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XIX numero 4

Association Étudiante du Cégep de Sainte-Foy Semaine du 12 novembre  -  www.asso.cegep-ste-foy.qc.ca/

cette semaine

dans l’éclosion Baconneries p.01

Le cancer : outil de marketing? p.02 Les Hikikomoris : la révolution silencieuse du Japon p.3-4 Caricture p.4 Half-life p.5 La folie relative p.6 La NCAA poursuivie p.7 À quand des Enfoirés au Québec ? p.8 Chronique anarchiste p.9 Coopérer pour l’équité p.10 La Chronique Politico-Philosophico-Sociale p.11-12 Je m’appelle Poubelle et je me cherche des amis p.12 L’ascension de la Corriveau p.13-14 L’anarchie, une idéologie p.15 Déchéance d’une langue ou symptôme d’un peuple larbin p.16 Ah, si j’étais maire ! p.17 sudoku p.18

j.leclosion@gmail.com


Semaine du 12 novembre

� Baconneries Chronique 14 : Pas de temps pour un qui suis-je Par Louis-Philippe Pleau

À la marche, à la course, il file, il vole, s’écoule, se cache, disparaît et revient, dans les confins de l’âme, il ouvre les possibilités, c’est un libérateur, un catalyseur de l’ambition, devant lui, tout est espoir, et tout s’éteint, car c’est aussi un dictateur, un zélé jaloux, implacable, matraque, discipliné, qui détruit pour ériger, il soustrait, il additionne, il multiplie, il enfante, il divise, il guerroie, il tache, il corrompt, et des honorés fait des parias, et des chenilles fait des ailés au appendices brûlées de désirs, consumés par la lanterne sournoise, le rêve, puisqu’il leur ravit, il le prend, le garde, c’est un marchand de sables aigres qui capitalise sur les sacrifices; ils abandonneront tout, certains, pour agoniser sur sa substance, il en rira, ce bourreau, il s’abreuvera de leurs pleures, humera leurs idées absurdes lorsqu’elles évacueront dans l’expiration nauséabonde de la chaire inerte, et il se moquera davantage de voir l’usuelle suite, la série, l’absurde plaisanterie, Léthé, le phénix, la poursuite, le recommencement, un cycle de passions et de fractures; c’est qu’il ne pardonne pas, ne fait pas de promesses ou de compromis, il n’accorde qu’une chance, à tous, au héros, au truand et même à Dieu, car il est la seule vraie justice du monde, mais on le malmène, on l’accuse, on le calomnie de milles sobriquets, argent, relatif, court, long, utile, orageux, implacable, matraque, discipliné, et vite, vite on fait, vite on fuit, à la marche, à la course, on vole, on se cache, on se rassure, on se reprend, on cherche à le battre, à le frei-

ner, l’invincible titan, mais sa mécanique est si bien huilée, son horlogerie a un cœur si régulier qu’il écrase toute levée, c’est un conservateur entêté, un contre-révolutionnaire performant, hérissé d’une propagande à trois degrés, ainsi certains le prennent pour acquis, cet ami dans l’ombre, et ils se permettent de l’oublier, de penser le dominer, et alors il attend, il guette, il espionne, il sourit, il harponne, il surprend, il happe, il broie, et la chair, et le sang, et le cher, et le rang, et l’espoir, fut-il fervent, et le bonheur, futile servant; aussi son estime repose-t-elle sur le second, le pieux, qui le craint, se méfie, qui a vu, qui a jugé, qui mange le pain qui est sur la table, qui bat le fer quand il est chaud, qui bat le frère quand il est chaud, le couard, le pressé, juteux, un poids sur la poitrine, le marathonien de l’existence, celui-là est peut-être déjà vaincu, comme l’est par ailleurs le troisième, peut-être vieux, peut-être ravagé, le résigné, il accepte, il s’agenouille, il fait sa révérence sous la guillotine et laisse sur lui tomber le verdict en s’extasiant de la lumière invisible qui coule de la morve sur sa rétine, celui-là est déjà pris; et vous, qui lisez, qui confusez, qui questionnez, vous êtes surpris, vous êtes ravis, vous êtes embêtés, mais qui serez-vous, devant l’absolu, si je tends le bacon au bout des doigts de Damoclès, car ce sont vos perceptions qui font de moi ce que je suis, vous et non moi qui amènent ma description, tel que je marche en enfer, que je cours au paradis, et que sur Terre je sois l’arbitre?

Saviez-vous que... ? Par Johanie Martin-Lafond

•  Le Ketchup a été vendu dans les années 1830 en tant que médicament. •  Chaque année, 11 000 Américains se blessent en essayant des positions sexuelles bizarres. •  10% des revenus du gouvernement russe proviennent de la vente de vodka. •  Dans le Maryland, une loi interdit de maltraiter les huîtres. •  Manger une pomme est plus efficace qu’un café pour rester éveillé.

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Le Démos vous invite à son Bière & Politique qui se tiendra le 13 novembre à la Place Publik! à compter de 19h. Il portera sur le conflit israélite-palestinien.


Semaine du 12 novembre

Le cancer : outil de marketing? Par Sara Lazzaroni

On estime qu’il y aura

20 000 décès

causés par le cancer au cours de l’année 2012. 47 600 nouveaux cas seront diagnostiqués. Parmi ceux-ci, 5 500 Québécoises seront atteintes du cancer du sein et 5 400 Québécois du cancer de la prostate. Des statistiques qui donnent la chair de poule, d’autant plus qu’elles ne font qu’augmenter chaque année malgré les innombrables progrès effectués en médecine. Les magnats des médias en ont fait leurs choux gras. Le fameux logo rose, emblème suprême de l’espoir pour une majorité d’entre nous, fait désormais partie intégrante du paysage culturel québécois.

J’encourage la recherche et je remercie sincèrement tous les philanthropes de ce monde qui, dans une moindre ou généreuse mesure, font régulièrement des dons auprès de la Fondation. Simplement, j’ai horreur de voir ce que la publicité en a fait. Le cancer n’est pas une marque de commerce, encore moins une façon de laver sa conscience. Quiconque a reniflé cette maladie de près sait à quel point elle peut s’avérer cruelle. Le cancer est impitoyable. Nul ne peut prétendre le vaincre sans se battre. Même les plus tenaces d’entre nous doivent sortir les griffes, et

Maintes compagnies se le sont approprié sans ménagement. Ainsi donc, il est désormais possible d’acheter des petites bobettes pour le cancer, du maquillage pour le cancer, de la crème à mains pour le cancer, un BlackBerry rose pour le cancer, du papier de toilette Cashmere pour le cancer, et j’en passe, faute de pouvoir consacrer la journée entière à énumérer… L’autre jour, j’ai même entre-aperçu une annonce à la télévision encourageant les citoyens à consommer de l’essence suprême pour le cancer. Pourquoi pas de l’essence ordinaire? Ça, je l’ignore. Chose certaine : le cancer est omniprésent et omni-exploité. Il est devenu un outil de marketing, c’est incontestable. À prix égal, choisir entre un produit avec ou sans logo n’est pas bien difficile à faire. En effet, n’est-ce pas plus gratifiant de servir une bouteille de vin affichant la petite boucle rose à ses convives lors d’un souper? Loin de moi l’idée de cracher sur ces multiples âmes charitables qui s’évertuent chaque jour à sensibiliser la population au sujet de ce fléau. Je suis de ceux et celles qui sont allés courir sur les Plaines d’Abraham le 30 septembre dernier (sous la pluie qui plus est).

encore, le combat n’est pas gagné d’avance… Il faut un courage colossal pour en venir à bout. Chapeau à tous ceux et celles qui y sont parvenus, ou qui luttent encore. La question que je me pose est : n’aurait-on pas pu tout simplement encourager l’essence ordinaire, plutôt que la suprême?

