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Agenda des manifestations Activités Treignes se dévoile et c'est rien que du bonheur... Promenade le dimanche 10 juillet (1 j.) R-V. à 9 h 30 à l'église de Treignes Prévoir bonnes chaussures et vêtements adaptés Organisation : Natagora Infos : Françoise Rombeaux (0496 48 54 22)

Botanique à Vierves : 3 excursions différentes Dimanche 7 août, 21 août et 11 septembre (1 j.) R-V. à 9 h devant l'ancien lavoir de Vierves Prévoir bonnes chaussures et vêtements adaptés Organisation : Natagora Infos : Françoise Rombeaux (0496 48 54 22)

Gestion du Fond de Noye en réserve L.R.B.P.O./ C.N.B., à Olloy Dimanche 28 août (1 j.) R-V. à 9 h 15 à l'église d'Olloy Prévoir bonnes chaussures et vêtements adaptés Organisation : Viroinvol C.N.B./L.R.B.P.O. - Niverolle & El Mouquet C.N.B. Infos : Thierry Dewitte (0476 75 25 37)

NS O GN

I MP ES A CH IERV O V P EX

Initiation aux champignons, à Treignes Samedi 1er octobre (1/2 j.) R-V. à 14 h devant l'église de Treignes Prévoir un couteau et un panier Organisation : Natagora et Viroinvol C.N.B. Infos : Olivier Robertfroid (060 31 34 38) Taille des arbres fruitiers et de la saulaie à «Sous St-Roch» en réserve L.R.B.P.O., à Nismes er Samedi 1 octobre (1/2 j.) R-V. à 13 h 30 à l'entrée de la réserve naturelle (rue de la Station) Prévoir escabelle et sécateurs pour les fruitiers. De grands sécateurs seront utiles pour la gestion des rejets de saules aux abords de la mare. Organisation : Viroinvol C.N.B./L.R.B.P.O. Infos : Thierry Dewitte (0476 75 25 37)

Festival de la Pomme et du Miel

Le Journal du Parc naturel N°5

Juin - Juillet - Août 2005 Trimestriel

Sommaire Le mot du président Pâturons pour l'avenir de nos enfants Découverte nature Des sphaignes dans le Parc Un village...et ses habitants Treignes Artisans et artistes de chez nous Dourbes Palmyr Tonglet Patrimoine Dourbes Une église à l'ombre des tilleuls Vierves Traces de splendeur Jardin de nature Treignes Des solutions pour le ruisseau de Matignolle Agenda des manifestations

Dans le cadre de « Bienvenue en Wallonie » et du micro-projet européen «Valorisation de notre patrimoine fruitier », le Parc naturel Viroin-Hermeton organise son premier week-end de festivités.

O conférences ; O dégustations gratuites ; O expositions et ventes ; O participation d'associations ; O démonstrations de matériel apicole et de pressurage ; O stands librairie ; O concours...

22 et 23 octobre Nismes

Infos : +32(0)60 39 17 90 - secretariat@pnvh.be Contactez-nous pour les réservations ou pour de plus amples renseignements ! 12

Maison du Parc naturel rue d'Avignon, 1 - 5670 Nismes Tél.: +32(0)60 39 17 90 - Télécopie : +32(0)60 39 17 93 www.pnvh.be - Contacts : secretariat@pnvh.be


Le mot du président Pâturons pour l'avenir de nos enfants Le retour des floraisons d'antan

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'HIVER DES PRUNELLIERS est derrière nous. Les senteurs des tilleuls envahissent nos longues soirées d'été. Sur les tiennes anciennement dénudés et réchauffés par le soleil de ce printemps, nous assistons à une véritable explosion florale. Mais, il faudra encore quelques années de patience pour que les parcelles forestières dégagées cet hiver retrouvent l'anémone pulsatille, les tapis d'orchidées colorées et le chant de l'alouette lulu. Cette année, les travaux de mise à blanc ont été particulièrement importants dans notre belle vallée, ouvrant notre horizon sur les Si vous vous promenez prochainement sur le site des Abannets, vous ne vous y reconnaitrez plus ! paysages d'antan.

Une politique européenne de protection de l'environnement

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ETTE REMISE en valeur des paysages pastoraux disparus s'est accélérée en 1995 grâce au groupe pâturage du plan communal de développement de la nature (PCDN). Un groupe de passionnés a pris en main la gestion du premier troupeau communal de moutons. Avec l'aide de la Division Nature et Forêts (DNF) et du Parc naturel, ces bénévoles ont été les initiateurs des premières expériences de pâturage sur les pelouses calcicoles de Viroinval.

Grâce à ce partenariat, la restauration des pelouses calcicoles a pu prendre une autre dimension avec l'arrivée du projet LIFE Haute Meuse. LIFE est le principal instrument financier de la politique européenne dans le secteur de l'environnement. Ce programme finance des actions novatrices, dans tous les pays européens, démontrant qu'il est possible de développer des politiques économiques et touristiques tout en respectant l'environnement. Les travaux mis en oeuvre ont pour but la restauration ou la conservation des sites en vue de la protection des habitats naturels, d'une faune et d'une flore spécifique, menacés de disparition. C'est dans ce cadre que cette année, près de 110 hectares de pelouses, en voie de Chaque troupeau reste en moyenne une dizaine restauration , seront pâturés par un troupeau de 200 moutons de jours sur chaque parcelle, afin de pouvoir et chèvres sous la responsabilité d'un éleveur de Géronsart. pâturer l'ensemble des sites sur l'année. Le journal du Parc naturel est une publication de la Commission de gestion du Parc naturel Viroin-Hermeton. Comité de rédaction et conception graphique : Parc naturel Viroin-Hermeton (coordination : Joël Dath). Crédits photographiques : Antoine D. (PNVH - p.11 h.), Cassimans C. (p. 4, p. 5, p. 9 et p.10 b.), Claerebout S. (CMV - p.3 (n°3)), Hallet F. (PCDN - p.11 b.), Houben Ch. (PNVH - p. 2, p.3 (n°1), p. 6 b. et p. 8), Hubaut D. (CMV - couv., p. 3 (n°2), p. 4 b., p.6 h., p. 7 et p.10 h.), Schellen B. (PNVH - p.3 (n°4)). Le journal du Parc naturel est distribué dans toutes les boîtes aux lettres de la commune de Viroinval. Il est également disponible sur simple demande à la Maison du Parc. Éditeurs responsables : B. Schellen, président et É. Baudoux, secrétaire, rue d'Avignon, 1 - 5670 Nismes Réalisé avec le soutien financier du ministère de la Région wallonne.

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Le PCDN en action Des solutions pour le ruisseau de Matignolle

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A DERNIÈ RE É DITION DU JOURNAL DU PARC a détaillé la situation écologique du Ry des Fonds de Ry (ruisseau de Matignolle). Ce ruisseau bénéficie d'une attention toute particulière de la part des bénévoles du Plan Communal de Développement de la Nature (PCDN) qui ont pour objectif de restaurer son potentiel écologique. Dans ce cadre, une pêche électrique, réalisée par le Service de la Pêche de la Division de la Nature et des Forêts (DNF), confirme la situation d'isolement du ruisseau. Très peu de jeunes truitelles ont été observées, preuve de la difficulté qu'ont les géniteurs à accéder au ruisseau pour se reproduire. Le problème de reproduction de la truite en cet endroit est ici clairement démontré.

Un lavoir transformé en écloserie

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ORS D'UNE TABLE RONDE réunissant le Service de la Pêche et le Service forestier de la DNF, le Parc naturel Viroin-Hermeton et le groupe Rivière du PCDN, il a été décidé de créer une écloserie dans l'ancien lavoir de Mazée afin de pallier au manque de reproduction naturelle sur le bassin du Viroin et plus précisément, pour l'instant, sur le ruisseau de Matignolle. Une poignée de passionnés croient encore qu'il est possible de retrouver nos populations d'antan. Ces gens-là ne se lamentent pas, ils agissent. Grâce à un financement du Service de la Pêche et une intervention communale, ce lavoir a pu être transformé en écloserie par l'aménagement d'arrivées d'eau et la construction de bacs d'éclosion.

La grande aventure commence

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É BUT DÉ CEMBRE, les géniteurs sont identifiés et prélevés sur le ruisseau. Le 6 décembre, ils sont prêts à se reproduire et la grande opération de fécondation «assistée» peut commencer : en récoltant la laitance des mâles et les ovules des femelles par petites pressions sur le ventre et en les mélangeant délicatement, un nombre important d'œufs ont été fécondés. Environ quatre mille œufs ont ainsi été déposés dans les bacs à incubation. Chaque jour, il faut ôter les œufs morts, La récolte des ovules : action indispensable à la poursuite du technique et rapidité sont de mise. développement des œufs sains.

