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Ibid., p. 97-98. William Feaver, op. cit., p. 4. « Travellers throughout the nineteenth century recalled Martin’s name, whether looking at the valley of Kashmir, modern Jerusalem, or the landscape of South Africa or of Australia, with everything of the Mammoth Cave in Kentucky to the amazed crowds witnessing an eclipse in Vienna, to smoke blowing over a village in Central Africa, or the extraordinary geology of the Hebridean Isles being compared to his images. » Martin Myrone [dir.], op. cit., p. 11. x

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il y a aussi une part de réaction instinctive devant une image forte : pour reprendre l’exemple de Cometti, Morizot et Pouivet, si la truite essaie d’attraper un hameçon qui ressemble à une mouche, elle ne le fait pas par conventionx. Ce n’est après tout qu’un animal. C’est probablement pour cette raison que les motifs de tempêtes ont été adoptés comme images de l’Apocalypse, car elles ont toujours effrayé l’homme. En s’attardant en revanche à la tradition académicienne, il est évident que Martin ne s’est pas inspiré du Jugement dernier à la manière de Michel-Ange, où l’homme reste toujours la mesure de référence de la représentation artistique. Cherchant à expliquer la source d’inspiration de Martin pour ses œuvres apocalyptiques, William Feaver a avancé dans The Art of John Martin que le comté du Northumberland, où Martin est né et a grandi, était l’une des plus stimulées par la révolution industrielle. C’est dans la vallée du Tyne qu’ont été creusées les premières mines de charbonxi. L’art de Martin a un aspect géologique fort prononcé. La roche, concassée ou en fusion, y est omniprésente et les motifs empruntés aux technologies minières se retrouvent souvent dans ses œuvres. En somme, John Martin a gagné sa notoriété en développant un style visuel qui lui était propre, traitant d’Apocalypse de manière grandiose. Le vocabulaire formel qu’il utilisait n’était cependant pas emprunté aux règles académiques, ce qui lui a valu de sévères critiques. Au cœur de la révolution industrielle, il a puisé des stratégies de diffusion et des motifs nouveaux. À son tour, l’imagerie sublime martinienne a été absorbée et surtout matérialisée par les spectateurs du XIXe siècle, où on citait le nom de l’artiste pour décrire les paysages sublimes qu’ils rencontraient dans leurs voyagesxii.

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La revue étudiante de la faculté des arts de l'UQAM Dossier art ancien, Dossier sujets d'actualités, In visu, et compte-rendus d'exposition...