Page 1

Études sur l'histoire d'Haïti ; suivies de la vie du général J.-M. Borgella / par B. Ardouin,... Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Ardouin, Beaubrun (1796-1865). Études sur l'histoire d'Haïti ; suivies de la vie du général J.-M. Borgella / par B. Ardouin,.... 1853-1860.

1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la plupart des reproductions numériques d'oeuvres tombées dans le domaine public provenant des collections de la BnF.Leur réutilisation s'inscrit dans le cadre de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 : *La réutilisation non commerciale de ces contenus est libre et gratuite dans le respect de la législation en vigueur et notamment du maintien de la mention de source. *La réutilisation commerciale de ces contenus est payante et fait l'objet d'une licence. Est entendue par réutilisation commerciale la revente de contenus sous forme de produits élaborés ou de fourniture de service. Cliquer ici pour accéder aux tarifs et à la licence

2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes publiques. 3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation particulier. Il s'agit : *des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés, sauf dans le cadre de la copie privée, sans l'autorisation préalable du titulaire des droits. *des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque municipale de ... (ou autre partenaire). L'utilisateur est invité à s'informer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de réutilisation.

4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code de la propriété intellectuelle. 5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre pays, il appartient à chaque utilisateur de vérifier la conformité de son projet avec le droit de ce pays. 6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière de propriété intellectuelle. En cas de non respect de ces dispositions, il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet 1978. 7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter reutilisation@bnf.fr.


ËTUDES tUB

L'HISTOIRE

DHAITI.


(~ u-

KTBMOAtB. SAtMT-MNM. TYPOGRAPHIE M!PMVQT


J. ~L BOI~iEILlL~, (.)'H~)~tU\tS!0. ~iP!inccJ~~cMarsi814.

9


ÉTUDES

St'R

LHtSTMM

DHAIÏ!

SUtVtNDELA

VIE

DU

GÉNÉRAL

PAR

J

M.

B.

BORGËLLA

ARDOUIN

AttClEK M!f)!8TttE D'HAM! PRÈS L)! COOVERftntEXT MAttÇAtS, ANCtE~EmÉTAtBE D ÉTATDE LA JCaTtCE, DE L trtSTBOenOK PtJBUQtJE ET DES CULTES.

TOME

PREMIER

f PARIS

DEZODRY

ET

E.

MAGDELEINE,

LIB.-ÉDITEURS,

KUE HES MACOXS-SOBBONNE, t.

1853


AVERTISSEMENT.

En

publiant

avouer de

des

je n'ai pays, bien

que

mon

<Mr

f~o~

la prétention que ces études

pas

<fFo~, d'écrire doivent

je crois l'histoire

l'embrasser

entièrement. J'ai

voulu

seulement

de l'examiner au point essayer de vue naturel à un Haïtien, et par opposition & tant d'auteurs étrangers considéré qui ont eux-mêmes cette histoire à leur point de vue. Je prépare ainsi des matériaux qui serviront, peutà l'avenir. être, Telle

n'était

pas ma première. Dé~rcux d'épensée. crire uniquement la Vie du général Borgella, je m'étais mis à l'œuvre. Mais, dès mes premières pages, je me trouvai en face des grands événemens il a auxquels pris part, comme tous les hommes presque de la gênération dont il a fait partie. Pour expliquer ces évéMil me fallait entrer dans certains mens, détails ann de les rendre sinon me borner intelligibles, à une simple biographie. le général ~pendant. s'est trouvé Borgella acteur

i


2

ÉTUDES

1

SUR

L'HISTOIRE

D'HAtTI.

dans plusieurs circonstances important et ces circonstances elles-mêmes n'ont de faits antérieurs.

quence

Pour

remarquables; été que la consé-

en parler,

je me voyais

à ces faits. obligé de remonter Cette nécessité a décidé mon Une

autre

rénexion

entreprise. déterminé. J'ai

pensé

alors

que mon pays pourrait, peut-être, tirer quelque de cet ouvrage, si j'examinais consciencieusement antérieur de l'ancienne colonie de Saint-Domingue, situation des diverses classes d'hommes respective en formaient la population et les actes publics

fruit

autorités

m'y

l'état la qui des

et de la métropole qui ont tant inûué sur les événemens, et qui ont fait naître, pour ainsi dire. un nouveau des An-. pays au milieu de l'archipel tilles.

coloniales

En effet,

comment

le nouvel ordre comprendre de choses qui y a prévalu, si l'on ignore tous ces aniécédens ? Comment Haïti elle-même à parviendrait-elle se dégager

des

entraves

Je dois

dire

encore

au libre dés'opposeraient de sa civilisation, si elle fermait les yeux veloppement sur son passé? Le passé est le régulateur du présent comme de l'avenir il enseigne aux peuples des choses de connaître, d'autres qu'il est de leur intérêt qu'il faut à fonder leur prospérité éviter, afin de parvenir sur des bases solides et durables. qui

une que. si je trouve des actions de l'homme

personnelle à parler nère la mémoire, je n'en celles

de tant

dans

nos

d autres

annales, à la reconnaissance

citoyens et qui ont de leurs

j'ai adopté pour cet ouvrage la saisis avec empressement.

pas moins qui ont figuré plus ou moins

éprouve

concitoyens. m'en procure

satisfaction dont

je vé-

à rappeler avec éclat des

Le plan l'occasion

droits que je


AVERTISSEMENT. Puisse mon pays me savoir bon gré de mes intentions et de mes efforts pour rehausser la gloire de tous Quelenvers que sévère que puisse ou que doive ètre l'histoire ils ne sont

quelques-uns, des générations de

imparfaits

qui leur leur nature.

3

pas moins dignes du souvenir ont succédé. Les hommes sont Mais

en se ressouvenant toujours défenseurs.

des

une

nation

s'honore

rendus

services

ses

par

Ainsi

ces pages, mon que je l'ai déjà fait, en écrivant but est d'exciter s'il en est besoin, en mes concitoyens, le désir de connattre sous leur vrai jour les événemens ont

qui

amené

ces défenseurs

patrie pour nous. Mais l'histoire événemens.

Elle

utiles

au peuple doit être d'indiquer

ne

doit

comporte dont elle

raconte

damnable

dans

rage les du mal.

hommes

à faire

Celui

une qui se donne fin, s'il veut obtenir

occasionné

des actes

une

récit

des

toujours Son objet

ou de cony a eu de louable C'est par là qu'elle encoule bien, les détourne qu'elle telle

mission

doit se proposer de ses contemil

y parvenir,

de toutes

les passions qui ont les rivalités entre les hommes

les animosités, reculés qu il décrit.

des temps duite et les sentimens

à créer

les actions.

l'approbation de la postérité. Pour

et l'estime porains doit se mettre au-dessus

louer

droits

pas être un simple des enseignemens

ce qu'il ces actions.

cette

de nos

qui

généreux, mais s'il y découvre des hésiter à les ûéttir.

En

les animaient, il doit y mettre motifs

La louange ou la flétrissure seulement un hommage rendu

leur

appréciant

honteux,

s'il

con-

trouve

à

son

bonheur; il ne doit pas

de l'histoire à la vérité;

ne sont elles

pas sont


1

1 }

4

1:'l'UUES ETUDES

SUIT SUR

encore

L'tIISTOIRI: L'HtSTOmU

de

I)'HAÏTI. D'HAÏTI. 1

la postérité. un témoignage respect Tels sont les principes qui m'ont guidé dans mon trad'ait!eurs cette règle constante de vail, où j'ai appliqué ma conduite

envers

ce que dois, advienne que pourra. Dans les premiers livres que je publie aujourd'hui, n'est question que de !a luttf entre deux races d'hommes. Cette

lutte

Fa~

sera

il

encore

l'obJ3t de quelques publications. essentiellement a celle qui a été opprimée, Appartenant ses droits les armes à la main, en se (lui a revendiqué des longues peut-être mis dans

injustices qui ont pesé sur elle, mon langage une certaine j'ai énergie du sujet que j'avais à traiter. Mais, je le déqui naissait animé contre le système, clare hautement, je suis surtout contre le détestable dont les Haïtiens ont régime colonial vengeant

secoué

le joug. Fondé il a méconnu ses vrais de tous

sur

la cupidité la plus il a été la cause intérêts

aveugle, évidente

les maux

Pouvaisque la race noire a endurés. à la plus haute indignation contre !<js je ne pas m'élever actes que cet infernal a fait commettre, régime lorsque consciencieux les Européens des hommes les ont parmi eux-mêmes Ponr

flétris? composer

vrage, j'ai par Garran

les deux

puisé surtout de Coulon,

livres de mon oupremiers dans le rapport si impartial, fait au nom de la commission des co-

lonies

Poivérel et. Soatbonax, se défendant qui a entendu les accusations des colons de Saintcontre passionnées C'est a ce travail conqu'on doit la précieuse Domingue. des faits révolutionnaires, de 1789 à 1794. Sans ce rapport, les Haïtiens ne pourraient établir une base car ils ne possèdent certaine pour leur histoire; pas la naissance

des documens qui ont passé sous les yeux de plupart cette commission et ensuite, les débats entre les accu-


AVERTISSEMENT.

sateurs

1

et les accusés

seraient J'ai

restées

tions

orales,

ont dévoilé

btcn

des turpitudes

toujours ignorées. aussi d'autres documens,

consulté

au lecteur

1

de l'apercevoir.

Je

facile

n'ai

pas négligé les tradiles fois qu'elles m'ont

toutes

populaires,

et il sera

qui i

mais en citant celles qui paru offrir quelque certitude; n'étaient de les pas dans ce cas, je me suis cru obligé ne présentaient aucune réfuter. puisqu'elles probabilité. aucune

de la vérité historique. !1 faut souvent garantie se défier de cette manière de faire de l'histoire; car les bruits du moment les acteurs ou les témoins égarent des événemens. ensuite comme faits qui les racontent Si les documens eux-mêmes sont quelquefois positifs. à plus forte raison, ne doit-on pas combien, mensongers, se prémunir contre les traditions orales? Ainsi je continuerai à faire, dans les livres les deux premiers. Je

dois

sans

doute

que j'ai établie dans Il m'a semblé que lement deux grandes

qui suivront

une

la division

explication pour ces études historiques. l'histoire

d'Haïti

renferme

naturel-

périodes. Je nomme la première, la période française. N'écrivant que sur les faits révolutionnaires, je la fais commencer en 1789 pour la conduire novembre où 1803, jusqu'en l'ancienne colonie de la France a cessé de lui appartenir pour passer en notre possession. Je nomme la seconde, la période mence en novembre par rapport La

1803

pour

haïtienne.

s'arrêter

à ce que je me propose

en

Elle mars

com1843,

d'écrire.

me parait elle-même offrir période française division en M.c époques distinctes, a cause des grands

une évé-


ÉTUDES St!H L'HtSTOtRË D'HAÏTI.

nemens é'é

s'y sont produits. motrice de tous

qui la cause

révolutions

La révolution les

qui se sont succédé deviennent donc comme

de 1789 de

troubles,

a

toutes

les

â Saint-Domingue. Ces des étapes à la marche

époques de ce pays vers son indépendance politique. où la nouAinsi, la première époque part du moment velle de la prise de la Bastille arrive à Saint-Domingue et met en mouvement EUe~ cherchent

les classes

toutes

métropole pour le despotisme du

à profiter leurs conquérir

de

d'hommes

libres.

la révolution

droits,

-.les

de unes

la sur

les autres colonial, gouvernement La lutte qui a créé le préjugé de la couleur. elles toutes et ce gouvernement, et entre

sur le régime s'ouvre entre elles

toutes

encore,

par

de

opposition

races.

La

métropole,

finit par proclamer après bien des tergiversations, l'égalité civile et politique entre <OM~ A<ww~ ~M, à quelque couleur ces troubles Mais, pendant qu'ils appartiennent. les masses

civils, tations

d'abord

enfin sur

révoltées elles.

attribuer

Peu

hommes

insurrection a occasionné

libres

d'accorder

de toutes

à une faible

c~MM~Mt~M nécessaires. 1792. septembre La deuxième commence saires

civils

se sont

livrées

a de faibles

agise sont

et violentées, elles comprimées contre le régime qui pesait si cruellement à quelle cause première il faut importe

cette elle

main,

esclaves

elle a eu lieu

les armes

à la

de

et les désastres grands les classes se sont vus contraints portion Cette

alors,

des

des o~raMépoque finit en

insurgés,

première à l'arrivée

des commis-

l'exé envoyés par la métropole pour assurer cution de la loi de l'égalité, et elle se termine au moment où ils sont rappelés en France. Pendant leur séjour a de graves événemens Saint-Domingue, s'y sont passés.


AVERTISSEMENT.

Ils

ont

7

anéanti

la puissance des colons ils ont blancs; eux-mêmes tous les esclaves, a~ro~t ta pour sauver colonie de l'invasion de la Grande-Bretagne et de l'Esde quolques pagne coalisées, qui s'emparent points. La soumission a leur autorité de !'un des chefs de? noirs est venue

insurgés

Cette

çaises. 1794.

faire

époque

La troisième

offre, suivans

événemens les Espagnols.

La

Saint-Domingue veaux, général d'HédouvilIe, verture.

présager le succès des armes francourt de septembre 1792 à juin de juin 1794 à octobre 1798, La guerre contre les Anglais cession de la partie espagnole

et de

à la France. en

chef,

de LaL'éloignement deSonthonax et l'expulsion

agens de la métropole, par Toussaint L'évacuation de tous les points de

Domingue par les Anglais. La quatrième, d'octobre dissensions

les

LouSaint-

1798

à juillet 1800 Les entre Toussaint Louverture

et la guerre civile La fuite de ce dernier.

et Rigaud. La cinquième,

de juillet 1800 et l'administration

à janvier 1802 Le de Toussaint Louver-

gouvernement ture.– La prise de possession de la partie espagnole par ce chef. La constitution de Saint-Domingue politique qui le crée gouverneur général. La sixième, enfin, 1803 de janvier 1802 à novembre L'invasion

de la colonie

de Leclerc. gouvernement saint Louverture en France. Rochambeau. clavage. lines. Leur

La tentative La guerre

par

l'armée La du

française.

Le

de Tousdéportation Le gouvernement de rétablissement

de l'es-

de l'Indépendance par J.-J. Dessades Français de la partie française. L'expulsion maintien dans l'ancienne partie espagnole.


S

ÉTUDES

Quant sion non

SUR

L'HISTOmE

D'HAÏTI,

à la période moins facile

elle onre aussi une divihaïtienne, à saisir, par les événemens qu'elle ce qui constitue des époquu bien distinctes.

présente La première

de novembre

comprend, La déclaration

1806

1803

de l'Indépendance et la constitution impériale

Le gouvernement lines. La tentative Français nistration

dans

infructueuse

l'ancienne

d'Haïti. de Dessa-

de

des l'expulsion L'admiespagnole.

partie La révolution

de Dessalines.

à octobre

qui occasionne

sa mort. La deuxième, d'octobre 1806 A juin 1812 La constitution de la République d'Haïti. La guerre civile entre H. Christophe et A. Pé<ton. –La constitution de l'État d'Haïti. des Français dans l'Est L'expulsion d'Haïti, sous la dominapar les naturels qui se replacent tion espagnole.–Be retour de Rigaud en Haïti et la scission

du

Sud.

départementale d'Haïti. Royaume

La

mort

scission

Le

siége

du

Sud.

La

constitution

de Rigaud et la fin du Port-au-Prince

du de la

par lui et Pétion.

H. Christophe, où finit la guerre active entre La troisième, de juin à octobre i812 1820 Le et l'administration de Pétioa. gouvernement Legoavernement et l'administration de Christophe. Les premières avec la France. La révision de négociations la constitution de la République d'Haïti, qui institue une Chambre de Représentans. La mort de Pétion. Le de J.-P. L'extinction de l'M~ gouvernement Boyer. surrection qui

de la Grande-Anse.

occasionne

guerre d'Haïti.

civile

La quatrième,

La révolution

la mort

de Christophe. et la réunion du Nord d'octobre

1820

à juillet

do Nord

La à

la

fin de la

RépmMiq~e

1825

L'in-


AVERTISSEMENT

<)

de l'Est d'Haïti, dépendance contre proclamée l'Espagne La réunion par les naturels. de cette partie à la Répud'Haïti. L'administration blique de l'i!e entière par De nouveUes Boyer. avec la France, et la négociations reconnaissance de l'Indépendance d'Haïti par équivoque cette puissance. La cinquième, de juillet 1825 à février 1838 La continuation des négociations avec la France. -La codification des lois civiles et crimin ~IIes. La réclamation infructueuse

de la partie de t'Est d'Haïti par La reconnaissance explicite, par la France, et de la Souveraineté pendance d'Haïti. La sixième, de février enfin, 1838 à mars L'opposition Boyer.

parlementaire Divers traités avec

l'Espagne. de F Indé1843

contre

l'administration de la France et la Grande-Bre-

La révolution tagne. de Boyer qui amène l'abdication et son départ pour l'étranger. Chacune de ces époques d~s deux périodes formera un livre divisé en chapitres. Si cet ouvrage verront beaucoup

trouve

quelques d'incorrections

lecteurs dans

à Paris, le style,

ils y encore

les règles de la grammaire plus de fautes contre il ne leur onrira aucun mérite littéraire. Mais ils ne devront pas oublier les Haïtiens ne bégaient les qu'en général, mots de la langue en quelfrançaise, que pour constater que sorte leur origine dans les Antilles.

1


INTRODUCTION.

H y a quelques années encore un de ces que vivait hommes courageux de la grande révoluqui profitèrent tion de 1789, pour faire entendre leur voix & Saint-DoIls réclamèrent

mingue. travaux là race Vieux

débris

de cette

gella tion

une parcourut d'un honnête

brave

et intrépide,

son pays. Cependant, cendu dans !a tombe, lui,

d'une

par nouvelle J'ai

droits

et guerriers politiques de la France, une patrie africaine.

colonie

tume

leurs

injuste une autre

fière

carrière

pour

arrivé

à un

ancienne

militaire zélé

de

le général Boracquis la réputa-

pour

valeureux, le bien de

il est desâge avancé, toute l'ameréprouvé

après avoir accusation d'incivisme qui

et leurs

les descendans

génération, où il avait

d'un homme, d'un patrioto

génération Haïti.

ère pour assisté à son

méconnus ont fait de cette

aspirait

portée contre à ouvrir une

et calme, trépas; je l'ai ~u mourir à tout ce qui lui était personnel, mais soucieux résigné du présent et de 1 avenir de sa patrie. J'ai recueilli ses


ETUDES dernières

SUR ses

paroles,

L'H!STO!RE

la mémoire

vœux

derniers

pris dès lors l'engagement En me dévouant à cette

D'HAtH.

d'écrire

pour sa vie.

et j'ai

elle,

œuvre

où j'espère réhabiliter de bien, j'avoue néanmoins

de cet homme

une certameappréhension. que j'éprouve J'ai à parcourir toutes les phases des diverses révolutions qu'a subies Haïti, des luttes intestines ont produites qu'elles je crains de rester au-dessous de la tâche que je m'impose. Ce sujet est si intéressant et si difficile en même temps et l'étude de toutes les causes à constiqui ont contribué tuer ce pays en Ëtat libre, et souverain, est indépendant si délicate, que je me déne de mes appréciations des des événemens choses, et des hommes. Mais. je puis à mes lecteurs ce qui dépend certainement promettre de mot –d'être vrai et sincère en tout ce que je dirai, selon mes propres impressions. La carrière

du général n'a pas été toute miliBorgella taire comme celle de plusieurs de nos célébrités guerrières, elle a eu son côté politique. Sous ce dernier rapport, deux circonstances l'ont distingué enimportantes tre ses elles ont valu à ce vétéran contemporains de nos

armées

une

destinée

bien

fluant

tout en indinérente, de son pays. Je veux par-

sur celles puissamment ler de la scission du département 1812. et de la révolution de 1843. dominent cette vie si pleine de elles viendront

en leur

lieu

du

Sud,

de

1810

à

Ces deux circonstances

sentimens généreux se soumettre au creuset

de

l'examen. Et ce n'est respect

tout

pas seulement pour filial envers la mémoire

cet ouvrage que j'entreprends faire de la conformité prétends

témoigner du général

c'est aussi

de

mon

Borgella, un aveu qaej~

do principes

et de senti-


ÏNTRODUCTtON.

mens

qui cissemens

a existé

certaines

circonstances

nationale.

C'est

qu'il

entre

m'avait

encore

lui et moi. donnés

par suite

depuis

deséctair-

sur longtemps, de notre histoire

importantes comme enseignement

à mes que j'offre concitoyens me je propose d'émettre. En effet, il faut que notre

t'exposé

politique des opinions que

postérité

profite de toutes tes teçons qui résultent des glorieux efforts que nos pères ont faits, leur liberté naturelle pour conquérir et l'égalité des droits sur le régnne cotonia~et enfin pour affranchir notre pays de la domination de la France. M faut qu'elle profite des fautes que nous avons également commises, des torts que nous avons eus dans notre liberté d'action, comme nation indépendante. C'est à ces conditions que les peuples dans la voie tracée à progressent l'humanité, la Providence par qui veille au salut de tous. Les peuples sont si souvent le jouet des passions des chefs qui les il importe tant à leur bonheur dirigent; qu'ils soient éclairés sur les faits, pour apprécier convenablement les actes de ces directeurs, de la perversité pour se garantir des méchans, qu'on ne saurait-trop au grand produire jour Je fond des choses, en les sous cet aspect envisageant qui en fait une étude utile à la société. L'Mstoire a cet objet pour but, l'historien doit s'honorer en essayant d'y atteindre. La souveraineté principe nations à celles

du peuple

est, pour Je x!x' siècle, un fécond, et proclamé vivifiant adopté par les les plus civiiieées du monde. ti n'est pas permis à la vie qui naissent de méconnattre, politique

ce principe, d'abjurer sans tomber dans ~médiatement une décadence sans se déshonorer précoce, aux yeux des autres.


~4

ETUDES

Membre

du

d'examiner ment

L'H!STO!RE

souverain

dans

D'HAÏTI.

mon

ce qui, dans son le droit d'examiner

j'ai Mon devoir

avenir.

SUR

pays, j'ai le droit a nui à son avance-

passé, ce qui peut profiter à son est de le dire franchement, librement

à mes

concitoyens. Descendant de cette

race

africaine

qui a été si longsur le sol où j'ai pris naisfjmps persécutée, méprisée dans tous les États du sance, qui l'est encore presque Nouveau-Monde, mou orgueil je dois faire consister à contribuer

de ses droits, à la par mes idées, par l'exposé relever de ces outrages dans l'estime des hommes généreux qui liront cet ouvrage. C'est peut-être une rement aux Haïtiens. s'est

dévouée

obligation imposée plus particulièParmi eux, une génération entière à la conquête de ces droits par les armes.

Elle a rempli sa tache avec éclat, avec un glorieux succès. Elle a déjà disparu. La génération qui a hérité de ses travaux doit à sa mémoire de recueillir ses hauts faits pour les transmettre pas remplir Déjà, dans

à la postérité ce devoir sacré. un faible

à nos devanciers. ceux ont

serait

essai, j'ai tâché Je viens de nouveau

coupable

de ne

de payer cette dette unir mes efforts à

de deux de mes compatriotes qui, tout récemment, fait des publications dans les mêmes vues l'un, en

écrivant

la Vie

traçant sième

l'Histoire

lois

elle

de

de Toussaint d'Haïti

Louverture

dans

son

en publiant le Recueil notre son pays depuis

M. Snint-Remy.

i) trnvaille

à la vie

ensemble

général

des

indépendance,

d'Alexandre

Pétion.

en l'autre, Un troiactes

et des

élève

un

2 M. Madiou. It a le mérH.ed'avoir, le premier, publié des faits intéressant ignores

jusqu'ators.

M. S. Linstant, auteur de plusieursouvrages estimés.


INTRODUCTION. 1

monument

du plus grand historique prix; car l'histoire d'un est en grande dans sa législation peuple partie celle-ci fait connattre son aptitude à la civilisation et l'esprit qui a guidé ses gouvernans. Ce n'est pas une lutte que je viens ouvrir avec eux c'est un concours dans une œuvre que je leur apporte S'il m'arrive de différer patriotique. et d'apd'opinions avec les deux premiers, préciations sur quelques points de notre histoire nationale sur quelques hommes qui ont marqué dans son cours, ce ne sera toujours que dans !e dessein d'être utile à notre pays qui a droit à tout notre dévouement. eux, Jusqu'à je ne crains pas de le dire, l'histoire d'Haïti n'était à peu près connue des hommes qui s'intéressent au sort de ce pays, même de beaucoup d'Haïtiens, que par les publications faites par des étrangers qui, à diverses époques, y ont passé comme voyageurs. Recueillant des données fort incomplètes sur les faits, soit par de soit pour y avoir manque documens, séjourné trop de et n'avoir peu les acteurs temps pu interroger ou les témoins des événemens. ces auteurs ont dû étrangers souvent se fourvoyer. Parmi eux, il en est dont les écrits évidemment le cachet de portent préoccupations, d'opinions préconçues contre le jeune peuple qu'ils visitaient. D'autres dévoilent des arrière-pensées au manifestes, point

de vue des nations

plupart. qu'il

enfin, est

mêlent

auxquelles

quelques de trouver

impossible de cette impartialité

ils appartiennent. La vérités à tant d'erreurs, dans

leurs

œuvres

ta

preuve qu'ils semblaient promettre. et que l'on a droit d'exiger de quiconque entreprend d'écrire surtout celle d'un l'histoire, on pays auquel n'appartient pas.


i6

ÉTUDES

SUR

L'HISTOIRE

D'HAiTI.

1

Le temps est donc arrivé où les Haïtiens eux-mêmes doivent s'efforcer de découvrir dans leurs traditions dans le peu de documens la nationales, qu'ils possèdent, filiation des événemers sur les destinées qui ont inûué de leur patrie. En dégageant la vérité de l'erreur, par des appréciations ils auront examen

raisonnées fait

une

approfondi à cimenter

propres en eux

sur les choses

œuvre

d'utilité

doivent

résulter

l'union

entre

un

et sur les hommes, De cet publique. des enseignemens

les citoyens, à exciter à cette patrie. C'est

plus grand dévouement en dirigeant leur esprit vers les moyens d'atteindre but généreux, s'animeront de plus en plus qu'ils

désir

de contribuer

qu ils intéresseront qui n admettent se recommandant

ce du

à sa prospérité, à sa civilisation, et à son existence les vrais philanthropes, aucune différence entre les hommes. En ainsi

à la considération

de ces amis

de

ils les porteront à aider, par leurs lumières l'humanité, et leur influence, à la complète des inforémancipation tunés qui gémissent encore dans les liens de la servitude, ou qui subissent l'effet des absurdes préjugés qu'elle engendre. Des circonstances m'ont

qu'il

est inutile

de mentionner

ici,

amené

à m'occuper de l'histoire de mon pays, dans la capitale do cette grande nation qui en avait fait la plus florissante de ses colonies. Jouissant de cette sécurité sont toujours que tous les étrangers assurés d'y de la sérénité trouver, biend'esprit que son hospitalité me laisse loin de ma patrie, veillante je croirais manquer à la haute

estime

la France, si mon travail que m'inspire devait se ressentir de la moindre gêne, lorsque j'ai à dévoiler les fautes commises & Saint-Domingue par ses


INTRODUCTION.

i7

antérieurs. Ces gouvernemens gouverhemens n'ont pas seulement commis des fautes; ils ont été injustes envers les hommes de la race noire dont Des je fais partie. crimes, leurs

imputables vrais intérêts,

surtout ont

aux colons produit

qui ont les révolutions

amené

méconnu

la séparation, absolue l'indépendance ancienne colonie de sa métropole. Je les signalerai, être avec quelque mais sans rancune, chaleur,

qui ont de cette peutsans

haine. La France,

a noblement

d'ailleurs,

Sous injustices. sous le ministère

le règne d'un d'un homme

connue

la France

de tous,

toutes ces réparé éclairé et juste, monarque d'Etat dont la loyauté est

a compris ses idées

que ce jeune peuavaient à la appelé qu'elle porte à toutes

et que ses principes était digne aussi du respect liberté, les nationalités. Elle a compris que ce pays, où elle a le germe de sa civilisation déposé. méritait avancée, l'aidât à développer la sienne qu'elle encore dans l'enfance. Elle a reconnu ses droits à l'indépendance et à la souveraineté politique. ple,

En

agissant mission dans que~ue Elle

sorte a fait

la France différemment, eût manqué a sa le monde. n'est-elle 1789, Depuis pas en le phare de la liberté pour les peuples? plus

encore

elle

est entrée

cette

voie de protection généreuse qu'en elle accorde aussi à la race l'Angleterre, dernière

dès lors digne

dans

émule

de

et sa africaine; dans ses colonies.

révolution

a porté la liberté En disant ce que je crois être vrai sur les anciens procédés de la France, je ne puis donc me proposer qu'une chose relativement à elle c'est de démontrer la: convenance, l'utilité tes entre Haïti T.

du maintien et elle,

t.

parce 1

des bonnes qu'elles'sont

relations

existan-

en harmonie a

-=~1-1~

1


18

ÉTUDES

avec

1

u u

_1

.:1

SUR _d

les grands desseins vouloir que les hommes et les animosités

relles

'1

1

D'HAtTL 1

de la Providence,

qui ne peut éternisent entre eux les quede races car elle les a créés tous

les y oblige. à prouver cette nécessité morale, J'espère parvenir des relations quand j'arriverai à parler du rétablissement entre la France et Haïti, de séparation. après dix années pour

s'aimer.

L'HISTOIRE

Je réussirai

La loi naturelle

à démontrer

que le gouvernement mon pays à cette époque, comrépublicain qui dirigeait prit lui-même qu'il devait au peuple qui lui avait confié peut-être

ses destinées, de rétablir dont ce peuple tirait son lumières

de son

ancienne

devait

marcher

de bons

rapports

origine,

pour

avec

la nation

des qu'il profitât en obtenant de sa

métropole, deux part le grand acte de justice qui en a fait désormais pays amis, liés par des intérêts qui ne peuvent que s accroître avec le temps. Pétion

dans

la même

voie

qu'a suivie Haïti de

Car, les intérêts Washington. qui rapprochent sont fondés sur ce qu'il la France y a de plus puissant les nations conformité de religion, de lanparmi de principes, de législation, de mœurs, d'idées, gage, outre'le goAt conservé d'usages, pour les produits français. Car,

enfin,

américaine révolution fière qu'un Génie

de la France, comme l'Union procède de l'Angheterre. Haïti est née de la procède de 1789. C'est de la Bastille qu'est partie cette

Liberté joug

Haïti

de la torpeur sa population qui a réveillé affreux tenait dans les fers. Si ce flambeau du

ce n'est point français a embrasé Saint-Domingue, a la Liberté c'est au contraire qu'on doit le reprocher au régime à l'Esclavage dont les inique qui y existait, colons voulurent le maintien. toujours Toutefois,

en retraçant

les événemens

de l'histoire

de


INTRODUCTION.

i$

mon

pays, si je reste dans le vrai quant à leurs causes, si de nos pères, je ioue l'énergie je ne dissimulerai pas néanmoins les actions criminelles la qui ont accompagné de leurs droits. Je ne les justifierai conquête pas. parce une telle justification, que la morale réprouve et que les crimes n'ennoblissent Mais jamais la cause de la Liberté. en raison je les expliquerai, je les excuserai peut-être, des atrocités

qui les provoquèrent. Au tribunal de l'Histoire comme

l'excuse

l'Histoire, considération

elle ne fait pas acquitter. absoud~ de même de~a Justice, prend toujours l'état intellectuel et moral des hommes,

pour les juger équitableme~t. Je ne redoute point son On connaîtrait on

saisirait

bien

révolutions, quelle

était,

de la Ju~ ice,

faire

peut

Mais en

à celui

jugement

pour

mon

pays.

bien

l'histoire imparfaitement d'Haïti difficileme,at les causes de ses diverses

de s€<s guerres en 1'789, l'crga

intestines, ~isation

si l'on

ignorait de Saint-

politique sous le rapport d la société et du gouverneDomingue, ment. Cette société et ce gouvernement ont exercé une influence immense sur l'orcire de choses qui a prévalu en ce pays. Ainsi les Etats-Unis sont devenus ce qu'ils devaient le régime être, d'après dans <Xa qui existait anciennes

colonies

anglaises.

anciennes

colonies

en Amérique. espagnoles en en~t, dans l'existence

Tout s'enchaîne, ils subissent plus ûoence

Ainsi

ou moins, et quoi des traditions antérieu ras.

encore

qu'ils

de toutes

les

des peoples l'infassent,

Hatti éprouve encore bien d Es embarras que lui a légués le faneste régime établi à Saint-Domingue. Une revue entre donc dans rétrospective à ce sujet

1


20

ÉTUDES

SUR

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

Elle me donnera lieu d'explique je me propose. bien des faits et des actes de nos quer, sinon de justifier, le commencement de nos luttes jusgouvernans, depuis nos mœurs, qu'à ces derniers les temps. Elle expliquera habitudes de notre société nouvelle érigée sur les ruines de l'ancienne société coloni île. Peut-être alors pourrai-je mieux défendre mon pays contre les accusations insenl'objet

sées

de certains

fait abstraction haïtien

peuple

auteurs

avoir étrangers, qui semblent de tous les tintécédens, !e pour accabler de leurs reproches et malveillans. injustes

d'abord

Voyons coloniale.

comment

était

constituée

On sait

de la race que les hommes dominaient à Saint-Domingue péenne et leurs privilèges, tandis que ceux de africaine étaient courbés sous le joug plus dur, ou sous attirait la couleur Le temps des richesses

avait

celui

des préjugés de leur peau. consacré cependant,

de la colonie,

de classes, dans l'une des intérêts différens.

et l'autre

blanche

de l'esclavage le humilians que leur avec

chaque

Ainsi, parmi les blancs, on distinguait 1" Tous les agens supérieurs et inférieurs tous les fonctionnaires militaire, publics civil.

Cette

maintien métropole.

classe

était

ou euro-

par leur pouvoir la race noire ou

des distinctions race,

la société

le progrès de rangs et classe

dans dans

ayant

l'ordre l'ordre

intéressée particulièrement du gouvernement colonial et de l'autorité

au de la


INTRODUCTION.

8* Les planteurs, c'est'&'dire les colons propriétaires. Cette classe se subdivisait en grands planteurs et simples Les premiers planteurs. possédaient les grandes propriétés rurales et comptaient dans leurs rangs de beaucoup nobles ils formaient la haute aristocratie coloniale, bien que la féodalité de la métropole n'y fut pas établie. Les autres possédaient les propriétés rurales de moindre ou celles des villes. Les intérêts importance des uns et des autres tien

étaient

du

régime

ils désiraier tous le mainet à ses quant à l'esclavage

semblables colonial

hideuses

mais ils formaient des vœux pour conséquences, se soustraire au despotisme des administrateurs et occules emplois per exclusivement publics. 3" Les commerçans, les capitaines, commis, des navires la colonie.

marchands Cette

les négocians, leurs subrécargues et les équipages

comprenant

les habituellement

classe

dans

les ports de les intérêts du com-

représentait merce et de la navigation de la métropole, monopolisant à peu près toutes les transactions. 4" Les artisans, ouvriers des villes et des campagnes; des propriétés les gérans, les économes non prorurales, de terres, mais possédant priétaires souvent des esclaves; les nombreux les aventuriers arrivans, de toutes les nations qui venaient chercher fortune dans la colonie tous rangés

dans

moins

un

la classe

vulgairement appelée petits ~OM<~ la position enviant, sociale de tous les propriéjalousant blancs comme eux. taires, Tous ces hommes de la race blanche avaient néancelui à-dire

qui

intérêt consistait

commun, identique, qui ies unissait à maintenir le régime c'estcolonial,

de la race l'oppression préjugé de la couleur.

noire,

par l'esclavage

et le


ETUDES

Et parmi tinguait i~ Les relle, lâtres.

les hommes

affranchis

comprenant Cette classe,

cohabitation foule

avec

d'individus

Cette

L'H!STO!RE

de cette

du noir

ou du blanc

dénominations

privée

de

de MM~-w~es. intermédiaire entre

et les esclaves, possédait et même des esclaves urbaines, port, elle avait colonial.

on dis-

natumu-

et par sa par sa propre reproduction les blancs, avait dans ses rangs une dont la couleur était plus ou moins

peau

Mais,

race opprimée

de couleur, classe

D'HAÏTt.

de l'esc'~vage par la liberté les nègres et leurs descendans

de celle rapprochée indifféremment tes d'hommes

SUR

aussi

un

intérêt

on lui donnait gem

d'o~roMC~M les privilégiés

des propriétés de son sang au

de coM~Mr,

maintien

ne jouissant de pas complètement de l'exercice de certaines professions

de

rurales sous du

ce

la et

rap-

régime

la liberté purement

ne pouvant exercer que les arts et métiers; n'ayant aucun droit politique, les dispositions formelles malgré de l'édit de 1685, Code noir., non abrogées et appelé dans les actes d'anranchissement toujours rappelées r civiles;

supportant buables

toutes

les charges de la société comme contriconcourant a la formation des milices, sans

« Suivant les degrés plus ou moins rapprochés par lesquels cette race » intermédiaire tenait aux blancs on aan noira, le <btorgueH des colons Manea » s'était plo à les humilier par les dénominations méprisantes de <HMM~e<~ MgTt/t, gMOfteyotM, Ntoro&otM,<MfcerotM,Mt~M, tnanM~cs, etc.; sans sonc'était leur fami!te et leur propre saag qn'i!s outrageaient Moai. M ger qoe ? Tous les degrés étaient confondus sous t'expression commune d'A<wnMM de » couleur. » (Rap. de Garran, t. < p. <7. Voyezaussi la page 18.) « En conséquence, ordonnons qu'il sera et demeurera libre et affraocbt » de <.outeservitude et esclavage, qu'il jouira à ï'eKXMtret pour toujours dey » pWctMyMetp~t~tCM de la Me~, ainsi que les antres affranchis de cette Hîte, eonbnnément à l'édit du mois de mars 1685 et à Farrêt du cooseil Md'État en interprétation d'icelui, sans qu'il puisse y ~tre troub!é ni inquiète » soas quelque prétexte que ce soit. Sera la présente enregtstrée, etc.


tKTRODUCnON. les places pouvoir occuper les compagnies de blancs 1

des entrailles

des

ni se mêler d'officiers, cette classe d'hommes

malheureux

esclaves

avait

un

daas sortis intérêt

à se rapprocher de ces derniers, à s'unir avec briser le joug colonial. La politique devait leur commander cette marche, alors même que les liens de puissant eux pour

ne leur

parenté minant

en faisaient

en eux l'intérêt

2* Eniin,

pas

un devoir

moral,

de la propriété. et mulâtres esclaves,

les nègres des maîtres de toutes

courbés

en do-

sous

le joug couleurs, privés de tous les droits que la nature a départis à l'espèce forhumaine, maient la grande majorité de la population. On comptait à Saint-Domingue, en 1789, environ au moins blancs, 40,000 affranchis, esclaves. Mais les états de recensement

40,000 600,000 laient

la force

toujours

des

numérique

et plus de dissimu-

deux

dernières

classes Telle social,

était

enfin

au moment

la composition où la philosophie

de ce singulier ordre du xvnï* siècle viat

éclairer

le peuple français et le porter à secouer le joug du pouvoir absolu en Europe. On conçoit iaoiiement cette révoquel retentissement lution opérée en France, dut par la prise de la Bastille, avoir dans sa riche colonie de Saint-Doi Là, iogue. comme

dans la mère-patrie, soaûraient plus 00 moins son

point

de vue

toutes du

les classes

de la société

<~acuae à absolu, chacune avait parlant,

régime

politiquement ses justes la race prétentions à un sort meilleur; surtout devait ardemment désu'er <m changement

noire dans

« Suivant une lettre du marquis de la F'euillade ao~ Ëtats.Geaeraax, ta ? population des hommes de couleur est même portée & 40,000. » (Note da » Bap. de Garran, t. i'~ p. t8.)

"t,¥<

">


2~ sa

ÉTUDES

misérable

SUR

L'HISTOIRE

car elle

condition,

D'HAiTt.

était

devenue

insuppor-

table.

IL

Pour

ce désir général, apprécier plus convenablement du gouvernement coloquelle était l'organisation

voyons nial.

fonié

Saint-Domingue, ce rapport un reflet

on sait

onrait

comment,

sous

du despotisme la méqui gouvernait avec cette différence des mœurs tropole, que la puissance et de l'opinion l'exercice du pouvoir en Eutempérait dans cette colonie, où rope, tandis que leur insuffisance le régime de l'esclavage de l'autorité, donnait ment

colonial

contre

exigeait plus d'action une nouvelle force au tous

ses administrés,

de la part

gouvernesans distinc-

tion. Deux

relevant agens supérieurs, nistre de la marine et des colonies, nistration coloniale un gouverneur

directement

du

mi-

l'admidirigeaient général et un inten-

dant. Le

gouverneur

principale nait celle tl

général, dans cette

part de l'intendant,

avait

direction; agent civil.

le commandement

et même alors

toujours

des escadres, pour la défense

des

avait

militaire, son autorité

troupes,

en temps de guerre, de la colonie.

des

la

domi~

milices.

dirigeant

tout

séance et voix délibérative aux conseils Ayant supé~ rieurs indubitablement les jugede justice, il influençait mens rendus soit présent, soit absent. Il par ces cours, les causes civiles de contestaévoquait à lui. à volonté, tions

averses

entre

les particuliers;

arrêtait

ou susp~n~


INTRODUCTION.

~g

la contrainte

dait

par corps prononcée lui-même cette contrainte

prononçait ter militairement, attribution

lui

selon donnait

qu'il un

par les tribunaux et la faisait exécu-

le jugeait

convenante.

pouvoir

immense

Cette sur

les

babitans. En

réunissant

avec

l'intendant,

taires

a ce pouvoir de nommer

le droit à tous

qu'H les

partageait miliemplois

et civils,

à l'exception d'un petit nombre des plus réservés au ministre; de distribuer importans les concessions de terres aux colons; de permettre ou de refuser les aaranchissemens tion

des impôts

par

ordonnances,

des esclaves de contribuer à la fixa. de diriger la police de décider de tout ou conçoit combien était puissant te

entouré du prestige et de l'éclat des gouverneur général armes, dans un pays où l'organisation des milices tenait à celle des troupes, où les habitans, imbus des beaucoup idées belliqueuses de la France, accordaient tout à la puissance militaire. Quant attributions de

à l'intendant, il la manutention

avait

particulièrement pour des finances, la surveillance

la

des impôts avoir concouru à perception après leur fixation, la destination des fonds, le règlement des des receveurs de la colonie, les marchés des encomptes de travaux Il était président-né des contreprises publics. seils

de justice; il évoquait à lui, de même supérieurs et jugeait seul les causes qu'il lui plaique le gouverneur, sait de retenir. Il était, de finances, de enfin, intendant de police, justice, Sous les ordres placés

des

pour chaque culiers pour

officiers

de guerre et de marine. directs du gouverneur

général commandans en

étaient

second militaires, de la colonie, commandans province partiles grandes de quartiers villes, commandans


ÉTUDES

comprenant

SUR

D'HAÏTI.

des majors, aides-maparoisses, dans les villes secondaires et les

plusieurs

jors,

sous-aides-majors Ces officiers bourgs.

L'mSTOmE

formaient

le faisceau

militaire

à la

tête duquel était le gouverneur général. Au Port-au-Prince et au Cap, se trouvaient deux régimens formés dans la colonie ils d'Européens envoyés se recrutaient de la mette manière. En temps de guerre, on envoyait qu'on

d'autres

augmentait

formaient

habituellement, de la colonie. Les milices

étaient

divisés

affranchis, en bataillons, dans gnies,

de la métropole, de même des navires de guerre qui, la station navale dans les ports

troupes le nombre

formées

des

habitans

d'abord

en régimens, puis et en dernier lieu seulement les paroisses. Ces compagnies

blancs et des simplement par compaétaient dis-

selon la couleur des hommes, tinctes, blancs, mulâtres libres et nègres libres le système colonial le voulait ainsi. Dans l'origine, de grenail y avait des compagnies diers, de carabiniers, de fusiliers, de chasde canonniers, à pied, de dragons seurs, de dragons à cheval et de gendarmes l'uniforme chaque compagnie adoptait qu'elle voulait; c'était, pour les assaut de luxe. En dernier que des compagnies gons à cheval. Toutes ordres

ces forces

lieu,

d' infanterie, vives

une occasion

blancs,

de

en

de

faire

il n'y eut plus d'artillerie et de dra1788,

la colonie

étaient

sous

les

du gouverneur comme nous venons de général, le dire; et tandis que les habitans blancs se plaignaient du despotisme de ce chef, ils couraient au-devant de ce despotisme par leur vanité qui les portait à singer le militaire les places d'officiers étaient recherchées comme une-faveur du gouverneur général qui les accordait.


INTRODUCTION. M

il y avait aussi pied et à cheval et des

dire

.<

une

maréchaussée

ou gendarmerie. a des mulâtres particulier

c'était

le lot' Elle servait

nègres libres. a la chasse donnée

surtout

27

aux malheureux

aux

à la police

coloniale. c'est-à-

marrom,

M~r~

esclaves

dans les forêts qui fuyaient de leurs mattres, en protestant ainsi contre de leurs droits naturels.

la tyrannie la violation

Si le gouverneur les conseils général présidait supérieurs de justice, les commandans en second, les commandans les majors particuliers, à aussi, présidaient les tribunaux volonté, inférieurs sénéchaussées, appelés dans les lieux de leur résidence. Deux conseils supéen dernier rieurs, sauf appel en cassajugeant ressort, tion au conseil d'Etat du royaume, avaient longtemps existé.

Ils furent

Dix

réunis

sénéchaussées

instance.

étaient

ciaire

la justice en première du procureur du roi, placés dans

bourgades,

juridiction. Sous les ordres

directs tous

placés

instrumentaient

seuls

ou la surveillance les magistrats

sous

de l'ordre

judiles com-

notaires, etc., procureurs, ordonnateurs de finances, les contrôleurs et cette foule d'employés secondaires,

la marine, formant l'administration Il n'y avait <<Kre dirigeait

point tout.

civile

Les municipalités par le fait des

qu'à la révolution, à l'imitation de ce qui s'était Les deux agens supérieurs pour consécutives

proprement

d'administration

leur

de l'inten-

les avocats,

missaires

voyés

en 1787.

seul,

rendaient

Des substituts

les moindres

dant,

en un

tous

dite.

municipale ne furent habitans

de

le fMtKétablies

eux-mêmes,

passé en France. étaient ordinairement

en-

leurs fonctions durant trois années occuper ils avaient ainsi un court espace de temps


ÉTUDES

SUR

L'HISTOIRE

D'HAiTi.

la colonie pour connaître et s'occuper des moyens de la la faire prospérer; et, disaient les colons, pour faire leur fortune ou la réparer, si elle avait souffert en Europe. Aussi étaient-ils souveat accusés de tout par ces colons, employer pour y arriver promptement. L'administration de la justice, ce premier besoin des entachée de su bordination peuples, aux volontés des deux hauts de Ja métropole, agens de iauto-ité ne .pouvait guère être impartiale, dans un pays où le mépris pour une race d'hommes habituait à ne respecter les droits d'aucun. Avec ce vice radica!, elle coûtait annuellement aux administrés, environ 10 millions de livres des colonies' pour frais, dans leurs et ces administrés procès; accusaient les magistrats d'une vénalité, d'une corruption ruineuse pour leurs intérêts. La

coloniale

police

était

divisée

police. La haute

au

police appartenait aux commandans en second, liers et aux commandans de La basse des

police

sénéchaussées, commandans

aux

était

autres stations

ou rades, aux commissaires Tous ces agens divers selon les lumières lonté, tous

les

les

édits,

instructions

de

haute

et

gouverneur commandans

officiers

basse

général,

quartiers. confiée principalement

aux des

aux

en

particuaux juges

de

l'état-major, pour les ports

maritimes des classes.

suivaient de leur

toutes

les

ministérieHes

à peu raison,

près leur au travers de

ordonnances, concernant

vode

toutes

les

colo-

nies. Dans La livre

!a haute des

colonies,

police monnaie

attribuée de

compte, la livre tournois, ou franc, de la métropole.

au gouverneur ne

valait

que

les

généra! deux-tiers

da


INTRODUCTION. était

la surveillance

comprise le

lique, fussent

seul

ministres

l'autre, l'Ouest

et

réduits

en

du

à

tion

des

culte

dont les

catholique

A nous

à

ce

parler

tableau,

possédons,

sous

le colonies

de

en

do

du

apostoliques.

l'espèce

du

cures

esclaves

des

ministres

à

hommes

tant à

ces

relicontri-

la

civilisa-

ministres

du le

Saint-Domingue, des

pro-

d'une a

Aussi

parties des

humaine,

généra!

Jes Nord;

des

possédaient

inauence

dérèglement

ceux-ci

partie

les

des

bénigne

catho.

l'une,

la

Des

profit

mœurs

dont

pernous

bientôt

fidèlement

tracé cette

joignons

rapport

préfets

derniers

donnaient-i!s.

exemple

aurons

fers

la

culte

communautés;

esclaves. au

nations

nicieux

des

servitude,

briser

de

cures

ces

du quoique

desservait

Sud et

charitable

bué

les

ministres colonie,

deux

dominicains,

foncières

priétés

ia

direction

formaient

les

gion

la

desservait

capucins,

de

dans

sous

places

Ces

les

admis

des

gg

et

politique espagnoles,

moral

portugaises

d'après

les

observation c'est et

écrits

que

essentielle que,

anglaises,

tandis

que

offraient

préfet apostolique de l'Ouest et du Snd nn écnt où il publia exposait la situation financière et les ressources de son ordre I! cet ordre possédait y avouait que <50 esclaves. On y lit ces étranges lignes, ou pL o~ propr ~r .1 naturelles, toutes raison de la participation des t ère au crime de l'esclavage Cependant, dit-il, ''étoignementdu cime»tière dans tontes les paroisses, devoir nécessiter paratt on du moins favoriser les enterremens des blancs et ceux des gens de couleur »libres. Il convient sans doute, à tous égards, les que sans exaeption, blancs, 5~ le eén\l'a1Onial ordinaire. Mais si ce cérémonial est accord' à tous les gens »également il y aura des jours où le curé et decooleur, les s~~ suffire è la flltigue des voyages à faire au cimetière. » II serait possible, en prenant en considération le motif dont on a parte » de restreindra le cérémonial ordinaire des enterremens P~e »couleur. » t~~n~ munaate.

C'était

l'abbé

Dugué,

préfet

le de plusieurs mulâavec des négresses osclaves de se comdes apo«to!iqae dominicains.


ÉTUDES

~0

D'HAÏTI.

L'HISTOIRE

d'instruction

établissemcns

nombreux

de

'SUR

des connaissances puisaient colonie de Saint-Domingue riche et puisante écoles ou la lecture, et chétives de pauvres leurs

habitans

publique variées,

la

n'avait

que l'écriture et

donnés aux libres enseignemens Circonstance de toutes couleurs. les colons qui obligeait à envoyer, à aisées des mulâtres blancs et les familles en France, frais, leurs enfans pour y acquérir grands le calcul

des

étaient

les seuls

Et les mulâtres

lumières.

se virent

Louis

du rot/OMHM, en 1777, par sur les instances XVI, rendue

leurs

instances,

~'eM~e

Ainsi colonial inûuence la suite

était

et nous réglée comme

une

encore

défendre

ordonnance

des colons

Oui,

de sur

le prouverons.

l'organisation on le verra,

qui, sur les gouvernemens des temps. Nous notons

de ce gouvernement a exercé une si grande qui lui ont succédé cette conséquence

daM toute

tous les actes qui les constipour justifier car nous aurons tuèrent, probablement plus d'un reproces actes qui mais pour expliquer che à faire à cet égard; non

naturelle,

à la nature

tiennent trop

servilement

des choses,

copiés

aux précédens

coloniaux

et imités.

m.

Nous

venons

de voir

niale

la composition de la société colodu gouvernement à Saint-Do-

et l'organisation Ecoutons ce que disait, en 1776, des w<BMr< de mingue. la classe blanche, un Européen qui y a vécu longtemps, Il a publié Hilliard d'Auberteuil. alors des Co~MMra<MMM<Mf présenté,

colonie un

<~ <SoM!<-D<M!MM~, ouvrage qu'il avait an auparavant, au ministre de la marine.


INTRODUCTION. 3i

« Accablés

1

et les travaux, si les par les embarras dit-il, colons se livrent encore à des vices, la mort les atterre comme la faux renverse les épis. Presque tous abreuvés du

poison rien n'est

de l'envie, si douteux

ils- sont

écrasés

sous

mille

jougs; dans leurs

que leur sort. Ardens dans leurs pertes, désirs, et furieux loin de s'aider muils sont tous ennemis, tuellement, semblables à des entre eux, sous la griffe des tigres, qui se déchirent lions. » Lescr~o~

de Saint-Domingue. si la nature du gouvernement

social, lien

de la société.

Ils auraient

s'ils pouvaient vaincre qualités, le tempérament est ordinairement vices ne sont que les vices du

auraient n'avait

e"t l'esprit pas nui au

d'excellentes beaucoup leur tempérament mais le plus fort leurs accrus climat, par des

désordres

politiques. » Ils n'ont point

de penchant au crime, il est rare de les voir s'y livrer; mais de douze crimes commis depuis cent ans par les créoles, il n'en est pas un seul où la brutalité, la colère et la vengeance n'aient guidé la main du ils coupable M~~o~MtM &ar&or~ à demi. » Ils sont humains et bienfaisans envers tous blancs; la vertu qai embellit le plus l'homme, c'est l'humanité qui

ne

qu'on avec

plaint

et ne

le plaigne M~TM,

secourt

ne mérite personne, pas ou qu'on lui donne du secours; mais ils oublient souvent toute espèce de

vertu. » Les /<MMMMcr~M. sont aères avec ceux qui leur so&t inférieurs. compatissantes pour ~M M<MMW,elles n'ea ont pas moins de rigueurs pour ~r< iaM~ao~ » Les mœurs des EMfo~fM qui sont dans la coton le ne ressemblent

poin<

à celles

des créoles

qui sont

ceux qui


ETUDES

SUR

L HISTOIRE

t)

HAITt.

Ce sont, en grande passent a Saint-Domingue? partie, des jeunes gens sans principes, paresseux et libertins, à la main les corriger échappés paternelle qui voulait d'autres sont des fripons ou des scélérats qui ont trouvé le à ta sévérité de la j ustice quelquesmoyen de se soustraire uns se font honnêtes gem. que devient le plus grand nombre ?. On y voit des wotM6< déguisés et fugitifs, des pr~ïrcs ennuyés de leur état, des officiers réformés, remerciés ou

cassés, des leurs mœurs?. dans

laquais,

'les

Cependant, le peuple

!a colonie

peu de meurtriers a déjà beaucoup de fripons, justice fait croire que dans

viennent

chez

qui et de voleurs

recèle

tage. » On

banqueroutiers; que dire de les grands crimes sont rares

y trouve chercher

règne

l'abondance

mais il y publics; et le défaut de police et de

la suite

il y en aura

davan-

de jeunes gens laborieux beaucoup qui des ressources que le lieu de leur naisleur offrir, des ouvriers et des marchands,

sance ne pouvait tous chargés d'abord n'entendant échauffée

des préjugés de leur province; mais de l'enfer plus parler que l'imagination de leur curé ne cessait de leur peindre, et con-

sidérant leur

les punitions civiles rend moins à craindre,

de la colonie

à une

société

dans

un éloignement qui les livrés d'ailleurs dans les villes

il nya point de vices perverse, s'abandonner. Leur ~roMMtce'M-

ils na puissent auxquels vers les esclaves leur parait un droit, acte de puissance; ils tirent vanité

leur

injustice

un

d'une

friponnerie ils n'ont point de mœurs. M y en a qui font réadroite, étonnant d'avarice, gner dans leurs actions un mélange de débauche, de bassesse et de cruauté ils ontp~tMMtM~ esclaves ira veiller

avec

dont

ils font leurs concubines; ils les font tant que dure la journée i!a les rigueur


INTRODUCTION.

33

ils ne les habillent et leur peine; point, arrachent encore de la nuit l'argent qus dans le silence elles acquirent par des prostitutions. à

nourrissent

» Il est cependant

quelques mais villes

les plus grandes leur probité conserver ont point.

même

honnêtesgens, ils ont bien

au milieu

dans

de la peine à de gens qui n'en

de tant

» Les ~'o~ot< de la cour pour remplir diSeenvoyés rens emplois dans la colonie, forment, pour ainsi dire, une classe & part ils se persuadent que les n~TM, méchans

par

conduits tirer rens

instinct, plus que comme des animaux utilité.

quelque idiomes

qui

maitres.

fait

dans

ce qu'on

leur

et la

à

c'est

tic~M

cette la

la colonie,

leur de reconnaitre

dominer,

veut

haine

haine

des

de leurs

et la présomption, ils par l'orgueil et au lieu de s'instruire avec docilité

tout savoir, croyent de ce qui est particulier dans petits tyrans chacun veulent

on

des diRéd'intelligence contribue & leur employent,

naître

Aveuglés

» Mais avant

dont

être

Le défaut

que les nègres défiance cruelle,

une

inspirer esclaves

doivent

par esclavage, malfaisans

place. les objets

il est difficile

qu'ils

a donné

du mal, l'exemple Ces vérités affligeantes tre dans les dinérentes

de pouvoirs ils s'accoutument prouvent

ils

qu'on

s'érigent

en

sur lesquels ils n'abusent pas de

ils ont

devant

à le croire ne devrait

eux

permis. admet-

se rapporter places qui peuvent à l'administration ou au maintien de la colonie, que <~ créoles ou des sujets OMCMtMdans le pays. La colonie dû et très-préSaint-Domingue exige des lois très-étendues En. général, les habitans de cette colonie sont voyantes. violents

e< tMMt~;

dépassions. T.

HtM~m<tH~M.u .n,

ils sont

tourmentés

par toutes

sortes

1 3

1


~4

ÉTUDES

SUR

L'IIISTOIRE

D'HAtTI.

» L')!e

de Saint-Domingue est favorable à !a populamais labo~ono~ y sont rare,. Les Français fortune ne se marient qui viennent y chercher

tion. rieux presque femmes

jamais; blanches

convient

mieux

leurs

ie

ne les attachant aux co~&tM~ ou noiros que par des liens très-légers, a leurs projets ils sont moins gênés dans ils ont moins

à remplir, iissont toutes ce~ complaisances, de toutes ces tendres les bons maris, devieninquiétudes qui, pour nent des devoirs; ils n'ont point à s'occuper de toutes entreprises, débarrassés de

ces bienséances la perte t'intérét

qoi

entraînent

de soins

à la fois les dépenses

et

S'it se fait quelques c'est temps. mariages, Souvent ils dont bizarres; de qui les conclut. vieux colons épuisés font à de jeunes par le libertinage filles moins riches qu'eux, l'offre d'un de cœur b!asé, vieilles femmes que leurs appas ont abandonnées plutôt que

du

teors

désirs,

servent

de ressources

à des adolescens.

» Quand ta paix rendent

les mariages ont paru d'abord mieux les femmes n'y est guère plus durable; les maris jaloux. toujours

assortis, galantes

» La tyrannie hommes ont exercée sur la que quelque colonie s'est toujours t~a opposée à la population. crainte de dépl&ire et le besoin de se concilier un pouvoir forcé les pères à donner qui s'étend sur tout, ont souvent en

les nites les plus riches, aux parons, mariage aux secrétaires amis, aux protégés, des gouverneurs des intendant rien ne doit être si libre cependant, te mariage, pères. » Pour

t

et rien

encourager

pays les particaïiers soutenir de grandes

de

si

respecté

que

l'autorité

aux et que des

la population et retenir dans le et en état de former riches. M de entreprises,

on

pourrait

f~pM~r


iNTRODUCTtON.

ceux

er~o~.

qui entrée

ne donner les chambres

dans

bien tes

mérité

conseils

d'accès d'agriculture. de commandans places

aux

trature,

auraient

gg »

de !a -colonie,

1

et

jdo justice) et dans aux places de magisuu de syndics des

quartiers, qu'~ <~ créoles, ou à ceux que leur probité et leur bonne conduite auraient fait réputer tels. Par un avocat serait créo!e exemple, s'être réputé après dix années dans la profession distingué pendant du t et pourrait

barreau, conseiller, l'auraient

à s'asseoir au rang de prétendre cejx qui qui jamais ne serait ~accordé quà mérité comme lui. et à <~ cr~o~ propriétaires habitations.

de grandes » Le travail entre

doit

être

en honneur,

et il ne doit

pas y

les hommes

avoir, d'autre distinction ~nc~. que celle qui résulte des emplois et du mérite personnel il ne faut dans !e colonie, ni grands, ni nobles, ni corps de peuple il ne faut que des tM~MM, des des affranchis, MC&ÏCMet des lois; il n'y faut point de préférence dans les familles, point de droit d'aînesse. Des

lettres

OM<c ~n!M~e~. ses mais cette vue d'accroître

en 1727, ont permis les terres des colonies françaiavait été portée sans doute dans la

patentes, de cultiver loi qui la pop!

données

~ion, n'a pas attiré beaucoup colonie. du tégistaL'inexpérience

dans la ~'étrangers tourne leur laissait point de confiance, parce que si, par une erreur MMMtMc <MM?nationaux, on permettait «Ma; la propriété <~ ~n' on pouvait. étrangers de pr~te~~ deux

ou

trois

ans

erreur après, par une autre plus indu champ juste, les chasser tertiJisé. qu'ils auraient » Si FEtat cherche des sujets ~M, ce doit étte sans docte les cultivateurs; il fallait donc choisir ces parmi cultivateurs

parmi les ~oM~m,

et MOMpu

parmi

<!M ~OM-


HTUDF.S

SUR

L'HtSTOTRE

n'HAtTÏ.

<<. que la diversité de leurs opinions et de leurs principes r<'7:t< toujours <<~ ~OM~cnïer. A présent que les ~o~OtïaM.c sont dans ia colonie, en nombre suft~nt ia culture de toutes pour entreprendre les terres, peut d'un

que la population s'accro~e davantage

et s'accro!tjourne!!ement, fortunées par les influences

modéré, nécessaire gouvernement ~para~ d'abroger cette loi, et de ne plus permEttre dcMCMMCM< que des étrangers des ~TM, à moins ne deviennent propriétaires qu'ils hommes en prenant nationaux, des lettres de naturalité sera permis cas, il leur d'acheter auquel nom de leurs enfans nés dans la colonie. » Les lettres patentes de 1727 offraient plus singulier; à des étrangers de ia colonie, étrangers

~me

négocians marchands

car en même

naturalisés,

d'y

le

le commerce, et aux ou c(WMMM. Les facteurs

d'Auberteuil

d'y

et commis, ne sont ils ne sont: point.

établir

avait

composé sa résidence

les Mt~CMt~ à permettre des

son

au volumes, pendant Moreau de Saint-Méry, il y avait la réputation et s'est quelquefois laissé emporter au désir reuse.

le contraste

faire

pour les facteurs

naturalisés,

deux

et ses détails

au

temps

dans la colonie; que passagèrement comme les propriétaires des habitations, pays; il n'y a donc point d'inconvéniens

Hilliard

terres

qu'elles permettaient d'envahir la propriété de tous les terrains elles défendaient 3 et 4) aux (art. 1,

de les employer ou négocians,

tous les étrangers commerce. ?

des

maisons

du à de

en ouvrage Cap. Suivant de critique, de censurer,

ne sont

d'une exactitude pas toujours rigoudans cet ouvrage, dont la distribution

Toutefois, fut défendue à Saint-Domingue

à cause

de sa hardiesse

à


!NTRO)t)u<ynox.

dévoiler

le despotisme des peinture

curieuse

des dînerons

péens. lation avec

blanche ce qu'en

des administrateurs mœurs

é!émens

dans

~7

cette

des dont

colonie

créoles

il lait et

des

une

Euro-

se composait la popuet en cela, il s'accorde

dit

M. de Saint-Méry dans lui-mème, sa avec ce que d'autres De<cWp~<~ StM~-DoM~Mc, auteurs ont publié postérieurement à ce sujet avant eux, i abbé avait représenté Raynal cette population sous le même aspect, avec cette verve qui animait sa plume. On peut remarquer à cette époque étaient, quelles les prétentions reculée, des créoles, dont l'auteur se fait relativement aux emplois l'organe, publics dans la colonie. Cette disposition s'était accrue de 1776 à d'esprit elle fait comprendre i789 l'ardeur avec laquelle eux et tous les grands la révolution, planteurs Ils acceptèrent espéraient y arriver au moyen de cette révolution. On peut encore dans ce passage d'Hilliard remarquer d~Aube~euit qui, dans la.colonie, par son ancienneté se considérait, se réputait selon son expression, ~o~, quelles préventions, existaient quel égoïsme dans le cœur des colons, à l'endroit des Européens et surtout des Nous

étranger,. nouveau

aurons

plus tard

l'occasion

de relever

de

cette

observation, quand il s'agira de la formation, de la constitution de la société haïtienne. Nous exalors les motifs pliquerons des exclusions politiques portées contre les étrangers. Nous dirons ensuite pourquoi elles ont été maintenues, et pourquoi elles devraient 'Cette défenseeut lieu par un arrêt du coaseH d'État, du 17 décembre il y est dit « que < 777; cet ouvrage a fait sensation dans tes colonies » d AmérMj[ae S. M. ayant reconnu qu'indépendactSMQt de ce qu'il contient » de r<<p~~MtMe avoir dévuité les horreurs du régime colonial) t'au(pour

»

leur

s'y

est

permis

par

des

contraires à la vérité, graves, M d'attaquer l'administration desimputations de chefs Saint-Domingue; elle a jugé qu'il était de sa sagesse et de sa justice d'arrêter te "-s dudit ouvrage < [<

1


~8

ÉTUDES

cesser,

aujourd'hui

SUR

L'IIISTOIRE

que

ces

H'îfAITt.

motifs

n'existent

f.

plus

IV.

comment cet auteur Voyons maintenant ~a~<M des blancs contre le gouvernement

formulait

les

de la colonie.

» Les

ftits depuis la paix jusqu'en règlemens 1769, à an'rnnchir dit-il, tendaient la colonie du joug dangereux et accablant de l'autorité militaire. Les villes françaises de Saint-Domingue étant autrefois villes de réputées il y avait dans chaque ville un lieutenant guerre, de roi, un major et un aide-major; leur établissement avait été annoncé comme un gage de la protection du souverain et de la sûreté on ne tarda pas à être dépublique; les officiers trompé majors ne cherchaient qu'à s'enriehir

en ruinant

la colonie; ils persécutaient les habitans, ils se mêlaient de leurs différends, de leurs dettes, de leurs affaires; ils opprimaient les magistrats, les menaet ils empêchaient le cours de la justice çaient, en s'attri. buant ~e droit d~M~r; ils vendaient dans leurs départemens la permission de tenir des jeux et de faire toutes sortes de commerces ils se servaient illicites; de leu~ richesses,

fruit

du

et des

brigandage

t~atM~M,

pour

se

En t 838, envoyé en mission près le gouvernement de Loois-Phitippe, je répondis à un homme d'État, un ministre qui me parlait de ces exclusions « Que la France rende à la liberté nos frères qui août esclaves dans ses colo» nies, et Haïti n'aura plus de motifs pour perpétuer ses préventions. ? A un jurisconsulte qui ~'entretenait de la même question, en me disant t.) d'H~ti que jeune peuple devrait tracer l'exemple des idées libérâtes dans ses institutions politiques, je répondis encore « C'est aux nations qui sont w piacéesà ia tête de la civilisationdu monde, à tracer eUea-ïbèmescet exemM pie. Voyez la Grande-Bretagne qui émancipe dénnitivement les esclaves <!c ses

colonies.

Que

la

France

en

fasse

autant,

et

Haïti

tes

imitera,

w

C'éttuent du moins mon opinion personnelle et mon espoir. J'y persiste.


!NTKODUCT!OK. 1..

perpétuer dans Les états-majors

leurs

places et en obtenir

furent

par une ont été

Cependant, états-majors

39

et le calme

supprimés ordonnance

rétablis

de nuu voues.

du

avec

15

!es

mars

mêmes

ies abus se sont reproduits. qu'autrefois. » Si la liberté de l'homme social consiste

rétabli. les

1769,

fonctions

à n'être

gouil que par les lois, n'y a point de liberté à SaintDomingue, puisqu'il n'y a point de législation, et que les hommes aux décisions de quelques y sont soumis officiers qui ne savent aucune e~cc lois, <.<.font profession /M mépriser <9M~ » C'est en se mêlant de toutes les affaires, que les gêné. raux, les commandant en second, les iieutenans de roi et leurs sous-ordres, traitent souvent les colons avec dureté. Ce n'est poinit assez d'ouvrir les prisons. les cachots sous prétexte de miHcee. ou de secret minore. de police ou de dettes, on leur fait éprouver des outraverné

ges

et publics,

sanglans

d'injures. » Aux

menaces,

gnent les plus grossiers torité du monarque.

pouvait

du

pouvoir militaire, dans la forme actuelle même

dans

les

accable

aux

d'invectives

injures, plusieurs de la co!ère et descendent

rivresse

» Rien

on

l'état

c'est abuser

ofuciers

et

joi-

aux juremens de l'audangereusement

êtr~

à l'accroissement plus favorable des milices que Je rétabtissement chaque à autant

habitant

est subordonné.

de supérieurs civi!, que peut en avoir un soldat et le malheur des conjonctures, en des places d'officier éloignant et de commandant les plus riches colons, a bouleversé et changé les déférences que les mercenaires et les agens du commerce doivent n~urellement aux propriétaires des grandes habitations.

"ft~iII:t"("J\f,I\t'J:


~0

ÉTUDES

SUR

L'HISTOIRE

D'HAiTL

» Des économes, des courtiers et des facteurs le plus grand nombre des officiers de milices. » Chacun

de ces officiers

un habitait et peut déplacer à quinze ou ~ingt lieues de sa résidence, porter ou une lettre à un autre officier et s'il déso-

l'envoyer un ordre béit,

il serait

en prison

de cet esclavage que jour. » Soumis d'une

forment t

infinité

elles

difficile

de tracer

:;ont incertaines

comme

~oMû~s

aux

de commandans

les emprisonner,

ou

et s étendent volontés

militaires,

les mettre

aux

ici les bornes

arrêta

cha-

arbitraires qui

peuvent un pendant

les colons sont. d'un autre côté, revendiillimité, et les lois ma~ comme on n'a qués par les magistrats fixé le terme où doit cesser le devoir du pas absolument temps

soldat,

et qu'il, n'y ce dernier l'officier,

a pas

de juge qui est revêtu

entre

le magistrat et de la force, en use et

se fait obéir. » Les

colons

attendent

tous

veuille les délivrer de qu'on et de consternation; et lorsà donner à la s'empresseront

ces objets d'épouvanté ils rassurés, qu'ils seront de nouvelles métropole preuves

de zèle et de fidélité.

»

M. de Saint-Méry, il est impossible d'admettre n'étaient car on que ces plaintes pas fondées sait tout ce que peut le pouvoir militaire. Ces assertions, Quoi

qu'en

dise

ont été répétées dans une foule d'écrits publiés par des colons, dans les premiers T jours de la révolution et dans son rapport sur les troubles de Saint-Domingue, d'ailleurs,

Garran

de Coulon

constate

ce despotisme dont les colons était en quelque sorte puisqu'il de l'esclavage.

profitaient eux-mêmes, nécessité par le régime A notre tour, nous constatons

l'existence

du despotisme


INTRODUCTIOn.

Mt~atre

des gouverneurs

'ldo cette importante généraux colonie, appartenant à une nation éclairée, civilisée, qui avait des agens dont les lumières ne pouvaient être révoquées en doute..Cette trouvera son applicaremarque tion.

On

toutefois comment les colons, comprend enorgueillis de leurs richesses, conçurent l'espoir de réformer les abus dont ils se plaignaient, en s'emparant du pouvoir législatif à Saint-Domingue, en y établissant l'administration De cette révolution municipale. ils coloniale, devaient bientôt passera l'idée de secouer le joug de l'autorité de la métropole, pour rendre la colonie indépendante de la France, la gouverner eux-mêmes au profit de leur orgueil, ou la placer sous le protectorat de la Grandede cette puissance Bretagne, parce qu'ils le espéraient maintien du régime colonial. Ils sentaient que ce régime était menacé de dissolution, de rénovapar les principes tion sociale contenus dans la célèbre déclaration des ~rot~ de f homme, en même temps que la société des Amis des à Paris, se déclarait noirs, constituée et à l'abofavorable, lition de la traite et à l'abolition de l'esclavage, graduelle dans les colonies françaises. V. Nous

avons

la condition

entendu des

Hilliard

d'Auberteuil

parler

blancs.

sur

Ecoutons-le, lorsqu'il s'agit des nègres et des mulâtres. Examinons ses opinions, ses sontimens à leur égard car ils ne sont que l'expression des sentimens et des opinions en professés par les colons général exceptions

existât

quoiqu'il parmi

eux.

certainement

d'honorables

1


ETUDES

avant

Mais,

de

mettons

jet, articles noir.

Il

du

fut

rendu

par

pour

tel

mat,

feront

miers

l'avait

que

suite.

nous

Car,

en

aux

colons

Article et

Tous

MM~-Mt~

dans aux

Enjoignons d'en

la

loi

voulurent

les

religion habitans qui Jes

ces

fondamentale

la

avertir

chose

imputer

catholique, achèteront et

gouverneur

les

huitaine

au plus tard, à peine d'amende ront les ordres nécessaires pour les faire temps convenable. 6. Enjoignons à tous nos sujets, de

dans

colonies

cololes

colons

pre-

si des res-

dispositions

été

la

par

que,

c'est

exécutées,

modifications

dans

et la

régime

c'est

des

seront

code

fétat les

le royal

plus

su-

colonies.

pouvoir

n'ont

qui

dans

si

ce

principaux

régler

ces

à

appelé

connaître

une

/<M esclaves

les

pour

apportées,

doit

de

2.

arrivés,

(;ue!e

légalement,

qu'on

:nexécution

ie

livre

1685,

de

polioe mieux

y furent

vigueur,

mars

affranchis

prouverons

modifications tées

tel

son

lecteurs

XtV,

voulu

et

temps,

de

des la

de

nos

Louis

règle-

dispositions

de

mois

et

D'HAtH.

passages

yeux

l'édit

esclaves

L'HISTOIRE

les

les

de

françaises, Ces

citer

sous

des

qualité

SUR

et

cette

colonies.

nos

îles seront et

apostolique des nègres intendant arbitraire, instruire

baptisés romaine.

nouvellement

desdites lesquels et baptiser

îles

dans

donnedans

le

et condition quelque qualité d'observer les jours de dimanches qu'ils soient, et fêtes quisontgardés de la religion par nos sujets et romaine. Leur cathoUque., apostolique défendons de travailler, Mt faire travailler leurs esclaves lesdits jours, l'heure de minuit depuis l'autre soit à la jusqu'à minuit, culture de ia terre, à la manufacture des sucres, et à tous autres à ouvrages, d'amende peine et de punition arbitraire contre les maîtres, et de contiscation tant des sucres esclaves que desdits qui seront surpris nos officiers dans leur par travail. 7.

Leur

défendons

tous

autres

marchés

tion

des marchandises

arbitraire 9.

Les

contre hommes

pareillement lesdits jours,

de

tenir

sur

pareilles

qui se trouveront les marchands.

alors

libres

qui

auront

un

ou

le

marché

peines, au marché,

plusieurs

des

et nègres et de confiscaet d'amende enfans

de

leur


ÏMRODUCTtOX.

avec

concubinage

seront

souffert, livres

eu lesdits

l'esclave de

profit toutefois point esclave, <'M/aM

et

mariages,

des

à une

sont

les

voulons

amende

de

maîtres

de

l'esclave

de

eux

personne les formes par

tant

observées

ce M~eM

prescrites la déda.ation du observées

lorsque durant son

deux

soient

au confisqués N'entendons

r/MWMM~ qui concubinage par

l'Église, et les enfans ~M~M

par l'ordonnance mois de novembre

à t'égard des le consentement

mille

ils laquelle ils seront privés

l'amende et

l'auront

qui

une

MM~~waMp~a~Mc/~M. article avoir lieu autre

maîtres

à

qu'elle

solennités

et par seront

les

qu'outre

et

enfans;

dans <pOM~~<ï, qui sera a~ra~AM

et légitimes. tO. Lesdites 42,

s'ils

condamnés

enfans,

l'hôpital, !e présent

marié

41,

et

ensemble

esclaves,

chacun

de sucre

auront de

leurs

de Blois,

n'était avec son <ad~ libres

art.

~0.

1639, pour les libres que des personnes du père et de la mère

sans néanmoins escLves, que de l'esclave mais celui du maître y soit nécessaire, seulement. il. Défendons aux curés de procéder aux mariages des esclaves,. s'ils ne font apparoir du consentement de leur maitre. aMM/ Défendons aM.C WM~ d'user d'aMCMMM contraintes stir leurs <'jM-&K-M, pour les ~Mor~r <'o~~ leur gré. 12. Les enfans de mariages qui naitront entre esclaves, seront esclaves et appartiendront aux maîtres des femmes et non à ceux esclaves, de leur marié, si le mari et la femme ont des maîtres différens. 13. Voulons esclave a épousé que, si le mari une yëMMMelibre, les tant ~/aMS tK<~ suivent la condition que filles, de leur et Mtw< e<MM~ nonobstant la ser ~ude de leur père; et que ~t&~s père est libre et la mère esclave, les enfans seront ~c/acM pa~ t~e~. t4.

Les maîtres

cimetières ceux nuit

qui dans

15.

donnés mourront

seront

tenus

de faire

mettre

en terre

dans sainte, esclaves baptisés; et, à t'~ard ils seront enterrés reçu le baptême, voisin du lieu où ils seront décédés.

à cet effet, sans avoir

quelque champ Défendons aux esclaves

leurs

les de la

de porter aucunes armes ni offensives, de gros bâtons, à peine du fouet et de confiscation des armes au profit de celui qui les en trouvera a saisis; seulement de ceux qui l'exception seront envoyés à la chasse par leur maître, et qui seront de porteurs leurs billets, ou marques connues. 16. Défendons aux esclaves pareillement à difTérens appartenant de maîtres, soit te jour ou la nuit, s'attrouper, sous prétexte de noces ou soit chez un autrement, de leurs maîtres ou aiHeurs, et encore

~<


44

ÉTUDES

moins

SUR

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

dans

tes grands chemins ou lieux écartés, à peine de punition corporelle, qui ne pourra êtro moindre que du fouet et de la fleur de récidives et autres circonstances lys; et en cas de fréquentes aggravanêtre punis de mort tes, ils pourront ce que nous laissons à l'arbitrage des juges. Enjoignons à tous nos sujets de courir sus aux contrevenans, de les arrêter et conduire en prison, bien qu'iis ne soient et officiers, ait contre eux encoie aucun qu'il n'y décret. 17.

Les maîtres

18.

Défendons

seront

convaincus

ou toléré telles permis assemblées d'autres esclaves que de ceux qui leur composées appartienseront condamnés en hur propre et nent, de tout privé nom, réparer le dommage qui aura été fait a leurs voisins à l'eccasion desdites assemet en dix écus d'amende blées, pour la première fois, et au double en cas de récidive.

cause

quelque peine

aux

esclaves

qui l'auront permis, Leur défendons aussi

19. ter dans

de

que ce soit, mémo contre les esclaves,

du fouet

maîtres

qui

les maisons

et

vendre

maîtres

cannes

do sucre, pour de leur maître, à

la permission et de dix livres tournois

contre

leurs

de

amende contre l'acheteur. pareille en vente au marché, ni de pord'exposer aucunes sortes de denparticulières pour vendre, à brûler, sans

revendication

ou par des par un billet, des choses ainsi vendues,

leurs

et de six

maîtres, acheteurs.

des

avec

rées, même des fruits, bois légumes, ture des bestiaux à leurs manufactures, leurs

d'avoir

livres

tournois

herbes permission

marques connues, sans restitution

d'amende

à leur

la nourri-

pour

de

expresse à peine du

profit

prix contre

de par les

articles concernant la nourriture et le vêtement plusieurs des esclaves, à la charge de leurs maîtres. ) 26. Les esclaves vêtus et entretenus nourris, qui ne seront point selon que nous l'avons par leurs maîtres, ordonné par ces présentes, en donner pourront avis à notre procureur et mettre leurs mémoires (Suivent

entre

ses mains,

d'aitteurs,

sur

lesquels, seront

les maîtres

et même

si les avis en viennent d'o/ à sa requête et sans frais ce c~'e~'Ms et traitemens barbares

poursuivis

être observé pow que nous voulons et ~MWMM?M des tMa~r~ envers leurs 28.

Déclarons

maître; d'autres

et tout

puissent

rien

les esclaves ce

qui ou

leur

ne

Mc/ac~t.

pouvoir

rien

vient

avoir

qui ne soit à leur ou par la libéralité

par industrie, à quelque titre que ce soit, personnes autl ament, être à leur maître, sans que tes enfans acquis en plaine propriété des esclaves, tejrs et tous autres libres ou esclaves père et mère, leurs parens prétendre

par succession,

disposition

entre

vifs ou à cause


INTRODUCTION.

4~

..J!a:u

de mort,

1

nous déclarons lesquelles dispositions ensemble nulles, les promesses et ot igations auraient comme qu'ils faites, étant des de et contracter par gens incapables de leur chef. disposer 30.

Ne pourront

sions

ayant

autres

que

quelques par leurs

les esclaves fonctions

être

d'offices

pourvus ni

publiques,

maîtres,

être

ni

de

toutes faites

commis-

constitués

agens

par

et

administrer pour agir aucun négoce, ni se porter témoins, tant en matière civile que criminelle; en cas soient et, ouïs en témoignage, qu'ils leurs dépositions ne serviront que de mémoires pour aider les juges à s'éclaircir sans d'ailleurs, que l'on en puisse tirer aucune ni conjecture, ni adminiprésomption, cule de preuve. 31. Ne pourront les esclaves être partie, ni en jugement, ni en matière tant en demandant civile, ni être qu'en défendant, partie civile, en matière ni en matière criminelle, poursuivre criminelle la des et excès qui auront réparation été commis outrages contre les esclaves. ni arbitres,

32.

Pourront

soit besoin et seront

les esclaves

de rendre lesdits

leur

esclaves

être

poursuivis

maître

partie,

accusés,

criminellement, sinon en cas de en

jugés première et au juges conseil par appel souverain, avec les tM~ws /br~M~s instruction, les que personnes 33. L'esclave ou la femme qui aura frappé son maître, sa maîtresse, ou leurs enfans, avec contusion de sang, sera puni de mort. ordinaires

sans

qu'il

complicité; instance par sur

la

même

libres. de son maître, ou au visage,

34.

Et quant aux excès et voies de fait commis qui seront par les esclaves contre des personnes voulons soient sévèrement libres, qu'ïis punis, même de mort s'it y échoit. 35. Lesvotsquaiinés, même ceux des chevaux, cavales, mulets, bœufs et vaches auront été faits les qui ou par ceux par esclaves, seront de affranchis, même de mort, punis peines afflictives, si le cas le requiert. 36.

Les

vols

de

moutons, chèvres, cochons, cannes de volailles, sucre, pois, manioc, ou autres faits par les esclaves, légumes, seront selon la du punis, vol, par les juges qui pourront, s'il y échoit, qualité les condamner à être battus de verges de la haute par !'exécuteur et à l'épaule justice, d'une fleur de lys. marqués 37. Seront tenus les maîtres, en cas de vol ou autrement, des dommages réparer à celui

~!?~t'M~<t.~<

causés

outre la peine corporelle par leurs esclaves, des esclaves, les torts en leur nom, s'ils n'aiment mieux abandonner l'esclave le tort a été fait; et qu'ils seront tenus auquel dans d'opter


4tï

HTUnES

trois

à compter jours, seront déchus. 38.

L'esclave

SU)t

du jour

fugitif qui son maître

ter du

L'H!STOmE

b'HAtTf.

de !a condamnation,

aura

été en fuite

autrement

ils en

un mois, à comppendant en justice, aura les oreilles

t'aura dénoncé jour que et sera marqué d'une fieur de lys sur une épaule; coupées et s'il récidive un autre mois, à compt3r du jcur de la dénonciapareillement tion, ii aura le jarret coupé et sera marqué d'une fleur de lys sur l'autre et la troisième fois, il sera puni dé mort. épaule; 39. Les affranchis donné retraite dans leurs maisons qui auront aux esclaves seront <;ondamnés fugitifs, par corps envers les maîtres desdits en l'amende de 300 livres de &ncre par chacun esclaves, jour de rétention. 42.

Pourront

esclaves

l'auront

ou de cordes, aucune /at~

leur

de ~~r défendant ~M~~MMt de membre,

43.

<~MMer

que leurs de verges <~ leur

<o~M~,

des escla-

procédé contre à nos officiers Enjoignons

ou les commandeurs

sance

croiront lorsqu'ils et les faire battre

à peine de confiscation les wa%!res extraordinairement.

et d'être

ves, <~s

les maîtres, pareillement les faire enchaîner mérité,

ou sous

qui

de poursuivre criminellement auront M~ esc~ce sous

les tMa<i3ur

puis-

leur

et de punir le maître selon l'atrocité direction, des circonstances; et, en cas qu'i! à y ait lieu à Fabsotution, permettons nos officiers de renvoyer, tes maîtres tant qut. commandeurs absous, sans qu'ils aient besoin de nos grâces. 47. Ne pourront être saisis et vendus ~M~t e< la séparément, s'its sont tcus soa~ la puissance femme et leurs enfans t~pM~r~, du même maître; déclarons nulles les saisies et ventes qui en seront faites, ce que nous voulons avoir lieu dans les aHénatioRsvotontair~s, sur d'être privés de celui ou de ceux qu'ils peine que feront les aHénateurs auront aux acquéreurs, cardés, qui seront soient adjugés sans qu'ils tenus de faire aucun du prix. supplément 55.

Les maîtres

de vingt ans pourront ou à cause de ves par tous oc~ cM~s tenus de rendre raison de leur affranchissement, d'avis 56.

âgés

de parens, encore Les <sc~apM qui

maîtres, leurs <<

ou

nommés seront

<<<tHC'tM. 57. Déclarons

leurs

lieu

dans

de naissance

qu'ils auront exécuteurs

soient

<ew<s et réputés, a~atM'MWMMs nos îles,

qu'ils aient

ni qu'ils

mineurs

de vingt-cinq M~cers~ ~<~M~s

été faits de

leurs

affranchir sans mort,

leurs et

<es<aweM<, les «?to~s

ou

esclasoient besoin

ans. par leurs tuteurs de

?'~<o~

pour

faits <~TM nos lies, leur tenir esclaves a~Mc/t~s M'a~~ bewin


INTRODUCTION.

~J

de nos lettres de M<t<M~ pour jouir des ocaM~M a<! M<M~e~ 'naturels dans Mo~e pw/aMMM, terres et pays de notre obéissance, encore qu'ils soient ~s dans les pays étrangers (en Afrique, par exemple). 58. Commandons aux affranchis de porter un respect singulier à leurs anciens maîtres, à leurs veuves, et à leurs enfans, en sorte que l'injure qu'ils auront faite suit punie plus grièvement que si eJte était faite à une autre personne; les déclarons toutefois francs et quittes envers eux de toutes autres charges, services et droits utiles que leurs anciens maîtres voudraient prétendre, tant sur leur personne que sur leurs biens et successions, en qualité de patrons. 59. Octroyons aux affranchis les mêmesdroits, pWc~M~ M~tM/M~ dont jouissent les pf~OMM~ nées libres; voulons qu'ils méritent M~ M~~<~Mt~, et qu'o!ie produise en eux, tant pour leurs ptrs~leurs les Wt~MS que pour biens, ~« que le <~M~M" naturelle cause d nos autres SM~C~. Tel

fut le code

Il

ne faut

noir.

dit Hilliard p&~ s'étonner, d'Auberteuil, nos esclaves, que les nègres, en devenant contractent une mnnité de vices ~M't~ n'avaient pas dans i'état naturel; ils perdent envers nous le sentiment de la pitié, il est certain également que nous M'o~o~ point ce sentiment pour eux, parce que nous sommes de !a nature, Soignés ei que nous ne sommes nous sommes réduits pas libres; à soutenir une politique inhumaine, par une suite d'actions crMc~M; nous sommes attachés à une société dont les charges sont immenses, à des emplois dans appelés no~re ambition nous porter tesqnets nous élever de plus en plus, et entrainés par une foute de passions que nus voulons assouvir; ne pouvant briser tant de chaînes, nous voulons les poliretles rendre brillantes, et nous employons cet des miHiers de bras, nature avait /ht~ ouvrage ~e ~~r~. pOMt et cepenLes pAt~opAc~ en murmurent,


ÉTUHES

SUR

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

dant

ils participent a cette iniquité, ne se sont puisqu'il point encore retirés dans les déserts. La société humaine a montré de tout temps, et montrera toujours la violence hômmes pMMM~M et la ~OMWtMtO~ des faibles. » A la bonne exprimée avait déjà

et

heure!

Voilà

la loi <<Mplus /br< clairement Mais un de ces philosophes

proclamée.

dit

« Si je ne considérais que la force, et l'effet qui en dérive, je dirais Tant qu'un est contraint d'opeuple béir et qu'il obéit, il fait bien; mais sitôt qu'il peut » secouer le joug et qu'il le secoue, il fait encore mieux: » car, recouvrant sa liberté par le même droit qui la lui ? a ravie, ou il est fondé à la ou l'on ne reprendre, » l'était point à la lui ôter. » Un autre, contemporain annoncé en jes ensuite, veau

d'Hilliard

termes, ces nègres

d'Auberteuil, l'avénement d'un

avait nou-

Spartacus parmi courbés sous le joug: « Nations de l'Europe. Vos esclaves n'ont besoin » ni de votre ni de vos conseils, générosité, pour briser le joug sacrilége La nature parle qui les opprime. plus » haut que la et philosophie que l'intérêt. Déjà se sont » établies deux colonies de nègres fugitifs, que Ie$ trai. » tés et la force mettent à l'abri de vos attentats. Ces » éclairs annoncent la foudre; et il ne manque aux nè< » gres qu'un chef assez coM~CMa? pour les conduire à la » vengeance et au Où est-il, ce grand carnage. homme. » que ia nature doit à ses enfans vexés, opprimés, tour» mentés? Où est-il' Il paraitra, n'en doutons il point, » se montrera, lèvera l'étendard sacré de la liberté. Ce » signai vénéraMe rassenïblera autour de lui les compa» gnon~ de son infortune. Plus impétueux que les tor-


INTRODUCTION.

» rens,

ils laisseront

leurjM~r~ Français, » la proie

partout

les

Espagnols, tous leurs

traces

inenaçabïes

Portugais,

Hollandais, du fer et de la flamnie.