Six semaines plus tard, les œufs sont au stade d'embryons, et début février les premières larves éclosent. Ces poissons miniatures sont munis d'une poche à nourriture qui va se résorber progressivement au cours du temps.

Il ne faudra à l'alevin que quelques semaines pour résorber sa vésicule.

Fin février, les larves sont devenues de belles petites truites d'environ deux centimètres qui commencent à manger de la nourriture artificielle. Mi-mars, les truitelles font quatre centimètres et vont bientôt découvrir les joies de la liberté.

Très bien, mais c'est dommage d'en arriver là

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ANS LA NATURE, seuls cinq poucents des œufs éclosent. Cette écloserie a permis un taux de réussite de quatre-vingt-cinq pourcents. Le jeu en vaut donc la chandelle pour les ruisseaux «à problèmes». Un tel travail demande du temps et de la patience. Mais ne faudrait-il pas mieux ne jamais devoir en arriver là ? Sans la restauration du potentiel écologique de la rivière, cette opération exige un travail quotidien. Par ailleurs, dans les mois qui vont suivre, des aménagements propices à la fraie et d'importants travaux de nettoyage du ruisseau vont commencer. Merci de soutenir nos efforts et, surtout, de respecter la nature.

Frédéric Hallet, Jean-Baptiste Leurquin, Guy Delfosse PCDN de Viroinval, groupe Rivière

Trois mille truitelles seront bientôt relachées.

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Patrimoine

L'implication du Parc

Traces de splendeur

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La belle époque d'un château

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TREIGNES VERS VIERVES-SUR-VIROIN, vous remarquerez certainement, sur votre gauche juste avant le rond-point, le mausolée dans le cimetière de Vierves. Il est le témoin d'une longue présence d’une famille importante inhumée à cet endroit . Si vous êtes férus d’histoire, écoutez celle-ci. Le château fut tout naturellement installé sur un éperon rocheux, dominant le Viroin, de manière à asseoir la Virvia'cité ? puissance du seigneur et Le premier seigneur connu était e aussi sa cour de justice. Un Guillenus de Virvia au XI siècle.Virvia e incendie en 1775 faillit est le premier nom, datant du XII siècle, presque faire disparaître que l’on retrouve après bien des recherches. Vient ensuite Virve en l’ensemble. La dernière 1331, Vierney en 1470 et Viervez en Ba r o n n e , C o r a l i e du 1558. La rivière le Viroin aurait donné Mesnil, décèda en 1951 et son nom au village car Virna serait un depuis lors le château est terme celtique désignant le courant de la rivière. Au Moyen-âge, Vierves était le propriété de la famille Les premiers textes relatant la présence e siège d’une grande baronnie du Pays Gillion de Bruxelles. d'un château datent du XIV siècle. N ARRIVANT DE

de Liège. La baronnie de Vierves passa par les mains de diverses familles telles les «de Barbençon», «de Ville», «de Luxembourg», «d’Egmont et de Hamal» qui, pour ces derniers, restèrent barons jusqu’à la Révolution française.

L'époque d'un courant révolu

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IGNE DE LA PUISSANCE DES CHÂ TELLAINS DE JADIS, c’est au pied du château de Vierves, le long d’un chemin qui mène aux pâtures en bordure du Viroin, que se trouvent quelques ruines qui proviennent d’un ancien moulin à eau. Ce moulin était alimenté par un bief artificiel, creusé à même la plaine alluviale et ce depuis pratiquement Olloy-sur-Viroin. Actuellement on peut encore voir le dernier petit pont voûté, en pierres calcaires, ainsi que les murs latéraux, en blocs calcaires, de ce bief relativement long.

Le bief amenant l'eau au moulin est creusé sur plus d'1,5 km.

Il fallait amener, en pente régulière, un volume d’eau important de manière à assurer une force Cette carte postale (Smetz - Bouges) hydraulique pour moudre présente le moulin, aujourd'hui la farine et, plus tard, pour à l'état de ruines. alimenter une centrale électrique qui avait été installée dans ce moulin. Le château fut ainsi, probablement, le premier bâtiment de Vierves à bénéficier de l’électricité et à assurer son approvisionnement électrique de manière autarcique.

Si vous venez par l’ouest, lors de la grande descente routière vers Vierves, vous remarquerez l’ancien grand verger transformé en pelouse et, sur le mur qui fait la base du château, à peu près en son milieu, un trait noir vertical assez épais. Il s’agit de l’ancien câble électrique qui amenait le 110 volts produit au moulin jusque dans les caves du château où une distribution était assurée. Camille Cassimans Centre Marie-Victorin

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URANT QUELQUES ANNÉ ES,

ces charmants animaux ne pourront toutefois pas limiter correctement les rejets de souches trop vigoureux sur les tiennes récemment mis à blanc. Un traitement mécanique est donc nécessaire pour contenir les rejets et gérer les refus. C'est au Parc naturel qu'incombe cette tâche importante qui assurera la pérennité des surfaces dégagées. Quelques jours après le départ du troupeau, l'ouvrier du Parc intervient avec le tracteur muni d'un gyrobroyeur professionnel. Sur les Du matériel blindé est nécessaire pour terrains trop accidentés, le travail résister aux pierres et aux souches s'effectue à la main, à l'aide d'une présentes en grand nombre. débrousailleuse. Une dizaine d'hectares de terrains accidentés devront être Beaucoup d'argent investi... Pourquoi ? débroussaillés à la main.

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ES MOYENS FINANCIERS ET HUMAINS investis dans ce projet sont importants. Est-ce bien responsable dans une

région qui connaît autant de difficultés économiques ? Je répondrai, en quatre points, par l'affirmative.

Premièrement, ce projet génère du travail pour les entreprises forestières de la région et pour le berger qui assure la gestion du troupeau. C'est en grande partie l'Europe qui finance ce projet au profit de la mise en valeur de la région. Deuxièmement, les paysages pastoraux renaissants deviendront un attrait touristique majeur pour notre commune. Viroinval est en passe de résonner du son des cigales présentes sur nos tiennes. Cette démarche s'intègre parfaitement dans le tourisme de nature développé depuis quelques années dans notre belle vallée. Troisièmement, les tiennes calcaires constituèrent le paysage de la vie quotidienne de nos aïeux. Les plus anciens s'en souviennent encore aujourd'hui. Au début du siècle dernier, chaque famille de la vallée confiait son modeste troupeau au herdier du village qui conduisait les bêtes se repaître sur les tiennes couverts d'herbes sèches. L'abandon de ces pratiques devenues économiquement peu rentables et le reboisement des tiennes ont été les causes majeures de la disparition de ces biotopes fragiles. Comme n'importe quelle démarche historique, la restauration de ces milieux s'inscrit dans un C'est au printemps qu'un joyau des devoir de mémoire pour les pelouses calcicoles fleuri : c'est générations à venir. l'anémone pulsatille. Quatrièmement, la restauration des pelouses calcicoles est un moyen d'accroître la biodiversité de notre terroir. De nombreuses espèces rares trouvent refuge dans ce milieu si particulier. Certaines espèces ne se retrouvent plus que dans la vallée du Viroin. Nous sommes responsables de ces joyaux issus de plusieurs millions d'années d'évolution. Au même titre que nous acceptons les investissements nécessaires à la sauvegarde des vestiges historiques et artistiques, encourageons les actions consenties pour préserver notre patrimoine naturel.

La globulaire est une espèce typique des rochers et pelouses calcicoles.

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Patrimoine

La nature : un véritable potentiel technologique

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ROTÉ GER LA BIODIVERSITÉ DE NOTRE MILIEU, c'est protéger notre avenir. En effet, la nature est une immense

banque de gènes qui, à l'ère de la biotechnologie et des organismes transgéniques, peuvent tous potentiellement être utilisés. Sur nos pelouses calcicoles se trouve peut-être le précurseur d'un médicament qui nous sauvera demain. Aujourd'hui, 118 des 150 médicaments les plus prescrits en Occident proviennent d'organismes vivants. Si le simple colchique avait disparu, nous nous serions privés d'un puissant médicament anticancéreux. De même pour le thym qui pousse sur nos pelouses calcicoles. Il est à l'origine de médicaments contre des infections liées à des champignons. Que dire du gui dont certains extraits sont utilisés dans le traitement du cancer du sein. Ces exemples nous montrent avec force l'intérêt de maintenir la biodiversité de la région. De plus, sur les plans éthique et esthétique, la contemplation de la diversité de la vie est une source importante d'épanouissement personnel et de créativité.

Une église à l'ombre des tilleuls Traces du passé Dourbes, vous serez immanquablement attirés par l’actuelle église Sainte e Servais, construite aux XIII et XVII siècles et dont le Saint Patron est aussi à l’origine du nom de la source toute proche. Cette église se trouve sur l’emplacement d’une ancienne chapelle bâtie vers l’an mille mais qui fut rasée au e XIII siècle. L’ensemble actuel comporte aussi de majestueux tilleuls, un cimetière ainsi que le mur d’enceinte de celui-ci, le tout faisant partie des sites classés sur le territoire du Parc. C’est le 16 janvier 1948 que l’arrêté de classement fut signé.

