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Bulletin de l’ACSRFR Volume 3, numéro 3, juin 2013

Bulletin de l´ACSRFR

Volume 3, numéro 3, juin 2013

Alliance canadienne de surveillance régionale des facteurs de risque - Bulletin trimestriel

Article vedette de l’ACSRFR

Plan d’action mondial 20132020 de l’OMS sur les maladies non transmissibles. Le Bulletin de l’ACSRFR rencontre le Dr Tim Armstrong, coordonnateur de l’OMS à Genève.

Entrevue de l’ACSRFR

Dr Cory Neudorf, médecin hygiéniste en chef, Région sanitaire de Saskatoon, Saskatchewan

Profil de l’ACSRFR

Mme Cristina Ugolini, gestionnaire, Observatoire de la santé publique, Région sanitaire de Saskatoon, Saskatchewan

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Bulletin de l´ACSRFR

Volume 3, numéro 3, juin 2013

CONTENU du présent numéro... Plan d’action 2013-2020 de l’OMS pour les MNT 4 Le Plan d’action mondial 2013-2020 de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour la prévention et le contrôle des maladies non transmissibles a été approuvé en mai. Par PAUL C. WEBSTER UIPES : les MNT et le développement de la santé 8 Mme Marie-Claude Lamarre, directrice exécutive de l’Union internationale de promotion de la santé et d’éducation pour la santé (UIPES), Paris, décrit l’intérêt envers un programme sur les MNT élaboré à l’aide des déterminants sociaux de la santé. Par JOSTEIN ALGROY Entrevue de l’ACSRFR 10 Le Dr Cory Neudorf, Région sanitaire de Saskatoon, Saskatchewan, explique comment la surveillance des quartiers permet d’orienter la politique et les programmes de sa région administrative. Par JOSTEIN ALGROY Faits liés à la surveillance 13 Le Dr Bernard Choi, Agence de la santé publique du Canada, décrit sa Partie III d’une série sur le passé, le présent et l’avenir de la surveillance de la santé publique. Par BERNARD CHOI Profil de l’ACSRFR 16 Le bulletin de l’ACSRFR présente Mme Cristina Ugolini, gestionnaire, Observatoire de la santé publique, Région sanitaire de Saskatoon, Saskatchewan. Par JOSTEIN ALGROY

COLLABORATEURS M. Jostein Algroy, rédacteur en chef M. Paul C. Webster, rédacteur principal Dr Bernard Choi, rédacteur scientifique Mme Mary Lou Decou, rédactrice principale Mme Brenda Branchard, rédactrice principale Mme Ahalya Mahendra, présidente du groupe de travail de l’ACSRFR Dr Gail Butt, présidente, l’ACSRFR

COMITÉ CONSULTATIF DE RÉDACTION PANCANADIEN M. Jostein Algroy, rédacteur en chef M. Paul C. Webster, rédacteur scientifique dans le domaine de la santé Mme Mary Lou Decou, épidémiologiste, Agence de la santé publique du Canada Dr Bernard Choi, chercheur scientifique principal, Agence de la santé publique du Canada Dr Elizabeth Rael, épidémiologiste principale, ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario M. Larry Svenson, directeur, ministère de la Santé de l’Alberta Dr Drona Rasali, directeur, Services de santé provinciaux de la Colombie Britannique D’autres membres seront ajoutés par la suite.

SECRETARIAT SUPPORT Agence de la santé publique du Canada Mme Mary Lou Decou

PUBLICATION DATES Le Bulletin de l’ACSRFR est le bulletin trimestriel de l’Alliance canadienne de surveillance régionale des facteurs de risque (ACSRFR) publié en mars, juin, septembre et décembre.

Table des matières Message du rédacteur en chef ................................................... page 3 Plan d’action 2013-2020 de l’OMS pour les MNT ........ page 4 Colombie : Les MNT dans un pays en développement page 8 UIPES : Les MNT et le développement de la santé ...... page 9

URL pour le site internet est l’ACSRFR : WWW.ACSRFR.ORG

Entrevue de l’ACSRFR : Dr Cory Neudorf ......................... page 11 Faits liés à la surveillance ............................................................... page 14 Message de la présidente ............................................................. page 16 Profil d’un membre de l’ACSRFR ............................................ page 17 Réactualiser .......................................................................................... page 19 Événements la conférence WARFS ..................................... page 20 Accessibilité du site Web ............................................................. page 21 Salutations ............................................................................................ page 22

Avertissement : l’ACSRFR est un réseau pancanadien d’acteurs publics qui travaillent au renforcement des capacités de surveillance régionale des facteurs de risque au Canada. l’ACSRFR est financée par l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Le contenu du bulletin de l’ACSRFR ne représente pas les opinions de l’ASPC, de Santé Canada ni la position officielle du gouvernement du Canada.

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Volume 3, numéro 3, juin 2013

Message du rédacteur en chef

Le bulletin électronique trimestriel de l’ACSRFR a une nouvelle présentation et un nouveau nom : le Bulletin de l’ACSRFR. Ce bulletin sera peu à peu amélioré afin de refléter le mieux possible l’état de la surveillance des facteurs de risque au Canada. C’est avec plaisir que nous vous présentons notre nouveau bulletin d’information. Une nouvelle présentation, une nouvelle page couverture et un nouveau nom : le Bulletin de l’ACSRFR.Tout cela dans le but de mieux servir nos lecteurs et la communauté. L’article vedette du présent numéro examine le Plan d’action mondial 2013-2020 pour la prévention et le contrôle des maladies non transmissibles (MNT) de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Ce plan a été approuvé lors de la Soixante sixième Assemblée mondiale de la Santé en mai. Cette nouvelle est importante pour la communauté de l’ACSRFR puisque la décision prise par l’OMS à l’égard des indicateurs et des cibles sur les MNT aura une incidence sur le programme national de surveillance des facteurs de risque des maladies chroniques aux niveaux régional et local dans l’ensemble du pays. Le Bulletin de l’ACSRFR s’est rendu à Genève pour discuter du Plan d’action sur les maladies non transmissibles avec le Dr Timothy Armstrong, coordonnateur de la surveillance et de la prévention basée sur la population, du Département de la prévention des MNT. L’article vedette sur l’OMS et l’article connexe ont été rédigés par Paul Webster, rédacteur principal du Bulletin de l’ACSRFR, qui a assisté à l’Assemblée mondiale sur les maladies non transmissibles de 2011 pour le Journal de l’Association médicale canadienne. Afin de mieux comprendre les effets possibles aux niveaux local et régional, le Bulletin de l’ACSRFR a rencontré le Dr Cory Neudorf, médecin hygiéniste en chef de la Région sanitaire de Saskatoon, afin qu’il nous explique comment Saskatoon a réussi à renforcer la surveillance de la santé au niveau local, et a été en mesure de préparer les interventions futures. Lors de l’entrevue, le Dr Neudorf a souligné qu’il était très important d’inclure les déterminants sociaux de la santé, les véritables « causes des causes ». Ce travail innovateur a permis au Dr Neudorf et à Saskatoon de se démarquer au niveau national. En ciblant des quartiers de Saskatoon, le Dr Neudorf et son équipe ont réussi à obtenir des données sur les

conditions de santé dont ils avaient besoin pour élaborer une démarche appropriée par le biais d’interventions générales ou d’interventions locales et ciblées. La pauvreté, explique le Dr Neudorf, est l’enjeu le plus important auquel il faut s’attaquer si on veut réduire les inégalités dans le domaine de la santé et les coûts du système de santé. Le Dr Neudorf est convaincu que l’avenir est prometteur pour l’épidémiologie. Il croit cependant que d’importants changements sont à venir. Les épidémiologistes doivent aller audelà de simples analyses descriptives et utiliser des méthodes plus complexes et, selon le Dr Neudorf, ils doivent avoir le courage de recommander des changements. Les prochains numéros du Bulletin de l’ACSRFR aborderont d’autres sujets très pertinents pour la communauté de l’ACSRFR. Plongez vous dans le nouveau numéro du Bulletin de l’ACSRFR en attendant celui du mois de septembre.

Jostein Algroy Rédacteur en chef

Bénévoles pour le Bulletin de l’ACSRFR Le Bulletin de l’ACSRFR cherche des collaborateurs bénévoles pour contribuer à certaines sections. Nous avons besoin de personnes qui aimeraient étudier les rapports « d’épidémiologie » et communiquer l’information au réseau. Nous cherchons un collaborateur qui rédigerait quelques courts textes de présentation sur les nouvelles et les tendances observées dans la communauté nationale et internationale de l’épidémiologie. En outre, nous avons besoin d’un réviseur pour relire les textes afin de repérer et de corriger les erreurs qui n’auraient pas été remarquées. Vous êtes intéressé? Veuillez communiquer à jostein@sympatico.ca.

Envoyez-nous votre article Nous invitons tous nos membres à nous transmettre des articles et des idées pour les prochains numéros. Veuillez expédier votre article à jostein@sympatico.ca.

