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LE ROUGE EST MIS

Histoire d’un prétexte … 168 M est une œuvre de Jean Pierre Tanguy intitulée « Le rouge est mis », c’est une gravure sur papier de 82 x 62 cm Elle est comme une formule magique, un sésame ouvrant sur un imaginaire extravagant ! C’est aussi, pour moi, le titre d'un film que je n'ai pas vu, alors tout était possible …comme rien ne va plus, les jeux sont faits ! Le projet d'une exposition était né. Il s'agissait d'interpréter sur un mode ludique cette formule colorante. À vos pourpre, garance, carmin, vermillon, minium, sanguine et rubis ! ... Joël Blonde président d' ARTOTEC

Mai 2008 Dossier réalisé par Frédérique Darras


51 P

52 P

Apparition de la couleur o Cohérence du regroupement Présentés lors de l’exposition « Estampe », ces deux tirages réalisés à l’aide de la même matrice permettaient d’illustrer la technique de l’estampage pour la première et de la xylogravure pour la seconde. En effet, si dans le premier tirage la couleur est absente, c’est grâce au gaufrage du papier, épais et gonflé d’humidité donc malléable sous forte pression, que le motif apparaît, comme sculpté dans la matière, dans un jeu délicat d’ombre et de lumière. Le rouge apparaît dans le second tirage et la couleur vient révéler le motif par simple apposition de la matrice sur le papier, sans creux ni relief. Dans la première version, le motif est incrusté par la force de la pression dans le papier, on voit dans la seconde celui-ci ressortir et avancer vers nous par la force chromatique du rouge.

o Fiche technique des œuvres 51P, Sans titre ; Estampage de Jacques Thibaut (matrice en bois) ; 28 x 50cm 52P, Sans titre ; Xylogravure de Jacques Thibaut ; 28 x 50cm

o

Une proposition d’activité en cours 1. Réaliser un estampage à l’aide de papiers buvards humides et de surfaces ou de fragments de matières en haut-relief (créer une forte pression en posant un poids, laisser sécher si possible avant de retirer le buvard) : crépis, legos, semelles de chaussure…par exemple. 2. Réaliser d’autres relevés de ces matières : - par frottement au crayon (rouge ou pas ) - par empreinte à la gouache (rouge ou pas) 3. Travailler en diptyque ou triptyque par juxtaposition des réalisations effectuées avec et sans couleur.


Fiche d’activité pour l’enfant pendant la visite de l’exposition Questions : -

Cherche, parmi toute l’exposition, l’œuvre dépourvue de rouge (dépourvue de toute couleur en fait) Quel est le lien entre l’œuvre 51P et l’œuvre 52P ? La seconde est une xylogravure. « Xylo » veut dire « bois » : où peut-on repérer l’utilisation du bois pour fabriquer l’image ?

Dessin : Place le personnage allongé dans un décor de ton choix


39 P

41 P

111P

371 G

Le monochrome o Cohérence du regroupement Comme précédemment, cet ensemble se caractérise par l’utilisation d’une seule couleur, le rouge. Mais cela ne signifie pas que la palette soit pauvre, bien au contraire : elle est riche en nuances et toute en subtilité. Les variations sont obtenues par l’éclaircissement de la teinte de base, soit par dilution soit par modulation de la pression sur l’outil soit par modulation de l’épaisseur du trait de dessin. Chaque œuvre explore différents modes opératoires : la première est un dessin, uniquement composé de lignes ou de points ; le geste est libre et spontané et la largeur de la ligne varie en même temps que la pression ; des retours et des reprises d’un même geste ou d’une même ligne en réaffirment aussi la présence. La seconde articule ensemble des lignes et des surface : les surface sont travaillées avec des variations de dilution et produisent des dégradés dans les zones de passage entre l’ombre et la lumière que les lignes entrecroisées confirment. La troisième oppose le « dessin », fait à la main au travail de la surface constituant l’héliogravure : le geste de rayer, de faire des biffures, masque, mutile presque l’image, offrant un contraste net entre spontanéité brutale et finesse de la gravure quasi photographique, entre dégradés pâles et subtiles et tracés appuyés, répétés lourds et saturés. La dernière œuvre propose un aplat de rouge, auquel un jeu de graphismes dorés (une écriture hindoue biffée avec soin et rendue incompréhensible pour tous) plus ou moins denses apporte des variations d’intensité qui prennent effet à distance : là où les graphismes gagnent en densité, le rouge s’éclaircit tandis qu’il reprend de sa force dans les espaces clairsemés.