À

Voilà pourquoi cette action, porteuse de valeurs positives pour notre La chanson dit vrai : les colchiques commune et pour chacun d'entre nous, restera une priorité au sein du Parc fleurissent bien à la fin de l'été. naturel. Voilà aussi pourquoi le Parc naturel tient à présenter ses plus vifs remerciements à l'administration communale, à la Division Nature et Forêts (DNF), aux membres du plan communal de développement de la nature (PCDN) de Viroinval et aux acteurs du projet LIFE Haute-Meuse pour le travail déjà réalisé. Baudouin Schellen, Dourbes président de la Commission de gestion

Découverte nature Des sphaignes dans le Parc Un jour, petite sphaigne, tu deviendras tourbe...

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abitués d'entendre parler des pelouses calcicoles, tellement présentes dans le Parc naturel, nous en arrivons à être étonnés lorsque l'on prononce le mot «sphaignes». Pour tout un chacun ou presque, les sphaignes ne semblent pousser que dans les fameuses tourbières des Hautes Fagnes. Il faut se rendre dans des régions telles que le Mont-Rigi, le signal de Botrange, la Baraque Fraiture et autres sommets ardennais pour découvrir ces biotopes exceptionnels. Ces tapis verdâtres cachent parfois de profonds trous d'eau où la botte imprudente finit sa carrière.

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Qui sont-elles ? Il s'agit de végétaux avec rhizoïdes, aussi appelés mousse des fanges, marais et tourbières. A l'état végétatif, c'est-à-dire lorsqu'elles ne se reproduisent pas, ces mousses ressemblent, vu de près, à un arbuscule. En plus, les rameaux du sommet sont disposés comme un «palmier». Pour découvrir tout ceci, vous devrez vous agenouiller un peu et utiliser une loupe. C'est très joli vu de près ! Il arrive aussi qu'on en trouve à l'état fertile grâce à la présence d'un petit sporange, qui n'est autre qu'une fine tige transparente, surmontée d'une petite capsule brune couverte d'un opercule. Mais bien souvent, ce sera par bouturage ou marcottage qu'elles se propageront, afin de coloniser les trous d'eau ou les milieux fangeux et tourbeux. Une fois installée, elle croît vers le haut et la partie inférieure dépérit, formant une couche de tourbe faute de lumière, vu la densité du tapis formé.

Les tombes furent mises à jour lors de fouilles anciennes menées par J. Mertens en 1951.

Le moins que l’on puisse dire est que Le clocher comporte cette église recèle de nombreux vestiges des aménagements du passé, à commencer par les restes de pour accueillir tombes mérovingiennes et caroles chauves-souris. lingiennes. De nombreuses pierres tombales se trouvent à l’intérieur de l’église ainsi qu’un confessionnal en bois Louis XIII et d’autres témoins de l’habileté des artisans. Une crypte, inaccessible à cause des dallages, se trouve toujours sous l’église.

À l'ombre du vieux tilleul

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ES DEUX TILLEULS ACTUELS qui encadrent l'église mesurent plus de trois mètres de circonférence. L'un des deux a le tronc fourchu dès cinq mètres de haut. Maléfice ou caprice de la nature ?

Si vous passez au moment de la floraison vous serez surpris par leur odeur agréable. Ces arbres sont connus pour leurs propriétés À vos loupes mellifères et médicinales (tisanes, aubier, etc.). Leur longévité peut Deux espèces de tilleul sont tout à fait atteindre plusieurs siècles s’ils sont bien entretenus et en bonne indigènes chez nous et, ici, ce sera le situation. Ceux-ci ont l’air bien partis malgré toute une faune tilleul à petites feuilles (Tilia cordata). spécifique qui peut leur mener la vie dure (acariens, pucerons, Comment le distinguer du tilleul à cochenilles, punaises, coléoptères…). larges feuilles ? Après cela, votre regard sera vraisemblablement attiré par une myriade d’insectes rouges et noirs qui circulent, en groupes importants, sur le tronc, sur le mur, etc. Ils comportent deux taches noires, circulaires, sur le dos qui est lui-même coloré en rouge et noir. Il s’agit du Son surnom de «Gendarme» «G endarme » ou « Suisse » ou lui vient de la couleur encore «Cherche-midi». C’est une des anciens uniformes. punaise, inoffensive rassurezvous, qui se nourrit sur les fruits du tilleul tombés à terre ou sur d’autres petits insectes morts. Très simple, il suffit de regarder attentivement à la face inférieure de la feuille en forme de coeur et si vous voyez des touffes de très petits poils roussâtres, c'est bien le tilleul à petites feuilles.

Et c’est enivré de toutes ces découvertes que vous quitterez le village de Dourbes. Promis, nous y reviendrons !

Camille Cassimans Centre Marie-Victorin

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Artisans et artistes de chez nous

Dourbes

Une tourbière fossile dans le Parc naturel

Palmyr Tonglet

Le menuisier de la tannerie

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ALMYR ADOLESCENT,

son père lui demanda quelle allait être son orientation. Un vieux menuisier travaillait à côté de chez eux, de manière traditionnelle, dans un petit atelier qui sentait bon le bois. Palmyr sera menuisier. C'est ainsi que ce voisinage fit de lui un élève aux Arts et Métiers de Mons. Son père étant directeur à la Tannerie de Dourbes, il y entra comme menuisier et y travailla durant treize ans. Il y fabriquait les foulons, tonneaux en bois servant à fouler les peaux.

...puis Palmyr devint enseignant et modéliste

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NSTALLÉ ENSUITE COMME INDÉ PENDANT, il fut sollicité par le directeur de

l'école Saint-Germain à Couvin, qui souhaitait ouvrir une section menuiserie. Il y enseigna pendant vingt ans. Les horaires lui permettaient de garder sa clientèle. Il fabriquait des chalets (dont celui du chef de camp dans le parc de Nismes, quelques-uns au Tienne du Loret à Dourbes, à Hastière…) puis des meubles, des abris de jardin de style canadien. Son père étant pensionné, il lui accordait son temps libre. Vint alors aussi pour Palmyr l'âge de la pension Il avait gardé ses petits déchets de bois accumulés au fil des ans. C'est ainsi qu'il entreprit de faire du modélisme. Il s'y adonne depuis plus de quinze ans ! Palmyr n'a pas mis plus de huit heures pour créer ce meuble de 25 centimètres de haut.

De petites choses d'une grande finesse

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une petite table, une maison de poupée, un petit berceau, une petite épicerie commandée pour la Saint-Nicolas, des lettres pour les baptêmes, des petits trains… et ainsi, de bouche à oreille, il fit sa réputation. Pour lui, il s'agit vraiment d'un passe-temps agréable, créatif, toujours renouvelé selon son inspiration ou selon les plans qu'on lui soumet. Palmyr travaille toujours sur ses premières machines, elles sont vieilles, mais entre elles et lui, il y a une telle complicité qu'il ne s'en séparerait pour rien au monde. Il pense aussi, comme d'autres artistes et artisans de la région, qu'il faudrait valoriser les produits et les activités qui ne manquent pas au sein du Parc naturel. La Maison du Parc accueillera prochainement une vitrine de l'artisanat local.

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1963 ont prouvé l'existence de couches de tourbe fossile dans le tuf calcaire formé à l'Holocène. Elles sont parfois visibles dans les trois replats que l'on retrouve en suivant le sentier de Matignolle à Treignes, le long du ruisseau des Fonds de Ry. Une datation précise à même pu être établie grâce aux pollens présents (tilleul, pin sylvestre, etc.). ES É TUDES RÉ ALISÉ ES EN

Où les trouve-t-on ?

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E CHERCHEZ PAS au sommet du Tienne Breumont ni de la Roche à Lomme, mais plutôt du côté d'Oignies-en-Thiérache. Elles affectionnent Les petites feuilles des tiges dressées et des rameaux qui des creux dans le sol comme d'anciennes ornières pendent vers le sol sont disposées en spirale. formées, par exemple, par le passage d'engins dans les pessières. Ou tout simplement aussi des bords de rivières assez ombragés mais avec des endroits «fangeux». Il faut se rappeler que des mesures réalisées ont démontré qu'environ 1 kg de sphaignes sèches peut retenir jusqu'à 77 kg d'eau. On comprend tout de suite l'importance quant à leur rôle de «réservoir» d'eau.