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Article vedette de Bulletin de l´ACSRFR

l’ACSRFR...

Volume 3, numéro 3, juin 2013

Plan d’action mondial 2013-2020 de l’OMS sur les maladies non transmissibles. Le Bulletin de l’ACSRFR a rencontré le Dr Tim Armstrong, coordonnateur à Genève. 4


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OMS : Plan d’action mondial

2013-2020 pour la prévention des maladies non transmissibles Le journaliste médical Paul C.Webster analyse les implications du Plan d’action mondial 2013-2020 de l’OMS sur les MNT En septembre 2011, les chefs de file mondiaux étaient réunis au siège de l’ONU à New York afin de discuter d’un important problème mondial touchant la santé : les maladies chroniques, notamment le cancer, le diabète et les maladies cardiovasculaires et respiratoires. Selon l’ONU, ces maladies non transmissibles (MNT) sont responsables du décès de 36 millions de personnes par année. En outre, 80 % de ces décès se produisent dans les pays en développement qui n’ont que des ressources limitées à consacrer à la prévention, a annoncé très franchement le Secrétaire général Ban Ki-moon à un public composé de plusieurs centaines de chefs d’État et de hauts responsables des gouvernements, y compris la ministre canadienne de la Santé Leona Aglukkaq. « Le pronostic est sombre », a poursuivi Ki-moon. On prévoit qu’à l’échelle mondiale le nombre de décès imputables aux maladies non transmissibles augmentera de 17 % au cours de la prochaine décennie, et que ce chiffre atteindra 24 % en Afrique. Ki-moon a expliqué qu’en raison de l’augmentation de la consommation d’aliments transformés riches en sel, en sucres et en gras trans, l’incidence des maladies non transmissibles dans les pays pauvres est maintenant démesurément plus élevée que dans les pays riches. À l’échelle mondiale, le taux d’obésité a doublé depuis 1980, atil ajouté. « Il s’agit d’une catastrophe à retardement qui s’étend à une vitesse incroyable et à grande échelle », a prévenu Ki-moon. Soulignant qu’il est généralement possible de prévenir ou de contrôler les maladies non transmissibles les plus courantes en luttant contre les facteurs de risque communs, notamment le tabagisme, la mauvaise alimentation, la sédentarité et l’abus d’alcool, ainsi que par la détection précoce et le traitement, Ki-moon avait quelques reproches à présenter : « Nous connaissons des histoires bien documentés et honteuses concernant des acteurs de l’industrie qui ont ignoré la science — parfois même leurs propres recherches — et mis la santé publique en péril pour assurer leurs profits », a déclaré Ki-moon avant d’exhorter « les sociétés qui profitent de la vente d’aliments transformés à faire preuve d’une intégrité beaucoup plus grande ». Motivés par les avertissements émis par Ki-moon lors du sommet de 2011, les membres de l’ONU ont unanimement voté pour demander à l’Organisation mondiale de la Santé d’accroître la surveillance des maladies non transmissibles à l’échelle mondiale et de préciser d’ici la fin de 2012 un ensemble d’objectifs mondiaux sur la surveillance des tendances et des progrès de la lutte contre les maladies non transmissibles. l’OMS a répondu rapidement : en novembre 2012, elle a produit un Cadre mondial de surveillance proposant 25 indicateurs et un ensemble de 9 objectifs mondiaux volontaires touchant la prévention et le contrôle des maladies non transmissibles, y compris l’objectif de réduire de 25 % d’ici 2025 la mortalité mondiale due aux maladies cardiovasculaires, au cancer, au diabète ou aux maladies respiratoires chroniques. Ce cadre a été approuvé par 119 pays membres, l’Union européenne et 17 organisations non gouvernementales. Puis cette année, à la fin mai, l’Assemblée mondiale de la Santé a adopté le Plan mondial de prévention et de contrôle des maladies non transmissibles 2013-2020 de l’OMS. Un rapport sur ce plan sera présenté en septembre à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations Unies. >>

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Article vedette de l’ACSRFR... Une grande partie du mérite pour les progrès rapides réalisés par l’OMS à l’égard de la mobilisation des efforts mondiaux visant à affronter le tsunami croissant des maladies chroniques revient au Dr Tim Armstrong. Cet Australien à la voix douce est le coordonnateur de la surveillance et de la prévention basée sur la population du département de prévention des maladies non transmissibles à Genève, en Suisse. Récemment, dans une entrevue réalisée à Genève, le Dr Armstrong a qualifié le Plan mondial pour la prévention et le contrôle des maladies non transmissibles 2013-2020 de l’OMS de réussite de la diplomatie mondiale de la santé qui tente d’être aussi utile aux riches pays membres qu’aux pauvres. Le Dr Armstrong a précisé que les questions financières sont très importantes dans ce débat : selon les prévisions de l’OMS, le coût annuel moyen de la mise en œuvre d’un ensemble d’interventions de traitement préventif à impact élevé pour les MNT dans tous les pays à faible et à moyen revenu serait de 11,4 milliards de dollars, alors que l’impact économique des MNT dans ces pays est évalué à 500 milliards de dollars. De 2011 à 2025, les pertes de production cumulées des pays à faible et à moyen revenu dues aux maladies non transmissibles devraient atteindre 7,28 billions de dollars.

Puisque l’OMS n’est pas un organisme de financement, a souligné le Dr Armstrong, il faut trouver les fonds requis pour aider les pays pauvres, en particulier ceux dont la population est élevée et où les coûts associés aux MNT sont importants (notamment le Bangladesh, l’Indonésie, l’Inde et le Nigeria) à investir dans la santé, les réformes sociales et les outils de surveillance des maladies non transmissibles. « Nous avons besoin de l’aide de donateurs. Nous demandons aux pays qui ont la capacité d’investir, d’aider ceux qui ne l’ont pas. » L’argent n’est pas la seule chose qui est difficile à trouver, souligne le Dr Armstrong. Le processus de l’OMS a aussi besoin de données – et plusieurs de ces données n’existent tout simplement pas dans de nombreux pays. « On améliore ce que l’on mesure », atil expliqué en plaisantant. Mais de nombreux facteurs de risque associés aux maladies non transmissibles sont difficiles à mesurer car ils ne relèvent pas du domaine de la santé. Il s’agit de facteurs comme l’athlétisme, l’urbanisme, le transport et le nombre d’heures passées devant le téléviseur. « Dans le cas des maladies non transmissibles, nous n’avons que peu de données sur une série de résultats, de capacités et de facteurs de risque. Nous n’avons aucune donnée pertinente pour beaucoup de pays à revenu élevé, alors que nous avons des données plus détaillées pour certains pays à revenu moyen dans lesquels nous avons pu mener des enquêtes ». >>

“Nous avons besoin de l’aide de donateurs. Nous demandons aux pays qui ont la capacité d’investir, d’aider ceux qui ne l’ont pas.”

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Article vedette de l’ACSRFR (suite) Blossom Leung, une représentante de Santé Canada à Ottawa, a déclaré que « le Canada entend travailler en étroite collaboration avec l’OMS à l’élaboration d’un mécanisme mondial qui permettra de coordonner l’intervention contre les MNT et de partager des pratiques innovatrices et efficaces ». Leung a ajouté que le Canada a également l’intention de participer activement aux consultations menées en même temps par l’OMS sur son engagement avec les ONG et les intérêts commerciaux. Comme le Dr Armstrong le sait parfaitement, de nombreux experts observateurs seront à la fois satisfaits et déçus par le Plan de l’OMS. Selon Vivian Lin, la présidente du département de santé publique de l’Université La Trobe de Melbourne (Australie), le travail de l’OMS s’est inévitablement adapté à des intérêts et à des enjeux très diversifiés, y compris les intérêts commerciaux des fabricants de produits alimentaires, de boissons et de produits pharmaceutiques, qui ne « tiennent pas compte des décisions difficiles à prendre ». Elle dit que le Plan de lutte contre les MNT répond aux « règles de l’art » si on le compare aux plans mondiaux précédents de l’OMS, tels que la déclaration « visionnaire » d’Alma Ata de 1978 sur la nécessité de l’accès universel aux soins de santé primaires. De plus, elle souligne que le Code International de commercialisation des substituts du lait maternel et la Conventioncadre pour la lutte antitabac identifiaient et confrontaient de manière beaucoup plus directe les industries associées aux maladies non transmissibles. David McQueen, qui fut le directeur associé de la Promotion de la santé mondiale aux Centers for Disease Control d’Atlanta, en Géorgie, jusqu’en 2011, estime que le Plan sur les MNT manque d’orientation précise sur la façon

de contrôler les maladies non transmissibles. « Il ne s’agit pas vraiment d’un plan d’action », il croit qu’il s’agit plutôt « d’un ensemble de directives. » Il pense également que l’approche de l’OMS à l’égard de la surveillance des maladies non transmissibles est dépassée et de nouvelles approches incluant des déterminants sociaux de la santé ont été délaissées. Il considère néanmoins que le Plan est « impressionnant ». De son côté Suzanne Jackson, professeure de santé mondiale et directrice du Centre de promotion de la santé de l’OMS à l’Université de Toronto, est d’avis que les indicateurs et les cibles du plan ont été bien choisis. Sa principale critique est que l’OMS met l’accent sur la nécessité d’encourager les personnes à changer leur mode de vie plutôt que sur la nécessité d’apporter des changements sociétaux plus radicaux qui réduiraient les facteurs de risque associés aux maladies non transmissibles. Elle remarque que les plus grands responsables, c’est-à-dire les fabricants d’aliments, de boissons et de médicaments, ainsi que les dangers environnementaux tels que la pollution atmosphérique et les toxines, sont à peine mentionnés. Jackson, McQueen, Lin et Armstrong sont tous d’accord sur le fait que pour que l’OMS réussisse à réduire les maladies non transmissibles, les pays et les sociétés devront s’engager envers la mise en œuvre du Plan. Mais il n’en résultera pas nécessairement d’importants changements. « On propose un ensemble d’options politiques d’un niveau plutôt élevé aux pays membres », explique Jackson avant d’ajouter que «  toutefois plusieurs diront peutêtre qu’il n’y a pas suffisamment d’incitation envers une réelle mise en œuvre. » <>

