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Voyages et pèlerinages

Le saké : histoire et fabrication

Dossier spécial :

No. 8 Hiver 2014

Petite typologie de la jeunesse japonaise


Sommaire www.yokohama­ magazine.fr

04

La calligraphie Bienvenue aux îles ShinKamiGoto

facebook.com/ ah.bon.japon

10 L'école au Japon

08 Shôzô Tanaka

2


12 18

Dossier spécial : Petite typologie de la jeunesse japonaise

Le pèlerinage de Shikoku

20 Le saké : histoire et fabrication

19 22

Kôya san et Enoshima

Conte du jour de l'an 3


Culture 足 B2

4


Mikie

5


WikipĂŠdia

Il est sont les

Il y a 29 Kamigo

Octobre 2011

6


Christelle

Cœur de pierre à Kagoshima ­ japon.dokokade.net

dit que les îles Goto s "îles des Eglises".

Christelle

*

9 églises seulement dans oto seulement.

Photos : Wikipédia et Mikie

7


Portrait 颅 B1

Satoko

Sh么z么 Tanaka

8


I

Il naît en 1841 en tant que fils du maire d’un village du département de Tochigi. Il fait ses études dans un cours privé qui enseigne les textes chinois classiques, dans sa première enfance. En 1857, il est élu maire de son village, à 17 ans. Il a été emprisonné quatre fois durant sa vie sous l’inculpation d'être un criminel politique. En 1871, il devient rédacteur en chef du Journal de Tochigi. En 1880, il est élu député du conseiller général de Tochigi. En 1884, il est emprisonné pendant 79 jours pour avoir dénoncé de mauvaises décisions politiques. En prison, il lit Du Contrat social de Rousseau et Self­Help de Smiles. En 1890, il est élu membre de la première chambre des représentants. Il le sera six fois au total. En 1891, il présente un questionnaire sur les dégâts causés par l’empoisonnement dans les mines de cuivre d’Ashio, dans

le département de Tochigi à la Diète. C’est la première fois au Japon qu’une question de pollution est traitée. En 1896 commence un mouvement d’arrêt de service de cette industrie minière. Shozo sait que le gouvernement pense que le cuivre est nécessaire pour les armes, et qu’ il est tenté d’y sacrifier une partie du peuple. C’est pourquoi les demandes des paysans et les sollicitations à la Diète n’auront aucun effet. En 1901, après avoir été élu député, Shozo est accouru vers la voiture à cheval de l’Empereur en portant directement la pétition au risque de sa vie, habillé en grande tenue japonaise, haori et hakama noirs. Mais il est arrêté par un agent. Même s’il n’a pas passé sa pétition à l’Empereur, les journaux en publient le texte intégral et mentionnent les affaires d’empoisonnement au cuivre dans les mines, ce qui a attiré

l’attention générale. En 1902, il est emprisonné pour outrage à fonctionnaires pendant 40 jours. Il lit la Bible en prison. En 1904, il s’oppose au déplacement du village Yanaka qui est situé en bas de la mine de cuivre d’Ashio et qui est souvent inondé. Il arbore le principe : « Une vraie culture ne ravage ni montagnes, ni rivières, ne détruit pas de villages ni ne tue de gens. » En 1911 commence le déplacement des villageois à Hokkaido. La belle nature non renouvelable et les héritages des villageois ont disparu au fond d’un grand réservoir d’eau. Cependant, des inondations se sont encore produites. En 1913, Shozo meurt, à 73 ans. Cette année est le cinquantenaire de l’anniversaire de sa mort. La mine de cuivre d’Ashio a été fermée en 1973.

Photos : Wikipédia

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Société ­ B1

Katsuko

Education

L’école au Japon Autrefois, j’ai été institutrice à l’école primaire publique à Yokohama pendant 28 ans, je voudrais raconter mon expérience en comparant un peu avec la France.

I. L’enseignement scolaire.

I

pré­

L’éducation de la majorité des enfants japonais commence de 3 à 5 ans dans les jardins d’enfants ou dans des crèches de 0 à 5 ans si sa mère travaille. Ils ne sont pas gratuits et ils ne sont pas obligatoires, on a des allocations pour les enfants. Il n’y a pas d’école maternelle comme en France.

