les deux côtés craignaient une guerre nucléaire. Un autre théâtre de cette Guerre froide actuelle serait bien sûr la Syrie. Contrairement au conf lit israélo-iranien, il s’agit là d’un enjeu qui a creusé la fissure qui divise le Conseil de Sécurité de l’ONU. Sans aller dans les détails intérieurs de la crise syrienne, nous pouvons observer que d’un côté, les États-Unis, l’Angleterre et la France souhaitent ardemment le départ et la condamnation du président Bachar al-Assad, qu’ils tiennent garant pour les plus de 30 000 morts en Syrie depuis le début du printemps arabe. De l’autre côté, la Russie et la Chine appliquent constamment leur droit de véto contre les résolutions sanctionnant Damas et son président. Ils affirment aussi la présence d’ingérence étrangère démontrée par la présence de milices venant de pays environnants causant des affrontements entre l’Armée Arabe Syrienne et les rebelles et que seul le dialogue saura résoudre la situation. Les atlantistes n’étant pas d’accord, Barack Obama déclare que la Russie et la Chine, en épargnant le chef d’État syrien, lui attribuent un «permis de tuer». Bien que le président américain déclare que «les jours de Bachar al-Assad sont comptés», Vladimir Poutine, quant à lui, voit la crise syrienne d’une toute autre façon. Le 9 juin dernier, le président russe en vient à comparer l’intervention militaire de l’OTAN en Libye avec l’invasion nazie de la Tchécoslovaquie et celle en Syrie, si elle a lieu, avec la conquête hitlérienne de la Pologne qui a conduit à la Seconde Guerre mondiale. Il faut rappeler ici que, selon Le Figaro, la Libye postKadhafi aurait promis 35% de ses oléoducs, des canalisations permettant de transporter le pétrole, à la France et à l’Italie à condition qu’ils reconnaissent le dénouement de la révolution libyenne. Moscou accentue son implication avec le rétablissement de la seule base militaire russe à l’extérieur du pays située à Tartous, en Syrie, en plus des maintes démonstrations militaires de porte-avions et de pistes de lancement. La Chine et l’Iran ont d’ailleurs fait de même pour s’imposer dans le conf lit syrien. De l’autre côté, l’OTAN remet de l’avant son poste avancé turc

société

utilisé durant la Guerre froide contre l’URSS. Le président Recep Tayyip Erdoğan a, en quelques mois, avec son homologue syrien, décimé la relation Ankara-Damas. Pour en revenir au conf lit israélo-iranien, la position pro-Hamas et pro-Hezbollah de Bachar al-Assad le classe dans la catégorie des antagonistes pour Israël et ses alliés, sans compter l’éternelle discorde entre les deux pays par rapport au territoire du Golan et son annexion à l’État juif le 14 décembre 1981. L’Accord de défense signé le 10 mars 2007 consentant l’Iran et la Syrie à se protéger mutuellement en cas de guerre est un autre facteur de consolidation du bloc d’Asie. La crise syrienne vient donc s’ajouter aux maints différends qui séparent la Russie et les ÉtatsUnis. Poutine s’engage formellement contre toute implication occidentale possible en Syrie et le fait savoir à la suite de la visite du président syrien en Russie le 8 novembre dernier. Poutine déclare : «si vous voulez renverser le président Bachar al-Assad, vous êtes d’abord condamnés à passer par le Kremlin pour renverser Vladimir Poutine.» Ces conf lits armés en Syrie en plus des autres pays du monde arabo-musulmans où la discorde a pris font penser au sombre épisode de la Guerre froide d’antan où la guerre civile avait éclaté au Vietnam et en Afghanistan et où l’intervention des deux blocs, bien qu’implicite, se faisait bien sentir. N’oublions pas l’accrochage entre la Syrie et Israël qui a eu lieu le 11 novembre 2012 alors qu’un tir de mortier venant d’une altercation entre l’Armée Syrienne et les opposants armés avait frappé le territoire israélien, causant ainsi des coups de semonces de la part de l’État juif. Une telle empoigne entre les deux pays ne s’était pas produite depuis la Guerre du Kippour en 1973. Plus la politique s’actualise, plus les différents pays qui composent ce monde en toile se voient contraints de se ranger d’un côté ou de l’autre de ce «Grand Échiquier», comme le dirait Zbigniew Brzezinski. Pour ce qui est du combat de titans, le bloc occidental et le bloc oriental, bien que différents, réincarnent en eux cet esprit d’antagonisme à la fois politique, économique, social et idéologique par l’entremise d’autres régions du monde. Bien que les ruines et les obus ne décorent pas nos jardins, le climat de tension diplomatique, bien que fumant, rend les politiciens et les gouvernements frigides et figés dans leurs positions. C’est peut-être de là que résulte la Guerre froide! Bref, bien que le format ne soit pas exactement le même, le concept de dualité diplomatique absolue semble être revenu dans la structure politique mondiale. Où est-ce que toute cette zizanie internationale nous mènera? Seul l’avenir nous le dira!

Improvisez ailleurs qu’en examen...

En bref! La Crise des missiles

La Crise des missiles de Cuba est survenue en octobre 1962. En fin des années 1950, Fidel Castro, accompagné de son frère Raoul et de Ernesto «Che» Guevara, réussit à éliminer toute influence politique américaine, présente depuis 1898, sur la République cubaine. Les États-Unis veulent rétablir la situation en avril 1961, en faisant débarquer des troupes anticastristes à partir de la Baie des Cochons. S’en est suivi d’un soutien de la part de Nikita Khrouchtchev, chef-d’État soviétique, envers Castro en lui envoyant près de 50 000 soldats ainsi qu’une trentaine de missiles nucléaires. Cet affront aux États-Unis mène à un blocus américain, qui, en cas de violation, pourrait lancer des missiles nucléaires installé en Turquie vers l’URSS. Cette dernière prévoyait aussi lancé des obus atomiques sur les États-Unis s’ils ne renonçaient pas à Cuba. Cette crise s’est soldée par un retrait soviétique et une résignation américaine plutôt que par une guerre nucléaire. Cet évènement instigateur a mené à d’autres évènements internationaux comme la Guerre du Vietnam ou la Guerre d’Afghanistan où chaque bloc essayait d’avoir le contrôle sur différente parties du monde par des moyens indirects, soit en montant la population d’un pays entre elle. La Guerre du Kippour, où Israël était soutenu par l’OTAN et les États-Unis, et les pays arabes par l’Union soviétique, est un cas plus particulier de la chose, car le conflit n’était pas interne, à l’intérieur d’un pays.

ONU L’ONU, l’Organisation des Nations Unies, est un organisme qui regroupe la majorité des pays du monde. Fondée en 1945, suite à la Seconde Guerre mondiale, son but était de créer un lieu où tous les pays pourraient entamer un dialogue. Cinq principaux pays ont des droits de véto. Ces pays sont les États-Unis, la Russie, la France et l’Angleterre. Pour ceux qui ne le savent pas, un droit de véto sert principalement à bloquer certaines décisions. Ainsi, si l’une des cinq grandes puissances n’est pas d’accord avec un projet, elle est en mesure de l’empêcher d’arriver à terme. Plusieurs instances sont présentes à l’intérieur même de l’ONU. Celles-ci servent à décider certaines politiques ou mesures à prendre afin de favoriser la paix et la sécurité, de favoriser la coopération économique et sociale afin de viser le développement. Une branche de l’Organisation des Nations Unies sert aussi à s’assurer de la justice. L’ONU sert aussi à reconnaître la souveraineté des pays ou des États. Dernièrement, il était encore possible de dire le nombre d’États qui existaient dans le monde, mais cette donnée a changé avec la reconnaissance de la Palestine. La Palestine ne fait pas partie des Nations Unies encore, mais peut-être que ce sera un prochain pas à franchir.


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L’avenir de l’Europe passe par l’Union É tienne G endron