» ricains s'enivreront » attendaient depuis

de

Anglais, deviendront

tyrans Les champs améavec transport d't~ sang qu'ils si longtemps, et OMCtH~ de

» tant d'infortunés entassée trois siècles trenaildepuis » monde joindra liront de joie. L'ancien ses applaudisse» mens au nouveau on bénira le nom du /~o< partout » qui aura rétabli les droits de l'espèce humaine, partout »on des trophées à sa gloire. » érigera Poursuivons

nos

citations

tirées

du

livre

d'Hilliard

d'Auberteuil. « Ceci posé sans m'arrêter à des distinctions inutiles, vais considérer à la fois les nègres je de cette colonie dans l'état politique, naturel et législatif. Je parlerai de nos intérêts, de leurs mœurs, et de leurs inclinations, enSn de la manière dont ils sont gouvernés, c'est-à-dire, de nos M~tM<tc~. » Les nègres sont &OMSet faciles à conduire: iissoat ~net~. quand ils ne sont pas découragés; aucune espèce d'hommes n'a plus d' elle se développe même chez eux avant qu'ils soient civilisés, parce qu'ils ont beaucoup de cette bonne volonté qui donne en même temps la force de travailler et les dispositions nécessaires pour le travail. Si nous vouions en ouexiger de grands il faut les traiter vrages. humainement et les accoutumer gradativementa une discipline exacte et invariable. » Les sont en général nègres M~ P~ c<po<MM. les nègres sont heureux et r~,r,y -1 uw sont ~on'M~. av~ao plus rv,nu ·1,6VVi-T.~GTA~:G. T.

mm


~0

ETUDES

SUR

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

Donnons-leur

de grands terrains, afin qu'ils aient l'aml'ition de les cultiver et d'en retirer du profit. Sous un bon mahre. le nègr€ laborieux est plus heureux que ne l'est en France, !e paysan qui travaille à la journée. N'allez point chercher en France un bonheur qui vous fuit, créoles voluptueux! 1 adoucissez le sort de vos esclaves, vous

le trouverez des

que

da1s

visages riang, il deviendra

vos demeures; vous n'y le travail n'aura plus un facile et même agréable.

verrez aspect

révoltant, » Le pays où règne est l'écueil de l'homme l'esclavage de la vertu. L'habitude qui n'a que les apparences de se faire obéir rend le maître fier, prompt, indur, colère, juste, cruel, et lui fait insensiblement à toutes manquer les vertus morales. s'il les oublie; la crainte Cependant, propres esclaves le tourmente au milieu de ses ennemis. de

ses

sans cesse

il est seul

» Les nègres n'ont atroce que l'ignopas le caractère rance et la crainte leur ont attribué; i ils n'ont presque jamais porté sur leurs maîtres une main homicide, et e'<~ de nous qu'ils ont appris l'usage du poison. Cependant on M~ sans miséricorde, même sans preuves, quelquefois sans indices, tout nègre accusé de poison des la plupart blancs ne vivent que dans la crainte; ils sentent presque tous combien leurs esclaves soM< en droit de les haïr, et se re~ .ont justice; ~WM~re bienfaisant n'éprouve point de semblables et ses esclaves sont ses amis. terreurs, » On peut voyager nuit et jour, M?M armes, dans toute la colonie; on n'y rencontre les nègre, pas de voleurs warywM font de mal à per~OMMc. » On peut juger, par la bonne conduite c~a~ ~'d<a< de liberté, de ce dont ils seraient bien d~rt~

<~M'~ tiennent capables étant


INTRODUCTION,

» La bienfaisance est

une

les nègres. fte~rme~

L'édit

tant

formalité;

Saint-Domingue, les noirs. Leur leurs

qui

maîtres

Et dans

la sévérité

pas que des nègrel ou sous ~/bM~<,

~'e/Mp~e <M ~c/to~~

M~ étouffés, reste toujours,

de cruautés

qui de contenir

les moyens

de 1685

journellement soient OMO~

ne

qu'ils

les cœurs,

gagne de la justice, sont

suite

~i

sans

aucune

impunie.

A

quiconque est blanc maltraite impunément situation est telle, qu'ils sont esclaves de et du public. »

le 2" volur i3 de son

notre

ouvrage,

auteur

dit

encore

« On a introduit plus de 800 du produire

dans

mille

la colonie, depuis l'année une pépinière aussi forte

nègres millions

des

1680, aurait

il n'en cependant existe dans la colonie (en 1776) que 290 mille. Ce ne sont pas les maladies ce point qui ont affaibli jusqu'à la population des noirs; c'e!< la ~raMMtc des Ma~r~ elle a triomphé des efforts de la nature » Quand même on ne voudrait les nègres regarder des êtres physiques utiles à nos jouissances, que comme il ne faudrait sans nécessité; pas les détruire pourquoi donc les faire périr ou dans des traitemens barlanguir bares ?. leurs

que

des

les

pendant ne peut l'enfant

1 « Il est

prouvé

maîtres

avides

n'aiment

on est, disent-ils, derniers mois de leur

enceintes;

négresses

travail l'on

Mais

d'esclaves;

en retirer soit que

sevré; 14

ou

à voir

pas privé

de leur

grossesse, services jusqu'à

que de légers le bénéfice des 1500

mille

noirs,

crues

ne

et ce

suffit

dans aujourd'hui les épars » colonies européennes du Nouveau Monde, sont tes restes infortunés de 8 oa » 9 millions d'esclaves qu'elles ont reçus. » méthodique, etc., citée par Garran dans le f vol. du rapport, p.(Encyclopédie 16.)

1


f

52

ÉTUDES

SUR

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

1

point bares,

à réparer le temps n qui la cruauté

Il y a des hommes barperdu. est fortifiée par l'avarice; et l'a-

varice

ne prévoit rien. » Si les négresses se font souvent

c'est

avorter,

presque la faute de leurs maîtres; ils M'(Mt<pas le droit de toujours les en punir, parce qu'tl n'y a que l'excès de la tyrannie elles les sentimens maternels. qui puisse étouSeren » J'ai vu 53 nègres, et négrites négresses, négrillons de la mémo famille; le père vivait encore, il était né dans le Sénégal il avait 87 CMx d'esclavage; il avait eu 22 enfans de 3 négresses qui çait à voir sa quatrième » En Jésuites

exécution

toutes

étaient

et commen-

mortes,

génération. de l'édit de 1685,

les missionnaires

la partie du Nord) avaient entrepris de marier légitimement tous les nègres esclaves mais cette la faculté méthode, de diviser ses qui était au maître nuisait au droit de propriété esclaves, et à la soumission (établis

nécessaire.

Un

dans

mauvais

une famille, nègre corrompait cette famille tout l'atelier. et la coM~ra~o~ de <~Ma! ou troïs familles pouvait <~<n~re les plus grandes ~o~<to~, la révolte le poison, por~r l'incendie, » Les nègres sont superstitieux autant ne point qu'il est possible, de se livrer à ces vices dangereux.

et fanatiques; il faut, leur donner d'occasion Les Jésuites

pas dans cette vue; ils prêchaient, les nègres, forçaient les maîtres à retarder faisaient des catéchismes, des cantiques, tous les esclaves au tribunal de la pénitence duisaient

expulsion, parmi les

les nM~oy~ ao~ nègres des grandes

rares,

ne se con-

t attroupaient leurs travaux, et appelaient

depuis ne s'en fait

il

leur plus

habitations.

plus .) deux esclaves de séparer pour rêt et leur salut de celui de l'atelier;

On n'y permet leur intétoujours plus

de prières

pu-


t

IMROÛUCHON.

bhques, pour Ces

53

de cantiques ni de d'attroupemens, mais il y a toujours des catéchismes. eux; aveux

d'HiUiard

d'Auberteuil

sont

~woH< H

extrêmement

ils nous dépeignent la misérable condition des précieux noirs dans l'esclavage, tout en établissant leur droit à un traitement bons et tacites plus doux; car il les reconaatt à conduire laborieux et intelligens, sobres et patiens, en même la temps qu'il ne dissimule pas les injustices. la cruauté de la plupart des maitres. tyrannie, Que penser, en effet, de ces colons qui n'aimaient pas & voir les femmes esclaves enceintes, ces infortunées qui forçaient à se faire un

avorter!

dire

de ces maitresqui 87 ans dans l'esclavage,

Qae

homme

gardèrent alors qu'il

pendant était ie père commun d'one famille de 53 individus Par l'article 2 du code noir, Louis XIV ordonnait faire

instruire

les esclaves

son

successeur

immédiat

mais

les maîtres

dans

la religion renouvela cette

se refusèrent

Ainsi, la religion et la résignation

à l'exécution du

1 de

chrétienne prescription; de cette dis-

Sauveur

la qui enseigne ceux qui souffrent, patience qui moralise les hommes, nuifut jugée par ces despotes cruels, sible à teur prétendu droit de propriété; et le mariage, cet acte qui contribue tant A la pureté des mœurs, à l'esposition.

à la paix des États, et prit de famille, à la conservation à la propagation de l'espèce le mariage fut humaine, eux-mêmes proscrit pM* eux 1 Ces maîtres qui donnaient le pernicieux du libertinage, du <;oncubinage, exemple pouvaient-ils, des unions ainsi

légitimes à condamner leurs

On peut

l'ú<'I\>

-en effet,

inférer

permettre, encourager leurs esclaves, parmi propres

de l'ouvrage

la sainteté et les porter

mœurs? que nous citons,

comme


S4

ÉTUDES

SUR

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

de beaucoup d'autres des motifs donnés documens, dans les actes de la métropole, et de la conduite des colons durant tout le cours dE la révolution. une chose qu'il est extrêmement de constater c'est que, si le important code noir, dans ses dispositions re~a~mcM< favorables aux esclaves, a été modifié successivement par Louis XIV lui-même, cefutàla

Louis

par

XV surtout,

même

à la sollicitation

suggestion,

verneurs

les intendans généraux, se rendaient plupart, propriétaires tions à Saint-Domingue, devenant subissant l'influence de ce régime admirablement rendaient

vues

de nouveaux

par

ou par

royale,

conseils

des

se prêtaient

barbare,

possesseurs d'esclaves, à cet effet et les faisaient

édits

émanés

instructions

de justice

supérieurs

de grandes habitacolons eux-mêmes et

de ces

des ordonnances

consacrer sance

aux

par Louis XVI, descolons. Les goude la colonie qui, la

agissaient

de la toute-puisministérielles. Les dans

le même

sens. C'est

donc

où nous

à tort,

selon

trouvons

non,

que dans

des pensées judicieuses, un auteur moderne a dit

honorables,

son des

ouvrage sontimens

« On

en Fr~ïce, s'aperçut, que le germe déposé dans » le code noir se développait et comme rapidement, » l'esclavage semblait une institution aussi précieuse » alors, qu'elle on enparait embarrassante aujourd'hui, » raya l'œuvre de s'accomplir. On fit deux qui menaçait » ppr<s de l'édifice de Colbert celle des disposil'une, tions généreuses et libérales, que l'on se prit à saper et )) à détruire celle de la pénalité, l'autre, que l'on étaya M. LepeOotierdeSamt-Rémy. ~M~e et solution nouvelle de la ~uM<tun /«u(tc~tc,

t.

t",

p

105

et

t07.


INTRODUCTION.

S5

M chaque et nouvelles. dispositions jour de quelques » qui seule s'est perpétuée nous. Pour ceux qui jusqu'à » n'étudient ~M'eM courant et dans les livres tout faits, ce » sont

les colons,

ce sont

les <tM<on~

coloniales,

» tout

qui ont L'entral-

en ce sens. Erreur accompli grossière » nement du climat, la continuité la facides rapports, » lité malheureusement des mœurs, tout trop grande » tendait » blait

à auaiblir avoir

cette démarcation

voulu écrire

sur

que la nature semCe fut !a métro-

~/roM~.

» pole, ce fut la France qui, l'érigeant » qie, à l'élargir se prit à la creuser, » persistance de la monomanie. » Veut-on

en système politiavec l'inflexible

avoir la pensée compoursuit-il, Nous aUons la faire connaître.

maintenant,

» plète de ce système? » Et comme nous ne procédons jamais que document en ainsi que le lecteur a pu le remarquer, nous main. » termiuerons cet examen en laissant se dérouler dans ? toute » sa

sa franchise,

naïveté,

» litain

la

à l'endroit

nous

dirions

dans

presque

du gouvernement politique des classifications sociales

toute

métropoaux colo-

du roi écrivait aux )) nies. Le ~7 mai 1771, le ministre » administrateurs de Saint-Domingue « J'ai rendu compte au roi de la lettre de MM. de No? livos

et de Bongars, du 10 avril » réflexions sur la demande qu'ont » lettres patentes qui les déclarent

1770, faite

contenant les

leurs

sieurs.

de

issus de race indienne.

» S. M. n a pas jugé à propos de la leur accorder; elle a » jugé qu'une la dineà détruire pareille grâce tendrait ? rence que la nature a mise entre les blancs et les MMr!, » et que le préjugé politique a eu soin d'entretenir comme » une

distance

» descendans

à laquelle ne devaient

les gens jamais

de couleur atteindre;

et

entin,

leurs qu'il


~6

ÉTUDES

i

SUR

L'H!STO!RE

D'HAÏTI.

» importait au bon ordre de ne pas affaiblir l'état d'humi» liation attachée à l'espèce ~a~M quelque degré qu'elle se trouve; préjugé <<'aM<~< plus utile qu'il est dans le cœur » même dps esclaves, et qu'il contribue principalement » au S. M. approuve en conséquence repos a~co~M. » que vous ayez refusé de solliciter pour les sieurs. la » faveur d'être déclaras issus de race indienne; et elle » vous recommande de ne /cwon~ sous aucun prétexte » les alliances des ~oMc;< avec les Ce que filles de ~a~ » j'ai marqué à M. le comte de Nolivos, le 14 de ce mois, » au sujet de M. le de. d'une commarquis capitaine » pagnie de dragons, en France une fille de qui a épousé » sang-mêlé, et qui, par cette raison, ne peut plus ser» vir à vous prouve combien S. M. est Saint-Domingue, » déterminée à maintenir Je principe qui doit écarter a » j~a~ les gens de couleur et leur postérité de tous » les avantages attachés aux blancs. « Est-ce clair? » ajoute l'écrivain distingué que nous citons.

Non,

dirons-nous,

ce n'est

car cet auteur a pas clair; du remarquer transmettant au ministre qu'en français la demande des sieurs. MM. de Nolivos et de Bongars ont refusé de solliciter cette faveur, cette grâce or, ce gouverneur grands maintien

et cet

intendant

étaient

co?o~M eux-mêmes.

propriétaires a Saint-Domingue, intéressés au de l'avilissement de la race noire. M. de Nolivos, descendant d'un autre colon, une riche possédait sucrorie dans la plaine de Léogane, M. de Bongars la caféterie plus grande de la paroisse du Port-au-Prince. Ces deux administrateurs n'avaient pas besoin d'ailleurs d' une autorisation la grâce solliciroyale pour accorder


ÏNTROnUCTKW. 1

iée;

car

vaient

avant

statuer

décision

eux, sur'de

le gouverneur pareilles

et

demandes,

de Larnage, par le marquis deux des meilleurs Maillart,

prise

l'intendant

l'intendant en

vertu

poude la

gouverneur,

et

administrateurs

Ce fut sous eux que l'on faqu'ait eus Saint-Domingue. cilita l'admission dans la classe blanche, de beaucoup de sang-mêlés, se disant issus de race indienne. Mais, au temps de MM. de Nolivos et de Bongars, le préjugé avait fait des progrès, et ces deux administrateurs vou!urent ordre ministériel qu'un vint le fortifier. Ce fut donc a la suggestion, a la sollicitation des colons, que l'autorité royale consacra de plus en plus le préjugé de ta couleur. Comme

toutes

les autres

puissances qui ont fondé des colonies en Amérique, la France a eu sans doute sa part de torts dans l'établissement de l'esclavage des noirs, dans le maintien de cette horrible institution et dans l'institution du préjugé de la couleur; elle a eu d'autres torts,

et nous

se dérouteront. venues reuse

les signalerons Mais c'est

les demandes condition

descendans Hilliard

a mesure surtout

réitérées,

des esclaves, I'e<ïet du préjugé

pour

que les événemens des colonies que sont la malheuaggraver étendre contre leurs

pour de la couleur.

d'Auberteuil, son ouvrage qui a publié pendant que le comte d'Ennery gouvernait Saint-Domingue, avait saisi cette occasion au ministre pour dénoncer de la marine cet administrateur telleintègre qui s'indignait ment des abominations commises dans par tes blancs cette colonie, qu'il dit à cette occasion ~a~Oc~n~ e~ une ~pco~e .S(~WM' ~Mc ~M du ciel doit d~orcr. Paroles prophétiques qui se sont réalisées quinze ans Les noirs se sont rendus plus tard les agens du ciel et


~8

ÉTUDES

SUR

LHtSTO!RE

D'HAÏTI.

nu ne,n nrsinnainnf "iliiDrA ."1' .!nho.ton;l ce Hilliard d'Aube'rteuil que craignaient la conspiration de deux ou trois nègres

cyt y portant

habitations.

grandes

l'incendie

W

et <1.0<:> ses w>I" pareils, a détruit toutes

les

e< la révolte.

VI.

Prétons

une égale attention aux étranges de cet auteur, concernant les affranchis. « La classe esclaves

intermédiaire

qui ont

obtenu

propositions

de la colonie, dit-il, celle des ou acheté leur affranchissement,

est trop considérable; et le ministère a eu plusieurs fois l'attention de la diminuer. Il a autorisé en difïérentes les administrateurs

circonstances

de la colonie

à vendre

à prix d'argent, mais cette méthode était elle a été proscrite. mauvaise, ? Le conseil supérieur du Cap, par un arrêt de règlement rendu en 1767, a déclaré nuls tous les affranchisseles libertés

mens

à l'avenir donnés et qui seraient par testament l'année suivante une ordonnance ce (royale) co~rwa~t a voulu qu'on ne pût. -non-F-eulement donner règlement, à l'avenir aucun ble du

de liberté

esclave,

par testament, sans en avoir obtenu

mais même

affranchir

la permission préalatl en est résulté que

et de l'intendant général de semblables ont été vendues ou beaucoup permissions données à la faveur, et que les anranchissemens ne sont pas devenus plus rares. » On a renouvelé le système de vendre à prix d'argent les permissions d'affranchir to ttes sortes d'esclaves; ce est maintenant les système plus accrédité que jamais; Ce conseil, composé de colons, annula donc l'art. 55 du code noir, avant que l'autorité royale se prononça), à ce sujet!


INTRODUCTION.

permissions encore bien

sont

taxées,

g<)

et l'objet

de cet impôt

n'est

pas

connu.

» Le premier motif qui puisse un maitre à engager affranchir son esclave, c'est !a reconnaissance des services en a reçus ce motif devrait qu'il être le seul cepenil en a deux autres, dant, savoir y les liaisons illégitimes du maître et de l'esclave, ou l'attachement qu'il a pour les enfans provenus de ces liaisons, et l'argent offre à son maitre que l'esclave se racheter luipour même. » Chez

tous les peuples ou petits-fils des affranchis à Saint-Domingue, r~M

qui ont étaient

eu des es laves,

les fils

mais réputés ingénus e< la ~r<~ veulent que nous accablions la race des noirs d'un si grand mépris, que quien conque soit couvert descend, jusqu'à la sixième génération, d'une tache ineffaçable. » Les mulâtres, ou métis sont respectueux quarterons et soumis envors les blancs, et les aiment tous en généra! ils Me permettent de haïr que ceux qui leur ont fait beauun coup de mal. S'ils osaient frapper ils en sont frappés, ils seraient punis est la force du contre eux. préjugé

m~ blanc, avec rigueur que leur mort,

quand telle en

ce

cas, ne para~raK pas un trop grand supplice. Cette sévérité sera peut-être trouvée mais elle est nécessaire. injuste, » ces dernières un blanc qui se croyait Jus~j'~ années, offensé par un mulâtre, ïe maltraitait et le battait impumais a nément; les commandans militaires ont présent, rc~.i d'i général l'ordre de ne plus (le comte d'Ennery) souffrir se rendent que les blancs justice à eux-mêmes d'une manière eussi violente (a) et quiconque frappe un (a) Le Roi, dit-on, ne veut pas ~u'aucu~ c~ ses sujets soit maltraité. «On » no se trompe point dans le principe, mais on !'nppUque mal. La tthp~ et

M~


CO

HTUDES

mulâtre

est

dant

le e

qu'il

est

forte

raison

les

mais

il

faire

un

par

nègre ce

qu'en

le

d'une sans

pas de

à

fouet

trop

cruel

huit

ou

d'ailleurs,

insulte

au

afuige,

endurcit, des

à tout,

pour un

de

les

c'est

et ne sert

M les bons traitemens ne peuvent ? conservation des rangs a

faire

elle

ruine

une

invention

à rien; exister

no

mépriserait ~0

que

le maintien

prison ~'acotr de

peine

de prison

peuple

la tMpcnor~ sans

serait

pendad en

le

coups

il

travail

La

voie. répara-

!iègre),

w<ï<

lieu

même

mettre

très-grand remplir.

révolte; geôliers

le

au

donner

son

et

nègre,

avoir

il

au à

onensé

ce

la

pour

plus

justice;

blanc

pas

faire

mulâtre

toujours et

n'a

(comme

que à

esclave,

police,

pas

autre

même

de

cependant

pouvant

ce

la

son il

à la

insolent

à

maitre

punir

que

jours,

c'est prisons

nuit

Ne

d'arracher quinze

au

retenir.

violence,

qu'un

mulâtre,

~M~tce,

mulâtre

grandes

enrichir

u~

légère,

danger?

droit

pen-

l'y

un

par cette

différence,

doit

la

de

ont-ils

maître

de

battu

plaindre

par

S'adressera-t-il tion

se

militaires

prisons

commandant

plaindre

cette

insulté

qu'étant

au

mulâtres

D'UAtTt.

ou

nègre

se

peut

cas

forts

qu'un

puisse

faut

les plait

juste

maître,

L'ÏHSTO!RE

dans

temps

S'il

son

mis

SUR

barbare

pour qui

des blancs d$ Tordre

et

la

Nous

le repétons Hittiard d'Auberteuil son ouvrage sous le gouverpublia du conr-te d'Ennery; nement c'est à ce générât ces paroles elles qu'il attribue font preuve de ce sentiment de justice durant le pen de temps qu'il montra la On le fait colonie. connait suivant de ce générât qu'il gouverna Un mulâtre était créancier d'un blanc; à celui-ci son argent, ayant demandé le débiteur l'assomma à coups de b&ton. Le mulâtre ne tui indigné, pouvant rendre les coups, porta plainte directe au gouverne'r. Ce dernier, indiplus ta manda le avoir créance au motatM. Le goablanc, gné encore, après payé substitué tiasi aux droits dn créaMcier le débiverMur, orig taire, interpette teur pour avoir battu le mulâtre !e blanc lui répond avec arrogance, se fondant sur ie droit du matAtM t'insetenoe qo'U avait de répnnMr qut a ose lai demander

son dû. et exige

Le son

lui fait savoir alors qu'i~ est devenu son gouverneur immédiatement le blanc d'arn'avait point créancier, payement sur tui. tt est sans à son le comte tour, gent frappé pitié par d'Ennery qui !e contraint a aller chercher de suite te montant de la créance. Aussi était-it détesté des colons! Mais son tombeau est respecté au Port-au-Prince.


INTRODUCTION.

6<t

exige que le mulâtre qui leur manque et il y a une sorte d'humanité champ, l'humilier puissent par un châtiment à l'insulte portionné » H serait donc

soit

puni

sur-le-

à permettre

qu'ils et

prompt

pro-

(~).

et plus juste, que le plus convenable de la colonie continuât à garder, comme gouvernement le silence <Mr les insoiences autrefois, des particulières WMM<rMet sur les suites qu'elles sauf& punir auraient, les blancs

en les maltraitant, qui, envers eux d'une violence

pables

se rendraient

couet à les

dangereuse,

comme meurtriers. poursuivre » Les WttMtr~MM sont en général bien moins se sont attribuées que les mulâtres, parce qu'elles des blancs un empire plupart Elles aimont les blancs. » Elles

sont

qui rendent qui viennent tout dans » Les beaucoup retrancher

les maladies

le plus

qu'ils

de

sang.mélé filiale. piété sur leur luxe

mulâtres avant

et compatissantes services aux jeunes fortune

que les de mourir, précieux,

éprouvent. comme ont a

vu

des

acheter pour (blancs) n'avaient

pères et faire celui

la

il y en a gens

à Saint-Domingue,

On

sur

sur le libertinage.

charitables

de grands chercher

gens de

fondé

dociles

à ces enfans

(blancs) sur-

les

nègres, mulâtresses

des

encans

pu affranchir le don délaissés,

de la liberté.

(b) « A Paris, où te manquement d'un homme du &<M peuple envers son est Msupérieur toujours puni de priMa, y a-t-il un seul cocher de fiacre qui M ne préférât dit coups de canne à dis jours de pr~oo? Et oombien de fois H subit-iU'un et l'autre? n y a cependant une grande différence politique M entre un cocher de /!<Mreet <«ttn<tM<fedt~ co~onM. M Assnrément, si Hilliard d'Aunerteuit vivait encore, it trouverait une plus grande différenceentre Haïti et Saint-Domingue; et nous ne savons si, à Paris, il lui serait faeite <ie trouver des cochers de fiacre qui préférassent dit coups de canne à dix jours de prison.

~SOS<W~t;MM.


62

ÉTUDES

SUR

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

~/M MOMC qui Cp~M~<! ~tMMMMtCM< une mulâtresse descend du rang des blancs et devient l'égal des affran»

ceux-ci

le regardent même cet homme est méprisable.

chis

comme

leur

inférieur

en effet, » Celui

se manquer à luiqui est ass3z lâche pour est encore de manquer même, aux lois de plu:, capable la société; et l' on a n:MO~, non-seulement de mépriser, mais

encore

de

par intérêt sallier.

ou

la

soupçonner par

probité descendent

oubli,

de

ceux

jusqu'à

qui, <e w~-

» Il y a dans la colonie environ 300 hommes blancs ~on~ à des filles de sang-mêlé; sont nés plusieurs ils rendent malheureuses ces femmes gentilshommes la CMptd~e leur a fait épouser; encore, plus malheureux quoique Tout ce qui les entoure devient que

de regret, tout les plonge dans

ce qui doit la tristesse;

ils sont moins

eux-mêmes

dignes de pitié. eux des objets

pour consoler les autres

ils éprouvent rien de plus

sans

hommes, cesse les

du ca?Mr. Est-il accablant supplices pour des pères, l'être à des enfans que la honte de donner de remplir aucunes fonctions et conciviles, incapables damnés à partager l'humiliation des esclaves (c). Il devrait affranchis blancs, nuls,

ou quant

être

aux dé f endu sous des peines sévères, et filles de sang-mêlé, de se marier à des du moins, de tels mariages devraient être aux

effets

civils;

la police

et les

lois de la

(c) « Des enfans procréés de semblables mariages ont cependant quelquefois » servi en qualité d'officiers dans la maison et dans les troMpMdu roi; mais » à présent il y a trop de cr~ote~en France, pour qu'ils puissent conserver » l'espoir d'en imposer à l'avenir sur leur origine. n Avons-nous raison de dire que ce sont les colons qui ont toujours provoqué de t'autorité royale des exclusionscontre les affranchis et leurs descendans, qui ont poussé aux rigueurs contre eux dans les colonies, aux barbaries contre les esclaves?


INTRODUCTION.

colonie

ne

doivent

avouer

point » Il est vrai que l'édit code noir, aux permet

(~

de semblables

unions.

de 1685, vulgairement appe!é blancs d'affranchir leurs néet de légitimer ainsi les er<fans

gresses en les épousant, naturels en auraient mais cette loi e~ M<qu'ils eus; de négresses jette à de grands abus. Combien n'en ontelles pas profité toute la fortune de pour s'approprier leurs maîtres abrutis dans le libertinage, et incap&bles (le se soustraire à l'empire donne sur les 4mes qu'il faibles et séduites sans rougir? Les qui s'y sont livrées biens

à la passion f amilles ont été sacrifiés sont devenus le prix de la débauche, et des ~o~M yMpcc<a~ sont échus avec les plus belles terres, à des ~MM~'M Il faut prévenir la suite un abus auss~ ~t~ pour et si contraire à l'esprit des anciennes dangereux lois, eu pour qui ont toujours nécesobjet la conservation saire des <~M et des rangs 1. » On a déjà voulu réprimer cet abus, et l'on a défendu aux affranchis et gens de sang-mélé, lei t de prendre noms des blancs (r~~CM< rendu en 1773, par le général et l'intendant, MM. de Vallièreet de Montarcher, et enregistré éviter croyait

dans

les

deux

conseils

On supérieurs). la confusion des rangs et

par ce moyen des familles; mais est-il quelque autorité d'emcapable les mulâtres et leurs descendans pêcher de porter les noms qui leur appartiennent de la naispar le droit mariage

qui leur de leurs

puissent

à l'avenir

sance,

En

t790,

Bauvois,

ont

été

transmis

par

une

suite

du

pères? Il faut donc ~M~cAct' qu'ils ne se prévaloir de ces droits, e< ne point membre

du

conseil

supérieur

et

de

l'assemblée

pro-

vincialedu Cap, fit un livre où il propo'Mntde retirer aux hommes de couleur tous les biens qu'ils possédaient, pour tes réduire à la domesticité.


64

ÉTUDES

SUR

L'HISTOIRE

D'HAtTT.

eMa?-nt~MM, en épousant M'M~Wr que des blancs se ~radeM< des négresses ou des filles de MM~flégitimement » Non-seulement il ne doit point être permis aux et quarteronnes mulâtresses à négresses, de se marier des MoMM,

est yeceMa~

qu'à l'a venir, ~s<eM< dans l'esclavage.

griffes et marabous » Si la liberté

ost pour un esclave compense que l'on puisse imaginer, qu'il est peu d'actions dignes de cette faut

tous les nègres,

la plus grande réi! faut convenir il ne

récompense;

les aCranchissemens, donner pas ItipHer la liberté à un nègre pour avoir bien fait la cuisine ou frotté les meubles dix ou vingt ans; c'est un pendant abus.. donc

» Les seuls dans

des

exemples celui qui, évident, sienne esclave

doivent être ceux qui, affranchis nègres occasions auront donné de grands urgentes, de respect et d'attachement pour les blancs

aurait dans un péril sauvé, par exemple, la vie d'un homme de la aux risques blanc serait de la liberté. tel Le prix d'un digne

serait

remboursé

à son

sur

maître

ies deniers

il lui serait permis de se marier publics; légitimement à une MtMMtr~e (d) (non pas à une M~rcMe, remarquezle motii bientôt). le on en verra et on lui assignerait une gratification

de le faire

capable

subsister

dans

l'état

Ce voeu a été entendu sous le gouvernement de Louis XVI en <778. deux ans

la publication

après

du

livre

de l'auteur,

une

ordonnance

fut

rendue

a cet

effet. Et à i'assemb!ée coloniale de Saint-Marc, en i790, Thomas Millet fit la motion de contraindre tous les blancsqui épouseraient une femmede conteur. à prendre un nom africain, comme les mulâtres y avaient été contraints par t'ordonnance

de

MM.

de

Vallière

et

de

Moutarcher.

(d) « En faisant considérer la permission de se marier légitimement comme Mune récompense, ce lien, trop profané de nos jours, le mariage, deviendrait M plus

respectable;

il deviendrait

l'objet

des

désirs

de

presque

tous

les jeunes

M amans; ma;s il sera dans l'avilissement, tant que l'on ne joindra pas les » ressorts politiques aux commandemens religieux. 1)


INTRODUCTION.

63

de liberté.

A l'égard des nègres qui leurs maîtres, ne sont-ils pas assez vie douce que la reconnaissance, qui de

leur

maîtres? ni

leur

affranchissement, Il ne faut donc

à quelque

pas

auront

servi

récompensés par la aurait été le motif

fera

que

bien

trouver

sous

aucun

chez

ces

prétexte,

les maîtres que ce soit, puissent, des services ordinaires, pour récompenser et dont tout homme est capable, obtenir la permission d'affranchir des nègres encore se mariant jeunes, avec des qui. prix

ou négresses libres, acheter des négresses droit

du

libres

abusant esclaves

forment

mariage, semblables

d'8 l'édit

en tout

et les

de

1685,

pour par le

affranchir

une

d'hommes population à la race des esclaves.

» Mais la colonie sans

ne pouvant pas être bien constituée une classe intermédiaire entre les esclaves il faut que cette classe soit absolument

conserver

et les ingénus, <MMc<e de celle des esclaves, comme

individuels,

par

par les signes les droits civils.

que cette classe soit ~m~, c'est-à-dire et pour la rendre posée de t~MM~; mencer par marier tous les nègres ~7dans la colonie à des fMMM<r~~ négresses la liberté

~'M à tous

il faut

ensuite

les mulâtres,

Il faut

et donc

entièrement

com-

il faut comtelle, à présent existans

assurer enfans

extérieurs

les MM~M

da

les avantages de la faiblesse

de des

Hilliard d'Auberteuil se récriaU contre la toute-puissance des gouverneurs et des intendans, qui portait bien des pères de famille, parmi tes blancs, à donner leurs filles en mariage A des créatures de ces mais il trouvait tout s)mp!c de contraindre les nègres et les administrateurs; mulâtres à des femmes de leurs classes, contrairement à leurs sentimens. C'est épouser nègres et mulâtres n'étaient pas des êtres sembtabtes aux blancs.Le code que, noir défen dait cependant d'user de contrainte à cet égard. Et voyez comme le préjugé U venait J'aveuglait de dire qu'il fallait que tous les yW~ fussent esclaves. Or, tes liaisons qu'il indiquait entre les deux classes libres de couleur, devaient produire seulement ce que les blancsappelaient griffes ceux-ci seraient cependant des hommes libres. Il'I\

T.

1. g

<


>>

06

ÉTUDES Il.

SUR

L'!HSTO!RE

D HAtTï.

et qu'ils doivent aimer puisqu'ils En les laissant en esclavage, c'est des nègres le respect qu'il faut leur

colons naître.

les ont affaiblir

fait dans

l'esprit les blapes ~ac~.

inspirer pour tout ce qui proche des blancs doit leur paro~rc e'ïx-mémes ce qui pro(Et les blancs méprisaient

cédait

d'eux!) » Tous les affranchis

étant

ainsi

muldtres

ou

fils de les escla-

on ne pourrit

avec plus les confondre ne pourront ves, et les nègres qui seront en marronnage Le:i deux classes seront distinctes et séplus se dire libres. et il ne peut en résulter qu'un grand bien. Jamais por~, muldtres,

aucun

muldtre

n'a été accusé,

poison.

L'attachement

jamais mêmes

relâché;

l'espèce » îl

ils

ni

du crime de complice des ?MMM~es pour les blancs ne s'est

conserveront

à

plus forte encore plus

raison

les

<~<ac~ de quand ils seront ne l'ont été jusqu'à nègre, qu'ils présent*. ne peut donc pas y avoir d'inconvénient à déclasentimens,

rer <OM&les muldtres à la charge compagnies d'y servir

même, a~a~c/tM par leur naissance dé fournir des hommes dans les pour servir de maréchaussée et de police, c'est-à-dire

trois ans, et de pendent fournir dans chacune des parties du Nord, de l'Ouest et du Sud, une compagnie de chasseurs, de 50 composée hommes, pour donner la chasse aux nègres marrons (voilà le but,

chacun

clairement

à leur

tour

des avantages

exprimé,

à accorder

aux

Diviser pour t'<~<y/ « Ajoutons que, bien diffërettta de ~a législation M française, ia tcgistation » aux proportions d'un

» » » »

espagnole système

n'avait

potitiqna.

!e préjugé pas élevé KHR nv~it pensé que

de

la coM~r

~armottM,

et,

autant que possible, la fusion des différentes classes de la population, étaient un moyen de gouvernement, pet~trc moins profond, mais pour le moins aussi rationnet et aussi politique que la combinaison traditionnelle du divide et impera. » (M. Lepelletier de Saint-Remy, p. 5? du t. i") a dit le générât Pamphite de Lacroix (page M5 du GoMf~Mcr, c'est f~MMM, tome t~.), moins que cette maxime ne doive pas être appliquée & la race noire.


INTRODUCTION.

mulâtres),

CI

généraux,

~7

et garder, sous le commandement les frontières qui nous séparent pt

l141Tl1~n

a~»n

~n,

1'11.]-

1

.1--

1-~

des prévôts de la colonie

espagnole. ». D'ailleurs,

et d'après ce que je propose, on pourra s'en fier sur la distinction des rangs et le degré de nuance, à l'orgueil qui ne perd jamais ses droits, et à l'exactitude des registres publics. » L'affranchissement frein

à l'avarice

blent

tenir

dans

de

naturel

quelques leurs maisons

des hommes

mulâtres

serait

(~OMC~) qui

un sem-

fabriques <~WM~rc<, et qui, mettant à contribution ceux que la faiblesse en a rendus le plus méprisable pères, font authentiquement de tous les commerces que l'on puisse imagiper (ils vendent ordinairement 3000 livres un mulâtre à la mamelle). D'un autre côté, il arrêterait tous les abus qui résultent de ces

de ces fidéi-commis indirects, avantages tacites faits en faveur des négresses et de leurs enfans bâtards, que-dans l'état actuel on ne saurait et qui enempêcher, lèvent OMa? légitimes ~r~te~ des biens co~t~a~, pour les donner à ceux dont la condition est de travailler per» sévéramment.

en voyant le soin qu'a pris Hilliard Yr'ument, d Au. berteuil de constater le despotisme du gouvernement colonial à de ne dissimuler en rien les Saint-Domingue, mœurs vicieuses des blancs en général, leur avarice, leur cupidité, leur orgueil. leur tyrannie, leur cruauté envers la race noire; et, d'un autre côté, la peine qu'il s'est donnée la bouté native des nèpour faire ressortir leurs gres et des mulâtres, sociales. qualités tachement on serait pour leurs oppresseurs, se demander si cet Européen instruit, éclairé,

leur tenté

atde

observa-

i


ETUDES

tour n'a

des faits pas

eu

SUtt

lumes

la secrète

non;

il suffit

d'Ililliard

que tout ce qu'il pres dont

convictions,

conque fortune, nés.

D'HAtTt.

monstrueux

en écrivant colonial vient de lire, et qui ironie. Mais,

L'HISTOIRE

la pernicieuse

sous ses yeux, 1 qm se passaient intention de foudroyer le régime les étranges propositions qu'on ne seraient alors amère qu'une

do lire

avec

attention

les deux

vo-

d'Auberteuil, a dit n'était du

rester convaincu pour de ses proque le résultat suivi dans les colonies, système

influence

l'âme de quipervertissait y passait pour s'établir, pour courir après cette ces biens, objet de tous les désirs les plus euré-

en soit, nos lecteurs Quoi qu'il reconnaîtront facilement que, dans la crainte d'affaiblir les pensées orgueilleuses des colons, et pour mieux inferexposer le régime nal à l'aide duquel ils tenaient sous le joug la race noire tout entière, nous avons dû citer tout au long les passages du livre publié d'Auberteuil. Une anapar Ililliard étendue lyse, quelque qu'elle pût être, n'aurait jamais convenablement le texte de cet auteur; remplacé elle eût pu paraître exagérée, même. Partie intémensongère ressée dans les questions de que nous nous proposons nous avons dû présenter traiter, le régime colonial dans toute

sa nudité,

le faire

Et d'ailleurs, apprécier. écrivant d'éclairer notre pour essayer pays sur ce passé si fertile en enseignemens et n'ignorant précieux, pas les documens sont rares en Haïti, que nous ne devons d'être pas craindre long dans l'exposé de ces antécédens pour

de son histoire, parce que notre but est de faire ressortir aux yeux de nos le mérite, la gloire qu'ont concitoyens eus nos pères en brisant les liens qui les tenaient en-


R

tNTRODUCHON. chines

1..In~"

J1la servitude,

dans

d'hommes

trop

longtemps

pour

~)1(~)

s'élever

a leur

dignité

méconnue. vu.

Dans

ce but,

nous

allons

faire encore

les

compléteront maintenant

mais précédentes; dans les écrits qui ont au début de la révolution.

opprimés, Le plus

constant

des citations

nous

qui

les

prendrons la cause des

plaidé

des

Amis des no~ Henri Grégoire, curé d'Embermenil, devenu évêque de Blois, en présentant en 1789, à l'assemblée nationale dont il était membre, un mémoire en ~cMr couleur ou M~-f~~ de établissait ainsi les privations Saint-Domingue, imposées à cette classe « Défense » vrerie. » Défense » Défense

d'exercer

d'exercer

certains

métiers,

la médecine

de porter des noms des noms o/Wcot?~

» prendre » Injonction

aux

et la chirurgie. européens,

injonction

de

notaires

et autres hommes )' publics, de dans leurs actes les consigner qualifications » de WM~r~ libres, quarterons etc. libres, sang-mêlés, » Défense de manger avec les blancs. » Défense de danser après 9 heures du soir. » Défense d'user des mêmes étoiïes que les blancs. » Des archers de police furent commis à l'exécution de les ~cnus

d'Afrique

curés,

comme l'orfé-

donnaient des noms n~w~ aussi

prodiguaient-ils

le

nom

des

~<.Mà tettrs escta~s des

des

Sylla, Scipion, César, des Socrate, des Cnton, des rumpcc. des SaU.rnc, des Mentor, des Télémaque, etc., etc.

1


70

»

ÉTUDES

ce décret

on

SUR

L'HISTOIRE

les a vus

sur

» portes même des églises, » personnes du sexe, qu'ils

b HAtTt.

les

places

arracher

aux

publiques,

les

laissaient

vétemens sans

a des

autre

voile

»

que la pudeur. Défense de passer 3n France. » Exclusion de toutes et emplois charges publics, » soit dans la judicatu re, soit dans le militaire; ils ne » peuvent aux grades plus aspirer d'officiers, quoiqu'en » général on les recon naisse pour gens très-courageux » On ne veut pas même dans les compagnies de que, »

ils

milices,

soient

confondus

avec

les

blancs.

» que soient leurs leurs vertus, richesses, » admis aux assemblées point paroissiales. » spectacles, ils sont à l'écart, le mépris » jusqu'à » hommes, »

Des

ne

qui

aux

leur

blanc

qu'on

faisait

trembler

par

France,

autre,

non

content

autre

» huflemens les

arrachait

libertinage. faisait sans

de

ses

plantaticns,

poursuit

leurs

que

les

tous

rapproche

égaux.

»

connu

par

les esclaves

sa férocité,

désobéissans.

a ce tigre.

en

» négresses, leur » d'un honteux

dans

menacé

les

les

malheureux

plus

tous

Dans

assignées.

si bien

renvoyé

» nègres. » Tel

Tel

était

de les vendre fut

sont

encore

nègres

maitre

). en parlant » Tel autre

religion y trouver

doivent

« Tel

)) d'être

la

distinctes

places

Et quant

»

l'église,

ils

Quelles ne sont

M. d'Ennery, s'il continuait

d'accabler encore

cesse

gouverneur,

de le

à /M~r

ses

travaux

ses

honteux

salaire

des plaine dont le sang ruisselait esclaves, celui il crie ou, comme d'Abel, repentir

la


INTRODUCTION.

» »

table

»

lambeaux. »

» »

son

vengeance;

Tel

de

autre

écrit

et

et

les

de

couleur.

le

du ce

ensuite

de

dont

les

jambe

à

laissait

en

sur

des

~r~M~~ mulâtre

faire

chairs

servir

à

tombaient

nègre

p!ace

en

coupable ce

jusqu'à

que

»

1791

janvier

titre

pour

se

tout

l'amputation.

publié

portant

progrès

vénérable

Julien

par

0~n;a~(MM

CO~~M

confirme

blancs toutes

Ray-

sur COf~rc les

fon~me les

hommes

assertions

du

Grégoire.

fait la

remarquer

colonie

les

d'e~o~),

quaient

Julien

pas

que de

sous

(connus tiers,

et exigeât

un

mond'

une

cassait

gangrène

Dans

de

malheureux

marronnage,

la

Il

ces

par

était

plaisir

7{ .o

les

dénominations

préjugé

de de

basse

de

l'origine

Saint-Domingue,

gens ce

dans

de

sociale, parce

colons

premiers

boucaniers,

extraction

la couleur,

rétablissement

que,

de ne

prati-

dépourvus

homme de couleur, Raymond, avait été envoyé en France où il une brillante éducation. reçut De retour il fut en butte à Saint-Domingue, des vexatioos de la part de quelques blancs moins instruits qui, que hu et jaloux de son mérite, se pturent à lui faire sentir le poids du de In préjugé couleur. M. de BeUecombe était alors gouverneur cat généra) homme juste et généreuï, aux nègres qui venait de garantir établis dans la montagne fugitifs de Bahoruco, nne liberté leur acquise par J. Raymond courage, a engagea retourner en France pour y plaider la cause de sa ct.sse. Riche propriétaire, il se dévoua à cette œuvre et se rendit à Paris, ~n t784; et bientôt. M. de Bellecombe, relevé de ses fonctions à Saint-Domingue, y fut aussi. Ce généra! le présenta au maréchal de Castries, alors ministre de la marine et des co)omes à qui J. Raymond remit un mémoire où il exposait la condition avi)i<~nt! de ta classe des affranchis. La révolution étant survenue, .i se joignit A Vn~ont Og~ et aux autres hommes de couleur aux ~M des fw<~ a Brissot faire surtout, pour admettre les rédamntio~. des affranchis a l'assemblée nationale d fit beaucoup d'écrits à cette époque, (tans te but qu'il puursu.vait. C'était néanmoins un esprit systématique, ne connaissant que les formes légales, recommandant sans cesse aux affranchis de prendre et ,h. tout ~a~tce attendre de ta~hcc et de la <~<~«e de t'as~mbtéc ne co.nprenationale, "a.tt peut-ctre <).. la révolution pas t.i port.c A qui s'o~r.nt Saint.!)ominruc. "y a joué un r~)c ttoHtiqxp, ('< nous en parlerons on'orc.


ÉTUDES

de

femmes

européennes avait envoyées

leur

qu'on

paraissaient tachaient

SUR

L'HISTOIRE

D'HAtTI.

ou agréant peu de la métropole,

plus que suspectes, ~i~ ~rt~a~~oo ~~m~ut

ces hommes 1 uu

i a

-t-ucs

prirent

quelques-unes dont les vertus grossiers p amumues

s'aty

au iis Ces femmes

de leurs pour compagres plaisirs. soin d'eux et prenaient leurs travaux et leur partageaient condition delà l'attachement colons que ces premiers eurent muiâtres pour les enfau< nés de cette cohabitation.

Ce fut

de 1685 time

là l'origine, lequel Louis

par entre les deux

administrateurs

motifs

de

l'édit

le mariage légiraces édit prcvoqué'du reste par les des colonies et les conseils supérieurs

à cette époque viron 500 affranchis, qui,

la cause, les XIV autorisa

reculée,

où l'on

ne comptait qu'enétaient favorables à cette classe. J. Raymond « Les colonies, ajoute que un peu avant » ia guerre de 1744, avaient uxé davantage les yeux de » la métropole, parce qu'elles produisaient déjà beauIl y passa coup. les femmes beaucoup d'Européens; » même franchirent les mers en grand nombre, pour » y chercher la fortune dont el!es étaient dépourvues » des mères y menèrent leurs filles pour les marier à de » riches colons. Leurs vœux furent souvent trompés. » Comme elles venaient sans fortune, bien des jeunes » gens qui passaient dans les colonies pour y acquérir )~ des richesses, des filles de coupréféraient d'épouser » leur qui leur en dot des terres et des esclaportaient » ves valoir. Ces préférences qu'ils faisaient commencè» rent à donner de la jalousie aux femmes blanches. » Inde mp. Ces se changèrent en haine. jalousies On » voyait alors de jeunes gens de famiiïe et r't beaucoup » grand nombre de cadets de noblesse des filles épouser » de couleur dont tos parctis ctan'nt d<j\cnus et riches,


INTRODUCTION.

73

se trouver,

1

par ce moyen, aisés et à même d'augmenter » leurs fortunes. Une partie des enfans de couleur de ces mariages et associations » qui résultèrent était en France ? envoyée par leurs pères, soit pour les faire ') élever, soit pour leur faire des professions apprendre aux facultés de leurs » analpgues parens. » La paix de 1749 attira dans les Iles un grand nom»bre de familles blanches bientôt le qui adoptèrent » ressentiment et le préjugé blancs comque les anciens à manifester contre les gens de couleur, ? mençaient et » que leurs » menter. » La )) cette

paix époque,

fortunes

croissantes

de 1763 on

lui vit

donna revenir

ne

faisaient

de nouvelles dans

les

qu'augforces.

colonies

A

toute

)) cette jeunesse de couleur qui avait reçu une bonne dont plusieurs )) éducation, avaient servi dans la maison » du roi, et comme officiers dans diSérens régimens. » Les talens, les qualités, les grâces, et les connais)) sances que la plupart des ces jeunes gens possédaient, » et qui faisaient la censure des vices et de l'ignorance » des blancs des lies, furent la cause même de l'avilis» sement où on les jeta. Les so~ ~e pardonnent » pn<, ni les ucr<M. Aux humiliations ~rotM )) blancs accablèrent cette jeunesse de couleur, chèrent » nassent

à joindre des ces opprobres,

» et l'industrie » Il y avait, grande » couleur.

de cette

lois qui classe.

oppressives étouaassent

pas f~dont les ils cher-

qui sanctiontous les talens

comme

une je l'ai dit, a Saint-Domingue, de blancs mariés à des personnes de

quantité On accabla

ces blancs

» qu'on arrêta subitement )) nature des lieux, et qui

de

si cruels

ces associations nuraictn

mépris,

dictées

par la

fait rapidement

peu-


74

ÉTUDES

SUR

L'HIST(MRE

D'HAÏTI.

» pler et prospérer ces ites. Vous observerez combien » une pareille marche a dû faire propager le concubi_II~·· Nlnnn.11'1_1..1.1_ UVI." JO¡; arruria;r3 "{;)UI{;)U" J(11l {;) nu.:¡v,

A °JOUJU'.

U!«IIULtHUHJ

t

» Ja peine sur les fr lits innocens qui en sont provenus. » Plusieurs blancs ayant eu des enfans avec des filles » de couleur, voulant eux et leurs enfans. à s'arracher, » ce mépris injuste, s'établirent en.France avec elles, et » par un nouveau » fans. Qu'imagina )) arrêt du conseil

ils légitimèrent leurs en"nariage, .a jalousie des blancs ? On surprit un défend ces mariages. TM~me en qui

» ~roMce; et depuis, » de marier ici des » ches. »

« Que

dire

de

on

vit des

hommes

l'arrêt

refuser a Paris, avec des blan-

curés, de couleur

du

du

conseil,

5 avril

1778

» (se us Louis XVI), par lequel-S. M. étant informée » que quelques-uns des noirs de l'un et de l'autre sexe, » qui se trouvaient en France avant l'édit du 9 août 1777 » (sous le même leur roi), par lequel F~t~cdu royaume » est interdite, se proposaient de contracter avec mariage » des blancs, ce qui serait contraire au bon ordre de toléo rer, /hï<d~/e~e tous ses sujets blancs, de l'un et de » l'autre avec les noirs, musexe, de contracter mariage » M<r~, ou autres gens de cot~eMr On peut dire,

comme

on

peut

prouver

par

des actes

M. LepeneticrdeSaint-Rémy, tome t"~ page <07. extrait du tome 5 des Los e~cofMtttuttOtMdes colonies, page 821. Cet cdii ou déclaration dn 9 août ~777, fait connaître qui a ~)~u'! de t'autorité royale ta défense fatUau?

noirs

«

Il nous

»

<~

et

aux

a donc

d'entrer

paru'qu'il de ~M co~n«:

habitans

') /PA' HO~s',

mulâtres

étoit

en de

France. ttu<re

r~ d~/c~dHNf

Dons

ses

considerans.

il est dit

aux .w«t<;t<<t<< M<yeMf} de de/'cfet' rcn~'< de tx~fc <t~"<s t'o/funfx'

C'<

.j


INTRODUCTION.

officiels,

75

le gouvernement royal et par conséquent nranchis,

que

tion dec 1

car si i on ne voulait

a aggravé ta condicelle des esclaves les premiers, c'était

pas favoriser encore plus les fers des autres.

pour pouvoir river est avéré aussi, d'après que les créoles suivaient les hommes teuil,

le témoignage blancs résidans de couleur

d'Hilliard

Mais. il d'Auber-

en France, de

y pourhaine et de

leur

leurs

Au commencement de la révolution, les préjugés. colons n'ont que trop redoublé d'intrigues pour égarer favorable à l'émanl'opinion publique qui s'y montrait de cette classe. C'est donc à ces colons, cipation politique créoles ou Européens, devenus riches et puissans, enorsociale dans ces contrées où la gueillis de leur position main de l'esclave faisait fructifier les terres, que l'Africain et ses descendans ont dû leur avilissement. Que

les colons

français

en fait à Saint-Domingue c'est ce que personne

aient

trouvé

établi l'esclavage par les Espagnols,

déjà colonisé ne révoque en doute.

aient Qu'ils maintenu et

de ce fait accompli, l'aient qu'ils étant guidés et la cupidité, empiré, par l'intérêt ne peut non plus contester. que personne pronté

Moreau

de Saint-Méry

qui,

c'est

ce

dans

son précieux ouvrage fois au sort plus d'une

sur Saint-Domingue, a compati des esclaves et des affranchis, et qui s'est faits honorables les uns et pour pour aussi

plu à citer les autres,

des dit

« La première observation l'existence de qu'inspire » cette classe c'est que ce fut au sein de (les affranchis), » la France de la serqu'on fit des lois pour le maintien » vitude des Africains en Amérique que ce fut la France les produits du commerce qui songea à s'approprier de la traite des noirs interdit <mx <'oloqu'il <~st même


ÉTUDES

» nies

SUR

L'HISTOIRE

I/HAÏT!.

de faire

directement; que le gain de ce privilé~ » exclusif a été pour la France, et que les colons ne doi? vent qu'à eux seuls ft~c de l'affranchissement, de eo heureux » pacte qui i rétablit un esclave dans les droits » de l'humanité, qui donne au maître le moyen de satis)) faire sa justice ou un sentiment de générosité qui » tourne au profit de l'esclave et qui ajoute à la force des colo nies, etc. » politique Si les colons français ont trouvé l'esclavage déjà établi ils ont trouvé aussi l'affranchissement parles Espagnols, en cours d'exécution, un siècle avant leur établissement à Saint-Domingue. Ce n'est donc pas à eux que l'on peut attribuer l'initiative de cette mesure réparatrice. qui rétablit un esclave dans les droits de mais l'humanité, aux Espagnols. Mais, n'est-il « Octroyons

» » » »

pas vrai aussi aux affranchis

que le code noir disait les M~tes droits, priviléges et immunités dont jouissent les personnes nées libres; voulons une liberté qu'ils méritent et qu'elle acquise, en eux, tant produise pour les personnes que pour leurs biens, les w~t~ de la liberté effets que le bonheur naturelle cause à nos autres sujets. Déclarons les affran-

» chissemens

faits

»sance

nos

dans

» besoin » ges »pays » les Ces

de lettres

de nos autres de notre

dans Hes

nos lies leur et les esclaves

tenir

lieu

affranchis

de naisn'avoir

de naturalité sujets

obéissance, » pays étrangers.

pour jouir des avantadans notre royaume, terres et encore qu'ils soient nés dans

libérales dispositions n'étaient autre chose que l'adoption par le monarque des dispositions français, des lois espagnoles du i5 avril ~0, 31 mars 1563, 26 octo. brci6U.


INTRODUCTION,

voulait

Que favorable in fusion

7 y 1

donc

le code

à l'affranchissement des deux races

noir,

dans

cette

des esclaves? d'hommes

colonies

si

partie

Evidemment. habitaient les

qui accordés

françaises, par les avantages à ceux qui à la liberté. En cela, ce code parvenaient les développait du christianisme principes aux hommes qui enseigne à se considérer comme des frères pl usieurs de ses articles de cette louable témoignent du !é"isiapréoccupation teur. notamment celui qui est relatif à l'observation des dimanches

et des fêtes,

ne devait

exiger aucun le mariage prescrivait esclave

dont il

Mais,

si les

aurait premiers

où le maître travail entre

ne pouvait,

de ses esclaves, homme libre

ou plutôt et celui qui

et la femme

eu des enfans. administrateurs

des

colonies

se

montrèrent

à seconder les vues du gouvernedisposés ment royal à cet leurs successeurs ne furent égard, que à trop empressés les préjugés nés dans ces adopter pays lointains, par l'effet de cette corruption morale que l'esLa plupart clavage engendre. d'entre eux, partageant les idées matérialistes qui ont signalé le siècle de Louis XV, étant grevés de dettes ou officiers sans fortune, avaient un intérêt à favoriser les injustices puissant des colons On peut même dire qu'à mesure relique les sentimens gieux perdaient de leur empire dans la nation française. tous tes vices de l'égoïsme, de la cupidité, qui résultent de l'avarice, les cœurs des dominateurs gagnaient des colonies. Pour s~en convaincre, il suffit de comparer les colonies françaises à celles de l'Espagne, où les hommes <!e la race africaine ont toujours été mieux traités, par l'inuuenee de la religion Et de nos jours, n'est-ce pas à H est bien constant que les Espagnols n'ont jamaisconnu les distinctions » ce couleur; car, dans tes possessions espagnoles, les btancs, les hommes de


"O"

1

78

MHM;S

SUR

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

a dû l'honneur l'esprit religieux que la Grande-Bretagne d'être entrée si franchement, si libéralement dans la voie de

de cette

1 émancipatioo formée en çaise,

race?

La commission

a démontré

1840,

cette

fran-

vérité

d'une

manière

dans son lumineux incontestable, de rapport 1843. Mais, si les prêtres catholiques à Sainteux-mêmes, oublièrent leur mission sur la terre pour deDomingue, venir

possesseur;

vices

> d'esclaves,

nant

dans qui régnaient que les gouverneurs,

aient

subi

l'influence

tous les pratiquer cette colonie, il est pas étontes intendans, les magistrats pour

de atmosphère

corruptrice

où ils

vivaient.

lit les réflexions

rsqu'on

judicieuses sur les actes qui honorent buint-Méry, la race noire, qu'il reconnaît susceptibles élevés, en qui il démontre l'intelligence

de Moreau

de

les hommes

de

de sentimens leur

qu'on

dé-

niait

lit les passages où cet esprit éclairé lorsqu'on l'utilité de ces hommes la prospérité proclame pour matérielle des colonies, leur dévouement à la métromême, on ne peu!, que déplorer pole et à Saint-Domingue du préjugé de la couleur l'aveuglement (qui dégrade encore ceux qui s'en font une sorte de religion plus en apprenant politique que ceux qui en sont l'objet), n'a

qu'il M

pas

montré

dans

sa

en

conduite,

France,

..r et les noirs libres parviennent indistinctement aux emplois civiis.

unitaires, » dans leurs

et même

car

ecclésiastiques; de l'Amérique possessions

t. 2, p. 1 t 2.) « Des hommes, dit-il,

il y n des noirs revêtus du Sud. de » (Paroles

de l'épiscopat Sonthonax aux

Débats,

tels

que

Lnsneau

(mu!ahe)

accusent

de

rigueur

un

» pr~u~ qui ne leur permet jamais, ni a tour descendance, l'espoir de se con» fondre

avec

ceux

dont

une

oohte

et

onéreuse

hospitaHté,

et

une

conduite

» que tout le monde estime, tes rapproche sans cesse, » (Description de SaintDomin~u'\

t.

?,

p.

794.)


INTRODUCTION.

t 7<)

cette

sensibilité

dont

il a fait preuve dans son ouvrage de Saint-Méry s'est réuni aux autres

En effet, Moreau colons du c~ ~a~Mtc.

à Paris,

et aux

membres

de la

faisaient,

auprès les commissaires

aux démarches pour s'opposer que de rassemblée nationale constituante. des affranchis, dans le but d'obtenir

leur

aux

députation

coloniale,

assimilation

comme le voulait blancs, le code noir. Dans le bureau de la députation de particulière en 1789. il a protesté contre l'imputaSaint-Domingue, tion qui lui avait été faite, de s'être montré favorable à l'abolition de la traite et à l'affranchissement des esclaves, en faisant

n'avait remarquer qu'il pas fait la motioh, M~Me pour améliorer leur sort. Il s'est fait ensuite un mérite d'avoir réfuté le plaidoyer de l'abbé Grégoire en faveur de l'admission des gens de couleur à l'assemblée natioil a encore des écrits contre nale la société publié des ~MtM des noirs, dans le même but. Eh bien 1 que prouve cette conduite homme

indigne

d'un

éclairé?

C'est

créoles ou Européens que les colons, comme nous l'avons dit, ont toujours été les persécuteurs de la race noire, les provocateurs des actes de la métropole la condi::cn par lesquels malheureuse de cette race s'est de plus en plus aggravée. Moreau de Saint-Méry membre du Martinique,

était

créole

pt député de la de Saint supérieur

conseil

dans ces deux iles, par consépropriétaire d'un de ces privilégiés de la peau 1 qui, colon,

Domingue. quent

noirs

Dans l'avertissement mis en tÈLcd'une adresse de la sociétédes ~tn« des rassemble

nationale,

en

date

du

4 avril

cettesociété,dit « Nous d~oHerons comptctcment ce c<t

t7~t,Ctavièrp,

membre

de

(Moreau de Snïnt-Mery) Jo-x les

1


80

ÉTUDES

ie'trs

malgré

SUR

L'HISTOIRE

R'HAiT!

subissaient

lumières,

l'influence

du

préinté-

ini-méme à !a raison, qu'il dénonçai étant au maintien de la condition servile des opprimés n'admettait auct ne transaction avec ie siècle éclairé

jugé ressé il

tous

qui appelait tion. Moreau

tos hommes

de Saint-Méry, des Bonrsel,

Cocherel

à une

complète

était

enfin,

régénéra-

de la classe

des Hilliard

des

d'Auberteuil, des Dillon

des

des

des Page, des Brulley, etc. Ce dernier Pons, etc., dans une brochure disait, qu'il a publiée en i790 « Les efforts de la société des Amis des noirs, dont Gouy

d'Arcy,

» l'enthousiasme

mal

entendu

trouvait

dans

les prin-

» c~ de rassemblée les moyens de proppger nationale, » sa doctrine, encore aux dangers ajoutaient auxquels ? nous étions Les colonies ne peuvent exister exposés. M MMx <ra~; a démontré l'expérience que leur des» truction » MO~

totale

serait

la suite

de

r~aM~~eweMf

»

C'était ions

le règne des principes les coque redoutaient Aussi ont-ils mis tout en œuvre pour faire coma i'assembL

prendre

» <r(ït~ du ~M</< »

Mtt

celle

en note » qui

est

des

druit.s

e

nationale

constituante

la

coM~w de la peau /btt( ~ou~ontMr M~ double (r~t-

de

l'homme

et

de

ses

frères

« Si le sang africain ne coule pas d'" etc.

problématique,

que

dits.

proprement

M Et

les veines de M. Moreau, ce

»

Brissot, adressant une lettre a Barnave, en novembre i790, y dit « Il est tel député des fles à l'assemblée nationale(MM. Moreaude Saint') Meryet Cocherel par exemple), qu'il est impossible do des muM M(rM.On m'assure que dans les assemblées coloniales, etdistinguer dans les places les ptus distinguées,

il

existe

de

vrais

sang-m~tés.

mais

qui

ont

su

déguiser )) eur origine. Croirait-on que ces frères des muldtres sort les p!us ardens et » de leurs es pus hautains ~eta se eonroit fort bien,

ennemis?. parce

M

que,

déguisant

leur

its

se

mon-

origine, taient ptxs acitarnés, pour que l'on ne pût pas ;a soupçonner: catcut infAmc, ttxus

to;;iqub!


-11I1ROO:TIO:

déclaration

INTRODUCTION.

ni à

quée

m.

des droits

de l'homme

Saint-Domingue sans les perdre

françaises,

de

portunaient dans

l'ancien

auprès

des

législateurs

colons

sont

devenus

lait

au salut

noire

que

a été le résultat

clameurs,

bien

trop

gré, les instrumens

de ses

De même

qu'ils iml'autorité

opprimés.

n'y ont Contre leur

malheur.

ni

de même ils ont intrigué régime, de la France, les pour entraver d'entre eux monque beaucoup

généreuses dispositions traient en faveur des Les

ne pouvait être invodans les autres colonies

à jamais. cris, de leurs

leurs

royale

8i 81

réussi

pour

et passionnés, aveugles de la Providence qui

créatures.

Le

triomphe

leur ils veil-

de la race

de

la longue injustice du régime colonial. On l'a contrainte de recourir aux armes, et les leurs propriétés et leurs colons, richesses ont disparu de cette terre si longtemps abreuvée de larmes et de sang. Tout y a disparu, même la souveraineté l'autorité, du la France Et à qui

la laute?.

n'anticipons pas sur les événomens. en leur lieu démontrer les torts qui a provoqué résolution l'énergique

Mats, viendront

de l'entre-

prise

de rendre

Saint-Domingue loin de regretter

de

la

et alors France déli ait été jeté ainsi qu'un méprisant a toute la race africaine de la liberté, jugée indigne nous à cette pensée d'un Génie applaudirons extraordinaire, irrésistiblement desseins

indépendant

Les faits

amené

de la divine

à faciliter Providence

l'accomplissement sur cette race. Car,

des qui

peut ne pas voir la volonté de Dieu dans les étonnantes mesures à cette époque? employées est-il un D'ailleurs, seul peuple dans le monde w,vav 1 1: vvaW àll se av .r.i~ qui soit rua parvenu 1-C~ti~ régé'l' 1 6

1


M

KTU!~S

sans

nérer,

SUR

passe"

L'HISTOIRE

des

par

D'HAÏT!.

vicissitudes

enroyahtes

'?

exposées

sur

~ftt

Aux

notions

i état

a

lation remarques

1

faire

la

situation sur en

la

nous

que

des

toutes le

choses;

sur

son faites

les

désir

aux sur

composition,

particulières

et

que

éprouver

générai,

avons

i~aint-Dominguc,

concevoir

devaient

pulation

donnés

de

politique

propres

dans

générales

les

classes

d'un

aperçus

de

bien la

po-

changement que

mœurs

sont

qui

de

nous cette

chiffre

total,

joignons

dans

rancien

régime,

avons popules sur

< « J'ai A me reprocher one tentative sur cette cûtoniejora du Consulat. une grande Jetait faute que d'avoir voulu la soumettre la par force; je devais de ta gouverner m'3 contenter t'intermédiatre de par Toussaint. )) L'Empe. rpur avait d'autant cette faute, disait-il, plus à se reprocher vue qu'il l'avait <'t qu'eiïe était contre son inclination. H n'avait fait que céder à l'opinion du Conseil d'État et cette de ses ministres, entraîna criailleries des par formaient a Paris un < u~tM, qui et qui do ptus. ajoutait-it, gros parti, étaient tous et vendus à la faction ') (Mémcris! presque royalistes de Sainteanglaise.

1.

Hotcne.) « Une des plus grandes folies que j'aie faites, a continue a été l'Frnpereur, cette armée à Saint-Domingue. d'envoyer J'aurais dû ôter pour toujours la Je commis une grande possibihté d'y parvenir. une faute en ne erreur, grande déclarant pas Saint-Domingue libre, en ne reconnaissant le pas gouvernement tics hommes de c< )ieur. Si je l'eusse d'une fait, j'aurais manière agi plus conforme aux principes de ma politique. de Saint.PominL'indépendance );UH une fois reconnue, une armée je n'aurais pu y envoyer la paix; pendant mais lorsque la paix fut signée, les anciens les marchands et les spécucolons, /o<cur$ m'assi~gërent continuellement de leurs demandes; en un mot, la nation avait la rage <te recouv.er et fus forcé d'y céder. Saint-Domingue, Mais si je avant la paix j'eusse reconnu les noirs, me serais trouvé autorisé je par là ù refuser de faire aucune tentative cette pour reprendre chercolonie, puisqu'en chant à la recouvrer contre mon propre j'agissais jugement. M (O'Méara, dans l'exil.) Napoléon

1

('.es aveux honorent tn mémoire de l'Empereur f ils font savoir Napoléon tes colons furent les des rigneurs qu( toujours provocateurs contre employées la race noire. De notre cote. nous prouverons que le régime de fer étahti par Toussaint Looverture des tn nn du l'aunée <8(h). sous l'inspiration des colons, contribua à la conception de l'expédition beaucoup de <809.

i j j

j


INTRODUCTION.

83

de chacune des provinces plus ou moins prospère de cette colonie, sur les inclinations et les idées rédans chacune d'elles. Elles trouveront leur applignantes l'état

1

cation

dans

la suite;

causes

des événemens

et peut-être accomplis

ces renseignemens sur le commerce

Complétons

les productions, cette colonie, en

les

expliqueront-elles dans ces localités. par ceux fournis et sur les finances

sur de

1789.

Le territoire

de Saint-Dotuingue était divisé français en trois parties ou provinces celle du Nord, celle de l'Ouest et celle d~ Sud. Ce territoire une comprenait surface

d'environ

2,000

lieues

carrées,

tandis

lonie

que la code 3,200

une superficie espagnole représentait lieues carrées. Il était subdivisé en 52 paroisses plus tard le nom de communes.

portant

La partie du Nord était évaluée à 480 lieues carrées il y avait 21 paroisses. La partie de l'Ouest, à 820 lieues carrées, comprenant 17 paroisses. La partie roisses.

du Sud,

à ~00

lieues

« La partie du Nord, dit Moreau réels sur celles de l'Ouest avantages

carrées,

ayant

14 Fa-

de Saint-Méry, a des et du Sud. Il en est

à la nature de son sol et de son climat, et d'auqui tiennent tres qui sont dus à sa position géographique. Parmi les pré celui d'avoir de rivières, miers, on doit compter beaucoup de ruisseaux, de ravins, et de recevoir des pluies réglées. Le sol de cette celui dans

des

partie est généralement deux autres. Ce n'est

les parties

de l'Ouest

plus

productif que ne trouve pas qu'on et du Sud, d~ t .i~us aussi


84

ÉTUDES SUR L'HISTOIRE D HAtiTI.

fermes

que dans celto du Nord, mais ils veulent toujours 1 arrosement. de la partie du L'avantage géographique Nord c'est de se trouver placée au vent des deux autres. Le Cap reçoit et attire ports de la colonie. ment

plus de batimens que les autres Les denrées y sont avantageuseLa circulation du numéraire y est plus

vendues.

forme qu'elle quelque prendre, est presque sûre d'y être encouragée. )) La partie du Nord est la première que les Français aient établie, et elle est encore la plus importante par sa rapide veuille

et l'industrie,

qu'ailleurs,

militairement et par situation, parlant, par ses richesses sa population. On peut y compter a peu près 16,000 blancs de tout âge, dont p~M< des ~~a? tiers sont du MM masculin;

9,000

bre

d<MM chaque

<~

lesquels comme <net~c loin

gens

de couleur scjce;

et

libres, 170,000

presqu'en

nom-.

esclaves,

parmi

le rapport des M~r~ est à celui des négresses, 9 est à 7. Les nègres, en général, sont plu, indusmieux </a~. La culture est aussi poussée plus

dans

des progrès la colonie,

le Nord, qu'on tl faut

et l'art

de fabriquer point encore

n égale dire de plus,

y a fait dans le reste de

le sucre

parce que c'est la vérité, qu on y trouve une plus grande ~octa~t<~ et des dehors plus po~x. n y a même une sorte de rivalité jalouse, de la part de tOuost et du Sud à cet égard, et elle servirait, au bede preuve à cette observation. La plus grande frédes bâtimens quentation européens y place les premiers et partout où il y a des Français, succès de la mode; la Le luxe y a donc un culte trèsmode a ses adorateur~. soin,

du Cap, comme d un centré, qu'il répand ses jouissances et ses maux. » La partie de 1 Ouest, contenant le Port-au-Prince, de la colonie, elle renferme ainsi le qui est la capitale suivi,

et c'est


tNTRODUCTiOK. siège

du gouvernement

principal

8S

et de l'administration

générale. » Si la partie de l'Ouest de la partie du supériorité

est obligée de reconnaître la Nord sur elle, cette supérioà son tour sur la partie du Sud. Moins

rité, elle l'exerce éloignée rope

de l'abord qu'elle moins dangereusement

vaisseaux

venant

d'Eu-

la guerre, placée durant pas aussi voisine de la Jamaïque; plus le siège du ayant dans son étendue

parce qu'elle n'est et mieux cultivée;

la résidence

gouvernement,

des

d'une

cour

souveraine,

la

d'un habituelle elle tire de ces cirgarnison riment. une plus grande réunion constances, qui produisent et par conséquent d'individus, plus de consommateurs, des avantages » Les 820

la partie lieues carrées

du Sud

est privée. de la surface de la partie de l'Ouest contiennent à peu près 1~,000 blancs de tout âge, dont dcMd: tiers sont du sexe t?MMCM~; 12,500 gens de

couleur

dont

libres,

dont

culin;

les neuf seizièmes sont du ~ec masle rapport des esclaves, parmi lesquels des ~rc<M<, à peu près comme 8 est à

et 168,000 M~TM est à celui 7. I! résulte de ce calcul de l'Ouest partie celle de la partie que cette dernière face de l'autre.

totale de la que la population comme peut être considérée égale a du Nord, mais avec cette dinerenco

n'a

que les trois

cinquièmes

» La partie du Sud, prise en masse, a été établie des trois de la colonie. Aujourd'hui du Sud a réellement un peu plus partie blancs, dont les deux tiers sont mdla;

6,500

de la surla dernière i (1~89) la de 10,000 affranchis

Au chiffre admis par Moreaude Stint.M~ry pour la population de couleur, "a trouve të.OOO âmes, tandis qu'il accuse 40,000 âmes pour ta poputattoo bouche. L'intendant Ma~boifétablissait pn'tr la même anMee i7<9, ~6,600

(

.1 ¡ J


86

ÉTUDES

SUR

L'HISTOIRE

dont tMOt~à dans

peu prèsdechaque~ea?c; la proportion de 8 pour

»

est aisé de

D'HAÏTt.

et 114,000

esclaves.

7 femelles.

voir par

ces résultats, que ia partie du Sud n'est ni aussi bien établie que les poup!ée ni aussi deux autres, de plus de la puisqu'avec près de moitié surface de la partie eu Nord, elle n'a que les deux tiers de sa population, et qu'avec seulement un septième de surface de moins quo celle de la elle partie de l'Ouest, n'a que les deux tiers de sa population. Z'opMMO~pc~ son sol soit moins que productif. » Le fait vrai, c'est que la partie du Sud ~'a jamais été aussi encouragée que celles du Nord et de l'Ouest, et le désavantage de sa situation sous le vent géographique de ces deux autres et les dangers de la que le voisinage fait courir à son commerce Jamaïque pendant ia guerre. en sont les véritables causes. » C'est

en quelque

sorte

au commerce

étranger qu'elle ses premiers et sans ce commerce, succès, contre les négocians de France ont poussé des cris, les lequel vont maintenant avantages qu's n'existey recueillir raient pas. » d'abandon où a été laissée L'espèce la partie du Sud, y a produit des effets qui sont encore sensibles. La culture y est moins perfectionnée qu'ailleurs, parce doit

pour h première, et 35,400 pour la seconde. Celui-ci avouait 509,600 esclaves, eU'autre, seulement 4b9,000. Le fait est que le dissimulaittoujouM la population des affranchis et desgouvernement-colonial esclaves, pour ne pas donner

n.tx

hommes

ectairé-s

parmi

eux

l'occasion

de connattre

leur

vrai nombre. t.. soc.ëté des Amis des noirs a prétendu, au contraire, que la classedes affranch.s comptait de 40 a 4 mitte âmes, et en ceta elle a été d'accord avec les nm.)t)tresinstruit des faits et avecdes blancs raisonnablesqui ont écrit sur la mot~ra, nolnmment le ancrât de Lacroix. M. Lepettetier de Pamphite ~amt-Hemy avoue .'gaiement qu'on accusait un chiffre Motw«wet~t e~o~ et il accorde avec celui fourni par Morcaude Saint-Mery.


!NTRODUCTtON. les

que les

forces

cultivatrices

denrées

n

y

obtiennent

y

87 et

manquent

pas

un

prix

Sud

ont

parce

aussi

que

avanta-

geux. »

Les les

qui

MOM~

de

la

dans

la

bande

dernières faire

la

vrai

qu'on

colonie.

dt~rcîM~

tend duits

les

des

dans

leurs

avec

ne

Les du

Cayes, d'en

par avoir

et

ces

t'en

peut

créolè.

langage

tt

est

~r<t~MOt~

nègres

coup sur

des

montrent

y

aussi

et

plaine un

lieu

d'un

vœu

ceux

ne

de

les

la

prose

peut la

plaine

autres.

toute

la

par-

séant

supérieur de

ses

choses, avec

conseil le

conséquent

On

des

n'at-

qui que

tiers.

parallèle

imposant,

surface pour

deux

le

d'œii

une

présent

celte

au

avec

analogie

Vent,

gouvernement

soutenir

trois

du

surtout

ont,

familles

a un

l'état

de

mœurs

usages.

près

demandent

Sud, et

dans peut

habitans

le

Les

plaisir du

de

du

de

des Cayes regards

que

Cayes »

est

étendue.

d

ites

caractère

des

qu'elles

dans

cette

accroissent

dissimuler

des

beaucoup

promène

que

semble moins

celtes

trouve dans

se

me

observation

» La plaine

tie

Il

un

choses,

méridionale,

même

o'onytMC

du

partie plusieurs

qu'avec

L'œn

la

faitdt~wen

reste

des

de

colonie

OM.B

entière

seul

il y avait deux conseils supérieure t70t, Depuis ou coura de justice soul'uo au Cap, l'autre veraines, à Léogane, et de ta au Port-au-Prince. En t787, celui du Cap fut et réuni à l'autre, sous le titre de Con~ supprimé supérieur de vettéitéa de la Saint-Domingue. de celui du Quelques d'indépendance part sous le Cap, de MM. de la Luzerne et de Marbois, gouvernement avaient occasionné cette mesure avec M. de Lamardelle, provoquée par eux, d'accord procureur générai au Port-au-Prince de là !'irritation des colons du Nord contre ces trois En janvier t790. t'assemblée du Cap le rétapersonnages. provinciale Mt par l'initiative révolutionnaire. Excités de~ par tes anciens magistrats, btaacsds cette ville s'étaient rendus au Port-an-Prince, dès le mois d'octobre 1789, pour arrêter MM. de Marbois et de Lamardette. le temps de qni curent s enfuir an France. M. de la Luzerne était alors ministre de la marine et des cotonies. Les cotons le dénoncèrent ensuite n t'nssemhtée nationate constituante.

1


ETUDES

SUR

» lis ~~o~~< qu'on ment du Port-au-Prince, postes de la partie 7~ demandent

du aussi

L'H!STO!RE

ajoute qui

D'HAIT!.

un 3' bataillon au régiaura pour garnison les

Sud. des

écoles

publiques

et

des

moyens d'éducation. » Et, s'il le faut, ils de supporter la dépense o~~< que ces objets peuvent occasionner. » a cet égard, ob8ervent, que les octrois (droits des denrées) d'exploration OMa! CayM, s'élèvent perçus a 800 mille livres, dont il ne reste que 280 mii!e livres dans la partie du Sud et que les frais pour sa dépense, de justice payés par elle au Port-au-Prince, s'élèvent a 300 mille livres, ce qui absorbe, et au-deiA, la portion la dépense gardée. d'une ~d~que cour souveraine et d'un bataillon donnerait de la vie à la partie du Sud et des convenances de plus d'un genre. » Voità

ce que

dispositions colonie de

constatait

particulières

Moreau à chacune

de des

Saint-Méry,

des

provinces

de la

avant ios premiers Saint-Domingue, trou. bles occasionnés de 1789. par la révolution On trouve encore dans un écrit au anonyme, publié commencement de 1790. et intitulé Lettre d'un citoyen du Por<-aM-PW~ député à l'assemblée coloniale, les pa sages suivans que nous transcrivons «

Depuis que j'habite la colonie, j'entends, et ce n'est M~M raison, tous les habitans de la du <M partie ~aM~ cris. ~cr » Déterminez i'assembtée à porter un décret qui statue que toutes les denrées cotoniates qui s'exporteront di.-cctcment !a métropole, pour (les ports des


INTRODUCTION.

» Cayes; de Jérémie » le tiers des droits

et de

parties » Je ne vois qu'une

~t~r~aux-deux » nie, pour les faire » vers

Saint-Louis,

sur imposés deia colonie.

? autres

celle

du Sud.

» vue cette

image

Suivantles

états

~9

difncutté.

ce!!es

no paieront du cru des

c'est d'inspirer

que deux

assez de

autres

de la coloprovinces concourir à cet acte endejustice Mais. Monsieur, ne perdez pas de

que la colonie ne forme » qu' une famille composée de trois individus; n'oubliez point que pendant !a minorité ~e la cadette des filles, » les tuteurs ont <~ r<.t~M a doter employé les aînées: cette dernière aujourd'hui a atteint sa majo» rité avant qu'elle le demande, que les deux premières » lui offrent un dédommagement qui lui fasse oublier » Mo~ dans lequel on l'a iaissée. et te peu de soins donnés a son éducation remarquez qu'elle t'~< aperçue » que e!!o a très-peu depuis longtemps OM~r~participé et par un acte tel MMteofH~ que cetui que je vous » propose, faites-lui oublier ses ~o~ ou ses droits; évitez MMM~; que les trois sœurs restent unies, ne fassent » qu'elles qu'une maison, ensemble qu'un » .étroitement iié. et gémissez avec moi sur !a colonie, si !a dissension et si chacune s'étaMissait. d'elles voulait MefM d ta tMOMt~c.. r~r

paux

étabiissemeas

janvier

agréable,

publiés par M. de Marbois. les princide au Saint-Domingue présentaient,

1789:

< habitations produisant 70 millions de livres pesant de sucre blanc. 341 » » de sucre brut. 2810 » 68 » de café. » » de coton. <L'U~7 » < » M d'indigo. dtndtgo.

1


90

ÉTUDES

SUR

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

wT_

Nous

de la production présentons ces chiffres en nombre rond, en les autres produits. négligeant La valeur totale des terres, bâtimens, plantations, etc., s élevait à 1,500 millions de livres des colonies, valant un milliard de livres tournois. La valeur s'élevait

totale

à 193

Celle

des

vires ceux-ci

produits

exportés

de la colonie,

millions.

marchandises

pays étrangers, à 200 millions. Ce

des

reçues

particulièrement

mouvement nationaux

de la métropole et des des Etats-Unis; montait

commercial occupait et autant de navires

plus

de 700

étrangers,

namais

d'un

moindre tonnage que les premiers. Les recettes diverses de la colonie, classées en dînerons montaient à près de 15 millions chapitres, de livres ou 10 millions de francs, sur les droits d'octroi ou lesquelles d'exportation des denrées, s'étevaientà 7 millions de hvres. Les dépenses étaient de 13 minions générales de livres. I1 était agens

aux

diverses

caisses

livres,

comptables retardataires, et cet exercice de 1788

trésor

une somme

Lorsque bre 1785, livres le partie

de

de la colonie, par les environ 9 millions de laissait à la disposition du

de plus d'un million en réserve. M. Barbé de Marbois en novemprit charge, les comptables devaient de plus de 15 millions désordre le plus complet dans cette régnait l'administration coloniale. Cet homme éclairé, d'une fermeté inébranlable, réussit a débrouil-

intègre et ler ce chaos, en les agens infidèles à rendre contraignant leurs comptes et verser une portion notable de ce qu'ils avaient. Il put ainsi acquitter toutes le<; dettes de la colonie et, payer tous les achats et les services divers au comp-


!NTROBUCT!0! ~J. o_L

_·~

91 1 r_t_~

rr

r,n ~·n

1-

une foule' d'édifices après avoir construit publics, élevé des monumeas dans l'intérêt Maïs il devint généra!. odieux à la plupart des comptables et a ceux qui profitant,

taient

de leur

autant seul,

mauvaise

que la réunion contribua & lui ceux du Nord

colons,

Sa rigidité si louable, gestion. des deux conseils supérieurs en un valoir surtout,

Saint-Domingue. Les corps populaires, vinciales et assemblées de la direction ner

un

gaspillage

cette qui

haine

de la part

i'oMigèrent

à quitter

assemblées

municipalités,

des

pro-

alors coloniales, qui s'emparèrent des affaires, ne tardèrent pas à occasionaffreux

des deniers

publics.

tembre

En

sepet de trou-

1792, après trois années ~'agitations bles, il avait été déjà tiré, sur la métropole, des traites de livres. pour la valeur de 60 millions On conçoit facilement si graves qui que les événemens durant étaient s'accomplirent la période révolutionnaire, à inspirer de l'intégrité peu propres financiers de la colonie. La plupart sans rendre aucun compte. quivèrent Ces

données

nous

économiques

aux administrateurs d'entre

eux s'en

suggèrent

es-

diverses

observations. D'abord, c'est

une

chose

qui frappe au premier coup-d'œil, qui existait dans la classe blanche,

la disproportion entre les hommes et les'femmes, tandis esclaves, que les deux nombre sement étaient

de même

que parmi les sexes étaient presqu'en des affranchis de là l'accrois-

égal dans la classe rapide de cette dernière

puisque les blancs des compagnes ou des femmes classe,

obligés d'y prendre noires esclaves dont les enfans, nés la classe intermédiaire. augmentaient

de cette Et

habitude, si le régime

1


ÉTUDES 1

1

n'avait

co!onta!

j

1

j 1

j ¡

l Í

SUR

8-

L'HISTOIRE

D'HAÏTt.

l'Jo

et avili l'union pas défendu des légitime blancs avec les femmes de la race noire, cette classe se serait accrue davantage; car on sait toute l'inflnence du sur la population. C est ce résultat mariage prévu qui y mit obstacle, du préjugé indépendamment système qui condamne tes vues étroites et l'injustice également du de la métropo!e, et la jalousie gouvernement et l'égoïsme des colons. Et quant aux esclaves, on sait que la cause de entre les deux sexes était dans l'inégalité l'insatiable désir des colons de produire une plus grande quantité des denrées cultivées dans tes colonies, les hommes in. troduits par la traite y étant plus propres que les femmes. En second lieu, nous remarquons que l'immense production de la partie du Nord, ses richesses, sa population agglomérée sur une surface plus circonscrite, y une plus grande ayant occasionné sociabilité et plus de politesse que dans l'Ouest et le Sud, et excité une rivalité de la part de ces deux provinces, le germe des dissensions intestines éclater que nous verrons plus tard se trouvait dans cette disposition des esprits, la poparmi blanche et ensuite pulation d'abord, dans la population colorée, des traditions par l'effet naturel locales. ne c

!e pas, cependant, que le Nord fût exempt contre l'Ouest et le Sud. Ce sentide jalousie du Port-au-Pri'nce, naquit à la fondation ville créée

Qu'on tui-méme ment

pour être

la capitale elle devint

de la colonie, à cause de sa position centrale; dès lors le siège du gouvernement. jadis fixé au Cap, bien que le Petit-Goave et Léogane eussent eu tour à tour le nom de avant l'étacapitale, b!issementdu Port-au-Prince. Ni l'une ni l'autre de ces petites prospérité

viHes

de l'Ouest

qu'offrait

ne

pouvaient

le Port-au-Prince,

avoir par

l'avenir sa proximité

de


INTRODUCTION.

()~ t

de la riche

de la cette jalousie plaine du Cul-de-Sac du Cap et de tout le Nord. Et ia preuve de cette assertion. c'est que si, par des considérations à la déqui tenaient fense militaire de la colonie, les gouverneurs généraux devaient habiter le Cap en temps de il guerre maritime, leur était néanmoins recommandé enjoint, par l'autorité ministérielle, d'y passer au moins quatre mois dans l'année pendant la paix La jalousie du Nord était la cause de ces instructions. Elle éclata plus à la particulièrement de son conseil supérieur suppression dont les membres, riches et influens sur l'opinion, étaient daller obligés siéger au Port-au-Prince absurde que prit disposition ie gouvernement alors que la royal, de ia 'prospérité colonie eût dû faire sentir, au contraire, la nécessité de la création d'un nouveau conseil aux Cayes, supérieur pour rapprocher la justice des administrés. La jalousie du Sud contre le Nord, étendue contre l'Ouest,

trouva

un

nouvel

aliment

dans

les plaintes des habitans du Cap à l'égard du Port-au-Prince. Chacune de ces trois en était arrivée au point de consiprovinces dérer, qu'elles avaient pour ainsi dire des intérêts dis. tincts,

oubliant

alors

que Saint-Domingue, colonie française, était nécessairement soumis à cette loi, à ce principe d'MMt~ qui a constitué la force de sa métropole. Cette fermentation des esprits était arrivée à son apogée, lorsque survinrent en France les premiers troubles révolutionnaires. La formation de l'assemblée de générale Saint-Marc, des planteurs les plus influens, composée contribua à arrêter ce mouvement désordonné des esprits. Mais ce fut aux de la métropole dépens que cette assemMoreaude Saim.Méry, tome i~, page 494.


94

bléc

ÉTUDES

reconstitua

SUR

l'union

L'HISTOIRE

entre

D'HAiT!.

les trois

de la provinces colonie. Sous prétexte de la réforme des abus du gouvernement elle ne visait qu'à la direction colonial, polien dehors de toute influence tique de Saint-Domingue de la métropole, et même à son indépendance de la France, à l'instar

des anciennes

septentrionale. Dès ses premiers ceux

qui profitaient semblée provinciale

colonies

anglaises

de l'Amérique

pas dans cette voie, elle heurta des abus de l'ancien régime. du Nord, au Cap, siégeant

tous L'asétant

des gens de justice, composée principalement des emet des commercans, ployés du gouvernement fut effrayée des tendances des planteurs. Par une lettre du ~i décembre elle les avait bien excités à 1789, une prendre de l'assemblée position nationale constiindépendante mais elle ne sut aucun gré à l'assemblée tuante générale de prétendre à réformer les abus existans dans l'ordre dans l'administration des finances; judiciaire, ou plutôt, elle comprit ne -justifieraient que les planteurs point leurs prétentions Une scission à cet égard. éclata entre ces deux corps Le gouvernement colonial populaires. saisit habilement cette circonstance et appuya l'assemblée provinciale du Cap. Celles de l'Ouest et du Sud, où dominaient d'autres se dévouèrent planteurs, entièrement aux vues de l'assemblée à générale qui, croyant la puissance de cet appui, ne mit aucune borne à ses prétentions. De ce conflit, de cette division des esprits, résultèrent des mesures militaires de la part du gouvernement colonial, la dissolution de l'assemblée pour appuyer générale qu'il ordonna. Une démonstration suffit simple à s'embarquer pour porter 85 de ses membres se pour


INTRODUCTION, 1 lmnngiàik .,t rendre rli, on en IlFrance et l'former nationale constituante.

Mais avant

confédérant en

leurs

de se dissoudre, à tous les habitans

fait un appel ceux du Sud surtout

portant

I~

avec armes

qui

~g _1_

plaintes

1

à l'assemblée

l'assemblée

avait générale Ce furent propriétaires. se hâtèrent en se d'y répondre,

quelques

paroisses

de l'Ouest, en se où ils apprirent le

jusqu'à Léogane, des membres de l'assemblée départ De là, ils générale. notifièrent au gouverneur, comte de Peinier, une sorte de protestation formulée en articles, contenant leurs conditions et leurs réserves. La modération de cet officier général. toutefois de la menace appuyée qu'il leur fit de diriger des forces contre eux, les porta à dissoudre leur armée; mais ils maintinrent le principe de leur confédération. En remontant

aux premiers de la colonie, temps on pourrait cette cette promptitude expliquer facilité, à à se s'armer, révolter contre le gouvernement colonial, de la part des habitans de ces localités, parlesprécé~ dens qui eurent lieu lors de la révolte contre la compades Indes, gnie monopoleuse et à propos de la formation des milices, sous le de Rohan. prince Eh bien en observant encore le cours des événemens, ne voit-on de cette idée de pas naître arconfédération dite de Léogane, te conseil de sûreté et <fe~cM~ la vraie confédération ~'OM<e. armée entre les paroisses de cette partie du Sud, contre organisée l'autorité nasuivant les erremens tionale, des planteurs de rassemblée générale de Saint-Marc, et livrant la ville de Jérémie aux en 1793~? Anglais, 1 Voyezle à l'isolement.

volume du Rapport de Garran, p. 5t7,sur!atendancedaSad


r

U6

ÉTUDES

Veut-on traditions

SUIt

L'HISTOIRE

D'HAtTI.

une

de plus, de l'influence preuve locales? Nous allons la fournir.

des

A ce sujet, on peut certainement ajouter aux observations de Moreau de Saint-Méry, sur les noirs de la partie ~du Nord, qu'il représente comme p~ industrieux et mieux traités que ceux du reste de l'ancienne colonie, réellement par les colons, que ces hommes participaient de la sociabilité, de la politesse des blancs. Cela résultait aussi de ce que le Nord ayant été établi plus tôt la richesse que les deux autres provinces, des colons y étant plus grande, le commerce il s'enplus florissant, suivit que les filles des planteurs furent recherchées en dans la métropole comme dans la colonie, mariage, nombre de nobles, chefs de ces familles par un grand considérables les plus belles qui possédaient propriétés de cette province. Le ton, les manières de distinguées ces nobles, leur leur politesse luxe, s'étendirent des maîtres aux esclaves, et furent encore plus imités par la classe plus éclairée des affranchis. De là ce ton, ces manières a toujours aristocratiques qu'on remarquées les hommes parmi sur le gouvernement de Henri Christophe

du

exercé

sur

leur

esclaves Jean litres

empire du Nord

François fastueux,

Louverture,

surtout.

habitudes

Ces

l'organisation le placés sous

décorèrent encore

Ces

inCuer sur celui

ont

même

de la révolte commandement

deux

chefs

de cordons,

des de

des prirent de croix de

à ces étrangetés par les contrerévolutionnaires et par les agens du gouverfrançais nement en France une croix de espagnol. Ogé acheta l'ordre de mérite du Lion de Limbourg, pour simuler celle des chevaliers de Saint-Louis. Saint-Louis,

excités

a vues

de Toussaint

et de Biassou. se

et qu'on

Nord,


INTRODUCTION.