o Fiche technique des œuvres 39P , Dispute ; Sérigraphie de Gaubert Rolland ; 32 x 42 cm. 41 P, Elles ; Lithographie de Arlette Bardoz ; 49 x 42 cm. 111 P, Robespierre ; Héliogravure de Arnulf Rainer ; 57 x 40 cm. 371 G , Sans titre ; Sérigraphie de Christophe Robin ; 110 x 80 cm.

o Une proposition d’activité en cours 1. Expérimenter :

- les différentes dilutions. - les variations d’épaisseur. - les variations de pression.

2. Sur une feuille A4 tenue à l’horizontale, chacun trace une ligne rouge traversant le format de part en part selon un trajet de son choix, en appliquant une des caractéristiques expérimentées. 3. Additionner les feuille en les juxtaposant de façon à faire coïncider les arrivées et les départs de ligne.


Fiche d’activité pour l’enfant pendant la visite de l’exposition Questions : - « Monochrome » veut dire « d’une seule couleur ». Trouve dans l’exposition les quatre monochromes rouges. - Dans lequel de ces monochromes les lignes sont-elles rouges sur fond blanc ? - Dans lequel de ces monochromes c’est le fond qui est rouge et les lignes (les tracés) sont dorées ? Dessin (1) : Voici l’artiste au travail. Représente son modèle un jour sans dispute…


Dessin (2) : Biffe les mots jusqu’à faire apparaître un motif de ton choix (forme géométrique ou image) Le rouge est ambivalent dans la symbolique occidentale :l'amour, la passion, le sang, l'érotisme, la génération, la régénérescence (le phénix), la chaleur accueillante, l'appétit, la vie, la force vitale, la fête, le spectacle (décoration des théâtres et des opéras rouge et dorée), le luxe, la richesse, les émotions associées (timidité, plaisir, désir), l'amour divin. Par exemple dans le titre du roman de Stendhal, Le Rouge et le Noir. le diable (dans l'Égypte ancienne Seth, le destructeur, est en rouge), la luxure (couleur des maisons closes, des prostituées), la tentation, le feu, la destruction, la mort (le sang versé), la chaleur cuisante, les émotions associées ("rouge de colère", « voir rouge », l'égoïsme, la haine, l'amour infernal). Rois mages Par extension, le rouge c'est aussi :la puissance, le pouvoir, la souveraineté (empereur de Rome, cardinaux, robes de magistrats), l'aristocratie (alors que c'est le jaune dans les cultures asiatiques), la noblesse. Dans ce cas, le rouge peut aller jusqu'au pourpre. dans les textes sacrés des Chrétiens, des Égyptiens, des Hébreux et des Arabes, la couleur toujours associée au feu et à l’amour divin, et qui symbolise la divinité et le culte. dans la liturgie catholique romaine, la couleur que revêt le prêtre pour les offices des fêtes du Christ (dimanche des Rameaux, Vendredi-Saint, etc), des fêtes de l'Esprit-Saint (Pentecôte, célébration du sacrement de Confirmation, etc), c'est aussi la couleur qu'il porte pour honorer la mémoire des apôtres, des évangélistes et des martyrs. Ceinture rouge : grade le plus élevé dans le judo et le karaté, correspondant aux 9e et 10e dan, avant la ceinture blache large, grade symbolisant l'accomplissement définitif du combattant. Une ceinture rouge et blanche correspond aux 6e, 7e et 8e dan. au niveau psychologique, la couleur qui représente la joie de vivre, l’optimisme, la vigueur, l’instinct combatif et ses tendances agressives, la pulsion sexuelle, le désir amoureux, la passion, le besoin de conquête… le symbole de la révolution et du prolétariat (ex. : Le Drapeau rouge, sang versé au cours des répressions). l'interdiction (panneau de signalisation de « sens interdit », de « stop », les feux rouges), le danger (le téléphone rouge, l'alerte rouge), couleur qui attire l'œil pour prévenir (rouge des camions pompiers), la correction / la sanction (le carton rouge, le stylo rouge du professeur), l'attention (la Croix-Rouge ; en Italie les croix des pharmacies sont rouges) Dans le code de couleurs des résistances électriques et des condensateurs, la couleur rouge correspond au chiffre 2, au multiplicateur x100, à une précision de 2% et à un coefficient de tempréature de 50ppm. Dans la norme CEI 60757, on le nomme RD (abréviation de red). Dans les contes : Le Petit Chaperon rouge. Dans la BD : Le Trésor de Rackham le Rouge À la roulette, les 18 numéros rouges en opposition aux 18 numéros noirs. Dans les jeux de cartes, la couleur des cœurs et des carreaux, en opposition aux piques et trèfles qui sont noirs. C'est la couleur du bouchon des bouteilles de lait entier (en opposition au bleu pour le lait demi-écrémé). Une petite pastille rouge placée en son milieu indique le robinet d'eau chaude (en opposition au bleu pour l'eau froide). Autrefois réalisée en céramique ou en porcelaine, c'est aujourd'hui une petite capsule en plastique. Le rouge est aussi la couleur du communisme (l'anarchie ayant pour couleur le noir). Croix rougeOrigine de cette symbolique [modifier]Elle réside principalement dans le fait que le rouge est la couleur réelle du sang, des muscles, de la bouche, des lèvres, du sang versé par l'ennemi, du cœur (à la fois muscle et pompe sanguine), ainsi que du feu qui crépite, des braises.Par ailleurs, les pigments ont été maîtrisés rapidement dans l'histoire de l'humanité, les Hommes du paléolithique utilisaient déjà le rouge pour leurs peintures (par exemple dans la grotte Chauvet). Pour les teinturiers du Moyen Âge, le rouge était une des couleurs les mieux maîtrisées.Enfin, c'est une couleur qui attire l'œil car elle est peu présente dans la nature et sa rareté en fait une couleur d'exception. D'un point de vue optique, c'est aussi la couleur qui excite le plus le cône de l'œil humain après le jaune.Selon une étude récente, les vêtements rouge augmenteraient les performances dans les sports de combat 1. Une autre montre que les voitures rouges sont surreprésentées parmi les accidents. Parmi les LEGO Bionicle, sur 6 personnages identiques à la couleur près le rouge a toujours les meilleures ventes.Il apparaît donc que la couleur rouge a un effet excitant, que ce soit dû à sa symbolique ou à sa visibilité. Cela explique vraisemblablement la couleur rouge de la muleta.


