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Gérard Lambert-Ullmann

Gérard Lambert-Ullmann

GÉRARD LAMBERT-ULLMAN a été libraire à Saint-Nazaire (LoireAtlantique) durant dix-huit années. Au fil de ce Dernier chapitre, il revient sur les moments exaltants mais aussi sur les désillusions que ce commerce « pas comme les autres » devait lui réserver. Incurable lecteur doublé d’un humaniste invétéré, il a fait du partage de ses bonheurs littéraires l’axe essentiel de sa vie.

Dernier chapitre

Dernier chapitre

« On laisse tomber les références littéraires et les poses qui vont avec. On parle fort, comme une bande de potes. On chante. On boit. On chante encore. Faouzi et Isham transforment leurs guitares en oud, laissant les poèmes se coudre sur le rythme, moelleux, craquant. On échange des braises. On brûle des campements. Trois heures plus tard, nous sommes frères pour la vie. Aucune légion ne pourrait écraser notre tribu. J’ai le sentiment d’avoir vécu un siècle. Je vide les cendriers comme si je buvais des étoiles. »

Gérard Lambert-Ullmann

Dernier chapitre

Photo de couverture © François Bon

9 782848 092294

14 € ISBN 978-2-84809-229-4

www.jocaseria.fr

joca seria


GĂŠrard Lambert-ULLmann

Dernier chapitre

ĂŠditions joca seria


© éditions joca seria, 2014 72, rue de La bourdonnais 44100 nantes ISbn 978-2-84809-229-4 www.jocaseria.fr


À tous ceux qui, de diverses manières, ont contribué à la vie de la librairie Voix au chapitre.


« J’ai 102 ans. Je vais bientôt mourir. mais j’ai une fringale de lecture. Je n’arrête pas !  » toute pimpante sous son chapeau à voilette, elle me dit ça avec les yeux pétillants d’une souris papivore. bien droite dans son petit manteau soigneusement boutonné ; la poudre de riz discrète mais efficace ; ni canne, ni pas hésitants, et le sourire comme une madeleine. J’en ai le cœur tout pincé. Cette manière de faire la pige au temps m’émeut profondément. moi qui, dans mes alentours de soixantaine commence à me trouver vieux, me voilà bien repoussé vers l’enfance. 102 ans ! Les atteindre ? Le nombre de livres que ça permettrait de lire en plus ! bien sûr, je ne crois pas y parvenir, ni même m’en approcher. mais la magnifique tenue de la dame et sa fringale de petite fille me rendent admiratif et, accessoirement, me flattent : Je fais un beau métier. 

dix-huit ans auparavant, à trois heures du matin, les yeux aux genoux, je finissais de peindre l’enseigne dans l’arrière-boutique. nous allions pouvoir dormir quelques heures avant de l’accrocher, dans la demi-heure précédant l’inauguration. Pour celle-ci : pâté (amoureusement tartiné par ma maman toute fière de voir son glandeur de fils enfin se ranger), saucisson et vin rouge. J’avais fantasmé un moment sur des amuse-gueules littéraires, genre Pasteis à la Pessoa… mais l’idée du temps à y consacrer 11


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m’avait vite dissuadé. Le labyrinthe administratif et financier du créateur d’entreprise qui n’est pas fils de milliardaire avait déjà un peu usé mon enthousiasme. Pendant que je maniais le pinceau, dominique avait disposé le plus possible des livres que nous avions reçus sur les étagères que j’avais fabriquées pendant le mois précédent. Il ne fallait pas que ça ait l’air d’une librairie trop minable. Ça n’a pas empêché C. de faire sa grimace hautaine d’aristocrate des lettres jaugeant les titres présentés : « C’est un peu maigre  ». Lui, il s’enorgueillissait d’avoir eu un fonds considérable dans sa librairie… qui avait très vite coulé. 

notre carton d’invitation à cette inauguration s’ornait d’une belle phrase de Karl Kraus. Georges, un de mes éditeurs préférés, m’envoya un mot pour m’annoncer qu’il ne pourrait pas venir, mais qu’il souhaitait bonne chance à cette librairie naissant sous le parrainage de Karl Kraus qui méritait bien trois K ! Je me sentis giflé de honte. moi, l’ancien correcteur, soucieux de ne pas faire de fautes, surtout pour une invitation pareille, j’avais laissé passer la faute énorme, celle qu’on voit toujours trop tard : j’avais écrit KarK Kraus. 