Certains ont prédit son échec dès le début. D’autres espéraient son succès sans trop y croire. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui la déclarent morte et enterrée : l’Union européenne, ébranlée jusque dans ses fondations les plus profondes par la plus grande crise économique et financière depuis près de quatre-vingts ans, accueillera le 1er juillet prochain un 28e membre, la Croatie. Au même moment, la communauté européenne est victime d’économistes, de politiciens et de satiristes, qui la déclarent à toutes fins pratiques morte. Mais gardonsnous de confondre pessimisme et réalité; le projet entrepris il y a 50 ans n’en est peut-être qu’à ses premiers pas. L’idée était ambitieuse. Tout d’abord, il fallait reconstruire une Europe dévastée par six ans de guerre totale, piétinée par les armées allemande, américaine et soviétique et bombardée dans ses centres économiques les plus vitaux, comme les villes de Londres ou de Dresde. Il fallait aussi tisser des liens économiques si forts entre les deux géants de l’Europe occidentale, l’Allemagne (de l’Ouest) et la France, que plus aucune volonté belliqueuse ne serait assez forte pour les entraîner dans une guerre. La paix par le développement économique, tel était l’objectif de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA), fondée en 1952, qui jeta les bases de la coopération paneuropéenne, du moins dans le domaine économique. De traités en traités, ces objectifs s’élargirent, et les structures telles que nous les connaissons naquirent avec le traité de Maastricht, ratifié par douze pays européens dont l’Allemagne, fraîchement unifiée, la France et le Royaume-Uni. Ce traité lance l’Union économique et monétaire, processus qui s’échelonnera sur une dizaine d’années pour aboutir à la création d’une méga-puissance économique ayant le produit intérieur brut (PIB) le plus élevé au monde à ce jour: 18 400 milliards $ US. En comparaison, le PIB des États-Unis est d’un peu moins de 15 100 milliards $ US et celui du Canada, de 1750 milliards $ US. Cette organisation est donc, théoriquement, la première puissance économique mondiale. Et pourtant, au début 2012, le taux de chômage européen dépassait la barre symbolique des 10 % et n’a pas cessé de grimper depuis pour atteindre 10,4 % dans l’Europe des 27 et 11,3 % dans la zone euro (voir encadré). Dans plusieurs États européens comme la France et l’Espagne, le taux de chômage

des 15-24 ans dépasse même les 20 %. De plus, plusieurs pays de la zone euro doivent transporter une dette publique dépassant les 80 % de leur PIB, ce qui est très dangereux économiquement, malgré les nombreux plans d’austérité mis en place par les gouvernements. Finalement, dans son bulletin d’octobre 2012, le FMI prévoyait que la zone euro enregistrerait une croissance négative, en 2012, de -0,4 %. Tout cela indique une situation économique très préoccupante, qui est, toujours selon le Fond monétaire international (FMI), une des principales entraves à la croissance mondiale. Ce qu’on appelle désormais la « crise de la dette dans la zone euro » est peut-être le résultat d’une association de facteurs conjoncturels: la crise financière puis économique mondiale, la dette et le déficit gouvernementaux grecs, la bulle immobilière espagnole... Mais qu’en estil des agents structurels, prenant racine dans l’organisation même de l’Union monétaire et dans ses mécanismes de défense contre les tempêtes financières? Plusieurs économistes ont effectivement mis en relief des faiblesses dans la structure économique de la zone euro. Nombre d’entre elles naissent de visions politiques qui diffèrent d’un État membre à l’autre, et souvent à l’intérieur même des États. Certains artisans de l’Europe considéraient, lors de la formation de l’Union, que le passage à une monnaie commune était un pas vers l’union politique, car à terme, l’union monétaire sans structure étatique ne serait pas viable. D’autres, comme le président de la Bundesbank (Banque d’Allemagne) de l’époque, Hans Tietmeyer, croyaient, au contraire, que l’union monétaire permettrait une meilleure intégration des économies nationales sans nécessairement aboutir à un résultat politique. Telle fut la voie que les États européens suivirent: ils formèrent l’Union européenne, une organisation sui generis (signifiant qu’elle ne peut pas être classée, elle est unique) et déléguèrent, par traité et non par constitution, certains pouvoirs, entres autres économiques, à des organisations communes. Il faut aussi garder en tête que très peu de pouvoirs coercitifs et dissuasifs furent octroyés à ces organisations supranationales, et la solidarité entre les membres était jusqu’à tout récemment à géométrie variable. L’idée de départ était la suivante: si tous les État membres ont une saine gestion de leurs finances publiques, aucun problème important ne devrait survenir. Ainsi, pas un mécanisme de réponse à une crise ne fut instauré et la surveillance budgétaire fut limitée. Nous connaissons la suite: attachés à leur indépendance, les membres ont pris des libertés par rapport aux lois communes, certains ont embelli

les chiffres à leur entrée dans la zone (pensons à la Grèce qui sous-estimait systématiquement son déficit) et plusieurs ont eu une gestion carrément inefficace de leur déficit et de leur dette publique. Suite au déclenchement de cette crise qui dure toujours, l’UE commença à être l’objet de profondes remises en question : les artisans de l’Europe ont-ils fait passer un agenda politique avant les réalités de l’économie? Ou encore : la zone monétaire n’aurait-elle pas dû entrer en vigueur après la formation d’une union politique plus forte et plus ferme? En somme : la crise aurait-elle pu être évitée? Nous en revenons donc à la question qui tarabuste les politiciens européens depuis plus de 50 ans maintenant : une communauté européenne est-elle viable? Était-ce une bonne idée de s’unir ainsi? Car voilà ce qu’est l’Union européenne : une idée. Une idée faite vraie, assortie de son lot de défauts. L’application de l’idée a donc connu de nombreux ratés. Pourtant, on se bouscule toujours à l’entrée de l’UE : la Géorgie, la Turquie et même Israël ont exprimé, à différents niveaux, un intérêt possible à rejoindre l’Union. De plus, les partenariats commerciaux avec l’Europe des 27 se révèlent très lucratifs puisqu’elle représente la troisième population au monde, avec 500 millions d’habitants, ce qui constitue un marché immense. Et petit à petit, en réponse aux turbulences économiques, les institutions européennes sont réformées : par exemple, nous avons vu naître le Fonds européen de stabilité financière (plus souvent appelé « fonds de secours européen »), organisation ayant pour but de fournir un accès au crédit à des membres de la zone euro en difficultés économiques (la Grèce et le Portugal, notamment). Ce fonds, garanti à même les budgets des États membres, ouvre peut-être la voie à une nouvelle ère de responsabilisation dans la communauté européenne : par sa création , on trouve le moyen de contourner la clause du « no bail out », que l’on retrouve dans le traité de Lisbonne signé en 2009 et qui interdit à l’Union ainsi qu’à ses membres d’être responsable des engagements d’un autre membre. Aussi, alors que le traité interdit à la Banque centrale européenne (financée à même les banques centrales des États membres) de racheter la dette souveraine d’un membre sur le marché primaire, son président, Mario Draghi, a décidé en septembre dernier d’intervenir sur le marché secondaire et d’acheter des obligations à terme, et ce, sans « limite quantitative ». Ainsi y a-t-il une volonté, face à la crise, de s’entraider, de se responsabiliser, et enfin, d’agir en réelle Union? Ce changement de cap, forcé mais concret, ouvre peut-être la voie à un nouveau


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traité, ou même encore à une constitution qui verrait à une meilleure intégration économique et politique des membres, rendant l’idée plus viable. Se peut-il alors que l’Union rebondisse après cette crise? De nombreux projets diplomatiques communs sont en branle, avec, entre autres, l’idée d’une défense paneuropéenne. Et c’est sans compter le partenariat sur l’éducation, l’extradition facilitée, etc. Et même si la santé économique de l’Europe reste grandement préoccupante, celle-

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ci a définitivement encore un avenir. Et qui sait? Peut-être citerons-nous, dans 25, 50 ou même 100 ans, son succès. Peut-être même inspirera-t-elle d’autres pays… À quand l’Union nord-américaine?

Union européenne Organisation sui generis de 27 pays européens annulant les droits de douanes, facilitant les extraditions, etc. Présentement, dix de ces pays n’utilisent pas l’euro comme monnaie unique.

Zone euro 17 des 27 pays membres de l’UE utilisant l’euro comme monnaie unique et contribuant à la BCE (Banque centrale européenne).

BCE Organisation dirigeant la politique monétaire de la zone euro. Elle est formée à même les capitaux des banques centrales des États membres.

©Émily Racette


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Le 6 novembre 2012, les Américains ne votaient pas seulement pour leur président Lysanne Pauzé Le 6 novembre dernier, les Américains étaient appelés aux urnes afin d’élire le président de la république pour une durée de quatre ans. Barack Obana, le président sortant, affrontait Mitt Romney. Lors de ce scrutin, chaque état peut soumettre à ses citoyens divers référendums. Dans certains cas, le bulletin de vote peut faire jusqu’à six pages et les files d’attente sont tellement longues que certains ont patienté jusqu’à cinq heures avant de pouvoir se prononcer. Au total, 172 référendums différents ont été proposés aux Américains lors de la journée des élections présidentielles.