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Semaine du 12 novembre

Les Hikikomoris : la révolution silencieuse du Japon Par Audray Langevin

260 000 Hikikomoris. C’est-à-dire 260 000 Japonais qui vivent coupés du monde, coupés des gens qu’ils aiment et coupés de la société qui les accable. 260 000 humains en détresse sans aucun point

de repère. Et pourtant inconnus du reste du globe et méconnus des chercheurs. 260 000 individus qui, inconsciemment, font partie d’une importante révolution tout en silence qui pourrait modifier l’avenir de leur nation.

Qui sont-ils?

société, par ses normes et par ses valeurs.

Hikikomori est un mot japonais désignant une pathologie sociale apparue dans les années 1990 qui amène des adolescents et des jeunes adultes à vivre coupés du monde en se cloîtrant volontairement pendant des mois, voire des années.

Ils sont fatigués, anéantis, et se sentent abattus par la performance exigée par les autorités, qu’elles soient parentales, éducatives, professionnelles ou gouvernementales. Ainsi se crée un sentiment de culpabilité pour ces jeunes adultes qui croient ne pas pouvoir accomplir les objectifs qu’on leu impose. Suite à cette angoisse de la performance ils réagissent en s’isolant de la société.

Ces Japonais survivent enfermés chez leurs parents, le plus souvent dans leur chambre. C’est à cet endroit qu’ils vivront la solitude d’une façon radicale refusant toute communication et n’ouvrant la porte de leur forteresse que pour s’occuper des besoins corporels urgents.

La solution à un malaise social Il arrive régulièrement que des réactions individuelles soient observées en réponse à un problème collectif ou même social. Il est à se demander si le Japon n’est pas en train de vivre ce phénomène. En effet, en même temps que l’apparition des Hikikomoris, c’est dans le milieu des années 1990 que le pays connaît une nette poussée suicidaire qui se poursuivra jusqu’à aujourd’hui. Le taux de suicide au Japon atteint 25 pour 100 000 habitants, c’est-àdire le double de la moyenne mondiale selon l’OMS. Les Hikikomoris, eux, représentent un phénomène quasiment exclusif. Il est difficile après ces observations de nier les malaises sociaux liés à l’angoisse de la performance promue en terres japonaises.

Mais qui sont exactement les Hikikomoris? Pour la majorité, ce sont des jeunes hommes au début de la trentaine qui s’écroulent sous la lourde pression sociale et qui se sentent accablés par la

Le Japon assiste les yeux fermés à une révolution silencieuse importante. Une révolution où les jeunes adultes (et les enfants) japonais s’effondrent et où leurs gestes ne devraient pas être vains. Ils envoient à leur nation un message peu subtil qu’est celui de revoir tout: revoir les idéaux, revoir les valeurs, revoir les exigences. Chose difficile, mais qui sera nécessaire si le Japon veut réelle-

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Semaine du 12 novembre ment mettre toutes les chances de son côté pour éviter l’éminente catastrophe qui le hante.

Crises nationales Crise nationale: c’est ainsi que le quotidien Mainichi, un des importants journaux japonais, décrit le phénomène des Hikikomoris en 2010. Cette même année, le gouvernement du Japon menant une enquête sur le taux de natalité avoua qu’il s’attendait à ce que la population japonaise réduise de moitié d’ici 2100. Les derniers chiffres du recensement effectué dans cette étude démontrent « un changement drastique dans la structure sociale de notre nation: une baisse du nombre de naissances et une hausse du taux de mortalité » a noté un responsable du Ministère des affaires intérieures japonaises. C’est ainsi que si les tendances actuelles se maintiennent, dans seulement 88 ans la nation japonaise sera en danger. Une structure sociale s’étant développée pour 128,06 millions d’habitants

survivra difficilement à une modification si draconienne du paysage japonais. Et c’est peu dire qu’un pays complet qui s’éteint si rapidement engendrera des conséquences inimaginables pour le monde entier.

Un déni qui coûtera cher Le Japon est un pays merveilleux dont l’amalgame de sa culture, son traditionalisme et sa modernité fait rêver plus d’un pays occidental. Malheureusement, ce magnifique archipel perd environ 30 000 âmes chaque année en raison de suicide ainsi que 260 000 jeunes adultes noyés dans leur propre peur. C’est près de 300 000 travailleurs potentiels que l’on oublie et que l’on cache. Il y a quelques années, le gouvernement a abandonné des programmes de réintégration sociale des Hikikomoris en raison des coûts trop élevés. Mais quel est le coût réel de l’avenir d’une nation ? Et surtout, humainement parlant, quel est le coût réel de centaines de milliers d’âmes perdues dans les abîmes rêveurs de leur solitude ?

Caricture

Par Marie-Ève Fortier, votre fidèle caricaturiste

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Semaine du 12 novembre

Half-life Par Félix Rivard

Salut à tous, aujourd’hui nous allons nous attarder sur le premier des FPS modernes, le premier d’une série dont son créateur, Valve, nous fait attendre le dénouement avec impatience : j’ai nommé le seul et unique Half-life. Cette chronique sera un peu différente des autres dans le but de rendre hommage au magnifique travail de l’équipe de scène de jeu, une chronique de JVC semblable à la mienne qui dû malheureusement s’arrêter trop vite et dont j’étais un grand admirateur. L’enfant chéri de Valve sorti sur PC en 1998 après de nombreux reports révolutionna à l’époque le FPS, en lui ajoutant une chose qui n’avait été qu’effleurée jusqu’alors, soit une dimension narrative. L’histoire nous est alors racontée au fil de dialogues et de cinématiques scriptées, c’est-à-dire que le jeu ne s’arrête pas, mais que les événements se déroulent sous vos yeux et que vous pouvez parfois influencer le déroulement de certaines d’entre-elles.

Revenons maintenant à l’étrange homme en costume, le G-man. Dès ses premières apparitions, il ressort rapidement comme un homme avec beaucoup d’influence, dès lors il réapparaît tout au long de l’aventure de Gordon, sans jamais interagir directement avec lui avant la dernière scène du jeu. Même si vous pouvez intervenir dans certains événements scriptés, jamais vous ne pourrez interagir sur le G-man, peu importe ce que vous ferez, il sera toujours plus rapide que vous, et vos balles ne lui feront aucun effet. Le sentiment de frustration augmente encore plus dans Opposing Forces, la première extension d’Half-life, où le G-man intervient directement sur le périple du militaire qu’incarne le joueur, le sauvant parfois, parfois en essayant de le tuer.

Durant la première décennie du 21e siècle dans le complexe de recherche militaire secret de Black Mesa, où ont lieu des expériences de téléportation et d’autres sujets occultes, Gordon Freeman, un brillant jeune scientifique, se rend au travail pour y travailler sur un projet dont la nature ne nous est pas clairement révélée. Il croisera sur son chemin un étrange homme en costume, puis Freeman déclenche accidentellement la «Résonnance en chaine», ce qui provoque une porte entre le complexe et un monde extraterrestre du nom de Xen. Gordon doit alors se frayer un chemin au travers des extraterrestres, du chaos et des militaires venus «nettoyer» la zone. Le jeu en lui-même fut une révolution, autant au niveau graphique (qui sont encore acceptables même 15 ans après), narratif et au niveau de l’intelligence artificielle, mais aussi niveau gameplay, avec l’introduction parfaite de phases de plateformes, de tires et d’énigmes qui s’emboîtent parfaitement, ainsi qu’avec un large panel d’armes ayant toutes leur tir secondaire. Si le début du jeu peut paraitre lent, avec ses nombreux puzzles pas toujours faciles, la seconde moitié du jeu vaut bien la persévérance, car elle est simplement jouissive et vous ne pourrez plus décoller de votre bureau. Pour ceux d’entre vous que les graphiques rebuteraient, un remake partiel (il ne comporte pas encore la dernière mission) du nom de Black Mesa est disponible à un prix très acceptable.