De 11 h 30 jusqu’à plus soif. Pour cette invitation, j’avais trouvé la formule amusante autant que généreuse mais je devais constater que j’avais pris, en l’utilisant, un risque inconsidéré : certains ont soif jusqu’à ce qu’ils tombent ivres morts. C’était le cas de C. 12


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Je l’avais rencontré quelques semaines auparavant. Fondateur et directeur d’une officine littéraire non négligeable, il faisait partie de ceux que je me devais de connaître. On m’avait dit : c’est un alcoolique. mais à notre premier repas en commun j’avais trouvé qu’il ne buvait pas tant que ça. C’est-à-dire pas plus que moi. La suite devait me montrer que ma première appréciation était naïve. nous ne buvions pas pareil. Je buvais parce que ça accompagnait bien les moments agréables de la vie, il buvait pour être vite saoul, perdre conscience, se déchirer, tomber. Je buvais jouissance. Il buvait suicide. 

J’avais aussi sous estimé notre fatigue. Vers le milieu d’aprèsmidi, rompus, nous avions décidé de fermer pour nous accorder un repos bien mérité. Le vaisseau était lancé. Le lendemain, je trouvai un mot sous la porte. Un ami qui avait fait deux cents kilomètres pour être avec nous avait trouvé porte close. Il ne m’avait pas prévenu de sa venue pour nous faire une surprise. C’est lui qui fut surpris. Je m’en veux encore. 

Je n’étais pas de cette ville ; je n’y connaissais que deux ou trois personnes. mais je l’ai tout de suite aimée : ses grues rouillées et ses cœurs tapants, ses bistrots fanés et ses mains solides encore, après une vie de chantier. Ici on serre la pogne à la régalade autour du zinc, bien qu’on ne se connaisse pas. Ici, des mecs à gueule de prolo cassé se mettent à citer du nietzsche au détour 13


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d’un ballon de rouge. Ici, on a vu naître les bourses du travail, le syndicalisme révolutionnaire, les grandes grèves. On s’en souvient sans le savoir. La plupart des prolos ignorent cette histoire mais on dirait qu’ils en sont tout de même imprégnés, quand ils se fâchent, comme d’une brume d’insurrection. et moi, vieux soixante-huitard guère assagi, ça me plaît bien. 

J’avais été avant employé en librairie puis représentant en librairie. Je savais que libraire était un métier de masochiste. Je disais à qui voulait m’entendre : il faut tout faire, sauf libraire. donc, j’en ai créée une : c’est ce qu’on appelle l’erreur positive. 

mais je me suis décidé à faire ce métier parce que cela avait un sens pour moi ; parce que je préfère gagner ma vie en me livrant à un travail que je considère estimable, même si ça paye très mal, plutôt qu’en faisant n’importe quoi pourvu que ça rapporte. Je sais : ce n’est pas trop dans l’air du temps. Pour le plaisir du métier, je serai gâté. Pour la mauvaise paye aussi. 

J’avais aussi envie, en preux chevalier de la littérature, de contribuer à ce que Stephen King n’écrase pas totalement Scutenaire ; que max Gallo n’occulte pas entièrement daniel Guérin.

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C’est la faute à ma maman. Si je n’avais pas, tout gosse, trouvé dans sa vaste bibliothèque Le comte de Monte-Christo en gros volume illustré, tanné par les lectures, je n’en serais peut-être pas là. 

moi qui me suis toujours considéré comme un ennemi de l’asservissement des hommes au commerce, je vais maintenant devoir plonger dans les affres du tiroir-caisse. Le veau d’or (qui est toujours de boue) rigole doucement. 

Je croise ce vieil ami qui a longtemps été libraire. Je lui dis que je viens d’ouvrir une librairie. Il a ce cri du cœur : t’es con ou quoi ? 

dès la création de la librairie, des parents, des amis, m’aident financièrement. À la mesure de leurs moyens. Ils me font un petit chèque. Pas byzance mais un coup de pouce. Le banquier, étonné de cela, me demande : vous avez des sponsors ? non, disje, j’ai des amis. Je constate que la notion a du mal à entrer dans son logiciel.

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J’ai vite compris que je ne devais pas dire aux banquiers, financiers potentiels, que j’allais construire moi-même les étagères et les meubles de la librairie, faire la peinture, etc. Je lisais dans leurs yeux : ce baba cool, il va poser trois cageots sur quatre briques creuses ! évoquer la possibilité d’un savoir-faire devant des gens qui en ignorent tout, des gratte-papiers qui n’ont jamais planté un clou, est risqué. Il vaut mieux leur chanter la chanson qu’ils attendent et ajouter au prévisionnel financier une ligne équipement assez lourde. Ça, ça rentre bien dans le cadre. 

Une fois que c’est fait, ces étagères etc. On me demande souvent sur un ton admiratif : c’est vous qui avez fait tout ça ? Je dis, oui. Faussement modeste, secrètement flatté. 

La semaine qui a suivi l’ouverture, j’ai eu un afflux étonnant de visites. Les vendeurs d’extincteurs et d’espaces publicitaires. 