II. L’enseignement primaire. L’école dure de 6 à 11 ans. La rentrée est en avril. Dans une classe, il a environ 30 à 40 élèves. On y apprend les bases : les petites classes : 6, 7 ans : on apprend à lire et à écrire le japonais, l’arithmétique, la musique, la peinture, le sport, la morale, la « leçon de vie » (sciences). Les classes moyennes : on continue d’y apprendre la

science, la société… Les grandes classes : 10, 11 ans. On y apprend aussi l’anglais et les travaux domestiques. Un écolier a entre 9 et 11 ans 980 heures de cours par an. Dans les grandes villes, il y a des enfants qui passent un examen pour entrer dans un bon collège et lycée. Ils travaillent beaucoup dans des cours privés.

10


III. secondaire 1. Le

L’enseignement collège

L’enseignement secondaire dure 3 ans (1015 heures de cours par an). Les élèves apprennent toutes les matières avec des professeurs spécialisés. Ils étudient seulement l’anglais comme langue étrangère. Puisqu’ils sont adolescents, délicats et rebelles, les professeurs peinent comme en France (j’ai vu le film « Entre les murs »). Ils dirigent les élèves dans des clubs sportifs ou musicaux après la classe. L’enseignement obligatoire finit à 14 ans. 2.

Le

lycée

97% des enfants entrent au lycée. Ils doivent décider leur

chemin. On doit passer un premier examen commun pour entrer dans une université d’Etat, donc on travaille beaucoup. IV. Les études supérieures. Plus de 72% des élèves accèdent aux études supérieures. 41, 3% suivent un cycle de quatre ans. 7,9% suivent un cycle de deux ans. Autres : 23,1% (exemples tirés de l’Université d’Etat de Kumamoto à Kyushu) Il y a 7 facultés : 1. faculté des lettres 2. faculté de droit 3. faculté de pédagogie 4. faculté des sciences 5. faculté de médecine6. faculté de pharmacie 7. faculté de technologie

Conclusion : Les études au Japon ne sont pas mauvaises. Il n’y a presque pas d’illettrés, on y apprend de façon égalitaire, même les élèves en difficulté. Mais, à l’époque de la globalisation, on ne parle pas bien les langues étrangères. Au Japon, l’étudiant n’étudie pas beaucoup comme en France, parce que le concours d’entrée est difficile, mais ensuite on obtient facilement son diplôme. Il n’y a pas de grandes écoles. Je crois qu’on a besoin d’envoyer les étudiants à l’étranger ou de fonder des établissements supérieurs financés par l’Etat (pour former les politiques, surtout), parce que je crois que le Japonais est sérieux, mais qu’il a des vues étroites.

Photos : Christelle

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Dossier :

Petite typologie de la jeunesse japonaise Ryu Endo

Hikikomori

« Hikikomori » est un mot désignant une catégorie de personnes qui ne sortent jamais ou rarement, ou ne tiennent pas à sortir de leur maison ou de leur chambre et dont la définition est plus ou moins ambiguë, car, encore que hikikomori signifie littéralement « personne qui s’enferme », même s’ils vont faire les courses ou se promener par exemple, on les appelle toujours hikikomori. C’est à dire que ce mot « hikikomori » implique un tempérament en même temps qu’un phénomène lui­même. Et la catégorie se subdivise en deux types, ceux qui songent à se lier à la société humaine (chômeurs, phobiques, cyberdépendants, etc.) et ceux qui font fi du monde extérieur (artistes, savants, nihilistes, etc.) C’est pourquoi on peut dire qu’il y a comme critère commun qu’ils ont décidé de s’enfermer volontairement ou pas.