Légalisation du cannabis

Plusieurs États avaient déjà légalisé la marijuana à des fins thérapeutiques. Le Montana et le Massachussetts l’ont d’ailleurs fait le 6 novembre dernier, alors que l’Arkansas vient de fermer la porte à cette idée. Le total est maintenant de presque vingt États où il est possible d’utiliser le cannabis pour des raisons médicales. Certains États ont décidé d’aller encore plus loin en donnant la possibilité à leurs citoyens de se prononcer sur la légalisation de cette drogue considérée douce à des fins récréatives. C’est ce qu’ont fait le Colorado, l’Oregon et l’état de Washington. Seul l’Oregon s’est prononcé contre cette mesure. Dans le Colorado, 54% des électeurs se sont prononcés en faveur de la nouvelle loi, alors que ce fut 55% dans l’état de Washington. Mais la partie n’est pas gagnée pour autant pour les usagers du cannabis à des fins récréatives. La possession sera limitée, pour tous les adultes du Colorado de 21 ans et plus, à une once, soit 28,3 grammes, et six plants de marijuana, qui devront se trouver dans un endroit privé et sécuritaire. Il reste aussi interdit d’en faire l’utilisation dans les espaces publics, la consommation se fait donc aussi seulement chez soi, ou presque. Dans l’état de Washington, des règles seront mises en place et l’État accordera des permis aux entreprises pour qu’elles puissent produire, transformer et vendre de la marijuana. En magasin, on pourra se procurer jusqu’à une once de cannabis par achat. Une limite pour la limite légale d’intoxication pour la conduite automobile sera aussi établie. Les deux États se donnent donc un an pour mettre en place un système de régulation et d’imposition qui sera fort probablement similaire à celui de l’alcool. La vente et la consommation légales de marijuana ne sont par contre pas à quelques jours d’entrer en vigueur. Un des principaux obstacles est la loi fédérale rendant illégale la consommation et la vente de cette drogue, peu importe la quantité. Le gouvernement fédéral pourrait essayer de faire invalider la loi en cour, alléguant que les substances illicites sont de juridiction fédérale. Si cela ne fonctionne pas, le gouvernement central pourrait toujours tenter de faire invalider certains points de

la loi pour restreindre les droits que celle-ci donne à ses citoyens. Selon les deux États qui se sont prononcés en faveur de la légalisation du cannabis, les retombées économiques seraient non négligeables. Le Colorado estime jusqu’à 22 millions de dollars les gains que l’État pourrait faire en collectant les taxes sur la vente de marijuana. Cet estimation n’inclut pas les sommes économisées par la décriminalisation du cannabis, qui fera en sorte que moins de personnes seront arrêtées et incarcérées pour possession et vente de marijuana. Outre l’économie d’argent et la diminution de la population carcérale, la légalisation du cannabis a plusieurs avantages. Le principal identifié par les États est la diminution de l’influence qu’ont les gangs de rue et les différentes organisations criminelles grâce au retrait du marché du cannabis de leurs mains. La diminution du profilage racial est un autre avantage. Selon les statistiques, les Blancs seraient les principaux consommateurs de cannabis, alors que dans plusieurs États les arrestations faites pour possession et consommation de cette drogue ciblent les Latino-Américains et les Africains-Américains. La diminution des incarcérations aura plusieurs avantages non négligeables, puisque les populations carcérales américaines sont particulièrement touchées par le VIH et que beaucoup de réinsertions sociales difficiles seront évitées, ainsi que divers troubles mentaux liés aux milieux carcéraux. Une inquiétude des autres États et un grand défi de cette légalisation est le contrôle de l’exportation de la drogue vers les autres États. Plusieurs craignent que des citoyens et des entreprises profitent de la légalisation de la possession au Colorado et dans l’état de Washington pour en faire passer dans les États avoisinants. Ce n’est d’ailleurs peut-être pas un hasard si le gouvernement fédéral canadien a annoncé, le 6 novembre dernier, justement, un durcissement des sanctions contre la marijuana.

puisqu’aucun état n’avait fait le saut depuis 1998. La série de 32 défaites consécutives par voie référendaire autant qu’en cour avait semé le doute dans l’esprit de plusieurs couples homosexuels quant à leur espoir de pouvoir se marier en toute légalité chez eux. Le président Obama s’est d’ailleurs prononcé en faveur du mariage entre personnes du même sexe, tout comme la majorité de la population américaine, selon un sondage fait à l’échelle nationale.

Quelques autres résultats

Quelques autres résultats sont aussi dignes d’être mentionnés. On peut entre autres penser à la Floride qui, depuis quelques années, finance l’avortement avec les fonds publics. Plusieurs organisations pro-vie protestant vigoureusement contre le financement de tous les avortements à même les fonds publics, l’État a soumis la question à référendum lors des présidentielles nationales. Bilan : 55% des Floridiens sont contre la réservation de l’avortement financé par l’État aux victimes de viol, d’inceste et aux femmes dont la vie est mise en danger par leur grossesse. Un autre progrès pour les femmes et le désir de pouvoir choisir ce qu’il advient de notre corps. Pendant ce temps, tous les yeux étaient rivés sur la Californie, où on proposait deux référendums. La Californie ayant la réputation d’être progressiste, on regarde beaucoup ce qui s’y passe. Cet état est utilisé par plusieurs autres comme une référence par rapport au progrès qui peut être fait éventuellement chez d’autres. Or, la Californie a, contre l’espérance de plusieurs, refusé d’abolir la peine de mort et d’obliger l’étiquetage des organismes génétiquement modifiés (OGM). On peut donc penser que la peine de mort est loin d’être abolie chez nos voisins du sud et que les OGM ne seront pas étiquetés d’ici plusieurs années.

Mariage gai

Le mariage gai était déjà légal dans six États et le District de Columbia, mais ce furent toujours des décisions législatives prises à la suite de décisions des tribunaux en faveur des couples gais demandeurs. Pour la première fois de l’histoire des ÉtatsUnis, la population d’un état s’est prononcée en faveur du mariage gai. Le Maine, le Maryland et l’État de Washington ont voté pour la légalisation du mariage homosexuel. Pour le Maine, c’était une deuxième tentative, après le rejet en 2009 de cette même question référendaire. Dans le cas du Maryland et de l’État de Washington, les politiciens des deux États avaient proposé des projets de loi en faveur du mariage gai lorsque les pressions des opposants les ont poussés à poser la question à la population par voie référendaire. Dans les deux cas, les référendums ont penché en faveur de la position des politiciens. Ces trois légalisations sont un véritable progrès pour les États-Unis tout entiers,

©123RF,

un américain votant au scrutin


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Obama 2.0: vue sur les présidentielles américaines Étienne Gendron Le 6 novembre dernier, Barack Obama, candidat démocrate à l’élection présidentielle américaine, a été élu pour un second mandat de 4 ans qui se terminera au début de 2017. Cette élection, qu’on annonçait être l’une des plus serrées de l’histoire, entraîne finalement un profond soupir de soulagement dans le camp démocrate, ainsi qu’une remise en question sérieuse chez les républicains. Coups d’œil et perspectives d’avenir sur le vote de nos voisins du sud. C’est sous les applaudissements d’une foule de 10 000 sympathisants en liesse, au centre des congrès de Chicago, que le président des ÉtatsUnis, Barack Obama, accepta, aux alentours de 2h du matin, le verdict de la population américaine qui le reportait à la tête du pays. Ce verdict est sans équivoque : il est le premier président à être réélu avec plus de 50 % du vote populaire depuis Ronald Reagan et le collège électoral (l’ensemble des grands électeurs répartis par état qui désignent le président) lui était gagné par une vaste majorité : 323 grands électeurs contre 206 pour son rival républicain, Mitt Romney. Une seule ombre au tableau : la droite républicaine a conservé sa majorité à la Chambre des représentants, et par le fait même au Congrès. Ainsi, les républicains et leur leader John Boehner pourraient, en théorie, poursuivre dans la voie de l’obstruction qui était la leur depuis les élections de mi-mandat. Mais cette option reste théorique; le vote populaire penchant clairement en faveur des démocrates et de leur candidat à la présidence, les républicains n’ont ni le capital politique, ni la légitimité d’opposer un blocage hermétique à toutes les initiatives démocrates. Ainsi, peut-être, la voie de la coopération sera-t-elle préférée par l’ensemble des politiciens américains. Aux alentours de 23 h 30, alors que la majorité des grands réseaux de télévision avaient déjà prédit qu’Obama resterait président et que l’exubérance atteignait son paroxysme à Chicago, chez les républicains on s’empêtrait dans le déni. Le commentateur de Fox News Karl Rove continuait même de défendre, en direct, les chances de Mitt Romney quitte à pourfendre les prédictions des statisticiens de sa propre chaîne! Cette attitude, de la part d’un ex-conseiller de Georges W. Bush et fondateur d’un super-PAC anti-Obama très influent, illustre parfaitement la confusion, le désarroi et, surtout, l’extrême déni qui règnent chez les conservateurs américains au lendemain de cette élection. Car alors que la bataille pour la Maison Blanche est terminée,

la bataille pour le parti républicain ne fait que commencer : le 8 novembre seulement, i.e. deux jours après l’élection, six responsables du Tea Party, mouvement d’extrême-droite ayant de nombreux adeptes dans le camp républicain, se sont attaqués à l’ « establishment » du parti et au mode de désignation du candidat, qui ne fait, selon eux, que « choisir le vieux mâle blanc qui est le suivant sur la liste d’attente » . Ainsi se profile à l’horizon une guerre entre les différentes factions du parti républicain, principalement les modérés et les plus conservateurs. Pour les premiers, si Mitt Romney n’était pas redevenu, à la fin de la campagne électorale, le gouverneur modéré qu’il a toujours été, la débâcle aurait été bien pire. Pour les seconds, Romney n’était tout simplement pas un bon choix; il est justement trop modéré, et ne reflétait pas, selon eux, les véritables aspirations de l’électorat républicain. Ainsi, les démocrates pourront-ils profiter de la force du mandat qui leur est conféré et de la faiblesse de leurs adversaires, qui pourraient s’engager très prochainement dans une lutte fratricide dont le résultat est très incertain. De toute façon, le peuple américain a intérêt à ce que leurs politiciens coopèrent : les défis pour le pays sont nombreux et plusieurs sont tout à fait colossaux. À court terme, il y a le fameux « précipice fiscal » qui guette le pays si le président et le Congrès ne s’entendent pas sur un plan progressif de réduction du déficit. Ainsi, si les deux parties n’arrivent pas à un accord, l’échéance de nombreuses réductions d’impôts couplées à des coupes draconiennes dans les dépenses de l’État (totalisant 600 milliards $) pourraient asséner un dur coup à la fragile reprise économique américaine, même si elles réduiraient de façon importante le déficit. Là est la difficulté : le gouvernement américain doit s’entendre afin de réduire l’important déficit, estimé pour 2012 à 1211 milliards $ (7,8 % du PIB), tout en encourageant la reprise économique. Selon le bureau du budget au congrès, si les États-Unis tombent de cette falaise fiscale, ils entreront en récession, verront en 2013 une croissance négative de -0,5 % et le taux de chômage grimpera à 9,1 %. Par contre, toujours selon les prévisions du bureau du Congrès, la dette publique américaine, qui dépasse actuellement les 100 % du PIB, sera de 58 % en 2022. Si, au contraire, on reporte les réductions d’impôts arrivant à échéance le 31 décembre prochain, l’économie ne sera pas touchée à court terme, mais on prévoit que la dette américaine sera de 90 % du PIB en 2022. Il y a aussi la question des affaires extérieures.