On vient voir le fou qui a ouvert une librairie à Saint-nazaire ! J’avoue que c’est moi. Ils me regardent bien, sans jeter un œil sur les livres. Il dit : c’est courageux, et ils s’en vont. Ils venaient vraiment 16


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voir le fou. Pas la librairie. Je me dis que ça va peut-être se développer. Les jours de vacances, les mères promèneront leurs enfants devant la vitrine. regarde le fou. attention, ne t’approche pas. On ne sait jamais. 

elle est épaisse comme une allumette à moitié brûlée, la peau plus pâle que les cachets qu’elle doit avaler à fortes doses. dès l’entrée, elle m’agresse : alors, vous prétendez faire une vraie librairie ? Vous vous croyez à la hauteur ? Je lui réponds : regardez ! elle se rue sur le rayon poésie puis glisse plus calmement vers le rayon idées qu’elle ausculte longuement. après avoir méticuleusement inspecté les tranches elle se tourne vers moi avec un petit sourire : ça va. Ouf, j’ai passé le test. 

Ce que l’esprit imagine, l’œil le voit, même lorsque ce n’est pas là. L’un a vu dans ma vitrine des livres religieux, l’autre y a vu des livres ésotériques, alors qu’il n’y a jamais eu ni les uns ni les autres. 

Un ami à qui je confie que j’ai fait une erreur en baptisant ma librairie Voix au chapitre sans penser que ça allait m’attirer tous les bigots des environs me conseille : tu n’as plus qu’une solution, ajouter sur ton enseigne : ni dieu, ni maître. 17


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Ils viennent chercher recharges pour stylos, enveloppes, calendriers, cartes postales, timbres… Je réponds que je ne fais pas ça. Ils me regardent ahuris. Il faut que j’explique qu’une librairie, comme son nom l’indique, c’est un lieu où l’on vend des livres. Ils me trouvent certainement bien pédant. 

Ce gosse doit avoir au moins dix ans. Passant devant la boutique avec sa mère, il lui demande : c’est quoi une librairie, maman ? Je n’entends pas la réponse. 

Il a repéré un livre dans la vitrine et entre me demander si on peut le trouver partout ? Oui, même ici. 

Le livre qui se trouve partout, on l’achète n’importe où. Chez le libraire on va chercher le livre introuvable. 

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mon premier grand bonheur de libraire. Il se présente comme un vieux monsieur. Pour moi c’est une sorte d’autorité, au sens noble du terme. Il a écrit un livre qui m’a bouleversé et paralysé. Le genre de livre après lequel tu te dis : pas la peine d’écrire. C’est ma première invitation d’auteur pour la librairie. Je tenais beaucoup à ce que ce soit lui, méconnu du grand public, donc peu susceptible d’attirer grand monde, mais je m’en fous. Je suis dans mes petits souliers, d’autant plus qu’une amie m’a dit : tu sais, il est impressionnant d’érudition. mais il est gentil comme tout, pas pédant ni grosse tête. en fin de soirée, dans un restaurant où des musiciens tsiganes imprévus nous surprennent agréablement, nous arrosons à la vodka son plaisir d’avoir retrouvé cette ville qu’il a connue étant jeune, avant la guerre, et qu’il redoutait de revoir. Il a même revu des amis d’enfance. Il est très content. nous nous reverrons. Je bois du petit-lait au miel. Je fais un métier magnifique. 

Partenaire d’une association locale, j’ai invité sur sa demande cet auteur que je ne connaissais pas, parce qu’il est dans la sélection de leur prix. L’ayant lu avant, je n’avais pas trouvé ça grandiose. même plutôt lourdingue. au cours du débat, il explique qu’il s’efforce de faire des phrases simples, avec le moins d’adjectifs possibles. Je vois la tête effarée de certains de mes habitués. Je me demande pourquoi je fais ce métier de con ? 

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Je pense à cette anecdote que raconte un auteur : Sur un salon quelqu’un lui demande si c’est son éditeur qui met la ponctuation dans ses livres. non, dit-il, je ne mets que la ponctuation. Je laisse l’éditeur écrire le reste. 

après notre première rencontre, nous sommes devenus plutôt amis, et puis un peu moins, et maintenant je n’ai plus de nouvelles, et c’est peut-être tant mieux. mais je lui voue une reconnaissance éternelle (tant que je vivrai !) pour avoir aidé la librairie à apparaître. Le  héros national de la région comme disait un représentant en verve, tout frais sorti de son Goncourt, venant signer ses livres dans cette librairie à peine née, inconnue de presque tous, ce fut un colossal coup de pouce. Comme si Van morisson m’avait invité à chanter Gloria avec lui. 

C’est aussi la première fois où la queue devant la librairie s’inversa. avant c’était la foule qui attendait pour aller chercher sa bouffe chez le traiteur d’à côté, et qui bloquait la vitrine et la porte de la librairie. Là, c’était la foule des lecteurs qui paralysait la devanture du traiteur. bonheur. 