Avant une

la

foule

de familles mariage, éclairés,

révolution de noirs

97

on

coloniale, parmi

respectables, offrant des

les affranchis

presque

toutes

citait

avec

raison

du Nord, chefs liées en légitime

des hommes distingués, de la dignité ayant de la représentation, dans les manières comme de la régularité dans les mœurs, mais ayant aussi des inclinations M. de aristocratiques. Saint-Méry qui, à des

parle titres

sidération

publique deux

nommément

sujets

avec

de plusieurs d'entre éloge méritèrent différens, la toujours même noirs,

eux con-

de la part des blancs, Il cite Vincent Ollivier et Étienne

des milices de leur qui, étant devenus capitaines dans les paroisses couleur, eurent la qu'ils habitaient, de porter faculté leur mort l'épée du roi (sic) jusqu'à Auba,

arrivée viagère

et obtinrent a un âge avancé, même une pension sur les fonds coloniaux*. Ces exemples vivans

respectabilité acquise par une conduite honorable, contribuèrent des mœurs que nous beaucoup a la pureté venons de signaler. d'une

Mai" dans blancs

avait

l'Ouest moins

et dans le Sud, de représentans,

où l'aristocratie où

les

des

mulâtres

étaient

c'est dans cette classe qu'on plus nombreux, redes hommes des familles marquait éclairés, resplus pectables par leurs mœurs, t étant la plupart mariées comme

les affranchis

du Nord.

Ce sont

ces familles

qui le en France envoyaient plus d'enfans une pour recevoir éducation libérale. ne s'attende Qu'on pas à trouver, dans l'ouvrage de M. de Saint-Méry, la mention de ces VincentOllivier mourut à la Grande-Rivière. à l'âge de t!0 ans, et Etienne Auba, à t'age de 98 ans. (Voyez M. de p. ~9 et M4.) Sain~'M~-t~t", A cause de sa haute stature, Vincent OH~er fat prësofj~ Louis XIV it fit ensuite tes guerres d'Allemagne, sous Vithrs. < T.

t.

7


t ¡ 1 ~8

KTUDES

individus.

Par

SUR

tout

à la couleur

douteuse

sant

contre

cette

ment

les

ce que

motifs

de son

d'Aquin~.

jours après dières. Guillaume

reuse

ses

de ce coton

à cet égard. de Lasneau que

de

Julien

Il n'a nous

dans

à cause

Vénérable, et

lumières~,

Raymond,

qui de

la faculté

de tuer, de Bau-

de

son

même, régime de la pureté de ses hospitalité été officier

les petits blancs. Il avait il se vit le milieu du XVIIIe siècle;

brevet et interdire

avons

l'ancien

envers

lice vers

fait

Il se garde, par exemple, ce Guillaume d'autres, Labadie,

Labadie,

surnommé de

dit

que des colons tentèrent tranché la tête de Ferrand

avoir

huit

mœurs,

avons

silence

parlant

citer, entre beaucoup vieillard septuagénaire,

était

nous

celle

exceptions et en citée, habitant

n'HAiTt.

de Clavière), (selon l'assertion agisclasse en France, on concevra facile-

que deux déjà était

L'HISTOIRE

de porter

généde mi-

retirer

son

l'épée du roi, tancolonial l'auto-

que dans le Nord, le gouvernement avec justice, en faveur de deux noirs. risait avec raison, année 1768, où cette injustice Dans la même fut comelle eut également mise envers lieu Labadie, envers dis

Boury, Jacques autres hommes officiers

et plusieurs comme eux,

de milice.

Si, dans idées

Davesne Jacques Delaunay, de couleur qui avaient été,

le Nord,

an~ocra~gMe.s,

les affranchis dans

t'Ouest

subissaient et dans

des l'empire le Sud, ils su-

Tome2, p. 6)8. 2 « Cependant, dit Brissot dans une note de sa tettre à Barnave, en 1790. ?

on

peut

dire

aux

blancs

qu'il

existe

à Saint-Domingue

même

des

mulâtres

H très-instruits, et qui ne sont jamais sortis de cette fie. Je peux leur citer. M par exemple, M. Labadie, vieillard respectable, qui doit à ses travaux et » son intelligence dans la culture, une fortune immense. M. Labadie connais» sait les sciences, l'astronomie, la physique, l'histoire ancienne et moderne, » dans un temps où pas un blanc de la colonie n'était à t'A, B, C de ces » sciences, etc.

.<a«~


INTRODUCTION.

celui

bissaient

des idées

99

d'endémocratiques que beaucoup dans leur éducation en Europe.

tre eux avaient

puisées d'ailleurs les seules

C'étaient

idées qui fussent conciliables de parvenir à l'égalité avec leurs justes prétentions des dont jouissaient les blancs. droits politiques Ils se pénétrèrent de la révolution des principes dont ~'efrançaise galité était chefs qu'ils été presque

la base,

comme

se choisirent tous

ces principes, river ensuite

en France en

faveur

de toute

justice. Les de la révolution avaient

au début

élevés

d'abord

source

ils étaient de leur

imbus

de

pour aren faveur

classe,

au même résultat, graduellement des esclaves de toutes couleurs. Cette marche méthodique leur était commandée par leur position, par la nature

des choses, par les conseils de la société des Amis des noirs, ni la métropole dont l'appui leur pour ne pas effrayer, ni les colons eux-mêmes dont les paraissait nécessaire, intérêts

menacés

été un obstacle

eussent

invincible, puisliés à ceux de la France,

semblaient être que ces intérêts de son commerce pour la prospérité

et de

sa

naviga-

tion.

De ces observations révolution, respective

homme

Que voyons-nous A l'ancienneté berté, Rigaud vince du Sud général. ter Montbrun, vait rendu

sur les faits antérieurs

rapide passons à un examen homme du Sud, de Rigaud,

Louverture,

neur

fondées

à la

de la conduite et de Toussaint

du Nord. de la part de l'un et de l'autre? dans la cause de la lide ses services

avait

réuni

la mission

de défendre

la pro-

sous le titre de gouverles Anglais, en l'excitant à arrêEn l'autorisant encore, l'agouverneur général <~ FOMM~ Polvérel contre

en quelque

sorte

l'arbitre

des

événemens

dans

t


!00

ÉTUDES

ces deux

SUR

L'H!STO!RE

c'était

provinces

du

D'HAtTt.

reste

une

des

nécessité

se fit un devoir de déférer aux circonstances, quoiqu'il officier européen, ordres de Laveaux, gouverneur génédans sa méfiance ral de <Sa~<-D()MMM~Me. Mais Polvérel, contre

et pour

Montbrun,

inconsidérément, de Rigaud. Toussaint Bauvais. gueil

arriver

à ce résultat,

avait flatté

la vanité intentionnellement, Devenu simple ~~ra~c~~a~c Louverture

et l'orcomme

et Villatte, mais toujours s'est vu contraint Rigaud

de la défense du Sud, chargé de Sonthonax de résister à l'injustice qui, revenu en 1796 contre les hommes et par ressentiment de couleur en gévoulut le remplacer Dans son néral, par Desfourneaux. Sonthonax

étrange

aveuglement, d'abord Louverture,

ayant

élevé

Toussaint

au grade de général de division, puis en chef de l'armée au rang de général coloniale, Rigaud, mécontent de cette partialité, s'est vu ensuite justement à désobéir à ce chef de l'armée. autorisé par Hédouville 3 1

les dissensions

Pendant

qui

s'ensuivirent

ambitieux, rivaux, également également succès contre les ennemis leurs briUans

pour Subissant

partialité son concurrent. alors

l'influence

insu, contre

le Nord;

saint

lui, malgré de la jalousie

placé sous

pulsion timens

méritans de

par la France,

de la.part

de

même à son peut-être traditionnelle du Sud

avec son adversaire,

Tous-

à son tour, en chef, de général

Louverture,

son titre

coupable

ces deux

des principes démol'empire si Rigaud s'est cru légitime-

l'animaient, à entrer en lutte

cratiques qui ment autorisé

deux

vu une

a encore

Rigaud Roume

entre

des principes jaloux

autres,

se prévalant avec raison de n'a pas moins éprouvé l'imdu Nord, des senaristocratiques

contre les préexistans dans cette province alors qu'il avait encore des vues rétrogrades,


tNTRODUCTtOrs. :1 il faut

liberticides

le dire

iOt

parce

qu'on

1

!<'

pourra

prouver. De là, la cause

de cette guerre fraréelle, originelle, tricide allumée entre eux, attisée encore, et par la haine des colons et par la malveillance du Directoire implacable exécutif

contre

de Saint-Domingue population Guerre a jamais déplorable, inévitable mais peut-être, dont l'origine, la cause vraie, atteste l'influence des traditions locales sur les peuples. Poursuivant

la vraie

nos observations,

nous ferons

on a encore époque postérieure, des mains de la police française et revenu dans échappé son pays, réveiller la jalousie surannée du Sud contre l'Ouest sentiment presque éteint par la transformation qu'à

une

remarquer vu Rigaud

politique produite ministration de

par l'indépendance Pétion. Rigaud,

d'Haïti

et par l'adrévolution-

toujours l'idée de prononcer naire, n'a pas reculé alors devant scission du Sud, du territoire soumis au Président la République, événement Enfin, taine

plus iaûueoce

le mouvement contre ment

malgré les funestes pouvait avoir

de

que cet

tard encore,

cn a pu reconnaitre une cerde ces regrettables traditions dans locales, révolutionnaire

le gouvernement de ce chef, des

cesse dans

conséquences

la

entrepris

dans

le

Sud

de Boyer; et, après le renversetroubles sans renaissant politiques

ce département

2.

Dans a~ de ses actes, Rigaud disait aux citoyens de l'Ouest « Ayez un Msénat, si vous voulez; mais que votre sénat soit celui de t'Ouest. Ayez un M préaident, si voos voûtez mais que votre président soit celui de l'Ouest, etc. » Si l'on a bien voulu croire que dans la lutte entre Rigaud et Toussaint Louverture, il y avait antipathie entre le mulAtreet le noir, qu'on explique, si l'on peut, la scission Ju Sud par tes mêmes motifs Rigaud et PéUon étaient tous deuxmutâtres. 2 En entrant au Port-au-Prince, en t843, Charles Hérardaïné, chef d'uécu-

A I.


102

SUR

ÉTUDES

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

On ne sent,

les populations subispeut le nier, en effet sans s'en douter sans le vouloir, même, l'influence

des habitudes,

des mœurs, des traditions

sentimens,

des idées,

des principes, des dans les locaprévalu

qui ont Elles agissent,

lités qu'elles habitent. instinct il suffit de la moindre entraîner

pour ainsi circonstance

souvent

à des résolutions

dire, pour

par les

funestes.

des faits ne comprenons pas dans rénumération comque nous citons ici de la part du Sud, l'insurrection mencée aux Cayes, dont le succès a occasionné la chute Nous

que nous aurons à prouver que cette eut pour moteur Henri Christophe principal la pensée. Ce fait est acquis à qui en suggéra C'est du Nord que sortit l'inspiration de cette

de Dessalines, révolution lui-même l'histoire. prise En

parce

d'armes.

constatant

donc

les sentimens

les prinles SMpdWoW<ds des deux clascipes opposés qui animaient ses colorées dans les trois anciennes divisions du pays, et la jalousie préexistante déduire avec justesse entre

le système

<to<t de l'armée

populaire,

entre

contraires,

on peut,

elles,

selon

nous,

de cette

politique

disait

opposition, l'antagonisme Louverque suivait Toussaint

« Le gouvernement

de

la République

est

un

gdteau à partager. » Ce citoyen du Sud exprimait ainsi la pensée-mère de cette révolution, du moins dans son esprit. Boyer et lui étaient deux mulâtres ce n'était donc pas une question de couleur entre eux. A son tour, Acaau, chef des réclamations de ses concitoyens, terminait par se proposer de mettre en pratique la doctrine communiste du partage des propriétés partage bien autrement dangereux que celui dont goûta le chef d'exécution. Acaau disait aussi « Tout mulâtre qui ne possède rien est nègre; tout » nègre qui possède des propriétés est mulâtre. » Cet audacieux voulait donc faire la guerre à la propriété, et non pas A la couleur des propriétaires. En France,

tout

récemment,

les

communistes

n'en

voulaient

pas à

la couleur

des

propriétaires, mais à leurs biens. Tous les hommes ne sont-ils pas sujets aux mêmeserreurs, aux mêmes tentations?


INTRODUCTION.

et celui

ture guerre venons

i0:~

cause de la première Rigaud des autres motifs que nous civile, accompagnée de signaler; et plus encore, entre l'antagonisme que

suivait

le système politique de H. Christophe seule et unique cause de la seconde termina C'est

de Pétion,

civile guerre de ces deux chefs.

à la mort

du premier que les étrangers

à tort

et celui

deux guerres une querelle cette détestable question

ont

cru

voir

de castes,

une lutte

n'en

point

fut

se

qui

dans

ces

de couleurs

la cause

réelle.

Sans

doute, ces mots de nègres, de ?MM~<re~, ont été emces luttes désastreuses; sans doute, des ployés durant actes barbares ont donné lieu à égarer des l'opinion observateurs des Haïtiens eux-mêmes, superficiels peu des vrais motifs de ces dissensions peu instruits l'ont cru aussi sur la foi des écrits publiés intestines, à ces époques surtout à l'étranger, sans songer reculées, réfléchis,

que, de part combattaient opposés, affreuses

et

qu'ils périrent également fureurs. Mais la vérité historique incontestables

particularités accréditées

absolument

Résumons

opinions, des faits de notre

Par tout.ce anciennes

dispositions

victimes fondée

de

ces

sur des

justice de ces erreurs, des choses. par l'ignorance

nos

sciencieuse des

et d'autre, les hommes des deux couleurs les uns contre les autres dans les rangs

fera

nées

de

histoire

l'observation

con-

nationale.

de chacune que nous avons dit des habitans divisions territoriales de leurs d'Haïti,

des sentimens respectives, des idées traditionnelles

hommes, plus ou moins

que Dans le Nord,

d'influence les principes

sur

eux,

qui animaient

ces

avec qui agissaient on peut reconnattre

aristocratiques

dominaient


ETUDES

ils prédisposaient

Srn

!/HtSTO!HE

D'HAHt.

naturellement

les populations

à subir

du despotisme, jougdu pouvoir absolu, qui ve.ut toude là la tendance jours être obéi aveuglément constante de cette partie à la soumission les lumièpassive, malgré res de ses habitans. le

Dans

le

c'étaient

Sud,

les

mais avec un esprit d'agitation, sition, dont la vivacité irréfléchie ser les populations volutionnaires. Dans

l'Ouest,

à des

c'étaient

principes démocratiques; ou, si l'on veut, d'oppodevait

mouvemens

aussi

les

toujours

disporédésordonnés, démocrati-

principes

mais éclaires, ques tempérés par la pratique du gouvernement résidé. Le caractère qui y a presque toujours de cette 'ocalité propre aux populations exige cependant. de la part des chefs, un esprit libéral, de la modération, un sentiment de justice pour toutes les parties de l'Etat, sinon ils excitent leur méconpour tous les individus, tentement.

De cette divisions

entre l'esprit des trois anciennes comparaison du pays, résulte encore de ce fait l'explication

capital Que l'Ouest, par ses principes avec les besoins tton

son

par ses idées, modérés, peut-être plus en harmonie réels de la société haïtienne, par sa posipar

tempérament,

centrale, une toujours

par ses ressources, intluence sur grande

jeune nation l'avenir.

dont

le génie

Ce grand citoyen avait de la population générale constamment

voulu

posséder

a exercé

les destinées

politique reconnu du

et exercera

de Pétion

a préparé

toutes

les classes

que

pays. ~cr<c

de cette

depuis

1791,

l'égalité.

ont

tt avait


tNTRODUCTtOK.

~}

le gouvernement fondant il qu'en républicain, mieux leur en assurer la jouissance. pourrait C'est certainement à ce système politique, à son administration est redevable libérale, de son in que l'Ouest pensé

fluence

et des succès

d'Haïti

un

éclatans

firent

qui

Etat

paisible durant avait jeté les bases de ces succès dans la pacification tuelle, surtout

trente

de la république ans. Car, Pétion

habipar sa modération du Sud, après la mort

de Rigaud. Boyer, système tinction du Nord

son

successeur

et acheva

continua

le

même

l'œuvre

de l'insurrection la chute

après

immédiat,

L'exqu'il avait commencée. de la Grande-Anse, la réunion de H. Christophe, la réunion de

aussi pacifiquement, constituèrent ~MM~e opérée La pensée des héros politique d'Haïti par l'unité territoriale. de l'indépendance nationale fut réalisée en 18~. Leur l'Est,

définiglorieuse entreprise reçut enfin sa consécration tive en 1838 les usages du monde civilisé l'exigeaient ainsi.

C'est à la fin 1807 à 1843, ritoire d'Haïti,

de ce gouvernement républicain qui, de a rayonné successivement sur tout le ternous

nous

d'arrêter nos proposons études historiques, parce que là finit aussi la vie politide l'homme dont la mémoire, chère à que et militaire notre cœur, nous a fait prendre la plume. Notre

conclusion

que

alors,

nous

pouvons conclusion

dans cette introduction, notre doivent tirer Que les Haïtiens ce passé si plein leur indulgence

le dire sera

de précieuses

de grands événemens; est commandée, afin

d'avance leçons de mutuelle

qu'une de se préserver

des


106

ÉTUDES

erreurs,

des

fautes,

SUR

L'HISTOIRE

des

torts

D'HAÏTI.

respectas

de leurs

devan-

ciers. Non,

ne les imitons

pas sous ce rapport 1 Soyons, restons toujours unis C'est !e gage de notre force, c'~ le secret Mrc c'est le moyen le plus sûf de ~MMC~, parvenir à la prospérité et à la civilisation de notre pays.


PÉRIODE 1

FRANÇAISE.

PREMIÈRE EPOQUE.

LIVRE

PREMIER.


CHAPITRE t.

Révototioaen France. Ses premiers effets A Saint-Domingue. Députa tion des colons à rassemblée nationale constituante. Ctnb Massiacà Paris. Commissairesdes hommes de couleur à Paris. Assassinatscommis sur ceux de la colonie. Tentative de résistance de leur part. Assemblée Autres assemblées des cotons et générale de Saint-Marc et ses actes. leurs actes. DecMtsdel'assemMée nationale des < et M mars t790. bissototion de t'assemMée de Saint-Marc par le gouverneur générât, comte de Peinier.

Dans

la premïère parité sufÛsaûMnent nos préparé vont surgir France.

a Saint-Domingue,

de cet ouvrage, nous avons lecteurs aax événemens qui de la révotution opérée en

Ils ont vu quelle était ia situation des diverses politique classes d'hommes la population de cette qui composaient belle et Corissante ils ont vu quelles étaient ~es oolonie; d'eMes & aeoepter tout ee qui dispositions de chacune tendrait

A amener

NatareHetnent, rée que les autres,

un changement la niasse blanche,

dans

l'état

des choses.

en général piuséeiaiétait et devait et privttégiée,

ptus riche être la première survends dans~a a profiter des événemens métropote, depHts pour wét~Mer les désirs qu'elle ~rmMt de :se «ntstratre au despotisme du gouverne' longtemps mentcotoniaL dans ses intérêts,

~~H"

Mais,

divisée

ainsi

qu'on

d~asses

ptéteations eomme la vu, :elle devait aussi, iné-


~i0

ÉTUDES

SUR

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

7

faciliter

les prétentions des classes colorées, dans son sein, bien que son par les conflits qui naitraient intérêt dominant fût de les contenir dans la sujétion au vitablement,

régime colonial. Il était également naturel que la classe des affranchis, désormais que nous désignerons par la dénomination d' hommes de couleur, plus éclairée que celle des esclaves matériel distinct ayant un intérêt par l'effet de ce régime cherchât à profiter de la révolution odieux, de la mèresa position sociale et politique, patrie pour améliorer trop humiliante,

trop

avilissante,

pour

des hommes

qui pos-

sédaient

des lumières, des capitaux et des propriétés. aux malheureux Quant courbés sous le joug esclaves, des maîtres de toutes couleurs de leur qui profitaient dans une profonde labeur, ils n'aplongés ignorance, en quelque vaient sorte à attendre que de la Providence uhe

amélioration

réitérés,

mais

maintes

occasions

chefs

audacieux,

à leur isolés, que

sort

affreux,

individuels, de leur sein

des actes quoique eussent en prouvé sortir des pouvaient

énergiques, pour les diriger des droits qu'ils tenaient de la nature, conquête leurs maîtres. Ce secours

dans

la

comme

ne leur manqua il fut providentiel point; le résultat de la lutte des passions et des orgueilleuses intérêts la classe supérieure égoïstes qui animèrent de la société coloniale. En vain a-t-elle seule essayé de profiter de la grande commotion du produite par les lumières XVIIIe cette révolution siècle; qui a régénéré l'empire en appelant les masses en Europe, français au partage de tous les droits, de tous les biens cette conquis par elle, révolution a produit les mêmes effets à Saint-Domingue que dans sa métropole.


CHAPITRE 1.

[i789] .& Ainsi

.1 111 1 l'humanité procède vers la civilisation. Lorsque abus de leurs gouvernemens,

dans

qui, les premières, les attaquer et les

supérieures

rang pour fisantes pour

obtenir

iU t sa marche

ascendante

les nations

se fatiguent des ce sont toujours les classes se mettent réformer.

la victoire,

elles

au

premier Souvent insuf-

ne tardent

pas

à appeler à leur aide les classes inférieures de la société celles-ci posent alors leurs conditions de concours, ou le plus souvent comme si elles n'avaient aucune agissent et en définitive, elles profitent arrière-pensée; également de la victoire par leur nisation

si elles ne se substituent obtenue, pas, et leur nombre, par l'effet de la désorga-

force

momentanée

des classes

qui

de l'autorité, à la position sociale leur imprimer une direction espéraient

arbitraire. Tel a été dans

opérées prétentions leuse,

l'heureux l'ancienne contraires

trop

culaire

préoccupée avait qu'elle

résultat Reine

des

diverses

révolutions

des Antilles

en dépit

des

de la race

blanche, trop orgueildu maintien de l'oppression séétablie au détriment de la race

noire.

la nouvelle Quoique eût raux, en France,

de la convocation produit

une

grande

des

Etats

généfermentation

dans les esprits à Saint-Domingue, dans principalement la classe des grands.planteurs, ce fut surtout en apprenant la prise de la Bastille par la population parisienne, que toutes les têtes s'enflammèrent. La révolution était faite en France

elle commença dès lors dans sa colonie. les grands résidans en Mais, déjà en 1788, planteurs France avaient fait des tentatives du gouverneauprès ment royal, la représentation de la colonie pour obtenir

1


H2

ÉTUDES

aux

Etats

généraux sollicitaient

Domingue mission de s'assembler

SUR

en

L'HISTOIRE

même

D'HAtTt.

ceux

temps,

du gouvernement pour y nommer

-de Saint-

colonial

la perDé-

des députés des deux côtés, ceux de la colonie ne persissappointés tèrent dans leur projet. Ils se réunirent en pas moins secret et, nommèrent dix-huit députés pris dans leur sein presque tous étaient en France ils furent

nobles,

comme

ceux

doléances,

à l'instar

de cahiers chargés de ce qui s'était fait

pole

les

ordres

pour

trois

généraux.

Ces cahiers

semblées

privées

qui devaient résumaient leurs

qui agissaient contenant leurs dans

former

la métroles Etats

prétentions arisd'accord avec ceux qui résidaient en France, tocratiques ils aspiraient de la noblesse. à siéger dans l'ordre Ils tenaient peu compte des autres blancs de la colonie. nommés à Saint-Domingue dans ces asLes députés à se faire admettre l'asparvinrent semblée dans sa réunion au Jeu de paume; nationale, c est'a~dire furent admis d'abord au nombre de qu'ils les autres étant comme considérés puis à six, à raison de deux pour chacune des trois prosuppléans, vinces de la colonie. douze,

d'autres

Toutefois, en France, tions.

et qui se réunirent

réstdans aussi grands propriétaires n'avaient à ces nominapoint concouru en une société qui tenait ses séances à

l'hôtel

la réMassiac, à Paris, d'où lui est venue ensuite de Club MaMMïc. Cette association, dès son orisignation fut divisée de vues avec la députation admise à gine t'assemblée

nationale.

La députation

considérait

la colonie

comme

représen-

Le marquis Du CbiHeaa était alors gouverneur généra). H partit de la colonie en juillet t789, et fut remplacé deux mois après par le comte de Feinter.


CHAPITRE 1.

ti789] tée dans

cette assemblée, en faisaient partie. Le club

dans

le sein

seul

que

ses membres

au contraire, ne voulait

Massiac, de la colonie,

dance

par cela

H 3

à l'indépenaspirant d'aucune représentation dont les princisouveraine,

de l'assemblée

lui paraissaient pes libéraux la colonie. dangereux pour Il voulait bien des députés et non auprès de l'assemblée, à l'assemblée. Ces colons pensaient pas des députés ainsi, mieux agir dans leur pour pouvoir du maintien projet absolu du régime colonial, de la race quant à la servitude sauf

africaine,

à introduire

ce régime les modificaaux vues des habitans blancs, et l'administration de la colonie

tions qui conviendraient pour le gouvernement

dans

et relativement

aux rapports commerciaux à établie désormais entre la France et Les colons Saint-Domingue. en général, étaient endettés envers le commerce français dont le monopole les écrasait; ils voulaient en secouer le jo~ Si le gouvernement vues, de cette division

de royal fut aise de cette diversité entre la haute aristocratie colo-

la perspective du maintien qui lui laissaient de son à Saint-Domingue, il s'entendait despotisme néanmoins avec elle pour la continuation de l'avilissement de tous les hommes à la race noire par la couleur, qui tenaient niale,

par les liens du sang. Ses agens dans la colonie dirigèrent leur conduite dans le même sens ils s'entendirent avec tous les blancs pour maintenir cet état de choses. Après

avoir

secrètement

les colons

généraux,

chaque paroisse, Nord, dans l'Ouest former

une T.

des

nommé

formèrent assemblées

et dans

assemblée

!e Sud, coloniale.

des députés des

aux Etats dans

municipalités

provinciales et résolurent

dans

le

enfin

de


«~

ÉTUDES

SUR

rr-–i')

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

i1

Tandis

se faisaient que les grands propriétaires admettre à l'assemblée des hommes nationale de couleur qui se trouvaient en France, se constituèrent commissaires de leur classe, et essayèrent mais s'y faire admettre aussi ils

ne

saires

poussa. Parmi mond

y réuss les aya~ ..t

purent naturels

ces

qui, 1784,

on

commissaires, comme

on

de leurs intrigues écarter. Le préjugé

t'a

les re-

Julien

distinguait demeurait

vu,

adver-

Rayà Paris de-

et Vincent Ogé qui s'était rendu en France puis au commencement de 1789. Ils s'étaient un adjoint blanc nommé avocat au conseil du roi, qui leur Dejoly, d'un esprit éclairé prêta toute l'assistance et d'un cœur Ils étaient encore soutenus généreux, des avis, des conséils

de

la société

puis

1787

des

ses

principaux

Clavière, Grégoire, dorcet, Robespierre, Ces commissaires Massiac, grands

pour planteurs

justice par la démarches. Dans

~m<

des noirs, membres

Mirabeau, etc.

les

prudence

une des séances

Brissot, Con-

Pétion,

vainement les

de-

au club

sympathies

des

par ta raison, par la à ne pas entraver leurs

porter, enfin

de ce club

le 7 septembre 1789, Vincent leur dit ces paroles tocrates, « Ce mot de liberté qu'on

à Paris

étaient

Lafayette,

se présentèrent de gagner essayer et

formée

Ogé,

où ils furent s'adressant

admis,

à ces aris-

ne prononce pas sans en» thousiasme. cette liberté, le plus grand, le pre? mier des biens, est-elle faite pour tous les hommes? » Je le crois. Faut-il la donner à tous les hommes. Je » le crois,encore. » les en doivent

Mais comment être

faut-il

les conditions?.

la donner? »

Quel-


1. CHAPITRE!. Il n'hésita tout ce qu'il prévoyait pas à déclarer de funeste pour l'avenir de Saint-Domingue, si les colons à maintenir Je régime persistaient tel que le colonial et en cela, fait; il plaidait temps l'avait la cause des noirs, dans l'esclavage, contre tous les maîtres sans distinction de couleur. Mais cet aveu loyal, cette déclaration franche des droits de toutes les races à la de jouissance la liberté, de la bouche de ce jeune homme échappés ardent, qui /M< presque le seul colon ~t daignaiéter Mn de pitié sur les esclaves noirs', loin de persuader les membres du club Massiac, furent au contraire ce qui porta ces colons encroûtés de préjugés, à résister aux davantage réclamations des hommes de couleur, reparce qu'ils connurent dès lors qu'il était impossible que ces hommes ne fussent à agir en faveur pas amenés des esclaves. dès que leurs propres prétentions auraient été reconnues fondées.

[1789]

En

même

temps que ces commissaires en agissaient en faveur de leur classe, les hommes Europe de couleur, à Saint-Domingue, faisaient des efforts pour également être admis aux assemblées formées qui furent par les blancs. Au Cap, un mulâtre nommé fut pendu par Lacombe, eux, pour avoir présenté une humble où il résupplique clamait du principe des droits de l'homme en l'application faveur de sa classe. Cette fut jugée incendiaire, pétition parce qu'elle commençait Au nom du Père, par ces mots du Fils et du Ainsi, cette formule <SotfK-F~. religieuse que cet infortuné imagina pour les toucher, pour leur Rapport de Garran, tome 4, page<0. Ogé avait 33 ans alors.


j J

tt6

ETUDES SUR L'HISTOIRE n'HAtTI.

rappeler égaux, venus

tous les hommes qu'aux yeux de la Divinité cette formule fut son crime; car les blancs,

sont

de Saint-Domingue, n'admettaient du Christ. proclamée par !a religion

pas

les dieux

cette

égalité Au Petit-Goave.

un

blanc

doué

de sentimens

de-

généen6n,

de principes Ferrand de Baudières libéraux. du lieu, vieillard eut la tête ancien sénéchal respectable, reux,

blancs comme lui, pour pardesénergumènes, avoir rédigé une pétition pour les hommes de couleur de ne demandait cette ville. Cette pétition pas même l'égatranchée

lité de droits gistrat était A Aquin,

avec

leurs

le crime de ce maoppresseurs; compati au sort de cette classe 1

d'avoir

de Ferrand de jours après le meurtre avait une sous le prétexte Baudières, que G. Labadie une troupe de blancs cernèrent copie de cette pétition, la nuit ils l'appellent, et au moment sa maison pendant où

huit

sa porte, ces forcenés font une de fusil. Un jeune esclave de Labadie

il ouvre

coups côtés,

de décharge est tué à ses

trois blessures en cet état. ce reçoit cet homme vénérable est attaché à la queue septuagénaire, d'un cheval et traîné a une longue distance! lui-même

le Nord,

dans

dans le Sud, la ful'Ouest, Sur tous les reur des blancs se signale par des assassinats. d'autres faits vexatoires, inhumains, points de la colonie, de la classe la haine blanche contre les prouvèrent Ainsi,

hommes de

dans

de

couleur.

Ces

faits

eurent

lieu

sur

la fin

1789.

L'année cités

contre

Ceux dans

1790

avait

vu commencer

de nouvelles

atro-

eux.

des Vérettes,

l'Artibonite,

réunis subirent

au mois

de janvier à Plassac, des humiliations pour avoir

.I.(t:


CHApn~E i.

[i790] de

refusé

le serment

prêter la formule

du

ajouté de Peinier,

respect

ii7 ou avait

civique, auquel envers les blancs.

Le comte

ut marcher contre eux gouverneur généra!, un détachement du régiment du Port-au Prince, qui en arrêta

ils furent mis à Lord des vaisseaux de plusieurs; ou emprisonnés. Dans presque toutes les autres

l'Etat,

ce sérment localités, attira des vexations, Cependant, dominateurs gique

exigé des hommes des outrages inouïs. actes

quelques

superbes, qu'it de la part de cette c!a~

dages. A Plaisance, à faire l'arrêter

une

cepter

suffirait

révélera

d'une

Atrel,

~es

vo!ontééner-

a rrèter leurs

pour

leur

brigan-

fut le premier

a une

pendant Son crime

fut tué.

vinrent

nommé

un mutàtre,

résistance

isolés

de couleur

troupe de forcenés qui voulaient Ja nuit; il en blessa plusieurs, mais il était

créance

sur

d'ê re riche

et d'avoir

le président

du

osé ac-

comité

de ce

bourg. Au Fond-Parisien, une nombreuse famitie de mulâtres, les Desmares, les Poisson, les Renaud, de propriétaires belles habitations f~ contrainte sucreries, aussi de résister aux vexations

des blancs,

en avoir soius

tué plusieurs furent forcés de

mais après injustice; et blessE: d'autres, cep hommes rése

dans la colonie réfutgier incendièrent leurs habitations.

pagnole. donnèrent

Les blancs

leur haine

les empèchant d3ns cette aveugle

tôt imités A la

ainsi

nouvelle

Fond-Parisien,

le signal

de

à leur

esIls

de la destruction des propriétés, de prévoir bienqu'ils seraient fureur.

la résistance

il ne fut question,

Marc, que d une proscription tout entière.

générale

de

ces

mulâtres

l'assemblée contre

du

de Saintcette

classe


~S

ETUDES

J 1

« Il est

» » » »

des

SUR

L'HISTOIRE

t/HAtTI.

individus

dans cette coupables classe, dit le colon Suire mais je ne me serais jamais consolé d'une abomination de cette espèce, ordonnée par MMtribunal de sang, dont j'aurais eu le malheur d'être membre »

Presqu'en Sud faisait couleur cours

même comparaître

des

par-devant Son

Cayes.

président termina ainsi

hautain,

qu'il « Gardez-vous de faire

compatibles deï~ rester

avec

l'assemblée

temps,

l'état

elle, leur

des demandes

de subordination

provinciale les hommes adressa

qui dans

~c~er

de

un

dis-

seraient

in-

lequel vous et de la dé férence pas l'orgueil ni le

et persévérer avec les blancs, respectueuse que ~OM~leur devez; et n'ayez délire de croire que t?OMspM~tM~aM marcher patrons,

du

l'égal de vos

de vos ~ï~/ot<6M~, vos anciens Ma~re~, parà toutes les charges publiques et ~OMSles droits politi»

ques. De quel côté De nouvelles

étaient

l'orgueil et le délire ? vexations exercées contre ceux de l'Artiles portèrent bonite, à se réunir de nouveau à Plassac, dans le voisinage de la ville de Saint-Marc. On déploya des forces considérables contre ce rassemblement la pluétaient sans armes. part des mulâtres ils s'enDispersés, les uns dans les bois, d'autres fuirent, dans la colonie sans avoir tenté de résister espagnole, à leurs persécuteurs, qui coupèrent la tête à tous ceux qu'ils atteignirent. Et cependant, ces hommes de couleur ne s'étaient réunis à Plass8c, entre eux sur les outrages que pour délibérer qu'on leur faisait subir de toutes parts, et sur l'emprisonnement récent de l'un d'eux qui avait refusé de prêter un Débats,

t. 3,

p.

<o<.

Marc et colon du Sud.

Suire

était

membre

de

l'assemblée

génëra!e

de Saint-


CHAPITRE t.

[i790] nouveau

serment

tt9

de soumission,

de rc~cc< aux blancs, et de verser pour eux ~~M'o dernière ~OM~ de son sang 1. A la Petite-Rivière de l'Artibonite, non loin de Plassac, un détachement de vingt-cinq blancs poursuivait un mulâtre ne le trouvant ses deux pas, ils assassinent enfans en bas âge. Chez un autre, ils massacrent, sans pitié et le père et les enfans. Dans le même quartier,

un frère

de Vincent

Ogé

ré-

fugié chez une de ses parentes, et que sa tête a été mise à prix ment

assassiné

un

par

parce qu'il été proscrit dans sa paroisse, est lâcheblanc à qui cette femme avait

donné

C'est dans cet asile même où il est l'hospitalité. traité avec bonté et générosité par la veuve Bigeon et par sa victime, Il a que cet ingrat commet ce crime horrible! la cruauté encore de trancher la tête du cadavre, et se fait un mét:te de la porter à ceux qui avaient une répromis 1 compense pour de tels actes Dans un autre lieu, un nègre libre qui prenait soin d'une vieille négresse, sa mère adoptive, revenant de ia à remplir ce pieux devoir, est assassiné pêche qui l'aidait par des blancs fortuitement. qui le rencontrent Interil honora sa. tin si triste rogé avant de mourir, par ces seules de ses pénibles paroles, expression sentimens « Si je ne laissais la misère cette pauvre pas dans » vieille que je faisais vivre par ma pêche, je mourrais » sans regret. » Dans contre

la ville un autre

du

Cap,

nègre

à propos d'une injuste attaque comme libre, enrôlé, tous les au-

Dans son rapport, Garran ne porte ce rassemblement qu'à 80 hommes, dans un mémoire que Rigaud, en dit publié t797. étaient 300. qu'Ut L'un et l'autre conviennent qu'ils ne firent aucune résistance. ~Méaoire susdit de R)gaud,pago.6.

tandis

1


ETUDES

tres

affranchis

SUR

de cette

L'HISTOIRE

sous

ville,

dans

les rues

les ordres

~aeten

parce que ce nègre courageux un massacre a tien générât et mulâtres libres, nègres contrent

D'HAÏTI.

fuite

des blancs,

ses bourreaux, de tous les

immédiatement

par les blancs ou qui les atteignent

qui les rendans leurs

demeures. Ces actes injustes et barbares, commis par des hommes qui se disaient civilisés, en qui se croyaient supérieurs et en vertus morales à ceux de la race noire, intelligence ces actes servent de signal à de nouveaux sur forfaits, tous

les points

leur

partout

s'empressent sang humain

de Ja colonie, on met leurs

au poids de l'or pas déjà un trafic de chair

les hommes

têtes

de gagner cette devient une sorte

payée

Nous

contre

à prix honteuse

de cou-

et des assassins

1 Le récompense de marchandise qui est

La traite

des noirs

n'était-elle

humaine?

avons

Les planteurs parlé du club Massiac. qui le composaient étaient à s'entendre avec M. de parvenus la Luzerne, ministre de la marine, et à obtenir du gouvernement de former une assemblée royal l'autorisation a Saint-Domingue elle devait se borner à ~MCMre de< ~cpt~c et à faire co~Mo~rc les besoins de la colonie. Mais, en elle arbora le drapeau s'établissant, de toutes les prétentions des colons à se gouverner eux-mêmes. Réunie à Saint-Marc le ~5 mars 1790, elle se. constitua, le 15 avril suivant,

en

assemblée

~<KM(-Dom~Me. Ce titre avait

générale

été suggéré par du Nord, siégeant au Cap, dans comités de l'Ouest et du Sud, bre 1789. On y lit:

de la

partie

l'assemblée une en

de

provinciale adressée aux

lettre date

/rai~aMe

du

24

décem-


CHAPITRE 1.

[~790]

« Aujourd hut, Messieurs, que vos vues et les nôtres s'accordent avoir une assemblée pour nous coloniale, devons entrer dans de plus grands détails sur le mode de convocation aux administraprescrit par le ministre teurs,

et vous faire connaître

nos principes, et, en quelque sorte, notre profession de foi, sur l'organisation et les de cette assemblée. pouvoirs » Il faut une c~K&~ et cette générale de la colonie, tenue doit avoir lieu le plus tôt possible. Voilà le mot. Il faut donner aux colons une représentation parfaitement libre, pour qu'ils sans contrainte, puissent et proposer avec la plus entière ce qui leur paraîtra confiance, le plus avantageux assemblée tans

aux intérêts doit

être

de l'ile;

uniquement

et en conséquence cette de représencomposée

des différentes

et sénéchaussées librement paroisses élus. Voilà quel en est l'esprit. » La colonie fait sans doute partie de la con/edcratMW unit toutes les provinces qui de l'empire c'est français; donc comme alliée, et non comme M~Mc, qu'elle ngure dans l'assemblée de.la grande famille. » La colonie a donc le droit de ta cotM~faire c~-M~M tution, en tout ce qui regarde son régime intérieur ce n'est que dans la métropole, ~it en ce rapports.avec les impositions, qui touche soit en ce qui concerne le ou enfin en tout ce qui tient à l'union commerce, commu ne et générale, des pro~o~o~M que son droit se borner de la métropole qu'il dépendra de re/M~er; d'occ~roM et à cet égard, on doit tout espérer, tout attendre de l'esprit de justice qui dirige l'assemblée nationale. » en effet, à la métropole Qu'importe, que la colonie ait un régirne différent de celui de toutes les autres provinces du royaume, comme elles à pourvu qu'elle contribue


ÉTUDES

i22

SUR

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

1' u tilité générale ? C' est là tout ce que la France peut c.c~ parce qu'elle n'a pas intérêt d'exiger autre chose; car F intérêt est la mesure des droits de société à soct~. comme il est la mesure

de particulier

des actions

à particulier. » les colons. Nous

Tels furent

les principes qui guidaient le lecteur d'en prendre note, à cause

prions

ques que nous aurons à -faire, lorsqu'il tution de Saint-Domingue, en 1801.

générale

entra

gouvernement pour réformer

colonial,

en rendant

de la consti-

s'agira

bientôt

L'assemblée

des remar-

en

lutte

avec

le

de décrets

une foule

de ce gouvernement; et sous le de ces réformes, ou craignant prévoyant que la prétexte amènerait des droits de l'homme, en France, déclaration tôt

ou tard

les

abus

modifications

des

au

de la race

faveur

noire agissant du club Massiac, elle

inspirations

prit de l'assemblée

vis-à-vis

dépendance en tuante,

en'

colonial,

régime d'ailleurs

les

suivant

une

attitude

nationale

d'inconsti-

soumise ne paraissant royale. qu'a l'autorité le 28 mai, elle décréta les bases de la constitution

Enfin,

qu'elle prétendait tant seulement nationale

et

donner cet

du

Dès le 20 avril,

acte

a Saint-Domingue, & Faccepïotto~

en soumetde

l'assemblée

roi. elle

avait

eu

connaissance

du décret

rendu le 8 mars par l'assembientôt, parlerons blée nationale; mais elle rusa, en ne l'enregistrant que le 10 juin, après avoir rendu son décret du 28 mai que voici dont

nous

t/sssembtée générate, considérant que les droits de la partie française de Saint-Domingue, pour avoir été longtemps M~cowMts oubliés, n'en sont pas moins demeurés dans toute leur intégrité;


[i790]

CHAPITRE

I.

1~3

r

Considérant que l'époque d'une régénération générale dans l'empire d'une manière juste français, est la seule où l'on puisse déterminer, et invariable, tous ses droits, dont les uns sont particuliers, et les autres relatifs Considérant que le droit de statuer sur son régime intérieur appartient essentiellement et nécessairement à la partie française de Saintdont elle est séparée par Domingue, trop peu coMMM~de la France, un immense intervalle; Considérant que les représentans de Saint-Domingue ne peuvent renoncer à ce droit imprescriptible, sans manquer à leur devoir le plus sacré, qui est de procurer à leurs constituans des lois sages et bienfaisantes; Considérant que de telles lois ne peuvent être faites qu'au min tMcwe de cette fle, d'abord en raison de la différence du climat, du genre de et ensuite, parce que ceux-là popM~MM, des mœurs, des habitudes, seulement qui ont intérêt à la loi peuvent la délibérer et la consentir; Considérant que l'assemblée nationale ne pourrait décréter les lois concernant le r~t~M tM~We~f de Saint-Domingue, sans renverser les principes qu'elle a consacrés par ses premiers décrets, et notamment par la dec<ofa<MM des droits de r~MWMMe; Considérant que les <~cfe<s émanés de t'assemblée des représentans de Saint-Domingue w peuvent ~re soumis à d'OMtre MMC~t<Mtqu'à celle du roi, parce qu'à lui seul appartient cette prérogative inhérente au trône, et que nul autre, suivant la constitution ne peut française, en être dépositaire; le droit de sanctionner ne que conséquemment, peut être accordé au gouverneur général, étranger à ceMe contrée, et n'y exerçant qu'une autorité précaire et subordonnée Considérant qu'en ce qui concerne les rapports commerciaux et les autres rapports communs entre et la France, le nouSaint-Domingue veau coMt~ doit être formé d'après les voeux, les besoins, et le consentement des dpM~B portes contractantes; Considérant que tout décret qui aurait pu être rendu par l'assemblée nationale, et qui contrarierait les principes qui viennent d'être exposés, w saurait lier &MM<-DowM~Me, qui n'a point été consulté, et n'a point consenti à ces mêmes décrets; Considérant enfin que l'assemblée nationale, si constamment attachée aux principes de justice, et qui vient de manifester le dessein d'assurer la prospérité des lies françaises de l'Amérique, n'hésitera pas à feco~Ma~e droits de S<wt<-D<WM~<yMepar un décret solennel et authentique.

1


i24

ÉTUDES

SUK

D'HAtTt.

L'H!STO!HE

dans ses séances des 22, 26, 27, Après avoir délibéré de ce jour, a décrété et décrète à ~'MTMMMw~ ce qui suit Article l". Le pouvoir en ce qui concerne législatif, ~~Mr

de Saint-Domingue, constitués en assemblée mingue. 2. Aucun ne

rieur,

réside

dans

t'assemblée la

de

~~r<t~

partie

et dans

celle

~WM inté-

de ses représentans, de Saint-Dofrançaise

acte du corps législatif, en ce qui concerne loi définitive, être considéré comme pourra

le régime tM<es'il n'est fait

de la partie de Saint-Domingue, par les ~pf~M~a~M française ment et légalement élus, et s'il n'est sanctionné par le roi. 3. Tout acte législatif, fait par l'assemblée dans générale nécessité et en ce qui concerne le régime intérieur, urgente,

sera

sidéré

notifié

comme

gouverneur

loi provisoire général qui, dans

et dans

ce cas,

les

le gouverneur inscrites sur

aussitôt

le contenu

décret.

remet

général le registre du décret

à la révision procédé les observations seront

livrés

sera

la notification,

4. L'urgence l'exécution qui déterminera un décret séparé qui ne pourra être rendu tiers des voix prises par l'appel nominal. Si

le cas de

dix jours de à son exécution,

et tiendra la main promulguer blée générale ses observations sur

5.

ce décret

libre-

de

des

ou remettra

audit

conau

le fera à l'assem-

sera décidée par provisoire, des deux la majorité qu'à elles

observations,

l'assemblée

Il sera

générale. observations.

ces d'après à la discussion

dans

seront alors

Le décret

trois

et

différentes

les voix seront données séances; pour maintenir par oui ou par non, ou annuler de la délibération sera signé par le décret. Le procès-verbal tous les membres et désignera la quantité de voix qui auront présens, été pour l'une ou pour l'autre Si les deux tiers des voix opinion. maintiennent

le décret,

il sera

promulgué

par

le

gouverneur

général,

et exécuté

sur-le-champ. 6. La loi devant être elle est faite,

qui plans

muns;

concernant et

tM~MtMt~,

les ne

du

consentement

de tous ceux

la partie française de Saint-Domingue e< autres les rapports comm~cMM~c

a~crc~< Mf~

WM~Me, que lorsqu'ils de OM T~M~MM<O~M. 7. Ne seront

le résultat

rendus à cet égard par faMMttM~ qui seront de Saint-Doea~d~ dans la partie française auront été consentis l'assemblée par générale

dans la classe des rapports point compris avec la France, les o~e<s de subsistance

Saint-Domingue sité fondra d'introduire;

mais les décrets

par l'assemblée

seront

générale,

pour les proposera comrapports

aussi

communs que

do

la néces-

à cet égard qui seront rendus soumis à la révision, si le gouver-


CHAPITRE

[i790]

1

1 1 1

t.

i25

neur général présente des observations sur Je contenu auxdits décrets, dans !e délai fixé par l'article 3 et seront au surplus observées toutes les formalités prescrites par l'article 5. 8. Tout acte fait par l'assemblée générale et exécuté provisoirement dans le cas de nécessité urgente, n'en sera pas moins envoyé sur-lechamp à la sanction royale; et si le roi refuse son consentement audit acte, l'exécution en sera suspendue aussitôt que ce refus sera légalement manifesté à l'assemblée générale. 9. Chaque législature de l'assemblée générale sera de deux ans, et le renouvellement des membres de chaque législature sera fait en totalité. 10. L'assemblée générale décrète que les articles ci-dessus, comme faisant partie de la conititution de la partie française de Saint-Domingue, seront incessamment envoyés en France, pour être présentés d foccep~MM de t'assemblée nationale et du roi ils seront en outre envoyés à toutes tes paroisseset districts de la partie française de SaintDomingue. Seront au surplus lesdits articles notifiés au gouverneur général comme la lettre de ce décret, de même que L'esprit tous ceux qui le précédèrent ou le suivirent, notamment celui qui suspendait les aoranchissemens, celui qui ouvrait les ports au commerce celui qui licenciait étranger, les troupes de ligne, prouvèrent évidemment l'intention des colons

grands

propriétaires, de la métropole,

de rendre

Saint-Domin-

et de ne lui conserver gue indépendant tout au plus qu'une de suzeraineté à l'égard apparence du pouvoir ces actes révélèrent la volonté royal. Tous de maintenir liante

des noirs et la condition l'esclavage de la classe des hommes de couleur.

humi-

de Saint-Marc, les générale trois parties de la colonie, dans les paroisses redoublè-

A l'exemple de l'assemblée assemblées des provinciales les municipalités

formées

Ce décret fut rédigé principalement par Daugy et Larchevesque Thibaud, deux cotons du Nord, où ils jouissaientd'nne grande considération. Cette rédaction prouve leur capacité. Haont joué on rote important dans les premiers temps de la révotMtion.

1


i26

ÉTUDES

de fureur

rent

couleur

contre

surtout

l'autre

SUR

elles

dans cette haine

des petits

blancs

L'HISTOIRE

les esclaves,

se manifesta

en tous lieux

de toute empreint la plupart iMettrés.

siècle

à cette

contre

les hommes

de

se distinguèrent à l'envi l'une de La classe aveugle et imprévoyante. la brutalité

nement,

pour Habitués

D'HAïTI.

domination

par son acharde ces hommes

tyrannique que depuis un sur les hommes de la race

et demi

ils exerçaient les blancs ne se rappellent

plus les prédictions des philosophes qui les avaient avertis des dangers qu'ils ils ne pouvaient croire à ces paroles de l'oracouraient africaine,

teur

éminent

de

la révolution

Habitam des française Antilles, vous dormez au pied du F~Mt?e du volcan a justifié les prévisions de MiraL'éruption mais elle n'a eu lieu que par les divisions entre les beau blancs classe vu.

les différentes de cette eux-mêmes, catégories ainsi que nous l'avons distincts, ayant des intérêts

Elle

a eu

lieu

et du par l'injustice persévérante, gouvernement royal, et de ses agens à Saint-Domingue, et des assemblées des blancs, contre les affranchis; car, s'ils avaient à ces derniers voulu reconnattre les droits à il est à présumer des politique, que l'esclavage l'égalité noirs eut été maintenu encore, longtemps par la coalition libres. un des Intérêts de tous les hommes San~ doute, au sort des masses, les hommes de couleur leurs désirs et leur intenayant prouvé tion à cet égard; mais on n'y aurait procédé qu'avec adoucissement

eût été porté

lenteur. La liberté cette

injustice La Providence

et Ihumanité

doivent

donc

qui a accéléré l'émancipation veillait pour eux.

se féliciter

de

des noirs.

~r.


t.

CHAPITRE

[1790]

427 1

Cependant, cret du 8 mars,

rassemblée

nationale

par

elle

accordait

qu'elle

aux

à Paris,

rent

cause

à leur

Voici

assemblées

un

membre

et le fameux

et qui

influença

distingué

par

rendu

déunissait coloniales

Ce décret

françaises.

possessions les colons,

il était

lequel

avait

avait

son

les dans

pouvoirs toutes

été concerté

Barnave le comité

dé-

les

entre

qu'ils

gagnée colonial dont

ses talens.

ce décret

L'assemblée nationale déclare que, considérant les une partie de l'empire français, et désirant les faire de l'heureuse régénération qui s'y est opérée, elle jamais entendu les comprendre dans ~a constitution tée pour le royaume, et les assujettir à des lois qui

colonies comme jouir des fruits n'a cependant qu'elle a décré-

être pourraient tMc<wtpo~MM avec leurs cf~oeMOMCM locales et po~tCM~TM Article f. Chaque colonie est autorisée à faire connaître son t<BM sur la constitution, la législation et l'administration qui conviennent à sa prospérité et au bonheur de ses habitans, à la charge de se conformer aux principes généraux qui lient les colonies à la métropole, et qui assurent la conservation de leurs intérêts respectifs. 2. Dans tes colonies où it existe des assemblées coloniales, librement élues par les citoyens, et avouées par eux, ces assemblées seront admises à exprimer le vœu de la colonie; dans celles où il n'existe pas d'assemblées semblables, il en sera formé incessamment pour remplir les mêmes fonctions. 3. Le roi sera supplié de faire parvenir, dans chaque colonie, une instruction de l'assemblée nationale, t* les moyens de renfermant, parvenir à la formation des assemblées coloniales, dans les colonies où il n'en existe pas; 20 les bases générales auxquelles les assemblées coloniales devront se conformer, dans les plans do constitution qu'elles présenteront. 4. Les p~MM préparés dans lesdites assemblées coloniales, seront .soumis à l'assemblée nationale, pour dire MKMtMM~, décris par elle, et pf~~ à racc<p<o<MM et à la M~c<MW du roi. 5. Les décrets de l'assemblée nationale sur l'organisation des muC'est-à-dire, en d'autres termes, que les principu de la déclaration des t~ot<<de r~owme n'éta!ent pas applicables aux hommes de ta race noire.


~28

SUR

ÉTUDES

et

nicipalités assemblées desdits

des assemblées

décrets

décision tions

qui

dénnitive

pu y

être

gouverneur pour l'exécution blées administratives. 6.

Les

assemblées

mêmes

modifications commerce

de la France

sous

la s~MM~arde

coloniales

énonceront

jugeant colonies,

elle

avec

de

nies,

le

droit

à plus

sanction

ccBM sur

les

~M!M

pro/ttM~~M sur leurs pétipour être, du commerce français, appartiendra. n'a qu'elle

entendu

déclare

rien

soit

indi-

propriétés envers la

criminel,

le maintien de la tranquillité, patriotisme, à la nation, à la loi et au roi.

reconnaître comme

d'écarter

les

forte

exécutif, donnait

nistratives,

cet

puisque voulait, <le la

hommes

selon couleur,

COMU~tOMM~

commissaires

des

au

les

arrêtés

les qui

suivait

municipaLa du

agent

à

maintien que

admi-

cette

instructions

même

toutes

assemblées

le de

de

les

force les

colo-

coloniales.

des

antécédens, était,

couleur

toutes

colo-

autres

gouverneur,

nouvelle

agent

des

assemblées

réservée

une

l'assemblée

celles de

de

raison

pour

a à

administratives,

provisoire

pouvoir

Les

leur

de leur

Saint-Domingue,

assemblées

dans

met

du

les assem-

soit direct, les co~oMs et leurs

lanation;

implicitement

niale

jugé

ses colonies;

inviolable

C'était

tion,

par

du commerce

Np~cM~e de

attend

fidélité

lités,

des branches

les modificapropMOt~e

pris

au

apportées

sur

travaillerait à exciter des soulèvemens contre MttC; quiconque favorablement des motifs qui ont animé les citoyens desdites elle déclare a lieu co~t~'e eM<c d aucune tMCM~n'y qu'il

nation,

pation; et une

la partie sauf la locales,

sanction

qui seront

ainsi qu'il nationale, l'assemblée nationale déclare

rect

qui

la

et la métropole, les représentations

entendu

Au surplus, innover dans aucune

les

mettre

et

auxdites

envoyés à exécution

apportées, da arf~s

être

qui pourraient entre les colonies

et après avoir par l'assemblée

tions, statué

do

pouvoir

seront

aux convenance.s peut s'adapter de l'assemblée nationale et du roi,

auraient

qui

D'HAÏTI.

administratives

avec

coloniales,

L'HISTOIRE

disposidu du

roi pré-

l'esclavage,

locales.

des

hommes

de

couleur,

alarmés

de


~790]

CHAPITRE

ces

du décret dispositions réclamations à rassemblée

colonial.

Alors

du 8

accompagner décrétées le 28 mars. « Immédiatement

~g

mars,

nationale

Barnave

vaient

I.

adressèrent et a son

comité

les tM~M~to~

prépara le décret

ces

Leur

article

4 portait

après

la proclamation

qui defurent

instructions

du

des

décret

et

» de l'instruction, <OM~ p<f~~ âgées de 25 ans » accomplis, propriétaires <fwwM'M~ ou, à défaut d'une » telle propriété. domiciliées dans la paroisse depuis » deux ans, et payant une contribution, se réuniront » pour former l'assemblée coloniale. » Lors de la discussion de ces instructions dans l'assemblée le colon nationale, membre Cocherel, de la députation MM:~Mt<~ actifs.

de

Saint-Domingue, /MW~M couleur,

Sa couleur

Mais,

équivoque les termes

quoique favoriser pu largement Grégoire,

après demanda

Cocherel, dement

formel

l'injustice les députés

des

avoir

les

~c~rc proposa forde la classe des citoyens lui dictait cette injure. de l'article 4 ci-dessus eussent prétentions

de ces

hommes,

vu

la proposition repousser de au contraire l'insertion d'un amenà cet égard, se dénant de la ruse et de colons et du gouvernement. Barnave et

de

eurent la mauvaise Saint-Domingue foi de lui répondre que c'était le résultat t~ccMo~ ~M~ 4. e< qu'on ne devait ~<M y mettre une énonciation qui pourrait faire supposer que le droit du hommes de couleur était contestable et contesté. Sur cette déclaration faite publique, en présence de toute l'assemblée. retira Grégoire son amendement. Or,

dans

les colonies

le régime françaises, qui avait ne considérait prévalu et les pas les mulâtres nègres libres comme M,t,. des personnes à ~c~vwtpa a peine pcmo leur reconnaissaitreconnaissait. T I T.t. g


i~

HTU!)RS

on ht qualité pouvaient

SUH

d'hommes,

L'HtSTOIRE

la désignation nègre libre. L'édit sait certainement

de

jours

dans

puisque,

des

produire

eiïets

D'HAtTt.

tous on

civils.

les actes

iou

employait

de quarteron non abrogé, !cur

mulâtre,

de 1685,

qui de

libre, reconnais.

la qualité mais depuis de personnes, H était foulé aux pieds. longtemps Aussi la députation de~ colonies, dans l'assemblée naet les colons du club Massiac, tionale, combinant leurs

Il. t

avec le gouvernernent écrivirent-ils aux intrigues royal, colons de Saint-Domingue de se prévaloir des usages établis et des termes des deux décrets du mois ambigus de mars,

pour ne pas exécuter de couleur.

¡

hommes

j j

Le gouverneur ment ces décrets

J

ministre de cette plus les tl écrivit

1

convoquer donne

1

»

celui

du

28 à l'égard

des

général, qui n'avait pas reçu officielleou qui, les reçut du probablement, avec injonction de ne pas les exécuter en faveur en les promulguant, classe, n'admit pas non hommes de couleur à faire partie des assemblées. aux marguilliers des paroisses, de les chargés « A l'égard de l'interprétation l'on que à l'article 4 des instructions qui accompagnent

le décret

du

8

elle est sans

mars,

et si les fondement; » gens de couleur se à l'assemblée de paroisse, présentaient » vous étes en droit de ne les » y pas recevoir. Comment l'assemblée à qui l'on donnait coloniale, le pouvoir de mettre à exécution la partie des décrets qui pouvait s'adapter elle admis les hommes et

les assemblées

ment

lui-même

aux

convenances

de couleur

administratives, les repoussait?

dans

auraitlocales, les municipalités

lorsque

Rapport de Garmn sur J. Raymond, en t795. pages <et de Tarbë, en i79t, page 9.

le gouverne-

20.

Rapport


r

CHAPITRE!.

[i790]

Comment la couleur.

ces colons,

imbus

auraient-ils

pu être

i3i ~[

des injustes justes envers

de préjugés les mulâtres

et les nègres libres, ces préjuges les portèrent puisque à refuser, même aux blancs mésalliés, la qualité de citoyens ac<~ ? Et l'assemblée en

souveraine,

nationale

slle-méme,

mettant,

par l'article

8 mars,

les colons

spéciale

de la nation

et leurs

contre

le régime colonial sition comminatoire

dans

de couleur,

mer

les

noirs?

6 du

décret

du

son

sous

ne maintenait-elle intégrité?

Cette

pas dispo-

n'avait-elle

les hommes contre

toute

constituante

la sauvegarde envers criminel, la i exciter des soulèvemens

propriétés en décorant

travaillerait quiconque nationatê eux. l'assemblée

nation,

cette

blancs

pas pour but d'eûrayer s'ils avaient l'intention de s'arou d'unir le~ir cause à celle des

N'était-elle

de la société des pas encore à l'adresse accusée ~Mt~<~n<w<, par les colons de rêver au soulèvement des esclaves? La secrète intention de cette assemblée

n'était

des

hommes

donc

pas de favoriser de couleur.

les justes prétentions

Les colons treprise demnité

se voyaient ainsi rassurés contre toute ende leur part. Ils recevaient alors un bill d'inpour tous les excès, pour tous les forfaits com-

mis par eux, depuis contre les esclaves mois, plusieurs et contre les hommes de couleur. Plucés désormais sous la

de la nation, ils n'avaient spéciale plus de ménagement à garder envers les opprimés. En vertu de ce décret, l'assemblée générale appela les habitans blancs à contirmer ses pouvoirs. Son propre décret du ~8 mai flattait trop leurs prétentions, pour sauvegarde

Rapport deGarron, tome ?, pages <9 et 30.


!32

SUR

ÉTUDES

dans

sanction

sa

Mais de

leux

les

l'assemblée

rité,

prononça de provinciale contre

s'agitant

l'Ouest cette

Le 13 juillet,

il reçut

paroissiales.

irrité

par les actes orgueilannulaient son auto-

qui le 27 juillet. L'assemblée et ie comité du Port-au-Prince,

générale, sa dissolution

proclamation

de

dissolution,

le

de du régiment de dissoudre le comité par la force des armes. événement eut lieu dans la nuit du 29 au 30. Mauordonna

gouverneur cette ville, Cet

assemblées

de l'einier,

le comte

D'HAÏTI.

pas à ce vœu.

ne cédassent

qu'ils

L'HISTOIRE

à Mauduit,

colonel

de la garde civique des blancs, y enleva les drapeaux chez lui. Cet outrage, fait aux blancs du qu'il fit porter dans l'action, lui dont plusieurs Port-au-Prince, périrent ce de leur part. Nous verrons valut une haine implacable duit

qu'il en recueillit. avaient Le gouverneur et Mauduit imaginé d'un corps de contre-révolutionnaires, formation des fonctionnaires publics. posé principalement donnèrent membres de

un un

Saint-Marc

comme colore

signe

de ralliement,

pompon blanc. Les se distinguèrent

signe de la révolution fut dès lors négligée.

déjà la comIls lui

en faisant partisans par un coloniale.

porter à ses de l'assemblée

pompon rouge, La cocarde tri.


CMAMTHE !).

VtucentOgé et Jean-Baptiste Chavanne. Pretuiers combats des hommesde couleur contre tes blancs. Emprisonnement des principauxd'entre eux.

du décret c'est pour réclamer l'exécution Cependant, du 28 mars, que Vincent de quitter Ogé prit la résolution la France et de retourner à Saint-Domingue. t! avait été ainsi que les autres commissaires des hommes témoin, de couleur, de la déclaration faite par Barnave sur le sens de l'article cette

assurance

colonial,

4 de ce décret et il savait que donnée il Grégoire, au nom ou

les hommes

de couleur

étaient

encore

malgré comité

repoussés

des assemblées. Contrarié

gr ''reux dessein par le ministre de la marine avec les planteurs, donna qui, d'accord orure dans les ports de ne laisser partir aucun homme de couleur; forcé de prendre un autre nom que le sien, de passer d'abord en Angleterre et de là aux États-Unis, il

arriva

bre 1790

dans

son

de Charleston au Cap. le dimanche 16 octoà onze heures du matin; il y débarqua dans

J'avertis le lecteur que tout ce que je vais citer de t'entreprioe d'Ogé et de Chavanne, reposasur des documens authentiques que j'ai en ma possession. En t8!8, je fus à Santo-Domingo où je restai deux mois le gênerai


i~4

ETUDES

la

soirée, se

Après

avoir au

lui,

à

le

D'HAITÎ.

attendu

reconnu, aussitôt

pendre

d'heures

peu

passé

dans

Avis

mystère. minait

la

en

fut

au

furent

Averti

du

braves de

aux

prises lui

qu'on

chez

Rivière,

ne

il se

Cap,

les

que

son

du pour

arrivée.

rendit

chez

Nord

mulâtres

s'étaient

qui en

son

sous

disposi-

à la

Grandel'un

ami,

enrôlés

Géorgie,

pour

les

do-

arrestation

rendit

Chavanne,

Cap des

son

il se

un

longtemps du

opérer

réservait,

Jean-Baptiste

Savannah.

être

put autorités

provinciale

aussitôt sort

colonie donné

l'assemblée

tion

être

pas

préparaient

retour

tions

L'HISTOIRE

Dondon.

Son

ces

ne

pour

blancs

SUR

de

l'expédi-

ordres

du

comte

d'Estaing. En

se

concertant

pour

atteindre

prit

plus

de

blancs,

tous

général

jusqu'au de

les

son but,

clairvoyant,

convaincu

tien

sur

mesures

Ogé trouva

la

forte

entre

dernier

la

servitude

hommes

de

la

soulever

immédiatement

race

des et

que eux,

du

africaine, les

le

que

organisation

d'accord

depuis

petits

le

blancs,

sien

escar, les

gouverneur

pour contre

Chavanne

lui afin

un

possédaient

préjugé

esclaves,

prendre

en Chavanne

déterminé

plus

fallait

qu'il

le tous

proposa d'arriver

mainles de avec

commandant de l'arrondissement, Borgella, habitait le palais national, ancienne demeure des gouverneurs où se trouvaient tes archives du espagnols, de cette gouvernement colonie, restées intactes, des diffémalgré la succession rens pouvoirs dans cette partie. Mon frère, C. Ardouin, y avait découvert déjà l'instruction suivie par Don Joachim Garcia contre Chavanne et leurs Ogé, outre une infinité de docnmens relatifs compagnons, aux troubles de SaintNous eûmes la curiosité de traduire les principaux Domingue. interrogatoires et de faire l'analyse de cette procédure nous copiâmes tes opinions également émises au sujet de l'extradition des accusés. Je pris ensuite de quetques-uns ces documens, du générât par l'autorisation Borgella. Débats sur tes colonies, tome ter, page 35't. Voyez ce que dit Verneuil de l'ordre donné arrêter cetui.ci pour et le fit lire à ce Ogé l'intercepta colon furibond, alors son prisonnier, traila avec beaucoup qu'il de ménagemens, d'après son propre aveu it le retacha ensuite.


CHAPITRE

~1790]

sûreté

I

1

1

1

I

1

·

à la liberté

v

des

11.

v

v

masses

i35 n

v

et à l'égalité

de tous

avec

les blancs. Mais,

qui avait

Ogé,

reux,

éclairés,

patir

sincèrement

vu en France

des

sur l'opinion puissans au sort des mulâtres

hommes

génécom-

publique, et des nègres

et

de nombreux écrits en leur faveur, où ils expopublier saient la justice des réclamations des hommes de coude l'abolition de la traite des noirs leur, la nécessité sans secousse, sans trouparvenir graduellement, à la liberté des esclaves; générale Ogé, qui savait des hommes non moins qu'en Angleterre, généreux de produire de semblables s'efforçaient résultats; Ogé pour bles,

ne pouvait pas, ou plutôt les vues révolutionnaires sidération

doit grandement

ne croyait pas pouvoir adopter de son compagnon. Cette conl'excuser

aux

yeux

de la pos-

térité. D'autres peut-être

motifs

venaient

à l'appui de la promesse que il avait faite aux Amis des HOM* Il n'ignorait les hommes de couleur étaient en nombre

que égal à la population les fatigues d'une pas

blanche, guerre,

plus aptes à supporter s'il iallait la subir; et il

renouveler avec eux merpeut-être pouvoir de la liberté avait opérées en France veilles que l'amour contre les pn~e~ son départ Mais, depuis pour la tyrannie des blancs contre les hommes de l'Europe, couleur avait tellement ils prenaient de augmenté, croyait

telles cette

pour se préserver des entreprises à une grande qu'elle était contrainte

pru-

avait

cette

précautions classe,

de

dence. Chavanne

donc

raison

Rapport de Garrau, tome ?. page 46.

il

fallait,

dans


É'UDES

SUR

L'HISTOIRE

actualité leur

suprême, répondre barbare injustice, par

deux

cent

mieux

mille

valu

nulé

que

glorieusement déclarait criminel

esclaves tous

dans ceux

l'article

D'HAÏTI.

à la haine

des

!e soulèvement le Nord.

Un tel

blancs, soudain

à de

décret

eût

la métropole; il eût 6 do celui du 8 mars

an-

de

qui des

travaillerait à exciter quiconque soulèvemens contre les colons car, presque toujours le droit n'est respecté que est appuyé par la force. /o~M'~ Les événemens ultérieurs l'ont prouvé, et l'assemblée nationale n'est devenue juste, que par ces considérations. Obéissant

à ses Idées préconçues, Ogé adressa une lettre au comte de Peinier, en date du 21 octobre qu'il terminait ainsi « Non, non, monsieur le comte, nous » ne resterons point sous le joug, comme nous avons » été deux siècles la verge de fer depuis qui nous a est rompue. Nous réclamons frappés l'exécution de ce décret; évitez donc, un mal par votre prudence, » que vous ne calmer. Ma profession pourriez de foi » est de faire exécuter le <~cre< que j'ai concouru à ob» tenir; de r~OMMcr de force par la force, et enfin » faire cesser un aussi injuste » préjugé que barbare. Chavanne en adressa une également au gouverneur générât. dans le même probablement sens. Nous re1 Dans la procédure suivie à Santo-Domingo, it est fait mention de la lettre du comte de Peinier, do ? novembre, accusant à de la <!e<ne en date du :< octobre. Garran dit quec'est le 25réception Ogé, qu'il écrivit, les colons ayant établi en fait qu'il n'arriva que le :3; mais dans son interrogatoire du 5 novembre,Ogé dit tes choses de manière è faire admettre qu'il était arrivé le dimanche 16 octobre, pour pouvoir écrire le St. Voyezle Rapport de Garran, tome <. page 6t, où il est question d'M onr<Mdnle :< octobre par) assemblée. oM~om~t de rat-rtM<f<.d'0~. Une lettre de Saint.Domiogue, msérée sur le Moniteur universel du 25 décembre dit t790. qu'il arriva le 17 octobre.


[i790]

CHAPITRE

n.

~37

1

de ne pouvoir grettons transcrire ses idées. Chavanno avait vu sur aux États-Unis,

que les blancs

supérieurs

aux

cependant,

au

persécutions

mulâtres, mois

des

de

ici

de l'expression le champ de bataille,

n'étaient

pas des hommes en bravoure et en courage; mai 1790, il avait du fuir les

avoir blancs, réuni chez lui pour hommes de couleur, quelques et il se réfugia à Hinche où il resta deux mois et demi Chavanne a dû tenir au comte de Pointer un langage non moins énergique en raison de ces que celui d'Ogé, persécutions. Ces deux lettres furent au Port-au-Prince, expédiées par Joseph l'aine des frères Ogé, de Vincent, qui lui la réponse rapporta également du comte de Peinier; mais cette-ci ne lui parvint sa défaite dont qu'après nous allons parler. Le gouverneur une feinte modéragénéral employa tion envers Ogé, parce que dans sa lutte avec l'assemblée de Saint-Marc et les colons en général, qui visaient à l'indépendance de il avait senti la Saint-Domingue, nécessité de natter tes hommes de couleur par quelques de témoignages bienveillance, à se ratpour les porter tacher et à être fidèles à la il convenait métropole donc à sa politique d'exhorter à être Ogé et Chavanne plus calmes. Mais. outre qu'il .savait que la force organisée au Cap, et la configuration du topographique Nord laissaient de succès à une prise peu de chances d'armes des hommes de couleur de cette il partie, d'écrire à toutes s'empressa les municipalités, en leur envoyant copie des lettres et de Chavanne. et d'Ogé les engageant à suspendra toutes discussions pour pouvoir se défendre contre ~'ewMMM coMMMtM. Ogé avait donné aussi à son frère une lettre pour les


~8

ÉTUDES

hommes

SUR

de couleur

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

du Mirebalais,

par où il devait passer pour se rendre au Port-au-Prince, et une autre qu'il adressait à ceux de cette capitale, les priant d'aider et de faciliter le messager dans sa mission. Les uns et les autres lui répondirent, en le félicitant d'avoir contribué à obtenir,

lui disaient-ils,

cause;

le décret

du 28 mars

car ils le comprenaient

ainsi.

favorable

Ceux

du

à leur Port

au~

Prince

ajoutèrent, cependant, les que son projet d'armer hommes de couleur était prématuré. Placés sous les yeux du gouvernement, récemment de triompher qui venait du comité de l'Ouest, Mauduit avait disque le colonel de l'assemblée quer sur le vaisseau sous,

de Saint-Marc

qui avait du s'embaret de la confédération de

le Léopard, que le gouvernement

Léogane triomphe même par le concours ralliant

sous

hostile

à leur

qu'ils

lui

intempestive de sa part, nagement constance. était

déjà arrêté.

éprouvant ce langage contraint

trop

du

puissant

position d'ailleurs prudent à

obtenu

en donné, cette faction

renverser pour les hommes de couleur

treprise

Ogé

avaient

ses ordres

classe Prince ce gouvernement voyaient moment, leur pour compromettre

Mais

avait

prendre

se si

Port-auen

par une

ce en-

quelque méétait de cirles

armes,

pour ne pas être il était Depuis plusieurs jours, chez Cbavanne, après avoir visité divers habitans de couleur et reçu d'autres chez lui, au Dondon. Tous ceux de cotte paroisse et de la Grande-Rivière, sachant son arrivée et ses intentions, se préparaient ils a la lutte, quand une lettre écrite par le président de l'asinterceptèrent semblée du Cap, au président provinciale de la munici~ de la Grande-Rivière, palité qui lui prescrivait d'aples hommes de couleur peler à préter serment, afin de

.~MttOiHtt


CHAPITRE U.

[i790]

i39

le moyen de les arrêter, ainsi la nuit du 27 au 28 octobre,

trouver Dans blancs

vinrent

dormait

dans

chez

qu Ogé lui-mème. une vingtaine de

Cbavanne

si Ogé y pour s assurer était ils y trouvèrent une dizaine de mulâtres qui se eux. armés présentèrent Ogé se tenait dans une pièce Dans ses interrogatoires, il déclara particulière. qu'il Chavanne rèrent

confirma

sans

rien

à madame seul.

ce moment cette faire

Chavanne

Informé

et qu'on déclaration.

d'offensif;,mais que leur but

de cette circonstance, résolut de commencer

retirés, Ogé tous les blancs

de

ne

le réveilla

pas se reti-

Les blancs d'eux

l'un était

déctara

d'arrêter

Ogé se furent

après qu'ils le désarmement

de

la Grande-Rivière

et au jour, cette eut lieu. Sa troupe se grossit dans la journée opération du 28 et fut portée, le lendemain, 250 homà environ de Chavanne. mes, selon la déclaration Dans ce désarmement, les hommes de couleur ne firent

aucun

mal

mais l'un d'eux, de la résistance,

aux blancs un boucher fut tué.

qui remirent nommé Sicard,

Ce fut

un

leurs

armes

ayant opposé assassinat. Vincent

aucune Ogé n'y prit personnellement part; ce crime fut point commis en sa présence, et il le bt&ma. Le sang avait Et cependant, étaient

naguère res, eux et leurs

la guerre était commencée des mutatres et des nègres libres quand assassinés lâchement dans leurs demeu-

coulé,

enfans,

cette

considéré

classe d'hommes

mis

la guerre commencée Mais ici, il s'agissait d'un

crime

était

C'est

irrémissible

alors, de président qu'il

écrivit

ne

entre

n'avait

eux et leurs

privilégié

pas enne-

de la peau

le

1

le 29 octobre, qu'Ogé i'assembtée provinciale il M. de Vincent,

adressa du

commandant

sa lettre

Nord,

au

et celle

militaire

de


ÉTUDES

SUR

L'HÏSTOtRE

cette

Dans l'une et l'autre, province. cution du décret du 28 mars. « Messieurs,

disait-il

D'HAÏTI.

il demandait

à t'assembtée,

t'cxé-

un

préjugé trop Je vous somme

soutenu v~ enfin tomber. » longtemps » de faire promulguer dans toute la colonie le décret de » rassemblée nationale du 28 mars, sans qui donne, » distinction. tous ie~ citoyens le droit d'être ~r~. »admis

dans

toutes

les charges et fonctions. Mes pré. »tentions sont justes, et j'espère que vous y aurez égard. » Je ~/er<Mp~M MM~r ce moyen est indiateliers » gne de moi. » Apprenez le mérite d'un homme à apprécier dont » l'intention

est pure. Lorsque à l'assemblée j'ai sollicité »nationale un décret en faveur des que j'ai obtenu » colons connus américains, anciennement sous t'épithète de Mî~ n'ai point compris, injurieuse » dans mes n~aMMt<t<MM, sort des M~rM qui vivent dans Vous et nos adversaires avez empoisonné <'M~oM~. » mes démarches des habitans pour me faire démériter honnêtes. Non. non, nous tt'<!uo~M que réMessieurs, » clamé pour tlne classe <f~ww~ sous K&rM, qui étaient » le joug de l'oppression Nous voudepuis deux siècles. » lons

l'exécution

du décret

du 28 mars.

Nous

persistons » à sa promulgation, et nous ne cessons de répéter à » nos amis, que nos adversaires sont injustes, et qu'ils » ne savent point c~tHcr leurs <M< avec les ndgres. » Avant mes moy~M~, je fais usage de la d'employer » douceur. Mais si, contre mon attente, vous ne me » donniez de ma demande, pas satisfaction je ne réponds » pas du désordre où pourra m'entraîner ma juste ven» geance. » Les deux de Limonade ont fait ce qu'ils ont dragons

1 1


CHAPITRE

[1790J

Il

i4i

r

» pu pour remettre la lettre dont vous les avez chargés. des troupes » pour annoncer qui étaient prêtes à voler » contre nous. S'ils m'ont remis la lettre à M. Lambert, » ils

y ont

été

contraints

mérite » vigilance » Ils sont porteurs « Nous exigeons, du

» gation

)) électeurs, »fortifierons, » l'on nous » trouverait M a-t-on

par

une force

des égards et des éloges de la présente. » disait-il à M. de Vincent,

décret

du

28 mars

nous

nous

rendrons

nous

nous

» ser les mille

Examinons

celui et un

repousserons

des nobles abus

ce manifeste

leur parti.

la promulnommerons des

à Léogane, nous nous la-force par la force, si des

inquiète. L'amour-propre insulté si nous siégions

consulté

majeure; de votre

à côté

colons

se mais

d'eux

etdu

clergé pour redresen France? ? qui existaient

et disons franchement d'Ogé, Le devoir de celui qui étudie l' his-

ce que nous en pensons. toire de son pays et qui s'efforce d'en utile à la postérité, consiste toujours rité

faire jaillir la vérité, à aider cette postédoit porter sur les hommes

dans

le jugement qu'elle et les choses. C'est par là qu'il son peut recommander œuvre et inspirer de la confiance en ses propres sentimens. L'impartiaiité fait le mérite de l'historien alors même qu'il se trompe dans ses appréciations, le lecteur lui sait gré de sa loyauté. Nous

dirono

donc

que

nous

trouvons

<1 Ogé une présomption que nous main y apparaît trop ouvertement.

Sans

ces lettres le moi

doute,

c'est

hule

mais ce qui se fait le chef de son parti était-il autorisé Réduit a langage par les circonstances? sa prise d'armes, sans avoir eu le temps de précipiter s'entendre avec toute la classe de couleur, à n'avoir sous langage

de celui

blâmons

dans


ÉTUDES

SUR

L'HISTOIRE

ses ordres

que deux à trois sa confiance en lui-même, au

pas parier qu'en son commissaires réclamer Nous

nom?

de sa part,

aimé,

moins

de personnalité. la proposition

empreint s'il avait adopté

quelle que fût pas, ne devait-il entière,

plutôt ies autres

a-t-il omis Pourquoi concoururent France, avec

qui. en contre les dispositions

aurions

milliers

hommes,

ne pouvait-il de cette classe tout

nom

propre

cents

U'HAtTÏ.

du

décret

lui à

du 8 mars?

un

langage plus modeste, Nous l'en excuserions, de Chavanne à la tête de

la loi à toute la pouvant imposer classe blanche et dicter ses volontés, il eût eu l'approbade l'histoire. tion, la sanction de Ogé avait évidemment et ce n'est pas co que nous blâmons l'ambition, en lui; car,

d'hommes,

sans

une

noble

ambition

on ne fait rien

d'utile,

rien

de grand. Mais cette passion des âmes ardentes eut été plus louable en ce jeune homme, si, a ce moment décisif, il se fût placé à la tête de tous les hommes de ia race noire, pour les mener à la liberté et A l'égalité politique. en faisant Toutefois, cette déclaration de guerre qui semble, au premier abo<d, exclure tout sentiment de sympathie pour les esclaves, à Ogé était loin d'être contraire leur émancipation il restait seulement avec conséquent la mission fidèle

trop

il restait fidèle, peut-ètre qu'il s'était donnée a~x antécédens de sa conduite en France, aux dominé qu'il avait pris avec J. Raymond,

engagemens par les mêmes.idées. facilité put

avec

ses réclamations.

croire

que

les

les Amis des

noirs

Dans

colons

sa fougueuse auraient poussé

et l'injustice dans leur résis-

au point de persévérer l'imprévoyance, tance à reconnaître aux hommes de couleur actifs; car, citoyens avaient voulu céder,

qui avaient il ne ardeur,

les droits

de

des décret, s'ils malgré l'ambiguïté les désastres qui s'en sont suivis ne

.««d


1

CHAPITRE

[i790]

pas arrivas.

seraient

Il.

sentait

Ogé

à jouir des parvenaient les blancs. ils influenceraient

couleur que tions

de toutes

les assemblées

i43

que si les hommes de mêmes droits politiques facilement les résolu-

de la colonie,

pour

amélio-

à leur et parvenir graduellement Le langage qu'il tient à l'assemémancipation complète. son discours au club du Nord. blée provinciale après rer

le sort

des

esclaves

auparavant, prouve, non son égoïsme mais le raisonnement comme d'esclaves. propriétaire les colons de leurs à désarmer d'un homme qui cherche Massiac

une année

préventions, par leur propre était la cause prépondérante

intérêt.

du régime les blancs

qu'avaient pas l'intérêt esclaves dont le travail les enrichissait? tait-ce

Car,

enfin, quelle colonial? N'édes

à posséder

« II est vrai, dit Garran, qu'Ogé pensait en 1790, avec et les Amis des )) les philosophes les plus respectables, » noirs eux-mêmes, ne pouvait tout qu'on pas donner » d'un coup la liberté aux esclaves; il ne croyait ~&s que » cette

tentative

» l'étendue

fût

alors

et il fallait

toute

que ce grand acte » de justice naturelle si promptement. pût être effectué » tant les plus horribles difficiles à deviennent iniquités » détruire

de notre

praticable; révolution pour

en s'invétérant.

» M~couMa~re » les deux

droits

Mais Ogé était bien éloigné de des nègre., et de vouloir, comme

esct~coloniales, que leur éternel » vage fût la base de la constitution des colonies il avait » senti la nécessité d'adoucir leur sort, dans le mémoire » qu'il

assemblées

eut l'

imprudence

de présenter

au club Massiac

»

Rapport deGarratt, tome t, page 55. Dans la séance d'~ 11 toréât an tH (Débats, tome &. page~7.). Sonthonax a dit de V. Ogé, qu'il est mort pour la liberté de ses /r~< (les hommesJe couleur) e<mdme pour la liberté de,


it

ÉTUDES

i44

Dans

leur

adresse

mars

1791,

les

pages

75 et 76

SUR

L'HISTOIRE

à 1 assemblée

Amis des noirs

« Dans tous les pamphlets, » été publiés contre nous,

°

t

D'HAÏTI.

nationale, disaient

sur

en

publiée

l'esclavage,

dans tous les libelles qui ont on nous a. sans preuve et

M îHo~r~ nos démentis accusés de demander perpétuels, » l'affranchissement subit tous les esclaves. Nous le répé' » tons, c'est un odieux mensonge. Nous croyons bien M que tous les hommes naissent libres et égaux en droits, » quelle que soit la couleur de leur peau, quel que soit le M pays où le sort les fasse naître. Mais nous croyons M aussi que cet a~e de justice exige de grands ménageme-ns. » Nous croyons gM'a~raMc~r subitement les esclaves noirs, » serait une opération. non-seulement les colo/a<a~pOMr » M~, mais que. dans l'état et de nullité où d'abjection )) la cupidité a réduit les noirs, ce serait leur faire un » ~r~e~/MMe~c. » Dans hommes tition

le

même

mois

de couleur aussi

à

de

restés

l'assemblée

les commissaires

1791, à Paris

adressèrent

nationale,

des une

pé-

ils disaient,

page 7 « Zcs citoyens de couleur ne voient qu'avec déchirement x triste sort des noirs esclaves; mais ils sentent, comme )' vous, la ~ccMi<~ de ne précipiter aucune tMMOt?a<to~ a M leur ~ora; vous les verrez, p~MOM't~ ~!< ~Q~eMreM~)' ?~M< possesseurs d'esclaves comme les blancs, vous les verrez

concourir

les premiers

à tous

les moyens

que

wtrt. On peut en cro!reSonthonax qui eut l'honneur de proctamer,!epremier, la tiberte g~nerato des esclaves.


j ar

CHAPITRE

[1790] [i790]

» votre

sagesse et votre » adoucir leur M, » /er< ))

Il. H.

humanité

iAK 145-1

vous

aM~M~yK

dicteront,

uoM

~tM

Quoi qu'il en soit, à la nouvelle du désarmement blancs par Ogé et sa l'assemblée troupe, provinciale Nord, concertant ses mesures avec les chefs militaires M. de Vincent Cap, fit marcher contre eux avec 6 à et

hommes,

mit

à prix

la tête

d'Ogé

une douzaine

relâchés ment,

ensuite

par

de concourir

Ce succès

de blancs

furent

Ogé, après & l'exécution

avoir du

du du 800

portueut engagement

Un premier piastres. lieu, dans lequel les hommes de couleur blancs avec avantage; ou cinq quatre furent tués dans le combat, et du côté libre

des

500

pour

ou 4,000

gaises,

pour ~Mr~

les repoussèrent de ces derniers

un nègre opposé, faits prisonniers et

sous serpromis, décret du 28 mars.

des

porta l'assemblée à provinciale retirer des troupes à M. de Vincent, a M. de Cambefort. pour le donner colonel du régiment du Cap, qui marcha contre eux avec 1,500 hommes munis, cette fois, de canons. Un second combat décida du insurgés le commandement

sort des hommes avoir

résisté

de couleur

avec

bravoure

qui furent vaincus, à leurs ennemis.

non

sans

La troupe

d'Ogé avait déjà diminué, après le premier engagement, On fit plusieurs prisonniers par des désertions. qui furent conduits dans les prisons du Cap. Vaincu par des forces supérieures, au Ogé se porta Dondon avec une soixantaine d'hommes pour en retirer sa mère et sa famille là, ils échangèrent encore quelques coups de fusils avec les blancs qui s'y trouvaient. Ogé,

en organisant o CI

sa faible

armée,

avait ""U.. ~.utt~

été reconnu *cuuuHU

1. <0

1


<46

ETUDES

SUR

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

Il s'était muni d'apar c!~e au grade de colonel général vance do deux épaulettes d'or, qu'il porta sur une veste de la garde nationale d'uniforme de Paris, dans laquelle il s'était incorporé son séjour en cette ville. Il pendant était en outre

décoré

d un(

Lion

de Limbourg, J.-B. Chavanne,

de l'ordre

qu'il s'était procurée son lieutenant dans

de mérite

du

en France. cette

mémorable

avait

le rang et le titre de major général un était a6~aM< d'autres étaient d'Ogé major, etc., etc. capita.ines, lieutenarts,

entreprise, des frères reconnus

Du

croix

moment

revenait qu'il d'armer les hommes

l'intention

lu force

obligé, pour opposer les blancs à l'exécution

à

avec

Saint-Domingue de couleur, s'il

à la force

du décret

du

y était et contraindre

28 mars,

Ogé avait du se préparer au rôle de chef militaire de là sa prévoyance à se munir d'or, comme d'épautette~ signe du commandement. Il est

vraisemblable de la noblesse

insignes

sa-chant que, l'importance à Saint-Domingue, il aura

des jugé l'or-

convenable de se procurer la croix de égatement dre du Lion de Limbourg qui, aux yeux de beaucoup d'hommes de sa classe, être considérée comme pouvait de la croix de Saint-Louis, si commune dans l'équivalent la colonie. Cette décoration n'était pas indispensable; elle ne pouvait même être de plus que nous pensons ception

de

la part

d'aucune

utilité.

Nous

disons

était une pauvre conqu'elle de Vincent Ogé, qui venait réclamer

Le 7 novembre t789, il avait écrit de Pa is <!< l'une de ses sœurs qui était a Bordeaux,

q~'it

était

co~teL

Interrogé

à ce

sujet,

it

déctara

que

c'était

ponr

natter la vanité de ses sœurs et de sa mère. Le brevetqui lui accordait la croix du prince de Limbourg lui donnait cette qudite.


CHAPITRE

[i790]

les droits

Il.

i47

civile et politique pour ses frères et ses séance de l'assemblée égaux, surtout après la mémorable nationale où les titres de noblesse furent abolis en France. Cette vanité de sa part aurait une fâcheuse pu avoir l'égalité

influence

les siens, s' il avait eu le succès parmi Les principes de la révolution promettait. française, il poursuivait la réalisatiot à Saint-Domingue, basés sur r égalité des conditions parmi les hommes, dire sur la justice; c'était cette précieuse égalité affranchis

voulaient

la fausser

au

conquérir de cette

début

il

ne

révolution

qu'il se dont étaient c'est-à-

que les fallait donc pas sociale et poli-

tique. Mais, si le lecteur se rappelle ce que nous avons dit, dans la première partie de cet ouvrage, sur les idées qui caractérisaient les hommes de la province du Nord, il trouvera dans ce fait que nous reprochons à reencore, de cet intrépide gret, à la mémoire jeune homme, l'explication naturelle de cette erreur, de cette faiblesse. Ogé a eu cela de commun avec Jean François, Biassou et Toussaint Louverture, déterminés à idées, par les mêmes des décorations

prendre

libres

de noblesse.

de l'Ouest

et du Sud

Les mulâtres

et les

se sont

inégalement mais on ne vit dominer surgés contre les blancs; parmi eux que les principes et ils n'adoptèrent républicains, ces principes. que les grades militaires que comportent nègres

A part que nous duite. même qu'il telle

les deux

reproches que nous faisons à Ogé et croyons justes, on ne peut que louer sa conH s'est montré et digne de sa mission, généreux

chevaleresque a eus en son

entreprise, au grand nombre

dpns

pouvoir, brave sur

ses procédés

envers

les vaincus

dans son courageux le champ de bataille.

de ses ennemis;

vaincu

par

immorCédant la puis-


ÉTUDES

sante

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

militaire

au Cap, par l'uqui existait nion entre qui régnait l'assemblée et les provinciale agens du gouvernement colonial, où par i'impossibi~é il se trouvait de se concerter avec tous les hommes de couleur de la colonie, dans le peu de temps qu'il passa au Dondon et à la Grande-Rivière, il se réfugia avec Chavanne et plusieurs autres de leurs sur compagnons, le lerritoire où ils pénétrèrent le 6 novembre espagnol un plus grand au moment nombre, d'y passer, changèrent de disposition et restèrent dans !a co!on;e française où ils durent se cacher. de son brave lieuSéparé bientôt tenant qui s'égara dans la route, Ogé fut arrêté à Hinche. tandis que Chavanne l'était à Saint-Jean On les achemina

organisation

SUR

tous

a

où ils furent Santo-Domingo, dans déposés les cachots de la Tour de cette ville. La mère d'Ogé et ses autres parentes restèrent à Banica. Les fugitifs, devenus étaient prisonniers, Vincent Ogé et trois de ses frères Joseph Ogé, i'ainé de tous, Jacob Ogé, ou dit Jacquot, et Alexandre Jacques frère utérin des autres. Couthia, Jean-Baptiste et Joseph frère, et Joseph-Louis ~h< Armand autres

Hyacinthe Chavanne, fils de ce dernier.