Malgré ses difficultés économiques, l’Oncle Sam reste la puissance la plus influente sur le plan des relations internationales. Par exemple, on peut s’attendre à ce que les relations américanoisraéliennes - qui n’étaient déjà pas au beau fixe depuis que le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou avait donné le feu vert à une relance de la colonisation – se dégradent encore plus, alors que M. Netanyahou avait ouvertement appuyé Mitt Romney dans la course à la présidence. Le lien américano-israélien sera mis à l’épreuve très prochainement, alors que la Palestine demandera le rehaussement de son statut aux Nations Unies afin de devenir un État non-membre. Certains analystes pensent que le président Obama pourrait faire pression sur le gouvernement israélien pour que celui-ci affiche sa souplesse envers l’Autorité palestinienne et son président, Mahmoud Abbas. Mais si la réélection de Barack Obama n’est pas une excellente nouvelle pour le gouvernement israélien, elle en est une bien meilleure pour les rapports américano-russes. En effet, l’élection de Mitt Romney, qui avait qualifié la Russie d’ennemi géopolitique numéro un des États-Unis, aurait porté un dur coup au processus de normalisation des relations entre les deux puissances entrepris sous le premier mandat d’Obama. Des défis de taille attendent donc sans conteste la deuxième administration Obama. Par contre, aucun changement majeur dans la politique américaine, tant extérieure qu’intérieure, n’est à prévoir. C’est donc une présidence sous le signe de la continuité qui s’annonce. Obama amorce toutefois ce deuxième mandat rompu au travail de président, et avec un appui populaire sans conteste. D’ailleurs, bien des présidents ont réalisé leurs plus importants accomplissements durant leur second mandat… ERRATA Lors de notre dernière édition en octobre, certaines erreurs se sont glissées. Il est donc à noter qu’en date de la distribution de la parution, Laurence Bissonnet n’était plus coordonnatrice générale ni rédactrice en chef de l’Infomane alors qu’elle l’était lors de la date de tombée. Il est aussi à noter que Renaud Barette, ancien coordonnateur aux finances, n’a pas participé lors de cette édition. En page 3, nous nous sommes aussi trompés dans l’année en cours de la ligue d’improvisation qui est maintenant 2012-2013 et non pas 2008-2009. Sur la page suivante, nous avons mentionné que les comités CALEB et Solid’ère, puis ENJEU et Pluri’elle avaient fusionné. Pourtant, ce sont les comités CALEB et Pluri’elle qui ont fusionné. Quant aux deux autres comités, ENJEU et Solid’ère, il y avait un projet de fusion qui n’a pas eu lieu. Finalement, en page 10, nous avons parlé de «diversité des techniques» alors qu’il s’agissait de «diversité des tactiques».


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Skyfall: Bond ne meurt jamais

©theCOLLEGIO, Skyfall

Gabriel Houle Pour certains admirateurs inconditionnels de 007, l’arrivée d’un nouveau Bond aux cheveux blond et aux yeux bleus en 2006 était une catastrophe. Casino Royale allait briser la tradition. Oh lord! Save the Queen! Quelqu’un osa apporter de la fraîcheur et de l’audace à cette série vieille de 50 ans. Série, avouons-le, encré dans le machisme, le prestige et le rêve. Vous savez quoi? À la sortie de l’opus de 2006, les critiques étaient unanimes : Casino Royale est l’un des meilleur Bond à ce jour. Neal Purvis et Robert Wade avaient alors réussi leur pari en renouvelant la franchise par un scénario novateur. Quels étaient les changements apportés à la série? Une histoire plus noire, un héros qui n’est plus invincible, moins de gadgets, plus d’histoire, moins de fusillades et un héros qui a des émotions. Pour le reste…, tout y était : la Bond girl, le méchant très caractérisé, les explosions, les trahisons, l’espionnage. La recette était nouvelle, mais gagnante. Pour Skyfall, cette recette est un peu retravaillée. Avec l’échec critique de Quantum

©Gabriel Houle, Skyfall

of Solace et pour souligner la 50e année de la série, le choix de Sam Mendes comme réalisateur (American Beauty, Jarhead) était judicieux. Mendes sait très bien comment manier la caméra et la narration d’un film. Plus question de faire un Bond déconstruit et complexe comme l’opus précédent. Dans Skyfall, Bond apparaît plus lent, plus vieux. L’agent 007 n’est plus jeune et sait qu’il ne lui reste pas beaucoup d’options pour son avenir. Il refuse alors une retraite possible et accepte sa nouvelle mission : éliminer le chef d’un réseau qui cherche à détruire le MI6. Silva , le méchant , est brillamment interprété par Javier Bardem (No country for old man, Biutiful). L’antagoniste est écrit et interprété en profondeur. Le personnage de Silva m’a rappelé l’intensité qu’avait Heath Ledger dans The Dark Knight. Bardem est une des raisons pour lesquelles j’ai eu du plaisir à regarder ce film. Une autre de ces raisons est la profondeur ajoutée à Bond. Pour une fois, on en apprend sur le passé et la jeunesse de l’agent secret. Il a fallu 23 films avant d’en connaitre un peu sur l’enfance de Bond. Le scénario est basé sur le thème de la

consécration. Un agent qui refuse la retraite et une chef du MI6 qui refuse d’abandonner son poste, tout les deux conscients du danger, faisant ainsi face à la menace d’une mort possible. Skyfall est le Bond que j’attendais. Le film est intense, bien écrit, moderne et il ramène aussi quelques vieilles traditions ( dont le personnage de ‘’Q’’, le créateur de gadgets). Le film est selon moi le meilleur James Bond. J’ai même apprécié (et téléchargé) le thème interprété par Adèle. Les points faibles sont minimes, mais il y en a. Je n’ai pas particulièrement aimé les (trop flagrant) placements de produits et quelques scènes un peu machistes… mais bon, les traditions sont ce qu’elles sont et on ne parle pas ici de n’importe qui. On parle de Bond. James Bond.

Ma côte : 8/10


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Silent Hill: Révélation 3D ou rêve sans action 3D? Jaslyn Jean Baptiste Un film d`horreur inspiré d`un jeu vidéo culte portant le même nom.Après avoir rapporté 97 607 453$ au Box-office en 2006,le réalisateur Michael J. Basset a remis la main à la pâte pour nous emmener dans un monde plus imaginaire dans «Silent Hill: Revelation 3D». Ce deuxième volet raconte l`histoire d`un père (Sean Bean dans le rôle de Christopher) qui ne cesse de fuir avec sa fille Sharon, interprétée par Adelaine Clémence, pour échapper aux mystérieuses forces démoniaques qui les pourchassent.Pour mieux échapper aux démons,Sharon se voit obligée de changer de nom pour Heather. À la veille de son 18e anniversaire, Heather commence à faire des cauchemars où un esprit démoniaque nommé « Alessa» la pourchasse en lui interdisant de revenir à Silent Hill. Sans connaître la raison de tous ses cauchemars, arrivée à son nouveau lycée, elle se retrouve tout à coup dans un monde diabolique et terrifiant où elle voit toutes sortes de monstres. Suite à l’enlèvement de son père par un groupe religieux appelé «L’Ordre» habitant dans ce lieu obscur (dans le but de la pousser à revenir à Silent Hill), elle se retrouve toute seule et elle sera donc va être aidée par Vincent (Kit Harington), un fils de L`Ordre qui avait pour mission de la ramener à Silent Hill, mais qui a vite compris que cette dernière n`était pas celle qu`on lui avait décrit comme étant «un démon». Il va plutôt l`aider à échapper des monstres et retrouver son père dans ce lieu ténébreux. En ce qui a trait à la perspicacité du film, on ne peut pas affirmer que c`est une réussite. Bien que les effets spéciaux soient très bons, les maquillages excellents et les personnages, plutôt crédibles, l’histoire, elle, ne tient pas debout. Elle manque de contenu, les actions sont trop rapides et prévisibles. Par contre, excellente initiative avec la 3D! De plus, l’intrigue n`est pas présente. L`apparition de la mère, Rose (Raddha Mitchel), était trop brève dans le film. Tout ce qu`on peut qualifier d`échec total! On dirait que le réalisateur a mis plus d`accent sur les effets spéciaux que sur l`histoire et les personnages.Une vraie catastrophe! Le genre de film qu`on ne prend pas le temps de revoir.