C’est un punk, un vrai : rangers, treillis, anneau dans le pif éclaté par les bastons de squats et superbe coupe iroquois. avec 20


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sa meuf et le chien, ça fait des mois qu’ils passent devant la librairie, plusieurs fois par jour, du squat à la manche, de la manche au squat. À chaque fois, elle ralentit le pas, jetant un œil en coin sur les bouquins. elle a dû finir par le convaincre. Ils ont poussé la porte. Ils explorent. Lui, on sent qu’il en a vite marre, mais elle fouille vraiment. Ça dure. Il décide que ça suffit : bon, ça y est ? J’espère qu’elle a eu le temps de me piquer le livre qu’elle voulait, en espérant aussi que ce ne soit qu’un poche. mais c’est lui qui s’avance vers la caisse, avec l’air du bûcheron qui a mal digéré son mélèze, et qui me tend un livre qu’il… paye ! C’est Le dernier des Mohicans. 

Il me faudrait Tartuffe. dans cette édition où une autre ? du moment que le texte est le même… Ça, je vous le garantis, c’est un texte qui n’a pas bougé depuis molière.  

Il y a celui qui veut un livre « bien déjanté. bien trash ». Celle qui veut offrir un livre à une vieille dame qui « lit beaucoup, mais je ne sais pas trop quoi ». Celui qui veut offrir un livre à « quelqu’un qui ne lit pas, mais je voudrais qu’il lise ! » Celui ou celle qui veut faire une déclaration d’amour par le biais d’un livre mais, bien sûr, ne le dit pas comme ça. 21


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Celle qui cherche un livre pour un enfant de trois ans mais ne veut rien de ce qu’on lui propose car « Il est très avancé pour son âge ». On a envie de lui dire : Prenez donc Freud ou marx. 

Je voudrais un roman. Oui, quel genre ? … ! Quel genre de littérature vous aimez ? ah. non, pas de la littérature, un roman. 

Je ne connais pas le titre, ni l’auteur, mais ça parle d’amour et la couverture est rose. non, vous ne voyez pas ? (Sur le ton : il est vraiment nul celui-là). Je l’avais noté sur un papier, mais je l’ai oublié (Petit rire faussement gêné). C’est l’habituel challenge du libraire, qui s’y prête avec énergie. tout fier quand il finit par trouver le bouquin en question. essayez donc d’aller demander à un magasin de bricolage «  des vis mais je ne sais plus quelle taille  » ou à un vendeur d’électroménager « Je ne sais pas comment ça s’appelle, si c’est un frigo ou une cuisinière, mais je l’ai vu à la télé ». 

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avez-vous des résumés de livres ? – non, j’ai des livres entiers. 

Ils demandent un livre facile à lire. Je déplore de n’avoir pas de recueil de pages blanches à leur proposer. 

Pour accompagner l’annonce des horaires d’ouverture de la librairie, je placarde cet avis sur la porte : Normalement, le libraire ouvre à l’heure. Mais étant comme tout un chacun sujet aux accidents de l’existence, il peut tomber en panne de voiture ou se trouver bloqué dans un ascenseur, être renversé par une poussette ou arrêté pour souffler dans le ballon, faire un malaise vagal ou glisser sur une peau de banane, avoir une panne d’oreiller ou être pris en otage par un banquier. Dans ces circonstances il est possible qu’il ait un peu, ou beaucoup, de retard. Soyez assez bons pour lui pardonner et repasser plus tard. Souvent, des clients me disent, j’ai lu votre avis, et je vous ai pardonné votre absence. J’espère que vous n’avez pas été pris en otage par un banquier ? C’est ce qu’ils retiennent le plus fréquemment. air du temps. 

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GÉRARD LAMBERT-ULLMAN a été libraire à Saint-Nazaire (LoireAtlantique) durant dix-huit années. Au fil de ce Dernier chapitre, il revient sur les moments exaltants mais aussi sur les désillusions que ce commerce « pas comme les autres » devait lui réserver. Incurable lecteur doublé d’un humaniste invétéré, il a fait du partage de ses bonheurs littéraires l’axe essentiel de sa vie.

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« On laisse tomber les références littéraires et les poses qui vont avec. On parle fort, comme une bande de potes. On chante. On boit. On chante encore. Faouzi et Isham transforment leurs guitares en oud, laissant les poèmes se coudre sur le rythme, moelleux, craquant. On échange des braises. On brûle des campements. Trois heures plus tard, nous sommes frères pour la vie. Aucune légion ne pourrait écraser notre tribu. J’ai le sentiment d’avoir vécu un siècle. Je vide les cendriers comme si je buvais des étoiles. »

Gérard Lambert-Ullmann

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Photo de couverture © François Bon

9 782848 092294

14 € ISBN 978-2-84809-229-4

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