Le G-man est tout puissant et rien ne sert de lutter, voilà ce que nous ressentons à la fin du jeu, mais un espoir existe, car effectivement, c’est dans le deuxième épisode de la série que la force du G-man commencera à défaillir. C’est quand les premiers vents de révolte commenceront à souffler sur le monde qu’il sera possible d’admirer ses premiers signes de faiblesses. Lui, l’avatar de toutes les oppressions, digne héritier de l’homme à la cigarette de X-Files, ne pourra empêcher l’espoir que Gordon Freeman portera avec lui. Valve nous enseigne alors qu’aucune forme de totalitarisme ne pourra étouffer un vent de liberté, le destin du Freeman, voilà la part positive et complétement antagoniste aux noirs desseins du G-man, longue vie à lui, longue vie aux Freeman.

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Semaine du 12 novembre

La folie relative Par Johanie Martin-Lafond

Qu’est-ce que la folie ?

Quel est cet élément qui différencie un comportement normal d’un comportement pathologique? Est-ce que le milieu dans lequel se retrouve une personne, par exemple : un hôpital psychiatrique, porte les gens à apercevoir certains comportements comme étant anormaux, alors que dans n’importe quel autre milieu il ne seraient pas remarqués? Une étude effectuée par le Dr David L. Rosenham (professeur de psychologie et de droit à l’université de Stanford) tente de répondre à ces questions. Pour effectuer son expérience, Dr Rosenham eut l’aide de sept volontaires : trois psychologues, un pédiatre, un psychiatre, un peintre et une ménagère, tous n’ayant vécu aucun trouble mental reconnu. L’expérience consistait à envoyer ces gens dans divers hôpitaux psychiatriques à travers cinq états des États-Unis, prétendant entendre des voix leur disant des mots comme « vide » et « creux ». Une fois admis, ils ont cessé de prétendre entendre des voix et ont agi comme ils agiraient normalement pour la durée de leur séjour.

sultats à un hôpital. Dans le cadre d’une autre expérience, Dr Rosenham annonça aussi qu’il leur enverrait des « pseudo-patients » dans les temps à venir. Dans les trois mois à suivre, Dr Roseinham n’envoya aucun « pseudo-patient » à l’hôpital. Malgré cela, parmi les 193 patients admis à cet hôpital, 41 ont été déclarés « pseudo-patients » par au moins un membre du personnel et 23 furent suspects aux yeux d’au moins un psychiatre. Une autre cause probable des erreurs de diagnostic est le manque de communication avec les spécialistes et le personnel. En effet, les volontaires de l’expérience précédente ont passé en moyenne seulement 6.8 minutes par jour avec un psychiatre, un psychologue, un médecin ou un résident.

Après un séjour moyen de 19 jours, tous les volontaires, sauf un, ont reçu leur congé avec le diagnostic de « schizophrène en période de rémission ». Ainsi, ces gens tout à fait normaux n’ont pas été jugés ainsi dans un milieu où règne la maladie mentale. Dr Rosenham affirme que « cette tendance vers le diagnostic de la maladie plutôt que vers celui de la santé a des conséquences beaucoup plus graves en psychiatrie qu’en médecine générale, car les diagnostics psychiatriques entraînent avec eux toute une série de stigmates personnels, légaux et sociaux ». D’après Dr Rosenham, une fois le diagnostic posé, le patient porte une étiquette qui influence grandement l’interprétation de ses comportements par les psychiatres. Effectivement, lors de leurs séjours, les volontaires prenaient des notes régulièrement dans un calepin. Les psychiatres n’ont jamais demandé à savoir ce qu’ils écrivaient, mais ont tout de même noté dans leurs dossiers que ce « comportement d’écriture » était un comportement impulsif typique chez les schizophrènes. Une fois l’expérience terminée, Dr Rosenham fit part de ses ré-

Cela nous porte à réfléchir : combien de gens qui, dans la vie courante sont « normaux », passent pour des « fous » du simple fait qu’ils se retrouvent dans le milieu bizarre qu’est l’hôpital psychiatrique?

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Semaine du 12 novembre

La NCAA poursuivie Par Maxime Pelletier

La NCAA réinventée du jour au lendemain? Eh oui. Une poursuite historique est en cours contre la ligue de sport universitaire américain et elle pourrait très bien chambouler l’ordre établi. Depuis ses débuts, le sport étudiant promeut la pratique amatrice du sport. Avant tout, ces ligues veulent mettre en vedettes des étudiants et non des salariés. Les sanctions pour les écoles versant secrètement un salaire aux athlètes sont ainsi très sévères, mais ce modèle pourrait très bien changer d’ici un an. Un groupe d’anciens joueurs de la NCAA ont émis une poursuite contre la ligue réclamant des versements à la ligue pour tout l’argent fait sur leur compte. L’an dernier, le revenu de la NCAA s’élevait à 845,9 millions de dollars américains. La NCAA est l’une machine à argent qui dépasse l’entendement. La ligue ne fait pas qu’organiser la pratique du sport : elle fabrique des produits dérivés (utilisant donc directement le nom des joueurs) et elle investit même ailleurs pour faire fluctuer son revenu total. Mais surtout, la ligue fait payer des sommes astronomiques en droits de diffusions : une entente de 10,8 milliards sur 14 ans.

Ce qu’il ne faut cependant pas oublier, c’est que la NCAA est un organisme sans but lucratif, elle ne retire en fait aucun profit de ses activités : environ 96% des revenues sont redistribués dans les différents programmes alors le reste sert à payer les frais d’opération (les salaires par exemple). La poursuite propose donc le versement de dividendes pour les joueurs puisqu’ils sont la base de tout ce système. La question est donc d’ordre éthique : les étudiants devraient-ils être payés pour leurs services? Après tout, les sommes récoltées demeurent dans le domaine du sport universitaire : les athlètes jouent, les partisans sont heureux et dépensent, la ligue amasse l’argent, elle la redonne aux programmes qui permettent ensuite aux athlètes de mieux se développer, ceux-ci offrent un meilleur spectacle (augmentant ainsi leur chance de jouer au niveau professionnel) et par leurs performances, ils permettent à la NCAA d’amasser plus d’argent... Le système actuel doit-il être changé? Le changer ne ruinerait-il pas l’âme même du sport étudiant?

Mira a besoin de bénévoles L’arrivée de l’automne est la période pour faire le choix des activités qui vont agrémenter nos journées, soirées et fins de semaine à venir. La Fondation Mira a sans cesse besoin des services de bénévoles pour accompagner les utilisateurs de chiens guides ou d’assistance qui font de la sollicitation et de la sensibilisation dans les commerces. Nous avons aussi besoin d’un bénévole chauffeur les vendredi et samedi matin et soir pour transporter les utilisateurs dans les différents commerces avec le véhicule de Mira.