9 cibles volontaires de lutte contre les MNT pour 2025 DOMAINE

CIBLE

BUT

Mortalité et morbidité

Mortalité prématurée causée par les MNT

Diminution de 25 %

Technologies et médicaments essentiels aux MNT

Couverture de 80 %

Pharmacothérapie et consultation

Couverture de 50 %

Consommation de sel

Réduction de 30 %

Tabagisme

Réduction de 30 %

Hypertension artérielle

Réduction de 25 %

Consommation abusive d’alcool

Réduction de 10 %

Inactivité physique

Réduction de 10 %

Diabète/obésité

Réduction de 0 %

Systèmes nationaux de réponse

Facteurs de risques de MNT

Source : Organisation mondiale de la Santé

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Les MNT dans un pays en développement

Avec peu de ressources financières, la Colombie a trouvé des solutions novatrices pour répondre au Plan d’action mondial de l’OMS. Paul C. Webster s’est rendu dans ce pays et il nous explique les défis. Comme de nombreux pays en développement le découvrent, la vague des maladies chroniques et non transmissibles qui résulte de conditions telles que l’obésité, pose d’importants défis aux systèmes de santé. Pourtant, pendant que l’OMS et les autres grands mandarins mondiaux étudient les possibilité, des régimes de santé comme celui de la Colombie sont obligés de chercher des solutions sur le terrain. Dans un pays souvent défini par la pauvreté et la guerre, et dans lequel on estime qu’au moins 10 % de la population souffre de malnutrition, on peut croire que l’obésité est un problème marginal. Mais en 2010, une enquête nationale sur la nutrition a révélé que pendant une période de cinq ans, le nombre de Colombiens, y compris les enfants, souffrant d’embonpoint et d’obésité avait augmenté de 10 %. Environ 25 % des enfants âgés de 5 à 17 ans avaient une masse corporelle excessive. Dans certaines parties du pays, cette proportion s’élevait à 31 %, ce qui est à peu près le taux d’obésité infantile des ÉtatsUnis qui est considéré comme un taux épidémique. Il est difficile d’obtenir des chiffres précis sur l’ampleur des maladies chroniques en Colombie. Cependant, le centre des projets de développement de la Pontificia Universidad Javeriana de Bogota, la capitale colombienne, estime que les coûts totaux des maladies chroniques ont augmenté de 40 % de 1995 à 2005. Selon la Mission permanente de la Colombie auprès de l’ONU, huit des dix principales causes de mortalité en Colombie sont des maladies chroniques ou non transmissibles. Selon l’Organisation panaméricaine de la santé, les maladies non transmissibles représentaient 68,1 % des 243,747 décès en Colombie en 2002. Les maladies cardiovasculaires se classent au premier rang avec un taux de mortalité normalisé selon l’âge de 239 sur 100,000 habitants. Elles sont suivies par les tumeurs malignes (116 sur 100,000), les maladies respiratoires chroniques (54 sur 100,000 habitants) et le diabète (32 sur 100,000 habitants). « C’est un problème auquel la Colombie doit s’attaquer immédiatement », affirme le Dr Luis Fernando Gomez, professeur de pathologie à la faculté de médecine de la Pontificia Universidad Javeriana de Bogota. « Le changement le plus important est celui que l’on observe chez les enfants : on ne peut attendre que nos problèmes soient aussi importants qu’aux ÉtatsUnis et au Canada. L’obésité se concentrait auparavant chez

les plus riches, mais nous en sommes arrivés au point où elle affecte aussi les plus pauvres. » « Nous devons réduire les taux de cholestérol, la tension artérielle et l’obésité si nous voulons contrôler l’épidémie actuelle de maladies cardiovasculaires » qui serait responsable de 40 % des décès en Colombie, confirme le Dr Leon Bautista, professeur adjoint des services de santé à la population de l’Université du Wisconsin, à Madison. Gomez et un groupe de nutritionnistes ont exercé des pressions pour encourager le gouvernement de la Colombie à adopter en 2009 une « loi contre l’obésité » qui fait la promotion de l’activité physique et réglemente la nutrition dans les écoles et la commercialisation des aliments et des boissons. Cependant, la mise en œuvre de cette loi a été entravée par la résistance de l’industrie des aliments transformés, a expliqué Gomez. « Bien que le gouvernement ait adopté une loi très progressive sur cette question, il perçoit encore la promotion de la santé comme une question qui relève généralement d’un choix personnel à l’égard du mode de vie. Cette perception lui évite d’adopter d’autres mesures. » Pour démontrer l’inaction du gouvernement, Gomez cite la réduction progressive des rues dédiées au célèbre programme « Ciclovia » de Bogota pendant lequel les grandes artères de cette ville de 9 millions d’habitants sont fermées à la circulation automobile le dimanche dans le but de promouvoir la marche et le vélo. De 1990 et 2002, la ville a investi 180 millions de dollars pour aménager 291 kilomètres de pistes cyclables et en 2003, les déplacements effectués à vélo par opposition aux autres formes de transport avaient augmenté à 4,4 % par rapport à 0,058 %. Près de 38 villes dans 11 pays ont suivi l’exemple de Bogota, et une étude a révélé que les avantages des programmes Ciclovia sont plus élevés que les coûts (J Urbain Health, 15 déc. 2011 [diffusion en ligne avant l’impression]). Cependant, la portée du programme a été réduite en raison de l’explosion du nombre de voiture dans les rues de Bogota. Ce recul va à l’encontre de la santé publique, affirme Gomez. « En reproduisant le développement urbain axé sur la voiture observé dans les pays industrialisés, les villes de la Colombie et des autres pays en développement connaîtront les mêmes problèmes de maladies chroniques et d’obésité causés par l’inactivité physique qui sévissent aux ÉtatsUnis et dans les autres sociétés axées sur la voiture. » <>

“Pendant que l’OMS et les autres grands mandarins mondiaux étudient les possibilité, des régimes de santé comme celui de la Colombie sont obligés de chercher des solutions sur le terrain.”

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Les MNT et le développement de la santé

l’Union internationale de promotion de la santé et d’éducation sur la santé (UIPES) est un réseau mondial indépendant et professionnel de personnes et d’institutions qui se sont engagées à améliorer la santé et le bienêtre. Le Bulletin de l’ACSRFR s’est rendu à Paris pour rencontrer la directrice générale, Mme Marie-Claude Lamarre. Quel est le travail de l’UIPES? À titre d’association mutuelle, l’Union internationale de promotion de la santé et d’éducation sur la santé (UIPES) rassemble des personnes et des institutions du monde entier et de tous les domaines liés à la promotion de la santé qui travaillent de diverses façons à l’amélioration de la santé. Parmi les priorités actuelles, mentionnons l’augmentation et le transfert des connaissances; le renforcement des capacités; les partenariats et alliances; l’environnement favorisant la santé; les déterminants sociaux de la santé; la prévention et le contrôle des maladies non transmissibles; l’évaluation de l’impact des politiques publiques sur la santé, ainsi que la surveillance des facteurs de risque. l’UIPES est un réseau mondial de dialogue et de coopération qui travaille à répondre aux besoins essentiels du développement de la santé dans toutes les régions du monde et à réduire les inégalités dans le domaine de la santé. Ses programmes encouragent les pairs à participer à un dialogue permanent sur la santé publique, et plus précisément sur la promotion et l’éducation. l’UIPES encourage les collaborations qui stimulent la recherche et les réseaux de pratique actifs dans le domaine de la santé publique et qui favorisent l’élaboration de politiques publiques saines. Première agence internationale, indépendante, professionnelle et non gouvernementale vouée à l’éducation sur la santé, l’UIPES a été fondée en 1951 par un groupe de signataires de la charte de la fondation de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui reconnaissaient la valeur pratique de l’éducation sur la santé, tant du point de vue social que pour la promotion de la santé publique. Ils reconnaissaient également l’utilité d’un forum informel international qui permettrait de resserrer les liens entre les travailleurs de l’éducation sur la santé de cette époque, et de promouvoir une compréhension commune de la santé pour tous. Nous travaillons dans l’optique que la santé est un droit humain qui existe lorsque les personnes, les familles et les communautés ont accès à des revenus, à l’éducation et à la capacité de contrôler leur vie; et que leurs besoins et droits sont soutenus par des systèmes, des environnements et des politiques qui favorisent une meilleure santé. >>

