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C_ Sq 1, Du Romantisme au Surréalisme, Clairs de lune PETITE SITOGRAPHIE INDICATIVE

Courants littéraires http://www.site-magister.com/mouvements.htm Romantisme http://www.ed4web.collegeem.qc.ca/prof/rthomas/textes/romanti.htm Parnasse http://www.ed4web.collegeem.qc.ca/prof/rthomas/textes/parnasse.htm Symbolisme : http://www.ed4web.collegeem.qc.ca/prof/rthomas/textes/symbolism.htm Surréalisme http://www.ed4web.collegeem.qc.ca/prof/rthomas/textes/surreal.htm Petite chronologie http://www.ed4web.collegeem.qc.ca/prof/rthomas/chrono.htm CONSIGNE

Parmi ces quatre courants/ mouvements/ écoles littéraires et culturels en choisir un et le présenter à travers un diaporama ou un livret calaméo. Pour cela, s’appuyer sur la sitographie donnée ci-dessus et sur d’autres sources dont les références seront à mentionner pour présenter votre sujet en indiquant :       

s’il s’agit d’un courant, d’un mouvement ou d’une école, et citer alors le manifeste et son auteur. s’il se fonde sur un refus d’un courant antérieur (lequel et pour quelles raisons) ou s’il entend au contraire renouer avec un courant antérieurs (mêmes questions). s’il concerne la littérature, quels genres et s’il concerne aussi d’autres arts et donner des exemples d’œuvres et d’auteurs ; s’il s’applique à la France, à d’autres pays et lesquels ; s’il s’étend sur une longue période historique (donner les dates) ou s’il est plus ponctuel et lié à une étape de l’histoire (dire laquelle, donner des dates). Si on lui attribue des précurseurs (lesquels ?) ou des successeurs (lesquels ?) Dans le corpus joint consacré à la lune en poésie, comment s’illustre ce courant ?

LE DIAPORAMA OU LE LIVRET SERA PRÉSENTÉ À LA CLASSE ET, POUR CERTAINS, ÉVALUÉ AVEC LES CRITÈRES SUIVANT :

Respect de toutes les consignes : ….. / 10 Diaporama ou livret bien exploités (pas trop de textes, plan mis en valeur, orthographe impeccable, recours aux possibilités du multimedia) …/4 Présentation orale adaptée (pas de lecture pure et simple) ……/4 CORPUS : POÉSIE LUNAIRE

CLAIR DE LUNE

La lune était sereine et jouait sur les flots. La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise, La sultane regarde, et la mer qui se brise, Là-bas, d'un flot d'argent brode les noirs îlots.


De ses doigts en vibrant s'échappe la guitare. Elle écoute... Un bruit sourd frappe les sourds échos. Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos, Battant l'archipel grec de sa rame tartare ? Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour, Et coupent l'eau, qui roule en perles sur leur aile ? Est-ce un djinn qui là-haut siffle d'une voix grêle, Et jette dans la mer les créneaux de la tour ? Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ? Ni le noir cormoran, sur la vague bercé, Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé Du lourd vaisseau, rampant sur l'onde avec des rames. Ce sont des sacs pesants, d'où partent des sanglots. On verrait, en sondant la mer qui les promène, Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine... La lune était sereine et jouait sur les flots. Victor Hugo (1802-1885) - Les Orientales 1829 LE CLAIR DE LUNE

Oh ! qu'il est doux, quand l'heure tremble au clocher, la nuit, de regarder la lune qui a le nez fait comme un carolus d'or ! Deux ladres se lamentaient sous ma fenêtre, un chien hurlait dans le carrefour, et le grillon de mon foyer vaticinait tout bas. Mais bientôt mon oreille n'interrogea plus qu'un silence profond. Les lépreux étaient rentrés dans leurs chenils, aux coups de Jacquemart qui battait sa femme. Le chien avait enfilé une venelle, devant les pertuisanes du guet enrouillé par la pluie et morfondu par la bise. Et le grillon s'était endormi, dès que la dernière bluette avait éteint sa dernière lueur dans la cendre de la cheminée. Et moi, il me semblait, - tant la fièvre est incohérente ! que la lune, grimant sa face, me tirait la langue comme un pendu ! Aloysius BERTRAND (1807-1841), Gaspard de la nuit, publié en 1842 CLAIR DE LUNE

Votre âme est un paysage choisi Que vont charmant masques et bergamasques Jouant du luth et dansant et quasi Tristes sous leurs déguisements fantasques.


