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Culture Luxembourg

numéro 16

‡ culture ‡ voyage ‡ mode ‡ clubbing ‡ musique ‡ voiture ‡ interviews ‡ agenda ‡

Felipe Oliveira Baptista, crocodile dandy Heretik ‡ Jamaica ‡ Marc Wilwert ‡ Bruno Peinado ‡ Govinda Van Maele ‡

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dito

Demain, c’est loin. Aujourd’hui, au Grand-Duché, c’est moins le bruit des bottes qu’il nous faut craindre que le silence des pantoufles. C’est très tôt, autour d’un café, peut-être même trop tôt, que nous sommes arrivés, avec Govinda Van Maele, à cette réflexion hautement philosophique. Le jeune réalisateur a suivi, durant un été, une demidouzaine de groupes afin d’essayer de mettre en exergue leur motivation ou, à défaut, leur démotivation, à percer professionnellement dans le sex, drugs and rock’n’roll. L’essence même de tout mouvement artistique, et le rock’n’roll en tête de gondole, naît dans la rébellion, la souffrance et la contestation. Or, s’il faut nécessairement avoir faim pour pondre de bons lyrics, force est de constater que très peu de keupons crèvent la dalle au Luxembourg. C’est justement là que le bât blesse : un hymne trash métal, qui glorifie les gromperekichelcher de la Schueberfouer ou les thüringer au Nationalfeierdag, n’engendrera que peu d’entrain au cœur du mosh pit. Dans la région, les rockers ne sont pas légion à vouloir faire dérailler leur train-train quotidien. Ils sont rares les chanteurs à texte, confortablement installés devant RTL dans leurs chaussons à pondre leurs chansons, sans avoir

un plan B de secours, un CDI à 5000 euros par mois dans l’ Éducation nationale, une maison avec jardinet à Cents et un gros SUV teuton. Seuls les beaux gosses tatoués d’Eternal Tango semblent avoir choisi la voie de la déraison. Entassés dans leur van, ils parcourent les routes, toute la sainte journée, pour défendre bec et ongles Welcome To The Golden City, leur dernier album, devant une armada de fans en slim. Ils ont refusé de plonger dans l’oisiveté et de fonctionner comme du bétail qui se nourrit pour survivre en se laissant endoctriner à petit feu sans se rendre compte qu’ils mettent en péril leur triste existence. Les types d’Eternal Tango vivent la grande aventure du rock avec tous les risques, tant financiers que sociaux, que cela pourrait engendrer. Pour le moment, les kids de Dudelange passent en boucle sur MTV. Gageons qu’on ne les retrouve pas, l’année prochaine, derrière un bureau de la fonction publique mais, bel et bien, derrière le main stage des festivals Lollapalooza, Reading et Rock Am Ring, dans une loge arrosée au Jack Daniel’s, coincés entre deux groupies prépubères. † Sébastien

numéro 16


vitrine sommaire

Luxuriant 16 Editeur Responsable ................................................... Luxuriant SARL 42 Rue de Hollerich L-1740, Luxembourg Tirage ................................................... 20 000 exemplaires Parutions ................................................... 10 numéros par an Directrice Artistique ................................................... Alice Litscher assistée de Julie Lulie Fashion & Lifestyle Editor ................................................... Pascal Monfort Marketing / Advertising ................................................... Arnaud Decker arnaud@luxuriant.lu Tél : (+352) 27 48 95 21 GSM : (+352) 621 210 180 Rédacteur en chef ................................................... Sébastien Vécrin sebastien@luxuriant.lu Tél : (+352) 27 48 95 23 GSM : (+352) 621 493 980 IT Project manager ................................................... Laurent Childz laurent.childz@luxuriant.lu Web Developer ................................................... Jordan Matejicek jordan@luxuriant.lu Secrétaire de Rédaction ................................................... Stéphanie L. stephanie@luxuriant.lu

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Rédaction ................................................... A.R A.V Antoine Weber Camille Fernandes Caroline Puerta Cédric Botzung Christian Pearson Christine Delvaux Christophe Hanesse Christophe Michel Fabien Rodrigues François Koch Géraldine Grisey Laurent Bravetti Léa Revon Régis Kuckaertz RS. Thomas Decker Photographes ................................................... Albert Nguon Andrea Ihmsen Claude Piscitelli Daniel Clarens Francesca Gilbert Frédéric Berns Julian Benini Olivier Dessy Roman Mensing Sébastien Agnetti Sébastien Grisey Vincent Habay Julien Becker

Couverture : Felipe Oliveira Baptista par Sébastien Agnetti

Sommaire ........................................................................................................... Éditorial .......................................................................................0 Luxorama

Govinda Van Maele....................................... 10

Décibel

Ralph Zeimet ................................................. 12 Fluidrock......................................................... 14 Jamaica ............................................................ 16 Heretik............................................................. 1 Rockhal............................................................22

Mixuriant .....................................................................................24 Vroom Service .............................................................................26 Art

Marc Wilwert .................................................2 Bruno Peinado ..............................................34

Vitrine

Felipe Oliveira Baptista ..............................40 En cabine ........................................................0 Punky b ...........................................................2

Trippin ..........................................................................................4 La nuit.......................................................................................... Eldoradio .....................................................................................62

Illustrations ................................................... Gilles Uzan

Extrabold .....................................................................................64

Abonnement et réservation ................................................... Luxuriant magazine 42 Rue de Hollerich L-1740, Luxembourg T + 352 27 48 95 21 F + 352 27 48 95 25 info@luxuriant.lu www.luxuriant.lu

LFI ................................................................................................6

Follow us on Twitter and Facebook : Luxuriant Mag

Agenda .........................................................................................0

Fresh .............................................................................................66

Blabla ...........................................................................................70 Cookxuriant ................................................................................74 Hangover .....................................................................................76 In web we trust ...........................................................................7

Horoscope ....................................................................................2


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Interview Govinda Van Maele

Govinda Van Maele fait partie, à 27 printemps, des talents à suivre du cinéma luxembourgeois. Nous avons questionné le prodige au sujet de son premier documentaire intitulé We Might As Well Fail, un long métrage qui témoigne de la scène rock du Grand-Duché. Luxuriant est déjà fan. Entretien avec le réalisateur en vogue de la nouvelle vague. • As-tu voulu avec We Might As Well Fail t’inscrire dans la lignée d’Hamilius d’Alain Tshinza sur le hip-hop ? Pas du tout, nos films ont été tournés en même temps. Ils sont complémentaires et ne se concurrencent nullement. Pour ma part, j’ai suivi, pendant les huit semaines de l’été 2008, les parcours de six groupes de rock luxembourgeois : Tvesla, Black Out Beauty, Miaow Miaow, Mutiny On The Bounty, Eternal Tango et dEFDUMp. Je trouvais bizarre que très peu des nombreux rockers du pays ne caressent le rêve de devenir professionnel. • Quels sont alors les rêves de la plupart des groupes ? Concevoir la musique comme un loisir, être interviewé dans Luxuriant, avoir l’impression d’être une « star » locale, pointer dans un bon boulot sécurisé et s’écarter le moins possible du conformisme. Bref, ne pas prendre le risque de s’engouffrer dans une carrière musicale sans garanties formelles de succès. • Adolescent, as-tu toi-même pris le risque de vivre ta passion ? Complètement ! J’ai commencé à tourner à l’âge de 13 ans et, après l’obtention du bac, le producteur Pol Cruchten m’a invité à rejoindre son équipe. J’ai foncé tête baissée en laissant tomber mes projets d’écoles de cinéma. J’ai suivi des formations chez Delux et Red Lion. J’ai fait du casting, de la préprod, de la photographie de plateau… J’ai travaillé sur Perl Oder Pica, le film de Pol. En 2007, j’ai réalisé Josh, mon premier court métrage avec un budget et une équipe pro, distribué dans 19 festivals. Puis l’année dernière, j’étais derrière la caméra du 80 minutes Muezzin réalisé en Turquie par mon ami Sebastian Brameshuber.

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• C’est plus dur de faire du rock que du cinéma ? Au Luxembourg, tu évolues dans une grande famille dont les parents très généreux te gâtent énormément et te donnent tout. La société grand-ducale t’encourage à produire de l’art et l’état aide ta créativité avec des subventions, des infrastructures telles que la Rockhal ou le Film Fund. Mais même avec cette volonté, c’est très dur de faire du bon rock ou du vrai cinéma car tu n’as aucun combat à mener, aucune institution contre laquelle te révolter. Comment veux-tu chanter des paroles subversives ou filmer des sujets poignants quand tout va bien dans ta vie ?

« C’est très dur de faire du bon rock. » • La scène locale n’accouchera plus d’artistes intéressants ? Bien sûr que si ! Comme tu peux le remarquer dans la chronologie de We Might As Well Fail, il sera plus facile pour la nouvelle génération de Black Out Beauty de percer dans le métier car ils marchent déjà dans les traces de leurs grands frères Eternal Tango qui, eux-mêmes, enfoncent les portes ouvertes par dEFDUMp quinze ans auparavant. • Comme dans le cinéma luxembourgeois ? Exactement, avec mes potes Laura Schroeder, Max Jacoby, Jeff Desom, Olivier Pesch, Bernard Michaux, Adolf El Assal ou Jacques Molitor, nous bénéficions des avantages du Film Fund et de structures professionnelles mises en place dans les années 80 par, entre autres, Andy Baush, Pol Crutchen et les producteurs de Samsa. † Sébastien


dcibel

Interview Ralph Zeimet Luxuriant a réussi à offrir une bière à Ralph Zeimet, énergumène hypra occupé par son netlabel Schnurstrax, son job d’ingénieur en recherche marketing, sa carrière de pongiste et les répétitions avec son groupe

Fracture. C’est d’ailleurs pour promouvoir leur prestation live au café Rocas, le samedi 18 décembre, que nous avons alpagué celui qui nous a avoué avoir découvert la musique dans un paquet de Kellogg’s.

« La musique est la photo d’un moment. » • Tu as apprivoisé le sampling avec une boîte de céréales ? Exactement, j’ai débuté mes recherches sonores expérimentales avec un petit logiciel offert dans des corn flakes. J’ai découvert la musique sur le tard, à ma majorité, période où la chose la plus importante pour moi était le sport et les sorties en boîtes. Aujourd’hui, je joue toujours au tennis de table dans un club, mais beaucoup moins sérieusement. Tout a commencé quand j’ai compris qu’un morceau enregistré permettait de capter et de pérenniser l’esprit et les sentiments d’un moment particulier, contrairement à un exploit purement physique.

• Tu adhérais aux idées communistes ? Aujourd’hui, je vois cela d’une façon plus nuancée. Je suis autant capitaliste que les gens qui vivent autour de moi au Grand-Duché, mais il est vrai que j’ai eu une période de fascination pour les idées de partage et de droits pour tous. C’est d’ailleurs pour cette raison que mon propre label Schnurstrax fonctionne selon les Creative Commons licenses. Chaque artiste autorise le public à effectuer certaines utilisations, tout en ayant la possibilité de réserver les exploitations commerciales, les œuvres dérivées ou le degré de liberté.

• Fracture ? Mike Tock à la batterie, Sébastien Laas à la guitare lead et moimême à la guitare rythmique. Nous suivons une ligne artistique sombre, voire bruitiste, tout en restant minimaliste. Nous voulons dérouter notre public, le surprendre, voire le stresser. Nos influences découlent évidemment du garage psyché, du noise et du shoegaze. Je ne peux renier aussi une influence allemande issue du krautrock. J’écoutais énormément ce style à la fac à Strasbourg. Personne n’aimait cela à l’époque. Certains de mes potes commençaient à me traiter de malade (rires). Je dois aussi avouer que j’ai longtemps vécu dans un microcosme. Ma copine était estonienne, et je traînais pas mal avec des Français et des gens de l’Est. Je me suis un peu écarté de la communauté luxembourgeoise à laquelle je ne m’identifiais pas du tout.

• Schnurstrax fonctionne comme un kolkhoze ? C’est surtout une plateforme Internet qui permet de se passer des distributeurs et des labels qui regorgent de connards qui ne pensent qu’à se faire de la thune sur ton dos. Schnurstrax est une alternative pour tous les jeunes artistes qui bricolent des trucs chez eux, qui n’osent pas affronter la démarche de la distribution, mais qui veulent quand même diffuser leur musique à un large public. Le plus important est la pérennisation de la création. La musique est la photo d’un moment, d’un contexte, d’une créativité. Le web bouleverse tout, il estompe les frontières stylistiques et artistiques. † Camille Fernandes Photo : Danny Koppers www.myspace.com/justafracture www.schnurstrax.net

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dcibel

Interview Fluidrock

Après avoir incendié les salles européennes, Fluidrock, le fantasque duo electro-rock messin, défendra Superhero, son premier album, sur les planches du d:qliq, le 28 janvier. Ne les ratez pas, car eux ne vous rateront pas. • Depuis le premier maxi en 2008, vous êtes passés de deux entités, Fuidrock And The Bublebot, à une seule. Comment s’est déroulée la fusion de Fluidrock ? Le combo fictif Fluidrock And The Bubblebot nous donnait confiance pour affronter le public mais nous avons évolué depuis. C’était caricatural d’interpréter des personnages qui ne nous correspondaient plus. Nous sommes revenus à plus de simplicité en devenant tout naturellement Fluidrock. • Le groupe existe depuis 2001, et le premier LP vient de sortir. Vous avez choisi de prendre votre temps ? Nous avons composé beaucoup de tracks en conservant l’esprit des débuts et 2010 nous paraissait le moment opportun. Le premier maxi autoproduit était sorti à un stade embryonnaire en termes de production. L’album a été mûrement réfléchi et nous en sommes très contents. • Superhero sort sur le label que vous avez créé, Les Disques Beaumont. Ce nom sonne plutôt classieux, d’où vient-il et ne risque-t-il pas de vous faire passer pour snobs ? Nous traînons déjà cette image, du fait de notre côté distant au premier abord. Nous essaierons de contrer cette mauvaise réputation, en faisant des stage divings nus au d:qliq (sourire). Les Disques Beaumont rendent hommage au nom du village où ma sœur Marion (NDLR la présidente du label) et moi habitions. C’est un retour à l’enfance, à nos névroses et à nos joies. • Qu’est devenu le masque de Bubblebot ? Il me semble l’avoir aperçu sur des sites de ventes en ligne ? Il est parti à 5000 €, ce sont des fans japonais qui l’ont acheté. Un bon coup de pouce pour notre maison de disque (rires).

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« C’est un retour à l’enfance, à nos névroses et à nos joies » • L’étiquette dark vous colle à la peau. Êtes-vous à l’aise avec ce stéréotype ? Nous ne l’avons jamais revendiquée, même si nous avons été sensibles à l’esthétique electro-clash (Miss Kittin & The Hacker, Fischerspooner) des artistes qui eux-mêmes reprenaient l’héritage EBM et New-Wave des 80’s. Notre musique est une énergie positive en réaction à un malaise ambiant. Même dans les morceaux les plus sombres, nous avons insufflé cette volonté d’aller de l’avant. La vie est suffisamment merdique sans que nous ayons besoin de lui chier dessus ! • Quelle est votre meilleure expérience scénique ? Le Batofar à Paris en 2008, devant un public que nous ne connaissions pas, super enthousiaste, avec à la clé une rencontre marquante avec Miss Kittin. Nous avons également adoré jouer avec Poni Hoax, nous sommes fans. † Cédric Botzung Photo : Sébastien Grisey


© So Me

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Vous aimiez Poney Poney ? Vous allez adorer Jamaica ! La nouvelle révélation, composée par Antoine Hilaire et Florent Lyonnet, vient de sortir son premier album No Problem avec Xavier de Rosnay (Justice) à la production. Interview exclusive des petits frères de Phoenix, avant leur concert le jeudi 25 novembre à la Rockhal.