Comme nous utilisons les services de bénévoles chaque semaine, notre banque de nom a besoin de nouveaux candidats. Si vous êtes intéressé à faire partie de notre équipe de bénévoles; que ce soit pour quelques heures ou une journée, vous pouvez vous inscrire en contactant Lucie Rancourt au 418-845-6472 poste 221 ou par courriel au quebec@mira.ca

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À quand des Enfoirés au Québec ? Par Mylène Beuchée

« Les saltimbanques, c’est pas sérieux / Mais les ministères n’ont pas fait mieux » dixit les Enfoirés. Et ouais, alors que la plupart des gens ne font que râler par rapport à la misère, tandis que la majorité ne fait qu’ignorer et se désintéresser des problèmes, il existe encore (Dieu merci!) des gens qui essaient de faire changer les choses. Si les gouvernements n’en sont pas capables, et bien, eux au moins, apportent du réconfort. Les Enfoirés, c’est un regroupement de chanteurs et de personnalités publiques, pour la plupart françaises, qui chantent pour l’association caritative des Restos du cœur. Mais qu’est-ce que les Resto du Cœur ? C’est une association créée en 1985 par le célèbre grand homme français Coluche. Pour ceux qui ne le savent pas, Coluche est un humoriste et comédien français. C’est un homme connu de tous en France pour son coté provocateur et agitateur, et par ses prises de positions sociales. Et quelque mois avant de mourir brusquement d’un accident de moto, il fonde les Restaurant du Cœur – Les Relais du Cœur. Cette association a pour but d’aider et d’apporter aux personnes démunies une assistance bénévole, et ce, majoritairement dans le domaine alimentaire. Pour ce faire, les Restos du Cœur offrent des repas gratuits. Cette association participe aussi à la réinsertion sociale et économique d’individus, en plus d’agir contre la pauvreté sous toutes ses formes. C’est ainsi qu’en 2012, en 27 ans, les Restos du Cœur ont franchi la barre du milliard de repas gratuits servis. L’aide alimentaire que les Restos du Cœur offre consiste en : De septembre à juin (juillet, suivant les sites) les bénévoles distribuent :

-Les centres d’hébergement d’urgence (Accueil pour quelques nuits de personnes avec accompagnement social et éventuellement une aide médicale et psychologique). -Les lieux de vie (Ces lieux accueillent pour un long séjour, souvent à la campagne afin de retrouver les habitudes d’une vie collective active) -Les résidences sociales (afin de permettre aux occupants de prendre leur autonomie et de retrouver un logement stable). -L’accès à une location stable Ceux-ci remplissent aussi une mission d’aide pour les parents en précarité par la fourniture de : -une aide alimentaire adaptée aux bébés de moins de 18 mois -une aide matérielle appropriée (vêtements, couches, produits de puériculture et d’hygiène, jeux pour enfants et prêt de matériel) -des conseils en pédiatrie et diététique, un espace de partages et d’échanges avec d’autres parents et des bénévoles (puéricultrices, sage-femmes, infirmières, pédiatres, assistants sociaux) ; Au total, 70 restos bébés sont situés dans toute la France et aident chaque année entre 20 000 et 30 000 bébés. Et les Enfoirés, dans tout ça ? Et bien, les Enfoirés sont la principale source de revenus des Restos du Cœur. C’est le temps et l’argent de ces artistes qui font en sorte d’aider tant de gens dans le besoin. Des subventions gouvernementales et des dons privés font aussi partie des revenus des Restos du Cœur, qui utilise au maximum tous leurs fonds, soit plus de 90 %. Je pense que la preuve est là. Quand on veut changer les choses, on le peut. Des associations similaires ont été créées en Belgique et en Allemagne. À quand le Québec ? Arrêtons de se plaindre, et agissons. C’est comme ça qu’on changera les choses, et non pas en pleurant sur notre sort…

-des paniers-repas équilibrés, à cuisiner chez soi ; -des repas chauds, pour les sans-abri ; -une aide spécifique pour les bébés. De plus, les Restos du Coeur viennent en aide aux personnes en difficulté de logement via :

« L’histoire a commencé avec l’arrivée de Coluche dans ma loge. Salut, il nous faudrait une chanson pour les Restos du Cœur, un truc qui cartonne, toi tu sais faire. - Quand ? - La semaine prochaine. Tout était déjà là : la force de Coluche, la force de l’idée, la séduction des deux, et l’impossible qui se fait. Et tout est encore là. Intact. Sauf lui. » dixit Jean-Jacques Goldman

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Chronique anarchiste Par Arkadem Ruby

L’humain lui-même passa chaque jour de sa vie à devoir faire des choix, aussi faible était-il que vieux. Même si beaucoup de ces décisions semblaient insignifiantes, cela restait des choix. Ce peut n’être que la marque de dentifrice utilisée le matin, mais cela reste un choix. Si soudainement je vous demandais de faire un choix, vous lèveriez-vous pour vos convictions, ou seriez-vous du genre à préférer rester comme vous êtes? Le choix d’agir ou de ne pas agir est un choix énorme qui change beaucoup de choses. C’est ce qui différencie un anarchiste des autres. Il ne se préoccupera pas de ses propres peurs ou de sa propre personne, il foncera pour ce en quoi il croit. Ce sont les religieux de notre époque, dans quelque chose qui n’est pas une religion. Dans une toute nouvelle sorte de société. Le jour où ces nouveaux religieux prendront le contrôle de la fragile structure sociale que nous avons, qu’arrivera-t-il? L’anarchiste est un humaniste qui prend les armes, c’est une phrase que j’ai utilisé plusieurs fois dans mon dernier article. Je voulais y mettre l’emphase. Avez-vous regardé au-delà des mots et fouillé dans le sens même de cette phrase ou l’avez-vous laissée passer comme la douce brise d’un été? L’anarchisme n’est qu’une sorte d’illusion d’un monde parfait qu’on ne pourra atteindre, pas dans l’état actuel de notre société. Cela prendrait des dizaines d’années de dégénération avant que quelques « fous » ne se lèvent pour agir comme ils aimeraient le

faire. Est-ce que prendre les armes est une si mauvaise chose? Prendre les armes ne veut pas dire de se battre avec son voisin, de s’opposer à la loi, c’est bien différent. C’est de prendre le temps de se poser une question et de faire un choix pour ses convictions. Ne serait-ce qu’écrire sur un bout de papier et de partager au monde vos idées d’un monde meilleur. Mon épée est mon crayon et mon combat se déroule sur un papier. Où se déroule le vôtre? Je ne crois pas au destin. Je n’y croirai jamais. Je suis libre de chaque pas que je fais, tout comme vous. On n’échappe pas à un choix : un jour ou l’autre, il vous retombera dessus et vous serez forcés d’y faire face. Ce pourrait autant être demain que dans dix ans ou peut-être même que ce choix sera celui de vos enfants. Être anarchiste c’est plus qu’un choix, c’est une vie de différence ou peu de monde vous comprendra, ou personne n’appuiera ce que vous avez à dire et où personne ne vous prendra au sérieux. Si un jour vous arrivez comme moi, par la plus grande des chances, par le plus grand des hasards, à choisir votre combat et à le partager avec le plus de gens que vous le pouvez, alors vous gagnerez bien plus que ce que le monde a à offrir de plus beau. Et ce jour-là, j’espère que vous serez fier d’avoir fait ce choix. Tête haute mesdames et messieurs, à demain dans notre vie normale de tous les jours, dans laquelle j’existe sous l’anonymat, en tant qu’un anarchiste comme les autres.

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Semaine du 12 novembre

Coopérer pour l’équité

Le premier Sommet international des coopératives Par An-Laurence Higgins « L’étonnant pouvoir des coopératives » fut le thème sous lequel quelques 3 000 participants et conférenciers originaires de 85 pays se réunirent à Québec, pour le tout premier Sommet international des coopératives ayant eu lieu du 8 au 11 octobre dernier. Accueillis par la présidente en chef de la direction du Mouvement Desjardins, Monique Leroux, tous les participants étaient motivés par un objectif commun les unissant dans leur travail : celui de promouvoir, de développer et d’organiser les coopératives au niveau international.

Pourquoi la coopérative?

De plus, contrairement à ce que l’on pourrait croire de cette conception sociale de l’économie, la coopérative génère des revenus considérables et ne devrait pas être reléguée à un rôle de second plan dans le monde économique, comme il en est le cas actuellement. L’ACI (Alliance coopérative internationale) a démontré qu’en une année, les 300 plus grandes coopératives du monde ont réalisé ensemble un chiffre d’affaires de 1 600 milliards, soit un peu plus que le PIB de l’Australie, et selon un rapport de l’ONU, le monde coopératif a été plus résistant à la crise économique de 2008 que le modèle dit « traditionnel ».