H

Comment vivent­ils ? En principe, ils n’ont aucun besoin de gagner leur vie par eux­mêmes. A moins qu’ils ne soient actionnaires, qu’ils n’aient un revenu foncier, c’est leurs parents qui subviennent à leurs besoins, apportent régulièrement à manger devant la porte de la chambre du fils au premier étage. Voilà une des images typiques, car un écart entre le rez­de­ chaussée et le premier étage signifie souvent à la fois une famille en désaccord, et l’ampleur de la maison atteste qu’ils ont de l’argent dans une certaine mesure. Pas bien coiffé, affublé négligemment de vêtements démodés et chiffonnés, nerveux et soucieux au moindre bruit, les cordes vocales affaiblies de n’avoir parlé à personne toute la journée, dans une chambre moisie et remplie pêle­mêle d’objets inutiles, un hikikomori respire… Bien évidemment, il existe beaucoup de types

d’hikikomori. La description susdite ne serait donc qu’un modeste exemple. Or, ce mot un peu péjoratif « hikikomori » a été propulsé par les médias dans les années 2000, pour lesquels le fait de travailler et de ne pas consommer est un des péchés capitaux. Toutefois, ce phénomène n’est pas toujours négatif et dénué de valeur, loin de là. Car il me semble que la pensée désintéressée dans une chambre tranquille est en un sens archi­pratique par rapport à l’activité économique et aux expériences diverses, qui pour ainsi dire ancre le temps, alors que toutes les activités le tuent essentiellement. La preuve en est que, vu l’histoire, il y aurait eu beaucoup de gens qui se seraient nommés « hikikomori », s’ils avaient vécu dans la société moderne : Montaigne, Mallarmé, Dickinson, que sais­je ?

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Petite typologie de la jeunesse japonaise

L'homme herbivore

Sosyokukei danshi, ça veut dire l’homme herbivore; c’est à dire un homme qui est comme un animal herbivore. C’est dans une e­revue que ce mot est apparu en 2006 pour la première fois. En 2008, ce thème a été traité de nouveau dans une revue féminine destinée aux jeunes femmes et a eu un grand retentissement. La définition de ce mot dépend des gens. Une personne le définit comme un jeune homme qui a l’occasion de rencontrer des femmes mais qui n’agit pas positivement sur elles et qui n’a pas de désir charnel. Une autre le définit comme un homme gentil qui fait partie d’une nouvelle génération et il n’est pas comme un animal carnivore mais il est comme un animal herbivore qui veut manger doucement de l’herbe en marchant côte à côte avec une femme. De plus, il est aussi considéré comme un homme gentil, libéré de l’idée que l’homme doit être viril et sec pour l’amour et il n’aime pas blesser l’autre ni se blesser. Il est égalitariste et pacifiste.

S

Tomoko Shimada

D’après ce sondage réalisé par une agence matrimoniale en 2009 auprès de 400 hommes et femmes dans la trentaine et célibataire, «Que pensez­vous des Sosyokukei danshi ?», les hommes ont répondu : «Je suis plutôt hervivore» : 61%, «Je suis complétement hervivore » : 13%, «Cela m’agace» : 11%, «Cela me dégoûte» : 9% «Je voudrais devenir Sosyokukei danshi» : 2% Autres réponses : 4% Par conséquent, 74% des jeunes hommes se prennent pour un Sosyokukei danshi. Le Sosyokukei danshi aime travailler tranquillement et ne fait que des choses que le supérieur lui demande de faire. Il n’aime pas se faire remarquer. Il n’a aucune idée pour réussir dans le monde. Donc, on découvre les Sosyokukei danshi dans tous les métiers mais ils sont peu nombreux dans le service commercial où la concurrence avec les autres est nécessaire. Ils ne s’intéressent

pas à leur chiffre d’affaires.On dit qu’il a bon goût pour ses vêtements et son passe­temps. Il est au courant de la mode mais s’habille avec simplicité et pas tape­à­l’oeil. Pour lui, ce qui est important, c’est surtout la coiffure et les soins de la peau. De plus, il adore aussi manger sucré. Par conséquent, certains disent qu’il s’approche des goûts féminins. Il a de nombreuses amies filles qui ne deviendront pas sa petite amie.D’une part, on estime positivement que l’apparition de Sosyokukei danshi permet de sentir la venue d’une nouvelle époque de relations entre femme et homme, d’autre part, on critique parce que les jeunes hommes japonais doivent devenir plus fort. Mais je pense que le Sosyokukei danshi est une forme évoluée des jeunes hommes qui doivent vivre dans un monde enfermé, dans une impasse. Il est comme un enfant parce qu’il ne peut pas voir l’avenir. Cependant, selon moi, il n’est pas du tout pacifiste ni égalitariste. Photos : Wikipédia

