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iv Andrée Fortin et Fernand Harvey (sous dir.), La nouvelle culture régionale, Institut québécois de recherche sur la culture, Québec, 1995, p. 30. v Ibid., p. 30. vi Ibid., p. 30. vii Ibid., p. 30. viii Ibid., p.30. ix Meggie Savard, « Les musées en région au Québec : essai de définition », Muséologies : les cahiers d’études supérieures, vol. 6, nº 1, 2012, p. 119-135. x Lise Santerre, « De la démocratisation de la culture à la démocratie culturelle », in Démocratisation de la culture ou démocratie culturelle ? Deux logiques d’action publique, (sous la dir. de) Guy Bellavance, SainteFoy, Éditions de l’IQRC, 2000, p. 47-63.

institutions artistiques ou des réseaux présents. Fortin et Harveyiv, sociologues du territoire qui s’intéressent à la culture en région, ont davantage abordé cet aspect en proposant un schéma avec des regroupements similaires où ils leur accolent toutefois un fonctionnement culturel. Par exemple, les régions centrales possèdent selon eux une « concentration de la création, de la production, de la diffusion et / ou l’appareil d’Étatv ». Les suivantes, qu’ils nomment les régions satellites, sont caractérisées par leur « proximité aux grands centresvi », mais sans toutefois posséder « d’infrastructures culturelles complètesvii ». Ensuite, les régions intermédiaires et éloignées se définissent par des « ressources et des infrastructures variéesviii » tout en possédant une distance plus au moins importante avec les pôles urbains. À partir de ces délimitations, les problèmes dans le fonctionnement du champ de l’art en région et dans les métropoles sont plus aisément mis en relief. Une fois ces lacunes soulevées, les raisons d’existence de ces bars-galeries deviennent plus évidentes. Par exemple, Meggie Savardix, en prenant le cas du Saguenay-Lac-Saint-Jean, énumère les difficultés auxquelles doivent faire face les musées de cette région qui ne répondent pas nécessairement aux besoins des habitants. Ils sont situés physiquement loin de leur communauté et en voulant se tourner vers l’internationalisation de la pratique artistique, ils perdent leur vocation de rejoindre la population. Finalement, les musées saguenéens sont pénalisés de prime abord à cause de leur situation géographique. Effectivement, se trouvant loin des centres culturels forts, les divers paliers gouvernementaux ne leur accordent pas beaucoup d’importance et, par extension, moins de subventions leur sont allouées. Cette situation muséale problématique a des répercussions sur le réseau artistique de cette région. Il est possible d’amener l’hypothèse que les endroits d’exposition alternatifs sont centraux dans ce système-ci, car ils deviennent pratiquement les seuls lieux de diffusion de l’art accessibles. Par comparaison, à Montréal, ville qui détient deux des trois musées-rois québécois, une forte vie culturelle est présente par le pullulement et l’accessibilité des espaces donnant une visibilité aux créations artistiques. Ainsi, la fonction des lieux marginaux diverge et peut être associée à l’idée de démocratie culturellex, soit une ouverture des pratiques aux néophytes. À titre d’exemple, Les Foufounes électriques ont organisé une exposition conjointement avec la Maison Benoît Labre, qui est un refuge pour sans-abri, le 4 février 2012. Les itinérants prenaient des clichés de leur réalité qui par la suite, constituaient l’exposition. À partir de ces exemples, l’hypothèse que ces galeries hors circuit répondent à des problèmes propres au système culturel dans lequel ils se déploient semble juste. En quelque sorte, les bars-galeries viennent pallier les manques apparents de la région dans laquelle ils éclosent, que ce soit relatif à la diffusion, à la reconnaissance ou à la démocratie culturelle. Ainsi, il s’avère impossible de faire ressortir une définition claire et globalisante du rôle de ces lieux d’exposition tant ils sont attachés aux particularités régionales où ils se trouvent. Bref, ces endroits, quoique peu étudiés, sont bien ancrés dans la réalité québécoise et doivent faire l’objet d’analyses poussées pour comprendre leur apport dans l’évolution du champ de l’art actuel dans le contexte précis du Québec.

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