L’union fait la force Pourtant, le mouvement coopératif présente une faille importante : il est rarement organisé, ce qui entrave nécessairement à la communication inter-coop, autant locale que mondiale. « Si on a une centaine de coopératives forestières dans un pays, mais qu’elles ne se parlent pas, […] elles vont commercialiser leurs produits de façon isolée et elles vont ellesmêmes casser leur capacité à entrer avec force sur le marché. », affirme Louis Favreau, docteur en sociologie, qui déclare que l’isolement de des coopératives doit se briser.

Développer une économie en utilisant le mode coopératif, c’est favoriser la solidarité et accorder une place aux valeurs humaines et à la justice sociale pour qu’elles puissent mûrir. La coopérative permet également aux petits producteurs du monde entier de développer leurs entreprises grâce à des services comme le microcrédit, sans compter que la direction d’une telle institution est déterminée par ses membres, de façon totalement démocratique. Comme le dit la présidente de l’Alliance coopérative internationale, « le modèle d’affaires coopératif vise à satisfaire essentiellement les besoins humains, et non l’avidité humaine ».

De plus, le modèle coopératif est malheureusement encore méconnu, bien qu’il soit bien présent partout dans le monde et « réussit à grignoter des gains à gauche et à droite », ce qui pourtant est nettement insuffisant selon Gérald Larose. Ce qui manque actuellement aux coopératives, c’est un rapport de force politique, qui ne pourra s’acquérir qu’avec une certaine union. La création du Sommet international des coopérative traduit la volonté de milliers, voir de millions d’individus souhaitant voir apparaitre un modèle de développement économique plus équitable, plus démocratique, plus résistant, plus juste et plus écologique. Pour faire face aux problèmes grandissants d’envergure mondiale touchant l’injustice sociale et la dégradation de l’environnement, la coopérative semble être la voie toute désignée pour le futur.

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La Chronique Politico-Philosophico-Sociale Par Sophie Khalbash

« Des bovins amorphes et apathiques » (Partie 2) Je ne veux surtout pas être alarmiste! Chacun fait ce qu’il veut de son horaire du temps et de la place qu’occupe la télévision dans sa vie. Je veux juste exposer les données recueillies par des études scientifiques sur le sujet ainsi qu’offrir une réflexion sur la pertinence de la boîte cathodique dans nos pauvres et courtes existences. Le parasitage que la TV exerce sur nos salons et nos vies, les faiblesses cognitives qu’elle induit chez les enfants, le bourrage forcé d’émissions dont la pertinence peut être largement discutée et que les parents administrent à leurs poupons tous les jours, la tendance à l’obésité, l’appel à l’alcool, aux cigarettes et au sexe que la télévision nous envoie et, finalement, la conviction que son environnement quotidien est un lieu dangereux ou règne la violence que cette boîte électrique nous inculque. Tous ces aspects sont abordés dans le livre TV LOBOTOMIE : La vérité scientifique sur les effets de la télévision, écrit par Michel Desmurget. Attention! Tous ces effets, ne se manifestent pas chez tous les individus! Tout dépend d’une tonne de facteurs tels que l’âge auquel vous avez été initié à la télé, la fréquence, la dose etc. Les gens qui absorbent quotidiennement une dose de télé ne sont pas tous tarés pour autant! Ce qui me choque, ce sont les parents qui branchent la maudite télé à leurs jeunes enfants dès que ceux-ci deviennent trop bruyants. Non mais! Le jeu est une activité essentielle qui permet à l’enfant de se développer et de découvrir le monde qui l’environne! Souvent, lorsqu’un parent allume la machine, son enfant ne l’avait même pas demandé! Je comprends tout à fait le besoin de tranquillité que plusieurs parents éprouvent, c’est normal. Mais rien ne m’horrifie plus que de voir un enfant de cinq ans passant d’un mode excité et bruyant à un mode zombie dans lequel ses petits yeux, tout à l’heure curieux, se transforment soudainement en deux billes vitreuses et sans expression… Rajoutez la bouche ouverte, l’air morne et apathique et vous aurez l’image exacte.

J’ai relu, dernièrement, un célèbre roman de Mark Twain, intitulé Les Aventures de Tom Sawyer. Pour ceux qui ne connaissaient pas, c’est l’histoire d’un jeune garçon du Sud des ÉtatsUnis au XIXe siècle. Le roman décrit ses folles péripéties, ses jeux incroyables et sa ruse incomparable. À travers les rires apportés par ce merveilleux bouquin et les souvenirs d’enfance qu’il a suscités en moi, une question s’est imposée à mon esprit : qu’est-ce qu’on vole aux enfants modernes lorsqu’on leur branche la télévision? Tom Sawyer courait les forêts, il jouait aux pirates avec ses copains, il a même fait une fugue en radeau sur une île déserte! Je n’encourage pas la fugue. Je désire seulement qu’on n’enlève pas aux jeunes ce qui forge leur enfance : le jeu. À six ans, je ne regardais quasiment jamais la télé. Mes jeux les plus fous, ceux qui me font encore tressaillir dans mes souvenirs, sont ceux que j’ai partagés avec les autres enfants, ceux dans lesquels on courait dehors comme des dingues, où on inventait des scénarios impossibles et héroïques. Je ne m’ennuyais jamais et je trouvais toujours quelque chose à faire. Avec le temps, j’ai été initiée à Dame Télé et je l’ai même écoutée assez souvent durant mon enfance. Mais pour moi, la passion est repartie rapidement. Pourtant, je suis toujours là et j’étudie au cégep, donc je n’ai pas été complètement lobotomisée par la télévision, non? Il ne faut pas généraliser les études et brûler toutes les télévisions en une nuit. Si vous avez été exposés à la télé ou si vous l’écoutez parfois ou souvent, vous n’êtes pas en danger de mort, loin de là. Sauf que… Si vous l’écoutez une heure par jour, ça vous fait déjà 365 heures par année. Si vous maintenez cette fréquence entre vos 20 et 60 ans, cela signifie que chaque année, durant 40 ans, votre visionnement s’est chiffré à 365 heures par an. Donc, au final, vous aurez passé 14 600 heures devant le petit écran, ce qui équivaut à 608 jours de votre vie, c’est-à-dire environ deux ans! Et ce, seulement si vous l’écoutez une heure par jour! Imaginez la même chose avec deux ou trois heures par jour!