De fait, si nous voulons que les générations futures puissent encore s'émerveiller devant ce genre de beauté, il nous faut éviter de les piétiner, de les récolter inutilement, de détruire stupidement tous les milieux humides quels qu'ils soient afin que ces végétaux puissent subsister. Actuellement, la Belgique et le grand-duché de Luxembourg comptent encore environ 45 «espèces». Si nous ne prenons garde, ce chiffre ira rapidement en décroissant. Camille Cassimans et Philippe De Zuttere

La tourbe au jardin, terminus en vue

NE PETITE ARMOIRE,

Palmyr Tonglet rue Petit Roly, 6 - 5670 Dourbes Tél.: +32(0)60 39 93 39

La lente décomposition des sphaignes mortes amène la formation de la tourbe, bien connue des jardiniers. Cette tourbe fossile, formée durant des milliers d'années, a aussi été exploitée, sous forme de briques séchées à l'air, comme combustible pour le chauffage domestique.

Christian Houben PNVH

Chaque année, des milliers de tonnes de tourbe sont utilisées dans les jardins du pays. Sur le plan horticole, cette matière présente effectivement bien des qualités. Elle est utilisée en tant que milieu de culture pour les plantes acidophiles comme les rhododendrons, elle constitue un apport d'humus dans les terrains argileux à alléger, elle forme la base des terreaux où ses qualités de rétention de l'eau sont précieuses. Ces dernières années, le développement du jardinage en tant qu'activité de loisir a provoqué une augmentation de la demande de tourbes. Comme les tourbières sont intégralement protégées dans nombre de pays européens, d'où viennent les tourbes utilisées chez nous ? Principalement de Pologne et de Lituanie, des pays où les tourbières sont toujours exploitées à ciel ouvert. L'intégration de ces pays dans l'Union européenne impliquera à terme une révision de leur politique d'exploitation et d'exportation de ces ressources fossiles. Le recours à des tourbes canadiennes ne permettra de répondre à la demande et l'augmentation des prix sur le marché international annonce déjà une prochaine réduction de la disponibilité de la tourbe. Les firmes qui conditionnent les terreaux préparent déjà l'avenir en introduisant des produits de substitution dans leurs mélanges : des fibres de coco, des composts forestiers tandis que d'autres matières sont à l'essai. Parallèlement, des consommateurs sensibles à cette problématique réduisent dès maintenant leur utilisation de la tourbe. Un bel exemple ? Le Jardin botanique national de Belgique a définitivement banni le recours à la tourbe dans ses serres de Meise. Des jardiniers privilégient le recours à leur propre compost. Des communes grandes consommatrices de substrats pour leur fleurissement se tournent vers des matériaux non fossiles. Jardiner en utilisant moins de tourbe sera une réalité demain. Déjà préparer cet avenir ne peut que contribuer au maintien des dernières tourbières, des milieux de vie d'une grande richesse biologique.

Luc Noël Présentateur de l'émission «Jardins & loisirs» Membre de la Commission de gestion

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Un village... ...et ses habitants Winages, tonlieux et afforages

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ILLAGE ISSU DES SEIGNEURIES DE TREIGNES ET MATIGNOLLE réunies en 1793, Treignes fut longtemps sous la tutelle du Comte de Hamal, Baron de Vierves dès 1572. Domination que les Treignois n'appréciaient guère ! Ce despote percevait des «winages» (droits sur les marchandises étalées), «tonlieux» (impôts sur les marchandises transportées) et «afforages» (droits sur le vin) ; il détenait l'exploitation de toutes les mines de fer, du moulin banal et exigeait de la population qu'elle monte la garde au château de Vierves, ce qu'elle refusait. Cette baronie sévira jusqu'à la révolution française. Proche des villes fortes telles que Philippeville, Rocroi ou Mariembourg, le village subit de nombreuses réquisitions.

Le village, tel qu'on peut le constater, se e concentre autour de l'église. Au XII siècle, elle fut dressée devant la tour forteresse, actuelle ferme-château. Cette église était entourée d'un cimetière fermé par une enceinte et servait ainsi de retranchement où on pouvait parquer le bétail en cas de conflit. Pillée et saccagée en 1793, elle fut reconstruite au XIXe siècle en cédant, comme souvent à l'époque, à la mode des édifices prestigieux. Depuis toujours, les constructions s'étalent sur la pente autour de l'édifice, pour éviter les ravages lors des crues fréquentes du Viroin. La ferme-château de Treignes, actuel écomusée dépendant de l'ULB, abrite jusqu'au 6 novembre l'exposition « Les abbayes et bières trappistes de Belgique ».

Encore plus loin dans le temps A VILLA GALLO-ROMAINE

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E SOL É TANT PEU FERTILE, les habitants pratiquaient surtout l'élevage de moutons. La population était presque exclusivement composée de bûcherons, d'écorceurs de chênes, de transporteurs et s'était spécialisée dans la taille des haies confiée aux «racloyeux».

La forêt fut la ressource essentielle des villageois durant des siècles. Elle leur fournissait le bois pour construire leurs maisons, pour le chauffage et aussi les fruits, les herbes pour le bétail, le gibier… Par la suite vinrent l'exploitation du minerai de fer, des abannets entre-autres, et le développement de l'industrie métallurgique de Vireux. L'extraction de la pierre était également bien présente avec l'ouverture de plusieurs carrières.

En s'arrêtant aux gares de Nismes, Olloy, Vierves et Treignes, les trains à vapeur sillonnent le nord du Parc naturel.

Qui a dit « Pastis » ? (recueilli dans le « Gros Preumont » de Pierre Blondeau) Si Arthur Masson avait connu cet autre «obèse Ardennais» qu'était le «Gros Preumont» il n'eût pas manqué de donner un nouveau cousin à Toine et T Déom, tant sa verve «Trignolaise» fit rire bien des gens de l'Entre-Sambre-et-Meuse. «Cinsi» et «Chasseur», sa chasse très étendue à Treignes jouxtait le fameux «Trignolle». Roger Preumont était réputé pour ses anecdotes et les citadins-chasseurs cherchaient à être près du «gros» pour se bidonner entre deux traques car il fit rire les bêtes et les gens pendant des années… Et bien sûr, comme Toine, dans le langage de nos aïeux. Après la libération, pour adoucir la note, on vendait des journées de chasse à des invités payants. Ceux-ci réglaient leur participation, emportaient le gibier qu'ils avaient tirés et la plupart, par la suite, devenaient «sociétaires». Un jour, un petit docteur appelé Pastis, tire, à la première battue, une grosse laie de cent kilos…et disparaît avec son sanglier sans s'affilier à la société. Preumont, vexé, baptisa tous les resquilleurs et autres profiteurs : «des Pastis»…

La construction de la gare, en 1902, s'est très vite justifiée par l'intensification du trafic transfrontalier vu le développement industriel de l'époque. Elle est actuellement le terminus du train à vapeur des trois vallées. En attestent aussi les maisons de coron de la rue de la Gare, construites en 1904, aux façades régulières et propres, pouvant apparaître comme une promotion sociale. Mais l'irrégularité des parois et le manque de rectitude des angles prouvent que l'on ne cherchait guère le raffinement pour y loger les familles d'agents de chemin de fer et les ouvriers.

Nature et culture

C

OMME DANS LES AUTRES VILLAGES DU PARC, la diversité écologique est tout aussi remarquable. Sur les tiennes de la Calestienne on peut notamment rencontrer la petite cigale des montagnes (Cicadetta montana). Pas moins de huit promenades vous invitent à découvrir les magnifiques pelouses calcaires, le vieux pont et le vieux lavoir.

L'hospitalité et la verve des Treignois sont bien celles qui caractérisaient Toine Culot, le personnage fétiche d'Arthur Masson. Attardez-vous donc dans l'estaminet de Toine avant de vous intéresser à l'un des musées. Car Treignes est aussi le village des musées : le Musée du Malgré-tout, l'Écomusée de la vie et des technologies rurales, le Musée du machinisme agricole, l'Espace Arthur Masson et le Musée du chemin de fer à vapeur.

L

«des bruyères», à trois cents mètres du centre du village actuel, se dressait au milieu des cultures. Mis à jour lors des fouilles entreprises de 1980 à 1997, ce er e bâtiment construit du I au II siècle de notre ère, a subi de nombreuses modifications au cours des IIIe et IVe siècles. Les objets récoltés, en bronze et en plomb, ainsi que des pièces de monnaie en attestent. Cette vaste demeure, dont on peut voir la base des murs, comporte de nombreuses pièces et une grande installation de bains chauds ou de vapeur tiède «tépidarium» et cave fraîche «frigidarium».

Vivre des ressources naturelles

Christian Houben

Hébergements, commerces... Le site est actuellement en phase de restauration grâce à l'aide de la Région wallonne et des Jeunesses du patrimoine architectural.

Renseignements et cartes disponibles à l’Office du Tourisme, rue Vieille Église, 2 - 5670 Nismes Tél. : +32(0)60 31 16 35 - Télécopie : +32(0)60 31 10 53 tourisme.viroinval@win.be

Cette année, Toine Culot sera fêté à Treignes le samedi 24 et le dimanche 25 septembre.