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Bulletin de l´ACSRFR UIPES (suite) l’UIPES appuie sa mission par une gamme de revues, des conférences mondiales et régionales sur la promotion de la santé, des forums de discussion électroniques ou selon d’autres formats, et des groupes de travail axés sur des enjeux cruciaux, y compris les compétences et le perfectionnement de la maind’ œuvre, la littératie en santé, la surveillance, les déterminants sociaux de la santé, la salutogénèse, l’évaluation des impacts sur la santé, l’environnement sain, la recherche, le changement climatique et la santé, les preuves de l’efficacité de promotion de la santé. Elle travaille en partenariat avec de nombreux organismes internationaux et nationaux, y compris l’Agence de la santé publique du Canada et le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. Comment l’UIPES peutelle appuyer la surveillance des facteurs de risque des maladies chroniques à l’échelle internationale, y compris les travaux de l’ACSRFR? Une grande partie du travail de l’UIPES est d’élaborer des cadres conceptuels, des outils, des normes et des lignes directrices susceptibles d’aider les professionnels et les praticiens de la santé partout au monde. Notre créneau est notre approche technologique/scientifique qui nous permet de concevoir efficacement des systèmes d’apprentissage et d’élaborer des outils et des ressources pour nos propres membres, mais également pour l’ensemble de la communauté de la promotion de la santé. Nos efforts à l’égard de la surveillance des facteurs de risque ne font pas exception. Par le biais de son groupe de travail mondial sur la surveillance WARFS (acronyme désignant l’Alliance mondiale pour la surveillance des facteurs de risque), l’UIPES a publié un livre blanc sur la surveillance et la promotion de la santé afin de communiquer à un large public les connaissances acquises jusqu’à présent par la WARFS et ses membres; de définir clairement ce que nous entendons par la surveillance de la promotion de la santé et son utilité; de fournir une meilleure compréhension du rôle de la surveillance dans la promotion de la santé; et de guider les membres de l’UIPES et toutes les personnes intéressées à participer à l’élaboration de systèmes de surveillance efficaces. Pourquoi l’UIPES appuietelle la WARFS? l’Alliance mondiale pour la surveillance des facteurs de risque (WARFS), un de nos groupes de travail mondiaux, est devenu en 2008 un réseau international de chercheurs et de praticiens spécialisés dans le domaine de la surveillance qui se rencontrent depuis 1999 afin d’étudier les aspects théoriques et pratiques de la surveillance des facteurs de risque. Ce petit groupe actif d’experts renommés joue un rôle important dans l’élaboration d’outils et la promotion de l’importance de la surveillance des facteurs de risque comportementaux permettant de suivre et d’évaluer les politiques, les services et les interventions dans les domaines de la prévention des maladies et de la promotion de la santé. En outre, le groupe de travail organise tous les deux ans les conférences mondiales de la WARFS (voir l’annonce à la page 20),

Volume 3, numéro 3, juin 2013

qui offrent une plateforme utile à l’échange des connaissances entre les experts mondiaux de la surveillance. Ces conférences sont une importante occasion d’examiner comment renforcer la capacité mondiale en matière de surveillance des facteurs de risque, cerner les meilleures pratiques en vue d’établir des liens entre la surveillance des facteurs de risque et la promotion de la santé et renforcer les capacités générale de la santé publique et de la promotion de la santé partout au monde, particulièrement dans les pays en développement. Comment l’UIPES réagitelle au Plan d’action mondial pour la prévention et le contrôle des maladies non transmissibles 2013-2020 proposé par l’OMS? Comme nous le savons, ces maladies sont maintenant la première cause de mortalité et de morbidité dans le monde entier quel que soit le niveau de développement économique des différents pays. Les maladies non transmissibles et leurs causes sont donc des phénomènes mondiaux. Il est logique de considérer la surveillance de la santé publique comme une approche appropriée pour tous les pays, peu importe leur développement économique et la capacité de leur système de santé. En outre, au cours des dernières années, la recherche mondiale a proposé que les enjeux relatifs aux déterminants sociaux de la santé et aux inégalités soient intégrés au programme de santé mondiale, car ils sont étroitement liés au contrôle et à la prévention des maladies non transmissibles. Puisque les déterminants sociaux de la santé touchent tous les secteurs, seule l’adoption d’approches multisectorielles intégrées nous permettra d’aborder efficacement les déterminants sociaux de la santé de manière durable. Cependant, la surveillance doit se refléter, autant théoriquement que méthodologiquement, sur « la façon » de mesurer les déterminants sociaux de la santé, même si les systèmes actuels de surveillance offrent déjà plusieurs données à cet égard. Il demeure vrai que l’étude des déterminants sociaux de la santé doit obtenir des données plus détaillées, particulièrement pour réussir à passer d’un niveau individuel à un niveau social et contextuel. Des aspects tels que le capital social, l’urbanisation et les valeurs du développement urbain (trottoirs, pistes cyclables, etc.) devraient faire l’objet d’une certaine mesure par les systèmes de surveillance (ou, plus correctement, y être liés). L’UIPES s’intéresse particulièrement au programme de développement après 2015 qui repose sur le développement humain dans lequel la santé et les maladies non transmissibles sont au cœur du développement social. Les derniers résultats obtenus par l’Assemblée mondiale de la Santé avec l’adoption de la résolution Omnibus sont encourageants, car ils soulignent la nécessité d’intégrer les maladies non transmissibles dans les processus de développement mondiaux et de mettre l’accent sur des approches multisectorielles en matière de prévention et de contrôle des maladies non transmissibles. <> par Jostein Algroy

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Entrevue de l’ACSRFR ... Bulletin de l´ACSRFR

Volume 3, numéro 3, juin 2013

Le Bulletin de l’ACSRFR s’entretient avec le Dr Cory Neudorf, médecin hygiéniste de la Région sanitaire de Saskatoon, au sujet de la surveillance et des inégalités en santé.

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Entrevue de l’ACSRFR ... La Région sanitaire de Saskatoon est largement reconnue pour un rapport publié en 2008 sur les inégalités en santé à Saskatoon; quelle fut le principal motif de cette initiative ? Ce travail a vraiment commencé par une certaine surveillance des maladies que l’on effectuait pendant que la province annonçait que les taux de grossesse chez les adolescentes, de diabète ou d’autres maladies dans la Région sanitaire de Saskatoon se situaient près de la moyenne provinciale. À titre de médecin hygiéniste de la Région sanitaire de Saskatoon, j’avais constaté que l’on trouvait dans notre région des foyers de problèmes qui, malgré leur ampleur, ne figuraient pas dans ces rapports. En 2006, un rapport a démontré les revenus des résidents d’un quartier et diverses données sur les hospitalisations, la mortalité, les visites chez le médecin et d’autres indicateurs de santé. Nous avons constaté que pour la plupart des indicateurs, les inégalités de la santé selon les revenus étaient beaucoup plus élevées que nous le pensions à certains endroits dans les environs de Saskatoon. l’aspect encore plus important est que nous avons obtenu ces résultats dans plusieurs conditions différentes. Notre conseil de la santé a suggéré que même si ces constatations n’étaient pas suffisamment documentées pour présenter un rapport, elles pouvaient par contre servir à montrer comment le système de santé et les autres secteurs exerçant une influence sur les déterminants de la santé pouvaient réagir en vue d’améliorer l’équité en santé. Ainsi, le rapport de 2008 sur la disparité de la santé à Saskatoon est devenu un recueil des analyses que nous avons pu réaliser grâce à notre première subvention des IRSC (Instituts de recherche en santé du Canada). Nous avons essayé d’examiner en profondeur certaines causes des inégalités en matière de santé et de préciser où se trouvaient les foyers de disparité dans la Région sanitaire de Saskatoon. l’Observatoire de la santé publique a poursuivi le travail. Nous avons élaboré différents types d’analyse et d’intervention, un système de surveillance ainsi que des outils de vérification qui peuvent être utilisés par les systèmes de santé afin d’améliorer l’équité en santé. Là où nous constatons une inégalité, selon l’âge, le sexe, la situation économique, rurale/urbaine, etc., nous aidons les ministères visés à établir la cause profonde de ces inégalités et à trouver des façons d’améliorer l’équité.

système provincial de soins de santé. Notre conseil de la santé mesure l’amélioration de l’équité en santé au moyen de son tableau de bord sur la surveillance du rendement. En outre, au sein du système de santé, nous commençons à constater que des ministères choisissent des initiatives visant à améliorer l’équité en santé. Je suis satisfait de notre élan, mais évidemment, il reste beaucoup de travail à faire pour réduire les écarts. À long terme, nous devons réfléchir au perfectionnement des activités de surveillance en vue d’améliorer l’information et l’établissement des priorités. Nous travaillons présentement sur un rapport qui montrera comment l’équité en santé s’est améliorée au fil du temps. Nous utilisons des méthodes beaucoup plus avancées, nous examinons des données accumulées pendant 15 ans et nous établissons des modélisations statistiques qui permettent d’étudier les tendances au fil du temps et de constater si les écarts diminuent, s’élargissent, s’aggravent ou sont stables.