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Semaine du 12 novembre Est-ce que les émotions suscitées par le strident « JAAACK! » que lance Rose à son amant durant la catastrophe du Titanic valent deux ans de votre propre vie? Est-ce que le fait de savoir qui, au final, sort avec qui au bout de l’émission de téléréalité, vaut deux années de salaire en moins? Est-ce que les bafouillages d’un personnage poilu à pois destiné à égayer un enfant de 6 ans vaut deux années de son enfance, période précieuse et cruciale de son évolution? Je ne veux pas voir des cowboys galoper à travers des champs de citrouilles au petit écran, ni au grand écran. Je veux le faire moi-même! Est-ce que voir Edward et Bella s’embrasser langoureusement à la télé vaut un baiser réel échangé avec l’élu de son cœur? Pourquoi écouter des matchs sportifs quand on peut aller marcher, courir, danser, faire du vélo et nager nousmêmes, favorisant ainsi notre santé? Pourquoi s’avachir devant la télévision? Je préfère mille fois un livre, un tricot, une promenade en forêt, une rencontre entre amis, une sortie au musée ou au restaurant. La vie est trop précieuse pour la dilapider devant une machine vide. Qu’espérez-vous apprendre aux nouvelles? Du bonheur,

des informations joyeuses?! Vous attendrez longtemps… Que vous apporte cette émission qui met en scène deux filles plastiques se jetant des insultes à la figure? Il n’y a rien. Rien après l’avoir éteint, sinon qu’un sentiment vague de lassitude. Après avoir visionné des programmes télévisés durant deux heures, vous n’aurez plus qu’une seule envie : tout avoir et tout de suite (surtout le dernier appareil ultra-performant de vélo stationnaire présenté durant les publicités). Vous aurez l’impression que les rapports sexuels non-protégés sont chose commune et banale. Ben oui! Puisqu’ils le font tous à toutes les vingt minutes à la télé, que ce soit dans les escaliers ou dans la cuisine! C’est ainsi que chaque soir ou presque, des milliers d’individus s’avachissent devant leur téléviseur, en quête de nourriture mentale, tels des « bovins amorphes et apathiques », termes que Michel Desmurget emploie, et avec raison, pour qualifier les consommateurs de Dame Télé. Peu importe l’âge, peu importe le sexe, c’est le nombre de consommateurs qui compte!

Je m’appelle Poubelle et je me cherche des amis Par Catherine Savoie-Perron

Gratte-ciels, bouts de forêt, piscines municipales... Non, je ne suis pas en train de décrire la vue aérienne qu’un oiseau pourrait avoir d’une jolie cité. Je parle plutôt du spectacle dégoûtant et désolant qui s’offre à quiconque se promène à la cafétéria du cégep après les heures de repas les plus achalandées : boîtes de jus vides encore debout sur la table, bouts de salade verte éparpillés çà et là, couvercles de yogourt non ramassés… Je vous le demande : ne trouvez-vous pas que la cafétéria est dégueulasse?

pour le mieux. Par exemple, si ce relâchement était causé par la paresse, alors il faudrait placer davantage de poubelles et de Purell dans les endroits publics. De cette manière, moins de pas seraient requis pour accéder à un monde plus propre. Mais entre vous et moi, ce n’est pas le réel problème! C’est plutôt, je crois, la mentalité qui est ainsi (du genre : mangeons des chips et jouons à la Wii tout de suite après; bonjour les manettes grasses!), et alors ça devient plus compliqué de changer.

En effet, il me semble que lorsque vous êtes chez vous, si vous faites un lancer basket pour jeter vos déchets à la poubelle et que vous ratez votre coup, vous vous levez et vous réparez votre bévue, non? (Du moins, dans ma caverne à moi, c’est comme ça que ça se passe!) Alors pourquoi, lorsque vous êtes à l’école, à la bibliothèque, au centre d’achats, ou dans je-ne-sais-quel endroit public, êtes-vous si nombreux à ne PAS jeter vos déchets!? Ou encore à ne pas vous laver les mains avant de vous rendre aux locaux informatiques ou de toucher à tous les produits d’un magasin afin d’y laisser vos empreintes digitales pleines de gras? Allez, dites-moi, quelle est la raison? Le manque de temps, la paresse, la présence de vos amis à vos côtés (vous ne voulez surtout pas passer pour un obsédé de la propreté!), le fait de se dire que tout le monde fait comme vous alors, une personne de plus ou de moins, qu’est-ce que ça peut bien changer? Toutes ces réponses? Peut-être que vos parents font encore le ménage derrière vous? Si c’est le cas, il serait peut-être temps que vous preniez la responsabilité de vous ramasser lorsque vous êtes en public! Car en réalité, c’est en identifiant le problème qu’on pourra agir

Bref, je n’accuse personne en particulier, mais sachez qu’un manque de propreté est également une question de respect d’autrui. Cette situation est un phénomène collectif, alors c’est ensemble qu’il faut corriger nos mauvaises habitudes. Commençons donc dès maintenant à faire preuve de plus de savoir-vivre! Je vous garantis que vous ne mourrez pas de prendre cinq secondes pour déposer vos emballages vides dans la poubelle la plus près…

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Semaine du 12 novembre

L’ascension de la Corriveau Entrevue avec François Hamel par Charles-Éric Décloître

Non, je ne parle ni de Marie-Josephte Corriveau, la femme de légende ayant assassiné un nombre discutable de maris qui reviendrait nous hanter en zombie, ni d’une parodie du dernier Batman. Je m’intéresserai plutôt au groupe de musique québécois La Corriveau qui commence à se faire connaître de part et d’autre de la province. C’est avec des groupes comme La Corriveau qu’on se rappelle à quel point le Québec peut faire de la bonne musique, tous styles confondus. Selon moi, ce groupe de métal, actif depuis 2008, arrive sans problème à la cheville des groupes plus connus, comme Disturbed ou Korn. Leur premier album Soul Possession, sorti en février 2012, en fait la preuve puisqu’il est nominé au GAMIQ, le gala alternatif de la musique indépendante au Québec, pour l’album métal de l’année. Le disque montre avec force le talent du groupe qui en surprend plus d’un! J’ai eu la chance d’avoir une entrevue avec le chanteur de La Corriveau, François Hamel, et de discuter avec lui du groupe et de son futur. MOI : La première question qui me torture depuis quelques temps : pourquoi vous appeler La Corriveau? FRANÇOIS HAMEL : Le nom du groupe est pour rendre hommage à la mythique Marie-Josephte Corriveau qui a été pendue sur les Plaines d’Abraham en Avril 1763, puis exposée dans une cage à Pointe-Lévis pendant un peu plus d’un mois pour le meurtre de ses 2 maris. Une histoire morbide bien de chez nous qui colle avec le genre de musique qu’on aime jouer.

MOI : Qu’est-ce qui vous inspire pour l’écriture? FH : Xavier Alvarez et Marc Légaré sont les écrivains. Le reste du groupe participe aussi à la finalisation des pièces. Je ne peux donc malheureusement pas dire avec certitude quelles sont les inspirations. MOI : Que pensez-vous du fait que votre groupe se fasse de plus en plus connaître? FH : Les spectacles s’accumulent, les opportunités diverses qui se présentent à nous, comme le tournage de vidéoclips et notre nomination au GAMICQ sont toutes des sources de motivation pour continuer d’écrire et de jouer. Nous sommes vraiment heureux de voir qu’autant de gens apprécient notre musique. MOI : À quoi accordez-vous votre succès? FH : Le travail constant et la discipline. Aussi, nous croyons pouvoir rejoindre un public assez large vu nos influences diversifiées et notre style assez ouvert. Moi : Quels sont les plus grands défis que vous avez relevés ou que vous êtes en train de surmonter?

MOI : Pourquoi chantez-vous en anglais alors que votre nom vient d’une légende du Québec? FH : Le choix de composer en anglais s’imposait de lui-même. Notre métal sonne mieux en anglais.

FH : Les groupes de musiques de notre style sont plus nombreux au Québec qu’on pourrait le penser. Faire sa place n’est pas une tâche facile. De plus, nous avons dû presser l’enregistrement de l’album Soul Possession pour respecter la date de sortie que nous nous étions fixée. François C. Fortin, qui a travaillé au son, a fait un travail extraordinaire en très peu de temps. Nous savons

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Semaine du 12 novembre aussi que les plus gros défis sont à venir. MOI : Où et quand pourrions-nous vous voir en spectacle? FH : D’ici la fin de 2012, nous n’avons aucun spectacles d’annoncés. Cependant, nous ne nous sommes pas tournés les pouces au cours de l’année. Nous avons joué au Dagobert à trois reprises et avons visité quelques régions du Québec, notamment Trois-Rivières, Saguenay et la Beauce. Nous avons livré une quinzaine de performances délirantes en 2012. MOI : Auriez-vous des conseils à donner aux jeunes groupes? FH : En fait, La Corriveau est aussi un jeune groupe, donc nous

n’avons pas la recette du groupe parfait! Par contre, un conseil serait de persévérer et d’avoir une discipline de fer. Il faut aussi savoir faire des compromis entre le travail et la musique. Le meilleur conseil est tout de même d’aimer ce que l’on fait. Si on n’aime plus jouer de la musique, ça ne sert pas à grand chose de continuer. MOI : Une dernière question, à quand peut-on s’attendre à un prochain album? FH : Nous ne nous mettons pas trop de pression pour la création d’un deuxième album. Le groupe est actuellement en mode écriture et nous aimerions prendre notre temps afin de donner notre meilleur. 2013 serait un bel objectif à atteindre.