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Un village... ...et ses habitants Winages, tonlieux et afforages

V

ILLAGE ISSU DES SEIGNEURIES DE TREIGNES ET MATIGNOLLE réunies en 1793, Treignes fut longtemps sous la tutelle du Comte de Hamal, Baron de Vierves dès 1572. Domination que les Treignois n'appréciaient guère ! Ce despote percevait des «winages» (droits sur les marchandises étalées), «tonlieux» (impôts sur les marchandises transportées) et «afforages» (droits sur le vin) ; il détenait l'exploitation de toutes les mines de fer, du moulin banal et exigeait de la population qu'elle monte la garde au château de Vierves, ce qu'elle refusait. Cette baronie sévira jusqu'à la révolution française. Proche des villes fortes telles que Philippeville, Rocroi ou Mariembourg, le village subit de nombreuses réquisitions.

Le village, tel qu'on peut le constater, se e concentre autour de l'église. Au XII siècle, elle fut dressée devant la tour forteresse, actuelle ferme-château. Cette église était entourée d'un cimetière fermé par une enceinte et servait ainsi de retranchement où on pouvait parquer le bétail en cas de conflit. Pillée et saccagée en 1793, elle fut reconstruite au XIXe siècle en cédant, comme souvent à l'époque, à la mode des édifices prestigieux. Depuis toujours, les constructions s'étalent sur la pente autour de l'édifice, pour éviter les ravages lors des crues fréquentes du Viroin. La ferme-château de Treignes, actuel écomusée dépendant de l'ULB, abrite jusqu'au 6 novembre l'exposition « Les abbayes et bières trappistes de Belgique ».

Encore plus loin dans le temps A VILLA GALLO-ROMAINE

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L

E SOL É TANT PEU FERTILE, les habitants pratiquaient surtout l'élevage de moutons. La population était presque exclusivement composée de bûcherons, d'écorceurs de chênes, de transporteurs et s'était spécialisée dans la taille des haies confiée aux «racloyeux».

La forêt fut la ressource essentielle des villageois durant des siècles. Elle leur fournissait le bois pour construire leurs maisons, pour le chauffage et aussi les fruits, les herbes pour le bétail, le gibier… Par la suite vinrent l'exploitation du minerai de fer, des abannets entre-autres, et le développement de l'industrie métallurgique de Vireux. L'extraction de la pierre était également bien présente avec l'ouverture de plusieurs carrières.

En s'arrêtant aux gares de Nismes, Olloy, Vierves et Treignes, les trains à vapeur sillonnent le nord du Parc naturel.

Qui a dit « Pastis » ? (recueilli dans le « Gros Preumont » de Pierre Blondeau) Si Arthur Masson avait connu cet autre «obèse Ardennais» qu'était le «Gros Preumont» il n'eût pas manqué de donner un nouveau cousin à Toine et T Déom, tant sa verve «Trignolaise» fit rire bien des gens de l'Entre-Sambre-et-Meuse. «Cinsi» et «Chasseur», sa chasse très étendue à Treignes jouxtait le fameux «Trignolle». Roger Preumont était réputé pour ses anecdotes et les citadins-chasseurs cherchaient à être près du «gros» pour se bidonner entre deux traques car il fit rire les bêtes et les gens pendant des années… Et bien sûr, comme Toine, dans le langage de nos aïeux. Après la libération, pour adoucir la note, on vendait des journées de chasse à des invités payants. Ceux-ci réglaient leur participation, emportaient le gibier qu'ils avaient tirés et la plupart, par la suite, devenaient «sociétaires». Un jour, un petit docteur appelé Pastis, tire, à la première battue, une grosse laie de cent kilos…et disparaît avec son sanglier sans s'affilier à la société. Preumont, vexé, baptisa tous les resquilleurs et autres profiteurs : «des Pastis»…

La construction de la gare, en 1902, s'est très vite justifiée par l'intensification du trafic transfrontalier vu le développement industriel de l'époque. Elle est actuellement le terminus du train à vapeur des trois vallées. En attestent aussi les maisons de coron de la rue de la Gare, construites en 1904, aux façades régulières et propres, pouvant apparaître comme une promotion sociale. Mais l'irrégularité des parois et le manque de rectitude des angles prouvent que l'on ne cherchait guère le raffinement pour y loger les familles d'agents de chemin de fer et les ouvriers.

Nature et culture

C

OMME DANS LES AUTRES VILLAGES DU PARC, la diversité écologique est tout aussi remarquable. Sur les tiennes de la Calestienne on peut notamment rencontrer la petite cigale des montagnes (Cicadetta montana). Pas moins de huit promenades vous invitent à découvrir les magnifiques pelouses calcaires, le vieux pont et le vieux lavoir.

L'hospitalité et la verve des Treignois sont bien celles qui caractérisaient Toine Culot, le personnage fétiche d'Arthur Masson. Attardez-vous donc dans l'estaminet de Toine avant de vous intéresser à l'un des musées. Car Treignes est aussi le village des musées : le Musée du Malgré-tout, l'Écomusée de la vie et des technologies rurales, le Musée du machinisme agricole, l'Espace Arthur Masson et le Musée du chemin de fer à vapeur.

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«des bruyères», à trois cents mètres du centre du village actuel, se dressait au milieu des cultures. Mis à jour lors des fouilles entreprises de 1980 à 1997, ce er e bâtiment construit du I au II siècle de notre ère, a subi de nombreuses modifications au cours des IIIe et IVe siècles. Les objets récoltés, en bronze et en plomb, ainsi que des pièces de monnaie en attestent. Cette vaste demeure, dont on peut voir la base des murs, comporte de nombreuses pièces et une grande installation de bains chauds ou de vapeur tiède «tépidarium» et cave fraîche «frigidarium».

Vivre des ressources naturelles

Christian Houben

Hébergements, commerces... Le site est actuellement en phase de restauration grâce à l'aide de la Région wallonne et des Jeunesses du patrimoine architectural.

Renseignements et cartes disponibles à l’Office du Tourisme, rue Vieille Église, 2 - 5670 Nismes Tél. : +32(0)60 31 16 35 - Télécopie : +32(0)60 31 10 53 tourisme.viroinval@win.be

Cette année, Toine Culot sera fêté à Treignes le samedi 24 et le dimanche 25 septembre.

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Artisans et artistes de chez nous

Dourbes

Une tourbière fossile dans le Parc naturel

Palmyr Tonglet

Le menuisier de la tannerie

P

ALMYR ADOLESCENT,

son père lui demanda quelle allait être son orientation. Un vieux menuisier travaillait à côté de chez eux, de manière traditionnelle, dans un petit atelier qui sentait bon le bois. Palmyr sera menuisier. C'est ainsi que ce voisinage fit de lui un élève aux Arts et Métiers de Mons. Son père étant directeur à la Tannerie de Dourbes, il y entra comme menuisier et y travailla durant treize ans. Il y fabriquait les foulons, tonneaux en bois servant à fouler les peaux.

...puis Palmyr devint enseignant et modéliste

I

NSTALLÉ ENSUITE COMME INDÉ PENDANT, il fut sollicité par le directeur de

l'école Saint-Germain à Couvin, qui souhaitait ouvrir une section menuiserie. Il y enseigna pendant vingt ans. Les horaires lui permettaient de garder sa clientèle. Il fabriquait des chalets (dont celui du chef de camp dans le parc de Nismes, quelques-uns au Tienne du Loret à Dourbes, à Hastière…) puis des meubles, des abris de jardin de style canadien. Son père étant pensionné, il lui accordait son temps libre. Vint alors aussi pour Palmyr l'âge de la pension Il avait gardé ses petits déchets de bois accumulés au fil des ans. C'est ainsi qu'il entreprit de faire du modélisme. Il s'y adonne depuis plus de quinze ans ! Palmyr n'a pas mis plus de huit heures pour créer ce meuble de 25 centimètres de haut.

De petites choses d'une grande finesse

U

une petite table, une maison de poupée, un petit berceau, une petite épicerie commandée pour la Saint-Nicolas, des lettres pour les baptêmes, des petits trains… et ainsi, de bouche à oreille, il fit sa réputation. Pour lui, il s'agit vraiment d'un passe-temps agréable, créatif, toujours renouvelé selon son inspiration ou selon les plans qu'on lui soumet. Palmyr travaille toujours sur ses premières machines, elles sont vieilles, mais entre elles et lui, il y a une telle complicité qu'il ne s'en séparerait pour rien au monde. Il pense aussi, comme d'autres artistes et artisans de la région, qu'il faudrait valoriser les produits et les activités qui ne manquent pas au sein du Parc naturel. La Maison du Parc accueillera prochainement une vitrine de l'artisanat local.