“Notre conseil de la santé mesure l’amélioration de l’équité en santé au moyen de son tableau de bord sur la surveillance du rendement.”

Avec le recul, êtes vous satisfait des résultats de votre travail? Je suis très satisfait des processus qui ont été mis en place. Nous commençons à observer des résultats positifs. Je ne suis évidemment pas satisfait des améliorations réalisées jusqu’à maintenant puisque nous n’avons pas réduit la pauvreté ni comblé l’écart entre les niveaux de la santé. Cependant, nous avons donné à l’initiative suffisamment d’importance pour qu’elle puisse maintenant être autonome. Plusieurs dirigeants de la communauté et du secteur de la santé intègrent désormais une démarche axée sur l’équité en santé dans leur planification et la prestation des programmes, ce qui en fait maintenant une priorité. D’ailleurs, un objectif de réduction des inégalités en santé a été intégré au

Avec le recul, êtes vous satisfait des résultats de votre travail? Je suis très satisfait des processus qui ont été mis en place. Nous commençons à observer des résultats positifs. Je ne suis évidemment pas satisfait des améliorations réalisées jusqu’à maintenant puisque nous n’avons pas réduit la pauvreté ni comblé l’écart entre les niveaux de la santé. Cependant, nous avons donné à l’initiative suffisamment d’importance pour qu’elle puisse maintenant être autonome. Plusieurs dirigeants de la communauté et du secteur de la santé intègrent désormais une démarche axée sur l’équité en santé dans leur planification et la prestation des programmes, ce qui en fait maintenant une priorité. D’ailleurs, un objectif de réduction des inégalités en santé a été intégré au système provincial de soins de santé. Notre conseil de la santé mesure l’amélioration de l’équité en santé au moyen de son tableau de bord sur la surveillance du rendement. En outre, au sein du système de santé, nous commençons à constater que des ministères choisissent des initiatives visant à améliorer l’équité en santé. Je suis satisfait de notre élan, mais évidemment, il reste beaucoup de travail à faire pour réduire les écarts. À long terme, nous devons réfléchir au perfectionnement des activités de surveillance en vue d’améliorer l’information et l’établissement des priorités. Nous travaillons présentement sur un rapport qui montrera comment l’équité en santé s’est améliorée au fil du temps. Nous utilisons des méthodes beaucoup plus avancées, nous examinons des données accumulées pendant 15 ans et nous établissons des modélisations statistiques qui permettent d’étudier les tendances au fil du temps et de constater si les écarts diminuent, s’élargissent, s’aggravent ou sont stables. Lorsque nous publions un rapport qui repose sur des données liées à d’autres secteurs, nous consultons nos partenaires afin de confirmer la justesse de nos interprétations et nous assurer que nous avons bien compris les limites des données. Ces relations ont besoin d’une attention constante. L’aspect très important est la présence du Comité régional intersectoriel formé de représentants hauts placés de tous les principaux partenaires qui se >>

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Entrevue de l’ACSRFR (suite)

réunissent plusieurs fois par année afin de collaborer à la réalisation de différents projets. Quel rôle devrait jouer la santé publique à l’égard de l’amélioration de l’équité de la santé, de la pauvreté et des déterminants sociaux de la santé? La santé publique est un secteur relativement faible dans l’ensemble du système; moins de 2 % du budget de la santé est alloué à la santé publique. Ce petit budget est toutefois énorme si on le compare à ceux de nombreuses organisations non gouvernementales ou de coalitions qui travaillent dans le domaine de la justice sociale pour améliorer les déterminants sociaux de la santé. Nous avons joué un rôle de coordonnateur et de facilitateur. Bien que la santé publique fût un important chef de file dans ce domaine au Canada il y a un siècle, elle est relativement peu active depuis plusieurs décennies. Nous avons constaté un énorme besoin en matière d’infrastructure – un accès aux analystes, aux données, aux ensembles de données et aux bases de données – auquel nous pouvions répondre, alors que les autres n’en avaient pas les capacités. La rigueur associée à notre infrastructure de surveillance peut être exploitée par de nombreux autres groupes, qui peuvent utiliser des données et des rapports pour réaliser un autre projet. L’autre aspect est l’influence de la santé publique, en particulier celle du Bureau du médecin hygiéniste de la santé. Notre mandat législatif est de faire rapport sur les éléments qui influencent l’état de la santé dans la région et de proposer des améliorations possibles. Dès le départ, nous avons décidé que les rapports sur l’état de la santé ne devraient pas être de simples documents statistiques pouvant être interprétés de manières différentes. Nous devions analyser les données, présenter des conséquences possibles et proposer des améliorations. Nos rapports sur l’état de la santé contiennent maintenant des recommandations. Au début, nos recommandations étaient formulées en fonction de la santé, mais peu à peu une approche plus axée sur le développement communautaire a été utilisée afin de travailler avec d’autres secteurs et propriétaires de données. Nos rapports ne représentent pas uniquement notre point de vue – les contributions des autres secteurs nous donnent une plus grande portée. De même, nous pouvons parler d’aspects sur lesquels les autres groupes ne peuvent pas nécessairement s’exprimer. Je crois donc que le message du Bureau du médecin hygiéniste concernant la réduction de la pauvreté a contribué de manière importante aux efforts de mobilisation locale. La santé publique est bien placée pour utiliser le développement communautaire et le partenariat à titre de modèle pour agir à l’égard des déterminants sociaux de la santé et des inégalités en santé en remplaçant l’approche axée sur le style de vie pour s’attaquer plus énergiquement aux causes des causes. En plus des travaux et des analyses de données de notre observatoire de la santé publique, nous avons réorienté le travail de notre service de promotion de la santé afin qu’il concentre ses interventions sur les déterminants sociaux de la santé plutôt que sur le de vie uniquement, et qu’il utilise tous les éléments de la

Charte d’Ottawa pour la promotion de la santé. Même les interventions axées sur le style de vie que nous réalisons doivent tenir compte des déterminants sociaux de la santé. Comment envisagez vous le rôle des épidémiologistes dans l’avenir? Il faut réfléchir à la rigueur utilisée dans l’élaboration des systèmes de surveillance de l’équité en santé. Nous devons systématiquement créer des ensembles de données qui permettront de réaliser des analyses stratifiées en fonction des différents éléments des déterminants sociaux appliqués aux personnes ce que nous n’avons pas encore bien réussi. La traditionnelle approche « personne, lieu et temps » ne peut nous donner que certains résultats. Les données doivent être étudiées en fonction de l’identité d’une personne dans son contexte environnemental. Nous faut cesser de préparer des rapports ponctuels sur l’équité pour adopter l’étude systématique des données sur l’équité en santé selon une approche de surveillance, et renforcer nos méthodes d’analyse. l’épidémiologiste doit avoir une bonne connaissance des statistiques spécialisées nécessaires à ce type d’analyse. Quand nos épidémiologistes de la santé publique ontils travaillé pour la dernière fois avec, par exemple, le coefficient de Gini ou les indices de concentration? Sommesnous à l’aise avec la régression de Poisson et la modélisation nécessaire pour observer des effets dans le temps et examiner la cause profonde de certaines de ces différences au fil du temps? Il est essentiel d’adopter des méthodes plus complexes et d’aller audelà de l’analyse descriptive simpliste que nous avons tendance à produire au moment d’analyser les éclosions et d’élaborer les rapports sur l’état de la santé. Nous devons étudier les causes des causes. C’est sur cet aspect que les épidémiologistes spécialisés dans les maladies chroniques devront se concentrer dans l’avenir. l’analyse doit aller audelà de l’impact des chiffres et examiner la nature des implications cliniques. Afin de rendre les analyses plus dynamiques et de mieux comprendre les implications, nous devons diversifier l’équipe de façon à ce que des épidémiologistes travaillent par exemple avec des médecins épidémiologistes, des médecins hygiénistes ainsi qu’avec des travailleurs de la santé et des diverses disciplines du secteur des services aux personnes. Il faut aussi avoir le courage d’aller de l’avant et présenter des recommandations qui stimuleront le changement en tenant toujours compte de la pertinence pratique pour nos données et en cherchant à déterminer les incidences sur les programmes ou les politiques. Si nous voulons réussir à améliorer l’équité, nous devons changer nos méthodes et nos approches. Pour savoir si notre travail fait une différence, nous devons nous engager envers la surveillance et l’évaluation à long terme. De ce point de vue, je crois que l’avenir de l’épidémiologie est très prometteur. Il est beaucoup plus intéressant de travailler avec des compétences plus diversifiées et d’être capable de voir les améliorations qui sont apportées aux programmes et aux politiques grâce à notre travail. <> par Jostein Algroy

“Nous faut aussi avoir le courage d’aller de l’avant et présenter des recommandations qui stimuleront le changement.“

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Faits liés à la surveillance...

