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Enfin, avec L’éloge du Vert (2013), on accède à une installation in situ se trouvant dans une deuxième petite pièce. Comme son titre l’indique, cette oeuvre se concentre autour de la couleur verte, dans l’optique plus précise de son changement entraîné par le réchauffement climatique. L’artiste a capturé un ensemble de déclinaisons de verts au moyen de photographies prises en Californie, dans la vallée du Douro ou encore en Normandie. La vision que nous avons de la couleur varie, notamment si notre regard capture une image statique ou non. Dans cette recherche, l’artiste propose ainsi des photographies — qui peuvent être floues — et des vidéos. Ces dernières constituent l’unique source lumineuse de la pièce, notre perception des photographies est donc reliée au mouvement du support filmique. Mangolte a également installé un « intrus » au centre de la pièce. Ainsi, on découvre trois photographies noir et blanc dans un espace triangulaire qui ne peut être saisi en un seul coup d’œil. Par la mise en avant du mouvement dans la photographie, de la trace et de la mémoire, cet accrochage renvoie directement à Eadweard Muybridge et à son travail de décomposition photographique. En utilisant implicitement la référence aux archives des productions d’un autre artiste, Mangolte démontre bien que cette exposition n’est pas une rétrospective sur sa carrière, mais bien une réflexion entre traces historiques et installations contemporaines. Une façon de comprendre le présent à travers le passé.

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Ex situ 22  
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La revue étudiante de la faculté des arts de l'UQAM Dossier art ancien, Dossier sujets d'actualités, In visu, et compte-rendus d'exposition...

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