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Esther Trépanier et Charles C. Hill, Le paysage au Québec, 19101930, Catalogue de l’exposition présentée au Musée du Québec du 30 janvier au 11 mai 1997, Québec, Musée du Québec, 1997, p. 19. vii Michèle Grandbois, Anna Hudson et Esther Trépanier, op. cit., p. 38. viii Tiré de Musée des beauxarts de Montréal, Site officiel du Musée des beaux-arts de Montréal, 2012. <http://www. mbam.qc.ca/>, Consulté le 7 decembre 2012. ix Michèle Grandbois, Anna Hudson et Esther Trépanier, op. cit., p. 142. x Ibid., p. 82. xi Ibid., p. 140. xii Ibid., p. 145. xiii Brian Foss, Rosalind M. Pepall et Laura Bandon, op. cit., p. 48. xiv Ibid. xv Ibid., p. 50. xvi Ibid., p. 49. xvii Ibid., p. 151 vi

représentévi ». Edwin Holgate partage cette conception moderne du nu qui est parfaitement perceptible dans son œuvre. Une nouvelle esthétique du nu Dès 1920, chez les artistes canadiens, l’iconographie et le rapport au corps se modifient profondémentvii. Les nus féminins répondent aux canons de beauté et à la réalité sociale de l’époque. Ils sont désormais à l’image d’une femme moderne plus libérée, dynamique, portant les cheveux courts et possédant un corps mince et athlétique. La toile Les baigneusesviii, exposée au Musée des beaux-arts de Montréal, est un parfait exemple de cette représentation moderne de la femmeix. Tous les artistes modernes canadiens, à l’instar de Holgate, ont étudié le nu d’après des modèles vivants, suivant une conception académique. Pourtant, ils apportent au genre une esthétique nouvellex. Les artistes du Groupe de Beaver Hall, entre autres inspirés par Cézanne, portent une attention particulière à l’aspect formel des nus et à l’unité de la surface peinte. Pour ces peintres, le rapport des formes et des couleurs prime sur le sujet figuré. Cette approche, propre à plusieurs artistes tels que Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté, Kathleen Munn, Prudence Heward et Randolph Hewton, prend part à l’émergence d’une nouvelle esthétique corporellexi. Également, la présence de la pilosité chez ces nus témoigne d’une rupture avec la vision académique : le corps n’est plus objet d’idéalisation, mais est plutôt abordé dans sa matérialitéxii. La relation entre le nu et le paysage Même s’ils dégagent parfois une certaine sensualité, les nus de Holgate sont en général beaucoup moins critiqués que les œuvres de certains de ses contemporainsxiii. La représentation des corps féminins dans un décor en plein air a largement favorisé leur plus grande acceptationxiv. Chez Holgate, les courbes de la femme s’harmonisent parfaitement à celles de la naturexv. Pour le peintre, le nu est un prolongement de l’environnement dans lequel il est placé. Ainsi, chacune des parties du corps rappelle un élément de la nature. Holgate définit d’ailleurs les femmes comme ses paysages, c’està-dire par leur matérialité. L’adéquation formelle entre elles et la nature métamorphose ces femmes en paysages vivants et confère aux toiles un aspect transcendant qui va bien au-delà du simple érotismexvi. Les sujets féminins de Holgate, dont les formes et les couleurs s’associent avec la nature, sont à la fois sculpturaux et gracieuxxvii.

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La revue étudiante de la faculté des arts de l'UQAM Dossier art ancien, Dossier sujets d'actualités, In visu, et compte-rendus d'exposition...

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