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Petite typologie de la jeunesse japonaise

Génération "Satori"

S

Satori, ça veut dire "deviner l'essentiel". Le terme "satori sedai" (génération satori) désigne des jeunes qui imaginent leur avenir sans nourrir d'espérances. Puisqu'ils vivent dans une période de récession économique dès qu'ils atteignent l'âge adulte, ils font des économies d'argent. Donc ils ne prennent pas beaucoup de plaisirs matériels. Ils ne veulent ni voiture, ni

vêtements de marque, ni voyager à l'étranger, ni alcool. Ils sont même indifférents à l'amour. Ils ne veulent pas gagner plus d'argent que les autres. Ils ne veulent même pas de gloire. Ils préfèrent louer un DVD pour le regarder chez eux que d'aller au cinéma. Ils ne regardent pas la télé si souvent. Ils obtiennent quasiment toutes les informations par Internet. On a donc tendance à estimer

Yoko

qu'ils n'ont ni ambition ni énergie. Mais autrement dit, ils sont devenus des consommateurs sages qui ne gaspillent pas leur argent. D'un côté, ce sont de grands lecteurs et ils sont cultivés. Ils ont du goût pour la culture traditionnelle. Ils aiment mieux les jours sereins que la concurrence. Peut­être sont­ils objectifs et réalistes... mais ils vont un peu trop loin.

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Petite typologie de la jeunesse japonaise

Les tribus Roppongi Hills

Je voudrais présenter les tribus Roppongi Hills. On les a vus apparaître au début des années 2000, avec le développement rapide d’internet. Les jeunes administrateurs et les entrepreneurs aventureux occupés des affaires d’internet se sont installés dans les appartements des tours de luxe à Roppongi, au centre de Tokyo. Devenus riches, ils y ont l’un après l’autre fondé leurs bureaux. Au vu de leurs vies

J

somptueuses, ils sont considérés comme le symbole de la richesse. Ces tribus payaient leurs loyers de millions de yens, possédaient de grosses fortunes, des voitures de luxe et des produits de marque de luxe. Ce sont surtout les présidents directeur général des entreprises Livedor et Rakuten ont donné une image clinquante des tribus de Roppongi Hills. En outre, quelques artistes très connus et de grandes figures

Michiko Yamane

politiques s’y sont installés et ont encore accentué cette image. Récemment, les tribus « Néo­Hills » qui ont des actions comme principaux capitaux apparaissent. Elles n’ont pas besoin de premier investissement, ils peuvent facilement commencer à lancer leurs affaires et fonder leur entreprise avec un seul PC. Finalement, ces tribus sont en train d’évoluer rapidement.

Photos : Wikipédia

15


Petite typologie de la jeunesse japonaise

Les jeunes Japonais s'enferment­ils? Haruki Kuwano

J

Je voudrais vous dire quelques mots sur le comportement récent des jeunes Japonais. Le graphique ci­joint vous montre que le nombre de jeunes qui vont étudier à l’étranger diminue considérablement, qu’il a atteint son pic en 2004, et que celui de 2010 est à peu près de 70% du pic. Nous allons voir d’abord des raisons qui expliquent ce phénomène. Ensuite j’examinerai le problème de la destination des étudiants. Comme j’ai l’expérience d’études à Paris et Boston, je vais faire quelques

commentaires problème.

sur

ce

1. Raisons économiques. Tout d’abord, comme le Japon n’est pas dans une bonne situation économique pendant cette décennie, certains parents d’étudiants hésitent ou ne peuvent pas payer les frais de séjour et de voyage de leurs enfants. En même temps, du côté des étudiants, aller à l’étranger peut avoir des conséquences négatives sur la recherche d’un emploi après l’université. La recherche commence souvent

dès le semestre d’automne de la troisième année. Si un étudiant est à l’étranger à ce moment­là, c’est plus difficile quand il revient. Les étudiants sont plus prudents qu’autrefois à cause de la longue stagnation de l’économie. 2.