Cbavanne, Pierre Angomard,

Ensuite

trois

Chavanne,

Jean-Pierre

son

Angomard Pierre Joubert

trois frères; Angomard, Joubert et Jean-Baptiste Joubert Louis Suar, Alexis Barbault, frères;

jeune, dit Boi-

Un procès-verbal dressé à Hinche, le "0 novembre, fait ainsi le signalement de V. Ogé Un homme de 6 pieds 3 pouces, de couleur brune, cheveux crépus, nezaquilin, grands yeux, manquant une dent dans la mâchoire supérienre,

etc.

Interrogé ensuite par DonGarcia, V. Ogédéc!ara êtreF~o~, âgé de 34 ans (en t790). cétibataire. de la religion apostoHque et romaine. J.-B. Chavanne déclara être âgé de 49catholique, ans et marié. On ne fit point son signalement.

j


CHAPITRE

[i790]

ron,

Pierre

Arceau,

Toussaint

I!.

~Q

Parvoyé;

Jean-Baptiste

Louis

Grenié,

Grégoire, Jean-Baptiste Chevrier, Joseph Louis Labonté, Palmentier, Jean Picard et François Miot: l'esclave à Ogé, Louis, et l'esclave plus, appartenant Olandes,

Nicolas-François Cha vanne.

Le lettre

11

adressait mais

pagnole,

étant

novembre,

qu'il

appartenant

au

à Banica

gouverneur

ne fut pas dans papiers,

qui

à Jean-Baptiste

Ogé rédigea de la colonie

es-

elle se trouva expédiée une cassette. On trouva

d'autres parmi aussi plus de deux cents pièces manuscrites ou dans sa valise qu'avait à Saint-Jean. Chavanne, Par

une

imprimées

la lettre

au gouverneur, et qui ne qu'Ogé écrivait fut qu'un pro~, il offrait, en son nom et au nom de ses en fuite, de prêter serment de Sdélité et de compagnons Cette offre était commandée vasselage au roi d'Espagne. par leur

de fugitifs. Ils n'ignoraient pas que le colonial demanderait leur extradition gouvernement et ils voulaient pour ne pas être livrés à leurs bourreaux, avoir recours à ce moyen qu'ils croyaient propre à inspirer la sympathie des Espagnols. D'un autre côté. ils savaient que les hommes de couleur du Fond-Parisien et d'autres de l'Artibonite avaient trouvé refugeet protection sur le territoire ils pouvaient donc espérer d'êespagnol tre traités aussi favorablement. position

Etait-ce

un

tort

de leur

de concevoir part, d'ailleurs, l'idée de changer de patrie, de se soumettre à un autre à un autre souverain, leur pays gouvernement, lorsque ne leur

offrait

et injustice? Le droit naqu'humiliations turel de l'homme n'est-il pas de renoncer à sa nationalité, lui en fait en quelque sorte un devoir? quand la tyrannie


~SO

ÉTUDES

l'f

Ce

tout

que peut pas aussi? Les colons de

lettre

firent

SUR

un

L'HISTOIRE

peuple,

un

D'HAtT!.

homme

à Ogo un reproche

ne

outré

le peut-il

de son projet

au

mais il n'appartient gouverneur espagnol; pas aux tyrans, qui ne savent que proscrire et tuer, non, ce sentiment jamais il ne leur appartiendra d'apprécier vivace qui attache l'homme à son pays natal, le citoyen à sa patrie. Du reste, ce moyen qu'imagina à Ogé pour échapper ses persécuteurs n'était et Faura, pas sérieux qui a émis une opinion si bien raisonnée en cette circonstance iml'a démontré dans son admirable portante, argumentation. Ogé était trop enthousiaste de la révolution et de la nation française, pour avoir conçu sincèrement le désir de devenir le sujet du roi d'Espagne Le gouverneur

Don Joachim

Garcia

à l'interrogatoire des fugitifs, dévoués horribles Cette procédure supplices. ment. allaient

pour être

commencée

préparer bientôt

celle soumis

le 23 novembre

arrivé Chavanne, Baptiste fut achevée le 12 décembre Ogé.

Diverses

confrontations

procéda d'avance qu'il

lui-même aux

plus

fit spontanéces infortunés

à laquelle dans la partie

française, de Jean-

par l'interrogatoire le premier à Santo-Domingo. de Jacob par l'interrogatoire eurent lieu entre V. Ogé et

de ses compagnons. plusieurs Ses réponses, comme celles des autres, aucune ni même aun'exprimaient crainte, cune haine contre les blancs de la colonie ils française avouèrent tous le but de leur prise d'armes, qui était de Voyezt'énergiqne défense que Sonthonax a présentée en faveur dans le tome 3 des Débats, page47 et suivantes. !) a soutenu !e droit d'Ogé,et de d'Ogé ses compagnons de changer de patrie, pour fuir la des colons. tyrannie


r

CHAPITRE

[i790]

Il.

i~i 1

contraindre

à l'exécution

les colons

tous, ils honorèrent Chavanne étant

du décret

du 28 mars:

leur

leur infortune. captivité, sur le point d'être retiré de son cachot

d'une sentinelle la propour passer à un autre, apprit chaine arrivée d'Ogé qui devait y être mis à sa place sur le mur, quelavant d'en sortir, il traça au charbon, de renseignemens à son ami, à ques notes pour servir celui qu' il appelait son chef. Noble cour 1 ce n'est pas le seul en ton honneur! 1 enregistrer

trait

que nous

ayons

à

cet esprit logique altier, qui devançait son époque, par ses idées révolutionnaires qui lui faisaient entrevoir l'heureux moment où tous les hommes En effet,

de la race berté

et de

ce caractère

à Saint-Domingue, de la lijouiraient du fond de son Chavanne adressa, l'égalité;

noire,

lui captif, deux lettres au gouverneur espagnol. l'une le 28 novembre, l'autre le 2 décembre, pour lui dire fièrement n'avait drotï de le p<M que le gouverneur r~Mtr était venu ainsi aux fers; qu'il que ses comcachot,

la protection de l'Espagne et un asile contre les blancs français rebelles à la de la France. de l'assemblée souveraine

réclamer pagnons, sur son territoire, volonté Cette

protestation la postérité doit lui son estime,

son

en

gré. On ne peut refuser à un homme, quel qu'il les droits sacrés que l'espèce

pour a reçus

de la nature,

de ses ennemis, l'injustice sait encore vaincu. Et lorsqu'on tre

de Cbavannc

savoir

admiration,

qui, combattant humaine tout entière soit,

la mémoire

honore

alors

proteste conest même qu'il

sur l'éque Chavanne, on ne peut du martyre, a montré le courage cbarfaad, méet regretter amèrement, que l'esprit que regretter, n'a:t de son célèbre et malheureux compagnon thodique


~S2

ÉTUDES

SUR

L'HISTOIRE

D'HAlT!.

comme le sien, l'avenir pas saisi, de sa race infortunée sur cette terre, ou tant de victimes devaient être immolées avant que les décrets de l'éternelle Providence fussont-

accomplis.

Mais, peut-être fallait-il ce sacrifice ler ces décrets. Dans l'eifantement ne peuvent peuples du sang; l'histoire vérité.

Dans

l'ordre

se soustraire de

toutes

humain

scel-

de leur

les liberté, à la nécessité de verser

les

nations

des idées

morales, veut des victimes

religion politique qui se développer. Le christianisme, hberté des hommes, a compté

pour

qui

atteste

la liberté

cette est une

pour s'asseoir a tant influé sur

également

de

et la

nombreux

martyrs. La Paris,

chaleur

et la

le dévouement

que montrait de la cause des hommes

Ogé, à de cou-

défense pour les menaces, leur peut-être imprudentes, que ce caractère ardent de se rendre à Saint-Domingue y faisait, pour faire un appel aux armes a ;a classe, avaient porté les colons du club Massiac, dès le mois de février 1790, à avertir ceux de la colonie de ses projets, pour l'arrêter et le tuer. Le 12 avril suivant, le baron de Cambefort. les troupes qui a commandé de la petite vainqueurs armée écrivit au commandant de Monte-Christ d'Ogé, en cas q~'Il y débarquât, pour le prier de l'arrêter, et au Fort-Dauphin. Pareil avis. pareille l'envoyer ré~uisition furent adressés à tous les commandans des boursur les frontières, gades de la partie espagnole, par d'autres autorités Elles les renouvelèrent françaises. aussitôt la prise d'armes de la Grande-Rivière et après la défaite Le marquis de Rouvray, d'Ogé. de la grand planteur du Trou, écrivit paroisse à cet enct. également Alors,


[1790]

CHAPITRE

]

l'assemblée neur

Il.

du Nord

provinciale

i53

et te nouveau

de

la partie le général française, d'écrire a Don Garcia, s'empressèrent son extradition et celle de ses compagnons Blanchelande surrection

était

au

Port-au-Prince

Blanchelande, pour

réclamer

pendant les rênes du

en ce moment, il recevait des mains du comte colonial,

vernement

gouver-

de Peinier

l'ingouqui du 16

le 8 novembre. Sa lettre pour la France à Don Garcia, lui serait remise qu'elle par M. de commandant de la corvette la Favorite, Négrier, qui se rendait à Santo-Domingo à son bord ces pour recevoir mulâtres M~rg~ elle lui parlait d'une écrite par autre, lui-même à ce gouverneur dont M. Desligneris, capitaine au régiment du Port-au-Prince, était porteur c'était par cette dernière l'extradition des insurgés. qu'il réclamait partit disait

Garran

se trompe, dit que ce fut l'assemblée en prenant sur mation, Ainsi,

neur.

C'est

sonniers, jour,

il

faute

de documens, il quand provinciale qui fit cette récla-

M. Desligneris au nombre de 26,

signa

un

lettre

suivante,

également, tout entière

mandant

de Las Caobas.

ner une

idée

prêté

ce même serment,

par /OHMM légales dans

eux.

adressa écrite

le nom du gouverfut faite des pri-

le 21 décembre

avoir après o~nwot<

acte,

lequel il promit que l'on le procès à instruire contre Blanchelande

d'emprunter que remise

Nous

le 18

la novembre, de sa main, au com-

la transcrivons

pour donde ce goudans colons,

à nos lecteurs, des sentimens verneur qui servit si bien les passions des cette circonstance et dans tant d'autres. Nous

copions

textuellement NoutpoMëdoM ces lettres originales que nouaavons prises dans tea archivu de SW~o-Domiojto.

1


~S4

ÉTUDES

SUR

L'HISTOIRE

D'HAiT!.

Au Port-au-Prince, «

Don Arrata,

cowwaM~a~

le i8 novembre i790.

a Caoba.

» Monsieur, » J'apprends que !o nommé Ogé, c/~y des brigands qui ont manifestés une révolte dans la partit française du Nord et que Fassistance de nos bons voisins ont fait arrêter, est encore avec de quelques-uns ses complices dans les prisons de Banica ou vous commandés; j'écris, Monsieur, au juge ou alcade de Banica pour le prier d'acheminer ces brigands pour San-Domingo j'ay fait partir une corvette du Roy et j'ay envoyé un officier a San-Domingo pour réc!amer auprès de son Excellence le gouverneur de la partie espagnole tous ces r~o~ pour en faire bonne justice. J'ay l'honneur de vous prier, Monsieur, de vouloir bien donner protection et escorte pour faire arriver a San-Domingo ces criminels le plutôt qu'il sera possible. Sans cette précaution, je craindrais fort que ceux des complices de ces brigands qui sauroient qu'ils sont encore a Banica n'aillent en force pour les délivrer, ce qui seroit très désagréable pour vous, Monsieur, et encore plus pour la tranquillité de la partie francoise de t'isie, je compte beaucoup sur votre prudence et vos bons secours. » J'ay l'honneur d'être avec beaucoup de considération et une parfaite estime, Monsieur, Votre très humb!e

et très obéissant

serviteur,

BLANCHELANDE. » Je vous prieray, Monsieur, de permettre lorsque je sauray fMM brigands rendus à San-Domingo, que je fasse addresser ~ec~n~e~Me aux troupes et personnes qui les auront escortés. » Ne car

commentons

les co!~ns,

leurs

cruautés,

tomber ont

péri

sa tête en

Cependant,

pas pour l'ont sur

cette

lettre

de

tous une

Blanchelande

de sa condescendance prix accusé des terroristes auprès Féchafaud où tant d'illustres

à toutes et fait victimes

1793.

Don

Garcia,

qui

exigea

un

servent

et


CHAPtTRE H.

[i79C] écrite

une déclaration

<SS

de

M. Desligneris, obserqu'on verait les formes légales envers les prisonniers, employa lui-même f~M /<)nMM avant de les livrer il soumit la de l'extradition question concourir qui devaient Le 19

à l'examen avec

une opinion motivée sonniers il se nommait émit

fondait

sur

personnages

lui

à en juger. oidor (procureur

le fiscal

décembre,

des

et conclut

du

roi)

à la remise

Fonserada.

des prise opinion

Cette

les puissances qu'avaient qui ont à ne pas favoriser des colonies, les prétentions des hommes de couleur de devenir les égaux des blancs; elle

l'intérêt

réclamait

passé entre des criminels. Le

aussi

Vicente

20,

Antonio

du

traité

du

l'application la France et l'Espagne,

pour

de Faura, aussi une

de

police l'extradition

avocat,

assesseur

lui remit motivée, gouverneur, opinion les concluant à ne pas livrer les prisonniers et à attendre en serait ordres de la cour à qui rapport d'Espagne, fait. Cette opinion, fondée sur les plus hautes considérations trouvait

politiques la colonie

(en

torité

mettait royale), si la cour d'Espagne de police, l'extradition rappelait

n'était qu'on réclamé

des

circonstances

se

et de la grande révolution française, l'auen France qui avait modiné et restreint

survenue

Elle

raison

déjà une des

en

doute

voudrait

1777,

contracté

avec

des

criminels

de

la question de savoir de maintenir le traité le roi de France, l'une

et l'autre

pour colonie.

au gouverneur Garcia, qu'en /<M<, le traité dans la colonie voisine, puisplus observé circonstance récente on avait vainement criminels

espagnols, qui encore remarquer

Faura faisait refuge. tion faite contre Ogé et ses

compagnons

trouvé y avaient que la réclamaportait

qu'ils


<S6

ÉTUDES

SUR

L'HISTOIRE

D'HAtT!.

avaient

contre la sûreté des deux colonies, conspiré et que pour ce motif il fallait les garder, afin d'instruire contre eux. ï! déguisait ainsi la sympathie que ces infortunés lui inspiraient Le 21,

de plus de six heures, après une séance présidée par Don Garcia, o~ « ce gouverneur déclara verba» lement à l'audience ~c~Mt~ et royale, 1 l'importante » l'utilité de remettre les m~M~e~ au gouvernement colo» nia!, éviter de pour funestes consébeaucoup » quences, » l'audience ce fait, royale. qui rappelle étant émit son opinion consultée, des pour la remise Elle déclara prisonniers. oidors ou que sur les trois deux partageaient juges qui la composaient, l'avis du et

gouverneur-président, faire rapport à la cour

que

le troisième

concluait

à

et à attendre ses ordres. d'Espagne Comme le fiscal, l'audience le traité de royale rappela police, et cita une réclamation adressée par le gouvernement de Porto-Rico à celui de Saint-Thomas, pour un cas de /OMMe-wo~a~, dans les accusés laquelle furent remis. Telle fut l'analogie forcée emqu'elle fallait livrer Ogé et ses comploya pour prouver qu'il Le régent de cette cour pagnons. royale se nommait t Urisar, n'indique Ainsi, Garcia, prévalut;

et les

deux oidors

Catani

et Brabo

le document

de ces juges. pas les opinions personnelles sur les cinq consultés personnages par Don trois étaient du même avis que lui. Cet avis la politique

et le

préjugé

l'emportèrent

sur

NOMregrettent d'être force à une simple analyse de cette opinion de FaoM, où it a donné deapreavea d'nn esprit solide et étendu, en même tempt qoe de ses MntimeM d'humanité. Faura était un homme rexpectabte par <ea mœuraet par Matomièrea. Quand la cour d'Espagneconnut son opinion. elle l'approuva, non à caaM de M sympathie pour les prisonniers, mais par les cooMdératioM politiqua que Faura avait expoaéea; elle l'éleva A <!e< charMx aupérieurM.


j

CHAPITRE

[1790J

sur

1 humanité,

le droit

et positif; car les droits de criminels sur reposaient

que t'en qualifiait des titres incontestables. était-il

157

naturel

de ceux

Mais,

Il.

ces hautes considéd'apprécier ce gouverneur rations, qui eut la bassesse, en livrant ces infortunés, de témoigner le désir d'avoir la croix de Saint-Louis mander

capable

pour

il osa

la de-

1,

Et l'assemblée

du

provinciale nationale et

à t'assemblée tion

L'incarne!

r~cow~Me?

à

Nord Louis

écrivit XVL

à cet effet, Une décora-

instituée

être la récompense d'actions honopour rables, devint le prix du sang humain r Et de tels hommes se croyaient à mépriser autorisés les nègres

et les mulâtres!

Le 5 janvier M. Desligneris du 1791, adressa, une lettre à Don Garcia où il lui annonça l'arrivée FauoW<e dans

ce port,

le 29 décembre

1790.

santa

Cap. de la

ïl y plaicomme les

du général Ogé qui était attendu, dit-il, II ajouta JMt/~ attendent le ~e~e. qu'il y avait près de trois cents complices dans les prisons, au nombre desquels se trouvaient et que ~Mra~Mr~c

quatre

poursuivait

~M't~ ne ~a~Mtf(~ En effet, livrés à leurs

dit il,

Cap, ils subirent de commissaires

blancs

sans

aveu

OM :~aMt~;

vigoureusement.

Je crois,

pas

longtemps. juges, au Conseil une instruction ténébreuse,

du supérieur en présence

nommés

par l'assemblée provinciale, et veiller à ce que les victimes ne pussent pour y,assister Cette précaution était inutile. échapper. vainement un défenseur on le lui reOgé demanda fusa. Cette demande était également inutile. Pouvait-il espérer

qu'aucun

blanc

de la colonie

de Saint-Domingue


1

~8

ETUDES

eût

eût

voulu,

destiné

aux

osé

mois

»Baptiste

Chavanne

»

cuisses

jambes,

le

défendre?

de

et

~CM~OM

»

des

»

la

»

et

à être

3t

leur

de

son.

du

»

Leurs

le

sur

un

~Mr

le

des

les

bras,

échafaud

de~

ce

sur

qui conduit

outre

leurs

celle

de

au Don-

sur

le

en face l'habitation en

tant

fait,

savoir,

Chavanne,

furent

à

y rester

vie

po~OMa;;

chemin

Jean-

bourreau

pour la

Jean-Baptiste

biens

ciel,

et

Ogé

par

conserver

c~o~M

celle

mis

vers

» min de la Grande-Rivière, »

était

qu'il

à avoir vifs,

rompus

Ogé sur le grand

et

don,

« Vincent

condamnés

tournée

à Dieu

coM~dM

Vincent

pas

au cd<d opposé à l'endroit

face

plairait

<~M

savait-il

procédure,

reins

~oMM,

roues,

» qu'il

D'HAÏTI.

Ne

furent

M dressé à cet effet, ))

L'HISTOIRE

gémonies?.

deux

Après

SUR

Poisau

confisqués

che-

profit

roi.

ils

Tels

furent

Ces

deux

de

cette

furent

honorèrent

sentence

exécutés Les

courageusement.

qu'ils

tion

termes

martyrs

périrent

tent

les

leur

fin

le

de 25

traditions tragique

mort.

février du

1791 pays

par

une

foi

ardente

attes-

résigna-

héroïque Toutefois,

l'avenir faud.

Chavanne, de

en

sa

race,

appela

à

Edwards dit Bryand ,ans se permettre un la force << 0~ a~nJ~ aux t/eMT, etc., et qu'il tout ce ,H dit de co on commentateur de de V. ~er.e.~p..ce

qui

avait en

Chavanne, la

postérité

que Chavanne

une

montant

pour subit

son sort

venger

sur leur

dans l'échamort.

avec

une fermeté rare, pendant toute la ~<' mais que «~cn<.<:T~cn(, .ro ~Jncorde, avait un secret tmportafK à communiquer, elc. Mais 0~ h prouve confond qu.. t'histo.re de Bryand dit seulement qu'on fut forcé de

0~. il refusa de prendre parce qu'étant condamné, de nourriture. ~'7 Après Bryand Ma.enf.nt Ed~rds, prétendit qu'O~ dentamla un sursis le matin du jour de l'exécution, en ~c'x pourendre le. plus grands etc. j, services, dit pas qu'il montra aucune d~t narration prouve qu'il confondu é~eme..tV. Ogé avec Jacques Ogé dont les blancs prétendent avoir reçu un testament de mort. et t'elu-cxn.u tion duquo) ils avaient sursis..


1

CHAPITRE

[1790]

Dans

la

même

cette

année,

Il.

~gQ

hâtive

postérité

accomplit

son vœu Leurs tournée

bourreaux

avaient

vers le ciel.

voulu

qu'ils

eussent

la face

Le ciel leur

envoya des vengeurs! r Le Dieu dont ils le nom auguste consignèrent dans leur atroce jugement, en recueillant le dernier soupir de ces victimes de la haine coloniale, fit sortir du Dondon et de la Grande-Rivière des hommes impitoyables qui les têtes d'Ogé remplacèrent et de Chavanne par de nombreuses têtes de blancs exposées à leur tour sur des poteaux. Ces hommes se rappelèrent le généreux énergiques dessein de Chavanne à leur égard. C'étaient des noirs r Les membres de l'assemblée du Nord asprovinciale sistèrent rent

en

repaître casionnerait reau

brisa

Douze

corps leurs

à cette

affreuse

exécution

ils voulu-

de douleurs yeux du spectacle qu'ocla mort de deux hommes le bourauxquels les membres tout vivans! 1

années

plus tard,

dans

cette

même

ce fut un autre

ville

du Cap, de ces Eu-

spectacle qui attira les regards ropéens qui se flattent de leur civilisation avancée. Celte fois, ce n'étaient mais un nègre qui fut pas des muldtres, dévoré vivant par des dogues anamés Et quand des mulâtres, des nègres eurent asquand souvi leurs vengeances les par des actes cruels, atroces, les accusèrent de barbarie Européens Ne sont-ce pas les ce criminel Européens qui tracèrent exemple?. Deux jours après l'exécution et de Chavanne, d'Ogé un autre fut vif, comme rompu eux, et vingt-un pondus treize autres furent condamnés aux galères peret d'autres pétuelles, encore à des peines différentes. Jacques

Ogé

ne fut

condamné

que

le 5

mars,

A ta

1


~60

ÉTUDES

même

peine

que

SUR

Vincprt.

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

H fut exécuté

le 10 du

même

mois. Il para!t qu'il eut la faiblesse de dénoncer beaucoup d'hommes de couleur,, si toutefois on peut se rapporter aux procès-verbaux de ses juges, intéressés à y consigner, dans les ténèbres de cette procédure, tout ce qui pouvait

motiver

cusés

dont

l'arrestation

et la mort

des

nouveaux

ac-

résidaient dans l'Ouest'. plusieurs Le procès fut iait aux contumax et durant plusieurs tous ceux qui étaient mois, on exécutait arrêtés et qui avaient été condamnés à la peine de mort. Ainsi

se termina

« Sa

conduite,

» des égards. » donc qu'on

la glorieuse dit Garran,

Il fut vaincu

entreprise d'Ogé. fut imprudente

à bien

et sacriné.

Quelque opinion sur la témérité des démarches

puisse avoir » d'Ogé; si l'on se porte aux premières années de la » révolution, si l'on se rappelle de la que les blancs » colonie lui avaient montré de s'armer les l'exemple » uns contre les autres, et qu'il ne réclamait mêma les » droits les plus légitimes contre des autorités iiiégates, » à 2,000 lieues de la sur les métropole, qu'en se fondant » décrets de l'assemblée on ne pourra refuser nationale, » des larmes à sa cendre, en abandonnant ses bourreaux » au jugement de l'histoire. » Et encore « La catastrophe de cet infortuné ne servit » pas moins la cause des noirs, que celle des hommes » de couleur; comme si la nature, par une sorte d'ex» piation, eût voulu du moins attacher à sa mémoire M la régénération » tilles. »

de

l'espèce

humaine

dans

les

An-

Voye/.ce que dit Sonthonax aux Débats, tome 3, pages 48 et 50, sur la fausseté

de ce

testament.


CHAPITRE H.

[t790j Nous

avons

sans

toutes les opérainterruption, dans le Nord, jusqu'à leur d'Ogé et de Chavanne Nous avons dit que le premier écrivit aux hommes

tions mort.

de couleur

du

suivi,

i6i

Mirebalais

et à ceux

du. Port-au-Prince,

lui répondirent, que les uns et les autres sur l'opportunité d'une pas son opinion dans la moment. Mais ceux

de l'Artibonite

formèrent

contre Vérettes, Mauduit lequel comte de Peinier, avec un détachement alors

ployaient persuasion

Le système envers cette

pour dissiper des armes.

ne partageant prise d'drmes

un rassemblement

aux

Port-au-Prince.

et

fut du

envoyé régiment

de

ménagement les porta classe

ce rassemblement,

le

par

du

qu'ils emà user de

plutôt

que de

l'emploi En même

ceux de quelques du Sud temps, paroisses se réunirent sur l'habitation à la Ravine-Sèche. Prou, dans la plaine des Cayes ils y formèrent un camp sous les ordres d'André l'un des mulâtres Rigaud, qui, comme J.-B.

Chavanne,

avaient

avait

fait la campagne de Savannah. lieutenans J. Boury, Faubert,

pour ses et Guillaume Bleck, Rémarais et N. RoHin. et Hyacinthe dans sa petite armée environ 500 hommes. comptait Destiné à devenir le plus grand personnage militaire parmi les hommes de couleur, il débuta dans cette carrière en repoussant les blancs des Cayes, qui marchèrent contre le camp Prou le drapeau rouge: après avoir arboré ils abandonnèrent, en fuyant, leurs canons et leurs munitions. Rigaud

Cette

affaire

ment

même

avait

pu

présumer f. t.

se passait au mois venait d'être oùOgé

se maintenir que

seulement

sa résistance

et

de novembre, vaincu.

au mo-

Si ce dernier

il est quelques jours, le succès n de Rigaud

1


<6~

ÉTUDES

auraient des

donné

autres

SUR

L'HISTOIRE

de la résolution Mais

quartiers.

D'HAiTL

aux hommes

la défaite

de couleur

d'Ogé porta le déle camp Prou.

eux, même dans couragement parmi Immédiatement avoir terminé ses arrangemens après avec ceux des Vérettes, Mauduit partit pour les Cayes, à la tête de quatre cents hommes. Il les débarqua au Port-Salut, le 28 novembre. Poursuivant le plan de modération calculée

de Peinier,

il laissa sa adopté par Blanchelande, et se porta de sa personne au camp Prou, troupe avec sans doute pour ne pas officiers, quelques à une s'exposer résistance de la part des hommes de couleur. Cependant il leur adressa le discours suivant, de morgue empreint et de menace « Gens de couleur, leur dit-il, je vous au nom de la nation, de la loi et du roi. Vous » parle » avez été égarés par de folles Vous ne devez prétentions. » joîMOM de franchir la ligne de démarcation espérer qui » vous sépare des blancs, vos pères et vos bienfaiteurs. Rentrez )' paix,

dans

le devoir.

Je vous

d'une

porte

main

la

et de l'autre

la guerre. » et ses camarades mirent

Rigaud bientôt après,

Mauduit

des

chefs principaux envoya dans les cachots

bas

les armes.

opéra l'arrestation secondaires de cette du Port-au-Prince,

Mais

de Rigaud

et

troupe, qu'il par ordre de

BIanehelande Là se trouvaient Daguin lande, natif

déjà P. Pinchinat,

et quelques autres, pour avoir correspondu

de Saint-Marc,

Labastille,

emprisonnés avec Ogé.

est devenu

le chef

J. Rebel, Blanche-

par P. Pinchinat, politique

de

sa

Dans aon Mémoire, Rigaud prétend que Mauduit leur fit mettre bas les armes, plutôt par ta voie de la persuasionque par le développement des forces qui l'accompagnaient. Le fait est que Rigaud agit avec prudence en cette occasion, pour éviter uue lutte intempestive.


CHAPITRE H.

[i790]

t âme des conseils

classe, dans

cette

communauté

ses liaisons Dans exercer

des

~3

hommes

de malheur

avec Rigaud. les révolutions, souvent

de couleur. que

C'est

commencèrent

intimes

les hommes

destinés

à

une

influence sur le sort de leurs semgrande doivent blables, de la persécupasser par les épreuves tion, pour acquérir le droit de les diriger. Nous verrons si Pinchinat et Rigaud comprirent leur mission.

1


CHAUTRE 111.

Revue des actes de l'assemblée générale de Saint-Marc. Fuite d'one partie de ses membres en France. Décrets de l'assemblée nationale constituante, du octobre 1790, i'~ février et 15 mai 1791. Discours de l'abbé Résistance

Manry.

des

cotons,

et

formation

d'une

nouvelle

assemblée

coloniale. Conseilpolitique des hommes de couleur dans l'Ouest. paratifs de la lutte de <79t.

Revenons

sur les actes

de l'assemblée

générale

Pré-

de Saint.

Marc. Nous

avons

parlé de ses décrets de celui colonial,

réformant

les abus

du

du 28 mai 1790 qui gouvernement const.ituait de l'assemblée Saint-Domingue indépendant nationale constituante. Ces actes avaient sufti pour ouvrir la lutte entre elle et le gouvernement. L'intention de rendre la colonie même de la France, indépendante, avait

encore

d'un paquet venant percé dans ïa réception de la Jamaïque et adressé au président de t'assemblée la résistance générale à ce Prévoyant qu'opposeraient et la métropole et son gouvernement à Saint-Doles colons s'étaient dès lors la protecmingtie, ménagé tion de l'Angleterre. Cette intrigue même avoir parait projet,

commencé

dès 1789,

en

Europe,

Rapport de Harrau, tome t", page 846.

par

les planteurs

du


N

(.HAPiTRE

[1790]

club

Massiac

Ili.

<6~

à Londres l'un le envoyèrent d'eux, La Grande-Bretagne ne pouvait laisser occasion de se venger de la perte de ses

qui de Guiton.

comte

cette

échapper colonies

de l'Amérique septentrionale, leur rébellion par la France surtout. C'est ment

cette

opéré

circonstance qui entre le gouverneur

fut

soutenues

cause

de Peinier

dans

rapprocheet l'assemblée législanatio-

mais

restât attaché à pourvu que Saint-Domingue la France. Cette assemblée était composée en partie de du gouvernement et de commergens de loi, d'officiers de Saint-Marc domiçans, tandis que dans l'assemblée naient dance

les planteurs. Ceux-ci, absolue avaient encore

dettes

envers

dans leurs pour

motifs

d'indépenl'excès de leurs

le commerce

devait, embrasser le parti du gouvernepar politique, ment colonial, concourant à maintenir la dépuisqu'on de la colonie envers la France, pendance elle devait d'obtenir

la reconnaissance

de

ses droits

de la

de l'assemblée justice tandis n'avait nationale, qu'elle rion à attendre des colons dont la haine antérieure s'était accrue dès le commencement de la révolution. On verra les hommes de couleur dans celte conduite, persévérer qui s'accordait J. Raymond, quels

avec

les

conseils

qu'ils

1

vues

de s'en libénational, l'espoir rer, et le désir de secouer le joug du monopole qu'exerdans la colonie. çait ce commerce Le comte de Peinier sentit alors la nécessité de quelenvers la classe des hommes de couques ménagemens leur, dont le nombre celui des blancs, et qui balançait

espérer

1

du

du Cap, bien que la provinciale qui voulait ture coloniale fût indépendante de l'assemblée nale,

1

recevaient

de

etque leur bon sens leur indiquait d'ailleurs, tes torts du gouvernement cotonia! fn que tussent

1


<66

ETUDES

vers eux.

La suite

Saint-Domingue La puissance Saint-Marc,

SUR

L'HISTOIRE

des événemens eût échappé d'opinion

n'étant

pas

prouvera que sans eux entièrement à sa métropole. l'assemblée de qu'exerçait

assez

du gouvernement l'organisation core aider de la classe d( s petits A l'approche des de M. de Vincent, ordres

sur

France,

forte

pour

colonial,

de triompher qui se fit en-

elle fut vaincue.

blancs,

sorties du Cap sous troupes et de celles du Port-au-Prince,

de M. de Mauduit, membres prirent

cipaux

D'HAtT!.

les ordres sous les

de ses prinquatre-vingt-cinq la résolution de se rendre en

le vaisseau

le Léopard, dont ils subornèrent Mais, en apprenant sa dissolution l'équipage. par le gouverneur de Peinier, elle avait fait un appel à tous les habitans blancs. Ceux du Sud et de quelques de paroisses l'Ouest

1

se confédérèrent

et se réunirent

A Léogane,

ainsi

que nous l'avons dit dans l'introduction à cet ouvrage. Avant de se mettre en les blancs des Cayes campagne, tranchèrent la tête à M. de Codère, major pour le roi dans cette ville. Ils promenèrent cette tête comme un sur le parti du gouvernement triomphe Les Léopardins étaient déjà rendus semblée nationale rendait un décret,

colonial. en

et 1 asFrance, le 12 octobre, au

moment

où Ogé allait Ce décret, tout en

dont d'une moins le 5' donner

au Cap. débarquer cassant l'assemblée de Saint-Marc, il annula les actes tout en ordonnant la formation nouvelle assemblée ne maintenait coloniale, pas à celle-ci les pouvoirs qu'attribuait à l'ancienne article du décret du 8 mars. Le roi y était prié de ses

instructions

ordres

pour

l'exécution

de celui-ci

et des

du 28 mars, et MM. de Peinier, de Mauduit et de Vincent, et l'assemblée du Nord furent provinciale loués pour k'ur conduite.


CHAPITRE m.

[i790] Mais Barnave,

s'était

qui

<67

entièrement

dévoué

a la cause

des colons, et qui était t âme du comité colonial & t'assemblée ce décret du 12 octobre et fitt nationale, rédigea déclarer « Que pour calmer » blée nationale avait » tendre

leurs

vœux

les alarmes annoncé sur

des

d'avance

toutes

les

l'assem-

colonies, l'intention

d'en-

modifications

qui du com-

» pourraient être proposées aux lois prohihitives » merce, et la ferme volonté d'établir comme article con» <tt<M<tonfM~ dans leur lois sur organisation. qu'aucunes » rd<a< des personnes ne seraient les co~îM<<. t~cr~~ex~oMr » que sur la demande précise et formelle de leurs assemblées » CO~MO~.

?

Quel que soit le soin que prend Garran, de défendre l'assemblée il est impossible constituante, d'admettre que la majorité de ce tout ce que comcorps n'ait pas compris une telle portait un grand nombre hommes

de

de ses membres

et aux noirs faisait en rendant

de couleur

bien ce qu'eiïe qui confirmait l'assemblée

déclaration

sa part. Sans doute, était favorable aux

mais la majorité savait le décret du 12 octobre

les

pouvoirs précédemment coloniale de Saint-Domingue.

attribués

à

ne pouvait ignorer du décret du 8 mars, comment, à la faveur cette assemblée avait dénié aux hommes de couleur tous droits comment elle les avait fait persépolitiques; comment les assemblées cuter et les muniprovinciales et le gouverneur s'étaient tous encipalités, lui-même, tendus

ne pas les admettre pour réclamés si justement. Et la preuve de ce que nous c'est que le décret du 12 octobre

Elle

à exe~< <?r ces faisons disait

remarquer également,

droits

ici, qu'eu


~68

ETUDES

attendant

que

aux

anciennes,

Or,

nous

SUR

de nouvelles

avons

celles-ci

interdit

beau

été à être

substituées

j

exécutées,

j

déjà qu'en vertu de l'ancienne les hommes de couleur ne poudroit politique. De plus, dans la

où ce décret

fut

discussion, Pétion, lorsque voulurent réclamer contre les

coloniale

allait

de nouveau

Ces défenseurs

conférer

de la cause

Miradroits à l'as-

des noirs

et

des mulâtres tous les maux qui allaient prévoyaient naître de l'injustice des colons; ils voulaient que l'assemblée souveraine de la France son autorité imposât tutélaire ces despotes à être justes ils pour contraindre ne furent pas écoutés. Bientôt

on apprit en et le procès

Chavanne, nationale

rendit

France

la tentative

qu'ils subissaient. un décret, le 1" février

quel « le roi était prié d'envoyer » Saint-Domingue trois commissaires » maintenir l'ordre et la tranquillité » de quoi it leur serait donné tous mème

saires,

» venable, ? raient été eu

lieu

de ceux » dus.

et de d'Ogé L'assemblée 1791,

le-

la

de

par colonie

civils

chargés d'y à l'effet publique, à ce nécespouvoirs s'ils l'estimaient con-

de suspendre, jugemens des o~aM'M

qui auintentées à raison des troubles qui avaient dans cette ainsi l'exécution colonie, que desdits jugemens renqui auraient pu être

cW~MM~M

»

Non-seulement

Rapport

celui

dans

deCarrxn.

il eut

(onx'

)",

été

trop

paRn ?R<.

tard

pour

j

l'assemblée

rendu,

toute

et Grégoire exorbitans que ce décret semblée

lois eussent

fait voir

du 12 octobre

nationale

D'HAÏTI.

continueraient

coloniale, législation vaient exercer aucun séance

L'H!STO!RE

empècher

la

)


CHAPMRE H!.

[<79t] 1

169

J 1 -IR 1 mais à quelle d'Ogé et de ses compagnons, époque ces commissaires furent-ils Au mois d'octobre, envoyés? huit mois après le décrett Tesintr'f'esdes vcc!cns W vilJ prémort

·

sens à Paris

avaient

ment

à ces

cédait

leur

empêché

~,11G-

le gouverne-

départ

Ce gouvernement pouvait-il avoir de la compassion lors. pour ces mulâtres rebelles, la décoration de la croix de Saint-Louis à qu'il envoya Don Garcia, de les avoir lâchement pour le récompenser livrés à leurs bourreaux ? intrigues!

Suivant

leur odieuse d'accord avec toujours tact.ique, Barnave, qui a tant servi leurs passions et qu'ils ont enà l'échafaud des terroristes, voyé aussi les planteurs étaient sur le point d'obtenir de l'assemblée nationale la consécration de toutes leurs prétentions, la nouquand velle de l'exécution

d'Ogé

en France.

et de ses compagnons parvint horribles, infligés à des hommes

Ces supplices un droit créé qui réclamaient nière assez claire, par l'article excitèrent laires. sèrent

les

sympathies

Celles

de couleur.

J.

à cette pathétique exécutions barbares

aux vengeances sailles, les blancs les hommes qu'eux.

La déclaration

4 du décret

que de même

et

firent

que

pas MM~er dans ses mains

pourrait

pour

bouleverser nale comprit

réfléchir

adressa

reprécontre

exercer

6t Ogé M~~M, un

en faveur

aux

aussi

couleur,

s'adres-

lui-même

pourraient

ma-

du 28 mars, sociétés popu-

réclamèrent

Raymond assemblée.

tres, qu'il ne ferait cette classe tenait se servir

d'une

plusieurs de Bordeaux, deChalons,

une lettre Ces

faveur

de

d'Angers, à l'assemblée nationale

des hommes

en leur

nombreux dans

ses let-

prouva levier dont

que elle

le régime colonial et l'assemblée natioAlors,

renverser

Saint-Domingue. In danger d'une

telle

situation

e!to

~nM-


i70

HTUHESSUR L'H!STO!RE H'HAtTÏ.

M~eo avec les circonstances sur ses pas pour revenir

elle dans

céda

dans

la même

le moment,

année,

traçant

une ligne de conduite à une législature postérieure à !a race opprimée tous les qui ne rougit pas de retirer droits qui lui avaient été reconnus, à pour complaire ses éternels ennemis. am:)t

On

en

vint

les dispositions pensée bien

donc

à la concession

du décret arrêtée

de

du

15

laisser

dans qui se trouve mai 1791. mais avec la

latitude à grande l'assemblée dans une cause où elle était juge coloniale, et partie. Il fut dit que « le corps législatifs délibére» rait jamais sur l'état des gens de couleur qui politique » ne seraient » préalable » assemblées

une

pas nés de père et de mère libres, sans le <~M libre et ~OM<aMc des colonies; que les coloniales actuellement existantes subsiste-

» raient, mais que les gens de couleur nés de père et mère » libres seraient admis dans toutes les assemblées parois» siales et coloniales s'ils avaient d'ailleurs les futures, » qualités requises. » Ainsi

Garran « Tout respire dan~ que le remarque » ce décret l'affection la plus paternelle pour les colonies, » et la condescendance la plus grande pour ïe~jM'~tto~ des » blancs. » Et pour mieux prouver cette condescendance, t'assemblée souveraine de la France, loin de dicter la loi était en droit de donner à ses possessions coloqu'elle nialos,

se crut

d'avoir

rendu

de se justifier en quelque sorte elle fit un exposé de ses motifs, peu de jours après, le 29 mai. « Tous les citoyens libres qui habitent les

obligée cet acte

qu'elle publia, On y lit que » colonies doivent )' btées destinées

prendre à exercer

part pour

à l'élection eux le droit

des assentd'initiative

..i


1

[i79i]

J

CHAPITRE

<7t t

» que c'est là le vœu de la raison, de Fédit de 1685 » du décret du 28 mars qu'il ne dépendait pas des légis» lateurs de ne pas prendre: nationale que t'assemblée » aurait d'une pu repousser la proposition classe inter» médiaire et se renfermer dans le sens littéral du décret » déjà rendu sur les personnes libres (celui du 28 mars); » mais qu'elle avait les représentans des préféré de traiter » fondateurs des colonies successeurs des fli(les blancs, » bustiers) comme une mère tendre, qui non-senlement » veut le bien de ses enfans, mais se plait à le faire de la » manière dont ils ont contracté rAo6t<t~e; a conqu'ette » senti à former la classe intermédiaire que sollicitaient » les colons blancs. Elle ajoute et fait remarquer cn» core, dit Garran, dans cet exposé, qu'en assurant aux » colonies l'initiative des personnes non Mret, elle leur » garantit leurs moyens de culture, le point fondamental » et le seul véritablement L'assemblée conimportant. » stituante, continue de justifier Garran, ce s'efforçait » dernier acte de condescendance, en observant qu'il ne » s'agissait que d'individus dune nation étrangère (les nè» gres) qui, par leur profonde les malheurs de ignorance, » leur la considération de leurpropre expatriation, t~M. » loi de la nécessité, l'impérieuse ne pouvaient espérer que » dM temps, du progrès de l'esprit public et des lumières, t~ » changement de condition, qui, dans l'état actuel des cbo» ses, serait contraire au bien général, et pourrait leur de» venir » funeste. également t/éditde t685 voûtait que même les ~attc/nf fussent égaux <!Mdroité. pnot~M, etc., aux blancs. L'assembléedu xv)n' <ièc)e n'accordait donc pns autaHtque le despote du xvn'. Quelle <na)adressede la part de cette assem"'ce, d'avoir cit~ cet <~ditde Loui~ XtV qui condamne ses décrets!


i7'2

Sl'It L'NI;l'1)Ilil: KrUDt:SSt'RL'M!STOttU-:D'HAm. h:fl'DI?~

Î`'~

D'li,lï'fl.

¡

souveraine l'autorité Lorsque transige à les méconnaître. droits, elle autorise Aussi

furent-ils

jamais

pas condescendre fut pas de même nous parlerons manière

d'une

à son tour du décret bientôt,

voulait

les

du 24 septembre celui qui abrogeait

eurent

diaire,

enfin

lesasserrblées

de j

do

reconnaître, à la liberté

autres

trahissant.

ceux-ci,

de leur patrie, une puissance

claré 1

aux frères,

ces

que

vues 06~~ des uns et des

rivale,

ce sont

et que et commerciaux

et leurs descendans

qui

belle possession, par il est arrivé doute, eux-mêmes

monde,

de la race

de ses colonies

ces nt~Mes individus surent

d'une, à

conserver

leur

fidélité

et leur

un

moment

par

la

Raynal a désont ~ra~er.s

que les Français africaine, qu'ils ne .~t<

ne ~OMn'OM<~a~at.s

à

de prononcer l'indéde sa métropole;

de Saint-Domingue si le Héros Libérateur prédit

~~t~

concession

se sont

politiques la plus riche

absolue

/(o~n~<

15 mai

les colons,

les intérêts

a la face du

du

les droits proclamer et à l'égalité avec les blancs,

Sans courage. France les a contraints pendance et alors,

dont

i791,

les esclaves,

contre

de France

livrèrent

~a< e<raM~re la France cette j i

les armes

pris nationales

pour ne Il n'en

torssoulevés; la classe intermé-

à former

destinés

mulâtres,

le main-

et de l'esclavage, au vœu des colons.

en passant, que lorsque Remarquons, individus dune nation c<raM<yere, se furent que

bien

trop

en retirant la faible formelle, des hommes de couleur.

faite aux droits

ses

15 mai et cet exposé de motifs ne à Saint-Dominenvoyés o/~cïe~!CM<

Le gouvernement royal du préjugé de la couleur

gue tien

avec

du

décret

ce

ainsi

<e ~eu~tr.

la

pas leurs postérité

)<.);'))")(t!<'t.orrfU),t. '?. ['n~c ')t, ';t Happurtsot'.). Haynmhti, po;

'!('.


M!

jj N

[i79ij .)t~

CHAPITRE

]

111.

n'aura-t-elle

pas trouvé une pxcuse pour ces expressions exclusif, s dans les termes mêmes dont se servit ta puissante assemblée dont nous citons les actes? Pourquoi. s'inclinant devant la volonté des colons, a-t-elle tracé ce fâcheux exemple ? Ce décret

du

mai et l'exposé de ses motifs furent .'ncore le fruit des intrigues de Barnave avec les planteurs. Dans la séance de l'assemblée nationale du 13 mai, où ces questions furent discutées avec beaucoup d'agitation, Barnave le concours du talent reçut remarquable de l'abbé Maury, toujours au service du Nous privilége. avons sous les yeux son à cette époopinion imprimée sur la législation que. Elle se fondait coloniale des An15

où les hommes glais, sur celle des Etats-Unis de couleur. encore moins les nègres, nr~ droit pouvaient jouir d'aucun On y remarque ces passages politique. « J'observerai

d'abord,

libres sont

beaucoup ou hommes

les MMM<r~, un homme qui a mérité conduite, par son maître, ciable

bienfait

couleur, /n~

au

honteux

descundans

dit

t'abbé

Maury, que les M~à mes yeux que plus intéressans de couleur. Un nègre libre est

personnellement par son travail, par les services qu'il d'obtenir de sa reconnaissance de

l'auranchissement.

contraire,

sont

tous, de leurs

du libertinage des maîtres et des

Les ou

sa bonne a rendus

l'inappréhommes de

tous, presque maîtres. Ce sont

les les

par un méont engendré cette race intermédiaire lange coupable, entre les blancs et tes noirs. Ils doivent tous leur liberté à ces mêmes hommes blancs qui les ont ~~M~HCM< Franchis. )' Le décret national cette qui établirait aujourdhui esclaves,

qui,


s ) ¡

HTt:))ESSURL'HtSTOIRED'HAlTt.

i74

politique maîtres

égalité anciens

entre

les hommes

serait

du

de

couleur

et leurs

grand danger pour les Hélas! il blancs. Vous me demandez quel est ce danger? sans est bien facile de le découvrir, quand on le cherche et avec

prévention, Le danger

d'établir de couleur

hommes

plus

le courage si rare de la bonne foi. sur le même niveau les politique et les hommes vient d'abord blancs,

de ce que la p~Mpar< de ces a~ra~chts ont encore leurs parens, leurs oncles, leurs ~cueM.c, leurs frères et peut-être de l'esclavage. J'examine leurs pères, dans les ateliers s'il ne serait pas infiniment d'appeloyalement dangereux ler tous les mulâtres à l'exercice de ces droits politiques, entre leurs mains. qui finiraient par mettre nos colonies J'en

conclus

de couque ces hommes leur, qui domineront par le MOM~e dans toutes les assemblées électives, dès que vous les aurez reconnus citoyens incessamment les maîtres de vos colonies, et actifs, seront bientôt tous les blancs à leur merci. Les qu'ils auront blancs ne pourront ainsi, en nombre jamais se recruter invinciblement,

des l'inévitable pour balancer multiplication de couleur. Ceux-ci deviendront roM de WM

suffisant, j" mmes co~Mtc~

Si vous appeliez de couleur aux privilèges ceriez nies

tous leur

les blancs deviendrait

soudainement

tous les hommes

de citoyens actifs, à s'expatrier. Le séjour dès qu'ils intolérable,

le joug de leurs anciens esclaves. » Le jour où vos Iles ne seront plus

vous

for-

de vos colose verraient

sous

habitées

et admi-

n'aura par des blancs, la France plus de coloelles ne seront plus peuplées classe de nies que d'une <tt:~re< et de WM~rcs, qui ne sont pas, quoi qu'on en dise, de ~r~a&fes n'ont jr'ra~ats, puisqu'ils pas même vu la nistrées

/'Va~('c.

Cc.'< t~M~'c.s',

du~

~/h<~<cc~

la ~T!<a~cp(~n<


t i

[i79i]

CHAPHRH

]

!H.

mourront

de faim dans le pays le peut-être plus fertile en se livrant l'univers, à l'incurie, à l'ImprévoYance. 1 impéritie et à l'incurable paresse de leur caractère. » Que des hommes qui ont à peine brisé les fers soient revêtus indistinctement. l'esclavage, de toute la puissance du droit politique sur leurs anciens concitoyens, maîtres, dont

ils sont

les

rivaux,

de à

de

le même

jour, sur leurs

de cité, sur des hommes

sur

mille cinquante Français à chaque instant exterminer, qu'ils pourraient en se met<aM~ la <e~ d'une armée de six cent mille nègres, ~Mrs véritables concitoyens, ce n'est point là une j'ose le dire mesure que des législateurs français puissent jamais adopter. Messieurs,, Imaginez, met que la nation française dans ce moment une balance entre vos mains. Dans l'un des bassins, mille blancs; et dans l'autre je vois cinquante mille noirs ou hommes de couleur. j'aperçois sept cent Si vous ne vous hâtez de mettre du côté des blancs les prérogatives libre.

de la puissance

politique,

il n'y a plus

» Une révolution dans vos colonies mais tion dans vos colonies en serait ftM~CMda~cc, l'anéantissement. de domination;

Une elle

ferait

révolution rentrer

une

d'équirévolu-

c'est-à-dire

y serait un changement tous les esclaves dans !d les hommes de couleur

tous jouissance de leur liberté, dans l'exercice mais peu durable, inouï, de leurs droits et <on.<les blancs, politiques proscrits par ccMe MMMn'ccfto~ inévitable, esclaves de leurs dépouillés de leurs propriétés, esclaves, n'auraient plus à opter qu'entre la l'émigration, servitude ou la mort. Vous leur substitueriez des tttd~MMétrangers à la nation, des hommes qui ne vous sont unis par aucun Tï~t/d, ni par ~'M~Mdc du. c~ta<, ni par les liens du des hommes enfin M~, 7<~ar ~sre~tOMS dMpa<nu<tswe;


t7C

ETUDES

SUR

L'H!STO!RËD'MAiTt.

de

ce nouveau

)

1 éblouissement

que

trop dangereux pour que vous deviez turément une loi, ~M<re~MS<e dans les circonstances ~po~~Me

Soyons

~M~c nous-meme que les colons

impossible adroit, plus

habile

que

envers

privilége leur accorder en

rendrait

e~e-Mt~e, » actuelles.

prémamais

l'abbé

Maury. Il était trouvassent un défenseur plus c lui, et l'assemblée stituante

un jurisconsulte de résoudre la question plus capable dont posée devant elle. Aussi cette éloquente péroraison, sur une assemblée l'effet a dû être prodigieux française par le débit oratoire tout le succès désiré. M</

déplorons, de la couleur

jugé naissait

de cet homme

en

éminent,

obtint-elle

même

l'influence du prétemps, sur un esprit aussi vaste, qui recondes réclamations à ce haut triportées

la justice et qui ne put cependant bunal, Cette étonnante sagacité dont

se décider

à y satisfaire. en cette occa-

il fit preuve sion, n'aurait-elle pas dà lui faire découvrir que la justice était le seul moyen d'éviter tous les malheurs qu'il préne peut-eHe donc pas voyait si bien? La vraie politique s'accorder avec la justice? Cette science n'est-elle pas, du moins

ne doit-elle

en grande la morale partie, au gouvernement des États; et y a-t-il une appliquée morai~ <~ns justice? La base de la politique ou art social pas être,

~Ot<~

j 1 l'¡ 1

)MM~ce<MS<C/ Reconnaissons encore que, dansée en faveur plaidoyer du privilége de la peau, le savant abbé aperçoit, indique d'une manière mais contrairement à ce qu'il admirable, désire, quel sera le résultat des colons, ce que les temps do la métropole cité-même

de

l'injustice consacreront ftde~tt~

persévérante par l'injustice dM tM~r~s ~Mt

i ~<«tt.~


CHAPtTRE tt!.

[1791] doivent

--1

MMtr un jour les nègres et WMM~'M, l'intimité de leurs a~cfto~, fondée sur les liens du sang, de la parenté, du malheur de leur condition servile sous le joug des blancs. N'en déplaise à la mémoire de l'abbé mais son Maury; discours du 13 mai 179J dictait d'avance à Dessalines la page mémorable du 1" janvier 1804, où ce Soldat valeureux

(malheureusement

proclamé

l'Indépendance, en faisant remarquer

d'Haïti,

cruel) a consacré la Souveraineté

les droits, a des Indigènes

à ses concitoyens qu'ils n'ont rien de commun avec leurs adversaires qui se firent volontairement leurs ennemis. Ces t~MM~tr~ dont <rtque est la véritable patrie, ces indigènes étrangers à la nation /rOM~MC, ces ~OWtMM qui ne lui sont MMMpar aucun ~MPt~, ni par l'habitude du climat, ni par les ~tCM du satig, ni par les ~~«ow du patriotisme, se sont vus dans l'impérieuse nécessité de se constituer MM~ dans leur état politique, les a constamment puisqu'on avec dédain, repoussés avec n'a pu se faire à l'idée d'être mépris; puisqu'on juste et humain envers eux puisque la souaprès avoir défendu veraineté de la France sur contre des Saint-Domingue ils se sont encore puissances rivales, vu traiter en ~nwseulement gers, dignes des fers honteux de l'esclavage. quoique le décret du 15 mai eût Hmiïé les de la classe des hommes prétentions de couleur; quoique cet acte de justice à mécontonter incomplate fût de nature tous ceux qui n'étaient pas nés libres, ils l'acceptèrent avec reconnaissance ne fut élevée de leurs pas une plainte rangs. Mais, il n'en fut pas de même du coté des blancs tous Cependant,

de no pas t'exécuter, jurèrent de ne pas souffrir race M<ardc vint prendre siège à côté d'eux. T · T.

que ceM<?

1


~78 °

ÉTUDES SUR L'H!STO!RE D'HAIT!.

Alors

fut

de leur part, repris, à la Grande-Bretagne,

Domingue a vouloir

exécuter

ce décret.

<

Nord

informa

l'assemblée à leur

j

do résister menaçant verneur Blancbelande informa

de la

en

le ministre

L'assemblée constituante volonté

abonda

dans

souveraine. le même

!a suite

encore

ce faible

Le gousens; il en

et des colonies. Il fit que si ce décret lui était

publiquement il en suspendrait 0/j~eMetM~.

envoyé Excusons

du provinciale et le roi, en

marine

il déclara

plus

le projet de livrer Saintsi la France persistait

gouverneur,

accuser

l'exécution. se vit par refusé l'exécuqui

par les colons, pour avoir tion de ce décret ses représentations n'étaient nullement car il n'était nécessaires, du pas dans la pensée de la métropole de le faire exécuter. gouvernement Avec le dessein pervers de livrer la colonie aux Anglais, recommencèrent les persécutions contre les hommes de contre les noirs. couleur, Ce fut dans les derniers jours de juin 1791, que parvint la nouvelle du décret du 15 mai toutes les paroisses do la colonie alors des élections s'occupèrent pour la formation de la nouvelle assemblée coloniale qui devait celle de Saint-Marc. La plus grande remplacer partie des anciens membres de celle-ci furent réélus en haine du

j j

i )

i

décret

et d'autres

colons, qui s'étaient prononcés contre toutes concessions en faveur des hommes de couleur, y obtinrent aussi une place, en cette considération tels furent Bauvois et Page.

1 t)e prirent

leur

côté,

les hommes

la direction

'piortt!cCa)ran.

des

de couleur

affaires

totneS.pa~c t&8.

de l'Ouest,

et des destinées

qui de leur


ft79<]

]

CHAPITRE

HI.

179

1

classe,

se préparaient

à ce rôle honométhodiquement rable. Agissant les conseils de Pinchiuat, d'après dont les lumières étaient supérieures à celles de ses frères « et » qui, dit Garran, dans une carrière si neuve pour lui, » n'a cessé de avec le patriotisme montrer, le plus reune sagesse et des connaissances commandable, qui » démentent bien tout ce que les colons blancs répan» daient en France sur l'ignorance et l'incapacité des M hommes de couleur, » ils le nommèrent président d'un conseil composé d'une d'entre quarantaine eux, dont le était dans la paroisse siège principal du Mirebalais Cette paroisse avait été préférée par eux. à cause de sa toute militaire position et de la force de sa numérique de couleur. population D'autres hommes supérieurs par leur intelligence étaient membres de ce conseit politique c'étaient André Bauvais, Rigaud, LabastUte, Daguin Marc Borno, Renaud Desruisseaux, Desmares. Faubert, J. Boury, etc. Plusieurs d'entre eux étaient du Sud. Ceux du Nord ne rien en faveur pouvaient de leur classe ils étaient contenus sous le joug de la puissance militaire du Cap, où se trouvait le gouverneur Blancheet lande, par les échafauds dressés en permanence. depuis la mort d'Ogé et de Chavanne. Ceux

du Sud, dispersés depuis la dissolution Prou, ayant leurs chefs dans l'Ouest, étaient réduits à attendre Jes événemens.

1

1

¡

du camp également

'Pierre Pinchinat, né ASaint-Marc, le <: juillet <746. fut envoyé en France où il reçut une brillante éducation. parlait avec beaucolip de facilité et écri? Il revint dans la colonie en pour se. frères appui de ses connaissances dans leurs réclamations.H était prCt.r d'une t.H)G~ ~eetd'unphy~e .c~b!e, d'un c.r.ctère doux, patient, mais ferme. Ga haute inte.t.eencc le faisait toujours incliner vers la modération. ~r.non. u Il etatt était sincèrement attache la France.

1


6 f i80

ÉTUDES

SUR

L'HISTOIRE

l

Tous dans

de cette classe

les efforts dont

l'Ouest,

pulation succès.

la situation en nombre

supérieure

Une

lutte

D'HAiTt.

sérieuse

allait

étaient

commencer.

d'Ogé et de Chavanne sur la révolte des noirs du Nord auxiliaires. des

d'armes tendit

mulâtres

bientôt

Mais avant

révolte

Cette

dans

d'un

de

dont

homme

boucliers,

qui pour

cinquante-deux suite cette vie événemens notre sortir

qui

histoire ce

remarquable,

que

consécutives.

la

le lecteur

nous

et

nous

per-

et

de la jeunesse dans cette levée de son

pays pendant Nous suivrons en-

et politique, à travers tous les diSerentes marqué époques

nationale.

prise s'é-

et guerriers l'insurrection des

militaire ont

d'ar-

politiques

va prendre rang servir constamment

années

avec

et l'insurrection

l'Ouest,

la naissance

de

néanmoins

ils devinrent

coïncida

après dans le Sud. de parler des actes

l'entretenir

Les contumaces

influèrent

qui signalèrent plus particulièrement hommes de couleur de l'Ouest, que mette

concentrés

et la potopographique étaient une condition de

de l'affaire

dens

donc

tacherons

les de

de faire res-

~on caractère

et ses principes ont eu de lui attirer l'estime et la considération

pour dont il a joui générale verné notre pays.

sous

tous

les chefs

qui

ont

gou-


CHAPITRE tï.

N.isMnce de Borge))a. Examen des reprochesfaits aux mutatre. par les colons. Occupations de Borgella pendant s. jenoeMe.- Educationde t hommede couleur. Borgella abandonne le toit maternel pour commencer

sa carrière

militaire.

Jérôme-Maximili~o le 6 mai 1773, d'un ture

qui,

et africaine, de manière

dans

au Port-au-Prince, Borgella naquit blanc et d'une quarteronne. La nal'union entre les deux races, européenne

se plaisait à confondre

souvent

à combiner

ses couleurs

de la première, fit du l'orgueil un être dont le jeune Maximilien physique était en tout semblable à celui des blancs. Devenu homme pubtio, il eut occasion de rectifier quelquefois l'erreur où se à ce sujet, trouvaient, des Européens le qui visitèrent pays. Son

père, Bernard Borgella grand avocat planteur, au conseil du Port-au-Prince, supérieur devint maire de cette ville au commencement de la révolution et fut ensuite de l'assemblée président centrale de Saintsous le gouvernement Domingue, de Toussaint Louverture, dontHétait le principal conseiller. C'éta~un homme d'une grande nous trouverons capacité occasion J eu encore. parler


~82

ÉTUDES

La

mère

de

vouée

couleur, gella droits

n'eût

qu'ils

disaient

pu lui

L'H!STO!RE

Maximilien

d'une

hautière

SUR

famille au

mépris

l'épouser donnait

U'HAlTf.

se nommait

Cécile

de cette respectable de la classe blanche. sans

se mésallier

La

Ma-

classe

de

M. Bor-

et perdre

les

son origine que Les européenne. mœurs du temps, le besoin d'une faisaient protection ces alliances natureHes auteurs des lois que les blancs, flétrissaient ensuite. On a vu plus avant ce coloniales, du

et l'absence

réglées

concubinage de femmes

que

européennes

portés à établir dans la colonie. Maximilien était donc un enfant selon

l'expression et il ne pouvait fit même

aucun

ses qualités sa bravoure découvrant dans

les

leurs

naturel,

en usage à cette époque. être reconnu par son père cas de lui dans son enfance.

dépassions les avaient un bdtard, Il ne fut pas, celui-ci

ne

Mais quand

l'eurent fait distinguer, personnelles quand sur le champ de bataille eut été remarquée, alors que son sang n'avait pas dégénéré

veines

sez pour saisir saint Louverture.

de ce mulâtre, M. Borgella l'occasion de le protéger auprès

l'aima

as-

de Tous-

qui n'était pas autorisé par la loi civile à porter le nom de Borgella, l'a pris cependant, comme l'ont fait la plupart des mulâtres, la loi du 4 lorsque avril 1792 eut établi la parfaite égalité entre tous les Maximilien,

hommes

libres

de

la

colonie

en

cela,

ils

voulaient

humilier

des blancs, l'orgueil qui les contraià porter des noms gnaient auparavant a/WcotM, que s'abaisser eux-mêmes. le jeune Borgella, en Toutefois, voyant son père le rechercher, après les premiers sucplutôt

E)b ctnit In n!)e natttreHedo M. Duvivier do La MahauHere,'nombre du 'mxcit 'marieur d't Port-au-Prince.


CHAPITRES.

[i79i] 1

~9~!o

I.

ces des fl4c'

lleC

1111W

affection

IfntW

ii~

.I.

1_

lui

u.

1'.

affection

pour déjà le

celui dont il honorait respecta devait honorer encore H plus dans la suite. ou il étendit son affection sur des temps

blanches,

vers

elles

res

ce fut dans

habitant

en leur

il fut

Bordeaux;

faisant

des

parvenir

généreux

moyens

) 1 1

M

rendit

il

nom qu'il arriva un sœurs

1de couleur

hommes

483 ~3

en-

pécuniai-

1

1 1 i

les années

du rétablissement

i8t5. qui suivirent époque des relations entre Ilaïti et la France. î

C'est

ici le lieu

de fondé Ions

de

dans

blée

s'it

les reproches aux Saint-Domingue

qui revendiquaient donnance de 1685 des droits

d'examiner

leurs

mulâtres

de cette

chose les eu-

l'orpolitiques, d'après de la déclaration principes

publiée

en France

par

j

colonie

droits

et les

de l'homme

y a eu quelque amers adressés par

i

i'assem-

constituante.

Ils

leur

d'être reprochèrent ~o<Mf~, d~ qui méconnaissaient leurs pères, leurs auteurs ~ï~/at~M~, de leur liberté et de leur ils les insuttèrent, fortune; en leur disant les fruits honteux du liberqu'ils étaient tinage, une roc~ M<orde qui ne pouvait pas, qui ne devait pas aspirer à être leurs ils prétendirent égaux; enfin avaient droit à leur que les blancs u respect, et ils urent leur loumission; de cette prétention inique le texte d'un serment voulurent qu'ils d'eux, exiger dès le début de la révolution, en persécutant ceux qui se refusèrent à le prêter. Ces reproches, ces injures, nous venons de les voir dans le discours de l'abbé consignés nous les Maury retrouverons bientôt dans les actes officiels de Blanchece faible et coupabte lande, gouverneur qui encourut ~i-mémo

tant

de reproches

fnn~

i j t


184

ÉTtJUËS

Eh

bien ces

hommes

l'avilissement

système former

une

classe

avaient-ils

ves,

noirs?

des

SUR

D'HAIT!.

orgueilleux des perpétuel

intermédiaire

le droit

Si

L'HtSTOtRE

de

érigèrent mulâtres, pour

entre

parler

en

qui

ainsi

en

eux

et les escla-

aux

descendans

les lois coloniales,

exécutées race,

par eux avec leur défendaient

noires

ou

porter ra!son,

leurs

provoquées par eux, tout l'acharnement du préjugé de de se marier avec les femmes et de reconnattre, même comme

de couleur, ceux qu'ils avaient de leur cohabitation <~atM naturels, avec ces femmes; si ces lois défendaient a ces enfans de avec

qu'importe ils lonial, et

noms, t les

aux

justice, que, dans

qu'ils

dire

avec

pères? l'établissement

Et

pouvaient-ils étaient leurs

de l'origine donné l'anrancbissement

aient

enfans,

blancs

qu'ils

leur

aient

fait

aux

obtenir

des

comères terres

du domaine

public, alors qu'il était si facile d'en avoir? Le bienfait de la liberté, à tous les homqui appartient violé par les blancs mes, qui est un droit de la nature, au détriment des nègres; celui de la propriété, qui n'est un droit naturel, n'étaient-ils pas moins la race par les services que leur rendait faits si vantés, si cruellement reprochés, une

pas compensés noire? Ces bienaccordés

comme

sorte

de réparation aux injustices elle auxquelles était en butte l'humiliation, pouvaient ils racheter le mépris le partage de cette l'avilissement, qui étaient racA? Sans

tout ce que la morale et la conçoit dans les relations du père et de l'enreligion prescrivent de respect et fant, tout ce que la nature inspire à celui-ci d'attachement de ses jours; mais, à quelle pour l'auteur condition? n'oublie

doute,

C't'st jnmnis

on

à la condition tout

ce qu'il

doit

que le père lui-même de tendresse et d'anec-


r

~79i]

CHAPITRE

]

ÏV.

t8~

tion à celui

Dans l'ordre de la nature qu'il a procréé. comme dans l'ordre le père est le premier social, instide son fils; tuteur il lui doit des bonnes l'exemple de la justice, de tous les bons sentiment mœurs, que Dieu a placés dans le cœur de l'homme. On peut même dire que la piété Rliale ne saurait jamais égaler lasollicitude incessante de la tendresse et c'esl la paternelle, nature qui le veut ainsi car, sans ce dernier sentiment, comment

concevoir

la propagation à l'homme permis

l'espèce? que l'on

Est-il

les saints

commandemens

admire

dans

la conservation de

s'affranchir

de de ce

toutes

les espèces d'animaux? A leur tour, ses enfans le même devoir envers rempliront les familles Ce devoir, ce sentiment qu'ils se créeront. est tellement inhérent à la nature humaine, que, dat<s de Dieu,

dicté aux pères précepte pour aux enfans pour leurs parens

leurs du

on

ne

voit

enfans, code sacré,

pas un mais bien ce pré-

cepte a passé au code civil. Lors donc qu'un ses obligations au père méconnaît son fils, de lui refuser son nom, de point de mépriser lui interdire à jamais de le porter; lorsqu'il le condamne à être éternellement dans la dégradation civile et poliun profond mépris tique lorsqu'il ajoute à ces injustices chère et respectable aux pour sa mère. bien autrement yeux de l'enfant qu'elle a porté dans son sein, qu'elle a nourri de son lait, qu'elle a constamment entouré de soins dévoués, cet enfant n'est-il pas autorisé, par l'exemde son père, à se croire de tout ple odieux dégagé devoir sance

de

respect, envers celui

et politique, de la nature,

pour Pt

de

soumission

et

de

reconnais-

qui a mésusé de sa position enfreindre les lois les plus

qui couvre

ensuite

sa mère,

sociale sacrées

lui-même

1


ÉTUDES SUR L'HISTOIRE U'HAtTt.

et !1~

tous

ses

'r.8',n

n~r.

_7

Io

'1

descendans, et d'ignomiuio? d'opprobre Mais, est-il bien vrai que les mulâtres des colonies aient manqué, dans leurs relations privées, au respect et à la reconnaissance devoir aux blancs qu'i!s sentaient le jour? De ce que, comme une classe qui leur donnèrent notable de la population de ces pays, ils ont aspiré a des droits qui leur étaient jouir garantis par les lois netureHes et positives, s'ensuit-il des ingrats, qu'ils étaient des fils dénaturés? Si, d'un côté et malgré le préjugé il y a eu incontestablement politique, de bons pè-s parmi les blancs colons, de l'autre n'y a-t-il pas eu aussi de bons fils parmi les mulâtres? Ce que nous venons de relater de la part de Maximilien en est une des Borgella, mille preuves que nous pourrions administre!. Que les colons aient persévéré dans leur afït'eux en dépit système, des lumières du siècle, il n'était pas raisonnable qu'ils de la exigeassent de couleur part des hommes le renoncement

à tout

sentiment

que cette classe, accrue par tait éclairée et avait acquis

de

leur

dignité,

alors

sa propre reproduction, des richesses par son

s'é-

propre

indus-

trie. Concluons reproches

donc adressés

que rien ne fut plus injuste à ces hommes par les colons.

Le jeune Borgella mère. Celle-ci avait

que les

n'avait

an quand il perdit sa qu'un une sœur, Filletto La Mahautière, neveu avec toute la tendresse mater-

qui prit soin de son nelle elle le mit à l'école de bonne heure. En t783, son pupiHe ayant atteint sa dixième elle quitta année, le Port-au-Prince les Cayes. Elle voupour aller habiter lait l'y emmener avec elle, mais la grand'mère de cet Olive Lebeau, ne enfant, put consentir t'étoigncmcnt


~7~]

J

CHAPITRE

!V.

~y

de l'orphelin une fille chérie. qui lui rappelait Cohabitant avec un blanc, M. Ithier, qui était procureur-gérant de plusieurs sucreries au Cul-de-Sac, et qui demeurait sur l'habitation elle le garda Lathan, d'elle. Le auprès jeune Borgella y passa trois autres années, continuant à à lire de M. Ithier, apprendre qui était son parrain, et à ce titre vénéré qui, dans les colonies, devint son proun vrai père. tecteur, Les principes d'honneur de cet homme de bien passèrent au cœur de délaissé l'orphelin son par père nature! cette éducat on de famille y germa avec fruit. Sa constitution robuste se fortifia, son séjour pendant à Lathan, par des exercices il y apprit a journaliers conduire un cheval, à le maîtriser. Aussi ses premières armes furent-elles dans la cavalerie; il en devint un officier remarquable. En

1786,

M. Ithier

son âge avancé quets. Le jeune

résigna il fut alors

ses fonctions habiter

à cause

de

la Croix-des-Bou-

Borgella il le fit n'ayant que 13 ans, continuer à apprendre à lire, écrire et calculer. Ce digne homme eilt-il voulu faire davantage pour son protégé, qu'il ne l'aurait le régime colonial pu n'admettait pas qu'il y eût à Saint-Domingue des étabHssemens d'instruction on l'intelligence des mulâtres publique et des nègres pût se développer. En violant, à leur égard, tous les droits de la on devait arriver nature, fatalement à ce mais logique; Infâme, car, pour perpétuer l'eset le de la couleur. davage H fallait dégrader préjugé ces hommes les empêcher par l'ignorance, de s'éclairer afin q't'Hs ne découvrissent de leur situation pas l'horreur 'nutne dans la société. système

Toutefois.

r<-ffpt des révo!utions

étant

de

développer

1


ËT~KS

i88

»

l'esprit

ptomptcment <pt'elles anciens

engendrent, et nouveaux

SrRL'H!STOnŒn')tA)Tt. t

des

hommes, a vu les

on

libres,

t~

4

par les innovations et les nègres. mulâtres une

expérience les mener à leurs

acquérir sur pour

un jugement fut les blancs eux-mêmes. uns, qui étonnèrent Borgella sous ce rapport un de ces hommes q n se distinguèrent il était doué d'un bon sens qui vaut autant que l'esprit

dans

les affaires,

supérieure. développé que donn'~ une instruction mettait au déPar les entraves colonial que le régime des mulâtres et des nègres, de l'intelligence veloppement était de savoir le complément obligé de leur éducation un

Cette quelconque. faits. Du moment

métier

gique vaient

des

nécessité

que à l'exercice

point

prétendre et aux emplois, aux charges que certaines professions il était convenable qu'ils

dans

était

les affranchis droits

des

qui en dérivent; même leur étaient

la lone

de-

politiques du moment

interdites, des à l'exercice

se livrassent

libre parvient, dans l'homme par lesquels à l'indéà la propriété, à la richesse, partant touhonore Le travail, d'ailleurs, personnelle.

arts et métiers la société, pendance jours celui

qui occupe ses bras pour gagner honnêtement leur il accélère il moralise les peuples, son existence; des lois (liil devient une sorte de sanction civilisation, et qui ont pour but la conservation Un pays où le travail le progrès incessant des sociétés. ne serait pas honoré par les classes les plus intelligentes, se doit Chacun est condamné a périr dans l'anarchie. 11 lui-même de rechercher ce qui est plus dans ses apti<\ la prospérité tudes, par la générale, pour concourir Ce n'est donc pas sous ce rapport sienne qu'il propre. vines

faut même

et humaines,

condamner temps

le régime il s'opposait

colonial;

mais,

fi l'établissement

pa~ce qu'en d'institutions


r

CHAt'mŒ

]

[i7!X]

!v.

t89

il développer des affranchis, de propres l'intelligence tonte la race noire qui habitait les colonies, afin de per* H faut le condamner, comme pétuer leur asservissement. été le résultat

ayant

de sentimens

haineux

envers

les op-

primés. cette nécessité du temps, fut placé, D'après Borgella il seize ans, à l'apprentissage du métier de charpentier, sous un blanc qui ne savait ni lire ni écrire. Cet homme était

de la classe

des petits blancs, et Européen. C était à son apprenti propre à n'occasionner reconnaissait puisqu'il par là qu'en

une circonstance aucune

humiliation, Europe même, il y avait tait pas mieux partagée

du peuple qui n'éportion des colonies. que les affranchis du préjugé de la couleur était que

Mais le désagrément ce maître charpentier che,

de son

une

se croyait, un homme

à cause bien

origine, à un teint

de sa peau blanà cet apsupérieur

au sien du identique joignait de posséder les premiers élémens des l'avantage connaissances humaines. Borgella devint enfin le commis prenti moins

qui,

'te son

maître

fois ce maître

il lui faisait

ouvrier, ne

dut-il

étant humilié, orgueil <Iece jeune homme 1 Nous 'lu travail ntjssi un '!ans leur icnie.

lutte

affranchis; dont physique,

armée

Le travail

les

contre

les

fortifiait,

en

moral mais

de l'habitude elle

ils surent dominateurs les rendant

C'est ainsi fatigues. dans la maréchaussée

les plus

rudes

qu'on

exigeait

d'eux

Jarmurie,

pendant

trois ans,

supporter

J'effet

aux

imposée effet tout

de

Que

intérieurement son pas sentir de recourir à la plume contraint

de constater

venons

ses écritures.

leur

donnait

produisait tirer parti de

co-

propres M que le serou

t'habitude

gendes

1


t

i90

ÉTUDES

armes

et la facilité

SUR

L'HISTOIRE

à les nlanier

D'HAtTI.

ils se servirent

encore

de cet avantage, dans les combats qu'ils livrèrent pour la de leurs droits naturels. En général, ces hommes conquête étaient d'excellens et Moreau de Saint-Méry chasseurs; à qui nous avons reproché ses préjugés lui-même, au commencement

de

la

avant révolution, reconnaissait, cette époque, l'utilité dont ils pourraient être pour la défense de la colonie 1. C'est à cette aptitude incontestable aux

reconnue

sans doute

suggérée verneur cents

hommes

de

lorsque

l'on

que

dut

ancien goud'Estaing, six qui en a fait enrôler en partie de son expédition

la France

soutenait

les

contre leur métropole glaises insurgées Sous le même maître charpentier métier à Borgella, il y avait un autre

colonies

des

tion

dispositions contre eux. Avant a son

et Borgella

compagnon,

"it passer, Lorsqu'il ment au qui allai'

enseignait jeune homme

faisait

garda

de

qui, homme

en

avertir

ses

au

il confia en

le

qui

se

Port-au-

son

inten-

le secret.

à la Croix-des-Bouquets, le détacheil éprouva une vive Fond-Parisien,

de l'injustice

indignation

que l'on de partir,

an-

2.

de l'une des familles du Fond-Parisien couleur, avril 1790, résistèrent aux blancs. Ce jeune sauva de la Croix-des-Bouquets aller pour parens Prince

l'idée,

le comte

par

Saint-Domingue, eux pour faire

d'entre

Géorgie,

de couleur,

qui

armait

ces blancs.

Ses idées

Moreau de Saint-Méry, Description de la partie française, tome i"\ page

6S5,

et tome

2,

pages

4t,

4:

et 55.

Avant cet enrotemeat, qui eut lien en i779, it y en avait eu on autre formé par M. de Belzunce, en i76<, la En de la guerre dite de 7 ans alors ces chasseurs de couleur étaient au nombre de 5&0. (Moreau de Saint-Mëry, tome ter, page i7!.) Le comte d'Estaing succéda à M. de Belzunce, et les trouva encore réunis, en i7g4, dans un camp formé dans la paroisse du Trou, dans

le

Nord.

En

1783,

M.

de

Bellecombe

composa

un

nouveau

corps

de

chasseurs de couleur pour la défense de la culonie la paix survint, et il fut licencié.


r [<79i]

CHAPITRE

1%

jeunesse

1

et dès lors

exagèrent les hommes

!V.

de sa classe

il soupirait pourraient

arriva,

qu'elle dans comptait il le saisit et abandonna

métier,

pour

jusqu'à Dans fut

commencer

celui

ses

Le moment rangs. le toit maternel et le

des

armes

qu'il

nous

allons

voir

des

hommes

sa mort. le

amenée

mulâtres

le moment après où faire un appel à cette

chapitre la prise

et nègres

suivant, d'armes libres.

de

professa

comment couleur,


CHAPITRE

Y.

Organisation des hommes de couleur dans t'Ouest. dans

le canton

de

Combats

la Charbonnière.

Phse d'armes de Diègue, de

Nëret

et

de

Pernier.

Concordats du 7 septembre t79i avec la paroisse de la Croix-des-Bouquets, du 99 septembre a du 11 septembre avec celle du Port-au-Prince, Traité de paix du :3 dans d'autres localités du Sud. Saint-Marc, octobre, entre <4 paroisses de la province de l'Ouest, à Damiens, dans la du

plaine

Cnl-de-Sac.

Pendant d'infortune, Mirebalais adressés

le procès suivi contre Ogé et ses compagnons de couleur du en février 1791, des hommes qui avaient Blanchelande

s'étaient avec eux, correspondu de la justice du pour réclamer du décret du 28 mars l'exécution

colonial gouvernement en termes modérés, 1790. Leur pétition, prouva rédigée laissé abattre ne s'étaient néanmoins par point qu'ils de leur cause. de ces martyrs de la tentative l'insuccès Mais,

loin d'avoir

égard

le gouverneur aussi méprilettre

à ces réclamations,

leur avait répondu par une général et cW~tMe~ il traitait d'absurde sante que menaçante de coude confondre la caste des hommes leur prétention Sa lettre leurs bienfaiteurs. leur avec la classe des blancs, la plus innextbie du respect que les » rigueur contre ceux qui s'écarteront » lois leur commandent envers les blancs, et les tribunaux

se terminait

ainsi

« Je

sévirai

avec


j

CHAPtTRE

[i79i]

»

feront

» public. Il était

V.

justice »

de

ceux

193

oseront

qui

alors au Cap et ne tarda

troubler

pas à se rendre

l'ordre au Port-

au-Prince. Bientôt

survint

dans

cette

dernière

ville

l'assassinat

de

Mauduit

et !a fuite de Blanchelande dans par les blancs, le Nord. La veille de ce crime, où la fureur des blancs contre cet ardent contre-révolutionnaire égala celle qu'ils mettaient à poursuivre les hommes de couleur, Pinchiet les autres nat, Rigaud mulâtres et que Blanchelande Mauduit

avaient

furent relaxés en même emprisonnés, détenus. Ces mulâtres temps que des blancs, également de ce moment d'enthousiasme profitèrent anarchique, de ce foyer d'atrocités et se rendre, pour s'éloigner soit à la Croix~des~Bouquets, soit au Mirebalais où ils se trouvaient

plus en sûreté. Nous avons dit que, le 30 juin, la nouvelle du décret rendu le 15 mai par l'assemblée constituante était arrivée au Cap, et que, dans le mois de juillet, les hommes de couleur du Mirebalais avisèrent à l'organisation d'un conseil

politique qui aurait feraient pour obtenir

la direction

des

l'exécution des qu'ils ~aMiB, et qui inspirerait militaire l'organisation ils étaient résolus de recourir pour réclamer leurs

démarches ~a<t0à laquelle et appuyer

droits.

Ce fut !e 17 ou le Ê3 juillet, Mirebalais Le 7 août, réunis

au

constituèrent

la

leur

conseil

qu'ils se rassemblèrent à l'église de ce bourg, dont les membres prirent

de rep~e~aMS qualincation stitution de cette représentation

la co~MM~e.

L'acte

de la classe

ils

de con-

de couleur

D'après Sonthonax, c'est le t7 (Débats, tome 3, page :<&); d'après on Mémoiredu ~Mtv.tc uu 9*' < uammuu bataillon uu da ue cc'est est le ::s te'!3 régiment de tc~Micm nurmanatet Normandie, \page ~page t3). t3). T.

13

1 1


r D4 lui

HTUnRSSU)tL'H!STOtREt/HAtTf. donna

membres

les pouvoirs les plus étendus, sous la sauvegarde immédiate

hommes toutes

de couleur, qui s engagèrent leurs forces et de toutes leurs

et

plaça de tous

à la soutenir facultés.

ses les de

Cet

acte, invocation

rédige dans ce saint lieu, se terminait par une a l'Etre Suprême ils qui les voyait et qui les entendait en sa présence de le maintenir, et de rester injurèrent violablement fidèles « à la loi et au roi, c'est-à~0~, dire A la France Le premier acte extérieur du conseil fut politique d'adresser a Blanchelande. alors au Cap, une copie de celui de sa constitution, avec une lettre pleine d'énergie, de raison

et de respect, dit Garran. Ses membres se plaià lui-même de la partialité gnirent qu'il montrait pour leurs ennemis en révolte ouverte contre les décrets de la nation,

manifestant

hautement

leurs

et d'indépendance; ils lui rappelèrent faire exécuter ces décrets. Leur lettre

projets de scission que c'était à lui de portait

la date du

1i août. Le 2~, Blanchelande leur répondit qu'il désapprouvait leur conduite et leur assemblée illicite; il leur enjoiet d'attendre avec résignation gnit de se séparer et paisiblement la promulgation de toutes lois qui pourraient les concerner,

et surtout

de ne jamais oublier les égards, ~M'~s deua~Mt aux Ma~c~, auteurs

respect e< ~0 ~e~ya~OM ~CMrliberté et de leur fortune.. De leur exécuter hommes

le de

les colons, qui avaient juré de ne pas le décret du 15 mai, enrayés de l'attitude des de couleur, de semer la diviessayèrent partout côté,

1 Rapport de Garrran, tome 2, page t30esuivantes.


[~~]

CHAPITRE

sion entre compris pas nés

eux, dans

en tenant

le bénéfice

V.

à ceux qui ne se trouvaient pas de cet acte (parce qu'ils n'étaient

de pères et mères des paroles libres), à propres les aigrir contre les autres. Ce fut en vain. Ils eurent le bon sens de reconnaître le piège colonial, tandis que ceux qui étaient favorisés agissaient pour obtenir l'exécution, non-seulement du décret du 15 mai, mais des décrets émanés de l'assemblée nationale, t comprenant ainsi celui du 28 mars 1790 et bien qu'une prévoyant fois armés les hommes régulièrement, de couleur parviendraient facilement à obtenir tous les droits réqu'ils clamaient.

Si le conseil de manière de

couleur

du

Mirebalais

à ne pas trop éveiller du Port-au-Prince,

s'adressa

à Blanchelande, ses craintes, les hommes

étaient auxquels réunis des principaux quelques-uns du Sud dans poursuivis leurs paroisses, n'agirent pas avec moins de prudence dans les préparatifs qu'il fallait faire pour arriver à leur militaire. organisation Ils se réunirent secrètement, sans sur une petite habitation armes, de Louise Rateau (femme de couleur de parente située aux environs Bauvais), de cette ville c'était le 21 août 1791. On y décida de nommer Bauvais chef de l'insurrection il était alors au Midu conseil des quarante rebalais, représentans. Bauvais avait fait partie de de Savannah l'expédition et s'y était distingué par sa bravoure. Elevé en France, il avait une y bonne reçu et il était doué d'un éducation, caractère modéré et de beaux sentimens ses principes étaient sévères. Ce choix fut généralement Il approuvé. avait y la classe des hommes avantage pour de couleur d'avoir a la tète de leur armée, à leur prise un d'armes,


t!~

~TUt)ES

homme

SUR

de la trempe

L'UrSTOHŒ

D'HAtT!.

de Bauvais, avaient Pinlorsqu'ils de leur conseil politique c'étaient

chinat pour président des conditions de succès. Dans cette un

lieu

située

réunion

chez Louise

pour s'assembler à la Charbonnière,

on choisit

Rateau,

en armes

l'habitation

canton

voisin

aussi

Dièg~, Port-au-

du

fut désignée a cet enet. Dans le même temps, les membres de la réunion décidèrent avertir d'envoyer Bnuvais du choix qu'ils avaient fait de lui, pour qu'il se Prince,

à Diègue le ~6 août, jour nxé po~T le rassemblement. Ceux qui eurent i'hon'n~~r de remplir cette mission furent Caneaux et Ferdinand Pétion, Deslandes, trois jeunes hommes animés d'une noble ardeur pour rendit

cette

sainte

La prise les d iverses

cause. d'armes paroisses

du ~6 août

devait

être

de 1 Ouest et du Sud,

de couleur

l'enectuer; pcuïraient rantir le succès. En conséquence~ tisOe Marmé et Eliacin Dub~sc,

dans générale où les hommes

cet ensemMe ~urdain,

devait Gérin.

to~s

gaBapdu

quatre réfutés de Nippes par les persécutions des biancs, quartter quittèrent immédtatement le Port-au-Prince, dans !& nuit du au Peti't-Trou 21. pour se rendre ~)t mettre leur 'q~arti~r en armes expédiés l'Ouest

au jour con~e'nu. D'autres émissaiMs furent en même te'mps dans toutes les paroisses de voisines de la capital et dans d'autres ioc&iités

du Sa~d. De~à, aux Trois-Rtg~les

eu lieu

~sï~Biohs~répà~to~es~v~ieat et~ux Palmistes-clairs~

dans

~t aux -conSïts

de la grande d'~ Cat-de-Sac plaine trouvé aux PaImistes-Ciaifs.

gelta s'était Il faut noter

comme

l'armement beaucoup la désorganisation l'Ouest,

une

ciwonstaace

des

hommes des forces

le centre Bor-

qui favorisait d<e couleur dans

militaires

du Port-


r [i79ij

]

CHAPITRE

V.

t<)7

j

arnvec

au-rrmce, Blanchelande

à la mort

dans,le

cet assassinat.

Nord,

Les soldats

ville avaient

été poussés

de Mauduit,

an moment

et la fuite

de

ou se consommât

du régiment à le commettre

colonial par

de cette

les factieux

qui représentaient assemblée de parti de l'ancienne Saint-Marc. Les troupes arrivées alors de France se trouvaient eUes-mémes soust'inuuence de l'esprit turbulent de la populace blanche, dirigée au Port-au-Prince par un Génois nommé Pratoto. Les blancs, enfin, étaient en ce moment~à

divisés

il leur manquait !e~r triomphe va une. Lea

d'opinions cette unité

contre

hommes

de

dans

ville, et grande qui, au Cap, assura

d'action

la prise couleur

cette

d'armes

trouvaient

d'Ogé encore

et de Chadans

les

Mânes: de la paroisse de la des enneCroix-des-Bouquets, mis du système des ~p<M~tM~ qui voulaient l'indépendance de la colonie, tandis qu'ils étaient, eux, des partisans de la contre-révolution. Et comme le gouverneur était lui-même géHéral et qu'il pour ce dernier parti, avait cru avoir endoctriné les hommes de couleur pour la réussite de ce projet, les blancs contre-révolutionnaires de la Croix'des-Bouquets, dirigés par HanusdeJumécourt et Coustard, deux chevaliers de Saint .Lou's, ne s'enrayèrent pas beaucoup des démarches qu'ils faisaient auprès de m&ncbelande, ni des réunions fréquentes qu'ils tant avaient, dans cette paroisse qu'au Mirebalais. Ils surent donc mettre à profit cette disposition, avec une habileté

dont

Le soleil

du

les blancs

ne les croyaient

86 août éclaira

en6n

leur

pas capables. rassemblement

a Diègue. Là se trouvèrent tous les Inulâtres et nègres libres appelés à former ï'arméc de cette classe d'hommes.


!98

ETUDES

Bauvais

fut

désigna

Lambert

SUR

L'HISTOIRE

D'HAtTL

acclamé

Mais cet capitaine général unique. homme de bien que tous les partis estimèrent, ce digne frère des noirs, pénétré d'un haut sentiment de justice, demanda la nomination d'un second capitaine et général cette charge il reçut pour occuper de l'universalité de ses compagnons. était venu denègre libre de la Martinique,

l'approbation Lambert,

à St-Domingue il était l'un des hommes puis longtemps les plus recommandables de ?a classe au Port-au-Prince, même

respecté, Cette

des blancs,

pour déterminée

nomination,

ses mœurs

par un au commandement

un qui prescrivait d'appeler noir aussi honorable que Bauvais, pour repréles nègres libres compris dans la dénomination

justice homme senter

d'hommes effet issus

et sa probité. sentiment de

de couleur cette nomination de prouver aux blancs politique

eut encore que

les

pour mulâtres

n'entendaient leur nègres poin? séparer de celle de la plupart des nègres affranchis qui trouvaient dans le décret du 15 mai, pas compris rable seulement aux gens de couleur nés de pères et libres.

des

en

C'était,

haut, l'esprit au Mirebalais. La cette

qui

nomination raison,

claves,

l'idée

effet, animait

de

comme

le conseil

Lambert,

fallait qu'il de l'inévitable

nous

donner,

l'avons politique

cause ne se favomères

dit

plus constitué

fut inspirée même aux noirs

enfin,

réhabilitation

de leur

par es-

classe,

dans

Saint-Dominl'organisation politique que subirait et par là, gue dans un avenir plus ou moins éloigné; la classe des hommes de couleur se donnait une grande influence à laquelle étrangère.

et un elle

d'action sur celle des esclaves, moyen ne pouvait et indifférente pas rester


m-

~+"

1 ) ~!79i] t

<:tL\piTrn:v.