s p e c tac l e

Salon du Livre de Montréal 2012 Pamel a B oudreau La 35e édition du Salon du livre de Montréal s’est tenue à la Place Bonaventure du 14 au 19 novembre dernier sous la présidence d’honneur de Georges-Hébert Germain. Le Salon du livre est un événement annuel ayant lieu tous les automnes et ayant pour but de promouvoir la littérature. Le Salon du livre de Montréal est l’un des plus importants événements de la littérature francophone à travers le monde. On y a, entre autres, la chance de rencontrer des auteurs, des éditeurs, divers organismes et personnes influentes du milieu littéraire. Il y en a pour tous les goûts, en passant par les biographies, les romans et les bandes dessinées. Des auteurs d’ici et d’ailleurs s’y retrouvent ainsi annuellement afin de rencontrer leurs lecteurs. Cette année, les Montréalais se pressaient dans les files pour rencontrer Patrick Sénécal, Kathy Reichs, Michel Brûlé, Michel Tremblay, Richard Petit, François Morency, ainsi que plusieurs autres. Sébastien Fréchette, alias Biz, membre du groupe québécois Loco Locass, était également présent avec son dernier livre La chute de Sparte qui plonge ses lectures au cœur de l’univers des adolescents. Diverses vedettes des arts culinaires tels que les chefs Louis-François Marcotte, Jérôme Ferrer et Ricardo étaient également présents pour rencontrer les férus de cuisine. Cette année, India Desjardins s’est présentée à ses fidèles lectrices avec sa dernière nouveauté parue à la mi-octobre, la bande dessinée La Célibataire, réalisée en collaboration avec l’illustratrice française Magalie Foutrier. C’est toujours aussi radieuse et souriante qu’elle a accueilli et serré la main de ses fans. Elle fût présente du mercredi au dimanche et, d’une journée à l’autre, les files ne dégrossissaient pas; jeunes et moins jeunes attendaient avec impatience dans le but de rencontrer India Desjardins et d’obtenir sa dédicace. Il en fut pareillement pour Midam, l’auteur de la fameuse bande dessinée Kid Paddle, qui, pour sa part, vient chaque année de la Belgique pour rencontrer ses lecteurs montréalais. Cette année, c’est au côté d’Adam Devreux, son collaborateur, qu’il est apparu. Tous deux ont participé à des séances de dédicaces quotidiennes où il y avait des files de plus de 2 heures où les lecteurs se pressaient pour faire signer leurs albums. À plusieurs reprises durant la semaine, nous avons pu croiser Herby Moreau et l’équipe de District V qui couvraient l’évènement. Somme toute, cet événement fut à nouveau une grande réussite, des milliers de gens s’y sont présentés, des familles, des jeunes adultes, des adolescents et des étudiants. À regret, certains auteurs que l’on s’attendait à revoir cette année, tel que Eric-Emmanuel Schmitt , Guillaume Musso, Marc Levy et plusieurs autres ne figuraient pas parmi la liste des auteurs en dédicace. Espérons qu’ils n’égarent pas leur carton d’invitation l’année prochaine!

Prenez de l’air avec nous!

Pendant l’intersession d’hiver, le

31 janvier,

le Kamikaz vous invite à venir glisser en tubes!

Attachez bien votre tuque et restez informés!


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Un guide pour les dominer tous

©techsmart, Retour vers le futur

Antoine Macia

Un guide pour la domination du monde, ça fait rêver, non? C’est ce que nous propose le célèbre écrivain américain Garth Sundem avec sa récente publication, The Geeks’ Guide to World Domination: Be Afraid, Beautiful People. Pour ce qui est du titre, attention, c’est de l’humour. En réalité, on se rend vite compte que le but du livre n’est pas de nous offrir un contrôle proprement dit sur la société, mais bien de donner au lecteur les moyens nécessaires afin de prouver à l’humanité sa supériorité individuelle. Pour ça, vous êtes bien partis, vous êtes à Bois-de-Boulogne. Cependant, si on se fie au titre, pour apprécier l’ouvrage à sa juste valeur, il faut faire partie de cette mystérieuse espèce en expansion appelée les geeks. Ou du moins vouloir s’y intégrer. Si c’est le cas, tant mieux! Car, tel que mentionné par l’auteur, Bill Gates à déjà dit: «ne vous moquez pas des geeks parce qu’un jour vous travaillerez pour eux.» Cette citation résume très bien l’esprit du livre. Concrètement, M. Sundem a écrit un recueil de 314,1516 chroniques utiles et amusantes. Elles touchent autant la science que la culture, les arts ou, talent incontestable de l’auteur, les avions en papier. Par exemple, le lecteur apprend à faire des mouvements d’arts martiaux, demander la direction des toilettes en douze différents langages, réaliser cinq expériences intellectuelles sans sortir de son lit, gagner des

paris automatiquement ou utiliser de façon concrète le théorème de Pythagore, tout ça en cinq pages. Il y en a 250. Oui, une fois le livre lu, vous aurez acquis l’éventail de connaissances nécessaires à l’obtention du prestigieux poste de Grand Maître de l’Univers. Sinon, le problème est probablement votre manque d’ambition. Les chroniques sont constituées de faits réels et prouvés, mais présentés d’une façon qui empêche le lecteur de s’ennuyer! Malgré la diversité des sujets abordés, la science y est prédominante. En effet, la thermodynamique, l’énergie nucléaire, la relativité et les mathématiques, pour ne nommer que ceux-là, sont des concepts importants dans le livre. De plus, les mordus de la culture pop seront satisfaits par la place accordée à Star Trek et consorts. Si ces mots vous effraient, ne vous inquiétez pas, l’auteur a une manière obscure de susciter de l’intérêt pour vraiment n’importe quoi. En somme, The Geeks’ Guide to World Domination: Be Afraid, Beautiful People peut rendre très fier n’importe quel geek et permettre aux autres de prétendre l’être. Derrière le ton généralement absurde du livre se cache une véritable mine d’or de sujets qui ne viennent pas naturellement en tête et qui permettent aux plus paresseux de se démarquer du reste de l’espèce humaine.

Ah oui, le livre est en anglais.

©Amazon, Geek’s Guide to World Domination


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Téléportation et physique Aude Forcione-Lambert«

“I teleported home last night with Ron and Sid and Meg Ron stole Meggy’s heart away and I got Sidney’s leg.” ― Douglas Adams, Le Dernier restaurant avant la fin du monde

Depuis quelques dizaines d’années, de la série Star Trek, à L’Excursion de Stephen King, en passant par Le Guide du voyageur galactique de Douglas Adams, la téléportation a envahi l’univers de la science-fiction. Tantôt un moyen de transport formidable, tantôt une technologie terrifiante, ce phénomène a su capturer l’imagination de générations de fans d’histoires de science-fiction en tous genres. Mais si, de nos jours, n’importe quel enfant sait ce qu’est la téléportation, bien peu de gens connaissent avec certitude quels en sont les fondements scientifiques. En effet, même si un tel procédé a longtemps été considéré comme impossible, certaines avancées récentes ouvrent de prometteuses portes vers l’utilisation – tout à fait réelle cette fois – de celle-ci.

Mécanique quantique et intrication Tout commence avec une théorie dont vous avez sûrement déjà entendu parler, la mécanique quantique. Mais avant de jeter votre journal à bout de bras et de vous enfuir en courant, je crois qu’il est impératif de mettre certaines choses au clair. Contrairement à la croyance populaire, la mécanique quantique n’est ni une sorte de déviation ésotérique, ni une technique de torture pour esprits trop curieux! En fait, la mécanique quantique est tout simplement la théorie actuelle qui décrit le mieux notre univers microscopique tel que nous le connaissons. À vrai dire, avec un peu de patience, cette théorie pourrait même devenir aussi fascinante et amusante pour vous que votre série de science-fiction préférée. Avant d’aller plus loin, il serait utile de définir de façon plus précise ce qu’est la téléportation. On décrit généralement celle-ci par le déplacement instantané d’un objet (ou d’une personne, comme on le voit souvent dans les histoires de science-fiction) d’un endroit à un autre. Cependant, ce que vous savez peut-être, c’est que la théorie de la relativité d’Einstein interdit à toute particule (que ce soit une particule de matière comme l’électron, ou d’énergie comme le photon ou un boson) d’aller plus vite que la vitesse de la lumière, et aussi rapide que soit la lumière,

elle ne se déplace pas instantanément! Selon cette théorie, la téléportation serait donc impossible. Toutefois, il y a une propriété quantique qui est capable de contourner ce problème, et j’ai nommé : l’intrication. Imaginez deux particules (des électrons par exemple) qui se promènent à un endroit donné. Soudain, au hasard de leurs mouvements, ces deux particules entrent en collision! C’est alors qu’intervient l’intrication. Ces particules, suite à leur contact, sont maintenant liées entre elles, et elles le resteront peu importe la distance qui les sépare, ne serait-ce que quelques mètres ou des millions d’années lumières! Maintenant, imaginez que vous affectez une des particules, en faisant une expérience dessus par exemple (en effet, en mécanique quantique, il est impossible de faire une expérience sur une particule, ou même de «regarder» celle-ci sans la déranger!). Quand l’état d’une des deux particules intriquées change, l’état de l’autre particule change instantanément en conséquence. Cela vous rappelle quelque chose? Eh oui! L’information a été téléportée d’une particule à l’autre, et rappelons qu’il peut y avoir plusieurs galaxies de distance entre ces deux particules! Mais comme vous le voyez, la théorie de la relativité est respectée puisque ce n’est pas une particule qui a été téléportée, mais seulement de l’information.