Interview Jamaica

• Quelle est l’histoire de Jamaica ? Initialement, le groupe se nommait Poney Poney. Sam, notre batteur, a décidé de nous quitter en septembre 2008. Cela correspondait au moment où Xavier était enfin libre pour produire notre album avec l’aide de Peter Franco. Nous avons donc monté Jamaica à ce moment précis. • Comment s’est déroulée la genèse de l’album ? Nous avions écrit beaucoup de chansons avant de rentrer en studio afin de choisir les onze ou douze morceaux que nous allions produire. Peter et Xavier ont activement participé à la sélection et nous ont poussés à affiner l’écriture et la musique. • Pourquoi Xavier de Rosnay ? Pour le buzz autour de Justice ? Totalement ! C’était uniquement un plan marketing car Xavier de Rosnay n’a aucun talent (rires) ! À vrai dire, notre amitié précède Justice et il a toujours collaboré à la production de mes tracks. Il comprend très bien notre univers. • Pourquoi ce nom ? Changer de patronyme était nécessaire et nous souhaitions trouver un nom qui finisse en A, comme Madonna ou Nirvana, qui se retienne bien (rires) ! Faire une référence à un pays fortement connoté musicalement était très important pour nous. Mais il ne faut pas chercher un rapport avec ce qui se fume là-bas (rires) ! • La comparaison avec Phoenix est permanente. Pas trop fatigant ? Il faut savoir que nous sommes sur le même label. Musicalement, de grandes différences existent. Phoenix a quatre albums derrière lui, avec un discours beaucoup plus complet. Jamaica a un son plus rock. Mais être comparé avec un très grand groupe est un super compliment.

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« Les filles lèveront leur tee-shirt pendant nos concerts. » • Que doit faire le public pour vous rendre heureux ? À un de nos concerts, des gamins complètement fous se jetaient les uns contre les autres dès la première note. C’est super agréable à provoquer. Hélas, plein de petites demoiselles toutes frêles se sont faites salement bousculer… C’est resté cependant bon enfant. Et puis, entendre le public reprendre nos chansons par cœur est très grisant. Maintenant, je crois que j’aurai une crise cardiaque le jour où les filles enlèveront leur t-shirt pendant nos prestations ! • Êtes-vous riches ? Malheureusement non, mais nous allons pouvoir commencer à vivre de notre passion grâce aux concerts. C’est comme un accomplissement. La bande son d’une publicité pour une marque automobile aux États-Unis nous a permis de payer trois mois de loyer et de nous ouvrir le marché américain. Même si je préférerais qu’ils nous filent une voiture, j’ai volontiers accepté leur chèque. † Laurent


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Interview Heretik

Avec la sortie le 6 novembre du DVD We Had A Dream, les Heretiks rallument une dernière fois le bûcher contestataire en Terre Sainte techno. Réalisé par Damien Raclot-Dauliac, le film compte la croisade des activistes les plus subversifs du dogme de la free party. Luxuriant s’est intéressé à leur croisade libertaire et donne la parole à Damien et Ben, un des piliers du sound system. Entretien avec un rêveur et un raver.

« Ne souscris pas à la doctrine établie ! » 

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• Qu’est-ce qui a mis le feu aux poudres ? Ben : Les premières fêtes des travellers anglais Spiral Tribe, qui s’étaient fait virer manu militari par Thatcher et surtout, mon premier teknival (NDLR contraction de techno et festival) en 1995. Je me suis senti super vite impliqué. J’ai été séduit par cette musique techno, propagée dans cet espace de liberté sans barrières, ni contraintes. • Les prémices d’Heretik System ? B : Une bande de 25 potes en 96 sur Paname, âgés de 16 à 19 ans, qui fonctionne exactement comme un sound system jamaïcain : utiliser leurs enceintes pour diffuser de la musique. C’est Léo qui avait trouvé notre nom, en référence à un jeu vidéo. Ne souscris pas à la doctrine établie ! La définition nous a immédiatement plu.

« Ils étaient en quête de liberté. »

• Votre mode de vie à l’époque ? B : Vivre en squat, manger des raviolis en boîte et organiser des free tous les week-ends. • Damien, ta définition d’une free party ? Damien : Beaucoup de gens ont pensé que cela voulait dire gratuit, mais l’idée était surtout la liberté. C’est d’ailleurs ce qui a posé problème quand les Heretiks ont commencé à vouloir faire payer un petit droit d’entrée. Les gens ont vite commencé à gueuler. Ils ont eu alors l’idée d’imprimer de fausses préventes de grosses raves commerciales, afin de détourner l’argent nécessaire à l’organisation de leur fête gratuite. • Vous êtes pourtant rentrés dans le système commercial par la suite ? B : Dans notre parcours figurent plusieurs évènements marquants. Une free en 98 sans infoline, avec sur les flyers, le message : « suivez le bruit qui court ». Nous avions donné le point de rendez-vous à quinze types et 2500 personnes ont fait le déplacement. Ensuite, en 99, nous avons brûlé Paris en faisant une énorme teuf sous l’ancienne gare de fret de Bercy, c’était assez fou. Puis l’apothéose, avec la piscine Molitor : des mois de boulot, 6000 personnes à ciel ouvert dans le 16e arrondissement, pirate, complètement invraisemblable, au nez et à la barbe de la police. Jusque-là, en 2001, nous avions fait uniquement des free parties, mais nous n’étions plus forcément en accord avec notre public. Nous nous sommes alors engouffrés dans les brèches de la loi avec deux grosses fêtes semi-autorisées, rassemblant coup sur coup 12 000 et 15 000 personnes dans l’Essonne. Et enfin, le Zénith puis l’Olympia, chaque fois complets et aussi payants, car forcément cela nous coûtait une fortune. Et tout cela, sans cracher sur notre passé. Notre public avait dix ans de plus, un boulot et en avait peut-être un peu marre du froid et de la boue.

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« Vivre en squat, manger des raviolis en boîte et organiser des free tous les week-ends. »

• Ce DVD sera un beau cadeau de Noël sous le sapin pour tous les avocats, médecins et banquiers qui venaient à vos teufs lorsqu’ils étaient étudiants ? D : Effectivement mais je pense surtout que ce film sera un chouette présent pour toutes les mères qui étaient effrayées de voir leurs enfants traîner en free parties. B : We Had A Dream s’inscrit tel un devoir de mémoire qui va au-delà du stéréotype de prendre de la drogue sur de la techno. C’est aussi le moyen de transmettre aux jeunes l’envie de se réveiller et de se bouger le cul. • Mes parents vont être rassurés en voyant ton documentaire ? D : Ce ne sont pas les psychotropes qui guidaient ces gens-là. L’énergie qu’ils ont déployée pendant dix ans, ce n’était pas pour aller se défoncer. Ils étaient en quête de liberté. • Donc, pas de stupéfiants chez les Heretiks ? B : Bien sûr que si, et alors ? Nous l’assumons (rires). Les mecs qui disent que free party est égale à drogue party, ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Tu prends le côté qui ne te plaît pas, tu le stigmatises et cela fait du clientélisme. Cela prouve encore une fois que les médias font mal leur métier et relient une information nauséabonde de ce milieu. C’est de la propagande. • Combien de peines de prison ferme au total pour les membres du collectif ? B : Plusieurs et à chaque fois pour des motifs divers et variés.

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• Le pitch du documentaire ? D : L’histoire humaine d’un sound system qui part des champs pour finir à l’Olympia. C’est le périple de toute une génération Do It Yourself, qui a été mise de côté par l’état et la société. Leur parcours est semé d’autant de drames que de moments extraordinaires. C’est ce qui fait la richesse du film car ils ont été sincères et francs jusqu’au bout ; ils n’ont pas peur de leur image et de dire la vérité. Ils m’ont laissé carte blanche : ils parlent de drogue, de suicide, des tensions, de la schizophrénie de Léo, des morts victimes d’une intoxication au CO2 dans leur maison d’Aulnay… • Des nouvelles de Jacques Prigent, l’inspecteur des Renseignements Généraux qui suivait votre dossier ? B : Je l’ai appelé pour lui proposer de voir le film mais il n’était pas pressé. • Il écoute de la techno depuis votre enquête ? B : Apparemment oui. Il m’avait d’ailleurs confié à l’époque qu’il n’aimait pas le tournant plus « soft » de nos productions les plus récentes, il trouvait que ça ne tapait pas assez (rires). • Un son spécifique Heretik ? B : À un moment, Popof, Rokette et Noisebuilder ont instauré une techno lourde, acid, un peu moins hardcore que dans la plupart des free, avec plus de synthé. On pouvait reconnaître les productions du groupe assez rapidement. † Sébastien

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L’écho de la Rockhal

Sonic Visions – 25/26/27 novembre

Chemical Brothers – 13 janvier

Sonic Visions revient pour sa troisième édition avec au programme, le festival showcase et conférence de la Grande Région, dédicacé aux professionnels de la musique et aux nouveaux talents. Situé au centre de l’Europe et étroitement connecté aux marchés allemand, belge et français, Sonic Visions souhaite devenir une plateforme pour musiciens et spécialistes européens. Au programme : 3 jours, 27 groupes, 9 conférences et rencontres professionnelles avec Bonaparte, Jamaica, Absynthe Minded, Naive New Beaters, Tokyo Police Club, Mintzkov, Vermin Twins, Wallis Bird, le meilleur des groupes luxembourgeois avec Inborn!, Sug®cane, Mutiny On The Bounty, Metro, Hal Flavin, Versus You, etc. L’event accueille également des intervenants de grand nom avec cette année Allan McGee, manager des groupes The Kills, Libertines, Mogwai, Primal Scream… et découvreur de Oasis ou encore Ross Robinson, le producteur de The Cure, Limp Bizkit, Korn, Slipknot… Si vous êtes fans de musique, si vous voulez découvrir les nouvelles sensations qui feront l’actualité dans les prochains mois ou si vous êtes un groupe de la région et que vous désirez faire des rencontres, le Sonic Visions festival est pour vous.

Pour débuter 2011, le temple de la musique amplifiée accueille fièrement les dieux de l’Olympe électronique : The Chemical Brothers ! Du haut de leur autel et accompagnés de leur nouvel et déjà légendaire album Further, le 13 janvier, les 2 héros de Manchester vont lâcher leurs foudres de beats sur la Rockhal. Pour qui n’a jamais assisté à un de leurs shows, il est difficile d’imaginer ce que peut être leur talent de DJ et la manière, presque monstrueuse, de ces deux titans de mettre une foule en transe. Au-delà de la rave, le duo propulse des milliers de personnes, à grand renfort d’images presque subliminales et de sons tout aussi hallucinants, à la limite de l’inconscience et des rites collectifs. Les frères chimiques reviennent, avec ce nouveau chapitre, à leurs premiers amours : une techno complètement extasiée, riche en montées sans fin et aux relents psychés tel que « Horse Power ». Les Britons n’auront que quelques boutons à pousser pour que le public de la rue du Rock’N Roll entre dans la mythologie… † A.V.

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Mixuriant Kevin Muhlen

Lors de la sortie de chaque magazine, un acteur du paysage culturel grand-ducal nous confie un mix inédit, réécoutable à volonté et téléchargeable sur www.luxuriant.lu. Pour ce seizième opus, Kevin Muhlen a mis sens dessus dessous sa discothèque pour nous concocter une sélection lourde, épaisse, distordue, bruyante et sauvage. À l’âge du Christ, Kevin s’est plié à l’exercice avec un voyage sonore qui fleure bon la musique de l’Antéchrist. Récemment parachuté directeur artistique du Casino Luxembourg, le diplômé d’Histoire de l’Art et de l’Archéologie officie également en tant que guitariste au sein du groupe de métal Ex Inferis. D’ailleurs, les rockers reviennent à la charge avec un 6e album qu’ils présenteront, le samedi 5 février, sur les planches de la Kulturfabrik. Le grateux nous propose un tour d’horizon des morceaux phare de son univers, s’accordant à flatter davantage les fans d’Ex Inferis plutôt que les visiteurs du Forum d’art contemporain de la rue Notre-Dame. Sa playlist débute en douceur par deux plages acoustiques de AmenRa et The End. Elle va ensuite headbanguer crescendo pour atteindre un pique d’agressivité avec Black Dahlia Murder, qu’elle s’appliquera à redescendre diminuendo pour pogoter allègrement sur du punk hardcore. Puis, elle fera un stage diving sur le mathcore de The Dillinger Escape Plan, pour ensuite slammer de plus belle sur les riffs de l’electro grindcore de Genghis Tron. Finalement, elle s’effondrera sur le hard rock théâtral de Danzig, le long d’un air guitar endiablé. Kevin a tenu à intégrer dans son mix la chanson « Breathe » de Steve Von Till. L’Américain avait poussé la chansonnette avec sa guitare au Casino lors de sa tournée européenne. Les passerelles entre les deux univers réconfortent la schizophrénie culturelle de notre DJ du mois, qui avoue attendre que ses collègues rentrent chez eux pour envoyer du gros son au bureau. †

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Playlist AmenRa : Wear My Crown The End : And Always Kingdom : Elude Mastodon : The Czar: Usurper/Escape/Martyr/Spiral My Own Private Alaska : I Am An Island Black Mountain : Tyrants Steve Von Till : Breathe The Black Dahlia Murder : Miasma Vision Of Disorder : Suffer The Bronx : Around The Horn The Dillinger Escape Plan : Milk Lizard Between The Buried And Me : White Walls Genghis Tron : White Walls Danzig : Cwn Anwnn Sébastien Photo : Olivier Dessy


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Juke-box Fort du succès de son très populaire Qashqai, Nissan revient sur le devant de la scène automobile en délivrant un étrange mix de crossover et de minispace… musculeux.