]

r't.).

l, M hommes

Ces

),,1.

t'-

éclairés réhabilitation

leur

propre

mot

prononcé

à la

qui

dirigeaient

d'abord

tribune

les

de la paroles échappées de la discussion du décret

lors Maury, Ils avaient vu t'assemblée

mai.

pas le

n'ignoraient

nationale

de l'abbé

du 15

de

l'entreprise

par Dupont (de ~M ou la justice, il mcn/<er colonies <~M'MM principe 1; » Ils

« S'~ fallait Nemours) vaudrait mieux sacn~r n'ignoraient pas non plus bouche

t;)<)

nationale

consti-

dans

tuante,

de ses motifs, en partie l'exposé adopter de ce fougueux athlète du privilége, en qualil'opinion fiant les noirs d'individus d'une nation ils ~ra~rc; avaient vu cette assemblée, tout en citant dans cet acte supplémentaire le code noir de 1685, restreindre ses cependant droits politiques de pères et des craintes du 15

mai

Hbéraies

dispositions qu'à ceux

mères

d'entre

libres

pour ne leur

et eux

surtout

accordait

ces droits

les

nés qui étaient donc concevoir

ils devaient

l'avenir

n'accorder

le décret

lorsque que pour

particides assemblées per à la formation futures, qu'il n'était point de la envoyé officiellement par le gouvernement et que son représentant à Saint-Domingue métropole, avait déclaré ne l'exécuterait publiquement qu'il pas, alors qu'il en suspendrait même qu'il l'exécution, le recevrait de la métropole.

Sur mot

la foi d'une « Pcn'M~tt

pierre;

mais

le

lettre les

Moniteur

de Daugy,

colonies,

un

plutôt

-universel

des que

rend

(.arran

~cu~~dtw, de violer

la chose

a attribué

M~prtttCtpe/H d'une autre manière.

Dupont (de Nemours) le premier, cette qui, exprima bre de la Société des ~WM des noirs. dit après lui » s'il doit vous en coûter votre bonheur. \otre{;toire,

»

RobesC'est

idée.

mem-

Robespierre, « Périssent les votre

ce

liherlé!

colonies, Je le

» répète périssent les colonies, si les colons veulent, par les menaces, nous » forcer a décréter ce qui convient te mieux à leurs intérêts! » (Séance du <4 mai

t79t.)

Ces

débats

t'mnmcs de couleur.

eurent

Heu

;')

t'occ.fsion

(:u

décret

du

relatif

aux

t


200

ETUDES

Aussi

SUR

les hommes et dans

le Sud,

esclaves

devenus

libres

sur

leurs

D'HAÏTI.

de couleur,

l'Ouest

fluens

L'HISTOIRE

destinées

les anciens

restèrent-ils à leur

liés

libres

dans

avec les noirs

ils devinrent

tour;

communes.

C'est

in-

à partir de au rassemble-

de Bauvais, aussi juste que politique de Diègue, le travail de l'unité ment que commence consommée en 180~ par l'union de Dessalines haïtienne, l'acte

et de Pétion. Ces principes dirigèrent chefs principaux des anciens libres, l'influence perverses elle-même.

Après pléta André

sur politique combinaisons

avoir

acclamé

les affaires des

militaire

l'organisation

et leur

les

donnerez

du pays, malgré les et de la métropole

colons

et

Bauvais

constamment

on

Lambert,

de l'armée

en

com-

nommant

Pierre colonel Rigaud, Daguin, major général; Coustard et Marc Borno, ~iné, commandans Doyon Sannon Obvan, Pétion, Lafontant, Faubert, Doyon, LabasLarose, Moriet,Tessier, Lozier Cambe, GUlard, tille et Fouguy, cap~atMM; Baptiste Boyer, por~~M~M~. dans les rangs d'autres et Là se trouvaient hommes se recommandèrent des jeunes gens qui, par la suite, par des branches

services tels

rendus furent

à leur Zami

Caneaux Labbée, Dupuche, B. Médor, etc. A. Ardouin,

pays

dans

différentes

Pierre Michel, Lafontant, J.-B. A. Nau, Bayard,

devenus des également Lys et Borgella, et. politiques. L'un des plus jeunes, notabilités militaires alors âgé de quinze le plus J.-P. ans, devint Boyer, Là

étaient

carrière parmi ces derniers, par une longue ou il a accompli des choses qu'il eût été impospolitique sible de concevoir a cetm époque.

remarquable


CHAP!TKE j

V.

~Qt

[i79i]

A la même de Jacmel,

date sous

sous

Goave,

la direction

ces hommes

et Gérin les armes

prirent

sera

du

l'acte

peut voir que commune si voisine hommes de couleur

du

Je l'Arcabaie,

Petitsous

du Petit-

Chanlatte;

des Cayes, sous Boury et se donnèrent aussi une

organisation militaire, pour commencer cette lutte glorieuse dont le dénoûmenf de nombreuses de cruelles péripéties, ques, On

de couleur

de Vissière;

et Saingla; et Juste Lapointe

sous Jourdain

Trou,

les hommes

août,

Ignace

J.-B.

Cameau,

du 2fi

en mémo

temps à travers

final, calamités

180~. janvier nous ne mentionons

politi-

f

du

Port-au-Prince, de ce lieu suivaient

pas

Léoganc, parce que les de l'impulsion

Labuissonoière, la force opposer

timide, esprit à qui ne pensa jamais du droit à la force de la violence. Nous

aurons

de parler

occasion

Nous

de lui.

avons

vu en quels termes Blanchelande avait réle pondu, août, à la lettre du conseil du politique Mirebalais~ en date du Il. A une réponse aussi insolente, il n'y avait plus la force des armes, qu'à opposer pour contraindre et le gouvernement et les colons, a colonial reconnaître des droits si vainement réclamés. Toutefois, informé agissant sident, lution

du rassemblement sous l'inspiration sachant

opéré à Piègue, de la haute raison

le conseil, de son pré-

bien

du droit, la résoque la conviction de le soutenir avec fermeté et énergie, n'excluent pas les formes que commande une bonne cause, le conseil consentit alors à adresser au gouverneur, le 29 août, une

dernière

lières

idées

Dans

lettre insérées

cette

lettre,

il releva

avec

dans

la sienne.

les

représentans

dignité disaient

les singu« C'est


~02

SUR

ETUDES

» lorsque » et celle

n'A)T!.

L'tHSTO!FŒ

la protection du gouvernement des lois anciennes et nouvelles, que vous nous » prescrivez d'attendre et avec résignation paisiblement nous

réclamons

» la promulgation nous concerner, des lois qui peuvent » comme si, depuis l'établissement des colonies et sur» tout

la révolution, les lois anciennes et noudepuis » velles autorisaient les citoyens blancs à nous persé» cuter et à nous égorger. C'est lorsque nous nous plai» gnons amèrement » que vous nous

de nos tyrans et de nos persécuteurs oublier les ordonnez de ne jamais » égards, le respect et la vénération que nous devons » aux citoyens blasrcs. » Ils la terminèrent, en lui anà leur sûreté, nonçant qu'ils vont s'armer pour pourvoir et g~'t~ abandonnent le soin du reste à la Providence. Le gant était jeté! Ils ne pouvaient pas descendre dans l'arène. plus dignement Le

à Diègue indes hommes de couleur campement des craintes aux blancs sur les habitaspirant répandus et du Grand-Fond tions, ceux des montagnes voisines, de Beilevue, nommé

se réunirent

sous

les ordres

de l'un

d'eux,

se rendre en ville. Au camp pour on apprend qu'ils vont bientôt passer sur la grande route de Diègue; Bauvais Néret, voisine qui borde l'habitation de s'y rendre ordonne à une cinquantaine d'hommes Lespinasse,

les observer, l'animosité voyant, pour

très,

excitée

amène

afin

de ne

préexistante

encore

un engagement

par

Obran,

la plus grande vitesse adroits chasseurs de couleur. un

de chaque

d'un

où les blancs,

avec

!a vie,

pas être entre

cote

Mais en se surpris. les uns et les aucaractère tous à cheval,

ardent, fuient

éviter les balles des pour Deux hommes y perdirent des cavaliers te trompette


fi79i]

j

CHAPtTRE

]

blancs

dont

l'instrument

V.

~03

fut le trophée

de l'action, et un avait élevé comme

blanc, jeune orphelin, qu'Obran son fils, et qui avait suivi son bienfaiteur ses dangers. La perte de ce jeune une vive peine à Obran qui résolut trouva l'occasion peu après. A l'arrivée cence

pour partager homme fit ressentir de le venger

au Port-au-Prince, fuyards la classe blanche fut à son comble.

de

assemblées,

des

municipale

il en

l'effervesLes

deux

et provinciale, une organisèrent centaines d'hommes des régimens

de quelques troupe d'Artois et de Normandie,

et de matelots

de

plusieurs et Praloto,

sous les ordres du Génois embrigadés en mémoire désignés sous la dénomination de flibustiers, des premiers fondateurs de la colonie. Cette troupe sortit de la ville avec deux pièces de canon de campagne, pour aller prendre sur l'habitation située position Pernier, dans la plaine, au bas des mornes de la Charbonnière. nations,

Cette

devait donner aux blancs le moyen de position mettre les mulâtres entre deux feux, auraient lorsqu'ils fait sortir d'autres du Port-au-Prince troupes pour les Bauvais comprit leur dessein et porta son camp attaquer. sur l'habitation située dans la montagne Métivier, de avec celle de la Charbonnière. Bellevue, limitrophe Avant la réunion de Diègue, ateliers d'esplusieurs claves s'étaient agités dans la paroisse du Port-au-Prince; mais les blancs avaient facilement ces mouveréprimé mens qui n'étaient point concertés. Après cette réunion, d'autres montagnes taines de

mouvemens abandonnées ces esclaves

séditieux

avaient

par les blancs vinrent se réunir

eu

lieu

dans

cenQuelques aux hommes de

LeHrede Hanus de Jumécourt à Blanchelande, du 30 septembre t79t.

~s~

les


ETUDES

~C4

SUR

t)'HAtTL

L'mSTOtRR

a Miégue et à Métivier; ils furent accuoUtis comoM des <itMa;~tre~, et se rangètrent sous les ordres des mulâtres et nègres libres qui av~eDt aveo eux leurs conteur

on n,oirs propres domestiques le nom de ~M~, quel on donna par allusion ont l'habitude

d'auxiliaires,

en Eupope~ service de la France

forma

a cause

corps aude cette qualité

enfans

considérer

de cou-

tes hontes

leur

leurs protecteurs can)me nature~~ si ces derniers bientôt leurs co<nprirent leurs

un

de rHetvetliCqu~ de s'engager cofnme tels au et d'au très puissances. Ces esclaves

et devatent

considéraient

aux

en

N~us

verrous envers

devoirs

aUies.

A peine

arrivée

position

lui

succès,

qu'elle

des

M'~ivier,

o~ïra~t moins n en aurait

rarmée,

de chances

au Tro'u~Cannan,

trouvé

tnUita~rea

posons

qu'oS'rait aut M~ebalais.

adossée (j<rands'BoIs~ le camp de Métivier levèrent pour 11 Miait passer, pour se rendre vant

l'habitation

Le chefs

fernier

ordonnèrent

de

j:ngea que cette de! résistance et de l'une

des montagne Bauvais et t~ambert la

s'y porter. au Tr~u~Ca~man,

de-

et par la Cro~-des-B~quets. ne pas attaqua les blancs ou Qu centre; de t'armée

et

se plaçant à l'avant-garde en ils c~nS~rent marche, au commandement rarnèFe~gM'do de ï)oyon a)né sur la prudence ils camptai~nt. duquel m~pcbMt le fougueux Mais, pe~ avant cette apriéFergarde, Obran de

déjà irrité,

apn jeujne

provoquer Le combat pour

ae

comme

protégé

et attaquée s'engagea pas laisser

nous

l'avons

dit,

par

la mort

il excita

quelques j~nes gens les blancs au ca,mp de Pernier Doyon! tut fop<?é d'y prendre écraser ces ~p!~MA'tM. Au bruit

à

part, de la

Dans sa lettre du 30 septembre, H, de Jumécourt dit que ce sont les blancs qui attaquèrent.


[i79t]

]

CHAPITRE

V.

205

1

et de l'artillerie, se porter au feu.

mousquet'efi<6 chemin pour miers

t s'y

cette

occasion

toute Pétion

t'armée fut

rebroussa un

des

pre-

rendre.

comme tous les autres ~orgella, ~ui étavent déjà rendus à une longue distance, accourt avec eux et partage le danger ~e ses camarades. Ces jeunes hommes, furent pleins ardeur, heureux de trouver Le feu mis pa~er de leurs personnes. par eux aux ch~mpts de oannes a sucre de Pernier achève de dérouter les blancs attaqués avec résolution et intréils sont dispersés et se sauvent pidité dans toutes les en lassant directions, sur carreau plus de cent morts ou Messes. De nombreux tombent au pouprisonniers voir des cavalier de couleur. La défaite était vengée 1 d'Ogé et de Chavanne D&ns cet assaut donné au camp, un officier du régiment d'A~t~ a!Mt être tué, Pétion accourt lorsque lui, le saisit

et

contre i~ fureur de ses camaprotège rades, en risquant sa propre vie il réussit dans ce noble mouvement de générosité. À ce trait, tous applaudissent. et !<eea'mage 'cesse. Aihst

débats

Pétion

da~s

cette

carrière

des

artnes

si ~rieusement et qui fut rempMe d'éne le céda ~n nen a la valeur. pisodes où l'humanité Là aussi c<atnm~nça cette inOuence immense qu'il a exercée sufsescohcitoyen's. A vingt-sept aM de M, sut dans point de descendre la tombe, sa derrière action fut encom déterminée par un sentiment humain et généreux. Président tout-puissant d'une il réclama République le qu'i! avait fondée, qu'il

p~ourut

consentement

d'un colonel noir sous ses ordres. préalable le droit de grâce, qui était dans les attripour exercer butions de son autorité envers un presque souveraine,

1


~06

ÉTUDES

noir

soldat

SUR

L'HISTOIRE

D'HAÏT!.

avait

dont ce colonel régiment et qui avait frappé son chef'. commencé sa carrière militaire

mandement,

du

Il avait

vie à un blanc; la vie à un

il termina

sa carrière

en sauvant

la

en sauvant

politique

noir.

En fuyant, les blancs avaient abandonné les deux pièces de canon Et leurs munitions en outre,

le com-

dans

le camp

de Pernier,

leurs on

armes, trouva

une

grande quantité avaient de sacs que les ~M~ers et que les priapportés destinés à contenir les têtes des sonniers déclarèrent hommes torités prix, riche

qu'à tinrent

été vainqueurs. Port-au-Prince les avaient

du populaires et ces brigands

respectée pénétrés la guerre aucun

s'étaient

du

du

principe

on épargne de compte

du 2 septembre. Les deux canons

prisonniers de vainqueurs

les

par

droit

le vaincu. cette

Les aumises

d'obtenir

proposé

La vie de ces

récompense.

moins née,

s' ils avaient

de couleur,

à

une

ne fut

pas

cette

jourdes gens qui veut Les blancs ne leur

modération

dans

la vic-

toire

pris

sur

l'ennemi

fournirent

l'idée

d'un corps d'artilleurs de l'organisation pour les hommes de couleur on en forma deux compagnies sous les ordres de Pétion

et de Gillard.

De bonne l'arme serne

heure, de l'artillerie

Pétion

avait

il aimait

du corps d'artillerie, située au Port-au-Prince, en de-Mars,

montré à se trouver

du

goût pour dans la ca-

sur la place du Champface le palais du gou-

Le colonel Zacharie Tonnerre, commandant du i 4"régiment des Gonaïves. Il était alors au Port-au-Prince, en <8i8, par sa défection en faveur de Pétion. pendant le siège de <8t9 formé contre cette ville par H. Christophe. J'ai va ce militaire, gracié par Pétion trois jours avant sa mort les larmes qu'il versait autour du cercueil du Président touchaient tous les assistans. Le colonel Zacharie n'en versait pas moins il était heureuxde cet acte humain.


j r

CIIAPITRE CHAPITRE

(1791] [i79~]

vernement

V.

:!O7 ~07

Jeune

d'une adolescent, physionomie douce, d'une figure belle et attrayante, il fréquentait ces soldats européens et assistait souvent à leurs exercices, dans la caserne et au polygone, qui était situé au nordest de la ville. nombreux pour

Il

jeunes

organisa gens

le corps

s'incorporèrent

d'artillerie, par

de

attachement

lui. aux

de Diègue et de Métivier, camps de ceux qui furent à cheval, prit service dans la compagnie deGiUard. Borgella qui, était du nombre

la victoire

Après couleur

se

rendit

chanter

un

Te Deum

ses succès

pour sur les hommes

reconnaître l'Auteur

de Pernier, l'armée des hommes à la Croix-des-Bouquets où elle

les droits

que

remercier

le Tout-Puissant

de fit de

injustes qui, loin de vouloir la classe de couleur tenait de

de toutes

tir. Le conseil

s'étaient de l'anéanchoses, proposé du Mirebalais avait écrit à Blanpolitique

chelande,

cette classe abandonnait s'armant, qu'en le soin du reste à la Providence. Le premier sentiment les vainqueurs de Néret et de Pernier, qu'éprouvaient était celui de la reconnaissance envers le Dieu des armées, qui leur avait donné le courage et la force pour appuyer leurs droits. Ce sentiment honore leur mémoire. cette armée poursuivit Ensuite, sa route et fut camper au Trou-Caïman.

Dès leur

réunion

à Diègue, les hommes de couleur avaient reçu des envoyés de la part de Hanus de Juméchef de la paroisse court, reconnu de la Croix-des-BouCette place est devenue la P~occPétion où est le tombeau de ce chef. La caserne devint cette de sa garde à pied.

N???0~


ÉTUDES

208

SUR

L'iHSTOtRE

D'HAtT!.

étaient Ces envoyés quets par les blancs du CuMe-Sac. et de leur prise d'armes, des motifs venws s'informer obtenir t'exéavaient reçu pour t'épouse, qu'Us voulaient sanctionnés nationaux par 1~ roi, et cution des décrets rien craindre ne devaient que les blancs du Cul-de-Sac seulement armés de leur part; qu'Us étaient pour pou~ aux persécuaux outrages, et résister voir à leur sûreté des blancs du Port-au-Prince. membre ancien Cr. Hanus de Jumécourt, s'en ét~it retiré de Saint-Marc, blée générale

tions

de l'assemdès

qu'elle et son inten-

ses projets d'indépendance Il comte de Peinier. le gouverneur, tion de subjuguer de ce était entré dans les vues contre-révolutionnaires MHié à leur parti. etde Mauduit, qui avaient gouvern'euf de de couleur hommes étudiés, par des méïM~m'ens tan très-dévoués a leur projet, l'Ouest, croyaient qu'ils au gouvefn~ réunis ne s'étaient dis que ces deniers des fureurs ment colonial, que pour pouvoir se préserver de Jumécourt Hanus de Sain~Marc de l'assemblée mal étaient du Cul-de-Sac des planteurs et la plupart de les partisans où dominaient vus au Port-au-Prince ceux qui cette semblée. Depuis la mort de M~uduit, avait

manifesté

~isa~nt

partie

des poN~OtM~aw~ des vexat~nsdont

contre~révotutionnaire de la corporation dû fuir de cette ville, a ~aa~ raient ils étaient

à la Croix-des-Bouquets, de couleur, des familles H-anusde nement

col~l

Jumécourt

l'objet; s'étaient

présécutées et les autres

au CuI-de-Sac,

ils s'étaient

réfugiés rendues

également par les blancs.

d<t gouverpartisans done pM éloi' ne fufent

< On connatt le mot de Bauvais à Roame « It nous fallait conquër:r nos » droits; nous avions besoin A'anmhairtss 4c dtab!eM sefatt p~9ent6, que » nous l'aurions enrégimenta. »


r"

[i79i]

(,HAPITRE CHAPtTRE

]

V. V.

209 ~Q9

à un arrangement avec les hommes gnés do souscrire de couleur s'étaient qui, même après leur victoire, montrés si modérés. En conséquence, ils s empressèrent d'envoyer le planteur Caradeux de la Cayo, auprès d'eux porter des paroles de paix et de conciliation. Les chefs de l'armée

ces ouvertures, et la firent rentrer à la à l'effet de stipuler une convention. Croix-des-Bouquets, Des commissaires furent nommés de part et d'autre, dans ce but du côté des blancs, H. de Jumécourt, d'Esacceptèrent

pinosse, Proquau, de couleur,

de Lépine, Drouillard Turbé et de Lamarre; Bauvais,

dor, Joseph Labastille, Pierre Pellerin.

Manneville, Rigogne, du côté des hommes

MéRigaud, Daguin, Barthélemy Desmares ainé, Pierre Coustard et

Un concordat fut signé par ces commissaires, le 7 septembre 1791, par lequel les blancs à ne pas s'obligeaient des décrets de l'assemblée s'opposer à l'exécution nationale, en tout ce qui était favorable aux hommes de couleur. Un article la paroisse à réparer spécial obligeait l'honneur et la fortune des familles du Fond-Parisien, dont les propriétés avaient souffert en avril 1790, dont les membres avaient été condamnés par contumace, par un arrêt du conseil supérieur du Port-au-Prince. C'était

obtenu par la modécléjà un résultat heureux, ratton et par la puissance des hommes de couleur. Ce fut le fruit de la victoire de Pernier. Les blancs d'opinions vers eux la nécessité mée des T. t.

de la Croix-des-Bouquets, avec ceux du Port-au-Prince,

des

commissaires

chargés

de

quoique leur

de prendre un pareil arrangement hommes de couleur, '1' qui avait dans

divisés

députèrent faire sentir avec l'arses urangs au


SUR

ETUDES

~0

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

dit. nous l'avons comme esclaves, de noirs beaucoup à leur faire comprendre Ces commissaires parvinrent au de couleur, ne dépendait que des hommes qu'il tous les esclaves de soulever de ces auxiliaires, moyen la race et d'anéantir a l'autre, d'un bout de la colonie blanche

par ces pervers, apprécié de l'Ouest, les mulâtres temps que et avaient incendié soulevés s'étaient mieux

tant

fut d'au-

Ce raisonnement

a Saint-Domingue.

que déjà, en même esclaves les nègres toute la riche plaine

du Nord. alors envoya ils signèrent,

Le Port-au-Prince Croix-des-Bouquets; concordat nouveau

avec

des

à la

commissaires

un le 11 septembre, de couleur, des hommes

ceux

forts

concordat, Dans ce dernier par Pinchinat. de les hommes succès et de leur nombre, de la en raison leur qui avaient plus d'exigences imposèrent des blancs du Port-au-Prince, duite dans contenues les stipulations outre conditions,

présidés de leurs

du

couconpour celui

7 1° Que

droits politiques loi naturelle, les décrets

reconnaîtraient

leur

blancs

les

avec eux, droits les

principes du 28 mars 1790

la

liberté

et 15 mai

tions,

Que toutes de couleur, etc.,

5" Qu'ils

de la presse

1791,

inviolable

serait

consacrée,

de

même

les blancs sauf

la

légale;

responsabilité mes

des

la que leur garantissaient de la révolution française,

de 1685; que le code noir 2" Que le secret des lettres serait en avaient abusé a leur égard 3" Que

l'égalité

contre prononcées proscriptions soit par décrets, jugemens,

seraient

les homconfisca-

annulées;

se réservaient

de faire

dans

un autre

moment


[i79i]

CHAPITRE V.

et envers

qui il appartiendrait, mations relatives aux jugemens Chavanne et leurs compagnons,

2ii

toutes protestations prononcés

contre

et réclaOgé,

dès à présent regardant les arrêts prononcés contre eux, par le conseil supérieur du Cap, comme ~/a~ et dignes Mrc voués à l'exécration contemporaine et f uture. Ils déclarèrent en outre

et qu'ils resteraient armés, en leur possession toutes les armes et munigarderaient tions tombées en leurs mains, à Pernier; renqu'ils daient communes à toute la classe de couleur dans la co~oMte. les stipulations du présent et enfin, que concordat; rien au monde ne pouvait les empêcher de faire came coMtMMMcavec ceux de cette classe qui avaient été écartés par le décret du 15 mai. Toutes ,saires du ticulière

ces conditions Port-au-Prince.

furent

acceptées Ce concordat

par les co~MMMfut 1 œuvre par-

de Pinchinat.

A l'imitation

de ceux

de

F armée

réunie

à la Croix-

les hommes de couleur des-Bouquets, de Saint-Marc, sous la direction de Savary aine, s'étaient aussi armés. Les événemens du Cul-de-Sac portèrent les blancs des paroisses de l'Artibonite à souscrire avec eux un concordat le 22 septembre. semblable, Mais celui du II. et signé, ne fut pas ratifié accepté par les blancs du Port-au-Prince l'inqui subissaient fluence de Praloto et de Caradeux le plus féroce aîné. des blancs de Saint-Domingue. planteurs C'était un noble un marquis. Nommé capitaine général des gardes nationales de l'Ouest, Caradeux marchait d'accord avec de ce corps, avec la l'état-major et rassemmunicipalité blée provinciale du Port-au Prince. Les motifs

de ces

partisans

de

l'ancienne

assemblée


1

sur

fondés

étaient

dp. Saint-Marc,

D'HAÏTI.

L'HtSTOtRE

SUR

KTUDES

<~

qu'Us avaient En même

l'espoir

de la Grande-Bretagne. protection en se réunissaient de couleur hommes les que temps des réclamer deux députés ils avaient envoyé armes, étant et deux frégates anglaises à la Jamaïque; secours leur parut se espoir au Port-au-l'rince, alors venues de couleur aux hommes Ils tirent réaliser. proposer indérendre Saint-Domingue à eux, pour de se réunir ils promettaient à cette condition, de la France pendant de ratifier le concordat. être admise ne pouvait par les Une telle proposition de aux principes dont l'attachement de couleur hommes cause était sincère, parce que leur la révolution française ils étaient trop éclaiD'ailleurs, ne pouvait qu'y gagner. alliance quelque toute rés pour ne pas comprendre du serait le maintien la avec Grande-Bretagne conque à Saint-Domingue, par le maintien de la couleur préjugé de l'esclavage. de couleur L'état de guerre subsista entre les hommes mais sans hostilités du Port-au-Prince et les blancs de plus la paix se consolida En même temps, ouvertes. la

dans

en

plus

entre du

quels, qui avaient

et

eux

Mirebalais adhéré

blancs

les

et des autres aux

concordats

de

la

Croix-des-Bou-

paroisses des 7

de l'Ouest et

11

tembre. circonvenu

Blanchelande, municipalité faiblissant

du

par

Port-au-Prince

une

députation

ordonner

à l'armée

de la

au Cap, qui le joignit de la nonles exigences ville, dans cette dernière

jour devant chaque réunie coloniale velle assemblée aux concordats refusa aussi son adhésion une même !1 lança Croix-des-Bouquets. pour

sep-

des hommes

signés

à In

proclamation de se de couleur


[i79i]

CHAPITRE

]

V.

~i3 1

dissoudre.

Sur

Hanus

par

les observations

qui il rétracta

de Jumécourt,

par ses lettres confidentielles, dont il était revêtu.

Dans

cet intervalle, portée à quatre

s'était blancs

qui

étaient

lui

furent

cette

avilissant

l'armée mille

des

avec

proclamation ainsi l'autorité

hommes

de couleur

sans

hommes,

d'accord

adressées

les compter et les esclaves

eux,

armés

sous le nom de suisses. Les concordats désignés avaient été adoptés dans diverses paroisses du Sud où les hommes de couleur avaient réussi à s'organiser. Une autre circonstance les fortina ce fut le départ des du Port-au-Prince. En même temps. frégates anglaises le progrès de la dévastation produite par le soulèvement des noirs blancs

dans

au-Prince

finit

la paix. La force

coloniale

la paroisse du Portelle-même, à traiter définitivement de par consentir

des

que Pinchinat nable d'imposer cordat général.

hommes et les

servirait

leurs pour

l'habitation fut

Damiens,

et

Ils discutèrent

voisine

chefs

couleur de

toutes

était

telle

alors

1 armée jugèrent convedans un nouveau con-

conditions

des

Goureau,

définitivement

de

toute

pour

conséquence, de part et d'autre Prince.

de plus en plus les effrayant comme ceux du Cap, et la nou-

Nord

du Port-au-Prince

velle assemblée

lequel En

le

les leur

paroisses de l'Ouest, classe dans la colonie.

commissaires

furent

nommés

se réunirent.

le 19

octobre,

située

lieues

du

à deux

les articles

signé le 23 de Goureau.

président

des commissaires

président

de ceux des blancs.

sur

Port-an-

de ce <rat~~pat.B qui sur l'habitation octobre, Pinchinat

de couleur,

fut Caradeux

reconnu aine,


SUR

ÉTUDES

214

Cet acte fut basé

sur les concordats

toutes

les

même

dans

déjà signalés. de couleur hommes

des

de l'admission

convenu

DHAtT!.

L'HISTOIRE

à égalité coloniale.

assemblées, l'assemblée

avec

parfaite Toutes

Il fut dans

les blancs,

ces assemblées

par des élections. de Chavanne de la mémoire La réhabilitation d'Ogé, et du de la passion victimes les autres et de toutes et consacrée fut stipulée spécial. par un article préjugé, de l'Ouest devait dans les paroisses Un service solennel de ces infortunés les mânes être célébré pour apaiser veuves à leurs être accordées devaient des indemnités devaient

être renouvelées

enfans.

et à leurs

lieu

avoir

minels

devait

rieurs

à la révolution,

couleur,

rixes

les

même

également, intentés

des

raison

pour

criprocès de ceux anté-

de tous

révision

Une

contre entre

de citoyens et les blancs,

des eux

eml'aurait où le préjugé que tous jugemens de sur la justice qui est due à tous les citoyens porté Te Deum il fut arrêté qu'un Enfin français. l'empire en au Port-au-Prince, chanté solennellement serait de la paix, et pour appeler les bénédictions réjouissance des troubles du ciel sur la cessation politiques. du traité de paix du 23 octobre article Le dernier de même

1791

de

à l'approbation s'en rapporter insérés

cet

soumettait

dans

et les

acte

l'assemblée

absolument

concordats

nationale,

à sa décision

précédens en déclarant

sur

les

articles

ces actes.

les éclairés que fussent que, quelque il leur leur classe, de couleur hommes qui dirigeaient à ensuite encore qu'ils acquirent l'expérience manquait dans la confians leurs dépens. Attachés a la métropole, dans les lumières souveraine, justice de son assemblée tous les prinrecueilli de ses représentans qui avaient Il faut

avouer


r t t

V.

CHAPITRE

[i79i] i

du

<

droit

des nations, cipes public eu pour proclamer face du monde les dro~s de ~o~ïe, ils ne pouvaient s'ien signant le traité du 23 octobre, maginer, que déjà nationale depuis un mois l'assemblée était revenue sur ses décrets des 28 mars 1790 et 15 mai 1791, pour reconnaître OMa: colons seuls ie droit de statuer sur le sort de tous les hommes de la race noire. L'empressement même toutes

que les colons leurs conditions

foi qui les animait, leur correspondance, d'opinion Avant

dans

de

était de

l'espo de voir

l'assemblée

d'examiner

l'Ouest

mirent

~n

indice

à souscrire de

la mauvai

r qu'ils avaient, d'après e réaliser ce revirement

nahjnale.

le décret

le soulèvement, voyons comment a eu lieu dans le Nord.

du

24

1791, septembre l'insurrection des noirs

à j


CHAMTRE

VL

Insurrection des nègres esclaves dans la province du Nord. Ses diverses causes. Désastres qu'elle occasionne. Rapprochemens entre eUe et l'insurrection des hommes de couleur dans t'Onest.

Nous tion

venons

de voir

de la classe

connus

sous

la

Voyons

maintenant

comment

des affranchis, dénomination

l'insurrecs'organisa libres, nègres et mulâtres d'hommes

de quelle

manière

de s'opéra

couleur. celle

des

esclaves.

nègres Nos

lecteurs

tiendront

sans doute, de l'incompte, struction avancée des uns, de l'ignorance des générale autres. Ils remarqueront la diSérence également qui devait nécessairement exister dans la manière de d'opérer la classe

intermédiaire

les procédés vaient rien,

possédait

qui

que devaient

employer

qui nje~sej~ossedaientjMs étaient la chose d'autrui.

des propriétés, avec les hommes qui n'aeux-mêmes,

puis-

qu'ils On a été réduit

à beaucoup de conjectures sur la cause de l'insurrection des esclaves. Selon diverses nous, causes ont dû y concourir. Mais d'abord, à l'honneur de la nature remarquons à l'honneur à de cette race africaine réduite humaine, la condition

servile,

avilie,

opprimée

pendant

trois

siè-


[i79i]

j

CHAPITRE

VI.

~~y

de la liberté que le sentiment n'a jamais cessé de se manifester parmi les nègres amenés d'Afrique et rendus esclaves à Ils peuvent réclaSaint-Domingue. mer avec orgueil il y a eu parmi que toujours eux des hommes qui, par leur ont protesté contre énergie, la des Européens. tyrannie En effet, dès l'établissement de la colonie espagnole, des nègres y furent introduits leur esclavage, déjà praen et en Espagne, tiqué en avait fo trni l'idée. Portugal En 1503, onze années après la découverte de l'lle, « Je » gouverneur O~ando avait défendu d'importer d'Afrique » des esclaves, ceux parce que avait déjà introqu'on » duits travailler aux mines (pour du Cibao) s'étaient » enfuis chez les Indiens. On prétendait même qu'ils » pervertissaient ccM<B-cte< les portaient à la r~o~ ? « Ce gouverneur craignait, les dit Charlevoix, d'après » auteurs espagnols, que ccMe~o~, indoqui paratMa~ » cile et si elle se ? f~O~ n'enWM~MM~ » <ra~~ tMSM~rM dans sa révolte » Le cacique de race indienne, Henri, rendu esclave aussi, ayant fui la tyrannie de son maître et s'étant établi avec un certain nombre d'Indiens dans la montagne de Bahoruco, en 1520, les nègres désertaient par bandes l'aller joindre. Le 27 décembre ceux qui 1522, étaient esclaves de Don Diégo Colomb, se joignirent à d'autres appartenant à un licencié et se dirigèrent sur la route d'Azua, la même pour atteindre et se montagne ranger sous les ordres du cacique. Ces malheureux furent des

entiers,

poursuivis

et défaits,

après

une

rencontre

avec quelques

M. Moreau de Jonnès, cité par M. Lepelletier de Saint-Remy, tome page88. 2 Charlevoix,tome t", page S87.

S~)~~


ÉTUDES

2i8

SUR

D'HAÏTI.

L'HISTOIRE

en de la résistance. où ils opposèrent Entin, Espagnols, sous les ordres 1533, ii y en avait un assez grand nombre du cacique Henri il y a eu des nègres toujours Depuis ces temps reculés, ainsi contre dans la colonie espagnole, protestant fugitifs leurs le » » »

leurs

maîtres,

Charlevoix

constate,

d'après de M. Butet, « qu'outre les père Le Pers et le journal consiil y en a un nombre esclaves français fugitifs, donnés aux Espagnols, dérable qui ne se sont point où ils vivent dans des montagnes et se sont cantonnés

» également Le même

tyrans.

des deux

indépendans auteur nous

en 1679, française, ves au Port-de-Paix,

que dans la colonie apprend de nègres esclail y eut une révolte nommé Padirigés par l'un d'eux,

originaire drejean, tous d'exterminer

de la colonie

à les vaincre.

1691,

En

des

rent

être

voisine.

Leur

des boucaniers

les blancs une

autre

but

était

réussirent

conspiration les blancs,

pour détruire ils furent sévèrement

par deux cents nègres dans l'Ouest couverte 1718,

2. »

nations

formée fut

dé-

En punis. ne pufrançaise fugitifs de la partie à leurs maitres, parce que les Espa-

nègres ramenés

et les délivrèrent.

gnols s'ameutèrent En confirmant

les

faits

cités

par Charlevoix, autres de même

Moreau

nature, de plusieurs animé a souvent de la liberté que l'amour et les a portés à fuir la tyrannie des nègres esclaves qui la conclusion les accablait. Telle n'est pas cependant qu'il des crimicomme ces hommes en tire car il représente leur imdes forfaits nels qui fuyaient, a raison qu'on

de Saint-Méry tous attestant

parle

putait. Chartevoix.

tome

t".

pages

~7&td. tome 2, page 48?.

40t,

423,

470.


1

r t

CHAPITRE

[17911

Le reCUûM recueil

auteur

d6S J~M des lois

a publié, des nègres

V!.

et ~ntM<~Mf*nM< constitutions ~!<

fourmille

~i9

des ~n//Mt<~e colonies ~'t

~~t

que cet rendus

de jugemens atroces contre des idées de liberté, qui manifestèrent sous l'accusation de crimes qu'on dissimulait toujours civils. Le code noir lui-même, en établissant des peines si terribles contre les esclaves assez fugitifs, indique de la liberté. qu'on voulait punir en eux le sentiment

Le plus fameux parmi eux fut Macandal, qu'on accusa d'avoir conçu le projet de de tous les l'empoisonnement blancs de la colonie,' vers le milieu du xvm" siècle Moreau de Saint-Méry dit que, devenu manchot dans le travail de la sucrerie Le Normand de Mézy, située dans la paroisse du Limbé, Macandal se rendit fugitif, et que c'est pendant sa désertion, rendit célèbre par des em< dans les bois il se vengea pOMOMMeîMetM On le traquait à la manière

des faibles

cruels l'emqui sont toujours est un horrible poisonnement moyen. Cet auteur cite enfin la peuplade des fugitifs ou M~re< MarroMt réunis à la montagne les de~ahoruco. auxquels des deux colonies gouverneurs accordèrent la liberté, tentatives faites pour les soumettre après de vaines par la force. Ces hommes étaient restés plus de quatre-vingts ans dans ce lieu presque les hainaccessible, inquiétant dévastant leurs plantations bitans, et portant la terreur chez eux. Ils continuèrent mais en vertu d'y demeurer; du tratté ils consentirent, ils cessèrent leurs auquel M. de Bellecombe était alors gouverneur irruptions. général. On n'ignore et dans la pas non plus qu'à la Jamaïque 1 Hilliard d'Aoberteuii lui-même réduit cette imputation à des proportions moindres,en disant que « JM<MOttde~ ne fit empoisonnerque dee nègru et <~<peu de 6~<MM<. « Tome f, page 137, dans une note. Description de la partie française, tome i"\ pages 65< et 652.

1


220

ÉTUDES

SUR

L'HISTOIRE

D'HAiTI.

tugttns sont restes les blancs de ces

des nègres esclaves hollandatse, et libres, en contraignant indépendans

Guyane

Comme à les respecter aussi dans leurs retraites. ils gardèrent fidéceux de Bahoruco à Saint-Domingue, souscrites avec leurs lité aux conventions avaient qu'ils

colonies

anciens gitifs

persécuteurs, et les rendant

ne même

fuplus de nouveaux il s'en maitres, quand convenu.

recélant à leurs

un salaire moyennant dès le principe de l'établissement

échappait, Ainsi, dans les

deux

colonies

qui

divisaient

de l'esclavage lu territoire de

de la révolution de la jusqu'à l'époque de temps à autre, les noirs prouvèrent, en eux que de la liberté était aussi puissant que l'amour Ceux de cette qle furent les preparmi les autres hommes. Saint-Domingue, colonie française,

miers

tracèrent

qui

aux

autres

l'histoire doit Toutefois, toutes les causes accessoires

cet

honorable. exemple ici de réunir à la vérité, au qui ont pu concourir

les phases. événement dont nous allons décrire grand C'est au lecteur de les apprécier pour se former lui-même une opinion raisonnée à ce sujet. Notre devoir en cette n'est comme en toutes autres, circonstance, pas d'imles faits d'après en éclairant poser notre propre opinion les documens

existans

tons

nous a son aise lui est réservé.

le lecteur

le travail

Sans obligés

qui nul

et les traditions

de se cacher

de sortir faits

de

trouver

de leur

imputables

affreuse aux

dans

un

metdans

seulement

l'affaire

d'Ogé, à la se soustraire

les bois pour aux esclaves du Nord

dans

mort, ont dû souffler se révolter, afin de moyen Des

l'aidons

les contumaces

doute,

nous

orales,

le conseil

tel événement

position. colons paraissent

aussi

de !e

y


CHAPITRE Vt.

[<79i] ]

j

u

avoir contribué.

J.

Raymond,

dans

un

écrit

publié en du 15 mai,

« qu'immédiatement 1793, dit après le décret » il fut envoyé avec profusion à une Saint-Domingue, )) lettre imprimée, sous le nom d'un membre de la déde cette cobnie » putation (Gouy d'Arcy, grand planau » teur, propriétaire dans laquelle ce Port-Margot), » conseil était donné aux colons. perfide Cette lettre, contenait les diatribes » qui d'ailleurs les plus virulentes )) dirigées contre les membres de l'aspurs et patriotes semblée constituante, fut dénoncée et un par Biauzat, »des six ou sept exemplaires en France qui parurent » fut déposé au comité colonial. » J. Raymond attribue encore

un pareil projet aux contre-révolutionnaires « qui » conseillèrent à ces colons, dit-il, de faire mettre quelateliers en insurrection, »ques pour prouver à l'assem)) b!ée constituante un effet du décret du que c'était » 15 mai, et l'obliger à le retirer par ce moyen et à )) rendre ensuite le prétendu décret constitutionnel du )' 24 septembre. Nous savons aujourd'hui, ajoute-t-il, » la part active de concert prise par la cour d'Espagne, » avec les contre-révolutionnaires, à tous les désastres » de notre colonie de Saint-Domingue. Dans un » autre

écrit

à la fin de 1794, il confirme cette imà la lettre de Gouy putation d'Arcy, en ajoutant « qu'après le décret du 15 mai, les députés des colonies » se retirèrent de l'assemblée constituante et protestèrent » contre le décret qu'elle venait de rendre. des Ensuite, » placards, signés des colons blancs, furent afnchés dans » tout Paris. Dans ces placards, on disait que si foMc~» blée nationale ne retirait pas son décret, les colons feraient » .«~M~cr ~M~ MC~M et ~C~Cr<MCM< /i~< » CO~tC. )) publié relative


.r.

ÉTUDES

222

Dans

son

Jeannot,

un

Jeannot

récit

SUR

L'HISTOIRE

historique, chefs des

des

reprocha

_r.

la mort

D'HAÏTI.

Gros,

fait

prisonnier par dit que ce insurgés,

nègres d'Ogfe à lui et aux autres

Plus loin, il dit prisonniers. égaiement avaient M évidemment que les esclaves

blancs

« Je reconnus été excités

à la

les t~MM~r~, et que ceux-ci l'avaient été par à sou» le gouvernement; que Ien premiers, pour réussir » lever tant d'ateliers, avaient été obligés de recourir M révolte

par

» des moyens, tels que les ordres du roi, pour le rétablir du roi qui leur accordait » sur le trône, et les promesses ? trois jours par semaine de leur zèle. pour récompense de religion les animèr, lorsqui paraissait nous reprochaient la destruction du clergé; tant » qu'ils » de raisons accumulées ne pouvaient un coup qu'être » des aristocrates contre-révolutionnaires. » Ensuite » Le motif

il prétend mulâtre qu'un « Notre caste s'est livrée

nommé

Aubert

lui aurait

dit

à des excès, mais elle, n'est pas et parmi les coupables, il en généralement coupable, » est de plusieurs d'abord les conespèces. Je distingue » <MMMtce< ils le sont étrangement; d'0<~ pour ceux-là

» ce sont

eux

qui

ont soulevé

les ateliers.

» causes » pas » des

de cette révolution, primitives douter un instant ne partent qu'elles gens de la plus haute distinction.

aux Quant vous ne devez de France

et

Je vis claire-

de Saint-Doajoute Gros, que le gouvernement n'en était pas le moteur direct ni le principe » mingue mais qu'attentif à tout ce qui se passait au » primitif » dedans et au dehors de la colonie, ne perdant jamais » ment,

)) l'espoir » conder,

d'une

il avait

le principal » )) gique. » jouer

voulant

contre-révolution, cru, rôle

en se tenant dans

une

même

derrière

pièce devenue

la se-

le rideau, si tra-


j

CHAPITRE

[i79i]

Gros indique

du

reste

VI.

l'influence

~23

très-grande qu'exerles abbés Bienvenu, de

çaient quelques prêtres, tels que La Haye, Sulpice, etc., sur les noirs insurgés, de même des bourgades que les Espagnols voisines des lieux en révolte, qui, en échange du riche mobilier pillé chez les colons, qu'ils recevaient des esclaves, leur fournissaient de la poudre et des armes. A son tour, Blanchelande, accusé devant le tribunal criminel révolutionnaire de Paris, dans son discours jusle ~ca<t/' prononcé « Cependant, 15 mars 1793, dit » le préjugé M funeste à cette i!e, blancs que des hommes » conservèrent contre des hommes d'une autre couleur » que la leur, et dans l'origine, la prise d'armes, les » démarches illicites et les demandes de prématurées » ceux-ci, au mois d'août amenèrent, la révolte 1791, » des esclaves qui, après avoir été les t~rM~~M de l'un » et foM<rc finirent parti, par réclamer pour eux-mêmes » la liberté et des droits l'égalité politiques. ? Dans son rapport, Garran remarque que, dès 1789, il fermentation y eut une grande les esclaves, sur parmi différens

de la colonie, au moment où les noupoints velles venues de France mettaient les autres classes en Des mouvemens séditieux agitation. s'étant manifestés parmi des ateliers dans le Sud, plusieurs nègres furent immolés

sur

i" octobre

!'écbafaud 1789,

de François

lien Raymond. Cette compression malheureux tèrent

ii cite

à briser

à ce sujet Raymond

une

lettre

du

a son

frère

Ju-

ne fit leurs

sourdement ces qu'exciter fers. Les blancs, qui redoules affranchis, ne pouvaient

de rigueur contre traiter les esclaves. pas mieux des mouvemens insurectionnels

En juin eurent

et juillet 1791. lieu parmi (Jes


ÉTUDES

224

SUR

L'HISTOIRE

B'HAtTI.

aux Vases et au au Cul-de-Sac, au Trou-Bordet, ateliers, sur le littoral du Port-auMont-Rouis. Au Trou-Bordet, lieu

Prince,

fréquenté d'Artois

des régimens pes dont l'arrivée

agitation l'habitation

et par les soldats (ces mêmes trou-

la mort

occasionna

cette

attribua

par les matelots et de Normandie

a leurs

de Mauduit), on Dans le mouve-

discours.

au Cul-de-Sac, Fortin-Bellanton, tua plula maréchaussée près de la Croix-des-Bouquets, furent sieurs chefs; les uns furent rompus vifs, d'autres sur

ment

pendus, Dans

comme

ceux du Trou-Bordet.

en 1802, par Félix publié à Bordeaux, sous le titre ancien colon de Saint-Domingue, Carteau, la révolte de Soirées bermudiennes, etc., ce colon attribue des

un livre

esclaves

à diverses

causes, du xvin*

mais

principalement qui fit plaider

à

en siècle l'esprit philosophique et de la leur faveur devant le public éclairé de l'Europe aux partisans de la cour, contre-résociété française; d'avoir voulaient les colons qui punir embrassé la révolution de la métropole; à la société de nombre des Amis des noirs qui fit répandre d'écrits, volutionnaires

et d'images, gravures timent dé la liberté;

en eux le senpropres à réveiller aux matelots des navires fran-

çais, leur

ceux de Bordeaux,

particulièrement à vendre profit

étant

pour la plupart naires dans les ports puger à Saint-Domingue droits

de

agens ou du supplice ils

avaient

hommes

l'homme; instrumens d'Ogéet favorisé

de couleur

ces

objets des habitués

aux des

de la métropole, les doctrines

qui trouvaient esclaves et qui, clubs révolution-

à prose plurent des et les principès

aux hommes de couleur, –enun, des négrophiles irrités européens, dont de Chavanne, d'Ogé surtout aux les réclamations en France qui,

eux-mêmes,

voulaient

trouver

j


[179IJ

VI.

CHAPITRE

]

225

de se venger des blancs, moyen par le bouleversement des propriétés dans le Nord. Félix Carteau impute néanmoins cette révolte à l'initiative du parti contreun

révolutionnaire

du

chelande

et tous

dans

mesures

les

il confond BlanCap, dans lequel les officiers militaires: car il dit que, les prises par ceux-ci pour combattre

étaient noirs, les militaires d'intelligence 11 cite enfin curés plusieurs prêtres, Nord, lution

qu'il désigne il cite aussi

comme

des

agens

avec

les r~o~.

des

paroisses du de la contre-révo-

l'abbé

fopd~ le plus ardent encore pas de signaler cusé devant rassemblée

de la Haye, curé du Dondon, de la liberté des MOtfs, et il n'oublie le

de Cadusch marquis qui, accoloniale dut s'en qu'il présidait, défendre en comité attribuant à ce colon, secret, ruiné de la révolte comme un moyen de se parle jeu, l'idée soustraire à ses créanciers. et président de l'assemblée Edwards, Bryand planteur coloniale de la Jamaïque, qui vint au Cap un mois après l'incendie de la plaine du Nord, dans son histoire de de 1789 à 1794, attribue aussi la réSaint-Domingue volte

des esclaves,

à l'influence noirs,

de

des Paris,

comme principes et même

l'insurrection

des

de la société de

celle

il reproche d'avoir fait répandre des images et des gravures. anglaises n'aient que les esclaves de la Jamaïque

de

quelle

mulâtres,

des

Amis

des

Londres, à la. dans les colonies

Il s'étonne

même

pas tracé en convenant

l'exem-

tout d'ailple à ceux de Saint-Domingue, leurs que d'eMa~~M a pu naître l'idée de la révolte, c<wIl dit « qu'à Saint-Doconséquence WïtMre~e de l'esclavage. » une partie très-considérable des insurgés mingue, non des Africains, mais des créoles ou des étaient, » naturels; la rplupart des we~M~ U_ e(ateM< des domestiques .-rv

~wr.w.

vrv..

mwrvvwr

vvwwrw

wvv

wvmVV··YpVl1

i5

1


226

ETUDES

» pnu~c~t~ )) /amt~e;

SUR

L'HISTOIRE

/<a~~a~

~a?ïcs,

D'HAÏTI.

?~

et c~cu~

dans

leur

même avaient eu l'avantage quelques-uns lire et à ~cnrc, avantage d'apprendre que leurs pré)' cepteurs firent servir à les rendre car plus méchans; » ils les choisissaient ces principes, pour propager qui » conduiront au renversement de tout gouvertoujours » nement et de tout ordre'. » une

Enfin, rection

des

dernière

version

attribue

encore

l'insur-

esclaves

au parti contre-révolutionnaire à la nouvelle assemblée coloniale

du

Cap, opposé qui venait pour y siéger, et dont les membres étaient en grand comme nous l'avons nombre, assemdit, de l'ancienne blée de Saint à laquelle ce parti avait Marc déjà résisté. Nous

transcrivons

ici

de CéHgny Ardouin, nouveau jour, parce mens

de l'un

un

extrait

sur cette

des œuvres

version

que l'auteur des anciens soldats

sous un présentée a reçu ces renseignede la troupe des noirs

insurgés, qui résidait à Santo-Domingo jours été au service du roi d'Espagne. « L'as3emb!ée Ardouin,

ayant

coloniale résolu

inédites

et qui avait

tou-

réunie

à Léogane, ditCéiigny sa translation au Cap, l'insurrec'

tion

des esclaves y fut organisée et provoquée. Un homme fameux dans nos fastes révolutionnaires, un chef illustre sa destinée qui manqua par sa trop fatale condescendance envers les colons, Toussaint TousBreda, depuis saint Louverture esclave mis en rap(a), fut le premier Préface fait

de l'auteur,

pages'28

et 29.

(o) Différentes versions existent sur !a cause de ce changement de nom. Un à constater,

c'est

qu'il

existe

des

documents

signés

par

Toussaint,

les

uns

yoMïMtut jCrcdft, les nutrcs Toussaint Louverture. On a prétendu que c'est après la prise du Uoudon, parc<; que Potvére) aurait dit « Cet hommefait


jr

[1791] [i79i]

avec

port

le

comité

cette

opérer

était

de

était

laquelle du

comte

le

en

Breda.

H

de

un

par

les

adopta calmes

et

volonté cœur

de

maître

il

bronze. qui

devenu

de

résignés, et

son

ces

Pierre

cachait

une

Il

avait sur

comptait ami,

su

après

de

son

neveu parrain,

Celui-ci,

des

principes Toussaint

sous ambition

des

dehors une

ardente,

un

malheureusement, la

bienveillance

le

dévouement

de

avoir

été

capter

Noé,

prêcheurs.

et,

persévérante,

de

Baptiste.

parrain

Liber-

Haut-du-Cap,

hérité

frères

son

lire

de

Bayon au

à

appris

pour

degardeur

comte

avait à

principes

ferme

au

nommé

propres

M.

Breda,

missionnaire,

cagotisme

de

partage

un noir de ce quartier, élevé

cocher

avait

Cap

Toussaint,

l'habitation

échue

de

du

insurrection. devenu

procureur

227 ~7

contre-révolutionnaire

terrible

d'animaux, tas,

Vt. VI.

CHAPITRE CHAPITRE

]

ie

de son

compagnon

son

cocher, néces-

saire de ses fredaines. »

Un

des

adversaires

de

la

nouvelle

assemblée

coto-

ouverture partout, » que Toussaint Louverture à son nom. Comment ajouta donc Toussaint aurait-il ce Et appris propos ? peut-on supposer que cet homme célèbre eût changé de nom pour nn si pauvre motif? La veuve de Sonthonax, qui a connu Toussaint dans l'esclavage, a dit t'un de nos amis que Toussaint Louverture avant la prise d'armes, s'appelait lui avait parce que ce sobriquet été donné sur l'habitation Breda, à cause de plusieurs dents qui lui manquaient sur Je devant de la bouche. S'il en était ainsi, Toussaint pourquoi signait-il Toussaint Breda, dans les rangs des insurgés? lorsqu'il figurait Nous avons cherché la cause de ce changement de nom nous nous sommes adressé à l'un des compagnons de Toussaint, à l'un de ses amis, le vénérable Faut Aly, aujourd'hui colonel du (t84<) et commandant la place de Santo31'régiment Ce vétéran nous a dit que Toussaint Domingo. prit le nom de Louverture, pour exprimer fut mis en qu'il fut le premier avant qui les esclapour soulever ves du Nord; et que, s'il tarda a prendfe ce c'est surnom, qu'il ne put ravoir tetau/condu~ qui lui avait été donné et qu'il avait conné à son ami Biassou, ce chef eut encouru que quand la défaveur de Jean-François, qui fit surprendre son camp et enlever ses papiers des preuves de trahison pour y chercher dont il accusait Biassou. M Alote de l'auteur cité. Garran dit « On prétend ce nom de Breda était celui de t'habitation que où il avait été esetave, et qu'il ~M< celui de l'Ouverture de la facilité qu'il mettait à toutes les ouvertures de conciliation. (Note de la page 313, t. 12 du RapMais Toussaint port.) Louverture sans mettre l'apostrophe. signait


1

~2S

t:TMDESSrHL'M!STO!RED'HAtT!.

niale,

devisant

avec Bayon de Libertas, sur les événements Toussaint,

discret échapper lèvement trevoir

quelques d'esclaves. tout

paroles

d'abord

une insurrection

dans

ayant

trait

en

présence

du

de l'époque, laissa à ce projet de sou-

ne pas enTrop perspicace pour les chances d'avenir pour sa classe Toussaint hasarda générale, quel-

du plan projeté, et ajouta ques mots approbateurs que la seule promesse de la /fa~c/Mse de trois jours par semaine c< l'abolition de la peine du fouet suffiraient pour soulever les ateliers;

mais

aussi,

il demanda

la liberté

des princià faire agir les autres, paM.c <~cwc.s qui réussiraient pour aux volontés bienveillantes de prix de leur soumission ceux qui daigneraient de leur bien-être. Sur s'occuper l'attestation

de Bayon de Libertas, Toussaint obtint la confiance du comité de Blanchelande qui lui procura un sauf-conduit le mettre à l'abri de toutes pourpour suites

ultérieures.

» Toussaint

fit choix

de ses plus

intimes

amis,

Jean-

Boukman Biassou, Papillon, Georges Dutty et Bullet. Les conjurés se réunirent et se distribuèrent les rôles. Plus rusé que les autres, Jean-FranBiassou le second; çois obtint le premier et Boukrang, man et Jeannot, se chargèrent de diriger plus audacieux, les premiers mouvements. Toussaint se réserva le rôle François Jeaunot

d'intermédiaire

les conjurés et les moteurs secrets de l'insurrection il ne voulait d'ailleurs se prononcer être assuré du succès de l'entreque lorsqu'il pourrait une fausse gazette qui rapportait prise. On fabriqua que le roi

et l'assemblée

entre

nationale

avaient

accordé

aux esclaves

et l'abolition de la peine du fouet; trois jours par semaine mais que l'assemblée coloniale et les petits blancs ne voûlaient pas exécuter cette loi de la France. Un jeune homme

.MX~~


~w_

t~9i] j.

]

CHAPITRE t

V!.

~f)

~.t

de couleur, candide, fut gagné et donna par Boukman, lecture de cette gazette à des enclaves de la réunis plaine. le 14 août, sur l'habitation secrètement, Lenormand de Mézy, au Morne-Rouge la majeure des esclaves partie réunis étaient des commandeurs. Boukman annonca à ces conjurés de nouvelles que l'on attendait troupes d'Europe qui venaient les lois de la pour exécuter métropole. et qu'alors les esclaves se soulèveraient afin que cette exécution ne manquât point, et que lui-même donnerait le sigcu! en se soulev&nt avec l'atelier de l'habitation dont il était l'un des commandeurs. Turpin Cette information donnée de la prochaine arrivée de nouvelles troupes qui devaient agir de concert avec les esclaves, n'était ruse des chefs de cette fameuse qu'une ruse conjuration, inventée les esclaves pour décider car, ces hommes encore timides redoutaient la force e. la puissance de leurs maîtres. » Boukman

eut aussi

recours

à ia magique influence ces hommes crédules au bois cette habitation Lenormand

du fétichisme. Il conduisit nommé situé sur Caïman, de Mézy là, une prêtresse dans les plongea le couteau entrailles d'un cochon noir; la victime le sang bondit, les conjurés ruissela en burent avec avidité. A genoux, Boukman le terrible prêta serment de diriger l'entreserment prise, commandé les assistants par la prêtasse jurèrent après lui, dans la même attitude, de le suivre et d'obéir à ses volontés. » Les esclaves des habitations Chabaud et Lagoscette, réunis sur l'habitation Lenormand de Mézy, comprirent mat les explications de Boukman dans la soirée ils mirent le feu à ces deux habitations. L'insurrection devait commencer de ces palais somptueux par l'incendie


f

ÉTUDES

230

SUR

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

sur des cadavres, et de ces riches Ou arrêta du sang de ces infortunés.

¡

élevés

moissons

~ui furent

esclaves quelques tant on redoutait

avec

exécutés

promptitude,

arrosées

les aveux.

j

» Enfin, j

1 ¡

le 22 août,

à dix heures

du soir,

Boukman,

se mit à la tête de l'atelier de l'haBoukman l'intrépide FIavUle bitation entraîna ceux des habitations Turpin, et Clément, et se porta sur l'habitation Noé. Là. le feu fut

mis aux

l'Acul

cases

en

un

du Limbé

et celui

ves se levèrent

armés

tout

instant,

furent

embrasés

de torches,

le quartier de tous les esclade bâtons,

de haches,

de manchettes, etc.; toutes espèces d'armes sarésister furent Les blancs qui osèrent la haine des esclaves crinés d'autres, par désignés En quatre leurs atrocités connues, périrent également.

t

de couteaux, leur servirent.

j

jours, le tiers de la plaine » ceau de cendres.

Pour

omettre

ne rien

à Toussaint

Louverture

du

Nord

n'offrait

qu'un

mon-

la part attribuée ici, concernant sur l'insurrection des esclaves,

à un suivantes, empruntées lignes le 20 frucKerverseau, rapport présenté par le général de la marine tidor an IX (7 septembre 1801), au ministre nous

¡l 1 i

citerons

les

et des colonies. au mafaçonné par un long esclavage sut masquer et de la dissimulation, nége de la flatterie ses sentimens sa marche, et n'en fut qu'un et dérober « Toussaint,

instrument teurs.

plus Ce fut lui

clamer quelques avantages

chefs

terrible

dam

qui présida de l'insurrection

Jean-François, leur force taille,

que leur semblaient corporels

autres,

les waMM des désorganisaoù il fit prol'assemblée

désigner

Biassou

et

et d'autres

pour

le com-


CHAPITRE Vt.

[i79i] ] mandement.

~31

Pour

lui, faible et cbétif, et connu de ses camarades il se trouvait par !e nom de Fatraa fM~. trop honoré de la place de secrétaire de Biassou. C'est de ce poste obscur où il se plaça lui-même, que, caché derrière le rideau, il dirigeait tous les fils de l'intrigue, la révolte et préparait organisait Il savait l'explosion. lire et écrire, et c'était le seul. Cet avantage lui en donna était,

un

immense

et le rendit

l'oracle

des conjurés. qui autorisaient

ou M disait

Il

la dépositaire de pièces rébellion et les moyens atroces qu'on employait pour la son répertoire était garni do lettres des princes, soutenir d'ordres du gouverneur, d'édits et de proclamations du roi. Il para~ c<MM<OM< que le ~OMUcrMeM~~ ne fut pas étranger aux premiers tMOMt~c~M. et qu'il voulut à Pilnitz et à Paris d'anéantir plan formé mingue pour amener par le bouleversement tière

du commerce,

en

dupe de ces jeux qu'il y a de sûr, c'est qu'il faire mouvoir les Africains, monarchique dt ~'éclatdu trône, a 1 idée de laquelle M s'élever.

En

voilà

assez,

en-

de celle de la colonie; ces titres furent presque

que et jusqu'à

la

lâtrie

Saint-Do-

la contre-révolution, de la ruine inséparable

infaillible

et il est assez vraisemblable tous son ouvrage. Jusqu'où fut-il

le

France

total,

suite

exécuter

politiques? s'en servit naturellement

Toussaint quand On l'ignore. Ce habilement pour portés à l'idonom d'un roi et

et plus frappés du d'une république, que de la majesté ils sont pour la plupart de incapables

sans

de toutes

doute,

pour prouver que plusieurs révolte des esclaves; qu'il blancs contre-révolutionnaires

causes est

ces

contribuèrent fort

probable

y ont grandement

citations à cette que

les

trempé;

t


232

ÉTUDES

SUR

L'H!STOfRE<D'MAm.

de maintenir son autorité que Blanchelande, incapable dans l'Ouest et dans le Sud, où le système de l'assemblée de Saint-Marc la nouvelle dominait, assemblée voyant déserter son siège au Cap, ne se Léogane pour établir sentant

la puissance nécessaire de ses membres, unis

pas

prétentions

dans

comptaient soulevant

le Nord;

résister aux pour aux partisans qu'ils Blanchelande aura cru qu'en

les esclaves, il pourrait les maîtriser, et contenir la nouvelle assemblée par

riger, n'en était

pas

militaires

attachés

les dieux.

S'il

les esclaves ainsi, et leurs chefs pourquoi arborèrent-ils le drapeau et tous les insignes de la manifestèrent-ils la plus grande déroyauté? Pourquoi férence et les autres officiers pour le gouverneur général des

hommes

pas

moins

à sa cause?

Il

est

de couleur, dans l'Ouest, ces représentans de pour

vrai

que

l'armée

n'en

témoignait l'autorité de la

marcha d'accord avec les contremétropole, qu'elle révolutionnaires de cette province, sans qu'on puisse dire cependant que ce sont ces contre-révolutionnaires l'ont

car, dans les camps de l'Ouest le organisée blanc ne flottait pas, la cocarde drapeau blanche ne remplaça pas la cocarde tricolore. qui

Quoi qu'il en soit, les esclaves des disposiprofitèrent tions de tous les partis à se servir d'eux comme des des instrumens, et agirent auxiliaires, sous cette imà obtenir leur liberté pulsion, de manière par les armes, de même que les hommes de couleur à pour parvenir civile et politique. l'égalité Si ces struction libres berté

derniers et leur

les moyens que leur inemployèrent éducation à des hommes prescrivaient

et propriétaires, les esclaves, privés des avantages naturelle, que donnent

de leur

li-

les lumiè-


[~9i;]

CHAPITRE

la propriété conservation et de res,

de

~3

des idées de toujours en proie, modération; un depuis siècle et demi aux maux les plus affreux les esclaves mirent en usage d'autres à leur moyens pour atteindre but. Incendier les plantations de cannes et les usines a produire qui servaient les immenses richesses qui faisaient des l'orgueil blancs, qui les rendaient si durs envers leurs victimes; tuer, massacrer leurs maîtres, les faire mourir dans des tourmens le qui épouvantent cœur humain; ne respecter ni vieillards, ni femmes, ni enfans; les uns, scier d'autres empaler entre deux planches, les rouer ou les brûler ou les écorcher vifs; violer les femmes et les jeunes filles tels furent les horribles moyens dont se servirent les esclaves du Nord qui, au dire de Moreau de étaient mieux traités que Saint-Méry, les autres. Nous

ne

prétendons

qui

V!.

inspire

pas justifier

ces crimes

atroces;

car, quel esprit raisonnable, quel cœur sensible peut ne au récit de toutes ces horreurs? pas frémir Mais nous les expliquons, nous les excusons même, par la nature des choses, de dégradation par l'état ou ces hommes épient tenus dans étant privés l'esclavage, systématiquement de toute instruction morale et religieuse, qui est le frein le plus sûr qu'emploient les sociétés humaines pour contenir les masses dans la subordination. Dans la première partie de cet ouvrage, nous avons cité le livre d'Hilliard d'Auberteuil qui nous apprend que, contrairement aux prescriptions du code noir, les colons à ce que les s'opposaient la religion prêtres enseignassent du Christ aux esclaves. Comment donc ces horreurs ne se seraient-elles pas produites de la part de ces hommes, dont une notable étaient des Africains arrachés portion


234

SUR

ÉTUDES

L'HtSTOtRË

inhumainement

de leur

les vents récoltent

la <ewp~. inouïs furent

Si des

crimes

ces crimes

soulevés,

D'HAtT!.

barbare?

pays

Ceux <~Mt~Me?~

commis

par les esclaves aux colons eux-

sont

imputables ne servit envers les opprimés mêmes dont la méchanceté aux Européens marceux-ci que trop d'exempte chands

de chair

inventa

le trafic

dont

humaine sacrilège

enfans

de l'Afrique; tous blancs, de l'autorité, révolte leurs pour servir

qui à ces qui

la

insatiable

cupidité

a peuplé l'Amérique colons encore, aux

des

agens les esclaves à la

excitèrent

leurs intérêts politiopinions, eux tous releurs adversaires. En 1791, ques contre cueillirent le fruit de tous les forfaits commis depuis trois siècles

dans

la traite

malgré

les sages avertissemens

moquaient. Et eu ce moment du

eSroyabtes mingue maintenir sévère qu'ils

côté

des noirs

le régime

des philosophes

même des

et dans

noirs,

colonial, dont ils se

ces choses se passaient de Saint-Doles blancs

de leur côté, pour pas autant en dépit de cette leçon leur odieux régime, ce bientôt a leur orgueil? Nous dirons donnée n'en

firent

Avant

faisaient-ils

dans

ce but. la singuce chapitre, remarquons à l'insurrecfaits relatifs de quelques

de terminer

lière

coïncidence

tion

des

noirs

l'insurrection vées toutes

dans

le Nord.

des hommes deux

dans

avec

d'autres

de couleur

le môme

mois

dans d'août

faits relatifs l'Ouest,

à

arri-

1791.

le 7, du Mirebalais se constitua politique Le conseil des commansous la présidence de Pinchinat. de le 14 sous la direction deurs d'ateliers se réunit Le

conseil

Boukman.


j

CHAPITRE

VI.

235

le bois, le lieu appelé Caiman, de la conjuration du Nord. L'armée

pour des

[i79i]

Celui-ci être

choisit

le théâtre

hommes

de

quets C'est

dans

ses premiers à après campemens finit par préférer de s'établir Diègue et à Métivier, au à quelque distance Trou-Caïman, de la Croix-des-Boucouleur,

la maison

isolée

d'une

femme

que, le 21, se forma la conjuration de l'Ouest. C'est une femme qui servit de prêtresse, le 14, dans la du Nord. conjuration Dans tous les grands de l'histoire des nations, événemens une

femme

une apparait presque toujours pour exercer sorte d'influenéo sur les résolutions des hommes. Au Mirebalais, les hommes de couleur, réunis à l'église, droits,

Dieu prirent et remirent,

dence.

Dans en

combattre

aide, avec

Remarquons de Mézy, au

de

abandonnèrent

le bois de l'habitation

les commandeurs veair

à témoin

d'ateliers

la légitimité de leurs leur sort à sa proviLenormand de Mézy,

esclaves

prièrent Dieu de leur et prêtèrent serment en sa présence de de leur liberté. courage pour la conquête encore Lenormand que cette habitation

choisie Morne-Rouge, par les conjurés, au même appartenait maitre de Macandal. colon, H semble que les conjurés, en s'y réunissant, aient voulu des souvenirs s'inspirer homicides de cet Africain impitoyable. Il est temps

d'examiner

le dernier

acte do l'assemblée

tt faut avouer que les flibustiers français, fondateurs de l'ancienne colonie de Saint-Domingue, donnèrent les noms les pins bizarresAcertaines localités de ce pays. De nos jours, ces noms motivent quelquefoisdes plaisanteries dtri~es

contre

les

Haïtiens.

Leurs

auteurs

semblent

oublier

ne se sont permis qu'une suute substitution do nom OOtîtt-DoHttn~MC.

que

ces

derniers

~<M<t,en place de


236

constituante

ÉTUDES

SUR

de France,

L'HISTOIRE

terminant

D'HAtTt.

ses travaux

législatifs une nouvelle

en léguant à la colonie de Saint-Domingue Il est temps de parler de son décret source de calamités. le peu du 24 septembre 1791, par lequel elle abrogea conde couleur, aux hommes de dispositions favorables à l'assemblée tenues dans celui du 15 mai, et octroya dos décisions coloniale la souveraineté plairait qu'il.lui de prendre

à l'égard

des mul&tres

et des nègres.


CHAPITRE VH.

Décret de l'assemblée nationale constituante, dn 7 juHtct ï79<. Rëu:tionde la seconde assemblée coloniale. Ses actes. Ses dispositions Ase soumettre à la Grande-Bretagne. Décret de l'assemblée nationale, du :9 ao&t et dH ~< septembre.

Le décret

dn 12 octobre

de Saint-Marc, générale d'une nouvelle assemblée; pas reçu son exécution,

1790,

en

avait

ordonné

mais

cette

parce que seulement

cassant

l'assemblée la

formation

disposition ce décret,

n'avait parvenu

en février 0/j~~M~aBlanchelando, 1791, dans le temps où~ce gouverneur, suivant le plan de Peidétruisait les corps nier, de concert avec populaires il n'avait voulu se donner Mauduit, l'embarras point dun

corps constitué, représentant Marchant d'accord avec l'assemblée de contre-révolutionnaires

composée

la colonie

entière.

du Nord, provinciale comme lui, il ne se

de le faire après l'assassinat pressa pas davantage de Mauduit, qui le contraignit à fuir du Port-au-Prince, livré alors à une réaction furibonde en faveur du système de l'assemblée

de Sain~Marc.

D'un

autre

côté,

gagnées

aux

doctrines

M~B"M"

les

de l'Ouest provinces de cette assemblée,

et du

Sud, attendaient


des

l'effet

de celles

D'HAMI.

L'HISTOIRE

SUR

ÉTUDES

238

de ses membres

intrigues du club

Massiac,

pour

restés

et

nal'assemblée porter des j~opardtMS. Dans le

le compte l'assemblée provinciale, Nord, où dominait assemblée nouvelle d'une pas non plus sur

à revenir

tionale

en France,

on ne voulait eût

qui

eSacé

celle-ci. alors

arriva

tl

Barnave nouveau

1<!S intrigues

que

à déterminer

l'assemblée

portèrent prévues un nationale à rendre

le 7 juillet 1791, qui déclara de l'assemblée contre les membres

avoir

décret,

lieu à suivre

de Saint-

à Saint-Doà ceux-ci de retourner et qui permit en France. retenus ils étaient car, jusque-là, mingue les obligea Barnave préalablement Toutefois, à rétracter

Marc,

acte du 28 mai 1790. Mais avant ce décret du 7 juillet, arrivé au Cap le 30 juin, les colons

leur

de former

cette

nouvelle

assemblée

celui

du 15 mai étant

sentirent coloniale,

la nécessité pour pouaux hommes

voir y résister et régler ce qui avait rapport Un autre motif les y excitait et aux esclaves. de couleur de couleur alors les hommes c'était l'attitude que prirent dans

l'Ouest, du 15 mai.

aussitôt

l'arrivée

de la nouvelle

du

décret

de juillet 1791, les colons procédèrent bien assemblée, de la nouvelle des membres à l'élection de couleur ceux des hommes qui, résolus à ne pas admettre à en faire habiles au terme du décret du 15 mai, étaient nés de pères et de mères étaient 1° parce qu'ils partie, 2° parce que ce décret voulait qu'ils fissent partie libres sous le préIls furent des assemblées repoussés, ~rM. texte que ce décret, pas été envoyé o/j~M~MM~ n'ayant d'adevait se former l' assemblée coloniale uniquement dans les décrets des 8 mars consignés près les principes Dans

le courant

j


w

CHAPtTRE

[<79t] .1

VH.

~gQ

r.t.

et 12 octobre à cette

1790.

Blanchelande

se prêta compléternent

manœuvre.

La nouvelle

assemblée

se réunit

à Léogane et se constitua le l'août. était le lieu 6xé Léogane par l'assemblée nationale mais elle jugea pour ses séances plus convenable de s'assembler au Cap, où elle deva:t trouver de dominer, plus de chances parce devenue le siège du gouvernement, saires civils annoncés y résideraient

que cette ville était et que les commis-

indubitablement. ie 9 août, en s'ajournant

Elle prit un arrêté à cet effet, pour la fin du mois. Elle allait s'y réunir, quand d'armes de Diègue et l'insurrection des esclaves éclatèrent en même temps. Tous

autres

la prise du Nord

hommes

que les colons de Saint-Domingue eussent reconnu dans 'ces faits extraordinaires la nécessité de modifier le régime colonial, t surtout lorsqu'ils le droit que leur concédaient revendiquaient les décrets du 8 mars et du 15 mai, de le régime régler eux-mêmes intérieur de ta colonie. Mais loin de là ces hommes qui n'ignoraient pas que la classe de couleur celle des égalait blancs en nombre, qui savaient que les noirs étaient encore infiniment tout de la plus nombreux, espérant de l'organisation puissance de l'appui coloniale, de la de celui des commissaires France, civils et du gouverneur général, ces hommes orgueilleux s'imaginèrent qu'ils pourraient facilement l'une et l'autre comprimer insurrection. A la première nouvelle de l'incendie des habitations <te la plaine voisine du une Cap, les blancs supposèrent vaste conspiration de la part des mulâtres et des noirs de cette ville, d'accord avec les esclaves et pour l'incendier


~40

HTUHES

les

Egorger mulâtres.

1

1

tant

SUR

et ils

blancs.

Ceux

H'HAtTt.

massacrèrent

une

foule

à ces assassinats, échappèrent l'assemblée coloniale eut l'église,

de s'é-

qui

dans

réfugiés

L'HISTOIRE

l'air

de les prendre sous sa sauvegarde, les conpour pouvoir traindre à concourir avec les blancs à combattre les

j <

de la plaine. De3 malheureux tenus insurgés qui étaient sous l'appréhension d'une mort se fussent prochaine, bien gardés de refuser leur concours à cette répression ils acceptèrent ou sollicitèrent de marcher, avec toutes les

apparences sous les ordres ter le

parti

doute

qu'ils

d'une

vive

des blancs.

qui leur eussent

S'ils

eût

et

satisfaction, avaient

mieux

préféré aux esclaves

s'enrôlèrent

imiter

été libres d'adopil n'y a nul convenu, ceux

de leur

classe

1

les blancs. qui se joignirent pour combattre Dans son Récit At~oW~Me, Gros signale chaque page le concours des mulâtres et des nègres aux donné libres, Peut-on en effet, que ces hommes, insurgés. supposer, vu rouer Ogé et Chavanne qui avaient pour leur cause

a

commune,

j

vengés par lâtres libres?

`

j

Nous

<

n'éprouvaient pas une joie secrète de les voir les nègres esclaves, réunis aux nègres et mu-

n'entrerons

pas dans le récit de tous les combats lieu alors et qui continuèrent entre les blancs qui eurent et les noirs insurgés du Nord; car notre but est surtout de chercher

à découvrir

situation

pays les actes

du

la métropole. Que Blanchelande naires

aient

esclaves, conseils il Paris,

été ou non

l'influence

qu'exercèrent des autorités coloniales

et les

autres

les auteurs

sur

la

et de

contre-révolutionde

l'insurrection

des

les suivant que ce soient les colons eux-mêmes, de Gouy d'Arcy et des autres résidans intrigans les est-il que les blancs combattirent toujours

.t~


[~9i]

CHAPITRE

insurgés

à outrance,

nrent

VU.

pendre et rompre Deux écbafauds

prisonniers qu'ils faisaient. plice de la roue, et cinq potences manence au Cap. Ces malheureux tombaient au pouvoir de leurs niers

eurent

furent

brûlés

immédiatement vifs. L'assemblée

vifs tous les

pour le supfurent dressés en perdès qu'ils périssaient

Des prisonvainqueurs. la tète tranchée, d'autres coloniale

institua

des corn-

missions

elle donna le droit d'emprévôtates auxquelles ployer la torture pour porter les noirs prisonniers à faire des aveux. Celle du Cap en faisait périr vingt et trente chadans les premiers que jour, momens de l'insurrection. Si les blancs furent véritablement les premiers instide la révolte, gateurs ils durent être d'autant plus furieux, que ceux dont ils croyaient faire de simples inallaient strumens. au-delà de leurs desseins, en incendiant leurs propriétés et en la plupart des blancs égorgeant entre leurs mains; qui tombaient car il est à remarquer dans cette lutte désespérée. que, les noirs épargnèrent souvent la vie de leurs prisonniers, tandis que leurs ennemis agissaient tout autrement. rares Quelques prisonniers noirs que les blancs étaient épargnaient marqués sur la joue, d'une êtampe à feu portant la lettre R, révolté. signifiant Sans doute, et nous l'avons déjà dit, des actes barbares, cruels, féroces même. furent aussi commis par les et noirs, en particulier, Jeannot, tout ce que surpassa J'esprit humain de la fureur de la venpouvait concevoir geance. Mais Jeannot fut bientôt /M~ par Jean François, à cause de ses atrocités, tandis blanc ne fut qu'aucun puni pour ses cruautés envers les noirs, tandis que dans le même brûlaient <7<te fameux Bouktemps les blancs man qu'ils firent en citant ce dernier prisonnier. Garran, T.

j

¡

r


~4~

HTUOES

SUR

L'HISTOIRE

D'HAtTt.

de nèremarque que Gros cite lui-même beaucoup d'une grande hugres dont il avait reçu des témoignages il dit « ~M'a la /tOM<edes blancs manité ~M qui n'avaient aucun meurtre, r~n~er chefs des noirs punirent le prin~a~ coM~t~e. » fait,

Les membres le titre

de la nouvelle

assemblée,

(ra~cM&~e

qui avait repris française de Saint-

~era<c partie et ceux de l'assemblée du Nord ~~M~MC, provinciale <-tui<.nt tellement animés contre l'assemblée constituante. au décret du 15 mai, par rapport cequi ne favorisait de la population pendant que le Sty~e de couleur alors la cocarde nationale qu'ils abandonnèrent tricolore la cocarde en faisant pour noire aux adopter porter blanches des cocardes troupes blanches, jaunes et ~cr~, de l'aristocratie signes esfrançaise qui, en ce temps-là, de replacer la royauté dans les condisayait en France tions un

de l'ancien certain

ment

des

circonstance

régime

qui la coïncidence

point, expliquer noirs attribué à Blanchelande dans

contre-révolutionnaires, Saint-Domingue La formation coiome. premier,

la

aux

autres aussi

d'opérer

à

contre-révolution.

de deux

fut décrétée la régimens pour Les drapeaux de ces troupes devaient le être, blanc, avec des cravates ~OHC/!M, noires et rou-

ayant une salamandre vis dans le feu. Le second et blanc, avec des cravates Le colon

et

but

le

peut, jusqu'à du soulève-

Page

afHrma

aux

au

milieu,

devait

drapeau

Débats

blanches, (tome

avec

ayant <

mots

ces

être

Je

noir,

rouge un phénix dans que

le

décret

du

pa{jc96<) t5 inti ne devaitprofiter qn'au vingtième de la population de couleur, à quatre ou cinq cents. Sur une poputattondo 40,000 Ames, les colons trouvaient que c'ntfnt

encore

t< Pr~iuence?

7~M< ~)t r<c~semb)e trop! /<t~t/

avoir

été

teurvn'u

que

leur

a dont"

J


,.a,w,w.

~w,r,r,m-wr. 1

oup-

[~79<]

le la

CHAPITRE

iannn

n~"·E

blanc,

.».

portant

coiffure

des

avec

à

blanc.

mois

et

de

dira

autres

cendre à

bientôt à

les

que

ttM

rond,

chapeau

après,

tricolores

~Mat.<<

chapeau

On

le

prendre

plusieurs

cocardes

et

un

--]

·

Je

était

noir

anectation

.2~-

mots

soldats

panache

que

ces

VU.

La

Fa~ cette

pourquoi Ce

l'anglaise.

troupes

des

reçurent

de

insignes

n'est

1

ia

nationalité

française. Chose temps,

les

blanche

et

dans

le

Jean

» »

» » » »

un

drap

avec

il

de

et

le

portait

la

brevet et

croix

de l'adoption des Haïtiens, de ceux tricolores représentaient

de

et

des

des

insurgés

cordon

»

armées

du

croix

autres d'autres Leur

ces

d'une les

la

plusieurs

toujours

rouge

Qui

seulement

épauiettes.

cra-

ceints

lis.

et

de

d'un

corps,

Louverture

portaient brigadiers

du

cocarde

costume

enrichi le

même

décoraient

des

et

rouge;

Toussaint de

l'armée

fleurs

cordon

le

jauue,

gardes

se

ainsi

Saint-Louis

« Biassou

subalternes,

C'est

de

remplie

Saint-Louis

néraux

de

la

chefs

indique

douze

dit-H

fournies?

leur

leurs

parement

croix

bandoulière

et

Gros

gris,

la

avait,

décorés

blanc;

le

aussi

adoptaient

drapeau sens.

dans

significative;

généralissime

de

chat

bien

révoltés

même

habit

avait »

esclaves

François,

« »

mais

étrange!

lui de

chefs étaient

passeport 1

mots roi,

1

en

de ces couleurs née, parmi le plus qu'est du Nord surtout, l'idée que le drapeau la couleur des trois ctasses d'hommes

Nous,

gé-

vertu

des

nombre grand et la cocarde

qui habitaient les 6~tc<, les muldt-res Saint-Domingue, et les nègres, bien que le drapeau tricolore «tt le bleu au lieu du noir. Dans la guerre de l'indépendance, Dessalines retrancha le blanc du drapeau, les pour indiquer ne que btaocs devaient plus faire partie de la nouvelle société & créer. En t805, il changea le bleu en et le drapeau noir, haïtien fut noir et rouge. H. Christophe conserva ce et en se faisant drapeau; roi dans le Nord, il adopta le phénix au milieu de ses armoiries, comme emblème de sa royauté, de son pouvoir, avec la même Hev.M Je rctMM mes cendres. Dessatines. avait le coq Empereur, adopté gaulois. en fondant la répuhHque PéUon. rétabtit le bleu et le t-oM~ d'Haïti, <inns son drapeau ces couleurs du drapeau provenaient tricolore. Toutes ces choses indiquent t'influence des traditions parmi les peuples


ÉTUDES

~44

SUR

D'HAtT!.

L'HISTOIRE

» pouvoirs

? Jean etc., etc qui nous ont été délégués, en outre le titre de grand a~M~ de François prenait France, et Biassou celui de ~~M~ro~M~e pa~ coMOMts ils qualifiaient leur armée de gens du rot~. Les

membres

des

deux

assemblées

au

siégeant

Cap d'autres

en outre de la cocarde noire, adopté, antinationaux. Ceux de l'assemblée

avaient insignes

générale

une écharpe noire, en signe du deuil qu'éprouportaient des deux branches vait la colonie par les insurrections et ceux de rassemblée de la race noire; provinciale en signe du sang euroune écharpe rouge, adoptèrent péen que ces deux combats. De

à des

cotons

verser

dans

les

«

idées

telles

faisaient

insurrections

naturellement

devaient

insensées.

résolutions

les

amener

Dès

les

premiers

dans une séance en comité secret, de septembre, jours de rassemblée de Cadusch, le marquis généprésident à ce corps de livrer la colonie à la Granderale, proposa la lui, et des

selon seule qui pouvait, Bretagne, puissance et des mulâtres, des nègres sauver de la fureur mauvaises

intentions,

disait-il,

de

consti-

l'assemblée

En conséquence, elle déà l'égard des colons. de la Jamaïque du gouverneur général puta auprès des secours. On a déjà vu que l'aspour en recevoir du de l'Ouest et la municipalité semblée provinciale tuante

aussitôt

Port-au-Prince, couleur,

colons

envoyé de leur et dans le même but.

avaient

gouverneur il en paru;

agirent

vint

des

l'insurrection

également de la même

côté.

auprès Des vaisseaux

au Cap. manière.

ReuH de Gros, pages 59 et 60. Pamphitede Lacroix, tome < page <0t.

hommes

même

y avaient les le Sud,

Dans Il

du

de

est

vrai

qu'en


t~9i]

CHAPITRE VH.

même

i assemblée temps s'adressa générale aussi aux États-Unis et porta Blanchelande à s'adresser aux gouverneurs de Cuba et de la colonie de Saintespagnole mais ce fut uniquement Domingue la pour masquer avec celui de la négociation Jamaïque. A propos de cette une chose est à remarnégociation, quer, qui prouve la passion < l'inconséquence des colons de c'est que, dans la demande Saint-Domingue de secours adressée au gouverneur de la Jamaïque, ils. déles signaient de la t~~o~M Bleue, montagne comme propres à leur être envoyés ia pour comprimer révolte des nègres de Saint-Domingue. En

même

réclamait temps qu'elle son intention pour cacher

des secours

de la

Jamaïque, de livrer la colonie à la Grande-Bretagne, du Cap !'assemb!éegénéra!e fit mettre sur tous les navires l'embargo afin français, ne fut pas informée que la France de ce qui se passait à La nouvelle de ces événemens Saint-Domingue. n'y arriva que par la voie de On en douta même, l'Angleterre. tant il paraissait extraordinaire que ni le gouverneur ni l'assemblée Blanchelande ne se fussent générale pas d'en donner empressés avis à la métropole. Cependant, vres odieuses de l'assemblée en6n

nommé

Mirbeck mingue. de Brest, août,

~iS~

qui

toutes les intrigues malgré et les manœude la part du club Massiac et des membres de Saint-Marc restés en France, on avait commissaires

et de Saint-Léger, Ces commissaires lorsque suspendit

Barnave leur

MM. civils, pour se rendre étaient nt départ.

sur

rendre

de Roume, à Saint-Do-

le point de partir un décret, le 29

Poursuivant

son

plan

1


246

il

criminel, de

SUR

ÉTUDES

le décret

rendre

du

clusivement

aux

blancs

les

de

couleur

hommes

du

sanction

absolue

soustraite

à la

la France.

L'article

roi.

et

» libres, » de ces

mêmes

j ex-

sur la législation sous la seule esclaves,

les

Cette

assurait

qui

septembre, des colonies

était importante de des législatures futures matière

3 de ce décret

politique ainsi que

» coloniales

24

connaissance

fut ainsi

conçu

non libres, des personnes et nègres des hommes de couleur à l'exécution relatifs les règlemens l'état

« Les lois concernant )' et l'état

constituante

de rassemblée

bientôt

obtint

D'HAlT!.

L'MSTOmE

seront

lois,

actuellement

faites

existantes

par les assemblées et celles qui leur

avec l'ap» succéderont; s'exécuteront provisoirement l'esdes colonies » probation des gouverneurs pendant et pen» pace d'un an pour les colonies d'Amérique, au-delà » dant l'espace de deux ans pour les colonies » du Cap de Bonne-Espérance, » tement absolue à la sanction »

cret antérieur

» du droit

puisse

conféré

» coloniales.

par

direcportées «MM qu'aucun

et seront du roi,

au plein exercice obstacle porter aux assemblées le présent décret

»

les désastres de Saintqui devait accroître bien qu~ la constifut déclaré constitutionnel, Domingue, le 3 septution du royaume eût été achevée depuis tembre. L'assemblée constituante voulait, par cette quaCf

décret,

liûcation, qui allait

enchainer

la volonté

la remplacer, afin ni même le modifier.

voquer ces législateurs,

de l'assemblée qu'elle Étrange

qui ne prévoyaient coM~t<M~o?M eHes-mèines se succéderaient

ne p&t

législative pas le ~ré-

présomption que pas ~ors

de les

dans leur beau


[i79fj

CHAPITRE

V!t.

1

1

aussi

pays, seuls de

facilement

ennemis

faire

les mains

des

éternels lois

qui des hommes

les

que de

<Mc~

la

race

la concernaient

Confier noire

le

Abdiquer

aux droit entre

à perpétuer l'esclavage et le de la couleur, le droit préjugé souverain de la du royaume législature Le roi s'empressa d'accepter, de sanctionner ce décret il n'en pouvait être autrement de sa part. Mais,

comme

intéressés

l'observe

le rapporteur judicieusement des débats sur les colonies, déjà les faits qui se passaient à détruisaient le décret Saint-Domingue du 24 septembre. Les concordats dictés dans l'Ouest par les hommes de couleur leur assuraient plus que ne leur concédait le décret du 15 mai. Ils entraient dans la plénitude des droits octroyés par l'édit de Louis X!V. et muNègres lâtres libres étaient égaux aux blancs. Dans le Nord, le de l'esclavage joug avilissant était secoué par les noirs, la torche et le dans les mains 1 poignard La force moins

appuyait

le droit

elle le faisait

respecter,

du

en apparence.

Blanchelande, la perfidie de la faiblesse, qui avait écrivit le i2 octobre à Hanus de Jumécourt, le 20 aux hommes de couleur, et lui vouque t'assemblée générale laient ~CM«<~ du décret du 15 mai. Préalablement, il avait déclaré qu'il ne le ferait alors même pas exécuter, qu'il le recevrait o/)ïctc~MeM</ 1 En voici la raison. Cette assemblée, effrayée de l'incendie qui se propadans le Nord, des massacres geait toujours que faisaient les noirs en révolte, voulant de cougagner les hommes leur la cause des blancs tes noirs, pour combattre rendit divers arrêtés tes 5, 6 et 14 septembre, pour leur


~1-

_v~r.ir

ÉTUDES

248

SUR

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

de pétitionner, de faire connaître leurs vœux permettre à l'exécution elle pro~tt< de ne point s'opposer du décret du 15 mai. serait connu o/~CteMc~ lorsqu'il mauvaise foi Car elle était assurée Insigne que le sa correspongouvernement royal ne l'enverrait pas; dance

avec le club

la connivence

certaine rassemblée dans

Massiac

se

septembre. L'assemblée tembre,

d'obtenir

promettaient

générale

décernés avantages à ceux qui n'étaient affranchis. simples Les concordats

manière

du gouvernement et de dont les colons résielie-même, le décret

du

24

du 20 seppar un arrêté d'adoucir le sort de ceux des

ajouta,

qu'elle pro~~ai< de couleur qui

hommes

d'une

appris

coupable

constituante

à Paris

lui avait

par

ne

pouvaient le décret du 15

aux participer mai, c'est-à-dire

pas nés de pères et mères avaient

voué

à l'exécration

rité

libres,

aux

de la postéleurs compa-

les juges d'Ogé, de Chavanne et de L'assemblée rendit une amnistie concergnons. générale nant ceux de ces malheureux encore et qui qui vivaient étaient à la chaîne; elle fit grdce provisoirement à Marc Chavanne,

l'un

combattre

les noirs

contumaces frère blancs

étaient pour

des

condamnés, pour

de

les blancs,

l'entreprise dans les rangs venger

la

qui

eut tandis

que d'autres son infortuné

de glorieuse des noirs, combattant

mémoire

de

de

la bassesse

cette

illustre

les vic-

time. Elle accorda

de cougrdce pleine e< entière aux hommes leur du Fond-Parisien de leurs dans les rangs qui, s étaient réhabilités eux-mêmes frères, par leurs armes et leur valeur. Eux tous étaient au combat de Pernier, l'un

des Desmares

était signataire

du concordat

du 7 sep-


CHAPITRE

[i79i]

tembre. leurs

L'assemblée biens,

concordats

qui avaient

VII.

les réintégra dans avaient été confisqués,

~0

la possession de tandis que les

non-seulement la remise déjà stipulé, légale de ces biens, mais une indemnité en leur faveur. De même que pour Marc'Chavanne, la grâce était provisoire les commissaires de l'assemblée, en France, étaient chargés de la solliciter définitivement de l'assemblée nationale et du roi. Ces

insolens

rendus le 27 septembre arrêtés, et le 7 octobre, détruisaient les concordats ils implicitement prouvaient n'en admettait que l'assemblée générale pas la légitimité. la légalité et en les rendant, elle était évidemment contrainte par les circonstances. les premiers la noujours de novembre, velle du décret du 2~ septembre était parvenue au Cap. En apprenant aussi la prochaine arrivée des commissaires civils avec des troupes. l'assemblée générale, qui vepait de recevoir une humble des hommes de pétition couleur de cette ville, lesquels la priaient respectueusement d'étendre a tous ceux de leur classe le bénéfice du Maij,

dans

décret

du 15 mai, se croyant assurée de pouvoir comprimer et les mulâtres et les nègres rendit armés, l'arrêté suivant. II est u. '3 de le ici en son entier, consigner afin de prouver jusqu'à quel point la haine et le préjugé les colons. Il fut rendu le 5 novembre. aveuglaient Sur la motion faite par un membre, relativement à l'état politique des hommes de couleur et nègres libres, L'assemblée générale de la partie française de Sain~Domingue, Considérant que ce n'est pas dans un temps de troubles, de confusion et de révolte, qu'elle peut s'occuper de l'objet de cette motion Considérant que ses arrêtés des 5, 6, 14 et 20 septembre dernier leur ont été insidieusemont interprétés;

1


._r.