Troisième partie d’une série au sujet du passé, du présent et de l’avenir de la surveillance de la santé publique. Article rédigé par le Dr Bernard Choi, chercheur scientifique principal, Surveillance des maladies chroniques, Agence de la santé publique du Canada, et journaliste scientifique pour le Bulletin de l’ACSRFR. Passé

Le concept de collecte systématique continue des données sur la mortalité a été d’abord utilisé en 1532, lorsque le conseil municipal de Londres a commencé à documenter le nombre de décès causés par la peste. Ces documents de décès ont été émis de manière irrégulière pendant plus de 100 ans. Toutefois, ces données n’ont pas été utilisées à des fins de surveillance avant le XVIIe siècle, alors que les greffiers de Londres signalaient à toutes les semaines le nombre d’inhumations et les causes des décès au greffier de la paroisse et qu’un bulletin de mortalité hebdomadaire était publié. Dans les années 1600, les données sur la mortalité (les Bills of Mortality, des documents semblables à nos certificats de décès actuels) étaient recueillies selon des méthodes très simples. Tous les soirs, vers minuit, un chariot circulait à la lueur d’une lanterne et un sacristain (ou un fossoyeur) criait au son d’une cloche, « Sortez vos morts! » John Graunt nous en fait la description suivante : [traduction] « Quand une personne meurt, on sonne le glas, on fait tinter une cloche, ou on demande une tombe au fossoyeur, qui connait les chercheurs. Les chercheurs se rendent à l’endroit où repose la dépouille. Par un examen visuel, et des questions, ils établissent si le décès est dû à une maladie ou à un accident. Ils font ensuite un rapport au greffier de la paroisse qui à son tour, transmet tous les mardis soirs le total des inhumations et des baptêmes de la semaine au greffier de la Chambre. Le mercredi, un bulletin complet est préparé et imprimé pour être publié et remis le jeudi à plusieurs familles qui payent quatre shillings par an pour les obtenir. »

Présent

La première chose à faire pour assurer la surveillance de la santé publique est de définir le type de données à recueillir (élaboration d’un cadre systématique de données). Ensuite, le processus de surveillance se déroule en trois étapes : la collecte de données, l’analyse et l’interprétation, puis la diffusion rapide des résultats. En outre, le système de surveillance devrait aussi pouvoir évaluer les mesures qui ont été mises en œuvre dans le domaine de la santé publique (y compris le système de

surveillance qui est luimême une initiative dans le domaine de la santé publique). Avant d’adopter un nouveau système de surveillance, il faut d’abord choisir les catégories d’information qui seront suivies par ce système. Il faut définir un cadre systématique de données. Le cadre de données est généralement défini par des indicateurs. Un indicateur est un facteur mesurable qui permet aux décideurs d’évaluer objectivement l’ampleur d’un problème de santé et de surveiller les processus, les résultats ou les effets d’une intervention sur la population. Une très grande quantité d’indicateurs peuvent faire l’objet d’un suivi et le nombre doit systématiquement être réduit. Le processus d’élaboration du cadre de données comporte plusieurs étapes : l’examen de la littérature, la consultation d’experts et l’enquête Delphi qui permet d’obtenir un consensus sur la liste des indicateurs et d’évaluer la disponibilité et la qualité des données. L’enquête Delphi est une méthode dans laquelle on demande à des experts de répondre à des questionnaires selon deux cycles ou plus. Après chaque cycle, on résume les avis obtenus et on continue de travailler à l’atteinte d’un consensus.

Avenir

Il faudrait accroître l’utilisation de la technologie informatique dans la surveillance de la santé publique. De nouveaux termes, tels que « infodémiologie » et « infoveillance », ont été inventés pour décrire des méthodes informatiques servant à analyser les requêtes faites dans les moteurs de recherche Internet et prévoir les éclosions de maladies. L’informatique de la santé publique est « l’application systématique des technologies de l’information et de la technologie aux pratiques, à la recherche et à l’acquisition du savoir dans le domaine de la santé publique ». L’informatique de la santé publique peut offrir de nouvelles applications qui élargiront les perspectives de la santé publique, amélioreront la prévention et favoriseront des collectivités plus saines. Il faut également améliorer les méthodes d’enquêtes épidémiques. Le développement technologique rapide des laboratoires accroîtra la précision diagnostique et réduira le temps requis pour l’obtention d’un diagnostic. Les statisticiens continueront à élaborer de nouvelles méthodes statistiques qui offriront un portrait plus détaillé grâce à une analyse des données raffinée. <>

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> PROFIL > RÉACTUALISER > ÉVÉNEMENTS

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Message de la présidente

Gail Butt, présidente du Comité de coordination canadien (CCC), fait le point sur les réalisations de l’ACSRFR au cours des dernières années qui ont jeté les bases d’une organisation solide pour les années à venir. Ce moisci marque la fin de mon mandat de deux ans à titre de présidente du Comité de coordination canadien (CCC). Dans mon dernier message de la Présidente, j’aimerais vous faire part de mes expériences et de mes espoirs pour l’avenir de l’ACSRFR. Au cours des dernières années, nous avons travaillé à faire progresser l’ACSRFR. Nous avons établi une structure durable, sans cesser d’offrir des services de grande qualité à nos membres. Le réseau continue de croître et d’être reconnu comme une entité précieuse et en évolution constante. Aucune de ces réalisations n’aurait été possible sans le dévouement et l’engagement des membres de l’ACSRFR et leur conviction à l’égard de l’importance de ce réseau. Il fut inspirant de travailler avec les membres bénévoles du CCC et ses groupes de travail qui ont toujours atteint les objectifs qu’ils s’étaient fixés. Je quitte mon poste convaincue que l’ACSRFR est en bonne position, et c’est avec plaisir que j’accueillerai le nouveau président à la fin de juin. Les nombreux groupes de travail de l’ACSRFR orientent la direction que prend le réseau. Sans chacun de membres de chaque groupe de travail, nous n’en serions pas là où nous en sommes aujourd’hui. Dès le départ, les possibilités d’éducation ont été la raison principale de l’adhésion des membres et c’est également la raison pour laquelle ils demeurent membres de l’ACSRFR. La

structure virtuelle de notre réseau offre un accès illimité à nos membres. Grâce à l’utilisation de notre site et au réseautage professionnel facilité par Internet, l’ACSRFR a pu se développer sans exiger un grand soutien administratif, que ce soit pour le développement ou la durabilité. l’ACSRFR est bien placée pour aborder l’avenir, mais comme pour tous les réseaux de ce genre, nous avons besoin d’un plus grand nombre de bénévoles pour continuer à progresser. J’encourage tous nos membres à s’impliquer davantage dans l’ACSRFR en participant à nos groupes de travail afin de réaliser notre programme. Nous en tirerons tous des avantages. En terminant, j’aimerais présenter mes plus sincères remerciements aux membres du CCC qui m’ont apporté un précieux soutien pendant la durée de mon mandat à la présidence de l’ACSRFR. Merci à l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) pour son appui constant. Finalement, un dernier point, mais non le moindre, j’aimerais remercier tous les membres de la communauté de l’ACSRFR que j’ai eu le grand plaisir de servir.