219 P

216P

Chaleur, lumière, contraste o Cohérence du regroupement La rigidités des formes géométriques communes à ces deux œuvres, fait qu’il émane d’elles une certaine froideur. Bien sur, il faut nuancer cette impression générale et être attentif au caractère spécifique à chacune d’elles, du triangle agressif au cercle réconfortant en passant par le carré rationnel… La couleur vient, elle aussi, moduler ce langage et, dans l’œuvre 219P, elle donne au petit carré jaune une forte tonicité, le transformant en une fenêtre irradiant de lumière, le faisant presque apparaître plus grand qu’il n’est, tandis que le carré rouge nécessite d’être véritablement plus grand pour s’imposer et demeure malgré tout en léger retrait. Plutôt que la lumière, c’est de la chaleur qu’il dégage et qui rend la forme incandescente. Dans l’œuvre 216P, triangle et cercle s’harmonisent grâce à cette couleur commune, mais le traitement de la surface diffère et le contraste qui en résulte est saisissant : Le cercle est travaillé dans un dégradé de rouge allant du plus pur au plus sombre par l’addition de noir. Le contraste avec le fond est minime et le contour de la forme tend pratiquement à s’estomper, perdant en même temps un peu de sa rigidité. Inversement, le triangle qui se superpose à lui présente des limites nettement définies grâce à la juxtaposition systématique d’un ton lumineux et d’un ton rabattu entre la surface du triangle et celle du cercle. o Fiche technique des œuvres 219P, Diversités abstraites ; Sérigraphie de Juan Mele ; 40 x 30 cm. 216P, Diversités abstraites ; Sérigraphie d’ Horacio Garcia Rossi ; 4 x 30 cm. o Une proposition d’activité en cours 1. Chacun se trace des formes géométriques sur des papiers de couleur diverses, en variant les tailles, et les découpe. 2. Inventer une règle de jeu pour faire des duels de type « ciseau, papier, caillou, feuille » Exemple : Grand carré > Petit carré Jaune > Orange > Rouge > Violet >Bleu … Triangle > Carré > Rond 3. Jouer ! …et explorer ensemble les subtilités du rapport « couleur/taille/forme ».