Fils à papa. Si le Juke s’apparente plus à une compacte haute sur pattes qu’à un vaillant SUV, il n’en demeure pas moins le descendant d’une longue lignée de véhicules tout-terrain qui ont fait la gloire de la marque nippone depuis le milieu des 80’s. Loin de posséder les atouts de franchissement d’un Patrol ou d’un Pathfinder, le rejeton excelle à se dépatouiller des affres de la circulation urbaine. Il y a donc bien des gènes typés Datsun sous son capot ! Incisif. À peine quelques secondes suffisent pour s’habituer au Juke. Position de conduite dominante, direction précise, commande de boîte bien étagée, tempérament dynamique, le nouveau venu sait se faire rapidement aimer. En ville, il s’autorise une conduite incisive et se laisse chahuter sans broncher. À l’aise sur les pavés, le Juke avale l’asphalte des autoroutes comme du petit lait. Vie à bord. Ce qui frappe au premier abord, c’est cette console centrale laquée écarlate qui transperce littéralement l’avant du véhicule. On aimera… ou pas, c’est selon. Pour ce qui est du reste de l’habitacle, Nissan a joué la carte d’un certain classicisme… et ce n’est pas pour déplaire. Les assises sont fermes mais agréables, la banquette arrière offrant la place pour deux adultes et un enfant. Avec sa longueur d’à peine 4,13 mètres, vous l’aurez compris, le Juke se destine à une clientèle plutôt pas « famille nombreuse ». Côté finitions, il fait plutôt bonne impression avec ses plastiques fermes et sa planche de bord très complète. Motorisation. On trouve actuellement 3 motorisations au catalogue. Un 1.6 essence 117 ch, un diesel 1.5 dci 110 ch d’origine Renault mais surtout un bloc essence de 190 ch, parfaitement adapté à une conduite sportive. Couplé à une boîte automatique à variation continue Xtronic CVT, il s’avère des plus efficace en toutes circonstances. Niveau motricité, le Juke offre le choix du 2WD ou de la transmission intégrale ALL-MODE 4WD. Une transmission de toute dernière génération qui, en dehors de répartir le couple entre les trains avant et arrière, le fait également à l’arrière, entre la gauche et la droite. Conclusion. Le juke lance un pavé dans la mare en imposant sa dégaine façon prototype. Pas vraiment conventionnel, ce micro SUV s’adresse à un public assez large et désireux de rouler différent… Une bonne alternative aux habituelles et tristounettes compactes. On a aimé La face avant très musclée. La ligne toute en courbes saillantes. Le caractère volontaire du moteur. La motorisation turbo 190ch. On a moins aimé Le volume du coffre. Les pneumatiques d’origine. † Le Juke est disponible chez Nissan Lentz à Alzingen/Hesperange. Texte et photos : Christophe Michel

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Portrait : Daniel Clarens

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Interview Marc Wilwert Photographe de presse le jour, chasseur de lumière la nuit, Marc Wilwert trimballe son gros flash sur les chemins des contrebandiers jusque dans les hôpitaux psychiatriques en passant par les casemates du pays. Figure incontournable du microcosme de l’image grand-ducale, Luxuriant lui a tiré les vers du nez. • Tu recherches quel genre d’esthétique ? La lumière ! Quel medium autre que la photo pourrait être le mieux approprié pour retranscrire la lumière ? J’aime qu’elle devienne le sujet même si on ne la perçoit pas forcément. Je recherche toujours dans mes clichés le rapport direct ou indirect à la lumière. Indépendamment de la photo, celle-ci est aussi fortement connotée de manière positive, notamment en religion. • Une belle image, c’est une belle lumière ? C’est avant tout une photo intéressante dans laquelle il se passe une réflexion ou un trouble. Ce petit plus défini par le concept de l’image est très difficile à trouver (sourire).

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« Mon travail s’inspire de David Lynch. »

• Le cinéma stimule tes photos ? Mon travail s’inspire de David Lynch. Son art fonctionne uniquement avec le cinéma et ne pourrait pas bénéficier d’un autre média à contrario des films de Woody Allen basés sur le dialogue, qui pourraient aussi bien s’exprimer avec un roman ou une pièce de théâtre. • Ton Lynch préféré ? Lost Highway ou Mulholland Drive. Au lieu de prendre du bon temps avec mes amis dans les bars, nous aimons bien scotcher à la maison devant un Lynch, en essayant de comprendre ce qu’il a voulu insinuer. Maintenant, il faut reconnaître qu’il se parodie souvent lui-même (sourire). • Photographe au Wort, insuffles-tu une émotion inspirée de Lynch dans les images que tu fournis au journal ? Je considère mes photos pour le Wort (NDLR quotidien luxembourgeois appartenant au groupe saint-paul) comme une commande que je m’applique à sublimer. Je leur propose plusieurs tirages qu’ils choisissent. Je ne retravaille rien si ce n’est quelquefois l’exposition. Le journal possède une équipe de reprographes professionnelles qui adapte mes fichiers au profil de l’impression. J’ai des horaires de bureau avec des tranches spécifiques, afin d’assurer une permanence continue en cas de photo urgente à prendre.

• Qui selon toi réussit à frôler ce trouble dans ses clichés ? De nombreux artistes ont shooté la mer se confondant avec le ciel. Esthétiquement, c’est très beau, c’est même devenu une mode. Tu places ce genre de pièce au milieu d’un musée et tout le monde trouvera cela génial. Par contre, si tu demandes au photographe de t’expliquer pourquoi il a pris ce cliché, je ne suis pas sûr que tu aies toujours une réponse. Le Japonais Hiroshi Sugimoto a été l’un des premiers à donner un sens à cette vision en cherchant à immortaliser le temps qui passe mais qui n’altérera jamais l’apparence de la mer. Nos ancêtres préhistoriques ont posé exactement le même regard sur l’eau et le ciel. C’est un regard vers le passé dans la photo. Il met en exergue une notion de temps et de mémoire collective qui se marie parfaitement bien avec la photographie. Il a aussi photographié dans des salles de cinéma vides en absorbant toute la lumière de l’écran. J’adore son boulot.

• Une censure chez saint-paul ? Je ne parlerai pas de censure mais plutôt d’un choix éditorial. Certains thèmes sont moins pris en charge par la rédaction. Dans notre petit pays, nous avons énormément de journaux et la plupart, excepté le Land, sont très amis avec un parti politique.

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« Nous devions nous protéger avec des masques à gaz. »

• Tu as signé la totalité des images des livres Top Secret ? J’ai effectivement pris 100 % des clichés. Je ne le considère pas comme un travail personnel, c’était une commande saint-paul, dans le cadre de mon job de photographe de presse. Ce n’était pas mon idée non plus, j’étais simplement exécutif dans l’équipe. Ces trois livres ont eu un bon succès commercial au Grand-Duché avec 20 000 exemplaires vendus, les trois tomes confondus. Mais Top Secret m’a permis de sortir à côté une série de photos que j’ai exposées à Liège. Le thème était Control, Out Of Control, sous terre, à l’abri de la lumière du jour, dans des salles de contrôle comme, entre autres, la SEO à Vianden, dans la roche.

• Les endroits les plus dangereux auxquels tu as eu accès ? Le bunker sous le parc de l’ancien bâtiment RTL. L’intérieur était moisi car c’était fermé hermétiquement. Je me demandais si ce n’était pas toxique (sourire). Nous avons également visité des catacombes et nous devions nous protéger avec des masques à gaz à cause des champignons. • Vous vous êtes heurtés à beaucoup de portes fermées ? La bibliothèque privée du Grand-Duc au château de ColmarBerg, ainsi que le bureau de Mittal et le cabinet de Junker. Le Premier ministre avait cependant un très bon argument en prétextant que son bureau était ouvert au public et qu’il n’avait donc aucune légitimité dans le livre Top Secret. • Vous avez débusqué le blockhaus personnel de Junker ? Non, mais des rumeurs semblent dire qu’il se trouverait dans le parking souterrain du Saint-Esprit. On voit parfois des trucs bizarres sur les murs (sourire).

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DECHMANNCOMMUNICATION


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• Est-ce qu’une institution comme le CNA soutient la scène locale ? Complètement ! Le Centre National d’Audiovisuel, au-delà de son rôle de conservation du patrimoine, aide à la création et à la diffusion des jeunes talents avec des subventions et des expositions. J’ai obtenu en 2003 la bourse des jeunes talents du CNA. Cela m’a permis de publier mon livre sur l’univers du stock-car grand-ducal.

• Où as-tu déjà exposé ? Dans la petite galerie alternative sympa Frank Gerlitzki, au cœur de Bonnevoie. Malheureusement, ce lieu n’existe plus et c’est bien dommage, car ce spot boostait la scène locale. J’ai aussi exposé dans la galerie Am Tunnel de la BCEE, à l’Entrepôt d’Arlon, à la galerie d’art Armand Gaasch à Dudelange, au Konschthaus Beim Engel, dans les galeries Periscope et Monos de Liège, également à la biennale BIP toujours à Liège, etc. • La galerie qui fait la différence dans le pays ? L’espace ArgentiK AK* au Limpertsberg. Ce n’est pas vraiment une galerie dans le sens snob du terme, mais davantage un espace de rencontres et d’échanges, avec des expositions photos, des workshops, un laboratoire et un dépôt-vente de clichés stockés dans de grandes armoires. • As-tu déjà exposé à ArgentiK ? Oui, pour Ange, une série de 17 portraits, avec un grand flash dans la gueule, d’individus qui ont sauvé la vie de quelqu’un au Luxembourg.

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• Ta prochaine série ? Je produis au grand maximum une ou deux séries par année. J’ai prévu de traquer la lumière brute mais c’est un encore un secret (sourire). † Sébastien


MARKETERS LUXEMBOURG MARKETING & COMMUNICATION AWARDS

NEW MEDIA, NEW CONSUMERS : WHAT’S NEXT ? Invité d’honneur Olivier Fleurot, ancien CEO du Financial Times, CEO des activités PR, communication corporate et événementielle de Publicis Groupe

Programme sur http://gala.marketers.lu SAISON 2 - 30 NOVEMBRE Marketers, a division of Farvest Communities • 5, rue des Mérovingiens • L-8070 Bertrange • Tél : (+352) 26 27 69 1 • www.marketers.lu SPONSORS

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Le Journal Financier de Luxembourg


Interview Bruno Peinado

Bruno Peinado squatte la totalité du Casino Luxembourg jusqu’au 9 janvier. Le plasticien recrache, à la manière d’un sampler, un mix baroque des références culturelles de son quotidien. Cette exposition baptisée CASINO INCAOS, Baroque Courtoisie, lui permet de sublimer son art en frôlant ici l’apothéose de sa car-

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rière déjà riche. Pourquoi tant d’éloges ? Revêtez donc vos plus beaux souliers et courrez jusqu’à la vieille bâtisse de la rue Notre-Dame pour vous rendre compte de son talent. Pour vous mettre l’eau à la bouche, Luxuriant a proposé au maître de se livrer au jeu des questions-réponses.

Photo : Vue de l’exposition Bruno Peinado : CASINO INCAOS – Baroque Courtoisie © par Roman Mensing / artdoc.de

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« Je n’aime pas avoir mal. » • Tes références à la musique sont nombreuses, parfois évidentes, je pense à « Sans titre, White Flag » et Black Flag, « Sans titre, Silence Is Sexy » et Einstürzende Neubauten, « Sans titre, Fight For Your Right To Copy » et Beastie Boys : quelle bande originale me conseillerais-tu pour visiter ton exposition au Casino Luxembourg ? Je ne pense pas qu’il existe vraiment une playlist idéale pour la visiter dans le sens où les titres de mes pièces font déjà référence à des morceaux de musique. Mes œuvres sont toujours « sans titre » mais sont souvent accompagnées de sous-titres et dans cette exposition, ils sont particulièrement inspirés d’albums ou de chansons plus ou moins connus. On peut percevoir par ces sous-titres des pistes, des compléments d’informations, des allitérations ou simplement de la sonorité. En fait, dans mon travail, qui est toujours très chargé visuellement, le son est la partie absente, la partie en creux, il est juste évoqué. • Dans ton atelier, tu écoutes quel genre de son ? J’aime beaucoup la musique. J’ai une grosse discothèque. J’ai viré de mon iPhone toutes les applications pour avoir 31,3 gigas de musique sur les 32 de l’appareil. Je me balade en permanence avec du son dans les oreilles, mais quand je crée, je n’en écoute pas systématiquement. Comme le dit Einstürzende Neubauten, le silence a quelque chose de sexy qui peut s’avérer très agréable pour travailler. • Tu affectionnes le potentiel créatif de la destruction, doiton y déceler un rapprochement avec l’approche des punks, la musique industrielle, le search and destroy du skateboard ou simplement le dadaïsme ? Le XXe siècle a été une époque extrêmement chargée en avantgardes, en mouvements qui apparaissent et qui renégocient nos conceptions du monde, et qui sont, par la suite, balayés par d’autres mouvements et par d’autres découvertes. J’arrive en bout de lignée de la modernité et de ses révolutions. Mon travail s’élabore dans cette période qui n’en finit plus de se nommer le postmodernisme. Alors, c’est sûr que ces enjeux de construction et de destruction chers à l’art, aux punks, à la musique industrielle ou au skateboard influencent mon travail. En tant qu’artiste et en tant que personne qui pense le monde, j’évolue culturellement dans cette fin de parcours où des choses ont été construites, ont été déconstruites par d’autres, puis reconstruites. Je tricote dans mon panthéon avec toutes ces histoires de composition et de décomposition pour faire un art de fin de race.

• Étais-tu bon en skate ? Très mauvais, voilà pourquoi je suis artiste peut-être. J’ai pratiqué un peu à Montpellier et j’ai essayé d’en refaire il y a une dizaine d’années, mais sans grand succès. Je n’aime pas avoir mal. À New York, j’aimais bien me balader en skate, en ayant un peu honte quand je passais devant des personnes plus douées que moi. Mais le skate m’intéresse aussi pour son impact sur l’imaginaire de ces 30 dernières années, et notamment comment cette contre-culture s’est imposée dans les médias comme un référent sans cesse rejoué. Plus particulièrement, comment la figure du skater est devenue l’incarnation d’un des fantasmes de ce que voudrait être un média, et cela par sa capacité à se déjouer des contraintes de l’urbanisme et de la modernité, à l’apparente facilité à glisser sur les soucis et à éviter les ornières. Mais ce fantasme va toujours en oubliant la réalité de la chute et des heures passées à rentrer des tricks… • Tu aimes expliquer que tu créolises les objets de ton quotidien, peux-tu m’en dire davantage ? Tous les récits fondateurs font référence à des mythes de la pureté, de la filiation, et du statique contre le mouvement comme l’arbre généalogique. Ils renvoient à des identités pures, d’intégrité où la notion de mélange est toujours déconsidérée. Mon travail est une manière de jouer avec cet imaginaire de la pureté et de le mettre à mal, de venir le confronter à la réalité de la vie, qui veut que, malgré nous, les éléments sont toujours hybridés et que nous sommes le fruit de mélanges. Cette notion de créolisation m’intéresse car elle vient réévaluer le mouvement et renommer cette réalité du divers vers un ailleurs toujours ouvert. Elle débouche toujours sur de l’inconnu. Créoliser, c’est la rencontre d’objets, laisser les choses se brasser sans pour autant savoir ce que cela va donner.

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• As-tu eu envie, en découvrant l’architecture et les infrastructures du Casino Luxembourg, de modifier au dernier moment tes installations ? Ma méthode de travail est un espace de tension entre le lâché prise et la maîtrise. Disons qu’au début, je mets en place une sorte de climax, une atmosphère nourrie de références et de désirs encore très flous. Puis s’élabore un scénario bien précis, que je me permets toujours de changer au dernier moment. Mais à l’arrivée, quand bien même, si j’ai toujours le fantasme de tout renégocier, je reste toujours très proche de mon scénario. Le Casino a été réaménagé en centre d’art il y a quelques années et a perdu sa vocation de club bourgeois et de salle de bal. La réhabilitation de l’architecture est faite par des boîtes en bois à l’intérieur de ces salles du XIXe siècle. Mon idée de transformer l’espace était de rebondir sur ce qui fait l’identité du Casino : un cube dans un cube. J’ai mis ce modèle en abyme en reconstruisant d’autres boîtes dans les boîtes et en venant perturber les logiques de passages. Cela m’intéressait d’évoquer ces notions de déjà-vu ou de « same same but different » en déplaçant un couloir ou une porte et de troubler légèrement la distribution des salles, en venant casser des murs à certains endroits et en faisant passer les spectateurs dans ces petites failles.