Progrès

du

Web.

Comme l’information de l’étranger est facilement trouvable sur Internet, les jeunes Japonais ont peu tendance à partir à l’étranger.

Courbe du nombre d'étudiants japonais à l'étranger de 1980 à 2010.

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Petite typologie de la jeunesse japonaise Destination

Nombre d'étudiants

Comparaison 2010/2009

Amérique Chine Royaume­Uni Australie Taiwan Allemagne Canada France Corée du Sud Nouvelle­Zélande Autres Total Chiffres 2010 Chiffres 2009 3.

Sécurité

menacée

Depuis le 11 septembre 2001, le monde nous semble fragile et insécurisé. En Europe aussi, la crise de l’euro s’aggrave et il y a des manifestations partout. On peut voir sur le graphique suivant les destinations des étudiants japonais en 2010. Sur 58 000 étudiants partis à l’étranger en 2010, 21 000 soit 37%, vont aux Etats­Unis et seulement 1 743, soit 3% du total ont pour destination la France. La France est le huitième pays de destination, et c’est dommage que cela reste mineur. Il faut remarquer qu’au cours de la visite du Président Hollande à Tokyo début juin, il a mentionné qu’il souhaitait multiplier les échanges d’artistes entre la France et le Japon. Pour cela, il a proclamé qu’il lèverait tous les obstacles. Ce qui est tout neuf, c’est que « des étudiants vont venir dans

les universités françaises, vont d’abord suivre un enseignement en anglais, pas dans toutes les matières, pour ensuite passer leurs examens en français. ». Cette partie est surprenante pour moi, parce que depuis longtemps la France avait la confiance en soi de la puissance du français, mais je suis content de savoir qu’elle est plus réaliste et qu’elle a trouvé un compromis pour attirer des étudiants étrangers. Il faut quand même souligner que les étudiants japonais vont choisir d’autres pays pour se perfectionner en anglais. L’anglais est seulement pour la période d’apprentissage dans le contexte du discours du Président. Le point suivant, c’est le but des études en France. La France a une très bonne réputation dans le domaine des beaux­arts, de la musique, de la cuisine, de la littérature, de la médecine, etc.

Historiquement, la France nous montrait une conception originale du monde. Des matières ou des professeurs qui attirent de jeunes Japonais sont indispensables. Il me semble qu’on a besoin de l’activité publicitaire pour les étudiants sur les possibilités d’études concrètes en France. Pour conclure, je voudrais dire que le monde est devenu de plus en plus interdépendant et des problèmes qui nous font face sont presque pareils. Les jeunes Japonais doivent se perfectionner pas seulement en langue étrangère mais aussi le sens international. J’espère que de jeunes Japonais retrouveront leur dynamisme et que les échanges entre la France et le Japon seront plus actifs. Il est certain que l’Institut Français du Japon doit jouer un rôle très important dans ce contexte.

Source des documents : http://www.mext.go.jp

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Voyage ­ B1

Le pèlerinage de Shikoku

Le pèlerinage de Shikoku est le pèlerinage le plus renommé du Japon. Les pèlerins que l’on appelle Ohenro­ san font le tour des 88 temples sur l’île de Shikoku. Ces temples sont tous consacrés à Kobo Daishi, un des bonzes les plus vertueux du Japon, qui est né sur l’île de Shikoku en 774 et y a fait son austérité bouddhiste. Cette coutume de pèlerinage remonte au XVIIe siècle. Les pèlerins prient au sanctuaire, récitent un soutra, laissent une plaque marquée à leur nom et

Junko

reçoivent un sceau sur leur cahier à chaque temple. Ils portent un vêtement blanc en coton, un chapeau en paille et une canne en bois don ton dit qu’elle les accompagne à la place de Kobo Daishi. Les habitants sur le chemin du pèlerinage leur offrent des aliments, une boisson ou un logement pour les soutenir. Aujourd’hui, beaucoup de personnes, qui ne sont pas forcément croyantes, vont en pèlerinage pour se guérir de leur souffrance et réfléchir sur eux­mêmes.

