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Ibid. Ibid. Shimpei Takeda, « Traces », Shimpei Takeda, En ligne, 2012. <http://www.shimpeitakeda. com/trace/>. Consulté le 28 décembre 2012. ii

iii iv

Afin d’illustrer cette tendance, trois œuvres paraissant exemplifier de façon paradigmatique cette approche seront présentées : On pensera, tout d’abord, à l’autoportrait réalisé par imagerie rayons x de Damien Hirst en 2008. L’œuvre, usant de techniques de photographie médicale, révèle un portrait interne de l’artiste. Les os, camouflés sous sa peau et autrement inaccessibles au regard, sont rendus perceptibles tout comme dans une image médicale. Cependant, plutôt qu’être vouée à des fins cliniques, l’image apparaît plutôt être une appropriation de l’imagerie médicale à des fins artistiques. Pensons aussi aux photographies de paysages wi-fi du groupe TOUCHii, réalisées en 2011. À l’aide d’un appareil de leur propre invention et de la technique photographique du lightpainting, les membres du groupe de recherche ont produit des images rendant possible de voir la puissance des réseaux wi-fi dans un lieu donnéiii. Ces images se présentent comme des paysages nocturnes auxquels sont superposées des colonnes de lumière représentant la force du signal à cet endroit. Véritables compositions schématiques, ces paysages éthérés permettent au regardant d’appréhender visuellement ces ondes invisibles et désincarnées. Finalement, cette tendance est aussi présente dans la série Traces de Shimpei Takedaiv. L’artiste, originaire de Fukushima, articule son œuvre autour d’un sujet nippon d’actualité : l’accident nucléaire ayant eu lieu dans cette préfecture en 2011. Grâce à la sensibilité du film photographique à la radioactivité, Takeda a pu faire apparaître visuellement les traces de cette présence radioactive en exposant le négatif à de la terre contaminée. La composition presque abstraite qui en résulte rend manifeste au plan visuel la contamination des lieux et permet de voir la radioactivité, généralement imperceptible. Comme ces trois exemples le démontrent, ce paradigme de l’invisible révélé par un mariage d’art photographique et de science s’actualise de façons variées. Cette pratique artistique est apte à créer tant une image médicale (Hirst), des schémas visuels (TOUCH) que des constructions abstraites (Takeda). Considérant la relative nouveauté de cette approche, les œuvres présentées ici ayant été produites récemment, il existe fort probablement d’autres applications possibles de cette pratique ainsi que de nouvelles réalités imperceptibles à révéler à travers elle.

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La revue étudiante de la faculté des arts de l'UQAM Dossier art ancien, Dossier sujets d'actualités, In visu, et compte-rendus d'exposition...

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