Fiche d’activité pour l’enfant pendant la visite de l’exposition Questions : - Nomme les formes présentes dans les œuvres 219P et 216P. - 219P : Lequel des deux carrés ressort le plus ? Sais tu pourquoi ? - 216P : Lequel semble « devant », le triangle ou le cercle ? Sais tu pourquoi ? Dessin : Place un carré sous le cercle ; puis place un rectangle sous le carré ; puis place un cercle sous le rectangle ; enfin, place un triangle sous le cercle !


183 M

391 M

Fond rouge o Cohérence du regroupement La couleur habite les formes mais elle investit aussi les fonds. Selon la théorie de Matisse sur la couleur, l’impact de celle-ci dépend, entre autre, de sa quantité, c’est à dire de la surface qu’elle occupe (« 1m2 de bleu est plus bleu qu’1cm2 du même bleu »). C’est dire la force que revêt alors la couleur quand elle occupe tout le fond de l’œuvre. D’elle dépend la mise en valeur, ou pas, des motifs mais d’elle aussi l’impact d’ensemble de l’œuvre ; et c’est elle qui donne le ton de l’ambiance, de l’atmosphère, l’émotion colorée dominante. Dans l’œuvre 183M, il ne semble pas y avoir de narration. La réalisation, bien qu’étant une sérigraphie, est conçue comme un collage (peut-être en est ce justement le point de départ). En effet il semblerait que ce soit des contre-formes qui aient été réutilisées, le point d’interrogation en étant l’exemple le plus flagrant. Le rouge du fond qui réapparaît dans l’arc du point d’interrogation redevient à ce moment là motif ; mais la forme bleue sur laquelle il se détache est vite cernée par le fond, à nouveau rouge de l’œuvre, qui apparaît alors comme une extension, un écho, une irradiation du point d’interrogation. Partant de lui et revenant vers lui. Dans l’œuvre 391M, le rouge suggère un espace incandescent, là où le bleu spatial ou bien le noir symbolique du vide sont utilisés habituellement pour placer les astres et les humains en apesanteur. La roue tourne sans axe : quel mouvement entraîne t-elle ? Est-ce le personnage qui la fait tourner ou bien est-il aspiré par son mouvement ? Vie t-on un drame ou bien est ce un jeu ? La trace blanche qui suggère le déplacement de la roue et de l’humain est comme l’amorce d’une flamme après le frottement de l’allumette sur la boite : c’est une énergie bien explosive en tout cas qui émane de cette œuvre…

o Fiche technique des œuvres 183M, Point d’interrogation ; Sérigraphie de Pierre-Louis Brechat ; 67 x 52 cm 391M, Monotype à la roue ; Monotype et gravure de Francis Hungler ; 68 x 54 cm

o Une proposition d’activité en cours 1. Débuter une activité de collage traditionnel en demandant la découpe de silhouette d’animaux dans divers papiers colorés. Penser à garder toutes les contre-formes. 2. Redistribuer celles-ci de façon aléatoire mais juste et proposer de créer l’amorce d’un paysage en utilisant ces formes sans les redécouper mais en les tournant et plaçant librement. 3. Placer les animaux. 4. Compléter la représentation des animaux (détails à l’intérieur des silhouettes par exemple) et celle du paysage afin d’achever le travail.


Fiche d’activité pour l’enfant pendant la visite de l’exposition Questions : - Trouve les deux œuvres dont le fond est rouge. - Dans l’œuvre 183M, trouve le point d’interrogation (complet) : quelle est sa couleur ? - Dans l’œuvre 391M, qui fait tourner l’autre à ton avis, l’humain ou la roue ?

Dessin Notre humain n’est pas seul entraîné (ou entraînant) : dessine les 3 autres personnages. Puis choisis le nouveau sens de ton dessin, celui qui met en valeur ton personnage préféré, et signe ton dessin en bas à droite de ce nouveau sens de lecture afin de valider cette décision.


