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Ibid., p. 96-97.

Les écritures divines à la lumière aveuglante de même que les figures de Daniel et de Balthasar sont rapidement repérables. Martin a par ailleurs mis en relief un élément très important dans cette histoire : Babylone. Il faut préciser que ce que les Occidentaux connaissaient de cette cité à cette époque consistait en un répertoire d’images bibliques. La plus connue d’entre elles est celle de Pieter Bruegel l’Ancien, La tour de Babel, réalisée en 1563. La filiation entre les deux motifs devait être perceptible pour les contemporains de Martin. Par ailleurs, les nuages en vortex, l’éclair, les flammes, la terre qui se fend sont récurrents dans la plupart de ses œuvres dramatiques et lui ont valu une réputation de peintre apocalyptique. On lui a d’ailleurs reproché d’utiliser cette iconographie par simple volonté de spectacle.

John Martin, Belshazzar’s Feast, 1820, huile sur toile, 160 x 249 cm. Collection privée (Image tirée de Martin Myrone [Ed.], John Martin. Apocalypse, London, Tate Publishing, 2011, p. 102)

Quoi qu’il en soit, il faut pousser plus loin cette récurrence de motifs apocalyptiques en questionnant la véracité des représentations. L’imagerie populaire de fin du monde tourne en général autour de la tempête ou de la déflagration. Il s’agit ici de conventionnalisme à la Nelson Goodmanix. Effectivement, l’entente tacite entre un artiste et ses spectateurs serait d’imaginer la fin du monde comme une série de cataclysmes naturels qui détruiraient tout sur leur passage. Or, 13

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La revue étudiante de la faculté des arts de l'UQAM Dossier art ancien, Dossier sujets d'actualités, In visu, et compte-rendus d'exposition...

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