18


Koya san

Tomonori

Koyasan s’élève sur le Mont Koya dans la péninsule de Ki au sud d’Osaka. Koyasan est l’un des grands centres sacrés du bouddhisme, classé au Patrimoine mundial de l’Unesco. On peut descendre dans des Shukubo ou “temples­auberges” qui servent un repas typique “shojin”, un repas végétarien. On peut aussi assister à la cérémonie de l’aube dans un temple. Le grand prêtre récite un canon bouddhique devant l’autel. Pour ainsi dire, Koyasan est un grand centre de pèlerinage.

Enoshima

Tomonori

Enoshima est une petite île qui se situe au sud de Yokohama. L’île a 4 km de circonférence et est reliée à la ville de Fujisawa par un pont. Il y a environ 20 000 ans, l’île a été séparée de la terre par l’érosion. Il y a un temple qui s’appelle Enoshima Jinja dont l’origine date du 6e siècle. Des shoguns l’ont visité de génération en génération entre l’époque de Kamakura et celle d’Edo. Enoshima est un lieu touristique depuis la fin de l’époque d’Edo. On peut y goûter la cuisine locale et visiter les temples. L’île est aussi très connue pour sa base de sport maritime. On peut y pêcher du rivage et plonger. Il y a un port de plaisance. On peut faire un tour autour de l’île si on a un voilier.

Illustrations : Christelle et Wikipédia

19


Culture­ B1

Noriko

Le saké

U

Une année de fabrication de saké commence au mois de juillet et se termine au mois de juin de l’année suivante. Certains fabricants se mettent à la fabrication du saké en été. Mais, en général, on attend la moisson du riz en automne, vers le mois d’octobre, pour faire un bon saké. On commence la fabrication du saké avec du riz nouveau. Il

faut environ un mois pour le fabriquer. Le premier saké nouveau fait généralement son apparition vers début décembre. Et on continue de produire du saké jusqu’au printemps de l’année suivante. C’est surtout l’hiver qui est la meilleure saison pour la fabrication du saké. Il existe des fabriques de père en fils qui respectent la tradition dans

les villes de province. Ils pendent une boule d’aiguilles de cèdre sous l’avant­toit de leurs établissements pour annoncer le commencement de la fabrication. Côté saveur, la fraîcheur est importante pour le saké. Il vaut mieux le boire tôt, comme le beaujolais nouveau.

20


Megumi Iida

D’abord, le sake est produit en ajoutant le « koji » (riz fermenté), au riz que l’on laisse ensuite fermenter. C’est un alcool sucré au bouquet léger (deux sacs de riz de 60 kg donnent environ une centaine de bouteilles de 1,8 l (isshôkin) du sake. Le sake est normalement chauffé à la température du corps avant de le boire, en le versant dans le flacon appelé « tokkuri », que l’on met ensuite dans l’eau chaude. Le sake bu de cette manière est appelé « kan » et on le boit habituellement dans de petites coupes appelées « choko ». En deuxième lieu, le parle de l’origine et l’histoire du saké. Si on remonte l’histoire du saké. Si on remonte l’histoire du saké, on ne déterminerait pas l’époque où l’on commença à fabriquer du saké. Mais récemment, on

D'

a découvert, dans les fouilles d’Ikeuchi (Osaka­fu, 5 000 ans en la première période de l’époque Jômon), une grande quantité de pépins de fruits (framboises, raisins), dans des fûts d’alcools de fruits. Et puis, d’après le document chinois qui fut écrit sur le Japon du troisième siècle, on décrit ainsi le saké : « au moment des funérailles, on danse et on boit du saké ». A cette époque, le sake commençait à se répandre dans tout le pays. En troisième lieu, selon la chronique historique et géographique de l’époque Nara (710­784), on fit cuver le sake avec le koji. Ensuite, dès le second tiers de l’époque Edo (1663­1867), on commença à faire cuver le sake, seulement à la saison d’hiver. Et il fut nécessaire de produire du sake en grande