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D

1963 ont prouvé l'existence de couches de tourbe fossile dans le tuf calcaire formé à l'Holocène. Elles sont parfois visibles dans les trois replats que l'on retrouve en suivant le sentier de Matignolle à Treignes, le long du ruisseau des Fonds de Ry. Une datation précise à même pu être établie grâce aux pollens présents (tilleul, pin sylvestre, etc.). ES É TUDES RÉ ALISÉ ES EN

Où les trouve-t-on ?

N

E CHERCHEZ PAS au sommet du Tienne Breumont ni de la Roche à Lomme, mais plutôt du côté d'Oignies-en-Thiérache. Elles affectionnent Les petites feuilles des tiges dressées et des rameaux qui des creux dans le sol comme d'anciennes ornières pendent vers le sol sont disposées en spirale. formées, par exemple, par le passage d'engins dans les pessières. Ou tout simplement aussi des bords de rivières assez ombragés mais avec des endroits «fangeux». Il faut se rappeler que des mesures réalisées ont démontré qu'environ 1 kg de sphaignes sèches peut retenir jusqu'à 77 kg d'eau. On comprend tout de suite l'importance quant à leur rôle de «réservoir» d'eau.

De fait, si nous voulons que les générations futures puissent encore s'émerveiller devant ce genre de beauté, il nous faut éviter de les piétiner, de les récolter inutilement, de détruire stupidement tous les milieux humides quels qu'ils soient afin que ces végétaux puissent subsister. Actuellement, la Belgique et le grand-duché de Luxembourg comptent encore environ 45 «espèces». Si nous ne prenons garde, ce chiffre ira rapidement en décroissant. Camille Cassimans et Philippe De Zuttere

La tourbe au jardin, terminus en vue

NE PETITE ARMOIRE,

Palmyr Tonglet rue Petit Roly, 6 - 5670 Dourbes Tél.: +32(0)60 39 93 39

La lente décomposition des sphaignes mortes amène la formation de la tourbe, bien connue des jardiniers. Cette tourbe fossile, formée durant des milliers d'années, a aussi été exploitée, sous forme de briques séchées à l'air, comme combustible pour le chauffage domestique.

Christian Houben PNVH

Chaque année, des milliers de tonnes de tourbe sont utilisées dans les jardins du pays. Sur le plan horticole, cette matière présente effectivement bien des qualités. Elle est utilisée en tant que milieu de culture pour les plantes acidophiles comme les rhododendrons, elle constitue un apport d'humus dans les terrains argileux à alléger, elle forme la base des terreaux où ses qualités de rétention de l'eau sont précieuses. Ces dernières années, le développement du jardinage en tant qu'activité de loisir a provoqué une augmentation de la demande de tourbes. Comme les tourbières sont intégralement protégées dans nombre de pays européens, d'où viennent les tourbes utilisées chez nous ? Principalement de Pologne et de Lituanie, des pays où les tourbières sont toujours exploitées à ciel ouvert. L'intégration de ces pays dans l'Union européenne impliquera à terme une révision de leur politique d'exploitation et d'exportation de ces ressources fossiles. Le recours à des tourbes canadiennes ne permettra de répondre à la demande et l'augmentation des prix sur le marché international annonce déjà une prochaine réduction de la disponibilité de la tourbe. Les firmes qui conditionnent les terreaux préparent déjà l'avenir en introduisant des produits de substitution dans leurs mélanges : des fibres de coco, des composts forestiers tandis que d'autres matières sont à l'essai. Parallèlement, des consommateurs sensibles à cette problématique réduisent dès maintenant leur utilisation de la tourbe. Un bel exemple ? Le Jardin botanique national de Belgique a définitivement banni le recours à la tourbe dans ses serres de Meise. Des jardiniers privilégient le recours à leur propre compost. Des communes grandes consommatrices de substrats pour leur fleurissement se tournent vers des matériaux non fossiles. Jardiner en utilisant moins de tourbe sera une réalité demain. Déjà préparer cet avenir ne peut que contribuer au maintien des dernières tourbières, des milieux de vie d'une grande richesse biologique.

Luc Noël Présentateur de l'émission «Jardins & loisirs» Membre de la Commission de gestion

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Patrimoine

La nature : un véritable potentiel technologique

P

ROTÉ GER LA BIODIVERSITÉ DE NOTRE MILIEU, c'est protéger notre avenir. En effet, la nature est une immense

banque de gènes qui, à l'ère de la biotechnologie et des organismes transgéniques, peuvent tous potentiellement être utilisés. Sur nos pelouses calcicoles se trouve peut-être le précurseur d'un médicament qui nous sauvera demain. Aujourd'hui, 118 des 150 médicaments les plus prescrits en Occident proviennent d'organismes vivants. Si le simple colchique avait disparu, nous nous serions privés d'un puissant médicament anticancéreux. De même pour le thym qui pousse sur nos pelouses calcicoles. Il est à l'origine de médicaments contre des infections liées à des champignons. Que dire du gui dont certains extraits sont utilisés dans le traitement du cancer du sein. Ces exemples nous montrent avec force l'intérêt de maintenir la biodiversité de la région. De plus, sur les plans éthique et esthétique, la contemplation de la diversité de la vie est une source importante d'épanouissement personnel et de créativité.

Une église à l'ombre des tilleuls Traces du passé Dourbes, vous serez immanquablement attirés par l’actuelle église Sainte e Servais, construite aux XIII et XVII siècles et dont le Saint Patron est aussi à l’origine du nom de la source toute proche. Cette église se trouve sur l’emplacement d’une ancienne chapelle bâtie vers l’an mille mais qui fut rasée au e XIII siècle. L’ensemble actuel comporte aussi de majestueux tilleuls, un cimetière ainsi que le mur d’enceinte de celui-ci, le tout faisant partie des sites classés sur le territoire du Parc. C’est le 16 janvier 1948 que l’arrêté de classement fut signé.

À

Voilà pourquoi cette action, porteuse de valeurs positives pour notre La chanson dit vrai : les colchiques commune et pour chacun d'entre nous, restera une priorité au sein du Parc fleurissent bien à la fin de l'été. naturel. Voilà aussi pourquoi le Parc naturel tient à présenter ses plus vifs remerciements à l'administration communale, à la Division Nature et Forêts (DNF), aux membres du plan communal de développement de la nature (PCDN) de Viroinval et aux acteurs du projet LIFE Haute-Meuse pour le travail déjà réalisé. Baudouin Schellen, Dourbes président de la Commission de gestion

Découverte nature Des sphaignes dans le Parc Un jour, petite sphaigne, tu deviendras tourbe...

H

abitués d'entendre parler des pelouses calcicoles, tellement présentes dans le Parc naturel, nous en arrivons à être étonnés lorsque l'on prononce le mot «sphaignes». Pour tout un chacun ou presque, les sphaignes ne semblent pousser que dans les fameuses tourbières des Hautes Fagnes. Il faut se rendre dans des régions telles que le Mont-Rigi, le signal de Botrange, la Baraque Fraiture et autres sommets ardennais pour découvrir ces biotopes exceptionnels. Ces tapis verdâtres cachent parfois de profonds trous d'eau où la botte imprudente finit sa carrière.

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Qui sont-elles ? Il s'agit de végétaux avec rhizoïdes, aussi appelés mousse des fanges, marais et tourbières. A l'état végétatif, c'est-à-dire lorsqu'elles ne se reproduisent pas, ces mousses ressemblent, vu de près, à un arbuscule. En plus, les rameaux du sommet sont disposés comme un «palmier». Pour découvrir tout ceci, vous devrez vous agenouiller un peu et utiliser une loupe. C'est très joli vu de près ! Il arrive aussi qu'on en trouve à l'état fertile grâce à la présence d'un petit sporange, qui n'est autre qu'une fine tige transparente, surmontée d'une petite capsule brune couverte d'un opercule. Mais bien souvent, ce sera par bouturage ou marcottage qu'elles se propageront, afin de coloniser les trous d'eau ou les milieux fangeux et tourbeux. Une fois installée, elle croît vers le haut et la partie inférieure dépérit, formant une couche de tourbe faute de lumière, vu la densité du tapis formé.

Les tombes furent mises à jour lors de fouilles anciennes menées par J. Mertens en 1951.

Le moins que l’on puisse dire est que Le clocher comporte cette église recèle de nombreux vestiges des aménagements du passé, à commencer par les restes de pour accueillir tombes mérovingiennes et caroles chauves-souris. lingiennes. De nombreuses pierres tombales se trouvent à l’intérieur de l’église ainsi qu’un confessionnal en bois Louis XIII et d’autres témoins de l’habileté des artisans. Une crypte, inaccessible à cause des dallages, se trouve toujours sous l’église.

À l'ombre du vieux tilleul

L

ES DEUX TILLEULS ACTUELS qui encadrent l'église mesurent plus de trois mètres de circonférence. L'un des deux a le tronc fourchu dès cinq mètres de haut. Maléfice ou caprice de la nature ?