Gail Butt Présidente, l’ACSRFR

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Profil de l’ACSRFR ... Afin d’aider les membres à mieux se connaître, le Bulletin de l’ACSRFR présente le profil d’un membre dans chaque numéro. Nous vous présentons aujourd’hui Mme Cristina Ugolini, gestionnaire, Observatoire de la santé publique, Région sanitaire de Saskatoon. Quels sont vos antécédents? J’ai obtenu une maîtrise en Administration publique de l’Université Western (anciennement connue sous le nom d’Université de Western Ontario) en 1996. Avant de venir à Saskatoon, j’ai occupé les fonctions d’analyste des politiques au ministère de la Santé et des Soins de longue durée ainsi qu’au ministère des Services sociaux. Au début de 2000, je suis venue à Saskatoon et j’ai travaillé à titre d’analyste des politiques à la Commission Kenneth J. Fyke sur le régime d’assurancemaladie de la Saskatchewan, qui a présenté des recommandations au sujet de la réforme des soins de santé dans la province. J’ai ensuite eu la chance de faire partie de la Commission Roy J. Romanow sur l’avenir des soins de santé au Canada. Grâce à ma participation à ces deux commissions, j’ai pu développer une bonne compréhension des grands enjeux à relever par les régimes de soins de santé en Saskatchewan et au Canada, ainsi que des nombreuses possibilités d’amélioration. En 2002, j’ai été embauchée par la Région sanitaire de Saskatoon à titre de gestionnaire de la direction générale des Services stratégiques d’information et de planification sur la santé. Depuis la fin 2007, je suis la gestionnaire de l’Observatoire de la santé publique. Quelle est votre tâche principale dans le cadre de votre emploi actuel? En tant que gestionnaire de l’Observatoire de la santé publique (OSP), et en collaboration avec une équipe de 12 personnes, je passe beaucoup de temps à m’assurer que les conditions et les ressources appropriées sont en place afin que l’équipe puisse accomplir un travail de qualité. Je consacre du temps à la planification et je fournis des commentaires et un soutien stratégique à mon équipe. l’Observatoire a été mis sur pied afin de fournir de l’information compréhensible sur la santé – et de transmettre des données et les résultats de la recherche aux décideurs et aux praticiens du domaine de la santé publique. Notre objectif est de contribuer à l’amélioration de la santé et à la réduction des inégalités en santé par le biais de la surveillance, de la recherche appliquée et de l’évaluation, ainsi que par l’échange des connaissances alimentant le processus décisionnel, politique et de prestation de services. En outre, je consacre une grande partie de mon temps à travailler avec mon équipe à l’établissement et au maintien de partenariats, tant au sein de la Région sanitaire qu’à l’extérieur de celleci. Parmi nos partenaires communautaires mentionnons >>

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Profil de l´ACSRFR (suite) l’Université de la Saskatchewan (pour des projets de recherche et de surveillance), des conseils scolaires, des organisations communautaires, des services policiers ainsi que des organismes des Premières Nations et des Métis. Qu’estce qui vous a incité à choisir le domaine de la santé et de la surveillance de la santé? Je pense que nous devons travailler davantage à l’amélioration de la santé de la population, non seulement pour le bien de la société en général, mais aussi pour assurer la durabilité de notre régime de santé public. Je reconnais la très grande importance des déterminants sociaux de la santé, et je crois que le travail de l’Observatoire est très important à cet égard, en particulier au niveau local. Plusieurs améliorations de la politique sociale pourraient grandement contribuer à rehausser les résultats obtenus dans le domaine de la santé de façon générale pour les Canadiens. Sans les données recueillies dans le cadre de la surveillance et des autres activités, nous ne serions pas en mesure de prendre des décisions importantes à l’égard des politiques et des services. Que pensez vous du rôle actuel de l’ACSRFR au Canada? J’aime le rôle que joue l’ACSRFR qui permet de réunir un éventail d’organisations et de personnes qui travaillent ensemble à améliorer l’information et la santé de la population. L’accent mis sur les maladies chroniques et les facteurs de risque à un niveau régional comble les lacunes qui existaient auparavant dans ce domaine. J’ai apprécié avoir la possibilité de participer à des conférences et à des séminaires en ligne à la fois pour apprendre et pour parler de mes expériences. Vous n’êtes pas un membre actif de l’ACSRFR en ce moment. Qu’estce qui vous motiverait à le devenir? Avoir plus de temps! Quelles sont les occasions offertes par l’ACSRFR? Je crois que l’ACSRFR pourrait travailler plus étroitement avec les Centres nationaux de collaboration (en particulier avec les centres s’intéressant aux déterminants de la santé et ceux qui élaborent des méthodes et outils). Il y a de bons travaux complémentaires en cours. Quelles sont les connaissances et l’expérience dont vous pouvez faire bénéficier l’ACSRFR? Je peux continuer de diffuser les connaissances acquises à Saskatoon en vue d’améliorer les résultats en santé, et je peux expliquer davantage le rôle et la contribution faite par l’Observatoire dans ce travail. <>

par Jostein Algroy

Appel de candidatures Êtes vous intéressé et disponible pour contribuer à définir la stratégie de l’ACSRFR? Vous avez le temps de faire du bénévolat? Nous cherchons des membres pour nos groupes de travail (Formation, Outils et Ressources et Innovation en matière de surveillance) et pour le comité de coordination. Les mandats sont d’une durée de deux ans.    Chaque groupe a un objectif particulier. Le Groupe de travail sur la formation coordonne les activités, y compris les séances bimensuelles de formation en ligne et le Forum en ligne qui reposera sur une évaluation des besoins actuels. Le Groupe de travail sur les outils et les ressources repère les outils et les ressources qui sont actuellement disponibles et étudie comment jumeler ceux qui en « ont » à ceux qui en « ont besoin ». Il envisage des moyens créatifs qui faciliteraient les contacts, y compris une plus grande utilisation de notre compte Twitter et d’autres options de réseautage. Le Groupe de travail sur l’innovation en matière de surveillance existe depuis peu de temps et il est possible d’orienter la direction qu’il prendra. Le Comité de coordination fournit des conseils sur le fonctionnement de l’ACSRFR et prend les décisions dans des domaines précis, notamment sur la présence sur le Web et le bulletin.   Plusieurs postes sont à combler, et nous vous invitions à communiquer avec nous si vous désirez des renseignements plus détaillés, proposer un collègue, ou vous porter volontaire. Les membres de l’ACSRFR sont sa force : nous vous encourageons à participer! <>

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Réactualiser...

Le président de chacun des groupes de travail de l’ACSRFR fait le point sur les activités récentes.Tous les groupes de travail ont besoin de nouveaux membres.Veuillez communiquer avec le président ou un membre du groupe de travail si vous voulez vous y joindre! Groupe de travail sur l’innovation en matière de surveillance

Groupe de travail sur la Groupe de travail sur les outils et les formation ressources

Au cours des deux derniers mois, le Groupe de travail sur l’innovation en matière de surveillance (GTIS) a fait le travail préliminaire pour qu’évoluent des projets ciblés. Tel que mentionné précédemment, les priorités sont les suivantes :   o utiliser le moteur de recherche de Google comme outil de surveillance des facteurs de risque des maladies chroniques souvent intégré aux solutions d’analyse de Google; o examiner les outils de sondage dans les écoles dans toutes les provinces afin de déterminer si la surveillance est fondée sur des indicateurs clés/ principaux semblables; o utiliser des sources de données non traditionnelles aux fins de la surveillance.   Après la publication du dernier bulletin, nous avons reçu plusieurs précieuses réponses qui ont contribué à la réalisation des projets – Continuez à envoyer des courriels! <>

Le Groupe de travail sur la formation poursuit son travail. Deux séances d’apprentissage en ligne ont été tenues, et toutes deux ont reçu un accueil positif. En avril, Dr Flora Matheson a présenté Overview of the Canadian Marginalization Index (CAN-Marg) (Aperçu de l’indice de marginalisation canadien (CAN-Marg), une publication dont elle est une co-auteure. En mai, le Dr M. Nawal Lutfiyya a posé la question suivante : « Le fait de résider dans une région rurale estil un déterminant social de la santé? ». Le Dr Lutfiyya a fourni de nombreuses références afin d’aider les membres de l’ACSRFR à trouver davantage d’information à ce sujet. Nous remercions de nouveau les présentateurs de nos deux excellentes sessions. Comme toujours, le webinaire est disponible sur le site l’ACSRFR. Le Groupe de travail sur la formation continue de planifier la prochaine série d’apprentissage en ligne bimensuelle qui aura lieu en automne ainsi que le forum en ligne du prochain exercice financier. <>

Le prochain chapitre important du Groupe de travail sur les outils et les ressources est la fusion avec le Groupe de travail sur la participation des membres. Cette fusion semble naturelle car la meilleure façon d’aider nos membres à s’engager est de leur fournir les outils et les ressources dont ils ont besoin pour effectuer leur travail!

Nous étudions également comment nous pourrions rester en contact avec nos membres par le biais des médias sociaux. Twitter est un outil agréable et facile qui peut être utilisé par les travailleurs du domaine de la santé publique et des domaines connexes pour diffuser, partager et échanger rapidement de petites capsules d’information sur les nouveaux développements. Cet aspect n’est pas la seule nouveauté sur laquelle nous travaillons afin de veiller à ce que nos membres demeurent engagés et informés. Toutefois, puisque nous ne révélons pas tous nos plans, pourquoi ne pas nous suivre sur Twitter et les découvrir à mesure qu’ils se produisent! <>

Comités l’ACSRFR Comité de coordination canadien (CCC)

Groupe de travail sur les outils et les ressources

Présidente:

Présidente:

Ahalya Mahendra

Co-Président: Ali Artaman

Co-Président:

Vacant

Groupe de travail sur la formation

Groupe de travail sur l’innovation en matière de surveillance

Présidente:

Présidente:

Michelina Mancuso

Co-Président:

Vacant

Gail Butt

M. Nawal Lutfiyya

Co-Président: Vacant

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Événements...