2SO

ÉTUDES

SUR

L'HISTOIRE

D'HA!Tt.

Considérant que tes hommes de couleur et nègres libres ont été méchamment excités à des opinions erronées sur les décrets nationaux. et notamment sur celui du 15 mai, qui n'a jamais été envoyé o/~M~ew~Mt dans cette colonie; Considérant que te décret c<MM~<M<tOM~de l'assemblée constituante, du 24 septembre dernier, ne peut manquer de dessiller leurs yeux et de les ramener à leurs devoirs; Et, dans ce cas, voulant les prendre tous sous sa sauvegarde spét'M~e, a arrêté et arrête t Qu'elle ne s'occupera de l'état politique des hommes de couleur et nègres libres ~M'd ocssa~M~ <~ <roM&~ occasionnés par la révolte des esclaves, et qu'après que lesdits hommes de couleur et nègres libres, rentrés dans leurs paroisses respectives, sous l'autorité de l'assemblée générale, ou réunis dans les divers camps sous les ordres du représentant du roi, auront coopéré avec tes citoyens blancs à ramener l'ordre et la paix dans ta colonie. 2" Que les hommes de couleur et nègres libres seront tenus de se conformer au précédent article, sous peine d'être poursuivis et jugés par les tribunaux, comme séditieux et perturbateurs du repos public. 3" Ordonne que tous les projets et plans déjà proposés concernant l'état politique des hommes de couleur et nègres libres, seront remis à son comité de constitution, pour lui présenter ses vuef<, aussitôt que la tranquittité rétablie permettra de s'occuper de cette question. Déclare l'assemblée générale qu'elle m~ ntient de plus en plus ses arrêtés des 6, <! et 14 septembre dernier; n conséquence, autorise de nouveau les hommes de couleur et nègres libres de chaque paroisse à lui présenter leurs pétitions, qu'il leur sera loisible de faire parvenir l'un d'entre choisi les par eux, parmi propriétaires nés de père et mère libres, lesquels pourront rester dans le lieu de la résidence de t'assemblée générale pour y faire telles autres pétitions que t'intérêt desdits hommes do couleur et nègres libres pourra exiger. 4" Qu'elle accorde amnistie générale; aux hommes de couleur et nègres libres, qui pourraient s'être portés à dea actes de vioteoee, tant contM des citoyens que contre des corps populaires, et qui se seraient armés illégalement, toutefois qu'ils rentreront danser devoir aussitôt après la promulgation du pfésent Mrété. En conséquence, t'Msombtée prend sous sa sauvegarde spéciale lesdits hommes de couleur et nègres. Arrête en outre, qu'U sera fait procès-verbat, des hommes do couleur

<MM<M~/«MM~o&~ dans sor. et nègres libres du Cap et autres


omCHAPITRE VU.

[i79i]

g5<t

quartiers, qui ont concouru avec les blancs à la défense commune contre les ~t<j~MM~. Arrête enfin, que le représentant du roi sera invité à faire une proclamation, conformément à l'esprit du présent arrêté. Il ne suffisait cet acte

inique;

lit les

passages 7 novembre.

d'avoir pas à t'assembteegénérate rendu elle d'une adresse où on l'accompagna suivans cette adresse !a date du portait

Ce n'est point sur la sédition et la violence que vous deviez fonder votre espoir; les traités arrachés par la /brc<' et la pc~MM ne peuvent avoir qu'un succès passager, et le retour doit être terrible. L'assemblée générale vous avait tracé une route plus heureuse et plus sure c'est dans le sein de M~M~~ct et de sa toH~ que vous deviez voler et vous réunir. Cessez d'invoquer des c~ aveuglément qui vous les portaient coups les plus rigoureux. Cessez de croire que le sage sénat de la France, que le roi, que le peuple français puissent approuver un moment te désordre et !e crime; de craignez plutôt &tjM<B ~f~ cette assemblée auguste dont <M ae~MM~M « <Mc~ ont ~té calomnieusement

interprétés, craignez la juste et terrible M~M~Me peuple entier, dont les intérêts ont été si cruellement outragés; craignez la terrible et juste ce~M~t~e d'une colonie tombée en un instant du faite de ta ~ans tome la profondeur de t'intbrtune; prospéra craignez enfin t'éetat de cette chute et le ressentiment inévitable de toutes les puissanoes qui nous et qui ont le même intérêt environnent, que nous.: tremblez surtout que vous ne soyez reconnus et jugés comme tes auteurs et les complices do tant de malheurs et de forfaits. Le jour de ta ctémence n'est pas encore t'assemMée voas ouvre passé; gënéntte ses bras protecteurs, venez-y déposer vos chagrins et vos espérances sur M loyauté e< sa Me~/aMaMce; mais comptez entièrement comptez aussi irrévocablement sur toute l'étendue de sa justice et de sa termeté. Salut 1. Le nommes

i3

novembre, de couleur

Blanchelande sa proclamation,

adressa pour

teur

Le fameux Page était un des rédacteurs de cette adresse Débat)), tome f,pn;;e8<7.

aussi

aux

ordonner c'est tout dire.


2S2

ÉTUDES

soumettre

de se

SUR

aux

'L'HISTOIRE

volontés

D'HAiTI.

de

l'assemblée

générale Il les in-

de leurs pères et bienfaiteurs. disait-il, composée, vitait à se joindre. aux blancs pour combattre les nègres en leur faisant envisager révoltés, que leurs Mt<er~ étaient des esclaves. avaient tout à redouter semblables, qu'ils Il suivait

la base le plan machiavélique qui formait de Mettre la divison entre les hommes colonial,

ainsi

du régime de couleur lande

et les

insinuait

Cet acte de Blanchenègres esclaves. aurait de ces derniers eu que la révolte

lieu

à l'instigation Plût à Dieu

tivement des

de la classe

intermédiaire.

l'histoire que pût insurrection des noirs

cette

hommes

de couleur!

la seule

à proclamer le verrons plus tard. blancs

Peu 24

de jours

septembre.

de couleur,

nous

à cette

qui pouvait enfin la liberté générale,

la

même

favorable, ni

Mais

celui

du

manière

dans

action

ainsi

ni

ses termes,

15 mai 1791

avons

dit

hardie les

contraindre

après arriva o/~Ct~~em~i Le gouvernement royal de

point expédié 28 mars 1790

qu'effecne fut que l'œuvre leur plus beau titre

Ce serait

de gloire aux yeux de la postérité. toutes les causes qui ont contribué des esclaves,

constater

que nous

le décret

du

qui n'avait du le décret aux

encore

hommes plus

favo-

de à une portion expresses, d'encette royal s'était empressé avec ordre au gouverneur r voyer celui du 24 septembre, mide le faire exécuter. Une lettre de Delessart, général et rénistre de la marine fut imprimée et des colonies, rable,

par classe

ses dispositions le gouvernement

citait aussitôt dans toute la colonie. Le ministre pandue les paroles de Louis XVI aux commissaires de l'assemblée

constituante,

chargés

de présenter

ce décret

à son


CHAPtTRE

~79<]

Vtt.

~S3

Le roi avait dit « qu'il le décret du acceptation. regardait » 24 septembre comme le complément de la constitu» tion, dans les rapports de la France et de ses co» lonies. » Ainsi conférât

Louis aux

XVI approuvait colons le droit

entièrement

que le décret seuls du sort

de disposer

des mulâtres C'était

et des nègres relativement toujours,

auteur monarque avons déjà citées. nationale,

de tant

On aperçoit

M~

la main

ordonnances

de même

que nous l'assemblée

qua de la France à Saint-Do-

le régime colonial l'une et l'autre dans de Dieu

le même

dans

tous

dans leurs les actes

toute bases

1

de la

1802. Lorsque les goudepuis 1790 jusqu'à sont injustes, il sait les punir de leurs mausentimens, par l'eHet même de leurs actes.

métropole, vernemens vais

d'autres

Il croyait, maintenir l'autorité

en maintenant mingue, sa rigueur; et il sapait

à ces derniers,


'nOtXf~

CHAMTKE VHt.

Kntree

des

de

hommes

couleur

au

Port-au-Prince.

Les

Suisses

et

leur

déportation. Affaire du 2 novembre <79i. Expulsion des hommes de couleur.- Incendie du Port-au-Prince. -Crimes commis par les blancs.

On a vu le 23 En

les blancs

du

Port-au-Prince

à signer le traité article particulier, des députations de'la

octobre, vertu d'un

habitation, bataillons

contraints,

de

paix de Damiens. on fit venir sur cette

des garde nationale, de l'artillerie royale, royale et marchande

et de Normandie, de celle de Praloto, de la marine à M. de Leremboure, qui, réunies maire de la ville, à Caradeux aîné et autres commissaires blancs signataues du traité, jurèrent de l'observer et de le maintenir dans tout son contenu. En

d'Artois

agissant une confiance n'hésitèrent

ainsi,

les blancs

cherchaient

aux hommes aveugle pas a faire leur entrée

à inspirer de couleur. Ceux-ci au

Port-au-Prince.

1)'ailleurs, le traité, t il fallait pour exécuter que leur armée y pénétrât le renouvellement de toutes les munides paroisses confédérées de l'Ouest, cipalités de l'assemblée provinciale et de l'assemblée nécessitait coloniale, leur présence en cette ville.


[~79<] N

r.ft Le

CHAPITRE J. !ttn<t* lundi

~~t 24

les apparences bras à Bauvais

ViH.

r~~t~

cette entrée octobre, d une joie commune. on se rendit a

s'en-eetua Caradeux

avec toutes donna

le

où le Te D.~ révise dans lendemain, un repas patriotique auquel assistèrent les des hommes principaux de couleur et des blancs, Caradeux fut de nouveau proci.mé capitaine des gardes général nationales de l'Ouest, et Bauvais, commandant en second. L'armée de couleur, forte de mille cinq cents hommes, occupa diverses Un poste établi sur le positions. au haut de la rue Belair, à l'abreuvoir qui conduit et passe devant fut confié l'église, au commandement do Lambert, avant sous ses ordres les capitaines Lafontant Sannon et Obran. Doyen. Fouguy Un autre à poste, l'entrée du chemin de la derrière les grandes Coupe, fut conné casernes, au capitaine Doyon aine. Un troisième fut établi dans l'ancienne maison sur Ja Duvai place d'Armes ou en f~ce du Champ-de-Mars, palais du et les compagnies gouvernement; de FArcahaie l'occupèrent. Enfin, au palais se tenaient Bauvais et les autres chefs et le gros de l'armée. P'n~paux Pétion et son art'Heno y étaient aussi. fut chanté.

Nous

avons

Le

dit

du Port-au-Prince que les blancs avaient mis puur condition à ia ratification du concordat t septembre, signé à la Croix-des-Bouquets par leurs le concours commissaires, des hommes de couleur' ù leur projet de séparer do la France. Saint-Domingue Les hommes de couleur et les frégates s'y étant refusés, an~'sus alors dans !e port, qui étaient étant retournées il les blancs s'étaient Jamaïque, enfin décidés à con~e lu paix qui eut lieu à Damiens. Mais. durant les


ÉTUDES SUR L'HtSTOIRE D'HAtT!.

2!)C conférences dans

de Goureau,

des entretiens

repris ce projet avec Bauvais et Pinchinat.

Caradeux

particuliers

avait

ne s'y prêtant pas, Caradeux espéra encore les y tes cajoleries dont il les entoura à entrainer par toutes se montrant au Port-au-Prince. Les mulâtres leur entrée

Ceux-ci

toujours plus fidèles à la France que le blanc, ce dernier à une autre combinaison non résolut alors de les amener moins

et cette

perfide; et de Pinchinat. Pour

décider

les blancs

du 11 septembre, Hanus le danger de mécontenter

il réussit

fois,

au concordat

du Port-au-Prince de Jumécourt

leur

les hommes

de Bauvais

auprès

avait

exposé

de couleur

qui, leurs

dans suisses qu'ils avaient nègres et soulever tous les ateliers d'esclaves rangs, pourraient du occasionner les mèmes ravages que dans la province Nord. Or, pendant les conférences relatives à ce concorau

ô

moyen

tenues

dat,

des

sur

la place de blancs avaient

commissaires aurait

à retenir

ces

esclaves

la Croix-des-Bouquets, le danger allégué dans

l'armée

de

les y qu'il couleur,

dont ils déyeux des ateliers vivant de l'aet de tous autres, un exemple pendaient de la sédition. Ces commissaires demandèrent vantage donc que les suisses fussent remis à leurs maîtres respecparce

tifs,

i ¡

pour convenable pour être Mais

} 1 1

1

qu'ils

meut,

aux

seraient,

les punir selon que ces derniers le jugeraient ou qu'ils fussent livrés aux tribunaux,

poursuivis les hommes

de révolte. coupables de couleur, et Uigaud principaleà l'une et l'autre proposition. Rigaud

s'opposèrent demanda formellement

comme

déclarés que les suisses fussent du concordat. Les blancs ayant

par un article dans leur demande, persisté Daguin, saires de couleur, aussi fougueux que libres

un

des

Rigaud

commisdégaina

-{~


r–

j

CHAPITRE

[i~9ij

vm.

son épéeetcria &aM~ Tambours, les blancsdéclarèrent renoncer à leurs ils demandèrent

257

1 A ce cri,

générale

mais

propositions;

de

des suisses

ne pas consacrer l'anranchissement le concordat. Cette observation amena

de Jumécourt

à l'égard rendant

par mezzo termine

du

lettre

de ces hommes. compte

30 septembre

1791,

Ecoutons

à Blanchelande, des événemens

un

Hanus par

sa

survenus

alors «

» » » » » »

habitations

à peu près en ~oi de révolte leurs gérans, et ce n'est qu'à force de de patience et de surveillance douceur, que rien n'éclate. De ce grand nombre de les nègres qui ont quitté ateliers l'armée de couleur, pOMr joindre sont partie retournés de gré chez leurs maîtres (on ne peut se dissimuler suivant un qu'ils y sont suspects) partie, Sept contre

» concordat » roisses

passé

entre

(Port-au-Prince se trouvent

» l'armée, » coMdt<tOM< » berté

sont

les commissaires

des

deux

paet de

et Croix-des-Bouquets) dans l'armée, tt~o~or~ assurent

parftCM~~rM qui OM bout de huit ans de service

à des

à ces nègres lidans les maréchaua-

» Mes de la Je dois aux hommes de couleur province. » toute sorte de ils ont non-seulement ~e~M justice les ateliers dans le devoir, mais ils les ont surveillés » d'eux-mêmes et pénipar des patrouilles fréquentes » blés; ils m'ont à chaque instant du jour et indiqué, » de la nuit, de surveillance l'espèce que j'avais à rem» plir plus pressamment. ? En décidant ainsi du sort des ~Mt~M, verbalement sans doute, écrite, autant 'dées '~coa

car

il ne parait pas qu'il y eut les hommes de couleur avaient satisfait les circonstances, que le permettaient

~cucujm~uem généralement T.

reçues rf~uos

alors alors

en en

faveur iaveur

}

i

x i¡ t

1

1 1 1r

convention à la~M~ce les d'après ud'une une

liberté ~t~rM t7

1

1


ETUDES

SUR

L'IIISTOIRE

D'HAÏTI.

tes suisses n'étaient graduelle. ni remis la discrétion de leurs ni !ivrés maîtres, révoltés leur affranchissement pour s'être prix d'un service public de la maréchaussée. Lors

du

puisque,

traité suivant

rendu

de Damiens, Hanus

de

à la colonie, il n'en

fut

en

esclavage,

aux

tribunaux, devenait le

dans

à

le corps

pas question, la chose était

Jumécourt, Mais se voyant dicter la loi déjà réglée. par les hommes de couleur, les blancs non sans raison, pensaient, que leurs adversaires sentaient leur force de de l'adjonction ces auxiliaires, de leur présence à leurs camps, et de la facilité pour eux de les à soulever tous les ateemployer liers les blancs résoturent alors de mettre tout en usage de couleur pour porter l'armée à sacrifier ces vaillans ou plutôt à la peur nègres à la tranquillité, qu'ils éprouà cause de l'insurrection vaient, du Nord. Caradeux et Leremboure

revinrent

de Bauvais, de Lambert, auprès de Pinchinat, sur les considérations à la déjà exposées mais ces chefs de l'armée Croix-des-Bouquets; résistèrent il en fut de même de de Rigaud, de PéDaguin, tion, et pour mieux dire de toute l'armée. A!ors survint une grande agitation au Port-au-Prince, parmi les <de Praloto, des actes désorqui. déjà, commettaient donnés soufflée par Caradoux agitation et Leremboure, et à laquelle tous les blancs do la prirent part presque ville. Dans ce moment, Leremboure fit proposer à Bauvais d'examiner cette affaire, en comité Mcrc< entre les chefs, afin d'éviter le tumulte Cette proposipopulaire. tion acceptée, se calma. l'agitation ce que dit l'auteur d'une lettre écrite du Port!o 27 octobre, au-Prince. à des négocians de Nantes, et insérée parmi les pièces citées à la suite du rapport de Voyons


CHAPtTRE

VIII.

~g 259

1

Tarbé,

fait

à rassemblée

nationale

en

décembre

vant

sui-

« Enfin, dit l'auteur » tenant les hommes

de la lettre, nous main. possédons de couleur dans notre vii!o- ils y sont entrés lundi dernier en armes, conformément à » un article du concordat. à présent, ils n'ont Jusques » rien commis contre le traité; mais ils ont amené et » introduit avec eux en ville leurs suisses (c'est ainsi les esclaves » qu'ils appellent les plus ingambes qu'its ont retenus parmi eux, et ~M~ » pas voulu remettre aux Ma~M qui les ont réclamés), et » ils paraissent MM~r traiter ~< ce qui » serait pernicieux. Déjà ces ~t'~ disent à nos « nègres tu avais fait comme F<~M. moi, tu » ~M comme moi nous en <ïMn~~M~<o~ les blancs. » Vous sentez combien » ce langage peut être dangereux. Les blancs et les hom» mes de couleur doivent tenir un comité secret pour décider sur Je sort de ces S'ils sont remis a » leurs maîtres, qui seront alors dans le cas d'en faire te! exemple ou s'ils sont remis à la qu'il leur plaira, alors il n'y aura justice, pas de mal. Mais si, comme » on le craint, les hommes de couleur tiennent à ce qu'ils Ote~ ~Mf K~ alors nous avons tout a craindre de » Vous sentez la des gens de couleur politique Fe~ qui. dans le cas de quelque tentative de la part des » blancs, pour opérer ici une contre-révolution, veulent se conserver la troisième classe, en favorisant ceux qui » les ont suivis ce qui nécessairement en encouragerait » d'autres à les suivre de même dans une semblable » occasion. ? ~e

comité

secret

fut

en

effet

tenu.

Leremboure

et


ÉTUDES

260

eurent

Caradeux

soin

L'HISTOtRE

D'HAtTt.

introduire

d'y

suffisamment

une

posèrent pas eu le même en nombre

soin

les

hommes

de couleur

y étaient

inférieur.

L'astucieux

Leremboure,

on avait auquel au dire de Sonthonax

de FtCMa: Tigre, sobriquet de sa méchanceté, fit la proposition, tre les ~MM~< à leurs maîtres ni aux leur

de

de la municipalité et d'autres corps pour s'asstidans le vote par assis e< levé qu'ils promajorité au comité. Bauvais et ses compagnons n'avaient

membres rer

SUR

donner

la liberté

de

Saint-Domingue. d'unenet dangereux,

non plus

donné

le

a cause de remet-

mais de tribunaux, en les éloignant immédiatement, où leur présence serait toujours en

les

emmenant

dans

la baie et

sur les côtes leur pour enfin

des ~fo~tM<os dont il vanta la fertilité, et des instrumens aratoires et des vivres procurant en outre des grains et des semences, trois mois, tout ce qui serait nécessaire à l'établissement d'une sur ces côtes.

colonie

Il est certain,

toutes d'après chefs supérieurs

vais et Lambert, à cette

les traditions, de l'armée,

que Bauadhérèrent

des voix. Il qui passa à la majorité son assentiment, y donna également dirons nous pensons ainsi. Mais pourquoi

proposition que Pinchinat

parait et bientôt

nous

Pétion Daguin, quanta Rigaud, qui, quoique font jeune alors (il avait vingt-un ans), était écouté dans Ies<'onseils, et quelques autres officiers de l'armée de couleur; ceuxci furent

d'une

contraire et opinion en faveur des malheureux

giquement avait été déjà

réglé

protestèrent tMMMt, dont

énerle sort

à la Croix-des'Bouquets.

Débats, tome 3, page t*:3. Eabaie des Mosquitos eat située dans l'Etat actuel de NicaM~M. La ville de Saint-Jean de Nicaragua ou Grey-Town est au pouvoir de la GrandeBretagne, à cause du protectorat qu'elle exerce sur k Roi def J~M~M~M.

.w"rec,


XtttMOOX~tf"

r~ j

[i79i]

CHAP!TRE

]

VIII. V!H.

CHAPITRE

cette opposition, les chefs prinmatgré la proposition, cipaux il fut résolu d'emayant admis ces infortunés. Ils décidèrent barquer néanmoins d'envoyer avec ces expatriés quatre commissaires de couteur Cependant,

pour s'assurer situation des d'en

faire

furent et Juste

de l'exécution lieux

leur

Cadet

rapport

Chanlatte,

Hugonin

du projet et de la le débarquement se ferait, afin à leur retour. Ces commissaires parfaite

Charles ce dernier

Harran,

Louis

Bonneau,

sa pu remplir fat nommp à sa place. de la lettre citée ci-dessus, n'ayant

mission, Richiez Barthélémy On lit dans un post-scriptum en date du 30 octobre « Le comité secret pour les <MWM a été tenu avant» hier (le 28); ils furent d~an~ et envoyés à bord d'un x navire toute la garde nationale était armes On pense qu'il s'en est évadé » (les blancs). beaucoup » avant leur désarmement; et cela parait trèa-vraisembtabte; mais enfin on en tient à bord une quantité » d'environ deux cent trente. ~K<co«p de <~M de cew~r » WM~o~ ~r mais l'avis contraire ~~po~ ~f<, » a prévatu ils devaient mettre A 1a voile cette nait, » si la brise ne leur eût Vous dire où ils pas manq< » vont. M< un Mc~< qui n'a Le pas encore pénétré. )' soupçon le plus général, c'est qu'on va les conduire » dans la baie des où on les débarquera avec Mosquitos, » des vivres pour trois mois. C'est bien une liberté qu'on » leur donne, mais au moins ils n'en donneront pas le aux yeux de nos nègres. » spectacle Bien des personnes craignent, » de couleur

dans de

ce cas, qu'il les r~fodMtre

soit

très-Me

ici par

aux

gens le cabotage. Du

Juste Hugonin qui fat un des officiers supérieurs sous H. Christophe, et son procureur générât à la cour suprême.

1


SUR

ÉTUDES

~62

» reste, » avons

notre

est assez

ville

ces

depuis que nous et que nous som-

tranquille

messieurs

nous, parmi de leurs suisses. »

» mes débarrassés Un second

D'HAÏTI.

L'HISTOIRE

de la même

post-scriptum

en date du

lettre,

3 novembre, porte « Les <MM<Mont été embarqués de Nantes, )) dans l'Emmanuel,

et sont partis ce matin Colmin, pour capitaine avec des doit les y déposer

on » la baie des Mosquitos à la culture, » outils propres ». rechanges » » treize.

Ils sont

à chacun.

mois de vivres

trois

« Le 24 »tion. »de » du

octobre,

cents quinze couleur entrèrent triomphe,

2" bataillon

du

en France,

on lit

de cette

en vertu

de deux cent

au nombre

du A la page 15 du Mémoire dit de Normandie, publié giment, hommes

et deux

de

dernière

au Port-au-Prince,

pacifica-

des

l'armée

9' ré-

citoyens

avec l'appareil

au général quartier le reste de leur troupe distribuèrent de la ville avec eux, ils avaient endroits

et ils établirent

leur

» gouvernement, » dans plusieurs M introduit plusieurs )) avaient

ils non libres, auxquels nègres mis les armes à la main et qu'ils îM consentirent à l'ile Moustique (baie peine à faire conduire

» qu'avec »des Mosq uitos) » Dans un écrit présenté et Saint-Léger, Mirbeck,

civils Roume,

aux commissaires intitulé

Production

historique,

etc., on lit encore « Le M escortée

lendemain, des

nègres sous le nom

toute

cette

soulevés

armée et armés

entre

en

contre

ville, J nous,

A la vue de cet appareil, les bons de tous (les » la frayeur citoyens 8'empara et chacun trembla pour ses propriétés et pour ses » blancs), Il peut même se faire que nous nous fussions »jours.

» connus

de suisses.


j

]

~79i]

CHAPITRE

ViH.

~3

» opposes à leur entrée, si on ne nous avait nattés » l'arrestalion de ces esclaves » armes. prochaine Garran son Rapport qui cite dans (tome 3. page et suivantes~, ces divers écrits c*

de

65 n

constate possédons pas, Garran MO~~c des qu'un grand ~ow~~de couleur pensaient que ies~MM~ étaient couverts mais que « les c~ par le traité de Damiens, des blancs, » redoutant les suites d'un exemple si résodangereux, » lurent de se ~/otrc des nouveaux libres, et que ~c~/< a ~o~~t couleur eurent la ~~e<c d'y consentir. n Il ajoute que « dentre eM.c néanmoins, plusieurs et Bois» rond le jeune en condamnèrent particulier, cette perIl rend M ~e. ? compte de toute ia perversité qui guida les meneurs blancs dans cette infâme affaire. Nous ajoutons ici quelques particularités que nous écrites de la main tenons, de Barthélémy Richiez, t le dernier survivant des quatre commissaires avec envoyés les ~Mt~. Cette note fut écrite le 16 décembre 1828, de ce citoyen depuis la guerre Seybo, où habitait civile du Sud. Voici ce qu'il dit Tandis

que les suisses (au nombre de deux cent dont cent vingt, noirs et vingtquatre-vingt-dix-sept trois mulâtres) étaient sur l'Emmanuel, les quatre commissaires étaient sur le brick de guerre la Philippine, capitaine mandant

Bélanger, envoyé par M. de Grimouard, du vaisseau le Borde et chef de la station

comnavale

au

Port-au-Prince, le navire pour accompagner marchand. Arrivés devant le port de Jérémie, ies deux capitaines eurent entre eux une conférence, à laquelle les commissaires restèrent dans la nuit suivante, étrangers chacun /~csc

des navires rendit

La Philipprit une route différente. à la baie des où l'Emmanuel ne Mosquitos


264

ÉTUDES

SUR

L'HISTOIRE

D'HAtTi.

le capitaine se dirigea pas; Bélanger des côtes du voisinage l'entrée jusqu'à

parut

points de Carthagène.

apprit !a faculté

de descendre

de

divers

de la baie

s'étant écoulés jours ii se tendit à Pu~-Royal de la Jamaïque là il aux commissaires de couleur (qui n'eurent pas

«tus!,

Plus

sur

quinze

à terre

ni de communiquer le capitaine Colmin, après

qui que ce soit), que tenté de vendre les smM~; dans

une

ile

ces infortunés s'étant récriés maïque), sur une presqu'île cité, il les débarqua peu de provisions qu'heureusement

avec avoir

anglaise (la Jacontre cette atroavec

inhabitée ces

pour

malheu-

anglaise qui vint goëlette faidans ces parages, les signaux qu'ils ayant aperçu saient et les ayant reconnus à de près, en lit son rapport de la station de laJamaïqueenvoya Port-Royal d'où l'amiral une frégate et les amena dans ce port, qui les recueillit ainsi

reux,

ils

furent

gardés six semaines

y passa de jours après qu'une remettre les suisses eux-mêmes

une

abandonnés,

car la Philippine quelque temps; et de là se rendit au Cap, peu frégate anglaise s'y fut rendue pour à l'assemblée

coloniale.

au Cap, les quatre commissaires où ils restèrent l'arrivée jusqu'à

en

prison du 4 avril

1792

tre en liberté.

Blanchelande

et Roume

Débarqués mis furent du

les firent

décret met-

»

au amenés ajoute que « les sMtMM furent » Cap, les en février et l'assemblée coloniale 1792, » envoya dans la rade du Môle, sur un navire où ils » étaient constitous enchaînés. La haine des autorités Garran

» tuées

du

Port-au-Prince

les y poursuivit

la muni-

Cet Hot c'a pas été déMgné, du moins daa* les documens que noua avons MtMteayeox. Il est probable que c'est sur l'un de ceux qu'on trouve entre la JMMiqoe etto côte des Mosquitoset de HondurM.


t

CHAPITRE VHt.

[i79i] » cipalité de » condamnât » rats

cette

à mort.

montent

M avoir

ville

» choisissent

absolument

de temps le navire durant

sur

reniermé

voulait

~65

Peu

Je

capitaine des plus

soixante

» heureux

après, la nuit;

dans

les qu'on des scélé-

et, après ils chambre,

sa

de

vigoureux la tête,

ces

mal-

leur coupent les uns après nègres, » les autres, et les jettent dans la rade du Môle où » l'on vit pendant plusieurs jours flotter les cadavres » de ces infortunés, sans que les autorités constituées » ni l'assemblée coloniale aient rien fait pour la pu»nition des coupables. Le surplus des <MMM< périt de )) misère sur ce bâtiment, à l'exception de dix-huit que Sonthonax » plus de deux

retira

))

M embarqués. Les scélérats

cents

en

1793

c'était

avaient

qui

été

le

reste

de

originairement

?

les soixante <MWM étaient qui tuèrent blancs de l'Artibonite, appelés Saliniers. Tel fut le sort de ces infortunés. On voit dans diverses relations des faits toute la méchanceté blancs

du Port-au-Prince.

Ils ne se contentent

tenir

des

ces des

pas d'obplage étran-

de faim. Échappés à cette pour qu'ils périssent horrible mort par hasard, et conduits au Cap et ensuite au Môle, on en fait assassiner une partie. Ni l'assemblée coloniale, ni Blanchelande, ni les commissaires venu,

sent

depuis

environ

trois

moi<

ne s'intéres-

à eux.

Les do

arrivés

blancs

l'armement

du

Port-au-Prince

avaient

des SMMSM. Cependant,

t

l,

1 1 ¡ j

la déportation de ces hommes sur une et sous le prétexte que les hommes de couleur gère les réintroduire dans la colonie, pourront ils les font jeter sur un point autre on était conque celui dont

civils,

1

paru enrayés un mois apr~


266

ÉTUDES

leur

déportation,

dont

nous

les

armèrent

claves,

une

qu'ils

les

Dans

le

même

armaient

nommé

tier

la

de

Que

les

Grande-Anse

le

de

conçoit

une

haine

chefs

de

camps d'eux-mêmes

En de

à

des

c'est

donner.

dans

part

implacable l'armée

affreux,

du

ce

la

il

enet, et

Diègue se

est de

le de

ces

la

race

couleur'. de

Tiburon

conduite

de

but.

l'un

Le

Métivier, l'armée,

les

sacrifice

quar-

du

blancs des

~MtMcs,

hommes

qui

vouaient

noire.

Mais

que

les

à cet

acte

leur

par-

consenti ne

postérité

à

de

tous

aient

inutile

joindre

le

Cayeman,

même

et

la

dont

même.

affranchis

que

cette d'es-

nommé

quartier

le

demandé la

à une de

hommes

Leremboure aient

recours

d'Africains,

sous

de

novembre

centaines

noir

colons

agit

Caradeux,

eurent

nom

des

A~MO,

'3l

plusieurs

un

esclaves,

Jean

Port-au-Prince on

à

massacre

des

du

populaires

le

confié

temps,

aussi

d'eux

sous

au

employait

ils

de

troupe

fut

l'affaire

assemblées

désignaient

commandement qui

de

U'HAÏT!.

bientôt.

parler

semblable

ville

L'MtSTOÏRE

suite

par

allons

mesure

SUH

de les

peut

rechercher suisses ou

s'ils

aux

si, sont y

venus ont

été

des Débats, t et 3<3. En décembre un Voyez le 7" votume pages Il t79:, an a{)W;s ta formation des ~/ftcatn$, ces hommes furent placés sous têt ordres de Philibert suivant était ancien de Jacmel, Sonthonax, supérieurs qui, prévôt de Bore). (Voyez le même vol. page 343.) S'il avait été prévôt, il protégé serait donc un blanc. Cependant, dans !e se vol. du Rapport de ces Débats, dit que Philibert était un homme de couleur; it le répète à page 309, Garran la page34<. en disant « Tel est même le bouleversement d'idées que produi» sent tes dissensions civiles, que l'un de ses principaux agens (de Borel) était » un homme de couleur nommé tes Africains enlePhilibert, qui commandait » vés 8 leurs » tes enrôler. S'it est maîtres vrai que Philibert fut un pour homme de couleur, été prev<!< de Jacmel? Quand Sonthonax comment aurait-il a dit c<'ta, tes colons ne t'ont pas contredit; et l'on sait que ni mulâtre, ni être p~t)<)(. Ces ~/Wcatn< été originairement nègre ne pouvait enrôlés ayant les hommes pour troquer < leur tête un mulâtre.

de couleur,

il est vratsembtabtc

qu'on

n'eut

pas mis


~7!)i] ] -)'-

appelés.

CHAPtTtŒVnh ~j

Admis

placés tecteurs

sous

succès,

par

la

naturels. leur

qui se passaient concordats qui

t

dans

ses

~y

nombre,

ils étaient dès lors rangs des affranchis, leurs prola loi aux blancs par leurs par l'effet des circonstances

dans

Nord;

sauvegarde Dietant

leur

!e

les

contraignant à tous sans

aux

reconnaissaient, disia plénitude tinction, des droits les chefs politiques de l'armée devaient au moins maintenir à l'égard des suisses, !a convention prise à la Croix-des-Bouquets et dont parle Hanus de Jumécourt. ce dernier. D'après ils exerçaient assez d'influence sur les ateliers pour avoir pu les retenir dam le devoir; ils auraient donc pu, en stipulant l'affranchissement des ~~M, se servir de ces mêmes auxiliaires cette utile pour continuer influence.

Leur

1

dans ia maréchaussée incorporation en faisait nécessairement des agens de l'autorité à l'éEn outre, gard des ateliers. la révolte des noirs dans la province du Nord, les désastres suiqui s'en étaient vis, auraient dû faire comprendre à ceux qui dirigeaient 1 armée des hommes de conteur, qu'il serait impossible de longtemps d'ajourner, encore, ~ra~MMW~t< gé~T~ des esclaves, et que toute idée d'affranchissement graduel devenait dès lors une de ces impossibilités que les circonstances proclament impérieusement. Mais, consentit' à la des <MM~ sur une déportation plage éloignée, ou ils devaient défricher la terre pour vivre, combattre les Indiens les séparer pour de leurs s y maintenir; de leurs enfans, femmes, de tous lF,urs parens; les arracher d'un leur patrie; les livrer, pays devenu enfin, à la merci de leurs oppresseurs de pourchargés voir à tous leurs ce fut besoins, une grande faute un vrai crime politique, dont rhistuirc ne peut la-

1. 1

Il'

ri

1


~C8

KTUDËS

la mémoire

ver

Quant l'estime

SUH

L'HtSTOHŒ

de Bauvais,

b'HAtTt.

de

à Bauvais, hommo de tous les partis dans

ces

homme vertueux par tempérament, coutume, selon l'expression de Roume,

stater

a su conserver

luttes

na i res

par de s'étonner, la déportation

de Pinchinat.

Lambert, de bien qui

révolution-

par principes et on aurait lieu

de son avis favorable à après un tel éloge, des ~MMtM, si l'histoire n'avait pas à confaits de sa conduite politique, qui prouvent.

d'autres

nuisait à la misquo son caractère, par trop scrupuleux, sion qui lui était dévolue dans la révolution entreprise En euet, on l'a vu toujours soumis aux par sa classe. sacrifier à un formes, des devoirs importans souvent

à un

chef

outré respect pour que les circonstances

révolutionnaire.

la légalité, imposent conclusion

La seule

de Bauvais dans l'affaire qu'on puisse tirer de la conduite des suisses, c'est qu'il crut devoir tout sacrifier, en cette au désir de maintenir la paix qu'on venait circonstance, de faire

à Damions.

persister concordat

dans

fallait

leur

du 23

l'assemblée

Voyant demande octobre

nationale

donner

une

leur

cause

concilier a ses yeux,

de

les blancs

du Port-au-Prince

d'éloigner étant déféré

France,

hommes, à la sanction

Bauvais

du désir des preuve avec celle des colons.

l'autorité

ses motifs personnelles, ceux qui déterminèrent <t~<?, en présence tévututionnam'dc

d'une Bi~u'i

ne peuvent son collègue situation

cru qu'il de anranchis, Car,

pour lui, tout. Il lui a

de cette

de-

armée

par ses qualités avoir été antres que

qui

ctdcDaguin,

de

aura

de la métropole était semblé fallait sans cesse se courber toujours qu'il vant elle ou devant ses agens à Saint-Domingue. A l'égard de Lambert, second général de 1791, homme non moins respectable

le

ces

faiblesse ~tla fougue exigeait pour

intimider


1

t~I

J

les

colons

CHAPfTREVHt.

du

Port-au-Prince.

Lambert, d'un dégoûté fait, se laisse entrainer, classe les

des affranchis,

colons

livrèrent

lors de la scène qu'à

sa

mort,

partis Peut-on

Voyez

ensuite

comment

rôie

il n'était pour lequel pas comme d'autres hommes de la à se soumettre aux Anglais auxquels cette ville en 1794, dès s'effaçant

politique pour conserver toujours, jusl'estime des honnêtes gens de tous les

dire, de Bauvais ont été mus par

généraux l'affaire des suisses

et de Lambert, des prc~

ces

que

couleur,

deux dans

? Après les colons si perfides, toujours Sonthonax et Toussaint Louverture sont venus soutenir cette thèse, de ia supériorité indigne de leur esprit. Mais la postérité ne les croira pas; car si la majorité des suisses était composée de noirs, il y avait parmi eux des WM~r~. Lambert, nègre libre, ne pouvait sacrifier les uns comme tnuld!res; Bauvais, mulâtre libre, ne pouvait sacrifier les autres comme ~otr<. Examinons

maintenant

ce patriote chinat, édairé la vénération de son pays. Cinq années après Sonthonax revint à commission il !ança

une

ce qui est personnel à Pinqui a mérité à tant de titres

la déportation

t des

suisses,

lorsque chef de la

comme Saint-Domingue civile dont Julien faisait Raymond en date du 23 frimaire proclamation

i

partie, an V

(13 décembre contre 1796), les hommes de couleur du «ccasionnés fructidor

aux

Pinchinat et tous Rigaud Sud, à propos des troubles au mois de par sa délégation.

Cayes p.n IV (août et septembre

1796).

Dans

cet acte,

Lambert cet mort an Port-au-Princo, sous )e règne de D<MMHne<. Noua .Jt.s connu cet homme vcncrahtc que les blancs eux-mêmes ava.cnt toujour<< ''espèce.

}


~70

KUJUKS

accusa

Sonthonax

SUK

Pinchinat

de la dépor-

principalement il le fit en ces termes

des SMM.~s

tation

D'HAtTt.

!HSTOmE

« Ce Pinchinat

qui, en 1791. a sacrifié des factieux du Port-au-Prince,

» à la rage » leur déportation

à la baie

» leur ~d~t~ aux hon~nes » avaient versé pour leurs Mais

en

Rigaud,

France,

publiant an V (5 août

dor cette

diatribe

« Que

droits.

rougisse

» front

en stipulant

pour prix de et du sang qu'ils

Pinchinat

en

nous

cents noirs

»

de

mémoire

1.797), que par ce passage

Sonthonax

date

avons

de honte,

du

parti pour 18 thermi-

déjà

cité,

non,

réfuta

si toutefois

d'accuser Pinchinat encore, noirs à la rage des factieux ne les a pas sacn~. Pinchinat

peut rougir » sacrifié trois cents » au-Prince

de couleur,

1 absence

son

Honduras,

trois

son

d'avoir du Porta pu été si sou-

» être trompé par ces factieux (eh nous l'avons » vent!) une plus grande ~tro~en< qu'il en résulterait » somme de bonheur et pour tous les citoyens en général, » pour ces noirs en particulier; on devait leur procurer » tous les moyens possibles pour couler des jours paisibles et heureux. jP~cAtMO< et nous tous en étions si convain» eus, que nous envoyâmes avec eux quatre de nos fré» res pour être les témoins C'est donc de leur bonheur. » contre s'éces factieux devrait seuls que Sonthonax » lever; mais non, ce sont aujourd'hui ses bons amis; » il est leur plus zélé partisan et leur plus chère idole. » Mais, tous » un

voici

un dilemme

ses

auquel

de répondre partisans scélérat en 1791, ou il ne

» Sonthonax » 1793,

est un

ce même

grand Pinchmat

et je défie Sonthonax ou Pinchinat était l'était

pas. S'il l'était, en scélérat d'avoir nommé, <ic non-seulement nombre


t

[!j

CHAPtTREVH!.

~j

i

» la commission

intermédiaire. non-seulement procu» reur îrénéral au conseil du Port.au.Prinep, supérieur » maib encore son délégué. son représen~nt. S'il ne » l'était pas, Sonthonax est un grand scélérat d'accuser » aujourd'hui Pinchinat d'un crime dont il n'est pas » coupable donc Sonthonax est un grand scélérat. » Selon

1 1

1

ce sont là de mauvaises c'est de la raisons déclamation et rien de plus. Sonthonax et ses collègues, envoyés en 1792 pour faire exécuter le décret du 4 avril de cette année, enfin tous les hommes de qui admettait couleur libres aux mêmes droits politiques que les blancs, et trouvant ceux de l'Ouest et du Sud en armes, en possession d'une réelle et de la confiance puissance des nous,

préeédens commissaires civils, alors que les colons voulaient livrer à la et que Saint-Domingue Grande-Bretagne les contre.révolutionnaires entravaient la marche de la révolution Sonthonax française. et ses collègues ne pouvaient se dispenser de s'appuyer sur les hommes de couleur pour maintenir la colonie dans la fidélité à la France, et d'employer les principaux d'entre eux, les plus dans les positions influens, de t'administrasupérieures tion civile et de la guerre de là la nomination de Pinchinât a la commission intermédiaire et aux autres emplois, do Bauvais comme générai do l'armée. déjà reconnu La déptorabte anaire des ~Mt.Me~ ne pouvait être un empenhemont. Mais Rigaud dire autre chose il devait pouvait seulement avouer le tort, la faute commise alors politique par ceux des hommes de couleur a la qui consentirent <!<'portntion de ces infor:unés, en vue seule de la paix couctuc de honnc fui a Damions. Lus Hunes avant été

¡ r

.j


~7~

ÉTUDES

SUR

L'HISTOIRE

D'HAtT!.

dans que les chefs de l'armée qui donnèrent il fallait avouer cette faiblesse, le piège, ce crime car la des <MM~, dise, est un crime déportation quoi qu'on condamne, que la conscience qui révolte également adroits

phjs

et le cœur

l'esprit

humain.

C'est

la

raison

d'Etat

qui

ces chefs de prendre cette mesure, persuada après qu'ils eurent en réglé le sort (tes suisses. Ils se condamnèrent sorte eux-mêmes quelque quelques mois après, en faisant garantir Fo~'OMC/MMe~te~ de cent noirs dans la paroisse de la Croix-des-Bouquets, dans celle de l'Arcahaie, la gendarmerie donc, ils devaient

et de quarante-quatre pour servir pendant

dans

eurent

1 heureuse

court.

Sinon,

guerre mencer

d~Daguin la lutte

En

octobre

maintenir

il fallait

la même au

initiative,

dire

de

nouveau

Fc~oMr~,

battez

dans

1791,

l'enceinte

autres cinq ana

ils pouvaient mesure dont ils

de Hanus pousser la générale

du Port-au-Prince,

de Juméle cri

de

recomalors

Si, quelques jours plus que toute l'armée y était présente. ils l'ont soutenue tard, do beaumalgré l'éloignement d'aller au sein de leurs eux, trop pressés ce ~p d'entre ou cinq jours fah Ules, que n'eussent-ils pas fait quatre du traité de paix? après la signature ne pouvait-il Ensuite, Sonthonax Rigaud ~d8 réfuter aveux faits devant la commission des copar ses propres dans

les Débats

avec

les colons

qui accusèrent Polvérel et lui? En effet, dans la séance du 19 pluviôse an III (7 février 1795), qu'a dit Sonthonax, à propos des dix-huit suisses qui avaient survécu à l'égorgement comlonies,

mis dans

la rade

qui moissonnèrent

du Mule, les autres?

rapport <!c Honme, page 46.

et aux

à la misère maladies, Transcrivons ici les propres


t<791]

CHAPITRE

–t~-ift

-1-

paroles volume

m

VtH.

~1 .1

1

de Sonthonax.

On

lit à la page 3i4

du

des Débats

« J'observe

sur

encore,

» que les nègres )) été envoyés à

ce qu'a ~MtMM étaient trois la

dit

premier

Thomas

cents,

Millet, ont lorsqu'ils

baie

des Mosquitos, et que dans la du Môle, il y en a eu soixante de décollés; que, la rade du il s'est mis parmi Cap, eux une ma-

»rade » dans » ladie

qu'on

M avoir

communiquée;

accuse

des

» cents

gens

malintentionnés ces malheureux,

de leur

que en moins

de trois

qu'ils étaient', d'un an, ont été ré» duits à dix-huit, qui sont ceux qui ont été mis a bord du ils eussent jMpt~r péri jusqu'au ils auraient dernier, ? expié, par ia mort du dernier d'entre eux, le tort d'avoir » soutenu la réclamation des droits des hommes de cou» leur, si notre AtWMttM~ ne tes avait à bord pas envoyés » du vaisseau le ~er, leur donnant fo~'o~t~et en w~<, leur ordonnant en même et au temps » contre-amiral de leur faire faire te service en Cambis, )) qualité de matelots. ~o~ tfMor<?OMM~~M< » ~r~ coMpo~M MOM w MM~M /roMc~. pot~ alors les tMcorpor~Sawt-Do<roM~ » MtM~MC, parce ~M'OM aMrOt< dt< que noua VOM~OM MM/~ » la révolte ou encourager la f~o~ esclaves. C'est » pour cela que nous les mimes à bord du vaisseau de »l'amiral Cambis sa proclamation en fait foi. Peut~rc sont-ils morts ~M; je ne sais ce qu'ils sont de» venus ils ont p~M~~ fM~~ocr~ ~r matelots, peut-être

paHes

ordres

de ceux qui étaient

a bord\

»

C)«,~n. un dea colons accusateurs, habita du Port-au-Prince, afnrm. que les ~MMM< déport n'étaient qu'au nombre de deux cent trente. Voyez lex Débata, tome t' page 3 H. Il reatait effectivement vingt-neuf ~MM dans la rade du uu Cap. Voici TOtC) UOC une T T. il

~ap.

1 <


2~

ÉTUDES <T

')'

Voilà

SUR

L'HISTOIRE

rt

D'HAtT!. a

ce que firent Sonthonax et Polvérel, commissaires civils exerçant le pouvoir dictatorial dans sa plénitude. Ces commissaires eu assez d'autorité qui avaient et de puissance pour déporter Blanchelande, Desparbès, Cambefort et beaucoup -le colons dissous qui avaient l'assemblée coloniale et j'autres n'acorps populaires, vaient-ils et d'autorité pas assez de puissance pour sauver ces suisses, en les plaçant à côté des homm~ de couleur formaient

les compagnies franches? Et pourquoi ce de leur part envers les colons abattus, ménagement alors tout faire? Pourquoi qu'ils pouvaient cette crainte d'~rc qui

accusés rager

des noirs, de vouloir souffler, cMco~. par ces tyrans la révolte des esclaves ? Avant eux, Roume n'avait-il

maintenu secondé, p~ approuvé, cent quarante-quatre noirs dans haie et de la Croix-des-Bouquets, vaient

fait exactement

demment,

Sonthonax

i'ranebissement

de

les paroisses de l'Arcade ces noirs qui n'aque ce que firent les suisses ? Eviet Polvérel ne prirent cette dé-

termination

que par des co?m~ra<to~ politiques, par la raison d'Etat, souvent cause des crimes les plus affreux. Ce fut la même raison, les mêmes considérations q'ti déterminèrent les chefs des hommes de couleur. Dès lors, en 1796, Sonthonax r~inat sa participation

était-il

autorisé

à la déportation

à reprocher à Pindes suisses, à faire

lettre nroove « A borddu Jupiter, le <7 mai t793 J'ai l'honneur » de compte au citoyen général commandant les forces navalesdes îtes » sou vent (Cambis) que, conformément à son ordre, j'ai reconnu l'état des ~res suisses détenus à bord du bateau le Coureur. Sur le nombrede » vingt-neuf, j'en ai trouvé dix-neufbien portans et dix qu'il est indispensable M de soumettre à un traitement suivi, étant tous <c~r6u~ue<. Nomsdes mala» des, etc., etc., <MMn~ff;<.Bien portans, etc., etc., dix-huit ~re< et un » tMMM<r<. (Signé) Letondu, chirurgien-major. H Les $UMfMembarqués sur le Jupiter suivirent ta flotte aux Etats-Unis, après l'affaire de Galbaud, en juin suivant; s'ils ne furent pas tués à bord, ils auront été peut être vendua par les colons qui s'y trouvaient.


t r

[1794] [i79i]

CliAPITRE CHAPITRE

VIII.VtH.

gyg 275 r

peser sur lui seul cette immense de cette affaire une ~to~cot~.?

I

but

n'a

été

que de

me

rendre

odieux

aux

par cette proclamation publiée et répandue dans les parties de it Saint-Domingue. Cependant, » a beau faire, ses efforts seront inutiles. Les noirs, tes suppose » quoiqu'on le sont néanmoins peu éclairés, » assez pour reconnattre leurs vrais amis. leurs vais MO~, » toutes

1 j

responsabilité, à tirer Il n'appartenait

si souvent qu'à Sonthonax, de commettre inconséquent, une telle injustice. Nous venons de citer ce que dit Rigaud pour la défense de Pinchinat. Rigaud avait assisté à la délibération du comité secret tenu à cette il semble occasion; donc qu'il a connu le vote émis par l'opinion, il Pinchinat; semblerait même convenir que lui aussi, il consentit à cette mesure, tandis qu'H ne parle ainsi qu'en prenant ~défense de tous les hommes de couleur; car son Mémoire n'a été publié que dans le but de réfuter les calomnies dont ils étaient de la part de Sonthonax l'objet et de ses agens. le publia, Lorsqu'il Pinchinat, envoyé en France, avait été fait prisonnier par les Anglais. A son arrivée en France, il eut connaissance de la proclamotion de Sontbonax où ce dernier l'avait accusé. tt publia un écrit où il se défend lui-même de cette imputation. Il y convient que ce fut un acte liberticide, un crime, une atrocité, en disant qu'il n'en fut pas f<ïM<e«r. ït termina ce plaidoyer par ce qui suit « Ceux qui ne connaissent pas bien Sonthonax sima gineront se propose peut-ctrc qu'il de ~aire valoir » contre moi un tel chef d'accusation. Point du tout » son intention est bien de me noircir et de me dinamer » en France des amis de la liberté; auprès mais son » principal

V

1 1 1

1


~76

ETUDES

SUR

L'HtSTOmE

D'HAtTI.

» défenseurs; et quoique Sonthonax ne néglige rien » pour exclusivement la gloire d'avoir s'approprier fondé » la liberté dans les Antilles, les blancs, les noirs et les » hommes de couleur savent parfaitement que j'ai con» tribué plus que lui (et c'est là mon vrai crime) aux » opérations sublimes à Saintqui ont fait proclamer » Domingue la déclaration des droits de l'homme. La » preuve de cette dernière » moignages d'attachement » donnés, dans la confiance

vérité

se trouve

dans

les té-

~Mc les noirs ~'OM< toujours de toutes que les républicains

» les couleurs

à qui sont actuellement Saint-Domingue, » m'ont accordée et m'accordent encore. » Nous le disons à regret à Pinchinat, mais par rapport nous disons que s'il s'est défendu suffisamment de n'avoir de l'embarquement pas été l'auteur des suisses, c'est-àdire qui

que ce ne la proposa,

fut

pas lui néanmoins

qui imagina il ne nous

cette

mesure,

semble

pas à son consentement

se

quant à son avis personnel, au comité secret pour effectuer cette déportation, ainsi que firent Bauvais et Lambert. Nul doute ne reste à l'histoire que ce sont les blancs du Port-au-Prince qui la proposèrent, la populace inqui ameutèrent pour fluer sur les hommes de couleur, cette qui firent décider

justifier donné

fatale

en comité question il n'est pas moins prouvé et Pinchinat vais, Lambert sentir,

uniquement ne tardèrent

Ils

ble condescendance, la preuve en leur fluence tiers

que

d'esclaves,

ces

secret

et par assis et levé; mais Bauque les chefs de l'armée, eurent ta faiblesse d y conla paix. par le désir de maintenir de cette regrettapas u se repentir et le rapport de Roume en donne faveur.

mêmes dans

les

C'est chefs deux

ce

qui conservèrent provinces

l'inexplique sur les atede

l'Ouest

et


1

t~~I -1

du

J

Sud.

CHAPITRE _1

De

leur

côté,

très-grande majorité à la déportation des à eux contre

des

les

VIII.

esclaves,

~t~.

avait

n'hésitèrent

parce à balancer libres

convaincus

affranchis

les blancs,

il n'y avait pas et mulâtres nègres

~yy

été

point à s'unir ces deux classes

qu'entre leur préférence

était

dictée

son,

que !a contraire

autant

pour les par la rai-

que par le sentiment qui les rapprochait naturellement des hommes de leurs rangs. L'abbé qui sortaient Maury avait fort bien prévu cette union des opprimés contre les oppresseurs. C'est ainsi dans le même que, on voyait temps, dans les rangs des noirs du insurgés Nord, tous les nègres et mulâtres libres des paroisses de l'intérieur concourir avec eux a cette révolution. en terminant Remarquons, ce long examen de l'affaire des ~tMM. que ce n'est pas la première fois que les en agirent Européens ainsi. En

euet.

les fastes

de

l'histoire

de

Saint-Domingue nous apprennent les blancs espagnols qu'en 1533, emles mêmes ployèrent manœuvres des Indiens auprès campé, dans la montagne de Bahoruco, sous les ordres du cacique Henri. On se rappelle avons dit que nous des que esclaves nègres s'étaient des réfugiés auprès aborigènes qui eux-mêmes avaient fui la tyrannie de leurs oppresseurs. forcés de traiter Ceux-ci, avec les Indiens, exigèrent livrassent qu'ils ces infortunés pour être replacés dans l'esclavage, et les Indiens y consentirent. L'égoïsme ces insulaires! politique persuada On trouve malheureusement ce triste sentiment dans !e cœur de tous les hommes, éclairés ou ignorans l'histoire des nations générale offre plus d'un exemple de ce genre. Ne vit-on pas ensuite, à une époque de rapprochée la révolution de en 1784, les nègres Saint-Domingue,

1 1 1 j ¡ i 1 1 1


ÉTUDES

278 rn

esclaves

·

SUR

'1

réfugiés

dans

D'HAUT!.

L'HISTOIRE

_1.

même

cette

de

montagne en

Bahotraitant

ruco,

le Doco,

Bellecombe,

le gouverneur général tous les nouveaux désormais

qu'ils appelèrent de leur affranchissement de

livrer

promettre,

avec

Avant eux, les joindre? gitifs qui viendraient les nègres même motif, fugitifs de la Jamaïque avaient hollandaise pris de semblables Guyane tions,

exécutées

ûdèlement dans

Enfin,

la déportation noirs surgés

de leur

de fu-

et par le et de la conven-

part.

de Saint-Domingue, peu après on vit aussi les c~e/< des indes ~M~, civils Roume, aux commissaires proposer le Nord

dans l'esclavage de f aire rentrer et Saint-Léger, de la concession la masse de cette armée, moyennant d'entre eux; en faveur des principaux l'affranchissement dont Toussaint Louverture, à cette époque, et certes, dont les talens poétait déjà remarquable, l'intelligence Toussaint se développer, n'avaient pu encore litiques de se ranger tout commode trouvait parmi Louverture du sort do leurs ces privilégiés trafiquer qui voulaient n'avait coloniale Et si l'assemblée pas mis semblables. dans ses procédés, et de méchanceté autant d'orgueil de le rétablissement on eût vu ces chefs noirs faciliter aurait Cette conduite des ateliers. servile la condition dans ses dissensions Louverture, Toussaint dû empêcher la classe des mulâtres à toute d'étendre avec Rigaud, à Pinchinat adressait seul le reproche que Sonthonax lui mais la ligne politique qu'il suivait en 1799 semblait

Mirbeck

cette

conseiller

Passons départ Le

des traité

injuste

apostrophe. aux

maintenant

événemens

qui

suivirent

le

recevoir

sa

<M<MM. do paix

du

23

octobre

devait


V!

CIIAPITRE

[i79i]

~79 1

1

dernière

un mois après sa date. exécution délibération de la commune du Port-au-Prince vait

ses députés à l'assemblée rappeler l'Ouest dans la même ville, siégeant coloniale

de provinciale et à l'assemblée

au Cap, afin de réorganiser ces assiégeant et l'admission des affranchis. par le concours

semblées Pour

par une qui de-

faciliter

cette

on avait

délibération,

divisé

la ville

en

sections. Le 21 novembre, trois des sections quatre votèrent et adoptèrent le traité; presque unanimement mais la quatrième, où dominaient les petits blancs et

la troupe de Praloto, un sursis. proposa cet ajournement, par Leremboure, suggéré et les autres était évidemment meneurs, nouvelle tembre, missaires le 28

civils

novembre.

dubitablement

eiïectivement,

qui,

Dans

leur

annulé

autorités, des jorité du traité.

avait blancs citoyens les meneurs voulurent

leur

Ils

avait

subi

pour Sud.

une

confiant

de

cette

de Praloto, nommé

le

les cou-

par l'empresà retourner

dans

le

rétablis-

la veille depuis de couleur du

tirent les blancs nattre pensée, canon nier de la compagnie d'eux, de l'armée de couleur, et un noir, tambour

Scapin.

Cet

homme

libre,

¡

maintien

perfide entre l'un

rixe

j

la ma-

brusquer l'armée de

d'affranchis

était parti la paix. Rigaud hommes les Cayes, avec plusieurs

Dans une

pour encore

remarqué que notable diminution,

beaucoup que mirent sein de leurs familles,

sement

voté

1

nouvelles

comme

Mais,

avaient

sement au

lieu.

ces

par

<

par la 24 sep-

au Cap serait in-

débarquèrent le traité espoir,

improuvé comme cela eut

événemens.

Caradeux

au Cap, du décret du de la prochaine arrivée des cnrn-

déjà parvenue et par l'attente

l',

de

Le motif

dicté

1

aftram'h!,

payait

1


~S~

dans

ËTUDHS

la rue

SUR

L'HtSTOtRE

D'HAÏTI.

et fut

il réprovoqué par le canonnier sista, et des soldats de la maréchaussée se trouvèrent à l'arrêter et le conduire portée pour à la municipalité. toute la Là de Praloto vint bientôt compagnie demander fût jugé prMa~e~, impérieusement qu'il à l'instant même. Avertis de l'arrestation de Scapin les chefs de l'armée à la envoyèrent demunicipalité mander fussent que des informations et qu'il prises, fut jugé après en alléguant l'enquête était un qu'il homme mais la municipalité libre; laissa emmener à un réverbère Scapin, que les blancs pendirent du voisinage de l'hôtel de ville. Cette hommes

infâme

exécution

de couleur.

Un

soulève blanc

nommé

des

l'indignation Cadeau,

de

la

de Praloto, ose venir sur la place d'armes les Valmé. mulâtre de l'Arcahaie, du poste établi sur cette place, l'abat d'un il n'est que coup de fusil; et Bauvais a la générosité blessé, de le faire porter à militaire. l'hôpital En apprenant cette juste repfésaille, Praloto fait battre compagnie insulter.

la générale. et toute la garde nationale blanche prend les armes, étant déjà préparée au combat par Caradeux Ce sinistre qui la commandait. met également anpel sous les armes les bataillons d'Artois et de Normandie, et l'artillerie renfermés dans les casernes, et la royale des hommes de couleur. Des offfciers troupe de ces viennent de Bauvais, corps comme auprès médiateurs, tandis

que la municipalité à la garde nationale, joindre à ~~M<tcc celui qui avait

ces troupes de se requiert et somme Bauvais de livrer

Cadeau. Elle n'avait frappé pas voulu soumettre aux formes de Scapin protectrices la loi, elle veut exiger que Valmé lui soit remis! C'était


f" [~79i]

VH!. n_- CHAPtTRE une affaire préparée

évidemment ture

des concordats.

de marcher

pour

arriver

à la rupelle ordonne

Sur le refus

contre

de Bauvais, de l'armée général

le quartier

de cou-

leur. Praloto

débouche

une nombreuse

aussitôt

artillerie.

sur

la place

d'armes

avec

L'artillerie

de sa caroyale, serne, dirige deux pièces de canon contre le palais, tandis que les corps d'infanterie viennent la place occuper et que la garde nationale, d'armes, conduite par Caraveut deux, contourner le palais. De là, Pétion .r~ deux pièces de camdirige le ieu pagne prises à Pernier, et arrête tous les assaiiians que l'infanterie foudroie de coups de fusil. Des chasseurs du de Jacmel quartier neutralisent le feu de l'artillerie royale. Tandis la troupe de Caradeux, que Doyon contient les sous les ordres compagnies de Lambert descendent du Belair, pour prendre en flanc les assaillans du palais. Mais un détachement de la garde nationale sous les ordres de Taillefer les attaque elles font par derrière; volte-face contre Taii~efer et elles enlèvent qui est tué, une pièce à Pratoto. La est néanmoins troupe de Lambert forcée de reprendre son poste du Belair où elle se maintient. Les

munitions de

n'ayant

plus pavés de la cour position protégé donner

de

Bauvais

projectiles, du palais.

étant est

épuisées, Pétion, forcé de se servir des

Bauvais

abandonne

cette

et se replie sur Je chemin de ia Charbonnière, dans sa retraite par Doyon. Il est obligé d'abanles canons de Pétion, les avoir fait enaprès

c!ouer. Lambert

abandonne

aussi

le Belair,

on mettant

le feu


~M

SUR

ÉTUI)ES

au corps poste

de

qu'au

L'tHSTOHŒ

D'tiAiT!.

mais

garde

qu'il

occupait;

jour,

pour

rejoindre

des-Bouquets. L'incendie

du corps à aucune autre

de garde

il ne quitte ce Bauvais à la Croix-

isole,

qui

ne se commu-

l'idée à peut-être de Praloto, de tous les mauvais composée sujets de la populace de mettre le feu, à dix heures blanche, nique !a troupe du

maison,

fournit

à plusieurs maisons du quartier du commerce celles des négocians de Bordeaux) et à (principalement du Morne-à-Tuf quelques maisons qui en est fort éloigné. Ces brigands, tous blancs, et dévalisent les habipillent matin,

tans de toutes Les

la municipalité de se réfugier

constitués,

corps

sont

provinciale, des troupes °

couleurs.

forcés

et l' dans

assemblée

les casernes

La population blanche se trouve régulières. de sa perGdie. Uets de la ville, punie Vingt-sept le quartier le plus commerçant, deviennent la proie

ainsi dans

des flammes. Dans nent tous

rencontrent de

ces

confusion,

Elles

ne se borles pilleurs ils assassinent habitais

étaient

vain

voudrait-on

étaient

troupe

d'assassins

tente

(M*"

de son sein

Prince

t'hab,

les rues.

de couleur

L'infâme

Beaulieu) il la tue

on noires

Larousse

enceinte

de

voit huit

et blesse sa mère. coup de fusil, à leur fenêtre le monstre pénètre dans arraouvre le ventre de M'"° Beaulieu,

l'appartement, che l'enfant En

dans

femmes

d'un

mois;

1 )¡ i t

horrible

le biendes pas à prendre les hommes, toutes les femmes

qu'ils l'une

J

cette

dominés était

3, paj;<* <5t).

et le jette dans les Hammes dire que les blancs du Port-aude Praloto. Cette par lu troupe sans cesse poussée aux crimes les


[<79ij

1

<.HAPtTRE\H).

1

plus affreux,

par

les planteurs,

par

Caradeux

le c~M~.

par Le:emboure ville s'entendaient

de cette tigre. Les corps constitués avec ceux du Cap. La des conrupture cordats, du 21 novembre, par affaire n'était que le résultat de l'arrêté de l'assemblée coloniale du 5, de son adresse du 7, de la proclamation de Blanchelande du 13, ces deux autorités refusant de ratifier ces traités de paix. ordonnant aux hommes de couleur de désarmer, de se dissoudre

et de

tout

attendre

Et ces actes &ot<cMr<. niales n'étaient que le fides des colons résidans semblée

nationale

de la

eux-mêmes résultat

des des

leurs pères et autorités colo-

machinations

à Paris, qui avaient et le roi a rendre le décret

perl'as-

porté du ~4 sep-

tembre. Après de tels actes, alors que les colons du Port-auPrince et tous ceux de attendaient les Saint-Domingue commissaires avec des troupes civils, de faire chargées exécuter le décret de la métropole, les concordats pouvaient-ils être maintenus? Oui, si les colons étaient animés de sentimens de justtce. si leurs passions ne tes rendaient pas imprévoyans. uu point de tout sacrifier à leur haine séculaire pour tous les hommes de la race noire. Mais nous avons vu qu'ils étaient de tels sentimens, incapables que leur présomption fortifiée de l'appui orgueiHeuse, de la France, les aveuglait. Le régime colonial étant basé sur l'infé. riorité de la race noire, sur son avilissement perpétuel, et la métropole lesoutenant de ses actes buuverains et d.: sa puissance, les colons ne pouvaient agir que de cette manière.

Le eux

décret

du

8 mars

et leurs propriétés, placés, ciale de la nation française?

1790 sous

ne les avait-il

la sauvegarde N'avnit.it pas déclaré

pas spé«t


~84

ÉTUDES

minel des

envers

de

criminels criminels fureurs,

D'HAÏTI.

travaillerait à exciter quiconque contre eux? Eh bien 1 au point de vue cr.)é en faveur des colons, les hommes

légal de l'Ouest

couleur

L'HISTOIRE

la nation,

soutèvemens

de ce droit

SUR

et du

Sud

n'étaient-ils

pas aussi aussi soulevés;

qu'Ogé et Chavanne, pour s'être que les nègres esclaves du Nord qui, dans incendiaient les propriétés et immolaient

leurs les

propriétaires? Concluons

donc

de Saint-Domingue que les désastres étaient et que la ruine inévitables, de cette colonie était en partie de la métropole l'ouvrage qui, par ses actes, les diuérentes classes d'hommes poussait à une extermination générale.


"n.

-0'

CMAPtTREIX.

Dispositions pacifiques des insnrgés du Nord. Arrivée des comm.ss.,re. civils Roume,Mirbecket Saint-Léger. Objet de leur ~Jf~~ duite de l'assemblée colonible. le le Nord, dans l'oneet et dito!'le Sud.

Un

mois

était à peine des habitations du Nord,

)

après le grand incendie quand les esclaves insurgés proà posèrent Blanchelande de faire la paix avec lui, comme du roi; représentant mais les conditions qu'ils posèrent étaient telles, que le gouverneur ne pouvait général les accepter. Cet empressement mis par eux à obtenir une solution semble pacifique encore une fois. indiquer, et les autres que Blanchelande du gouvernement agens ont été réciïcment les promoteurs de cette terrible insurrection. Les esclaves auront pensé que. conformément à leurs promesses, ces agens de l'autorité royale seraient alors ~sez leur faire accorder puissans pour les avanêtre le prix de l'exécution tages qui devaient du plan qu'ils s'étaient afin d'arriver formé, au rétablissement de l'ancien régime à savoir, ~o~M~~desprinchefs de cipaux l'insurrection, Mouton de la peine du fouet, et ;M~ par semaine pour se livrer à teurs travaux. propres Voici

en

quels

termes

écoulé,

ils proposaient

ia paix


~8(;

ETUDES

SLK

L'HISTOIRE

D'HAtTt.

Monsieur, Nous

n'avons

nous

jamais prétendu devons au représentant

écarter

du

devoir

et

du

respect la à que personne du roi, ni même tout ce qui dépend de Sa Majesté; nous en <M?(~s dM preuves par </<'rrr.s ~M.s; mais vous, t'M/t générât, /M)~~e descendez vers ou bien nous voyez cette terre que nous avons arrosée de notre sueur, de notre sang; ces édifices et ce dans plutôt que nous avons élevés, nous

d'une

l'espoir Le roi,

juste'rccM~pe~ ont gémt l'univers,

nous

auraient

qui

L'avons-nous sur

notre

nous

servir

ainsi

Pour

vous cruels

aussi notre

âme, soit Mows,

voilà

notre

devise

jusqu'à

dt~

que

à des Non,

voulez, allions

que nous il est trop <a~. Dieu, qui il ne nous abandonnera brebis,

guide; Vaincre OM mourir.

respectable général, que nous ne sommes pas le croire, nous désirons, du meilleur do pouvez faire la paix; mais aux clauses et conditions que tous les (~ la p/a~~ ou des mornes, se retireront par devers MM dam;

et p<t?' conséquent qu'ils emportent cette chère liberté,

w<~

abandonner leur

or

et

sans

et croyez voie.

effusion

de sang alors en coûte beaucoup

qu'il

tous

nos

à nos

le leurs

objet si précieux. nous soutiendrons

notre profession de foi, que générât, la dernière de notre sang. Il ne nous manque goutte et de canons ainsi la wo~t au la liberté. Dieu veuille

poudre faire obtenir plis, cette

prêts à tout, me trompe c'étaient des

Dieu, pères, après fruit de nos travaux; et vous

/<'M?'s /b!s, sans c?~ excepter un seul; Cap, ~t;MMc; nous ne courons qu'après Voilà,

étions

prouver, que vous

se retirer

~Mr

nous

généra!? les chaînes que

de

des monstres du tyrans, indignes brave général, que nous ressemblions nous jeter dans la gueule du loup? est notre combat l'innocent, pour jamais;

sort,

mon

obtenue, et ont brisé

et nous, humbles victimes, a6a~o~Mcr nos ?tM~~rca;

portions; ?<c t'M~e~ p< ceux

de

vœux

cœurs

point de r'ous la

seront pour

accomavoir

pris

do la en vous assurant je finis, que tout te contenu vous. Ce resest aussi sincère présente que si nous étions par devant n'allez et que nous jurons de maintenir, pect que nous vous portons, croire que c'est faiblesse, en ce que nous n'aurons pas vous tromper, bêtas

Mais,

jamais

d'autre

devise

Vaincre

ou mourir pour la M&<*f~. et tres-obéissans serviteurs,

Vos trés-bumbtes Tous

C<n<'

lettre

les généraux d'un

sty!c

et

chefs

incorrect,

qui

composent

qui

ne

notre

porto

armée.

le

nom


CHAPITRE

J

)i79i]

tX.

287 1

d'aucun

des

ou la forme

du pluriel se mêle à celle du singulier, où le nom de Dieu parait trois fois, où le du roi est si clairement respect pour la personne exprimé, ne semble-t-elle de Toussaint Louverpas être l'œuvre ture

initié,

lutionnaires sons

chefs,

ainsi

qu'on

des

agens

d'autant

plus,

coup de respect mettre à même

!'a dit,

aux

projets

du gouvernement?

qu'en

pour

témoignant Blanchelande,

contre-révoNous

le penbeau-

également il aura voulu

le

les promesses dont nous d'accomplir avons parlé plus haut, par même des conl'exagération ditions posées à la conclusion de la paix car, Toussaint a pu penser qu'il fallait paraitre beaucoup exiger, pour obtenir cà que lui et les autres chefs désiprincipaux raient réellement. Cette combinaison n'était certainement

pas au-dessus

esprit

jésuitique

de sa remarquable son intelligence, Il aura cru s'y prêtait admirablement. muni de ces étranges propositions,

que Clanchelande, à convaincre parviendrait nécessité de faire

t'assemblée

des concessions

aux

coloniale

de

la

pour obtenir leur soumission et le retour à la tranquillité, et par eux s'assurer dès lors une grande innuence sur les anc:a coloniales. Mais si ces conjectures ne que nous faisons sont pas dénuées de fondement, ii est du moins certain esclaves,

faible de Blanchelande le mettait que le caractère dessous d'une telle tache il était incapable d'user envers les colons. quelque vigueur Aussi surgés, exhortait

aude

aux propositions des chefs des inrépondit-il du 23 septembre, où il par une proclamation les esclaves à la soumission, en les engageant

à livrer

leurs chef'. C'était bien le seul cette soumission qu'il recommandait. avec la même

fureur.

moyen d'empêcher La guerre continua


ÉTUDES

288

SUR

en

Cependant,

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

ia

nouvelle

apprenant

du

décret

du

24 septembre et la prochaine arrivée des commissaires civils avec des troupes, les insurgés se disposèrent à formuler des propositions leur souplus favorables pour mission. Ce fut surtout les conseils des hommes d'après de couleur l'atteste Aubert, dont

dan3 leurs rangs répandus d'une manière incontestable. nomme

qui! il faisait

le

KMro~r

le récit Outre

le

de Gros mulâtre

des blancs

pfM<MWten sur les causes

avec qui il s'entretint partie, de la révolte des esclaves, il cite Després, autre «armurier du Fort-Dauphin, aide de camp de

présumées mulâtre, » Jean François

» généralissime » des mouvemens

et investi

la confiance

de ce

» accélérer

se donnait, dit-il, bien et qui tout son possible pour les instans de la paix. ? ïl en cite d'autres

encore

après

qui,

vembre,

purent

des

de toute

noirs,

la mort faire

qui faisait

de Jeannot

entendre

leur

arrivée voix

le 1" node la

en faveur

« Ils étaient, et dit-il, remplis d'attentions, pacification. » généralement nous n'avons eu qu'à nous louer parlant, » de la conduite des gens de couleur qui ont toujours » cherché » cheux.

à nous

mettre

Les gens

à l'abri

de couleur

de tout étaient

événement

anectés

fa-

de la loi

» du ?'

mais tous voulaient et leurs obéir, septembre, » démarches ne nous ont laissé aucun doute à cet égard.» Gros ajoute que les abbés Bienvenu, curé de la Marmedonnèrent lade, et de La Haye. curé du Dondon, conseils à Jean François. Nous possédons une adresse à l'assemblée rédigée par l'abbé de La Haye, écrite les hommes de couleur main, pour les noirs. Cette adresse, faite parmi sens,

informait

l'assemblée

coloniale

tout

de bons

coloniale,

entière

de sa

qui se trouvaient de avec beaucoup de la position de ces


tr

CHAPITREIX. ~79i] hf~mïMne <~nr*ct~a nommes ~.n. dans lM les ~M~<. camps des insurgés, les

considérations

influer les

sur

morales

sa détermination faites

propositions

tionner

les

tenir

d'un

dans

toute

commis même ce

concordats

la

a en

Biassou, double'droit

la

le

M~

faute

blée

nous les

dans

peser

c'est

couleur, leur

admission 1" La

bien

les

disent

sommes

grâce et dûment

sur

termine

coloniale

Voici,

juge

les chargés votre tout

de vous sagesse; ce qu'ils

sera

l'époque et entière pleine

de

ou

par

faire

proposer, c'est le ont

de

du

retour

tous

et

qui

savoir des

les

chefs

nom

des

de

François

~~or<

chefs

résultat

obtenir

pu

fixe

au

crimes

désastreuse

ce

vie

couleur,

les

Jean

la

des

d'ob-

les mulâtres

puissance

ror~tee,

propositions

hommes

retrace

de

enfin

sanc-

de la tranquillité

commirent

que

prononcer

L'adresse

la

à afin

Sud,

les blancs,

attribue

toutes

pouvaient

mais

du

document

contre

nommant

de

et

o..

non-seulement

noirs,

le rétablissement

par Jeannot,

scélérat

chefs

l'Ouest

Ce

il

qui

politiques

les

de

colonie.

nègres

et exposait

à accepter,

par

seul coup

les

et

289

lui

doMMa~

des

prison-

a l'asseminsurgés.

de

demande

généraux. combiné des daignez

de l'ordre

!es états-majors,

et

que

Veuillez

considérer dans

de

gens

que

la colonie leurs

libertés

enregistrées.

Garran se trompe en disant que Jean François livra bataille à Jeannot aux environs de Vattière, et que l'ayant fait prisonnier, il le fit mourir. Gros dit le fit arrêter que Jean François le t~ novembre, et le fit fusiller le même jour, ao Dondon où on le conduisit. Le document que nous citons ici, de l'abbé de La Haye, confirme ce fait en ces termes « Jeannot sous les commandait, » généranx Jean et tous Biasson, tes François de la Grande-Rivière camps » Dondon et Quartier-Morin. Sa dernière fnt cette de Vallière expédition » où quatorze blancs forent faits prisonniers; une plus grande quantité perdi» rent la vie dans cette les prisonniers journée forent condoita dans le camp, » huit furent tes six autres attendaient suppliciés, à chaque instant le même » sort le ciel en avait autrement ordonné. Le dimanche ter novembre, joar » destiné pour le dernier arrivèrent tes sacrifice, Jean François généraux et » Biassoa ils avaient été instruits des cruautés et leur premier exercées, soin » fut de dérober à la mort tes infortunés qui existaient ensuite encore, de » sacrifier le monstre qui se faisait un jeu de la vie des hommes il fut par » leur ordre fusitté. »

T.jt.

.J


290

ETUDES SUR L'HtSTO~E

b'HAtTÏ.

2" Amnistie

générale pour tous les nègres. 3° La faculté aux chefs de se retirer où bon leur seinblera, pays étrangers, s'ils se déterminent à y passer. 4° L'entière jouissance des effets qui sont en leurs mains.

dans les

Promettons que si ces conditions sont acceptées, de faire rentrer de suite les esclaves dans le devoir nt de se référer, en ce qui concerne leur sort, à la décision des commissures du roi <<o~ /'am~ peut ~~B éloignée. Nous devons vous porter, au ant pour vous que pour nous, à accorder les chefs de demande que nous prenons la liberté de vous former au nom des généraux qui nous ont chargés de leurs intérêts, et confié ce qu'ils appellent leur dernière résolution. Pour nous, Messieurs, animés du plus pur patriotisme, nous sowmes unis de ccsMT'e< d'intention avec nos frères de ~'OM~s< du Sud le même serment qui les unit aux blancs, nos frères, est déjà prononcé chacun de nous et gravé dans le fond de nos cœurs en caractères par ineffaçables; comme eux, nous défendons vos propriétés et les nôtres; comme eux, nous porterons avec orgueil le nom de Français régénérés, et serons les fermes soutiens d'une constitution trop longtemps inconnue et le pacte que vous avez formé avec nos frères de l'Ouest et du Sud devient tout naturellement le nôtre.

Les

signataires

l'assemblée

par En

temps

cette

assemblée

çois

en envoyait de Gros. de

nègres.

? ce »

~<rc

a

une de

ses

parait

qui

Celui-ci

cite

sanctionnés

me qui en avaient

CeMa? qui en prenant

colonies,

pour

les la tant que

adresse

était

de couleur, avoir

à envoyée Jean Fran-

été F œuvre

paroles

de

suis

institué

le pouvoir

qu'il cause on

le

par

le danger

besoin

le

Nord.

des <~ro~ tM'OM< rcc~M de

armes, je n'ai liberté générale,

par

princi-

ce chef,

à quelle indiquer des esclaves dans

révolte

moi

chimère,

des

pour

la

teM~M combattre

» être »

par une

que cette les hommes

recueillir

attribuer peut « Ce n'est pas »

concordats

coloniale.

même

pale est bon

les

croyaient

jamais

présais

que je que la France qu'i!

y aurait


r

~~1

CHAPITRE

tX.

» à procurer à des hordes incivilisées un droit qui leur » deviendrait infiniment et qui entraînerait dangereux, » indubitablement l'anéantissement de la colonie; que » si les avaient été tous sur leurs habipropriétaires » tations, la révolution n'aurait peut-être pas eu » Heu. Si ce ne sont pas là textuellement les paroles que Jean a François c'en prononcées, doit être le sens et l'on pourrait probablement; douter de la véracité de si Gros, toute ia conduite de ce ~ro~f~ postérieure bavait de même que celle de pas prouvé, Biassou, que ni l'un ni l'autre n'avaient cette élévation d'âme qui eût pu les rendre les bienfaiteurs de la classe des esleurs frères. claves, en outre Car. de leurs dispositions à faire rentrer ces masses sous le joug de l'esleur anrancbissement clavage, moyennant et personnel celui d'un certain nombre d'autres chefs sous leurs ordres, généraux

notamment ont

fait

Toussaint vendre,

des femmes, hommes, qui les transportèrent Vainement voudrait-on, mes,

Louverture

ces

deux

à leur

profit personnel, des des enfans noir8 aux Espagnols soit à Cuba, soit à la Jamaïque. pour les disculper de ces cri-

de leur ignorance arguer elle n'était pas telle qu'ils ne pussent discerner le bien du mal, et savoir que contraindre leurs frères à rentrer dans l'esclavage, ou les vendre pour être transportés sur la terre étranc'étaient gère, des crimes de leur part. à Toussaint Quant dont Louverture. nous aurons occasion d'examiner la conduite politique plus tard, il eut participé à l'affranchissement t personnel demandé pour les chefs, et contribué à remettre le grand nombre dans si les colons avaient l'esclavage, leurs accepté

1~11WILVN.n..


~92

ÉTUDES SUH L'HISTOIRE D'HAtTL

propositions.

Mais,

hâtons-nous

dire

ne trafiqu'il Jean François et

de

comme qua point de ses semblables, L'observation Biassou. ici, que nous faisons au projet c'en est l'occasion, relativement contribua,

la soumission

pour

que il auquel des noirs in-

de la masse

parce

a pour but de prouver dans l'esclavage, que, surgés les idées dans ces premiers temp:} de l'insurrection n'étaient de Toussaint Louverture pas plus généreuses à

de

l'égard Lambert

ses

et de des

déportation novembre

frères,

Pinchinat,

que

reprochons lutionnaires.

Quoi qu'il en soit, l'assemblée coloniale, reille l'intérêt guerre. tembre,

de

de

Bauvais,

souscrivaient le même

à la mois

de

les deux actes que passaient de ces premiers révoa la mémoire

1791

colons

lorsqu'ils C'était dans

~Mt~M.

nous

les

celles

que

se

ces

deux

adresses,

parvenues à ne furent accueillies point par ils auraient dû le faire en une pa-

comme

dans

conjoncture,

leur

propre livré aux

intérêt

et dans

de ce pays horreurs de la général le décret Fiers et hautains, du 24 sepdepuis ils attendaient l'arrivée des commissaires civils

avec les troupes mettre a merci que d'une part dats de l'Ouest

ils espéraient profiter, pour soutous les esclaves tandis Ainsi, insurgés. ils refusaient de sanctionner les concordont

de l'autre ils rejetaient les Sud, faites par les chefs noirs leur mépris pour propositions les mulâtres et les nègres était trop enraciné pour qu'ils autrement. se conduisissent Le

28

et du

novembre,

arrivèrent Saint-Léger d'abord civils, pour

MM. au

Roume,

Cap. l'exécution

de

et de

Mirbeck

Nommés du décret

commissaires du

15

mai


F*

CHAPITRE

[i79i]

IX

293

1

1

qui avait avait été

suivi

celui

quittèrent à l'exécution de donc

leur

février,

départ du 29

de Brest

décret et par un autre août la France venir concourir que pour celui du 24 septembre. Leur mission

ajourné

ils ne

avait

du 1"

de

changé

nature

cette

par

nouvelle

réso-

lution

de la métropole. avec eux, Ayant peu de troupes de rétablir la paix et la tranquillité l'ordre, chargés il leur fallait un désir bien sincère de rempublique, mission plir une telle pour la continuer, puisqu'ils allaient

se trouver

nécessairement

pendance de l'assemblée féré le droit de statuer colonie,

tandis

regards

étonnés

placés

sous

la dé-

coloniale sur

à laquelle était déintérieur de la régime

le

ils étaient que primitivement chargés de notifier à ces despotes des dispositions à se conpropres cilier la classe des hommes de couleur et a se donner une force morale. grande En arrivant, le premier spectacle qui s'offrit à leurs potences

fut

dressées

au

celui Cap,

des où

deux l'on

roues voyait

et des toujours

cinq ex-

de nègres et de mulâtres, posés des cadavres le depuis commencement de l'insurrection. Ils apprirent tous les événemens survenus dans la colonie et dont on n'avait en France avant leur départ. D'un pu avoir connaissance côté, pour

le soulèvement auxiliaires

des

esclaves

beaucoup qui en était

guerre affreuse d'armes des affranchis

dans

d'hommes

le Nord, ayant de couleur, la

de l'autre, la prise dans l'Ouest et dans le Sud, la suivie et les concordats passés en-

guerre qui s'en était tre cette classe d'hommes

résultée;

et les blancs

de ces deux

pro-

vinces. Fatalement missaires

)~-

voués ne

pouvaient

à l'impuissance qu'user

du

de

o.

ces combien, conseils de auprès


1

294

ÉTUDES

l'assemblée

SUR

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

à la modération pour la porter et ils ne négligèrent rien dans ce but;

coloniale,

et à la justice, mais cette position

subordonnée,

qui

était

le fait

du

de la métropole, fut jugée aussitôt, et gouvernement et par tous les blancs comme par cette assemblée, par le caractère les mulâtres et les noirs Toutefois, public dont

ils étaient

revêtus

ea qualité de commissaires naderniers à accueillir favorablement

ces tionaux, disposa toutes leurs décisions,

le même effet sur produire les blancs comme toujours, qui tenaient, peu compte des pouvoirs de la métropole dont ils n'étaient que trop à secouer le joug. disposés Avec

toute

une ~A septembre, ils apportaient à une aHMM~6 générale, relative royale, libres de les faits passés entre les hommes

le décret

proclamation tous pour

couleur.

esclaves

dont

s'efforcèrent à l'étendre sement.

mises

Cette on

aux

n'avait

pas prévu de porter l'assemblée

Ils

donnèrent l'acte

ne

pas le soulèvement.

coloniale

qui combattaient de tels conseils

avantageusur l'esprit

sur

forces

pro-

de la métropole? de leurs alors la mesure

pré-

pouvaient

qui comptaient le gouvernement

dans

tentions,

s'étendait

amnistie

cependant à ces hor

par Ces colons

sages. En

du

Mais que

des colons

sans

dont

de nouvelles

nous

citons

ici quelques

pas-

se réunissant

à Léogane où elle se constitua, nouvelle assemblée coloniale avait pris, le 5 août, même titre d'assemblée de la partie /ra~aMC générale Saint-Domingue peu de jours sur

que après

portait l'arrivée

leur

observation à changer ce titre

elle

en

celle des

de

Saint-Marc.

commissaires

se décida, celui d'oMCf~de

la le de

Mais civils,

le 10 décembre, co~MMe~e.

et


r~

~791]

LHAPtTRE

]

Elle

avait

tuante

obtenu

le

tout

ce

décret

corps

cet

esprit,

que

l'un

dans

elle de

ses

lative

colonies,

la

sans

ne

la

par

Nous

réserves en

dans formation admis

bre

1791,

du

roi,

considérant

générale,

ont été officiellement

Dans n'écrivons posait

qu'elle de

prévision la

métropole,

de

rassemblée

les

tout à

l'é-

tégis-

anciens

accepté se servent

manifestés, le 28 du même

décrets

que les notamment

membres

que

des expressions, particulièrement de désigner rassemblée est question

lorsqu'il

de cette

de l'empire français. revenant sur conséquence,

nationaux

le décret

ainsi

mois,

niale,

du

qui

lui

24

septemles proclamations assemblée colodes

représentans

portion

approuvé, Elle change

sa dénomination

blée coloniale

de la partie

N'entendant

néanmoins,

atteinte

nationale.

doute

être

pouvaient

être

pas

constituante.

L'assemblée

En

les

surviendrait

qui

des

et

ce

paraître

devait

suivant.

considérans

accordait

voulut

l'assemblée

t'arrêté

dispositif,

changement

ne

consti-

lui

qui Elle

qu'elle de

prit

nationale

septembre désirer.

indépendant

son

gard

24

ce

pas,

~98

l'assemblée

pouvait

n'était

un

de

du

qu'elle

qu'elle

de

tX.

à ses travaux

son

du

arrêté

d'a~MtMee

geM~'a/e

5

en

de SaM~-DoMtM~M~française par l'effet de ce changement, et aux

droits

août

dernier,

ceUe d'assem-

porter aucune de la partie

politiques notamment dans tous les points de conde Saint-Domingue, française avec la métroet de ~M~MW stitution qui ne lui sont point communs ladite assemen tant que de besoin, se réservant pole spécialement, précédens

ou blée, que des mots coloniale aucune erreur sur l'établissement soit

jamais aliénable

inférer puisse jamais de cette contrée, ni que qui que ce en soit une cette partie de l'empire

colonie

on

ne

prétendre que statuant €? manière p~opW~ ~M~coMÇMc; ladite assemblée de plus fort, d'après la constitution décrétée française par l'assemblée 1791. nationale et acceptée constituante, par le roi, le 14 septembre irrévocade Saint-Domingue est et demeure Que la partie française de l'empire sous les modificablement une portion français, intégrante tions

puisse

constitutionnelles

nécessaires

aux

convenances

locales

et por~tCM-


296

ÉTUDES

SUR

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

.s,r. _f contenues au~1,5.nrdécret cMM~M~w~ res, utet nnnfnn..no rendu par l'assemblée nationale constituante, le 24 septembre i79ï, accepté par le roi le 28 du même mois. ,peu

las

du Nord, avisés de l'arrivée insurges des commissaires, furent encore plus disposés à la soumission. Le pcre Sulpice, curé du Trou, leur fit parvenir la proclamation royale et le décret du 2~ septembre, pour les y engager, sans doute lui-même espérant Cependant,

de la part de l'assemblée quelque modération coloniale. De ce qu'il parait assez prouvé avait que l'insurrection été suscitée par les contre-révolutionnaires, par Blanchelande les esclaves, surtout, le drapeau qui arboraient blanc,

qui prenaient le règlement le roi par

attendre envoyés capables coloniale.

d'exercer

le titre de leur ils les quelque

En

conséquence, mulâtre et le nègre Raynal d'une seconde chis, porteurs cette

assemblée.

(tome

2,

très-pur, l'abbé de

Cette

pages 308 et semble La

Haye

de gens sort par

naturellement

supposaient influence

sur

l'assemblée

ils

au envoyèrent anciens Duplessis, adresse

pièce,

à 311), avoir été elle

durent du roi, ces commissaires

des

rapportée est écrite

Cap le affran-

chefs

noirs

dans

Garran

dans

un

également rédigée la date du 4 porte

à

style par dé-

cembre et Duplessis Raynal un blée, et subirent

comparurent

par devant La hauteur

l'assem-

dédaiinterrogatoire. contrasta avec la bienveillance gneuse de cette assemblée des commif~saires civils envers ces deux envoyés, Ils de ces derniers un sauf-conduit reçurent pour rêve' Les signataires sont trois noirs, Jean François, Biassou et Toussaint, et trois montres, Desprez, Manzeau et Aubert. A cette époqae, Toussaint ne signait pas encore LoMfertM~e.


t r

[ 1791 ]' [i79i]

CliAPITRE tX. CHAPITRE IX.