À vos téléporteurs! Si seule l’information peut être téléportée, cela signifie-t-il qu’il est impossible d’utiliser ce principe sur des objets? Une seconde cher lecteur! Ne vous découragez pas trop vite, car je vais maintenant vous expliquer comment on peut utiliser l’intrication à notre avantage pour téléporter (ou au moins donner l’impression que l’on téléporte) une particule. Pour cette expérience, il vous faudra d’abord la particule que vous voulez téléporter que nous appellerons A, et deux autres particules du même type intriquées entre elles (nous les nommerons B et C). Envoyez maintenant la particule B sur la particule A et … TADAM! Grâce à la collision, toute l’information concernant l’état de la particule A a été transférée à la particule B qui l’a à son tour instantanément envoyée à la particule C. Celle-ci a alors pris la forme exacte qu’avait la particule A au début de l’expérience. Toutefois, les lois de la mécanique quantique font que la particule A a, elle, perdu son état initial. L’impression qui en ressort est que la particule A a disparu de l’endroit où elle était pour réapparaitre à l’endroit où se trouvait la particule C. C’est la téléportation quantique!

Un peu d’histoire La téléportation a vraiment fait son entrée dans le monde scientifique en 1993 quand Charles Bennett et son équipe de recherche ont proposés dans un article une façon de réaliser ce phénomène. Il faudra cependant attendre 1997 pour qu’un autre physicien, Anton Zeilinger, et ses collègues, réussissent la première téléportation quantique. Depuis ce moment, des dizaines d’autres équipes de recherches ont répétés cette expérience. Le dernier record de distance est détenu par Zeilinger depuis mai dernier, soit une téléportation de 143 km! Toutefois, ces téléportations ne concernent pour l’instant que de très petites particules élémentaires, au mieux des atomes. En effet, les systèmes quantiques sont très fragiles. Comme je l’ai mentionné plus haut, le simple fait de regarder un système suffit pour le faire s’effondrer! Il est donc compliqué de réussir à tenir un système d’une taille importante dans un tel état. De plus, même si les physiciens quantiques parvenaient à franchir cet obstacle, plusieurs autres problèmes leurs bloquent la route. Tout d’abord, pour posséder deux particules intriquées, il faut que celles-ci aient été ensemble. Il faut donc envoyer une des particules intriquées du point de départ au point d’arrivé ou vice-versa pour ensuite pouvoir effectuer la téléportation, et comme une particules ne dépasse jamais la vitesse de la lumière, le processus de la téléportation ne peut pas se faire plus rapidement que cette vitesse. Un autre problème considérable est que la téléportation quantique est une téléportation dite destructive. L’objet n’est donc pas transporté d’un endroit à l’autre, mais bien détruit et recréé plus loin. Cela n’a pas d’importance pour des objets inanimés, mais il est hors de question de transporter des êtres vivants de cette manière!

Le futur de la téléportation D’après ce que vous savez maintenant, la téléportation quantique doit vous sembler bien décevante. Toutefois, les physiciens ont trouvésplusieurs applications très intéressantes pour celle-ci. Par exemple, les experts pensent qu’il sera bientôt possible de téléporter des objets de la grandeur d’un microbe ou d’une chaîne d’ADN, et il faut tout de même avouer que transporter des objets à la vitesse de la lumière est une capacité intéressante. À quand la livraison éclair? L’une des applications les plus prometteuses est dans le domaine de la cryptologie. En effet, si on veut transmettre un message confidentiel, on pourrait envoyer par satellite des particules intriquées du point de l’envoyeur au destinataire


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du message et par la suite simplement téléporter l’information de l’un à l’autre. Comme le simple fait de regarder les particules intriquées brise l’intrication, il est impossible pour un espion de récupérer l’information en route, et même s’il essaye, le transfert d’information échoue et il suffit de recommencer jusqu’à ce que les particules intriquées arrivent intactes au destinataire et que l’information soit téléportée. Finalement, la téléportation quantique n’a peut-être pas répondu à nos attentes, mais elle en a créé de nouvelles, tout aussi prometteuses. Et c’est ainsi que la science et la physique fonctionnent : on ne sait jamais ce que l’on va trouver quand on commence une recherche, mais ce qui est sûr, c’est que l’on trouve toujours quelque chose d’intéressant, pour peux que l’on garde l’esprit ouvert, et qu’on fasse preuve d’imagination!

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©Gabriel Houle, Hotline Miami

Hotline Miami: Une violence justifiable?

Gabriel Houle

Cessez de jouer seul au monopoly en plein milieu de la cafétéria... Rejoignez-nous au club jeux!

©Magicfrag, ensemble de dés

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Vous connaissez Drive? Un thriller néonoir américain à petit budget (15 millions $US) qui empochait 73 millions de dollars l’année dernière? Si oui, vous allez comprendre le succès de Hotline Miami auprès des critiques de jeux. Pour ceux qui ne connaissent pas, le jeu et le film sont tous les deux des projets construits aux alentours d’une ambiance particulière. Certains reprocheront que le scénario et les dialogues n’y étaient pas assez dans Drive. Pour Hotline Miami, le tir est corrigé. Oui, l’action prime sur l’histoire, mais elle est tout de même assez intrigante pour vous tenir jusqu’à la fin du jeu. Hommage au premier GTA (la vue topdown ), l’ambiance y est rythmée au son de musiques électro/disco, de gros lettrages lumineux, de voitures des années 80 et aussi… d’extrême violence. On incarne le rôle d’un homme qui n’a plus d’identité, enrôlé par ce qui semble être une mafia masquée. En effet, tous les criminels du jeu portent le masque d’un animal particulier leur conférant des bonus spéciaux. À chaque exploit réalisé dans les niveaux, on débloque ces masques qui nous permettent de prendre une balle de plus, d’éteindre les lumières, de commencer le niveau avec une perceuse… et comme je le disais, c’est très violent. Le but des missions? Tuer tout ce qui bouge sur tous les étages. Voilà! Au début, c’est une poussée d’adrénaline qui nous maintient dans le jeu, jusqu’à ce que nous (en tant que joueur) et le personnage commencions à être hantés par cet excès de violence. Les pointages, l’ambiance, le jeu lui-même commencent à nous répugner, jusqu’à ce que des

©Gabriel Houle, Hotline Miami

évènements troublants viennent redéfinir la pertinence du jeu. À un certain point, les créateurs nous font sortir de la narration habituelle de l’histoire, ce qui apporte au joueur un angle d’approche sur la violence présente dans ce type de jeu. Bref, un jeu créé pour nous mettre en doute par rapport à la violence gratuite dans l’univers virtuel. Hotline Miami est amusant et rend dépendant, mais est recommandé par petites doses par votre psychologue. Points forts : - Bonne re-jouabilité - Les masques bonus - La bande sonore - L’intrigue Points faibles : - Jeu très sombre, presque épeurant parfois (point fort pour certains) - Le jeu plante quelques fois - Bogues dans certains niveaux (plancher invisible, porte qui ne s’ouvre pas…)

Hotline Miami : 8/10 Disponible sur PC et sur Steam. 9,99$


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Jeux vidéo de la saison Mathieu Verschelden

Call of duty: Black Ops 2

Le prochain volet tant attendu de Call of Duty est enfin arrivé. Treyarch, développeur de la série Black Ops, nous transporte dans l’univers du jeu: un futur proche où la terreur règne grâce à l’utilisation de technologies et d’armes militaires volées. La suite reprend des éléments de son prédécesseur : retour des personnages de campagne, d’armes multi-joueurs et des modes de jeu zombies tout en intégrant du nouveau contenu. Un must pour les fans de Black Ops 1. Call of Duty : Black Ops 2 est sorti le 13 novembre 2012.

en Afrique, vous êtes désormais un touriste qui essaie de retrouver sa petite amie dans des îles aussi exotiques que dangereuses. Ubisoft avait reporté la sortie du jeu pour retoucher les derniers aspects, alors espérez pour de meilleurs résultats. Dans ce volet de Far Cry, il y a également une campagne en co-op de quatre joueurs qui se déroule sur les archipels six mois avant les événements principaux de ce troisième volet. (Bienvenue à Vaar’ Fantasy island ! Far Cry 3 est sorti le 5 décembre 2012.

Vous devez trouver une jeune femme aux pouvoirs surnaturels qui lui permettent de traverser le temps. Regardez les vidéos des développeurs : ils expliquent plus que l’envoi d’un communiqué. Bioshock Infinite sort le 26 février 2013.