• Au-delà de l’artiste et du plasticien, te présentes-tu en tant que penseur ? Il suffit de rentrer dans un bar pour se rendre compte que tout le monde a un avis sur tout. Être plasticien, c’est être penseur aussi, mais c’est penser le monde avec des signes. L’art est un vocabulaire qui permet de raconter des histoires, et c’est toujours plus intéressant de les imaginer. • Tu parles aussi beaucoup de sérendipité, as-tu trouvé quelque chose au Luxembourg que tu n’avais pas forcément décidé de chercher ? Cette idée du hasard heureux me séduit énormément. Dans l’histoire du progrès, de la modernité, les grandes découvertes ont souvent été faites par hasard. Des chercheurs étaient en train de travailler sur un projet, et puis ont mis inopinément le doigt sur une découverte plus intéressante ou plus grande. J’ai eu la chance de rencontrer, en 2005, Kevin Muhlen, lors d’une exposition au Casino Luxembourg. À l’époque, il était l’assistant d’Enrico Lunghi, désormais au Mudam. Nous nous sommes tous très bien entendus. Je présentais une pièce pour l’exposition Sous Les Ponts, c’était un énorme parterre de fleurs dans la vallée de la Petrusse, intitulé « Born To Be Mild » un détournement du « Born To Be Wild ». Kevin, désormais commissaire du Casino, m’avait ensuite proposé de participer à une autre exposition, mais la pièce était déjà exposée à Buenos Aires au Chalet de Tokyo, les installations itinérantes du Palais de Tokyo. Suite et certainement grâce à cet échec, mon boulot a continué à susciter de l’intérêt chez Kevin. Cette exposition est le résultat de toute une suite de hasards fortuits et de rencontres heureuses.

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• L’exposition se nomme CASINO INCAOS, Baroque Courtoisie, 100 % de tes œuvres proviennent de courtoisies d’autres galeries ? Quasiment toutes les pièces de l’installation sont des nouvelles productions. Mais vu que je perturbe toujours ces notions de système, dans cette exposition, certaines œuvres ont déjà été montrées ailleurs. C’est un peu un principe de mot-valise, je rejoue certaines pièces qui ont déjà été présentées dans d’autres contextes, je les remets ici en situation et les reconnecte à d’autres possibilités de récits.


« Je ne donne aucun mode d’emploi pour comprendre mon art. » • Dans cette installation, tes slogans en néon sont à l’envers, comme renvoyés dans un miroir : quelles pensées sur notre société reflètent-elles ? L’art et les images sont souvent déconsidérés ou paraissent superficiels. On pense que ce qui fait sens, c’est ce qui fait texte, ce sont les mots, « au commencement était le verbe » fait partie de notre imaginaire. Je travaille à partir de ce paradoxe, qui veut qu’une image appelle toujours la parole. Depuis quinze ans maintenant, je ne donne aucun mode d’emploi pour comprendre mon art. Comme je le disais, mes pièces sont sans titres et je laisse tous les discours s’agréger autour de mes œuvres sans intervenir et cela jusqu’à ce que ces discours s’imposent parfois comme l’autorité des commentaires sur mon travail. Ces néons inversés questionnent ces notions de commentaire. Le fait de mettre à l’envers des phrases, c’est un peu une manière de redonner de l’épaisseur et du mystère à des mots que l’on connaît trop. Le néon est historiquement lié à la publicité, au message univoque. Je me réapproprie ces messages à caractère unique pour les renvoyer à une forme qui perdrait de sa splendeur et irait vers un message troublé. Ces néons qui commencent à fondre suggèrent un discours pluriel, qui tend à aller vers un peu moins de clarté. Une petite faille de sens dans laquelle l’imaginaire du spectateur peut se glisser.

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• Quel est le cliché qui te rend le plus dingue dans le milieu de l’art ? Mon travail est de me débarrasser des clichés. J’habite en Bretagne et je me tiens à distance du monde de l’art. Je ne me considère pas comme un professionnel de l’art mais comme un amateur, au sens premier du terme, à savoir un amoureux des choses. Je pratique ce projet de plasticien avec beaucoup de plaisir, en essayant de me préserver des stéréotypes.

« Je me tiens à distance du monde de l’art. » • Ta pièce maîtresse « Sans titre, The Big One World », est toujours ta carte de visite ? En as-tu marre que le grand public cantonne ton art à ce bibendum Michelin black panther ? Non, au contraire, je suis vraiment ravi d’avoir une sorte d’œuvre ambassadrice, elle me permet d’avoir une identité très forte avec une médiation de mon travail. Je serais bien gonflé de lui en vouloir. J’aime beaucoup que mes pièces soient comme un mille-feuilles, qu’elles soient nourries de plusieurs couches de narration, qu’elles puissent avoir un premier abord qui affirme un impact visuel, mais aussi d’autre degrés de lectures qui soient autant de renvois à des histoires qui seraient plus hermétiques. Par exemple, je présente sur le toit de la verrière du Casino une installation qui reprend la forme d’une pièce de Simone Decker présentée en 2004 sur ce même toit. Cette pièce « Ghost » de Decker est un ensemble d’empreintes de sculptures faites dans l’espace public, comme des cocons ou des mues de sculptures déjà croisées dans la ville de Luxembourg. J’ai repris ce principe de jeu sur le souvenir en m’appropriant le souvenir de cette œuvre et l’ai appliqué à certaines de mes pièces. Une sorte de best of de mes pièces identifiées : le cheval de Troie, le bibendum, la banane qui milite pour le droit des pommes, le smiley, le vanity flightcase. Elles forment une parade d’ombres chinoises, de silhouettes en découpe qui sont ici présentées comme des pages encore blanches, des pages qui ont conservé toutes leurs possibilités de narration et de renégociation.

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« Je suis assez bon dans la fête. »

• « Vanity Flightcase » est une pièce liée à la fête : es-tu toimême un bon fêtard ? Effectivement, je suis assez bon dans la fête et j’aime beaucoup ça (rires). • Tu vends cette pièce 65 000 €, ce prix est-il à la hauteur de ta vanité ? Ouh-là, ma vanité n’a rien à voir avec cela. Cette pièce produite pour une exposition en 2005 en Chine, suggère cette idée que tous ces objets qui accompagnent la fête (machines à fumée, spots, flight case, boules à facettes, etc.) sont fabriqués en Chine dans des conditions de travail qui sont vraiment loin de l’esprit de la fête et de l’amusement. C’est déjà une première considération, une première histoire. Ensuite, cette pièce spécule un peu avec le trouble de son prix. De même que cette pièce tourne sur son socle en un mouvement qui crée un vertige, elle évoque ces notions de cycles : elle peut valoir beaucoup d’argent aujourd’hui et plus du tout demain ou, au contraire, en valoir encore plus. Elle jongle avec cette notion de perte de repères qu’on ressent face à ce tourbillon à la fois enivrant et effrayant.

• Comment était celui de Luxembourg ? Plutôt heureux même si les nuits sont toujours trop courtes. • Quel est pour toi l’intérêt principal d’un vernissage ? De passer le relais après avoir travaillé plusieurs semaines, mois, années sur un projet. C’est abandonner ces moments de doutes, d’angoisses, de concentration, de tension, de plaisirs et de faire que ce gros bébé qu’on a pensé soit enfin livré à un public. • Tu envisages une année sabbatique, de quoi sera fait ton emploi du temps au quotidien ? C’est le fantasme que j’ai, mais je n’arriverai pas encore à le concrétiser en 2011. J’envisage de faire une pause, de voyager, de flâner, de me promener, de lire, d’apprendre le japonais, de m’occuper de mes deux filles, de changer de rythme et de prendre enfin le temps de visiter les villes dans lesquelles j’ai exposé. † Sébastien

• Tes vernissages se finissent toujours en fête ? Malheureusement non, car il peut y avoir des vernissages malheureux comme des mariages heureux. Des fois, je me retrouve un peu seul au bout du monde, parfois avec quelques amis, mais généralement j’arrive toujours à bien fêter l’évènement.

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vitrine

Interview Felipe Oliveira Baptista La communauté portugaise du Grand-Duché a versé des larmes de crocodile quand elle a appris l’intronisation du styliste Felipe Oliveira Baptista à la tête de Lacoste. Felipe, désormais directeur artistique de la marque préférée des tennismen en polo et des golfeurs en short, rejoint le panthéon des super héros portugais, au même titre que Magellan et Cristiano Ronaldo, le gel capillaire et les sms de Paris Hilton en moins. Le kid de Lisbonne est bien décidé à sortir les crocs, pour offrir à la griffe un vestiaire éloigné des 18 trous et des voitures cramées des cités. Interview jeu, set et match. • Sur ton communiqué vidéo, tu expliques que tu as grandi avec Lacoste : es-tu un fils de riche ou une racaille de banlieue ? Plutôt le premier, mais bon, cela me gêne un peu (rires). Lacoste bénéficiait dans les années 70 et 80 d’une connotation très bourgeoise. Heureusement, de nos jours, la marque s’est débarrassée de ce cliché. Pour l’enfant que j’étais, c’était aussi l’image du père souvent habillé en Lacoste. De plus, j’étais obsédé par les animaux, alors je trouvais ce petit crocodile vraiment sympa. • Quel autre cliché de la marque as-tu envie de gommer ? Je voudrais une identité moins rétro et plus en adéquation avec le monde d’aujourd’hui. • Appréhendes-tu de reprendre cette figure emblématique du patrimoine français ? C’est un défi énorme et à la fois très excitant. Ce n’est pas uniquement une histoire de vêtements, mais plutôt une réflexion à 360 degrés sur la globalité de Lacoste. • Quel positionnement vas-tu adopter ? Tout en restant sur des stratégies présentes, nous allons effectuer un vrai travail sur la femme et développer une garde-robe contemporaine. Nous allons nous éloigner du stéréotype du polo et proposer un vestiaire plus jeune, plus transversal et moins statutaire. • Davantage habitué, avec ta propre marque Felipe Oliveira Baptista, à habiller la femme, comment appréhendes-tu de réinventer l’homme Lacoste ? J’avais déjà travaillé un peu sur l’homme même s’il est vrai que j’ai beaucoup moins d’expérience. C’est quelque chose que je veux faire aussi pour Felipe Oliveira Baptista depuis longtemps. C’est un bonus d’avoir un nouveau job où je peux faire et l’homme et la femme.

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• Quelles sont les différences de création entre le vestiaire Felipe Oliveira Baptista et celui de Lacoste ? C’est très diffèrent. Pour Felipe Oliveira Baptista, je travaille sur un prêt-à-porter de luxe beaucoup plus segmenté par le prix et la proposition. Chez Lacoste, j’évolue dans un vestiaire considérablement plus démocratique et transversal. Le corps de la collection Lacoste doit suivre un cahier des charges strict, avec un esprit universel composé de règles et de guides, alors que, pour ma propre griffe, je fais, quelque part, ce que je veux. • Comment alimentes-tu ta créativité ? Je regarde énormément autour de moi. Je m’inspire d’expositions, de pièces de théâtre, de films, de musique… Je fais un maximum de photos. La recherche est quelque chose de permanent chez moi. Je pioche toujours une idée au détour d’un livre ou d’une image. Ensuite, ce qui devient très captivant, c’est de les agencer ensemble. • Tu évolues dans quel univers musical ? Je suis très éclectique même si j’affectionne surtout le hip-hop et l’électronique. • Quelle est ta méthodologie ? Je pars d’une idée, je cherche des illustrations, des choses en rapport avec ce à quoi je suis en train de penser. Je fais des photos, des collages sur un mur d’influences où je raconte un peu ma vision de la saison et des défilés, à la façon d’un script visuel. • As-tu amené ta propre équipe chez Lacoste ? Non, j’ai pris des gens qui avaient déjà travaillé avec moi bien sûr mais le staff dédié à la femme est complètement nouveau. • Est-ce que le retour du preppy te réconforte dans ta nouvelle fonction ? Non, parce que c’est une tendance et je pense que nous ne devons pas nous focaliser là-dessus, surtout dans le sportswear que nous désirons davantage dans l’air du temps. En plus, c’est dans la high street, c’est déjà mort, non ? Nous avons beaucoup profité du retour du preppy avec Live, la nouvelle ligne un peu plus jeune de Lacoste, anciennement baptisée Red. La collection joue copieusement sur le côté rétro, afin de s’adresser à un public plus jeune. • Comment se passe ta phase d’intégration ? Je suis en plein dedans. C’est une énorme machine. J’ai rencontré toutes les équipes, visité les usines à Troyes, et j’ai un planning de rencontres dans les différents marchés… C’est fascinant.


« J’avais exposé au Mudam. »

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« Je voudrais une identité moins rétro. » • Pourquoi Lacoste a misé sur toi ? C’est peut-être à eux de répondre (rires). Nous étions cinq en phase finale. J’avais fait un projet sur ma propre vision de la marque, très visuelle, uniquement avec des images, qui a beaucoup plu. • Tu succèdes à Christophe Lemaire : vas-tu amorcer une révolution artistique vis-à-vis de ses anciens travaux ? Je vais m’engager dans une vision très différente, même si j’ai beaucoup de respect pour le travail de Christophe. • Quels sont les codes du sportswear importants de Lacoste ? Le tennis et le golf qui sont les racines de la marque mais l’idée est d’élargir la panoplie. • Joues-tu au tennis ou au golf ? Non, j’ai fait un peu de golf quand j’étais petit à l’époque où je portais des polos Lacoste. • Vas-tu devoir t’y mettre pour coller à l’esprit corporate de la marque ? Non, pas du tout (rires).

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• Tu fais du sport ? Je me balade en vélo tout le temps, je vais en salle de gym, je fais du wakeboard et du snowboard. • Lacoste va-t-il habiller les snowboarders ? Peut-être à l’avenir. Nous sommes actuellement en pleine phase de réflexion sur le développement du sport, mais avant tout, notre priorité reste la collection homme. Nous continuerons d’ailleurs les défilés à New York. • Les grosses ventes de Lacoste se passent aux États-Unis, pourquoi avoir choisi d’installer ton atelier dans la capitale française ? Les bureaux sont historiquement basés à Paris. Nous avons une antenne à New York avec des stylistes freelance. Nos liens avec le marché US sont très forts. En tout cas, moi, ça m’arrange très bien car les locaux Lacoste sont à cinq minutes de chez moi. • Le marché européen est-il similaire au marché américain ? Non, nous faisons bon nombre d’adaptations aux collections dédiées au marché US, beaucoup plus axées sur le casual et le sportswear. En Europe, nous pouvons nous permettre de faire quelque chose de plus formel et réel.


© Sony Ericsson Mobile Communications AB, 2010. « make.believe » est une marque de commerce de Sony Corporation.


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• Allez-vous continuer de vous immiscer dans le marché des pays émergents ? Nous sommes déjà très bien implantés partout dans le monde mais il est vrai que nous allons fortement développer les deux marchés émergents que sont le Brésil et la Chine. • Le développement de la VPC web est-il une priorité pour ta nouvelle collection ? Oui, c’est tout nouveau, nous avons débuté la vente par correspondance début juillet et nous sommes en train de la renforcer. • Penses-tu que ta créativité découle d’une sensibilité propre au Portugal ? J’avais exposé au Mudam, en 2008, pour Marie-Claude Beaud, dans le cadre d’une exposition sur les artistes portugais. Sa démarche était tout à fait légitime car vous possédez, au Luxembourg, une forte communauté portugaise. J’ai vécu à l’étranger pratiquement autant de temps qu’au Portugal, mais il est indéniable que ma culture découle de mon pays d’origine où j’ai grandi.