Nous sommes heureux d’annoncer que la 8e Conférence de l’Alliance mondiale de surveillance des facteurs de risque (WARFS 2013) se tiendra du 29 octobre au 1er novembre 2013 à Beijing, Chine. Elle fait suite à une série de conférences très intéressantes qui ont débuté en 1999 aux ÉtatsUnis (Atlanta) et qui ont ensuite eu lieu en 2001 en Finlande (Tuusula), en 2003 en Australie (Noosaville), en 2005 en Uruguay (Montevideo) et en 2007 et en 2009 en Italie (Rome et Venise respectivement). La conférence WARFS 2013 est coorganisée par le Centre de contrôle et de prévention des maladies de la Chine et l’Association chinoise de médecine préventive. La WARFS est en fait le groupe de travail mondial chargé de la surveillance de l’Union internationale de promotion de la santé et d’éducation pour la santé (UIPES). Elle appuie la surveillance des facteurs de risque comportemental (SFRC) à titre d’outil favorisant des mesures de santé publique fondées sur des données probantes et tient compte de l’importance de cette source d’information requise pour éclairer, surveiller et évaluer les politiques, les services et les interventions en matière de prévention des maladies et de promotion de la santé. Les objectifs de la WARFS sont les suivants : 1) intégrer la surveillance au cœur des efforts de promotion de la santé; 2) mettre la dernière main à une définition et à un cadre conceptuel de la SFRC pouvant être diffusés et analysés à l’échelle mondiale; 3) servir de point de référence pour les chercheurs, les professionnels de la SFRC et les pays qui élaborent des systèmes de SFRC; 4) diffuser les résultats et les expériences aux intervenants de l’UIPES pour faciliter les discussions sur le rôle de la SFRC. l’UIPES est une organisation non gouvernementale internationale qui a pour mission de promouvoir la santé et le bienêtre dans le monde et de contribuer à atteindre l’équité en santé entre les pays et à l’intérieur même de leurs frontières.   La WARFS 2013 continuera à poursuivre les objectifs mentionnés cidessus en se concentrant sur les « Défis associés au développement de la surveillance des facteurs de risque comportemental à l’échelle mondiale pour les maladies non transmissibles et les déterminants sociaux de la santé ».  

Un comité scientifique international a été mis sur pied afin de planifier le programme scientifique, tandis que le comité organisateur local s’occupe des activités de la Conférence. Le Dr Bernard Choi de l’ACSRFR est le représentant canadien au comité scientifique international et nous vous invitons à lui faire parvenir vos questions et suggestions par courriel à : Bernard.Choi@phac-aspc.gc.ca.   Vous pourrez obtenir de l’information plus détaillée sur la Conférence à l’adresse suivante : http ://www.ciccst.org.cn/ warfs2013/general%20information.html La conférence aura lieu à l’hôtel Beijing Landmark, 8 Dongsanhuan Nord, district de Chaoyang, Beijing, Chine. <>

Organisateurs de la Conférence Dr David McQueen davidmcqueen07@gmail.com Coprésident, WARFS et comité scientifique international Expert conseil international Dernier président Union internationale de promotion de la santé et d’éducation pour la santé (UIPES) US CDC (à la retraite) Tucker (Géorgie), ÉtatsUnis   Dr Stefano Campostrini stefano.campostrini@unive.it Coprésident, WARFS et comité scientifique international Professeur, Université Ca’ Foscari de Venise Venise, Italie   Dr Liang Xiaofeng liangxf@hotmail.com Coprésident, comité organisateur local Sousdirecteur Centre de contrôle et de prévention des maladies de la Chine Beijing Chine   Dr Cai Jiming caijm@moh.gov.cn Coprésident, comité organisateur local Secrétaire général Association chinoise de médecine préventive Beijing Chine

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Bulletin de l´ACSRFR

Volume 3, numéro 3, juin 2013

Accessibilité du site Web... Le site de l’ACSRFR fera l’objet de quelques d’adopter et de mettre en œuvre les Directives pour modifications intéressantes dès cet été! Notre site Web l’accessibilité aux contenus Web (WCAG), qui sont évoluera et deviendra plus accessible à tous, reconnues à l’échelle mondiale. Tous les sites Web du particulièrement aux personnes ayant une déficience gouvernement, ou soutenus par celuici, doivent être visuelle ou auditive. Nous voulons également saisir cette conformes aux WCAG d’ici le 31 juillet 2013 afin de occasion pour améliorer le site Web en fonction des demeurer en ligne après cette date limite. commentaires qui nous ont été présentés par les Le site de l’ACSRFR est pris en charge par l’Agence membres. de la santé publique du Canada (ASPC). Depuis Les améliorations de l’accessibilité sont associées à novembre 2012, le secrétariat de l’ACSRFR et le une récente initiative mise en œuvre visant à rendre les Comité canadien de coordination tiennent des réunions sites Web du gouvernement du Canada, y compris les régulières avec les responsables des TI et des sites qui sont pris en charge par le gouvernement Communications électroniques de l’ASPC afin de fédéral tels que celui de l’ACSRFR, accessibles aux personnes ayant une Les responsables de la TI de l’Agence de la santé publique déficience visuelle. Cette initiative découle d’une du Canada (ASPC) travaillent fort afin de rendre le site de contestation fondée sur l’ACSRFR et ceux de ses communautés membres conformes la Charte présentée aux tribunaux par Mme aux exigences du gouvernement fédéral sur l’accessibilité du Donna Jodhan. En 2007, Web d’ici le 31 juillet 2013. Mary Lou Decou et Brenda Mme Jodhan, une diplômée du programme Branchard, du secrétariat de l’ASPC, expliquent l’état du projet de MBA de l’Université et les implications pour la communauté de l’ACSRFR. McGill ayant une déficience visuelle et qui est également la mettre en place une solution qui rendra le site de présidente de l’Alliance for Equity of Blind Canadians, a l’ACSRFR entièrement conforme aux nouvelles constaté que de nombreux sites du gouvernement du directives sur l’accessibilité. Il s’agit toutefois d’un long Canada, notamment des sites particulièrement processus et nous pensons que les modifications ne interactifs incluant des options pour postuler des seront pas complètement terminées à la date limite du emplois en ligne, étaient totalement inaccessibles aux 31 juillet. Cela signifie qu’à court terme, notre site Web personnes ayant une déficience visuelle. Elle a jugé que éprouvera des problèmes d’accès; plus précisément, le cette inaccessibilité violait son droit à l’égalité en vertu volet de la communauté des membres de l’ACSRFR ne de la Charte canadienne des droits et libertés et elle a sera pas disponible pendant une courte période après déposé une contestation fondée sur la Charte. En le 31 juillet alors que nous terminerons la nouvelle mai 2012, la Cour fédérale a confirmé une décision qui version améliorée et accessible de cette partie du site affirmait que selon le paragraphe 15(1) de la Charte, les Web. La plupart des autres options du site Web personnes ayant une déficience visuelle ont droit à un demeureront disponibles. Nous utiliserons ces options accès égal à l’information gouvernementale et aux conjointement avec nos envois électroniques pour services offerts au public sur Internet. informer les membres sur les activités de l’ACSRFR et Pour s’assurer que tous ses sites Web sont les progrès réalisés dans ce projet. <> accessibles, le gouvernement du Canada a décidé

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Volume 3, numéro 3, juin 2013

Salutations...

Nous souhaitons la bienvenue aux nouveaux membres du comité directeur de l’ACSRFR Comité de coordination canadien, et nous rendons hommage à ceux qui quittent le comité pour honorer d’autres engagements. Brenda Branchard, Agence de la santé publique du Canada, secrétariat Nous souhaitons la meilleure chance possible à Brenda Branchard qui commence un détachement d’un an à Statistique Canada où elle travaillera au Registre canadien du cancer. Brenda a joint l’ACSRFR il y a un peu plus d’un an et elle est devenue un membre précieux dans l’équipe. Nous savons qu’elle saura utiliser toutes les compétences et l’expertise dont nous avons également tiré des avantages, et c’est avec plaisir que je la retrouverai dans un an avec ses nouvelles compétences et expériences. Profitez bien de votre année chez Statistique Canada! 

Mary Lou Decou (Agence de la santé publique du Canada).

MANDAT l’ACSRFR est un réseau de partenaires du secteur public qui souhaitent collaborer pour renforcer les capacités en matière de surveillance des facteurs de risque de maladies chroniques à l’échelle régionale et locale au Canada afin de contrôler et de prévenir les maladies chroniques.

VISION

MISSION

Des mesures durables et efficaces de collecte, d’analyse, d’interprétation et d’utilisation de données sur les facteurs de risque à l’échelle régionale et locale pour pouvoir prendre de meilleures décisions en matière de programmes et de politiques au Canada.

Mettre sur pied et renforcer les capacités de surveillance des facteurs de risque à l’échelle régionale et locale au Canada.

Envoyez-nous votre histoire Nous invitons tous les membres à nous envoyer des articles pour les numéros à venir. Nous favorisons un bulletin bilingue, et les articles seront publiés dans la langue dans laquelle ils sont transmis (l’anglais ou le français).Veuillez transmettre votre article au rédacteur en chef du Bulletin de l’ACSRFR à jostein@sympatico.ca. 22


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