©jeux vidéo.com, Bioshock infinite GOD of War : Ascension

©clubic, Far Cry 3

DmC : Devil May Cry

©ign, Call of Duty

Non, ce n’est pas une suite, mais un épisode précédent toute la série. Vous allez comprendre les débuts de Kratos, l’antihéros spartiate, et comment il est devenu « Ghost of Sparta » (le fantôme de Sparte). Plateforme multi-joueurs incluse, un exploit pour un jeu à un seul joueur.

God of War : Ascension sort le 13 mars 2013

Hitman absolution

Fan de l’Agent 47, réjouissez-vous! Après six ans d’attente, Square Enix (qui a pris possession de Eidor Interactive, le créateur original) a enfin fait paraitre le nouveau volet de l’assassin à cravate rouge. Tuer créativement paraîtra plus beau avec leur nouvel engin de jeu Glacier 2. Tout ce qui a donné au jeu sa splendeur est de retour : les armes, les déguisements, les façons de tuer. De plus, l’arrivée du mode « Contrats » afin d’entrer en compétition avec les gens rend ce volet plus intéressant. Hitman Absolution est sorti le 20 novembre 2012.

Le scénario de ce jeu vidéo se déroule dans une réalité alternative où Dante, le héros, est un chasseur de démons aux cheveux courts et noirs. Alors que son frère, Vergil, semble hostile aux humains. Le monde normal devient déformé par les démons. Utilisant le même style de combat que ses prédécesseurs, DMC pourrait nous surprendre. ©jeux vidéo.com, God of War

DMC : Devil May Cry sort le 13 janvier 2013. Grand Theft Auto V C’est officiel, depuis le six novembre, vous pouvez précommander le jeu. Se déroulant dans la région de Los Santos, ville fictive aux traits de Los Angeles, peu de choses sont connues du jeu à part une vidéo et des captures d’écran. Plus d’informations viendront avec le 2e trailer le 14 novembre 2012. Grand Theft Auto V sort au printemps 2013. ©jeux vidéo.com, Devil May Cry

©techspot, Hitman Absolution

Bioshock Infinite

Far Cry 3 Un petit tour dans un archipel rempli de fours vous semble excitant comme jeu ? Contrairement à son prédécesseur, qui se déroulait

Adieu ville sous-marine, bonjour ville volante ! Entrez dans le steampunk style 1912 de ce jeu, dans la ville de Columbia, une ville des airs. ©jeux vidéo.com, GTA V


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Émily R acette

Divertissement

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Bélier (21 mars-21 avril) Ce mois-ci vous aurez d’avantage besoin de vos proches. C’est un bon moment pour vous rapprochez, mais ce, de façon plutôt amicale. L’opportunité n’est pas aux rapprochements amoureux. Vous souhaitez la qualité plutôt que la quantité. Avec chéri c’est le temps des longues conversations. Néanmoins, celles-ci ne seront pas à votre avantage, vous feriez mieux de réfléchir avant de parler. C’est le mois du style, de la création et des nouvelles idées pour vous ce qui promettra un agenda bien remplit. Les échanges risquent d’être plus compliqués en début de mois. N’hésiter pas à demander le soutient de vos collègues ils vous l’apporteront sans soucis et ce même si vous devez vous répéter.

Lion (22 juillet-21 août) Pour conserver un bel équilibre la priorité est aux amis. L’humour est votre plus grand complice pour faire de nouvelles rencontres. Par contre, si c’est avec chéri la romance est votre meilleure carte. Accepter de prendre également du recul dans votre relation et de vous faire traiter aux petits oignons. Les astres sont aligné pour donner à votre cœur le soutient qu’il nécessite. Vos économies s’accumuleront si vous suivez votre bonne intuition. N’ayez pas peur de vous ouvrir et de partager vos opinions, les gens seront ouverts à vos propositions. Les idées s’enfileront une à la suite de l’autre. Si vous savez les proposer aux bons complices, elles peuvent vous mener loin.

Sagittaire (22 novembre – 21 décembre) Vous devrez utiliser d’une extrême précaution dans vos relations. Certaines personnes tenteront de vous impressionnez par de belles paroles. Si vous vous laissez envouter, vous serez déçu. Si vous faites la part des choses, vous allez seulement être déçu momentanément. Attention aux mirages. Si vous savez différencier les bonnes opportunités aux fantasmes les opportunités viendront à vous. Préparer le terrain. Organisez-vous et faites l’analyse de ces propositions. Bien analysées, les propositions vous mèneront loin. Avec chéri, c’est le moment de poser des questions. Faites l’étude de chaque problèmes qui vous sembles causer des différents. Votre partenaire sera ouvert aux explications de ces dernières.

Taureau (22 avril – 21 mai) Soyez sympathique avec vos proches puisque ce mois-ci vous promet de petites chicanes. Ce dues à votre humeur changeante. Si vous vous sentez moins en harmonies avec vos proches, rassurez-vous, vous ferez des rencontres surprenantes. Ces dernières semaines ont été très occupées, ces nouvelles rencontres vous permettront de vous ressourcer. En couple, si votre chéri ne penche pas pour la jalousie, la tendresse règnera. Votre pouvoir de séduction est toujours intact. Dans vos activités vous serez distrait mais grâce à votre sens pratique vous y parviendrez. Grâce au contrôle et à l’organisation vous accomplirez plus d’un projet. Le calme est votre plus grand allié. Tentez de nouvelles aventures, vous êtes équipé pour combattre tout les défis.

Vierge (22 août – 21 septembre) Vous rencontrerez un complice qui vous motivera sur le plan philosophique. Les grandes conversations s’imposent. Elles mettront de l’avant votre intelligence et vos capacités à réfléchir sur toutes les facettes d’un sujet. Celles-ci vous permettront de voir sous diverses perspectives certains grands enjeux de votre vie. Le moment est avantageux si vous désirez vous lancez dans des projets solitaires. Des intermédiaires peuvent être nécessaires mais vous devez faire confiance à vos propres idées si vous voulez avancer. N’ayez pas peur d’y ajouter de la fantaisie. Votre coté artistique rayonnera ce mois-ci et pourrait vous menez loin si vous en explorez ses diverses formes.

Capricorne (22 décembre – 21 janvier) Vous êtes de bonne humeur. Tout vous semble plus amusant, plus joyeux. Vous serez en harmonie avec votre âme. Tout ce qui attrait à votre individualité vous semble harmonieux et en équilibre. Les coïncidences ne sont pas de tout hasard. Prenez-les au sérieux, des rencontres qui peuvent sembler inattendues auront lieu pour certaines raisons. Les astres sont alignés pour vous créer le chemin à suivre. Ne refusez pas d’offres, elles sont là pour plusieurs raisons. Si vous êtes disciplinées, vous n’aurez pas grand efforts à fournir pour arriver à votre réussite. Conséquemment, cette réussite est personnelle, le plan sentimental ne sera pas très diversifié ce mois-ci.

Gémeaux (22 mai – 21 juin) Ce n’est pas le mois pour vous prendre au sérieux. Si vous suivez ce mode d’esprit, certaines rencontrent vous surprendront et vous en aurez le dernier mot. Certains intermédiaires se présenteront mais ces relations ne dureront pas. Ne les prenez pas trop à cœur. Si vous ne suivez pas les conseils des astres, c’est rencontres vous blesseront des plus grandes façons. Votre tempérament instable peut vous jouer des tours si vous prenez tout trop à cœur. Votre réputation peut prendre le dessus de qui vous êtes vraiment. Vous aurez peut être besoin de revenir aux sources. Profitez de ce moment de l’année pour reconnecter avec votre famille. Oubliez les petits différents du passé, c’est le moment de commencer une nouvelle page.

Balance (22 septembre – 21 octobre) Que se soit dans les relations sentimentales ou amicales, la communication est la clé. Prenez le temps de voir vos proches. Il n’est pas à votre avantage de jouer au vers solitaire. Après quelques semaines difficiles, vous avez besoin de soutient. Votre coté créatif ressortira dans toutes les sphères de la vie. Attention à la fatigue, cela fait longtemps que vous accumulez le manque de sommeil. Même si la créativité vous garde éveillé plus longtemps, il sera nécessaire de prendre une pause pour reprendre le sommeil. Cela peut également vous permettre d’être d’avantage productif dans un futur rapproché. Certains événements vous demanderont d’utiliser d’avantage de votre patience.

Verseau (22 janvier – 19 février) Vous socialiserez d’avantage ce mois-ci qu’à l’habitude. C’est conversations et rencontres seront multiples mais peut sérieuses. Vos idées seront biens reçus mais elles devront être travaillées au sein d’une équipe. Vous aurez besoin de beaucoup d’énergie. Les projets s’accumuleront et vous allez probablement vous sentir étouffé. Ne vous laissez pas impressionné. Vous ne devrez pas avoir peur d’utiliser votre coté compétitif et autoritaire pour vous aidez à vous faire avancer dans vos projets. Même si le temps semble manquer, ressources-vous près de vos proches et écoutez leur conseille. Leur sagesse peut être un outil qui vous sera des plus utile dans les temps plus difficiles.