297

nir

dix jours après chercher la réponse de l'assemblée. Dans cet intervalle, les chefs noirs délibérèrent sur le ils fixeraient point de savoir & quel nombre les ~er~ à réclamer en voulait trois cents, pour eux. Jean François Biassou

fut du même

avis,

non

compris Louverture

sa propre /<MMt~. Toussaint suivant Gros, le décida à réduire qui fut accepté aussi par Jean Ainsi

Toussaint

Louverture

ce nombre

les membres fut

celui

de qui,

à cinquante,

François. aurait été moins

prodigue

d'a~roMcAMMW~M que les autres. Au bout des dix jours, et Duplessis retournèRaynal rent au Cap. Ils reçurent du président de l'assemblée coloniale la réponse dans la séance du 16 désuivante, cembre « Emissaires

» » » » » » »

des nègres en révolte, vous allez entendre les intentions de l'assemblée coloniale. L'assemblée, fondée sur la loi et par la loi, ne peut correspondre avec des gens armés contre la loi, coM<re toutes les lois. L'assemblée pourrait faire grdce à des coupables repentans et rentrés dans leurs devoirs. Elle ne demanderait à même de reconnaître pas mieux que d'être ceux qui ont été entraînés contre leur volonté. Elle

» sait toujours » VOUS. » A leur

mesurer

et sa justice;

retirez-

le rapport qu'ils firent de cette insolente Biassou se mit en fureur; et sans réponse. l'influente intervention de Toussaint il eût Louverture, fait fusiller les blancs prisonniers du camp des insurgés. Gros dit cependant conseilla à Biassou de que Toussaint les faire mettre aux fers, pour être ensuite jugés par un retour,

et sur

&o~


298

ÉTUDES

conseil

de guerre.

SUR

L'HISTOIRE

D'IlAiTI.

Toussaint

Probablement,

voulait

ga-

afin que Jean François, aussi doux que gner du temps, Biassou était emporté, « Dans une circonpût intervenir. » stance aussi malheureuse, ajoute Gros, notre espoir ne » gisait que sur les citoyens de couleur qui nous avaient pris » en affection précisément Candy était à la Grande» Rivière avec une » Auparavant, partie de ses gens. il déclare avoir eu de grandes à ce chef de obligations couleur,

ainsi

monstre,

ou

qu'au

mulâtre

Doré.

néanmoins, Candy, s'est montré d'une fois cruel dans cette guerre, plus étant sous les ordres de Jeannot; mais peut-être était-il dominé alors par la crainte de périr de la main de ce n'exécutait-il

que ses instructions, dont parle Gros, Jeannot

que, dans la circonstance été déjà fusillé. Pamphile cette opinion.

de Lacroix

semble

tandis avait être

de

et Duplessis avaient une lettre des Raynal apporté commissaires civils qui invitaient les chefs noirs à une entrevue sur l'habitation à la Petite-Anse, Saint-Michel, tout près du Cap. Au jour désigné, Jean François seul s'y rendit. Biaset soupçonneux, sou, méfiant mécontent de l'assemblée ne voulut point coloniale, accoms'y trouver, quoiqu'il non loin du lieu de la conférence. pagnât Jean François coloniale contre les commisLa jalousie de l'assemblée saires civils éclatait déjà à tel point, qu'ils se virent obliavec eux des commissaires gés de la prier d'envoyer pour être

témoins

tres colons ancien François féroce,

de leur entretien

avec

les chefs

et parmi eux, s'y joignirent, maître de Jeannot. Oubliant

noirs.

le nommé

D'auBullet,

Jean que c'était si de cet homme

qui avait purgé la colonie Bullet fut assez hardi pour frapper

le généralissime


CHAPITRE

[i79i] 1

IX.

299

w

de son

1

fouet 1 Il ne craignit la vengeance pas d'exciter dans le cœur de celui le frapper de mort à qui pouvait l'instant même, ou faire retomber sur la tête des prisonniers blancs, des commissaires objet de la sollicitude civils,

le poids

Jean

de sa colère.

se retirait indigné, déjà de la conféle commissaire rence, lorsque seul Saint-Léger s'avança, et sans armes, auprès de lui et de sa troupe. Cet acte de et les paroles obligeantes confiance, lui que Saint-Léger le fit revenir adressa, des commissaires et auprès civils alors, dans l'effusion de son excessif respect pour les rede la France et de son roi, ce chef s'abaissa présentans François,

devant jusqu'à s'agenouiller voix les demandes formulées Les commissaires l'exhortèrent bonne

eux,

en renouvelant

dans

les adresses

à donner

des

de vive précitées. gages de sa

en

les prisonniers blancs. Jean renvoyant et en échange il demanda François y consentit, une grdcc ce fut qu'on lui rendit sa /<wttMe qui avait été particulière: condamnée à mort par la commission du Cap, prévôtale et qu'on n'avait pas exécutée, dans la crainte de l'exasLes commissaires civils pérer. mais cette promirent. foi,

de l'assemblée grâce dépendait Dès le lendemain de cette les prisonniers blancs renvoya noire

ne

coloniale entrevue, au Cap,

Jean mais

François sa femme

lui fut

accompagnés tous presque

Les prisonniers étaient pas rendue 1. par une escorte de cent cinquante dragons, mulâtres ou nègres libres Toussaint Lou-

verture

était

de cette

durent

faire

preuve

escorte.

Ceux

d'énergie

pour

la composaient les prisongarantir

qui

Dans son Rapport do M mai <79X, à i'assemMée nationale, Mirbeck n'en dit pas un mot, de même qu'il n'a point parlé de l'action impertinente de Bullet; mais ces faits sont constatés dans Garran.


300

ÉTUDES

niers

des insultes

les arrangemens même partageait saint

SUR

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

de quelques noirs qui désapprouvaient Biassou luipris par le généralissime. leur avis, et Gros dit encore que Tous-

Louverture

en éprouvait des regrets, en attribuant cette fâcheuse à la visite nocturne disposition <fMM officier haute <a~, portant épaulettes sec et d'or~<, noireau, joues enfoncées. Cet officier était, suivant Garran, le major du régiment du Cap, nommé les Poitou, qui dissuada nègres de se prêter révolutionnaire.

à un arrangement.

Après ce fiit inqualifiable, par Gros des bons sentimens Toussaint

Louverture,

« Nous fûmes,

pour

C'était

un contre-

après le témoignage de Jean François

rendu et de

écoutons

ce que dit ce narrateur cette fois, convaincus d'une grande

» vérité

que le nègre ne rentrera jamais dans le devoir que » par la contrainte e< sa destruction partielle. » Voilà bien le colon encroûté de préjugés et de haine 1 C'est à l'humanité des chefs noirs doit sa déliqu'il tandis que les chefs blancs vrance, ne rendent aucun de leurs

prisonniers, pas même la femme de Jean et Gros ne pense qu'à la destruction partielle dans le devoir, c'est-dire pour les faire rentrer de l'esclavage gnominie Le mécontentement chefs ou teur

subalternes,

de l'assemblée

des conseils

François des noirs dans

l'i-

1 de Biassou n'était-il coloniale,

et des

pas le résultat de l'insolence

autres

noirs,

de la haude Bullet,

perfides de Poitou ? Et puis, les blancs colons de se sont Saint-Domingue de la haine des noirs, des ont plaints vengeances qu'ils exercées 1 Ces hommes qui ont tant abusé de leur pouvoir et de leurs tant de mal, ont encore privilèges, qui firent écrit, publié des livres a profusion, dans le but d'égarer


t t

[<79iJ

CHAPITRE

IX.

gQ~

t'

de lui donner

l'opinion, le change sur leurs for. propres faits, en imputant des horreurs aux noirs. Mais, quelles été ces horreurs, qu'aient les colons ne sont-ils pas encore heureux que les hommes de la race noire n'aient pas eu à leur tête, à cette époque, des chefs comme la France en eut depuis en 1793? On peut juger de ce que nous disons ici par le atroce que Bi!propos laud-Varennes adressa à Pétion, de qui il reçut des secours et l'hospitalité qu'il ne pouvait trouver nulle part, des blancs comme lui. Chassé, la restauration après des Bourbons en France, de Cayenne où il avait été déporté, au Mexique poursuivi et aux Etats-Unis, à cause de ses antécédens, trouvant enfin un asile sur le territoire de l'ancien il dit à Pétion Saint-Domingue, « La plus grande » faute que vous dans le cours de la révoayez commise » lution de ce pays, c'est de M'~otf~M Mcn~d <o~ » dernier. En France, co~M~MOM nous avons fait la » même faute, /a~ p<M p~r~M'aM dernier des » Bourbons 1. M Non 1 ainsi roles

sanguinaires

que

Pétion, n'approuvons de. l'ancien membre

pas ces du comité

pade

salut

public. des injustices, Plaignons-nous des excès, des crimes des colons; à la postérité, signalons-les afin quelle leur conduite à celle de leurs victimes compare privées de lumières, des siècles opprimées sous depuis un joug de fer, et donnant à ces oppresseurs cependant de sentimens l'exemple aux principes plus conformes du droit des gens, à la nature de l'homme. Laissons à ce BiHaad.Varennes est mort au Port-au-Prince, en <8t9. Il recevait âne pension du gouvernément de la république d'Haïti, qui ne voyait en lui qu'un homme &qui il fallait un asile. tt était dans le dënûment. Billaud-Varennes ignorait que le chef de ce gouvernement avait sauvé plusieurs colons en <804

"«.

1


~2

ÉTUDES

juge

que

nous

Les prisonniers le 24 décembre, des

quelques-uns

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

le soin

impartial

procès

SUR

de prononcer avec équité à son jugement. présentons blancs

rendus

à la barre chefs

au Cap de l'assemblée

de l'escorte

dans

le

se présentèrtnt.

coloniale, qui les conduisit.

avec Le

dit à ces derniers président « Continuez à donner des preuves de votre repentir, » et dites à ceux de les adresser à qui vous envoient, » MM. les commissaires civils ce n'est que par leur in» tercession que l'assemblée peut <'cayKgMer sur <?o~e » sort. » Au retour

de l'escorte

saint

dont Louverture, cilement l'insuffisance civils,

dans

le camp

la perspicacité des pouvoirs

en fit la déclaration

des insurgés, Tousavait découvert fades

commissaires

& Jean

et à Biassou. François Ce dernier devait se rendre à son tour à une nouvelle entrevue avec ces commissaires; il résolut dès lors de s'en et il fit bien. abstenir, Dans.

le même

M.. de Touzard, lieutenant-cotemps, au régiment du Cap, et les blancs de la Marmelade, jlcnel les noirs. C'était attaquaient par eux que ces insurgés avaient fait passer leurs adresses à l'assemblée premières coloniale. la guerre!

Les blancs

voulaient

donc

la continuation

de

1

Cependant,

les commissaires

la jalousie que leur montrait lurent une amnistie proclamer

et civils, malgré l'orgueil l'assemblée voucoloniale,

la générale pour obtenir soumission des esclaves; mais l'assemblée s'y opposa. le ministre de la marine, Quelque temps après, éclairé en envoya par les avis de la commission une au civile, nom du ~i; et cette fois, rassemblée n'osant coloniale,


[<79i]

]

CHAPITRE

IX.

303

r

pas paraître mit de telles restrictions s'y refuser, à cet acte du souverain de la France, inefficace. qu'il devint Elle d'un arrêté l'accompagna elle déc!ara par lequel « que c'était elle qui pardonnait, au nom de leurs mattres, » aux esclaves révoltés; que leurs chefs seraient tenus, » pour obtenir leur pardon, de remettre à l'assemblée coloniale tous les papiers en leur posqu'ils avaient » session, et de lui donner tous les renseignemens pro» pres à éclaircir les causes de la révolte actuelle. » Convenons se montrait que si cette assemblée arrogante, décret

elle intraitable, du 24 septembre,

était

du

moins

conséquente.

Le

prétendu ne lui comtitutionnel, avait-il pas délégué l'initiative des mesures qu'elle voudrait prendre à l'égard des esclaves, sous la seule sanction du roi? Le roi avait donc sur ses attributions, empiété il avait violé son droit! 1 La logique entrainait les colons, tl était écrit dans le livre du Destin qu'ils devaient perdre Saint-Domingue, et ils le perdirent. même Presqu'en temps que les négociations pour la de la part des noirs, paix s'ouvraient les hommes de couleur de l'Ouest, l'arrivée des commissaires apprenant civils auxquels ils portaient le même respect, en leur qualité de délégués de l'assemblée nationale et du roi, leur envoyèrent des députations les pour leur soumettre concordats qu'ils avaient passés avec les blancs et en obtenir leur approbation. Mais ces commissaires n'avaient pas le pouvoir leur supposaient le décret qu'ils du laissait encore 24 septembre toute latitude A cet égard, à l'assemblée coloniale. Les commissaires civils improuvèrent les concordats passés tant dans l'Ouest que dans


w

3~

ÉTUDES

SUR

L'HISTOIRE

D'HAÏT!.

le Sud

ils ne pouvaient Et l'assemblée agir autrement. coloniale, aux hommes de couleur pour mieux prouver de toute la colonie que leur sort d'elle dépendait seule, fit arrêter mises

ces députations à bord des navires

du Cap. C'est à peu près à cette colonie anciens plusieurs

ou emprisonnées qui furent ou de guerre sur la qui étaient

rade

Saint-Ma~c obtenu tembre.

les intrigues à Paris, incessantes, de l'assemblée constituante le décret du On conçoit combien ils durent exciter

les membres Tant

dans la époque qu'arrivèrent membres de l'assemblée de

dont

de l'assemblée

de causes

devaient

avaient ~sepencore

coloniale. concourir

à rallumer

se fit de nouveau avec plus de violence qu'elle mais. Elle continua dans le Nord, dans l'Ouest, Sud, et Saint-Domingue devoir s'abimer parut poids des crimes qui souillèrent de toutes parts heureux pays.

la guerre, que jadans le sous

le

ce mal-


CHAPITREX.

Conduite des hommes -de couleur de t'Oaest, après !eof MpaMon dn Port. an-Prince. –Condaite deceox do Sod. Rv~meot dan« tes dem pMvinces. se dans Saint-Léger transporte FOnest. La commtssion civile se décide &retoomer en France. de Mirbeck et deSaint-Leeer. Départ Reame prend ta r&MlotMOde rester à Ses moti~ Saint-Domin~ne.

Après lenrexputsion duP~rt-au.Pftnce, ~eehomaMe de couleur se réfugtèFent à ~Cfo~-des-Bouq~ts, où ils continuèrant la con~déjratton qu'~s avaie~ ~Me avec les blancs de cette paroisse et des autres par<Masos de la province de l'Onest. Moas avons vu que Haons de Jumécourt et Coustard n'é~ie~ pas BM~a exMa~ !a haine des factieux qu eux du Port-au~uco, <~s contro-révoiutipnnaires. blissement de l'ancien

qui

à leur

qu'alors

française;

ils avaient

irancais,

en

maintien

de

T.

projet

ce

l'autorité

a~o~

de

a~~H~at

de la conMwatMn. te~ contfer~~)Iw~Bnaires, de refouler

mais

un certain sens

aa éta-

toujo~M

ré~Mne de la co~oaM, étaient, forcés de tes

changer d'opinion, de maintenir les principes On a beaucoup accusa par rapport la révolution

visaient

à ~ainmotmngue il nous sem~ que jj~m~te, commo~toyens

voulaient qu'ils de la -r~ métropole

nea~n~i~s te dw 1*, colonie,

20


306

ÉTUDES

tandis

que Saint-Marc pour furent

colons

les

n'avaient

à parvenir constamment

maintenir nussent

SUR

L'HISTOIRE

de

la faction

paru

accepter

ilans

de la Grande-Bretagne crétion, pourvu que cette ancienne

de l'esclavage des hommes de couleur.

raient

maintenir

soit cet

de soumettre

torat

l'assemblée

ou

qu'ils

la race

se

espérassent

ou qu'ils reconétat, la colonie au protecde la lui livrer à disconservât

puissance des noirs

noire

que ils

auquel

et de

la forme

l'abaissement

les contre-révolutionnaires

côté,

de

la révolution projet

fidèles,

eux-mêmes

si d'un

de

t'indépendance

la nécessité

Ainsi,

D'HAtTÏ.

dans

l'avilissement,

espé' de

la faction léopardine s'accordait aussi avec eux l'autre, dans le même but final. Les uns et les autres avalent donc une égale horreur de la révolupour les principes tion

dont française, ment la réhabilitation Quant

les

étaient

conséquences de cette race.

aux hommes

de

ils

devait jouissaient jouissance de la liberté

couleur,

la liberté

nécessairement

les

naturelle-

civile amener

dont à la

et de l'égalité avec les politique même des principes de la révoblancs, par l'influence lution. C'est ce qui explique leur profond attachement à la France, mais à la France révolutionnaire. Le but d'atteindre leur commandait de se qu'ils se proposaient rattacher à celui des deux partis, les blancs, parmi qui voulait la conservation de St-Domingue à sa métropole, parce qu'ils étaient assez éclairés pour reconnaître que la contre-révolution était impossible, soit en France, soit Ils sentaient dans la colonie. que ce parti, avec lequel ils se liguèrent, il serait forcé désiraient

n'avait de leur

obtenir.

point d'avenir, faire toutes les

Voilà

les

motifs

et que tôt ou tard concessions qu'ils de leur confédéra-


j

r

CHAPITRE

[i79i]

tion

avec

les

blancs

des

les concordats.

d'accepter l'illusion

X.

307

paroisses qui s'empressèrent Ils voulurent bien leur laisser

où ils étaient, les manœuvres de Peidepuis nier et de Mauduit, la conduite tortueuse de jusqu'à Blanchelande et des autres du gouvernement. agens La déclare~ion

de Bauvais

à Roume

ici avançons enrégimenter le ~M~, Un autre motif avait guidé les chefs couleur. les

Il était

blancs

refusé

essentiel

restassent

l'alliance

des

au

divisés

ce que

prouve

succès entre

présente. des hommes

de

leur

eux.

contre-révolutionnaires,

nous

de

cause

que avaient

S'ils

qui étaient ces contre-révolu-

tous propriétaires presque d'esclaves, tionnaires se seraient vus forcés, d'abprobablement, leurs principes, de renoncer à leur projet, jurer pour se liguer avec les autres colons, ainsi qu'ils firent plus tard. Alors, les hommes de couleur auraient eu à combattre toute la race blanche à Saint-Domingue. Or, comme

la métropole avait tout naturellement ses sympathies fallu combattre pour cette race, il aurait également les forces qu'elle n'eût pas manqué d'y envoyer à son aide. La conduite de Pinchinat, de Bauvais, de fut donc habile. Sachons en tenir compte à ces Rigaud, révolutionnaires,

premiers

furent

qui

d'abord

mis

en

civils envoyés en 1791, suspicion par les commissaires à cause de leurs principes mais qui leur desapparens, sillèrent les yeux. ne croie

Qu'on couleur leur

étaient

classe,

au sort devait

des leur

politiques,

pas,

guidés

et qu'ils esclaves faire

de que ces hommes par un sentiment d'égoisme pour étaient insensibles ou indifférens néanmoins,

noirs.

En

poursuivant

l'ouvre

qui droits

la jouissance de !durs acquérir ils n'étaient à travailler pas moins disposés

à


ETUDES

:~08

de la

l'amélioration

l'Ouest

que nombreux

de

neur

d'avoir

rale.

Nous

ces

infortunés

auxavons

Si nous

des sujet surent réparer

qu'ils

dans

Rigaud, esclaves, civils.

commissaires

nouveaux

cet

bientôt

même;

à

liberté

de

condition

par des liens sacrés. au leur faiblesse

quels ils tenaient a leur reprocher nous démontrerons dans

U'HAtTt.

L'HtSTOiRE

SUH

Ils

suisses, ce tort assura

le Sud,

l'arrivée

avant eurent

eu

ainsi

la des

l'hon-

de la liberté la déclaration généprécédé à lui-même un aveu de Sonthonax citerons

égard, quelques .Et remarquons

du Nord insurgés dans l'Ouest tenue

mois encore fut

après

son

la que entièrement

au

arrivée

Cap. des noirs

conduite conforme

à

celle

Nous de couleur. par les hommes et de faits qui prouvent avons cité assez de documens contre-révolutionavec les agens des noirs l'alliance de vues de la part des conformité et la même naires, hommes comme comme suivre,

de

couleur

auxiliaires. pour dans

qui C'est

servaient

dans

leurs

rangs les uns

effet pour qu'en marche à il n'y avait pas d'autre les autres, de la révolution de momens ces premiers

Saint-Domingue. La telle, ville,

du Port-au-Prince des factieux duplicité la municipalité que, dès le ~4 novembre, dans avait été si odieuse dont la conduite

était de cette l'affaire

de la Croix-desune lettre aux confédérés du 21, adressa où elle leur disait que le traité de paix du 23 Bouquets et comme être considéré détruit, ne pouvait octobre Elle au Port-au-Prince. à rentrer les engageait qu'elle avait rapleur disait en outre (ce qui était faux) qu'elle pelé les députés et de l'Ouest

de la paroisse à l'assemblée

à l'assemblée coloniale;

provinciale et elle invitait


11.

les

CHAPITRE

J

~79i]

hommes

une

de

couleur

à se réunir

nouvelle

Le

municipalité. le temps aux blancs

donner

~09

X.

fait

1..

de la part

voulant

Ceux-ci, dée dix reste été

emprisonnées, leur fussent qu'elles ces familles

leur

prouver

la position

par

furent

Croix-des-Bouquets. Mais, reconnaissant

effet

des esclaves

comman-

modération,

de leurs

pose<ent remises. en

ses for-

de la ville d'achever

et qu'elle l'insurrection redoutait des hommes de couleur.

tifications,

n

à elle pour former voulait est, qu'elle

familles

pour condition Cette condition envoyées

sous

qui avaient préalable acceptée, escorte à la

que le choix qu'ils avaient fait de Caradeux la Caye, frère du Cruel, était peu propre à inspirer de la confiance aux hommes de couleur, les M. de Grimouard, commandant blancs lui substituèrent

du

vaisseau

quets. homme

La

aussitôt

le Borée, qui condescendance

se rendit de

cet

à la Croix-des-Bouofficier

honorable,

à se prêter & ce rôle de médiateur, de sa mort. fut cependant cause provoquée par les révolutionnaire de Rochefort. Ils ne colons au tribunal de

bien,

lui pardonnèrent dans sa mission En

recevant

point

ses communications,

leurs posèrent la paix et de leur leur

la modération

conditions rentrée

dont

il fit preuve

les hommes

de cou-

de pour le rétablissement au Port-au-Prince. Elles

dans les points suivans principalement de des troupes et des canonniers 1° l'embarquement et autres incendiaires et des chefs de brigands Praloto, consistaient

C'est une remarque a faire que, Rapport de Garran, tome 9, page430. dans beaucoup de circoMtanN.s, des officierssupérieurs de la marine française se sont conduits honorablement dans leur position ou dans tes missions dont ils ontété chargés, soit dans le cours de la révolution, soit depuis !'indépec'tonoed'Haïti. Les faits successifs le prouveront.

:r:


310

ÉTUDES

SUR

du

actes

d'une

comme

l'Ouest,

de couleur,

nouvelle

et aux

hommes

de

garde nationale l'annulation des

4"

provisoire;

municipalité portant atteinte

et mu-

et de Binse, 2" la remise du

de la justice; celui de Belair aux

municipalité l'ancienne

de

armes

Praloto

a ix mains

et de Saint-Joseph 3° la formation couleur; d'une

de leurs

et la remise'de

fort

et

D'HAÏTI.

la restitution

Port-au-Prince nitions à l'arsenal, son lieutenant,

L'HISTOIRE

de

l'assemblée

droits

de

des citoyens

etc.

Les blancs

ne souscrivirent

à ces conditions et de la part de M. de Grimouard après de vaines tentatives les prétentions les négociapour concilier respectives, tions cessèrent. Elles furent entièrement rompues parla notification hommes

que firent de couleur,

point

les blancs de l'arrivée

du Port-au-Prince

aux

des commissaires

civils

au Cap et de la publication du décret du 24 septembre, les concordats étaient virtuellement and'après lequel et le sort des hommes de couleur et des esclaves nulés, remis

à la décision

Pendant

de l'assemblée

ces infructueuses

hommes

de

couleur

n'étaient

négociations, pas restés

frères

de

avaient

écrit

à

l'Ouest,

de

venir

la force

des

armes,

connaitre dats.

leurs

Ceux

tibonite accoururent

du

coloniale.

leurs

à leur

droits quartier

secours

les blancs déjà

toutes

inactifs.

Ils

paroisses

de

pour contraindre, du Port-au-Prince

par à re-

sanctionnés

par les concordu Mirebalais, de l'Ar-

populeux et de Saint-Marc, de l'Arcahaie à leur

les

les chefs des

et de Jacmel, qui était parti

André Rigaud, appel. aux Cayes, le jour précédant l'affaire avant d'y arriver, la violation apprit,

se rendre pour du 2i novembre, du traité de Damions

« Je fus instruit

dans

ma route,


t

CHAPITRE X.

[t79i]

3ii

» dit-il, de la violation du traité par les colons blancs du » Port-au-Prince, de leur trahison et des moyens atroce, » qu'ils avaient les hommes de employés pour anéantir » couleur.

J'écrivis

» instruisis

de suite

à mes frères

de ce malheureux

événement

» évidemment » gageai à se » tentions

qui

le projet de nous exterminer méfier des colons des Cayes,

étaient

aussi

» du Port-au-Prince » sure, pour repousser

je les

annonçait je les en-

dont

les

in-

perverses que celles des scélérats à se mettre en meje les invitai

par la force une agression injuste; me réunir à ceux de mes frères qui se à une nouvelle défense

» et je revins » préparaient Mais

du Sud,

le même

déjà,

l'assemjour du 21 novembre, du Sud et la municipalité des Cayes une rixe entre un blanc et un mulâtre,

blée provinciale faisaient naitre

arriver au même résultat Port-au-Prince. pour qu'au La sortie des hommes de couleur des Cayes fut donc occasionnée ils allèrent se par cette rixe particulière sur

camper

diverses

habitations.

d'armer s'empressèrent les hommes ves, pour détruire

le dM~Me

partie

temps, buron lâtres

ceux

des

quartiers la même

avaient

de couleur.

de

de leurs Dans

de la Grande-Anse

cette escla-

le même et de Ti-

contre organisation « Mais, dit Rigaud,

opéraient de ces quartiers.

» les colons

Les blancs

les

mu-

noirs

que

à leurs côtés, pour combattre ? clairvoyans sur leurs vrais intérêts, coMcotMCtM que leur cause était liée à celle de ~MfipordM, M réunirent ?

armés

etM!, et conçurent, » conquérir leur liberté ne doit

s'entendre

à leur

exemple, ? Ce qu'il dit

que de ceux

Mémo.rede Rigaud déjè cité, page <<. 'Ï /M.,page t9.

des Cayes

le projet de ici des noirs et des parois-

1


ÉTUDES

3i2

~o

~~tc!n~a

ses

~t et

voisines,

SUR

nnn non

L'HISTOIRE

ft~ de

D'HAÏTI.

<tfde

<~nY ceux

ta la

et et

f~t'Hnde-AnSf~ Grande-Anse

de

Tiburon. Tandis une

dérés de

de

libres

toyens

la

de

des

frère

la

datée

quelle

ment tes

les

de

sa

en

son

circonstances

mal

aux

ce

André

le

à Cette Nous

lecteur en

juge ce

mo-

connattre

faut

cette

accompagnèrent

hommes

effet.

Rigaud il

confé-

moment.

que

ci-

attribuée

son

afin

entier,

les

propos

en

impartial,

qui

à

il était

était

être

pour

lettre

produisait

d'Aquin

impression

car,

a

de

aider

pour sa

(qu'on

avec

l'Ouest,

composée

couleurs,

Rig~ud)

ici

donnons

sous

Cayes

Augustin

fut

lettre

toutes

hommes,

Croix-des-Bouquets,

couleur

son

mille

d'environ

armée

vers

avançait

Rigaud

qu'André

tou-

provocation.

part. te 24 novembre

Aquin,

Mes

chers

frères

et bons

t79i.

amis,

(le 20); j'avais tout laissé tous. et vous embrasser en paix. diligence pour vous joindre Étant à Saint-Michel, qui m'annonce je reçus un exprès du Petit-Goave ont été assassinés par leur trop grande que nos frères du Port-au-Prince Je suis

parti du Je faisais

confiance. assuré.

Je l'avais Bauvais

dimanche

Port-au-Prince,

tué,

de nos /r~*M s~W~. loir bien les secourir

bien bien marqué, je vous l'avais d'autres Faubert égorgé sur son lit, et beaucoup surtout ma promesse de vouOn me demande à la première et je ne suis arrivé à réquisition;

bien

prédit,

et vous prévenir surprise, de ne est bien Anses. Ma douleur grande, ~CM<être vengé, je veux arriver le sang de mes camarades pouvoir t~OM~r portant le souvenir qu'il est MM< et du Petit-Goave de Léogane Je viens d'apprendre que nos frères Aquin que pour aussi aux Fonds

prévenir et aux

ont désarmé

les blancs,

tous

nos

frères

et

de la

se préparent

à marcher

contre

le Port-

au-Prince. La paroisse aMCMW s~<~ concerné

aux

vient d'accepter d'Aquin avec des hommes aussi Cayes,

et partout.

Prenez

le traité pervers. garde

de paix; Le coup à vous

mais il n'y est ~r~Mt~

quittez

a

la vine; 9


CHAPITRE

[i79i]

X.

3i3

aux moindres mouvemens. Tuez, saccagez, ~û/M, ëinon de salut pour vous. H ne faut pas que nos ennemis profisurtout, qu'après les instrucperfidie. Point d'arrangemens dit Garran, de la Croix-des-Bouquets). Je vole attendait, à la vengeance. Si ma destination n'est point de mourir dans cette expédition, je reviendrai aussitôt vous joindre. Campez-vous, et nous vaincrons les brigands qui veulent égorger notre parti, et le réduire à campez-vous il n'y a plus tent de leur tions (qu'on

vous embrasse l'esclavage. 1~M</6aMcc/~M~M~e/je TMer mot est (~ me M~er ~e ces barbares.

tous

woM der-

A. RïGAt~. P. S. Au moment où ma )et'; ) allait partir, je reçois un courrier de la Croix-des-Bouquets. J'appren :s que nos frères ont eu !e dessus cette fois. Nous allons si bien faire, ( ue nous serons désormais à l'abri de toute surprise. Envoyez-nous le ~!us de monde que vous pourrez, commandé par de bons officiers. Vous prendrez partout des chevaux sur la route. Volez ai secours e!e vos frères égorgés. Nous allons terminer. Vive la liberté Vive t'égalité! ~MMW t P. P. S. Prêtons-nous secours, tous à tous. Acceptons-en partout. On

voit

que

Rigaud par les

assassinés

tres,

eut

qu'il ~es pas moius

couleur,

et nous

égorgées virulentes

au Port-au-Prince.

l'attention

de Garran,

de cette

ils l'ont

lisation, Mais

nécessité Tuez, rément maient

d'un

Rigaud

l'amour

avons

délire n'aura-t-il

M~, saccagez, ils expriment Rigaud,

explique de

l'amour

a

la

d'une

preuve la

furent

part de entendre

après démora-

son

ne roule

attiré

auteur.

do parler que sur la

t ses frères. se at

dont

qui

de

les expressions

Vive

pas voulu toute sa lettre

les

femmes

de Lacroix

de

premier le con-

la classe

Pamphile

comme

fraternel ? Car de porter secours

André

Cela

de

d'esprit

dans

des

Le cri et

considéré

victimes

parlé

dej~

lettre.

et d'au-

son Cependant, avait dû apprendre

annonce

post-acriptum traire. Il n'y

lui

blancs.

Faubert

Bauvais,

croyait

idées

des de

!a colère

termes

affreux

assu-

vengeance qui aniétait souvent portée

j


3<4

ÉTUDES

à la violence.

Mais,

SUR

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

n'avait-il

Raynal

pas prédit

la ven-

et le carnage qui signaleraient des opl'entreprise le joug ignominieux primés, pour secouer que les Eurosur eux? Mais Sonthonax, le foupéens appesantissaient geance

gueux Sonthonax, n'ordonna-t-il pas un jour a Laveaux, de M~er, de saccager, tous les lieux que par conséquent cet officier général serait forcé d'abandonner aux Anglais et aux traîtres la colonie? Il n'ordonna qui leur ~vraient de tuer;

pas, certainement, à son honneur, même

reçu de Polvérel lui adressa à cette

ce dernier

a fourni

sentiment

de

la prouve

la vengeance

il ne tarda

mieux, ces ordres

de rétracter

d'avoir

thonax

disons

la lettre occasion.

barbares,

pas, avant

de reproches que SonToutefois, un moment où le

qu'il arrive entraine les

esprits

les plus

fermes Et chinat,

les

chefs

Bauvais

des hommes et les autres,

de couleur

de l'Ouest, ne lancèrent-ils pas

à peu près dans le même temps vait sa lettre, l'appel suivant qui plus

qu'André respire

Pinaussi,

Rigaud la vengeance

écrila

cruelle?

Amis, la patrie est en danger; de tous côtés nos frères armés marchent à la défense de leurs droits méprisés, et à la t~M~ de la foi des traités violés. Il n'y a pas un instant à perdre quiconque diffère ou balance à marcher dans ce moment, est, à trop juste titre, suspect, coupable du crime de lèse-ration, déclaré traître à la patrie, indigne de vivre, ses biens connsqués, jt son nom voué à l'exécration contempor&ine et future. Volons, chers amis, vers le siége du Port-au-Prince; plongeons nos « La rupture da concordat do t3 octobre a été le signal d'une nonveHe » guerre civile dont t'OMM<et dont le Sud dé Saint-Domingoe. Le sang des » femmeset des ett/ow des hommes de coulenr eyof~, criait ce~ea~ce; ils » écoutèrent la voix de cette passion impériease; ils reprirent les armes. » (Paroles de Sonthonax aux Débats, tome 3, page i7t.)


CHAPITRE X.

1

3i5 [i79i] ] bras ensanglantés, du po~Mfe <?<de la ~er/MM, datM e~eM~ «tM de ces ?MOMs~M Assez et trop longtemps nous avons servi de d'Europe. jouet à leurs passions et à leurs manœuvres insidieuses; assez et trop nous longtemps gémissons sous un joug de fer. Détruisons nos <~<MM, ensevelissons avec eux jusqu'aux moindres de notre vestiges ignominie arrachons, jusqu'à ses racines les plus profondes, ce<ar~ dM~/M~. Engagez les uns, intimidez les autres; f promettez, menacez, entraînez dans votre marche les citoyens blancs et vertueux; mais surtout, chers amis, union, courage et célérité: amenez-nous bagages, canons, munitions de guerre et de bouche, et venez de suite vous rallier sous l'étendard c'est là que nous devons commun tous périr ou D~M, la nature, la loi et l'humanité, si longtemps dans ces climats d'horreur. outragés Juste dans

toute

la vigueur il révélait déjà

lent,

de J.-J.

général 28

avril

des

du

de

canon les

eaux

côté

l'intérieur plus sur

de

de bornes les

blancs

forma

à Martissans

toutes

ville,

à

leur qu'ils

où les

alimentent

la

le

siège

du

de la plaine au Nord, et à l'Est, du côté Rigaud

inquiétaient

qui

viHe,

rage

couleur

et

qui

et empêchèrent et le dehors.

mirent leur

de

à Bizoton

campé

Dans

de la proclamation du des pensées plusieurs

retrouvent

Bauvais

détournèrent

elle

se

de la Charbonnière

pièces

cette

auteur

hommes

Port-au-Prince,

Sud,

alors

1791

des

des mornes

était

adresse,

de la jeunesse. D'un caractère viodans cette le futur secrétaire pièce

en

L'armée

de cette

Dessalines,

1804

exprimées

du

rédacteur

Cbanlatte,

les

il établit

communications

Praloto

Ils

assiégés. fontaines

de entre

et ses sicaires

scélératesse.

Assouvissant

soupçonnaient

d'être

ne

des

C'est à la même époque que J. Chanlatte nomma le Port-au-Prince, Portaux-Crima. Il loi app!:qaa de nouveau ce nom, en t807, dans une diatribe qu'il poblia contre les membres da sénat de la répubtique. Il était alors un des secrétaires de H. Christophe.

1


ÉTUDES

~i6

SUR

L'HISTOIRE

D'HAtT!.

de la confédération de la Croix-des-Bouquets, partisans et forcèrent d'autres ils en tuèrent à. fuir, soit plusieurs sot à !'étranger. Les meneurs dans cette paroisse, qui les poussaient aux fureurs contre les hommes de couleur, no

pouvaient plus les contenir; l'assemblée coloniale n3 pouvait

de

même

souvent

cette sujets que renfermait servi d'instrumens contre les

Cap, tous

ville

et qui lui mulâtres et les

les mauvais avaient

qu'au maitriser

au Port-au-Prince, les pe~s ~OMM, Là comme nègres. classe ignorante et dépravée par la haine et la jalousie. d'une foule de bandits arrivés dans la s'étaient accrus colonie

et

des Cayes Dans rations

venant

de

renfermait

le Sud,

les hommes

des deux

La ville

plusieurs pays étrangers. aussi de ces misérables.

Rigaud, acharnés

de couleur, résistaient

suivant avec

les inspiavanquelque

contre eux. Après avoir été tage aux blancs l'un des battus au camp Mercy où périt Narcisse Rollin, de la ville de Saintchefs du camp Prou, ils s'emparèrent Louis sines.

et devinrent

puissans dans les paroisses le rétablissement On les accusa de vouloir

circonvoi-

cien régime, les municipalités parce qu'ils abolirent leur substituer de police. Mais cette des bureaux devenait

une

nécessité

de l'anpour mesure

dans puisque la colonie, les corps populaires, de colons, composés taient contre eux tous les malfaiteurs. impérieuse,

toute exci-

La preuve que ces corps populaires, dans le Sud comme dans l'Ouest~ n'acquiesçaient qu'à regret, que par la aux concordats force des circonstances, signés entre eux et les hommes « Ces traités,

de couleur,

dit-il,

se trouve

avaient

dans

été arrachés

Garran

par

la force,


[<79t]

X.

CHAPITRE

]

3<7

1

1

et tout taient

indique pas les

qu'en exécuter.

écrivit

à l'assemblée

les

les blancs ne compsignant, La municipalité de Cavaillon

coloniale,

que

ses

n a-

commissaires

vaient

le traité de paix que pour avoir la tranaccepté aux lois. L'assemblée du Sud quillité, et conformément fait le même aveu, à plusieurs dans une lettre reprises, à rassemblée coloniale. La ville des Coy~ ~e<at< pas plus sincèrement réconciliée avec les hommes de couleur. On peut en juger par une lettre que le commandant du Sud, Mangin moigner Cayes. » parce

écrivait d'Ouence, ses perplexités sur

à Blanchelande le traité

fait

« Si je le reconnais, disait-il, des Cayes, que la commune n'a pas le droit de déroger

» ment, » tionnelles

de l'Etat.

D'un

autre

côté,

lui tépour avec la ville des la loi, isolé-

j'enfreins considérée aux

lois

mon

constiturefus

peut extré-

» porter les hommes de couleur aux plus cruelles » mités; la torche brûle dans leurs mains. Je crois » qu'il serait bien à désirer à livrée pour cette province, » ses propres de défense, moyens que MM. les commis» spires ~M'<f(MMM< ~Mce~M~M'M ~'am~OM~; » actuellement nous sommes assurés que les gens de » couleur, reconnaître ni les commisqui ne veulent » saires venus de France, ni l'assembi ni nationale, » celle coloniale se porteront existante aux dernières » extrémités, < entrevoient que leurs traités ~e soient pas » ~CM~. « Les troubles

les paroisses qui ne cessaient d'agiter voisines de l'Ouest, continue ne fournirent Garran, que une paix si mal assurée. trop de prétextes pour rompre On pCM< induire de quelques ot~Ma? des blancs CMa?-M~M~, que les hommes c~coM/eMf ~c furent pas les agresseurs; tous les me noires que nous avons sous les yeux

mais attes-


ÉTUDES

3i8

tent

SUR

à des

se livrèrent qu'ils '» font frémir.

qui

D'HAÏTI.

L'HISTOIRE

cruautés

et des perfidies 1

D'après avait pas

ces passages de Garran, foi de ~a part bonne

il est démontré des

blancs

du

~uand ils souscrivirent Cayes particulièrement, cordats avec les homme}; de couleur. Comme

qu'il Sud,

n'y des

aux conceux

du

ils les s gnèrent dans la pensée perfide Port-au-Prince, de la confiance à leurs adversaires, afin de poud'inspirer ces conventions; voir mieux les accabler. Ils violèrent ils les premiers hommes de couleur furent

L'intérêt politique à les rompre. n'était-il ces pas de maintenir

dans le Sud comme dans qu'ils avaient signés, les premiers, Ils ne pouvaient donc pas violer, cordats.

des actes

l'Ouest? ces con-

de couleur du Sud se soient livrés à Que les hommes de la paix par des actes cruels, atroces, après la rupture c'est un fait acquis à l'histoire. Mais la faute, les blancs, en sont

le tort

à ces derniers, de même que que, dans le Nord, les crimes

imputables

avons

fait remarquer commis par les noirs insurgés haine de l'assemblée coloniale, nous

les blancs sitions

qui

ne voulurent

de paix que firent que les cruautés

ne sont imputables qu'à la aux crimes commis par sanctionner

les propoIl reste donc dé-

point

les insurgés. commises dans

le Sud par des hommes de couleur contre les femmes et les enfans blancs, de celles commises là même ne furent que les représailles et au Port-au-Prince par des blancs, su~ les femmes et les montré

Rapport, terne 2, pages 531 et &32. Voyezaussi le 3* votoma des Débats. pages

9"

et 98,

Sonthonax

soutient

que

les

~o~MMM

de couleur,

tow

d'être

les agresseurs, ont été cofMtoMWM~t attaqués; bien loin d'avoir été perfides, ~<fM, ont cotMtotnnKtttété (ro~M par les blancs.

·

.M..W.


~79i]

enfans

CHAPITRE

]

de cette

classe;

X.

3~9

et l'adresse

rédigée par Juste Chanlatte, signée de lui, de Pinchinat, de Bauvais, etc., ne les excitait que trop à ces actes -détruisons nos ~ra~M, plmadu pa~Mre et de la yeoyM nos bras ensanglantés, vengeurs pcr~Mtc, dans le sein de ces wofM<rM <fEMro~c, telles furent les instructions dictées par les chefs de la classe de couleur. Ceux du Sud les prirent à la lettre, tandis que ces disons-le à leur honneur, chefs, différemment agirent ils surent mettre qu'ils ne l'ordonnaient dans leurs actions, dans leur conduite, une louable modération qui ne se trouve pas certainement dans leur adresse. Et Garran ne dit-il pas encore, à la page 533 du 2" volume de son rapport « Si ces atrocités paraissent » peu conformes à ce que l'on a dit des hommes de » couleur au commencement de cet ouvrage, on doit » songer des brigands du Por<que les /MMM<M ea~ïp~ » au-Prince e< du Trou-Coffi n'avaient été que trop » propres à les démoraliser. » Et à la page 536 « De leur côté, les blancs les (dans !e Sud) traitaient » hommes de couleur avec une grande barbarie ils ne » faisaient aucune Partout des grâce aux prisonniers. » commissions dans le Nord) juprévôtales (comme » geaient ceux qui avaient été pris les armes à la » main, et les condamnaient aux supplices lu plus cruels, » après les avoir à la question ordinaire et appliqués » extraordinaire. Un des chefs des hommes de couleur, » nommé Bleck, fut ainsi brdlé vi f, quoique la procé» dure instruite contre lui, et son procès-verbal de » <or<Mfc en particulier, n'indiquent pas même qu'on » lui eût reproché d'avoir commis des personnellement » atrocités » ou des incendies. Joseph Bleck, ne à SaiMt-LonMdu Sud, avait été étevë A Bordeaux, où

&K.t!

1

1

i 1


320

ÉTUDES

StJR

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

est prouvé que ce sont les blancs qui rompirent dans dans le Sud comme pre~tïerx les cunccrdais,

SU

s'ils

l'Ouest;

les hommes en

aient

ont commis de couleur,

commis

des actes est-il

de

cruauté

étonnant

que Fallait-il

de semblables?

contre

ces dernier' donc

qu'M! blanche à

de la peau, donnait à la race qui les droits et la faculté Saint-Domingue politiques

privilége tout

de tout

faire,

du crime

contre

oser,

la race

elles

de

elle

encore le privilége joignit noire? Les représailles ne sontde la guerre les ? Les nations

pas dans le droit n'en exercent-elles plus civilisées guerre que celle qui armait et les mulâtres et les nègres,

Et quelle pas souvent? les blancs, d'une part, de l'autre? Quel en fut

le principe, nécessités? » qu'il » fallait

le but, quelles en furent les causes et les Si Augustin a dit, a proclaméRigaud Ma~ de composer, plus temps de feindre ~M'~ ~MMtm'e~~

deux

qu'une

» dire

des deux rac~j qu'une place n'a eu en cela que l'avantage, nous d'avoir ce qui arriverait mérite, prévu

classes

(mieux il à ~'QM~; ? dire le n'osons en 1804.

Toute

cette

histoire de la révolution de Saint-Dominlongue malheureusement cette impérieuse nécesgue démontre de ses pages, du moment sité, à chacune (observons-le son éducation fut soignée. Prisonnier dans l'attaque dirigée par les blancs contre le camp Mercy, le 8 février 1792, il fut d'abord roué, goudronné et ~n~Mencore vivant. « Je ne puis me refuser à une réSexion dont la justesseet l'évidence vont, » j'espère, vous frapper. Qu'on entasse dans les deux bassina d'une balance, M d'an côté, les crimes que l'on reprocheaux blancs, de l'autre ceuxdes hom»

m<'t d< couleur;

qu'on

suppose,

si

l'on

veut,

que

les

plus

grandes

horreurs

» ont été commisespar les hommes de couleur, cela n'empêchera pas de penH ser que ceux qui, les premiers, ont manifesté des prétentions injustes, ceux M qui ont ~< premiers refusé d'accorder une chosejuste, ont été ~prettttcft )) ~~t-eMeMM,les premiers ~r~t'occKcu~ do la guerre civile, par conséquent » 6CM{$ rc~uMa&!exde toutes les représailles qui en ont pu être la suite. » (P.ir')tet de Polvérel aux Débats,tome 9, page85.)

1


1

CHAPITRE x.

ti79i] bien) que sur leurs noirs

les

blancs

colons

3~t

ne voulurent

à maintenir

prétentions

les mulâtres dans l'esclavage, les droits tenaient que ceux-ci

malgré comme

tous

les

autres

elle-même

métropole

céder

point

les

perpétuellement

dans

hommes, consacrait ces

du

tèrent

en soit, qu'il des confédérés respectivement

les

blancs

moment

la

que

du Port-au-Prince,

de la Croix-des-Bouquets des commissaires auprès

à l'impuissance de faire le bien, s'enbrcèrent, et des exhortations, par des conseils ramener le calme dans les esprits, de désarmer haines. Ils prêchaient dans le désert 1

ils de les

de cet aveu profita d'impuissance de leur comme part, pour déclarer, eux, M«&, t~coM<t<M<towt~ e< a~<o<otr~ à <~ prérogaillégaux, <t~<, tous les concordats les blancs et les passés entre hommes actes

de

avaient T. t.

coloniale

couleur,

dans

toutes

les

paroisses

f

dépucivils

Réduits

L'assemblée

1

et

les blancs, les hommes de couleur pour signaler comme des forcenés aucune qui ne méritaient commisération les hommes de couleur et les blancs contre-révolutionnaires unis à eux, pour demander l'approbation des concordats et solliciter surtout leur présence dans afin d'y interposer leur autorité. l'Ouest, Ces commissaires, liés par le décret du 24 septembre des pouvoirs si exorbitans à l'assemblée qui attribuait ne purent coloniale, contre les conque se prononcer cordats.

1

l'avilissement. de la nature

prétentions par une aussi odieuse, dans le temps de sa législation régénération et sociale, politique sous que celle qui existait l'ancien régime. Quoi 1 armée

1

été signés. M

ces

t ¡


ÉTUDES

322

SUR

D'HAtTI.

L'HISTOIRE

1

cette

déclaration

Après commissaires

civils

renouvelèrent

ne

fut

1792, en

y lit ces

« Des

motifs

estimables

» par des passions, » l'égarement. Vous )) depuis que vous

pas

ont

ne

combattez

des

comble

de

!L'étes-vous

Français

Français pour faire Inexécution d'MMe ~Ot obéir

aux

1

décrets

emplus. Vous prétendiez dans les provinces de l'Ouest donc être malheurs pourraient

par

votre

incendies

)' ce~tic du

contraire parti aviez l'intention

» mes de couleur,

et les

assassinats,

oc-

pas à coM/~d~roitOM? N'avez-vous non-seucrimes qui se commettent

)) ~OMSreprocher les » lementpar des scélérats M Vous

altérés

les reconnaissez

» pêcher des malheurs » et du Sud 1 Quels que les » plus anreux » casKWM~

au

conduits

rester

désiriez

pour

mais

eux-mêmes,

» adopter vos pac! eu empêchant vouliez » constitutionnelle ? Vous » vous

de partialité

étranges

passages

vous

la paroisse leur lettre, du

mais

exempte

en

aux

et de

la Croix-des-Bouquets dans le Sud Fond-des-Nègres,

8 janvier ies blancs

les

coloniale, exhortations

leurs

de

confédérés du

rassemblée

de

qui

de ~o~pard.

mais

votre que provoque des droits d'accorder

et qui pouvaient de la révolution

encore

par coalition ?

aux

devaient

homparti-

Ne les exposezaux avantages sous pas même perdre l'état dont ils jouissaient les protégeait et ne entière roMCte~ re~t~e? La France elle ne » voyait en eux que les t~c~Htes f~MM préjugé; )) les verra plus que cow~c des ~ra~ dont ~'aMdace doit

» ciper » vous

» c~rt~~cr son &r<M~c~cur. Après

cette

lettre,

?

Augustin

Rigaud n'avait-il pas raison « Nous savons de Torbeck

à la municipalité de répondre a <roK blancs de plus dans la co/owc. q~

»


CHAPITRE

[1792]

x.

3~3

les termes de la lettre des commismaigre saires, empreinte d'une si criante les hommes injustice, de couleur de 1 Ouest furent disposés plus que jamais à faire la paix avec le Port-au-Prince. Ils s'empressèrent de faire des propositions à ce sujet, aux blancs de cette ville qui repoussèrent, à coups de canon, Pinchinat et le blanc Chancerel qui y allaient pour les leur soumettre. Alors, ils écrivirent de nouveau aux commissaires civils et insistèrent sur la nécessité de leur dans présence l'Ouest leur lettre du 26 janvier 1792 fut signée par Hanus de Jumécourt et Bauvais. Cependant,

C'est

à cette

se rendit au Portépoque que Saint-Léger où il arriva le 29 janvier. au-Prince, Pendant son séjour en cette ville, s'il obtint quelque heureux résultat des hostilités, pour la paix, pour la cessation ce ne fut que du côté des confédérés à son inqui s'empressèrent, de rétablir la circulation vitation, des eaux et des approvisionnemens du dehors. Les blancs de la ville continuèrent à se montrer récalcitransà toute recominjustes, mandation

qu'il leur faisait en faveur du bien général de Léogane Requis par les habitans d'y venir pour le~: soustraire à l'oppression dans cette paroisse qu'exerçait le fourbe connu sous le nom de Romaine la Pro~~M~ entrainait qui, à l'aide du fanatisme les ateliers religieux, d'esclaves dans toutes sortes de crimes, ne Spint-Léger des blancs aucune force pour put obtenir s'y transporter. tl fut obligé de s'adresser à Pinchinat et à Bauvais qui lui fournirent un détachement de cent hommes de couleur.

commandé

par Baptiste du Boyer, le porte-étendard A.ec ce détachement et les secours qu'il camp de Diègue. de couleur du Petit-Goave et du Grandreçut des hommes Goave, il parvint, non sans quelque difficulté, à traquer


ÉTUDES

~4

SUR

L'HISTOIRE

et ses bandes,

Romaine

D'HAtT!.

et à délivrer

des

Léogane

rava-

ges de cet imposteur. était à Léogane, que Saint-Lé~er et aux aux blancs la modération

Pendant d'inspirer

les corps populaires du Port-au-Prince la Croix-des-Bouquets. sortie contre

couleur, rer

une

s'efforçant hommes de firent Leur

opéarmée

de ligne, des gardes nationales des troupes se composait et des :!es canonniers soldées par la commune, dePraloto, de Cayeman. nègres esclaves déjà armes sous la conduite Un colon, Cette

nommé

se divisa

armée

le chemin Cul-de-Sac.

secondait La Villandry en deux corps dont l'un

Praloto.

Breton

de la Coupe, Le premier

et l'autre reçut

passa par route du

par la grande une forte résistance

de la

de couleur campés à la Charbonnière part des hommes furent enfoncés. ces derniers La colonne néanmoins, directement sur marcha une résistance moindre succès

ne furent

l'armée

la Croix-des-Bouquets éprouva et s'empara Ces d~ ce bourg. que parce que par les blancs,

obtenus

de couleur

donnée probation civils, notamment

qui

s'était aux

presque concordats

depuis

l'arrivée

par la désaples commissaires

dissoute,

par de Saint-Léger

au Port-

au-Prince. Les habitans et les enfans

du Cul-de-Sac, avaient

dans

les vieillards, les femmes dû fuir cette plaine pour se porter des Grands-Bois et au Mirebalais. En

les montagnes vain ces féroces vainqueurs

leur

signifièrent d'y revenir, à la patrie; ils préfétraîtres sous peine d'être réputés choisis. rèrent de rester dans les asiles qu'ils s'étaient dea injusde couleur, Mais alors les hommes fatigués tices de tous ces blancs, source.

Ils soulevèrent

mirent

en usage leur denuèfe les esclaves, en leur donnant

respo~MT


j

CHApmŒ x. 3~5 [1792] chef un jeune noir intelligent, esclave nommé Hyacinthe, du colon Ducoudray. sous l'inflence des hommes Agissant modérés l'armée de couleur et de Hanus qui dirigeaient de

ne permit aucun Hyacinthe assassinat, Cette levée de boucliers des esclaves se

Jumécourt, aucun incendie. fit avec autant Dans

leurs

d'ordre rangs

que Garion Santo, Bélisaire Bonnaire, Les d'en

de couleur. que celle des hommes des chefs secondaires, tels figuraient Ha!aou, mutatre.

marchèrent insurgés ils chassèrent l'armée de

prodiges

aussi

perdirent la viiie. Dès

valeur

lors

Bébé

trois

Coustard,

sur

et

noirs,

!a

Croix-des-Bouquets du Port-au-Prince, après des et beaucoup de pertes. Les blancs

du monde

les hommes

et rentrèrent

en désordre

dans

de couleur

une préacquirent dans l'Ouest. pondérance A l'instar de ce qu'ils marquée avaient pratiqué dans la plaine du Cul-de-Sac, ils firent soulever les ateliers de l'Arcabaie et de l'Artibonite. Ils enfin recommencer purent Ceux de l'Arcahaie avaient Chan~atte, de couleur.

du

Port-au-Prince.

Juste pour chefs Cameau. J.-B. Leroux et J.-B. Lapointe, tous hommes Ce dernier était sans contredit le plus habile

et le plus énergique. Pendant

le siège

Nous le verrons

son séjour

voyé André Rigaud mation où il invitait

reparaître

plus

tard.

avait ena Léogane, Saint-Léger dans le Sud, porteur d'une proclales blancs et les hommes de couteur

de cette

& la paix, à la modération. n'aprovince Rigaud vait pas réussi dans cette mission; il revint alors dans t Ouest et s'étabtit à Bizoton tvec son corps d'armée. Ces faits se passaient en avril 1792. Dans

le même

temps,

la commission

civite,

fatigués

du

1


326

ETUDES

SUR

passif et impuissant et reconnaissant mingue, désir

la résolution

prit pole

D'HAITt.

'1.

rôle

lons et leur

L'HISTOIRE

a Saint-Doqu'elle remplissait la perversité croissante des co-

de se rendre d'y retourner

de la France, indépendans afin d'éclairer la métro-

sur la situation

do

la colonie.

Cette

le 27 mars,

entre

Roume

et Mirbeck

arrêtée, restés

au

De son

Cap.

la même Marc, prenait le 1" avril, Saint-Léger mois. Roume il reçut aveu qui

côté, Saint-Léger, résolution. Mirbeck partit

devait

s'embarquer de F un des membres

résolution

fut

qui étaient venu à Saint-

de Saint-Marc

le Cap quitta le 8 du même

le 4 mais de l'assemblée

à ce moment, coloniale un

le porta à différer son départ, le pour déjouer contre-révolution à Saint-Domingue, projet formé d'une semblable à celle qui venait de s'opérer à la Martinique. Ce projet.

selon

lui,

devait

amener

une effroyable

cata-

il resta pour la conjurer. strophe Il en reçut l'aveu de Dumas, membre du côté Est de l'assemblée coloniale, qui se rapprochait, par ses opides agens du gouvernement, tous partisans de nions. l'ancien naires.

et conséquemment contre-révolutionrégime, Le côté Ouest était formé des anciens membres

de

l'assemblée

de Saint-Marc générale qui avaient été réélus à la nouvelle assemblée et d'autres membres coloniale, adhéré à leurs principes, étaient en qui avaient lesquels faveur de 1 indépendance de la colonie ou de sa soumission

à la Grande-Bretagne. cette époque Jusqu'à

avait

dominé

dans

du

1er avril

l'assemblée;

1792.

mais

cette

le côté

Ouest

assemblée,

les commissaires civils pour la France, fut partir des conséquences des rapports ne manenrayée qu'ils queraient pas de faire contre elle et contre tous les colons voyant


m-

CHAPITRE

[1792J

X.

327

o~ n,et m.trn., a~n.~:I 1. _h L n_ >>_ -1 en Elle général. n ignorai pas d'ailleurs que depuis l'admissi n de Brissot et des Girondins à l'assemblée natio-

nale dans

législative, la législation

mée

des discussions et du

1791.

deux

une côtés

résister blée

du

sorte

nationale.

dans

circonstances de fusion

des opinions (oloniale, pour

qu'ils redoutaient C'est ce qui donna

la colonie

pour Dans son

combinées.

pouvoir

d'emde cou-

contribuèrent

à des

respectives

pouvoir mieux de la part de l'assemalors

une grande insorte le chef quelque

qui s'était fait en Son aveu à tourne détermina

Est.

dans

changement Elle était infor-

le mois de décembre

réunies

à Dumas

côté

rester

colonies.

un

~)ar lequel il était défendu nationales contre les hommes

de l'assemblée

aux actes

fluence

survenues

amener

décret

les forces ployer leur. Toutes ces amener

ils pouvaient relative aux

celui-ci

leurs déjouer à la convention

à

intri-

narapport du 28 janvier tionale, 1793, il dit « qu'il craignait un » engagement dans le. ville du Cap général engagement » dont le succès, quoique douteux relativement au parti » vainqueur, soit une contrenécessairement, produirait gues

» révolution, » peut-être

soit

la formation

ces deux

états

l'un

d'une après

nouvelle l'autre.

Guinée, »

ou

1l


CHAPITRE E Xt.

Innueuce des ~4tHM des noirs dana FassemMée nationale législative.–Décrets do 7 décembre t79t et du 4 avril t79:. Lettre du colon Côognac Mion. Décret dn M juin. Nomination de Polvérel, Sonthonai et AUhand, commissaires nationaux civils. Instructions do roi. Décrets des t7, <t et <5 août, 8 novembre et 0 décembre < 79!.

L'assemblée

constituante,

dont

la

grande

majorité

n'avait

été que trop favorable aux prétentions injustes des cotons, du 24 septembre après avoir émis le décret avait fait place a la nouvelle nationale 1791, assemblée sous

connue

le nom

de

la législative. en étaient membres.

parti de la Gironde naires éclairés, qui montrèrent à l'égard de leur teur de la société

Brissot

et tout

le

Ces révolution-

des sentimens

si généreux de l'esprit du fondapays, s'inspirèrent des Amis des M0tr< et des bonnes dispo-

avait toujours montrées que la ville de Bordeaux en faveur des mulâtres et des nègres libres, pour leur admission à l'égalité des droits politiques avec les blancs.

sitions

Ils

apportèrent de leurs talens, soutonue

par

de Coulon noirs.

Julien

au triomphe et trouvèrent des lumières

qui n'était

de cette une

cause

généreuse

incontestables,

le concours assistance, dans

Garran

ni de la Gironde, ni des ~WM et les autres hommes de couleur Raymond


r

CHAPITRE

L~792]

XI.

3~9

r résidans

France

en

droits

à ces défenseurs de leurs prêtèrent des renseigncmens qui résultait et

tout

l'appui des informations qu'ils D'un anciens loniales colons

autre

les

côté,

et les nouveaux auprès résidans

recevaient membres

de Saint-Domingue. du club Massiac,

commissaires

de l'assemblée

des assemblées

les co-

et tous les autres

nationale,

en France, veillèrent plus que jamais au maintien du préjugé de ia couleur et de l'esclavage. Ne se dissimulant pas que le progrès des idées révolutionnaires amènerait un changement dans la législation sur les colonies, ils disposèrent toutes leurs intrigues accoutumées pour capter les membres de la nouvelle assemblée, et les faire tomber dans les mêmes piéges qu'ils avaient tendus a ceux de la constituante. Ils redoublèrent d'activité

pour

publier

des journaux

et des

pamphlets

qui pussent ment celle celle

et particulièreégarer l'opinion publique, des villes de commerce, afin de réagir sur de la législative. Mais Barnave, leur insidieux co-

n'en était pas membre. ryphée, La première assemblée avait décidé qu'alun de ses membres ne pourrait faire partie de la législative, et ce fut heureux pour les hommes de la race noir~ ce généreux Br~ot, enan, dé~nseur de leur cause, introduisit par lui seul un nouvel esprit et des idées plus libérales dans la nouvelle assemblée, que celles qui avaient prévalu jusqu'alors. Dans eet état de choses, dès le mois d'octobre où commencèrent les travaux de l'assemblée législative. la nouvelle de l'insurrection des esclaves dans le No~d, et bientôt après celle de l'insurrection des hommes do cou~r sentiment

dans

l'Ouest

qu'éprouva dans immédiatement,

ea France.. parvinrent cette assemblée fut le mois

de novembre,

J~e premier de décréter des secours

j

1


ÉTUDES

330

des

considérables

aux

victimes

l'insurrection

dans

le Nord

surtout

ter

dans

D'HAUT!.

L'HISTOIRE

SUR

désastres

produits par devaient consis-

ces secours militaires

les forces

enverrait

à

les causes

de

qu'on

Saint-Domingue. ces

lorsqu'on insurrections,

divisés

du

ces événemeos

tribuèrent

des

les prétentions augmenté tous les troubles. et fomenté

avait

eux, couleur

furent

l'assemblée

de

des colons, exclusifs partisans atdu 24 septembre, décret à celui du 15 mai qui, selon

Le:;

d'opinions. le maintien

voulant

rechercher

de s'occupa les membres

Mais,

de

hommes adversaires

Leurs

nés

dans

de ce dernier

dé-

les

maux

conclurent, la colonie

contraire, que tous venaient de l'inexécution

cret

mesure prise par celui du 24 l'impolitique consentis Ils firent valoir les concordats par

et de

septembre. les colons

au

de couleur,

avec les hommes

eux-mêmes

la nécessité prouver demandèrent enfin

de rapporter la ratification

pour ils ce dernier décret; telle des concordats,

telle qu'ade couleur, les hommes que l'avaient espérée soumirent les colons, vaient semblé y consentir lorsqu'ils à la Damions, fait sur l'habitation celui du 23 octobre, sanction

de

était

d'empêcher que ne fussent l'assemblée, couleur. « en

déclarant,

» serait )) elle

en

Guadet

dit

responsable tardait plus

» question. ? CharlesTarbc, faire un rapport le ciub Massiac

Leur

nationale.

l'assemblée

secours

les

employés fit

l'objet

Garran, de tout longtemps

en

cela,

votés militaires, les hommes contre d'une

motion

par de

expresse nationale

que l'assemblée le sang qui serait versé, si sur cette à se prononcer

député de laSeineJnférieure, de la colonie, sur les troubles et les autres

but,

colons,

chargé

de

et gagné par naturelleconclut


CHAPITRE

[i792]

XI.

33i

)

ment

au.maintien

du

de constitutionnel.

Son

bre

fut

1791,

suivi

décret

du

rapport, d'un autre

~4 septembre, quaHtié en date du 10 décemqu'il

présenta

le 10 jan-

vier 1792. Mais

les

l'opinion Dans un avait

dit

membres

de

l'assemblée

contraire,

avaient

combattu

discours

prononcé

le

qui cette

partageaient

proposition. 7 décembre, y Garran

« C'est

et la tyranmettent les

l'injustice, l'oppression soulèvent les hommes, qui leur

» nie

qui » armes à la » droits, le

main

c'est

respect

pour

» rent la paix publique » en reconnaissant aux » lles, les mêmes » y rétablirez la

droits paix

la reconnaissance la foi

et qui hommes

des les

traités

de

leurs

qui

assu-

désarment.

de

couleur

C'est dans

coions blancs, qu'aux et le règne des lois.

nos

que vous Et qu'on

» ne vous dise

est l'ouvrage <ïc la pas que ce concordat a été dicté les armes à la main. Citez-moi

» force, qu'il » l'exemple d'un » ses droits » qui l'en » suivi

seul

peuple

autrement

qu'en Les

dépouillait.

votre

opprimé qui ait recouvré se ressaisissant de la force hommes

de

Las de soUiciter

exemple.

couleur

vainement

ont une

» demi

seule aurait dû leur -justice, que la politique » obtenir, ils ont proûté du besoin avait d'eux qu'on » pour assurer leurs droits tous les oppriet, comme » mes, ils n'ont exigé par la force que ce que la rai)' son et la justice les autorisaient à demander. » les intrigues des Malgré la justesse de ces argumens, colons furent telles qu'ils réussirent a faire traîner cette affaire en longueur. Les efforts des hommes généreux qui

plaidaient obtenir purent lequel

il était

la cause

des

hommes

alors

que le déc~t

défendu

d'employer

du

de

couleur

1 ne

7 décembre, par les forces envoyées à


33~

ÉTUDES

contre

Saint-Domingue

L'HISTOIRE

SUR

D'HAÏTI.

cette classe;

mais

c'était

un

déjà

triomphe. Ce ne fut qu'à la fin du mois de mars 1792, après une discussion solennelle dans l'assemblée législative, que, des principes de la déclaration des droits et s'étayant de ceux dtns le décret du 29 mai 1791. consignés constituante avait exposé tes mopar lequel l'assemblée tifs de celui du 15 dudit des hommes mois, les partisans de couleur réussirent à l'emporter sur leurs adversaires. Barnave

auteur des de&x décrets du mois lui-même, mai, avait écrit ce qui suit, en parlant du décret du mars 1790 qui reconnaissait les droits implicitement hommes de couleur « qu'il ne dépendait pas » l'assemblée » cret

du

constituante 28

mars;

» re~r~TM~e

de se refuser ne dépendait

qu'il en portant

sens, des

» une

de l'empire faculté à qui actifs, des hommes

citoyens;

ces droits

» les droits » lui

des ctïoy~M servent de base;

» pu que ? l' heureuse Les colons pour

ainsi

dans

digeant tembre mêmes Ett

le décret

du

propres sans s'en douter, des 29

hommes

mai

1791.

frappé d'annulation dans le précédent.

conséquence,

le 28 mars

es-

1792,

à de

des lois co~t<M<MM-

se trouvaient

se trouvait énoncés

droits

entier;

que

société

qu'ils n'a nationale

l'assemblée que et les déclarer, qu'elle » de les enfreindre.

leurs

avait, pable Barnave le triomphe des droits

de

accorder pouvait <f~Mre des droits

dans

impuissance et leurs partisans

dire,

aux

l'empire sont o~W~M~

fecoyMM!~

des

ne

qu'elle

partie

» citoyens » ~Mc< Msurent

28

le déà rendre pas d'elle d'~M

atteinte

» sentiels

de

est dans

donc

pris, cou-

filets.

Le trop préparé lui-même

de couleur, Celui du par

e~ ré24

sep-

les principes

l'assemblée

légis-


[~792]

CHAPITRE

lative

rendit

le

décret

suivant,

XI.

qui

3~3

fut

sanctionné

1

le

par

roi,!e4avrii. L'assemblée

nationale,

Considérant

qu'elle

de la chose puque les ennemis de discorde Mique ont profité des germes dans qui se sont développés les colonies, d'une pour les livrer au danger subversion totale, en soulevant les ateliers, en désorganisant la force publique et en divisant tes citoyens, dont les efforts réunis seuls préserver leurs pouvaient des horreurs du pillageet propriétés de l'incendie; Que cet odieux complot de conspiration parait lié aux projets qu'on a formés contre la nation et qui devai nt éclater à la fois française, dans les deux hémisphères; pour

considérant

a lieu

leur

de l'amour de tous les colons d'espérer les causes de teur désunion et les ïorts

patrie, qu'oublient ils se livreront respectifs qui en ont été la suite, ceur d'une réunion franche et sincère, qui peut bles dont ils ont tous été également victimes, avantages Décrète

d'une

/a~

nationale

Article

avoir l".

à la dou-

seule

arrêter

les trou-

et

les

faire

jouir

des

homma

de

coM-

blancs,

de

et durable

~c<wtM~

et M~fM M~ doM?~ des droits politiques

Et après

réserve

y a urgence.

qu'il

L'assemblée leur

solide

paix

sans

décrété

d~ore ainsi

jouir,

l'urgence,

décrète

que que

les

ce qui

colons

suit

Immédiatement

du présent après la publication décret, it sera procédé dans chacune des colonies des îles du vent françaises et sous le vent, à la réélection des assemblées et des municicoloniales dans les formes palités, du 8 mars prescrites par le décret et 1790, l'instruction de t'assemblée nationale du 28 du même mois. 2. Les hommes toutes

de couleur

les assemblées

réuniront lorsqu'ils l'instruction du 28 3. tt sera

nommé

et nègres

libres

et seront paroissiales, d'ailleurs tes conditions

seront éligibles prescrites

admis

à voter dans

à toutes

les places, 4 de par l'article

mars.

par le roi, des commissaires civils au nombre de trois pour la cotontê de SaimrDomingue, et de quatre pour les îtes de la Martinique, de la Guadeloupe, de Sainte-Lucie, de Tabago et de Cayenne. 4. Ces commissaires sont autorisés à prononcer la <M<petMt<w et même la dMM~Mw des asgemblées co~Mo~a actuellement existantes,


) 334

ÉTUDES

SUR

D'HAÏTI.

L'HISTOIRE

à prendre toutes les ~t~Mrcx nécessaires la convocation pour accélérer des assemblées et ~pOM?; ~'M~M~, l'ordre paroissiales, et y eM~r~M~ comme aussi à prononcer sauf le recours à l'assemblée prov isoirement, sur toutes nationale, rité des convocations,

les quesiions qui pourront la tenue des assemblées,

des citoyens. sont également

l'éligibilité 5. Ils

autorisés

se procurer pourront et leur continuation, mingue sonne des coupables, à les

su r les

qu'ils

traduire

en France

semblée

nationale

à

sur

la régulades élections et

la forme

toutes les prendre auteurs des troubles

si elle avait mettre

s'élever

en

à

lieu,

état

informations de Saint-Do.

s'assurer

d'arrestation

de la

et

à les

perfaire

en vertu d'un y étr€ mis en état d'accusation, décret du corps législatif, s'il y a lieu. 6. Les commissaires civils seront tenus à cet effet, d'adresser à l'as-

auront

pour

une

expédition et des déclarations

dressés

prévenus. 7. L'assemblée

nationale

la force

toutes

pour

qu'ils

autorise les

des procès-verbaux auront reçues concernant

les commissaires

propre en vertu

donnés, 8. Le pouvoir une force armée

à requérir soit convenable,

fois

exécutif

est chargé de et composée suffisante,

faire

qu'ils lesdits

civils

le jugeront qu'ils soit pour l'exécution des ordres sûreté, des précédons articles.

publique

leur

en forme,

passer

en grande

auront

qu'ils

dans

les colonies

partie

de

gardes

nationales. 9.

Immédiatement

leur

après

assemblées

coloniales

particulier conviennent

sur

la

émettront,

formation au la

constitution,

à ce qui eet prescrit du 28 du même mois.

l'instruction 10.

Ausssitôt sans

parvenir

que délai

les colonies

de

présenter. 11. Le comité ment

à

auront

que

son

colonial

l'assemblée

des dis))ositions

bases

émis

du

comité

est également nationale un projet

présent

décret

dans

leurs

le décret

par

les vœu

qui de ses httbitans, la à charge à la qui liens les colonies

au

les

d'après

installation, leur colonie,

de chaque et l'administration législation

corps législatif. à l'assemblée représentans qui se réuniront bre proportionnel qui sera incessamment nationale,

leur

nom

à sa prospérité et au bonheur de se conformer aux principes généraux et qui assurent la conservation métropole, conformément

et

leur

Elles

intérêts du

8 mars

respectifs, 1790,

et

elles le feront vœu, nommeront aussi les

nationale, déterminé colonial

suivant

le nom-

par l'assemblée est chargé de lui

de présenter incessamchargé de loi pour assurer l'exécution les colonies asiatiques.


CHAPtTREXt.

[i792]

33S

r 12. L'assemblée

nationale, désirant venir au secours de la colonie de Saint-Domingue, met à la disposition du ministre de la marine, une somme de six millions, pour y faire parvenir des subsistances, des matériaux de constructions, des animaux et des instrumens aratoires. 13. Le ministre indiquera incessamment les moyens qu'il jugera les plus convenables, de ces fonds, pour l'emploi et le recouvrement afin d'en assurer le remboursement à la métropole. 14. Les comités de législation, de commerce et des colonies, réunis, de la rédaction d'un projet de loi, pour s'occuperont incessamment assurer aux créanciers l'exercice de l'hypothèque sur les biens de leurs débiteurs dans toutes no~ colonies. 15. Les officiers généraux, administrateurs ou ordonnateurs, et les commissaires civils qui ont été ou seront nommas, pour cette fois seulement, pour le rétablissement de l'ordre dans les colonies des îtes du vent et sous le vent, particulièrement pour l'exécution du présent choisis parmi les citoyens ayant ~Mp~oprM~ décret, ?M pourront t~~M les colonies d'~tM~~M~. 16. Les décrets antérieurs, concernant les colonies, seront exécutés en tout ce qui n'est pas contraire aux dispositions du présent décret. On

va

sans

croire,

éclairés Domingue, avaient détruit leurs massacres vont

qui désormais

et

la

à

Mais par

aveuglés

ce

de

préjugés et la haine.

nés

les

colons

de

incendiaires

dans

le

Saintqui par les

Nord,

connaître de

ces

pour

lettre

l'exé-

préparer

depuis longtemps, à la rivale de la France. la

Mion,

Cougnac

conçue

1792,

hommes dominés

l'esclavage,

L un d'eux,

en Angleterre

Saint-Domingue <te Londres, le 20 juillet semblée coloniale Je vous remets,

torches

propriétés

peu

la trahison,

vrer

les

serait

par l'injustice passa immédiatement cution

par

"les

que

ces affreux accompagnèrent désastres, se soumettre à l'empire des circonstances souveraine de la nouvelle assemblée

volonté

nationale.

doute,

suivante

Messieurs, un décret de t'assemblée

de

li-

Il écrivit à l'as-

nationale,

qui


33C

SUR

ÉTUDES

D'HAÏTI.

L'HISTOIRE

le secret des opérations par lesquelles ses (~nwtMMM'M les nègres à ~MC/ttM~te~ <~r< doivent~conduire N'en doutez pas, Messieurs, j'en suis sûr, et je vous le jure sur le travail est pt6t à l'assemblée nationale, et il sera prol'honneur, noncé aussitôt que des commissaires se seront emparés de toutes les nègres autorités. Le projet de cette assemblée est d'a~YMM~M' <OM dans toutes les colonies fiançaises, de poursuivre l'affranchissement dans toutes les colonies étrangères avec les premiers affranchis, et de dans tout le l'indépendacse porter ainsi la révolte et successivement ce qui, s<lon elle, lui redonnerait encore la préponNouveau-Monde; et ce plan atroce qui dérance sur toutes les puissances de l'Europe; vous donnera

doit faire couler tant de sang sera exécuté, si vous ne mettez toute la célérité possible dans vos résolutions, le c&ncert le plus parfait dans vos mesures, et l'intrépidité d'un peuple au désespoir dans votre résisde MMg; tance. HepOMMM, Messieurs, ~epoMMM ces <tgfM o~~ ~fa pr<~ &<M'6orM, et méritez <~<M~Md<MM coMM*de CM sc~o~ et bientôt bientôt les bénédictions bénédictions de de l'univers l'amour de vos compatriotes, et des convulsions

sauvé, par votre courage, Les

même avec

ports

vues.

battirent décret

ils

temps

ne

à engager mars. 28

Heureusement du

auprès

fut

sanctionné

roi

de auprès consiqu'ils

absolument

discontinuèrent de la marine

ministre

Lacoste,

coloniale à celle-ci

comme

mission

pour le porter du au décret leurs

écrivirent

nationale leur

déraient en

de l'assemblée

commissaires

l'assemblée

atroces de ces forcenés.

Louis

XVI

Ce

ministre

mais

finie;

rappas leurs et des colonies,

à refuser était

s~ sanction

ministres que les autres de ces intrigues. l'influence par

contre-signé

à

favorable

Roland,

com-

l'un

Le des

Girondins. Ces cèrent

Garran,

Gironde, le

Brissot,

qui

Pastoret

particulièrement du décret adopté

projet Ils les représentèrent préparaient

dans

écrivirent

commissaires

la colonie

et tous

Gensonné

de la les députés qui avait présenté

par l'assemblée les ennemis comme

l'émancipation

des

et dénon-

nègres

législative. des colons, eux-mêmes.


CHAPITRE

[1792]

XI.

337

j

il est vrai,

Pastoret, » mités

méditent

avait

dit

à l'assemblée

« Vos co-

les

les dernières moyens de couper » racines de l'esclavage. » Peut-être entendait-il parler de l'abolition de la traite, comme mesure essentielle à l'abolition de l'esclavage, et à laquelle les Amis c~ MOtft

la formation de depuis allusion à l'émancipation en faveur également conçue

songeaient Peut-être faisait-il

leur

qu'ils avaient et qu'adoptèrent

des esclaves,

société. graduelle

et presque tous les Ogé, J. Raymond hommes de couleur comme éclairés, mesure indispensable pour amener la liberté des nègres, sans générale sans commotion secousses, violente en

des nègres dans après la révolte le Nord, après le refus fait par l'assemblée coloniale, d'affranchir les principaux chefs qui offraient, moyennant cette faible concession de faire rentrer les politique, masses dans les liens de la servitude la guerre continuant à les tenir sur pied, n'était-il pas évident pour tous les hommes les esclaves sensés, que parviendraient à conquérir eux-mêmes leur Liberté par la force des armes? Et ces hommes justes qui faisaient admettre les Quoi

qu'il

mutatres

et les

soit,

nègres

libres

tes blancs, ne pouvaient-ils les malheureux qui, courbés

à l'égalité pas être aussi

politique

a~c

envers justes près de deux siècles

depuis sous le joug affreux et humiliant de l'esclavage, avaient fait la prospérité des colonies? Du moment ne qu'on la qualité d'hommes, pouvait plus leur dénier n'avaientVoyez une lettre curieuse de Page tui-même à ce sujet, dans le volume <<eaDébats, pnges M3 et 9!4, et ce qu'il dit encore à la page ::&. Ce colon haineux avait nni, alors, par adopter l'idée de l'affranchissement <yro< Dans un autre endroit, il émit l'opinion d'une indemnité Adonner aux maître< dëpoMédës de leurs esdfves. On ne peut que regretter qu'un hommeoussi <~ctair~n'ait pa<«~ anitnede mciHeurs !<en)it))ens. 1.

j


~(8

EtTUES

ils paa autant chis en vertu

de droits

lâtrea

des

SUK

L'HtSTCmK

que leurs coloniales,

lois

égaletnent sortis de h'ur

mais

femme duit

noire

avait

doiné

par sa copulation rendu a la liberté

avait

]'esclavage des noirs Nous

nègres affranleurs enfans mu-

frères,

que ou nés de père et do mère sein? A partir du jour où une naissance à un entant, pro-

affranchis

libres,

!/HA)Tt.

avec

un

blanc,

et

la mère

naturelle

que celui-ci et l'enfant,

dans sa base, l'affranchissement n'était plus qu'une affaire de temps. avons vu par quelles dérogations a l'édit était

frappé

les rois 1685, J'affranchissement

ae France,

de

entravèrent

successivement,

nous avons favorisait; que cet édit des colons eux-mêmes prouvé que ce fut à la sollicitation furent édictées, alors que que ces nouvelles dispositions le préjugé Aussi ces

de la couleur

contre

mulâtres,

dans les colonies. commençait d'esclaves devinrent-ils furieux

possesseurs

les

contre

les

dès que libres, nègres leur obtenir assimilation

ceux-ci

pour

aux

clairement,

pétitionnèrent Ils virent blancs.

que l'émancipation née du régime colotôt ou tard, celle des

de la classe intermédiaire politique nial amènerait inévitablement, tant esclaves, par l'effet des mêmes les liens par Car,

qui attachaient los sentimens qui il était

principes, que par affranchis aux esclaves, et

les

naissaient nous

de ces liens

de famille.

libres, nègres il est vrai, eux-mêmes,

que les mud'esclaves quoique possesseurs ces n'éprouvassent pas pour

derniers

aux

làtres

impossible,

et

des

sentimens

avaient

détermine

femmes

noires

été

le comble

lu dnssc

les

intermcdiaire

moins

colons

et les enfans de toutes

le répétons,

issus

à ceux égaux blancs à affranchir de leurs

les monstruosités, moins généreuse,

œuvres.

qui les C'eût

que de voir moins juste


CHAPITRF j

[<79~]

1.

voutons-nor,

dire, eux-mêmes.

envers

XI

leurs

pat eus. que les Euroest la cause péens Quelle de originelle si ce n'est l'intérêt? est la cause du l'esclavage, Quelle désir qu'éprouvaient les colons de perpétuer cet état de si ce n'est choses, né de l'intérêt? Et Jes i'égotsme mulâtres

et les nègres libres auraient été plus Mt~rcM~. plus égoïstes que les blancs! des hommes Lorsque justes et généreux ces derniers, leur parmi un si traçaient noble exemple de la sympathie qu'on doit à ses semblables, ils n'auraient voulu imiter que les cotons! Toutefois ici que, malgré cette remarquons sympathie éclairée des Girondins, la cause des mulâtres et des libres n'eût su tribunal nègres pas triomphé politique de la nation française, de la raison par la seule puissance et des principes, si les hommes de couleur n'avaient pas les s'ils armes, n'avaient pris pas combattu avantageusement les blancs dans la colonie leurs pour assurer si la révolte des noirs, droits, n'était par ses désastres, venue en aide à leurs succès. La force, ainsi que l'a dit la puissance Garran, des armes est donc un toujours auxiliaire utile, nécessaire, du droit. indispensable Ainsi nous verrons le triomphe de la cause des noirs à son tour, de leur force, de leur résulter, de nombre, la puissance de leurs armes, et du concours que leur auront de la classe prêté les hommes intermédiaire, soit qu'ils se mêlent avec eux, comme dans le Nord, soit qu'ils les dirigent, comme dans l'Ouest et dans le Sud. Ces

deux

causes

et ensemble; mieux encore, de

la race

cette

étaient vérité

donc

essentiellement

irréfutable

ressortira

te jour où il faudra que tous noire luttent ensemble contre

liées bien

les hommes tes

troupes


~40

ÉTUHF.S

la

que

aguerries

Pendant leur

en

France

et

les

éclairait

sentimens

des arrivé

iirma

son

par

Des

juin.

vinrent

encore

foi

de

de

leurs

der

la

les

dit

les

la

la

colonie,

informations. de

la

mauvaise

le

on à

ou

colonie, rendit

par des

pouvoirs

dans

dispositions

la

roi

le

commissaires

con-

à rassemblée,

présenta

ces

26

lui,

après

resté

toutes

leurs

France,

sanctionné

jours

Roume,

du

rapport

convaincue

dans

de

pendante

son

l'esprit

contre-révolutionnaires

de

révolution

fut

qu'il

à

colons,

méfaits,

de

arrivait sur

législative par

législative,

tous

qui

de

conti-

Mirbeck

colonie,

peu

ajouter

L'assemblée

cette

celui

lettres

Saint-Domingue.

révolutionnaires

colons,

Saint-Léger,

2

à

t'assemblée

mai.

le

enverra

dans

rapport

U'HAiTÏ.

éyéaemens

cours et

L'HtSTOtRE

France

les

que

nuaient

SUR

faire

à la

son

décret

22,

par

civils.

non,

rétrogra-

rendre

indé-

du lequel Voici

15 elle

juin éten-

cette

loi:

L'assemblée

considérant au succès des dinénationale, qu'il importe ordonnées expéditions de les accélérer, et de pour les colonies, déterminer avec précision les pouvoirs donnés aux commissaires civils ramener la chargés d'y paix, décrète qu'il y a urgence. L'assemblée nationale, décrète ce qui après avoir décrété l'urgence, suit rentes

Article

ter.

Les

commissaires

civils

des colonies, en vertu du décret du dre etd dissmdre non-seulement encore !es <MM~6~s p7'OMMCM~M, les corps

od~tMtM~a~ dénomination qu'ils 2.

Les

ou soient

commissaires

à !a souveraineté ralement raient

dans s'élever

la pacification pour 28 mars, sont autorisés dsM~tles assemblées mais coloniales, /M

municipalités, se disant populaires,

ain&i sous

que

tous

quelque

établis. civils

et sauf

provisoirement, des arrêtes desdites

autres,

nommés

sont

le recours

assemblées

autor'sés

également à l'assemblée

ou

nationale,

a suspendre l'exécution

contraires jugeraient de !a paix; et génédans les doutes qui pour-

corps, qu'ils au rétab'issement

ou nationale, tous les conflits des pouvoirs, sur la nature ou l'étendue de ceux

desdits

commissaires


CHAPMRE

[i792] 1

on

civils, sauf

te~u

les

de

naux

dans

mort

ou

l'ordre en

provisoirement instance que

de

déférer

commissaires

tels lieux démission

que des

en

civils, dans

judiciaire activité les

de dernier

à leurs

provisoirement nationale.

à i assemblée

Pourront

dénnitive

34{ 1

sera

le recours

3.

Xï.

attendant

les colonies,

anciens

réquisitions,

l'organisation et remettre

rétablir tant

tribunaux,

de

première desd!ts tribu-

transférer les séances ressort, les circonstances En cas d'absence, exigeront. ci-devant les commissaires civils titulaires,

au

un nombre de sujets gouverneur les général ayant qualités double requises de celui des places par la loi pour être juges, et le gouverneur vacantes, sera tenu de choisir entre les sujets préet de leur donner sentés, des commissions provisoires. présenteront

4. Dans

le cas où les commissaires

difncuttés éprouveron' quetques la part des troupes de terre et de par des avisos qu'its enverront

les colonies, de ils requerront qui s'y trouveront, tant à terre qu'à bord des vaisseaux et frégates dans généraux et particuliers, administrateurs pour mer

dans

débarquer

les comman-

stationnés,

assemblées

civils,

colo-

et autres corps administratifs, ainsi municipalités desdits vaisseaux et frégates, que les commandans de faire proclamer et reconnaître dans l'intérieur des colonies et à bord des vaisseaux et Je caractère et l'autorité tant desdits commissaires frégates, civils que du gouverneur nouvellement nommé général par le roi, sur les copies de leurs commissions enverront d'eux certifiés et qu'ils véritables, d'obéir aux ordres donnés sur la réquisition desdits qui leur seront commissaires. niales,

provinciales,

5. Za désobéissance et ceux

qui

s'en

sera

rendront

pièces qui constateront la rigueur des lois. 6. Les

seront

coupabtes le délit,

commissaires

comme

regardée

pour

cW~M envoyés

être

de haute en France

<raAMo avec les

et jugés

poursuivis

suivant

civits

dans l'exercice de leurs foncporteront tions un ruban tricolore sera suspendue une passé en sautoir, auquel médaille d'or portant d'un côté ces mots la ~VatMw, la Loi et le lioi, de l'autre, ceux-ci CowwtMMtrM civils.

Ce

nouveau

missaires dans suspendre

décret, obviait

civils, celui

du et

de

4

avril, dissoudre

en

étendant à

les

une ne

qui que

notable leur les

des

pouvoirs

donnait assemblées

com-

omission le

faite droit

coloniaies.

de


f

1

342

ÉTUt)ES

Ce dernier

SUR

aussi

comprit

les

municipalités C'eut été ne rien et de

la paix,

L'HISTOIRE

D'HAtTI.

les assemblées

et antres faire

corps qualiûés le rétablissement

~.our si la loi laissait

et

provinciales populaires. de l'ordre

ces dernières

assemblées

les lutter de Saint-Léger avec les asseminattaquables blées du Port-au-Prince cette nécessité. Mais indiquaient aussi la confédération d la Croix-des-Bouquets, celle de devenaient

Saint-Marc,

des commissaires tait juste. Le jour trôna décret,

civils

mènie

Louis

soumises qui

également a l'autorité les dissoudre. C'épouvaient

de la révolution

XVI, l'assemblée fut canctionné

du

10

nationale

Ce décret provisoire. saires civils envoyés ceux qui avaient révoquait

rendit

été

attribués

aux

res

dans les autres colonies. envoyés honorable Sonthonax Polvérel. pour étaient et partis, devait déjà nommés dont

factions août

qui déclarai

» militaire, » qui était nière leurs pour

avec

ils avaient

troublaient

besoin

commissai-

Cette

exception

et Ailhaud,

qui ajouter a la condes pour triompher

la colonie.

Le décret

du 17

« <ra~r6~ et due

tout aux

à la patrie tout corps civil et l'obéissance citoyen qui refuserait commissaires

civils.

? Cet~e

der-

la dictature remise entre disposition complétait mains. Il fallait ce pouvoir en effet, extraordinaire, assurer le succès de leur mission; et nous verrons

comment, lons,

qui déun autre

le 17 par le conseil exécutif confirma les pouvoirs des commisà Saint-Domingue, tandis qu'il

qui

sidération

août

malgré voulaient

cela,

ils eurent

qui l'indépendance les contre-révolutionnaires

renversement la mère-patrie.

de l'infortuné

à lutter

contre

de la colonie, mécontens

monarque

qui

les coco&tisés

et irrités régnait

da dans


j

[i792]

CHAPITRE

La nomination sous

des

le ministère

de Potvérel

Polvérel

commissaires

le caractère

de Saint-Domingue, n'y a joué qu'un même

343

civils

eut

}

lieu

de Roland.

dont

Ailhaud,

trois

XI.

faible

a décidé

son départ son arrivée,

peu de temps rôle secondaire.

après Il n'en

est

pas de

et de "onthonax.

avant la révolution distingué de 89, tant au parlement de Bordeaux celui de qu'à où il s'attira Paris, quelques persécutions par son zèle à défendre les libertés nationales Tt fut membre des Etats

était

un avocat

de !a Navarre

qui le chargèrent mission constituante, près rassemblée siégeant Versailles. Il remplit ensuite diverses fonctions généraux

dont

la plus relevée était de cette commune

néral

celle c'est

d'écrits Sa

de l'assemblée

en

alors

à

à Paris,

du conseil

faveur

là qu'il

géêtre

fut pris pour en qualité de commissaire il fit temps de la révolution,

à Saint-Domingue, envoyé civil. Durant les premiers beaucoup national.

de membre

d'une

de

ce

mouvement grand divers membres colons,

réputation porta de Saint-Marc, à s'adresser

à lui, en 1790,

détendre les actes de cette assemblée c étaient pour Valentin de Cullion Bacon La Chevalerie et Borel Thomas Son

Millet

refus

de

tous, qui, se charger

un si grand rote. y jouèrent de leur défense, la condam-

nation

eut la franchise au contraire, de porter, qu'il contre les prétentions de l'assemblée de Saint-Marc, le mirent en suspicion dans l'esprit des colons en général, dès qu'ils a.pprirent sa nomination, due à l'influence des et des Amis de~MOM~. Dans

Girondins Nous

avons

ouï

dire,

qu'interdit

puur

qu~tque<

l'un mois

de ses écrits

par

le parlement

Paris, Polvéret fit cette fière réponse après la lecture de l'arrêt plus pnMMutque la eour, je m'interdis pour toujours. M

de

« Et moi,


HTU!)HS

~44

intitulé

Tableau

St)K

L'mSTOtRE

D'HAÏTI.

des re~~M~ « La nature

du xvni*

siècle, il avait a fait l'homme pour la société. Nul homme

posé ce principe )) ta liuerté, pour l'égalité, pour » n'a reçu de la nature le droit de commander à d'autres )) hommes, ni de dispose d'eux. » il exerçait la profession Quant à Sonthonax, également d'avocat au parlement de Paris et au tribunal de cassatoin.