176M

270M

Animal et végétal o Cohérence du regroupement Coïncidence intéressante, le végétal et l’animal se côtoient, se complètent et s’opposent simultanément dans ces deux œuvres d’artistes pourtant différents. 176 M : Le poisson imbriqué dans le feuillage semble être apparu dans la foulée d’un tracé assez libre et presque aléatoire. Il semble être la dernière pièce d’un puzzle onirique et sa forme se détache du reste grâce à l’utilisation des complémentaires : sa vie animale palpite au cœur d’une masse végétale paisible et apaisante. 270M : La ligne du dessin est fine, précise et raffinée. Deux dessins qui semblent être des fragments de représentation, sont juxtaposés de telle façon qu’une continuité se créé. Un troisième dessin, sans surface colorée, sert de prédelle à ce second polyptyque. La rupture colorée entre les deux premiers dessins suggère leur différence latente : entre plumage et feuillage, entre végétal et animal… Le mariage est consommé dans le dessin qui forme la base de cet ensemble, lors de la représentation d’un oiseau semblant constitué/émerger de feuilles. Le rouge somptueux central explose cette fois-ci dans la flamboyance ornementale d’une fleur, elle même symbole de beauté et de vie.

o Fiche technique des œuvres 176M, Sans titre ; Lithographie avec rehauts de pastel gras de Claude Routhier ; 69 x 53 cm 270M, Variation ; Aquatinte (gravure) d’Ibéria Lanoé ; 67 x 40cm.

o Une proposition d’activité en cours 1. Ramasser différentes feuilles d’arbres, en quantité, et les laisser sécher à plat. 2. A l’aide de la technique du collage puis du dessin, réaliser des animaux en végétaux. 3. Sur un autre support, laisser courir et s’entrecroiser un réseau à partir d’une ligne faite au pinceau ou à la craie. 4. Chercher des formes d’animaux apparues par hasard. Les compléter éventuellement par le dessin. Les faire ressortir par la couleur. 5. Si vous avez travaillé dans des formats qui sont des multiples (20X20 puis 10X10 ou 5x10 ou 5 x 20 ect…) vous pouvez créer des polyptyques ou un soubassement de type prédelle.


Fiche d’activité pour l’enfant pendant la visite de l’exposition Questions : - A quoi pense tu en voyant les images alignées en dessous de l’œuvre 176M ? A quoi servent-elles ? - 270M : Quelle partie de quel végétal voient-on (au centre) ? Quelle partie de quel animal voit-on (en haut) ? Dessin : Plante des arbres et des fleurs pour aménager un aquarium du goût de ce poisson « campagnard » !


408P

242P

Cacher/Révéler o Cohérence du regroupement

Deux intérieurs : papiers peints, meubles, objets… Deux paravents rouges attirent l’attention et occultent une partie de l’espace simultanément. Elément ornemental d’un genre particulier, il fonctionne comme le papier cadeau, révélant et cachant à la fois, mettant en valeur et rendant exceptionnel le plus banal parce qu’il le rend mystérieux en le soustrayant à notre regard. Matisse n’est pas loin avec ses mises en scène décoratives dans des espaces sans perspective linéaire mais utilisant la couleur pour sa qualité spatiale : les teintes froides ou sombres reculent, les teintes chaudes ou claires avancent et suscitent la rétine.

o Fiche technique des œuvres 408P, Sans titre ; collage, peinture et dessin de Yvan Clavel ; dimensions indisponibles. 242P , en attendant son retour ; Lithographie de Fabrice Penaux ; 46 x 35 cm.

o Une proposition d’activité en cours 1. Dans l’espace d’une grande feuille, coller une plus petite feuille, pliée en deux dans la hauteur : ceci est un paravent dans un intérieur. 2. Dessiner le décor dans lequel il se situe. 3. Décorer le paravent comme un bijou ou un paquet cadeau… 4. Découper dans un magasine et coller ou bien dessiner derrière le volet du papier ce que le

paravent est censé cacher !


Fiche d’activité pour l’enfant pendant la visite de l’exposition Questions : - Dans les œuvres 242P et 408P, que peut-être ce rectangle rouge qui semble cacher quelque chose ? - Trois petites dessins servent de base à l’œuvre 242P : que montrent-ils ? - Quel effet provoque le choix de la couleur rouge à chaque fois ? Dessin : Représente ce que tu aimerais trouver derrière ce paravent (trois possibilités s’offrent à toi)