Si vous passez au moment de la floraison vous serez surpris par leur odeur agréable. Ces arbres sont connus pour leurs propriétés À vos loupes mellifères et médicinales (tisanes, aubier, etc.). Leur longévité peut Deux espèces de tilleul sont tout à fait atteindre plusieurs siècles s’ils sont bien entretenus et en bonne indigènes chez nous et, ici, ce sera le situation. Ceux-ci ont l’air bien partis malgré toute une faune tilleul à petites feuilles (Tilia cordata). spécifique qui peut leur mener la vie dure (acariens, pucerons, Comment le distinguer du tilleul à cochenilles, punaises, coléoptères…). larges feuilles ? Après cela, votre regard sera vraisemblablement attiré par une myriade d’insectes rouges et noirs qui circulent, en groupes importants, sur le tronc, sur le mur, etc. Ils comportent deux taches noires, circulaires, sur le dos qui est lui-même coloré en rouge et noir. Il s’agit du Son surnom de «Gendarme» «G endarme » ou « Suisse » ou lui vient de la couleur encore «Cherche-midi». C’est une des anciens uniformes. punaise, inoffensive rassurezvous, qui se nourrit sur les fruits du tilleul tombés à terre ou sur d’autres petits insectes morts. Très simple, il suffit de regarder attentivement à la face inférieure de la feuille en forme de coeur et si vous voyez des touffes de très petits poils roussâtres, c'est bien le tilleul à petites feuilles.

Et c’est enivré de toutes ces découvertes que vous quitterez le village de Dourbes. Promis, nous y reviendrons !

Camille Cassimans Centre Marie-Victorin

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Patrimoine

L'implication du Parc

Traces de splendeur

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La belle époque d'un château

E

TREIGNES VERS VIERVES-SUR-VIROIN, vous remarquerez certainement, sur votre gauche juste avant le rond-point, le mausolée dans le cimetière de Vierves. Il est le témoin d'une longue présence d’une famille importante inhumée à cet endroit . Si vous êtes férus d’histoire, écoutez celle-ci. Le château fut tout naturellement installé sur un éperon rocheux, dominant le Viroin, de manière à asseoir la Virvia'cité ? puissance du seigneur et Le premier seigneur connu était e aussi sa cour de justice. Un Guillenus de Virvia au XI siècle.Virvia e incendie en 1775 faillit est le premier nom, datant du XII siècle, presque faire disparaître que l’on retrouve après bien des recherches. Vient ensuite Virve en l’ensemble. La dernière 1331, Vierney en 1470 et Viervez en Ba r o n n e , C o r a l i e du 1558. La rivière le Viroin aurait donné Mesnil, décèda en 1951 et son nom au village car Virna serait un depuis lors le château est terme celtique désignant le courant de la rivière. Au Moyen-âge, Vierves était le propriété de la famille Les premiers textes relatant la présence e siège d’une grande baronnie du Pays Gillion de Bruxelles. d'un château datent du XIV siècle. N ARRIVANT DE

de Liège. La baronnie de Vierves passa par les mains de diverses familles telles les «de Barbençon», «de Ville», «de Luxembourg», «d’Egmont et de Hamal» qui, pour ces derniers, restèrent barons jusqu’à la Révolution française.

L'époque d'un courant révolu

S

IGNE DE LA PUISSANCE DES CHÂ TELLAINS DE JADIS, c’est au pied du château de Vierves, le long d’un chemin qui mène aux pâtures en bordure du Viroin, que se trouvent quelques ruines qui proviennent d’un ancien moulin à eau. Ce moulin était alimenté par un bief artificiel, creusé à même la plaine alluviale et ce depuis pratiquement Olloy-sur-Viroin. Actuellement on peut encore voir le dernier petit pont voûté, en pierres calcaires, ainsi que les murs latéraux, en blocs calcaires, de ce bief relativement long.

Le bief amenant l'eau au moulin est creusé sur plus d'1,5 km.

Il fallait amener, en pente régulière, un volume d’eau important de manière à assurer une force Cette carte postale (Smetz - Bouges) hydraulique pour moudre présente le moulin, aujourd'hui la farine et, plus tard, pour à l'état de ruines. alimenter une centrale électrique qui avait été installée dans ce moulin. Le château fut ainsi, probablement, le premier bâtiment de Vierves à bénéficier de l’électricité et à assurer son approvisionnement électrique de manière autarcique.

Si vous venez par l’ouest, lors de la grande descente routière vers Vierves, vous remarquerez l’ancien grand verger transformé en pelouse et, sur le mur qui fait la base du château, à peu près en son milieu, un trait noir vertical assez épais. Il s’agit de l’ancien câble électrique qui amenait le 110 volts produit au moulin jusque dans les caves du château où une distribution était assurée. Camille Cassimans Centre Marie-Victorin

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URANT QUELQUES ANNÉ ES,

ces charmants animaux ne pourront toutefois pas limiter correctement les rejets de souches trop vigoureux sur les tiennes récemment mis à blanc. Un traitement mécanique est donc nécessaire pour contenir les rejets et gérer les refus. C'est au Parc naturel qu'incombe cette tâche importante qui assurera la pérennité des surfaces dégagées. Quelques jours après le départ du troupeau, l'ouvrier du Parc intervient avec le tracteur muni d'un gyrobroyeur professionnel. Sur les Du matériel blindé est nécessaire pour terrains trop accidentés, le travail résister aux pierres et aux souches s'effectue à la main, à l'aide d'une présentes en grand nombre. débrousailleuse. Une dizaine d'hectares de terrains accidentés devront être Beaucoup d'argent investi... Pourquoi ? débroussaillés à la main.

L

ES MOYENS FINANCIERS ET HUMAINS investis dans ce projet sont importants. Est-ce bien responsable dans une

région qui connaît autant de difficultés économiques ? Je répondrai, en quatre points, par l'affirmative.

Premièrement, ce projet génère du travail pour les entreprises forestières de la région et pour le berger qui assure la gestion du troupeau. C'est en grande partie l'Europe qui finance ce projet au profit de la mise en valeur de la région. Deuxièmement, les paysages pastoraux renaissants deviendront un attrait touristique majeur pour notre commune. Viroinval est en passe de résonner du son des cigales présentes sur nos tiennes. Cette démarche s'intègre parfaitement dans le tourisme de nature développé depuis quelques années dans notre belle vallée. Troisièmement, les tiennes calcaires constituèrent le paysage de la vie quotidienne de nos aïeux. Les plus anciens s'en souviennent encore aujourd'hui. Au début du siècle dernier, chaque famille de la vallée confiait son modeste troupeau au herdier du village qui conduisait les bêtes se repaître sur les tiennes couverts d'herbes sèches. L'abandon de ces pratiques devenues économiquement peu rentables et le reboisement des tiennes ont été les causes majeures de la disparition de ces biotopes fragiles. Comme n'importe quelle démarche historique, la restauration de ces milieux s'inscrit dans un C'est au printemps qu'un joyau des devoir de mémoire pour les pelouses calcicoles fleuri : c'est générations à venir. l'anémone pulsatille. Quatrièmement, la restauration des pelouses calcicoles est un moyen d'accroître la biodiversité de notre terroir. De nombreuses espèces rares trouvent refuge dans ce milieu si particulier. Certaines espèces ne se retrouvent plus que dans la vallée du Viroin. Nous sommes responsables de ces joyaux issus de plusieurs millions d'années d'évolution. Au même titre que nous acceptons les investissements nécessaires à la sauvegarde des vestiges historiques et artistiques, encourageons les actions consenties pour préserver notre patrimoine naturel.

La globulaire est une espèce typique des rochers et pelouses calcicoles.

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Le mot du président Pâturons pour l'avenir de nos enfants Le retour des floraisons d'antan

L

'HIVER DES PRUNELLIERS est derrière nous. Les senteurs des tilleuls envahissent nos longues soirées d'été. Sur les tiennes anciennement dénudés et réchauffés par le soleil de ce printemps, nous assistons à une véritable explosion florale. Mais, il faudra encore quelques années de patience pour que les parcelles forestières dégagées cet hiver retrouvent l'anémone pulsatille, les tapis d'orchidées colorées et le chant de l'alouette lulu. Cette année, les travaux de mise à blanc ont été particulièrement importants dans notre belle vallée, ouvrant notre horizon sur les Si vous vous promenez prochainement sur le site des Abannets, vous ne vous y reconnaitrez plus ! paysages d'antan.

Une politique européenne de protection de l'environnement

C

ETTE REMISE en valeur des paysages pastoraux disparus s'est accélérée en 1995 grâce au groupe pâturage du plan communal de développement de la nature (PCDN). Un groupe de passionnés a pris en main la gestion du premier troupeau communal de moutons. Avec l'aide de la Division Nature et Forêts (DNF) et du Parc naturel, ces bénévoles ont été les initiateurs des premières expériences de pâturage sur les pelouses calcicoles de Viroinval.