« Je fais du wakeboard et du snowboard. » • Comment est perçu Lacoste au Portugal ? La marque évolue dans un registre encore un peu BCBG. Il faut que je lui donne un petit coup de jeune (rires). • Marié, deux enfants, les stylistes hétéros sont rares sur la scène, comment vis-tu ta différence ? Ben écoute, très normalement, c’est vrai que ça surprend des fois des gens un peu au début, mais sans plus. • As-tu envie de devenir, aux yeux des portugais et du monde, une star encore plus emblématique que Cristiano Ronaldo ? Pas du tout, mais il s’est passé une histoire très drôle au Portugal, car mon arrivée chez Lacoste a été vraiment surmédiatisée. Dans le jeu Qui Veut Gagner Des Millions portugais, un mec a loupé les 30 000 € car il ne connaissait pas le nom du nouveau créateur de Lacoste (rires). • Vas-tu rebrander le logo de la marque ? Non, pas du tout. • Connais-tu l’origine du crocodile ? Le capitaine de l’équipe de France de tennis avait lancé un pari au joueur de tennis René Lacoste, lors de la Coupe Davis en 1927. Il lui avait promis une valise en crocodile s’il gagnait un match important. Suite à cette histoire, il a été surnommé le crocodile et a demandé à un ami artiste de le lui broder sur son blazer. † Sébastien Photo : Sébastien Agnetti

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Une expérience incroyable!

www.hifi.lu

Il y a toujours un magasin HIFI International près de chez vous


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Extraits du défilé Felipe Oliveira Baptista Printemps - Été 2011

Réalisation : Pascal Monfort Photos : Albert Nguon

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To u r née, e d S n o IS a r S e * po u r d aLIan dan C e r T S u ’a d e L C a T Le S p e C po u r u V é r p T n e m e L Th eaTr e, In ITIa 0, au r a 0 h 0 2 À 11 0 2 S r Le 11 eT 12 ma d Iq uée. In e T a d a L T n a V LIe u 1 m o IS a

Grand ThéâTre de LuxembourG

be Your SeLF auSTraLIan danCe TheaTre

VendredI 11 eT SamedI 12 FéVrIer 2011 À 20h00* ConCeIVed and dIreCTed bY GarrY STewarT ChoreoGraphed bY GarrY STewarT & The adT danCerS » the most thrilling dance you could hope to see. The Advertiser

© Chris Herzfeld

» This amazing show will be well received around the world by all those who relish the world of very contemporary dance. Australian Stage

aduLTeS 25 €, 20 €, 15 €, JeuneS 8 € Grand ThéâTre de LuxembourG / 1, rond-poInT SChuman / L-2525 LuxembourG / TICkeTS eT réSerVaTIonS SouS www.LuxembourGTICkeT.Lu ou par TéLéphone au +352/47 08 95-1 / InFormaTIonS SouS www.TheaTreS.Lu


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En cabine

avec ceux qu’il faut suivre absolument

Sélections et textes : Pascal Monfort Photos : Albert Nguon

Guillaume Henry, parce qu’il met le coup de dépoussiérant postmoderne qu’attendait Carven. Jeune, talentueux et rigoureux, il équilibre à merveille les touches classiques et les astuces d’ultra présent. Dévastée, parce que le couple, dans la vie comme au studio, sait mettre en exergue la beauté teintée d’humour qui est chère au registre du romantisme sombre. †

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Une fille, son look, ce jour-là

• Qui es-tu ? Je m’appelle Carolyn, j’ai 26 ans, je suis Luxembourgeoise. J’ai vécu jusqu’à l’âge de 18 ans en Suède avant de revenir au Grand-Duché. J’ai suivi des études universitaires à Londres en commerce international pendant quatre ans, et j’ai passé une année d’Erasmus à Paris. Ensuite, j’ai enchaîné par un master en management et innovation à la Luxembourg Business Academy. Aujourd’hui, je fais partie de l’équipe Extrabold : je m’occupe des collections femmes et je prête main forte aux nombreux projets du concept store. En parallèle, j’ai créé mon blog de culture fashion au Luxembourg : www.blogbuster.lu. • Quand as-tu porté ce look ? J’ai la chance de pouvoir porter ce look tous les jours au travail ! Il fait partie des nombreux vêtements que je n’arrive plus à ranger dans mon armoire déjà ultra blindée ! • Décris-nous ce que tu portes ? Je porte une chemise Dr Denim, une robe Prim I Am, une veste vintage que j’ai dénichée à Londres, et un sac Sessùn. J’adore mes chaussettes blanches American Apparel et mes chaussures Vagabond. • Pourquoi ce look et pas un autre ? Etant en charge du vestiaire féminin chez Extrabold, j’ai l’occasion de découvrir en avant-première des marques stylées. J’aime mixer des pièces neuves avec du vintage pour avoir mon style personnel. • En quoi ce look te représente (ou pas) ? Ce look me représente car les marques que je porte sont souvent scandinaves et c’est de là que vient une grande partie de mon inspiration. • Si tu étais un look pour une occasion particulière, tu serais ? Récemment pour Halloween, j’étais très à l’aise déguisée en petit chaperon rouge ! † Interview et photos: punky-b.com

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This Is Luxembourg Tremblez bourgeois, une trentaine de skinheads sévit au cœur du Grand-Duché, diaboliquement propres sur eux, le bec plongé dans des litrons de bière chaude sans bulles et le regard haineux. Parce que Luxuriant n’est pas à un stéréotype près, nous sommes allés tenir le crachoir de Mike, Paul, Gilbert et leur gang de crânes rasés à la Kuturfabrik, au concert d’anniversaire de Toxkapp!, groupe local de ska.

Pour immortaliser cette rencontre, j’avais mandaté le plus subversif et le plus curieux de mes photographes, monsieur Vincent Habay, accessoirement aussi le plus costaud, fait non négligeable si l’entretien tourne au vinaigre. Ma maman m’avait prévenu de me méfier de ces voyous racistes, bêtes et méchants mais une fois n’est pas coutume, je n’ai accordé que peu de crédit à ses mises en garde. Oi !

« Nous sommes complètement apolitiques. » numéro 16

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J’avais rencontré Mike en 2008 à la fête nationale. Son look impeccable et son sourire enjôleur m’avaient immédiatement interpelé. D’origine africaine, à 22 ans, il composait un parfait binôme avec son collègue Paul, lui aussi skinhead. Autour d’eux, gravitaient quelques punkettes en goguette. À l’époque, j’écrivais, pour Luxuriant numéro deux, un dossier spécial bicyclette. J’avais demandé aux deux tondus de poser devant mon objectif le popotin vissé sur un Vel’oh, en me jurant qu’un jour, je reviendrais leur tailler le portrait.

« Nous sommes fiers d’être ouvriers. » Magie de Facebook, Mike me donne rendez-vous plus de deux ans plus tard devant la Kufa. Il a prévu de siffler quelques bières pour souffler les 15 bougies de Toxkapp! avec ses amis. Nous en profitons, entre deux interludes musicaux, pour faire plus ample connaissance. Je débute les hostilités dans la bonne humeur mais d’une façon relativement hardcore avec ma première question : pourquoi ma maman pense que tous les skinheads sont des fascistes ? Paul, 30 ans, serrurier d’origine allemande, complice à la vie à la mort de Mike, me lance dans un français maladroit et aviné « toi maman est une idiot ». Il éclate de rire et m’explique que son père pense la même chose. L’image des skinheads souffre encore aujourd’hui du rapprochement un peu trop hâtif avec les partis d’extrême droite, relayé notamment par la télé. La troupe me garantit que les skinheads sont apolitiques et surtout au Luxembourg. Mike, la voix de la raison du groupuscule, reprend : « Nous sommes avant tout une bande de potes sans couleurs politiques apparentes comme beaucoup de jeunes de notre génération, absolument pas fasciste mais pas antifa (ndlr antifasciste militant) pour autant. Nous sommes complètent apolitiques comme les skinheads originaux en 1969 en Angleterre. Nous n’abordons jamais les problèmes du gouvernement entre nous ». C’est à ce moment-là que Roy, 18 ans, chercheur d’emploi de Tuntange, et Antony, 20 ans, apprenti cuisinier de Kleinbettingen, en profitent pour taquiner Mike en le traitant de nazi. Tout le monde rigole à gorge déployée, l’ambiance est bon enfant, les

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blagues fusent et les bières se vident. Il poursuit : « Malheureusement à cause de notre dégaine, dans la rue ou dans les concerts, les gens nous traitent de nazi, enfin moi un peu moins car je suis black (sourire) ». Mike a l’habitude des attaques gratuites, à 14 ans il était punk et souffrait déjà des railleries des badauds. Paul renchérit : « Nous nous amusons de ces clichés. Nous aimons être détestés par la société. Aujourd’hui, être punk, ce n’est plus vraiment de la provocation. Une crête n’effraie plus personne, alors que les skinheads continuent de déranger ». Même Roy et Antony souffrent du regard des autres quand ils vont acheter des thüringers au supermarché. Tout au long de cette rencontre, la joyeuse bande apporte la note illuminée des types un peu saouls. Leurs points de vue, pas forcément primordiaux, ponctuent néanmoins le débat de grosses crises de rires, même si j’en trouve, un ou deux, lors de cette interview, un peu trop proches de ma copine. Ils m’expliquent « Les boneheads, les skinheads nationalistes dans le jargon de la rue, sont des connards. Ils sont très rares au Luxembourg. Si on leur tombe dessus, on leur casse immédiatement la gueule ». Donc mes petits skinheads penchent quand même inéluctablement à gauche, même si j’ai bien compris que le renouvellement du mandat de Junker leur importe moins qu’une paire de boots parfaitement cirées. Ces jeunes ont tous un point commun : une panoplie admirablement ajustée au corps, classieuse et toujours de bon goût. Ils vont se fournir chez Camden Shop, avenue de la Liberté à Luxembourg City. Nadia, la patronne, accompagnera même à la batterie, ce soir-là, les skankers de Toxkapp! sur une chanson.


Paul ajoute : « Nous sommes fiers de remonter nos pantalons pour exhiber nos bottes de travail Doc Martens, nous sommes fiers d’être ouvriers, d’avoir un boulot et de ne pas être asociaux. Avec notre salaire, nous nous achetons de belles chemises Ben Sherman et des polos Fred Perry. D’ailleurs, sais-tu que Fred Perry est le premier héraut de la classe ouvrière à avoir remporté plusieurs fois le tournoi de tennis de Wimbledon ? C’est un symbole fort pour le mouvement skinhead ». Mike également est fier d’être fils d’ouvrier : « Ici au Luxembourg, on est tous entourés de bourgeois. Déjà à l’école à Diekirch, mes camarades ne parlaient que de l’argent de leur papa médecin ou avocat. Forcément, quand tu es gosse, tu fais une petite crise d’identité. Tu as un peu honte de ta mère femme de ménage et de ton père à l’usine. Alors grâce au mouvement skinhead, tu arrives à être fier de ce que tu es. Je bosse avec mes mains et si quelqu’un me fait chier, je l’arrache avec mes mains ».

En tout cas, la maman de Mike est contente que son fiston ne s’habille plus comme un punk en pantalons tartans déchirés et avec un blouson en cuir clouté. Pour elle, ce look est super, sauf peut-être au niveau des tatouages. Ils sont légion sur le corps de ces « blue collars ». Mike ouvre sa chemise pour exhiber le skinhead crucifié façon Jésus-Christ sur son torse, un grand classique. Paul nous fait découvrir le mot « skin » à l’intérieur de sa lèvre inférieure, il arbore aussi une mygale dessinée sur sa tête. La plupart d’entre eux affichent le slogan ACAB, (NDLR All Cops Are Bastards : on affectionne peu la maréchaussée dans le crew) et la traditionnelle toile d’araignée sur le coude, relique d’une

époque lointaine, quand les marins squattaient les tavernes, accoudés tellement longtemps au comptoir, que les araignées en profitaient pour tisser leur toile. Si l’alcool, la fierté d’une classe ouvrière et un uniforme classieux font l’apanage du mouvement skinhead, il ne faut pas oublier la musique. Gilbert, le plus âgé d’entre eux, mécanicien, 34 ans, était présent, ici même à Esch, au concert de Laurel Aitken, l’idole des skins, en 1994. Il dansait également avec toute la bande, l’année dernière, au récital de The Aggrolites dans un hangar à Burmerange devant un public éparse. Mike, Paul et tous les autres écoutent du ska comme ce soir, de la oi, du punk, du skinhead rock et du skinhead reggae, notamment le célèbre label Trojan. Gilbert est très respecté par ses pairs, il était bassiste du défunt groupe luxembourgeois Skinflix. Quand il parle, les autres l’écoutent religieusement. Gilbert a une allure plus conventionnelle, il porte un pantalon large et un t-shirt imprimé. Il fait toujours de la musique mais pas forcément de la oi même si, dans les coulisses, on chuchote que Skinflix se reformera pour quelques dates. Aujourd’hui, c’est un papa : « J’étais comme eux dans le temps, mais si tu veux une vie normale, il faut s’adapter. Avant, je me battais contre ceux qui n’étaient pas de mon avis. Maintenant, j’ai une famille et une petite fille. Je ne peux pas me permettre d’arriver le lundi au boulot avec un œil au beurre noir. » † Certains prénoms ont été modifiés à la demande des protagonistes. Sébastien Photos : Vincent Habay

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Post-report du knight clubber ! Le Knight Clubber se regarda dans le miroir. Son visage, aussi pâle que celui de Beigbeder un matin de garde à vue, et ses cheveux grisonnants, ne lui offraient aucun espoir : il s’était zombifié, pire, il s’était kavinské ! Le film de la nuit lui revenait en mémoire tel des flashbacks aussi incontrôlables que des remontées d’acid. Tout avait commencé vers 21h la veille, ce vendredi 5 novembre, sur le quai de la gare de Luxembourg. Kavinsky venait faire son show pour la soirée Luxuriant au cabaret Le Splendid. Après quelques coupes de champagne, dont chaque gorgée ressemblait à un « Nightcall » permanent, et une pizza aussi vite avalée que les kilomètres nous séparant du plus vieux bouge de la fullegaas, ils entrèrent dans le repaire interlope avec la même excitation qu’une nymphomane dans un club échangiste. Pascal Monfort, le chanteur/DJ accro aux Shoppings et au Lèche-Vitrine, s’amusait à faire danser les jouvencelles sur une coldwave eighties avant que le majestueux Cool Chris ne réussisse de grands écarts permanents entre des perles hip-hop

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et une indus à réveiller les morts. Kavinsky agrémentait sa soirée de quelques douceurs avant de s’emparer des platines. La température intérieure avoisinait les 40°C, les vitres et les fronts dégoulinaient d’amour. Les créatures diaboliquement dévêtues, montant et descendant inlassablement sur des barres de fer aussi longues que leurs gambettes si joliment sculptées, posaient des regards hypnotiques sur le Gainsbourg de l’electro. Entouré de fans lui tendant cigarettes, vodkas et autres magnificences, Kavinsky plongea le dancefloor dans une ambiance apocalyptique. Bravinthemix, MSD et Doublekick achevèrent les quelques êtres ayant survécu à ces déflagrations auditives. Dans la chambre royale de l’artiste, pendant une after qui restera mythique, devant de magnifiques sirènes le regardant engloutir les 17 bouteilles de Bofferding commandées à un room-service halluciné, le Knight Clubber, sous l’effet d’un abus de MarieJeanne, se métamorphosa alors en nouveau zombie de la nuit grand-ducale qui jamais ne mourrait… †


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Belle & Sebastian Write About Love

Endlech nennen si d‘Kand beim Numm: „Belle and Sebastian write about love“, heescht hiren neien Album. Jo - iwwer wat da soss? D‘Lëscht vun de Belle & Sebastan Lidder déi regelméisseg beim Sex, beim Kussen an beim Kuschelen gelauschtert ginn, ass wuel sou laang wéi d‘Diskographie vun der Band. Dat wosst och deen alen John Peel, deen net midd gouf, Belle & Sebastian ze luewen. An sou verwonnert et net, dass d‘Reaktioun no der Annonce vum éischten neien Album no bal 5 Joer engem kollektiven Stöhnen geglach huet.