433 M

315P

Codes de représentation o Cohérence du regroupement Ici encore la coïncidence est intéressante car peu à peu, d’œuvre en œuvre, apparaît l’idée que le rouge est bien la couleur ornementale par excellence, dans la nature comme pour un intérieur, un accessoire ou une création. Deux vêtements rouges sont représentés, l’un à l’état d’ébauche sous la forme d’un patron, en morceaux, superposés, tracés mais pas encore découpés (transparences), l’autre porté par son propriétaire sous une nuit rouge étoilée… Dans l’œuvre 433M nous sommes en présence d’un objet à la limite de l’abstraction, une représentation dont le code est si peu évident pour le public non initié qu’il est à la limite du concept : celui des patrons de couture. C’est d’ailleurs grâce à l’ajout inattendu en bas à droite du format, d’un dessin académique représentant une main tenant un tissu, que l’identification de la matière dans laquelle ce projet papier sera réalisé, que le vêtement se concrétise. Dans l’œuvre 315P, malgré un traitement naïf faussement maladroit (articulation du bras au torse), le vêtement est représenté complet, assemblé et déployé. Sa forme est donc reconnaissable. Les autres éléments de l’image n’ont comme mission que de créer l’univers de cet objet exceptionnel proche du peignoir ou de la robe de chambre (le personnage, pied nu semble en pyjama) mais aussi de la cape, et qui fait de son porteur un adulte/enfant doublé d’un héros/magicien…

o Fiche technique des œuvres 315P, Le manteau rouge ; gravure de Cyril Desmet ; 68 x 52 cm. 433M, Sans titre ; sérigraphie de Martine Cirès-Brigand ; 77 x 56 cm. o Trois propositions d’activités en cours A. Réunir des photographies de vêtements, tissus, objets et matières de la même couleur afin de réaliser un collage monochrome. B. Choisir la photographie d’un personnage revêtu d’une tenue monochrome. Le coller sur un A4 et dessiner son environnement. Le mettre en couleur dans les mêmes tonalités. C. Prendre des photographies de vêtements et les démanteler (déconstruire) afin de recomposer de nouvelles tenues.


Fiche d’activité enfant pendant la visite de l’exposition

Questions : - Que représente l’œuvre 433M ? (quels sont les indices qui t’ont orienté ?) - Dans l’œuvre 315P, sommes nous le jour ou la nuit ? (quels sont les indices qui t’ont orienté ?) Dessin : Dessine pour ce personnage un nouveau costume à ton goût.


59G

55M

85G

Présence et représentation o Cohérence du regroupement Voici 3 œuvres faisant partie d’un ensemble commémorant le Bicentenaire de la Révolution française. Dans le drapeau français, le rouge et le bleu, couleurs de la ville de Paris, entourent le blanc de la royauté. La tenture rouge de la dernière œuvre est l’accessoire principal d’une mise en scène théâtrale où le rouge symbolise le sang du meurtre de Marat. Le tissu est tantôt réellement présent dans l’œuvre, tantôt représenté dans une image : dans l’œuvre 55M, le drapé n’est qu’illusion. Il s’agit d’une représentation classique d’un drapeau. La représentation qui a été la grande question de l’histoire de l’art a laissé place au XXeme siècle à la question de la présentation : croisement entre collage et peinture, l’œuvre 59G est réalisée à partir d’un tissu réellement collé sur le support de la toile et peint aux couleurs souhaitées par dessus, après coup. Dernière étape de cette évolution, l’œuvre 85G présente la photographie d’une installation. Cela signifie que ce tissu rouge a existé dans 2 œuvres différentes et sous deux formes : dans une installation occupant un espace réel et composée d’objets (baignoire, oeuf, châssis et cadre), la tenture est physiquement présente. Cette installation a donné lieu à une photographie qui est autant un témoignage qu’une œuvre à part entière. L’œuvre présente dans le fonds de l’artothèque est désormais une image proposant la représentation (non pas manuelle mais mécanique) de la tenture, comme de la baignoire, de l’oeuf, du châssis et du cadre… o Fiche technique des œuvres 55M, Allons… ; peinture de Kaki Baudiquey ; 84 x 62 cm 59G, Devise en liberté ; peinture et collage de Dominique Baron ; 120 x 90 cm 85G, Triptychos post historicus ; lithographie réalisée à partir de la photographie d’une installation de Drimitrijevic Braco ; 42 x 87 cm. o Deux propositions d’activités en cours A. Fabriquer un support en collant du tissu ou du papier fin froissé avant de peindre dessus. B. Fabriquer un diptyque en associant un morceau de matière réelle et son image (photographie numérique, photographie prise dans un magazine, photocopie de la matière…)


Fiche d’activité pour l’enfant pendant la visite de l’exposition

Questions : - Laquelle de ces trois œuvres (55M, 59G et 85G) est elle en partie un collage ? (Qu’est ce qui est collé ?) - Laquelle est la reproduction d’une photographie ? A quoi le voit-on ? - Laquelle est une peinture donnant l’illusion de voir un tissu (un drapeau) ? Dessin : représente un personnage de ton choix dans cette baignoire.