L’album Soul Possession est disponible sur Itunes et également en streaming sur : http ://lacorriveau.bandcamp.com/album/soul-possession pour l’écouter gratuitement.*

Pour l’actualité par rapport aux futurs spectacles, vous pouvez suivre La Corriveau sur leur site internet (www.lacorriveau.com), sur Facebook et sur Twitter. Vous pouvez également voir le vidéoclip de la chanson Come to me sur Youtube.

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L’anarchie, une idéologie Par Alexei Yanick

La semaine du 24 septembre est parue une chronique nommée « Chronique Anarchique » par Arkadem Ruby. Je voudrais apporter des clarifications sur les définitions et les concepts de l’anarchisme qui sont traités dans son article. Avant de commencer, je tiens à dire que je respecte les opinions d’Arkadem, mais le fait qu’il croit que nous sommes présentement sous une dictature et que les Québécois sont des ignorants aurait du faire l’objet d’un autre article. Dans cet article-ci sera traité l’anarchisme et rien d’autre. En premier lieu, la définition de l’anarchie dans l’article d’Arkadem porte à confusion puisqu’il parle de l’anarchie au sens figuré (concept qui évoque le chaos total, le manque de cohésion sociale). Ce concept n’a rien à voir avec l’anarchie au sens propre (idéologie politique suggérant une manière de répartir le pouvoir entre les individus d’une société). Dans cette idéologie d’extrême gauche, le pouvoir doit être réparti de façon parfaitement égale entre les individus. Ceci oblige la non-existence de toutes formes d’organisations gouvernementales car cela reviendrait à brimer le pouvoir des gens, ce qui est contraire à cette doctrine. Les décisions seraient prises par un consensus parfait entre tous les individus formant la société et non par la victoire d’une majorité. Bien sûr, ceci est un idéalisme pratiquement irréalisable, une utopie, et j’ai apprécié qu’Arkadem ait souligné ce fait.

participent à la prise de décisions importantes en arrivant à un consensus et que ces gens sont tous bons les uns envers les autres. On comprend donc que l’anarchie au sens de l’idéologie politique implique une cohésion sociale naturelle. Une société anarchique ne serait pas une société de chaos mais un tout d’individus cohabitant ensemble harmonieusement. Voilà pourquoi nous parlons d’utopie. En conclusion, si un anarchiste aujourd’hui « prend[..] les armes », comme le dit Ruby, il le fait pour exprimer et manifester la volonté de voir une égalité parfaite dans un monde ou les écarts de pouvoirs sont de plus en plus grands (on peut penser ici aux inégalités sociales par exemple), et pour le faire, il ne cause pas l’anarchie : par logique, c’est contre ses propres principes. Il « prend[…] les armes » dans le sens où il tentera activement de changer le monde en un monde qu’il croit meilleur et le fait sans brimer les droits d’autrui ou s’accorder un pouvoir supérieur à celui des autres. Je recommande à toute personne d’aller sur Youtube, de faire une recherche sous « TEDtalksDirector », une chaîne qui offre des vidéos de gens spécialisés qui partagent leurs idées et leurs réflexions. Comme Clifford Stoll, un physicien et rêveur qui est apparu sur TED, l’a si bien dit : « c’est la voix de la Vie qui nous appelle à vouloir apprendre »

Toutefois, ce qui, selon moi, a le plus mélangé les gens dans l’article d’Arkadem sur l’anarchie, c’est sa définition de ce qu’est un anarchiste. Les mots qu’il utilise sont très puissants. En utilisant des expressions comme « prends les armes », « trahis la loi » et « agir de façon radicale », les gens seraient portés à penser qu’un anarchiste est nécessairement un révolutionnaire violent, un manifestant qui veut le chaos. L’anarchisme est plutôt une idéologie pacifique : un anarchiste croit que tous les individus de la société sont fondamentalement bons et désirent le bien de la société. Il est difficile de s’imaginer une société où tous sont parfaitement égaux, où tous

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Semaine du 12 novembre

Déchéance d’une langue ou symptôme d’un peuple larbin Par Gaëlle Saint-Louis, Charlotte Gilbert

Anglais, espagnol, allemand, mandarin... Nommez les toutes, les langues qu’on baragouine, qu’on utilise, qu’on communique, qu’on trouve belles, ou drôles, ou pratiques ou «ce-que-tu-veux». Et le french lui? Et le french... French? -LOL, tu capote ben tro pr rien meeeeen. C juste pr tapé + vit -Ah oui?! Vraiment? Alors éviter d’accorder les adjectifs, les verbes, les noms et toutes ces composantes grammaticales devient trop complexe, trop long, «plate» et «chiant». Le rattrapage de quelques millièmes de secondes prime réellement sur la qualité de la langue écrite, que ce soit dans les réseaux sociaux, où le nombre de caractères n’est pas limité. Si le massacre quotidien de la langue française est accepté par ses utilisateurs aussi facilement, alors c’est qu’elle ne mérite pas qu’on l’utilise. -D’la marde osti! Anyway, chui capable de po fair de fote ds mé cour. -Ah oui?! Vraiment? Alors peut-on m’expliquer pourquoi l’épreuve uniforme de français existe? Elle a été créée en 1996, parce que les étudiants Québécois ne savent plus écrire de textes suivis avec un langage soutenu sans faire de fautes. Le ministère de l’Éducation, en 2009, a recensé le pire taux d’échec où 17,2% des étudiants n’ont pas atteint les critères d’évaluation de l’épreuve. De plus, «41% des cégépiens francophones ne réussissent pas «l’intégration de connaissances littéraires»[...] 28% d’entre eux ont une maîtrise «insuffisante», «très faible» ou «nulle» de l’orthographe et 17% échouent à la portion «syntaxe et ponctuation» 1. » La ministre de l’Éducation de l’époque, Michelle Courchesne, a admis que l’évaluation de l’épreuve était trop facile et a ajouté que « [la situation] est inadmissible [et que] les étudiants arrivent avec de graves lacunes à l’université.» Par contre le français n’est pas en danger au Québec... Ce n’est qu’une utopie des paranoïaques déifiant la langue...