Anescht ass dat beim schwéieren, bal dramateschen „Little Lou, Ugly Jack, Prophet John“. D‘Norah Jones séngt hei mat a gëtt dem Lidd een dezenten Kitsch-Charakter, deen net stéiert, awer ëmmerhin irritéiert. Den Titelsong ass vun engem anere Kaliber: Chouer, verspillte Gittaren, Uergel-Solo. Anescht wéi beim leschten Album bastelen Belle & Sebastian um Album Nummer 8 ee knackegen, schwongvollen Sound zesummen, deen d‘Häerzen am Stuerm eruewert, ee Sound deen sou lëschteg ass, dass ee mengt, dass nach Summer ass. †

Um Opener „I didn‘t see it coming“ fänkt d‘Sarah Martin ganz opgekraatzt u mat sangen bis de Steve Jackson seng héchsten Téin op der Gittar spillt an de Stuart Murdoch d‘Lidd mat senger gesanglecher Ënnerstëtzung an den Universum schéisst. Dat ass dynamesch an ass witzeg. Souwisou ass hei villes zimlech zackeg. Den Titel „Come on sister“ deen e sou een euphoreschen, stiermeschen Danz op de Parquet leet, dass een als éischt mol de Mond muss zou maachen, fir d‘Opfuerderung unzehuelen. Oder „I want the world to stop“, deen d‘Trompett auspéckt an d‘Texter vum Balzac entstëbst.

Christine Delvaux

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Differdange Centre-ville Le plus ancien du Grand-Duché de Luxembourg

Du 3 au 24 décembre 2010 Chaque jour de 15h00 à 19h00 Tous les vendredis: nocturne jusqu’à 20h00 Ouverture « piste ski de fond » au parc: 10 décembre à 18h00 Fête de clôture: 24 décembre de 11h00 à 16h00 Les stands gastronomiques sont ouverts à midi!

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PHOTO BY FRANCESCA GILIBERT FRANKIEPHOTO.COM

extrabold

FRED: CLAE SHOES WESC CHINO PANTS THE HUNDREDS BELT FRED PERRY SHIRT KOMONO WATCH

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ARIANE: VANS X STUSSY SHOES CHEAP MONDAY JEANS OBEY RING INSIGHT TEE PANUU CARDIGAN

FANNY: SESSÙN SHOES SESSÙN DRESS RULES BY MARY BELT CHEAP MONDAY BRACELET SESSÙN CARDIGAN RULES BY MARY HEADBAND

MAX: SUPRA SHOES WESC JEANS FRESHJIVE TEE FRANKLIN & MARSHALL JACKET


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Don’t be aFraid, just be sexy ! En cette veille d’Halloween, une eFFrayante rumeur circule à Luxembourg… F aurait disparu !!! Spooooookyyyyyyyyy… Que lui est-il arrivé ? Quelle est l’origine de cette tragédie sociale qui risque Fort d’altérer le rayonnement international du Grand-Duché ? S’est-il Fait enlever ? Tente-t-il d’échapper à un Fan hors de contrôle en couinant comme cette bonne vieille Neve Campbell dans Scream 1 ? Retraçons son parcours des dernières semaines pour y déceler quelques indices… F a d’abord été repéré en train de jouer à la pétanque à la Coque, bercé par les dernières douces soirées de l’année et entouré de la fine fleur des décideurs culturels du coin (F connaît des gens qui vont un peu se sentir Flattés par ce passage…). Ça tirait, ça pointait, ça criait au scandale, et que « non tu vois bien qu’il y a un mètre de diFFérence », alors que la diFFérence réelle a dû être mesurée avec un microscope électronique… Il ne manquait plus qu’un morceau du 113 et c’était Marseille à Luxembourg ! Quoi qu’il en soit, il semble avoir passé de sacrés bons moments sur ce bout de jardin juste à côté du bunker vert et blanc, qui va devenir un pur spot, F l’a juré sur la vie de tous ses potes marseillais (malaiiiiise…) ! On l’a ensuite croisé à l’incroyable concert de l’incroyable Robyn à l’Atelier. Il était accompagné pour l’occasion d’un surréaliste harem lesbo-scandinave (ou scandino-lesbien, au choix, car oui F réinvente les adjectifs, il fait ce qu’il veut, il est canon) toutes mèches blondes dressées sur leur petit crâne angélique…

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Lachapelle n’aurait pas trouvé plus inspirant ! Ils ont naturellement Fait des Ouhhhhh !!!! Et des Ahhhhhhhh !!! Et des Une autre !!! Une autre !!! Et ils ont dansé comme des Fous en agitant les bras sur « Dancing On My Own », tube incontestable de cet hiver. F adore Robyn, c’est même lui qui l’a bookée dans la saison 4 de Gossip Girl (gros mensonge !)… C’est pour dire ! Et puis spotted : F s’enFilant des coupes sans vergogne au Coco Mango (illustre bar du SoFitel Grand-Ducal à la vue aussi plongeante que les indécents décolletés qu’on y trouve, pour ceux qui l’ignorent encore) lors de la soirée Hed Kandi. Il y faisait la nouba comme jamais avec son jackpot 2000 Mister D, DJ habitué des lieux de son état et sacrément énervé pour un ivoirien, ethnie que l’on connaît plus nonchalante d’habitude… Il y a bu, s’est esclaFFé, bu, roulé des pelles, re-bu, s’est pris des râteaux, encore bu et un peu dansé, une vraie soirée mondaine distinguée comme F les aime ! Donc résumons : La Coque, Robyn et hôtel de luxe… F est donc en train de jouer à la pétanque avec une call-girl suédoise ! Ça ne veut rien dire ? Bref… Quoi qu’il en soit, il devient impératiF de retrouver notre étoile grand-ducale des dérapages incontrôlés ! Avec un peu de chance, vous le choperez en train de se déhancher comme si de rien n’était sur le set de Play Paul à la splendide soirée Micro-Clubbing au Am Puff le vendredi 26 novembre… Et il sait que vous aimerez ça ! † F. Photo : Stéphane « Cho » Solida


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Les diamants sont-ils éternels ? Au Prado, on peut admirer une des toiles les plus énigmatiques de Velasquez, Les Ménines. Sur la robe de l’infante Marie-Thérèse étincelle l’un des plus beaux joyaux au monde, le Wittelsbach. Cette pierre gris bleu, à peine plus grosse qu’une noix, nécessite un seul rayon de soleil pour que ses 82 facettes rayonnent dans une féerie de lumière sans égale. Il fut adjugé en 2008 pour 19 millions d’euros à Londres. Des mines d’où elle est extraite jusqu’aux joailliers raffinés, la plus précieuse des gemmes attise les convoitises en n’étant pourtant que du carbone cristallisé. Sa puissante symbolique est à la fois une cause et un prétexte à sa production. Fragments d’éternité, les diamants fascinent, mais n’appartiennent jamais à ceux qui les trouvent et peu de temps à ceux qui les possèdent. C’est l’art de la taille qui confère au diamant sa valeur en lui offrant un éclat sans pareil qu’on dit adamantin (du grec adamas : indomptable, invincible). La pierre redessinée gagne le pouvoir de transformer la lumière blanche en couleurs. Né à l’aube des temps, le diamant en emprisonne son souvenir. La taille des pierres ne débute qu’au XVe siècle dans ce qui est aujourd’hui la Belgique et pourtant, bien avant cela, le diamant était vénéré. Sa symbolique est multiple et complexe. Les Égyptiens lui attribuaient un pouvoir de force et de courage et le plaçaient au centre de la croix ansée. Pour les Indiens, sa forme brute, un octaèdre, symbolise la déesse Indra, incarnation de la tempête et de la foudre ; la pierre protège des animaux sauvages et des terrifiants esprits de la nuit, redoutés bien avant les fins de soirée au Saumur. C’est en tant que talisman que les diamants non polis pénètrent l’Empire romain, sans aucun caractère esthétique, puisque les pierres les plus pures ne traversent pas les frontières des Indes. Au Moyen-Âge, on lui attribue des vertus médicales et curatives en le réduisant en poudre. Le pape Clément VII en mourut. Ces pratiques prirent fin à la Renaissance mais demeurèrent source d’intrigues des cours. Aujourd’hui, la plus précieuse des pierres est liée aux amours. Cette coutume remonte à 1477 quand Marie de Bourgogne reçut une bague de fiançailles en brillants. L’anneau se place au troisième doigt de la main gauche, origine de la veine de l’amour qui mène droit au cœur selon les anciens Égyptiens. Pierres de pouvoir, les diamants de grande taille ont toujours été réservés aux plus grands. Mazarin avait une passion pour les gemmes et la transmit à Louis XIV qui, grâce à Tavernier, enrichit encore son trésor. Fin connaisseur, il fut le premier occidental accepté par les potentats orientaux et ramena ainsi en France des diamants de légende comme le Hope. Les cours d’Europe au XVIIe siècle entament un processus de demande que l’offre doit suivre.

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Les premières traces d’exploitation et de production datent d’un manuscrit en sanscrit du IVe siècle avant JC, retrouvé en Inde, qui demeure la seule source jusqu’en 1725. La production qui s’essouffle est relayée par le Brésil dont l’exploitation intensive cessa en 1850. C’est à ce moment-là que l’épopée africaine commença en Afrique du Sud. En 1887, trois compagnies se partagent le marché et deux ans plus tard, seule la De Beers demeure et contrôle aujourd’hui près de 50 % du marché des pierres brutes. Si les rivières de diamants sont pures, leur source aujourd’hui est beaucoup plus trouble. Les diamants de conflit ou diamants de sang sont issus du continent africain et financent les nombreuses guerres civiles. Extraits de mines localisées dans des zones où la guerre fait rage, ils ont engendré la mort et le déplacement de millions de personnes en Angola, en Sierra Leone, au Congo et au Liberia. Le processus de Kimberley, signé en 2003, est un mécanisme de certification des diamants bruts par les gouvernements des pays producteurs. Sept ans après sa mise en place, le trafic des pierres illicites ressemble davantage à la règle qu’à l’exception. En Côte d’Ivoire, au Venezuela ou au Zimbabwe, on extrait encore des diamants qui entrent sur les marchés légitimes par la contrebande, avant d’être acheminés vers les centres internationaux de commerce et de transformation, où sont émis leur certificat selon quatre critères, les 4C : la couleur, la pureté, le poids et la finesse de la taille. La transformation, pour 70 % du marché, historiquement effectuée à Anvers, est confiée à la communauté hassidique, même si New York, Londres et Tel Aviv se sont développés après la fuite des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale. La demande est triple. On distingue d’abord la demande de masse regroupant les pierres de la palette de couleur jaune et destinées à la petite bijouterie qui, malgré une forte demande en Inde et en Chine, a globalement baissé, entraînant un ralentissement de la production de 3,7 % en 2009, passant en deux ans de 168 millions de carats en 2007 à 161,8 en 2009. Ensuite, vient la demande en diamants naturels impurs et synthétiques destinés à l’industrie. Les productions naturelles et de synthèse depuis 1953 ne se concurrencent pas puisque la première est incapable de produire des pierres de taille négociables sur le marché des bijoux. La demande industrielle utilise la gemme principalement pour ses propriétés de dureté dans la fabrication d’outils de coupe chirurgicaux ou en électrochimie. Enfin, la demande d’élite qui exprime des besoins en accord avec sa position. Par exemple, le sultan de Brunei, lassé des diamants blancs, a chargé le joaillier Fred de trouver des diamants rouges. Actuellement, seuls cinq sont répertoriés dans le monde. La chute de la demande suite à la dernière crise est inquiétante puisque pour la satisfaire, à la fois production et stock ont été utilisés ces dernières années. De nouvelles sources sont trouvées


comme au Canada, mais coûtent des millions de dollars pour une production marginale. En moyenne mondiale, il faut trier 10 tonnes de minerai pour un carat de diamant, soit 0,20 gramme. La rareté du fait donne sa valeur à la chose, disait Jean de la Fontaine. Comme tout bien dépendant d’une source naturelle limitée, la valeur du diamant s’accroît au fur et à mesure que sa rareté se fait ressentir. Il n’est nul besoin ici d’enfiler des

gants pour mettre les poings sur le «i» d’une telle évidence. Mais le diamant fait l’unanimité : les maharajahs, les rois, les demi-mondaines d’hier jusqu’aux escort girls d’aujourd’hui, les Russes bling-bling et les rappeurs new-yorkais... ne sont que mentionnés dans la liste temporaire de leurs possesseurs. † RS. Illustration Gilles Uzan.

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Blaglagla Il fait froid ? Mais non. Et de toutes façons, ce n’est pas une raison pour faire la marmotte ! Allez oust ! On jette les affreuses polaires inesthétiques et on ressort son gilet en peau retournée, piqué dans les armoires de son père... ou de son grand-père. Enfin ! Vive les cols roulés, les pulls tout doux et les grosses écharpes douillettes ! À l’inverse de la nature qui s’effeuille, on se couvre avec élégance : bottes, manteaux de laine et joli bonnet pour aller flâner sans frisson. Se cultiver – Born To Be Wild? Le Musée d’Histoire de la Ville de Luxembourg est une des perles de notre belle capitale. Situé idéalement au cœur de notre vieille ville, il est juste à côté de tous ces endroits que l’on affectionne pour aller boire un verre au chaud ! Un petit stop de temps en temps dans ces murs imprégnés d’histoire serait une idée bien à-propos. Ce musée est – on l’oublie parfois – un ensemble chaleureux de maisons historiques complètement restaurées… On se déplace sur trois niveaux dans un escalier de verre qui permet d’admirer la pierre : secret de blablateuse, le lieu est en partie creusé à même la roche… Les détails historiques seront pour les courageuses qui iront se réchauffer avec chouchou dans ces murs de culture. On y redécouvre l’histoire de la ville de Luxembourg. Les objets et les reconstitutions topographiques permettent de réaliser à quel point les transitions ont été particulières pour notre cité ! L’histoire plus récente est présentée grâce à des approches thématiques, ponctuées par des œuvres d’artistes contemporains. En ce moment et jusqu’au mois d’avril, ce sont les sixties qui sont à l’honneur ! Une époque clé dans les collections du musée, qu’on approche ici avec un prometteur Born To Be Wild? On l’est ou on ne l’est pas, mais en hiver, il faut sortir la peau d’ours que l’on a rangée tout l’été… Wild, c’est la nature humaine, elle s’est exprimée au mieux pendant les 30 Glorieuses et nous a tous changés en consommateurs gâtés. Mais pour en arriver là, nos parents et grands-parents ont tracé la voix d’un idéal qu’on a presque oublié. L’exposition Born To Be Wild? s’articule autour de notre jeunesse et l’état visionnaire dans lequel chacun de nous s’est retrouvé

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avec, au centre de soi-même, une créativité en pleine effervescence. Ici, on découvre donc comment les jeunes ont exprimé et expriment leur appartenance à un groupe par la musique qu’ils écoutent, les lieux qu’ils fréquentent ainsi que par leur façon de s’habiller et de parler… Ensuite, on passe à un face-à-face avec soi-même, où le kid cherche son identité, découvre son corps, vit ses premières expériences sexuelles ou s’adonne à certaines pratiques à risque. Et enfin, on aborde la période de mise en relation avec la société. Des choix de vie auxquels ils sont confrontés et des contestations et idéaux caractéristiques selon les différentes époques. C’est excellent de se repasser le film des années 50 à nos jours. Les sujets traités sont présentés au travers de photos, tracts, affiches, vêtements, documents sonores, vidéos, extraits du magazine Bravo, interviews et créations artistiques. Toute la scénographie haute en couleur, qui pousse à revivre certains moments intenses de leur adolescence, crée cette ambiance qui reflète le côté inachevé et créatif de la jeunesse universelle… une manne à explorer pour se souvenir que chacune de nos cellules ne demande qu’à s’exprimer ! Born To Be Wild?- entre conformisme et révolte, la jeunesse de 1950 à 2010 : jusqu’au 10.04.2011 14, rue du St-Esprit - Luxembourg- Tel : 47 96-4500 mhvl@2musees.vdl.lu / www.mhvl.lu Photos : Christof Weber


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Se restaurer – Les Roses

Se bichonner – Jitrois Toute nouvelle, toute belle. La boutique de Jitrois, inaugurée le mois dernier, est à la hauteur des attentes du gotha luxembourgeois. Du cuir, de la seconde peau et des pièces exceptionnelles. Il fait froid ? Faites un tour chez Jitrois. Lui sait sublimer la femme. Il habille tout un chacun comme une star : soyez donc les heureuses propriétaires d’un de ses pantalons cuir effet « jean » qui se lavent à la machine à 30°c ! Il me l’a juré, à vous de tester. 8, rue du Marché-aux-herbes, Luxembourg Secret d’alcôve – McLaren

Manger dans un étoilé au cœur d’un lieu dédié au jeu, c’est un peu faire tapis avec ses papilles. Résolument gourmand, vraiment contemporain et simplement tendance, le restaurant Les Roses vous offre une cuisine distinguée servie dans un cadre chic et soigné. Nul besoin d’en faire des tonnes pour vous parler de cette adresse, tout le monde en a déjà entendu parler. Pourtant, il faut savoir relever qu’un établissement de cette catégorie a véritablement du mérite de ne pas simplement se reposer sur son étoile (acquise en 2002) quand il change sa carte avec audace. Sous la direction d’Alain Pierron, toute l’équipe a participé à la révision de ses classiques pour tendre vers encore plus d’élégance et de raffinement. La carte a pris un coup de frais, les puristes diront qu’elle est un peu plus light qu’au préalable, mais la modernité fait de jolis clins d’œil à la génération montante avec sa fingerfood revisitée.