Cancer (22 juin- 21 juillet) C’est le mois des rencontres pour vous. Nul besoin de sortir, c’est plutôt votre temps de l’année pour faire de vous un hôte modèle. Vos proches apprécieront et prendront exemple sur votre talent à recevoir. En couple c’est chéri qui prendra soin de vous. Ce n’est pas le temps des folies. La simplicité est à son comble et est votre plus grand bonheur. Vous n’aurez pas besoin de plus, les choses complexes vous compliqueront la vie de façons inutiles. Il vous suffira de simples initiatives pour vous menez loin. Les chances sont avec votre astre. Par contre, votre discrétion peut encourager certains à vous marchez dessus, ne manquez pas de tact et de franchise et tout ce déroulera pour le mieux. C’est votre belle énergie qui vous avantage.

Scorpion (22 octobre – 21 novembre) Une certaine vague d’hésitation flottera au dessus de votre vie en générale. C’est le mois pour peser les pours et les contres. Vous devrez rompre certaines relations et conserver celles qui comportent plus d’avantages que de désavantages. C’est le mois pour faire le ménage dans votre vie. Les alliés que vous conserverez resteront probablement à vos cotés à jamais, si vous prenez les bonnes décisions. Néanmoins, ce n’est pas le moment de compter sur les autres pour prendre ces décisions. Vous devez compter sur vos propres idées car celles des autres pourraient vous faire prendre le mauvais chemin. Vous êtes le chef de vos propres idées ce mois-ci.

Poisson (20 février – 21 mars) Vous serez plutôt attirant ce mois-ci. Mégarde, quoi que vous attirer les gens, de mauvais poissons peuvent se prendre dans votre filet. Ce ne sera pas toutes les prises qui seront bonnes. Vous devrez faire attention sur qui que vous utiliserez vos charmes. Certaines prises pourront utiliser votre coté délicat à vos fins. Acceptez toutes les demandes pour les activités extérieures. Ces dernières feront changement des mauvaises prises que vous allez attraper durant le mois. Vous allez devoir vous concentrer pour les choses plus sérieuses, cela demandera un effort distingué. Votre cœur et votre esprit sera plutôt avec le plaisir. Ne laissez pas cela vous déranger dans vos projets sérieux.

© Émily Racette


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Mots cachés Thème: Temps des fêtes

Citations du mois

-Ange -Banquet -Berger -Biscuit -Boucle -Brillant -Bûche -Cadeau -Canne -Cannelle -Carte -Chou -Cloche -Crèche -Décoration -Dinde

-Emballage -Épice -Étoile -Famille -Farce -Fêtes -Flocon -Gingembre -Glaçon -Gui -Guirlande -Houx -Igloo -Joie -Lait -Lumière

-Lutin -Musique -Neige -Nicolas -Noël -Père -Poinsettia -Présents -Renne -Rouge -Sapin -Tisane -Tourtière -Vert

Kakuro

«L’homme n’est qu’un animal plus parfait que les autres et qui raisonne mieux.» -Napoleon Bonaparte «Quand j’étais petit, ma mère m’a dit que le bonheur était la clé de la vie. A l’école, quand on m’a demandé d’écrire ce que je voulais être plus tard, j’ai répondu “heureux”. Ils m’ont dit que je n’avais pas compris la question, je leur ai répondu qu’ils n’avaient pas compris la vie.» -John Lennon «Tu sais que tu es en amour quand tu ne trouves pas le sommeil, car la réalité est finalement plus belle que tes rêve» -Dr.seuss «Les gens intelligents et les imbéciles ont en commun de se croire intelligents et de prendre les autres pour des imbéciles.» -Romain Guilleaumes «Ce qui rend les amitiés indissolubles et double leur charme est un sentiment qui manque à l’amour : la certitude.» -Honoré de Balzac

Sudoku

Le kakuro est un jeu de logique qui ressemble à un « mot croisés» de chiffres. L'objectif consiste à remplir les cases vides avec des chiffres de 1 à 9 de manière à ce que le total des chiffres d'un « mot » soit égal au nombre inscrit dans la case remplie. Un « mot » ne peut pas contenir deux fois le même chiffre.


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ection div e r t i s s e m e n t

Vo l u m e X L , № I I

Comment j’ai survécu au 21 décembre! J ustine D aigneault-D emers Il était 6h du matin, lorsque je me suis réveillée. Il n’y avait plus d’électricité et le ciel était couvert de nuages. Un silence de mort planait dans ma maison. Je me suis levée pour aller voir mon petit frère. C’était quand même sa fête aujourd’hui. Malgré l’absence de bruit, tout le monde était en train de préparer les défenses. L’apocalypse approchait. Notre cave était remplie de boîtes de conserve et de denrées non-périssables. Notre garde-manger était maintenant devenu une réserve d’armes. J’ai salué ma famille, puis j’ai donné un câlin à mon petit frère. Une seule phrase me trottait dans la tête: «la seule façon de tuer un zombie, c’est de viser le cerveau.» Puis, j’ai enfilé mon masque comme celui utilisé lors des épidémies et je me suis mise au travail. Voilà quelques mois que nous étudions le solanum (le virus qui nous transforme) et les manières de tuer un zombie. Bien que le virus ne voyage pas dans les airs, je préférais ne pas prendre de risques. Je pansais aussi toutes mes blessures puisqu’elles constituaient la meilleure façon de contracter le solanum. C’est alors que nous avons entendu un long rugissement avant que le silence ne refasse surface. Mon père et mon frère se sont donc levés et ont commencé à embarquer notre réserve d’armes et de nourriture dans la voiture. Tout notre village devait se réfugier dans l’église. Puisque celle-ci était grande, haute et robuste, nous aurions bien moins de difficulté à nous défendre. Il est bien connu que dans les films, c’est le premier endroit où aller se cacher. Je me suis donc armée de mon arbalète. Je me suis découvert un talent fou suite à nos camps d’entrainement. Je n’ai donc aucune misère à la manipuler ni à tuer un zombie à moins de quelques mètres. Ils n’auraient aucune chance. Bien sûr, j’exagère. Je ne pourrais pas me battre seule devant une horde de zombies affamés. C’est pour cela que je traînais toujours un calibre 22 dans mon dos ainsi qu’un marteau à ma ceinture : question de sécurité. De plus, je me gardais aussi une certaine quantité de cyanure, juste au cas. Si on meurt avant d’être infecté, on n’a aucune chance de se transformer par la suite. La cloche de l’église a alors retenti. C’était le signal. Nous nous dirigions donc vers l’église rapidement, mais prudemment. Les Hommes les plus courageux étaient restés aux côtés des gens déjà infectés. Malheureusement, il est impossible de tuer un zombie avant que celui-ci se réveille. Puisqu’ils sont plutôt silencieux, lorsqu’ils ne rugissent pas, les gardiens auraient tôt fait de

mourir, laissant ainsi l’hôpital sans défense et les zombies circuler dans la ville. Nous devions donc nous regrouper pour mieux nous défendre. Lorsque nous sommes arrivés à l’église tout le monde étaient déjà entrain de barricader l’église. Bien sûr, nous allions laisser une porte ouverte pour pouvoir nous enfuir, partir à la chasse aux zombies ou bien trouver d’autres réserves de nourriture. J’allais donc pouvoir récupérer mes flèches à la suite des attaques. Toutefois, cette porte allait tout de même être bien barricadée, mais de l’intérieur. Il ne fallait prendre aucun risque. Les enfants trop jeunes pour se battre étaient cachés dans la cave de l’église avec les plus faibles. Tout le village devait participer à notre défense. Quant à moi, j’étais dans le clocher, j’avais donc une belle vision de ce qui s’approchait de l’église. Nous avions par contre un net avantage: l’église était entourée d’eau. Les zombies ne savent pas nager et coulent lorsqu’ils sont dans l’eau. Nous n’aurions donc rien à craindre de ces-derniers. Excepté pour ceux qui passeraient par notre pont. Nous devions donc trouver un moyen d’en faire un pont-levis au plus vite! Puisque le terrain autour de l’église était plutôt vaste, les voitures allaient pouvoir servir de défense. Encore une fois, les plus braves allaient se cacher dans ces-dernières avec des mitraillettes. Si une horde de zombies nous approchait, la première ligne aurait tôt fait d’en tuer la majorité. Puis de notre clocher, nous allons pouvoir tuer les quelques survivants. Du moins, s’il n’en avait pas beaucoup. Nous nous sommes donc créés un horaire pour veiller à notre survie. Nous avions besoin de veilleurs et de tireurs. Pendant nos pauses, nous allions pouvoir jouer aux cartes ou aux dés. Il fallait bien passer le temps. Toutefois, si une fuite devait s’imposer, nous ne garderions que le strict nécessaire. Les heures passaient et des rugissements se faisaient de plus en plus entendre. Combien de zombies s’étaient réveillés et combien de personnes avaient-ils infectées? Nous n’en savions rien. Nous nous attendions toutefois au pire. Et puis, mon tour de garde arriva. Tout ce passa sans incident. Sauf durant les cinq dernières minutes. C’est alors que des tas de rugissements ont réveillé tout le monde. En regardant par la fenêtre, on pouvait apercevoir des centaines et des centaines de zombies, tous aussi affamés les uns que les autres, se diriger vers notre refuge. Une seule phrase me trottait dans la tête: la seule façon de tuer un zombie, c’est de viser le cerveau.

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Š Pamela Boudreau


Infomane, volume XL, no II