Il avait

chaudement

tion,

et était

l'un

MoMS

Esprit il était d'un

fougueux, plus révolutionnaires.

la cause

des collaborateurs

de Paris.

collègue,

embrassé

porté Tous

non

de la révolu-

du journal

des ~euo-

distingué plus ardent

que son et n.éme

moins

caractère que Polvéret deux avaient

aux

mesures

été admis

de la société des Amis de la Constitution, plus le nom de CM des Jacobins, au premier alors

formation,

recommandables sa nomination d~

membres

connue

sous

de sa temps des hommes

que ses principes portaient à en faire partie. Sonthonax

dut

à l'influence

des Girondins

réunies

hommes, révolutionnaire

aussi

et des Amis

noirs. Les

de leur nax, les

extra-

lumières caractère,

tempérée rendirent

mngue. rattachés

la fougue souvent par influens

A leurs des

de ces deux

noms,

sur

la modération les

célèbres

actes

destinées

la fermeté de Sonthode Polvérel.

de

Saint-Do-

dans

ce pays, se sont ont décidé du sort des

importans qui deux classer d'hommes de la race noire, les mulâtres et les nègres libres dont ils étaient chargés, par leur d'assurer les droits mission, décrétés politiques par la loi du 4 avril, et les esclaves des deux couleurs dont ils ont proclamé l'affranchissement Julien dont les Raymond, hommes

de

couleur

étaient

général. conseils pacinques connus,

avait

été

aux

proposé

.<«~t~


CHAPITRE

[i792]

XI.

345 1

plusieurs pour être l'un gues des colons par

rine

à le faire

des Girondins des

et par Brissot commissaires civils;

réussirent écarter.

auprès Ce projet,

du

en particulier, mais les intri-

ministre

connu

de la ma-

d'avance,

avait

Charles Tarbé à proposer l'article porté 15 de la loi du 4 avril, de la commission qui excluait civile, comme des emplois d'officiers d'administrateurs ou généraux, tous citoyens ordonnateurs, des propriétés dans ayant les colonies. On ne peut nier que ce fut une disposition daus l'état de division convenable, où étaient les partis à Il ne fallait Saint-Domingue. pas qu'un seul de ces agens de la métropole de se laisser pût être soupçonné influencer dans ses actes par esprit de parti. Le ministre

Lacoste

à la nos'opposa particulièrement mination de Sonthonax mais son opinion dans le conseil fut combattue surtout par les autres ministres, par ministre de la guerre. Servan, fût Lacoste Quoique tout à fait dévoué aux intérêts des colons, il rédigea assez convenablement les t~rMc~o~ servir qui devaient de règle de conduite aux commissaires civils. Quelle soit la longueur de l'insérer dispenser que

la situation qu'il nax.

de cet acte, ici, à cause

nous

ne pouvons

nous

de l'exposé qu'il fait de la colonie, et de l'influence

des partis dans a pu exercer sur la conduite Le voici

de Polvérel

et Sontho-

La colonie de Saint-Domingue, objet de la jalousie de toutes les nations de l'Europe, par 1 étendue de son territoire et par la richesse de ses produits, n'offre plus à t'œil consterné qu'un vaste champ de désordres, de pillages, d'incendie, de carnage, de crimes, de désolation. Un pr~M<~ fatal à ceux qui se sont armés pour le combattre, comme à ceux qui prétendent le maintenir, a fait également le malheur de tous. De premiers germes de divisions en ont successivement


ETUDES

;;46

SUR

L'mSTOtRË

D HAtTi

en difet subdivisé de nouveaux. Chaque parti s'est divisé dé~ioppé dans tous les sens, semet se choquant croisant férents partis qui, se à l'envi cette belle et florissante blent ne s'accorder que pour précipiter d'autant avec une rapidité vers sa destruction, plus effrayante contrée de a en raîné un'3 grande du désordre partie des ateliers que l'exemple le plu~ effréné. es excès du brigandage et à tous noirs au soulèvement de l'égalité les droits ont revendiqué libres de couleur Les hommes et les blancs se sont les blancs, contre ils se sont prévalus politique, lois dont ils s'opposent de quelques eux à leur tour, contre prévalus des se sont formés, Des camps c iverses. mutuellement les dispositions des et ensuite renouvelés; locaux ont été passés, violés, concordats dans les se sont établies de couleur de blancs e-, d'hommes coalitions dans les de citoyens blancs coalitions contre d'autres campagnes, à la honte de des deux a coulé le sang parts avec profusion, villes; Toute ainsi que des va'ncus. et à celle des vainqueurs t'bumanité, on y est en dévastée; de l'Est et du Nord a été brûlée, la plaine les brigands et contre révoltés qui contre les noirs continuelle guerre sur toufléaux se sont plus ou moins rendus Les mêmes les dirigent. les tribuL'anarchie tes les parties ds la colonie. y est à son comble, les lois y l'autorité au silence; naux y est sans force; y sont réduits difficiles de subsistance les moyens sont sans vigueur; y sont rares, ceux que le fer et la faim avaient Les maladies et précaires. emportent sont interrompues; les cultures l'industrie reste sans actior épargnés; le de ces plages désolées; se retire et étranger le commerce national les contribuleurs propres désertent le gérant foyers propriétaire, et le faix des dépenses énormes tions locales ont cessé d'y être perçues, un état de choses si déplorable pèse en entier aujourque nécessite ci-devant légère sur la métropole qu'une d'hui supportait qui n'en des cris gémissans De toutes pousse parts Saint-Domingue portion. des des secours, de lui faire en la conjurant vers la France, passer et de l'argent. Tel est en abrégé

forces tion

présente commissaires dernier,

vont

le tableau

sieurs

trop fidèle de la situaet Ailhaud Sonthonax

du

travailler

de la par le roi pour l'exécution de l'ordre de la paix, au retour

pays nommés

les

malheureusement Potvérel,

loi du ~t

4 avril

de la pro-

Fut-il plus imporplus grande, jamais do mission publiques. spérité Sa Mad'écueils. Sans doute elle est environnée tance et plus auguste! Jes obstacles commissaires aux sieurs point dis~muler jesté n'entend courage on ne doit rien cacher au véritable qu'ils auront à surmonter; et sur leur zèle. Elle s'associera sur leur patriotisme mais oue compte

.18


)

CHAptTRE

~792] .WhO.

elle-méme

à leurs

en

efforts,

leur

ront

sur

la

conduite

qu'ils nationales de

loi et la volonté encore

rencontrer

~47

procurant soutiennent

en son pouvoir, pour qu'ils son choix, et pour qu'ils remplissent de la nation Elle va, dans française. tentions

xt.

avec

tous

moyens qui sel'honneur de dignement succès l'attente et les vœux

cet esprit, auront à tenir

leur

pour les résistances

toutes

à Saint-Domingue,

0

de la part

les

ses indévelopper faire triompher la qu'elles

de quelque

pourront réfractaire

ce soit.

que

Les

sieurs

commissaires

commissaires derniers

dont

n'ont

stances

vement

ont

mesures aux

se renfermer de cette

rend

ne leur

meilleures

l'envoi

réussi

Le roi ne leur

droits dans

classe

savent avait

succèdent qu'ils été décrété le il

à de février

précédents ces 1791;

dans l'objet deteurdétégation. qu'imparfaitement la justice qui leur est due. Les circonpas moins le bien qu'il était réservé à de pas permis d'opérer

de produire. Placés entre des lois contraires relatides hommes de couleur ils ont dû politiques libres, les dispositions de la plus récente, le sort qui mettait

d'hommes

à la discrétion

de t'assemblée

coloniale.

Ils

n'ont

les représentants de la colonie à prononcer pu qu'inviter promptement et favorablement sur des droits jusqu'alors w~co~MMs, qu'il imd'autant cet acte de ~Mportait de fixer. Ils avaient plus lieu d'espérer tice et de coMDCMMce, que déjà t'assemblée eite-méuic avait annoncé des satisfaisantes sur ce point. Il est malheureux dispositions que ces dispo~MMM aient été tout à coup refroidies par l'impatience et la prise d'armes des gens de couleur, cimentés dans des par des concordats et enfin, des meurtres, co?/ par des ~oo/<M d'ateliers, des t~cc~dt~ iM~M~M~s. Cette affligeante est devenue le signal d'une déépoque d'un et de torts respectifs. nance, Dans ce aveuglement réciproque, les commissaires civils ont interposé connit, la médiation la plus acmais les partis étaient t trop échauffés, tive les esprits trop aigris; elle avait eu quelque néanmoins, de la. partie de effet sur les mulâtres ~~M~<. t'OMe~M~ M~MMt/e a pC~SM~ d <'a! ~Mf désarmement elle a twproMc~ la conduite des commissaires elle s'est refusée civils; à leurs

~«j~MtM~MMM e~ a dec~Mtc ~Mr <Mt<oW<c, WM /<Mrs poM~otrs <'M dMCMM~ .en un mot, elle les a ~'cda, à ouverte, par une rupture abandonner la s~ite de leur mission, et à repasser en Europe. Au sureussent bientôt cessé de droit par les dispositions plus, leurs fonctions de la loi du de fait, roi ne stcurs

4 avril

dernier, réunion des

par la les retrace commissaire

ici

quand

conjonctures sommairement

.tctoots

combien

même

ettcs dont

n'avaient

on

vient

que pour leur simation

faire

pas

de

parler. observer

a Saint-Domingue

cesse Le aux

j


348

ÉTUDES

sera

différente

de

celle

Les

avaient premiers soumettait les hommes seconds noMe

sont

L'H~TOtHE

SUR

des

commissaires

couleur

de mettre

chargés des l'égalité

les ont qui la loi du 24 septembre

fait exécuter de

droits

D'MAiT!.

libres

à t'assemblée

à exécution

1791,

coloniale

la loi du

entre

politiques

précèdes.

cette

4 avril, qui classe ";< celle

qui les prodes

blancs. Les

avaient à co icitier la rigueur premiers et les sollicitations de ~e<~t~, entre deux sont forts d'une loi nouvelle, qui ne permet ni aux autres de refuser ou de ~wpWMev. Les premiers et peu épuisées

partis p~

de persuasion,

irrités: aux dans

les uns

des

seconds d'exiger,

garnisons

à requérir et à emque de faibles moyens soit pour aux factieux, soit pour rentrer les imposer faire révoltés dans le devoir e< la s()M~nsst<Mt.' les seconds trouve-

ployer, ateliers ront

au défaut

n'avaient,

de la loi avec les conseils

à leur

de la force

nombreuses,

arrivée armée

à six mille

cinq qui

existait

déjà

dition

hommes

de troupes en sus réglées, dans la colonie et la même expéce nombre de quatre mille volon-

qui les y porte, augmentera taires de la garde nationale, ainsi que de deux mille soldats de ligne, des garnisons et des équipages des bâtimens de indépendamment aux {tes sous le vent. l'État, Sa Majesté qui sont stationnés a pensé que cette masse de forces de treize à quatorze mille hommes, pourvus de

toutes

remplir assurer contient

les

munitions

le vœu

particulier

nécess de

tires,

serait

'article

plus que 8 de la loi du

SM/~MM<e pour 4 avril, et pour

en générât Jamais

Français pour d'une résistance

de toutes les dispositions l'exécution parfaite qu'elle le roi ne pourra en doute d'un le respect révoquer les commandement de la loi si la supposition mais,

autant à !.on cœur qu'au caractère national, répugne il est néanmoins dans les plans de h sagesse de prévoir jusques à l'imafin d'étoun'er de l'obéissance. possible, jusques aux murmures Or, si

les deux

se 60~ tpaMM< avant l'envoi de forces sucpartis principaux cessives et nouvelles à Saint-Domingue, ne doit-on pas croire que l'un de ces partis, accru d'un renfort de près de quatorze mille hommes, constituera

l'autre

dans

l'heureuse

et la voix de ses organes? L'appareil investira les sieurs commissaires, d'en

faire

aucun

usage.

de nn'connaitro la loi impuissance seut des moyens de réduction qui tes dispensera donc inévitablement

Le roi se repose,

!"n à sept mille hommes avaient nie, tvant l'arrivée des commissairex (Dehx~, tome 6, page !< t.)

dans

cet espoir

consolant,

de

été effectivement envoyés dans la colocivils. Il en vint six mille avec eux.


ppl-

CHAPITRE

[~792] la nécessité

force

même

en vain

épuisé

de mettre

à des

doive

leur

les ressources

en

tout

menaces

de l'honneur, suasion, 7 de la loi du 4 avril. qu'il

349

il est de diriger vers Saint-Domingue Les sieurs commissaires ne sont

publique. du devoir privilégié des voies,

xi.

leur

marche

Sa Majesté

coûter

du

leur

enjoint même en

de s'y

dans

une

évidence

des sieurs

s'y

au rétablissement

de l'ordre

motifs

de

de la liberté

la

et

de

à la conservation

moral

et

ils

social,

au

quoi elle ne frères,

que de ne loi commise feront qui

mutuelle ainsi

(&? leurs

possessions,

de leur

Ils t'égatité. des proprié-

respect de l'état

sûreté

sentir

les réta-

ne qu'ils de s~pt-

envers ceux qui les ont tirés doivent jamais perdre tude. Ils persuaderont aux habitans blancs l'intérêt réel qu'ils e/~c~ los hommes de couleur libres à la même hauteur qu'eux, la garantie

à

avaient

conformant, l'on doit à des

ils conséquence, la gTCMt~Mr dM bienfait

<tMT /MW!WM de COM/eMr libres, blit dans l'exercice de tous les droits les rappelleront par la reconnaissance, tés,

les

palpable commissaires. En

venir

conformer,

les ménagemensque peut trop leur recommander tout en les punissant et le salut de la patrie. pour l'intérêt Ce serait négliger la plus puissante de toutes les armes pas mettre aux soins

d'en

de la perpatriotisme, est tracée dans l'article

ultérieure

mais,

partie de la moins pénétrés

pas avant que Si cependant

en œuvre,

de rigueur. de la raison,

une

ont d pour

intérieure

et

des mouvemens séditieux pour la répression de leurs o~ers. n'oublieront pas de leur représenter que c~ classe d'/KWtt~s leur est presque toute unie par les liens de la nature et du sang chercheraient-ils à ~r<td~ leur propre oupourquoi '? H ne sera vraisemblablement aux sieurs commisvrage pas difficile saires de convaincre les uns et les autres par les pertes de toute espèce ont éprouvées, n'est qu'ils et qu'il plus pour eux qu'une ressource, n'existe sincère et inaltérable. qu'elle que dans une réunion franche, extérieure,

A't~r~

que Ils

le commande,

la patrie

veulent

impérieusement de la loi p~Mtca~t

t'ordonne,

déjà les esprits du 4 avril, dont

la loi, la nation et le roi la doivent y être disposés par la le gouverneur a été générât

avec ordre de s'y conformer et de la faire exécuter, en tout ce chargé, réservé à l'action directe des sieurs comqui n'est pas textuellement missaires. Si Sa Majesté eût retardé cette publication jusqu'à l'époque de leur arrivée dans la colonie, il eût été très-dangereux de donner occasion

à de nouveaux

Les temps fruits.

étaient

bien

excès,

dans

changes! )«

un

intervalle

ruvohttion

de

temps

francxise

avait

où d'un

porte

ses


HTUHEF _(

côté

1'

l'on

hommes

aurait de

1

abusé

SUR 1

de

la

L'HtSTOtRE

D'HAtTt.

t..

loi

du

couleur

24

si on l'avait libres, de la notoriété de h nouvelle loi,

septembre pour et de l'autre pu,

accabler

tes

on se serait

prévalu se maituunir

non officiello, quoique pour dans les prétentions la flamme et le par glaive. avoir aux sieurs commissaires Après appliqué les faits principaux dont il était nécessaire de h s instruire, leur avoir développé les intentions générales du législateur, tour avoir exposé les fondamenprincipes taux sur lesquels ils doivent à Saint-Domingue, régler leurs opérations il faut descendre dans les détails de la toi même du 4 avril, et prévoir les difficultés d'exécution qu'ils pourraient y rencontrer. L'article niales dant

etdes

10r ordonne

municipalités, l'article 4 autorise

la

réélection

immédiate

des

assemblées

colo-

nussitôt tes

dota loi cepenaprès la publication sieurs commissaires a prononcer la susdes assemblées actuellement existantes.

et même la dissolution pension Ces deux dispositions une sorte de contrariété pourraient présenter entre elles, en ce que l'une est et l'autre facultative impérative seuleet encore en ce que la ment une exécution première la suppose subite, seconde une exécution retardée la présence des commissaires jusqu'à civils. !t faut les concilier, en observant aura dû procéder surqu'on aux réélections selon les formes le-champ prescrites des lois des 8 et 28 mars mais que dans l'espace 1790, de temps nécessaire pour y les assemblées parvenir, coloniales et autres auront continué leur actide manière vité si les sieurs que commissaires les trouvent encore existantes et les réélections non achevées, ils auront le pouvoir de ou de dissoudre ces assemblées suspendre ils accéléreront la convocation des assemblées si elle n'avait paroissiales, ils y pas été faite; feront l'ordre et la paix régner ils jugeront sauf provisoirement, le recours à l'assemblée toutes les questions nationale, qui pourraient s'ctever sur la régularité des convocations, la tenue des assemblées, la forme des élections, et l'éligibilité des citoyens. !t y a toute apparence il ~'y aura Wett qu'à leur arrivée, encore d'~<~ sur c<~<' ~M ce sera à eux de tn mettre c~cM~M; en mouvement avec tes précautions leur dictera. Ils auque la prudence ront attention de ne pas la sûreté et la police intérieure compromettre par des mesures dont t'effet serait de détruire précipitées brusquement sans avoir de c'est ici quoi remplacer le pouvoir qu'ils appliqueront fucukatif leur est de suspendre qui conféré, ou de dissoudre l'assemblée !U)s ..ttundre cotoniftjc, la formation do t'assemblée ils pèsenouvette; ront les motifs pour et contre, les dispositions d'après que ~'<MM~~ ac~V~ aura manifestées si r~~ e~ p<M~M.

.»~4,~


[i79~]

<:HAPtTKE

XI.

3~~

1

seront ~Mpof~M~M ptu les sieurs commissaires néanmoins ainsi

vant,

il y a lieu de ptew~ que ~e <a~<~<~ la it sera pas à dissoudre; s'en soient fait reconnaître indispensable qu'ils auparade tous les que des tribunaux corps administratifs, et des de la force ils s'adresseront a cet effet au sieur publique

dépositaires de Blanchelande

ainsi

coMCt<M[?~<;

ou à celui

dans les fonctions qui le représenterait de intérim de la colonie gouverneur par de Saint-Domingue. Quoique cet officier ait o~M san rappel, général ses fonctions ne cesseront aura satisfait à ce devoir, et qu'il aura que brsqu'it ensuite à procédé l'installation du sieur d'Esparbès, lieutenant des armées, dans générât l'exercice de la place de gouverneur des îles sous le vent. général H serait

de penser que les sieurs commissaires et le sieur se voir d'Esparbes à éprouver pussent de la résistance exposés à cet si ce malheur égard alors la coaction arrivait, à l'obéissuppléerait on passerait à un enregistrement sance d'autorité. Un malheur plus et tout à la grand, fois plus invraisemblable encore, est aussi dans l'ordre des choses c'est celui du refus possibles; do Cap, l'admission des sieurs du nouveau commissaires, et gouvernement, même de la force armée It leur sera aisé de qui les accompagne. s'aperavant cevŒr, dans la passe, si on leur que de s'engager une prépare amicale ou hostile dans le premier réception cas, ils mouilleront et débarqueront de la portée

douloureux

;ans des

difficulté; forts

dans

le second

et enverront

cas,

ils se tiendront

hors

en

à t'assemblée parlementaire au et à la place, une réquisition coloniale, gouverneur de les recevoir, libellée au nom de la loi, de la nation et du roi. Si elle ne produit aucun ils se transporteront effet, avec le convoi, soit à Saint-Marc, soit au Port-au-Prince, soit à Léogane, selon la détermination qu'ils les avis qui leur seront prendront donnés d'après sur la côte, et principalement par des bâtimens de l'Etat, dont les commandans seront tenus, sur la réquisition des sieurs commissaires, de protéger et d'assurer la marche et le débarquement conviendra de préférer. Ce que les qu'il sieurs commissaires auraient fait au Cap, de même que le gouverneur de leurs pour la reconnaissance et caractères, ils le feront pouvoirs dans le lieu où ils aborderont, des tribuprès des corps administratifs, naux tions

et des garnisons locales, à toute la colonie.

Le même le choix

en

tact do circonstances

derendroitoù

la nouvelle

voquée pour y tenir ses séances. En ordonnant la tenue des

l'étendant

de suite

décidera

les sieurs

assemblée

assemblées

coloniale

paroissiales

par des

proclama-

commissaires devra

pour

sur

être conles

'-é-


ÉTUDES

:~2

S~K

L'HISTOIRE

D'HAÏTI.

A-

élections

des

la disposition hommes de éligibles conditions ils

à

impérative couleur et toutes

les

prescrites ces énonceront

prescrites aux sieurs

et

municipalités

assemblées

de ta loi du

ils

rappelleront dernier, qui veut que les admis à voter, et~ soient

4 avril

libres

nègre3

coloniales,

soient

les réunissent d'ailleurs qu'ils places., !pourvu du 28 mars 1790 par l'art de 4 des instructions

conditions;

ils

8 du

même

par la loi du com~ssaires;

elle3

instruiront mois;

des formes peuple ces deux lois sont connues le

ils les dans la colonie publiées Pour que encore d'ici des exemplaires. tous éludé par le fait, ils emploieront

ont été

et en emportèrent y trouveront, te vœu de ces lois ne soit p< tant le libre accès, assurer les moyens plus efficacement qui pourront et le couleur, aux assemblées primaires des blancs que des hommes toutes et provisoires ils aplaniront autres promptes par des décisions ils y les assemblées à s élever dans les contestations qui viendront des délibérations et de la liberté les règles de l'égalité feront observer la loi du 4 avril

ne faisant

aucune

de couleur

acception

ni partialité. et dès le premier

ni préférences i!s ne se permettront ils s'occuperont essentiellement,

et de personnes, instant

de leur

soit avec les corps administrais subsistants, tranà faire des dispositions pour rétabtirla le travail la sûreté la confraternité, la confiance, domestique, quittité, avec ces mêmes ils se concerteront des ateliers; corps et la soumission les rasles camps, et avec le gouverneur général pour faire disparaître ou défend'armes offensives les dépôts semblemens hostiles, privés traces de la s'il est possible, jusqu'aux sives, en nn mot, pour effacer, ils sol ce malheureux intestine ensanglanté qui a si souvent guerre et le ramèneront à des foyers rassureront le co~w justement effrayé, ils le mettront sous la sauvede la mort l'avait exilé; d'où la crainte soit avec débarquement, ceux qui leur succéderont,

des bras armés par la mère-patrie, pour voler à son garde de la toi et dans chaque soldât de ligne, dans chaque ils lui montreront secours; de frères; autant d'CMWM, autant des bataillons nationaux, volontaire avec eux et entre ces militaires ils feront vivre en bonne intelligence eux-mêmes;

nul

motif

et les sieurs

commissaires

de concorda

qu'ils auront ils en m~'me temps autre

ministère

plus <-ctui 'te la r~chercho

à acquitter; ne perdront

que

aigris

la raison,

inspirer; il leur sera pas

ne sera

de consolation à des coeurs

proc~wr~,

tous les adoucissemens /~M~, leur sauront nité compatissante devoirs

et

par l'inl'huma-

la persuasion, ce sera le plus constant

do vue

pénible, plus rigoureux, auteurs des coupables

oublié,

des

mais de le remplir; d'un sont chargés qu'ils salutaire, et non moins

doux

des

troubles

de Snint-Do-


CHAHTRE Xt.

~i79~] cette

mingue 4 avril;

tâche

leur

est imposée par les articles la fournir non-seulement avec

ils devront

encore

~5~

se conformer

ce point au genre a jugé à propos de leur prescrire. législatif L'assemblée coloniale une fois formée sur

et 28 mars

en

1790, et ceux la sollicitent

commissaires !a constitution, colonie

c'était

cte~ne~

avoir

de la lui du sans

la législation

mais

inflexibilité, d'instruction que les étémens

4 avril,

il faudra

retâche

le corps

des lois des 8 que les sieurs de son vœu sur

pour l'émission et l'administration la plus favorable à la coloniales grand objet que les assemblées

plus fMe; et c'est

en

5 et 6 de la loi du

la

chose

!t importe occupées jusqu'à pr~sc~. leur propre le retour à l'ordre intérêt,

dont

elles

se sont

de les rattacher

tion

en

dépend commissaires

le

moins

à ce travail et cette

par

considéra-

ne pourra manprésentée avec force par les sieurs ils savent quer de produire l'effet que l'on est en droit d'en attendre n'ont sur cela que les voies de l'excitation ils n'ont qu'ils point d'ailleurs à concourir activement avec l'assemblée délibérante mais Sa Majesté

ne doute

alors s'empressent de leurs lumières

point

qu'ils

ne soient

souvent

le résultat

à communiquer S'il acquises.

arrivait

que aux

et qu'ils consultés, de leurs sages conseils

ne

l'assemblée

de

se permît fondamentaux

et

des arrêtés contraires prendre qui fussent principes de la constitution et de la législation ou aux lois décrétées française, les sieurs commissaires ne pourparticulièrement pour les colonies, raient

les passer

sous

dans s'opposeraient et à l'exécution neur,

ils silence; la même forme de

ces actes

en requerraient à la sanction illégaux

sous leur responsabilité, même, tion par des proclamations clairement au ministre de compte sur-te-champ iraient

ils la rectification du gouverprovisoire

d'une

autorité

jusque

ils usurpée; cotte exécu-

suspendre et ils en rendraient tibettées, la marine et des colonies, qui

les ordres de t'assemblée nationale et du roi ils se prendrait enfin, diron sans cesse que le salut public et la tranquillité de Saint-Dosont commis à leurs soins. La force armée, le gouverneur mingue les tribunaux, les corps administratifs, général, pire (~ leur 'réquisition, peur qu'ils puissent au but que la nation et le roi sp sont proposé

tout est soumis

sans obstacle parvenir dans leur mission ils

fe;~M~rON< <~ /Wp/M ~M'?7s <MW)M~fait c!'MM<'aussi grande Sa Majesté laisse à leur prudence M (~wf, lorsqu'à des voix w~w réunis,

à l'em-

ils auront

<M~<Mt~ la pturattto de bion en

jugé utile do le faire pour opérer plus et c~ (~Mrs mais ils coMnM'tM~'0~ temps pot'~s par se tenir afin do se tracer uno marche et ils finiront certaine, de même

par se recueillir T.' 1.

sur

t'onaembte

de tours

opérations. ~3


S!

HtTm.S

:{~

L'H!STO!HK t/HArn.

c<Md< par<<~< d'acM cM~e e?~c, ~<~Mt<Mtdit p~MSow~M d pr~aM~fO. Si tes doux ne croyaient pas devoir attendre le suffrage du troisième absent, et dans ne cas où l'un des trois commissaires ne sera motiver son son opinion de l'avis de la et majorité, rle pourra pourra consigner et motiver troisième pas absent, sur les registres de la comm ssion, mais MMSpo~Mf lui ~Mt~er OMcttne publicité. Telles

les

furent

émanées

instructions

du

roi.

Nous

de détails concerdispositions quelques supprimé et financièadministratives nant les mesures purement dont nous avons souhgné res. Ces instructions, à desbeausein certains supposaient, pour l'avenir, passages, des colons, qu'ils n'en coup plus de sagesse de la part fort d.ans le passé; car elles établissent avaient montré avons

bien

leurs

torts

et nous

passé, durent

au à cet égard. Mais l'avenir répondit les commisssires civils verrons pourquoi l'assemblée coloniale et les totalement

supprimer assemblées provinciales, mise

entre

En

leurs

des

1792,

l'assemblée

la formation

d'une

convention

10

re-

de la dictature

Bourbons

août

du

crété

d'user

mains. le trône

renversant

née

afin

dans

la jouravait dé-

législative nationale pour

juger

XVI.

Louis

il fut décrété

Le 2~ août,

que des députés cette convention.

dans françaises siégeraient décret même mois, un nouveau de ces colonies, des gouverneurs

détermina e

un

des colonies Le 25

du

les fonctions autre

fut rendu

qui durent possédaient les émigrés, sauf les au profit du trésor <~re saisis public, non émigrées. droits des tiers et des familles rendit un nationale la convention Le 8 novembre, sur

les

décret civils

biens

qu'y et vendus

qui, envoyés

en

des commissaires le rappel prononçant les remdans les autres colonies, pour


CHAPITRE

[i792]

par d'autres,

placer

confirma dont

pour Saint-Domingue, ce décret. Le

10

lequel

de ces réservant tard

actes de

bornons, émis parler

dans de

de ceux nommés est reco~MM, dit

le patriotisme en

les mesures approuva ces commissaires, J et

nous

3M

la mission

elle

gue par nattre. Nous

elle

décembre,

XI.

rendit

un

prises que

nouveau,

par

à Saint-Dominnous

ferons

con-

à la mention pour le moment, le cours de l'année nous 1792, ceux

qui

furent

rendus

plus


OtAPtTXE

Assemblée coloniale.

X)L

Projet de constitution pour Saint-Domingue,

produit par la nouvelle sa sanction par !e roi.

arrivée

au Cap. du décret Roume et Blanchelande

du

28

le font

mars

Effet et

t79:,

de

Per-

publier.

sécutions continuées contre les hommes de couleur. Coalition et traité de paix et d'union à Saint-Marc entre les hommes de couleur et les blancs. Roume

et

~)anche)ande

vont

dans

l'Ouest.

et

Voyage

lande dans le Sud. Son retour au Cap. Rigaud noirs aux Cayes. Résumé de la première époque.

Dans expliqué à rester taient

le

les motifs

ment, deux

de

ce

sur

l'appui

des

de

Blanche

affranchit sept cents

nous

livre,

le commissaire

qui

coloniale,

avons Roume

que ses collègues

comme

on l'a vu, avait

forces

que

par-

toujours consti-

l'assemblée

et

le gouvernement constamroyal promirent la domination des colons sur les pour assurer de la race noire. classes d'hommes Mais, lors-

les qu'elle apprit sein de l'assemblée cembre

chapitre

portèrent à Saint-Domingue, tandis pour la France.

L'assemblée compté tuante

dixième

actes

1791

discussions

législative, et janvier 1792,

contre les hommes d'employer devait expédier que ht métropole au moment le 31 murs. décida,

qui

eurent

pendant et qu'un

lieu les

dans

mois

décret

le

de dé-

défendait

les troupes de couleur dans la colonie, elle se du départ

de Mirbeck,


[~792]

CHAPITRE

XII.

3~7

1

à envoyer en France six commissaires « doMt la mis» sion était, suivant de peindre Roume, le< hommes de couleur et nègres libres sous des traits si odieux, se flattait d'en qu'elle la destruction toprovoquer » tale. » Roume

et

Mirbeck,

l'autre,

avaient

obstinée, du droit

de statuer

après de l'espèce qui

sur

siégeaient

le sort

conférait

Je départ transaction

Mais,

de Blanchelande sollicité cette assemblée côté.

vainement

lui

que

d'un

dans

de cette

le décret de

Mirbeck

survenue

du

24

en vertu septembre.

et de Saint-Léger, entre les deux partis

fut

t'assemblée,

classe,

cause

s'ocqu'etto de la cond'avril,

cupa alors, dans le courant du mois stitution voulait donner à qu'elle Saint-Domitgue. Dumas, dont les confidences à Roume avaient déterminé celui-ci à rester au Cap, fut principalement chargé de la rédaction du projet. Le 12 mai, il le présenta ? établir à Saint-Domingue dans laquelle » subalterne, » approuverait nu refuserait

« ce une

projet

espèce

consistait

à

de monarchie

un gouverneur mannequin les arrêtés de l'assemblée

» coloniale, et signerait les dépêches de trois espèces » de secrétaires d'Ë.at, la finance et la pour le militaire, ce dernier n justice; était le but vers ledépartement de loi) dirigeait » quel Dumas toutes ses ac(homme »tions Gault,

1.

» autre

membre

de l'assemblée

coloniale, prode constitution,

posa un autre projet, au nom du comité sur l'état des hommes de couleur particulier il émanait du côté Est de l'assemblée, des colons composé Rapport de Roume, pa~e i a.

1


3S8

HTUf)ES

SUR

L'STO)RR

b'itAiii.

1

moins de prévention contre qui avaient eux témoigné « ce projet, n'admettait, dit Garran, à la jouissance des » droits politiques, de sang-mélé chez que les personnes » lesquelles les traces de la couleur noire ne seraient » plus » apparentes. Enfin,

de Torbeek,

Léaumont,

député n'était a~tre

autre

chose

projet qui converti en loi constitutionnelle. Mais,

ce

que

un proposa l'ancien régime

me'

la frégate l'Inconstante jour 12 mai. arriva au Cap. où elle apporta la nouvelle du décret du ~8 mars et de sa sanction !1 sempar le roi, le 4 avril. ble qu'en cette occasion, le ciel voulut donner aux colons une leçon, un avertissement de leur impuissance à résister

à ses volontés

hommes,

en

faisant

souverain

de

la France,

favorables

coïncider

aux droits

la connaissance

avec

celle

à la loi du

resta

indécise

comme

du

projet de l'assemblée

élaboré dans le sein longtemps Loin de reconnaitre la nécessité médiatement

de tous

les

de l'acte si injuste, coloniale.

de se soumettre

im-

4 avril, l'assemblée coloniale sur la question de savoir si elle

ou

de résister à la volonté non, des deux de la métropole. Le côté Ouest de l'assemblée pouvoirs s'entendit avec la municipalité du Cap, pour susciter dans cette ville une émeute dont l'effet, espérait-il, sur les résolutions de l'assemblée elle eut lieu péserait le ~2 mai. Cette cabale était membres digne des anciens de l'assemblée de Saint-Marc. tenterait,

factice qu'elle L'agitation occasionna, pénétrant effectivement dans le sein de l'assemblée coloniale, l'espèce de trêve conclue entre les deux partis fut rompue ils ne purent s'accorder. 27 mai, l'assemblée

Il

résulta

déclara

de ce désaccord

qu'elle

se soumettrait

que,

le à la


CHAPITRE X!L

ji79~j 1

loi

du

4 avnt. dès qu'elle résolution fut évidemment avaient

eu

nouveaux

ment

le

temps

comm'sssïres

nommés

sous

de

arriverait forcée, réfléchir

civils,

l'influence

3o9

que

l'envoi

seraient

qm

Cette

o/j~t~~HeM<. parce que les

de Brissot

colons de

trois

iuuubttabte-

et

des

Giron-

et qui seraient hommes de appuyés par six mille et de gardes troupes une volonté nationales, indiquait bien décidée, de ta part de l'assemblée de législative, faire respecter ses décrets dans la colonie. dins,

ne se méprenne qu'on crètes des colons. Ils étaient informés France des complots qui s'ourdissaient Toutefois,

pas sur les vues separ leurs agens en

là et à l'étranger, au moyen des armées

la contre-révolution opérer que les puissances se préparaient à y faire européennes La résolution pénétrer. de l'assemblée dictée colonise, surtout de l'ancien par les partisans n'était régime, mesure en attendant qu'une dilatoire, des temps meHleurs. Ils avaient d'ailleurs tant appris à compter sur les sentimens du roi et sur les personnels tergiversations de l'opinion, durent encore dans qu'ils les espérer événemens ultérieurs. Voici un extrait de l'arrèté pris le 27 mai pour

Quoique ce décret soit diamétralement opposé ai~c aMpo~~M <~ la toi co~Mttowt~ du 28 septembre 1791, néanmoins i'assemb!ce coloniale, ne voulant pas co~rc~e, par la ~M~Mcc, le salut des restes de Saint-Domingue, qu'il importe de conserver à la France, puisque son commerce et l'existence de six millions d'hommes reposent entièrement sur leur conservation; ne voulant pas non plus mettre en opposition la loi qu'elle a le droit de faire, avec la a~cMttwqui est émanée de l'assemblée nationale, parce que de ce a'aM~t~~ c< na!tre des divisions et des désordres qui accétérer~ient la pourraient ruine de cette malheureuse colonie L'assemblée déclare qu'attendu la connaissance certaine qu'elle a du


~SO

ETUDES

SUK

!/H!STOtRE

U'HAtTt.

décret de t'assemblée nationale législative, du 28 mars dernier, sanctionné par le roi te 4 avril suivant, elle s'a~M~ de p~oMo~ sur l'état politique des hommes de couleur et nègres libres, et qu'elle reconnaît la ~c~e se s~Mwp«~ à la volonté de l'assemblée M~torni, ordonnant la nut.cation de cette déctaration, invite le gouverneur générât à faire une j'roctamatiot! pour ordonner aux hommes de coute:]!' et nègres s libres (~veM~r ('a~s l'ordre et de se )'e<~ra!~cMaMCs dans leurs paroisses respective! pour faire cesser la révolte des esclaves. Pt.

9lO.Lf' M~'

On

111~I.

Im··cny~~lln !squ'c!!c

mt.~

sent

tout

frein

lui

qui des

l'empire elle

grâce,

ce qu'il

4 avril,

qui

enjoignaient

un

de

tout

ce qui

des

nouveaux

au

lettres

du

à Blanchelande de suite

ie

cette le

de

mauvaise

et

de

porteur

ministre

de

aux

la

la marine

de cette réservé

ci-

provisoire de quelques

gouvernement

en

loi, à l'action

mis

L'empressement

exécution

loi

commissaires

à l'exécution

pas expressément commissaires civils.

dans

en en

i t'assmnuiée, a!sseiiit)iee,

fit

Cap,

n'était

ordonner

présence

elle

arriva

des

procéder

EÏliJJI, Erunj,

insolence.

aviso

avec

vils,

ffiâÏtifasMtJ. n.5nifcsto<

circonstances

Le 28 mai,

à faire

était

le St avec

du

ra

de contraint dans cette y avait La morgue cotouiMie rongeait Il lui fallait céder à imposé.

déclaration.

impudente ie

!u: I :;¡:¡û 3;

indique ~w~

la des

MO! Le 29,

Roume de

coloniale,

fidèle

constamment

date ne

et

sur

de l'an pas

de les /P

augmenter

dans

le

sein

provinciale

de

l'assemblée

u Nord

et requit Cap, l'enregistrement à l'esprit de conciliation qu'il

dans

condescendance tion

rendit

l'assemblée du

municipalité loi. Mais,

se

le

cours

de

supprimer,

instances

de

~er~ ~< ~r~~to~

cette

mission,

dans

l'acte

l'assemblée que

et

de

la

de

la

montra il eut

de

la

publica-

coloniale,

la

la loi, afin de portait des esclaves insurges.


[~792]

H II

CHAPITRE

fll~Â~WnW

n.

préludait fatates

plus Le

mai,

1

condescendances

l'assemblée assurer

pour

colonie.

h.au

A d'autres

furent

qui

Saint-Domingue.

15

décret

1..J'-

ainsi

XII.

coloniale

la

avait de

pcr~M~

rendu

un

dans

feM/~a~e

la

Lisons-!e

L'assemble

colonialo

de

la

de Saint-Domingue française en vertu de la loi constitutionnelle législative, du 28 septembre 1791, reconna:t et déclare la colonie de que w peut exister Saint-Domingue MMs~wat?~~ l'esclavage; que l'esclave est la propriété du ~M?et tre, aM<< w qu'aucune atteinte à cette pro~r~c. por~r En conséquence a décrété et décrète ce qui suit Article l". A l'assemblée coloniale seule il appartiendra de prononcer les a~-o~/tMMtK~s des ~oMs, sur la demande des expresse propriétaires, et suivant pour les causes, le mode qui sera déterminé la loi. par L'arrêté qui prononcera l'affranchissement sera soumis à l'approbation du gouverneur. 2. L'assemblée coloniale fera incessamment tous les règlemens nécessaires le woM~ poMr et la ~Mc~Mc des Mc~e<w. l'esclavage Sera le présent décret, présenté à l'approbation de M. !e provisoire lieutenant au gouvernement et envoyé générât, à la pour être présenté sanction directe et absolue du roi.

A

cette

occasion,

nouveaux ment

l'assemblée

commissaires A

la

partie

coloniale

pour

sanction

du

ce

porter

roi

nomma

c'étaient

décret Page,

trois directeet

Brulley

Lux. Vain en

existait qui

premier plus!

obtinrent

saient

chaque

la

1 D'ailleurs

dans jour;

20

commissaires

la

le

royauté;

révolte les

à

juin,

les !a

accompagnèrent

qu'ils

du à

coup

ces

que

l'émeute

France,

un

avant

espoir!

combats secrète

avait

Paris, 10

incendies, des

arrivassent

août,

elle

tes

massacres les

esclaves; et

qui

excitation

porté

les

n'y

succès

aguerris-

qu'ils

rece-


362

ÉTUDES

vaient

des

SUR

L'HÏ&TOtRE

D'HAiTt.

contre-révolutionnaires

agens

tout

présaun avenir

le triomphe de leur cause sainte dans Celle des mulâtres et nègres libres sortant peu éloigné. victorieuse des obstacles lui également que les colons geait

avaient

opposés, l'émission d'une

les

Si l'assemblée

coloniale

noirs

n'avaient

besoin de pas loi, p~ur savoir autant Qu'ils avaient de droits que leurs frères et leurs enfans. La révolution Les colons prévue semis par l'abbé Maury était faite. encore sur ce point. pouvaient s'aveugler se vit contrainte

la loi du

d'enregistrer que l'arrivée

elle ne calcula avril, pas moins des nouveaux commissaires avec les civils, devaient les accompagner, subirait encore mettre à profit pourrait sécutions contre les hommes elle

écrivit

de

redoubler

à tous

les

leurs

un

qui retard

ses perpour continuer de couleur. En consé-

qu'elle

quence, colonie

forces

de la

populaires contre rigueurs corps

cette

classe. Au

à

Port-de-Paix,

au

Jérémie,

Port-au-Prince,

les colons se prêtèrent enfin, à ses vues, à partout ses affreux tout en publiant comme désirs, elle, la loi du 4 avril. Des violences eurent que la rage animait lieu contre leurs victimes. Il est inutile d'entrer dans de ces

les détails nous

avons

fait

actes

connaitre

de Saint-Domingue aux lecteurs prendre sité

la

était nous

dirions

François

Lavaux,

barbarie déjà

ce que

coloniale

de la part

suffit,

rafûnée plus nécessaire encore qu'au

de

des

despotes faire com-

peut-être, pour tout ce que la haine et la perverà ces hommes. S'il suggérèrent d'ajouter

Port-de-Paix, offrit trente

aux

précédons récits, un colon, du nom de mille francs à la munici-


CHAPITRE.

[i792] 1

XH.

363

n.

palité environ

de cette deux

ville, cents

pour

A Jérémie, des hommes

étaient

également ruse et par force.

parmi Un

la petite t~'o~ autre colon nommé

la lettre

sur

pour

un

entassés

autre

de couleur

Les colons

eux

Domingue a accordé

niale,

où étaient

de tout âge et de tout personnes les hommes de couleur, disaitafin d'avoir, de /otrc couler bas ce bàteau avec ces mal-

sexe, parmi ït, le plaisir heureux proscrits. par

un bateau

de ce lieu

navire

embarqués inoculèrent

les moissonner. arrivant

Barillon,

de

à Bordeaux,

apprend que la loi du à la classe de couleur; politique

l'égalité suivante

aux

commissaires

Saint4 avril il écrit

de l'assemblée

colo-

à Paris

« Nos bourreaux, » fertilisé phent » fonde

la terre donc

Mon

nos assassins, des

affliction.

de nos

qui ont triom-

est pénétré décret du 28

proune

ossemens

cœur Le

les monstres

frères, de la plus mars

est

» horreur, une turpitude. Plus » claves 1 Le décret du ~8 mars

de colonies, plus d'esest un brevet de liberté

» pour cent soixante-six » une MtOM~rMMt~ aux

révoltés.

» crime

aux

yeux

mille

Ce décret

est

c'est un yeux de la politique; de la saine il coûtera philosophie; mille individus. Le salut de Saint-

» la vie à quarante » Domingue est impossible,

si l'on

» d'~rc

ne

le parti prend en les e.c~er~t-

juste et sévère envers les mulàtres, » nant ou du moins en les déportant dans ~e de l'As» cemion, en leur en Guinée, près des lies du Prince » fournissant des vtw~ pour un an et des t~rMtneyM » aratoires. » tablir

!1 est encotc

Saint-Domingue » le premier point est

possiblo

de sauver

et de ré-

~'at conçu un plan à cet égard la (~p0t'(tt<t0~ des MtMM<r~, et la


~4

KTUDËS SUR L'iUSTOtRË D'MAÏTt.

» confiscation » diés 1. »

~c

On

ie voit

cauchemar

leurs

biens

la classe

qui

pèse

au

profit

des muldtres

eux

l'affreux

droit

femmes

noires

réellement

nègres, de les maintenir deux classes est donc

t.es prétendus identique. voient avec horreur l'existence pour

est

~c~t-

le

la poitrine des colons et l'emdétruisez les mMM<re~, et il déportez,

tiellement

venue

blancs

sur

pêche de respirer sera facile de M~t~M~ La cause de ces tesclavage. lâtres

des

le plus

essen-.

des mubienfaiteurs de cette classe, de-

obstacle

grand

dans

au maintien

de

de pt'opriété que le régime co!oniat leur a créé sur les noirs. Dans l'origine des colonies, privés de femmes de la race blanche, les colons ont dû s'unir a des mulâtres

dont

de la

cette

classe

union s'est

naturelle accrue

sont

nés

par sa propre maintenant

elle gêne, elle embarrasse production hommes blancs qui n'ont pas eu le sentiment

les reces

de l'amour

et de ce que les mulâtres réclament pour leurs esclaves les droits qu'ils tiennent de la nature en leur qualité de ce que des hommes d'hommes, et justes, généreux dans la métropole, soutiennent leurs réclamations et les font

les colons ne songent triompher, qu'à la destruction de ceux qu'ils appellent des dénaturés Qui donc forfait aux bons sentimens de la nature, entre eux ou colons

vous, C'est tout

une

à fait

proposer nègres

de Saint-Domingue?. chose remarquable, du

tout libres,

Happort de Karr

goût haut ou

qui

de

ces

la destruction avaient

la t~por~tOtt qui n'osaient

que hommes des

honte

tume 3, pa~M 36 et

37.

mulâtres

d'exprimer

était

et

pas des

ce vœu,


~792]

ce

CHAPITRE

I

désir

cruel

En lent

dans

déporter communications,

de toutes

XII.

36S

une

1791. les nègres

détruire

race), et ils proposent !a baie des ~o~Mt<o< tout à la fois, et contre mais ils sauvages; l'une des tles désertes

suisses

isotée

déserte,

bien à tuer.

équivaut les blancs du

octobre

Ïfe

Port-au-Prince

veu-

la même toujours de les déporter sur les plages de où ils auraient eu à combattre (c'est

la faim

ont

soin

de ces

et contre de

les

côtes,

les

Indiens

faire

sur jeter en finir plus

pour

vite. En

1792,

Barillon

dans l'ite de F~cc~MtOM, Et en 1814, Malouet, ancien

colonies, hommes

de

les îMMMtre~ déporter près des côtes de Guinée. ministre de la marine et des

propose

colon

de Saint-Domingue, un de ces rien oublid ni rien appris, Malouet qui n'avaient se proposait de déporter les WMM~. et lu n~TM ~aM tes Haïtiens, à i'ite de Ratan, dans la baie de parmi Honduras, des infortunés

sans

dès lors

ce dernier

de la part

n'avoir

de la loi du 4 avril

restreint ayant et relevé celui

Btanchetande.

réminiscence

par

suisses et pour

trajet Les dispositions obligée, loniale

doute

des

pas à faire

Roume

du concours de

t'aûaire un

long

et sa publication de t'assemblée co-

le pouvoir du commissaire profita hommes

de

couleur

et

de

qu'it reçut du Nord,

En t8t4, auMitût l'arrivée à King )n du colonel Mauxion-LawayMe. principal agent de la mission d'espionnage envoyée à Haïti par Malouet, it y parut un livre où la population d'Haïti était divifëe en six classes. Le sort des mulaires et des nègres éclairés, y était-il dit, '~it d'aire transporté ou déporté à )t!e de Ratan, dans la baie de Honduras Cet ouvrage fut publié sous t'influence de Dauxion-Lavaysse. ainsi que l'a dit Pédon. dans sa lettre du 6 octobre t8t6 aux commissaires français envoyéa alors proa de lui puisque les mêmes cat~~ories étaient insérées dans les instructions secrètes trouvéet par H. Christophe sur Franco de Médina,l'un de ces espions.


366

ÉTUDES

rétablir

pour

SUR

L'HISTOIRE

la

du

puissance paroisses de

des plupart ces mesures,

D'HAïTI.

militaire

régime

cette

dans

la

Au

moyen de l'Ouest et le

province.

il put songer à passer dans la loi du 4 avril, et Sud, pour y faire pubi ier et exécuter los factieux dans ces réprimer également qui résistaient provinces. dans

les hommes de couleur l'Ot.est, les blancs de la Croix-des-Bouquets, les esclaves du Cul-de-Sac pour refouler

Lorsque, dérés avec soulevé

au Port-au-Prince, de marcher quis

de

par la vallée teur de cette

mettait

campé aux Vérettes, s'y de l'Artibonite. Ce noble,

les hommes

instant,

de l'Arcabaie

l'Artibonite,

pour se liaient

les ordres

à ceux

leurs

alors

il a été parlé A Jacmr)!, aux Cayes-JacmoIetà aussi

les

coloniale,

au Môle réfugia assassina les soixante

l'offensive

dans

l'Artibonite,

succès

nisèrent

une nouvelle

contre-révolutionnaires

Marc, des Gonaives,

de

se

Baynet, contre

ces paroisses. Par suite de leurs

les blancs

soulevèrent

qu'il dans le 8* chapitre.

~M.<M dont

à Saint-Marc

com-

de la plaine Borel, dont

de l'assemblée

Dumontellier

C'est

reprirent

et

du camp de la Saline, f.ous Ils réussirent à les chasser de

membre

Borel, positions. se rendit au Cap, et

de couleur

plaine

de couleur

et quelques-uns combattre également

de Dumontellier.

avec ses saliniers.

cette

planla ré-

affreux.

les ateliers

mouvemens

aussi

porterait

grand et endetté avant

des assassinats

Au même

Praloto

se proposait alors que ce brigand eux au Mirebalais, tandis que le mar-

paroisse, déjà ruiné de toute pillait les habitans

volution,

eurent

c'est

contre

Borel,

confé-

coalition

les hommes !es blancs

de

~s orgaentre eux et

des paroisses de Saintde la Petite-Rivière et des Vérettes.


~792]

CHAPITRE

xn.

367

)

Cette de

coalition

sure.

fut

Du

côté

Fontanges le médiateur

secondé

Le traité vit

de

paix

le 21 avril de base

dénonçait de l'Ouest teurs

à et

de tous

de confondre nègres

libres,

qu'ils en cette

Guyambois, ou nègres

blancs,

propriétaire entre les ·

leur

Marc

des

de

toute

la province Ce fut encore aux

excepté.

de Pinchinat

politiques Pinchinat

J.-J. Savary, Laplaine, et Esnard, tous mulâtres nite.

maîtres

le Port-au-Prince

l'Ouest,

talons

les rendit

ce fut

cette

blancs

et

1792.

cette

me-

circonstance

par Petit-Bois

Charles libres

surtout

dans

et d'union

durent

de l'Artibole vicomte

de

plaine, qui devint les hommes de cou-

qui fut signé à Saintd'un autre qui lui ser-

précédé et qui fut signé le 14, à la Petite-Ri.vière, la nation et au roi l'assemblée provinciale i'assembtée comme étant les aucoloniale, les maux de la colonie. N'oubliant jamais la cause commune de tous les mulâtres et Pinchinat une disposition y fit insérer

de tous ceux qui étaient par laquelle dél'élargissement tenus prisonniers dans divers quartiers, serait demandé en retour de la mise en par les blancs de l'Artibonite, liberté de cent cinquante blancs qui étaient prisonniers tombés au pouvoir des hommes de couleur, dans les combats livrés contre Borel, et qui se trouvaient détenus au fort

élevé

devenir

célèbre

ou concordat la détention

à la

Cr~Ptcrrc<, dans nos annales.

du

14 avril,

de cet blancs

il fut prMOWM~

monticule Dans

cette

reconnu n'avait

destiné

à

convention

et constaté rien

que de cruel,

avec ~M~e par la ~droM~ furent traités. Et c'étaient des hommes de la troupe d'assassins et de pilcependant lards commandée par Borel C'Mt)e m~tth' Fonto~cs qui vint eil <8t<<,en quatitc de cuttoni'~aircttc


~68

ÉTUDM

Cet acte

SUR

D'HAtTt.

L'HtSTOtRE

de la coalition

ayant été déféré n'hésita pas à ainsi que dans

de Saint-Marc

à l'approbation de Roume, ce commissaire à des hommes l'accorder qui n'agissaient les vues d'épargner à in province de l'Ouest survenus

dans

le NorJ.

les

ravages donnée par

Cette

approbation de la nouvelle

la réception de la loi du des hom4 avril, produisit le neiHeur effet sur l'esprit mes de couleur elle les porta à persévérer dans la moavant

Roume.

dération

ceux de l'Ouest.

qui distingua Marchant d'accord,

leur

donnait

la loi

et forts du

de toute

4 avril,

Roume

la puissance que et Blanchelande

et du Cap le 16 juin sur le vaisseau le Jupiter, le 20. Ils y furent à Saint-Marc reçus avec des Les de respect par les hommes de couleur. témoignages blancs de la coalition trouver en Blancheespérèrent

partirent arrivèrent

lande

un

des

vengeur

humiliations

et

des

violences

de l'ancien qu'ils avaient subits, comme partisans régime, du sous ce gouverneur et Mauduit, de la part des factieux De leur côté, les hommes de couleur vouPort-au-Prince. laient

aussi

à la rentrée le témoignage do leur part

et Blanchelande que Roume de leur armée dans cette ville de Roume, que de celle

concourussent mais, suivant d'acharnement

il y eut moins des pompons blancs

~e Saint-

Marc.

Après le départ Unis, on il emmena

de Caradeux une

y fonder une habitation tieux du Port-au-Prince général

de la garde

pour les Étatsde ses esclaves pour cinquantaine dans la Caroline du Sud, les facavaient

nationale

le Cruel

nommé de cette

LoQisXVtH.Guyamboitt,t)<:groHbre,étnitdès bonite. Nous en parleronsplus lard.

Borel ville,

capitaine Ils envoyè-

lors tr<'a-innuentdan<Artt-


CHAPITRE 1

I<792]

rent

trois

XH.

3$~

j

au Cap l'informer de sa nomina~on et l'inviter à se rendre d'eux. Parti du Cap auprès sur un bateau, Borel entra au Môle où il Dumonjoignit tellier et ses sicaires, et une infinité d'autres misérables tels qu'on en brigands, voyait dans toutes les villes de la colonie à cette époque de ceux de sa quelques-uns des Vérettes troupe aussi. La municipalité s'y trouvaient du Port-au-Prince avait expédié bâtimens plusieurs pour les recueillir. Borel forma au Môle une flottille de onze voiles et se mit en route. Mais arrivé dans le petit golfe de il fut personnellement l'Ouest, capturé par le vaisseau le ~o~ M. de ~rimouard. que montait à qui amena Saint-Marc le navire sur lequel il se trouvait. Roume et Blanchelande le livrèrent au jugement de ia sénéchaussée de cette tres

commissaires

ville, avait

qu'il

à raison

des

déprédations

commis

dans

l'Artibonite.

blée

dont coloniale, clamer sa mise en la faiblesse

qualité clamation

et fut

il était

comme liberté, de Blanchelande

cause

que,

au Port-au-Prince ganiser vérel et Sontnonax, dont parler. Roume

et

Port-au-Prince. nattre

les

Blanchelande

Savary, ~M<t~r~ leur <

Lapointe dit-il,

ne tarda inviolable céda

par la suite, une résistance nous

aurons

l'assempas à réen cette

à cette

Borel

réor-

put

contre

Pol-

occasion

de

à aller au disposèrent dans son rapport, fait conpar Jes coaiiséb de Saint-

avec

eux

il

y rend

et Morin, qu'il la haute réputation

leur M~Me

Mais

meur-

se

Le premier, conditions posées

pour concourir à leurs ordres

Marc, Prince

membre,

et des

e<

à soumettre

le

Port-au-

à Pinchinat, justice vit à Saint-Marc, et

qui

que lui <MWMt MM~~c <o~M politiqua « mi-

~ww. T

t


~TUnES SUR L'HISTOIRE D'HAtTÏ.

370

iuin dans dans Le 22M juin les forces maritimes;

route

terre

par

la soirée, soirée.

Blanchelande Blanchelande

le lendemain, se

pour

rendre

Escorté

Croix-des-Bouquets. coalisés commandés

1 Arcahaie

une

par

se mit en

Roume à

avec

oa partit

et à la

soixantaine

des

il reçut de ce dernier, pa Lapointe, les plus propres a-t-il dit, tous les avis et les conseits a ses opérations. H trouva une grande soumission faciliter de la part des chefs roisse de l'Arcahaie, contre

les

d'ateliers et du

blancs

il trouva Bouquets, » par tempérament,

noirs

réussit

soulevés

à calmer

leur

Port-au-Prince.

en Bauvais

« un

dans

la paanimosité

A la

Croix-des-

homme

vertueux

et par coutume, par, principes qui » trouvent dans son cœur la morale la qu'il prêchait, » propageait, secondé par les chefs de son armée, parmi » les hommes de couleur et nègres libres qui y venaient » de tous

cotés.

Je voudrais,

» le même » qui C'est

témoignage se trouvaient la; une

sorte

bouche ceux qui lui-même, les

et sous ont

en mais

de gloire qui choisirent

et nègres libres m <r général, de trouver

ajoute-t-il, faveur de

tous

Bauvais

les

blancs

leur prepour homme dans la

l'éloge de cet de tous les blancs,

si furieux

à rendre

que j'en suis éloigné » pour la classe des mulâtres

la plume été leurs ennemis

ce colon

avoir

même

de

les plus acharnés. Page contre cette classe et contre

cet

énergumène qui professa sous Robesles plus odieuses, d'emqui conseilla pierre les maximes leurs chefs. Page a dit dans son ployer le pOMOM contre a publié en 1799, en diacoura hMtongMe qu'il a Paris, de Bauvais et de l'affaire du 21 novembre partant i?9t « C'est aussi avec justice que chacan rend b<MMesclaves,

» mage aux vertus » mes de couleur.

de Bauvais, chef Ce brave citoyen

milttaipe a, plus

des homd'une

fois,


~792]

CHApmuE xn.

» arrêté

le poignard dans bien des mesures

Après Blanchelande

firent

des confédérés de ceux gaud.

de ceux

ie 5 juillet. aux forces

tés, se prêtèrent à tout civil et le gouverneur tion

prirent hommes de

main

rang couleur

de

ses

frères.

Roume conciliatoires, et au Port-au-Prince t'armée

de ia Croix-des-Bouquets. venaient de la plaine

qui à la tête

pénétrèrent vant résister

rentra

la

37

qui étaient Les blancs

à la tête

Bauvais, du

RiCul-de-Sac, à Bizoton, campés y de la ville, ne pou-

de tous côqui les menaçaient ce que voulurent le commissaire Ceux de la confédéragénéral.

dans

la garde continuèrent

mais

nationale; de rester

unis

les entre

parce qu'il était évident ne pouvaient qu'ils compter sur la sincérité de la soumission de leurs ennemis au nouvel ordre de choses produit par la loi du 4 avril. eux,

Une dizaine au-Prince

des

furent

plus arrêtés

en France

ie fameux

montellie'r,

l'égorgeur

des agitateurs furieux du Portet condamnés à la déportation Praloto était de ce nombre. Dudes malheureux M~M au Môle,

obtint

un passeport aux pour se rendre barqués sur le navire t'~o~c qui fut Marc. les dix déportés allaient partir

États-Unis.

Em-

envoyé à Saintpour la France, dans la nuit du i0 au 11 juillet, lorsque Praloto en fut retiré par un blanc nommé Roi de la assisté de Grange, autres quatre le chargèrent

assassins

ils le mirent

dans

un

canot

et

de fers; dans la baie. ils le sacrifièrent et le cadavre à la mer. Roi de ia jetèrent avait été Grange secrétaire du comte de Peinier et de Blanchelande, et alors à Saint-Marc les fonctions remplissait de prévôt de la maréchaussée. Comme Praloto avait joué Je principal rôtc dans t assassinat de Mauduit, ta qui oecasionna


372

ÉTUDES

de

fuite

Blanchelande

ticipation bandit méritait

pompons blancs fut soupçonné général

mais,

de

leurs

de couleur

1 jr

les vues contre-révolutionnaires tant

confédérations,

nos

de parmisérable

pas assassiné. des confédérés au Port-au-Prince

Roume

qu'à Saint-Marc, « Je puis vous les aMpM des » nr

Port-

et non

Ce fut après l'entrée s'adressant aux hommes que, contre

du

ce Certes, pour tous les forfaits qu'il dû être jugé et condamné

punition il aurait

les tribunaux,

munir

D'HAÏTI.

et des

une

commis;

par

L'IHSTOÏRE

le gouverneur à !a mort de Praloto.

au-Prince,

avait

SUR

reçut

à la

Croix-des

de Bauvais

cette

les prédes blancs Bouquets réponse

que nous n'avons jamais été blancs il nous fallait conqué-

répondre

pompons nous droits,

avions

besoin

le

d'auxiliaires

» diable se serait p~eM<e que nous l'aurions enrégimenté. » Ces messieurs se sont o~ef~, et nous les avons em)) ployés, en leur de croire nous permettant qu'ils )) dupaient. Mais comptez que nous sommes incapa» bles

la nation,

de trahir

ni

de nous

refuser

a ce que où la franchise

M vous toute

elle. » Réponse exigerez pour aussi militaire de Bauvais décelé

bile de Pinchinat,

fit le succès

qui

la politique hades hommes de cou-

leur. au surplus, à la louange de de vouloir des circonprofiter

Ce commissaire cr

~mes

s<n

es pour modérés que même femme dont

atteste,

loin que, se venger de leurs les

car

généreux; encctnte l'enfant

blancs

avait avait

novembre

1791.

se venger,

s'il

de la confédération.

l'un Benulieu, été si atrocement

été

Beaulieu t't'ncontnut

ils furent

ennemis,

jeté

dans

promit l'auteur

Ils

plus furent

dont

d'eux,

la

tuée et éventrée,

les

flammes,

Roume de

de

ce féroce

le 21 ne

pas assas-


t~~J

CHAPITRE

XII.

gyg

1

sinat.

Ce blanc, nommé ZoroMM, était au Port-au-Prince; Beaulicti le vit, et il tint sa parole r Cette abnégation de l'époux, du père privé des plus chers objets de ses affections, n'est-elle à pas sublime côté de la basse exercée par Roi de la vengeance Grange sur la personne de i'iniame Praloto? L'infortuné

Beaulieu, n'en devint

que fût Je mérite de sa noble action, pas moins victime de la haine des colons un jour arriva où elle arma le bras coupable de Toussaint Louverture contre lui et les siens, et il périt à côté de son beau-père. Et alors, Roume qui fut témoin de sa générosité, abaissant l'autorité nationale devant les volontés de ce chef, Roume ne fit rien ou ne put rien pour le sauver 1 Larousse ne fut point poursuivi ni Blanpar Roume à l'entrée chelande, des hommes de couleur ce n'est que l'année suivante, qu'il fut livré aux tribunaux par ordre de Potvére! et Sonthoaax; mais aucun document ne constate fut puni de sa féroce action. qu'il Les confédérés avaient demandé le renvoi en France des bataillons d'Artois et de Normandie il n'y euï que ce dernier qui fut embarqué tout entier et expédia dans la métropole. Les ateliers

d'esclaves

Croix-des.Bouquets leurs travaux. Cette franchissement du Cul-de-Sac, l'Arcabaie,

quel

soulevés

et

de

dans

l'Arcahaie

soumission

fut

les paroMs~ rentrèrent

de la

obtenue

l'af-

par

dans

de cent des chefs parmi ceux principaux et de autres parmi ceux de quarante-quatre à condition qu'ils serviraient pendant cinq

Beaulieu fut fusillé nu Port-nu-Princeavec les premiersm.~eM de t. guerre civile entre Cameau..on beaupré Toussaint Louverture et

dans R~ud.

j


ÉTUDES

374

dans

ans

continua

de

à résider

septembre, au Cap.

débarquer

mamttendratent

dans

commissaires

des nouveaux le 19

D'HAÏTt.

et qu'ils

gendarmerie dans les ateliers.

Roume

Marc,

L'HtSTOfRE

la

discipline

rivée

SUR

quand H se

la

l'Ouest

l'arjusqu'à Il était à Saint-

civils.

il apprit venaient qu'ils rendit acd'eux, auprès des

de Savary le Washington qu'i appelle compagné hommes en m~me temps qu'il nomme de couleur, chinat leur Franklin. C'est avec raison que Garran de lui,

ses écrits

que

recevaient

peu romanesque, qui paro~ son caractère. On pourrait comparaison à Washington,

relative

~rc

de sa plume fMM des traits

encore

à Pinchinat;

Pindit

<~f!~

la

un

d~<tfM:<t/< de à Roume la

passer mais comparer

Savary fait de Bauvais Sa-

l'éloge qu'il il a vanté la sagesse, n'en furent pas avec les colons a qui contribuèrent

après dont

vary et Lapointe moins des traîtres

de replacer tous les noirs domination de la Grande-Bretagne. tenter

dans

l'esclavage,

sous

la

la nuit

du 11 au 12 juillet, Blanchelande partit le Jupiter et le Cor~e, ie avec les vaisseaux pour Jéréï la loi du 4 avril que les blancs du. afin d'y faire oublier de la Grande-Anse refus ient encore de reconquartier Dans

nattre.

voyage était de couleur des hommes

Le but

en liberté

de son

à bord

sonniers

depuis plusieurs le commandant ment officier blancs

du

d'un

aussi

de iaire

qu'ils retenaient pricomme au Port-de-Paix,

navire,

Déjà, il y avait vainement à la tête d'un Rochefbntaine, mois.

de Berwick,

régiment avait été

paralysé

employèrent

auprès

mettre

dans

par les de cette

le même séductions troupe.

envoyé détachebut;

cet

que les André Ri-


CHAPITRE XH.

f~92]

Blanchelande

gaud accompagna hommes de couleur

du Sud

présence de ces forces soumirent à la nécessité et enfans sur

étaient

ce navire. mais

ment Dès qui

avait

Ils

les

des partie ses ordres.

sous

ils se

blancs,

femmes,

vieillards

et chargés de fers liberté en ce mo-

pêle-mêle recouvrèrent leur

ils en furent

une

les

contraignit hommes,

entassés

la fin de 1791,

formaient

avec

qu'il

La

37$

privés de nouveau. les blancs des diverses

paroisaes la Grande-Anse et de

de

quartiers

s'étaient Tiburon, ligués. un conseil d"aa~MM<ira~oM

En

février

1792,

ils créèrent

des aSairee pour la direction Ce conseil tenait ses séances à Jérémie; publiques. il ne coloniale dont il obtint correspondait qu'avec l'assemblée l'assentiment. Isolés du reste de la province du Sud, ces deux

quartiers

autre

autorité

dont

leurs

rester

purent

que de celle habitans partageaient

De Jérémie, Blanchelande resta heures vingt-quatre arriva

aux Cayes dans au reçu, comme

les

ainsi

de toute

indépendans l'assemblée

de

cotoniato,

les principes. se rendit il

à Tiburon

poursuivit

sa

où ronte

il et

derniers

de ju~iet. li jours y fut avec de grandes Port-au-Prince, démonstrations de joie. Les blancs prontèrent de sa présence pour le porter à essayer de les esclaves comprimer qui,

depuis quelque aux Platous, campés de là, leurs incursions paroisses. Avant

temps, hauteurs

étaient

en pleine

révo~et

de la paroisse des Cayes s'étendaient dans toutes les autres

les forces dont il pouvait d'employer disposer, Blanchelande se ménagea entrevues avec les plusieurs chefs de ces révoltés il resta convaincu que des mcvont de dou~euc et de justice seraient plus efucaces que ceux

j


376

ÉTUDES

SUR

L'HISTOIRE

D'HAtTt.

de la guerre. Peu de temps avant son arrivée, ces chefs avaient de faire rentrer tous les révoltés leurs proposé travaux, faveur, lition

du

fouet du

provinciale ditions elles son

trois

moyennant la concession

entrevue

cevant

en

faveur

Sud

avait

furent

des

masses.

Mais

renouvelées des

les blancs, par

à ces con-

à Blanchelande, révoltés. Ceux-ci,

et les refoulèrent aux

faiblesse,

et fa6o-

l'assemblée

rE fusé de souscrire

avec les chefs

alors,

en leur

affranchissemens de <roM jours par semaine

n'avait que le gouverneur général du camp à cet effet, s'emparèrent

pouvoir se tenaient Cédant

cents

pas

dans s'aperassez de

Bérault,

en ville.

demandes

pressantes contraicolons,

de l'assemblée

et des autres provinciale rement aux avis de Mangin de Thiballier et d'Ouence, de Rigaud, de juger des opérations miliplus capables Blancbelande fit marcher trois colonnes contre taires, les

révoltés.

Elles

furent

successivement

défaites.

Le

où il se tenait, fut bientôt quartier général attaqué par les révoltés et mis en complète déroute. Blanchelande rentra aux Cayes à la débandade, avec les orgueilleux colons

à cette campagne imprudente. qui le poussèrent C'était dans les premiers i792. jours du mois d'août combattant à côté de son frère, fut Augustin Rigaud, blessé dans la déroute. Le lendemain

de sa rentrée

aux Cayes, Blanchelande, confus de sa défaite, au Cap où pour se rendre repartit il arriva dans les derniers jours du mois d'août. Il prit la voie de mer.

Après nullement

son départ souffert

s'empressèrent

des Cayes, les révoltés, qui n'avaient dans les attaques contre eux, dirigées

de renouveler

leurs

propositions

de paix,


CHAPITRE

[4792]

xn.

377

1

1

en demandant

d'abord

semaine,

par

puis

à quatre de promettaient

la liberté

en

chissemens ci

leur

avaient

donnés

réduisant

faire neuf en les

le

au

cents,

et de remettre

vaux,

de <OM et les trois nombre

profit

rentrer

les

cents

bons

organisant

des

des

fusils contre

auranet ceux-

chefs

autres

jours

à

leurs

tra-

que les colons les hommes

de couleur. Mais sion. de

les Les

tous

colons révoltés

les

refusèrent

de

demandèrent

combattans.

Ces

nouveau alors

toute

conces-

la liberté

générale

se

passaient

négociations

un mois. Le 16 septembre écrivit depuis 1792. Rigaud à Roume la lettre dont nous donnons ici un extrait. Monsieur

le Commissaire

national

civil

Étant chargé de pouvoirs de l'assemblée provinciale du Sud, nour aller faire un arrangement avec les nègres insurgés et réfugiés dans les montagnes du Platon, il est de mon devoir de vous instruire où en sont les choses; si je ne l'ai pas plus tôt fait, monsieur, c'est que je n'avais pas encore l'espoir de terminer avec eux. Mais, après un mois de à ramener ces nègres à des peines et do risques,~ suis e~ parvenu principes de paix. On accorde la liberté à sept cents; je leur délivre (~MMnpfMn~ (f<t~'<Mtc/M~MMMM< au nom de la province du Sud, en vertu des pouvoirs qui m'ont été donnés. Je m'occupe à &M M~a~r de cent hommes en compagnies chacune, pour faire !e service et protéger la plaine et les mornes, et se porter partout où besoin sera dans la province pour arrêter les insurrections, les incendies et les brigandages une partie sont déjà en activité dans ce service; les habitans à rentrer chez eux, et j'espère que sous peu ces mêmes commencent habitans seront à même de réparer les pertes considérables qu'ils viennent d'essuyer. Vous avez vu, monsieur, l'adresse que j'ai faite à la commission nationale civile, sous le couvert de M. de Saint-Léger, où je parlais d'accorder la liberté a une partie de nègres que les habitans blancs avaient armés contre les hommes de couleur~ et qui ont profité du moment qu'ils étaient armés pour secouer le joug f"< n~rob, iurmés en compagnies de gendarmerie, anra!cnt maintenu tout le reste, seul moyen d'empochy

t'inb~t~uuu

générate.

Mais, monsieur

)o ccmmis-


~78

ÉTUDES

SUR

L'HISTOIRE

U'HAtT!.

xaire national civil, il suffisait que j'avais donné cet avis (qui aurait bien moins coûté, et on aurait évité tous les malheurs qui sont arrivés) pour qu'il ne fût pas adopté. Les habitans disaient alors ~VbM atwoîM Je voyaiste tMMt~c<<Mt< mat qui se M~rte d'M~ <eM~~gre. perdre préparait; ÇM<de c~t-sen~r Je voyais le mal qui se préparait; jeje voûtais voulais !ele bien, voûtaisl'opérer bien, etet voulais t'opérer au péril de ma vie; mais, monsieur, que d'entraves, que de résistances n'ai-je pas trouvées! lue d'orgueil, que de préjugés il fallait encore vaincre, malgré que la loi du 4 avril était promulguée Tel des

fut

l'heureux

noirs

dans

résultat

le Sud,

obtenu

secondé,

morale

et politique des hommes des droits avec les blancs.

lité

font ces hommes

des

la loi du 4 avril,

c'est

dans

&er~,

droits

l'Ouest,

l'insurrection

par

appuyé de couleur

de

l'influence

admis

à l'éga-

Le

premier usage leur sont reconnus

qui d'obtenir

la consécration

en faveur

de cent

que

par de la li-

quarante-quatre dans insurgés,

des

chefs parmi les noirs principaux le Sud, en faveur de sept cents. la première Dans de ces provinces, les affranchis sont enrôlés dans la gendarmerie;

nouveaux dans

la

enrôlés en un corps de trouégalement à maintenir l'ordre et ie travail des ateliers.

ils sont

seconde,

pes destinées Bientôt on

verra

ces

derniers

former

de r~ya~ créée dan~ le Sud, formée au Port-au-Prince, également légion

le

noyau de la a~l'instar de la légion et par Potvérel

Sonthonax. Le

lecteur

l'influence et nègres arrivèrent

mieux maintenant la cause de comprend exercée par les hommes de couleur, mulâtres

sur les nègres encore esclaves, mais qui un an après à la liberté générale comme leurs

libres,

frè<rea, tant

dans le Nord,

t Ou~at que dans le Sud. tl comprend les révoltes successives des nègres pourquoi dans ces deux dernières des furent provinces exemptes Pit(M juatiNct~M «one!~

dans

au Ktppoft de Boume, p<~e<3.


CHAPITRE

[i792]

XH.

~79

immenses l'insurrection de ceui ravages qui signalèrent du Nord, occasionnée principalement par tes intriguer des blancs contre-révolutionnaires, partisans du gouver. nement rétablissement de l'an. roya!, ne visant qu'au cien

colonial. régime Dans le Nord, ce sont

européens qui et du poignard, blancs comme excès

un

l'Ouest

entans

de

triompher et qui eux-mêmes,

et dans qui

u murs

nouveaux

Les hommes

la servitude.

ie Sud,

ce sont

soulèvent

de

de

Une

la marche

réparent des ~MtMM.

assurer

autre

les

observation

ascendante heureux

à tirer

dans

ce.

qu'ils

onl

les frères

et les

pour arriver les propriétés,

couleur

des progrès de la révolution qu'il De l'autre domine le sentiment pour en nombre.

se ménagent

dans

le

adversaires,

instrumens,

à l'égard qu'ils ont commise D'un côté domine le sentiment

profite

leurs

à la liberté, en conservant l'ordre autant que possible, pour libres plus -dignes de la conquête

maintenant droits.

de

pour

l'esclave

duellement

passions des aristocratef de l'esclave de la torche

le bras

cuxt argument de maintenir

l'intention Dans

arment

les

gra. en

rendre de

ainsi

de

for~M~, veut arrêter.

ces leurs

la faute

irrité

de la /ro~nM~, qui de cette révolution,

résultats

au

plus

grand

des faits

la que signale lettre d'André c'est que, dès le mois de septem. Rigaud, bre 1792, avant l'arrivée des nouveaux commissaires ce révolutionnaire civils, aux noirs du Sud apparait comme

le protecteur

particulière l'attachement jour,

quand

de leurs

droits.

De là l'inRuence

qu'tl exerça personnellement et le dévouemeht qu'ils lui il eut

~re Toussaint

sur eux;

de là

montrèrent

un

Louverture.


380

SUR

ETUDES

D'HAÏTI.

L'HISTOIRE

devenu le générât en chef de Saint-Domingue, des infernale le trop fa~te de la politique instrument de la métropole, colons et du gouvernement essaya-t-it lui faisait la de persuader aux noirs du Sud que Rigaud était fc~Mc~t des guerre parce qu'il était noir, que Rigaud En

vain

ils ne le crurent

noirs avec

ardeur

pes,

ils combattirent

pour Rigaud

et ûdétité.

affrandes noirs qu(' fait Rigaud, la persévérance chis en compagnies, nous prouve encore de ses idées à cet égard. On se rappelle qu'au concordat il fut du 11 septembre de la Croix-des-Bouquets, 1791, l'afarticle !e premier à vouloir spécial garantit qu'un le s'ensuivit franchissement des WMr< <MtMM, et qu'H Cette

projet merie, années contre

organisation

dans

de les enrôler

la

ou

maréchaussée

gendar. de huit

bout leur liberté qu'au pour n'obtenir aussi qu'il protesta On se rappelle de service. à la baie des Mosde c~s infortunés la déportation

quitos. t'entrée

Après

donné

tan'ranchissement

au-Prince,

leur

quatre esclaves entraine darmerie. Dans le Sud, des Cayes,

fait

Rigaud

après encore

de la classe

des

à cent

quarantedans la gen-

incorporation le départ de Btancheiande

hommes

cette

prévaloir

génie d'organisation qui te distingue lui l'homme qui est devenu ensuite militaire

au Port-

et de Blanchelande

de Roume

fait

idée.

découvrir

Ce en

la personnification ït a conde couleur,

du moment à l'exclusion de Bauvais, quis cette position, de de Pumphiie le témoignage qu'il eut créé, suivant do petite guerre « le système élémentaire qui a Lacroix, » fini

par

» mingue Mémoifet.

armés de Saint-Doaux esclaves apprendre et des soldats des hommes étaient qu'ils etc.,

t~me

<

pa~o

t93.


38i

CHAPITRE XH.

[1792] En

ce chapitre,

terminant

quer une vérité Si l'ancienne tacle

des

historique province

nous

importante. du Sud a offert

lutionnaires

(nous les hommes

remar-

faire

souvent

le specrévo-

mouvemens

des

politiques, l'avons dit

agitations

devons

dans

du

l'introduction),

sa population peuvent qui composent avec orgueil, réclamer que c'est de leur sein que jaillirent En 1789, c'est de la liberté. les premières étincelles moins

noirs de cette province que se révéla parmi les esclaves à la jouissance le désir des masses de parvenir d'abord il y eut des mouvemens de ce droit sacré de l'humanité séditieux du Nord combattre sous

les

victoire

de couleur En 1790, si les hommes a Id voix d'Ogé et de Chavanne pour du Sud qui, ce sont encore ceui les colons, la première de Rigaud, ordres remportèrent parmi eux. se levèrent

contre

leurs

ennemis.

communs

En 1792.

c'est

dans le Sud que sept cents esclaves noirs, parégalement et venus à leur affranchissement énergie par leur propre sorte à annoncent en quelque de Rigaud, sous l'égide frères que la liberté ne de leurs cinq cent mille autres à les émanciper peut tarder H y a donc dans l'esprit Notre tiative incontestable. de la signaler. nous du Sud, Mais,

comme

haïtienne, sont idées, dans

du

Sud

devoir,

eux-mêmes. une

personnel, aussi à revendiquer

porte membre

de les plus

l'Etat,

de

ardents

d'ini-

puissance

comme

sentiment

Notre

no~ vœux

comme

historien, comme cet

la grande et les plus

est natif

honneur. famille sincères

sa vivacité à modérer et ses que le Sud apprenne au maintien de l'Etat contribuer aOn de pouvoir l'union,

dans

son

unité

politique.


~82

HTUnES

SUR

L'MtSTOiRK

D'HAm.

RESUME DE LA PREMIÈRE

Parvenu de notre Dans

à la fin de c'~tte première s'ia. pays, résumor

l'introduction

ÉPOQUE.

de l'histoire

époque

à cet ouvrage, nous avons fait cond(: la société coloniale en 1789; les

nattre

la composition mœurs et la position

dos diverses

classes

d'hommes

qui

ta formaient;

du gouvernement l'organisation despotique de Saint-Domingue et ses abus; les justes plaintes de toutes les classes contre cet ordre de choses; le désir qu'elles colonial.

Nous pectifs. trois provinces agricole, Nous des

d'un

éprouvaient chacune au avons

point eiposé

diverses

la situation

de la colonie, moral

commercial, avons

dans le régime changement de vue de leurs intérêts res-

ainsi

sous

particulière

le rapport

physique,

et politique. le lecteur à saisir

préparé révolutions et des

guerres

qui

des

les causes

ont surgi a la révolution

Saint-Domingue, à comprendre pourquoi a si puissamment ioÛué sur ce pays. française Cette première époque nous montre la classe des blancs divisée

dans

ses

vues

intérêts

divers;

contenir

les hommes

les uns dans autres Elle

dans nous

mais

comme

l'était

déjà

dans

ses

unie dès qu'il toujours s'agit de de la race noire, et de maintenir

la dégradation l'humiliation

fait connattre

elle

du préjugé de la couleur, les et les rigueurs de l'esclavage. tes moyens affreux qu'employè-

rent

ces privilégiés de la peau à l'égard de leurs victimes, les crimes qu'ils commirent contre de elles, les atrocités touto

nature

~XCïTtpIf.

dont

< s donnèrent

le coupable

et honteux


CHAPITRE XH.

[1792J Mais

cette

époque sanglan'e incessans de la classe

efforts venir

a

civile

nous des

montre

affranchis,

et

avec politique les tentatives infructueuses

l'égalité de la colonie

teurs

~83 aussi

pour parles dominade quelleur le-

des autres; intelligente succès sur le champ de bataille; non moins grands dans le champ de la polileur inexpérience fautes, ces compromettant

ques-uns l'organisation vée de boucliers; !eurs leurs

succès

tique

leurs leur

succès; crimes leur

dont lutte

Ensuite, ter sur

à rép< "er leurs torts; et enfin, les se souillèrent une partie d'entre eux dans habileté

désespérée. nous voyons

divers

points

également de la colonie

le joug qui les opprime. le poignard d'une main, leurs

impitoyablement tueuses demeures

les esclaves leur

désir

manifesde secouer

Nous

les voyons se lever enfin, la torche de l'antre, frappant

maîtres;

et leurs

embrasant

leurs

sompafin de les

riches

plantations, à être justes, contraindre, par ces dévastations, accorder la liberté naturelle, objet de tous leurs

à leur vœux,

ou tout

au moins

dans

de cette

terre

et de leur

quelques jours de repos de leur sueur qu'ils arrosent

deux siècles. depuis A la fin de 1792, colonie

qu'une

les

ruinée

la culture

ne présente Saint-Domingue en grande marchant partie,

sang

plus cha-

total. Trois années sont que jour vers son anéantissement à peine écuulées le commencement de sa terrible depuis révolution, dans toutes les classes que déjà les victimes d'hommes coule bats

se comptent par milliers. abondamment sur tes échafauds

l'instinct

aMmer laborieuse,

toute

abominable eette

Le sang et dans

de la destruction

popetation, si industrieuse.

naguères

humain tes com-

semblé si paisible,

seul si


384

ÉTUDES

SUR

L'HISTOIRE

H'HAÏTI.

Sur qui doit retomber la responsabilité de cet affreux état des choses? devant Qui doit répondre Dieu, père commun de tous les bommes, qu'il a créés pour s'aimer et se secourir les uns les autres dans les peines inévitables de

la vie; qui doit répondre été répandu, de toutes les horreurs

de

tout

le sang qui a souillent ce beau

qui

et fertile

pays? Sont-ce les de

siècles, cial,

souffraient

opprimés qui toutes les injustices

réclamaient

qui

les

deux depuis dans l'état so-

connues

droits

tiennent

qu'ils

de

la

nature? Ne

sont-ce

pas à leurs

ajoutaient fantent la cupidité, nées de l'intérêt? Ne la

sont

leurs

plutôt

oppresseurs qui la haine qu'enles vîles passions

séculaires

injustices l'avarice

et toutes

ce pas encore révolutionnaire.

France

cruels

les

habitué à décréter longtemps les fers des opprimés ? sans doute, c'est à l'assemblée Oui, tuante

de France,

surtout

aux

nationale

au gouvernement

Dieu,

de

tous

les désastres

si river

consti-

royal, mais c'est qui les ont con-

colons

de Saint-Domingue c'est circonvenus, égarés;

stamment devant

c'est

de

premiers législateurs et son gouvernement des ordonnances pour

& eux qui

de répondre ont désolé cette

colonie. Heureusement survient des

dans

hommes

membres fenheurs

qu'une

nouvelle.

la métropole. aussi généreux,

de la constituante de la race

Elle

compte

nationale

dans

son

sein

aussi

justes quo quelques se firent les ardens dé-

qui mais plus

noire de la révolution,

par les progrès sur les résolutions .somment

assemblée

favorisés

que ceux-ci

ils influent

plus puisilseMtrai-

de la législative;


j

CHAPITRE

J

[179~]

nent

dans

les voies

XH.

de la justice le trop va bientôt cesser.

que dont le rè~ne La ~tM<tC6 est donc

rendue

classes en ral

de tous

seront

rendus

uns des

que

bientôt

Tels époque Une

sont

le sort

des

proclamée génétous

dignité esclaves

leur

tour

les

résultats

viendra.

que nous présente la première de l'histoire qu~ nous éludions. nouvelle ère, pour ainsi dire, s'est ouverte pour

Saint-Domingue. à Polvérel et à Hâtons-nous

Elle a préparé Sonthonax~ de passo~a

FIN

!.t.

portion

originelle. Déjà, quelquessont appelés régulièrement de ces élus fait pressentir aux autres

malheureux

à la liberté

et po~t~MC,

monar-

ro~-OMc~M~M~K de la race noire bientôt

hommes à leur

infortuné

à une notable

opprimées. L'égalité civile faveur des a~rc~c/ïM, prépare les

?5

t.

DU

TOME

la noble

se~OfO~e -r

mission

confiée

époque.

PREMIER.

25

j


TABLE

DES

CONTENUES

MATIÈRES

DANS

CE

VOLUME.

PagM. AVHRTISSEMKNT. INTRODUCTION. ~1. tH.–Des

t

De ta constitution De l'organisation mœurs

de la société coloniale en du gouvernement colonial.

de la classe

IV.

Des plaintes de la classe ment colonial.

V.

Des mœurs

Vt. VII. VI!

et

de

blanche blanche

1789.

en général. contre les abus

s 4 30 du gouverne3S

l'état

des nègres esclaves. Des mœurs et de l'état des mulâtres et nègres.. affranchis, Des plaintes de la classe ~es affranchis. De la situation des trois particut~re de Saintprovinces sous le rapport Domingue, physique, agricole, commercial, moral etpoHtique.

PÉRIODE BnZBMÈnE

LIVRE CHAPITRE

300

41t 58 69

822

FRANÇAISE. ÉBOqUE.

PREMIER. PREMIER.

H~otution en France. Ses premiers effets à Saint-Domingue. Députation des cotons à l'assemblée nationale constituante. Club Massiac à Paris. €ommissa;res des hommes de couleur à Paris. Assassinats commis sur ceux de la colonie. Tentative de résistance de leur part. Assemblée de Saint-Marc et ses actes. générate Autres assemblées des cotons et leurs actes. Décrets de l'assemblée des 8 et 28 mars <790. nationale,


TABLE Dissolution de comte de Peinier.

l'assemblée

DES

MATIÈRES.

de Saint-Marc

CHAPITRE

387 générai, ~o

1!.

Vincent Ogé et Jean-Baptiste Chavanne. Premiers couleur contre tes blancs. Emprisonnement CM. CHAPITRE

le gouverneur

par

combats des hommes de des principaux d'entre ~3 3

III

Revue des actes de t'assemblée de Saint-Marc. Fuite d'une générale partie de ses membres en France. Décrets de l'assemblée nationale constituante, do 19 octobre t" février et <5 mai t79t.– 1790, Discours de l'abbé Résistance des colons et formation d'une Maury. nouvelle assemblée coloniale. Conseil politique des hommes de couleur dans l'Ouest. Pré~4 4 paratifsdeta!uttedet79t. CHAPITRE de Borgella. Naissance colons. Occupations l'homme de couleur. mencersacarrièremititaire.

IV.

Examen des reproches faits aux mulâtres par les de Borgella sa Education de pendant jeunesse. abandonne le toit maternel Borgella pour com)8t t CHAPITRE

V.

des hommes de couleur dans l'Ouest. Organisation Prise d'armes de Diègue, dans le canton de la Charbonnière. Combats de Néret et de Pernier. Concordats du 7 septembre i79i avec la paroisse de la Croix-des-Bouquets, du H septembre avec celle du Port-au-Prince, du 39 septembre à dans d'autres localités Saint-Marc, du Sud. Traité de paix du 23 entre 14 paroisses octobre, de la province de l'Ouest, à Damiens, dans la p!aineduCut-de-Sac.

~93 CHAPITRE

VI.

Insurrection des nègres esclaves dans la province du Nord. causes. Désastres occasionne. qu'elle Rapprochemens l'insurrection des hommes de couleur dans l'Onest. CHAPITRE

VII.

Décret de l'assemblée nationale du 7 juillet constituante, la seconde assemblée coloniale. Ses actes. Ses mettre à la Grande-Bretagne. Décrets de l'assemblée etdu94 septembre. CHAPITRE Entrée

des

hommes

déportation. mes de couleur.

i79t. dispositions nationale,

Réunion de à se soudu 29 août 337

VIII.

de couleur au Port-au-Prince. Affaire du 21 novembre t791. Incendie du Port-au-Prince.

blancs. CHAPITRE

Ses diverses entre elle et ?<c

Les

Suisses

Expulsion Crimes commis

et

leur hompar les 3~

des

IX.

des insurgés du Nord. Dispositions Arrivée des commissaires pacifiques civils Roume, Mirbeck et Saint-Léger. ConObjet de leur mission. duite de t'assemblée coloniale. Continuation de la guerre dans le Nord, dans l'Ouest et dans le Sud. 98&

j


388

TABLE

DES

MATIÈRES. X.

CHAPITRE

coûteux de l'Ouest, teur expulsion du Portaprès de ceux du Sud. Evénemens au-Prince. dans les deux provinces. se dans l'Ouest. La commission civile Saint-Lé~er transporte se décide à retourner en France. de Mirbeck et de Saint-Léger. Départ de rester à Roume la résolution Ses moprend Saint-Domingue. tifs. 305

Conduite

des

hommes -Conduite

de

CHAPtFRE

XI.

tnftuence des Amis des not~ dans l'assemblée nationale Décrets tégistative. du 7 décembre 1791 et du 4 avri! )79?. Lettre du colon Cougnac Mion. Décret on de du 22 juin. Nominat Sonthonax et Ailhaud, Potvére), commissaires du roi. nationaux <;ivi!s.–tn~.tructions Décrets des t7, 99 <;t 25 août. 8 novembre 338 et tO décembre t792. CHAPITRE

XH.

coloniale. de constitution Effet pour Saint-Domingue. Projet au Cap du décret du 28 mars 1792, et de produit par la nouvelle arrivée sa sanction le roi. Roume et Btanchetande le font publier. Perpar contre les hommes de et traité de sécutions continuées couleur. Coalition à Saint-Marc les hommes entre de couleur et les blancs. paix et d'union Roume et Blanchelande vont dans t'Onest. Voyage et actes de BlancheSon retour au Cap. lande dans le Sud. RigaudaUcanchit sept cents noirs aux Cayes. la 356 Résumé de première époqu~

Asse:nb!ée

.,?

H?t

DE

LA

TABLE

SAÏttT-DENM.–TYPOGRAPHIE

DES

MATtËKES

DE

1)~'

PRETOT

TOME

ET

PHEMiER.

DROOARD.


A beaubrun ardouin tome1  
A beaubrun ardouin tome1  
Advertisement