La démocratisation de la grande cuisine est aussi un leitmotiv puisque la direction propose le dimanche soir et le lundi soir un menu à 50 €… une info à susurrer à chouchou au bon moment pour que monsieur ne se ruine pas à faire plaisir à notre estomac délicat ! Pour l’anecdote, il y a un must à tester en fin de repas, un café très original… mais chut, seuls les membres du staff pourront vous présenter sa véritable histoire. Un indice : son circuit de production est tout bonnement unique au monde ! Tél: 23 611-1 - Rue Théodore Flammang à Mondorf-les-Bains www.casino2000.lu

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Nous ne sommes pas des chochottes ! Nous aussi nous aimons les grosses cylindrées élégantes... L’équipe Luxuriant s’est pliée en quatre ce mois-ci pour dénicher la voiture la plus sexy du marché : la MP4-12c. Quoi ? Mais si, c’est simple à mémoriser. Nous avons six mois pour apprendre par cœur le nom de ce petit bijou de luxe : dès le printemps 2011, vous pourrez emmener votre fiancé – accompagné de sa carte bancaire préférée pour régler la facture de 175.000 € – chez un des treize concessionnaires européens rigoureusement sélectionnés pour distribuer la MP4. Robuste, confortable, il peut même vous offrir la chance de rouler aux côtés de Jenson Button ou Lewis Hamilton… ils ont adoré leur test effectué sur circuit, mais surtout ils n’ont pas pu rester insensibles devant les lignes parfaites de ce bolide. Moi, ce n’est évidemment pas pour cela que je l’aime, c’est pour son châssis en carbone, il est assorti à mes lunettes !! www.mclarenautomotive.com †

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La Cuisine moléculaire par Yves Radelet Espumas de vol-au-vent Ingrédients : 8 dl de bouillon de cuisson des vols-au-vent, 150 g de lait, 50 g de crème fraîche liquide, 2 g de xantane, 30 g d’albumine, sel, poivre et noix de muscade. Mixer le tout, assaisonner. Mettre le mélange dans un siphon avec 1 cartouche de gaz, chauffer au bain-marie à 70° C, servir dans une verrine avec un feuilleté.

Yves Radelet, élu meilleur chef de Luxembourg en 2008, est venu nous présenter, le 19 octobre au Lab, ses variations autour du vol-au-vent, dans cette quatrième édition de Cookxuriant, spéciale cuisine moléculaire. L’alchimie a opéré puisque convives et petits plats se sont mélangés en un cocktail explosif de bonne ambiance et de saveurs. Yves Radelet, chef du restaurant baptisé de son propre nom, situé au 44, avenue du X Septembre à Luxembourg, nous décrit sa cuisine comme évolutive à tendance moléculaire. C’est un grand passionné, qui a su animer l’atelier et transmettre son savoirfaire, avec une grande patience, au crew un peu dissipé du jour : Julien du Lab, Ray Hickey, Tim du Point, les Editus girls (Caroline, Sophie et Adeline), Gabriel, Karine, Audrey de SSTEP, Stephan de Vanksen, Barbara, Toto le Teuf et Steve Kugener de RTL. Avant de démarrer les véritables travaux de laborantins, notre hôte, Julien, a enseigné à chacun la préparation des kirs royaux moléculaires, une des spécialités de la maison. À l’aide de seringues, chaque invité a confectionné des petites billes de violette qui ont agrémenté sa coupe de Piper Heidsieck. Les apprentis cuistots, mis en jambe par ce petit apéro découverte, ont mitonné des mets à la façon de vrais chimistes. Les recettes confectionnées, les espumas de vol-au-vent, les perles de volailles sur vol-au-vent et en dessert, les éponges cacao-réglisse, se sont révélées riches en surprises, en mélanges et en goûts. Un délice pour nos papilles. L’atelier terminé, les participants, survoltés, n’ont pas semblé être très motivés pour rentrer chez eux : Julien a sorti une table de beer-pong, des t-shirts à deux têtes et des menottes… Le récit de la fin de cette nuit appartient désormais à la postérité. Encore un très bon moment partagé et de chouettes rencontres, merci à nos hôtes et à nos sponsors Piper Heidsieck et Thym et Citron. †

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Éponges cacao réglisse Ingrédients : 4 œufs, 100 g de sucre semoule, 50 g de poudre de cacao, 50 g de poudre d’amandes, 30 g de farine, et de la réglisse lyophilisée. Mixer le tout et verser dans un siphon, ajouter 2 cartouches de gaz, puis mettre le mélange dans des verrines préalablement beurrées. Enfin, cuire au micro-ondes à puissance maximum (four 800 watts) pendant 2 minutes. Retrouvez la suite des recettes sur www.luxuriant.lu. Vous pouvez trouver les produits tels que l’alginate, l’albumine, le lactate et le xantane sur les sites www.yvesradelet.eu et www.lesoriginaux.eu. Stéphanie L. Photo : Oliver Dessy


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L’ITALIE, DANS CE QU’ELLE A DE MEILLEUR !

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Interview Play Paul

Le petit prince de la french touch s’appelle Play Paul. Après une éclosion avec le groupe Buffalo Bunch et son acolyte Raw Man, Paul décide de faire voler en éclats les standards du genre, produisant, avec le même brio, de l’électro énervée pour International Deejay Gigolo Records, le mythique label de DJ Hell, de la hooligan house pour Defected ou de la tropicale sensuelle sur Kitsuné. Rendez-vous avec le frère de Guy-Man des Daft Punk, aux platines du Am Puff le 26 novembre pour la soirée Micro-Clubbing. • Commençons par essayer de comprendre d’où vient ton pseudo… Je cherchais un nom avec Paul. J’ai accolé le Play pour faire référence à Prince Paul de De La Soul. Mes parents étaient publicitaires, j’ai le sens de la formule choc. • Quel est ton background musical ? J’ai commencé comme batteur dans Seven Tracks, une formation que nous avions montée avec Romain Tranchart (NDLR de Modjo) quand nous étions au lycée. Nous jouions du hard rock dans pas mal de clubs parisiens. Des maisons de disques se sont intéressées à notre projet, mais nous avons dissolu notre combo avant de signer. • Puis le premier Buffalo Bunch se retrouve chez Thomas Bangalter (NDLR l’autre Daft Punk), alors que celui-ci vient de produire le jour même un grand classique ? Lorsque nous sommes arrivés chez Thomas pour lui faire écouter notre track « Buffalo Club », ce dernier venait de composer un morceau avec Alan Braxe dont ils n’étaient pas très satisfaits : « Music Sounds Better With You »… un single qui se vendra à plus de deux millions d’exemplaires. Pour l’anecdote, il souhaitait produire notre album mais j’ai préféré décliner l’offre car je n’aimais pas la house que nous produisions à l’époque.

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« Pour être artiste, il faut être névrosé. » • Tu as signé des maxis sur Defected, label très house, avant de partir sur Gigolo. Pourquoi de tels grands écarts ? Avec Defected, j’avais envie de sortir un titre de hooligan house destiné aux clubs anglais. Quant à « Love Song », ce fut une libération car c’était le premier track que je faisais de A à Z, sans utiliser de samples. J’y ai mis toutes mes influences. Mes deux EP sur Gigolo ont très bien fonctionné en termes de ventes. Hélas, le label est un peu dans le trou aujourd’hui… • Tu es maintenant sur Kitsuné. Pourquoi ce choix ? Je ne suis pas signé exclusivement chez Kitsuné, mais Gildas, l’un des deux boss, est un très bon ami de mon frère. Il m’a donné l’opportunité d’installer mon studio au sous-sol de son magasin, je lui fais donc logiquement écouter mes sons. • Où en es-tu de ton autre projet, Ryskee ? Je vais sortir le second maxi en janvier « Horrors Of Love ». J’ai travaillé avec Jenny Wilson, une chanteuse suédoise. Sur le premier Ryskee, les vocaux étaient de Leslie Ming, une connaissance de ma petite amie de l’époque. J’apprécie énormément les voix scandinaves de ces femmes-enfants, elles ont un timbre si particulier.


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« Guy-Man et moi sommes tous deux fans de Benny Bennassi ! » • Selon toi, quelle différence subsiste entre le musicien et l’artiste ? Je crois que pour être artiste, il faut être névrosé. Serge Gainsbourg, le plus grand artiste de tous les temps, n’était pas le mec le plus serein de la Terre. Je préfère me considérer comme un musicien. • Plus de tensions avec les Daft Punk ? À la sortie de leur second album, j’ai été très critique car, selon moi, ils avaient abusé au niveau des samples. Mais la claque qu’ils m’ont mise à Bercy en 2007 m’a réconcilié avec eux ! • Des projets en commun ? Quand mon frangin rentrera des États-Unis, je vais l’inviter à bidouiller de l’Eurodance avec moi. Guy-Man et moi sommes tous deux fans de Benny Bennassi ! † Laurent

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Interview Dan Thuy

Dimanche. C’est dans le confort familier de mon t-shirt « Harder Forever » que je médite. Un appel Skype finit par rompre le silence. À l’autre bout de la ligne se trouve Dan, le deuxième portrait de notre série sur les passionnés. • Salut Dan ! Mais au fait, qui es-tu ? Je m’appelle Dan Thuy. Je suis un enseignant luxembourgeois. Depuis quatre ans, je fais des photos de concerts et les publie sur mon site. • Tu as une belle collection ! Comment cela t’est-il venu ? Tout a commencé en 2006. C’était lors d’un concert de Zap Zoo, je n’avais même pas le bon matos, mais je me suis jeté à l’eau : j’ai demandé si je pouvais les prendre en photo, ils ont dit oui. Depuis, je n’ai plus arrêté. • Et là, tu es le photographe attitré de l’Atelier, n’est-ce pas ? Je suis plutôt le deuxième. Nous bossons en binôme. À l’origine, je shootais pour Eldoradio, or nous n’avions pas la même vision des choses, alors j’ai commencé à faire les demandes d’accréditation à mon nom. D’abord sans réponse, puis j’ai insisté, jusqu’au jour où ils m’en ont accordée une. Quand on est passionné, il ne faut jamais abandonner. Aujourd’hui, den Atelier est un peu comme mon deuxième chez moi ; c’est grâce à leur soutien que j’en suis là, et je les en remercie. • C’est beaucoup de travail ? Des semaines à cinq concerts de suite, j’en ai vu défiler ! Tu shootes les trois premiers morceaux et après tu files tout de suite chez toi pour sélectionner les clichés à publier. En somme, oui cela prend du temps, mais ça vaut le coup.

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Dan Thuy et Simon Neil (Biffy Clyro)

« Il ne faut jamais abandonner. » • Un souvenir particulier ? J’essaie de supporter les groupes luxembourgeois du mieux que je peux. Eternal Tango par exemple, je les suis depuis le début et nous sommes devenus amis. • Passons au site. L’as-tu créé toi-même ? Le design oui, je l’ai fait avec un ami, mais c’est un autre qui a fait la programmation. Difficile d’avoir accès aux concerts sans références, donc j’en avais sacrément besoin. C’est ma carte de visite. • Et ça marche ? C’est grâce à lui que j’ai mes accréditations, que la presse me contacte, et même que les artistes me trouvent… sans compter les fans qui piquent mes photos pour les mettre en fond d’écran sur leur téléphone (sourires). • Tu n’aurais pas une exclu pour terminer l’interview en beauté ? Fin novembre, le site va complètement changer. Fini les petits clichés ; en plus d’un look au goût du jour, la galerie de photos sera plus intuitive et les images agrandies. Stay tuned ! † Régis http://concertgallery.lu À qui le tour ? regis@luxuriant.lu


La Fondation Follereau Luxembourg (FFL)

Combat l’ulcère de Buruli au Benin Qu’est ce que l’ulcère de Buruli (UB) ? C’est une maladie infectieuse de la peau provoquée par une mycobactérie de la même famille que celles responsables de la lèpre et de la tuberculose. Il n’existe pas de vaccin. L’ulcère de Buruli affecte surtout les enfants qui jouent dans les eaux stagnantes et les femmes qui y lavent le linge et y puisent de l’eau. L’infection entraîne progressivement une destruction étendue de la peau avec la formation d’ulcères, le plus souvent sur les jambes et sur les bras. Malgré l’existence d’un traitement médicamenteux, le traitement chirurgical (greffe cutanée ou amputation du membre touché) reste souvent la seule possibilité de guérison. L’intervention chirurgicale implique une longue et coûteuse hospitalisation, des techniques pointues de chirurgie plastique et des séances de physiothérapie. L’UB entraîne une perte de productivité liée à une longue hospitalisation, la déscolarisation des enfants, la dislocation des familles ainsi que la stigmatisation des personnes atteintes qui sont rejetées par leur famille et leur communauté.

S AIDEZ-NOU

à AIDER

Le domaine médical constitue le champ d’intervention principal et privilégié de la FFL. Les maladies combattues sont la lèpre, la tuberculose et l’ulcère de Buruli, trois maladies causées par des mycobactéries. A ce jour, trois hôpitaux à vocation humanitaire, entièrement financés par la FFL grâce aux dons privés et avec l’aide de la Coopération luxembourgeoise ont vu le jour au Mali, au Bénin et en Guinée forestière. Parallèlement, la Fondation Follereau Luxembourg lutte pour le bien-être de l’enfance malade et en détresse à travers son programme Follereau-Enfants (lutte contre le trafic d’enfants et prise en charge des enfants de la rue).

BCEE IBAN LU38 0019 1100 2081 3000 CCPL IBAN LU15 1111 0000 7878 0000 Fondation Follereau Luxembourg

Membre fondateur de l’ILEP (Fédération internationale des associations contre la lèpre) Membre fondateur du Cercle de Solidarite Follereau-Damien Fondée le 7 décembre 1966, la Fondation Follereau Luxembourg (FFL) est une ONG reconnue d’utilité publique et agréée par le Ministère de la Coopération.