quantité. En résultat, la demande de main d’œuvre augmenta considérablement. Les ouvriers saisonniers travaillaient seulement pendant la saison d’hiver. Le sake traditionnel fut fabriqué par les groupes spécialisés de la production du sake. Le chef de ces groupes d’ouvriers est appelé « Toji ». Tous les ouvriers qui s’occupent du sake, on les appelle « Kurahito ». En dernier lieu, au Japon, dès l’Antiquité, le culte primitif était aussi le culte pour le Dieu de l’agriculture, pour avoir une bonne récolte. * L’acte de « boire du sake » eut lieu en qualité de cérémonial du peuple, et pour éprouver le respect craintif pour les dieux et pour les remercier, et en tout pour renforcer l’esprit de solidarité et la solidité du peuple.

Photos: Christelle

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Culture ­ B1

Mikie Okazaki Conte du jour de l'An : Ojiisan et les Kasajizou

I

Il y avait une fois un vieil homme « Ojiisan » et sa femme « Obaasan » qui avaient bon coeur. Ils étaient pauvres. C'était la veille du jour de l’an. Ojiisan et Obaasan firent des chapeaux tressés « Kasa » pour les vendre. Il voulait acheter le mochi (le gâteau de riz) pour la nouvelle année.

« J’ai cinq Kasa, pourrai acheter le ­ Soyez prudent, plaît. Parce qu’il va soir...

alors je Mochi ... s’il vous neiger ce »

Il sortit avec les Kasa. Il arriva une ville, et il essaya de les vendre, mais rien ne se vendit ... Personne n’acheta de Kasa...je suis désolé..... mais je dois rentrer chez moi sans

mochi... Aussitôt qu’il sortit de la ville, il commença à neiger. Il neigea très fort... Ojiisan se dépêcha de rentrer. Sur le chemin du retour, Ojiisan trouva six Ojizousama (Ksitigarbha: la divinité gardienne d'enfants). Les Ojizousama étaient couverts de neige.

22


Ojiisan ne pouvait pas passer devant eux sans faire quelque chose pour eux. "Ojizousama, vous n’avez pas froid? Portez ces Kasa, s’il vous plaît..." Ojiisan mit les Kasa qu’il voulait vendre sur leurs têtes. Il y avait six Ojizousama, mais il n’avait que cinq Kasa.. Ojiisan enleva sa coiffe et il coiffa le sixième Ojizousama avec. Quand il arriva chez lui, Obaasan eut l’air étonné. "Tiens, tiens…. vous êtes rentré si tôt. Qu’est­ce qui s'est passé? N’avez­vous pas les Kasa et un foulard?"

Donc Ojiisan lui raconta les Ojizousama. "Oh, vous avez fait une bonne chose. Ce n’est pas grave que nous n’ayons pas de gâteau de riz..." Obaasan

sourit.

Cette nuit­là , on entendit une chanson étrange... "♪ Où est la maison d’Ojiisan? ♪ Nous venons pour lui donner des cadeaux ♪ Où est la maison d’Ojiisan?♪ Nous venons pour lui donner des cadeaux."

La voix se rapprocha de plus en plus vers la maison d’Ojiisan. On entendit un bruit sourd devant la maison. Bientôt, le son s'évanouit. Ojiisan ouvrit la porte doucement, et il vit le dos d’Ojizousama qui portaient un Kasa ou son foulard. Et il trouva beaucoup de gâteaux de riz, des aliments et des trésors devant sa maison... Enfin Ojiisan et Obaasan purent fêter la nouvelle année .

Illustrations : Christelle et Wikipédia

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Ah Bon ?! No 8, Hiver 2014. Conçu et édité par des élèves et enseignants de l'Institut français de Yokohama (www.institutfrancais.jp). Responsable : Christelle Veloso. Comité de rédaction et rédacteurs : Noriko, Miki, Tomonori, Mikie, Chieko. Merci à toutes les personnes nous ayant fait parvenir articles et photos. Textes, photos et dessins restent la propriété de leurs auteurs respectifs. Les opinions exprimées dans les articles n'engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas celles des institutions mentionnées. Réalisé avec le logiciel Scribus. © 2013­2014


Ah bon n°8 - Hiver 2014