Eh bien détrompez-vous! Cessez de vivre dans l’ignorance! «Réveillez-vous», dirait Richard Desjardins. Le français est une langue magnifique, riche, une langue qui mérite le plus grand soin et les plus élogieux hommages. Les tournures de phrases célèbres, que dis-je, les oeuvres entières de Molière, de Miron, de Georges d’Or, de Zola, nommez-les tous (en seriez-vous capable?) ne sont plus que vestiges présentés dans un cours obligatoire pour être ensuite critiqués, oubliés, broyés dans la mémoire des étudiants préférant, pour la plupart, écouter des émissions grossières où la déchéance humaine est présentée comme un modèle de vie... Pourquoi avez-vous besoin des anglicismes, des «expressions» comme «lol», «mdr», «rofl», alors que le dictionnaire ne contient pas moins de 100 000 mots, ayant chacun leurs nuances, leurs définitions, faisant de notre langue, une des plus belles et des plus reconnues? Tout cela a des répercussions sur nous. La langue étant la base d’une culture, on peut se permettre d’évaluer quelques conséquences. La plus importante est évidemment l’aspect identitaire et culturel des Québécois; hausse de la culture populaire américaine et défaillance de la nôtre, de nos chanteurs, de nos poètes, de nos films, de nous. Qui connait et qui sait vraiment apprécier ceux qui forgent notre culture; Nelligan, Miron, Serge Fiori, Richard Desjardins, Louis-Jean Cormier, Pierre Lapointe, Fred Pellerin, Michel Tremblay et les autres qu’on néglige, qu’on ignore encore? Par contre, tout le monde connait les artistes américains et les participants d’Occupation Double, de Loft Story ou de Jersey Shore... À force de se forger une culture, ou plutôt une nonculture, américanisée, anglicisée et de lapider la nôtre, on la perd, on l’oublie, et tranquillement, elle s’efface et disparaît. On ne vous demande pas d’écrire «en poète éblouissant», on vous demande de savoir rédiger correctement et d’apprécier notre bien commun. Peuple de larbins! Peuple d’illettrés, de transgresseur de langue acculturée et défaillante que nous formons!

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Semaine du 12 novembre

Ah, si j’étais maire ! Par Marie-Ève Fortier

Comme les récents évènements, soit la démission du maire de montréal le 12 novembre passé, sont opportuns, il me semblait à propos de vous présenter mon tout premier article à vie. Écrit en 2011 pour le concours d’écriture le Soleil, il m’a valu le titre de grande finaliste et a été paru dans le journal du même nom. C’est grâce à ce concours que j’ai commencé à m’intéresser à l’écriture! J’espère que vous apprécierez! Québec est un monde en soi, et il y a bien des façons de décrire ses enjeux. Comme ce sont les citoyens qui font d’une ville ce qu’elle est, la voici décrite en quelques personnes. Il y a d’abord Jeannine, qui fait soigneusement son recyclage, mais qui voudrait bien faire plus. Il y a Bruce, le fermier, qui a du mal à joindre les deux bouts puisque, comme il pratique l’agriculture biologique, il n’a pas droit aux subventions gouvernementales. Il y a Lola, la chanteuse, qui essaye tant bien que mal d’aider sa fillette atteinte du cancer en remettant ses maigres cachets à de nombreuses fondations. Il y a Nicolas. Il étudie en biotechnologie et il aimerait bien sauver le monde. Il y a Joey, qui n’a toujours pas de travail malgré ses années de recherche assidue. Il vit dans la rue. Il y a Yukiko, qui a immigré ici depuis quelque temps déjà, mais qui ne se sent toujours pas à sa place. Puis, il y a moi, simple étudiante. Je ne sais trop que faire devant ce monde où les inégalités sont colossales. De plus, je veux voir ma ville briller de mille feux. Pour toutes ces Jeannine, ces Yukiko, ces Lola… Pour tous ces Joey, ces Bruce… J’aurais envie de tout faire… De les sauver… Pour moi, pour tous, je voudrais que les couleurs de cette ville semblent plus gaies. Ah, si j’étais mairesse! Si j’étais mairesse, pour l’environnement, j’en aurais des idées! On me parle d’Estimauville. Pourquoi pas Estimauquébec ou Estimaupensée? Pourquoi s’astreindre à bâtir dans le roc si on peut bâtir l’esprit des hommes? La sensibilisation des gens, voilà comment on pourrait changer les choses. Puis viendrait la commercia-

lisation d’outils simples mais lesquels feraient toute la différence! Je rêve du jour où le toit de Jeannine arborera fièrement sa petite éolienne! Aussi, si j’étais mairesse, je le subventionnerais, Bruce. Il s’est juré d’être respectueux de l’environnement, ce Bruce. Si tous les producteurs agricoles s’engageaient à en faire autant et qu’ils se réservaient une journée par semaine pour aller vendre leurs produits au marché directement, je suis certaine que la population voudrait les aider. Cela engendrerait plus d’impôts, certes, mais aussi un coût de la nourriture proportionnellement plus bas. Pour les Lola qui voudraient bien se faire connaître, pourquoi ne pas instaurer un festival de la culture? Ou plutôt de l’interculture! Yukiko aussi a droit à sa petite place dans ce monde. Une belle semaine où musique, nourriture, danse et littérature d’ici et de partout dans le monde s’amalgameraient en un tout où chaque ethnie pourrait célébrer ses différences. Cela permettrait aux citoyens de mieux se connaître et de s’apprécier tout en affichant leurs couleurs. Ah, si j’étais mairesse, les étudiants universitaires seraient mes perles rares. Ces Nicolas ont tant d’ambition, de capacités! Je favoriserais leur engouement pour la recherche et pour les projets qui vont leur permettre d’évoluer, en plus de faire progresser la société. Mettre leurs réalisations au grand jour, les utiliser, s’en inspirer... Cela résoudrait beaucoup de problèmes, exempli gratia le recyclage difficile de certains matériaux. Vous avez entendu parler du recyclage de la résine? C’est bel et bien le fruit du travail d’étudiants passionnés. En tant que mairesse, je ne pourrais pas ignorer tous ces Joey. Le chômage structurel est le pire cauchemar de milliers de personnes. Ici encore, mon génie de frère me sauve. Les gens comme lui, s’ils pouvaient étudier le « structurel » du chômage, ils trouveraient tout de suite une solution. Et puis, si on manque de soudeurs et qu’on a trop de chômeurs, pourquoi ne mettrait-on pas sur pied une école de soudure? Si j’étais mairesse, enfin, pour tous les gens comme moi, je ferais briller notre hiver avec des activités d’ici! Traineau à chien, raquette ou hôtel de glace seraient de la partie! Ah, et aussi! Si j’étais mairesse, je n’ouvrirais pas les enveloppes brunes!

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Semaine du 12 novembre

05/11/12

Sudoku ‑ Imprimer Sudoku

  Grilles n° 310 ­ 2012

Règle du Jeu : La règle est simple, en partant des chiffres déjà inscrits, vous devez remplir la grille de manière à ce que : chaque ligne, chaque colonne, chaque carré de 3*3 contiennent une seul fois les chifres de 1 à 9.

Facile

Moyen

7 2

5 3 4

4

4

9

8 3 7

3 5

7 6 2 1

8

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5

6 9

8 7

7 8

9

2 8

2

3

9

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1

7 3 6 4

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6

8

8 5 1

6 5 2

1 7 8

6 4 2

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3

5 8

Difficile

4

9 1

5

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6 3 9 8 6

3

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9

1

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1 3

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Diabolique

5

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5 3 4

1

1 2

4 7 8

1 5

Retrouvez toutes les solutions et d'autres grilles sur : 

*Solutions dans la http://www.programme.tv/sudoku/ prochaine parution* www.programme.tv/sudoku/imprimer.php

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L’équipe du journal - 12/11 L’éclosion, la conscience d’une nation... (Albert Camus bis) Anne Shirley Lebel Co-Cordinatrice

Johanie Martin-Lafond Rédactrice

Mylène Beuchée Coordonnatrice adjointe

An-Laurence Higgins Rédactrice

Louis-Phillipe Pleau Chroniqueur

César Monchablon Graphiste

Audray Langevin Rédactrice

Sarah Lazzaroni Rédactrice

Félix Rivard Chroniqueur

Arkadem Ruby Rédacteur

Marie-ève Fortier Caricaturiste

Sarah Tardif Rédactrice

Geneviève Dufour Rédactrice

Alexei Yanick Rédacteur

Maxime Pelletier Rédacteur

Dépôt légal : Bibliothèque Nationale du Québec et du Canada issn-0318-1710


L'Eclosion_12_Novembre