112M

92 G

Dessin et couleur : histoire d’une querelle o Cohérence du regroupement 2 œuvres contemporaines proposent une relecture de cette querelle vieille de trois siècles : celle du dessin et de la couleur. L’œuvre 112M y fait directement référence en présentant un portrait de David, le chef de file du Néo-classicisme, un style du 19e siècle basé sur le prédominance du dessin. La couleur étaient envisagée en second temps, comme le « remplissage » discret d’un dessin aux lignes parfaites déjà en place : ce que l’on nommerait de nos jours du « coloriage ». Ce principe est illustré par l’œuvre de Rancillac dont l’aspect « inachevé » n’a pour but que de mettre en évidence le remplissage progressif du dessin par la couleur. A cette théorie s’opposait déjà depuis Rubens, celle des coloristes, qui travaillaient directement le dessin en couleur et donnaient la prédominance à la palette chromatique avant même la mise en place du dessin. L’œuvre 92G est composée d’un fond traité de façon autonome, par taches de couleur, et d’une couche supérieure dessinée, qui existe en décalage avec celles ci. C’est une proposition moins démonstrative que la première mais dont la liberté présente dans le rapport entre dessin et couleur nous rappelle qu’aucune des deux théories n’est supérieure à l’autre et que le 20e siècle est celui qui a réconcilié tous les partis pris. o Fiche technique des œuvres 92G, Le feu du monde ; Linogravure de Jorg Immendorf ; 108 x 83 cm 112M, David ; Sérigraphie de Bernard Rancillac ; 80 x 61 cm o Trois propositions d’activités en cours A. Faire dessiner directement les élèves avec des crayons de couleurs (éliminer le crayon noir, trop tentant) ou avec des pinceaux et de la gouache (de couleur) B. Réaliser un fond coloré à partir d’un document flouté (par un logiciel informatique ou la projection d’une diapositive mal réglée). Montrer l’image nette et la faire redessiner à main levée sur un calque ou un rhodoïd de même format. Les superposer. C. Sur une vitre (à la gouache), 2 élèves travaillent simultanément et sans concertation, l’un peignant du côté intérieur un dessin (en lignes donc), le second réalisant de l’extérieur un fond multicolore non figuratif.


Fiche d’activité pour l’enfant pendant la visite de l’exposition Questions : - Lequel des 2 artistes colorie sans déborder du dessin et lequel ne s’en soucie pas ? - Trouve les trois couleurs présentes dans l’œuvre 92G. A quelle famille appartiennent-elles ? De quelle « couleur » est le dessin ? - Quel est le nom du personnage représenté dans l’œuvre 112M ?

Dessin : représente le costume et le décor de ton choix puis donne un nom à ton personnage que tu inscriras en haut à droite à ton tour.


425P

96G

98G

Découper déchirer Texte et image o Cohérence du regroupement 3 oeuvres explorent la lettre, le mot, le texte, en navigant entre le graphisme, la couleur et le sens. L’œuvre 425P fait partie d’un ensemble de 5 voyelles travaillées individuellement. Le jeu graphique y perturbe volontairement la lecture forme/fond ; c’est par la couleur, le rouge du poème de Rimbaud, que celle-ci devient lisible et avance au premier plan. Reprenant l’esthétique de l’affiche lacérée, la sérigraphie suivante (96 G) est d’abord un jeu de papiers colorés déchirés et superposés. Le texte qui est placé au premier plan ne semble pas au contact du collage : le jeu d’ombres simulées qui l’accompagne, ainsi que la « baguette », donne l’illusion qu’il se pose ou inversement se décolle de son fond. Jeu de symétrie et d’écho sont communs entre l’image et le texte dans l’œuvre 98G. Par conséquent le dialogue ne se fait pas uniquement entre haut/bas (savoir et pouvoir) et gauche/droite (positif et négatif) mais aussi entre l’image et le texte. Ainsi, selon les principes de l’affiche de propagande à laquelle cette oeuvre se réfère, l’ambiguïté de l’image est annulée par le décodage du texte, et inversement. Ainsi, la couleur se soumet-elle au message véhiculé et vient-elle rappeler la prédominance du texte sur l’image.