Grâce à ce partenariat, la restauration des pelouses calcicoles a pu prendre une autre dimension avec l'arrivée du projet LIFE Haute Meuse. LIFE est le principal instrument financier de la politique européenne dans le secteur de l'environnement. Ce programme finance des actions novatrices, dans tous les pays européens, démontrant qu'il est possible de développer des politiques économiques et touristiques tout en respectant l'environnement. Les travaux mis en oeuvre ont pour but la restauration ou la conservation des sites en vue de la protection des habitats naturels, d'une faune et d'une flore spécifique, menacés de disparition. C'est dans ce cadre que cette année, près de 110 hectares de pelouses, en voie de Chaque troupeau reste en moyenne une dizaine restauration , seront pâturés par un troupeau de 200 moutons de jours sur chaque parcelle, afin de pouvoir et chèvres sous la responsabilité d'un éleveur de Géronsart. pâturer l'ensemble des sites sur l'année. Le journal du Parc naturel est une publication de la Commission de gestion du Parc naturel Viroin-Hermeton. Comité de rédaction et conception graphique : Parc naturel Viroin-Hermeton (coordination : Joël Dath). Crédits photographiques : Antoine D. (PNVH - p.11 h.), Cassimans C. (p. 4, p. 5, p. 9 et p.10 b.), Claerebout S. (CMV - p.3 (n°3)), Hallet F. (PCDN - p.11 b.), Houben Ch. (PNVH - p. 2, p.3 (n°1), p. 6 b. et p. 8), Hubaut D. (CMV - couv., p. 3 (n°2), p. 4 b., p.6 h., p. 7 et p.10 h.), Schellen B. (PNVH - p.3 (n°4)). Le journal du Parc naturel est distribué dans toutes les boîtes aux lettres de la commune de Viroinval. Il est également disponible sur simple demande à la Maison du Parc. Éditeurs responsables : B. Schellen, président et É. Baudoux, secrétaire, rue d'Avignon, 1 - 5670 Nismes Réalisé avec le soutien financier du ministère de la Région wallonne.

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Le PCDN en action Des solutions pour le ruisseau de Matignolle

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A DERNIÈ RE É DITION DU JOURNAL DU PARC a détaillé la situation écologique du Ry des Fonds de Ry (ruisseau de Matignolle). Ce ruisseau bénéficie d'une attention toute particulière de la part des bénévoles du Plan Communal de Développement de la Nature (PCDN) qui ont pour objectif de restaurer son potentiel écologique. Dans ce cadre, une pêche électrique, réalisée par le Service de la Pêche de la Division de la Nature et des Forêts (DNF), confirme la situation d'isolement du ruisseau. Très peu de jeunes truitelles ont été observées, preuve de la difficulté qu'ont les géniteurs à accéder au ruisseau pour se reproduire. Le problème de reproduction de la truite en cet endroit est ici clairement démontré.

Un lavoir transformé en écloserie

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ORS D'UNE TABLE RONDE réunissant le Service de la Pêche et le Service forestier de la DNF, le Parc naturel Viroin-Hermeton et le groupe Rivière du PCDN, il a été décidé de créer une écloserie dans l'ancien lavoir de Mazée afin de pallier au manque de reproduction naturelle sur le bassin du Viroin et plus précisément, pour l'instant, sur le ruisseau de Matignolle. Une poignée de passionnés croient encore qu'il est possible de retrouver nos populations d'antan. Ces gens-là ne se lamentent pas, ils agissent. Grâce à un financement du Service de la Pêche et une intervention communale, ce lavoir a pu être transformé en écloserie par l'aménagement d'arrivées d'eau et la construction de bacs d'éclosion.

La grande aventure commence

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É BUT DÉ CEMBRE, les géniteurs sont identifiés et prélevés sur le ruisseau. Le 6 décembre, ils sont prêts à se reproduire et la grande opération de fécondation «assistée» peut commencer : en récoltant la laitance des mâles et les ovules des femelles par petites pressions sur le ventre et en les mélangeant délicatement, un nombre important d'œufs ont été fécondés. Environ quatre mille œufs ont ainsi été déposés dans les bacs à incubation. Chaque jour, il faut ôter les œufs morts, La récolte des ovules : action indispensable à la poursuite du technique et rapidité sont de mise. développement des œufs sains.

Six semaines plus tard, les œufs sont au stade d'embryons, et début février les premières larves éclosent. Ces poissons miniatures sont munis d'une poche à nourriture qui va se résorber progressivement au cours du temps.

Il ne faudra à l'alevin que quelques semaines pour résorber sa vésicule.

Fin février, les larves sont devenues de belles petites truites d'environ deux centimètres qui commencent à manger de la nourriture artificielle. Mi-mars, les truitelles font quatre centimètres et vont bientôt découvrir les joies de la liberté.

Très bien, mais c'est dommage d'en arriver là

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ANS LA NATURE, seuls cinq poucents des œufs éclosent. Cette écloserie a permis un taux de réussite de quatre-vingt-cinq pourcents. Le jeu en vaut donc la chandelle pour les ruisseaux «à problèmes». Un tel travail demande du temps et de la patience. Mais ne faudrait-il pas mieux ne jamais devoir en arriver là ? Sans la restauration du potentiel écologique de la rivière, cette opération exige un travail quotidien. Par ailleurs, dans les mois qui vont suivre, des aménagements propices à la fraie et d'importants travaux de nettoyage du ruisseau vont commencer. Merci de soutenir nos efforts et, surtout, de respecter la nature.

Frédéric Hallet, Jean-Baptiste Leurquin, Guy Delfosse PCDN de Viroinval, groupe Rivière

Trois mille truitelles seront bientôt relachées.

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Agenda des manifestations Activités Treignes se dévoile et c'est rien que du bonheur... Promenade le dimanche 10 juillet (1 j.) R-V. à 9 h 30 à l'église de Treignes Prévoir bonnes chaussures et vêtements adaptés Organisation : Natagora Infos : Françoise Rombeaux (0496 48 54 22)

Botanique à Vierves : 3 excursions différentes Dimanche 7 août, 21 août et 11 septembre (1 j.) R-V. à 9 h devant l'ancien lavoir de Vierves Prévoir bonnes chaussures et vêtements adaptés Organisation : Natagora Infos : Françoise Rombeaux (0496 48 54 22)

Gestion du Fond de Noye en réserve L.R.B.P.O./ C.N.B., à Olloy Dimanche 28 août (1 j.) R-V. à 9 h 15 à l'église d'Olloy Prévoir bonnes chaussures et vêtements adaptés Organisation : Viroinvol C.N.B./L.R.B.P.O. - Niverolle & El Mouquet C.N.B. Infos : Thierry Dewitte (0476 75 25 37)

NS O GN

I MP ES A CH IERV O V P EX

Initiation aux champignons, à Treignes Samedi 1er octobre (1/2 j.) R-V. à 14 h devant l'église de Treignes Prévoir un couteau et un panier Organisation : Natagora et Viroinvol C.N.B. Infos : Olivier Robertfroid (060 31 34 38) Taille des arbres fruitiers et de la saulaie à «Sous St-Roch» en réserve L.R.B.P.O., à Nismes er Samedi 1 octobre (1/2 j.) R-V. à 13 h 30 à l'entrée de la réserve naturelle (rue de la Station) Prévoir escabelle et sécateurs pour les fruitiers. De grands sécateurs seront utiles pour la gestion des rejets de saules aux abords de la mare. Organisation : Viroinvol C.N.B./L.R.B.P.O. Infos : Thierry Dewitte (0476 75 25 37)

Festival de la Pomme et du Miel

Le Journal du Parc naturel N°5

Juin - Juillet - Août 2005 Trimestriel

Sommaire Le mot du président Pâturons pour l'avenir de nos enfants Découverte nature Des sphaignes dans le Parc Un village...et ses habitants Treignes Artisans et artistes de chez nous Dourbes Palmyr Tonglet Patrimoine Dourbes Une église à l'ombre des tilleuls Vierves Traces de splendeur Jardin de nature Treignes Des solutions pour le ruisseau de Matignolle Agenda des manifestations

Dans le cadre de « Bienvenue en Wallonie » et du micro-projet européen «Valorisation de notre patrimoine fruitier », le Parc naturel Viroin-Hermeton organise son premier week-end de festivités.

O conférences ; O dégustations gratuites ; O expositions et ventes ; O participation d'associations ; O démonstrations de matériel apicole et de pressurage ; O stands librairie ; O concours...

22 et 23 octobre Nismes

Infos : +32(0)60 39 17 90 - secretariat@pnvh.be Contactez-nous pour les réservations ou pour de plus amples renseignements ! 12

Maison du Parc naturel rue d'Avignon, 1 - 5670 Nismes Tél.: +32(0)60 39 17 90 - Télécopie : +32(0)60 39 17 93 www.pnvh.be - Contacts : secretariat@pnvh.be

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