Tout en chantant sur le mode mineur L'amour vainqueur et la vie opportune Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur Et leur chanson se mêle au clair de lune, Au calme clair de lune triste et beau, Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres Et sangloter d'extase les jets d'eau, Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres. Paul Verlaine, 1844_1896, Fêtes galantes, 1869 LES BIENFAITS DE LA LUNE

La Lune, qui est le caprice même, regarda par la fenêtre pendant que tu dormais dans ton berceau, et se dit : " Cette enfant me plaît ". Et elle descendit moelleusement son escalier de nuages et passa sans bruit à travers les vitres. Puis elle s'étendit sur toi avec la tendresse souple d'une mère, et elle déposa ses couleurs sur ta face. Tes prunelles en sont restées vertes, et tes joues extraordinairement pâles. C'est en contemplant cette visiteuse que tes yeux se sont si bizarrement agrandis, et elle t'a si tendrement serrée à la gorge que tu en as gardé pour toujours l'envie de pleurer. Cependant, dans l'expression de sa joie, la Lune remplissait toute ta chambre comme une atmosphère phosphorique, comme un poison lumineux; et toute cette lumière vivante pensait et disait : " Tu subiras éternellement l'influence de mon baiser. Tu seras belle à ma manière. Tu aimeras ce que j'aime et ce qui m'aime : l'eau, les nuages , le silence et la nuit; la mer immense et verte; l'eau informe et multiforme; le lieu où tu ne seras pas; l'amant que tu ne connaîtras pas ; les fleurs monstrueuses; les parfums qui font délirer; les chats qui se pâment sur les pianos et qui gémissent comme les femmes, d'une voix rauque et douce ! "Et tu seras aimée de mes amants, courtisée par mes courtisans. Tu seras la ruine des hommes aux yeux verts dont j'ai serré aussi la gorge dans mes caresses nocturnes; de ceux-là qui aiment la mer, la mer immense, tumultueuse et verte, l'eau informe et multiforme, le lieu où ils ne sont pas, la femme qu'ils ne connaissent pas, les fleurs sinistres qui ressemblent aux encensoirs d'une religion inconnue, les parfums qui troublent la volonté, et les animaux sauvages et voluptueux qui sont les emblèmes de leur folie." Et c'est pour cela, maudite chère enfant gâtée, que je suis maintenant couché à tes pieds, cherchant dans toute ta personne le reflet de la redoutable Divinité, de la fatidique marraine, de la nourrice empoisonneuse de tous les lunatiques. Charles Baudelaire: (1821-1867) Petits poèmes en proses - Le spleen de Paris, 1869 « LA VISION DE KHÈM », II

La lune sur le Nil, splendide et ronde, luit. Et voici que s'émeut la nécropole antique Où chaque roi, gardant la pose hiératique, Gît sous la bandelette et le funèbre enduit.


Tel qu'aux jours de Rhamsès, innombrable et sans bruit, Tout un peuple formant le cortège mystique, Multitude qu'absorbe un calme granitique, S'ordonne et se déploie et marche dans la nuit. Se détachant des murs brodés d'hiéroglyphes, Ils suivent la Bari que portent les pontifes D'Ammon-Ra, le grand Dieu conducteur du soleil ; Et les sphinx, les béliers ceints du disque vermeil, Éblouis, d'un seul coup se dressant sur leurs griffes, S'éveillent en sursaut de l'éternel sommeil. José Maria de Heredia, 1842_1905, Les Trophées, « La Vision de Khèm », 1893 JE NE SUIS QU’UN VIVEUR

Je ne suis qu’un viveur lunaire Qui fait des ronds dans les bassins, Et cela sans autre dessein Que devenir légendaire Retroussant d' un air de défi Mes manches de mandarin pale, J' arrondis ma bouche et - j' exhale Des conseils doux de Crucifix. Ah oui, devenir légendaire, Au seuil des siècles charlatans ! Mais où sont les lunes d' antan ? Et que Dieu n’est il à refaire. Jules Laforgue 1860_1887, L’Imitation de Notre Dame la lune, 1886 CLAIR DE LUNE

Lune melliflueuse aux lèvres des déments Les vergers et les bourgs cette nuit sont gourmands Les astres assez bien figurent les abeilles De ce miel lumineux qui dégoutte des treilles Car voici que tout doux et leur tombant du ciel Chaque rayon de lune est un rayon de miel Or caché je conçois la très douce aventure J'ai peur du dard de feu de cette abeille Arcture Qui posa dans mes mains des rayons décevants Et prit son miel lunaire à la rose des vents Guillaume Apollinaire, 1880/1918, Alcools, 1913 CLAIR DE LUNE

On tangue on tangue sur le bateau La lune la lune fait des cercles dans l’eau


Dans le ciel c’est le mât qui fait des cercles Et désigne toutes les étoiles du doigt Une jeune Argentine accoudée au bastingage Rêve à Paris en contemplant les phares qui dessinent la côte de France Rêve à Paris qu’elle ne connaît qu’à peine et qu’elle regrette déjà Ces feux tournants fixes doubles colorés à éclipses lui rappellent ceux qu’elle voyait de sa fenêtre d’hôtel sur les Boulevards et lui promettent un prompt retour Elle rêve de revenir bientôt en France et d’habiter Paris Le bruit de ma machine à écrire l’empêche de mener son rêve jusqu’au bout. Ma belle machine à écrire qui sonne au bout de chaque ligne et qui est aussi rapide qu’un jazz Ma belle machine à écrire qui m’empêche de rêver à bâbord comme à tribord Et qui me fait suivre jusqu’au bout une idée Mon idée Blaise Cendrars , Au Cœur du monde, poèmes écrits de 1924 à 1929

Magritte, Lune


clairsde lune