o Fiche technique des œuvres 425P, série intitulée A.E.I.O.U ; sérigraphie de jean Noël Lazslo ; 38 x 38 cm. 96G , Les homes naissent… ; sérigraphie de Peter Klasen ; 110 x 80 cm 98G , Sans titre ; sérigraphie de Barbara Kruger ; 80 x 60 cm o Deux propositions d’activités en cours A. Tracer une lettre, la plus grande possible, sur un A4, puis avec une fenêtre de 10 x 10 cm découpée dans une autre feuille, sélectionner un fragment de la composition. Colorier les différentes surfaces présentes à l’intérieur de cette zone de couleurs différentes puis ôter la fenêtre. B. Partant de papiers de couleur déchirés à la main, couvrir la surface d’un A3 ou d’un A4 par la juxtaposition de morceaux de couleurs différentes. Découper des mots ou des lettres dans le journal et les superposer.


Fiche d’activité pour l’enfant pendant la visite de l’exposition Questions : - œuvre 425P : quelle lettre de l’alphabet est-elle écrite ? - œuvre 96G : de quelle manière les morceaux de papiers de couleur ont-ils été découpés ? - œuvre 98G : quelle transformation a t-on réalisé entre la partie de gauche et la partie de droite de l’image ? Dessin : invente un visage à partir de cet oeil et de cette bouche.


152P

190M

Parmi les autres couleurs… o Cohérence du regroupement Ces deux œuvres proposent une palette chromatique multicolore où le rouge est une parmi les autres couleurs. Si sa présence est moins violente et évidente que dans les autres œuvres de l’exposition, elle y affirme néanmoins ses caractéristiques et particularités. Dans l’œuvre 190M, l’artiste joue avec un effet de transparence et de superposition simultanées : les couleurs primaires semblent être découpées librement dans des feuilles de rhodoïd colorées et jetées en vrac sur la surface de la feuille. C’est de la superposition aléatoire de ces fragments que naissent les secondaires (le vert, le violet et le orange) ainsi qu’une variation du noir trichrome. Dans l’œuvre 152P, l’artiste a juxtaposé des touches libres de peinture, choisissant pour cet habit de carnaval un accord dominant de rouge et de vert, sa complémentaire. Les deux autres couleurs primaires occupent pour le jaune quelques fragments du costume et le fond pour ce qui est du bleu. Le mariage du chaud et du froid créé le contraste chromatique…et thermique !

o Fiche technique des œuvres 152P, Sans titre ; Huile de Pierre Bosco ; 36 x 32 cm 190M , Les éclats pour de rire ; sérigraphie de Pierre Louis Brechat ; 69 x 59 cm

o Trois propositions d’activités en cours A. Faire couvrir des A4 de gouaches (primaires et secondaires) et juxtaposer les aplats deux à deux afin de retrouver les parentés (primaires, secondaires), les affinités (chaudes, froides) et les oppositions (complémentaires). L’exercice peut se faire plus simplement avec des feuilles de papier coloré. B. Travailler le découpage en utilisant des rhodoïds colorés afin de tester les mélanges colorés au moment des superpositions. L’exercice peut aussi se faire à l’aquarelle ou à la gouache aquarellée (jus). C. Inverser le principe et créer un monde multicolore pour un clown triste en costume noir ou monochrome.


Fiche d’activité pour l’enfant pendant la visite de l’exposition Questions : - Oeuvre 190M : retrouve les 6 couleurs de la palette chromatique utilisées. - Oeuvre 152P : bleu, jaune, vert, rouge, lequel est l’intrus ? Sais tu pourquoi ? - Dans quelle œuvre les couleurs sont-elles côte à côte (juxtaposées) et dans laquelle des deux sont-elles les unes sur les autres (superposées), ce qui provoque des mélanges… ?

Dessin : Rajoute les jambes du personnage d’Arlequin et accompagne le d’une Colombine sortie de ton imagination. Si tu le veux et si tu as de la place, mets en scène un bal masqué où d’autres personnages costumés entourent nos deux héros…


Le rouge est mis