Depuis 1997, plus de 11.000 cas ont été dépistés et traités au Bénin. En 2002, la Fondation Follereau Luxembourg (FFL) a financé et construit un Centre de Dépistage et de Traitement de l’ulcère de Buruli (CDTUB) " Le Luxembourg " à Allada à une cinquantaine de kilomètres de Cotonou. La FFL finance également la formation d’agents de santé locaux ainsi que des campagnes de dépistage et de sensibilisation, indispensables pour endiguer la maladie. La prévention est difficile, car le mode de transmission n’est pas établi de façon certaine. Il faut éviter le contact avec l’eau contaminée par un programme d’assainissement et d’approvisionnement en eau potable, auquel la FFL participe activement en finançant des forages. Le CDTUB classé " Centre de référence " par l’OMS, a été agrandi en 2005 et en 2009 suite à l’affluence des malades (capacité hospitalière : 100 lits). Il comporte également un centre de formation pour les médecins de l’Afrique de l’Ouest.

F o ndatio n F o llere au l ux embourg Avenue du X Septembre, 151 / L-2551 Luxembourg Tél. 44 66 06 - 1 / Fax : 45 96 53 E-mail : info@ffl.lu

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agenda Dimanche 21 novembre Scorpions. Rockhal / Orchestral Manoeuvre In The Dark. Atelier. / Apéro’s Jazz Marc Demuth + Sofia Riberio Duo. Ab. Neumünster / Wou ass hei den Noutausgang?. Ab. Neumünster / Girolamo Frescobaldi. Opderschmelz / Classical Moments « PMD meets Italia ». Trifolion Echternach / Estro Armonico. Théâtre d’Esch / Rainy Days 2010. Philharmonie Lundi 22 novembre Sportfreunde Stiller. Rockhal / Boîtes (22-29). Traffo / Kieselalgen : Nukleotid-Stoffwechsel mal anders!. Cité Mardi 23 novembre New Model Army. Rockhal / Caspian. Kulturfabrik / Florence Foresti. Galaxie / Conférence “La scène des images” par Mathilde Roman. Casino Luxembourg / Liquid Jazz Houseband. Liquid Mercredi 24 novembre Blindtest. d:qliq / Bharati (24-25). Galaxie / Le Louvre. Ab. Neumünster / Afterwork (tous les mercredis). Gloss / Diablogues (24-25). Rocas / East Block Party (24-28). Arsenal Metz / Bob Brozman. Opderschmelz / Francesco Filidei Orgel. Philharmonie Jeudi 25 novembre Sonic Visions. Rockhal / Deftones. Atelier / Scènes D’Amour. Kulturfabrik / Yves Duteil. Casino 2000 / Wou ass hei den Noutausgang? (25-26). Ab. Neumünster / VanGloss (tous les jeudis). Gloss / Le Sort D’Une Ville. Cité / Steelyard Blues. Liquid Vendredi 26 novembre Sonic Visions. Rockhal / Play Paul. Am Puff / Andromakers + Artaban. d:qliq / Glossy Fresh (tous les vendredis). Gloss / Difficult. Mélusina / Celso Marques et Sergio Tordini. Cité / Nakissa. Opderschmelz / Jazz am Duerf. Centre Culturel « Am Duerf » Junglinster / DJ Jay. Rock Box Samedi 27 novembre Sonic Visions. Rockhal / 80s Party. Atelier / DJ Raymond. Byblos / Grease. Galaxie / Salon National de la FLPA. Cité / DJ Jesse James. Rock Box / Blues Night. Opderschmelz / Helmut Lachenmann zum 75 Geburtstag. Philharmonie

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Dimanche 28 novembre Faithless. Rockhal / Gentleman & The Evolution. Kulturfabrik / Apéro’s Jazz / Ernie Hammes & Cubop. Ab. Neumünster / Fast Forward. Philharmonie / Trio Rezikla Die Welt, die monden ist. Ancien Cinéma café-club Vianden Lundi 29 novembre Macy Gray. Rockhal / Moderne Festkörperchemie-Materialien mit interessanten Stukturen und spannenden. Cité / Camerata II. Philharmonie Mardi 30 novembre Airbourne. Rockhal / !!! (CHK CHK CHK). Rockhal Club / Sharp9. Liquid Mercredi 1er décembre Robert Francis. Atelier / Ernesto hase Hat Ein Loch In Der Tasche. Traffo Jeudi 2 décembre Greg Lamy + Paulo Simoes. d:qliq / Barclay James Harvest feat Les Holroys. Rockhal / Greg Zlap. Casino 2000 / Michel Leeb. Galaxie / Jane Eyre (2-4). Ab. Neumünster / Sharp9 Festival. Liquid / Cameron Carpenter. Philharmonie / Elton John feat. Ray Cooper. d’Coque / Eldoradio DanceMix Live (2-9-16-23). M Club Vendredi 3 décembre Get Well Soon + Hundreds. Kulturfabrik / Vers A Verre. Kulturfabrik / Rockstar Taste Of Chaos. Rockhal / Ben Frost. Exit07 / Pete Tha Zouk. Byblos / D-Days Winter (3-4-5). Stade Jos Haupert Differdange Niederkorn / Orchestre Philharmonique du Luxembourg. Philharmonie / Niobe (3+5). Grand Théâtre / Pascal Schumacher Quartet. Kulturhaus Niederanven Samedi 4 décembre Simply Red. Rockhal / Moulin Rouge. Magnum / Bang Your Head V. Kulturfabrik / 20 Mille Lieux Sous La Mer. Traffo / Wanterschluecht. Centre Culturel Buschrodt / Frigg. Philharmonie / Soirée Dinner Krimi. Bateaux Musel III & Roude Léiw Remich

Dimanche 5 décembre Herbie Hancock. Rockhal / Apéro’s Jazz Cool Solutions 2. Ab. Neumünster / Florian Krumpöck. Opderschmelz / Klazz Brothers & Cuba Percussion Christmas meets Cuba. Conservatoire de Musique Esch-surAlzette / Luxembourg Sinfonietta Modern Classics Orchestra. CAPe - Ettelbruck / Grigory Sokolov. Philharmonie / Choco Après Ski. Choco Lundi 6 décembre Fear Factory. Atelier / Contre Ventes et Marées (Istanbul Culture in Luxembourg). Ab. de Neumünster Mardi 7 décembre Vers A Verre. Kulturfabrik / Hinter Den Kulissen (7-11). Traffo / Charles Suberville. Ab. Neumünster / Conférence “Photographie et danse ou l’impossible image?” par Michelle Debat. Casino Luxembourg / Kader Fahem. Liquid Mercredi 8 décembre Thorunn. Rockhal / Quiz. d:qliq Jeudi 9 décembre Deep Frozen Elvis. Choco / Ein Stück Autokino (9-10). Traffo / Heritage Blues Co. Liquid / Tramsmusek. Place d’Armes Luxembourg Vendredi 10 décembre Be My Guest By De Läb. Exit07 / Massachussets Play The Bee Gees. Casino 2000 / The Convertibles. Melusina / Extrabold ‘Gipsy’ Party. / Canot Band. Place d’Armes Luxembourg / Protegid. Philharmonie Samedi 11 décembre Ddum Spiro Spero + Cyclorama + Liquidbass. d:qliq / Gala 2010 (1112). Opderschmelz / Wanterconcert 2010. Centre Culturel Bonnevoie / Soirée Capverdienne. Bateaux Musel III & Roude Léiw Remich Dimanche 12 décembre Apéro’s Jazz Glod Piket 4tet. Ab. Neumünster / Singer Pur. Cube 521 Marnach Lundi 13 décembre Au Menu De L’Actu. Ab. Neumünster Mardi 14 décembre I Muvrini. Rockhal / Melissa Auf Der Maur. Atelier / Tinnitustranskription (14-16). Ab. Neumünster / Alphonse Anougna. Liquid

Mercredi 15 décembre Tarja Turunen. Rockhal / Mudam Playlist by The Boy Of The Bipolar Neighbour Release Party with Komparce + Mohna. d:qliq / Katja Ebstein: Es fällt ein Stern herunter. CAPe Ettelbruck / Alles Blech. Place d’Armes - Luxembourg Jeudi 16 décembre PegelDer Gerechtigkeit (16-18). Kulturfabrik / Let There Be Rock. Verso / Bandits. Liquid Vendredi 17 décembre The Phenomenal Handclap Band. Exit07 / Eternal Tango. Atelier / Plankton Waves + Brach + The Libidos. d:qliq / Cascadeur. Casino 2000 / Sixteen Tunes & Halleluja. Philharmonie / Concert de midi. Cité / Swing Dance Party « Let it Swing! ». Brasserie de l’Arrêt (Cubana Café) Samedi 18 décembre Natas Loves You + The Tiquettes + Ana and the Randefelts. d:qliq / Mausemärchen Und RiesengeSchichte (18-20). Traffo / Chrëschtdeeg (1830). Grand Théâtre De Luxembourg / World Of Abraxas. Luxexpo / Pop Rock Party. Galaxie / Harmonie Forge du Sud. Opderschmelz / The Christmas Tree Singers. Place d’Armes Luxembourg / Gala Concert vun der Mierscher Musek. Mierscher Kulturhaus Mersch / Reggae Night. Flying Dutchman Beaufort / Soirée X-Mas Party. Bateaux Musel III & Roude Léiw Remich Dimanche 19 décembre Pony Pony Run Run. Rockhal / Kölner Klaviertrio. Château Bourglinster / Navidad Nuestra Eine lateinamerikanische Weihnacht. CAPe Ettelbruck / Krëschtconcert Gemengemusik Munzen. Cube 521 Marnach Mardi 21 décembre David Ascani. Liquid Mercredi 22 décembre Doro + Krypteria. Rockhal / Sommerflügel - Ein Spiel Mit Licht Und Schatten (22-23). Traffo / Blindtest. d:qliq Jeudi 23 décembre Playsucré. d:qliq / Carl Wyatt. Liquid Samedi 25 décembre Rudolphe The Reindeer Porno Party - Zürich Is Stained. d:qliq / Save Esch Session 9. Café Diva Esch/Alzette


Dimanche 26 décembre Zauberflöte - Eine Prüfung (26-27). Traffo Lundi 27 décembre E Kuerf Voller Geschchten. Traffo Mardi 28 décembre Le Carre Curieux. Traffo / Liquid Jazz Houseband. Liquid Mercredi 29 décembre Oups (29-30). Traffo Jeudi 30 décembre Dave White And The Bad Luck Cats. Liquid Vendredi 31 décembre Last Day On Earth. d:qliq / Glossy New Year!. Gloss Découvrez la sélection d’un noctambule notoire avec, pour ce numéro 16, les bons plans de DJ V-One.

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horoscope

Horoscope BELIER (21 mars — 20 avril) : Amour : Uranus vous envoie ses sincères et amicales salutations. Veillez à lui retourner cette faveur si vous ne voulez pas être maudits sur trois générations. Travail : Tonus et vitalité seront au rendez-vous. Attention tout de même aux mauvaises odeurs liées à un surcroît d’activité, ça pourrait tout gâcher. Investissez dans un bon déodorant et le monde sera à vous.

BALANCE (23 septembre — 23 octobre) : Amour : Neptune passera dans votre secteur amour jusqu’à début janvier et je ne sais pas du tout ce que cela signifie. Pas de bol. Travail : La gourmandise est un vilain défaut et en plus vous n’y allez pas de main morte. Alors, ne vous étonnez pas si vos amis vous surnomment « la goulue ». Vous devriez vous calmer avant de ressembler à Maïté.

TAUREAU (21 avril — 20 mai) : Amour : Toc, toc, toc. Le grand amour frappe enfin à votre porte. C’est le facteur. Travail : Vous revenez de loin. Vous avez fait de nombreux sacrifices et concessions, mais aujourd’hui, le temps est venu d’être égoïste ! Oui, ne pensez plus « qu’à votre gueule » comme disent nos amis les jeunes. Par exemple, vous pourriez vous offrir les services d’une « fille de joie » ou d’un gigolo pour vos soirées en solitaire… Dépensez sans compter, les astres sont de votre côté.

SCORPION (24 octobre — 22 novembre) : Amour : L’âge de raison, ce n’est pas pour de tout de suite, alors profitez pleinement de votre vie de célibataire : faites vos machines chez maman, mangez gras, jouez à la console avec vos potes, oubliez de payer vos impôts… Bref, un humanoïde normal de nos jours. Travail : GRÈVE.

GEMEAUX (21 mai — 20 juin) : Amour : Vous voulez sortir le grand jeu à votre nouvelle conquête. Un problème, et de taille, vous n’avez plus d’argent dans votre tirelire pour l’emmener dîner. Un conseil : resto basket. Travail : Travaillez plus dur sur votre apparence et moins sur votre beauté intérieure. La superficialité, ça c’est 2011 !

SAGITTAIRE (23 novembre — 22 décembre) : Amour : Vous ne savez plus où donner de la tête parmi vos nouvelles conquêtes, alors soyez un(e) mec/ fille sympa et filez-en à vos ami(e)s. Ils/elles seront ravi(e)s. Et puis, entre nous, certain(e)s de vos amants/maîtresses laissent franchement à désirer. Travail : La consommation de fruits et légumes nuit gravement à votre santé. Étrange…

CANCER (21 juin — 22 juillet) : Amour : L’hiver vous rend mélancolique… La dépression arrive à grands pas, alors accrochez-vous car on est parti pour six mois. « Bonjour, tristesse ». Travail : Braquez un casino et mangez une choucroute. Rien de tel pour se remettre sur pied.

CAPRICORNE (23 décembre — 19 janvier) : Amour : Vous avez l’estomac fragile et vos digestions deviennent de plus en plus intenses. Une période difficile pour vos proches qui « tombent comme des mouches » en votre présence. Travail : Arrêtez de faire les poches de votre boy(girl)-friend, et allez mendier dans la rue comme tout le monde !

LION (23 juillet — 22 août) : Amour : Se remonter le moral après une déception sentimentale ? Prenez trois gros pots de glace vanille - chocolat - éclats de cookies, quelques films de Meg Ryan (Quand Harry rencontre Sally par exemple), un gros plaid et un vibromasseur. Enjoy. Travail : Arrêtez de collectionner les magnets à frigo, ça craint.

VERSEAU (20 janvier — 18 février) : Amour : Mettez-vous au sport ! Ne rentrent pas dans cette catégorie : danser en boîte, coucher avec quelqu’un ou encore courir après un taxi (même avec des talons), merci. Travail : Comme chantait Zouk Machine : « Netwayé, baléyé, astiké, kaz la toujou penpan ».

VIERGE (23 août — 22 septembre) : Amour : « Mange, Prie, Aime », passe à ton voisin. Travail : Jupiter vous somme de partir en cure intensive de shopping pendant un mois afin d’avoir enfin un dressing décent. L’heure est venue de dire adieu à vos vieux pulls mités, à moins que vous n’ayez pour secrète ambition d’obtenir un rôle dans Les Misérables.

POISSONS (19 février — 20 mars) : Amour : Pour avoir enfin une vie de couple proche de la normalité, prenez les choses en main et éliminez de votre quotidien les obstacles qui se dressent contre votre bonheur. En gros, est-ce vraiment légitime que votre belle-mère vienne dîner chez vous cinq soirs par semaine ? Je m’interroge… Travail : Vous avez été Jules César dans une vie antérieure. Wow ! † Mademoiselle Léa Revon

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numéro 16


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Luxuriant n°16  

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